Interdite une première fois à Paris, puis une seconde fois à Versailles
où elle avait été relocalisée par le groupe Les Natifs qui
l’organisait, la conférence de l’intellectuel américain Jared Taylor a
finalement été interrompue le 3 juin par la police sur ordre des
autorités préfectorales. À croire que le ministère de l’Intérieur
n’avait rien de plus pressé à faire. On comprend mieux comment des
émeutiers peuvent saccager des centres-villes en toute impunité ou
comment des pédophiles multirécidivistes continuent de circuler
librement : pour l’État, au lieu de protéger les petites Lyhanna, il
semble qu’il n’existe pas de menace plus urgente qu’une conférence
privée. Ainsi va la liberté d’expression en France. Car jusqu’à présent,
nul ne savait précisément ce qui justifiait une telle interdiction : la
conférence n’a pas été censurée pour des propos tenus, mais pour des
propos susceptibles de l’être. Ces propos, les voici. Que l’on partage
ou non les analyses de Jared Taylor, la rédaction d’« Éléments » estime
qu’il appartient aux lecteurs de les juger par eux-mêmes et s’honore
d’en publier aujourd’hui la version française.
Le dilemme américain est désormais le dilemme européen.
Qu’est-ce que le dilemme américain ?
En
Amérique, tout commence par le fait que nous avons eu une société
multiraciale dès le début. Quand les Anglais sont arrivés, il y avait
déjà des Indiens. Nous avons ensuite importé une autre race : les
Africains. Et après cela, nous avons laissé entrer tout le monde, de
partout. La société multiraciale américaine a été un échec total, et
cela aurait dû être clair pour les Européens à l’époque où ils avaient
encore des pays blancs.
Une partie du problème, cependant, tenait à
ce que, même si les intellectuels européens avaient compris que
l’Amérique avait un problème racial, ils étaient convaincus qu’ils
pouvaient le résoudre. Ils pensaient que le problème n’était pas la
société multiraciale elle-même. Le problème, c’étaient ces Américains
ignorants et pleins de préjugés – surtout les Américains du Sud –, et
les Européens étaient persuadés qu’ils pouvaient nous apprendre à faire
mieux.
Combien d’entre vous ont entendu parler d’un Suédois nommé
Gunnar Myrdal ? C’était un économiste de gauche qui a reçu le prix
Nobel. Mais il a aussi publié en 1944 l’un des livres les plus influents
jamais écrits sur les relations raciales aux États-Unis. Il
s’intitulait An American Dilemma. Il a connu 25 réimpressions, il est ressorti en deuxième édition en 1965 et était même réédité en deux volumes en 1996.
Pendant des années, Un Dilemme américain
a été presque la Bible, le guide essentiel des relations raciales
américaines. J’ai lu toutes les 1 400 pages de ce gros livre, et je peux
en résumer le contenu très facilement : c’est entièrement la faute des
Blancs.
C’est toujours comme ça. Les Blancs – en l’occurrence un
Suédois – qui ont peu d’expérience avec les personnes d’autres races
pensent toujours qu’ils savent mieux – qu’ils sont plus vertueux – que
ceux qui ont peut-être vécu avec d’autres races pendant des centaines
d’années.
À l’époque, Gunnar Myrdal appelait le problème des
relations raciales le « dilemme américain », et en 1944, c’était bien
ça. Aujourd’hui, c’est le dilemme européen, le dilemme canadien, le
dilemme australien. C’est partout le dilemme de l’homme blanc.
Et
regardez la Suède aujourd’hui. Quand Myrdal est mort, en 1987, la Suède
était à 98 % blanche. Aujourd’hui, grâce à l’immigration, la Suède est à
environ 30 % non blanche et elle a quasiment toutes les années le taux
de viols le plus élevé de toute l’Europe. Les Suédois ont à peu près
cessé de faire la leçon aux Américains.
L’expérience de la colonie de Jamestown
Donc,
d’abord, j’aimerais vous dire quelques choses sur les relations
raciales américaines que vous ne savez probablement pas. Et ensuite,
j’aimerais parler du tableau plus large. Le dilemme européen.
Commençons par l’Amérique
Je
suppose que la plupart d’entre vous ont entendu parler de la colonie de
Jamestown en Virginie ? C’était le premier établissement anglais
permanent dans le Nouveau Monde, fondé en 1607. Bien sûr, il y avait
déjà des Indiens en Virginie. Ainsi donc quand l’année prochaine
marquera les 420 ans du début de mon pays, cela signifiera aussi 420 ans
de relations raciales – 420 ans pendant lesquels les Américains ont
appris certaines leçons raciales, les ont toutes oubliées, et sont en
train de les réapprendre lentement aujourd’hui.
Quand les colons
anglais sont arrivés à Jamestown en 1607, les Espagnols étaient déjà
présents dans le Nouveau Monde depuis plus d’un siècle. Jusqu’en 1607,
200 000 Espagnols avaient émigré dans les colonies. Ils avaient trouvé
de l’or et de l’argent et avaient rapporté une immense richesse en
Espagne. En même temps, les Espagnols s’étaient forgé une réputation
mondiale de cruauté envers les Indiens d’Amérique.
C’est pourquoi
le but de la colonie de Jamestown était de mettre la main sur des
trésors, mais les Anglais étaient déterminés à ne pas commettre l’erreur
espagnole de maltraiter les Indiens. Comme d’habitude, ceux qui
n’avaient aucune expérience pensaient qu’ils feraient mieux que ceux qui
avaient déjà un siècle d’expérience.
Il est important de noter
que les Anglais n’avaient aucune idée préconçue de différences raciales
ou de supériorité. Ils voyaient les Indiens comme essentiellement
identiques à eux-mêmes. C’était complètement différent de leur vision
des Arabes ou des Noirs africains, qu’ils considéraient comme étranges
et étrangers.
De la coexistence difficile…
La
colonie a commencé avec uniquement des hommes – environ une centaine –
et ils ont prudemment et pacifiquement choisi un emplacement pour leur
campement qui n’était revendiqué ni habité par personne. Ils ne
voulaient offenser personne. Le chef de la colonie, Edward-Maria
Wingfield, a même décrété que, puisque les Anglais venaient en paix, ils
ne construiraient aucun mur et il n’y aurait aucun entraînement aux
armes.
Cependant, alors que le campement n’avait même pas deux
semaines d’existence, des centaines d’Indiens ont attaqué et tenté
d’exterminer les Anglais. Il y a eu des morts des deux côtés ; et les
Anglais auraient été massacrés s’ils n’avaient pas tiré avec un canon
qui se trouvait à bord d’un des navires. Le bruit de la détonation a
terrifié les Indiens qui se sont enfuis. À la suite de quoi, les Anglais
ont rapidement construit un fort en rondins.
Malgré ce mauvais
départ, tous les documents existants concordent : les Anglais voulaient
toujours faire mieux que les Espagnols et vivre en paix avec les
Indiens. Cependant, à leur grande déception, ce sont les tribus qui
vivaient le plus près d’eux qui les aimaient le moins. Seuls ceux qui
vivaient le plus loin étaient amicaux et prêts à commercer. C’est un
principe fondamental des relations raciales : elles sont toujours
meilleures à distance.
Le chef des Indiens voisins s’appelait
Powhatan, et sa fille préférée, Pocahontas, s’est convertie au
christianisme et a épousé un colon anglais en 1614, sept ans après le
début de la colonie. Ce fut le début d’une période de paix.
Le
nouveau chef de la colonie, George Thorpe, travaillait incessamment pour
plaire aux Indiens. Si des colons maltraitaient des Indiens de quelque
façon que ce soit, les documents disent que George Thorpe « les
punissait sévèrement », bien qu’il n’y ait pas d’exemples précis.
Probablement les faisaient-ils fouettés. Il est à noter que lorsque des
chiens appartenant aux Anglais aboyaient sur des Indiens, Thorpe les
faisait tuer en présence des Indiens – au grand dam des propriétaires
des chiens.
… à la coexistence impossible
Mais
en 1618, quatre ans après que la princesse indienne Pocahontas a épousé
un colon, son père, le chef Powhatan, est mort, et son jeune frère,
Opechancanough, est devenu chef. Opechancanough n’avait pas de fille
préférée mariée à un Anglais, Anglais qu’il n’aimait pas.
Ainsi,
en 1622, quatre ans après être devenu chef, Opechancanough a décidé
d’exterminer les Anglais. À cette époque, il y en avait environ 1 200 à
Jamestown, répartis en plusieurs endroits différents. Chaque matin, des
Indiens venaient dans les établissements et travaillaient avec les
Anglais dans les fermes et dans les ateliers. Le 22 mars 1622, le plan
était que les Indiens se soulèvent et tuent tous les hommes, femmes et
enfants.
Cependant, l’établissement principal de Jamestown a été
averti de l’attaque par un Indien converti au christianisme. Les hommes
ont gardé leurs armes à portée de main et il ne s’est rien passé. Dans
d’autres zones, ce fut la surprise totale, et les Indiens ont tué
environ 400 colons, soit un tiers de toute la colonie. Fait
intéressant : ils ont été particulièrement cruels envers John Thorpe,
qui avait tué des chiens qui gênaient les Indiens et qui se souciait
tant de leur bien-être. Ils l’ont torturé et ont mutilé son corps.
Les
Anglais ont fait brièvement la guerre aux Indiens, mais les deux
groupes sont retournés à des relations pacifiques, comme avant.
Opechancanough est resté chef.
Étonnamment, en 1644 – 22 ans plus
tard –, Opechancanough a lancé une attaque surprise identique, et cette
fois a réussi à tuer entre 400 et 500 personnes dans une nouvelle
tentative d’extermination. Mais cette fois, les Anglais ripostèrent et
lancèrent à leur tour une campagne d’extermination, et ils ont tué
beaucoup d’Indiens, dont Opechancanough.
Les Indiens ont été détruits
J’appelle
cela la tragédie inhérente des relations raciales. Les Anglais semblent
avoir été animés de véritables intentions pacifiques. Ils n’étaient pas
agressifs, confiants, et n’avaient aucun sentiment de supériorité
raciale. La colonie de Jamestown semble avoir été un effort aussi
prometteur que possible pour établir des relations raciales pacifiques.
Et
pourtant, la simple présence d’hommes blancs constituait un acte
d’agression, même s’ils ne s’en rendaient pas compte. Les Indiens
étaient là les premiers. Il y a toujours quelqu’un qui est là en
premier. On peut juger condamnable qu’Opechancanough ait tenté à deux
reprises d’exterminer les colons par des attaques surprises sournoises,
mais je ne lui en fais pas grief. C’était la seule façon pour les
Indiens de chasser l’homme blanc et de rester maîtres chez eux. Ces
attaques ont échoué et les Indiens ont été détruits.
Et c’est
l’histoire de la conquête de l’Amérique. Les intentions des Blancs –
parfois bonnes, parfois mauvaises – n’ont pas d’importance. Le fait
fondamental est qu’un peuple disposait d’une terre, et qu’un autre
groupe, plus avancé et plus puissant, la voulait. Le résultat fut la
dépossession des Indiens, et même aujourd’hui, en dépit d’un réel
brassage, les Indiens restent un peuple distinct avec une identité
distincte, ce qui montre combien l’assimilation raciale reste
problématique, même après 400 ans. Les relations raciales entraînent
toujours des difficultés.
Ce fut une malchance pour les Indiens
que Christophe Colomb n’ait pas pu différer son voyage de cinq siècles.
S’il avait débarqué en 1992 plutôt qu’en 1492, l’ensemble du continent
aurait sans doute été classé réserve naturelle ou zone protégée du
patrimoine mondial, ouverte à quelques circuits d’écotourisme
soigneusement encadrés, mais certainement pas à la colonisation.
Les vrais ressorts de l’abolitionnisme
Maintenant, j’aimerais changer de sujet et parler des Noirs et de l’esclavage.
Si
vous pensez qu’il n’y avait d’esclavage qu’au Sud des États-Unis, vous
vous trompez. En 1770, juste avant la Déclaration d’indépendance
américaine de 1776, il y avait de l’esclavage dans toutes les parties du
Nouveau Monde : anglais, français, espagnol et portugais. Amérique du
Nord et du Sud. En 1770, 40 % des foyers blancs de ce qui est
aujourd’hui la ville de New York possédaient des esclaves noirs, et il y
avait plus d’esclaves dans la colonie de New York, au Nord, que dans la
colonie de Géorgie, au Sud.
Revenons donc aux premiers pas des
États-Unis indépendants. Le nouveau pays a ratifié sa Constitution en
1788. Le Congrès des États-Unis s’est réuni pour la toute première fois
l’année suivante, en 1789. Pays neuf, le premier Congrès devait décider
de beaucoup de choses. Il fallait mettre en place un système des
tribunaux, le service postal, le département du Trésor, le département
de la Guerre. C’est ce Congrès qui a adopté les célèbres dix premiers
amendements de la Constitution. C’est lui aussi qui devait déterminer où
serait la capitale.
Lui encore qui devait décider qui pouvait
être citoyen de ce nouveau pays. Savez-vous qui pouvait être citoyen ?
La première loi sur la nationalité, adoptée par le premier Congrès en
1790, réservait la citoyenneté uniquement aux « personnes blanches
libres de bonne moralité ».
Ce devait être une nation pour les Blancs.
À
cette époque, il y avait environ 760 000 Noirs, dont la plupart étaient
esclaves, mais même les Noirs libres pouvaient être citoyens d’un État,
mais pas des États-Unis (3,3 millions de Blancs)
Le Nord de
l’Amérique n’était pas adapté à l’esclavage de plantation, et les États
du Nord ont progressivement libéré leurs esclaves. Le mouvement
abolitionniste, cependant, est l’un des mouvements les plus mal compris
de l’histoire américaine. La plupart des Américains pensent aujourd’hui
que les abolitionnistes voulaient libérer les esclaves et les rendre
égaux aux Blancs. Pas du tout. Les abolitionnistes pensaient que
l’esclavage était mal, mais l’immense majorité voulait libérer les
esclaves et les envoyer hors des États-Unis. Ils appelaient cela la
colonisation – envoyer les Noirs dans des colonies outre-mer – et vous
pouvez y voir un plan de remigration, si vous voulez.
Politique du retour en Afrique
Cette
idée remonte à la fondation de l’Amérique. Notre troisième président,
Thomas Jefferson, possédait plusieurs centaines d’esclaves, mais il
considérait l’esclavage comme un terrible dilemme – pour reprendre ce
mot. Comme il l’a dit fameusement : « Nous tenons le loup par les
oreilles, et nous ne pouvons ni le tenir ni le lâcher. » Imaginez tenir
un loup terrifiant par les oreilles. Le tenir, c’est dangereux ; le
lâcher, c’est aussi dangereux. Jefferson pensait que l’esclavage était
une injustice grave, mais que se passerait-il si vous libériez les
esclaves ? Il pensait qu’il serait impossible pour les Blancs et les
Noirs libres de vivre ensemble.
À Washington DC, il y a un
magnifique monument à Thomas Jefferson, avec des colonnes ioniques, un
fronton et un dôme – un peu comme le Panthéon à Rome. À l’intérieur, il y
a des citations du troisième président gravées dans le marbre. L’une
dit : « Rien n’est plus certainement écrit dans le livre du destin que
ces gens, les Nègres, doivent être libres. » Mais au mémorial, la
citation s’arrête là. Cependant, dans l’original, Jefferson ne s’est pas
arrêté là. Il a écrit : « Ni n’est moins certain que les deux races,
également libres, ne peuvent vivre sous le même gouvernement. » Le
bâtiment a été achevé et inauguré en 1943. Dajà alors, les Américains se
mentaient à eux-mêmes à propos de Jefferson.
Lui, il voulait remigrer les Noirs « hors de portée du mélange », ainsi qu’il le disait.
Le
président suivant, James Madison, a tenté de faire racheter par le
gouvernement fédéral l’ensemble de la population esclave des États-Unis
afin de les réinstaller outre-mer, mais il n’a pas réussi à obtenir du
Congrès les crédits nécessaires.
Après avoir quitté ses fonctions,
Madison est devenu président de l’American Colonization Society, une
organisation privée très influente qui collectait des fonds pour envoyer
les Noirs en Afrique. Le président américain suivant, James Monroe, a
été très actif dans la création de la nation du Liberia comme lieu
d’accueil pour les Noirs américains libérés. La capitale du Liberia,
Monrovia, porte le nom de Monroe en remerciement pour son aide à la
création du pays. Dès les débuts, des personnalités américaines de
premier plan souhaitaient voir l’ensemble de la population noire quitter
les États-Unis.
Neuf des onze premiers présidents américains, d’ailleurs, à commencer par George Washington, possédaient des esclaves.
La plupart des Américains pensent qu’Abraham Lincoln, le 16e
président, appelé le « grand émancipateur », voulait rendre les Noirs
égaux aux Blancs. Ils se trompent. Lui aussi pensait que l’esclavage
était une terrible injustice, mais il insistait aussi sur le projet de
colonisation.
Pas d’abolition sans remigration
Comme
vous le savez, les États-Unis ont livré une terrible guerre intestine à
cause de l’esclavage. Plus d’Américains sont morts dans notre guerre de
Sécession que dans toutes les autres guerres américaines réunies :
750 000 morts.
Pendant que cette terrible guerre faisait rage,
Lincoln anticipait qu’elle se terminerait par l’émancipation. Mais il ne
voulait pas de Noirs libres vivant aux États-Unis. Il a nommé un
commissaire à l’émigration pour trouver un endroit où envoyer les Noirs
libres. Il a cherché dans les Caraïbes, en Amérique centrale et du Sud,
mais le projet n’a pas abouti.
Lincoln a reçu une délégation de
pasteurs noirs à la Maison-Blanche. Il leur a expliqué que la guerre
trouvait son origine dans la question raciale et les exhorta à
convaincre leurs fidèles qu’une émigration hors des États-Unis
constituait la meilleure solution, estimant que Blancs et Noirs ne
pourraient vivre ensemble
Des Noirs étaient déjà venus à la
Maison-Blanche, mais en tant que domestiques ou ouvriers, c’était la
première fois qu’ils venaient pour une affaire officielle. Et c’était
pour que le président des États-Unis leur dise qu’ils n’étaient pas
désirés et qu’ils devaient partir. Cet épisode est aujourd’hui considéré
comme si honteux dans l’histoire américaine qu’il est rarement évoqué.
Il est probable qu’un Américain sur cinq cents à peine en ait
connaissance.
Nombre de Nordistes, dans des États où l’esclavage
avait déjà été aboli, s’opposaient à l’abolition même dans le Sud, à
moins qu’elle ne conduise directement à la remigration. Ils allaient
même jusqu’à interdire les réunions des abolitionnistes à moins que
celles-ci ne défendent explicitement un projet clair : pas d’abolition
sans remigration.
Les abolitionnistes qui ne soutenaient pas
également la colonisation étaient si impopulaires, y compris dans le
Nord, qu’ils peinaient à trouver des salles pour tenir leurs réunions,
comme nous, identitaires, aujourd’hui. Et c’est ainsi qu’en 1839,
vingt-deux ans avant la Guerre civile, la Pennsylvania Anti-Slavery
Society a construit son propre bâtiment à Philadelphie pour pouvoir
tenir ses réunions. Ce bâtiment s’appelait « Le Temple du libre débat ».
La salle venait à peine d’ouvrir qu’elle fut incendiée : trois jours
seulement après son inauguration, plusieurs milliers de personnes se
rassemblèrent devant le bâtiment et y mirent le feu. Les pompiers sont
venus, mais seulement pour s’assurer que le feu ne gagne les bâtiments
voisins. Le « Temple du libre débat » a été complètement détruit. Les
habitants de Pennsylvanie ne voulaient pas vivre avec des Noirs libres.
Peut-être un Américain sur cinq mille a-t-il jamais entendu parler du
« Temple du libre débat ».
Ce qu’était l’Amérique jusqu’aux années 1950
Plusieurs
États qui ont rejoint les États-Unis avant la Guerre de sécession
espéraient éviter les problèmes raciaux en restant entièrement blancs.
Les habitants du territoire de l’Oregon, par exemple, ont d’abord voté
pour ne pas autoriser l’esclavage. Puis ils ont voté en nombre encore
plus grand pour ne pas autoriser les Noirs dans l’État du tout. Cette
interdiction a été inscrite dans la Constitution de l’Oregon de 1857.
De nombreux Américains éminents ont dit des choses très dures sur les Noirs et aussi sur les Indiens.
Le
président James Garfield, élu en 1881, a écrit : « J’ai un fort
sentiment de répugnance quand je pense aux Nègres qui deviennent nos
égaux politiques et je serais heureux s’ils pouvaient être colonisés,
envoyés au ciel, ou débarrassés de toute façon décente. » Theodore
Roosevelt a été président de 1901 à 1909. En 1901, il écrivait qu’il
n’avait « pas été capable de trouver une solution au terrible problème
posé par la présence du Nègre sur ce continent ».
À propos des
Indiens d’Amérique, il a écrit : « Je ne vais pas jusqu’à penser que le
seul bon Indien est un Indien mort, mais je crois que neuf sur dix le
sont, et je ne m’enquerrais pas trop de la santé du dixième. »
Mark
Twain, le célèbre humoriste, appelait l’Indien d’Amérique « un bon,
juste et désirable sujet d’extermination s’il n’en fut jamais un ».
Les Indiens n’ont reçu la citoyenneté américaine qu’en vertu d’une loi du Congrès en 1924.
Dwight
Eisenhower, président de 1953 à 1961, a dit qu’il pourrait être
nécessaire d’accorder aux Noirs certains droits politiques, mais que
cela ne signifiait pas l’égalité sociale « ni qu’un Nègre pourrait
épouser ma fille ». C’est seulement avec John Kennedy que nous avons
enfin un président dont les idées sur la race commencent à être
acceptables selon les normes d’aujourd’hui.
Comme beaucoup d’entre
vous le savent probablement, jusqu’en 1965, les États-Unis avaient une
politique d’immigration conçue pour garder le pays blanc, et à l’époque
il était à environ 90 % blanc. La loi Hart-Celler, qui mit fin à cette
politique, ne fut adoptée par le Congrès qu’après que ses promoteurs
eurent assuré que l’immigration non blanche resterait limitée et que
l’équilibre démographique du pays ne serait pas modifié. Si ces membres
du Congrès avaient su que dans seulement 80 ans les Blancs deviendraient
une minorité raciale, je peux vous promettre qu’ils n’auraient JAMAIS
adopté cette loi.
Jusqu’aux années 1950 environ, donc, c’est ce que la plupart des Américains blancs croyaient.
Changement radical de paradigme
Les
personnes de races différentes différaient substantiellement en
intelligence, en tempérament et en capacité ; et c’est pourquoi les
différentes races construisaient des types de sociétés différents. Ils
voulaient que les seuls Blancs vivent en Amérique, parce qu’eux seuls
pouvaient maintenir le type de civilisation que les Américains
valorisaient. L’immigration de non-Blancs leur apparaissait comme une
menace mortelle. Il était courant de soutenir que si les non-Blancs ne
pouvaient pas être expulsés, ils devaient être séparés socialement et
politiquement. Les Blancs étaient très fortement opposés au mariage avec
des non-Blancs.
Ce que les Blancs sont maintenant censés penser
est exactement l’opposé. Je ne vois guère d’exemples dans l’histoire
humaine où des valeurs fondamentales ont été si complètement renversées
en si peu de temps, sinon la Révolution islamique en Iran ou
l’effondrement du communisme en Union soviétique.
Maintenant, les
Blancs sont censés croire que les races sont absolument égales en tout
point. La race ne doit jamais être une raison pour faire un choix. Les
Blancs n’ont aucun intérêt de groupe légitime, donc ils ne doivent
jamais s’organiser en tant que Blancs. Il est immoral pour les Blancs de
vouloir rester majoritaires dans leurs patries.
La diversité
raciale est intrinsèquement merveilleuse, donc les Blancs devraient
accueillir des populations venant de partout dans leurs pays, quartiers,
institutions et écoles – même si cela réduit les Blancs à une minorité.
Nous n’en sommes pas encore au point où les Blancs sont activement
critiqués pour épouser d’autres Blancs, mais fréquenter et épouser des
non-Blancs est considéré comme merveilleusement progressiste. Et vous
voyez cela promu dans les images publicitaires tout le temps.
La bascule démographique
L’idée que toutes les races sont égales en tout point est pratiquement le 11e Commandement de la société américaine. Mais, bien sûr, ce n’est évidemment pas vrai.
En
moyenne, les Blancs ont un QI plus élevé que les Hispaniques et les
Hispaniques que les Noirs. Aux États-Unis, où les Noirs représentent
14 % de la population, ils ne constituent que 1 % des personnes ayant un
QI de 130 ou plus et environ 0,5 % de ceux ayant un QI de 140 ou plus.
Alors,
que se passe-t-il quand ils n’arrivent pas à être au même niveau que
les Blancs ? Comme toutes les races sont officiellement égales, la seule
explication autorisée de l’échec des Noirs ou des Hispaniques est
l’oppression par des Blancs méchants. Étonnamment, presque aucun Blanc
ne conteste publiquement cela. Ils se soumettent à l’humiliation et à la
discrimination flagrante parce que c’est leur faute si les autres ne
réussissent pas.
Ce sujet est interdit en Europe tout comme aux
États-Unis. Mais dans une société multiraciale, c’est de la folie de
prétendre que chaque groupe est le même.
Et, pendant que nous
ignorons la réalité de la race, les projections démographiques actuelles
aux États-Unis indiquent que les Blancs deviendront minoritaires d’ici
2045, soit dans seulement 19 ans. Déjà, chaque enfant blanc aux
États-Unis de moins de 18 ans est une minorité. D’ici 2060, les
Hispaniques seront la majorité absolue et les Blancs ne représenteront
que 30 % de la population.
La majorité est censée croire que
perdre en nombre, perdre de l’influence, perdre le contrôle de son
propre destin, et peut-être même disparaître, est une chose
merveilleuse.
L’Amérique cesse lentement d’exister. C’est une
chose indiciblement douloureuse pour moi de regarder mon pays se bercer
d’illusions jusqu’à l’autodestruction.
À mon avis, l’homme blanc a
touché le fond le 25 mai 2020. Savez-vous ce qui s’est passé ce
jour-là ? George Floyd est monté au ciel. Par la suite, trois cents
villes ont déclaré des couvre-feux. Trente États ont appelé la garde
nationale pour maintenir la paix. Mais depuis, il y a eu un
rétablissement remarquable.
Du dilemme américain au dilemme européen
Jusqu’ici, je vous ai parlé en tant qu’Américain.
Et
il serait difficile d’être plus américain que moi. Le premier Taylor
est arrivé dans les colonies anglaises en 1635. Nous avons voté à chaque
élection, nous avons combattu dans chaque guerre. Au moment de la
guerre de Sécession, tous mes ancêtres masculins en âge de combattre ont
combattu pour les États confédérés. Mon pays est rempli de nos os,
imprégné de notre sang.
Et pourtant, ma culture est européenne,
mon héritage, ma langue, la foi de mes pères, tout ce qui fait de moi un
Américain a ses racines, profondes, très profondes, en Europe. Et tout
comme mon héritage est le même que le vôtre, mon avenir et mon destin le
sont aussi. Nos destins sont liés et inséparables. Et donc, avec votre
permission, j’aimerais revendiquer l’honneur de m’appeler un Européen.
Un Européen d’expression américaine, pour emprunter et modifier une
phrase qu’utilise Jean-Yves Le Gallou.
Je crois que partout où
vous trouvez notre peuple – au Canada, en Australie, en
Nouvelle-Zélande, à la pointe sud de l’Afrique –, vous trouvez ce que
j’appelle la fraternité mondiale des Européens.
Et partout, notre peuple se réveille à la terrible crise que nous affrontons.
Pour
nous dans cette salle, c’est évident. Nos ancêtres n’ont pas construit
l’Europe pour que notre génération la donne à des étrangers. Des
étrangers qui ne sont pas nous, qui ne peuvent pas être nous, qui ne
veulent pas être nous, et qui souvent nous haïssent.
L’Europe doit
être aux Européens. Nous trouvons presque impossible de comprendre un
Blanc qui ne comprend pas cela instinctivement.
Les musulmans, en particulier, sont des ennemis jurés.
Pendant
mille ans, de l’invasion de l’Espagne par les Maures en 711 au siège de
Vienne en 1683, l’islam a été une menace mortelle pour l’Europe. Mais
maintenant, nous sommes censés laisser les musulmans déferler dans nos
pays et penser qu’ils prendront soin de nous dans notre vieillesse ? Qui
peut croire cette folie ?
Et nos dirigeants croient-ils vraiment que les Somaliens et les Congolais appartiennent à cette société ?
Heureusement,
des millions d’entre nous comprenons maintenant que c’était une
terrible erreur de ressembler à l’Amérique en ouvrant les patries
européennes à l’immigration. Des millions sont déterminés à reconquérir
leurs patries et à construire des sociétés dans lesquelles nos enfants
apprendront qu’il n’est pas seulement acceptable d’être blanc. Ils
doivent apprendre qu’il n’y a pas de plus grande bénédiction que d’être
fils et filles de l’Europe, d’être les héritiers vivants et respirants
d’un héritage magnifique, participant à part entière à cette fabuleuse
aventure que nous appelons la civilisation occidentale. Les autres n’en
sont que des spectateurs. Des imitateurs.
C’est pourquoi la remigration est la seule solution.
La plus grande des batailles
Oui,
nous sommes dans un combat pour nos vies, tout comme nos ancêtres aux
Thermopyles, à la bataille de Tours et au siège de Vienne, les
Afrikaners à la bataille de Blood River. Mais notre combat est
différent. Nos ancêtres avaient un objectif simple : vaincre l’ennemi ou
tomber les armes à la main. J’aimerais que ce soit aussi simple pour
nous. Je crois que chaque homme dans cette salle donnerait sa vie pour
assurer la survie de notre peuple. Le sang des héros passés coule dans
nos veines.
Mais notre combat est bien plus difficile. Car parmi
les forces qui nous font face se trouvent aussi nombre des nôtres, de
nos frères et de nos sœurs. Des Européens comme nous. C’est la grande
tragédie de notre lutte et cela la rend différente de toute autre lutte
dans l’histoire. Nous sommes dans la position horrible d’avoir à
expliquer à notre propre peuple qu’il est moral pour nous – pour eux –
de survivre. Personne d’autre n’a jamais eu une tâche aussi terrible. Nos adversaires ne sont donc pas nos ennemis jurés. Souvent, ce sont des membres de nos propres foyers.
Je
crois que chez presque tous les nôtres il y a encore une lueur, une
petite étincelle d’identité européenne. Notre travail est de trouver
cette étincelle, de souffler doucement et amoureusement dessus, et d’en
allumer un feu dévorant.
Je crois que c’est la plus grande lutte
de toute l’histoire humaine. Sur nous repose le destin de notre peuple,
le destin de l’Occident, le destin de tout ce pour quoi nos ancêtres ont
combattu, le destin de tout ce que nous aimons.
Je donnerais
n’importe quoi pour avoir quarante ans de moins, pour avoir quarante
années de plus à vivre au service de notre peuple. Je ne vivrai
peut-être pas pour voir l’avenir de l’Europe assuré et fortifié contre
toutes les menaces, mais VOUS qui êtes jeunes, VOUS le verrez.
Et du fond de ma tombe, je sourirai en entendant le rire de vos enfants.
Rédaction d’« Éléments »
Jared Taylor
Intellectuel américain, essayiste nationaliste, racialiste
En complément, son intervention publié par le Nlle Obs le 15 novembre 2016
Jared Taylor, théoricien du “réalisme racial”, nous écrit
L'essayiste américain, auquel nous avions consacré un article récemment, nous a adressé ce droit de réponse.
L’intérêt que vous avez porté à la récente parution en français de mon livre, «l’Amérique de la diversité, mythes et réalités» (Editions L’Aencre, traduit de l’anglais par Alain Gérardet, 502 p.), sous la forme d’une interview
mise en ligne le 6 novembre dernier, témoigne d’un certain esprit
d’ouverture. Cette initiative aurait pu rester comme l’un des rares
exemples d’écoute du mouvement politique à l’origine de l’élection du
président Trump. Tel ne fut pas le cas pour les raisons qui suivent.
Les propos qui me sont attribués dans la transcription de l’interview
conduite par Sarah Diffalah sont conformes à la discussion très civile
que nous avons eue dans le cadre agréable du Musée des Arts Premiers. En
revanche, les commentaires qui encadrent chacune de mes citations et
qui contiennent diverses affirmations sont en complet décalage avec mes
propos et mes positions publiques, à présent accessibles en français.
Le qualificatif contenu dans le titre de l’article «Jared Taylor, idéologue raciste: ''Trump sauvera les Blancs''» ne repose, et pour cause, sur aucune citation de l’interview ou du livre qui en est l’objet. Le site que j’anime, American Renaissance, est qualifié dans l’article de «suprématiste»,
terme qui m’est effectivement parfois appliqué et que je récuse à
chaque occasion. Mon admiration de la civilisation japonaise et ma
recherche ancienne de l’Autre, que mentionne bien la journaliste,
rendent absurde ce qualificatif.
Enfin, il est écrit que je défendrais un «néonazisme apaisé»,
oxymore d’un goût contestable. On s’attendrait dans un supplément
littéraire d’une grande revue, à voir un jugement aussi lourd étayé par
une citation de l’ouvrage commenté. Or aucune des 500 pages concernées
ne fait l’objet de la moindre citation en ce sens, et pour cause.
Le concept de «réalisme racial» que j’ai développé au terme d’une
longue réflexion, n’est pas une forme de haine envers l’Autre mais le
fruit d’une approche essentiellement pragmatique. Aux Etats-Unis il
s’est développé depuis les années 60 une politique constante de
«discrimination positive» reposant sur l’ethnicité, d’immigration
massive en provenance de pays émergents et, dernière étape, de
clientélisme électoral sur des bases communautaires. J’ai procédé à une
évaluation méthodique des résultats de cette politique et nous sommes
visiblement de plus en plus nombreux à estimer qu’elle est très coûteuse
et atteint le but opposé en termes de cohésion sociale.
Jared Taylor, idéologue raciste : “Trump sauvera les Blancs”
La réponse politique que j’ai initiée consiste à utiliser les règles
contemporaines du jeu social aux U.S.A. pour organiser dans le sens de
la défense de ses intérêts un groupe central d’Américains d’origine
européenne. Mes réflexions sont créditées, c’est vrai, d’un rôle notable
dans la naissance du mouvement dit «Alt right», dont je ne puis ni ne
souhaite soumettre à mon approbation toute la diversité, ni par
conséquent répondre dans sa globalité. Enfin, mes idées ont de l’avis
général exercé, je vous le concède, un rôle d’influence dans le
bouleversement politique du 8 novembre 2016, ce qui pourrait conduire à
de la retenue en les jugeant.
Jared Taylor
[M.
Jared Taylor estime que la race est un concept politique légitime et
affirme explicitement que les races sont inégales tant par la biologie
que la culture. Il fait de la protection de la soi-disant race blanche
l'objectif de son programme idéologique. Qu'il n'y voie aucun lien avec
le néonazisme ne regarde que lui, et n'engage certainement pas notre
journaliste.
Le titre «Trump sauvera les Blancs» est une concrétion de la citation: «[Trump] agit dans l'intérêt des Blancs».
La rédaction] Nlle Obs Publié le 15 novembre 2016
https://www.nouvelobs.com/actualites/20161115.OBS1231/jared-taylor-theoricien-du-realisme-racial-nous-ecrit.html