Présidentielle 2027: derrière le phénomène des réseaux sociaux, qui est David Lisnard?
Star des marchés prédictifs
La question d'une alliance
Partisan d'un libéralisme "illibéral"
David Lisnard : «Redresser la France ne se résume pas à un slogan»
« Réduire les dépenses, mieux organiser les services et investir, cette méthode fonctionne »
« Il faut libérer l’école : de l’idéologie de la déconstruction et de la sectorisation »
« Il y a une dynamique autour de ma candidature », lance David Lisnard
Ce que je propose, c’est une primaire ouverte, permettant de confronter les projets et les personnalités, de rompre avec le macronisme. Sans primaire, on va tout droit vers un duel Le Pen-Mélenchon.— David Lisnard
En pénalisant les gens sur le terrain, ceux qui bossent et sont rigoureux, on ne va pas rétablir les comptes publics.— David Lisnard
Le système s’effondre. Le centralisme ne marche plus. Il faut libérer les énergies locales.— David Lisnard
«Une autosaisine en pleine campagne» : Lisnard dénonce la prise de parole de Ferrand sur le référendum constitutionnel
Le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes juge que le président du Conseil constitutionnel sort de son rôle en estimant que Marine Le Pen ne pourrait pas changer la Constitution via l’article 11
David Lisnard s’invite dans le débat constitutionnel lancé par Marine Le Pen. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes a réagi aux propos de Richard Ferrand tenus dans un podcast du Club des juristes. Le président du Conseil constitutionnel a jugé irrecevable la promesse du RN de changer la Constitution par l’article 11 en organisant un référendum, afin de mettre en place sa politique migratoire. « Vouloir réformer la Constitution par l’article 11, ça n’existe pas. C’est l’article 89 […] Il n’y a pas de débat. Il suffit de lire la Constitution, qui n’est pas le Code général des impôts », a-t-il tranché. « Le Conseil constitutionnel, au fur et à mesure de son existence, s’est reconnu la compétence de juger les décrets de convocation d’un référendum, a-t-il expliqué. L’article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l’ont affirmé (…) Qu’on ne vienne pas me dire que c’est impossible, il y a eu 25 révisions. Cela nécessite un vrai travail de fond de nos représentants. »
Un discours qui n'est pas du goût de David Lisnard, donné à 6 % au premier tour dans un récent sondage Ifop-Fiducial. « Richard Ferrand, de sa propre initiative, en pleine campagne électorale, estime qu’on ne peut pas réformer la Constitution et convoquer le peuple au titre de l’article 11. Et qu’en outre, il se serait donné un droit, par lui-même, sur lequel il n’aurait reçu aucune légitimité populaire », a-t-il tancé.« Quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? »
Pour le président de l’Association des maires de France (AMF), ces propos posent deux problèmes. « D'abord, quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? Et deuxièmement : le problème de fond, sur lequel il faudra travailler avec les juristes », déclare-t-il. David Lisnard considère enfin que Marine Le Pen « a peut-être raison » en affirmant que Richard Ferrand doit démissionner du Conseil constitutionnel. Mais il rappelle que c’est grâce à l’abstention du groupe RN au Parlement qu’il a été élu en février 2025.
Lors d’une conférence de presse mercredi, Marine Le Pen a répondu à Richard Ferrand qui a, selon elle, rompu avec « la fonction de neutralité qui est la sienne » et avec « l’interdiction de se prononcer sur une affaire qui n’a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel ». La présidente des députés RN l’accuse encore d’avoir « utilisé des arguments indigents ». Ainsi, « il a rompu avec une obligation déontologique et il doit quitter la tête du Conseil constitutionnel », martèle-t-elle.Marine Le Pen lui enjoint enfin d'« écouter le général de Gaulle, qui n’est que le père de la Constitution », ironise-t-elle, mais aussi François Mitterrand qui a « admis que l’utilisation de l’article 11 était validée pour une voie de modification de la Constitution française ». Pour rappel, cet article autorise un référendum sur « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale ». L'article 89 stipule quant à lui qu'un projet de révision constitutionnelle doit être voté en « termes identiques » par l'Assemblée nationale et le Sénat avant une approbation par référendum, ou par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès.
David Lisnard
David Lisnard, né le 2 février 1969 à Limoges, est un homme politique français, maire de Cannes depuis 2014 (réélu très confortablement en 2020 et en 2026) et président de l'Association des maires de France (AMF).
Avec son parti Nouvelle Énergie, de sensibilité libérale (mais dont les prises de position sont parfois critiquées par certains libéraux), il annonce, en 2026, sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, rompant avec Les Républicains.
Biographie
Il est originaire d'une famille cannoise et passe quelques années après sa naissance à Limoges, où son père, footballeur professionnel, a fait déménager sa famille suite à un changement de club. Sa famille, de commerçants et d'entrepreneurs, tient différents commerces à Limoges et Cannes. David Lisnard étudie à Limoges puis à Cannes, et intègre l'Institut d'études politiques de Bordeaux (promotion 1992).
Engagé en politique de longue date, il milite pour Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 (et 1995) alors qu'il a 19 ans. Élu localement, il a commencé par occuper diverses fonctions politiques et administratives, notamment en tant que conseiller municipal de Cannes et conseiller général. En 2014, il est élu maire de la ville de Cannes, puis en 2015 vice-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Il est également président de l'Association des maires de France depuis 2021.
À la tête de la ville de Cannes, il hérite d'une des dettes les plus élevées de toute la France, à 3437 euros par habitant[1]. Il poursuit la baisse de la dette entamée sous la fin de mandat de son prédécesseur, Bernard Brochand, pour la ramener en 2021 à 2606 euros par habitant[1].
Il est membre du parti politique Les Républicains (LR). Pour la présidentielle de 2017, il ne soutient aucun candidat à la primaire LR mais devient porte-parole de François Fillon. Il défend en particulier l’idée de « coupes franches dans la fonction publique »[2].
En 2023, il affiche une présence nationale de plus en plus marquée, et structure ses réseaux autour de Nouvelle Énergie pour la France, un parti politique, ce qui génère de nombreuses rumeurs sur des ambitions présidentielles. Lors des législatives anticipées de 2024, son mouvement présente de nombreux candidats à travers la France.
S'inspirant entre autres de la victoire franche d'un Javier Milei en Argentine, il radicalise son discours réformateur, et se fait de plus en plus présent dans les médias, portant une voix se rapprochant du libéralisme. En 2026, après avoir été réélu maire de Cannes dès le premier tour avec 88 % des voix, il quitte Les Républicains et prend son indépendance pour porter une voie libérale-conservatrice, et se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2027[3].
David Lisnard est-il libéral ?
David Lisnard peut dans son discours utiliser des marqueurs idéologiques libéraux, comme le fait de se référer parfois à Friedrich Hayek ou Margaret Thatcher, suscitant un intérêt dans l'électorat libéral français. En août 2023, à l'université d'été du Medef, il se prononce contre les aides aux entreprises et pour la réduction d'autant de leur fiscalité et de la fiscalité du travail, ou plaide pour une réduction massive du déficit public, parlant de la dépense publique comme une drogue. Lors de la réforme des retraites il défend un recours à la retraite par capitalisation, ou considère que l’État doit se recentrer sur le cœur de son rôle, en particulier ses fonctions régaliennes : « Plus l’État a élargi son champ d’action, plus il déresponsabilise, moins il est capable d’assumer sa mission »[4]. Son bilan fiscal local semble positif, avec une (petite) baisse des dépenses de la ville[5], et une dette en baisse régulière[1]. Lors des législatives anticipées de 2024, il se positionne avec les candidats de son parti (Nouvelle Énergie) sur un discours de responsabilité fiscale et de modération de la dépense publique.
Il se positionne par ailleurs sur certaines mesures sociétales en ligne avec les idées libérales : suppression totale de la carte scolaire et promotion de la liberté scolaire, moindre intervention de l’État dans le logement, en particulier en supprimant la loi Gayssot sur le logement social, etc.
Néanmoins, son éloge de la modération de la dépense publique semble fortement variable selon l'intérêt politique de la dépense : maire de la ville du Festival de Cannes, il est ainsi le défenseur de la politique étatiste de soutien massif au cinéma, qualifiée de « politique publique habile »[6].
Son bilan sur les libertés individuelles est médiocre, et témoigne de réflexes à l'opposé des valeurs libérales. C'est l'un des politiques qui s'est montré le plus liberticide dans la gestion de la crise du covid, ayant recours à des mesures comme l'utilisation de caméras de surveillance en avril 2020 pour surveiller les habitants ne portant pas le masque. Dans une logique « sanitaire mais aussi psychologique », il fait réaliser en mai 2020 une « désinfection » des plages de la ville avec de l'eau oxygénée[7]. Loin de revenir sur ses choix, il défend un an plus tard en avril 2021 un durcissement des politiques sur le covid, allant jusqu'à défendre une politique zéro covid aux conséquences hautement liberticides[8] et dont le bilan s'est révélé catastrophique.
En 2014, il fait partie des maires « en pointe » sur l'interdiction du burkini par un arrêté municipal. Après décision de justice condamnant une violation des « libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et venir et la liberté de conscience », il doit rapidement revenir sur son arrêté[9]. Au global, il semble en 2024 incarner le créneau du conservatisme classique en France, s'inspirant du libéralisme économique, au moins sur certains aspects, et avec des mesures sociétales conservatrices, sur l'immigration en particulier. Un positionnement classique de droite, plus que libéral.
Prises de position
En politique étrangère, il estime que la France doit être une alliée d'Israël, en particulier contre le terrorisme, expliquant : « d’un point de vue historique, a-t-il déclaré, depuis 1948, la France et Israël ont été des alliés très liés. Nous sommes encore des alliés et la France a intérêt à ce que l’État d’Israël soit fort avec une démocratie forte au sein du Proche-Orient et doit le soutenir dans sa guerre contre l’islam radical »[10].
Il considère que « l'immigration est devenu un problème majeur… La France a accueilli un record de 500 000 personnes l’année dernière. Il faut couper le robinet dans l’intérêt de l’équilibre de la société française ».
Face à un Éric Zemmour qui demandait à être exonéré de la condition de parrainages d'élus pour la présidentielle, David Lisnard, comme président de l'Association des Maires de France, avait déclaré que ce sujet n'était pas de sa compétence mais avait indiqué être favorable à une réforme du système[11]. Alors que le Front de gauche cherchait à interdire le meeting d'Éric Zemmour à Cannes en 2022, David Lisnard s'y était opposé au nom de la liberté d'expression. Au final en 2022, le maire de Cannes avait donné son parrainage au candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon[12] quand celui-ci était menacé de ne pas pouvoir se présenter.
Notes et références
- Dette de Cannes (06400)
- David Lisnard : «Notre projet passe par des efforts, mais des efforts partagés», Libération
- Présidentielle 2027 : David Lisnard ouvre le chemin du sursaut français
- Cannes : un budget solide malgré les charges liées au Covid et des investissements massifs pour 2022 , 22 décembre 2021
- David Lisnard et Christophe Tardieu, La Culture nous sauvera, Éditions de l'Observatoire, p. 153
- Coronavirus : à Cannes, les plages sont désinfectées, Le Parisien, 31 mai 2020
- « Il est temps de développer une politique française de maîtrise stricte du Covid-19 »
- Arrêt anti-burkini : la ville de Cannes condamnée à rembourser une amende, Le Point, 19 juin 2018
- Le maire de Cannes en visite en Israël, LPH, anciennement accessible à lphinfo.com/le-maire-de-cannes-en-visite-en-israel/
- Parrainages: Zemmour en appelle à l'AMF qui se dit pas compétente
- Présidentielle : l'étonnant choix de parrainage de David Lisnard, maire LR de Cannes




















