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mai 12, 2026

Police de l’eau !!

💧 La protection de l’eau est d’intérêt général, mais la police de l’eau qui contribue à l’assurer est affaiblie par un droit complexe, des dérogations fréquentes, des moyens mal employés, des sanctions peu nombreuses. Des évolutions s’imposent.
 

La police environnementale de l'eau

UN DROIT À CLARIFIER, UNE ACTION À RENDRE PLUS EFFICACE POUR UNE RESSOURCE VITALE MIEUX PROTÉGÉE

L’eau fait partie du « patrimoine commun » de la nation au sens de l’article L. 210-1 du code de l’environnement et bénéficie à ce titre d’une protection particulière. Sous l’autorité du préfet et du procureur de la République, la police de l’eau veille à l’application effective des normes environnementales, parmi lesquelles le respect des obligations européennes incombant à la France en matière de préservation des milieux aquatiques. Elle instruit dans ce cadre les demandes relatives aux projets qui ont des impacts sur l’eau, contrôle le respect des normes et propose des sanctions lorsqu’elles sont enfreintes. Les usages de l’eau par l’ensemble des publics peuvent en effet générer des pollutions ou des modifications préjudiciables aux écosystèmes aquatiques et sont donc tous soumis à la police de l’eau. Or, aujourd’hui, moins de la moitié des masses d’eau de surface françaises se trouve dans un bon état écologique. Dans ce contexte, la Cour des comptes a conduit une évaluation, qui vise à apprécier l’utilité, l’efficacité et l’efficience de la police de l’eau. 

Une organisation complexe et une règlementation à clarifier pour une action mieux comprise et plus efficace

Plusieurs facteurs contribuent à rendre difficile l’exercice de la police de l’eau. Aux côtés des inspecteurs de l’environnement des installations classées (ICPE), dont environ un tiers seulement de l’activité est en lien avec la police de l’eau, les directions départementales du territoire (DDT) et l’Office français de la biodiversité (OFB) sont les acteurs du quotidien de la police de l’eau. Au-delà de cette organisation complexe, les objectifs qui sous-tendent l’intervention de ces agents ne font pas consensus. En effet, la police de l’eau ne protège de manière évidente ou immédiatement visible ni l’intégrité des personnes ni des valeurs sociales communes comme la sûreté, la propriété ou la santé publique : le décalage temporel entre les infractions et leurs conséquences dommageables pour les personnes et les biens n’en facilite pas la compréhension. De plus, l’accès à l’eau se situe à l’intersection de politiques publiques dont les objectifs peuvent être en opposition : l’objectif d’amélioration de la qualité de l’eau peut notamment se heurter à celui de maintien de l’emploi dans le secteur industriel ou de rendements à l’hectare élevés en matière agricole. Cette incompréhension peut déboucher sur des situations conflictuelles et donner lieu à des violences, comme ce fut le cas lors du mouvement agricole de 2024. Pourtant, les interdépendances entre biodiversité, eau, alimentation et santé sont aujourd’hui scientifiquement démontrés – comme le rappelle par exemple le rapport Nexus de l’IPBES de 2024. Une gestion durable de la ressource en eau et la prise en compte de tous ces enjeux exige des politiques et des actions capables de créer des synergies, maximisant les co-bénéfices pour la biodiversité, l’eau, le climat, ainsi que pour la santé et l’alimentation humaine plutôt que de maintenir, comme c’est le cas aujourd’hui, des incohérences, la multiplication des dérogations et la superposition des réglementations, toutes coûteuses et génératrices de complexité réglementaire. Une simplification et une mise en cohérence du droit applicable, à droit constant, sont donc indispensables.

Des moyens limités à mobiliser de manière plus efficace et efficiente

Confrontés à diverses tensions sur les moyens à leur disposition et à une complexification de leurs missions, les agents chargés de la police de l’eau sont conscients des faiblesses structurelles de leur intervention. L’analyse des moyens consacrés à la police de l’eau met de fait en lumière leur hétérogénéité en fonction des services et des territoires mais également leur étroitesse, en termes d’effectifs, inférieurs à ceux d’autres pays européens, et de moyens financiers, à l’image des 130 M€ de budget moyen annuel estimé, largement inférieur à d’autres missions régaliennes et sans commune mesure avec les enjeux connus de santé publique et de protection des milieux. Ces moyens insuffisants se traduisent par des missions imparfaitement réalisées et un déficit de pilotage, malgré les indéniables progrès accomplis ces dernières années. Pourtant, l’étude menée dans le cadre de la présente évaluation par la Toulouse School of Economics (TSE) met en lumière l’effet positif de la police de l’eau sur la préservation des milieux. Alors que les pressions anthropiques sur l’eau vont croissant, que leur impact sur la qualité et la quantité de la ressource se fait plus fort à mesure que le changement climatique s’accélère et face à l’absence d’amélioration significative de la qualité des masses d’eau, il est nécessaire de mener des politiques d’investissement attendues depuis longtemps et qui permettraient aux agents de dégager des gains d’efficience afin de mieux remplir leurs missions. Ces gains ne doivent évidemment pas être utilisés pour justifier des baisses d’effectifs d’ores et déjà insuffisants. De plus, l’approche cloisonnée entre politiques environnementale et agricole conduit à ne pas partager des outils pourtant utiles aux deux. Par exemple, les images satellites disponibles au sein des services du ministère de l’agriculture ne sont pas mis à la disposition des agents chargés de la police de l’eau, obligeant l’État à mobiliser d’autres méthodes moins efficaces.

Un renforcement des suites données aux contrôles pour mieux protéger la ressource 

En 2009, lors d’un précédent rapport sur le même sujet, la Cour recommandait de renforcer le caractère répressif de la police de l’eau mais en dix-sept ans, peu de choses ont évolué. Surtout, sans envisager un durcissement du droit que la Cour ne recommande pas aujourd’hui, elle observe que les sanctions, même lorsque les infractions sont dument constatées, tout particulièrement les sanctions administratives, ne sont que très rarement prononcées. Alors que l’on constate dans le champ judiciaire une intervention plus nette que par le passé, qui se concentre sur les infractions les plus lourdes et les plus nuisibles aux milieux aquatiques et en privilégiant les mesures alternatives aux poursuites, c’est par un recours accru à la police et aux sanctions administratives, avec une approche privilégiant l’intelligence des situations, la pédagogie, le suivi systématique des non-conformités et l’utilisation de toute la palette des suites (amendes, consignations, astreintes) qu‘une plus grande efficacité de la police de l’eau doit être recherchée. Le rôle des préfets est à cet égard déterminant, puisque c’est lui qui décide des suites données au constat des infractions. Outre le préalable d’une nécessaire clarification et simplification des normes applicables et d’une cohérence accrue entre politiques publiques, en veillant à utiliser les leviers importants que sont la pédagogie et la communication, les conditions pour aboutir à une plus grande effectivité du droit sont de deux ordres : conforter la coopération entre préfets et procureurs et donner instruction de mettre en œuvre des suites administratives avec détermination dans tous les territoires pour donner aux services le signal d’une évolution. Cela suppose une mobilisation conjointe de leviers variés articulés de manière cohérente, fondée sur des priorités claires et une volonté politique durable.

Bon état des eaux : 

la DCE définit le « bon état » d’une masse d’eau de surface lorsque l’état écologique (qui peut être classé de « mauvais » à « très bon ») ainsi que l’état chimique de celle-ci sont au moins « bons » Le bon état d’une eausouterraine est l’état atteint par une masse d’eau souterraine lorsque son étatquantitatif et son état chimique sont au moins « bons »


Contrôles conditionnalité PAC : 

le principe de conditionnalité soumet le versement de la plupart des aides communautaires du 1 er et du 2 ème pilier au respect des « exigences réglementaires en matière de gestion » (ERMG) et des « bonnes conditions agricoles et environnementales » (BCAE) Parmi les neuf BCAE, la BCAE 2 vise à protéger les zones humides (sur 10 % des zones humides) tandis que la BCAE 4 prévoit des bandes tampons de cinq mètres le long des tronçons hydrographiques


Cours d’eau : 

écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel à l’origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année L’écoulement peut ne pas être permanent compte tenu des
conditions hydrologiques et géologiques locales (article L 215-7-1 du code de l’environnement)


Continuité écologique : 

sur un cours d’eau, absence d’obstacle d’origine naturelle (branchages) ou humaine (barrage, moulin, etc ), qui empêche la libre circulation de l’eau, des sédiments et des espèces végétales et animales La continuité écologique joue un rôle important pour le bon état des masses d’eau car la circulation naturelle de l’eau et des sédiments permet de filtrer les polluants, d’oxygéner l’eau et de limiter la prolifération d’algues ou de bactéries Par ailleurs, elle est importante en termes de biodiversité et de lutte contre les inondations


Eaux brutes : 

eaux superficielles ou souterraines telles qu’elles sont dans le milieu naturel avant d’avoir été traitées en vue d’un usage (par exemple en vue de la rendre potable)
Principales notions utiles en lien avec la police de l’eau

Eaux de surface : 

eaux continentales autres que souterraines, eaux de transition (deltas, estuaires) et eaux côtières Par opposition, les eaux souterraines sont toutes les eaux se trouvant sous la surface du sol


Forage : 

ouvrage ou pompe destiné à prélever des eaux souterraines (article L 214-1 et suivants du code de l’environnement) Un forage non conforme peut entraîner une pollution des nappes phréatiques


Inspecteurs de l’environnement :
 

agents commissionnés et assermentés exerçant des missions de police de l’environnement, c’est-à-dire chargés de rechercher et de constater les infractions au code de l’environnement (déchets, pollutions de l’eau, de l’air ou du sol, risques accidentels, etc ) Ils peuvent exercer leurs fonctions dans des services de l’État (DDT, DREAL, DDPP, etc ), à l’OFB ou dans les parcs nationaux Ils sont divisés en deux catégories : les inspecteurs de l’environnement eau et nature et les inspecteurs de l’environnement des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)


Installations classées : 

installations qui peuvent avoir des impacts (pollution de l’eau, de l’air, des sols, etc ) et présenter des dangers pour l’environnement, la santé et la sécurité publique Il peut s’agir d’usines, de méthaniseurs agricoles, de stations-services, etc Elles sont encadrées par une réglementation spécifique, régie par le livre V du code de l’environnement, qui décline des régimes gradués selon la gravité des dangers et des nuisances, de la procédure de déclaration à celle d’autorisation (pour les plus dangereuses)


Masse d’eau :
 

découpage des milieux aquatiques destiné à être l’unité d’évaluation de la directive cadre sur l’eau Il s’agit d’une partie des eaux de surface, telles qu’un lac, un réservoir, une rivière, un fleuve ou un canal, une eau de transition ou une portion d’eaux côtières


Nomenclature IOTA : 

dans une logique préventive, la loi sur l’eau n° 92-3 du 3 janvier 1992 instaure une obligation de déclaration ou de demande d’autorisation pour les projets susceptibles d’avoir un impact sur la ressource en eau Cette règlementation portant sur les installations, ouvrages, travaux ou activités (IOTA) appelée nomenclature IOTA est au fondement de la police de l’eau Elle figure au tableau annexé à l’article R 214-1 du code de l’environnement
La police de l’eau se fonde sur cette nomenclature pour délivrer les autorisations et les assortir le cas échéant de prescriptions, générales ou spécifiques au projet


Plan d’eau : 

étendue d’eau douce continentale de surface, libre, stagnante, d’origine naturelle ou artificielle, de profondeur variable Ce terme recouvre les lacs, les retenues, les étangs, les gravières, les carrières, les marais


Politique de l’eau :
 

organisée à l’échelle de chaque bassin versant, politique de protection et de répartition de la ressource en eau entre ses différents usagers, dont les compétences sont partagées à chaque niveau entre l’État et les collectivités territoriales

Référentiel hydrographique : 

référentiel qui vise à décrire les entités hydrographiques présentes sur le territoire français afin de constituer un référentiel national


Schémas d’aménagement et de la gestion des eaux (SAGE) :
 

schémas constituant la déclinaison locale des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Les SAGE ne couvrent que la moitié du territoire national


Tronçon hydrographique : 

identifié et délimité par les agences de l’eau, le tronçon hydrographique est le découpage le plus fin d’un réseau hydrographique (rivière, ruisseau, fossé ou canal) Un tronçon hydrographique est défini par un point kilométrique amont et un point kilométrique aval mesuré à partir de l’exutoire/embouchure du cours d’eau sur lequel il est situé.


Zones humides : 

terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année (article L 211-1 du code de l’environnement) En matière de régulation de l’eau, elles assurent un rôle d’épuration naturelle, par la filtration de nombreux polluants, absorbent et stockent les excès temporaires d’eau, permettant ainsi de prévenir les inondations, et alimentent les nappes phréatiques Par ailleurs, elles constituent des réservoirs de biodiversité et des
puits de carbone


Zone de répartition des eaux :
 

territoire où les ressources en eau souterraine ou superficielle sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins, surtout en période de sécheresse ou de forte demande Ces territoires font l’objet de mesures particulières, afin de sécuriser l’alimentation en eau potable et d’assurer l’ensemble des activités économiques

 Recommandations

 Orientation n° 1 : clarifier la règlementation applicable en matière de police de l’eau afin qu’elle soit mieux comprise, appliquée et respectée


1. Achever et rendre opposable au plus tard en 2028 la carte unique du réseau hydrographique commencée en 2015, en assurant sa cohérence entre départements avec l’appui de l’IGN et d’un tiers de confiance scientifique (ministère de la transition écologique, ministère de l’agriculture, 2028).


2. Dans une perspective de fusion des référentiels hydrographiques utilisés dans le domaine agricole, expertiser dans le cadre de la révision de la prochaine PAC la faisabilité d’une transformation des zones de non traitement le long des cours d’eau en bandes enherbées de cinq mètres pour les bénéficiaires des aides de la PAC (ministère de l’agriculture, 2026).


3. À l’inverse de ce qui a été fait pour les cours d’eau, retenir une définition unique des zones humides dont l’inventaire devra être achevé en 2027 pour la mise en œuvre de l’ensemble des politiques publiques (ministère de l’agriculture, ministère de la transition écologique, 2027).


4. Confier au Conseil d’État une mission de clarification et de mise en cohérence des textes normatifs régissant les pouvoirs de police de l’eau (Premier ministre - secrétariat général du Gouvernement, 2027).

Orientation n°2 : favoriser une mobilisation plus efficace des moyens de la police de l’eau pour des contrôles plus utiles

5 . Pour des contrôles de la conditionnalité PAC permettant une mise en œuvre plus effective de la directive-cadre sur l’eau, déployer de nouveaux points de contrôle, notamment sur place et pour partie inopinés, tout en allégeant les contrôles documentaires (ministère de l’agriculture, ministère de la transition écologique, 2027).

6 . Donner aux inspecteurs de l’environnement un accès à tous les outils développés pouvant être utiles aux contrôles, parmi lesquels le système de suivi des surfaces agricoles en temps réel 3STR et les bases de données d’identification animales (ministère de la transition écologique, ministère de l’agriculture, 2027 ; recommandation réitérée et modifiée).

7. Mettre en œuvre un dispositif de rapportage national fiable et automatisé s’appuyant sur les logiciels métiers (ministère de la transition écologique, ministère de l’agriculture, ministère de l’intérieur, OFB, 2028).

8. À effectifs constants, renforcer le volume d’heures consacrées aux contrôles et à leurs suites en recourant à des leviers technologiques permettant des gains d’efficience (ministère de la transition écologique, ministère de l’agriculture, ministère de l’intérieur, ministère de l’économie et des finances, 2027). 
 
Orientation n°3 : renforcer les suites administratives, aujourd’hui très peu mises en œuvre, mais également la prévention et la pédagogie

9. Dans l’objectif de renforcer les suites données aux contrôles, prendre une instruction interministérielle sur la stratégie des contrôles en matière de police de l’eau et de la nature, assortie d’un guide détaillé permettant une meilleure gradation de ces suites (ministère de la transition écologique, ministère de la justice, ministère de l’intérieur, ministère de l’agriculture, 2026).

10. Renforcer les objectifs de formation des exploitants agricoles au respect de la règlementation environnementale applicable dans leurs exploitations dans le nouveau contrat d’objectifs et de performance du réseau des chambres d’agriculture (ministère de la transition écologique, ministère de l’agriculture, Chambresd’agriculture France, 2026).
 

décembre 16, 2014

Drone attitude et l'Etat tax

L'Université Liberté, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.



La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) vient de publier une courte notice rappelant dix principes de base à respecter lorsqu’on veut faire voler son drone en toute légalité. Signe d’un effort bienvenu de simplification, ce document de deux pages pourrait d’ailleurs se retrouver prochainement dans les boîtes de drones neufs.

En avril dernier, la députée Virginie Duby-Muller se plaignait auprès du gouvernement de la trop grande complexité des règles applicables aux drones de loisirs. « La réglementation est en effet très stricte mais aussi particulièrement complexe, écrite dans un jargon issu du monde aéronautique ce qui la rend quasiment incompréhensible pour le grand public, déplorait l’élue UMP au travers d’une question écrite. De plus, la prise de photos aériennes est soumise à autorisation et peut tomber sur le coup de la législation sur les données personnelles. »

Bref, pas simple de s’y retrouver, comme nous l’avait expliqué l’avocat Julien Brochot (voir notre interview). En guise de réponse, le ministère de l’Écologie a expliqué la semaine dernière à la députée qu’une page Internet avait été spécialement mise en place « afin de rappeler aux utilisateurs de drones professionnels et aux amateurs les exigences principales qui leur sont applicables, les démarches administratives à suivre, ainsi que les sanctions administratives et pénales qu'ils encourent en cas de manquement à la réglementation en vigueur ».

La DGAC dévoile sa notice, articulée autour de 10 règles clés

Ségolène Royal précisait surtout qu’une « réflexion » était « actuellement en cours entre la DGAC, la CNIL et des constructeurs de drones destinés à un usage de loisir, afin que les constructeurs intègrent à la notice d'emploi ou aux emballages de leurs drones vendus en France, des éléments d'information visant à rappeler aux utilisateurs de ces drones les règles de sécurité applicables ».

De fait, les choses étaient déjà bien avancées. Vendredi, la DGAC a effectivement mis en ligne la fameuse notice sur les « règles d’usage d’un drone de loisir » (PDF). Ce document de deux pages « rappelle aux utilisateurs, dans un format court et simple, ce qu’ils ont le droit de faire ou non et qu’il existe un espace aérien dans lequel on ne fait pas ce qu’on veut » explique l’institution, qui ambitionne d’éviter ainsi certaines imprudences et négligences.




Assurer la sécurité des personnes et des autres aéronefs est DE votre responsabilité 

Je ne survole pas les personnes
J’utilise mon drone en veillant à ne pas mettre en danger les personnes et les véhicules à proximité. Je ne les survole pas et conserve une distance minimale de sécurité. Je reste bien éloigné de tout rassemblement de personnes.

Je fais toujours voler mon drone à une hauteur inférieure à 150m

Je respecte toujours cette hauteur maximale afin de limiter les risques de collision entre mon drone et un aéronef. Dans tous les cas, je n’entreprends pas un vol ou j’interromps un vol en cours, si un aéronef se trouve à proximité.

Je ne perds jamais mon drone de vue

Je conserve mon drone à une distance telle qu’il reste facilement visible à l’oeil nu et je le garde à tout instant dans mon champ de vision. Les vols en immersion (FPV) à l’aide de lunettes de vision synthétique sont uniquement possibles lorsqu’une seconde personne conserve le drone dans son champ de vision et est en mesure à tout instant et aisément de reprendre les commandes du drone. 

Je ne fais pas voler mon drone au-dessus de l’espace public en agglomération
En agglomération, le survol de mon espace privé avec un drone de petite taille et sans présence de public est toléré sous réserve de respecter une vitesse et une hauteur maximale adaptées à l’environnement immédiat (bâtiments, arbres, ...) et permettant de limiter les risques en cas de perte de contrôle. Je n’utilise en aucun cas mon drone au-dessus de la voie publique. 

Je n’utilise pas mon drone à proximité des aérodromes
Je n’utilise pas mon drone à proximité de tout terrain d’aviation pouvant accueillir avions, hélicoptères, planeurs, ULM, etc. La distance minimale à respecter est de l’ordre de 5 km, et atteint 15 km pour les aérodromes les plus importants (ceux dont la piste dépasse 1 200 m).

Je ne survole pas de sites sensibles

Certains sites sensibles et leurs abords sont interdits de survol. Il s’agit par exemple des centrales nucléaires, de terrains militaires, de monuments historiques ou encore de réserves naturelles et parcs nationaux. Je me renseigne sur l’existence de tels sites avant d’entreprendre un vol. 

Je n’utilise pas mon drone la nuit
Pour assurer la sécurité des aéronefs volant à basse altitude, comme les hélicoptères réalisant des opérations de secours, la réglementation interdit l’utilisation de drones la nuit, même s’ils sont équipés de dispositifs lumineux.

Je respecte la vie privée des autres

Les personnes autour de moi et de mon drone doivent être informées de ce que je fais, en particulier si mon drone est équipé d’une caméra ou de tout autre capteur susceptible d’enregistrer des données les concernant. J’informe les personnes présentes, je réponds à leurs questions et je respecte leur droit à la vie privée. Je m’abstiens d’enregistrer des images
permettant de reconnaître ou identifier les personnes (visages, plaques d’immatriculation ...) sans leur autorisation.

Je ne diffuse pas mes prises de vues sans l’accord des personnes concernées et je n’en fais pas une utilisation commerciale
Toute diffusion d’image doit faire l’objet d’une autorisation des personnes concernées ou du propriétaire dans le cas d’un espace privé (maison, jardin, etc.) et doit respecter la législation en vigueur (notamment la Loi du 6 janvier 1978 modifiée dite « Informatique et Libertés »). Toute utilisation de drone dont l’objectif est l’acquisition de prises de vues destinées à une exploitation commerciale ou professionnelle est soumise à des exigences spécifiques et nécessite la détention d’autorisations délivrées par la direction générale de l’Aviation civile. Pour plus d‘informations à ce sujet : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Effectuer- des-activites.html 

En cas de doute, je me renseigne
Rendez-vous sur le site de la direction générale de l’Aviation civile pour plus d’informations. Les fédérations d’utilisateurs ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés sont également des sources d’information utiles. 

DGAC (direction générale de l’Aviation civile) : http://www.developpement- durable.gouv.fr/Drones-civils-loisiraeromodelisme

CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) : www.cnil.fr FFAM (Fédération Française d’AéroModélisme) : www.ffam.asso.fr 

FPDC (Fédération Professionnelle du Drone Civil) : www.federation-drone.org
Références réglementaires :

Arrêté du 11 avril 2012 relatif à l’utilisation de l’espace aérien par les aéronefs qui circulent
sans personne à bord

Arrêté du 11 avril 2012 relatif à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord, aux conditions de leur emploi et sur les capacités requises des personnes qui les utilisent


Règles d’usage d’un drone de loisirs  
Source, journal ou site Internet : direction générale de l’aviation civile
Date : 14 décembre 2014


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