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octobre 14, 2026

Dossier complet David Lisnard en évolution......

Présidentielle 2027: derrière le phénomène des réseaux sociaux, qui est David Lisnard?
Le maire de Cannes (Alpes-Maritimes), David Lisnard, candidat à l'élection présidentielle sous la bannière "Nouvelle Énergie", rencontre une campagne dynamique en ligne. Réseaux sociaux, site de paris financiers, institut de sondage… Le président de l'Association des maires de France (AMF) parvient à se faire une place dans les conversations, mais doit encore convaincre de sa capacité à traduire cette notoriété virtuelle dans les urnes.
 
"Quelque chose se passe". Le hashtag, désormais populaire sur TikTok et sur Instagram, aurait pu relever de la méthode Coué pour le maire de Cannes, parti en position d'outsider dans la course à l'Elysée. Mais des centaines de contenus dépeignant David Lisnard en sauveur du pays (parfois au second degré) l'ont inscrit sur la liste des prétendants identifiés à l'élection présidentielle, ces dernières semaines.
 
Pour alimenter sa campagne, engagée en mars 2026, David Lisnard peut compter non seulement sur des relais locaux actifs, mais aussi sur des formats moins orthodoxes. Sur TikTok, des dizaines de vidéos façonnent sa stature d'homme providentiel, sur des musiques entêtantes, soulignant qu'il a pleinement adopté les codes de la plateforme.
 
Cette visibilité se traduit par une forte hausse de ses abonnés et de l'engagement qu'il suscite en ligne. David Lisnard compte environ 400 000 abonnés sur Instagram, soit quatre fois plus que Bruno Retailleau, pourtant patron des Républicains. En quelques semaines, la communauté du maire de Cannes a doublé sur ce réseau social. Sur TikTok, il atteint près de 80 000 abonnés, soit quatre fois plus qu'à la fin de l'été. Une progression qui mesure l’intérêt suscité par ses contenus, sans pour autant préjuger d’une adhésion à son projet.
Star des marchés prédictifs
Autre manifestation de sa visibilité : les marchés prédictifs. Sur Polymarket par exemple, plateforme de paris dont l’offre n’est pas autorisée en France, les anticipations des parieurs ont placé David Lisnard devant Jean-Luc Mélenchon pour une victoire à la présidentielle. Ces hypothèses, sur lesquelles les participants engagent de l’argent sous forme de cryptomonnaie, ne constituent toutefois pas un sondage d’opinion, ni une mesure du soutien électoral assuré au maire de Cannes.
 
Or, ces événements trouvent un écho puissant dans le paysage médiatique : Le Figaro, Le Point, BFMTV, La Dépêche… Plusieurs rédactions se sont penchées sur l'ascension de l'ex-LR sur les réseaux sociaux. Peu testé dans les sondages aux côtés des candidats pour 2027, David Lisnard a trouvé une place dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial. Selon l'enquête, il collecterait 3,5% des intentions de vote.
 
Thierry Devars, docteur en sciences de l'information et de la communication au Celsa, s'étonne : "On pense à la pièce En attendant Godot : quelque chose se passe, mais quoi ?". Le chercheur rappelle que les campagnes en ligne ont occupé une place croissante en politique, à partir de 2007, avec la candidature de Nicolas Sarkozy. Progressivement, le numérique a acquis une position "de centralité dans la communication politique", consacrant "une porosité entre les pratiques politiques et les industries culturelles". S'il est difficile de déterminer si David Lisnard pourra capitaliser sur ce moment, il est placé de facto sur la liste "des premiers de cordée" - une trajectoire encore légitimée par sa reprise dans les médias traditionnels, qui "labellisent" sa candidature.
La question d'une alliance
Pour Sophie Mouysset, directrice-adjointe de cabinet du maire de Cannes, cette viralité salue d'abord un "travail de fond" engagé depuis vingt ans. La campagne en ligne ? "Pour nous, c'est tout benef' !", assume-t-elle. L'opportunité pour des internautes de découvrir le candidat et son engagement.
 
La notion de "bulle informationnelle", ou la dimension artificielle de la viralité en ligne, seraient contredites matériellement. Nouvelle Energie, le parti de David Lisnard, serait passé "de 30 000 à 55 000 adhérants payants" depuis un mois. Par ailleurs, ses nombreuses apparitions médiatiques du moment auraient été programmées "il y a plusieurs mois", en particulier l'entretien fleuve donné au Crayon, le 11 octobre. 
 
Fort de cette notoriété, le maire de Cannes se fait l'avocat toujours plus pressant d'une primaire de la droite et du centre, qui réunirait "tous les candidats qui se reconnaissent dans cette dénomination" - jusqu'à Eric Zemmour, si tel était son cas. "Mathématiquement, personne ne plie le match sans primaire", défend encore Sophie Mouysset. L'union derrière un candidat unique permettrait d'éviter "ce que propose le Rassemblement national [...] et ce que propose l'extrême gauche", a martelé David Lisnard le 10 octobre, sur BFMTV.
Partisan d'un libéralisme "illibéral"
Sur le plan politique, le président de l'AMF se revendique d'une ligne "libérale", qui vise à lutter contre la bureaucratie française. En ce sens, il s'inscrit dans l'idéologie du président argentin, Javier Milei. En janvier, il avait rédigé une tribune au JDNews saluant les résultats économiques enregistrés à Buenos Aires. La recette du succès, pour le pays sud-américain ? "Une vision cohérente à travers la condamnation du wokisme, de l’étatisme, du collectivisme et de l’égalitarisme qui sont intrinsèquement liés et partagent une matrice commune." Le candidat se revendique encore de Margaret Thatcher, de Charles de Gaulle ou encore Georges Pompidou, auquel il a consacré un livre.
 
Raphaël Morisset, docteur en science politique, chercheur à la George Washington University, détaille : "On peut adopter une certaine réserve vis-à-vis de l’emploi de [l']étiquette 'libérale' concernant David Lisnard, puisqu’il s’agit d’un 'libéralisme' qui est très illibéral sur le plan politique et sociétal". Pour l'universitaire, le maire de Cannes "s’inscrit dans la continuité d’un courant du libéral qu’on qualifie de 'conservateur' qui fait de la lutte contre l’Etat-providence un impératif politique voire une nécessité existentielle pour la survie de la 'nation'". Le recours au terme "libéral" le distingue néanmoins de ses opposants à droite, qui se qualifient plus volontiers de conservateurs ou d'illibéraux.
 
En parallèle de la course à l'Elysée, le président de l'Association des maires de France (AMF) se présente à sa succession, fin novembre. Il a pour concurrent le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent. Reste à savoir si David Lisnard pourra transformer cette visibilité numérique en soutiens électoraux et s’imposer dans une droite où il plaide pour une candidature commune. 
par Pierre Levrel, le Mardi 13 octobre 2026 à 13:35 - LCP 
 

 

Lisnard : une offre politique nouvelle 

Dans une interview à LCI, le maire de Cannes David Lisnard présente des réformes libérales. Retour sur celles-ci.

Un article de la Nouvelle Lettre

  1. Suppression de la carte scolaire, et libre choix de l’école par les parents
  2. Liberté de choisir une retraite par capitalisation
  3. Suppression de la loi Gayssot (logements sociaux imposés aux municipalités)

Voici trois réformes qui sont prioritaires dans les projets libéraux. Il faut avoir le courage de les proposer. C’est ce qu’a fait la semaine passée David Lisnard interviewé par Adrien Gindre sur la chaîne d’information LCI. Le journaliste a d’ailleurs présenté David Lisnard comme maire de Cannes, président de l’Association des Maires de France, et… libéral.

À ceux qui douteraient de la foi libérale de David Lisnard, voici encore quelques thèmes abordés lors de cette interview :

  • Les partis politiques (que Macron réunit alors qu’il les a fustigés, méprisés) ont besoin de principes, au lieu de rechercher des arrangements électoraux.
  • « L’enfant malade de la République c’est l’État. »
  • Il faut reconnaître le mérite de « ceux qui bossent », voilà la justice sociale.
  • La liberté et l’égalité ne font actuellement pas bon ménage ; il faut rompre avec l’égalitarisme qui détruit les libertés.
  • La destruction de la liberté a deux origines : « les dépenses publiques qui détruisent le pouvoir d’achat, la règlementation qui détruit le pouvoir d’agir ».
  • La liberté permet à chacun de progresser, elle exige la personnalité et la responsabilité.

 

David Lisnard ne mâche pas ses mots : l’islamisme a envahi beaucoup d’écoles, les impôts continuent à croître, et les taxes foncières mettent les villes sous la dépendance de l’État (augmentation obligatoire du taux de 7,1 %), les préfets ont une autorité générale sur les élus locaux, c’est la réglementation qui crée la pénurie foncière. Tout le monde souffre de « l’inflation bureaucratique », les hauts fonctionnaires en sont responsables, ils créent les blocages et oublient les fondamentaux.

Interrogé sur le paysage politique actuel, David Lisnard observe que le président cherche une alliance des partis (au demeurant utopique).

Mais pour qu’il y ait alliance, il faut avoir un projet. Or, après la lecture des sept pages du récent article paru dans Le Point dans lequel s’exprime Emmanuel Macron, aucun projet n’émerge.

Pourtant, la France est à bout dans tous les domaines.

Et quid de Darmanin ? La criminalité a augmenté de 15 % en six ans. Ce serait bien que le ministre fasse son travail pour contenter la « classe populaire ».

Et quid de la gauche ? Beaucoup d’électeurs de gauche sont désorientés par l’extrémisme qui règne dans ce camp, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas sensibles aux principes que défend David Lisnard.

Et quid du parti des Républicains ? Éric Ciotti est un ami, et contrairement à ce qu’on pense, les membres et les élus du parti travaillent sur un programme de qualité.

Et l’élection présidentielle ? Il est trop tôt pour en parler, mais il est certain qu’il faudra des primaires pour éclairer les électeurs, et « je suis pour la compétition ». David Lisnard confirme ainsi ses déclarations du samedi soir 26 août (rapportées dans Le Figaro de lundi matin).

Je n’ai pas parlé de la forme : aucun papier préparé, une élocution simple et directe, des réponses simples mais explicites. Il parle comme on le fait dans le monde de l’entreprise, car même si sa formation l’a porté d’abord vers la fonction publique, lui au moins a travaillé avant d’entrer dans l’arène politique.

Je laisse mes lecteurs, libéraux ou autres, réfléchir aux perspectives ouvertes par une personnalité politique à mes yeux hors du commun, puisque David Lisnard a choisi « les idées avant tout ». Je pense que la mission du parti Nouvelle énergie sera de diffuser avec succès les idées de David Lisnard, les libéraux pourront sans doute l’accompagner. 

Jacques Garello

Jacques Garello, est Professeur Émérite à l’Université Aix Marseille, Président d’honneur de l’ALEPS, directeur de la publication de la Nouvelle Lettre (www.Libres.org). Dernier ouvrage paru : « Le Vote Libéral », Libréchange éd., septembre 2016.

A lire aussi : David Lisnard est-il libéral ?

 


 
 Énième confirmation d’un constat que je m’époumone à faire depuis des années, désormais audible : les moyens du terrain sont détournés par les retraites (qui représentent 35% du budget de la sécurité et 32% de celui de l’éducation) et l’hyper bureaucratie. Tout cela à cause des irresponsables politiques qui, « en responsabilité », ont maintenu, malgré la décroissance démographique, donc du financement, le système par répartition intégrale. Seule une part de capitalisation, qui fait désormais consensus, pourra sauver à la fois les services et les finances publiques. La transition vers ce nouveau régime sera longue et difficile, et je la détaillerai bientôt, mais il est possible de stopper l’hémorragie pour retrouver des marges de manœuvre dès maintenant : désindexation des pensions les plus élevées de l’inflation, convergence des régimes publics et privés, fin des régimes spéciaux. Nous commencerons dès mai 2027.
  





 

David Lisnard : «Redresser la France ne se résume pas à un slogan»
Candidat à la présidentielle, le maire de Cannes souhaite porter un projet libéral pour 2027 qui repose sur trois principes fondamentaux : un État recentré sur ses missions régaliennes, une débureaucratisation radicale ainsi qu’une école d’excellence.

Le JDNews. Les sondages commencent à vous sourire : vous êtes passé de 2 à 3,5 %. Un certain « monsieur 3 % », François Hollande, a d’ailleurs fini à l’Élysée en 2012… Qu’est-ce que tout cela vous inspire ?
David Lisnard. Je reste concentré sur ma démarche. Elle ne relève ni de la superstition ni de la langue de bois : en politique comme dans le sport ou l’entreprise, j’ai toujours suivi la même ligne. Je défends des propositions politiques qui sont celles de mes convictions et du terrain. Ce qui se passe en ce moment, je l’annonce depuis deux ans. Les candidatures à droite se dispersent et une alternative puissante doit s’imposer face à tous ceux qui nous ont gouvernés. Si les sondages montent, je m’en réjouirai – je ne vais pas être hypocrite –, mais je veux avant tout mener cette épopée, née au fil des années, et porter le projet que je nourris depuis toujours, inspiré par mon expérience de commerçant, de père de famille et de maire. Je ne viens pas du système, les sondeurs ne me testent pas toujours. Mais il se passe quelque chose…
Vous parcourez la France depuis plusieurs mois. Quel accueil les Français vous réservent-ils ?
Nos déplacements suscitent un excellent accueil et un véritable engouement. Notre pays manque d’oxygène, et je veux lui en apporter. Les échanges sont positifs. Beaucoup de personnes qui veulent s’en sortir viennent à ma rencontre. Hier, Nouvelle Énergie a enregistré 2 000 adhésions en une seule journée. Au départ, nous avons surtout attiré une droite orpheline. Depuis le début de l’année, beaucoup de libéraux déçus par leur vote Macron nous rejoignent.
« Réduire les dépenses, mieux organiser les services et investir, cette méthode fonctionne »
Pour la première fois, je commence aussi à élargir mon audience, notamment auprès d’électeurs du RN qui doutent de sa capacité à vraiment changer les choses. Cela suppose aussi de sortir du pouvoir ceux qui nous dirigent depuis dix ans, et même depuis bien plus longtemps. Tous les partis et mouvements en place sont imprégnés de collectivisme. Je propose une alternative claire et structurée : un changement radical, mais rationnel, pour retrouver l’espoir.
Les dernières décennies ont montré l’écart entre les promesses électorales et les résultats des présidents. En quoi serait-ce différent avec vous ?
Quand je me suis présenté à Cannes, ma ville, certains doutaient. C’est une ville complexe, marquée depuis le XIXe siècle par une immigration pauvre, mais aussi avec des quartiers prestigieux. Le taux de pauvreté atteint 22 %. J’avais présenté un programme ambitieux. Beaucoup me disaient que je ne parviendrais ni à réduire la dette, ni à baisser les impôts, ni à investir. Douze ans plus tard : 85 millions d’euros de dette en moins, une fiscalité réduite de 3,6 %, une capacité d’autofinancement multipliée par dix et 20 % d’agents en moins, mieux payés et mieux encadrés. Réduire les dépenses, mieux organiser les services, pour baisser la dette et les impôts tout en investissant davantage : cette méthode fonctionne partout. Elle a fait ses preuves en France à l’époque de Pompidou, de Gaulle, Debré ou avant, de Poincaré. Elle a aussi permis de redresser de nombreux pays.
Imaginons que vous entriez demain à l’Élysée. Quelles seraient vos premières décisions ?
Une réforme profonde de l’appareil public – mère de toutes les réformes – s’impose. Aucun trésor caché n’existe, rien ne peut dispenser l’État de se réformer et de se moderniser. Ma première décision consisterait à nommer un DRH de l’État et à envoyer, à la tête des administrations centrales, un commando que je constitue actuellement. Sa mission : repérer les talents et les agents motivés, puis mettre en œuvre le projet sur lequel j’aurai été élu. Ce changement ne sera pas seulement générationnel. Il supposera un nouvel état d’esprit. La France compte de très bons fonctionnaires, qui s’inscriront dans cette dynamique. Nous ferons aussi entrer, dans une juste proportion, des personnes issues de l’entreprise dans les ministères. Nous développerons un management participatif sur le terrain et valoriserons les fonctionnaires de proximité. Dès le lendemain de l’élection, le peuple reprendra sa place dans la décision publique. Nous resserrerons aussi le gouvernement : il comptera entre neuf et quatorze membres. Je ne cherche pas forcément des personnalités connues : Raymond Barre et Pompidou n’en faisaient pas partie.
Nous nous attaquerons au Code du travail, qui compte 4 000 pages en France, contre 70 en Suisse, où les salariés sont mieux protégés. Trop de règles finissent par affaiblir la protection. Nous porterons une grande loi régalienne sur le Code pénal des mineurs et la création de places de prison, dans l’attente d’un accord avec les pays limitrophes. Pour maîtriser les flux migratoires, un bras de fer avec les hautes cours européennes et françaises, dont le Conseil constitutionnel, par le recours au référendum, s’imposera. Je veux aussi mettre en place une vraie politique de la jeunesse par le sport, la culture, la formation et une école de haut niveau. Les élèves qui perturbent les classes seront placés dans des établissements disciplinaires avec internat et travaux d’intérêt général. Nous protégerons ainsi la société et l’immense majorité des jeunes qui veulent progresser, mais que l’idéologie égalitariste et gauchiste et les voyous tirent vers le bas. Nous mènerons également une politique d’éducation artistique et culturelle. Les grandes œuvres de l’esprit deviendront accessibles à chaque Français grâce à un socle commun de références et de partage, pour créer de l’unité nationale.
Emmanuel Macron avait promis aux Français une « révolution » économique. Près de dix ans plus tard, le chômage atteint 8,3 %. Comment comptez-vous redonner aux Français le goût de travailler ?
La priorité consiste à encourager ceux qui travaillent. À une époque de forte croissance, de natalité dynamique et de références culturelles communes, l’État-providence rendait de grands services. Aujourd’hui, ce modèle ne tient plus : il enferme nos enfants et nos petits-enfants dans la pauvreté et les surendette. Nous devons lui substituer un État performant, recentré sur ses missions régaliennes et débarrassé d’une grande partie de la bureaucratie. La France compte 800 000 fonctionnaires de plus que si elle disposait d’une administration d’un niveau comparable à celui des pays scandinaves. Ce changement créera de l’espoir. Je présenterai une grande loi économique et sociale. Nous irons plus loin pour mettre en place un État performant : rapprocher notre niveau de dépense publique d’un pays comme les Pays-Bas. Sur ces économies, je veux restituer immédiatement 60 % aux actifs sous forme de salaire net, grâce à une baisse des cotisations et à l’alignement de leur CSG sur celle des inactifs. Nous ferons converger les systèmes de retraite public et privé. Nous mettrons en place une retraite par capitalisation et créerons une retraite individualisée, mêlant capitalisation et répartition. Nous engagerons immédiatement un vaste chantier contre la bureaucratie, avec un moratoire réglementaire. Nous gérerons les départs à la retraite dans la fonction publique, formerons les fonctionnaires, faciliterons les mutations et supprimerons des agences et des organismes. L’objectif étant d’en supprimer la moitié. Dans la santé, j’ai recensé quatorze agences en France… En Allemagne ou en Italie, un médicament innovant arrive sur le marché 120 jours après son autorisation européenne. En France, le délai grimpe à 700 jours, soit 580 jours de plus, ce qui dissuade les industriels. Les Français sont ainsi privés de 40 % des nouveaux traitements !
Comment entendez-vous remettre de l’ordre dans les comptes publics ?
En relançant la croissance et supprimant les excès de dépense, ce qui est lié, et en libérant l’État et les entreprises des surcharges fiscales, sociales et bureaucratiques. Si les impôts manquaient, nous pourrions les augmenter. Or la fiscalité, les charges et les prélèvements obligatoires ne cessent de croître. La dette augmente, tandis que les services publics perdent en efficacité. Nous devons sortir du débat technocratique qui nous conduit dans le mur de la dette. Les dépenses excessives s’expliquent par une bureaucratie trop lourde et une désorganisation totale des pouvoirs publics.
« Il faut libérer l’école : de l’idéologie de la déconstruction et de la sectorisation »
La réforme prioritaire consiste à réorganiser l’État, à transférer le pouvoir réglementaire aux collectivités, à supprimer un échelon et à améliorer la performance. Aux Pays-Bas, le revenu par habitant et le salaire minimum dépassent les nôtres ; la pauvreté et le chômage y reculent. La dépense publique y représente 45 % de la richesse produite, contre 57 % en France. Douze points d’écart, soit 350 milliards d’euros. Mon objectif, sur dix ans, consiste à ramener notre dépense publique au niveau actuel des Pays-Bas.
Si vous étiez élu, rompriez-vous avec la ligne diplomatique actuelle de la France ?
J’aimerais que quelqu’un m’explique quelle est cette ligne. Quelle ligne au Maghreb ? En Asie du Sud-Est ? Au Proche-Orient ? En Europe ? Je veux une diplomatie fondée sur nos intérêts et les moyens de les défendre. Les impasses des projets franco-allemands d’avion de combat et de char du futur imposent de partir des besoins militaires et des intérêts industriels pour bâtir des coopérations solides. Nous devons rester alliés des États-Unis sans nous aligner sur toutes leurs positions et réduire nos dépendances stratégiques envers la Chine. Notre influence doit s’appuyer sur nos atouts économiques et culturels. En Afrique et au Levant, notre agriculture de production doit renforcer la sécurité alimentaire, nos partenariats, notre influence. Les lycées français à l’étranger doivent transmettre notre langue, notre culture, et former les générations avec lesquelles nous bâtirons ces relations. Face à Moscou, recherchons la paix et évitons l’escalade comme les rodomontades, sans être naïfs et sans céder à l’intimidation ni abandonner l’Ukraine. La Russie ne respectera que notre force. Enfin, prenons au sérieux les ambitions de la Turquie d’Erdogan au Levant, en Afrique et dans le Caucase. Défendons nos intérêts et soutenons nos partenaires. Il y va de notre crédibilité, de nos principes comme de nos intérêts.
Emmanuel Macron avait promis « l’école de la confiance », le « choc des savoirs », un prof devant chaque classe. Là encore, le compte n’y est pas. Que faudrait-il faire, selon vous, pour que l’école française tienne sa promesse et que ses élèves retrouvent le goût d’apprendre ?
La décision d’affecter 3 000 professeurs en quelques heures à des classes qui manquaient d’enseignants révèle tragiquement la désorganisation de l’État et l’échec d’un système centralisé et bureaucratique. L’école doit redevenir un lieu d’instruction. L’éducation relève d’abord des parents, même si le respect des règles en classe y contribue. Remettons les priorités dans le bon ordre : l’école permet avant tout aux enfants de s’élever et d’acquérir des savoirs. Nous établirons un tronc commun d’enseignement, quel que soit le type d’établissement, avec des fondamentaux renforcés, notamment en mathématiques et en français le matin. L’après-midi, nous développerons les compétences douces, le sport, les humanités et l’éducation artistique et culturelle. Celle-ci ne doit pas relever d’une approche idéologique. Elle doit faire découvrir les grandes œuvres architecturales, musicales et littéraires françaises, pour rassembler des jeunes venus d’horizons sociaux et ethniques différents. L’école doit jouer ce rôle dès le plus jeune âge. J’ai mis cette politique en place à Cannes, première ville à proposer une éducation artistique et culturelle à 100 % sur le temps scolaire. Je veux aussi développer la philosophie et la raison critique dès le plus jeune âge.
Dans le monde de l’IA, du quantique et de la robotique, nous devons sanctuariser ces apprentissages, à un âge où les connexions neuronales se construisent, pour que les jeunes apprennent à penser par eux-mêmes plutôt que de s’en remettre aux algorithmes. Je créerai aussi un réseau d’établissements publics d’excellence à l’échelle des anciens cantons, avec des internats d’excellence, ainsi que des établissements disciplinaires pour les élèves récalcitrants. Il s’agira de véritables internats de redressement, encadrés par des enseignants et éducateurs solides. Avant tout, il faut libérer l’école : de l’idéologie de la déconstruction et de la sectorisation qui a créé des écoles ghettos et de l’échec. Les parents choisiront où ils inscriront leur enfant et le financement public suivra ce choix, que l’établissement soit privé ou public. Les chefs d’établissement auront la liberté d’organisation, de recrutement et de management, les enseignants pourront choisir leur statut. Tous les pays qui ont procédé ainsi ont créé de l’émulation entre établissements, ont relevé le niveau, ont amélioré la justice du système.
On nous répète que la France s’est déchristianisée, que les églises se vident. Pourtant, le pape Léon XIV a attiré les foules. Sa visite ne s’adresse-t-elle pas, au fond, à tous les Français, qu’ils soient croyants ou non ?
Le christianisme concerne tous les Français, croyants ou non. Croyant, athée, agnostique, juif ou musulman, chaque Français vit dans un système façonné notamment par le christianisme. N’en déplaise aux bouffeurs de curés, aux islamistes et aux laïcards extrémistes, notamment ceux de la Ligue des droits de l’homme – d’extrême gauche, bien sûr –, tous héritent de ces valeurs et doivent les défendre. La venue du pape a oxygéné le pays et ouvert une formidable parenthèse. Elle révèle une France discrète, humble et pudique, dotée de belles vertus, qui existe et veut exister. Nous devons veiller à ce qu’elle puisse vivre et, pourquoi pas, prospérer. Mais restons réalistes. Catholique pratiquant, j’ai vécu la formidable venue de Jean-Paul II, qui avait suscité un engouement exceptionnel et lancé cette phrase : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » Pourtant, la déchristianisation s’est poursuivie les années suivantes. La nouveauté, aujourd’hui, tient à la résurgence d’une affirmation chrétienne. Le grand mystère du christianisme, c’est l’Incarnation : « Dieu s’est fait homme et l’homme est à l’image de Dieu. » L’Incarnation ne cesse de nous interroger. La venue du pape a donné chair à ce mystère, notamment par la bonté qui se dégage de lui. Il en résulte une réjouissante espérance
Propos recueillis par Lara Tchekov 14/10/2026 à 06:24- Le JDD 
 
  
Deux Corée : l’une est libérale, l’autre communiste. A votre avis, laquelle est la plus prospère ? La preuve par l’exemple historique de la supériorité du libéralisme, par David Lisnard
 
Mélenchon veut qu'on soit « fort des leçons de l'Histoire ».
Excellente idée, Jean-Luc. Faisons-la, cette leçon d'Histoire. Ensemble. Jusqu'au bout.
Le communisme a été essayé. Pas une fois, pas dans un seul pays mal choisi, mais partout, sur quatre continents, dans des cultures qui n'avaient rien en commun : Russie, Chine, Cambodge, Vietnam, Laos, Corée du Nord, Cuba, Éthiopie, Angola, Mozambique, Afghanistan, Pologne, Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Albanie, Allemagne de l'Est, Yougoslavie. Puis sa version « socialisme du XXIe siècle » au Venezuela et au Nicaragua.
Chaque fois, c'est le même film : parti unique, police politique, camps, famine, exil.
Le bilan, selon les estimations des historiens :
Chine (Mao) : 40 à 70 millions de morts
URSS (Lénine, Staline) : environ 20 millions
Cambodge (Pol Pot) : 1,5 à 2 millions, près d'un quart de la population en moins de quatre ans
Corée du Nord (dynastie Kim) : jusqu'à 2 millions
Afghanistan (régime communiste et guerre soviétique) : environ 1,5 million
Éthiopie (Mengistu) : des centaines de milliers de morts entre la Terreur rouge et des famines aggravées par le régime
Vietnam : environ 1 million
Europe de l'Est : environ 1 million
Cuba (Castro) : des milliers de fusillés, des milliers de noyés en fuyant par la mer
Venezuela (Chávez, Maduro) : pas de charniers, mais près de 8 millions d'exilés, un quart du pays qui a fui le paradis
Total selon Le Livre noir du communisme : autour de 100 millions de morts. En moins d'un siècle.
Et derrière les chiffres, il y a les détails, ceux qu'on n'enseigne presque jamais.
Mao ordonne d'exterminer les moineaux. Les insectes prolifèrent, les récoltes s'effondrent. Il fait fondre les casseroles des paysans dans des hauts fourneaux de jardin pour produire un acier inutilisable. Résultat : la plus grande famine de l'histoire humaine, avec des cas de cannibalisme documentés. Pendant la Révolution culturelle, des élèves battent leurs professeurs à mort et des enfants dénoncent leurs parents.
Staline fixe des quotas d'arrestations par région, comme on fixe des objectifs de production. La « loi des épis » envoie au goulag ou au peloton des paysans affamés coupables d'avoir glané quelques grains. En Ukraine, on affame délibérément un peuple entier : l'Holodomor.
Pol Pot vide Phnom Penh en quelques jours. Porter des lunettes ou parler une langue étrangère suffit à faire de vous un « intellectuel », donc un condamné. À Choeung Ek, il y a un arbre contre lequel on fracassait les bébés. À la prison S-21, sur plus de 14 000 détenus, une poignée seulement a survécu.
En Corée du Nord, on envoie au camp trois générations d'une même famille pour la faute d'un seul.
En Éthiopie, les familles devaient payer la balle pour récupérer le corps de leur enfant exécuté.
En Roumanie, Ceaușescu interdit contraception et avortement pour gonfler la natalité. Il en sort des orphelinats-mouroirs que le monde découvrira avec horreur en 1990.
À Cuba, des camps de « rééducation » pour homosexuels. En RDA, on tirait à vue sur ceux qui franchissaient le Mur. Au Venezuela, en 2017, les habitants ont perdu en moyenne 11 kilos en un an. Ils appelaient ça « le régime Maduro ».
 
Voilà la leçon de l'Histoire.
Quand on lit ça, n'importe quel esprit rationnel devrait se dire : mais c'est quoi ce bordel ? Comment peut-on encore se dire communiste en 2026 ? Comment peut-on monter sur une estrade, se réclamer des « internationales communistes », et redescendre sans se faire cracher dessus ?
Mon cher Jean-Luc, je crois que tu es né au mauvais siècle. Au XXe, tu aurais réussi ton coup. Au XXIe, pas de chance : l'humanité apprend. Internet a brisé le monopole du récit. Les archives sont ouvertes, les témoins ont parlé, les chiffres sont sur la table.
Bientôt, se dire communiste sera aussi infamant que se dire pédophile. Et quand le mur du mensonge tombera, ce mur de l'empire socialiste international qui craque déjà de partout, il y aura un Nuremberg du communisme. Ce jour-là, le discours que tu tiens sur cette estrade sera lu pour ce qu'il est : l'équivalent d'un éloge du nazisme.
Les nazis ont eu leur procès. Les communistes ont eu des rues à leur nom. Cette asymétrie ne durera pas.
Brivael Le Pogam
Brivaël Lemogne
 
Mélenchon le millionnaire sur le capitalisme :
"Être insoumis, c'est refuser le capitalisme, ses valeurs. Il faut aussi être tout le temps fort des leçons de l’Histoire, des internationales communistes."
Fort de la leçon des 100 millions de morts.
 
 
 
« Il y a une dynamique autour de ma candidature », lance David Lisnard
Maire de Cannes (Alpes-Maritimes), président de l’Association des maires de France, le quinquagénaire est candidat à la présidentielle 2027. David Lisnard a déjà ses 500 signatures. « Je veux changer le système en libérant l’économie, en travaillant sur le régalien et l’éducatif. Nous n’avons pas d’autre solution que de proposer un changement, radical et raisonnable. »
Ouest-France Recueilli par Yves-Marie Robin
Publié le 15/10/2026 à 09h13
David Lisnard espère atteindre les 100 000 adhérents à son parti Nouvelle énergie d’ici à Noël. Celles et ceux qui le soutiennent : des élus locaux, notamment. « Je bénéficie aussi d’une vague d’adhésions venant du monde de l’entrepreneuriat et de la fonction publique. Des fonctionnaires en quête de sens, voulant être libérés de la bureaucratie. Et puis, nouveauté : les jeunes. Récemment, à notre grande surprise, nous en avons réuni plus de 400 dans un bar », explique le Cannois.
Vous avez été l’un des premiers à annoncer l’obtention de vos 500 signatures, pour vous présenter à l’élection présidentielle. Votre candidature prend progressivement de l’épaisseur. Comment l’expliquez-vous ?
Je travaille, fais énormément de terrain. Je suis allé dans quasiment tous les départements, discrètement, sans caravane publicitaire. Je visite des entreprises, discute avec les habitants… Cette immersion porte ses fruits.
Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux, notamment en vidéo…
Cela ne me prend que 0,1 % de mon temps, mais cela a un effet démultiplicateur que j’avais prévu dès le mois de juin. J’en suis à quatre vidéos diffusées par jour. Je viens d’en tourner une quarantaine de nouvelles, que nous allons égrener au fil du temps. L’impact est réel. Je bénéficie, actuellement, d’une forte croissance d’audience sur mes réseaux sociaux, que j’anime moi-même.
Avec un impact sur le nombre d’adhésions à votre parti, Nouvelle énergie ?
Forcément. Encore mardi, nous avons reçu deux mille adhésions supplémentaires. Nous visons les 100 000 à Noël. Cela se traduit aussi dans les réunions publiques. À Benfeld, dans le Bas-Rhin, une commune de six mille habitants, nous étions 1 200 dernièrement. On a dû refuser du monde. Ma force est d’être hors système et de tenir le même discours, constamment. L’équipe qui est derrière moi se renforce. Nous en sommes à douze salariés chez Nouvelle énergie. On agrandit les locaux du siège à Paris. Pour autant, je ne m’emballe pas, mais il y a objectivement une dynamique. Il se passe quelque chose.
Qui vous soutient ?
Il y a beaucoup d’élus locaux, ces femmes et ces hommes ne vivant pas de la politique : agriculteurs, professions libérales, chefs d’entreprise, retraités… Ensuite, je bénéficie d’une vague d’adhésions venant du monde de l’entrepreneuriat et de la fonction publique. Des fonctionnaires en quête de sens, voulant être libérés de la bureaucratie. Et puis, nouveauté : les jeunes. Récemment, à notre grande surprise, nous en avons réuni plus de 400 dans un bar. Cette jeunesse est, à la fois, de gauche et de droite. Certains ne veulent pas se laisser enfermer par Jean-Luc Mélenchon. D’autres soutenaient Jordan Bardella, mais pas Marine le Pen.
On dit, ici ou là, que votre candidature commence à inquiéter Les Républicains et Bruno Retailleau ?
Je n’en sais rien. Je ne veux de mal à personne. Je poursuis ma route pour essayer de changer le système en libérant l’économie, en travaillant sur le régalien et l’éducatif. Nous n’avons pas d’autre solution que de proposer un changement, radical et raisonnable. Il ne faut surtout pas laisser le monopole de ce changement à celles et ceux qui vont amplifier le problème, la France insoumise et le Rassemblement national.
Ce que je propose, c’est une primaire ouverte, permettant de confronter les projets et les personnalités, de rompre avec le macronisme. Sans primaire, on va tout droit vers un duel Le Pen-Mélenchon.— David Lisnard
Défendez-vous toujours une large primaire à droite ?
Je n’ai pas changé d’avis. Voilà deux ans que je le dis. Cette primaire est une évidence. La gauche a été capable de le faire et on n’est pas plus idiots. Edouard Philippe a des qualités humaines que je ne nie pas, mais lui comme Gabriel Attal doivent passer la main. Ils ont dirigé et cela n’a pas marché. Quel que soit le discours qu’ils tiennent, ils restent inaudibles. Je leur propose de les affronter dans une primaire. J’espère gagner. Si je perds, je me tairai, mais sans soutenir, ni nuire.
Mais ni Edouard Philippe, ni Xavier Bertrand ne veulent cette primaire…
Qu’ils nous disent, alors, ce qu’ils proposent. S’ils refusent toujours cette primaire, j’ose espérer que ma candidature, en train de prospérer, créera une forte adhésion, une mobilisation en début d’année prochaine. Ce qui me permettra de l’emporter. Je ne renoncerai pas à ma démarche parce que certains estiment que le pouvoir leur est dû.
Avez-vous reçu le courrier d’Edouard Philippe, invitant la droite et le centre à « entamer le dialogue dans la première quinzaine de novembre, en vue de la présidentielle et des législatives » ?
Oui, je l’ai bien reçu. Je vais lui répondre. Je vais le remercier de cette proposition de rencontre. Je suis toujours d’accord pour parler, à condition que ce ne soit pas une perte de temps. Il a raison de dire que les électeurs de la droite et du centre ne nous pardonneraient pas un échec provoqué par la multiplicité des candidatures. Mais le dialogue qu’Edouard Philippe appelle de ses vœux ne suffira pas à départager les candidatures. Ce que je propose, c’est une primaire ouverte permettant de confronter les projets et les personnalités, de rompre avec le macronisme. Sans primaire, on va tout droit vers un duel Le Pen-Mélenchon.
Quelle primaire souhaitez-vous ?
Une grande primaire, ouverte largement à la droite et au centre, sans exclusive. Il faut être le plus large possible pour susciter de l’intérêt. L’idéal serait de la faire en décembre-janvier. C’est un acte de campagne, pas du temps perdu !
En pénalisant les gens sur le terrain, ceux qui bossent et sont rigoureux, on ne va pas rétablir les comptes publics.— David Lisnard
Le débat budgétaire 2027 a démarré à l’Assemblée. En tant que président de l’Association des maires de France, craignez-vous que les communes soient maltraitées ?
Nous savons qu’il y aura des coupes dans nos budgets. Mais cette approche de l’État ne marche pas. Cette politique ne rétablit pas les comptes publics et a même un double effet négatif. Elle porte atteinte aux services publics locaux et accable les contribuables.
De quelle manière ?
C’est un peu comme quand on surprélève les entreprises : à la fin, il y a moins d’activité et il n’y a pas plus d’argent dans les caisses puisque l’on bride le moteur de la croissance. Ce qu’endurent les maires, c’est la même chose. En pénalisant les gens du terrain, ceux qui bossent et sont rigoureux, on ne va pas rétablir les comptes publics.
Vous le répétez chaque année, mais Matignon ne l’entend pas…
Et pourtant, la réalité nous donne raison, la dette de l’État continue d’augmenter. Ce qui affaiblit les comptes publics, c’est la hausse des prélèvements obligatoires sur ce qui fonctionne. Prenons un exemple : le fameux Dilico 1 et 2. L’État emprunte de l’argent aux communes, en ne remboursant que 90 % du capital. C’est de la folie ! C’est comme si un Français allait voir son banquier, lui demandait un prêt de 100 000 €, tout en lui expliquant qu’il ne remboursera que 90 000 € et le tout sans intérêt ! Le banquier appellerait immédiatement l’hôpital psychiatrique. Rien que dans ma commune de Cannes, le Dilico représente 480 000 € en moins cette année.
Craignez-vous un Dilico 3 ?
Le gouvernement nous annonce une « contribution progressive à l’effort budgétaire ». Ce qui est pire, parce qu’il s’agit là d’un Dilico déguisé, sans remboursement. C’est complètement dingue, d’autant plus que ce n’est pas le seul prélèvement obligatoire que les communes subiront. Cette année, à Cannes, je vais me faire piller !
Le système s’effondre. Le centralisme ne marche plus. Il faut libérer les énergies locales.— David Lisnard
Avec ces prélèvements en plus et cet argent en moins, allez-vous réduire vos investissements ?
On essaie toujours de serrer les boulons, mais ce manque d’argent peut effectivement se traduire par une hausse de la fiscalité, par une possible dégradation des services de proximité, ou par une baisse de l’investissement. Puisque la plupart des maires refusent de taxer davantage leurs habitants, c’est l’investissement qui va en pâtir. Ce qui va avoir un effet récessif important. Le système s’effondre. Le centralisme ne marche plus. Il faut libérer les énergies locales. Je suis exaspéré que les gens du terrain ne soient jamais entendus par Paris. On nous flatte, nous les maires, avant notre congrès annuel de novembre et on nous maltraite après. J’en ai assez ! 
 
 

 

«Une autosaisine en pleine campagne» : Lisnard dénonce la prise de parole de Ferrand sur le référendum constitutionnel

Le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes juge que le président du Conseil constitutionnel sort de son rôle en estimant que Marine Le Pen ne pourrait pas changer la Constitution via l’article 11

 David Lisnard s’invite dans le débat constitutionnel lancé par Marine Le Pen. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes a réagi aux propos de Richard Ferrand tenus dans un podcast du Club des juristes. Le président du Conseil constitutionnel a jugé irrecevable la promesse du RN de changer la Constitution par l’article 11 en organisant un référendum, afin de mettre en place sa politique migratoire. « Vouloir réformer la Constitution par l’article 11, ça n’existe pas. C’est l’article 89 […] Il n’y a pas de débat. Il suffit de lire la Constitution, qui n’est pas le Code général des impôts », a-t-il tranché. « Le Conseil constitutionnel, au fur et à mesure de son existence, s’est reconnu la compétence de juger les décrets de convocation d’un référendum, a-t-il expliqué. L’article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l’ont affirmé (…) Qu’on ne vienne pas me dire que c’est impossible, il y a eu 25 révisions. Cela nécessite un vrai travail de fond de nos représentants. » 

Un discours qui n'est pas du goût de David Lisnard, donné à 6 % au premier tour dans un récent sondage Ifop-Fiducial. « Richard Ferrand, de sa propre initiative, en pleine campagne électorale, estime qu’on ne peut pas réformer la Constitution et convoquer le peuple au titre de l’article 11. Et qu’en outre, il se serait donné un droit, par lui-même, sur lequel il n’aurait reçu aucune légitimité populaire », a-t-il tancé.

« Quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? »

Pour le président de l’Association des maires de France (AMF), ces propos posent deux problèmes. « D'abord, quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? Et deuxièmement : le problème de fond, sur lequel il faudra travailler avec les juristes », déclare-t-il. David Lisnard considère enfin que Marine Le Pen « a peut-être raison » en affirmant que Richard Ferrand doit démissionner du Conseil constitutionnel. Mais il rappelle que c’est grâce à l’abstention du groupe RN au Parlement qu’il a été élu en février 2025. 

Lors d’une conférence de presse mercredi, Marine Le Pen a répondu à Richard Ferrand qui a, selon elle, rompu avec « la fonction de neutralité qui est la sienne » et avec « l’interdiction de se prononcer sur une affaire qui n’a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel ». La présidente des députés RN l’accuse encore d’avoir « utilisé des arguments indigents ». Ainsi, « il a rompu avec une obligation déontologique et il doit quitter la tête du Conseil constitutionnel », martèle-t-elle.

Marine Le Pen lui enjoint enfin d'« écouter le général de Gaulle, qui n’est que le père de la Constitution », ironise-t-elle, mais aussi François Mitterrand qui a « admis que l’utilisation de l’article 11 était validée pour une voie de modification de la Constitution française ». Pour rappel, cet article autorise un référendum sur « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale ». L'article 89 stipule quant à lui qu'un projet de révision constitutionnelle doit être voté en « termes identiques » par l'Assemblée nationale et le Sénat avant une approbation par référendum, ou par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès.

 Quentin Gérard

 https://www.lejdd.fr/politique/une-autosaisie-en-pleine-campagne-lisnard-denonce-la-prise-de-parole-de-ferrand-sur-le-referendum-constitutionnel-186129??

David Lisnard 

David Lisnard, né le 2 février 1969 à Limoges, est un homme politique français, maire de Cannes depuis 2014 (réélu très confortablement en 2020 et en 2026) et président de l'Association des maires de France (AMF).

Avec son parti Nouvelle Énergie, de sensibilité libérale (mais dont les prises de position sont parfois critiquées par certains libéraux), il annonce, en 2026, sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, rompant avec Les Républicains. 

 

Biographie

Il est originaire d'une famille cannoise et passe quelques années après sa naissance à Limoges, où son père, footballeur professionnel, a fait déménager sa famille suite à un changement de club. Sa famille, de commerçants et d'entrepreneurs, tient différents commerces à Limoges et Cannes. David Lisnard étudie à Limoges puis à Cannes, et intègre l'Institut d'études politiques de Bordeaux (promotion 1992).

Engagé en politique de longue date, il milite pour Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 (et 1995) alors qu'il a 19 ans. Élu localement, il a commencé par occuper diverses fonctions politiques et administratives, notamment en tant que conseiller municipal de Cannes et conseiller général. En 2014, il est élu maire de la ville de Cannes, puis en 2015 vice-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Il est également président de l'Association des maires de France depuis 2021.

À la tête de la ville de Cannes, il hérite d'une des dettes les plus élevées de toute la France, à 3437 euros par habitant[1]. Il poursuit la baisse de la dette entamée sous la fin de mandat de son prédécesseur, Bernard Brochand, pour la ramener en 2021 à 2606 euros par habitant[1].

Il est membre du parti politique Les Républicains (LR). Pour la présidentielle de 2017, il ne soutient aucun candidat à la primaire LR mais devient porte-parole de François Fillon. Il défend en particulier l’idée de « coupes franches dans la fonction publique »[2].

En 2023, il affiche une présence nationale de plus en plus marquée, et structure ses réseaux autour de Nouvelle Énergie pour la France, un parti politique, ce qui génère de nombreuses rumeurs sur des ambitions présidentielles. Lors des législatives anticipées de 2024, son mouvement présente de nombreux candidats à travers la France.

S'inspirant entre autres de la victoire franche d'un Javier Milei en Argentine, il radicalise son discours réformateur, et se fait de plus en plus présent dans les médias, portant une voix se rapprochant du libéralisme. En 2026, après avoir été réélu maire de Cannes dès le premier tour avec 88 % des voix, il quitte Les Républicains et prend son indépendance pour porter une voie libérale-conservatrice, et se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2027[3].

David Lisnard est-il libéral ?

Searchtool-80%.png Article détaillé : Libéralisme.

David Lisnard peut dans son discours utiliser des marqueurs idéologiques libéraux, comme le fait de se référer parfois à Friedrich Hayek ou Margaret Thatcher, suscitant un intérêt dans l'électorat libéral français. En août 2023, à l'université d'été du Medef, il se prononce contre les aides aux entreprises et pour la réduction d'autant de leur fiscalité et de la fiscalité du travail, ou plaide pour une réduction massive du déficit public, parlant de la dépense publique comme une drogue. Lors de la réforme des retraites il défend un recours à la retraite par capitalisation, ou considère que l’État doit se recentrer sur le cœur de son rôle, en particulier ses fonctions régaliennes : « Plus l’État a élargi son champ d’action, plus il déresponsabilise, moins il est capable d’assumer sa mission »[4]. Son bilan fiscal local semble positif, avec une (petite) baisse des dépenses de la ville[5], et une dette en baisse régulière[1]. Lors des législatives anticipées de 2024, il se positionne avec les candidats de son parti (Nouvelle Énergie) sur un discours de responsabilité fiscale et de modération de la dépense publique.

Il se positionne par ailleurs sur certaines mesures sociétales en ligne avec les idées libérales : suppression totale de la carte scolaire et promotion de la liberté scolaire, moindre intervention de l’État dans le logement, en particulier en supprimant la loi Gayssot sur le logement social, etc.

Néanmoins, son éloge de la modération de la dépense publique semble fortement variable selon l'intérêt politique de la dépense : maire de la ville du Festival de Cannes, il est ainsi le défenseur de la politique étatiste de soutien massif au cinéma, qualifiée de « politique publique habile »[6].

Son bilan sur les libertés individuelles est médiocre, et témoigne de réflexes à l'opposé des valeurs libérales. C'est l'un des politiques qui s'est montré le plus liberticide dans la gestion de la crise du covid, ayant recours à des mesures comme l'utilisation de caméras de surveillance en avril 2020 pour surveiller les habitants ne portant pas le masque. Dans une logique « sanitaire mais aussi psychologique », il fait réaliser en mai 2020 une « désinfection » des plages de la ville avec de l'eau oxygénée[7]. Loin de revenir sur ses choix, il défend un an plus tard en avril 2021 un durcissement des politiques sur le covid, allant jusqu'à défendre une politique zéro covid aux conséquences hautement liberticides[8] et dont le bilan s'est révélé catastrophique.

En 2014, il fait partie des maires « en pointe » sur l'interdiction du burkini par un arrêté municipal. Après décision de justice condamnant une violation des « libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et venir et la liberté de conscience », il doit rapidement revenir sur son arrêté[9]. Au global, il semble en 2024 incarner le créneau du conservatisme classique en France, s'inspirant du libéralisme économique, au moins sur certains aspects, et avec des mesures sociétales conservatrices, sur l'immigration en particulier. Un positionnement classique de droite, plus que libéral.

Prises de position

En politique étrangère, il estime que la France doit être une alliée d'Israël, en particulier contre le terrorisme, expliquant : « d’un point de vue historique, a-t-il déclaré, depuis 1948, la France et Israël ont été des alliés très liés. Nous sommes encore des alliés et la France a intérêt à ce que l’État d’Israël soit fort avec une démocratie forte au sein du Proche-Orient et doit le soutenir dans sa guerre contre l’islam radical »[10].

Il considère que « l'immigration est devenu un problème majeur… La France a accueilli un record de 500 000 personnes l’année dernière. Il faut couper le robinet dans l’intérêt de l’équilibre de la société française ».

Face à un Éric Zemmour qui demandait à être exonéré de la condition de parrainages d'élus pour la présidentielle, David Lisnard, comme président de l'Association des Maires de France, avait déclaré que ce sujet n'était pas de sa compétence mais avait indiqué être favorable à une réforme du système[11]. Alors que le Front de gauche cherchait à interdire le meeting d'Éric Zemmour à Cannes en 2022, David Lisnard s'y était opposé au nom de la liberté d'expression. Au final en 2022, le maire de Cannes avait donné son parrainage au candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon[12] quand celui-ci était menacé de ne pas pouvoir se présenter.

Notes et références

Liens externes

 
 
 
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