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août 03, 2026

L'État français a inventé des champions mondiaux. Dépossessions en images - Libre-échange et loi de l'offre et de la demande

La France a inventé des champions mondiaux. 

Elle ne les possède plus. 🇫🇷💸

Alstom, Lafarge, Alcatel, Arcelor... Des décennies d'ingénierie et des milliards de valeur stratégique vendus au plus offrant. À chaque rachat, ce n'est pas juste un drapeau qui change sur un siège social : c'est le pouvoir de décision, la souveraineté industrielle et les profits futurs qui quittent définitivement le territoire.


La France est-elle condamnée à être le simple laboratoire des puissances étrangères ?


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Nouvelle disparition de France !

Victime d’un conflit entre les actionnaires familiaux, les familles Radat et Lamoure (62ème fortune de France), le fleuron du marché des chaudières et pompes à chaleur a basculé sous pavillon nippo-américain cette année.
Un épisode malheureux pour l’industrie française. ➡️ https://l.challenges.fr/Fxj

 

 



Libre-échange

Le libre-échange est, en général, un système économique reposant sur l'absence de barrières tarifaires et non tarifaires, facilitant la libre circulation des produits, des services, des travailleurs et des capitaux. En politique économique, l'expression est utilisée pour désigner des traités de commerce entre États, des accords commerciaux visant à favoriser le commerce international, autrement dit, un moyen d'accroitre le contrôle gouvernemental sur les échanges commerciaux.

À l'opposé des négociations politiques et des accords intergouvernementaux, le « Laissez faire, laissez passer », devise des physiocrates français au XVIIIe siècle, se rapproche au mieux de la véritable liberté du commerce. 

Présentation

Le libre-échange favorise le développement économique général et permet d'obtenir une meilleure efficacité en permettant une utilisation optimale des facteurs de production par la spécialisation géographique de chaque pays et région (loi des avantages comparatifs). De même, il est aussi un puissant facteur de paix entre les pays et les peuples[1].

Pourquoi les libéraux exigent-ils le libre-échange ? Par respect du droit de propriété, de chaque personne comme de chaque entreprise. En effet, la liberté des échanges n’est qu’une des formes de la propriété : c’est le droit de chacun de disposer du fruit de son activité. À l'inverse, les mêmes qui demandent la mise en place de toutes sortes d'entraves fiscales ou réglementaires sont les premiers qui s'insurgeraient si on prétendait les empêcher de jouir de leur propriété individuelle. En bons égoïstes, ils réclament pour les autres ce qu'ils n'accepteraient pas pour eux.

Pour Frédéric Bastiat le libre-échange est au fondement de la science économique et de la vie sociale. Sa défense du libre-échange a un double fondement :

Dans son texte « Immense découverte » (Sophismes économiques), Frédéric Bastiat démontre la contradiction qu'il y a à construire des chemins de fer pour faciliter les échanges entre les pays en réduisant les obstacles naturels, tout en dressant des obstacles artificiels aux frontières, avec les contrôles douaniers. Il explique que le protectionnisme consiste uniquement à protéger certains producteurs aux dépens de l'ensemble des consommateurs. Dans le texte « Réciprocité » (Sophismes économiques), il montre qu'il est de l'intérêt d'un pays de libéraliser son commerce, quand bien même les autres pays ne le feraient pas.

Accords de libre-échange, ou accords de protectionnisme ?

On pourrait penser que le libre-échange est la règle en matière de commerce international, et qu'il se met en place aisément en supprimant les règlementations protectionnistes. C'est l'inverse qui se produit : le protectionnisme est la règle, et les accords de libre-échange ne consistent en général qu'en une liste d'exceptions aux régulations protectionnistes :

Les accords commerciaux ne sont en réalité que des ententes clientélistes et corporatistes entre États et multinationales, faites sur le dos des contribuables. (Simone Wapler, 10/11/2016)

Par exemple l'accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine signé en 2013 compte plus de 1100 pages !

Pour décréter le libre-échange, il n'y a pas besoin d'accord, ni de négociation politique, ni d'instance supérieure chargée de "mettre en œuvre" les accords. Il suffit d'instaurer l'ouverture des frontières, avec ou sans contrepartie des autres pays (qui ont le "choix" d'appauvrir leur propre population en lui imposant le protectionnisme) :

Les politiques de libre-échange peuvent être mises en œuvre instantanément et unilatéralement, et les accords d’échange interétatiques, peu importe comment on les nomme, doivent invariablement être considérés comme des indicateurs de restrictions commerciales internationales plutôt que du libre-échange. (Hans-Hermann Hoppe, Démocratie, le dieu qui a échoué, chap.8)

Citations

  • « Les avantages du libre-échange sont tellement évidents que l'on peut se demander pourquoi ils ne sont pas universellement reconnus. Les êtres humains, en effet, ont cette caractéristique exceptionnelle d'être tous différents les uns des autres ; différents par leurs aptitudes, mais aussi par leurs besoins et leurs objectifs. De là vient l'utilité de l'échange entre les individus. Chacun de nous serait peut-être capable de vivre seul sur une île, comme Robinson. Mais il est dans l'intérêt de chacun de se spécialiser dans les activités pour lesquelles il est relativement plus apte que les autres et d'acheter à ces derniers ce dont il a besoin et qu'il est relativement moins apte à produire. Ce principe, parfois appelé principe d'avantage comparatif, est bien connu dans le domaine de la théorie économique internationale depuis qu'il a été énoncé par David Ricardo. » (Pascal Salin, Libéralisme, 2000)
  • « Je conçois le principe du libre-échange comme moralement aussi fondamental que l’est en physique la loi de la gravitation. Le libre-échange réunit l’humanité, écarte tout antagonisme de race, de credo et de langue, il est la condition d’une paix éternelle entre les hommes. Je crois que le libre-échange aura pour effet de changer la face du monde dans la mesure où les systèmes de gouvernement que nous connaissons en seront bouleversés. Je crois que la volonté de construire des super États, des armées gigantesques va disparaitre alors que l’humanité ne deviendra qu’une seule famille dont chaque individu pourra librement échanger les fruits de son travail avec ses frères humains. » (Richard Cobden)
  • « Comme l’a dit très éloquemment l’honorable M. Léon Say, la bataille entre le libre-échange et la protection à outrance n’est qu’un épisode de la lutte pour la liberté. La liberté des échanges, la liberté du travail ne sont que l’une des faces du problème social dont l’humanité poursuit la solution. Cette muraille économique dont on nous menaçait (protection insuffisante pour les faibles, excessive et inique pour les plus forts), que nous promettait-elle dans le présent ? Des avantages bien discutables, bien hypothétiques pour la population agricole; des sacrifices certains pour la population ouvrière. Dans l’avenir, la presque certitude que la France serait le pays de l’Europe où la vie du pauvre serait la plus difficile. Qui ne comprend que cette doctrine, incompatible avec tout progrès sérieux, constituant des quasi majorats au profit de certaines industries devait forcément stériliser cette invention, cette recherche du mieux, ce combat pour le progrès incessant ? Qui ne comprend que cette ambition, cette nécessité même de mieux faire, de toujours mieux faire est une des conditions du travail qu’il faut surtout protéger ? Que sans cet aiguillon, sans ces difficultés de la lutte commerciale, une industrie qui n’a plus que l’appât d’un gain trop facile est vouée à une fatale décrépitude ? » (Émile Girodet, discours de clôture à l'Exposition de Saint-Étienne, 18 octobre 1891)

Informations complémentaires

Notes et références

Bibliographie

  • 1986, Steven E. Daskal, "Free Trade and Prosperity", The Freeman, February, Vol 36, n°2, pp66-73 (L'auteur évoque avec justesse que le processus de marché à l'échelle internationale se dénommé le libre-échange. Et, l'ouverture des marchés permet la prospérité interne comme aux pays étrangers).
  • 1993,
    • Alan S. Blinder, "Free trade", In David R. Henderson, dir., "The Fortune Encyclopedia of Economics: 141 Top Economists Explain the Theories, Mechanics, and Institutions of Money, Trade, and Markets", New York: Time-Warner Books, Inc., pp526-530
    • D. M. Gould, R.J. Ruffin, G. L. Woodbridge, "The Theory and Practice of Free Trade", Economic Review, Federal Reserve Bank of Dallas, pp1—16
  • 1995. Richard M. Ebeling et Jacob G. Hornberger, eds. The Case for Free Trade and Open Immigration. Fairfax, VA : The Future of Freedom Foundation.
  • 2002. Pascal Salin. Le libre-échange. Que sais-je? Paris : PUF. (ISBN 2-13-052750-7)
  • 2003,
    • Jagdish Bhagwati. Free Trade Today. Princeton, NJ : Princeton University Press. (ISBN 0-691-11730-6) [prés. en ligne] (en)
    • Douglas Irwin, "Free Trade under Fire", Princeton, NJ: Princeton University Press,
      • 2ème édition en 2005, Princeton, NJ: Princeton University Press
      • 3ème édition en 2009, Princeton, NJ: Princeton University Press. (ISBN 978-0-691-14315-6)

Voir aussi

https://www.wikiberal.org/wiki/Libre-%C3%A9change

 



Loi de l'offre et de la demande

Définition de la loi de l'offre et de la demande

La loi de l'offre et de la demande est l'un des éléments essentiels expliquant le fonctionnement d'une économie de marché. Elle indique comment se concilient, par l'arbitrage pacifique du marché, les intérêts apparemment contradictoires des offreurs et des demandeurs.

En particulier, la loi de l'offre et de la demande nous montre que sur n'importe quel marché il existe toujours un niveau de prix qui supprime la pénurie (ou l'excédent) et qui équilibre la quantité offerte et la quantité demandée (pour ce prix, les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que celle que les consommateurs veulent acheter). Un tel niveau de prix est qualifié d'optimal, parce qu'il maximise les avantages et minimise les inconvénients, pour les vendeurs comme pour les acheteurs.

Ce niveau de prix, qui résulte de l'offre et de la demande, détermine un équilibre qui est qualifié de stable, ce qui signifie que si l'on s'éloigne de cet équilibre, des mécanismes automatiques (ceux du marché) ramènent vers l'équilibre ; c'est ainsi, par exemple, que pour un niveau de prix inférieur à l'équilibre, il existera un excès de la demande sur l'offre qui va provoquer une hausse des prix qui perdurera jusqu'au retour à l'équilibre ; cette hausse des prix, en particulier, va pousser les producteurs à augmenter l'offre, résorbant ainsi la pénurie potentielle.

Ce mécanisme de rééquilibrage repose naturellement sur la libre variation des prix. En ce sens, leur blocage, leur fixation autoritaire par les pouvoirs publics, constituent toujours une aberration économique. Si le prix est fixé à un niveau trop élevé, la surproduction est inévitable ; c'est par exemple le cas de nombreux produits agricoles, à l'intérieur du marché commun, pour lesquels il existe des prix garantis favorisant une surproduction et créant les excédents que l'on connaît. Un raisonnement identique peut être appliqué au marché du travail, où un salaire minimum trop élevé est créateur de chômage. En sens inverse, si le prix est fixé par les pouvoirs publics à un niveau trop bas (prétendument pour empêcher l'inflation), la demande excède l'offre, ce qui entraîne la pénurie : l'exemple du contrôle des loyers explique largement les pénuries de logement que l'on a pu observer. Ce type de déséquilibre est encore plus évident dans les économies planifiées, où tous les prix sont bloqués et où se développent les pénuries, les files d'attente et le marché noir


À la différence d'une loi dans le sens politique du terme, la loi de l'offre et de la demande est si générique et si ancienne qu'elle n'a pas d'auteur connu, mais elle était déjà formalisée il y a plus de deux millénaires. Le 256e couplet du Tirukkuṟaḷ, un ouvrage tamoul datant probablement d'avant Jésus-Christ, précise ainsi : « si personne ne consomme un produit ou un service, il n'y aura personne pour fournir ce produit ou ce service contre un prix »[1].

Élasticité de la demande

On parle de demande élastique quand la demande varie beaucoup s'il y a variation du prix, de demande inélastique si une baisse ou une hausse de prix a peu de conséquences sur la demande. Les composants de l'élasticité sont :

  • l'effet de substitution (si le prix devient prohibitif, par exemple en raison d'une situation de monopole, les acheteurs se tourneront vers des produits de substitution plus abordables ; inversement, si le prix d'un produit devient attractif, les acheteurs auront tendance à délaisser d'autres produits équivalents pour se tourner vers ce produit)
  • l'effet de revenu (une baisse de prix fournit un « revenu » disponible pour de nouveaux achats du même produit, ou pour d'autres produits davantage convoités)
  • l'effet de participation (une baisse de prix ciblée en direction de nouveaux entrants sur le marché permet d'augmenter la demande globale)

Les limites de la loi de l'offre et de la demande

Ces limites sont atteintes dans les cas suivants :

  • disparition du produit ou du service (pénurie) ou au contraire abondance (par exemple l'air qu'on respire ne fait pas l'objet d'un marché)
  • disparition des acheteurs (la valeur de marché du produit ou service est alors virtuellement nulle)
  • disparition des vendeurs (la valeur de marché du produit ou service est alors virtuellement infinie)

Impossibilité mathématique

L'École autrichienne d'économie s'oppose au point de vue statique et réducteur qui tend à décrire la loi de l'offre et de la demande par les mathématiques, et par les courbes d'offre et de demande :

«  Demande et offre sont le produit du comportement des gens qui achètent et qui vendent. Si, les choses restant égales par ailleurs, l'offre augmente, les prix doivent baisser. Au prix antérieur, tous ceux qui étaient disposés à payer ce prix pouvaient acheter la quantité qu'ils désiraient. Si l'offre augmente, il leur faut acheter des quantités supérieures, ou que d'autres personnes qui n'achetaient pas précédemment deviennent désireuses d'acheter. Cela ne peut se réaliser qu'à un prix moindre. Il est possible de représenter graphiquement cette interaction en dessinant deux courbes, la courbe de l'offre et la courbe de la demande, dont le point d'intersection montre le prix. Il est possible également de l'exprimer par des symboles mathématiques. Mais il est nécessaire de comprendre que de tels modes de représentation graphique ou mathématique n'affectent pas l'essence de notre interprétation, et qu'ils n'ajoutent absolument rien à notre compréhension. En outre, il est important d'avoir conscience de ce que nous ne disposons d'aucune connaissance ni expérience concernant la forme de telles courbes. Ce que nous connaissons, ce sont toujours des prix de marché — c'est-à-dire non les courbes mais seulement un point, que nous interprétons comme l'intersection de deux courbes supposées. En dessiner peut être un moyen pratique pour rendre les questions plus visibles aux étudiants. Pour les problèmes réels de la catallactique ce ne sont que des mimiques accessoires. »
    — Ludwig von Mises, L'Action humaine

En effet, le diagramme offre/demande présuppose une loi du prix unique qui s'énonce ainsi : « dans un marché efficient chaque bien identique doit avoir le même prix en tout point de ce marché ». Elle présuppose aussi que les agents soient à la fois preneurs de prix et faiseurs de prix (au prix unique apparemment fixé par une autorité centrale). Lorsque ce prix est un prix de déséquilibre, il n'y a pas égalité offre/demande, mais la loi suppose également que les agents se mettent comme par magie à fabriquer les prix et que la concurrence amène au prix d'équilibre.

Le contrôle des prix

Searchtool-80%.png Article détaillé : contrôle des prix.

Les économistes libéraux critiquent ou dénoncent les pratiques de contrôle des prix, ne serait-ce que parce qu'elles sont contre-productives.

Des pratiques de contrôle des prix ont toujours existé dans presque tous les pays du monde, notamment en France[2]. Elles consistent en la fixation de prix arbitraires (exemple : les prix des consultations médicales), en l’instauration de prix minimums pour protéger les vendeurs (exemple : le salaire minimum) ou pour protéger les autres clients des vendeurs contre le risque de faillite des vendeurs (exemple : les tarifs de certains contrats d'assurance) ou pour protéger les producteurs actuels contre la concurrence de nouveaux venus (exemple : l'interdiction de la vente à perte), en l’instauration de prix maximums pour protéger les acheteurs (exemple : le taux d’usure), ou encore en l’encadrement de l’évolution des prix (exemple : la limitation de la hausse des loyers).

L’argument, partagé par la majorité des économistes et fondé sur l’observation de la loi de l’offre et de la demande, est le suivant : 


  • Lorsque les pouvoirs publics veulent protéger les vendeurs, ils instituent un prix minimum (par exemple un salaire minimum) supérieur au prix d’équilibre. Il s’ensuit (voir sur le graphique) que la demande est inférieure à l’offre, et même inférieure à la demande qui correspondrait au prix d’équilibre, si bien que l’offre n’est pas satisfaite (exemple : dans le monde du travail, il y a alors progression du chômage). Cette politique, mise en œuvre pour protéger les vendeurs, a donc pour effet d’empêcher les vendeurs de vendre. Cette politique nuit à ceux qu’elle devait protéger. C'est par exemple l'argument développé par le Prix Nobel d'économie Gary Becker, qui le résume en : « augmenter le salaire minimum, c'est augmenter le chômage »[3].
  • De même, lorsque les pouvoirs publics veulent protéger les acheteurs, ils instituent un prix maximum inférieur au prix d’équilibre. Il s’ensuit (voir sur le graphique) que l’offre est inférieure à la demande, et même inférieure à l’offre qui correspondrait au prix d’équilibre, si bien que les producteurs ont intérêt à ne plus produire et que la demande n’est pas satisfaite. Cette politique, mise en œuvre pour protéger les acheteurs, a donc pour effet d’empêcher les acheteurs d’acheter. Cette politique nuit également à ceux qu’elle devait protéger. Le Ludwig von Mises Institute l'illustre par les pénuries alimentaires ou famines nées du contrôle des prix[4].

Politique de la demande et politique de l'offre

Searchtool-80%.png Article connexe : Économie de l'offre.

En économie politique, on distingue souvent deux types de politiques opposées.

La politique de la demande (Thomas Malthus, John Maynard Keynes, Karl Marx) met l'accent sur la demande, les dépenses, par crainte d'excès d'offre, d'excès d'épargne, de surproduction, de « manque de débouchés » pour les produits, provoquant le chômage et la fermeture des entreprises. Pour Marx, la sous-consommation ouvrière finira par causer la perte du capitalisme. Keynes explique la crise de 1929 par une faiblesse de la demande globale : il faut donc augmenter la demande et les dépenses publiques pour assurer le plein-emploi, la dette publique étant vue comme un « levier ». La crise pétrolière des années 1970 devait montrer l'inefficacité de cette théorie qui entraîne inflation et stagnation économique.

La politique de l'offre, dont la première formulation fut la loi de Say ou loi des débouchés, joue sur les incitations à la production, au travail, à l'épargne, à l'investissement, par la baisse des impôts et la dérégulation. Une croissance économique durable ne peut naître que d'une augmentation du volume de travail ou de la productivité. Le travail et le capital, combinés au sein des entreprises, sont des facteurs premiers, et non une finalité en soi ; c'est l'offre, la prise de risque par les entrepreneurs, qui « tire » la demande.

Pourquoi ces lois économiques sont si peu comprises

L'économiste suisse Bruno S. Frey est l’un des rares économistes à s’être demandé pourquoi les lois de l’offre et de la demande, centrales dans toute réflexion économique, étaient si mal comprises. Il avance cinq arguments pour expliquer cette faible compréhension :

  1. argument cognitif : les gens souffrent d’un déficit de connaissance sur les lois du marché ;
  2. argument politique : syndicats et lobbies font pression sur l’État pour fausser le système des prix en leur faveur ;
  3. argument de justice : les gens sont réfractaires à ce système de fixation des prix, car ils estiment qu’il mène à des situations inéquitables (cf. juste prix);
  4. argument psychologique : il y a un coût psychologique à entrer dans un processus d’échange, et ce coût joue à l’encontre de l’extension des échanges marchands, et par conséquent génère une méfiance à l’encontre du système des prix ;
  5. argument moral : l’extension des échanges à certains domaines constituerait une menace pour des valeurs morales intrinsèques, du coup le système des prix serait perçu comme immoral.

Voir la réfutation de ces arguments par Philippe Simonnot[5].

Les effets de l'interventionnisme étatique sur l'offre et la demande

Le loyer

Searchtool-80%.png Article connexe : Logement.

Les hommes de l'État ont toujours eu la tentation de fixer les niveaux des loyers, ce qui a, à chaque fois, entrainé des conséquences néfastes pour les plus fragiles. Moins de logements sont construits puisque la rentabilité en serait faible. En outre la protection excessive des locataires pousse les propriétaires à demander des cautions toujours plus nombreuses pour pallier le risque de ne pas être payés par un locataire qu'on ne peut alors expulser du logement. Comme le note l'ALEPS, « si le prix est fixé par les pouvoirs publics à un niveau trop bas (prétendument pour empêcher l'inflation), la demande excède l'offre, ce qui entraîne la pénurie : l'exemple du contrôle des loyers explique largement les pénuries de logement que l'on a pu observer »[6].

La Sécurité sociale française

En France, l'État fixe arbitrairement non seulement le prix de la consultation médicale, mais aussi le prix de remboursement des frais médicaux (consultations médicales, médicaments, et autres prestations médicales, comme les radios etc.), et le montant des cotisations (avec la CSG et la CRDS). Il oblige à souscrire obligatoirement à une caisse de sécurité sociale et de retraite, pré-sélectionnées par cet État et donc érigées en monopoles. Ce qui a pour effet de handicaper la médecine libérale, parce que cela empêche les médecins d'investir, de moderniser leur matériel médical, et de financer des formations pour les futurs médecins, au risque de causer des erreurs de diagnostic, voire de ne plus offrir à la population un niveau correct de protection médicale (par manque de médecins).

La répartition égalitariste induit des effets d'assistanat, d'irresponsabilité, de laxisme, un appauvrissement de la population et donc entraîne des pénalités de plus en plus fortes contre les médecins, obligés de prescrire de plus en plus d'ordonnances. Depuis 1992, trois directives européennes ont ouvert une première brèche dans ce monopole de la Sécurité Sociale (voir abrogation du monopole de la Sécurité Sociale) laissant présager d'une future libre concurrence des systèmes de protection sociale, au sein de l'Union européenne.

La monnaie

En général, les banques centrales, associées, liées ou « soumises » au pouvoir politique, quel que soit l'État-Nation, ont le monopole d'émission de la monnaie, ce qui implique que la loi de l'offre et de la demande est arbitrairement modifiée en fonction des orientations de la politique économique de ces États-Nations. En effet, pour répondre aux exigences des pouvoirs politiques, ces banques centrales interviennent, de telle sorte que l'adéquation ou l'équivalence entre la quantité de produits, d'une part, et la masse monétaire disponible en circulation, d'autre part, est rompue. Ce qui provoque soit de l'inflation, soit de la déflation, et une plus ou moins grande facilité d'exportation de ces produits, dans l'intérêt de ces États-Nations.

Mais de façon plus générale l'interventionnisme étatique dans le domaine de la monnaie a été catastrophique. En 1919, lorsque les gouvernements européens ont détaché la monnaie par rapport à l'or, ils ont instauré un processus inflationniste. L'équivalence entre la quantité de produits et la masse monétaire disponible en circulation a été effectivement rompue, aboutissant à une inflation très forte, et un processus de déficit chronique lancinant et grandissant des États. C'était une façon pour les États de « corrompre » les populations en leur faisant croire qu'elles étaient « plus riches », mais seulement quantitativement et non qualitativement. Cette inflation a atteint un niveau totalement hors de toute raison où un dollar était égal à... 4200 milliards de marks, en 1923 (cause principale de la crise de 1929).

La Politique Agricole Commune

Les principes protectionnistes de la Politique Agricole Commune visaient à empêcher l'importation, notamment de riz asiatique (Inde, Chine, Thaïlande) et du maïs américain (États-Unis, Mexique), en agissant artificiellement sur la quantité de produits sur le marché, et donc sur les paramètres de la loi de l'offre et de la demande. L'effet a été d'empêcher l'exportation de blé européen, puisque les autres régions du monde ont pris des mesures de rétorsion contre l'Europe. Ce qui n'a pas empêché, malgré tout, l'importation du riz et du maïs (moins chers que le blé) et produit des faillites de sociétés agricoles européennes qui n'avaient que peu de débouchés à l'international, alors que, en fait, la concurrence entre le riz, le maïs et le blé était une fausse concurrence (chaque céréale jouant un rôle particulier dans l'alimentation).

Citations

«  La demande, fille du désir et souveraine enchaînée. »
    — Jacques Rueff, L'ordre social, 1945

«  Apprenez à un perroquet les termes « offre et demande » et vous obtenez un économiste. »
    — Thomas Carlyle

Informations complémentaires

Notes et références

  • The First Laws in Economics and Indian Economic Thought – Thirukkural, 31 janvier 2010

  • Four Thousand Years of Price Control, Ludwig von Mises Institute

  • « Augmenter le salaire minimum, c'est augmenter le chômage », Gary Becker

  • Four Thousand Years of Price Control, Ludwig von Mises Institute

  • Philippe Simonnot, "Pourquoi les économistes et les gouvernants se trompent-ils si souvent ?", Le Québécois Libre, [lire en ligne]

    1. Offre et demande sur libres.org

    Bibliographie

    • 2010, William Barnett et Walter Block, "Mises Never Used Demand Curves; Was he Wrong? Ignorant? No: The Antimathematicality of Demand Curves", Dialogue, n°1, mars, pp23-31

    Voir aussi

     https://www.wikiberal.org/wiki/Loi_de_l%27offre_et_de_la_demande

     

     


    janvier 20, 2026

    Les lois économiques n'ont pas valeur d'opinion.

    Les lois économiques n'ont pas valeur d'opinion.
     
     Elles ne sont pas des croyances agréables à adopter. Elles ont valeur de théorèmes. La loi de l'offre et de la demande est ainsi certaine, non pas parce qu'on l'aurait décrétée, mais parce qu'elle décrit simplement comment les êtres humains choisissent d'échanger ce qu'ils ont contre ce qu'ils veulent. 
     
     
    Si tout le monde veut ce même pain alors qu'il n'en reste qu'un, le prix va monter. C'est le seul moyen de savoir qui en a le plus besoin, et par conséquent qui est prêt à faire le plus grand sacrifice pour l'avoir. Le prix est toujours ce point de rencontre dynamique entre ce que vous êtes prêt à céder en monnaie et ce que le vendeur est prêt à céder en biens ou services. 
     
     La science économique nous enseigne aussi que chaque action a un coût d'opportunité, ou que l'on ne peut consommer ce qui n'a pas encore été produit. Ce sont encore des certitudes. C'est un déclic à avoir une fois, et le reste suivra. Les erreurs du keynésianisme, du marxisme ou de l'école néoclassique nous apparaissent ensuite clairement.
     
    J'ai eu une conversation récente avec une personne tenant exactement le même discours. Pour elle, la culture devait être préservée du marché. Elle était complètement aveugle à ce que produit la monopolisation étatique de la culture et aux raisons pour lesquelles celle-ci se flétrit. 
     
    La culture n'est pas un secteur « à part » qui devrait être exempté de la discipline de marché et de la sanction du choix des individus. Tout secteur (et plus fondamentalement toute production) obéit aux lois économiques. Et entre le mécénat, le financement participatif, les abonnements et d'autres deals possibles, les artistes n'ont jamais eu autant d'outils pour monétiser leur art. Au contraire, forcer les gens à payer pour une culture qu'ils ne consomment pas ou qu'ils ne valident pas n'est qu'une agression de plus, rationalisée au nom d'un prétendu attachement à la culture.

    Inflation, monnaie fiat, subventions, culture changeante, socialisation du système de santé... c'est évident que vous vous retrouvez avec ce genre de bouffe derrière. 
    Quel rapport ? Eh bien pour aller vite, l'inflation et la monnaie fiat vous appauvrissent (moins de choix et moins de qualité), les subventions rendent le poison abordable pour un nouveau public (influençable via les réseaux sociaux), puis la sécurité sociale donne l'illusion que l'addition ne sera jamais vraiment payée.
     
    Comment se fait-il que les revenus (dont les salaires) d'une zone n'augmentent pas ? Tout simplement parce que la productivité n'y progresse plus. La productivité, c'est l'art de produire plus avec autant (et moins) de ressources. Or, il n'y a aucun secret : on augmente la productivité d'une entreprise grâce au capital. 
    Un homme avec une pelle au une productivité faible. Le même homme avec une pelleteuse aura une productivité bien supérieure. Son salaire pourra alors grimper sans mettre l'entreprise en péril. Imaginez donc un ouvrier qui creuse un mètre cube par jour avec une simple pelle pour une valeur de 100 €. Son salaire est de fait plafonné par cette production. Mais si l'entreprise investit dans une pelleteuse, ce même ouvrier pourra creuser 100 mètres cubes dans la même journée. L'abondance ainsi créée permettra de diviser le prix de vente par dix pour le client, tandis que la valeur générée par l'ouvrier bondira de 100 € à 1 000 € par jour. La marge ainsi dégagée permettra de payer le conducteur de machine bien plus cher qu'un porteur. Ce processus de capitalisation et de hausse des salaires réels est donc le suivant : épargne → investissement dans des biens de production (comme la pelleteuse) → hausse de la production par heure → hausse de la capacité à rémunérer le travail. C'est le capital qui libère les salaires, rien d'autre.

    Le propos vise justement à dénoncer le moindre mal, il est d'ordre éthique. C'est un premier point. Ensuite, vous passez à côté du marché. Vous voyez des prélèvements obligatoires, une armée et une police, et vous en concluez que c'est la seule façon de faire. Vous n'avez donc pas vu l'alternative, parce que vous confondez la fonction (de défense) et l'organe (étatique). 
     
    Ce n'est pas parce que la sécurité est une fonction vitale qu'elle doit être produit par un monopole. Au contraire, le marché est un processus universel de coopération humaine qui s'applique avec d'autant plus de rigueur que le besoin est criant. Vous devriez dès à présent exiger que la défense sorte de la sphère de l'État pour entrer dans l'ère de la concurrence et de la responsabilité.
     
    Présupposer l'idée d'un seuil d'imposition revient à postuler qu'une certaine dose de vol serait légitime. Mais personne n'a rien signé en ce sens. Où serait le fameux « contrat social », si souvent mis en avant ? Si vous refusez de payer vos impôts, des hommes armés finiront par saisir vos biens ou vous enfermer. Si s'agissait d'un paiement à renouveler pour des services (comme un abonnement à votre salle de sport), chacun pourrait s'en désabonner. 
     
    Un service que l'on ne peut pas refuser et dont le prix est fixé unilatéralement par le vendeur s'appelle un racket. C'est ce qui se passe. Par ailleurs, l'intention affichée derrière le prélèvement (financer des écoles, des routes ou des hôpitaux) ne change en rien la nature de l'acte. Si je vous vole votre portefeuille pour donner son contenu à un sans-abri, l'acte initial demeure un vol. On ne peut traiter d'économie correctement qu'après avoir intégré l'éthique minimale de non-agression.

    L’impossibilité du calcul économique 
     C’est l’argument dévastateur formulé par Ludwig von Mises dès 1920. Pour le dire simplement : sans propriété privée il n’y a pas de marché, et sans marché il n’y a pas de prix. Or, les prix sont des signaux de rareté. Sans eux, personne ne peut savoir quelles ressources s'épuisent ni quels besoins sont les plus urgents à satisfaire. On ne peut plus rien calculer, et donc plus anticiper ni risquer. Privé de cette boussole de libre marché, le planificateur socialiste tâtonne dans le noir. Il finira inévitablement par gaspiller nos ressources en produisant ce dont personne ne veut, tout en créant des pénuries là où le besoin est vital. C'est même ce qui est arrivé en URSS. Le socialisme est donc techniquement irréalisable car il détruit l'outil même de la rationalité économique.
     
    Puisque le Pouvoir se nourrit de notre servitude, osons la Liberté ! Philo, Droit, Économie, Culture. Pour me suivre au quotidien : t.me/arthurhomines
     


    ("Le risque pris par les capitalistes ne peut pas davantage expliquer l’existence du profit que le risque pris par celui qui grimpe à un palmier pour cueillir des noix de coco n’explique pourquoi elles y poussent." 
     
    Christophe Darmangeat)
     
    Darmangeat ne comprend ni le risque ni le profit. Il faut articuler les choses dans l'ordre : le risque n’est pas la cause du profit mais sa condition. On ne gagne pas d’argent parce qu’on a pris un risque (sinon tout projet serait couronné de succès), mais parce que le risque pris s’est transformé en SERVICE RENDU à la société. Le profit est donc un signal qui traduit une bonne allocation des ressources en société et qui nous évite de gaspiller (pertes). 
     
    Je sais, les marxistes disent que nous savons déjà "ce dont nous avons besoin". Oser de cette validation par le profit, on sait qu'il faut des routes, des hôpitaux, de la nourriture et des profs ! Basta ! Oui... mais non. C'est une confusion entre besoins sociaux et efficience. Il y a une différence ontologique entre constater un besoin et ordonner les facteurs de production pour le satisfaire. 
     
    Or, ce passage de l'intention (vouloir faire) à l'action (faire) nécessite un système de pilotage (= de décision). C'est là qu'intervient le système des prix de marché, permettant aux entrepreneurs de calculer économiquement, d'orienter leurs productions et de réallouer sans cesse leurs facteurs pour économiser. Sans intégrer les connaissances de l'EAE sur le temps, le risque, la valeur ou la production, vous naviguerez à l'aveugle en économie, vous perdant dans un logiciel pré-rationnel incapable d'ordonner la réalité.
     



    Un point sans doute pas assez soulevé concernant l'agressivité des États-Unis, j'ai nommé la question du dollar américain. 
     
    On ne peut pas comprendre pourquoi l'Empire agit de la sorte par l'invasion militaire sans comprendre au préalable ce qu'est le dollar, et quels sont ses effets à l'échelle mondiale. Le dollar n'est PAS une monnaie. Une monnaie saine émerge du marché, elle est sélectionnée darwiniennement par les individus (c'était le cas de l'or et de l'argent, pour rappel). Elle sert de moyen d'échange, d'unité de compte, et de réserve de valeur. 
     
     Le dollar est un artefact étatique et un instrument de transfert de richesse mondial. Les néoconservateurs et l'armée américaine étant la police d'assurance de cette monnaie de singe. En clair, Washington imprime de l'argent pour financer son déficit budgétaire et ses guerres, cela sans subir d'hyperinflation sur son sol. En effet, les banques centrales du monde entier achètent des bons du Trésor américain (de la dette, si vous préférez) pour garantir leurs propres devises. Le monde entier se retrouve donc à financer le budget militaire des États-Unis. 
     
     Par ailleurs, le dollar est adossé au pétrole depuis les années 70. C'est pourquoi dès qu'un pays producteur menace de vendre ses hydrocarbures dans une autre devise, il signe quasiment son arrêt de mort (l'Irak, la Libye, l'Iran aujourd'hui). Chaque base militaire dans la région est l'équivalent d'une sentinelle. Ce système est donc une pyramide de Ponzi, dont la guerre est le moteur. C'est elle qui crée une demande massive de dollars, de matériel et de ressources. Là où les Empires anciens abusaient de la colonisation territoriale, c'est la colonisation par le dollar qui règne aujourd'hui.
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