Affichage des articles dont le libellé est l'étalon-or. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est l'étalon-or. Afficher tous les articles

août 23, 2026

Les banquiers vivent de l'inflation

 Sommaire:

A) - Les banquiers vivent de l'inflation

B) -  Jesús Huerta de Soto

C) - Inflation

D) - Déflation

 


A) - Les banquiers vivent de l'inflation

 L'inflation ?

« Elle entraîne une redistribution de la richesse : certains s'enrichissent considérablement — ils deviennent milliardaires ou millionnaires — tandis que la plupart des autres y perdent sans même le savoir »

explique le professeur d'économie Jesús Huerta de Soto.

Vous venez d'Espagne ? Pourquoi ce pays a-t-il été si durement touché par la crise ? 

 Ces dernières années, le volume des prêts en Espagne a augmenté deux à trois fois plus vite que dans le reste de l'Europe. Ces crédits ont principalement financé la construction immobilière, créant ainsi une bulle. Aujourd'hui, le pays compte environ un million de logements neufs dont personne ne veut. L'économie tout entière doit s'adapter péniblement et réorienter ses flux d'investissement hors du secteur immobilier vers d'autres domaines ; un processus qui prendra des mois, voire des années. 

Dans quelle mesure les prix de l'immobilier chutent-ils ? 

Cela dépend beaucoup de la localisation. Sur le littoral méditerranéen, une baisse de 50 % n'est pas rare, alors que dans certains quartiers de Madrid, les prix n'ont reculé que de 5 à 10 %. Le moment est donc peut-être bien choisi pour acheter. 

Tout dépend de quand le point bas sera atteint. Qu'en pensez-vous ? 

 En tant qu'économiste, je ne peux pas faire de prédictions ; en tant qu'entrepreneur, je serais tenté de parier, mais je ne vous dévoilerai pas mon tuyau. 

Vous attendiez-vous à une crise d'une telle ampleur il y a deux ou trois ans ? 

 J'ai été surpris par la rapidité et l'ampleur de la chute des prix. 

Vous avez affirmé que la crise espagnole résultait d'un endettement excessif. C'est, de toute évidence, ce qui sous-tend la crise financière en général. 

Au cours des cinq à sept dernières années, la masse monétaire a augmenté très rapidement. Il faut bien comprendre que la monnaie sous forme de pièces et de billets ne représente que 10 % du total (ce que l'on appelle la base monétaire, note de L.K.), les 90 % restants étant de la monnaie virtuelle. Il s'agit essentiellement d'écritures comptables dans les livres des banques. Le système bancaire a créé des dépôts littéralement « à partir de rien ». La contrepartie de ces passifs est un prêt accordé à un entrepreneur ou à une entreprise. L'entrepreneur qui reçoit ces nouveaux fonds ignore s'ils proviennent de l'épargne — c'est-à-dire s'ils correspondent à une consommation différée des clients de la banque — ou non. Certaines années, le taux d'épargne, aux États-Unis par exemple, était négatif et la consommation élevée ; pourtant, les entrepreneurs investissaient massivement, comme si l'épargne était en hausse. Il s'est donc créé, au cours des sept dernières années environ, un léger décalage entre l'épargne et l'investissement, une situation qui ne pouvait tout simplement pas durer éternellement. La cause fondamentale de la crise réside donc dans l'expansion artificielle du crédit, provoquée par les banques centrales, et au premier chef par la Réserve fédérale américaine. 

Cela est-il lié à la politique de « l'argent bon marché » — c'est-à-dire des taux d'intérêt bas — menée par les banques centrales ? 

Oui. Le taux d'intérêt constitue le prix fondamental dans toute économie de marché et devrait être déterminé spontanément, dans un environnement de marché. Or, ce n'est pas le cas : les taux d'intérêt sont fixés par décret de la banque centrale. Pourtant, les taux d'intérêt constituent un signal important pour les entrepreneurs et les entreprises. Lorsqu'ils baissent, fût-ce artificiellement, l'activité économique repart et de nouveaux projets sont lancés (là encore, comme si le niveau d'épargne de la population augmentait et qu'il y avait réellement des fonds pour financer ces investissements accrus). Ce sont les taux d'intérêt bas (voire négatifs en termes réels) qui ont déclenché la crise.

Donnez-nous au moins votre pronostic sur la durée de la crise. Lorsque l'on consomme trop d'alcool, la gueule de bois est inévitable.  

De même, lorsque l'on a provoqué une expansion artificielle excessive du crédit — commettant ainsi des erreurs dans les calculs d'investissement —, une récession économique devient inévitable. Mais le début d'une récession marque aussi le début d'un renouveau : le marché découvre les erreurs commises durant la période précédente et commence à rechercher les prix justes ; c'est pourquoi ces baisses et ces fluctuations sont si fréquentes actuellement. L'adaptation prendra du temps, tant dans la sphère réelle que dans la sphère financière. Ce processus peut être rapide — espérons-le, sur une ou deux années — ou bien être interrompu. 

Comment ? 

Par des interventions gouvernementales drastiques. Toutes ces mesures de relance peuvent, en fin de compte, s'avérer contre-productives. Lorsque les gouvernements accordent des « prêts faciles » aux entreprises, par exemple, celles-ci ne se sentent plus obligées d'affronter la situation difficile. C'est ce qui s'est passé au Japon : pour répondre à la crise, le gouvernement a facilité l'accès au crédit, ce qui a toutefois bloqué le processus d'adaptation du marché. Le pays s'est retrouvé plongé dans une récession qui a duré plus de dix ans. Espérons que de telles erreurs ne se reproduiront pas à l'échelle mondiale. Les subventions de relance d'Obama destinées à certains secteurs spécifiques sont toutefois très dangereuses. 

Qu'en est-il des plans de relance européens ? 

La situation en Europe est moins critique, car elle implique une multitude de gouvernements. Il est bien plus difficile de s'entendre sur des plans de relance grandioses et d'envergure. En revanche, les responsables politiques réagissent à la demande du public qui exige qu'ils agissent, qu'ils « fassent quelque chose ». L'art de la politique consiste désormais, pour un élu, à tenter de « faire quelque chose » sans que la mesure n'ait pour autant d'impact réel (rires).

Mais les responsables politiques agissent ; ont-ils, par exemple, imposé de nouvelles règles comptables ? 

L'évolution de la comptabilité a connu une rupture ces dernières années avec l'introduction des normes internationales d'information financière (IFRS). La comptabilité est le langage des affaires. Tout comme le tchèque ou l'espagnol. Aucune langue vivante ne surgit de nulle part et aucune n'est inventée par un « conseil des sages » – l'échec de l'espéranto, langue artificielle, en est une parfaite illustration. La comptabilité ne s'est pas non plus développée du jour au lendemain : on trouve des traces de transactions financières remontant au XIIe siècle, et ces pratiques existaient déjà dans la Grèce antique ainsi que dans l'Égypte des Ptolémées. La comptabilité a évolué progressivement ; elle a été façonnée par des générations de marchands et d'industriels, en s'appuyant sur plusieurs principes. Le plus important d'entre eux était le principe de prudence, fondé sur la notion de « coût historique » – c'est-à-dire le prix effectivement payé lors d'une transaction. La valeur comptable n'était réduite que si le prix du marché était inférieur au coût historique ; si ce prix était supérieur, on conservait la valeur du coût historique.

Et aujourd'hui, la situation est différente. 

 Le principe de prudence a été remplacé par celui de la « juste valeur ». C'est un tour de passe-passe : qui s'opposerait à une évaluation « juste » ? Ce principe de « juste valeur » conduit à une évaluation fondée non pas sur le prix au moment de la transaction, mais sur le prix actuel du marché. Or, les fluctuations du marché sont telles que les bilans comptables perdent toute utilité. En période d'expansion, ils sont indûment gonflés, ce qui incite les entrepreneurs et les entreprises à investir davantage, à consommer et à prendre plus de risques ; en somme, cela engendre un état d'euphorie. Ainsi, la comptabilité, qui a longtemps accompagné une gestion prudente des affaires, se transforme en un facteur d'incitation à l'imprudence. Le marché fluctue ; c'est pourquoi nous pouvons être millionnaires sur le papier un jour, et nous retrouver au bord de la faillite le lendemain, contraints de solliciter des injections de capitaux. Cette nouvelle comptabilité amplifie les effets des hauts et des bas. L'idée qu'un bilan doit refléter les prix du marché est absurde. Si ces nouvelles normes comptables sont fatales pour les banquiers, elles le sont tout autant pour le petit commerçant du coin. Elles peuvent détruire le capitalisme. 

 Que faire pour y remédier ? 

Il faut rapidement abandonner toutes les réformes des règles comptables adoptées ces dernières années, tant en Espagne qu'en République tchèque. La Commission européenne a pris une décision insensée. 

Mais vous faites remonter la cause profonde de la crise jusqu'en 1844. 

 Oui, tout a commencé avec l'adoption du *Bank Charter Act* au Royaume-Uni en 1844. Cette loi a servi de modèle à toutes les autres législations bancaires dans les pays développés. Elle imposait une couverture à 100 % des billets de banque par de l'or. Toutefois, ses auteurs ont omis d'imposer la même obligation pour les dépôts. Or, les dépôts et les billets de banque remplissent essentiellement la même fonction ; mais les économistes de l'époque n'avaient pas cette vision à long terme. Après l'entrée en vigueur de la loi, les banques commerciales se sont livrées à une expansion artificielle du crédit « couvert » par les dépôts, et non par l'émission de nouveaux billets. C'est la raison pour laquelle nous subissons sans cesse des récessions et des bulles spéculatives. 

Que faire pour y remédier ? 

La première étape de la réforme consisterait à éliminer les effets néfastes engendrés par le *Bank Charter Act*. Il suffirait d'imposer aux banques de détenir des réserves à 100 % en contrepartie des dépôts à vue et de leurs équivalents. Il n'y aurait alors plus de décalage entre l'épargne et l'investissement. Les banques ne pourraient prêter que ce qu'elles auraient elles-mêmes emprunté au préalable : les dépôts à terme ne sont pas des dépôts au sens strict, mais des prêts consentis aux banques. La monnaie ne serait pas créée « à partir de rien ». 

Que faire des banques centrales ? 

Le *Bank Charter Act* n'a pas réussi à empêcher ce qu'il était censé prévenir : la formation de bulles financières. Après chaque crise, la Banque d'Angleterre en a suspendu l'application pour pouvoir secourir les banques commerciales, en créant de la monnaie nouvelle. Les banquiers commerciaux ont compris qu'ils avaient besoin d'un prêteur en dernier ressort, capable d'intervenir à chaque fois qu'une crise survient. Une banque centrale est indispensable dans un système bancaire fondé sur le régime des réserves fractionnaires. Et inversement : avec une couverture à 100 %, aucun prêteur en dernier ressort n'est nécessaire. La suppression des banques centrales — deuxième étape de ma réforme — serait une bonne chose, car elles ne fixeraient plus les taux d'intérêt. Ce rôle reviendrait au marché. Une banque centrale, c'est de la planification centralisée, le Gosplan (comité de planification économique de l'ex-Union soviétique, note de L.K.), le socialisme : un groupe de bureaucrates détermine le niveau optimal de masse monétaire. 

Qui déterminera la base monétaire, si ce n'est la banque centrale ? 

 La monnaie devrait redevenir privée, comme ce fut le cas pendant des siècles. Il faut revenir à la situation antérieure à la nationalisation de l'or par les gouvernements. L'or présente plusieurs avantages. Son offre augmente à un rythme relativement stable, de 1 à 2 % par an.

Toutefois, les opposants à un retour à l'étalon-or soutiennent qu'il n'y a pas assez de ce métal précieux dans le monde pour couvrir la monnaie nouvellement créée en lien avec la croissance de l'économie mondiale. 

C'est un argument courant. Tout l'or du monde tiendrait dans trois piscines olympiques. Une masse monétaire couverte par l'or ne peut pas diminuer (sauf dans des cas historiques, comme au XVIe siècle, lorsqu'un galion espagnol a sombré avec toute sa cargaison de métal). L'or est un candidat idéal pour couvrir la monnaie, et nous ne devrions pas trop nous soucier de savoir s'il y en a assez ou non dans le monde. Cela n'a pas d'importance. Même un seul gramme d'or peut avoir un grand pouvoir d'achat. Toute quantité de monnaie est optimale ; le problème survient lorsque la masse monétaire augmente ou diminue. Un retour à l'étalon-or constituerait l'étape ultime d'une réforme du système financier. 

La déflation représente-t-elle réellement une menace aussi grave que l'affirment aujourd'hui de nombreux hommes politiques — mais aussi des économistes ? 

L'inflation est toujours populaire, alors que la déflation est toujours impopulaire. Il y a quelques années, nous avons connu une hystérie anti-déflation qui a conduit à des taux d'intérêt bas et à une augmentation de la masse monétaire. Lors d'une expansion monétaire, certaines personnes réalisent des profits énormes au détriment de la plupart des autres, qui ne se rendent même pas compte qu'elles y perdent. Pourquoi ne pas répartir équitablement ces sommes entre tous, puisque la croissance de la masse monétaire est si bénéfique ? Non, certains veulent être les premiers à obtenir cette nouvelle monnaie. 

Ainsi, ils peuvent faire des achats avec de la monnaie neuve aux anciens prix. 

Oui, la nouvelle monnaie n'aura d'effet inflationniste que par la suite. De plus, cet effet inflationniste sera réparti entre des millions de personnes qui ne se doutent de rien. Il en résulte une redistribution des richesses : certains s'enrichissent considérablement, devenant multimillionnaires ou milliardaires, tandis que la plupart des autres y perdent sans le savoir. Et le principal prétexte invoqué est le spectre de la déflation. C'est pourquoi certains s'écrient : « Il y a un risque de déflation, nous avons besoin de plus de monnaie, mais s'il vous plaît, donnez-nous la nouvelle monnaie en priorité ! » Les autres, eux, voient simplement les prix augmenter sans que leurs revenus ne suivent. 

Qui sont ceux qui, généralement, accèdent en premier à cette nouvelle monnaie ? 

 Eh bien, tous ces banquiers d'affaires, spéculateurs boursiers et dirigeants bénéficiant de plans d'options sur actions. Mais aussi les analystes et les auditeurs : tout ce monde-là vit de l'expansion monétaire.

Histoire ou justice 

Le débat sur les méthodes comptables oppose la pertinence à la fiabilité. Les partisans de la comptabilisation à la juste valeur soutiennent que les états financiers fondés sur les coûts historiques manquent de pertinence, car ils ne reflètent pas les prix actuels. À l'inverse, les opposants estiment que les états financiers reposant sur le principe de la juste valeur manquent de fiabilité, puisqu'ils ne s'appuient pas sur des transactions réellement effectuées. Alors que le concept de coût historique se fonde sur le prix payé lors d'une transaction passée avérée, celui de juste valeur considère comme déterminant le prix en vigueur sur un marché liquide à un instant donné, pour autant qu'un tel marché existe pour l'actif concerné (à défaut, il convient de recourir à diverses estimations). Ce concept est d'ailleurs également désigné sous le terme d'évaluation « à la valeur de marché » (*mark-to-market*).  

La crise financière démontre que la comptabilisation fondée sur le principe de la juste valeur présente davantage d'aspects négatifs que prévu et, surtout, que ces aspects ont un impact destructeur. Robert Rubin, ancien secrétaire au Trésor des États-Unis et ancien coprésident du conseil d'administration de la banque d'investissement Goldman Sachs, l'a très bien exprimé dans des propos rapportés par Bloomberg fin janvier 2009 : « Durant toute ma carrière chez Goldman Sachs, j'ai cru aux principes de la comptabilisation à la juste valeur ; toutefois, au vu de l'évolution de la situation ces deux dernières années, je pense que cette méthode a engendré des cercles vicieux redoutables concernant le prix des actifs. » Selon lui, les règles comptables obligeant les entreprises à réévaluer leurs actifs à la baisse chaque trimestre — à mesure que les prix chutent sur des marchés en proie à la panique — ont causé des dommages considérables.

Jesús Huerta de Soto

Jesús Huerta de Soto Ballester (52 ans) Professeur espagnol d'économie politique, il enseigne à l'université Roi Juan Carlos de Madrid. Il a six enfants avec son épouse, psychologue, qui travaille dans le même établissement. De Soto vit à Madrid et possède d'autres propriétés à Majorque et en Navarre. Ayant hérité d'une entreprise de son père, il est également homme d'affaires. Amateur de golf, il pratique ce sport le matin et possède une Bentley. Il s'est rendu à Prague à l'occasion de la publication de la version tchèque de son ouvrage *Money, Bank Credit, and Economic Cycles* (Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques). 

Une version abrégée de cet entretien, réalisé à Prague, a été publiée dans le numéro 9 de l'hebdomadaire *Týden* le 2 mars 2009. Envoyer par e-mail

#

https://www.lukaskovanda.cz/en/interviews-with-nobelists/jesus-huerta-de-soto/


B) -  Jesús Huerta de Soto

Jesús Huerta de Soto (Madrid, 23 décembre 1956) est un économiste et docteur en Droit espagnol. Il enseigne à l'université Complutense et à l'université Juan Carlos (Madrid). Libéral et scientifique, il fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies.

Œuvre

Intéressé par l'histoire de la pensée économique, Jesús Huerta de Soto se consacre à faire connaître l'école autrichienne au public hispanophone. De même, il a fortement contribué à la redécouverte des racines hispaniques du libéralisme classique et du libertarianisme en insistant sur le rôle pionnier des Scolastiques et de l'école de Salamanque.

Son influence dans la formation de jeunes chercheurs à l'envergure internationale s'amplifie comme, par exemple, la soutenance de la thèse d'Adrián Ravier (Argentine), de Philipp Bagus (Allemagne), de Massimiliano Neri (Italie) et de Ionela Bălţătescu (Roumanie), etc.

Informations complémentaires

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres de Jesus Huerta de Soto, voir Jesus Huerta de Soto (bibliographie)

Littérature secondaire

Articles sur Internet

Liens externes

 https://www.wikiberal.org/wiki/Jes%C3%BAs_Huerta_de_Soto



C) - Inflation

Qu'elle soit rampante ou galopante, tous les pays ont connu le phénomène de l'inflation lors de leur évolution historique[1] et quel que soit leur niveau de développement ou de leur structure politique[2]. Cependant, les économies libérales sont celles qui connaissent un taux d'inflation le plus mesuré.

L'inflation est une baisse durable de la valeur de la monnaie, entraînant une hausse généralisée et persistante du niveau général des prix, se répercutant sur les anticipations des agents économiques. La monnaie n'est pas uniquement une expression de la valeur des biens comme le mètre pour la distance ou le kilogramme pour le poids. Elle sert de lien entre le présent et le futur. La stabilité des prix qui décrit la situation où la variation des prix est très faible ou nulle, n’influe pas sur les décisions des agents économiques dans la mesure où elle est uniforme entre tous les secteurs économiques[3]. Par contre, les comportements des agents économiques, sensibles à l'inflation, à la déflation[4] ou à la désinflation[5], influencent l'évolution de l'inflation. Les ménages tentent de conserver leurs encaisses réelles[6] car ils ne sont pas dupes de l'illusion monétaire créée par l'inflation et ils exigent le maintien de leur pouvoir d'achat en valeur réelle.

L'inflation est un processus de hausse générale des prix. Le mot processus est essentiel. Cette autre définition ne présuppose pas quelles seraient les causes de l'inflation. Elle est plus générale. Ainsi un événement contribue à la hausse des prix ; et un autre évènement contribue simultanément à faire baisser les prix. Dans certains cas, ces deux événements contribuent tous les deux au processus de l'inflation, mais en sens contraire. 

L'injustice de l'inflation incitée par l'État

L'inflation a toujours été, au cours de l'histoire, un outil politique employé par l'État, avec facilité[7] pour fausser la valeur de la monnaie, particulièrement quand il est endetté au-delà du raisonnable ou qu'il souhaite répondre à la demande sociale et tenir des promesses électorales.

L'État profite prioritairement de l'injustice de l'inflation en manipulant les électeurs par son effet d'ébriété[8]. L'inflation n'est pas seulement inique parce qu'elle répartit artificiellement les revenus et la distribution de ceux-ci, elle perturbe également le système économique. La création de monnaie ex nihilo permet aux gouvernements d'acheter de vraies ressources avec de la fausse monnaie. Les premiers utilisateurs du « nouvel argent » sont les politiciens, les bureaucrates, les fournisseurs du gouvernement et ces entrepreneurs qui obtiennent de généreux prêts bancaires. Ceux qui perdent le plus sont les derniers à employer les billets : les pauvres et les épargnants. Le transfert se fait par l'inflation, qui érode le pouvoir d'achat des billets.

L'inflation crée des faux droits

Les dépenses publiques sont financées par l'emprunt ou par l'impôt. Une hypothèse possible est que les autorités monétaires créent directement (planche à billets) ou indirectement (politique d'open market) de la monnaie pour financer la dette publique. Cette solution n'est pas possible si la monnaie est rattachée à un étalon, à un valorimètre comme peut l'être l'or. Dans ce cas, la monnaie est indépendante de la politique gouvernementale. Dans le passé, le système de l'étalon-or limitait le pouvoir discrétionnaire des autorités monétaires.

L'or ne doit pas entrer dans la circulation monétaire comme le préconisait le système au XIXe siècle mais la banque centrale doit prendre l'engagement d'acheter et de vendre sa propre monnaie contre de l'or à prix fixe et de manière illimitée. Dans l'hypothèse d'une politique monétaire laxiste menant à un excès de création monétaire, les détenteurs de monnaie tendent à s'en débarrasser pour demander une monnaie étrangère. Le taux de change de la monnaie nationale se déprécie. La banque centrale perd ses réserves d'or et se voit obligée de ralentir sa politique monétaire expansionniste.

Les nouveaux économistes[9] font des restrictions à l'hypothèse de l'étalon-or car les gouvernements ont tendance à ne pas respecter cette règle. Ils préfèrent dévaluer la monnaie plutôt que d'adopter une politique monétaire restrictive. Le système de l'étalon-or ne fonctionnerait que si l'on acceptait de supprimer ou de privatiser les banques centrales.

Lorsque le gouvernement s'attribue des droits de prendre possession des marchandises, il évince des acheteurs privés. Dans le domaine monétaire, la situation est amplifiée. L'inflation est caractérisée par la distribution de faux droits notamment par le refus de la répartition des revenus qui se constaterait dans une situation de prix stables, c'est-à-dire que la création excessive de moyens de paiement et des hausses de salaires, en valeur nominale, est très supérieure aux gains de productivité en valeur réelle.

La monnaie est l'égout collecteur des fausses créances indésirées.
Jacques Rueff, L'ordre social
Il semble que dans une économie de marché, c'est-à-dire une économie où les décisions sont décentralisées et fortement complexes, la régulation, seule efficace, est la régulation de la masse monétaire à condition que les différents agents économiques acceptent l'application des règles du jeu fondamentales d'une économie de marché décentralisée.
Maurice Allais, Impôt et capital, p157

Maurice Allais assimile le mécanisme de crédit et la création de faux droits à une association de faux monnayeurs qui prêteraient moyennant intérêt la fausse monnaie qu'ils fabriqueraient [10]. Or, nos institutions fonctionnent ainsi sans être dénoncées par l'opinion publique. Il existe une création de faux droits lorsque la masse monétaire s'accroît, ce qui engendre un pouvoir d'achat ex nihilo ne correspondant à aucun service rendu. Ces faux droits créent la hausse des prix, ce qui appauvrit les agents économiques qui ne sont pas détenteurs de ces faux droits, mais favorise une oligarchie financière :

On est sorti des limites, des contraintes de rareté, et c’est la conséquence ultime, non perçue, non théorisée par les fondamentalistes, du décrochage de 1971. La monnaie est libre comme l’air, le crédit aussi, les assets également. Nous sommes sortis du monde dual, du monde pesant où la régulation se faisait par les deux outils/leviers, le monétaire et le budgétaire, et nous sommes dans un monde mono-outil, un seul outil est utilisé et c’est le monétaire. [...] C’est la possibilité de créer de la monnaie « out of thin air » qui permet la lévitation structurelle qui constitue l’originalité du nouveau système.
Bruno Bertez, L'Agefi, 16/07/2014, p.18

Nous sommes tous victimes de l'inflation

L'inflation provoque à court ou à long terme l'augmentation du taux d'intérêt en valeur nominale. Cette hausse du taux d'intérêt occasionne une augmentation du coût du crédit. De plus, lorsqu'il s'élève moins vite en valeur nominale que le niveau des prix, alors le taux d'intérêt réel s'abaisse quelquefois pour devenir négatif, les agents économiques sont alors sollicités pour s'endetter. Ce processus conduit à une spoliation de l'épargnant et à un enrichissement indu des emprunteurs. Les agents économiques protestent contre cette spoliation en fuyant la monnaie, c'est-à-dire en accélérant la vitesse de circulation de la monnaie et créant l'hyperinflation[11]. L'augmentation des moyens de paiement a des effets de processus auto-entretenus avec une augmentation induite de la vitesse de circulation[12] qui mène à l'effondrement complet du système économique[13].

L'erreur fréquente des autorités monétaires fut souvent de conclure que l'augmentation de la vitesse de circulation était provoquée par une insuffisance des moyens de paiement et que les agents rétablissent d'eux-même l'équilibre en accélérant le rythme de leur transaction. Alors qu'une augmentation de la vitesse de circulation n'est que le symptôme d'une surabondance et non d'une insuffisance de moyens de paiement. En définitive, le fait que les banques commerciales créent de la monnaie en contrepartie de la distribution de crédit a pour effet de transférer le pouvoir d'achat aux bénéficiaires de crédit sans que simultanément quelqu'un d'autre renonce à un pouvoir d'achat correspondant. L'inflation est facteur de dégradation de l'ordre social et d'interventionnisme de l'État[14].

L'évidence voudrait que l'on désigne tous ceux qui empruntent et tous ceux qui accordent ces emprunts (banque et État) comme les grands bénéficiaires de l'inflation. Or, dans la réalité, eux aussi sont tôt ou tard des victimes de l'inflation.

Pour certains agents économiques, l'inflation réduit le poids de l'endettement. Elle facilite le financement des achats immobiliers et déclenche un engouement pour la propriété[15]. Malheureusement, cet acquis immobilier s'obtient avec de l'argent durement gagné. Les salaires en valeur nominale sont nettement inférieurs à ceux obtenus au début du prêt. Les entreprises investissent quand l'inflation réduit la charge qui en résulte et rentabilise de façon quasi certaine l'opération puisqu'il est plus profitable de s'endetter que d'épargner. Néanmoins, l'inflation gonfle artificiellement le profit et le bénéfice imposable. En effet, les déductions fiscales pour amortissements s'effectuent sur la base du coût historique. La comptabilisation des stocks ou le maintien du fonds de roulement gênent le remplacement des installations et provoquent des pertes sèches pour l'entreprise. Il se produit un gaspillage du capital car la productivité des investissements n'est pas suffisante pour compenser l'effort d'épargne.

Les banques commerciales sont incitées, lors du développement de l'inflation, à accompagner ce laxisme inflationniste, ce qui permet d'accroître leur profit. Pourtant, le pouvoir de création monétaire n'est que temporaire et la création est annihilée par la destruction monétaire lorsque le remboursement de l'emprunt est réalisé. Or, ce remboursement s'effectue sur la base de la valeur réelle de l'emprunt de départ diminué du taux d'inflation sur la période. En définitive, l'emprunteur ne rembourse pas complètement la banque et les profits que la banque estime réaliser ne sont qu'une illusion monétaire. Pour maintenir ou accroître ses profits, la banque ne peut qu'accroître ses autorisations de crédit en se reposant de moins en moins sur des créances fiables. Le système court à la catastrophe et l'État fait croire qu'il est le seul à pouvoir subvenir à la situation en appliquant l'arsenal de ses règlementations (contrôle de crédit, hausse du taux d'intérêt...) et il s'installe en assureur général omniscient, omniprésent et digne de confiance pour les autorités bancaires et pour les individus ayant des revenus en dépôt dans les banques les moins sérieuses.

L'inflation réduit effectivement la dette publique de l'État. La pression fiscale augmente du fait de la modification de la grille d'imposition lorsque l'impôt sur le revenu est progressif. Les augmentations de revenus sont nominales mais le pouvoir d'achat est stable ou décroît en raison de l'inflation. L'impôt est basé sur les revenus nominaux et non réels. Un individu va passer d'un échelon inférieur à un échelon supérieur sans croissance de ses revenus réels. En définitive, il est facile de dénoncer quel est le bénéficiaire direct ou indirect de l'inflation. Maurice Allais remarque parmi les principaux bénéficiaires de l'inflation « ceux qui appartiennent aux féodalités ploutocratiques, politocratiques et technocratiques » [16]. En situation d'inflation, les prix et les rémunérations ne jouent plus leur rôle régulateur. Lorsque l'hyperinflation arrive, ce n'est plus seulement une crise économique et sociale qui survient, c'est également une crise dans la survie de l'humanité[17].

Inflation et hausse des prix

  • inflation monétaire : une trop grande quantité de monnaie est émise, ou à l'inverse une trop faible demande de monnaie survient ;
  • inflation par les coûts : le coût d'un produit essentiel augmente de façon notable, ce qui a des répercutions sur les coûts des autres produits ou services (par exemple, la hausse du cours du pétrole à partir de la rupture de 1973) ;
  • inflation par la demande : la demande d'un produit ou d'un service essentiel excède l'offre, et les producteurs augmentent leur prix ;
  • l'indexation : si le prix d'un élément essentiel augmente, tous les autres prix indexés sur lui suivent mécaniquement ;
  • panique monétaire : si les acteurs économiques se persuadent que la monnaie va perdre de sa valeur, on assistera à une chute sur le marché des changes et à une forte inflation, qui validera l'anticipation inflationniste et la renforcera (tout le monde est pressé d'échanger son argent contre d'autres monnaies ou des biens réels, qu'on en ait besoin ou pas, et à n'importe quel prix).

Progressivité de l'inflation

Il faut noter qu'une création monétaire excessive ne se traduit pas forcément immédiatement en augmentation des prix : les montants créés peuvent en effet être détenus par les banques commerciales sous la forme de réserves excédentaires auprès de la banque centrale et ne pas se traduire immédiatement par des prêts à leurs clients (les banques cherchent à assurer leur liquidité ou sont confrontées à une absence de demande de crédit à cause de la récession). La monnaie créée peut rester au sein du système financier sans avoir été injectée dans l'économie au sens large, et donc sans avoir créé d'inflation (on parle de trappe à liquidités). L'inflation n'est pas liée seulement à la quantité de monnaie, mais aussi à sa vitesse de circulation, un facteur qui n'est pas contrôlable :

L’inflation n’est pas un pur phénomène monétaire mais également un phénomène comportemental. À elle seule, la planche à billets ne produit pas de l’inflation. Elle doit se combiner à la volonté des individus à emprunter, dépenser et investir. Une telle volonté est principalement psychologique — elle dépend des « esprits animaux » décrits par Keynes. Toutefois, une fois que les anticipations passent de déflationnistes à inflationnistes, elles s’inversent difficilement.
Jim Rickards, 22/12/2016

La monnaie nouvellement créée peut souvent engendrer des « bulles spéculatives » sur certains marchés, par exemple celui des actifs financiers[18]. Son principal usage, en dépit de toutes les dénégations des banquiers centraux, est toutefois d'acquérir des actifs publics et donc de monétiser indirectement la dette publique, ce qui contribue à appauvrir le pays sans qu'un coupable puisse être nommément désigné.

On appelle effet Cantillon le caractère progressif de transmission de l'inflation, du nom de Richard Cantillon (Essai sur la nature du commerce en général), qui étudie la grande inflation du XVIe siècle due à l'introduction en Europe de l'or des conquêtes espagnoles d'Amérique du Sud. Cantillon montre que l’inflation apparaît de manière progressive, en démarrant auprès des fournisseurs du roi d'Espagne qui voient leurs prix augmenter. L'inflation se déplace en cercles concentriques, à partir d'un petit noyau de personnes (les riches et les puissants) vers un groupe de plus en plus large d'individus qui en sont affectés. L'action des banques centrales contemporaines est typique de cet effet :

La question n’est pas seulement de savoir combien de jetons on crée, mais bien de savoir à qui on les donne. C’est cela qui est important, car ceux à qui on les donne, ces jetons, les banques, les ploutocrates, les kleptocrates, la Communauté Spéculative Mondiale, ont accès à un pouvoir d’achat quasi gratuit qui leur permet de rafler toutes les richesses avant les autres : l’immobilier, les actions, les œuvres d’art, l’or, etc. En clair, ceux qui sont proches du guichet qui distribue les jetons bénéficient d’un avantage incroyable, par comparaison à ceux qui sont en bout de chaine et qui ont à peine accès au crédit pour se loger ou s’installer un petit commerce, ou payer les études de leurs enfants.
Bruno Bertez, L'Agefi, 15/09/2016, p.20

L’École autrichienne a généralisé ce principe pour expliquer la transmission de la création monétaire dans l'économie. Les réels bénéficiaires d'une hausse de la masse monétaire sont ceux qui reçoivent l'argent les premiers. Ils peuvent alors s'approprier davantage de biens disponibles qu'avant l'augmentation de la masse monétaire. Cela signifie que moins de biens sont désormais disponibles pour les personnes qui n'ont pas reçu le nouvel argent, les derniers bénéficiaires de l'inflation monétaire. Le fait que leur demande effective doit diminuer est rendu manifeste par la hausse des prix et la chute conséquente de leur pouvoir d'achat.

Schizophrénie de l’État

Plutôt que de s'attaquer aux causes de l'inflation dont il est lui-même la source réelle, l'État préfère en général lutter contre ses effets, par exemple en interdisant les hausses de prix, ou en accusant les profiteurs, spéculateurs, affameurs, etc. Ce faisant, il ne fait qu'accélérer la ruine du pays.

Un exemple ancien est celui de l'Édit du Maximum (301 après J.-C.) : l'empereur romain Dioclétien, confronté à une inflation galopante (dont il était lui-même la cause de par sa politique monétaire), impose un prix plafond maximum pour plus d'un millier de produits. Le résultat fut la faillite des marchands, le retour au troc et le développement d'une économie de marché noir. C'est la réforme de Constantin Ier, vers 311, qui mettra fin à l'inflation en instaurant une monnaie-or, le solidus.

Le système de Law (1715-1720) essaie de remédier à l'énorme endettement laissé par Louis XIV par l'émission de monnaie-papier contre de l'or. La banque de Law finit par émettre beaucoup plus de papier-monnaie qu'elle n'avait réellement d'or et d'argent en dépôt, jusqu'à sa banqueroute en 1720.

Lors de la Révolution française, la crise financière durera de 1789 à 1799, marquée par l'inflation, l'accroissement de la dette publique, et l'instauration de l'assignat, monnaie-papier gagée sur les biens de l’Église. Les différents pouvoirs qui vont se succéder essaieront toutes les recettes pour lutter contre l'inflation : impôts sur les riches, subventions aux pillards, confiscations des grandes propriétés de propriétaires terriens, émission de nouveaux assignats, guerres, etc.[19] En 1793, la Convention vote la Loi du maximum général, qui fixe des prix maximum pour de nombreuses denrées (ainsi que pour les salaires) ; cette loi, qui tente de remédier à la disette qui sévit dans la France révolutionnaire, sera abolie en 1794, au vu de son inefficacité et des pénuries qu'elle provoque. C'est la restauration de l'étalon-or par Napoléon qui permettra à la France de retrouver un équilibre économique.

Citations

  • « L'inflation, c'est de subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l'argent qui n'existe pas. » (Jacques Rueff)
  • « L'inflation est à l'argent ce que la salade verbale du schizophrène est au langage ; ils illustrent tout d'abord que l'homme, selon les termes de Nietzsche, est « un animal qui fait des promesses », et ensuite, qu'il est plus facile de rompre une promesse que de la tenir. » (Thomas Szasz)
  • « La meilleure façon de détruire le système capitaliste est de s'attaquer à sa monnaie. Par des procédés constants d'inflation, les gouvernements peuvent confisquer d'une façon secrète et inaperçue une part notable de la richesse de leurs nationaux. Par cette méthode, ils ne font pas que confisquer : ils confisquent arbitrairement et tandis que le système appauvrit beaucoup de gens, en fait il en enrichit quelques-uns. La méthode se poursuivant, la valeur réelle de la monnaie variant de mois en mois, les rapports constants de débiteurs à créanciers, qui constituent le premier fondement du capitalisme, sont troublés au point de perdre toute signification. Et les procédés d'enrichissement deviennent un jeu de hasard, une loterie. Il n'y a pas de moyen plus subtil et plus sûr de bouleverser la base actuelle de la société que de corrompre la circulation monétaire. Le procédé range toutes les forces cachées des lois économiques du côté de la destruction, et cela d'une façon que pas un homme sur un million ne peut prévoir. » (John Maynard Keynes, La Réforme monétaire, 1923)
  • « L’État est fondamentalement inflationniste : c’est parce que l’inflation est un moyen à la fois puissant et subtil de s’approprier les ressources de la population. Elle est d’autant plus dangereuse qu’elle est moins douloureuse que l’impôt. » (Murray Rothbard )
  • « L'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu'elle est et qu'elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production. » (Milton Friedman)
  • « L'inflation est une forme d'imposition qui possède une caractéristique tout à fait particulière : c'est la seule forme d'imposition qui puisse être appliquée sans l'accord de personne. Aucun représentant du Congrès ne s'est jamais trouvé dans l'obligation de prendre parti et de dire « je vote pour l'inflation », mais il n'empêche que l'inflation est tout de même une forme d'imposition. Elle l'est directement, à travers la monnaie émise pour financer les dépenses du gouvernement. Elle l'est aussi indirectement, dans la mesure où, lorsqu'il y a inflation, les contribuables se trouvent placés dans des tranches de plus en plus élevées et sont soumis à des taux d'imposition plus forts sans qu'il y ait de relèvement officiel. » (Milton Friedman, Inflation et systèmes monétaires, 1968)
  • « Recourir à l'inflation pour surmonter des difficultés passagères équivaut à brûler ses meubles pour se chauffer. » (Ludwig von Mises)
  • « L'inflation est la voie vers le chômage. » (Friedrich Hayek, Nouveaux Essais de philosophie, de science politique et d'économie)
  • « Je ne pense pas que cela soit une exagération de dire que l’Histoire est largement une histoire de l’inflation, une inflation habituellement fabriquée par les gouvernements, pour le gain des gouvernements. » (Friedrich Hayek)
  • « Qu'est-ce que le scandale de Panama au regard de l'énorme racket permis par l'inflation ? Presque une goutte d'eau dans la mer. » (Maurice Allais)
  • « La première panacée d’une nation mal gouvernée est l’inflation monétaire ; la seconde, c’est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine permanente. Mais toutes deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques. » (Ernest Hemingway, Notes sur la prochaine guerre, 1935)
  • « Il est frappant – mais pas surprenant – de constater que jamais dans l’Histoire il n’y a eu autant d’inflation et de crises monétaires que depuis ces nationalisations des monnaies qui ont ôté aux monnaies formelles la plus grande partie de leur caractère monétaire. » (Pascal Salin)
  • « Le gain dans la mutation de la monnaie est pire que l’usure. » (Nicolas Oresme, Traité de la première invention des monnaies, 1355)
  • « Vous ne pouvez raisonnablement penser que si la quantité de blé, de draps, de navires, de chapeaux, de souliers reste la même, la part de chacun puisse être plus grande, parce que nous nous présenterons tous sur le marché avec une plus grande quantité de francs métalliques ou fictifs. » (Frédéric Bastiat[20])
  • « À défaut de QI (quotient intellectuel), l’État procède à des QE (quantitative easing). » (Philippe Béchade, décembre 2013)
  • « L'inflation c'est l'impôt qui ne se voit pas. Et c'est la solution des gouvernements qui sont ruinés. Quand on n'a plus d'argent, on le vole, tout simplement. » (Nicolas Doze, février 2014)
  • « [Il suffit] de lire les livres qui racontent le passé. Les ouvrages monétaires qui traitent de l’Expérience de Law, de celle des Assignats, de celle de Weimar. Quand on met le doigt dans le monétaire, on n’en sort pas, le monétaire demande toujours plus, c’est une règle issue de l’expérience. » (Bruno Bertez)
  • « Je rappelle que l'inflationnisme n'est pas la hausse des prix des biens et de services ; l'inflationnisme, c'est la destruction des bases, des soubassements, des fondations de la monnaie. C'est la destruction des principes mêmes de la monnaie saine et viable. » (Bruno Bertez[21])
  • « L'inflation est l'élixir magique de la fée banque centrale qui permet de ronger les dettes d’État en taxant de façon invisible épargne et consommation. L'inflation est un petit impôt sournois payé par tous qui permet, selon le mot de Colbert, de "plumer l'oie sans la faire crier". » (Simone Wapler[22])
  • « L'inflation, c'est comme la pâte dentifrice. Une fois qu'elle est sortie du tube, il est impossible de l'y faire rentrer. » (Karl Otto Pöhl)
  • « Plus on fabrique de monnaie, plus sa valeur qui de surcroit ne repose que sur la confiance dans l’État qui l’émet (le fait d’avoir écrit dans la même phrase confiance et État m’a fait beaucoup rire), tend vers zéro. » (Olivier Delamarche, octobre 2017)
  • « Je ne pense pas que cela soit une exagération de dire que l’Histoire est largement une histoire de l’inflation, une inflation habituellement fabriquée par les gouvernements, pour le gain des gouvernements. » (Friedrich Hayek)

Informations complémentaires

Notes et références

  • Suite à la découverte de métaux précieux dans le nouveau Monde, au XVIe siècle, l'Europe subit un triplement des prix.

  • Dans les anciens pays socialistes, l'inflation prend des formes perverses : rationnement, épargne forcée, magasins privilégiés...

  • Des biens de consommation, en passant par les biens intermédiaires et les biens de production

  • La déflation est le contraire de l'inflation. C'est donc un phénomène permanent (on dit aussi auto-entretenu) et généralisé de baisse des prix. Comme le phénomène historiquement (du moins dans la période contemporaine) le plus fréquent est bien l'inflation, on parle parfois d'une inflation négative (par exemple : inflation de -0,1 %).

  • La désinflation est une baisse du taux d'inflation. Par exemple, si pendant des années l'inflation s'est située à 10 % en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7 %, puis 5 %, puis 2 %, on parlera de phénomène désinflatoire. Poussée plus loin, on passe à la déflation.

  • Montant des comptes chèques et de la monnaie en circulation, divisé par un indice du niveau général des prix

  • Le gouvernement est la seule institution qui peut prendre une feuille de papier de très bonne qualité, y imprimer quelques nobles paroles, et lui faire perdre toute valeur. (Ludwig von Mises)

  • « L'inflation est l'opium du peuple » Henry Hazlitt

  • Emil Claasen, Pascal Salin et alii, 1978, L'Occident en désarroi, Dunod, Paris

  • Maurice Allais, 1974, L'inflation française et la croissance, colloque du 18 décembre 1974, ALEPS, p69

  • L'inflation allemande a conduit à une augmentation de l'indice des prix de 1 à 135 d'avril à août 1923, alors que les moyens de paiement augmentaient de 1 à 15, soit dix fois moins.

  • Montant total des transactions effectuées au cours d'une certaine période, rapporté à la masse monétaire.

  • Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’une croissance économique générée par l’expansion du crédit. La seule alternative est de savoir si la crise viendra plus rapidement par l’abandon volontaire de l’expansion du crédit, ou plus tardivement par un effondrement catastrophique et inéluctable du système monétaire concerné. (Ludwig von Mises)

  • Contrôle des prix, contrôle des changes, contrôle des loyers, contrôle des taux d'intérêt...

  • En 1982, deux ménages français sur cinq étaient propriétaires de leur logement. Aujourd'hui, plus de 50 % des Français sont propriétaires de leur logement.

  • Maurice Allais, 1977, L'impôt sur le capital, Hermann, Paris, pp167-168. En fait, Maurice Allais est moins sévère à l'encontre de l'État car il considère que c'est le seul à pouvoir contrôler la monnaie.

  • Maurice Allais appuie sa démonstration de l'illusion monétaire par l'apologie du marchand de clous de Colson. En régime d'hyperinflation, le marchand de clous augmente de jour en jour sa recette sur la vente de clous. Mais, en réalité, il vend de moins en moins d'unités de clous. Pire, chaque matin, il est obligé de se réapprovisionner avec des clous de plus en plus chers. À la fin, il ne lui reste en stock plus qu'un clou... L'économiste Colson ajoute de façon cynique et morbide, que ce dernier clou ne sert au marchand que pour se pendre.

  • Voir par exemple La montagne de cash.

  • "La crise financière française de 1789-1799", le Jardin des Livres, 2013.

  • Maudit argent, Frédéric Bastiat

  • Bruno Bertez, L'Agefi, 11 novembre 2019

    1. L'assouplissement quantitatif pour les nuls, Simone Wapler dans Contrepoints, 24 avril 2016

    Bibliographie

    • 1922, Albert Despaux, "L'Inflation dans l'histoire", Paris: Impression spéciale de l'Information
    • 1971, George Hagedorn, "Uneven Inflation", The Freeman, April, Vol 21, n°4, pp200-202 (L'auteur explique que les réponses inégales des différents prix et des revenus introduisent des distorsions et des inégalités dans l'économie)
    • 1977,
      • William L. Baker, "Inflation and Stabilization. The Elusive Promise", The Freeman, August, Vol 27, n°8, pp462-465 (L'auteur estime que quelle que soit la décision de l'État, que ce soit pour intervenir pour gonfler ou pour stabiliser la masse monétaire, l’effet est de frustrer les producteurs et les consommateurs.)
      • Elmer A. Fike, "Why Inflation", The Freeman, August, Vol 27, n°8, pp475-476 (L'auteur précise que ce n’est pas les biens et les services sur le marché, mais la quentité de monnaie qui est le facteur critique de l'inflation.)
      • Milton Friedman. « Nobel Lecture: Inflation and Unemployment ». Journal of Political Economy 85, n° 3 (June) : p. 451-472. [lire en ligne]
      • Harry Johnson, "A Note on the Dishonest Government and the Inflation Tax", Journal of Monetary Economics, July, pp375-377
    • 1983. François Seurot. Inflation et emploi dans les pays socialistes. Libre échange. Paris : Presses Universitaires de France. (ISBN 2-13-037624-X) [lire en ligne]
    • 1993, David Ranson, "Inflation", In David R. Henderson, dir., "The Fortune Encyclopedia of Economics: 141 Top Economists Explain the Theories, Mechanics, and Institutions of Money, Trade, and Markets", New York: Time-Warner Books, Inc., pp211-216 [lire en ligne]
    • 2008. Friedrich A. Hayek. « La campagne contre l'inflation keynésienne ». Chap. 13 des Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d'économie et d'histoire des idées. Bibliothèque classique de la liberté. Paris : Les Belles Lettres. (ISBN 978-2-251-39047-5) [prés. en ligne]
    • 2018, Brendan Brown, "What Is Wrong with the 2% Inflation Target?", In: Annette Godart-van der Kroon, Patrik Vonlanthen, dir., "Banking and monetary policy from the perspective of Austrian economics", Cham: Springer, pp85-101

    Articles connexes

    Liens externes

    https://www.wikiberal.org/wiki/Inflation

     

     

    D) - Déflation

    La déflation est un phénomène de contraction monétaire ayant comme conséquence le déclin rapide des prix courants. Bien que la déflation produise les effets inverses de l'inflation, elle peut être élucidée selon et à partir de l'expansion inflationniste.  

    Définitions de la déflation

    Dans l'opinion courante, la déflation est présentée comme une calamité économique qui provoque des crises et récessions. Elle nous enseigne la spirale vicieuse qu'une baisse générale des prix est bénéfique pour les consommateurs, tentés de reporter leurs décisions d’achats (thésaurisation) dans l'attente que les prix baissent à nouveau. La diminution de la consommation induit par conséquent une diminution de la production des entreprises. À cause des difficultés d'écoulement des stocks faute de demande, les salaires tendent à réduire. C'est pourquoi cela entraîne une hausse significative du chômage. Concernant l'endettement, les débiteurs auraient davantage de difficultés à rembourser leurs dettes ce qui les rendrait insolvables. La chute des profits et une augmentation des pertes débouchent sur un accroissement des dépôts de bilan et faillites.

    La déflation est associée à la Grande Dépression des années 1930, mais aussi celle du Royaume-Uni des années 1920 suite à la surévaluation de la livre sterling.

    Une première définition consiste à dire que la déflation est la baisse constante des prix monétaires des biens. À cette définition, il peut encore s'ajouter une autre : la déflation est liée aux mesures ou volonté politique de vouloir baisser les prix ou de vouloir empêcher la hausse des prix, par le contrôle des prix, le contrôle sur les revenus et la fiscalité. Il est reconnu également que la déflation consiste dans la raréfaction voulue de la part des banques centrales de l'offre de monnaie et du crédit.

    En général, la déflation est perçue comme un net ralentissement ou une baisse de la demande, associée à une période peu favorable à l'activité économique. Une des définitions de la déflation serait que la déflation est un mouvement persistant à la baisse, au fil du temps, du prix moyen des biens et des services, c'est-à-dire du coût de la vie.

    La déflation ne doit pas être confondue avec la désinflation qui est un ralentissement de taux d'inflation, c'est-à-dire que le niveau général des prix augmente à un taux décroissant. Il ne s'agit pas simplement de la baisse du prix d'un bien ou même de celui d'un secteur d'activité économique, mais de l'ensemble des prix. En théorie, le niveau général des prix comprend les coûts du travail, des salaires, des biens et des service. Les consommateurs peuvent donc acheter davantage de produits avec la même somme d'argent, mais ils ont aussi un plus faible salaire. Les consommateurs et les producteurs ayant des dettes souffrent aussi de la déflation, car leurs revenus diminuent alors que les créances demeurent constantes.

    Les banques centrales s'inquiètent de la déflation parce que beaucoup d'outils de la politique monétaire deviennent dans ce cas inefficaces et la déflation peut conduire à une spirale déflationniste. Le thème a resurgi à l'occasion de la déflation observée au Japon depuis 1998 et de l'incapacité des économies occidentales à retrouver le chemin d'une croissance soutenue. L'économie mondiale s'est ralentie nettement depuis la mi-2000, phénomène aggravé suite aux attentats terroristes de septembre 2001. Dès lors, si la demande ne se fait pas plus pressante, il ne peut y avoir de tensions sur les prix et un risque de déflation peut apparaître.

    La raison qui explique que l'aversion à la déflation soit générale est le surendettement général, causé principalement par l'importance de la dette publique : le surendetté doit rembourser les mêmes montants avec des revenus qui baissent, ce qui diminue son niveau de vie, l'oblige à trouver des ressources supplémentaires (fiscales) ailleurs ou à tailler dans les dépenses.

    La déflation selon l'école autrichienne d'économie

    Pour Ludwig von Mises[1] :

    « Les notions d'inflation et de déflation ne sont pas des concepts praxéologiques. Ils n'ont pas été créés par des économistes, mais par le langage profane du public et des politiciens. Ils impliquaient l'illusion populaire qu'il existe quelque chose comme une monnaie neutre, ou une monnaie à pouvoir d'achat constant, et que la monnaie doit être neutre et stable en pouvoir d'achat pour être saine. De ce point de vue, le terme d'inflation a été appliqué pour signifier les changements induits par encaisses, ayant pour résultat une baisse du pouvoir d'achat ; et le terme de déflation, pour signifier les changements induits par encaisses ayant pour résultat une hausse de pouvoir d'achat. »

    Toutefois, au regard des tendances inflationnistes de la politique économique étatique et des banques centrales, la déflation contrecarre les politiques inflationnistes habituelles. Jörg Guido Hülsmann, dans son ouvrage Deflation and liberty (2008), souligne son rôle de nettoyeuse économique :

    « La déflation est loin d'être intrinsèquement mauvaise, au contraire. Elle remplit une importance fonction sociale de nettoyage de l'économie et de la politique de toutes sortes de parasites qui ont prospéré sur l'inflation qui l'a précédée. En un mot : les dangers de la déflation sont chimériques, et ses charmes sont très réels. Il n'y a absolument aucune raison de s'inquiéter de ses effets économiques, à moins de mettre sur le même plan le bien-être de la nation et le bien-être de ses fausses élites. Il y a en revanche beaucoup de raisons de s'inquiéter des conséquences économiques et politiques de la seule solution alternative, la réflation, qui n'est bien sûr rien d'autre que de l'inflation pure et simple. »

    De cette manière, la phobie déflationniste répandue par les élites politiques et économiques s'explique par le fait que le vent frais apporté par la déflation pourrait mettre un terme au système de privilèges dont ils bénéficient grâce au monopole monétaire inflationniste.

    L'École autrichienne d'économie, à l'inverse des keynésiens ou des monétaristes, ne voit habituellement pas de danger particulier dans la déflation, qui ne serait que la contrepartie inévitable d'une inflation survenue auparavant.

    Antal E. Fekete, qui définit la déflation comme « un accroissement de la productivité marginale du capital et du travail sans changement dans les facteurs de production ou du travail » [2], y voit une destruction de capital que seul l'étalon-or peut entraver.

    De la même façon, Philipp Bagus réfute cinq préventions habituelles contre la déflation (l'arbitraire de la redistribution que la déflation opèrerait ; la baisse de la production ; l'instabilité des prix ; le chômage de masse ; la « trappe à liquidités »[3]) et affirme :

    On peut faire valoir que la déflation est un moyen rapide, direct, harmonieux et éthique en direction d'un système monétaire solide, en purgeant un système bancaire malsain et des investissements malsains.

    Combattre la déflation ?

    La déflation étant un processus naturel tendant à rétablir un équilibre compromis par des erreurs économiques, la combattre revient à ajouter une erreur économique de plus au-dessus d'une pile d'erreurs économiques passées. Il suffit de voir les moyens employés pour ce faire par les banques centrales :

    • baisse des taux d'intérêt : cette répression financière augmente l'endettement, crée de nouvelles bulles sur les marchés (par accès à l'argent facile), déstabilise les épargnants (notamment les fonds de pension chargés de verser les retraites), assèche le marché du crédit (les institutions financières préfèrent placer leurs liquidités dans les banques centrales) ;
    • création monétaire exogène pour augmenter fortement la masse monétaire : une pratique ouvertement inflationniste par laquelle la banque centrale finance directement la dépense de l'État et accroît la dette publique : les dettes actuelles seront donc remboursées en monnaie de singe par décision politique. Cette création monétaire est généralement inopérante, car les banques centrales contrôlent une part de plus en plus réduite de la masse monétaire (moins de 5 %), ce qui limite l'efficacité de ce genre d'opérations. En outre, cette pratique ne touche jamais le grand public et ne profite qu'à une oligarchie financière.

    Citations

    • « Quant à la fameuse spirale déflationniste dont on nous rebat les oreilles, il suffit d’un peu de bon sens pour en montrer le caractère chimérique. Tirant argument de la théorie des anticipations rationnelles – tant décriée par ailleurs – on nous raconte que les consommateurs, anticipant la baisse des prix, vont reporter leurs achats, et que ce report par lui-même va provoquer une nouvelle baisse des prix qui, elle-même étant anticipée, se traduira par des reports supplémentaires de consommation, et ainsi de suite. Mais, tout « rationnel » qu’il soit, un consommateur ne peut différer longtemps de se nourrir, de se vêtir, de se transporter, de se divertir, de s’éduquer, de se loger. Que l’on sache, les émeutes de la faim n’ont jamais été provoquées par une baisse des prix alimentaires, mais bien par leur flambée. Si l’inflation est l’impôt le plus injuste parce qu’il frappe les plus pauvres, on ne peut évidemment en dire autant de son contraire, la déflation. On oublie d’autre part que si baisse de la consommation il y avait, elle se traduirait par une augmentation de l’épargne – chose excellente à une époque d’endettement généralisé ». (Philippe Simonnot, Vive la déflation !)
    • « Ils luttent contre la déflation, c’est-à-dire qu’ils empêchent les prix de baisser, ils ne veulent pas qu’avec votre argent vous puissiez acheter plus, ils veulent vous priver des gains de productivité qui résultent de l’efficacité de plus en plus grande de votre travail et de vos innovations. Non, ces gains de productivité doivent être confisqués, empochés par d’autres, devinez qui ? » (Bruno Bertez[4])

    Informations complémentaires

    Notes et références

  • Ludwig von Mises, L'Action humaine, Quatrième partie — La Catallactique ou économie de la société de marché - Chapitre XVII — L'échange indirect.

  • Economic aspects of the pension problem (pdf)

  • Situation dans laquelle toute création supplémentaire de monnaie ou de crédit n’entre plus dans l’économie réelle, mais reste dans les banques.

    1. Bruno Bertez, L'AGEFI, 1er décembre 2015

    Bibliographie

    Voir aussi

    Liens externes


    https://www.wikiberal.org/wiki/D%C3%A9flation

     

    Powered By Blogger