Les lois économiques n'ont pas valeur d'opinion.
Elles ne sont pas des croyances agréables à adopter. Elles ont valeur de théorèmes. La loi de l'offre et de la demande est ainsi certaine, non pas parce qu'on l'aurait décrétée, mais parce qu'elle décrit simplement comment les êtres humains choisissent d'échanger ce qu'ils ont contre ce qu'ils veulent.
Si tout le monde veut ce même pain alors qu'il n'en reste qu'un, le prix va monter. C'est le seul moyen de savoir qui en a le plus besoin, et par conséquent qui est prêt à faire le plus grand sacrifice pour l'avoir. Le prix est toujours ce point de rencontre dynamique entre ce que vous êtes prêt à céder en monnaie et ce que le vendeur est prêt à céder en biens ou services.
La science économique nous enseigne aussi que chaque action a un coût d'opportunité, ou que l'on ne peut consommer ce qui n'a pas encore été produit. Ce sont encore des certitudes. C'est un déclic à avoir une fois, et le reste suivra. Les erreurs du keynésianisme, du marxisme ou de l'école néoclassique nous apparaissent ensuite clairement.
J'ai eu une conversation récente avec une personne tenant exactement le même discours. Pour elle, la culture devait être préservée du marché. Elle était complètement aveugle à ce que produit la monopolisation étatique de la culture et aux raisons pour lesquelles celle-ci se flétrit.
La culture n'est pas un secteur « à part » qui devrait être exempté de la discipline de marché et de la sanction du choix des individus.
Tout secteur (et plus fondamentalement toute production) obéit aux lois économiques. Et entre le mécénat, le financement participatif, les abonnements et d'autres deals possibles, les artistes n'ont jamais eu autant d'outils pour monétiser leur art. Au contraire, forcer les gens à payer pour une culture qu'ils ne consomment pas ou qu'ils ne valident pas n'est qu'une agression de plus, rationalisée au nom d'un prétendu attachement à la culture.
("Le risque pris par les capitalistes ne peut pas davantage expliquer l’existence du profit que le risque pris par celui qui grimpe à un palmier pour cueillir des noix de coco n’explique pourquoi elles y poussent."
Christophe Darmangeat)
Darmangeat ne comprend ni le risque ni le profit. Il faut articuler les choses dans l'ordre : le risque n’est pas la cause du profit mais sa condition. On ne gagne pas d’argent parce qu’on a pris un risque (sinon tout projet serait couronné de succès), mais parce que le risque pris s’est transformé en SERVICE RENDU à la société. Le profit est donc un signal qui traduit une bonne allocation des ressources en société et qui nous évite de gaspiller (pertes).
Je sais, les marxistes disent que nous savons déjà "ce dont nous avons besoin". Oser de cette validation par le profit, on sait qu'il faut des routes, des hôpitaux, de la nourriture et des profs ! Basta ! Oui... mais non. C'est une confusion entre besoins sociaux et efficience. Il y a une différence ontologique entre constater un besoin et ordonner les facteurs de production pour le satisfaire.
Or, ce passage de l'intention (vouloir faire) à l'action (faire) nécessite un système de pilotage (= de décision). C'est là qu'intervient le système des prix de marché, permettant aux entrepreneurs de calculer économiquement, d'orienter leurs productions et de réallouer sans cesse leurs facteurs pour économiser. Sans intégrer les connaissances de l'EAE sur le temps, le risque, la valeur ou la production, vous naviguerez à l'aveugle en économie, vous perdant dans un logiciel pré-rationnel incapable d'ordonner la réalité.


