février 04, 2026

Géoéconomie de l'or et dédollarisation ? - Chine, Russie ON; USA OFF !!

 "Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués
Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle"

Quand Pékin réduit les bons du Trésor américain

Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués

Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle.


Scénarios économiques

Le sujet n’est pas seulement de « vendre des titres et acheter de l’or ». Le sujet, c’est la fragilité du lien entre réserves de change et géopolitique. Pendant des décennies, les bons du Trésor américains ont été le dépôt naturel de la richesse étrangère : liquides, profonds, réputés neutres. Mais lorsque les sanctions deviennent un instrument ordinaire de politique étrangère et que les paiements peuvent être bloqués ou conditionnés, la neutralité se rétrécit.

L’or, lui, ne promet pas un rendement : il promet une indépendance vis-à-vis de l’autorisation d’autrui. C’est un choix qui produit trois effets économiques.

Premier effet : réduire la vulnérabilité aux chocs politiques, comme les gels, les restrictions sur les circuits financiers, ou les pressions réglementaires.

Deuxième effet : accroître la résilience d’une banque centrale. En cas de crise, l’or reste mobilisable, négociable, transférable, même si cela implique d’autres coûts et d’autres délais.

Troisième effet : renchérir, sur le plan symbolique, la gestion de l’endettement américain. Non pas parce que la Chine ferait s’effondrer le marché, mais parce qu’elle signale que la confiance n’est plus automatique.

Le paradoxe est que Washington, à court terme, ne souffre pas réellement : d’autres acteurs absorbent, le marché reste profond, la demande demeure solide. Mais Pékin ne raisonne pas à court terme. Pékin raisonne en termes de marge de manœuvre.

Le nœud de l’or « non déclaré »

Ici, il faut être précis. Nous savons ce que la Chine déclare : 2 306 tonnes à la fin de 2025. Nous savons aussi que, selon certaines estimations de marché, les achats réels pourraient être nettement supérieurs à ceux communiqués. Des analyses attribuées à Goldman Sachs suggèrent que, sur certains mois de 2025, les achats effectifs auraient pu être de plusieurs fois supérieurs aux chiffres officiels. D’autres lectures, fondées sur des écarts entre importations, flux et données publiées, vont jusqu’à évoquer des ordres de grandeur bien plus élevés.

Traduction : il ne s’agit pas seulement d’accumuler, il s’agit aussi de garder une part d’opacité. Et l’opacité, lorsqu’elle concerne des réserves stratégiques, est déjà un message.

Évaluation stratégique et militaire

L’or n’est pas une arme, mais c’est ce qui permet de tenir une crise longue. C’est une garantie pour financer des importations critiques, un filet de sécurité si l’accès à certains paiements se resserre, une réserve qui soutient des chaînes d’approvisionnement sensibles. Dans un monde où les affrontements se jouent aussi sur les semi-conducteurs, l’énergie, les composants et les transports, la capacité de payer même quand quelqu’un tente « d’éteindre l’interrupteur » fait partie de la dissuasion.

Réduire les bons du Trésor, c’est aussi réduire la part de la richesse chinoise exposée à des décisions juridiques et politiques américaines. C’est une manière d’abaisser le coût potentiel d’un affrontement prolongé.

Géopolitique et géoéconomie

Le mot clé est simple : préparation. Pékin ne dit pas « le dollar s’effondre demain ». Pékin dit : si le monde se durcit, je veux moins de points faibles. C’est un élément d’une stratégie plus large de diversification des réserves et de réduction de la dépendance à un seul centre financier.

Pour les États-Unis, le signal est double. Techniquement, le marché tient. Politiquement, l’idée s’installe que la finance mondiale est de moins en moins un terrain neutre et de plus en plus un terrain de confrontation.

Le point final

Cette histoire n’est pas le récit d’une vente. C’est le récit d’une époque qui change : lorsqu’une grande puissance déplace lentement sa richesse d’une promesse de paiement vers un actif physique, elle dit qu’elle craint moins l’inflation que la politique. Et lorsqu’elle le fait sans tout raconter, elle dit aussi autre chose : dans le prochain tour, la surprise comptera autant que la force.


 
Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/ avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
 

 

Russie-Afrique : L’or de Wagner, nerf de la guerre

Sous le soleil brûlant du Sahel et de l’Afrique centrale, une bataille invisible se joue autour des mines d’or. Dans l’ombre, des mercenaires du groupe Wagner creusent bien plus que des galeries : ils extraient des milliards qui alimentent l’ambition géopolitique de Moscou, au prix de l’avenir des nations africaines.


 

Mali : L’alliance du pouvoir et des mercenaires

Un pays sous emprise étrangère

À Bamako, le colonel Assimi Goïta règne en maître depuis le coup d’État de 2021. Mais derrière son pouvoir, une autre force agit dans l’ombre : Wagner. Les mercenaires russes ne se contentent pas d’entraîner l’armée malienne ; ils façonnent également le récit politique. Une propagande bien huilée, orchestrée avec le Kremlin, cible la France et ses anciens alliés, tout en peignant Moscou comme le sauveur d’un Mali « trahi » par l’Occident.

Cette rhétorique séduit, mais le bilan est lourd :

  • Près de 5 750 morts dans des violences impliquant les forces armées et Wagner.
  • Plus de 412 000 déplacés, fuyant les exactions et l’insécurité croissante.
  • Une démocratie mise en suspens, avec des élections repoussées sine die.

L’or, la véritable monnaie d’échange

Dans cette alliance, Wagner ne fait rien gratuitement. Les mercenaires reçoivent 10,8 millions de dollars par mois, des fonds issus des richesses minières du pays. Sur les sites de Fékola, Sadiola ou Loulo, Wagner supervise discrètement une extraction massive, financée en partie par des entreprises occidentales. Cet or, vital pour le Mali, alimente en réalité les coffres russes.

Centrafrique : Une nation à genoux

Touadéra sous perfusion russe

En République centrafricaine, Wagner est devenu l’ange gardien du président Faustin-Archange Touadéra. Depuis 2018, les mercenaires russes jouent un rôle clé dans la survie de son régime. Mais leur aide a un prix : un contrôle sans partage sur les ressources naturelles du pays, à commencer par la mine d’or de Ndassima, la plus grande du pays.

Pour beaucoup, cette dépendance ressemble à une nouvelle forme de colonisation. La situation humanitaire est dramatique :

  • 3,4 millions de personnes – plus de la moitié de la population – ont besoin d’aide humanitaire.
  • 20 % des Centrafricains sont déplacés ou réfugiés.

La violence comme méthode

Wagner n’est pas qu’un partenaire économique. En 2020, les mercenaires ont écrasé une rébellion menée par François Bozizé, l’ancien président. Aujourd’hui, ils sont responsables de 37 % des violences politiques dans le pays. Parmi leurs cibles, des villages entiers, comme les communautés musulmanes Boyo, qui ont subi des attaques brutales

Soudan : L’or et la guerre

Un chaos orchestré

Au Soudan, le rôle de Wagner remonte à l’époque d’Omar al-Bashir, qui avait troqué l’or de son pays contre un soutien militaire russe. Après sa chute, Wagner a su rebondir en s’alliant avec la junte militaire dirigée par Abdel al-Burhan.

Depuis 2019, les mercenaires agissent comme des courtiers de l’or soudanais, tout en étouffant les espoirs de démocratie.

Un empire bâti sur l’or

Wagner a établi sa domination sur l’une des plus grandes raffineries du pays, à Al-Ibaidiya. De là, ils contrôlent l’achat, la transformation et la contrebande de l’or soudanais, un commerce lucratif qui échappe aux autorités locales.

Pendant ce temps, des villages entiers proches des mines subissent des attaques meurtrières. Wagner ne se contente pas de l’or : il s’assure que personne ne conteste son emprise.

Le « Triangle d’or » de la Russie en Afrique

Une stratégie bien huilée

Le Mali, la Centrafrique et le Soudan ne sont pas des cas isolés. Ils forment un véritable « triangle d’or », au cœur de la stratégie africaine de Moscou. À travers Wagner, la Russie ne se contente pas d’extraire des ressources : elle assoit son influence en soutenant des régimes autoritaires et en sapant les institutions démocratiques.

Financer la guerre en Ukraine

L’objectif ultime ? Alimenter la machine de guerre russe. Avec plus de 2,5 milliards de dollars générés par l’exploitation de l’or africain, Wagner offre au Kremlin une manne financière inestimable, notamment pour financer son invasion en Ukraine.


 
Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

 

 

 

 

 

 

 

 

février 03, 2026

L’assassinat de Pretti par l’État, vu par les libertariens US !

Dans le meurtre d'Alex Pretti, seuls les libertariens en ont compréhension.

 Les conservateurs ne sont-ils pas traditionnellement en faveur de la liberté d’expression, et peut-être plus encore, du droit aux armes à feu ? 
 
Certains l’étaient.  
Mais tant de gens ne l’étaient pas qu’il appartenait aux libertariens de défendre réellement les premier et deuxième amendements et de noter que les Américains ne devraient pas être assassinés par l’État pour les avoir exercés et que leur mort était justifiée par des politiciens menteurs. 
 

 
Le 24 janvier, Alex Pretti, manifestant et détenteur légal d'une arme à feu, a été abattu par des agents des douanes et de la protection des frontières des États-Unis à Minneapolis, dans le Minnesota, un événement qui a fait la une des journaux nationaux. 
 
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a presque immédiatement affirmé que Pretti avait brandi une arme et attaqué les agents. Pourtant, les images disponibles, filmées sous plusieurs angles, ont démontré le contraire.  
 
En réalité, Pretti avait été désarmé avant d'être abattu. De nombreux conservateurs, influenceurs et politiciens confondus, se sont empressés de justifier l'action des agents, en insistant notamment sur les opinions politiques et le comportement passé de Pretti. Matt Walsh, du Daily Wire, est même allé jusqu'à dire que Pretti « l'avait bien cherché ». Les conservateurs ne sont-ils pas traditionnellement favorables à la liberté d'expression, et peut-être plus encore au droit de porter des armes ? Certains l'étaient.  
 
Mais ils étaient si nombreux à s'y opposer que ce sont les libertariens qui ont dû défendre les premier et deuxième amendements et rappeler que les Américains ne devraient pas être assassinés par l'État pour avoir exercé leurs droits, et que leur mort ne devrait pas être justifiée par des politiciens menteurs. Le sénateur libertarien le plus en vue a réagi avec véhémence après avoir visionné la vidéo du meurtre de Pretti. 
 
 
« Quand les gens regardent cette vidéo et que le gouvernement leur dit : “Il agressait les policiers”, personne d’objectif ne croit que c’est ce qui s’est passé.» « En réalité, il semble que ce soit tout le contraire », a poursuivi Paul. « À chaque altercation, l’homme recule, et la femme est violemment projetée au sol. Il a été jeté à terre. Aucun Américain ne croit qu’il agressait les policiers. En réalité, il semble que ce soit tout le contraire.» 
 
 L’administration a d’abord affirmé que Pretti était en faute pour avoir porté une arme lors d’une manifestation, même légale. 
 Quoi ?! 
 
 
« Vous ne pouvez pas apporter une arme à feu chargée de plusieurs chargeurs à n’importe quelle manifestation. C’est aussi simple que cela.» 
 
Vraiment ?! 
N’oubliez pas que ce sont des Républicains qui tiennent ce discours sur les armes à feu, au sein d’une administration républicaine. Le sénateur républicain libertarien Rand Paul a déclaré : 
 
« Ils ont dit qu'il avait brandi son arme. C'est faux. Si vous continuez à dire des choses fausses, vous allez encourager ce genre de comportement. » 
 « J'ai assisté à des centaines de rassemblements où les gens étaient armés », a poursuivi Paul. « Pratiquement à chaque réunion à laquelle je participe dans le Kentucky, les gens portent leur arme, dissimulée ou non. Ils ont le droit constitutionnel de porter une arme. » 
 
Pour se couvrir après cette fusillade, les républicains allaient-ils se transformer en parti du contrôle des armes à feu ?  
Pendant les jours qui ont suivi la mort de Pretti, de nombreux conservateurs ont tenu des propos plus proches de ceux des militants de gauche pour le contrôle des armes que de ceux du parti historiquement connu pour sa défense du Deuxième Amendement. David Hogg est-il désormais en lice pour représenter le Parti républicain en 2028 ?
 
Le républicain le plus libertarien de la Chambre des représentants américaine a réagi avec force aux propos de ses collègues qui défendaient la fusillade, en adressant un message simple mais poignant : 
 
"Porter une arme à feu n’est pas une condamnation à mort, c’est un droit constitutionnel et inaliénable. "
Thomas Massie
 


 
Dans une interview, le sénateur Paul a demandé avec sarcasme : 
 
« Alors, si on devient le parti qui dit : “Vous n’avez pas le droit de porter une arme au titre du Deuxième Amendement, et vous risquez de vous faire tirer dessus…” » 
 
Paul n’avait pas tort. Car, selon la logique tordue de nombreux conservateurs la semaine dernière, le droit de porter des armes à feu était désormais soumis à de nouvelles restrictions que ces mêmes personnes inventaient à l’instant, pouvant inclure le risque d’être abattu si les Américains choisissaient d’exercer ce droit. 
 
Eric Boehm, du magazine Reason, a partagé un extrait vidéo de ces propos de Paul et a fait la remarque suivante :
 
"Rand Paul est sur le terrain, faisant quasiment à lui seul le travail que tous les autres républicains du Congrès devraient également faire."
 
Paul :" Ils ont dit qu'il avait brandi son arme. C'est faux. Si tu continues à dire des choses fausses, tu vas encourager encore plus de ces conneries."
 
Ils ne l'étaient pas.  
Entre le silence et la défense de l'administration, on aurait dit que la défense de la liberté d'expression et du droit de porter des armes n'avait jamais été une priorité pour le Parti républicain. 
 

 
Au lieu de défendre le droit constitutionnel des Américains à la liberté d'expression et à l'autodéfense armée, de nombreux conservateurs et républicains se sont focalisés sur les altercations et les emportements de Pretti avec les forces de l'ordre. (Il est bon de rappeler que beaucoup de démocrates estimaient qu'Ashli ​​Babbitt, manifestante du 6 janvier et ancienne combattante de l'US Air Force, aujourd'hui décédée, méritait d'être abattue pour avoir elle aussi eu des altercations avec les forces de l'ordre.) 
 
 D'autres ont pris la parole pour défendre la prétendue « gentillesse » et la « douceur » de Pretti, telles que décrites par un prêtre catholique qui affirmait le connaître.
Mais que Pretti ait été un communiste virulent ou une sorte de Mère Teresa au masculin, le principe reste le même : chaque Américain possède ces droits du simple fait d'être Américain. 
 
Il ne s'agit pas d'un concours de personnalités pour déterminer qui a droit aux droits constitutionnels. C’est un point que beaucoup de conservateurs semblent complètement oublier dans leurs réactions émotionnelles anticonstitutionnelles et hyper-partisanes suite à l’assassinat de Pretti par l’État. 
 
À l’inverse, les libertariens ont gardé leur sang-froid et sont restés fidèles à des principes normaux, constitutionnels et, à une époque, conservateurs. Le Parti libertarien de l’Indiana a partagé ce que toute personne sensée pourrait dire face à cette tragédie :
 
 
Alex Pretti était un infirmier qui portait légalement une arme à feu – un droit constitutionnel – et qui a tenté de porter secours à une personne plaquée au sol par des agents fédéraux. Vous avez le droit constitutionnel de manifester pacifiquement et de porter une arme à feu. Ni l'un ni l'autre ne devraient être passibles de la peine de mort. https://x.com/LPINorg/status/2015539485858050200

Ce n'est pas ce que disaient tant de conservateurs et de républicains.  
Dieu merci pour les libertariens. 

 
Jack Hunter 
 
Jack Hunter est un écrivain libertaire-conservateur indépendant basé à Old Town, Alexandria, qui contribue à des publications comme Based Politics, Liberty Tree, DC Examiner, R Statecraft et The Spectator. Ses publications récentes critiquent les néoconservateurs et les interventions militaires, défendant la liberté d'expression et les droits des armes, tout en adoptant une ton ironique sur l'actualité politique. La phrase finale de sa biographie, "Everything is Wrestling", suggère une vision métaphorique de la politique comme un spectacle de lutte. "Borat est probablement mon journaliste préféré après Don Lemon." 
-@jackhunter74 Auteur indépendant libertarien-conservateur basé dans la vieille ville d'Alexandria. Basé sur Politics Liberty Tree @dcexaminer @rstatecraft @spectator Tout est lutte @LibertarianInst

Affaire Epstein !!

Loi sur la transparence des dossiers Epstein 

Le ministère de la Justice publie 3,5 millions de pages conformes à la loi sur la transparence des dossiers Epstein

Deputy Attorney General Todd Blanch announced the Department of Justice published over 3 million additional pages responsive to the Epstein Files Transparency Act, which was signed into law by President Trump on November 19, 2025.
 

Ce projet de loi exige du ministère de la Justice (DOJ) qu'il publie (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d'enquête non classifiés en sa possession et relatifs à l'enquête et aux poursuites contre Jeffrey Epstein. Cela inclut : (1) les documents relatifs à Ghislaine Maxwell, (2) les registres de vol et les dossiers de voyage, et (3) les personnes nommées ou mentionnées (y compris les fonctionnaires) dans le cadre de l'enquête et des poursuites contre Jeffrey Epstein. Le DOJ est autorisé à ne pas divulguer certaines informations, telles que les informations personnelles des victimes et les documents susceptibles de compromettre une enquête fédérale en cours. En outre, au plus tard 15 jours après la publication requise, le ministère de la Justice doit faire rapport au Congrès (1) toutes les catégories d'informations publiées et retenues, (2) un résumé de toutes les rédactions effectuées et (3) une liste de tous les fonctionnaires et personnes politiquement exposées nommés ou mentionnés dans les documents publiés.


Epstein Library:

Avis de confidentialité Compte tenu de l'échéance fixée par le Congrès, tous les efforts raisonnables ont été déployés pour examiner et expurger les informations personnelles relatives aux victimes et autres personnes privées, et pour protéger les documents sensibles contre toute divulgation. Cependant, en raison du volume d'informations concernées, ce site web peut néanmoins contenir des informations incluant par inadvertance des données personnelles non publiques ou d'autres contenus sensibles, y compris à caractère sexuel. Si vous identifiez des informations qui n'auraient pas dû être publiées, veuillez nous en informer immédiatement à EFTA@usdoj.gov afin que nous puissions prendre les mesures nécessaires pour corriger le problème au plus vite. Ce site héberge des documents soumis à la loi sur la transparence des dossiers Epstein. Il sera mis à jour si d'autres documents sont identifiés et doivent être publiés. Certains documents de la bibliothèque contiennent des descriptions d'agressions sexuelles. Par conséquent, veuillez noter que certaines parties de cette bibliothèque peuvent ne pas convenir à tous les lecteurs.

https://www.justice.gov/epstein?utm_source=chatgpt.com


L’Affaire Epstein : un tremblement de terre révélant les ténèbres des élites politiques et financières 

L’affaire Jeffrey Epstein, ce financier américain condamné pour trafic sexuel de mineures, continue de secouer les fondations du pouvoir mondial.

Avec la publication récente, fin janvier 2026, de plus de trois millions de pages de documents par le Département de la Justice américain (DOJ), incluant environ 2.000 vidéos et 180.000 images, un nouveau chapitre s’ouvre sur ce scandale qui expose les connexions troubles entre élites politiques, financières et royales.

Cette divulgation, mandatée par l’Epstein Files Transparency Act (voir ici) signé par le président Donald Trump en novembre 2025 sous une pression bipartisane intense, marque la fin des divulgations officielles, bien que des critiques persistent sur les retards et les caviardages pour protéger les victimes et les enquêtes en cours.


 

Le contexte d’un scandale persistant

Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 dans des circonstances controversées – officiellement un suicide, mais avec des soupçons persistants de meurtre pour le faire taire – était au cœur d’un réseau d’abus sexuels impliquant des dizaines de jeunes filles mineures. Condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution d’une mineure via un accord controversé et plus clément, il a continué à entretenir des relations avec des figures influentes jusqu’à sa mort. Les documents nouvellement publiés, issus d’enquêtes fédérales, incluent des logs de vols, des emails, des photos et des témoignages qui révèlent comment Epstein maintenait ses liens post-condamnation. Parmi les révélations : des échanges avec Steve Bannon, conseiller de Donald Trump, discutant de politique et d’un documentaire pour réhabiliter l’image d’Epstein ; des allégations non vérifiées contre Trump, mentionné plus de 1 000 fois, incluant des accusations réfutées de viol sur une mineure de 13 ans, bien que rien ne confirme de conduite criminelle ; et des détails sur Bill Gates, accusé dans des emails d’avoir eu des relations extraconjugales et d’obtenir des drogues liées à des rencontres avec des « filles russes » (démenti par Gates).

D’autres noms émergent : Elon Musk, Bill et Hillary Clinton, Richard Branson, Peter Mandelson (qui a reçu des fonds d’Epstein pour les frais d’études de son mari), Leonardo DiCaprio, Michael Jackson, et des figures internationales comme les Mexicains Ricardo Salinas Pliego et Ernesto Zedillo. Andrew Mountbatten-Windsor (ex-Prince Andrew) est particulièrement mis en lumière : des emails montrent qu’Epstein l’a invité au palais de Buckingham après sa libération, et qu’il voulait que Sarah Ferguson déclare publiquement qu’il n’était « pas un pédophile ». Ces révélations ont poussé le Premier ministre britannique Keir Starmer à appeler Andrew à témoigner au Congrès américain.

Les fichiers incluent aussi des notes du FBI de 2006-2007 sur des massages sexualisés payés à des mineures, un projet d’acte d’accusation abandonné, et des communications internes sur des enquêtes non poursuivies. Bien que beaucoup soient caviardés pour protéger les victimes, ils soulignent des associations persistantes et des enquêtes inachevées, alimentant des spéculations sur des réseaux d’influence, y compris des liens avec des services de renseignement comme la CIA ou le Mossad, souvent évoqués dans les théories controversée mais non prouvés.


La noirceur systémique des élites : affaires sexuelles au cœur du pouvoir

Ce scandale n’est pas isolé ; il illustre une noirceur quasi systémique dans les sphères politiques et financières, où les affaires sexuelles semblent entrelacées avec le pouvoir et l’argent. Epstein, avec son île privée de Little St. James – surnommée « l’île des pédophiles » – et ses jets privés, offrait un cadre pour des abus qui impliquaient non seulement des célébrités mais aussi des leaders mondiaux, révélant comment l’élite utilise son influence pour échapper à la justice. Des scandales similaires pullulent : des personnalités politiques américaines prônant les « valeurs familiales » tout en étant accusés d’agressions sexuelles, des élites européennes impliquées dans des réseaux d’exploitation, ou des figures financières comme celles de JPMorgan Chase, qui ont fermé les yeux sur les transactions suspectes d’Epstein pour préserver des profits.

Cette présence quasi systémique des affaires sexuelles dans les hautes sphères n’est pas fortuite. Elle sert d’outil de contrôle : des compromis sur des abus permettent de manipuler des décisions politiques et économiques. Par exemple, les liens d’Epstein avec des conseillers de la Maison Blanche ou des propriétaires d’équipes NFL (National Football League) montrent comment ces réseaux transcendent les frontières partisanes, érodant la confiance publique dans un système où l’argent et le pouvoir protègent les prédateurs. Politiquement, l’affaire érode la confiance : Donald Trump, malgré ses liens passés avec Epstein (incluant un livre d’anniversaire signé), a dû signer la loi de transparence sous pression, tandis que des démocrates exigent des versions non caviardées. Cela révèle un monde où les scandales sexuels ne sont pas des exceptions, mais des mécanismes intégrés au maintien du statu quo élitiste.


L’hypocrisie des politiciens face à la protection des enfants

Le culot des hommes et femmes politiques atteint des sommets lorsqu’ils invoquent la protection des enfants. Aux États-Unis, des figures comme Trump ou les Clinton, mentionnées dans les fichiers sans preuves irréfutables de crimes, prônent des politiques familiales tout en étant associées à Epstein. Mais cette hypocrisie s’étend bien au-delà : en France, par exemple, des gouvernements proposent d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sous prétexte de sauvegarder les mineurs des dangers en ligne, tout en ignorant les défaillances flagrantes du système d’aide sociale à l’enfance. Ils sont ainsi exposés à la prostitution et aux abus, avec des placements abusifs, une passivité face aux proxénètes, et des cohabitations forcées avec des agresseurs dans des foyers non supervisés, particulièrement dans des régions comme l’Île-de-France ou les Bouches-du-Rhône (voir ici).

Au lieu de réformer ce système corrompu qui livre littéralement des mineurs aux prédateurs via des applications comme Snapchat, les élites optent pour des mesures cosmétiques comme des interdictions répressives, favorisant une surveillance étatique paternaliste qui érode les libertés sans aborder les inégalités sous-jacentes ni promouvoir une éducation au numérique. Cela perpétue un double standard : les puissants ferment les yeux sur les pratiques déviantes des géants technologiques, tout en imposant des restrictions qui masquent leur inaction sur les vrais politique de protection pour les enfants vulnérables. Cette hypocrisie renforce le ressenti plus larges au sein de l’élite, qui clame défendre les mineurs tout en négligeant les protections concrètes et en priorisant le contrôle sur l’autonomie et l’éducation véritables.


Impacts et perspectives

Sur les réseaux sociaux et ailleurs, les discussions autour de EpsteinFiles explosent depuis le 30 janvier, avec des listes de noms, des accusations non vérifiées, parfois satiriques et des liens internationaux impliquant des figures de la scène internationale.

La couverture médiatique varie : sensationnelle aux États-Unis, plus discrète en France, alignée sur des critiques de silence relatif.

Ces fichiers ne prouvent pas de nouveaux crimes pour la plupart des noms, mais ils ravivent des questions sur la justice et les réseaux d’élite. Pour explorer, consultez le site du DOJ ou des plateformes comme jmail.world. L’affaire Epstein nous rappelle que derrière les façades polies du pouvoir se cachent des ténèbres persistantes, appelant à une vigilance accrue contre l’hypocrisie des élites.

https://multipol360.com/laffaire-epstein-un-tremblement-de-terre-revelant-les-tenebres-des-elites-politiques-et-financieres/ 


L’affaire Epstein : une dimension géopolitique de pédo-criminalité et de chantage mondial 

L’affaire Jeffrey Epstein, bien plus qu’un scandale isolé, est une fenêtre ouverte sur un système mondial de pédo-criminalité, de chantage et de corruption au plus haut niveau. Depuis des décennies, cette affaire a révélé des connexions troublantes entre des figures politiques, des dirigeants d’entreprise et des réseaux criminels, soulignant comment le pouvoir peut être manipulé à travers des actes abominables. Aujourd’hui, alors que de nouvelles révélations émergent, il est impératif de dresser un bilan critique et sans concession de cette tragédie humaine et de ses implications géopolitiques.

Un historique effroyable

Jeffrey Epstein, financier et pédophile avéré, a été impliqué dans l’exploitation sexuelle de plus de 250 jeunes filles mineures dans ses résidences de New York et de Floride, entre autres. Ses agissements, documentés par des témoignages et des enquêtes judiciaires, ont commencé à être révélés au grand public dans les années 2000. En 1996, Maria Farmer a signalé une agression sexuelle présumée par Epstein et Ghislaine Maxwell aux autorités locales et fédérales. En 2005, une femme a contacté la police de Palm Beach, affirmant que sa fille de 14 ans avait été payée 300 dollars après avoir été déshabillée et massée dans la mansion d’Epstein. Ces témoignages, bien que partiels, ont commencé à dresser le portrait d’un réseau bien organisé.

Epstein a été arrêté en 2019, mais sa mort en détention, officiellement classée comme un suicide, a suscité de nombreuses suspicions. L’autopsie a révélé une fracture de l’os hyoïde, souvent associée à des strangulations, alimentant les théories de meurtre.

Kash Patel, directeur du FBI
Kash Patel Directeur du FBI

Depuis, l’affaire a continué à se dérouler, avec des révélations explosives en 2025 sous l’impulsion de l’attorney general Pamela Bondi et du directeur du FBI, Kash Patel.

Le chantage comme arme de pouvoir

L’un des aspects les plus troublants de l’affaire Epstein est l’utilisation systématique du chantage. Selon des documents déclassifiés et des témoignages, Epstein et ses complices auraient filmé des activités sexuelles impliquant des mineurs avec des personnalités influentes, créant ainsi un arsenal de kompromat. Ces enregistrements, stockés dans des coffres-forts et sur des disques compacts, servaient à manipuler et à contrôler des décideurs politiques, des chefs d’entreprise et même des chefs d’État. L’objectif ? Assurer leur silence, influencer leurs décisions ou les forcer à agir contre leurs intérêts nationaux.

Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Comme le souligne le site swprs.org, la pédo-criminalité a souvent une dimension géopolitique, impliquant des services de renseignement et des réseaux de pouvoir. En Italie, par exemple, le service secret militaire SIFAR, agissant pour le compte de la CIA, a compilé des dossiers sur des comportements « irréguliers » pour contrôler l’élite politique pendant des décennies. Aux États-Unis, des affaires comme le scandale Franklin des années 1980 ont révélé des réseaux pédocriminels liés à Washington et à la CIA, avec des enfants enlevés ou provenant de foyers pour alimenter ces réseaux.

Les révélations de 2025 : un pas en avant ou une nouvelle couverture ?

En février 2025, Pamela Bondi, en collaboration avec le FBI, a demandé la déclassification et la publication de documents liés à Epstein. Initialement, seulement 200 pages ont été transmises, avant qu’il ne soit révélé que des milliers d’autres pages étaient retenues. James Dennehy, ancien assistant directeur du bureau de New York, a été contraint de prendre sa retraite, accusé d’avoir bloqué la diffusion de ces documents. Sa fille, travaillant avec lui sur l’affaire Epstein-Maxwell, soulève des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts.

Kash Patel, nouveau directeur du FBI, a été chargé d’enquêter sur ces non-divulgations, tandis que l’administration Trump a exercé une pression accrue pour la transparence. Cependant, ces avancées doivent être considérées avec scepticisme. La promesse de publier les documents restants après examen et rédaction pour protéger les identités des victimes soulève des doutes sur l’intégralité des révélations. Qui décide de ce qui est « sensible » ? Et si ces rédactions ne servent qu’à protéger les coupables plutôt que les victimes ?

Un camion entier de dossiers explosifs a atterri chez Kash Patel, révélant des milliers de pages cachées pendant des années par le bureau du FBI de New York. Le départ forcé de James Dennehy, accusé d’avoir bloqué ces révélations, a suscité des spéculations sur l’ampleur du scandale. Ces documents, contenant des noms qui dérangent, font trembler ce que l’on appelle le « Deep State », cet ensemble d’élites et de structures de pouvoir opérant dans l’ombre. Et si la vérité était plus grosse qu’on ne l’imagine ?


Connexions avec des figures de pouvoir

L’affaire Epstein s’entrelace avec d’autres scandales, révélant un réseau de corruption et de chantage à l’échelle mondiale. John McCain, par exemple, a été impliqué dans des affaires de trafic d’armes et de blanchiment d’argent, selon Ron Unz dans son article « American Pravda: John McCain, Jeffrey Epstein, and Pizzagate ». McCain, décrit comme un pion du Deep State, aurait bénéficié de protections similaires à celles accordées à Epstein, soulignant comment ces réseaux protègent leurs membres.

Bill Clinton, quant à lui, a été lié à Epstein à travers le « Lolita Express », l’avion privé utilisé pour transporter des personnalités vers l’île privée d’Epstein, Little St. James. Selon reseauinternational.net, Clinton a effectué plus de 26 voyages sur cet avion, souvent accompagné de jeunes filles. Ces connexions soulignent comment des figures politiques de premier plan ont été compromises, potentiellement soumises à un chantage.

De plus, des liens entre Epstein, Bill Gates, Anthony Fauci et George Soros ont été évoqués, bien que souvent démentis par les médias mainstream. Ces allégations, explorées dans cet article, suggèrent une censure systématique des informations compromettantes, protégeant ainsi des élites impliquées dans des scandales de pédophilie et de corruption.

Le rôle du FBI et des services de renseignement

Epstein n’était pas seulement un criminel isolé ; il était également une source du FBI, comme le révèle Réseau International. Ses connexions avec des services de renseignement, notamment le Mossad, lui ont permis de bénéficier d’une impunité relative. Ghislaine Maxwell, sa complice, a déclaré dans une interview qu’elle craignait pour sa vie, affirmant que « ils vont me tuer, tout comme ils ont tué Epstein ». Ces déclarations soulignent l’existence d’un réseau protégeant ces criminels, même au prix de leur élimination physique.

Critique d’un fléau innomable

Face à ce fléau, une critique sans concession s’impose. La pédo-criminalité n’est pas seulement un crime contre des individus ; c’est une arme de destruction massive contre les fondements mêmes de la société. Elle corrompt les institutions, dévoie les décisions politiques et prive les citoyens de leur droit à la justice. Comment des dirigeants, censés protéger les plus vulnérables, peuvent-ils être complices ou manipulés par de tels actes ? La réponse réside dans un système où le pouvoir absolu corrompt absolument, et où le chantage devient un outil de gouvernance.

Il est temps de poser des questions fondamentales : pourquoi ces réseaux persistent-ils ? Pourquoi les enquêtes sont-elles sabotées, les témoins tués et les documents cachés ? La réponse est claire : parce que ceux qui bénéficient de ce système ont trop à perdre. Pourtant, l’indignation publique grandit, et des figures comme Bondi et Patel, bien que confrontées à des obstacles considérables, incarnent un espoir fragile de transparence.

Vers une solution ?

La lutte contre ce fléau nécessite une action décisive et internationale. Les gouvernements doivent prioriser la protection des victimes plutôt que celle des coupables. Les médias doivent continuer à investiguer, malgré les risques. Et les citoyens doivent exiger des comptes, refusant de se laisser apaiser par des demi-mesures ou des promesses creuses.

L’affaire Epstein est un rappel cruel que le pouvoir, lorsqu’il est corrompu, peut devenir monstrueux. Elle nous oblige à regarder en face les ténèbres qui habitent notre monde et à agir pour les éclairer. Car si nous fermons les yeux, nous devenons complices. Et cela, nous ne pouvons nous le permettre !

 


L'affaire Epstein illustre le manque de méthode dont font preuve nos contemporains dès lors qu'il s'agit d'analyser les phénomènes sociaux. 

Ajoutons à cela les intérêts politiques ou économiques, et le sérieux laisse place aux querelles de chapelle.. Une analyse à contre-courant du complotisme.

Je vous préviens, je ne serai ni un « Rudy Reichstadt » obnubilé par les « conspis », ni une « Josiane de Facebook » qui empile les hypothèses sans méthode. Je vais plutôt étudier ce qu’on nomme le « complot » dans un cadre praxéologique, c’est-à-dire en repartant de la science de l’action humaine et de la nature de l’État. Le problème de Josiane, c’est qu’elle pratique mal le complotisme. Bien sûr, elle peut tomber juste (et on dira que « les complotistes avaient encore raison »), mais sa démarche manque de rigueur. J’apprécie néanmoins sa volonté de ne pas s’en remettre aveuglément au narratif officiel. 

 De l’autre côté, Rudy et ceux qui suivent sa ligne se vautrent dans une facilité déconcertante. Il faut dire que notre homme est financé à moitié par le système étatique. En 2023, l’intéressé a déclaré devant la commission d’enquête sénatoriale sur le fonds Marianne que le budget annuel de Conspiracy Watch était d’environ 203 000 €, dont près de 50 % provenaient de subventions publiques (incluant des financements directs ou indirects de l’État). Bien difficile d’accorder un grand crédit à Conspiracy Watch dans ces conditions. Ou du moins, la prudence sera de mise.

 J'ai vu passer des essayistes et/ou éditorialistes politiques de droite tenant des positions proches des anti-conspis, comme Julien Rochedy ou Nicolas Faure. Comme s’il n’y avait pas « grand-chose à dire » sur l’affaire, ou comme si les complotistes étaient trop soumis à leurs pentes affectives. Pourquoi cela ? Et eux-mêmes alors ? Je vois surtout beaucoup de gens très sûrs d’eux... 

On me dira que je risque de tomber dans le même piège en présentant mon approche. Sauf que la démarche que je vous propose n’a pas grand-chose à voir avec de la politique partisane ou des opinions, vous allez voir. On va se donner la peine d’étudier le sujet du complot correctement, en refusant de se vautrer dans une position dogmatique. 

Non seulement les éléments empiriques devraient nous pousser à faire nos propres recherches (plutôt que balancer ce terme de « populo-conspis » haha), mais en plus je vais vous démontrer que le complot est une composante logique de l'étatisme, dans lequel Epstein baignait allègrement. Qu'il s'agisse de théorie générale ou d'empirisme, il y a bien des choses à dire.


Petit élément de contexte historique et sémantique avant d'aller sur le théorique. Je vous invite toujours à interroger les mots que vous voyez souvent passer au sein des sphères politiques. En l’occurrence, le mot « complotisme » (ou conspirationnisme, mais qu’importe) ne vient pas de nulle part. La CIA l’a délibérément propulsé comme outil rhétorique pour discréditer les doutes sur la version officielle de l’assassinat de JFK. C’est donc un terme très chargé politiquement, utilisé comme instrument de gestion de la perception publique. 


 Il permet de délégitimer nos questionnements sans les réfuter proprement, ou en oblitérant des pans entiers du réel. Toute critique (même les plus sérieuses) des narratifs officiels peut ainsi être taxée de paranoïaque. Sur l’affaire Epstein, nous avons pourtant de quoi dire et il ne serait pas délirant qu’on en découvre bien plus. Mais au risque de vous décevoir, je n’irai pas sur le terrain des e-mails ni d’autres éléments du genre. Je vais plutôt vous parler du complot politique en l’étudiant sous l’angle de la praxéologie, pour en déduire un certain nombre d’incitations structurelles. Allons-y pas à pas. 

 
Je m’appuie donc sur la praxéologie, méthode développée par Ludwig von Mises dans son ouvrage « L’action humaine » (1949). Il y présente une véritable science de l'action humaine par le biais d'une démarche axiomatique et déductive. C’est exactement comme en géométrie, où l'on va partir d’axiomes certains pour en déduire des théorèmes. 

Voilà donc le point de départ : tout individu agit dans le but de substituer un état de choses qu’il juge insatisfaisant par un autre qu’il estime meilleur (c'est la définition de l'action de Mises). Pourquoi ce postulat est-il irréfutable ? Parce que nier l’action revient à agir (parler, écrire, etc), révélant l’axiome par l’usage volontaire de l'esprit et du corps qui l'accompagne. Je propose d’appliquer cela au complotisme politique. 

 
Pourquoi par ailleurs préciser le terme « meilleur » dans la définition de l'action humaine ? Parce que sans cela, l’individu n’agirait tout simplement pas. L’action est par définition orientée vers l'amélioration subjective. L’agent agissant perçoit une insatisfaction, imagine un état futur qu’il juge plus désirable et croit que son comportement intentionnel pourra l’atteindre. Sans cette attente d’amélioration, il n’y aurait aucune action intentionnelle. L’individu resterait inactif ou se limiterait à des réflexes inconscients. 

Les politiciens ne font pas exception à l'axiome de l'action humaine. Comme tout le monde, ils agissent en visant des fins subjectives dans une structure donnée (l’État et/ou ses antennes). Leur « meilleur » correspond donc à ce qu’ils jugent personnellement plus avantageux dans ce contexte. Ce « meilleur » subjectif est en fait le moteur universel de l’action humaine. Et vous allez voir qu’il permet de déduire des incitations quasi inévitables dans un système d'État, sans besoin d’hypothèses ou de corrélations trop gratuites. 

 
Maintenant que l’action humaine est bien posée, passons à l’État (la structure d’action du politique). L’État incarne le monopole de la violence légale sur un territoire donné. Il est juge ultime de tous les conflits qui s’y déroulent. L’État monopolise ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. La praxéologie nous permet alors d’analyser l’État comme le fruit d’actions humaines coordonnées dans un but de préservation de la domination exercée. En clair, les individus en poste de Pouvoir agissent pour maintenir le monopole qui leur procure tant de bénéfices (rentes, prestige, impunité, etc). 

Or, tout acteur une fois ses avantages acquis les défendra activement tant qu’aucune opportunité supérieure ne se présente (l’action humaine le suppose). Dans le champ politique, cela se traduira par une défense quasi systématique des intérêts de classe des acteurs concernés. C’est pourquoi tout politicien est un conservateur, incité à préserver ses privilèges au détriment de la population (car tout avantage politique naît de l’agression : conquête, taxation, etc). Pas besoin d’hypothèses farfelues pour le découvrir, c’est une conséquence logique de l’action humaine dans le cadre monopolistique qu’est celui de l’État. 

 
De ce monopole étatique découle logiquement des asymétries d’information particulières. Pourquoi ? Parce que les agents de l’État ont accès à des ressources (archives, données fiscales, renseignements sur untel, etc) inaccessibles aux individus, par le biais de la structure même au sein de laquelle ils agissent (ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les acteurs politiques ont accès aux mêmes informations ou disposent des mêmes marges de manœuvre). Attention cela dit, l'asymétrie d’information n’est pas le problème par nature. Chacun sait des choses que les autres ignorent, État ou pas. Le problème surgit quand l'asymétrie sert directement les intérêts du Pouvoir. 

À ce titre, les acteurs étatiques savent que révéler certaines informations ou partager certaines idées les exposerait inutilement. Contrôler le narratif et agir en partie dans l'ombre devient donc un moyen essentiel pour préserver leurs avantages. À ce stade, nous pouvons redéfinir le complot dans le champ politique à travers la praxéologie. Le complot correspond à l’usage de moyens par des personnes ayant pour but de jouir de leurs privilèges voire de les accroître, avec pour particularité le recours à la dissimulation quand la transparence des moyens diminuerait l'utilité escomptée des acteurs impliqués. Le complot est donc une catégorie de l’action humaine dans le cadre politique, déduite logiquement de la nature monopolistique de l’État. 

 
Il est très important de préciser que le complot est une catégorie de l'action politique avant toute chose. Non qu'il soit impossible de voir s'établir des complots de marché, mais disons que la nature de ce dernier les rend tout de suite très coûteux. Sur le marché libre, toute tentative de complot deviendrait auto-destructrice à terme. Les cartels y sont instables car ils ne peuvent durer sans coercition étatique qui empêche l’entrée de nouveaux acteurs, distribue des privilèges légaux ou évite des faillites économiques. 

Cacher certains moyens (par exemple un accord secret pour limiter la production) nécessiterait des ressources privées (espions, pots-de-vin, etc), mais sans monopole pour se couvrir indéfiniment. Toute fuite peut donc détruire l’utilité escomptée. La transparence devient un avantage compétitif à part entière sur le marché. Le complot suppose au contraire un cadre où les acteurs peuvent imposer durablement des coordinations secrètes sans craindre le poids du marché. C'est une une excroissance étatique reposant sur l'inversion des incitations, et rendant l’opacité rentable pour les acteurs dominants. 

 
Les moyens utilisés par les hommes de l'État sont divers, alors que la fin est toujours la même. Tout acteur politique cherche à substituer un état de choses peu satisfaisant par un état jugé meilleur dans le cadre de l'État. Que cela signifie-t-il dans ce contexte ? Accroître ses privilèges. Le Pouvoir (et donc sa jouissance) est la fin du politique. À chaque fois, le choix se fait par calcul subjectif. L'idée est toujours de maximiser l’utilité escomptée tout en minimisant ses risques personnels. 

 C’est ainsi que les élites privées et publiques forment des cartels de fait, entre alliances temporaires et batailles internes pour le contrôle. Sachant que l'étatisme ne suppose pas une seule grande alliance mondiale car il n'est pas une force homogène. Les individus ont des fins politiques parfois convergentes, parfois divergentes (et qu'importe d'ailleurs, car la lutte joue toujours pour eux). 

 Les moyens employés découlent de la nature de l’État, et vont au-delà. Pensez aussi aux multiples outils technologiques, aux opportunités de capture (législation, subventions, etc), à certains procédés tordus (chantage, corruption, pressions, etc) et bien sûr au fait que l'État se finance quasiment à l'infini via la fiscalité et l'inflation. Bref, de nombreux moyens qui rendent le complot possible et rentable. 

 
Il me semble important de préciser que le complot politique peut être très prosaïque. Un simple échange entre deux personnes pour étouffer une information gênante peut rentrer dedans, tout comme un arrangement pour protéger un réseau d’intérêts communs. Le complot peut donc se produire à des échelons très petits. Il suffit d'acteurs en position de Pouvoir, et qui face à un risque partagé choisissent de ne pas tout dire parce que la vérité leur coûterait plus cher que l'action discrète. J'irais même plus loin : le complot est omniprésent dans un système d'État. 

 Les affaires mondiales font beaucoup parler, mais en dessous se trouve sans doute un océan de petits arrangements quotidiens dont vous ignorez tout. Tant qu'un système politique incite à dissimuler, le complot restera inévitable. Ultime précision pour terminer ce fil, le complot n'est ni moins ni plus légitime que l’action politique ordinaire : il suppose juste la dissimulation. Un lobby qui finance ouvertement des campagnes ne complote pas, mais participe au système dominant et repose dessus. Illégitime. L'échange secret dont je parlais plus haut pour étouffer une information gênante relève du complot. Illégitime aussi, car il pérennise la position de Pouvoir des acteurs impliqués. 

 
Voyez qu’à aucun moment je ne dis « cela existe » ou « cela n’existe pas ». Je dis simplement pourquoi les complots sont probables et rationnels dans un système d'État. Ramené à l’affaire Epstein, tout cela s’applique sans restriction. Ensuite, reste à faire un travail d’assemblage de preuves et de corrélations solides pour venir illustrer notre théorème du complot sous l'angle praxéologique (ce qui nécessite encore une fois... de la méthode !). 

Dans l’affaire qui nous occupe, il semble que nous ayons désormais accès à de nombreux emails rendus publics et à une multitude de témoignages. Honnêtement, je n’ai pas effectué de travail de recherches ni de vérification ultra-rigoureux. Mon angle reste purement méthodologique. Je laisse aux journalistes et aux enquêteurs sérieux le soin de creuser. Attention où vous mettez les pieds, c’est déjà un vrai champ de mines. 

Arthur Homines 

https://x.com/arthurhomines/status/2018400532789088765


Epstein et Montesquieu.
 
Les sociétés sont toujours un savant mélange de ce que la condition humaine produit de meilleur et de pire.
Bien entendu, du point de vue du simple citoyen, il demeure préférable de vivre dans des démocraties libérales que sous des régimes autoritaires, dictatoriaux ou totalitaires, religieux ou non. Cette supériorité normative ne prémunit cependant pas ces régimes contre leurs propres zones d’ombre.
 
Chaque affaire révélée agit ainsi comme un révélateur : elle fait remonter à la surface un trait constitutif de la nature d’une société ou d’un régime, au-delà de ses récits officiels, de ses apparences et de ses mises en scène démocratiques.
 
L’affaire Epstein relève de cette logique de dévoilement. Elle constitue une véritable remontée d’égouts de l’oligarchie financière américaine et de ses relais internationaux, y compris européens et français.
Ce vaste scandale criminel, financier, sexuel et politico-médiatique, marqué par une complaisance initiale du système judiciaire américain, met au jour l’ampleur d’une oligarchie profonde à l’ère du néolibéralisme. Il révèle un espace de pouvoir largement affranchi des clivages politiques traditionnels.
À ce niveau, il n’est plus pertinent de raisonner en termes de républicains ou de démocrates, de gauche ou de droite, de financiers ou d’intellectuels. Ce qui apparaît, ce sont des logiques prédatrices et un système de domination qui se maintient en se dissimulant derrière les routines institutionnelles et les spectacles démocratiques.
 La spécificité des démocraties libérales tient néanmoins au fait que ces scandales peuvent émerger relativement rapidement et de manière ample, même si leurs effets sur les acteurs impliqués demeurent variables et souvent limités.
Enfin, la manière dont les sociétés, les autorités et les individus réagissent — ou s’abstiennent de réagir — là bas et ici, face à ces révélations constitue en elle-même un indicateur précieux de l’état réel du régime et de sa capacité à se confronter à la réalité de ses principes.
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
 
Montesquieu
De l’esprit des lois( Livre XI, chapitre 4) 

Stéphane Rozès

 

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