mai 24, 2026

PROSPECTIVES - ÉNERGIE & L'AFFAIRE AmyESKRIDGE !!

Sommaire:

A) - La batterie «sable» fait vendre mieux que «stéatite»

B) - Batterie au graphène chinoise

C) - Des chercheurs dévoilent une nouvelle méthode pour augmenter la supraconductivité

D) - Quand votre découverte menace des monopoles pesant des milliers de milliards, vous ne recevez pas un prix Nobel. Vous devenez une cible.

PROSPECTIVES - ÉNERGIE & ENVIRONNEMENT !!

 



A) - La batterie «sable» fait vendre mieux que «stéatite»

Une image circule sur les réseaux: un silo géant rempli de sable au cœur d'une forêt finlandaise, légendé en lettres capitales. Le sable chauffe à 500°C, stocke l'énergie pendant des mois, alimente une ville entière pendant une semaine, ne coûte presque rien et dure quasi éternellement. La promesse est belle. Trop belle.

 
J'ai vérifié.

La batterie existe. Elle se trouve à Pornainen, petite commune du sud de la Finlande, environ 5'000 habitants. Mise en service à l'été 2025 par la société Polar Night Energy. C'est aujourd'hui la plus grande installation au monde de ce type.


Jusqu'ici, l'information est exacte.

Le silo contient bien 2'000 tonnes de matériau granulaire. Le texte parle de «sable ordinaire»: c'est en réalité de la stéatite recyclée, sous-produit d'un fabricant finlandais de poêles à accumulation. Détail mineur, mais le mot «sable» fait vendre mieux que «stéatite».
La puissance ? 1 mégawatt. La capacité de stockage ? 100 mégawattheures.


Et c'est ici que la légende commence à se fissurer.

Cette batterie n'alimente pas «une ville entière pendant une semaine». Elle fournit du chauffage urbain à 5'000 habitants: autrement dit, de l'eau chaude pour les radiateurs, pas de l'électricité. Et elle fonctionne en complément d'une chaudière à copeaux de bois, qui reste indispensable. Les mots «ville» et «alimenter» font ici tout le travail rhétorique.


La température ? Le chiffre de 500°C est une approximation médiatique. La sortie utile tourne autour de 400°C, l'intérieur peut grimper jusqu'à 650°C en charge.


Le sable «quasi éternel» ? Le sable, oui. L'acier, l'isolant, les tuyaux et les capteurs, beaucoup moins.
Les chiffres réels valent pourtant d'être cités. Rendement aller-retour: 80 à 90%. Capacité de charge sur 100 heures consécutives, un atout rare qui permet d'avaler les pointes de production éolienne quand le prix de l'électricité s'effondre à 3 €/MWh. Émissions de chauffage de la commune réduites d'environ 70%. Fioul éliminé. Le système a tenu pendant l'hiver 2025–2026, l'un des plus rudes de mémoire récente.


Un deuxième chantier est en cours à Vääksy, opéré par Lahti Energia: 2 mégawatts, 250 mégawattheures, livraison été 2027. Celui-là utilisera effectivement du sable naturel local.


Alors, miracle ?

Non. Solution intéressante, oui — pour le chauffage urbain, en climat froid, là où le marché de l'électricité est ultra-volatil. Pas une réponse universelle à la crise énergétique. Pas un substitut au lithium, qui sert à autre chose (mobilité, stockage électrique court). Deux problèmes, deux outils.
Le noyau technique est sérieux. L'emballage marketing l'est moins. 

 

Le sable chaud, une nouvelle forme de batterie pas chère et écologique ?

Batteries électrochimiques, batteries gravitaires, réservoirs d’hydrogène : les solutions pour stocker de l’énergie ne manquent pas. Mais aucune ne semble faire l’unanimité, la faute à un coût trop élevé pour certaines, ou des capacités de puissance ou de durée de stockage trop faibles pour d’autres. Mais dans le laboratoire américain du National Renewable Energy Laboratory, on espère tout de même faire la différence avec une batterie thermique composée principalement de sable !


Dans la famille des solutions de stockage de l’énergie, je demande… le sable ! Les équipes du National Renewable Energy Laboratory (NREL), un laboratoire américain spécialisé dans les énergies renouvelables, ont mis au point une technologie de stockage d’énergie thermique (TES) utilisant du sable porté à très haute température, permettant de stocker de l’énergie sur plusieurs jours. Le projet semble prometteur, à tel point que le département américain de l’énergie a décidé d’y investir près de 4 millions de dollars pour la réalisation d’un prototype pilote. Celui-ci vise à démontrer l’intérêt économique d’une telle solution.

Il existe déjà plusieurs types de batteries de stockage, que l’on peut diviser en deux catégories : les systèmes de stockage à court terme, comme les batteries électrochimiques (plomb, lithium, etc.) et les systèmes de stockage sur le long terme, comme les réservoirs d’hydrogène, les STEP et certains dispositifs capables de stocker de la chaleur (eau, briques réfractaires, etc.). Selon ses concepteurs, la solution de stockage par le sable répondrait à un besoin de stockage de chaleur sur le moyen terme, c’est-à-dire entre quelques heures et plusieurs jours.

Permettre le stockage pendant plusieurs jours

La technologie conçue par le NREL consiste à chauffer du sable à une température d’environ 1 200 °C grâce à de l’énergie issue de ressources renouvelables (hydro, éolien, solaire, biomasse), puis à le stocker dans des silos isolés. Lorsqu’il faut produire de l’énergie, ce sable est convoyé par gravité vers un échangeur thermique qui chauffe un fluide caloporteur. Celui-ci alimente ensuite un générateur à cycle combiné. Cette technologie a l’avantage de reposer sur des principes physiques relativement simples, et de ne dépendre d’aucune terre rare, le sable étant très abondant à la surface de la Terre.

Du sable oui, mais pas n’importe lequel

Pour que ce système soit le plus efficace possible, pas question d’aller à la plage et ramasser le sable le plus proche possible. Afin de déterminer lequel est le plus adapté à cette technologie, les équipes du laboratoire ont analysé les capacités d’écoulement et de rétention de chaleur de 8 types de sables distincts, comme les matériaux céramiques synthétiques, l’argile de silex, l’alumine fondue brune ou encore les sables de silice. Si l’argile et l’alumine ont été rejetées à cause de leur instabilité thermique, la céramique, elle, s’est positionnée comme le sable le plus performant. Finalement, face à son coût trop élevé, c’est le sable de silice qui lui a été préféré. Celui-ci est, en outre, largement disponible aux États-Unis, en particulier dans le Midwest.

Pour valider l’intérêt commercial de la technologie, le laboratoire devrait donc créer, sur son campus situé près de Boulder, dans le Colorado, un prototype dont la puissance devrait approcher les 100 kW pour une autonomie d’environ 10 heures, soit 1 MWh d’énergie thermique stockée. À l’échelle commerciale, le laboratoire pense pouvoir atteindre une puissance de 135 MW pouvant être stockée pendant 5 jours. Cela représente 16,2 GWh thermiques, une coquette somme d’énergie. Concernant la quantité d’énergie stockée, selon le laboratoire, elle ne dépendrait que de la quantité de sable utilisée. Ainsi, plus on veut avoir d’énergie à stocker, plus il faut construire de silos.

Un coût de revient intéressant ?

Cette technologie paraît prometteuse pour sa capacité à stocker à moyen terme de l’électricité, mais pas seulement. Selon ses concepteurs, elle serait économiquement très intéressante. Alors qu’une installation de stockage par air comprimé coûte entre entre 150 et 300 $ par kilowattheure, et le stockage par pompage turbinage avoisine les 60 $ par kilowattheure, le stockage à base de sable coûterait entre 4 et 10 $ par kilowattheure ! Les batteries au lithium, elles, sont notamment plus chères avec un coût au kilowattheure proche des 300 $.

S’il est vrai que les installations de stockage par batterie sont élevées, en témoigne le projet Manatee en Floride, le prix des STEP varie grandement en fonction des projets. Ainsi, le coût de la STEP (CPT pour nos amis suisses) Nant-de-Drance est tout de même de 100 €/kWh. À l’inverse, en Nouvelle-Zélande, le projet de STEP du lac Onslow pourrait atteindre un coût ridiculement faible de 1,8 €/kWh, mais nécessite tout de même un investissement de 9 milliards d’euros !

Kevin CHAMPEAU

https://www.revolution-energetique.com/actus/le-sable-chaud-une-nouvelle-forme-de-batterie-pas-chere-et-ecologique/ 

 


 

B) - Batterie au graphène chinoise

Cette batterie au graphène chinoise se recharge en 5 minutes, dure 4 fois plus longtemps que le lithium et ne prend jamais feu.
Depuis des années, le plus gros problème des batteries reste le même : elles chauffent, s’usent vite et prennent des heures à recharger.
C’est exactement là que le graphène entre en jeu.
Selon plusieurs recherches publiées dans Nature Nanotechnology et Advanced Materials, ce matériau ultra-fin permettrait de faire circuler l’énergie beaucoup plus rapidement qu’une batterie classique.
Résultat :
des prototypes capables d’atteindre 80% de charge en moins de 5 minutes commencent déjà à apparaître selon certaines entreprises chinoises.
Mais ce qui intrigue encore plus les chercheurs, c’est la sécurité.
Contrairement aux batteries lithium-ion classiques, le graphène dissipe beaucoup mieux la chaleur.
C’est important, car les incendies de batteries électriques viennent souvent d’un phénomène appelé “emballement thermique”.
En clair :
La batterie chauffe, devient instable, puis peut s’enflammer.
Le graphène pourrait réduire fortement ce risque.
Et ce n’est pas son seul avantage.
Selon plusieurs laboratoires spécialisés, certaines batteries au graphène supporteraient beaucoup plus de cycles de recharge avant de perdre en performance.
Autrement dit :
Des smartphones qui tiennent plus longtemps, des voitures électriques rechargeables presque aussi vite qu’un plein d’essence, et des batteries beaucoup moins polluantes à remplacer.
Ce qui rend l’histoire encore plus stratégique, c’est que la Chine domine déjà une grande partie du marché mondial des batteries selon l’Agence Internationale de l’Énergie.
Si cette technologie fonctionne à grande échelle…
Elle pourrait redistribuer totalement les cartes de l’industrie automobile et électronique mondiale.
La guerre des batteries du futur a déjà commencé.


 

Batterie au graphène

Batteries au graphène (type plomb-acide amélioré) offrent une option peu coûteuse et très sûre pour les trajets courts. Les batteries au lithium-ion dominent le marché du milieu et du haut de gamme :

  • Le NCM (nickel-cobalt-manganèse) offre la densité d'énergie la plus élevée et le poids le plus léger - idéal pour les cyclistes orientés vers la performance.
  • Le LiFePO₄ (phosphate de fer lithié) offre une durée de vie exceptionnelle (plus de 2 000 cycles) et une excellente sécurité - parfait pour les trajets quotidiens sur de longues distances.

Ce guide compare le graphène, le NCM et le LiFePO₄ en termes de densité énergétique, de vitesse de charge, de durée de vie, de sécurité et de coût total, afin de vous aider à choisir la batterie la mieux adaptée à votre véhicule.

Principaux enseignements

  • Le lithium-ion NCM offre la densité énergétique la plus élevée (160-200 Wh/kg) et le poids le plus léger, ce qui est idéal pour les longues distances et les performances.
  • Le lithium-ion LiFePO₄ offre la plus longue durée de vie (2 000 à 4 000 cycles) et une excellente sécurité - le coût à long terme le plus bas pour les cyclistes qui parcourent beaucoup de kilomètres.
  • Le graphène (à base de plomb-acide) est le moins cher au départ ($120-180 pour un pack 48V 20Ah) et très sûr - idéal pour les petits trajets quotidiens de moins de 30 km.
  • Sécurité : Le graphène et le LiFePO₄ présentent tous deux un risque d'incendie très faible. Le NCM nécessite des cellules de haute qualité et un bon BMS pour être sûr.
  • Il n'y a pas de gagnant universel - votre choix dépend de votre kilométrage quotidien, de votre budget et de la nécessité de recharger par temps froid (le graphène est plus sûr lorsqu'il est rechargé à une température inférieure à 0°C).

Qu'est-ce qu'une batterie au graphène ? Une option plomb-acide améliorée

Sur le marché actuel des deux-roues électriques, le terme “batterie au graphène” fait généralement référence à une batterie au graphène. batterie plomb-acide améliorée où des matériaux à base de graphène sont ajoutés aux électrodes. Cette modification améliore la conductivité électrique, l'acceptation de la charge et la durée du cycle par rapport aux batteries plomb-acide classiques.

Remarque : certaines batteries lithium-ion utilisent également le graphène comme additif, mais cet article se concentre sur la batterie plomb-acide au graphène, qui est largement utilisée dans les motos et les scooters électriques bon marché.

Avantages :

  • Portée améliorée : Avec un densité énergétique des batteries de 50 à 80 Wh/kg, ce qui permet de parcourir environ 40 à 60 km avec un pack de 48V 20Ah, ce qui est plus élevé que les batteries traditionnelles au plomb-acide.
  • Sécurité élevée : Pas d'emballement thermique ni de risque d'incendie. Le système de recyclage est bien établi.
  • Coût initial moins élevé : Généralement 50-70% moins chères que les batteries lithium-ion.
  • Meilleure charge par temps froid : La chimie du plomb-acide tolère la charge à basse température sans placage de lithium, ce qui rend la charge en dessous de 0°C plus sûre.

Inconvénients :

  • Lourd et encombrant : Plus lourd et d'une densité énergétique plus faible que le lithium-ion.
  • Durée de vie limitée : Environ 600 à 800 cycles, soit environ 3 à 4 ans de service.
  • Mauvaise décharge à basse température : La capacité diminue considérablement en dessous de -10°C.
https://batteryswapstation.com/fr/graphene-battery-vs-lithium-ion/


C) - Des chercheurs dévoilent une nouvelle méthode pour augmenter la supraconductivité

Des chercheurs ont découvert que la supraconductivité peut être contrôlée en agissant sur l'environnement, une découverte qui pourrait mener à des composants électroniques plus performants, selon une nouvelle étude. La supraconductivité, ou la capacité de certains matériaux à conduire le courant électrique sans perte d'énergie lorsqu'ils sont refroidis en dessous d'une température critique, est une propriété encore mal comprise.  

Bien que cela représente un défi majeur, une meilleure compréhension de ses mécanismes de formation pourrait permettre de développer des matériaux plus performants et plus durables, ainsi que des dispositifs quantiques plus puissants. Sous la direction de Chun Ning (Jeanie) Lau, auteure principale de l'étude et professeure de physique à l'Université d'État de l'Ohio, l'équipe de recherche a synthétisé un matériau particulier appelé graphène bicouche torsadé : une couche de carbone empilée sur une autre et orientée selon un petit angle. 

En fixant le matériau à un diamant synthétique artificiel appelé titanate de strontium, Lau et ses collègues ont pu observer et contrôler l'intensité des interactions entre les électrons – de minuscules particules subatomiques – au sein du système. Les interactions électroniques qui déterminent des propriétés telles que les états magnétiques et les liaisons chimiques se produisent par paires. En ajustant les paramètres de ces paires, l'équipe a pu activer et désactiver la supraconductivité du matériau. « Normalement, les électrons se repoussent, mais dans les supraconducteurs, ils forment des paires ; cette formation de paires est essentielle à la capacité d'un supraconducteur à conduire l'électricité sans dissipation », explique Lau. « Nos résultats suggèrent que les électrons eux-mêmes, selon leur sensibilité à leur environnement, jouent un rôle étonnamment important dans les changements de propriétés du matériau. » Les chercheurs ont été surpris de constater qu'en augmentant les paramètres, la supraconductivité diminuait.  

Ce résultat diffère de celui des supraconducteurs conventionnels, où, si les forces de répulsion entre les électrons sont supprimées, l'appariement se renforce, soulignant ainsi le caractère inhabituel de nouveaux matériaux comme le graphène bicouche torsadé, capables de conduire l'électricité avec succès. « Si l'on pouvait transmettre l'électricité sans perte d'énergie, ce serait d'une importance capitale pour les technologies de notre quotidien », a déclaré Lau. « Malgré les questions fondamentales qui restent sans réponse, ces travaux ouvrent la voie à un nouveau type de mécanisme physique. » 

 Une telle découverte pourrait aider les scientifiques à développer des matériaux supraconducteurs à des températures plus élevées, voire à température ambiante. Il s'agit d'un Graal dans ce domaine, qui, s'il était atteint, pourrait transformer notre compréhension actuelle de l'électronique, du transport d'énergie et des communications. L'étude a été publiée le 7 avril dans la revue Nature Physics. 

Globalement, ces résultats révèlent une méthode plus simple pour contrôler les conditions nécessaires à la création et au contrôle de l'énergie atomique à l'origine de la supraconductivité. Par exemple, comme de nombreux supraconducteurs à haute température présentent des limitations qui restreignent leur productivité, l'utilisation de l'environnement pour optimiser leurs propriétés pourrait accroître leur puissance et permettre aux scientifiques de concevoir des composants électroniques plus efficaces. 

D'après Xueshi Gao, auteur principal de l'étude et doctorant en physique à l'Université d'État de l'Ohio, ces applications potentielles ne sont plus très loin. Il est convaincu que les résultats de son équipe seront bientôt utiles à de nombreux systèmes et expériences dans tout le domaine. « Le mécanisme de la supraconductivité dans le système de graphène bicouche torsadé que nous avons utilisé reste encore mal compris », explique Gao. « Mais nos résultats peuvent éclairer ce concept et aider à mieux le comprendre lors de futures applications. » 

L'équipe souligne néanmoins que ce modèle n'est qu'une première étape vers la compréhension d'interactions électroniques encore inexplorées. Les prochaines étapes consisteront à tester d'autres types d'interactions et à explorer les diverses questions de physique complexe que leurs travaux soulèvent. « Nous démontrons des capacités inédites, et ce résultat suscite un vif enthousiasme dans le domaine », conclut Lau. 

Parmi les autres co-auteurs de l'État de l'Ohio figurent Aatmaj Rajesh, Emilio Codecido, Daria Sharifi, Zheneng Zhang, Youwei Liu et Marc Bockrath, ainsi qu'Alejandro Jimeno-Pozo, Pierre Pantaleon et Paco Guinea d'Imdea Nanoscience en Espagne, et Kenji Watanabe et Takashi Taniguchi de l'Institut national de science des matériaux au Japon. Ce travail a été soutenu par le ministère de l’Énergie et la National Science Foundation.

photo:Tatyana Woodall
Tatyana Woodall
Ohio State News
 
 

 

 D) - Quand votre découverte menace des monopoles pesant des milliers de milliards, vous ne recevez pas un prix Nobel. Vous devenez une cible.

Dans l'histoire de l'innovation, nous aimons croire que les meilleures idées triomphent. Mais que se passe-t-il lorsqu'une invention ne se contente pas d'améliorer un marché, mais le supprime entièrement ? 

L'histoire d'Amy Eskridge suggère une réponse sombre.
À 34 ans, cette physicienne travaillait sur l'énergie du point zéro, la quête de l'« énergie du vide ». Pour la science, un seul centimètre cube d'espace vide contient plus d'énergie que toute la matière visible de notre univers. Eskridge aurait développé une technologie pour puiser dans cette source inépuisable.


Imaginez un monde où l'énergie n'est ni extraite, ni facturée. Pas de lignes électriques, pas de pétroliers, pas de factures mensuelles. Ce serait le plus grand bond en avant pour l'humanité... et la plus grande catastrophe financière pour les entités les plus puissantes du monde.


Des percées de cette ampleur ne passent pas inaperçues. Des rapports indiquent qu'Eskridge aurait reçu des avertissements explicites : abandonnez vos recherches, ou subissez les conséquences. Elle a refusé. Elle est devenue la 11ème scientifique liée à des programmes énergétiques classifiés à disparaître ou mourir dans des circonstances douteuses ces dernières années.


Le détail le plus glaçant est peut-être ce message envoyé à un ami proche avant sa mort : « Si jamais on rapporte que je me suis fait du mal, sachez que ce n'est pas vrai. »
Lorsqu'elle a été retrouvée sans vie, le verdict officiel fut exactement celui qu'elle avait prédit : un suicide. Pour ses collègues, cela ressemblait moins à un fait scientifique qu'à un scénario écrit d'avance.


Pourquoi ? Suivez l'argent. 

La « crise énergétique » est une mine d'or pour les structures de profit établies. Si Eskridge avait réussi, la rareté qui alimente l'économie mondiale disparaîtrait.
Son cas nous force à poser une question terrifiante : notre progrès scientifique est-il guidé non pas par ce qui est possible, mais par ce qui est profitable ?
Coïncidence tragique ou suppression calculée ? 

L’énigme de Huntsville : Les recherches d’Amy Eskridge sur la propulsion à haute fréquence et la physique de l’antigravité

La mort prématurée d’Amy Catherine Eskridge en juin 2022, à l’âge de 34 ans, a laissé derrière elle un vide complexe à l’intersection de la physique théorique, de l’ingénierie aérospatiale et de la sécurité nationale. Basée à Huntsville, Alabama, un centre névralgique de la recherche militaire connu sous le nom de « Rocket City », Amy Eskridge n’était pas seulement une scientifique multidisciplinaire maîtrisant la chimie, la biologie, la physique et l’ingénierie électrique ; elle était la figure de proue d’un mouvement visant à sortir des technologies dites « exotiques » des sphères classifiées pour les porter à la connaissance du public. Ses travaux portaient sur des concepts qui défient le paradigme Newtonien traditionnel, notamment la manipulation de la gravité par l’alignement du spin nucléaire et l’utilisation d’ondes gravitationnelles à haute fréquence (HFGW) pour la propulsion spatiale.

 


 

L’héritage de Huntsville et la genèse du savoir exotique

Pour comprendre les découvertes d’Amy Eskridge, il est impératif d’analyser le contexte sociologique et historique de Huntsville. Eskridge se définissait comme une représentante de la « troisième génération de Paperclippers ». Ce terme fait référence à l’Opération Paperclip, le programme secret qui a amené des scientifiques allemands, dont Wernher von Braun, aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale pour fonder les bases de la NASA et du Marshall Space Flight Center (MSFC). Dans la vision d’Eskridge, la science à Huntsville a évolué par strates générationnelles : la première génération a construit les fusées chimiques, la seconde (celle de son père, Richard Eskridge, ingénieur à la NASA spécialiste du plasma) a exploré la fusion et la physique avancée, et la troisième, dont elle faisait partie, a hérité d’un savoir fragmenté sur des technologies de propulsion non conventionnelles restées dans l’ombre des « projets noirs ».

Amy Eskridge a co-fondé l’Institute for Exotic Science avec son père afin de structurer ces recherches. Son approche était intrinsèquement interdisciplinaire, utilisant des nanoparticules et la science des métamatériaux pour influencer les champs gravitationnels. Cette pluridisciplinarité lui permettait de relier des concepts de mécanique quantique, comme le spin nucléaire, à des applications macroscopiques de propulsion.

Génération Focalisation Technologique Influence sur Eskridge
Paperclip 1.0 Propulsion chimique, Saturn V Infrastructure de base de Huntsville
Paperclip 2.0 Fusion, physique du plasma Tutorat technique de Richard Eskridge
Paperclip 3.0 Antigravité, ondes à haute fréquence Synthèse et volonté de divulgation publique

 

La théorie POAMS et la force de couplage de spin

L’une des contributions les plus documentées sur lesquelles Eskridge a travaillé concerne la théorie Pope-Osborne Angular Momentum Synthesis (POAMS). Ces recherches ont été menées dans le cadre d’un accord Space Act (SAA8-1519855) entre la NASA MSFC et Quantum Machines, LLC. L’objectif était de reformuler la théorie POAMS pour prédire une force de couplage de spin non-newtonienne, ouvrant la voie à une manipulation directe de la masse et du mouvement.

Reformulation mathématique et validation expérimentale

La théorie classique de la force centripète est exprimée par la formule :

F = (m · v2) / r

Toutefois, la reformulation de POAMS suggère que dans des systèmes où les particules possèdent un spin nucléaire actif et sont soumises à des conditions de synthèse de moment angulaire spécifiques, une force supplémentaire émerge. Cette « force de couplage de spin » (spin-coupled force) dépend de l’alignement cohérent des nucléons au sein de la matière. Les recherches consignées par la NASA indiquent que si les nucléons peuvent être alignés efficacement dans des matériaux spin-actifs, des anomalies gravitationnelles mesurables peuvent être produites.

Eskridge et son équipe ont participé à la conception et à l’exécution d’expériences visant à valider ces prédictions. Ces tests ont utilisé des rotors en bismuth ($^{209}Bi$), un métal choisi pour ses propriétés de spin nucléaire uniques. Le dispositif expérimental a évolué à travers plusieurs itérations, du prototype V1, basé sur des appareils éducatifs modifiés, au V4, un rotor en bismuth usiné avec une extrême précision au NASA MSFC pour minimiser les vibrations et maximiser l’alignement nucléaire.

Phase Expérimentale Dispositif Résultats Préliminaires
V1 & V2 Gyroscopes en orbite circulaire Détection initiale d’anomalies de force
V3 Disque de bismuth en rotation sur balance Cohérence avec les prédictions de POAMS
V4 Rotor de bismuth haute précision (NASA MSFC) Besoin de méthodologies de mesure accrues

 

Les données préliminaires issues de ces expériences ont montré des résultats cohérents avec l’existence d’une force de couplage de spin, bien que les chercheurs aient souligné que des mesures plus précises et des méthodes de déclenchement de l’alignement nucléaire étaient nécessaires pour une validation définitive. Amy Eskridge considérait ces résultats comme la preuve fondamentale que la gravité n’est pas une constante immuable, mais un champ qui peut être « ingéniéré ».

Ondes gravitationnelles à haute fréquence (HFGW) et propulsion UAP

Un autre axe majeur des découvertes d’Eskridge concernait les ondes gravitationnelles à haute fréquence. Elle s’intéressait particulièrement à la manière dont ces ondes pouvaient être générées artificiellement pour modifier l’inertie locale d’un objet. En s’appuyant sur les travaux de chercheurs comme Salvatore Pais et Hal Puthoff, elle explorait l’idée que des oscillations électromagnétiques ultra-rapides pouvaient interagir avec le vide quantique pour produire des effets de propulsion sans propergol.

Cette technologie, souvent associée aux phénomènes aérospatiaux non identifiés (UAP), repose sur la réduction de la masse inertielle. Eskridge pensait que la maîtrise des HFGW permettrait de réaliser des accélérations instantanées et des changements de direction à angle droit, caractéristiques observées dans les rapports militaires sur les UAP. Elle affirmait que cette science n’était pas spéculative, mais qu’elle avait déjà été développée au sein de programmes classifiés et qu’elle-même était sur le point de présenter des travaux fondateurs sur le sujet en 2020, sous réserve d’approbation par la NASA.

Métamatériaux et énergie de l’éther

Pour générer ces ondes, Eskridge misait sur les métamatériaux. Grâce à son expertise en nanotechnologie, elle travaillait sur des structures capables de manipuler les ondes électromagnétiques de manière à induire des fluctuations dans le champ gravitationnel environnant. Ses collègues, comme Frank Milburn, ont indiqué qu’elle s’intéressait également à l’extraction d’énergie directement du « vide » ou de « l’éther », une source d’énergie quasi infinie qui permettrait de s’affranchir des combustibles fossiles.

Cette vision d’une énergie « libre » et d’une propulsion révolutionnaire constituait le cœur de sa mission au sein de l’Institute for Exotic Science. Elle craignait cependant que la publication de ces découvertes ne soit perçue comme une menace pour les structures économiques et de sécurité nationale établies.


La dynamique de la suppression : Le « Monde Noir » vs le « Monde Blanc »

Amy Eskridge a souvent parlé de la dichotomie entre la science publique (« Monde Blanc ») et la science classifiée (« Monde Noir »). Selon ses témoignages, de nombreuses découvertes majeures en matière d’antigravité ont été faites au cours des dernières décennies à Huntsville et ailleurs, mais ont été systématiquement étouffées. Elle affirmait que lorsqu’un prototype fonctionnel était développé, il était souvent « fondu pour la ferraille » ou transféré dans des projets à budget noir (Deep Black Projects), privant ainsi l’humanité de solutions énergétiques cruciales.

Elle a notamment mentionné que la National Security Agency (NSA) tiendrait une liste de cinq individus ayant découvert de manière indépendante des technologies d’antigravité, incluant des figures comme Elon Musk. Pour Eskridge, le défi n’était plus de découvrir ces lois de la physique, mais de les rendre publiques sans subir de représailles fatales.

Harcèlement systémique et guerre psychologique

Dans les années précédant sa mort, Amy Eskridge a dénoncé une campagne de harcèlement intense, qu’elle qualifiait de « gangstalking ». Ce harcèlement visait à la déstabiliser psychologiquement et à l’empêcher de poursuivre ses publications sur la propulsion exotique.

Elle rapportait des intrusions à son domicile où rien n’était volé, mais où des objets étaient déplacés ou endommagés pour signaler une présence hostile, comme un câble USB sectionné ou ses vêtements personnels éparpillés. Elle mentionnait également être suivie par des véhicules aux plaques d’immatriculation changeantes et avoir été la cible de tentatives de drogues dans des lieux publics pour extraire des informations.

Des experts en contre-espionnage qu’elle avait engagés pour sa protection lui auraient confirmé que ses expériences n’étaient pas des délires paranoïaques, mais des tactiques standard utilisées contre des scientifiques travaillant sur des technologies de rupture. Ces méthodes de harcèlement « invisible » sont conçues pour que la victime paraisse mentalement instable si elle tente d’alerter les autorités.

Armes à Énergie Dirigée (DEW)

Le témoignage de ses proches et de chercheurs indépendants suggère qu’Eskridge a également été soumise à des attaques par armes à énergie dirigée. Elle aurait décrit des sensations de brûlure physique et le développement de symptômes neurologiques, tels que des tremblements similaires à la maladie de Parkinson, qui s’intensifiaient lorsqu’elle travaillait sur des sujets « interdits » liés à la propulsion. Ces allégations s’inscrivent dans un contexte plus large de syndrome de La Havane ou d’attaques par micro-ondes dirigées contre des cibles d’intérêt stratégique.

Une vague inquiétante de disparitions de scientifiques

Le décès d’Amy Eskridge en 2022 n’est pas un cas isolé. Il fait partie d’une tendance documentée qui a attiré l’attention des autorités fédérales américaines. En avril 2026, au moins dix à onze scientifiques liés à des recherches sensibles sur l’espace, le nucléaire ou la propulsion avancée étaient signalés morts ou disparus dans des circonstances suspectes.

Scientifique Domaine de Recherche Date du Décès / Disparition Circonstances Signalées
Amy Eskridge Antigravité, HFGW 11 juin 2022 Suicide contesté
Nuno Loureiro Fusion Nucléaire (MIT) Décembre 2025 Homicide par balle
Carl Grillmair Astrophysique, Dynamique Galactique Février 2026 Homicide par balle
Plusieurs collaborateurs Recherche Aérospatiale 2026 Disparitions inexpliquées

 

Le FBI, sous la direction de Kash Patel, ainsi que le House Oversight Committee, ont ouvert des enquêtes pour déterminer s’il existe une connexion entre ces cas, notamment des liens avec des acteurs étrangers ou des entreprises aérospatiales privées cherchant à protéger leurs secrets industriels. Le représentant Eric Burlison a souligné que certains de ces chercheurs étaient sur le point de témoigner ou de publier des travaux majeurs avant leur mort.


Implications géopolitiques et économiques des découvertes d’Eskridge

Les découvertes potentielles d’Amy Eskridge ne sont pas de simples curiosités de laboratoire ; elles représentent une menace directe pour l’ordre mondial établi. Si la propulsion à haute fréquence et l’antigravité étaient généralisées, les conséquences seraient sismiques :

  1. Souveraineté Énergétique : L’extraction d’énergie du vide rendrait obsolètes les industries pétrolières et gazières, provoquant l’effondrement des économies basées sur les ressources fossiles et modifiant radicalement les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient et en Russie.
  2. Révolution du Transport Spatial : L’élimination du besoin de propergol chimique permettrait une colonisation spatiale à faible coût, brisant le monopole des agences gouvernementales et des grands entrepreneurs de défense.
  3. Supériorité Militaire : Un véhicule capable de manipuler sa propre gravité et d’atteindre des vitesses hypersoniques sans signature thermique ou radar rendrait les systèmes de défense actuels totalement inefficaces.

Eskridge était consciente de ces enjeux et exprimait une profonde dilemme moral. Elle craignait que l’humanité ne soit pas éthiquement prête pour l’énergie « libre », tout en étant convaincue que ces technologies étaient nécessaires pour sauver la planète de la crise climatique.

L’héritage d’une pionnière silenciée

Amy Eskridge a consacré sa courte vie à explorer les frontières les plus radicales de la physique moderne. De la validation expérimentale des forces de couplage de spin avec les rotors en bismuth à l’étude des métamatériaux pour la génération de HFGW, ses découvertes suggèrent que la science de l’antigravité est une réalité technique en attente de divulgation.

Bien que l’Institute for Exotic Science ait fermé ses portes après sa disparition, le nom d’Amy Eskridge continue de résonner dans la communauté scientifique alternative et parmi les enquêteurs sur les UAP. Son inclusion dans la mission lunaire DOGE-1 par Sam Reid de Geometric Energy Corporation témoigne de l’importance que ses pairs accordaient à sa vision. La question reste posée : ses découvertes sur la propulsion à haute fréquence finiront-elles par révolutionner notre monde, ou resteront-elles enfouies dans les archives classifiées de Huntsville? L’enquête fédérale en cours pourrait, à terme, apporter une réponse à cette énigme qui mêle génie scientifique et tragédie personnelle.

https://www.lunil.com/qu-a-decouvert-damy-eskridge/

 

mai 23, 2026

INFORMATIONS FRANÇAISES - MAI 2026

Sommaire:

A) - Déficit public : la Commission européenne alerte sur une possible dégradation à 5,7 % du PIB en 2027

B) - Interview de Christophe Eoche-Duval : La « folie normative » a désormais son thermomètre et c’est une initiative civique

C) - Emmanuel Macron et le malentendu d’un double quinquennat

D) - Le temps d’une décision… Ou d’une indécision

E) - L’indépendance de la presse ? 175 millions d’euros d’aides de l’État : la grande hypocrisie médiatique

 

 


 

A) - Déficit public : la Commission européenne alerte sur une possible dégradation à 5,7 % du PIB en 2027  

La Commission européenne a publié jeudi 21 mai ses nouvelles prévisions économiques, dans lesquelles elle anticipe un déficit public de la France stable à 5,1 % du produit intérieur brut cette année, avant une remontée à 5,7 % en 2027 en l’absence de mesures correctrices supplémentaires. Ces projections contredisent l’objectif affiché par le gouvernement français, qui espérait ramener le déficit à 5 % dès 2026.

La trajectoire française reste éloignée du seuil de 3 % fixé par le pacte de stabilité européen. La France fait déjà l’objet d’une procédure pour déficit excessif depuis l’été 2024, comme sept autres pays de la zone euro. La Commission doit présenter début juin ses évaluations détaillées des budgets nationaux, ce qui pourrait entraîner des recommandations contraignantes si la réduction du déficit est jugée trop lente.

Le chiffre de 5,1 % pour cette année intègre pourtant le plan d’économies de six milliards d’euros annoncé mi-avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ainsi que des aides ciblées sur les secteurs les plus exposés à la hausse des prix de l’énergie. L’exécutif bruxellois précise que la projection de 5,7 % pour 2027 est calculée « à politique inchangée », c’est-à-dire sans tenir compte des futures mesures de redressement qui pourraient figurer dans le prochain projet de loi de finances, ni de la prolongation de certaines recettes fiscales temporaires.

La croissance française, elle, a été revue à la baisse, à 0,8 % cette année contre 0,9 % anticipé auparavant. La Commission souligne toutefois que la France résiste mieux que l’Allemagne et l’Italie au choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, grâce à son parc nucléaire qui limite la dépendance aux énergies fossiles. L’inflation française, qui restait modérée avant l’embrasement régional, devrait atteindre 2,4 % en 2026 avant de redescendre à 1,8 %, un niveau inférieur à la moyenne de la zone euro.

Le Premier ministre Lecornu a maintenu jeudi l’engagement de ramener le déficit sous les 3 % d’ici 2029, tout en annonçant de nouvelles aides pour les entreprises et les ménages touchés par la crise énergétique. Il a insisté sur la nécessité de réaliser des économies en parallèle de ces soutiens, sans donner de détail immédiat sur leur financement. Le gouvernement doit transmettre à Bruxelles, d’ici la fin du printemps, un plan budgétaire pluriannuel crédible, sous peine de voir la procédure de déficit excessif durcie.

La dette publique française dépasse désormais 110 % du PIB et son coût de financement a augmenté avec la remontée des taux d’intérêt. Selon des données de l’Insee, la charge de la dette est devenue le deuxième poste de dépense de l’État, derrière l’éducation nationale.

Antoine

https://multipol360.com/deficit-public-la-commission-europeenne-alerte-sur-une-possible-degradation-a-57-du-pib-en-2027/ 

 


 

B) - Interview de Christophe Eoche-Duval : La « folie normative » a désormais son thermomètre et c’est une initiative civique

La NRP a demandé à Christophe Eoche-Duval, haut-fonctionnaire et expert, pourquoi faut-il se féliciter des efforts de mesurer la « folie normative » très franco-française, avec l’annonce du bilan 2025 par Vigienormes.

NRP : Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est le baromètre Vigienormes ?

Christophe Eoche-Duval : Ce baromètre (vigienormes.fr) est une initiative de 2025 du think tank Contribuables associés auquel j’ai prêté mon expertise comme spécialiste de la « volumétrie normative ». Je me félicite de cette initiative civique qui montre aujourd’hui qu’une simple association de citoyens engagés fait plus et mieux qu’à la fois le Sénat, l’Assemblée nationale et Matignon. Pourquoi ? Parce qu’aucune de ces trois institutions n’est capable de tenir un baromètre officiel – au moins le mois – ni de la norme en général ni de la norme qu’ils produisent ou sont censés contrôler !

Cette lacune devrait interpeller davantage, dans une démocratie et un État modernes. Y aurait-il une politique publique crédible de lutte contre l’inflation des prix s’il n’avait été pris la décision depuis 1913 de mettre en place un « indice des prix » de plus en plus scientifique et indépendant ? On peut toujours discuter de l’indice des prix de l’INSEE, de son panier retenu, de la manière dont on a l’impression qu’il reflète bien ou imparfaitement ce que ressent la ménagère dans les achats de son caddie. Peu importe. Il existe, et il force à son tour – par sa transparence et son étalon – les efforts en matière de lutte contre l’inflation comme oblige à rendre compte politiquement. S’agissant de la production des normes, il n’y a rien. La « planche à normes » est sans contrôle, presque hors contrôle. On n’a pas encore assez pris conscience, non seulement de l’importance quantitative de la folie réglementaire, mais aussi de son interaction avec la courbe des prélèvements obligatoires et la courbe de l’endettement public. Jusqu’à l’initiative de Contribuables associés avec mon aide, aucun indicateur n’existait jusqu’en 2025 ! Jacques Chirac pouvait alerter en 1995 « trop de lois tue la loi », il exprimait, sans doute, une intuition d’un sentiment d’un « ras le bol » des normes, mais sans preuve, et, surtout, puisqu’il n’y avait pas eu d’indicateur de l’indice des « normes 1995 », à sa sortie du pouvoir en 2007, aucune confrontation de la réalité de ses efforts avec l’indice « 2007 », pour justifier avoir exécuté ses engagements. Les docteurs de la Politique n’ont pas de thermomètre.

NRP : Qu’est-ce qui a changé entre 1995 et 2025 ?

C.E.D : Grâce à la numérisation du Journal officiel (Légifrance), nous disposons maintenant de la preuve scientifique de la volumétrie, puisque tout texte juridique s’écrit forcément en « mots », seul indice fiable. Et les mots, on sait désormais les décompter grâce à vigienormes.

Vigienormes sert donc à rendre public, d’une part, l’évolution chaque mois de 20 codes témoins, qui sont les plus importants pour les administrés ou les entreprises, et, d’autre part, le compteur du volume global du droit national étatique en vigueur.

Ce qui vient de changer le 6 mai dernier, c’est que nous ne pouvions donner jusqu’ici que les données de l’évolution normative mensuelle de 20 codes témoins, c’est déjà un exploit, mais nous ne pouvions qu’avoir l’estimation (pour des raisons algorithmiques complexes sur lesquelles je n’ennuierai pas le lecteur) et non la réalité au mot près de la somme des 77 codes en vigueur et des environ 121 000 textes non codifiés. Désormais, avec Contribuables associés, cette somme vertigineuse est publiée – avant même Matignon – et il est ahurissant : 50 913 374 mots, soit 2828 heures de lectures en continu pour que, « nul n’étant censé ignorer la loi », le citoyen ou l’entreprise ne risque pas d’être en infraction et sanctionné. Un chiffre record auquel moi-même je ne m’attendais pas, qui, sur 2004-2026, aura grimpé à plus de 100 %.

NRP Pourquoi votre étonnement ?

C. E.D : Je pensais qu’on serait davantage autour de 1,8 à 2 % d’inflation entre 2024/2025 car les observateurs constatent qu’à la suite de la dissolution, et du temps venu des « majorités relatives » (ou comme on préfère des « majorités absolues impossibles »), la production de lois ralentit. Faute de trouver des majorités suffisantes. Par voie de conséquence, le nombre de décrets d’application des lois ralentit, tout va ensemble. Mais finalement, l’inflation définitive de 2,72 % montre, au contraire, que la dynamique, malgré le contexte, ne freine pas. Deux raisons. Ancien marin, je l’illustre par cette première image. Si le porte-avions Charles de Gaulle décide de stopper les machines, on dit qu’il continue d’avancer « sur son erre » sur plusieurs milles. Pour le « freiner », il faut battre en retraite. C’est la même chose pour les normes : le volume est tel que la technocratie a de quoi continuer à l’auto-alimenter. Qu’est-ce que cela aurait été si le gouvernement Attal, Barnier et Lecornu avait continué, comme par le passé, à jouir de majorités législatives « presse-bouton » acceptant tout ce qui leur est soumis au vote ?! Seconde raison que mes travaux ont démontrée : le paradoxe des années 2000 est moins de textes, mais des textes de plus en plus « bavards ». L’un compense l’autre, en mal.

Force est de le constater, il n’y a aucune volonté politique de baisser la pression normative. D’ailleurs, je mets au défi le Premier ministre de citer une instruction ou une circulaire adressée à ces ministres et à ses administrations depuis le 9 septembre 2025 de réduire la pression, en abrogeant significativement des normes inutiles, bureaucratiques, coûteuses et en le prouvant par une baisse mesurable, avant et après. Il y a un discours de façade sur la « simplification » administrative, ce discours de façade ressort de ce que j’appelle une forme de « clientélisme anti-normatif ». De Chirac à Macron en passant par le « choc de simplification » de Hollande, on surfe sur l’impopularité des normes pour faire croire qu’on va s’en occuper. Du bout des doigts, sans indicateur de reporting, s’empilent des projets décousus de fil rouge, à pure communication politique : tel le projet de loi « simplification de la vie de l’entreprise », encore encalminé à cause du refus du gouvernement de laisser la main au Parlement sur la simplification des « ZFE-m », comme tel le projet « simplification des normes des collectivités territoriales », qui vient d’être déposé, qui a déjà fait sourire l’AMF. Ces projets rabotent le micro du millimètre du roc de la montagne normative.

NRP : Quelles conséquences tirez-vous d’un point de vue de science politique ?

C.E.-D : Ce qui arrive à notre pays est particulièrement grave et inquiétant. L’ensemble de la littérature comparée accrédite une exception française. Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas feraient plus et mieux que nous en réduction de leur pression normative. Or ils ont les mêmes contraintes que nous (excepté la Grande-Bretagne) des normes européennes. La question européenne n’est donc pas uniquement la faute de la folie normative française. Cette folie normative a deux conséquences : elle entraîne des charges pour les entreprises et décourage l’entrepreneuriat, fait peser des contraintes sur la liberté d’action des administrés et même prend un caractère illibéral, engendre des charges administratives pour l’État et les collectivités locales, coûts qui se traduisent à leur tour par une baisse de compétitivité et une hausse des prélèvements obligatoires. Lesquels à leur tour se traduisent par de l’endettement public, quand – et à cause des normes pénalisant l’activité – il faut recourir à l’emprunt pour maintenir le « train de vie » de l’État, plutôt que la baisse des dépenses publiques. Tout est lié. C’est un cercle vicieux. Si demain, en 2027, on vient nous dire : « Je m’attaquerai à la dette publique », sans s’attaquer à la courbe de l’inflation des normes, je mets en garde contre le caractère soit mensonger soit irréaliste de cette promesse électorale. Baisser la folie normative, et non « simplifier » ou « ripoliner » les codes, doit être une des priorités publiques nᵒ Pour recouvrer d’abord la maîtrise démocratique de la création de norme, dans un pays largement devenu une « technocratie à mode électif », et ensuite des marges de compétitivité économique.

Je n’attends qu’une chose : que le Parlement « nationalise » vigienormes, cela voudrait dire – au-delà de l’hommage rendu à ce site de contribuables associés – qu’enfin l’État commence à s’engager sur des objectifs chiffrés de freiner, réduire, supprimer, alléger des normes. Je crois à l’objectif de réduction de 25 % de ces 50 millions de mots sur un quinquennat. Sinon, à la fin 2032, on fêtera les 100 millions ? L’URSS en a rêvé, la France l’aura fait.

https://nouvellerevuepolitique.fr/la-folie-normative-a-desormais-son-thermometre-et-cest-une-initiative-civique/



 

C) - Emmanuel Macron et le malentendu d’un double quinquennat

Il reste un an avant que la France ne se donne un successeur à Emmanuel Macron. Une longue année que l’actuel président entendra sans doute mettre à profit pour parfaire l’image qu’il entend laisser à l’histoire de son double quinquennat.


En Afrique, d’Alexandrie à Nairobi, le chef de l’État a voulu valoriser son action à l’international, et démontrer que dans un contexte de reflux de l’influence française sur le grand continent la France gardait sa capacité d’attractivité tout en étant à l’écoute des aspirations identitaires des jeunes Africains. À voir pour la première, quand la façon dont le Président théorise les secondes pose un problème fondamental à la conception qu’il se fait de l’appartenance commune à notre Nation. Lorsqu’il affirme que l’on peut être tout à la fois à 100 % français, et se réclamer tout autant et avec autant d’engagement d’une autre fidélité, Emmanuel Macron mélange la question de la citoyenneté avec celle des origines, sous couvert de la défense de la binationalité qui, au demeurant, ne constitue qu’une partie du problème qu’il entend traiter. Pour autant, Emmanuel Macron boucle en quelque sorte sa boucle, lui qui, candidat en 2017, se faisait le chantre des communautés dans un discours de campagne à Marseille, et qui, à Lyon, toujours dans sa conquête de l’Élysée, niait l’existence d’une culture française. S’il est un domaine où l’hôte élyséen, en dépit de nombreux “allers-retours”, aura néanmoins marqué une forme de relative constance, c’est bien celui de sa conviction que la France a vocation à devenir un “ hub” où les identités transitent et in fine acculturent la citoyenneté à une vision communautariste de la cité. Après des décennies de dérégulation migratoire, accélérée par des jurisprudences contraignant toujours plus les politiques de maîtrise et de contrôle, les Français ne l’avaient certainement pas élu pour qu’il acte le décès de leur modèle universaliste de citoyenneté, au travers d’une sémantique objectivant le communautarisme et dévitalisant encore plus qu’il ne l’était déjà le paradigme assimilationniste. En quelque sorte, le Président aura répondu à une question qui ne lui était pas posée, ou dans tous les cas qui ne lui était pas posée dans ces termes, prenant par ses propos le parti d’une pensée “postcoloniale“” orthogonale de notre forge républicaine.


Le moteur de sa victoire électorale était principalement porté par le crédit dont il jouissait dans le domaine économique : les enjeux de relance de la croissance, de gestion des finances publiques, de défense de l’initiative et du tissu entrepreneurial constituaient au demeurant à ses yeux les facteurs-clés pour combattre les logiques d’assignation qu’il dénonçait à juste titre. À quelques mois d’une échéance présidentielle capitale, les indicateurs après 10 années de macronisme sont, hélas, en berne : un déficit public de près de 6 % et une dette publique de 122 % du PIB, un service de celle-ci en hausse, un risque non négligeable de récession, un record de près de 70 000 faillites d’entreprises sur douze mois, une pression inflationniste persistante et un retour du chômage à plus de 8 %… Le marqueur existentiel des forces de gouvernement qu’il entendait incarner, c’est-à-dire l’alliage du réalisme et de la compétence, est en fin de quinquennat collisionné par un bilan dont ses opposants tant à droite qu’à gauche ne manqueront pas de souligner le passif. Ce faisant, le bloc centriste qu’il a fait tenir non sans habileté toutes ces années est lui-même profondément affecté par un inventaire dont tous les candidats probables de son camp apparaîtront, de Monsieur Philippe à Monsieur Attal, comme solidairement comptables…


Tout le malentendu de la présidence Macron n’aura-t-il pas dès lors été de cocher les cases d’un agenda dont la Nation n’exigeait pas la mise en œuvre quand le mandat qu’il avait reçu des Français, redresser notre économie pour restaurer la puissance française et affermir notre modèle républicain, sera non seulement resté lettre morte mais plus encore aura conduit à une aggravation de la situation ? L’année préélectorale dans laquelle nous sommes d’ores et déjà entrés ne suffira pas à effacer cette impression d’un “en même temps“ inversé où Emmanuel Macron aura fait ce que le peuple n’exigeait pas de lui et oublié de répondre à ce que les Français attendaient principalement de son exercice du pouvoir ainsi que de ses politiques publiques. Plus qu’un malentendu : un détournement de la mission qui lui avait été confiée…

Arnaud Benedetti

Ancien rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire, Arnaud Benedetti est professeur associé à Sorbonne-Université, essayiste et spécialiste de communication politique. Il intervient régulièrement dans les médias (Le Figaro, Valeurs actuelles, Atlantico, CNews, Radio France) pour analyser les stratégies de pouvoir et les mécanismes de communication. Parmi ses ouvrages figurent Le Coup de com’ permanent (Cerf, 2018), Comment sont morts les politiques ? Le grand malaise du pouvoir (Cerf, 2021), ainsi qu’Aux portes du pouvoir : RN, l’inéluctable victoire ? (Michel Lafon, 2024). Ses travaux portent sur les transformations du discours public et les évolutions de la vie politique française.

https://nouvellerevuepolitique.fr/emmanuel-macron-et-le-malentendu-dun-double-quinquennat/ 

 


 

D) - Le temps d’une décision… Ou d’une indécision

« Cet échec reste pour moi une blessure profonde. Elle a beau se refermer, elle laisse toujours une cicatrice ».
 IREF: https://contrepoints.org/bruno-le-maire-pretend-vouloir-chasser-la-dette-publique-mais-son-bilan-budgetaire-est-desastreux/

Ainsi parle Bruno Le Maire, prolixe écrivain, ex-Ministre quasi-indéboulonnable de l’Économie et des Finances de Jupiter, dans son dernier récit au titre évocateur, Le temps d’une décision[1]. Ainsi, avons-nous rendez-vous avec l’Homme, sa passionnante vie, la Grande Histoire qu’il fait et la Petite Histoire dont il est la malheureuse victime, tout au long de ces trois cents pages de ce récit à vous couper le souffle. Comme toujours, avant d’appréhender la substance de son dernier opus magnum, il est essentiel de rappeler le parcours exceptionnel de ce brillant homme politique, rarement effleuré par le doute cartésien. Une fois levé le voile sur ce destin hors-normes, nous sommes en mesure d’apprécier la densité de ce brillant récit d’expert es-politique intérieure et extérieure qu’il est manifestement, contre vents et marées. Enfin, nous pourrons porter un jugement sur ce brillant exercice de style qui s’apparente à maints égards à un bibelot d’inanité sonore.

Qui est Bruno Le Maire ? Un brillant homme politique bardé de certitudes

Bruno Le Maire, né le 15 avril 1969 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique et écrivain français. Normalien et énarque (sorti au Quai d’Orsay où il ne fait qu’un passage éclair et remarqué), il est directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin entre 2006 et 2007, puis est élu député sous la bannière de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) dans l’Eure à partir de cette dernière année.

Il occupe les fonctions de secrétaire d’État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, puis de ministre de l’Agriculture pendant près de trois ans au sein des deuxième et troisième gouvernements de François Fillon. Il est de nouveau élu député en 2012, et brigue sans succès la présidence de l’UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Il se présente à la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017, et obtient 2,4 % des voix. En 2017, il devient ministre de l’Économie dans le premier gouvernement Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron. Son portefeuille est élargi aux Finances le mois suivant, dans le second gouvernement Philippe, puis à la Relance dans le gouvernement Castex. En 2022, après la réélection d’Emmanuel Macron, il reste à Bercy avec l’intitulé « ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique », dans le gouvernement Borne ; il est reconduit en 2024 dans le gouvernement Attal. Sa principale réforme durant cette période est la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises (dite « loi PACTE »), adoptée en 2019.

Après son départ du gouvernement français en 2024, il commence à enseigner les politiques publiques et la géopolitique à l’université de Lausanne. Alors qu’il a été ministre de l’Économie et des Finances pendant plus de sept ans, un record, il devient le ministre le plus éphémère de la Ve République en devenant ministre des Armées dans le gouvernement Lecornu I durant à peine une journée en octobre 2025[2].

De ce brillant parcours exceptionnel, Bruno Le Maire en tire une analyse de notre monde et de notre France ! Une authentique histoire française qu’il nous relate dans son dernier ouvrage

Qu’écrit Bruno Le Maire ? Un brillant récit d’expert es-politique intérieure et extérieure

Le moins que l’on soit autorisé à dire est que Bruno Le Maire a une excellente plume. Nul ne le conteste. Il dispose également d’indéniables talents de portraitistes des grands de ce monde qu’il fréquente régulièrement au cours de ces dernières années avant qu’il ne quitte, bien malgré lui, les allées du pouvoir et les ors de la République. Nul ne le met en doute. Il nous narre par le menu ses rencontres avec des quidams à Chamonix, à Dax et dans d’autres villes de France et de Navarre. Nul ne met en doute sa sincérité d’élu proche du peuple. Il pose un diagnostic pertinent sur notre société : « La décision est l’essence de la politique. Elle est devenue le talon d’Achille des démocraties ». Nul ne peut critiquer sa capacité de jugement.

Son récit est parfaitement structuré autour de quelques idées simples qu’il expose clairement en introduction de son opus magnum (Qui décide ? Comment ?) qu’il présente à jet continu sur les plateaux de télévision où il semble tout à fait à l’aise.

Au titre du Thème I, il se livre à un panorama exhaustif du monde d’aujourd’hui à travers un exposé détaillé de l’évolution des relations internationales de 2003 à 2025 : « l’aube carnivore » ; le « panthéon noir » ; le « labyrinthe technologique » ; la relation entre pouvoir et de l’argent et les sociétés secrètes que sont Davos, le Bilderberg, le Vatican. Le tableau est ainsi planté. Bruno Le Maire peut alors dérouler son raisonnement dans ses deux thèmes suivants.

Sous le titre du Thème II, après un détour par Ligardes dans le Gers, notre grand homme nous rappelle les trois actes de la grande paix avec les illusions de la Fin de l’histoire chère à Francis Fukuyama après la chute du Mur de Berlin critiquées par Samuel Huntington avec son Choc des civilisations ; la proie facile européenne, la machine technocratique tournant à vide ; l’éclipse et l’impuissance européenne. Le jugement est sans concession tant tout va mal en ce bas monde.

Suivons le fil de sa pensée et de sa plume pour mesurer le fossé existant entre la théorie et la pratique !

Que retenir de ce brillant exercice de style ? Un bibelot d’inanité sonore

S’il est un parfait analyste de la vie politique française et de la scène internationale, Bruno Le Maire est un piètre prévisionniste clairvoyant. S’il excelle dans les descriptions de l’Histoire passée qu’il émaille de très nombreux souvenirs personnels à l’intérêt limité, son sens de la prospective apparait aujourd’hui comme une asymptote de zéro. À plusieurs reprises, notre homme reconnait, aujourd’hui, implicitement ou explicitement, ses erreurs d’appréciation passées.

Sur le plan extérieur, le défenseur de l’Union européenne qu’il fut, émet de vives réserves sur son fonctionnement. Bonne dans la défense, elle est défaillante dans l’attaque. Mais, nous n’avons encore rien vu. Nous découvrons, sidérés, qu’à Bruxelles, ce que lui dit l’un de ses homologues étrangers : « Nous sommes ici pour échanger, pas pour décider ». Nous apprenons, avec stupeur, que « L’Union européenne et la France ont brutalement en partie de leur puissance en ratant la révolution numérique ». Et, le reste est à l’avenant. On en apprend plus sur le fonctionnement de l’Europe en ouvrant ses oreilles et en écarquillant ses yeux qu’en découvrant la prose le mairienne. Ceux qui, hier, osaient émettre la moindre critique sur la machine à normes bruxelloise étaient immédiatement cloués au pilori pour nationalisme, souverainisme et autres quolibets du même acabit. Auraient-ils eu raison trop tôt ? Auraient-ils fait preuve de bon sens, qualité qui fait tant défaut à notre normalien-énarque ? Même chose pour le multilatéralisme, mantra de la diplomatie jupitérienne, à propos duquel notre vedette hors-pair écrit : « … le chuchotement des enceintes multilatérales … les institutions multilatérales, empêtrées dans la lenteur de leur processus de décision et dans la complexité de leur organisation … ». En un mot comme en cent, vénérée hier avec dévotion, la gouvernance mondiale et européenne est aujourd’hui vouée aux gémonies. Dont acte.

Sur le plan intérieur, le réquisitoire de notre technocrate de haut-vol est sans appel sur le fonctionnement de la « monarchie présidentielle », version Jupiter qu’il a servi fidèlement aussi longtemps. Tout y passe dans ce registre tout au long du Thème III. Après un coup de chapeau à la « Grande Nation » dont il est fier, il se livre à une charge brutale contre la manie des gouvernements pléthoriques ; l’omnipotence et le poids de l’administration ; la vénération de la norme ; de la mécanique de la dette ; l’obsolescence du modèle économique français ; le monarque républicain (il propose, lui qui en a été le serviteur fidèle, la fin de la « monarchie présidentielle »[3]) ….

Sa pensée est parfaitement résumée quand il écrit que : « Nous avons en France un art consommé de créer des querelles sur des prétextes (futiles) pour éviter des débats sur nos problèmes (réels) ». Pourquoi n’en a-t-il rien dit et n’a-t-il pas démissionné lorsque le déficit des finances publiques se creusait d’une manière inquiétante ? Il ne le pouvait pas pour ne pas quitter le navire qui sombrait. Et, il ne le regrette pas. Comme aimait à le rappeler, Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ». Bruno Le Maire a fermé sa gueule et n’a pas démissionné. Bonjour le courage de cet homme orgueilleux au point de courber l’échine pour un maroquin ministériel, voire Premier ministériel (projet avorté) qui flatte son tout à l’égo.

Sa démonstration constitue un morceau d’anthologie de la pleutrerie de notre technocratie qui ne veut pas dire ce qu’elle voit mais que le monde entier nous envie.

Courage fuyons !

« La politique est une question de mots. Qui trouve les mots gagne la partie et donne la possibilité de décider ». Comment mieux résumer la pensée profonde de notre romancier à succès régulièrement publié chez le prestigieux éditeur, Gallimard que ne le fait Bruno Le Maire, ex-diplomate, ex-conseiller de ministre, de Premier ministre, lui-même ministre à plusieurs reprises et, aujourd’hui, en quête d’un improbable avenir hexagonal ? On l’aura compris. Avec Bruno, c’est du sérieux ! L’homme ne doute de rien. De ses multiples talents d’universitaire (ENS et ENA), d’érudit, d’écrivain, de diplomate, d’éminence grise sous divers Présidents, d’homme politique à l’échine souple, de futur Président de la République, d’homme de conviction, d’homme qui appelle à décider mais qui ne décide pas lorsqu’il le faudrait. Le lecteur l’aura compris. Nous ne lui conseillons pas la lecture de ce roman de guerre dénué d’épaisseur stratégique que nous serions en droit d’attendre de lui. En dernière analyse, le temps d’une décision ressemble à s’y méprendre à celui d’une indécision.

[1] Bruno Le Maire, Le temps d’une décision, Récit, Gallimard, 2026.

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Le_Maire

[3] Marie Pouzadoux, Bruno Le Maire plaide pour la fin de la « monarchie présidentielle », Le Monde, 28 avril 2026, p. 9.

https://lediplomate.media/tribune-le-temps-dune-decision-ou-dune-indecision/

 E) - L’indépendance de la presse ? 175 millions d’euros d’aides de l’État : la grande hypocrisie médiatique 

Une « indépendance » payée par le peuple pour enrichir les milliardaires

Ils se présentent comme les gardiens farouches de la liberté d’expression. Ils dénoncent les « ingérences » et les « pressions du pouvoir ». Ils se drapent dans le noble manteau de l’indépendance journalistique. Pourtant, en 2024, la presse française a encaissé 175,2 millions d’euros d’aides directes de l’État. Argent public, donc argent du contribuable.

Et qui en profite le plus ? Les groupes détenus par une poignée de milliardaires.

L’État français, c’est-à-dire vous et moi, finance grassement les médias contrôlés par les plus grandes fortunes du pays. L’indépendance ? Une vaste blague. La réalité, c’est une dépendance totale aux subventions publiques versées aux empires médiatiques des ultra-riches.

La carte qui dit tout : le « Parti de la Presse et de l’Argent »

La célèbre carte interactive du Monde diplomatique (« Médias français, qui possède quoi ? » – dernière mise à jour décembre 2025) expose sans fard cette réalité explosive.

La quasi-totalité des médias d’information qui « font l’opinion » est entre les mains d’une dizaine de milliardaires et de grands groupes industriels :

Bernard Arnault, Vincent Bolloré, la famille Dassault, Xavier Niel, Patrick Drahi… Le peuple n’a plus voix au chapitre dans les médias qu’il finance pourtant massivement.

Les grands gagnants : des millions pour les empires des milliardaires

Comme l’a révélé Jules Torres dans Le JDNews du 17 mai 2026, les chiffres officiels du ministère de la Culture (publiés en 2025 pour l’année 2024) sont édifiants :
  • Le Parisien / Aujourd’hui en France (Bernard Arnault, première fortune mondiale via LVMH) : 12,2 millions d’euros.
  • Le Figaro (famille Dassault) : 9,9 millions d’euros.
  • Le Monde et ses satellites (contrôlé par Xavier Niel et associés) : 7,8 millions d’euros.
  • Libération (Patrick Drahi) : 6,6 millions d’euros.
  • Ouest-France et d’autres grands groupes : plusieurs millions chacun. 

Au total, 527 titres ont touché ces aides, mais ce sont les grands groupes des milliardaires qui raflent la mise. Comme le soulignent régulièrement Acrimed, Oxfam et d’autres observateurs, plus de la moitié des aides profite à six ou sept grands groupes détenus par ces mêmes ultra-riches. Le contribuable modeste paie pour que les milliardaires puissent continuer à façonner l’opinion publique.

Une dépendance qui tue toute vraie liberté

Comment parler d’indépendance quand l’essentiel des revenus de nombreux titres vient directement de Bercy ?

Ces aides (pluralisme, diffusion, modernisation) sont censées préserver la diversité. En réalité, elles créent une chaîne de dépendance : les médias critiquent mollement le pouvoir… tant que les chèques continuent d’arriver. Pendant ce temps, les Français voient leurs impôts servir à subventionner des journaux qui souvent les méprisent, les traitent de « populistes » ou ignorent volontairement leurs préoccupations (immigration, pouvoir d’achat, insécurité). C’est le même schéma que pour les ZFE, les mariages sous OQTF ou le remplacement de population : on impose une narrative, et on finance ceux qui la relaient.

Le peuple finance ses propres chaînes

Le scandale est total. L’État prend l’argent des contribuables – artisans, ouvriers, familles modestes – pour le reverser aux empires médiatiques de milliardaires qui, par ailleurs, ne payent pas toujours leur juste part d’impôts ou délocalisent leurs profits. La carte du Monde diplomatique le montre noir sur blanc :

la presse n’est plus un contre-pouvoir, elle est devenue un outil de pouvoir entre les mains d’une oligarchie. Et c’est le peuple qui règle l’addition.

Le moment de vérité

175 millions d’euros par an. Voilà le vrai prix de cette prétendue indépendance. Le jour où ces aides seront supprimées ou strictement réservées à des médias réellement indépendants du pouvoir de l’argent, on verra enfin qui tient debout par ses seules ventes… et qui s’effondre comme un château de cartes. 

Le peuple n’est plus dupe. Il voit la connivence, il voit les biais, il voit les silences complices. Et il en a assez de financer une presse qui le regarde de haut tout en vivant à ses crochets. La vraie indépendance ne naîtra pas des subventions de l’État aux milliardaires. Elle naîtra quand les médias devront enfin choisir : servir le peuple… ou continuer à servir ceux qui les achètent. Le contribuable attend ce jour avec impatience.

https://multipol360.com/lindependance-de-la-presse-175-millions-deuros-daides-de-letat-la-grande-hypocrisie-mediatique/

 

 

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