441 504€ versés. 288 000€ récupérés. 0€ transmis. Et on vous explique que la capitalisation serait le système dangereux. 🤣
Prenons @NicolasQuiPaie qui touche 2 079€ nets. Chaque mois, 876€ financent sa retraite. S'il cotise ainsi pendant 42 ans, cela représente 441 504€ versés.
Il part à 64 ans, touche 1 500€ par mois et meurt à 80 ans . Sur ses 16 années de retraite, il aura reçu 288 000€.
Et après sa mort ? Rien à transmettre. Il a fait -35% de rendement.
C'est le principe de la répartition à la française : ses cotisations n'ont jamais constitué son patrimoine. Elles ont immédiatement servi à payer les retraités de son époque.
Prenons maintenant exactement les mêmes 876€ mensuels et plaçons-les pendant 42 ans avec un rendement annuel moyen de 5,6%. Et ce n’est pas un taux extravagant. C'est le rendement de long terme classique d'un portefeuille diversifié et relativement prudent.
Capital obtenu : environ 1,7 M€. Peu importe l'âge auquel il décède, le reliquat non consommé sera transmis, éventuellement d'indignes droits de succession.
Et même avec une hypothèse encore plus conservatrice de 4%, sur dépasser 1,1 million d'euros.
Que se passe-t-il en cas de crise boursière ?
À la retraite, Nicolas Durand ne prend évidemment pas la totalité de son argent en une fois ! Il met en place un retrait programmé mensuel ou le converti en location viagère réversible. Le reste demeure investi et continue même de générer des intérêts.
Une crise boursière peut donc temporairement réduire la valeur du portefeuille sans anéantir mécaniquement quarante années d'épargne.
Les bancassureurs organisent justement la diversification, la diminution progressive du risque avec l'âge et l'étalement des retraites. Leurs frais de gestion sont directement liés aux performances, ils y ont intérêt.
Voilà les deux différences fondamentales :
1. La capitalisation possède un risque financier, que l'on peut diversifier et étaler sur quarante ans. La répartition possède un risque démographique et politique : moins d'actifs, davantage de retraités, croissance faible, dette publique, hausse des cotisations, recul de l'âge ou diminution relative des pensions.
2. Avec la capitalisation, quarante années de cotisations produisent quarante années de rendement composé et créent un patrimoine. Avec la répartition, 441 504€ de cotisations peuvent aboutir dans notre exemple à 288 000€ de pensions et à zéro euro de capital transmissible.
Partagez ce post, il est remboursé par la Sécu en présentant votre carte vitale.
La "journaliste" de L'Humanité s'oppose à @knafo_sarah 4 arguments contre la capitalisation.
1. "Tout le monde ne peut pas investir sur les marchés et supporter le risque." Personne ne propose que chaque employé devienne trader. Dans les systèmes capitalisés, l'argent peut être confié à des fonds de pension professionnels, largement diversifiés, exactement comme en Suisse, aux Pays-Bas ou dans les fonds de pension américains. Dans l'OCDE, les fonds de pension constituant d'ailleurs le principal véhicule des retraites professionnelles dans la majorité des pays concernés. Le risque financier existe. Il se gère par la diversification, l'horizon de garantie ans et une allocation progressive plus prudente à l'approche de la retraite. La répartition supportée, elle aussi, un risque majeur : la démographie. Le COR estime qu'en France le rapport entre cotisants et retraités passerait de 1,8 en 2025 à 1,3 en 2070. Quand ce ratio se dégrade, l'équation finit essentiellement par porter sur les cotisations, l'âge de départ ou le niveau relatif des pensions. (photo 1)
2. "Placer son argent en Bourse, c'est croire qu'on va devenir riche." C'est un homme de paille, Knafo parle d'intérêts composés. Prenons son exemple : 876€ par mois pendant 42 ans représentent 441 504€ de versements. Avec un rendement moyen de 4%, on obtient environ 1,14 millions d'euros. À 5,6 %, environ 1,77 millions. L'hypothèse n'a donc rien d'extravagant. CalPERS, gigantesque fonds de pension américain, affiche 6,81% annualisés sur les vingt dernières années au 30 juin 2026. L'OCDE elle-utilise dans ses projections même de retraite capitalisée une hypothèse prudente de 2,5% de rendement réel net (inflation, frais et coût de conversion en rente inclus). Une crise peut évidemment faire chuter temporairement le portefeuille. À 64 ans, personne ne liquide 40 années d'épargne en une fois. Soit sur programme des retraits, soit sur transformation en location viagère réversible. Pendant ce temps là, le capital continue de générer des intérêts. (photo 2)
3. "La répartition, c'est la solidarité. La capitalisation, c'est chacun pour soi." C'est le sophisme central. La solidarité définit qui aide qui. La capitalisation et la répartition séparant comment l'argent destiné aux retraites est financé. On peut parfaitement avoir un socle universel financé collectivement, des mécanismes redistributifs, des pensions minimales et, au-dessus, une retraite capitalisée. C'est exactement la logique suisse : un premier pilier assure la prévoyance de base et un deuxième pilier obligatoire constitue une épargne professionnelle. Le système couvre également les risques comme l'invalidité et le décès. Et il existe une différence patrimoniale fondamentale. En répartition, vos cotisations financent immédiatement les pensions actuelles. Vous n'accumulez aucune créance patrimoniale transmissible correspondant à ces versements. Avec un compte capitalisé, un actif existe réellement. Selon la forme choisie pour la sortie et les garanties du produit, toute ou partie du capital résiduel peut également bénéficier aux héritiers. (photo 3)
4. "Et ceux qui ont des enfants, sont au chômage ou connaissent un accident de parcours ?" Encore une confusion. Une interruption de carrière diminue spontanément les droits DANS LES DEUX SYSTÈMES. Même en répartition, cinq années sans cotisation doivent être compensées par un mécanisme de solidarité si l'on veut protéger la pension. L'OCDE estime d'ailleurs qu'une personne au salaire moyen connaissant cinq années de chômage percevra en moyenne une pension inférieure de 7% à celle d'une personne ayant effectué une carrière complète.
La capitalisation n'interdit absolument aucune compensation. La Suède en fournit une démonstration concrète : possède elle une composante capitalisée dans laquelle 2,5% du revenu ouvrant droit à pension est investi, tout en accordant des droits pendant le congé parental, certaines études, le chômage ou la maladie. Elle prévoit également une pension garantie pour les revenus faibles.
C'est donc l'objection la plus révélatrice : elle attribue à la répartition toutes les politiques de solidarité et retire artificiellement ces mêmes politiques à la capitalisation. Or on peut conserver le congé maternité, les droits familiaux, l'assurance chômage, l'invalidité, une pension minimale et toute la solidarité jugée nécessaire, tout en faisant fructifier une partie des cotisations pendant garanties ans.
Le vrai choix économique est ailleurs : voulons-nous financer les retraites d'aujourd'hui avec le travail des actifs d'aujourd'hui et la dette, ou voulons-nous également permettre à chaque génération d'accumuler des actifs productifs pendant toute sa carrière ?
La journaliste transforme un débat sur le financement des retraites en procès moral contre l'épargne. C'est beaucoup plus simple. C'est aussi beaucoup moins sérieux.
Et en même temps, qu'attendre de plus qu'une cagole en jogging qui travaille pour un magazine communiste ultra subventionné ?
GRM
@grm_off Donneur d'opinions et conseiller en image numérique. Liens : https://linktr.ee/grmx Soutien : https://fr.tipeee.com/grm
https://x.com/grm_off/status/2095892063560564868
Retraite par capitalisation
La retraite par capitalisation est un système de financement de la retraite dans lequel les individus épargnent ou investissent de l'argent pendant leur vie active afin de constituer un capital qu'ils pourront utiliser pour financer leur retraite. Contrairement à la retraite par répartition, où les travailleurs actifs financent les prestations de retraite des retraités actuels sans aucune garantie d'avoir quelque chose pour leur retraite, de facto une pyramide de Ponzi[1], la retraite par capitalisation repose sur l'accumulation d'une épargne personnelle qui sera utilisée pour générer des revenus pendant la retraite.
Définition et fonctionnement de la retraite par capitalisation en France
En France, la retraite était historiquement par capitalisation. C'est le maréchal Pétain qui l'a supprimée pour la remplacer par une retraite par répartition. Contrairement aux idées reçues, la retraite par capitalisation existe néanmoins pour partie en France aujourd'hui. Historiquement, seuls les fonctionnaires pouvaient en bénéficier, avec le système dit Préfon. Elle a été ensuite encouragée pour les professions libérales, avec le système dit Madelin. Plus récemment, pour tous les travailleurs, ont été créé le PERP puis le PER, offrant des mécanismes d'incitation fiscale afin de pallier la baisse inéluctable des prestations servies par les systèmes publics de retraite par répartition.
Alors que les Français réalisent que la retraite par répartition n'a pas d'avenir, la capitalisation prend une ampleur importante, tant en termes d'épargne que de soutien :
- Les Français épargnent de plus en plus sur les supports dévolus à l'épargne retraite, comme le PER, créé par Emmanuel Macron en mai 2019. En 2022, 1,3 million de nouveaux épargnants ont choisi d'ouvrir ces produits, avec une collecte sur l'année de 18,7 milliards d'euros[2].
- Selon un sondage mené en août 2023, « 84 % des Français sont favorables à la capitalisation pour financer leur retraite »[3]. Ce sont en particulier les plus jeunes qui soutiennent la retraite par capitalisation.
Avantages de la retraite par capitalisation
La retraite par capitalisation a de nombreux avantages :
- Propriété et contrôle : ceux qui cotisent à un plan de retraite par capitalisation ont la propriété et le contrôle de leur épargne. Ils peuvent prendre des décisions sur la manière dont leur argent est investi, ce qui leur permet de personnaliser leur portefeuille en fonction de leurs objectifs et de leur tolérance au risque. Surtout, ils ont la garantie que leur épargne leur bénéficiera à eux, là où la répartition n'est qu'une promesse, soumise à des changements de règles permanents, de réforme en réforme.
- Flexibilité : les systèmes de retraite par capitalisation offrent généralement plus de flexibilité en termes de cotisation et de retraits. Les travailleurs peuvent choisir d'épargner plus ou moins selon leur situation personnelle du moment. De la même manière, les retraités peuvent choisir quand et comment retirer leur argent, ce qui peut être avantageux pour répondre à des besoins spécifiques.
- Potentiel de rendement : les fonds investis dans des comptes de retraite par capitalisation ont le potentiel de générer des rendements plus élevés que les systèmes de retraite par répartition car ils sont investis sur les marchés financiers. Les experts de l'Institut Économique Molinari ont pu ainsi calculer que la retraite par répartition était 50 à 70 % moins intéressante que la retraite par capitalisation pour le cotisant[4]
- Héritage : en cas de décès prématuré, les actifs accumulés dans un plan de retraite par capitalisation peuvent être transmis aux bénéficiaires ou aux héritiers, là où les héritiers ne perçoivent rien avec la retraite par répartition.
Notes et références
- Retraites par répartition, une taxe « implicite » de 50 à 70 %, Nicolas Marques, 12 février 2023
Bibliographie
- 2008 :
- Jacques Garello et Georges Lane, Futur des Retraites et Retraites du Futur Tome 1 : le futur de la répartition, Acheter sur Amazon
- Jacques Garello et Georges Lane, Futur des Retraites et Retraites du Futur Tome 2 : les Retraites du Futur: Capitalisation, Acheter sur Amazon
- 2009, Jacques Garello et Georges Lane, Futur des retraites et retraites du futur : Volume 3, La transition, Acheter sur Amazon
- 2014, Jacques Garello, Comment sauver vos retraites, Éditions du libre-échange, Acheter sur Amazon

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire