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février 03, 2026

Affaire Epstein !!

Loi sur la transparence des dossiers Epstein 

Le ministère de la Justice publie 3,5 millions de pages conformes à la loi sur la transparence des dossiers Epstein

Deputy Attorney General Todd Blanch announced the Department of Justice published over 3 million additional pages responsive to the Epstein Files Transparency Act, which was signed into law by President Trump on November 19, 2025.
 

Ce projet de loi exige du ministère de la Justice (DOJ) qu'il publie (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d'enquête non classifiés en sa possession et relatifs à l'enquête et aux poursuites contre Jeffrey Epstein. Cela inclut : (1) les documents relatifs à Ghislaine Maxwell, (2) les registres de vol et les dossiers de voyage, et (3) les personnes nommées ou mentionnées (y compris les fonctionnaires) dans le cadre de l'enquête et des poursuites contre Jeffrey Epstein. Le DOJ est autorisé à ne pas divulguer certaines informations, telles que les informations personnelles des victimes et les documents susceptibles de compromettre une enquête fédérale en cours. En outre, au plus tard 15 jours après la publication requise, le ministère de la Justice doit faire rapport au Congrès (1) toutes les catégories d'informations publiées et retenues, (2) un résumé de toutes les rédactions effectuées et (3) une liste de tous les fonctionnaires et personnes politiquement exposées nommés ou mentionnés dans les documents publiés.


Epstein Library:

Avis de confidentialité Compte tenu de l'échéance fixée par le Congrès, tous les efforts raisonnables ont été déployés pour examiner et expurger les informations personnelles relatives aux victimes et autres personnes privées, et pour protéger les documents sensibles contre toute divulgation. Cependant, en raison du volume d'informations concernées, ce site web peut néanmoins contenir des informations incluant par inadvertance des données personnelles non publiques ou d'autres contenus sensibles, y compris à caractère sexuel. Si vous identifiez des informations qui n'auraient pas dû être publiées, veuillez nous en informer immédiatement à EFTA@usdoj.gov afin que nous puissions prendre les mesures nécessaires pour corriger le problème au plus vite. Ce site héberge des documents soumis à la loi sur la transparence des dossiers Epstein. Il sera mis à jour si d'autres documents sont identifiés et doivent être publiés. Certains documents de la bibliothèque contiennent des descriptions d'agressions sexuelles. Par conséquent, veuillez noter que certaines parties de cette bibliothèque peuvent ne pas convenir à tous les lecteurs.

https://www.justice.gov/epstein?utm_source=chatgpt.com


L’Affaire Epstein : un tremblement de terre révélant les ténèbres des élites politiques et financières 

L’affaire Jeffrey Epstein, ce financier américain condamné pour trafic sexuel de mineures, continue de secouer les fondations du pouvoir mondial.

Avec la publication récente, fin janvier 2026, de plus de trois millions de pages de documents par le Département de la Justice américain (DOJ), incluant environ 2.000 vidéos et 180.000 images, un nouveau chapitre s’ouvre sur ce scandale qui expose les connexions troubles entre élites politiques, financières et royales.

Cette divulgation, mandatée par l’Epstein Files Transparency Act (voir ici) signé par le président Donald Trump en novembre 2025 sous une pression bipartisane intense, marque la fin des divulgations officielles, bien que des critiques persistent sur les retards et les caviardages pour protéger les victimes et les enquêtes en cours.


 

Le contexte d’un scandale persistant

Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 dans des circonstances controversées – officiellement un suicide, mais avec des soupçons persistants de meurtre pour le faire taire – était au cœur d’un réseau d’abus sexuels impliquant des dizaines de jeunes filles mineures. Condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution d’une mineure via un accord controversé et plus clément, il a continué à entretenir des relations avec des figures influentes jusqu’à sa mort. Les documents nouvellement publiés, issus d’enquêtes fédérales, incluent des logs de vols, des emails, des photos et des témoignages qui révèlent comment Epstein maintenait ses liens post-condamnation. Parmi les révélations : des échanges avec Steve Bannon, conseiller de Donald Trump, discutant de politique et d’un documentaire pour réhabiliter l’image d’Epstein ; des allégations non vérifiées contre Trump, mentionné plus de 1 000 fois, incluant des accusations réfutées de viol sur une mineure de 13 ans, bien que rien ne confirme de conduite criminelle ; et des détails sur Bill Gates, accusé dans des emails d’avoir eu des relations extraconjugales et d’obtenir des drogues liées à des rencontres avec des « filles russes » (démenti par Gates).

D’autres noms émergent : Elon Musk, Bill et Hillary Clinton, Richard Branson, Peter Mandelson (qui a reçu des fonds d’Epstein pour les frais d’études de son mari), Leonardo DiCaprio, Michael Jackson, et des figures internationales comme les Mexicains Ricardo Salinas Pliego et Ernesto Zedillo. Andrew Mountbatten-Windsor (ex-Prince Andrew) est particulièrement mis en lumière : des emails montrent qu’Epstein l’a invité au palais de Buckingham après sa libération, et qu’il voulait que Sarah Ferguson déclare publiquement qu’il n’était « pas un pédophile ». Ces révélations ont poussé le Premier ministre britannique Keir Starmer à appeler Andrew à témoigner au Congrès américain.

Les fichiers incluent aussi des notes du FBI de 2006-2007 sur des massages sexualisés payés à des mineures, un projet d’acte d’accusation abandonné, et des communications internes sur des enquêtes non poursuivies. Bien que beaucoup soient caviardés pour protéger les victimes, ils soulignent des associations persistantes et des enquêtes inachevées, alimentant des spéculations sur des réseaux d’influence, y compris des liens avec des services de renseignement comme la CIA ou le Mossad, souvent évoqués dans les théories controversée mais non prouvés.


La noirceur systémique des élites : affaires sexuelles au cœur du pouvoir

Ce scandale n’est pas isolé ; il illustre une noirceur quasi systémique dans les sphères politiques et financières, où les affaires sexuelles semblent entrelacées avec le pouvoir et l’argent. Epstein, avec son île privée de Little St. James – surnommée « l’île des pédophiles » – et ses jets privés, offrait un cadre pour des abus qui impliquaient non seulement des célébrités mais aussi des leaders mondiaux, révélant comment l’élite utilise son influence pour échapper à la justice. Des scandales similaires pullulent : des personnalités politiques américaines prônant les « valeurs familiales » tout en étant accusés d’agressions sexuelles, des élites européennes impliquées dans des réseaux d’exploitation, ou des figures financières comme celles de JPMorgan Chase, qui ont fermé les yeux sur les transactions suspectes d’Epstein pour préserver des profits.

Cette présence quasi systémique des affaires sexuelles dans les hautes sphères n’est pas fortuite. Elle sert d’outil de contrôle : des compromis sur des abus permettent de manipuler des décisions politiques et économiques. Par exemple, les liens d’Epstein avec des conseillers de la Maison Blanche ou des propriétaires d’équipes NFL (National Football League) montrent comment ces réseaux transcendent les frontières partisanes, érodant la confiance publique dans un système où l’argent et le pouvoir protègent les prédateurs. Politiquement, l’affaire érode la confiance : Donald Trump, malgré ses liens passés avec Epstein (incluant un livre d’anniversaire signé), a dû signer la loi de transparence sous pression, tandis que des démocrates exigent des versions non caviardées. Cela révèle un monde où les scandales sexuels ne sont pas des exceptions, mais des mécanismes intégrés au maintien du statu quo élitiste.


L’hypocrisie des politiciens face à la protection des enfants

Le culot des hommes et femmes politiques atteint des sommets lorsqu’ils invoquent la protection des enfants. Aux États-Unis, des figures comme Trump ou les Clinton, mentionnées dans les fichiers sans preuves irréfutables de crimes, prônent des politiques familiales tout en étant associées à Epstein. Mais cette hypocrisie s’étend bien au-delà : en France, par exemple, des gouvernements proposent d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sous prétexte de sauvegarder les mineurs des dangers en ligne, tout en ignorant les défaillances flagrantes du système d’aide sociale à l’enfance. Ils sont ainsi exposés à la prostitution et aux abus, avec des placements abusifs, une passivité face aux proxénètes, et des cohabitations forcées avec des agresseurs dans des foyers non supervisés, particulièrement dans des régions comme l’Île-de-France ou les Bouches-du-Rhône (voir ici).

Au lieu de réformer ce système corrompu qui livre littéralement des mineurs aux prédateurs via des applications comme Snapchat, les élites optent pour des mesures cosmétiques comme des interdictions répressives, favorisant une surveillance étatique paternaliste qui érode les libertés sans aborder les inégalités sous-jacentes ni promouvoir une éducation au numérique. Cela perpétue un double standard : les puissants ferment les yeux sur les pratiques déviantes des géants technologiques, tout en imposant des restrictions qui masquent leur inaction sur les vrais politique de protection pour les enfants vulnérables. Cette hypocrisie renforce le ressenti plus larges au sein de l’élite, qui clame défendre les mineurs tout en négligeant les protections concrètes et en priorisant le contrôle sur l’autonomie et l’éducation véritables.


Impacts et perspectives

Sur les réseaux sociaux et ailleurs, les discussions autour de EpsteinFiles explosent depuis le 30 janvier, avec des listes de noms, des accusations non vérifiées, parfois satiriques et des liens internationaux impliquant des figures de la scène internationale.

La couverture médiatique varie : sensationnelle aux États-Unis, plus discrète en France, alignée sur des critiques de silence relatif.

Ces fichiers ne prouvent pas de nouveaux crimes pour la plupart des noms, mais ils ravivent des questions sur la justice et les réseaux d’élite. Pour explorer, consultez le site du DOJ ou des plateformes comme jmail.world. L’affaire Epstein nous rappelle que derrière les façades polies du pouvoir se cachent des ténèbres persistantes, appelant à une vigilance accrue contre l’hypocrisie des élites.

https://multipol360.com/laffaire-epstein-un-tremblement-de-terre-revelant-les-tenebres-des-elites-politiques-et-financieres/ 


L’affaire Epstein : une dimension géopolitique de pédo-criminalité et de chantage mondial 

L’affaire Jeffrey Epstein, bien plus qu’un scandale isolé, est une fenêtre ouverte sur un système mondial de pédo-criminalité, de chantage et de corruption au plus haut niveau. Depuis des décennies, cette affaire a révélé des connexions troublantes entre des figures politiques, des dirigeants d’entreprise et des réseaux criminels, soulignant comment le pouvoir peut être manipulé à travers des actes abominables. Aujourd’hui, alors que de nouvelles révélations émergent, il est impératif de dresser un bilan critique et sans concession de cette tragédie humaine et de ses implications géopolitiques.

Un historique effroyable

Jeffrey Epstein, financier et pédophile avéré, a été impliqué dans l’exploitation sexuelle de plus de 250 jeunes filles mineures dans ses résidences de New York et de Floride, entre autres. Ses agissements, documentés par des témoignages et des enquêtes judiciaires, ont commencé à être révélés au grand public dans les années 2000. En 1996, Maria Farmer a signalé une agression sexuelle présumée par Epstein et Ghislaine Maxwell aux autorités locales et fédérales. En 2005, une femme a contacté la police de Palm Beach, affirmant que sa fille de 14 ans avait été payée 300 dollars après avoir été déshabillée et massée dans la mansion d’Epstein. Ces témoignages, bien que partiels, ont commencé à dresser le portrait d’un réseau bien organisé.

Epstein a été arrêté en 2019, mais sa mort en détention, officiellement classée comme un suicide, a suscité de nombreuses suspicions. L’autopsie a révélé une fracture de l’os hyoïde, souvent associée à des strangulations, alimentant les théories de meurtre.

Kash Patel, directeur du FBI
Kash Patel Directeur du FBI

Depuis, l’affaire a continué à se dérouler, avec des révélations explosives en 2025 sous l’impulsion de l’attorney general Pamela Bondi et du directeur du FBI, Kash Patel.

Le chantage comme arme de pouvoir

L’un des aspects les plus troublants de l’affaire Epstein est l’utilisation systématique du chantage. Selon des documents déclassifiés et des témoignages, Epstein et ses complices auraient filmé des activités sexuelles impliquant des mineurs avec des personnalités influentes, créant ainsi un arsenal de kompromat. Ces enregistrements, stockés dans des coffres-forts et sur des disques compacts, servaient à manipuler et à contrôler des décideurs politiques, des chefs d’entreprise et même des chefs d’État. L’objectif ? Assurer leur silence, influencer leurs décisions ou les forcer à agir contre leurs intérêts nationaux.

Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Comme le souligne le site swprs.org, la pédo-criminalité a souvent une dimension géopolitique, impliquant des services de renseignement et des réseaux de pouvoir. En Italie, par exemple, le service secret militaire SIFAR, agissant pour le compte de la CIA, a compilé des dossiers sur des comportements « irréguliers » pour contrôler l’élite politique pendant des décennies. Aux États-Unis, des affaires comme le scandale Franklin des années 1980 ont révélé des réseaux pédocriminels liés à Washington et à la CIA, avec des enfants enlevés ou provenant de foyers pour alimenter ces réseaux.

Les révélations de 2025 : un pas en avant ou une nouvelle couverture ?

En février 2025, Pamela Bondi, en collaboration avec le FBI, a demandé la déclassification et la publication de documents liés à Epstein. Initialement, seulement 200 pages ont été transmises, avant qu’il ne soit révélé que des milliers d’autres pages étaient retenues. James Dennehy, ancien assistant directeur du bureau de New York, a été contraint de prendre sa retraite, accusé d’avoir bloqué la diffusion de ces documents. Sa fille, travaillant avec lui sur l’affaire Epstein-Maxwell, soulève des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts.

Kash Patel, nouveau directeur du FBI, a été chargé d’enquêter sur ces non-divulgations, tandis que l’administration Trump a exercé une pression accrue pour la transparence. Cependant, ces avancées doivent être considérées avec scepticisme. La promesse de publier les documents restants après examen et rédaction pour protéger les identités des victimes soulève des doutes sur l’intégralité des révélations. Qui décide de ce qui est « sensible » ? Et si ces rédactions ne servent qu’à protéger les coupables plutôt que les victimes ?

Un camion entier de dossiers explosifs a atterri chez Kash Patel, révélant des milliers de pages cachées pendant des années par le bureau du FBI de New York. Le départ forcé de James Dennehy, accusé d’avoir bloqué ces révélations, a suscité des spéculations sur l’ampleur du scandale. Ces documents, contenant des noms qui dérangent, font trembler ce que l’on appelle le « Deep State », cet ensemble d’élites et de structures de pouvoir opérant dans l’ombre. Et si la vérité était plus grosse qu’on ne l’imagine ?


Connexions avec des figures de pouvoir

L’affaire Epstein s’entrelace avec d’autres scandales, révélant un réseau de corruption et de chantage à l’échelle mondiale. John McCain, par exemple, a été impliqué dans des affaires de trafic d’armes et de blanchiment d’argent, selon Ron Unz dans son article « American Pravda: John McCain, Jeffrey Epstein, and Pizzagate ». McCain, décrit comme un pion du Deep State, aurait bénéficié de protections similaires à celles accordées à Epstein, soulignant comment ces réseaux protègent leurs membres.

Bill Clinton, quant à lui, a été lié à Epstein à travers le « Lolita Express », l’avion privé utilisé pour transporter des personnalités vers l’île privée d’Epstein, Little St. James. Selon reseauinternational.net, Clinton a effectué plus de 26 voyages sur cet avion, souvent accompagné de jeunes filles. Ces connexions soulignent comment des figures politiques de premier plan ont été compromises, potentiellement soumises à un chantage.

De plus, des liens entre Epstein, Bill Gates, Anthony Fauci et George Soros ont été évoqués, bien que souvent démentis par les médias mainstream. Ces allégations, explorées dans cet article, suggèrent une censure systématique des informations compromettantes, protégeant ainsi des élites impliquées dans des scandales de pédophilie et de corruption.

Le rôle du FBI et des services de renseignement

Epstein n’était pas seulement un criminel isolé ; il était également une source du FBI, comme le révèle Réseau International. Ses connexions avec des services de renseignement, notamment le Mossad, lui ont permis de bénéficier d’une impunité relative. Ghislaine Maxwell, sa complice, a déclaré dans une interview qu’elle craignait pour sa vie, affirmant que « ils vont me tuer, tout comme ils ont tué Epstein ». Ces déclarations soulignent l’existence d’un réseau protégeant ces criminels, même au prix de leur élimination physique.

Critique d’un fléau innomable

Face à ce fléau, une critique sans concession s’impose. La pédo-criminalité n’est pas seulement un crime contre des individus ; c’est une arme de destruction massive contre les fondements mêmes de la société. Elle corrompt les institutions, dévoie les décisions politiques et prive les citoyens de leur droit à la justice. Comment des dirigeants, censés protéger les plus vulnérables, peuvent-ils être complices ou manipulés par de tels actes ? La réponse réside dans un système où le pouvoir absolu corrompt absolument, et où le chantage devient un outil de gouvernance.

Il est temps de poser des questions fondamentales : pourquoi ces réseaux persistent-ils ? Pourquoi les enquêtes sont-elles sabotées, les témoins tués et les documents cachés ? La réponse est claire : parce que ceux qui bénéficient de ce système ont trop à perdre. Pourtant, l’indignation publique grandit, et des figures comme Bondi et Patel, bien que confrontées à des obstacles considérables, incarnent un espoir fragile de transparence.

Vers une solution ?

La lutte contre ce fléau nécessite une action décisive et internationale. Les gouvernements doivent prioriser la protection des victimes plutôt que celle des coupables. Les médias doivent continuer à investiguer, malgré les risques. Et les citoyens doivent exiger des comptes, refusant de se laisser apaiser par des demi-mesures ou des promesses creuses.

L’affaire Epstein est un rappel cruel que le pouvoir, lorsqu’il est corrompu, peut devenir monstrueux. Elle nous oblige à regarder en face les ténèbres qui habitent notre monde et à agir pour les éclairer. Car si nous fermons les yeux, nous devenons complices. Et cela, nous ne pouvons nous le permettre !

 


L'affaire Epstein illustre le manque de méthode dont font preuve nos contemporains dès lors qu'il s'agit d'analyser les phénomènes sociaux. 

Ajoutons à cela les intérêts politiques ou économiques, et le sérieux laisse place aux querelles de chapelle.. Une analyse à contre-courant du complotisme.

Je vous préviens, je ne serai ni un « Rudy Reichstadt » obnubilé par les « conspis », ni une « Josiane de Facebook » qui empile les hypothèses sans méthode. Je vais plutôt étudier ce qu’on nomme le « complot » dans un cadre praxéologique, c’est-à-dire en repartant de la science de l’action humaine et de la nature de l’État. Le problème de Josiane, c’est qu’elle pratique mal le complotisme. Bien sûr, elle peut tomber juste (et on dira que « les complotistes avaient encore raison »), mais sa démarche manque de rigueur. J’apprécie néanmoins sa volonté de ne pas s’en remettre aveuglément au narratif officiel. 

 De l’autre côté, Rudy et ceux qui suivent sa ligne se vautrent dans une facilité déconcertante. Il faut dire que notre homme est financé à moitié par le système étatique. En 2023, l’intéressé a déclaré devant la commission d’enquête sénatoriale sur le fonds Marianne que le budget annuel de Conspiracy Watch était d’environ 203 000 €, dont près de 50 % provenaient de subventions publiques (incluant des financements directs ou indirects de l’État). Bien difficile d’accorder un grand crédit à Conspiracy Watch dans ces conditions. Ou du moins, la prudence sera de mise.

 J'ai vu passer des essayistes et/ou éditorialistes politiques de droite tenant des positions proches des anti-conspis, comme Julien Rochedy ou Nicolas Faure. Comme s’il n’y avait pas « grand-chose à dire » sur l’affaire, ou comme si les complotistes étaient trop soumis à leurs pentes affectives. Pourquoi cela ? Et eux-mêmes alors ? Je vois surtout beaucoup de gens très sûrs d’eux... 

On me dira que je risque de tomber dans le même piège en présentant mon approche. Sauf que la démarche que je vous propose n’a pas grand-chose à voir avec de la politique partisane ou des opinions, vous allez voir. On va se donner la peine d’étudier le sujet du complot correctement, en refusant de se vautrer dans une position dogmatique. 

Non seulement les éléments empiriques devraient nous pousser à faire nos propres recherches (plutôt que balancer ce terme de « populo-conspis » haha), mais en plus je vais vous démontrer que le complot est une composante logique de l'étatisme, dans lequel Epstein baignait allègrement. Qu'il s'agisse de théorie générale ou d'empirisme, il y a bien des choses à dire.


Petit élément de contexte historique et sémantique avant d'aller sur le théorique. Je vous invite toujours à interroger les mots que vous voyez souvent passer au sein des sphères politiques. En l’occurrence, le mot « complotisme » (ou conspirationnisme, mais qu’importe) ne vient pas de nulle part. La CIA l’a délibérément propulsé comme outil rhétorique pour discréditer les doutes sur la version officielle de l’assassinat de JFK. C’est donc un terme très chargé politiquement, utilisé comme instrument de gestion de la perception publique. 


 Il permet de délégitimer nos questionnements sans les réfuter proprement, ou en oblitérant des pans entiers du réel. Toute critique (même les plus sérieuses) des narratifs officiels peut ainsi être taxée de paranoïaque. Sur l’affaire Epstein, nous avons pourtant de quoi dire et il ne serait pas délirant qu’on en découvre bien plus. Mais au risque de vous décevoir, je n’irai pas sur le terrain des e-mails ni d’autres éléments du genre. Je vais plutôt vous parler du complot politique en l’étudiant sous l’angle de la praxéologie, pour en déduire un certain nombre d’incitations structurelles. Allons-y pas à pas. 

 
Je m’appuie donc sur la praxéologie, méthode développée par Ludwig von Mises dans son ouvrage « L’action humaine » (1949). Il y présente une véritable science de l'action humaine par le biais d'une démarche axiomatique et déductive. C’est exactement comme en géométrie, où l'on va partir d’axiomes certains pour en déduire des théorèmes. 

Voilà donc le point de départ : tout individu agit dans le but de substituer un état de choses qu’il juge insatisfaisant par un autre qu’il estime meilleur (c'est la définition de l'action de Mises). Pourquoi ce postulat est-il irréfutable ? Parce que nier l’action revient à agir (parler, écrire, etc), révélant l’axiome par l’usage volontaire de l'esprit et du corps qui l'accompagne. Je propose d’appliquer cela au complotisme politique. 

 
Pourquoi par ailleurs préciser le terme « meilleur » dans la définition de l'action humaine ? Parce que sans cela, l’individu n’agirait tout simplement pas. L’action est par définition orientée vers l'amélioration subjective. L’agent agissant perçoit une insatisfaction, imagine un état futur qu’il juge plus désirable et croit que son comportement intentionnel pourra l’atteindre. Sans cette attente d’amélioration, il n’y aurait aucune action intentionnelle. L’individu resterait inactif ou se limiterait à des réflexes inconscients. 

Les politiciens ne font pas exception à l'axiome de l'action humaine. Comme tout le monde, ils agissent en visant des fins subjectives dans une structure donnée (l’État et/ou ses antennes). Leur « meilleur » correspond donc à ce qu’ils jugent personnellement plus avantageux dans ce contexte. Ce « meilleur » subjectif est en fait le moteur universel de l’action humaine. Et vous allez voir qu’il permet de déduire des incitations quasi inévitables dans un système d'État, sans besoin d’hypothèses ou de corrélations trop gratuites. 

 
Maintenant que l’action humaine est bien posée, passons à l’État (la structure d’action du politique). L’État incarne le monopole de la violence légale sur un territoire donné. Il est juge ultime de tous les conflits qui s’y déroulent. L’État monopolise ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. La praxéologie nous permet alors d’analyser l’État comme le fruit d’actions humaines coordonnées dans un but de préservation de la domination exercée. En clair, les individus en poste de Pouvoir agissent pour maintenir le monopole qui leur procure tant de bénéfices (rentes, prestige, impunité, etc). 

Or, tout acteur une fois ses avantages acquis les défendra activement tant qu’aucune opportunité supérieure ne se présente (l’action humaine le suppose). Dans le champ politique, cela se traduira par une défense quasi systématique des intérêts de classe des acteurs concernés. C’est pourquoi tout politicien est un conservateur, incité à préserver ses privilèges au détriment de la population (car tout avantage politique naît de l’agression : conquête, taxation, etc). Pas besoin d’hypothèses farfelues pour le découvrir, c’est une conséquence logique de l’action humaine dans le cadre monopolistique qu’est celui de l’État. 

 
De ce monopole étatique découle logiquement des asymétries d’information particulières. Pourquoi ? Parce que les agents de l’État ont accès à des ressources (archives, données fiscales, renseignements sur untel, etc) inaccessibles aux individus, par le biais de la structure même au sein de laquelle ils agissent (ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les acteurs politiques ont accès aux mêmes informations ou disposent des mêmes marges de manœuvre). Attention cela dit, l'asymétrie d’information n’est pas le problème par nature. Chacun sait des choses que les autres ignorent, État ou pas. Le problème surgit quand l'asymétrie sert directement les intérêts du Pouvoir. 

À ce titre, les acteurs étatiques savent que révéler certaines informations ou partager certaines idées les exposerait inutilement. Contrôler le narratif et agir en partie dans l'ombre devient donc un moyen essentiel pour préserver leurs avantages. À ce stade, nous pouvons redéfinir le complot dans le champ politique à travers la praxéologie. Le complot correspond à l’usage de moyens par des personnes ayant pour but de jouir de leurs privilèges voire de les accroître, avec pour particularité le recours à la dissimulation quand la transparence des moyens diminuerait l'utilité escomptée des acteurs impliqués. Le complot est donc une catégorie de l’action humaine dans le cadre politique, déduite logiquement de la nature monopolistique de l’État. 

 
Il est très important de préciser que le complot est une catégorie de l'action politique avant toute chose. Non qu'il soit impossible de voir s'établir des complots de marché, mais disons que la nature de ce dernier les rend tout de suite très coûteux. Sur le marché libre, toute tentative de complot deviendrait auto-destructrice à terme. Les cartels y sont instables car ils ne peuvent durer sans coercition étatique qui empêche l’entrée de nouveaux acteurs, distribue des privilèges légaux ou évite des faillites économiques. 

Cacher certains moyens (par exemple un accord secret pour limiter la production) nécessiterait des ressources privées (espions, pots-de-vin, etc), mais sans monopole pour se couvrir indéfiniment. Toute fuite peut donc détruire l’utilité escomptée. La transparence devient un avantage compétitif à part entière sur le marché. Le complot suppose au contraire un cadre où les acteurs peuvent imposer durablement des coordinations secrètes sans craindre le poids du marché. C'est une une excroissance étatique reposant sur l'inversion des incitations, et rendant l’opacité rentable pour les acteurs dominants. 

 
Les moyens utilisés par les hommes de l'État sont divers, alors que la fin est toujours la même. Tout acteur politique cherche à substituer un état de choses peu satisfaisant par un état jugé meilleur dans le cadre de l'État. Que cela signifie-t-il dans ce contexte ? Accroître ses privilèges. Le Pouvoir (et donc sa jouissance) est la fin du politique. À chaque fois, le choix se fait par calcul subjectif. L'idée est toujours de maximiser l’utilité escomptée tout en minimisant ses risques personnels. 

 C’est ainsi que les élites privées et publiques forment des cartels de fait, entre alliances temporaires et batailles internes pour le contrôle. Sachant que l'étatisme ne suppose pas une seule grande alliance mondiale car il n'est pas une force homogène. Les individus ont des fins politiques parfois convergentes, parfois divergentes (et qu'importe d'ailleurs, car la lutte joue toujours pour eux). 

 Les moyens employés découlent de la nature de l’État, et vont au-delà. Pensez aussi aux multiples outils technologiques, aux opportunités de capture (législation, subventions, etc), à certains procédés tordus (chantage, corruption, pressions, etc) et bien sûr au fait que l'État se finance quasiment à l'infini via la fiscalité et l'inflation. Bref, de nombreux moyens qui rendent le complot possible et rentable. 

 
Il me semble important de préciser que le complot politique peut être très prosaïque. Un simple échange entre deux personnes pour étouffer une information gênante peut rentrer dedans, tout comme un arrangement pour protéger un réseau d’intérêts communs. Le complot peut donc se produire à des échelons très petits. Il suffit d'acteurs en position de Pouvoir, et qui face à un risque partagé choisissent de ne pas tout dire parce que la vérité leur coûterait plus cher que l'action discrète. J'irais même plus loin : le complot est omniprésent dans un système d'État. 

 Les affaires mondiales font beaucoup parler, mais en dessous se trouve sans doute un océan de petits arrangements quotidiens dont vous ignorez tout. Tant qu'un système politique incite à dissimuler, le complot restera inévitable. Ultime précision pour terminer ce fil, le complot n'est ni moins ni plus légitime que l’action politique ordinaire : il suppose juste la dissimulation. Un lobby qui finance ouvertement des campagnes ne complote pas, mais participe au système dominant et repose dessus. Illégitime. L'échange secret dont je parlais plus haut pour étouffer une information gênante relève du complot. Illégitime aussi, car il pérennise la position de Pouvoir des acteurs impliqués. 

 
Voyez qu’à aucun moment je ne dis « cela existe » ou « cela n’existe pas ». Je dis simplement pourquoi les complots sont probables et rationnels dans un système d'État. Ramené à l’affaire Epstein, tout cela s’applique sans restriction. Ensuite, reste à faire un travail d’assemblage de preuves et de corrélations solides pour venir illustrer notre théorème du complot sous l'angle praxéologique (ce qui nécessite encore une fois... de la méthode !). 

Dans l’affaire qui nous occupe, il semble que nous ayons désormais accès à de nombreux emails rendus publics et à une multitude de témoignages. Honnêtement, je n’ai pas effectué de travail de recherches ni de vérification ultra-rigoureux. Mon angle reste purement méthodologique. Je laisse aux journalistes et aux enquêteurs sérieux le soin de creuser. Attention où vous mettez les pieds, c’est déjà un vrai champ de mines. 

Arthur Homines 

https://x.com/arthurhomines/status/2018400532789088765


Epstein et Montesquieu.
 
Les sociétés sont toujours un savant mélange de ce que la condition humaine produit de meilleur et de pire.
Bien entendu, du point de vue du simple citoyen, il demeure préférable de vivre dans des démocraties libérales que sous des régimes autoritaires, dictatoriaux ou totalitaires, religieux ou non. Cette supériorité normative ne prémunit cependant pas ces régimes contre leurs propres zones d’ombre.
 
Chaque affaire révélée agit ainsi comme un révélateur : elle fait remonter à la surface un trait constitutif de la nature d’une société ou d’un régime, au-delà de ses récits officiels, de ses apparences et de ses mises en scène démocratiques.
 
L’affaire Epstein relève de cette logique de dévoilement. Elle constitue une véritable remontée d’égouts de l’oligarchie financière américaine et de ses relais internationaux, y compris européens et français.
Ce vaste scandale criminel, financier, sexuel et politico-médiatique, marqué par une complaisance initiale du système judiciaire américain, met au jour l’ampleur d’une oligarchie profonde à l’ère du néolibéralisme. Il révèle un espace de pouvoir largement affranchi des clivages politiques traditionnels.
À ce niveau, il n’est plus pertinent de raisonner en termes de républicains ou de démocrates, de gauche ou de droite, de financiers ou d’intellectuels. Ce qui apparaît, ce sont des logiques prédatrices et un système de domination qui se maintient en se dissimulant derrière les routines institutionnelles et les spectacles démocratiques.
 La spécificité des démocraties libérales tient néanmoins au fait que ces scandales peuvent émerger relativement rapidement et de manière ample, même si leurs effets sur les acteurs impliqués demeurent variables et souvent limités.
Enfin, la manière dont les sociétés, les autorités et les individus réagissent — ou s’abstiennent de réagir — là bas et ici, face à ces révélations constitue en elle-même un indicateur précieux de l’état réel du régime et de sa capacité à se confronter à la réalité de ses principes.
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
 
Montesquieu
De l’esprit des lois( Livre XI, chapitre 4) 

Stéphane Rozès



Jeffrey Epstein et la spéculation sur le Rouble russe en 2014 : un email révélateur

En février 2026, un post sur X (anciennement Twitter) a remis en lumière un document intrigant datant de mars 2014 : un email envoyé par Jeffrey Epstein à un contact chez Deutsche Bank, proposant une opération financière visant à parier sur la dépréciation du rouble russe face au dollar américain. Ce message, partagé sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, juste avant l’annexion de la Crimée par la Russie. L’email suggère une spéculation sur une option binaire, avec un investissement de 255.000 dollars pour un gain potentiel d’un million si le rouble s’affaiblissait. Ce document, marqué comme confidentiel et potentiellement protégé par le secret avocat-client, soulève des questions sur les liens d’Epstein avec les milieux financiers internationaux et sur d’éventuelles informations privilégiées. Cet article explore le contenu de l’email, le contexte historique et les implications plus larges, en s’appuyant sur des recherches récentes.

Le contenu de l’email et l’opération proposée

L’email, daté du 13 mars 2014 et envoyé depuis l’adresse jeevacation@gmail.com, est adressé à Tazia Smith, directrice des partenariats clients clés chez Deutsche Bank Securities à New York. Sous le sujet « ruble short – lets play » (littéralement « short sur le rouble – jouons »), Epstein propose une option binaire européenne sur la paire USD/RUB (dollar américain contre rouble russe). Les détails techniques incluent :

  • Une option call binaire à 3 % OTM (out-of-the-money), coûtant 25,4 % du payout.
  • Strike : 37,55 USD/RUB.
  • Payout : 1 000 000 USD si le taux USD/RUB dépasse 37,55 à l’expiration.
  • Premium : 255 000 USD.
  • Expiration : 11 avril 2014, avec règlement le 14 avril 2014.

Epstein compare cela à des options vanilla (standard) pour illustrer l’avantage d’une payout plus « propre » en cas de dépréciation du rouble de 3 %. Il note que le rouble s’est déjà affaibli, rendant l’opération attractive. Le document porte la référence EFTA00870605, suggérant qu’il provient d’archives judiciaires ou de fuites liées aux affaires d’Epstein.

Ce type d’option binaire, où le gain est tout ou rien selon que le seuil est atteint, est souvent utilisé pour des paris spéculatifs sur des devises volatiles. En 2014, le rouble était effectivement sous pression en raison des tensions en Ukraine, et le taux USD/RUB a grimpé au-delà de 37,55 peu après, potentiellement rendant l’opération rentable pour Epstein.

Le contexte géopolitique : Maïdan, Crimée et chute du Rouble

Mars 2014 marque un tournant dans la crise ukrainienne. La révolution de couleur de l’Euromaïdan, débuté fin 2013, a conduit à la chute du président pro-russe Viktor Yanoukovytch en février 2014. Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu les manifestants, avec des figures comme Victoria Nuland (sous-secrétaire d’État américaine) impliquées dans les discussions sur le futur gouvernement ukrainien. Le post X original lie cela à un « coup d’État orchestré par le réseau Soros », et soutenu par de nombreux critiques de l’ingérence occidentale.

La Russie a réagi en annexant la Crimée le 18 mars 2014, après un référendum le 16 mars. Cette escalade a entraîné des sanctions internationales et une chute du rouble : le taux USD/RUB est passé d’environ 36 en mars à plus de 50 fin 2014, exacerbée par la baisse des prix du pétrole. Epstein, en pariant sur une dépréciation à court terme, semblait anticiper ces événements.

Des publications sur X suggèrent même qu’il aurait pu bénéficier d’informations d’initiés, à ce jour pas encore suffisamment prouvé.

Des recherches montrent que des analystes de Deutsche Bank exploraient à l’époque des scénarios pour affaiblir l’économie russe via une chute des prix du pétrole,

ce qui s’aligne avec la volatilité du rouble. Epstein, connu pour ses connexions avec des élites mondiales, y compris russes, pourrait avoir exploité ces dynamiques.

Les liens d’Epstein avec Deutsche Bank : un scandale financier

Deutsche Bank a entretenu une relation avec Epstein de 2013 à 2018, malgré sa condamnation en 2008 pour sollicitation de prostitution mineure et son statut de délinquant sexuel enregistré. La banque a ignoré de nombreux signaux d’alarme, motivée par les revenus potentiels estimés à 2-4 millions de dollars par an. En 2020, le Département des Services Financiers de New York (DFS) a infligé une amende de 150 millions de dollars à Deutsche Bank pour des manquements en matière de conformité anti-blanchiment, y compris le traitement de transactions suspectes d’Epstein, comme des frais de scolarité et des retraits en espèces massifs.

Parmi ces transactions, des virements via le « Butterfly Trust » (un trust lié à Epstein) incluaient des paiements à des femmes d’origine est-européenne et à des co-conspirateurs présumés. En 2023, Deutsche Bank a réglé un procès pour 75 millions de dollars, accusée d’avoir facilité le trafic sexuel d’Epstein en ignorant les risques. Des emails internes montrent que la banque a priorisé les profits sur la due diligence, malgré des avertissements sur la réputation.

Epstein avait transféré ses comptes de JPMorgan Chase à Deutsche Bank en 2013, via un gestionnaire de relations qui vantait les opportunités lucratives. Des documents des « Epstein Files » révèlent d’autres échanges où il mentionne que « Deutsche Bank devient intéressante bientôt », indiquant un intérêt croissant pour la banque dans un contexte russe.

Implications et théories controversées

La publication originale accuse le « réseau Rothschild » de spéculer sur le rouble, liant cela à Soros et à une orchestration du conflit ukrainien pour des profits. Bien que ces allégations soient controversées et souvent qualifiées d’antisémites, elles s’appuient sur des faits vérifiables : des spéculateurs ont profité de la crise, et des entités comme BlackRock ont investi en Ukraine post-conflit. Cependant, aucune preuve directe n’associe Epstein à un complot plus large impliquant Soros ou Rothschild, bien que ses connexions élitistes (y compris avec des figures russes) alimentent les spéculations.

Des publications sur X évoquent qu’Epstein a perdu 167.000 dollars sur ce pari, avant de s’intéresser au rouble comme monnaie de réserve potentielle – une ironie soulignée par des partisans de la Russie. 

Cet email de 2014 illustre comment Epstein, au cœur de scandales sexuels et financiers, exploitait les crises géopolitiques pour des gains personnels, avec la complicité tacite de banques comme Deutsche Bank. Alors que la Russie et l’Occident restent en conflit, ces révélations rappellent les intersections entre finance, politique et pouvoir. Bien que l’authenticité du document semble confirmée par son inclusion dans des archives judiciaires, il invite à une vigilance accrue sur les spéculations en temps de guerre. Des enquêtes supplémentaires pourraient révéler plus sur les sources d’information d’Epstein, mais pour l’instant, cela reste un chapitre sombre de l’histoire financière récente.

https://multipol360.com/jeffrey-epstein-et-la-speculation-sur-le-rouble-russe-en-2014-un-email-revelateur/

 

février 11, 2023

RP#3 - Février 2023 - Thématique: Libéralisme/Anti-libéralisme

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 Le libéralisme est un système dans lequel s'épanouit celui qui utilise sa raison, qui fournit des efforts, qui échange ou s'associe librement avec les autres, notamment pour désigner un gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire respecter les droits individuels. Dans ce système, le transfert de biens d'un individu à un autre ne se fait pas par décret, redistribution, expropriation, vol, pillage ou faveur du prince, mais par l'échange volontaire.

Dans tous les autres systèmes, un pouvoir central domine peu ou prou l'individu, et exerce sur lui diverses spoliations.
Le libéralisme, contrairement à tous les autres régimes, n'admet pas la seule inégalité qui soit vraiment injuste : l'inégalité devant la loi : ce sont des libéraux qui ont éliminé l'esclavage, les castes, les titres nobiliaires, les privilèges. En revanche il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat. Mais n'est-il pas profondément injuste de récompenser de la même façon le paresseux et celui qui se donne du mal ? Celui qui fait n'importe quoi et celui qui réfléchit ? C'est parce qu'il existe cette récompense à la raison et à l'effort que les sociétés qui appliquent la morale libérale ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, comme elles ont été les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines.

 Jacques de Guénin (RIP)



 

SOMMAIRE:

A - Le libéralisme, ce grand incompris ! - Stéphanie Heng et Alban de la Soudière - La Tribune

B - L'homo-œconomicus est-il le seul avenir de l'homme ?

Qu'est-ce que le néolibéralisme et pourquoi est-ce terminé ?

E - Nonobstant ici sur ce blog la page Libéralisme



A - Le libéralisme, ce grand incompris !

Avant de devenir « néo » ou « ultra » et de générer beaucoup de fantasmes souvent injustifiés, le libéralisme était un courant de pensée basé principalement sur la promotion des libertés individuelles, tant dans le domaine économique que sociétal.

Aux Etats-Unis, où pratiquement personne, et surtout pas les deux grands partis, ne remet en cause l'économie de marché et ses fondements « capitalistes », être libéral est plutôt perçu comme à la gauche du spectre politique. En Angleterre, c'est au centre-droit mais nettement à gauche du parti « conservateur ». En Europe continentale, c'est clairement à droite, mais tout aussi clairement dans une frange de la droite qui se distingue fortement de l'autre frange « conservatrice ». L'énorme différence de perception entre les deux rives de l'Atlantique est liée à l'historique des gauches européennes, très marquées par le marxisme et l'anti-capitalisme même si les partis de gouvernement de tradition « social-démocrate », « socialiste » ou encore « travailliste » se sont adaptés depuis longtemps au concept d'économie de marché régulée.

Où réguler et où moins réguler : là est la question !

Le libéralisme classique repose beaucoup sur l'idée de marchés ouverts et d'un gouvernement limité. A l'origine, l'idée de gouvernement « limité » incluait non seulement un faible interventionnisme dans l'économie mais aussi une philosophie de dignité et d'épanouissement individuel à vocation universelle, y compris pour les groupes identitaires opprimés en tous genres.

Plus généralement, les libéraux apprécient la diversité sous toutes ses formes. Ils savent comment en faire une force. Ils savent comment traiter équitablement de tout, de l'éducation à la planification et à la politique étrangère, dans le but de libérer les énergies créatrices des gens.

La séparation des pouvoirs théorisée par Montesquieu est essentielle à leurs yeux, afin que personne ni aucun groupe ne puisse exercer un contrôle durable.

Un autre point essentiel est l'égalité des chances entre les entreprises, les groupes d'individus et les individus eux-mêmes. Cela doit se traduire, en particulier, en encourageant la concurrence sur des bases équitables, et en rendant l'éducation très largement accessible. Un des plus grands défis associé à ces principes est la fiscalité, qui doit trouver les bons compromis.

Libéralisme versus populisme

Cette diversité amène les libéraux à faire l'objet d'attaques de tous bords, en particulier des populistes blancs, bruns, rouges ou même verts, qui voudraient beaucoup plus de régulation chacun dans leur domaine, domaines bien évidemment peu compatibles entre eux.

Le libéralisme reste un milieu plutôt « juste » entre leurs très diverses positions, et le siècle dernier a amplement prouvé que les alternatives étaient des désastres horribles dans le domaine sociétal, tout en n'ayant que très rarement une efficacité économique source de progrès. Inutile d'insister sur l'URSS, l'Allemagne nazie ou la Corée du Nord. Les nuances positives qu'on doit reconnaître dans le domaine économique dans les cas du Chili de Pinochet et de la Chine depuis Deng Xiao Ping ne peuvent absolument pas compenser les graves atteintes aux libertés individuelles de ces régimes anti-libéraux.

Il faut aussi se méfier d'autres atteintes aux libertés, qui s'abritent derrière de nobles causes apparentes, de l'écologie à l'anti-colonialisme en passant par l'anti-racisme ou l'intersectionnalité (le front uni des « victimes ») et la « cancel culture » (une forme de négation ou de ré-écriture de l'histoire): ces idées, parfois belles à l'origine, dérivent trop souvent vers des tentations autoritaires, qu'on serait très inquiet de voir s'approcher des rênes du pouvoir.

Le libéralisme reste aujourd'hui le meilleur moteur d'un progrès équitable tant économique que social.

Le libéralisme en période de crise

Comme nous le montre la pandémie depuis des mois, les crises et les situations d'urgence mettent les systèmes libéraux en difficulté car ils les forcent à restreindre les libertés contre leurs habitudes, au contraire des régimes structurellement moins libéraux, où c'est monnaie courante, crise ou non.

Dans une interview publiée par Public Sénat le 11 juillet 2020, la philosophe française Monique Canto-Sperber analyse la crise sanitaire (covid-19) : "Dans une période de crise comme celle que nous traversons, tout le monde regarde vers l'État. La délibération, les contre-pouvoirs et les autorités indépendantes, trois notions centrales dans la pensée libérale, ne sont opérationnelles que dans la lenteur, la diversité et la consultation. Or, en temps de pandémie, ces exigences volent en éclat", rappelle-t-elle. Selon elle, par conséquent, en général "le libéralisme sort traumatisé de périodes comme celle-là." Elle montre pourtant que le libéralisme "sort renforcé de cette séquence" : "les pays qui ont le mieux réagi à l'épidémie sont des pays dans lesquels la consultation n'a jamais été interrompue, dans lesquels le parlement a toujours siégé et où on a pu entendre les avis contraires, en particulier les avis du bord politique opposé."

 Par Stéphanie Heng, politologue franco-belge et experte en communication et Alban de la Soudière, polytechnicien et fonctionnaire international 

Source: La Tribune



B - L'homo-œconomicus est-il le seul avenir de l'homme ?

 Le concept de « fin de l'Histoire » est un héritage de la philosophie allemande qui a connu un regain d'intérêt au début des années 90, lors de l'effondrement du régime soviétique, grâce à la publication du désormais célèbre ouvrage de Francis Fukuyama qui annonçait une telle fin de l'Histoire, c'est-à-dire le fait d'avoir atteint un modèle politique et économique indépassable : la démocratie libérale. Sauf que le choc des civilisations, théorisé à la même époque par Samuel Huntington et inscrit dans les faits depuis, est venu bousculer les certitudes des Occidentaux, de même que la résurgence des modèles politiques illibéraux, tel celui de Viktor Orbán au cœur de l'Europe, qui semble mieux résister à la violence des chocs civilisationnels que le nôtre, et surtout l'incroyable essor des modèles capitalistes autoritaires, comme en Chine, qui est le véritable gagnant de la mondialisation. Trente ans après, l'Occident est déclassé, l'hyperpuissance américaine n'est qu'un lointain souvenir, l'Europe est au bord de la désintégration, quoi qu'en disent ses thuriféraires, et la France des métropoles ressemble à s'y méprendre à un pays du tiers-monde. Donc, pour répondre à votre question, non, ce n'est pas la fin de l'Histoire, non le modèle libéral n'est pas un must indépassable. Mais, dire cela, c'est ne rien dire, car tout le monde s'en était rendu compte. La question qui m'a occupé dans ce livre a été : une fois ce constat d'échec posé, que fait-on ?

La réponse a consisté, dans un premier temps, à opérer une relecture de l'ouvrage de Francis Fukuyama, « La fin de l'Histoire et le dernier Homme ». Pourquoi ? Principalement parce que s'il a été beaucoup critiqué, il a surtout été mal lu ! Disons-le : Fukuyama est absolument brillant, et il a indiqué lui-même qu'il y avait un problème dans son modèle. Ses critiques l'on fait passer pour un néolibéral standard, adepte du capitalisme américain, mais Fukuyama s'inscrit dans la continuité de la philosophie allemande, Kant, Hegel et Nietzsche ; et il est un disciple de Kojève, lequel relit Hegel à travers la dialectique du Maître et de l'Esclave. Qu'est-ce à dire ? Tout d'abord que Fukuyama n'a rien d'un néolib' idéaliste façon « Mozart de la finance », et surtout que le véritable pivot de son argumentaire, et en même temps sa grande faiblesse conceptuelle, ne réside pas dans « la fin de l'Histoire », mais dans « le dernier Homme »… Or, tout le monde est passé à côté ! Interrogeons-nous : à quoi ressemble-t-il, ce « dernier Homme » ? Fukuyama y répond, sans détour : à un bourgeois déraciné, repu, gavé de richesses, qui renonce à la guerre au profit d'une vie toute de consommation. En d'autres termes, il ressemble à un « chien bien nourri ». Le voilà, l'idéal anthropologique des libéraux. Et là, chacun comprendra aisément qu'on a un sérieux problème !

Francis Fukuyama décrivait dans « La Fin de l'histoire et le dernier homme », la contradiction anthropologique du libéralisme : « [Les êtres humains] voudront être des citoyens plutôt que des bourgeois, trouvant la vie d'esclave sans maître – la vie de consommateur rationnelle – en fin de compte lassante. Ils voudront avoir des idéaux au nom de quoi vivre et mourir, même si les plus importants ont été réalisés hic et nunc , et ils voudront aussi risquer leur vie, même si le système international des États a réussi à abolir toute possibilité de guerre ». Cette contradiction a-t-elle été et peut-elle être résolue ?

Vous mettez le doigt sur le sérieux problème, que Hegel, et après lui Marx, nomment « contradiction ». Celle-ci est de nature anthropologique, c'est-à-dire qu'elle concerne l'essence de l'homme. Francis Fukuyama a bien évidemment conscience, au moment où il écrit son ouvrage, que le modèle libéral qu'il défend n'est pas libre de contradictions, car le « dernier Homme » tel qu'il l'envisage ne saurait exister. Quel individu a envie de ressembler aux bourgeois tartuffes illustrés par Daumier, nombrilistes préoccupés uniquement de satisfaire leur bien-être matériel ? L'homo-œconomicus sera empêché de céder à la médiocrité de l'idéal libéral par sa vanité, ou, pour le dire de façon plus philosophique, par son « désir de reconnaissance », ou, pour le dire de façon encore plus philosophique, à la mode platonicienne : par son thymos, et plus particulièrement par sa mégalothymia, sa volonté de puissance.

Posons-nous cette question : pourquoi les sociétés occidentales, au tournant de la Révolution industrielle, renoncent-elles peu à peu au modèle aristocratique de la guerre au profit du modèle bourgeois de l'échange ? Cela a pris plus d'un siècle, et il y a eu des allers-retours (et il y en a encore), mais la dynamique historique est bien celle-là. Pourquoi la production et l'échange plutôt que la guerre et la conquête ? Benjamin Constant y répond ainsi : « La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'arriver au même but : celui de posséder ce que l'on désire ». Pour le dire autrement : La richesse est aussi un synonyme de puissance. L'enrichissement est un autre moyen pour un individu (comme pour un État) d'assouvir sa volonté de puissance, d'asseoir son désir de reconnaissance, de satisfaire son thymos, de se distinguer des autres individus (ou de dominer les autres États).

L'enjeu n'est pas de devenir des illibéraux, mais des post-libéraux, c'est-à-dire de prendre le recul nécessaire pour développer un modèle qui permette d'insérer l'idéal de liberté dans un écrin plus majestueux que celui, en toc, qui nous a été livré par les Lumières anglo-saxonnes
Fukuyama, à la suite d'Alexandre Kojève, a cru que le libéralisme, politique et économique, permettrait de maîtriser, voire d'annihiler, la volonté de puissance des individus comme celle des États, et d'obtenir une société entièrement pacifiée. Le XXIe siècle leur a apporté un cinglant démenti, en consacrant la victoire de Machiavel sur John Locke. Le seul moyen de maîtriser la volonté de puissance, c'est de lui opposer une autre volonté de puissance : thymos contre thymos. Le libéralisme a permis de modifier les formes de la rivalité, entre individus comme entre États, non de mettre un terme à cette rivalité. Tout l'enjeu consiste donc à continuer de faire évoluer les formes de la rivalité mégalothymique afin de nous libérer des contradictions propres au libéralisme, de son incapacité à tenir ses promesses en matière économique et sociale, et de sa propension à détruire la beauté du monde, à brûler la nature et à ruiner les civilisations. En d'autres termes, d'en finir avec le libéralisme…

Le concept de liberté a existé bien avant l'apparition du libéralisme. Il survivra aisément à sa disparition. D'autant que l'enjeu n'est pas de devenir des illibéraux, mais des post-libéraux, c'est-à-dire de prendre le recul nécessaire pour développer un modèle qui permette d'insérer l'idéal de liberté dans un écrin plus majestueux que celui, en toc, qui nous a été livré par les Lumières anglo-saxonnes : l'accroissement indéfini des droits et de la richesse des individus.

La question est : comment faire ? Certains envisagent de revenir à un concept de liberté plus proche de celui qu'avaient les Anciens, dans l'Antiquité grecque notamment. Je préfère penser que nous sommes Modernes et que nous le resterons ! Le grand coup de génie politique des Modernes réside dans la création de cet espace de liberté incroyable qu'est la « société civile ». Nous devons en repenser les formes politiques afin de la protéger et de lui rendre son intégrité, et sa spécificité occidentale, et nationale.

Notons que ce n'est pas l'État, mais la société civile qui est ciblée, autant par l'Islam civilisationnel que par le capitalisme américain ou chinois ; et le libéralisme facilite leur emprise progressive par l'extension indéfinie, et aveugle, de ces libertés dites « fondamentales ». Rappelons qu'avant la multiplication des hidjabs et du halal, la France a connu la multiplication des jeans, basket et des hamburgers. Le libéralisme, y compris sous sa forme socialisée, a-t-il constitué un rempart efficace face à ces softs powers civilisationnels agressifs ? Absolument pas ! Notre société civile, notre lieu de vie en commun, nos mœurs, nos traditions, notre environnement, ont été américanisés hier, ils sont islamisés aujourd'hui, et ils seront sans nul doute sinisés demain. Les responsables politiques, quels qu'ils soient, se paient de mots lorsqu'ils parlent de protéger notre civilisation. La vérité c'est que leurs modèles politiques de référence sont tous, peu ou prou, rattachés à une forme de social-libéralisme, d'une impuissance totale parce qu'entièrement aveugle au fait civilisationnel.

À vrai dire, développer un modèle politique civilisationnel digne de ce nom – c'est-à-dire qui soit autre chose qu'une caricature d'autoritarisme politique allié à un libéralisme économique déguisé – est le seul moyen d'exister face à la Chine et aux États-Unis. Qui peut croire sérieusement que le modèle libéral mondialisé nous permettra de rendre à la France sa puissance et de rivaliser avec la Chine ou les USA ? Qui peut croire qu'une dose de protectionnisme économique nous permettra de sauver notre économie, de revitaliser nos territoires, de redorer notre patrimoine ? C'est une véritable révolution intellectuelle et politique qui est attendue si nous voulons éviter d'être fossilisés.

Nous avons progressé cependant, il convient de le noter, car nous posons désormais collectivement – gauche radicale exceptée – le constat de la menace qui pèse sur notre héritage civilisationnel. Le fait d'avoir renoncé au terme « identité nationale » au profit du terme « civilisation » est une première victoire qui reflète une prise de conscience culturelle salutaire. Mais c'est insuffisant. Car, nous nous soumettons encore, sans l'avouer, à l'éternel modèle économique et politique libéral. En gros, nous moquons publiquement la « fin de l'Histoire » de Fukuyama, nous nous rions ouvertement de la prétendue victoire des démocraties libérales, mais intérieurement, nous y souscrivons pleinement, et nos réflexes intellectuels, politiques, et même électoraux, en témoignent. Nous nous comportons comme si le libéralisme avait réellement gagné. Nous sommes intellectuellement restés bloqués au XXe siècle, prisonniers de concepts tels que : démocratie, croissance, réduction des inégalités, protection des libertés individuelles, Laïcité, Innovation, Défis technologiques, réduction de la dette… Rien de tout cela ne nous permettra de résister face aux géants de demain, car ces concepts relèvent d'un même et unique paradigme : le libéralisme. Or, celui-ci est dans l'impasse. Il n'a pas gagné ! Faut-il le répéter ? Lisez Kishore Mahbubani ! Demain, la Chine gagnera.

Rendre à la beauté la place qui lui est due politiquement aura une conséquence immédiate : faire descendre l'homo-œconomicus libéral de son piédestal, et y faire monter à sa place l'homo-æsthéticus.
L'unique solution consiste à changer de paradigme. Le paradigme civilisationnel n'est pas seulement une bizarrerie d'intellectuel, c'est un moyen de rendre à l'Occident son influx. Cela suppose de transformer notre conception de la puissance. Pour le dire vite : neutraliser les ferments de la conquête comme ceux de la concurrence. Pour y parvenir, il nous faut plonger au cœur du libéralisme, et principalement du libéralisme économique, pour exhumer ce qui pourrait permettre de le dépasser, la fameuse contradiction non résolue, la faiblesse du « dernier Homme ». Kojève nous offre la solution. Il a, en effet, abandonné son idéal du dernier Homme libéral lors d'un voyage au Japon, en 1958, lorsqu'il a découvert les merveilles de la civilisation japonaise et son idéal de beauté, au travers du théâtre Nô, de la cérémonie du thé, de la composition florale…

Elle seule peut le faire, aussi étonnant que puisse paraître cette réponse. La beauté est, dans sa dimension politique, le grand impensé de notre époque. Même Simone Weil, lorsqu'elle égrène la longue liste des besoins de l'âme : ordre, liberté, obéissance, responsabilité, etc., n'en dit pas un mot. Se pourrait-il que l'âme puisse se dispenser de beauté ? Bien évidemment pas, mais la considérer sous sa forme politique est un défi – sauf à l'ancrer dans une conception civilisationnelle du politique.

La beauté occupe dans le paradigme civilisationnel la place de la morale dans le paradigme libéral. Car, en effet, de Jean-Claude Michéa, adepte de la common decency orwellienne, à Amartya Sen, prix Nobel d'économie, la moralisation de l'économie semble être l'unique réponse à notre mal-être libéral. Le hic ? La morale est impuissante à prendre en charge les attentes du thymos, elle est incapable de dompter la mégalothymia visible dans le processus d'accumulation indéfinie de capital.

La beauté peut y parvenir, en revanche. Pourquoi ? Parce qu'elle se trouve au cœur de la mécanique d'acquisition des richesses, au cœur de la mécanique capitaliste. Il faut lire l'ouvrage de Lipovetsky et Serroy, « L'esthétisation du monde », lesquels décrivent cela très bien – sans pour autant en tirer les conséquences qu'on pourrait attendre, de façon étonnante… Pour le dire de façon imagée : ce ne sont pas les vertus des aristocrates qui sidéraient le peuple naguère, mais le faste de leurs vêtements et de leurs palais. C'est aussi la beauté de notre patrimoine, naturel et culturel, qui attire chaque année des millions de touristes. Car la beauté est, comme la richesse, synonyme de puissance. Dans tout ce que nous achetons, nous visons la beauté : nos vêtements, nos meubles, nos voitures, jusqu'à la brosse qui sert à nettoyer nos WC. Tout passe entre les mains des designers, sans lesquels rien n'est aujourd'hui commercialisable.

Rendre à la beauté la place qui lui est due politiquement aura une conséquence immédiate : faire descendre l'homo-œconomicus libéral de son piédestal, et y faire monter à sa place l'homo-æsthéticus. Notons que cet homo-æsthéticus n'est pas une création d'intellectuel. Il a existé très largement en Europe, dans ce qui a été le berceau de la Modernité : l'Italie de la Renaissance. Il revêtait à l'époque le visage de l'humaniste lettré, avant d'endosser l'habit de l'aristocrate durant le Grand Siècle français, initiateur du « paradigme des manières » cher à Montesquieu, dans des salons où le rôle des femmes était central tant féminité et civilisation sont inséparables. Il n'est nulle part mieux décrit que dans l'ouvrage de Baldassar Castiglione, « Il Cortegiano », qui surpassait largement le bourgeois urbain contemporain par… sa grâce. De cette grâce qui est venue aux hommes, dit-on, par le Christ, et qui n'est pas seulement synonyme de beauté – Alain Pons nous expliquant qu'elle est aussi « l'acte par lequel on s'attire de la reconnaissance ». Revoilà donc le thymos, dès la Renaissance italienne, pris en charge d'une manière qui n'a rien à envier au libéralisme tant l'humanisme a su créer les merveilles de notre civilisation que le libéralisme n'a de cesse de ruiner.


 

Dans un essai de philosophie politique, « Comment sortir de l'impasse libérale ? », l'écrivain et politologue Frédéric Saint Clair interroge l'échec des démocraties libérales, à l'aune des crises géopolitiques actuelles.

Ancien conseiller du Premier ministre Dominique de Villepin, Frédéric Saint Clair est écrivain et politologue. Il publie « Comment sortir de l'impasse libérale ? Essai de philosophie politique civilisationnelle » aux éditions de l'Harmattan.

 


Qu'est-ce que le néolibéralisme et pourquoi est-ce terminé ?

Et si la pensée néolibérale était passée de mode ? La débâcle de la gestion européenne de la pandémie de coronavirus en 2020 en a été la bien triste illustration. Pénuries de masques, de vaccins, urgences débordées… Le choc du Covid-19 a bouleversé les marchés financiers et a nécessité des plans de sauvetage massifs de la part des États pour répondre en partie aux pénuries. Plus récemment, la spectaculaire démission de Liz Truss a constitué un autre signal fort. Succédant à Boris Johnson, qui rompait peu à peu avec la tradition économique thatchériste des tories de rigueur depuis les années 1980, la première ministre britannique a proposé un «mini-budget» qui prévoyait la réduction des dépenses publiques ainsi que des recettes de l'État (baisse du taux d'impôt sur les sociétés, baisse de l'impôt sur les plus riches, baisse des taxes sur les contributions immobilières, baisse des contributions à la sécurité sociale etc.). Impopulaire, désapprouvé par les marchés financiers, ce programme de réduction du périmètre de l'État a provoqué une crise politique, jusqu'à pousser Liz Truss à quitter son mandat au bout de... 44 jours.

Le néolibéralisme, doctrine qui entend mettre l'Etat au service du bon fonctionnement des marchés, est-il parvenu à ses limites ? C'est l'hypothèse qu'émet le professeur d'économie à l'université d'Angers David Cayla, dans son dernier ouvrage Déclin et chute du néolibéralisme. D'après le chercheur, il faut remonter à la fin des années 2000 et à la crise des subprimes pour entendre sonner le glas de cette pensée longtemps hégémonique.

D'après Cayla, le néolibéralisme s'impose dans la deuxième moitié du XXe siècle à la faveur de quatre grandes crises qui ont entraîné la désagrégation des mécanismes de régulation de l'économie : la fin des accords de Bretton Woods, le choc pétrolier signant le retour de l'inflation, la désindustrialisation des pays développés et la disparition de la croissance économique. Lorsque l'inflation s'accélère au tournant des années 1970, les économistes sont appelés à la rescousse. Contrairement aux penseurs libéraux, les néolibéraux ont mené une réflexion au sujet des cadres légaux et formels au sein desquels les marchés doivent fonctionner. Ils sont également parvenus à changer en profondeur les manières de voir le marché. Autrement dit, le néolibéralisme ne doit pas se borner à faciliter les échanges commerciaux et les interactions marchandes, il doit aussi permettre la coordination des comportements entre individus qui disposent de compétences spécifiques. Dans ce cadre, l'État doit se mettre au service du fonctionnement optimal des mécanismes de marché. Expérimenté en Europe à la faveur de la restructuration de l'Allemagne d'après-guerre, le mode de pensée dit néolibéral se diffuse durant toute la deuxième moitié du XXe siècle.

Si ce modèle s'impose durablement dans le monde occidental, selon David Cayla, il est de moins en moins d'actualité. Un événement majeur s'impose comme tournant : la crise des subprimes en 2008. Afin de sauver le système financier après la faillite de plusieurs banques, les Banques centrales ont été contraintes, pour sauver le système financier, d'intervenir massivement pour reprendre le contrôle des taux d'intérêt. Une telle intervention s'apparente à une administration publique de la finance, soit l'inverse des objectifs des néolibéraux.

Pendant ses années d'expansion, le néolibéralisme n'a pas été confronté à de graves pénuries structurelles. Récemment la crise du Covid-19 a remis en cause ce modèle. Et l'intervention à grande échelle des États dans l'économie, et ce, même aux États-Unis, a montré les limites de ce modèle. Ces crises sont vouées à se reproduire, selon David Cayla, notamment en matière d'énergie. Mais ce vide réflexif ne laisse pour l'instant pas place à un nouveau modèle. La fin du projet qui consiste à faire de l'État l'arbitre impartial d'un système de régulation autonome soumis à des marchés en concurrence ouvre la voie à un projet différent dans lequel, selon l'économiste, l'État devra lui-même piloter des pans entiers de l'économie. Dans une société où les pénuries sont amenées à se multiplier, l'État ne peut être démissionnaire ou se poser en simple arbitre, défend l'auteur de Populisme et néolibéralisme. Se passer du marché, comme se passer de l'État, n'est pas possible. Convoquant le juriste Alain Supiot et l'anthropologue David Graeber, l'auteur alerte sur le potentiel avènement d'un système économique néoféodal, conséquence de l'affaiblissement de l'État de droit : les libertés individuelles ne seraient alors plus garanties et l'on exigerait de chacun une loyauté envers un supérieur, qu'il soit hiérarchique ou étatique. Cayla appelle à une réflexion globale sur notre système économique, afin de répondre à l'urgence climatique et à la raréfaction de nos ressources naturelles, mais met en garde : l'incontournable restauration du respect de la volonté démocratique ne doit pas conduire à remettre en cause les libertés individuelles.


 

 Dans son dernier essai «Déclin et chute du néolibéralisme» (De Boeck Supérieur), l'économiste David Cayla estime que la doctrine néolibérale est en train de s'essouffler. Face à ce constat, il propose plusieurs alternatives à ce modèle.

 


 

 

 



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