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août 27, 2026

Il faut que nous recommencions à rêver sans permission !

Il faut que nous recommencions à rêver

L'histoire d'un continent qui a inventé le futur, qui l'a abandonné, et qui peut encore aller le reprendre.

Le jour où l'Europe a ralenti

2 mars 1969. Toulouse. André Turcat pousse les manettes du Concorde 001, et une machine française s'arrache du sol devant les caméras du monde entier.
Ce jour-là, personne ne demande si c'est bien raisonnable. Personne ne réclame un comité d'éthique, une étude d'impact, un moratoire. L'Europe fait décoller le futur, et elle trouve ça normal.
Trente-quatre ans plus tard, le Concorde se pose pour la dernière fois. Pas dépassé par mieux. Pas remplacé. Abandonné.
2003 : pour la première fois de l'histoire moderne, l'humanité choisit d'aller moins vite. Et l'Europe applaudit.
Retenez cette image. Elle raconte tout ce qui suit.
 
 
 
Ce que nous étions
 
Le Concorde n'était pas une anomalie. C'était notre signature.
Nous avons bâti des cathédrales dont les architectes savaient qu'ils ne verraient jamais la dernière pierre. Nous avons lancé des caravelles vers un océan dont personne ne connaissait l'autre rive. Nous avons inventé la méthode scientifique, vaincu la rage, découvert la radioactivité, creusé un tunnel sous la mer, construit à Genève la plus grande machine jamais assemblée par l'homme.
Rêver était notre métier. Bâtir était notre langue maternelle.
 
La grande capitulation
 
Et puis nous avons cessé. Pas d'un coup. Par capitulations successives.
Nous avons inscrit la précaution dans nos constitutions et la peur dans nos programmes scolaires. Nous avons remplacé l'ingénieur par le juriste, le bâtisseur par le commentateur, l'explorateur par le régulateur. Nous avons fait de la décroissance une vertu et de l'audace un délit.
Trois générations ont grandi avec ce catéchisme : le futur est une menace, la technologie un danger, la croissance une maladie, l'ambition une indécence.
Nous sommes devenus le premier continent de l'Histoire à organiser méthodiquement son propre renoncement, et à appeler ça de la sagesse.
 
« Tes rêves »

Cette capitulation tient en deux mots. Deux mots que tout Européen ambitieux a entendus au moins une fois dans sa vie : « Tu rêves. »
Je les connais par cœur. En 2012, je suis rentré de San Francisco avec la certitude que les voitures autonomes, les fusées réutilisables et l'intelligence artificielle allaient tout changer. On m'a répondu : « Tu rêves, Brivael. »
À San Francisco, « you're dreaming » est le début d'un pitch. À Paris, c'est la fin d'une conversation.
Voilà la vraie frontière. Elle ne sépare pas deux continents. Elle sépare deux logiciels mentaux.
 
Le texte que l'Europe refuse de lire
 
En octobre 2023, Marc Andreessen publie le Techno-Optimist Manifesto. Première phrase : « We are being lied to. » On nous ment.
L'Europe a ricané. Évidemment. Le ricanement est la dernière industrie où nous sommes encore leaders mondiaux.
Mais lisez ce texte. Vraiment. Il dit tout ce que trois générations d'Européens n'ont plus le droit de penser.
Que la technologie n'est pas ce qui détruit le monde : c'est ce qui l'a construit. Que chaque bond technique a allongé nos vies, nourri nos enfants, éclairé nos nuits. Que la croissance n'est pas une option parmi d'autres : c'est la seule alternative à la stagnation, et la stagnation transforme toute société en jeu à somme nulle, et les jeux à somme nulle finissent toujours en guerre de tous contre tous. Que l'énergie et l'intelligence sont les deux carburants de la civilisation, et qu'il faut les multiplier, pas les rationner. Que le nucléaire était la solution depuis le début, et que le principe de précaution qui l'a étranglé est l'une des erreurs les plus coûteuses de l'histoire occidentale. Que le pessimisme n'est pas de la lucidité : c'est une idéologie.
Et que nos ennemis ne sont pas des hommes, mais des idées. La précaution érigée en religion. L'égalitarisme érigé en morale. La gestion du déclin érigée en projet de civilisation.
 
Pendant ce temps, en Louisiane
 
Pendant que nous ricanions, eux bâtissaient.
Aujourd'hui, SpaceX annonce Starbase Louisiana. Plus de cent milliards de dollars. Un spaceport conçu pour des milliers de vols par an. Premier lancement en 2029. Pas dans un livre blanc. Pas dans un rapport de commission. Dans le béton, l'acier et le méthane liquide.
Et nous ? Nous avons régulé l'intelligence artificielle avant de l'avoir bâtie. Nous rédigeons le code de la route d'un pays où personne n'a le droit de construire de voitures.
En 1969, le futur décollait de Toulouse. En 2029, il décollera de Louisiane.
Le rêve européen n'est pas mort. Il a déménagé.
 
Réapprendre à rêver
 
Voici maintenant la bonne nouvelle, et je veux qu'elle soit entendue jusque dans les couloirs de Bruxelles.
Rien de tout cela n'est génétique.
Le peuple qui a bâti Chartres, découvert le radium et fait voler le Concorde n'a pas changé d'ADN. Il a changé de logiciel. Le pessimisme européen n'est pas une fatalité : c'est un programme installé. Et un programme, ça se désinstalle.
Alors voici mon appel. Il est simple. Européens : réapprenez à rêver.
Rêvez de centrales nucléaires par dizaines, construites sans s'excuser. Rêvez de labos d'IA qui font trembler San Francisco. Rêvez de lanceurs réutilisables, d'usines-cathédrales, de robots dans nos ateliers, de thérapies qui feront reculer le cancer et le vieillissement. Rêvez d'un continent qui exporte du futur au lieu d'importer du renoncement.
La France a tout pour mener ce sursaut. L'énergie nucléaire. Une tradition mathématique que le monde entier nous envie. Des ingénieurs que la Silicon Valley s'arrache. Il ne nous manque qu'une chose : la permission de rêver.
Je propose qu'on arrête de la demander.
 
Nous devons rêver à nouveau.
 
Et toi, jeune ingénieur, jeune fondateur, jeune bâtisseur qui lis ceci quelque part entre Lisbonne et Helsinki : ton pessimisme n'est pas le tien. On te l'a enseigné. Rends-le.
Tu n'es pas né pour commenter le futur des autres. Tu es né pour construire le tien.
Le rêve n'est pas une fuite hors du réel. C'est la première étape de sa construction. Tout ce qui existe aujourd'hui a d'abord été rêvé par quelqu'un que les gens raisonnables traitaient de fou.
Alors la prochaine fois qu'on te dira « tu rêves », ne baisse pas les yeux. Souris. Réponds : merci.
Le Concorde attend ses héritiers.
Il est temps de rêver. Il est temps de bâtir.
Les bâtisseurs gagnent. Toujours.
 
Aujourd’hui je débattais avec un pote sur les règles à mettre en place. 
 
 Je lui disais un truc simple : en Europe, tout est illégal par défaut. Tu veux construire, soigner, expérimenter, lancer un produit ? 
 Tu commences par demander la permission. Si personne ne te répond, tu n’as pas le droit. Le silence de l’État, c’est un non. 
 
Son argument était honnête. « Je suis pas pour qu’un mec puisse faire de la merde et déverser des produits chimiques dans les rivières. » On est d’accord là-dessus. Évidemment. Le problème, ce n’est pas ça. Le problème, c’est qu’on a construit toute une civilisation sur la peur du connard visible. Et qu’on a oublié les morts invisibles. 
 
Milton Friedman l’avait vu avec une clarté presque cruelle, à travers la FDA. Un fonctionnaire chargé d’approuver un médicament peut faire deux erreurs. 
La première : laisser passer un produit qui tue. Son nom est à la une. Sa carrière est finie. 
La deuxième : bloquer ou retarder un médicament qui aurait sauvé des milliers de vies. Personne ne compte ces morts. Aucune une. Aucune sanction. La FDA ne compte pas les patients qui meurent en attendant un médicament qu’elle n’a pas encore approuvé. Elle compte seulement ceux qu’un médicament approuvé a blessés. 
 
Le système n’optimise pas pour sauver des vies. Il optimise pour ne jamais être responsable d’un scandale.
 
Après 1962, le nombre de nouveaux médicaments a chuté de plus de moitié. Les délais ont explosé. Des traitements déjà disponibles ailleurs mettaient des années de plus à arriver. On a célébré les victimes évitées de la thalidomide. On n’a jamais compté les tuberculeux, les cardiaques, les cancéreux morts en attendant un médicament déjà inventé. Ce qu’on voit : le type qui pollue la rivière. Ce qu’on ne voit pas : le patient qui meurt parce qu’on a interdit par précaution. La réponse n’est pas plus de règles avant. C’est un système connard-resistant. 
 
Un bon système ne suppose pas que tout le monde soit un saint. Il suppose qu’il y aura des salauds. Et il est conçu pour qu’un salaud ne puisse pas tout casser sans payer. Ça demande d’accepter une part de prise de risque. Une société qui refuse le risque refuse aussi le progrès. Le principe de précaution n’est pas de la sagesse. C’est un linceul. 
 
Il protège le bureaucrate. Il enterre le bâtisseur. 
 
Et ça demande de punir a posteriori, pas d’interdire a priori. Tu déverses du chimique dans la rivière ? On te ruine. On t’enferme. On t’interdit de recommencer. Fort. Vite. Sans pitié. Mais on ne gèle pas dix mille entreprises honnêtes pour empêcher le geste d’un seul connard. L’Europe a choisi l’inverse. 
 
 Interdire d’abord. Autoriser parfois. 
 
Et ne presque jamais assumer le coût de ce qu’elle a empêché. Résultat : des rivières un peu plus propres, et une médecine, une industrie, une énergie, une IA en retard. Le logiciel est simple. Liberté d’agir. Responsabilité réelle. Sanction brutale si tu nuis. Zéro permission préalable pour exister. Nos ennemis ne sont pas les gens qui ont peur du connard dans la rivière. 
 
Ce sont les idées qui ont transformé cette peur en régime par défaut. Les bâtisseurs n’ont pas besoin d’un monde sans risques. Ils ont besoin d’un monde où le risque est permis, et où le salaud paie après. 
 
 Allez construire. Sans demander la permission.
 
Elon a dit un truc d’une clarté presque brutale. « There will be no poverty in the future and so no need to save money. » 
 
La plupart des gens ont entendu une provocation de milliardaire. C’est autre chose. C’est une phrase sur la physique. Pas sur la morale. La pauvreté, ce n’est pas d’avoir moins que son voisin. C’est de manquer de ce qui rend une vie humaine possible. Manger. Se loger. Se soigner. Se déplacer. Avoir assez d’énergie et de temps pour ne pas vivre dans l’urgence permanente. La pauvreté, c’est la rareté qui t’écrase. Pas l’écart. 
 
Et c’est précisément ici que le logiciel de gauche fait son tour de passe-passe. 
 
Il redéfinit la pauvreté en inégalité. Dès que tu fais ça, le problème devient insoluble par construction. Il y aura toujours quelqu’un plus riche. Donc il y aura toujours des « pauvres ». Donc il y aura toujours besoin d’intermédiaires. Donc il y aura toujours besoin d’eux. Diviser pour régner. Classe. Quartier. Diplôme. Origine. Tout sauf la seule question utile : qui crée la valeur, et qui l’alloue sans l’avoir créée. Ils se vendent comme les sauveurs du peuple. Regarde ce qu’ils proposent depuis quarante ans. Des dispositifs qui ne sortent jamais les gens de la rareté. Qui les y maintiennent. Le piège de l’aide. Le logement verrouillé. L’école qui ne transmet plus. L’énergie volontairement renchérie. Le travail puni. Tu gagnes un peu plus, on te retire ce qu’on t’avait « donné ». Tu restes. C’est le produit. 
 
Pendant ce temps, la caste s’enrichit. Pas en créant. En allouant l’argent des autres. 
 
En vivant du 57 % du PIB qui passe par l’État. Le ministre devient banquier. Le syndicaliste devient consultant. L’élu habite un monde que les gens qu’il « défend » n’approcheront jamais. Ce n’est pas que ce sont des méchants. C’est que leur structure morale a besoin de victimes permanentes. Sans pauvres à protéger, plus de rôle. Sans rareté, plus de justification. Sans intermédiaires, plus de rente. Le socialisme n’est pas d’abord une théorie économique. C’est une structure morale à trois piliers. La rareté. Les victimes. Les intermédiaires indispensables. 
 
Elon ne parle pas de redistribution. 
 
Il parle de ce qui arrive quand ces trois piliers tombent en même temps. L’IA et la robotique — Optimus en tête — vont faire chuter le coût de presque tout ce qui constitue une vie. Nourriture. Logement. Transport. Médecine. Éducation. Énergie. Quand un robot humanoïde sait construire, soigner, assembler, livrer, le travail humain cesse d’être le goulot. La rareté des biens et des services s’effondre. Ce qui reste rare, c’est le temps, l’attention, quelques biens positionnels. Plus la survie. D’où la deuxième partie de la phrase. Plus besoin d’épargner contre la misère. Pas parce que l’État te protège. Parce que la production elle-même devient triviale. Universal high income. Pas un chèque de survie. L’abondance. Le rêve communiste — plus de pauvreté, chacun selon ses besoins — n’était pas idiot comme destination. Il était idiot comme chemin. 
 
Le collectivisme est le problème d’ordre 1. 
 
Parce qu’il détruit le calcul économique. 
Parce qu’il remplace le prix par le comité. 
Parce qu’il concentre le pouvoir dans les mains de ceux qui n’ont jamais créé ce qu’ils allouent. 
Parce qu’il a besoin de la rareté pour exister. 
 
Le capitalisme et la liberté individuelle, armés de l’abondance technologique, font l’inverse. Ils produisent tellement que le problème cesse d’être « qui mérite quoi ». Il devient « qu’est-ce qu’on fait de tout ça ». On n’abolit pas la pauvreté en volant le producteur. On l’abolit en rendant la production triviale. 
 
Les bâtisseurs sont en train de livrer ce que les planificateurs ont promis pendant un siècle. Sans Gosplan. Sans Terreur. Sans caste d’intermédiaires. Le XXIe siècle n’aura pas besoin de sauveurs. Il aura besoin de gens qui construisent. Alors on construit. 
 
Brivael Le Pogam 
@brivael
 
 

Sept menaces dont tout dépend.

Si l’on veut éviter de trébucher sur un obstacle, mieux vaut marcher les yeux ouverts. Pourtant, quand on propose la même attitude à l’égard de l’avenir, on est taxé de pessimiste ou de Cassandre, et trop souvent discrédité. Aujourd’hui plus que jamais, il faut marcher les yeux ouverts sur la route du temps. On y trouve au moins sept crevasses béantes. Toutes sont aujourd’hui documentées, chiffrées, et pour la plupart déjà à l’œuvre. Ne pas les voir, ne pas en tenir compte dans les débats sur les échéances qui s’annoncent, relèverait de l’irresponsabilité.

Première menace : En France, le débat budgétaire qui s’ouvre pour 2027 devrait rappeler une réalité que les postures électorales s’emploient à occulter : la dette publique a franchi, en août 2026, le seuil de 118,3 % du produit intérieur brut, contre 115,6 % fin 2025 et va vers 130 %. Le Conseil d’orientation des retraites prévoit, dans son rapport de juin 2025, un besoin de financement qui ne se résorbera pas avant 2070. Aucun candidat déclaré à la présidentielle ne propose, à ce jour, l’ajustement structurel massif pour les dépenses publiques et en particulier pour les retraites (recul important de l’âge de départ, désindexation partielle des pensions, fiscalisation accrue, capitalisation) qui seul permettrait d’inverser durablement cette trajectoire.

Second péril : l’emballement de la finance mondiale. La dette mondiale, publique et privée confondues, dépasse en 2026 le triple du produit intérieur brut de la planète. Cette masse, gonflée par une décennie de taux bas puis par la remontée erratique des taux longs, circule largement dans un système bancaire parallèle (fonds de private equity, hedge funds, plateformes de crédit privé) soustrait à la supervision imposée après la crise de 2008. Ni la Réserve fédérale, ni la Banque centrale européenne, ni le Comité de Bâle ne maîtrisent aujourd’hui l’ampleur des risques systémiques que ce shadow banking, largement opaque et interconnecté, fait courir à l’économie réelle ; le jour approche où les taux longs, ou un choc géopolitique, en révéleront la fragilité et où tout cela explosera.

Troisième dérive : la concentration économique. Les fusions-acquisitions mondiales devraient dépasser 5 300 milliards de dollars en 2026 : sur les cinq premiers mois de l’année, la valeur des transactions a bondi de 41 %, tandis que leur nombre n’augmentait que de 2 %. Les méga-transactions de plus de 10 milliards de dollars ont progressé de 52 % en nombre et 53 % en valeur en un an. Tout cela prouve, si c’était nécessaire, que la richesse se concentre entre un nombre toujours plus restreint d’acteurs. De l’intelligence artificielle à la pharmacie, quelques dizaines de groupes acquièrent une puissance de marché, et donc politique, que ni les autorités américaines de la concurrence ni la Commission européenne, malgré leurs procédures ouvertes contre les géants technologiques, ne parviendront bientôt plus à endiguer.

Quatrième catastrophe, la plus documentée : le dérèglement climatique. Le monde connaît cette année les incendies de forêt les plus intenses jamais enregistrés ; la banquise polaire a atteint son niveau le plus bas observé ; et la température moyenne mondiale est maintenant supérieure de 1,52 °C à celle de son niveau préindustriel, dépassant pour la première fois le seuil que l’accord de Paris visait à ne jamais franchir. Si on continue, on va vers une hausse de 4 degrés avant 2040.

Cinquième bouleversement : l’automatisation par l’intelligence artificielle et la robotique. L’OCDE évalue pour la France à quatre millions, soit le quart de l’emploi, le nombre de postes exposés à un risque élevé de disparition. Le Fonds monétaire international estime que 40 % des postes de travail dans le monde seront affectés, voire détruits ; C’est un choc beaucoup plus rapide que celui des révolutions industrielles précédentes, qui avaient laissé aux sociétés le temps de s’adapter. Et aucun projet de formation ou de reconversion n’est, à ce stade, à la hauteur de ce qui s’annonce.

Sixième menace : la mobilisation américaine dans le Golfe n’échappe ni à Moscou ni à Pékin. La Chine a multiplié cet été les manœuvres militaires autour de Taïwan, pendant que la Russie n’a pas cessé ses provocations dans toute l’Europe ; tout cela augmente le risque d’une coordination sino-russe visant à profiter de l’absence américaine, pour l’une, attaquer l’Europe et l’autre envahir Taïwan.

Septième poison, plus insidieux : la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme. En France, la Commission nationale consultative des droits de l’homme constate un enracinement de ces haines plutôt qu’un pic conjoncturel. Et d’autres poisons encore, tout aussi insidieux, comme les diverses formes de drogues et le déclin démographique.

Face à ces sept périls (et d’autres, plus discrets, comme la drogue, la démographie ou le délabrement de l’école), des réponses existent. À condition de les mettre en œuvre sans délai : maîtriser la dette publique française par un ajustement structurel assumé ; réguler la finance parallèle avant qu’elle n’impose sa propre crise ; mettre en place une politique mondiale de la concurrence à la hauteur des mégafusions ; sortir des énergies fossiles et protéger la biosphère ; organiser une formation massive à ceux des métiers que l’intelligence artificielle ne détruira pas ; réarmer suffisamment l’Europe, d’une façon autonome, pour dissuader des puissances agressives ; combattre sans complaisance la haine raciale et antisémite ; et toutes les autres formes de poisons qui s’insinuent dans les sociétés.

Tout cela suppose du courage, une mobilisation de tous les instants, un projet, des femmes et des hommes de caractère capables d’accepter d’être provisoirement impopulaires. Il nous faut très vite de la niaque, et de nouveaux Churchill.

Jacques Attali 

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

 https://www.attali.com/societe/sept-menaces-dont-tout-depend/

 

 
 
 
 
 
 

  

juin 09, 2026

Jared Taylor, la conférence interdite - Le dilemme américain est désormais le dilemme européen!

Jared Taylor, la conférence interdite

Interdite une première fois à Paris, puis une seconde fois à Versailles où elle avait été relocalisée par le groupe Les Natifs qui l’organisait, la conférence de l’intellectuel américain Jared Taylor a finalement été interrompue le 3 juin par la police sur ordre des autorités préfectorales. À croire que le ministère de l’Intérieur n’avait rien de plus pressé à faire. On comprend mieux comment des émeutiers peuvent saccager des centres-villes en toute impunité ou comment des pédophiles multirécidivistes continuent de circuler librement : pour l’État, au lieu de protéger les petites Lyhanna, il semble qu’il n’existe pas de menace plus urgente qu’une conférence privée. Ainsi va la liberté d’expression en France. Car jusqu’à présent, nul ne savait précisément ce qui justifiait une telle interdiction : la conférence n’a pas été censurée pour des propos tenus, mais pour des propos susceptibles de l’être. Ces propos, les voici. Que l’on partage ou non les analyses de Jared Taylor, la rédaction d’« Éléments » estime qu’il appartient aux lecteurs de les juger par eux-mêmes et s’honore d’en publier aujourd’hui la version française.
 
 

 

Le dilemme américain est désormais le dilemme européen.

Qu’est-ce que le dilemme américain ?

En Amérique, tout commence par le fait que nous avons eu une société multiraciale dès le début. Quand les Anglais sont arrivés, il y avait déjà des Indiens. Nous avons ensuite importé une autre race : les Africains. Et après cela, nous avons laissé entrer tout le monde, de partout. La société multiraciale américaine a été un échec total, et cela aurait dû être clair pour les Européens à l’époque où ils avaient encore des pays blancs.

Une partie du problème, cependant, tenait à ce que, même si les intellectuels européens avaient compris que l’Amérique avait un problème racial, ils étaient convaincus qu’ils pouvaient le résoudre. Ils pensaient que le problème n’était pas la société multiraciale elle-même. Le problème, c’étaient ces Américains ignorants et pleins de préjugés – surtout les Américains du Sud –, et les Européens étaient persuadés qu’ils pouvaient nous apprendre à faire mieux.

Combien d’entre vous ont entendu parler d’un Suédois nommé Gunnar Myrdal ? C’était un économiste de gauche qui a reçu le prix Nobel. Mais il a aussi publié en 1944 l’un des livres les plus influents jamais écrits sur les relations raciales aux États-Unis. Il s’intitulait An American Dilemma. Il a connu 25 réimpressions, il est ressorti en deuxième édition en 1965 et était même réédité en deux volumes en 1996.

Pendant des années, Un Dilemme américain a été presque la Bible, le guide essentiel des relations raciales américaines. J’ai lu toutes les 1 400 pages de ce gros livre, et je peux en résumer le contenu très facilement : c’est entièrement la faute des Blancs.

C’est toujours comme ça. Les Blancs – en l’occurrence un Suédois – qui ont peu d’expérience avec les personnes d’autres races pensent toujours qu’ils savent mieux – qu’ils sont plus vertueux – que ceux qui ont peut-être vécu avec d’autres races pendant des centaines d’années.

À l’époque, Gunnar Myrdal appelait le problème des relations raciales le « dilemme américain », et en 1944, c’était bien ça. Aujourd’hui, c’est le dilemme européen, le dilemme canadien, le dilemme australien. C’est partout le dilemme de l’homme blanc.

Et regardez la Suède aujourd’hui. Quand Myrdal est mort, en 1987, la Suède était à 98 % blanche. Aujourd’hui, grâce à l’immigration, la Suède est à environ 30 % non blanche et elle a quasiment toutes les années le taux de viols le plus élevé de toute l’Europe. Les Suédois ont à peu près cessé de faire la leçon aux Américains.

L’expérience de la colonie de Jamestown

Donc, d’abord, j’aimerais vous dire quelques choses sur les relations raciales américaines que vous ne savez probablement pas. Et ensuite, j’aimerais parler du tableau plus large. Le dilemme européen.

Commençons par l’Amérique

Je suppose que la plupart d’entre vous ont entendu parler de la colonie de Jamestown en Virginie ? C’était le premier établissement anglais permanent dans le Nouveau Monde, fondé en 1607. Bien sûr, il y avait déjà des Indiens en Virginie. Ainsi donc quand l’année prochaine marquera les 420 ans du début de mon pays, cela signifiera aussi 420 ans de relations raciales – 420 ans pendant lesquels les Américains ont appris certaines leçons raciales, les ont toutes oubliées, et sont en train de les réapprendre lentement aujourd’hui.

Quand les colons anglais sont arrivés à Jamestown en 1607, les Espagnols étaient déjà présents dans le Nouveau Monde depuis plus d’un siècle. Jusqu’en 1607, 200 000 Espagnols avaient émigré dans les colonies. Ils avaient trouvé de l’or et de l’argent et avaient rapporté une immense richesse en Espagne. En même temps, les Espagnols s’étaient forgé une réputation mondiale de cruauté envers les Indiens d’Amérique.

C’est pourquoi le but de la colonie de Jamestown était de mettre la main sur des trésors, mais les Anglais étaient déterminés à ne pas commettre l’erreur espagnole de maltraiter les Indiens. Comme d’habitude, ceux qui n’avaient aucune expérience pensaient qu’ils feraient mieux que ceux qui avaient déjà un siècle d’expérience.

Il est important de noter que les Anglais n’avaient aucune idée préconçue de différences raciales ou de supériorité. Ils voyaient les Indiens comme essentiellement identiques à eux-mêmes. C’était complètement différent de leur vision des Arabes ou des Noirs africains, qu’ils considéraient comme étranges et étrangers.

De la coexistence difficile…

La colonie a commencé avec uniquement des hommes – environ une centaine – et ils ont prudemment et pacifiquement choisi un emplacement pour leur campement qui n’était revendiqué ni habité par personne. Ils ne voulaient offenser personne. Le chef de la colonie, Edward-Maria Wingfield, a même décrété que, puisque les Anglais venaient en paix, ils ne construiraient aucun mur et il n’y aurait aucun entraînement aux armes.

Cependant, alors que le campement n’avait même pas deux semaines d’existence, des centaines d’Indiens ont attaqué et tenté d’exterminer les Anglais. Il y a eu des morts des deux côtés ; et les Anglais auraient été massacrés s’ils n’avaient pas tiré avec un canon qui se trouvait à bord d’un des navires. Le bruit de la détonation a terrifié les Indiens qui se sont enfuis. À la suite de quoi, les Anglais ont rapidement construit un fort en rondins.

Malgré ce mauvais départ, tous les documents existants concordent : les Anglais voulaient toujours faire mieux que les Espagnols et vivre en paix avec les Indiens. Cependant, à leur grande déception, ce sont les tribus qui vivaient le plus près d’eux qui les aimaient le moins. Seuls ceux qui vivaient le plus loin étaient amicaux et prêts à commercer. C’est un principe fondamental des relations raciales : elles sont toujours meilleures à distance.

Le chef des Indiens voisins s’appelait Powhatan, et sa fille préférée, Pocahontas, s’est convertie au christianisme et a épousé un colon anglais en 1614, sept ans après le début de la colonie. Ce fut le début d’une période de paix.

Le nouveau chef de la colonie, George Thorpe, travaillait incessamment pour plaire aux Indiens. Si des colons maltraitaient des Indiens de quelque façon que ce soit, les documents disent que George Thorpe « les punissait sévèrement », bien qu’il n’y ait pas d’exemples précis. Probablement les faisaient-ils fouettés. Il est à noter que lorsque des chiens appartenant aux Anglais aboyaient sur des Indiens, Thorpe les faisait tuer en présence des Indiens – au grand dam des propriétaires des chiens.

… à la coexistence impossible

Mais en 1618, quatre ans après que la princesse indienne Pocahontas a épousé un colon, son père, le chef Powhatan, est mort, et son jeune frère, Opechancanough, est devenu chef. Opechancanough n’avait pas de fille préférée mariée à un Anglais, Anglais qu’il n’aimait pas.

Ainsi, en 1622, quatre ans après être devenu chef, Opechancanough a décidé d’exterminer les Anglais. À cette époque, il y en avait environ 1 200 à Jamestown, répartis en plusieurs endroits différents. Chaque matin, des Indiens venaient dans les établissements et travaillaient avec les Anglais dans les fermes et dans les ateliers. Le 22 mars 1622, le plan était que les Indiens se soulèvent et tuent tous les hommes, femmes et enfants.

Cependant, l’établissement principal de Jamestown a été averti de l’attaque par un Indien converti au christianisme. Les hommes ont gardé leurs armes à portée de main et il ne s’est rien passé. Dans d’autres zones, ce fut la surprise totale, et les Indiens ont tué environ 400 colons, soit un tiers de toute la colonie. Fait intéressant : ils ont été particulièrement cruels envers John Thorpe, qui avait tué des chiens qui gênaient les Indiens et qui se souciait tant de leur bien-être. Ils l’ont torturé et ont mutilé son corps.

Les Anglais ont fait brièvement la guerre aux Indiens, mais les deux groupes sont retournés à des relations pacifiques, comme avant. Opechancanough est resté chef.

Étonnamment, en 1644 – 22 ans plus tard –, Opechancanough a lancé une attaque surprise identique, et cette fois a réussi à tuer entre 400 et 500 personnes dans une nouvelle tentative d’extermination. Mais cette fois, les Anglais ripostèrent et lancèrent à leur tour une campagne d’extermination, et ils ont tué beaucoup d’Indiens, dont Opechancanough.

Les Indiens ont été détruits

J’appelle cela la tragédie inhérente des relations raciales. Les Anglais semblent avoir été animés de véritables intentions pacifiques. Ils n’étaient pas agressifs, confiants, et n’avaient aucun sentiment de supériorité raciale. La colonie de Jamestown semble avoir été un effort aussi prometteur que possible pour établir des relations raciales pacifiques.

Et pourtant, la simple présence d’hommes blancs constituait un acte d’agression, même s’ils ne s’en rendaient pas compte. Les Indiens étaient là les premiers. Il y a toujours quelqu’un qui est là en premier. On peut juger condamnable qu’Opechancanough ait tenté à deux reprises d’exterminer les colons par des attaques surprises sournoises, mais je ne lui en fais pas grief. C’était la seule façon pour les Indiens de chasser l’homme blanc et de rester maîtres chez eux. Ces attaques ont échoué et les Indiens ont été détruits.

Et c’est l’histoire de la conquête de l’Amérique. Les intentions des Blancs – parfois bonnes, parfois mauvaises – n’ont pas d’importance. Le fait fondamental est qu’un peuple disposait d’une terre, et qu’un autre groupe, plus avancé et plus puissant, la voulait. Le résultat fut la dépossession des Indiens, et même aujourd’hui, en dépit d’un réel brassage, les Indiens restent un peuple distinct avec une identité distincte, ce qui montre combien l’assimilation raciale reste problématique, même après 400 ans. Les relations raciales entraînent toujours des difficultés.

Ce fut une malchance pour les Indiens que Christophe Colomb n’ait pas pu différer son voyage de cinq siècles. S’il avait débarqué en 1992 plutôt qu’en 1492, l’ensemble du continent aurait sans doute été classé réserve naturelle ou zone protégée du patrimoine mondial, ouverte à quelques circuits d’écotourisme soigneusement encadrés, mais certainement pas à la colonisation.

Les vrais ressorts de l’abolitionnisme

Maintenant, j’aimerais changer de sujet et parler des Noirs et de l’esclavage.

Si vous pensez qu’il n’y avait d’esclavage qu’au Sud des États-Unis, vous vous trompez. En 1770, juste avant la Déclaration d’indépendance américaine de 1776, il y avait de l’esclavage dans toutes les parties du Nouveau Monde : anglais, français, espagnol et portugais. Amérique du Nord et du Sud. En 1770, 40 % des foyers blancs de ce qui est aujourd’hui la ville de New York possédaient des esclaves noirs, et il y avait plus d’esclaves dans la colonie de New York, au Nord, que dans la colonie de Géorgie, au Sud.

Revenons donc aux premiers pas des États-Unis indépendants. Le nouveau pays a ratifié sa Constitution en 1788. Le Congrès des États-Unis s’est réuni pour la toute première fois l’année suivante, en 1789. Pays neuf, le premier Congrès devait décider de beaucoup de choses. Il fallait mettre en place un système des tribunaux, le service postal, le département du Trésor, le département de la Guerre. C’est ce Congrès qui a adopté les célèbres dix premiers amendements de la Constitution. C’est lui aussi qui devait déterminer où serait la capitale.

Lui encore qui devait décider qui pouvait être citoyen de ce nouveau pays. Savez-vous qui pouvait être citoyen ? La première loi sur la nationalité, adoptée par le premier Congrès en 1790, réservait la citoyenneté uniquement aux « personnes blanches libres de bonne moralité ».

Ce devait être une nation pour les Blancs.

À cette époque, il y avait environ 760 000 Noirs, dont la plupart étaient esclaves, mais même les Noirs libres pouvaient être citoyens d’un État, mais pas des États-Unis (3,3 millions de Blancs)

Le Nord de l’Amérique n’était pas adapté à l’esclavage de plantation, et les États du Nord ont progressivement libéré leurs esclaves. Le mouvement abolitionniste, cependant, est l’un des mouvements les plus mal compris de l’histoire américaine. La plupart des Américains pensent aujourd’hui que les abolitionnistes voulaient libérer les esclaves et les rendre égaux aux Blancs. Pas du tout. Les abolitionnistes pensaient que l’esclavage était mal, mais l’immense majorité voulait libérer les esclaves et les envoyer hors des États-Unis. Ils appelaient cela la colonisation – envoyer les Noirs dans des colonies outre-mer – et vous pouvez y voir un plan de remigration, si vous voulez.

Politique du retour en Afrique

Cette idée remonte à la fondation de l’Amérique. Notre troisième président, Thomas Jefferson, possédait plusieurs centaines d’esclaves, mais il considérait l’esclavage comme un terrible dilemme – pour reprendre ce mot. Comme il l’a dit fameusement : « Nous tenons le loup par les oreilles, et nous ne pouvons ni le tenir ni le lâcher. » Imaginez tenir un loup terrifiant par les oreilles. Le tenir, c’est dangereux ; le lâcher, c’est aussi dangereux. Jefferson pensait que l’esclavage était une injustice grave, mais que se passerait-il si vous libériez les esclaves ? Il pensait qu’il serait impossible pour les Blancs et les Noirs libres de vivre ensemble.

À Washington DC, il y a un magnifique monument à Thomas Jefferson, avec des colonnes ioniques, un fronton et un dôme – un peu comme le Panthéon à Rome. À l’intérieur, il y a des citations du troisième président gravées dans le marbre. L’une dit : « Rien n’est plus certainement écrit dans le livre du destin que ces gens, les Nègres, doivent être libres. » Mais au mémorial, la citation s’arrête là. Cependant, dans l’original, Jefferson ne s’est pas arrêté là. Il a écrit : « Ni n’est moins certain que les deux races, également libres, ne peuvent vivre sous le même gouvernement. » Le bâtiment a été achevé et inauguré en 1943. Dajà alors, les Américains se mentaient à eux-mêmes à propos de Jefferson.

Lui, il voulait remigrer les Noirs « hors de portée du mélange », ainsi qu’il le disait.

Le président suivant, James Madison, a tenté de faire racheter par le gouvernement fédéral l’ensemble de la population esclave des États-Unis afin de les réinstaller outre-mer, mais il n’a pas réussi à obtenir du Congrès les crédits nécessaires.

Après avoir quitté ses fonctions, Madison est devenu président de l’American Colonization Society, une organisation privée très influente qui collectait des fonds pour envoyer les Noirs en Afrique. Le président américain suivant, James Monroe, a été très actif dans la création de la nation du Liberia comme lieu d’accueil pour les Noirs américains libérés. La capitale du Liberia, Monrovia, porte le nom de Monroe en remerciement pour son aide à la création du pays. Dès les débuts, des personnalités américaines de premier plan souhaitaient voir l’ensemble de la population noire quitter les États-Unis.

Neuf des onze premiers présidents américains, d’ailleurs, à commencer par George Washington, possédaient des esclaves.

La plupart des Américains pensent qu’Abraham Lincoln, le 16e président, appelé le « grand émancipateur », voulait rendre les Noirs égaux aux Blancs. Ils se trompent. Lui aussi pensait que l’esclavage était une terrible injustice, mais il insistait aussi sur le projet de colonisation.

Pas d’abolition sans remigration

Comme vous le savez, les États-Unis ont livré une terrible guerre intestine à cause de l’esclavage. Plus d’Américains sont morts dans notre guerre de Sécession que dans toutes les autres guerres américaines réunies : 750 000 morts.

Pendant que cette terrible guerre faisait rage, Lincoln anticipait qu’elle se terminerait par l’émancipation. Mais il ne voulait pas de Noirs libres vivant aux États-Unis. Il a nommé un commissaire à l’émigration pour trouver un endroit où envoyer les Noirs libres. Il a cherché dans les Caraïbes, en Amérique centrale et du Sud, mais le projet n’a pas abouti.

Lincoln a reçu une délégation de pasteurs noirs à la Maison-Blanche. Il leur a expliqué que la guerre trouvait son origine dans la question raciale et les exhorta à convaincre leurs fidèles qu’une émigration hors des États-Unis constituait la meilleure solution, estimant que Blancs et Noirs ne pourraient vivre ensemble

Des Noirs étaient déjà venus à la Maison-Blanche, mais en tant que domestiques ou ouvriers, c’était la première fois qu’ils venaient pour une affaire officielle. Et c’était pour que le président des États-Unis leur dise qu’ils n’étaient pas désirés et qu’ils devaient partir. Cet épisode est aujourd’hui considéré comme si honteux dans l’histoire américaine qu’il est rarement évoqué. Il est probable qu’un Américain sur cinq cents à peine en ait connaissance.

Nombre de Nordistes, dans des États où l’esclavage avait déjà été aboli, s’opposaient à l’abolition même dans le Sud, à moins qu’elle ne conduise directement à la remigration. Ils allaient même jusqu’à interdire les réunions des abolitionnistes à moins que celles-ci ne défendent explicitement un projet clair : pas d’abolition sans remigration.

Les abolitionnistes qui ne soutenaient pas également la colonisation étaient si impopulaires, y compris dans le Nord, qu’ils peinaient à trouver des salles pour tenir leurs réunions, comme nous, identitaires, aujourd’hui. Et c’est ainsi qu’en 1839, vingt-deux ans avant la Guerre civile, la Pennsylvania Anti-Slavery Society a construit son propre bâtiment à Philadelphie pour pouvoir tenir ses réunions. Ce bâtiment s’appelait « Le Temple du libre débat ». La salle venait à peine d’ouvrir qu’elle fut incendiée : trois jours seulement après son inauguration, plusieurs milliers de personnes se rassemblèrent devant le bâtiment et y mirent le feu. Les pompiers sont venus, mais seulement pour s’assurer que le feu ne gagne les bâtiments voisins. Le « Temple du libre débat » a été complètement détruit. Les habitants de Pennsylvanie ne voulaient pas vivre avec des Noirs libres. Peut-être un Américain sur cinq mille a-t-il jamais entendu parler du « Temple du libre débat ».

Ce qu’était l’Amérique jusqu’aux années 1950

Plusieurs États qui ont rejoint les États-Unis avant la Guerre de sécession espéraient éviter les problèmes raciaux en restant entièrement blancs. Les habitants du territoire de l’Oregon, par exemple, ont d’abord voté pour ne pas autoriser l’esclavage. Puis ils ont voté en nombre encore plus grand pour ne pas autoriser les Noirs dans l’État du tout. Cette interdiction a été inscrite dans la Constitution de l’Oregon de 1857.

De nombreux Américains éminents ont dit des choses très dures sur les Noirs et aussi sur les Indiens.

Le président James Garfield, élu en 1881, a écrit : « J’ai un fort sentiment de répugnance quand je pense aux Nègres qui deviennent nos égaux politiques et je serais heureux s’ils pouvaient être colonisés, envoyés au ciel, ou débarrassés de toute façon décente. » Theodore Roosevelt a été président de 1901 à 1909. En 1901, il écrivait qu’il n’avait « pas été capable de trouver une solution au terrible problème posé par la présence du Nègre sur ce continent ».

À propos des Indiens d’Amérique, il a écrit : « Je ne vais pas jusqu’à penser que le seul bon Indien est un Indien mort, mais je crois que neuf sur dix le sont, et je ne m’enquerrais pas trop de la santé du dixième. »

Mark Twain, le célèbre humoriste, appelait l’Indien d’Amérique « un bon, juste et désirable sujet d’extermination s’il n’en fut jamais un ».

Les Indiens n’ont reçu la citoyenneté américaine qu’en vertu d’une loi du Congrès en 1924.

Dwight Eisenhower, président de 1953 à 1961, a dit qu’il pourrait être nécessaire d’accorder aux Noirs certains droits politiques, mais que cela ne signifiait pas l’égalité sociale « ni qu’un Nègre pourrait épouser ma fille ». C’est seulement avec John Kennedy que nous avons enfin un président dont les idées sur la race commencent à être acceptables selon les normes d’aujourd’hui.

Comme beaucoup d’entre vous le savent probablement, jusqu’en 1965, les États-Unis avaient une politique d’immigration conçue pour garder le pays blanc, et à l’époque il était à environ 90 % blanc. La loi Hart-Celler, qui mit fin à cette politique, ne fut adoptée par le Congrès qu’après que ses promoteurs eurent assuré que l’immigration non blanche resterait limitée et que l’équilibre démographique du pays ne serait pas modifié. Si ces membres du Congrès avaient su que dans seulement 80 ans les Blancs deviendraient une minorité raciale, je peux vous promettre qu’ils n’auraient JAMAIS adopté cette loi.

Jusqu’aux années 1950 environ, donc, c’est ce que la plupart des Américains blancs croyaient.

Changement radical de paradigme

Les personnes de races différentes différaient substantiellement en intelligence, en tempérament et en capacité ; et c’est pourquoi les différentes races construisaient des types de sociétés différents. Ils voulaient que les seuls Blancs vivent en Amérique, parce qu’eux seuls pouvaient maintenir le type de civilisation que les Américains valorisaient. L’immigration de non-Blancs leur apparaissait comme une menace mortelle. Il était courant de soutenir que si les non-Blancs ne pouvaient pas être expulsés, ils devaient être séparés socialement et politiquement. Les Blancs étaient très fortement opposés au mariage avec des non-Blancs.

Ce que les Blancs sont maintenant censés penser est exactement l’opposé. Je ne vois guère d’exemples dans l’histoire humaine où des valeurs fondamentales ont été si complètement renversées en si peu de temps, sinon la Révolution islamique en Iran ou l’effondrement du communisme en Union soviétique.

Maintenant, les Blancs sont censés croire que les races sont absolument égales en tout point. La race ne doit jamais être une raison pour faire un choix. Les Blancs n’ont aucun intérêt de groupe légitime, donc ils ne doivent jamais s’organiser en tant que Blancs. Il est immoral pour les Blancs de vouloir rester majoritaires dans leurs patries.

La diversité raciale est intrinsèquement merveilleuse, donc les Blancs devraient accueillir des populations venant de partout dans leurs pays, quartiers, institutions et écoles – même si cela réduit les Blancs à une minorité. Nous n’en sommes pas encore au point où les Blancs sont activement critiqués pour épouser d’autres Blancs, mais fréquenter et épouser des non-Blancs est considéré comme merveilleusement progressiste. Et vous voyez cela promu dans les images publicitaires tout le temps.

La bascule démographique

L’idée que toutes les races sont égales en tout point est pratiquement le 11e Commandement de la société américaine. Mais, bien sûr, ce n’est évidemment pas vrai.

En moyenne, les Blancs ont un QI plus élevé que les Hispaniques et les Hispaniques que les Noirs. Aux États-Unis, où les Noirs représentent 14 % de la population, ils ne constituent que 1 % des personnes ayant un QI de 130 ou plus et environ 0,5 % de ceux ayant un QI de 140 ou plus.

Alors, que se passe-t-il quand ils n’arrivent pas à être au même niveau que les Blancs ? Comme toutes les races sont officiellement égales, la seule explication autorisée de l’échec des Noirs ou des Hispaniques est l’oppression par des Blancs méchants. Étonnamment, presque aucun Blanc ne conteste publiquement cela. Ils se soumettent à l’humiliation et à la discrimination flagrante parce que c’est leur faute si les autres ne réussissent pas.

Ce sujet est interdit en Europe tout comme aux États-Unis. Mais dans une société multiraciale, c’est de la folie de prétendre que chaque groupe est le même.

Et, pendant que nous ignorons la réalité de la race, les projections démographiques actuelles aux États-Unis indiquent que les Blancs deviendront minoritaires d’ici 2045, soit dans seulement 19 ans. Déjà, chaque enfant blanc aux États-Unis de moins de 18 ans est une minorité. D’ici 2060, les Hispaniques seront la majorité absolue et les Blancs ne représenteront que 30 % de la population.

La majorité est censée croire que perdre en nombre, perdre de l’influence, perdre le contrôle de son propre destin, et peut-être même disparaître, est une chose merveilleuse.

L’Amérique cesse lentement d’exister. C’est une chose indiciblement douloureuse pour moi de regarder mon pays se bercer d’illusions jusqu’à l’autodestruction.

À mon avis, l’homme blanc a touché le fond le 25 mai 2020. Savez-vous ce qui s’est passé ce jour-là ? George Floyd est monté au ciel. Par la suite, trois cents villes ont déclaré des couvre-feux. Trente États ont appelé la garde nationale pour maintenir la paix. Mais depuis, il y a eu un rétablissement remarquable.

Du dilemme américain au dilemme européen

Jusqu’ici, je vous ai parlé en tant qu’Américain.

Et il serait difficile d’être plus américain que moi. Le premier Taylor est arrivé dans les colonies anglaises en 1635. Nous avons voté à chaque élection, nous avons combattu dans chaque guerre. Au moment de la guerre de Sécession, tous mes ancêtres masculins en âge de combattre ont combattu pour les États confédérés. Mon pays est rempli de nos os, imprégné de notre sang.

Et pourtant, ma culture est européenne, mon héritage, ma langue, la foi de mes pères, tout ce qui fait de moi un Américain a ses racines, profondes, très profondes, en Europe. Et tout comme mon héritage est le même que le vôtre, mon avenir et mon destin le sont aussi. Nos destins sont liés et inséparables. Et donc, avec votre permission, j’aimerais revendiquer l’honneur de m’appeler un Européen. Un Européen d’expression américaine, pour emprunter et modifier une phrase qu’utilise Jean-Yves Le Gallou.

Je crois que partout où vous trouvez notre peuple – au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à la pointe sud de l’Afrique –, vous trouvez ce que j’appelle la fraternité mondiale des Européens.

Et partout, notre peuple se réveille à la terrible crise que nous affrontons.

Pour nous dans cette salle, c’est évident. Nos ancêtres n’ont pas construit l’Europe pour que notre génération la donne à des étrangers. Des étrangers qui ne sont pas nous, qui ne peuvent pas être nous, qui ne veulent pas être nous, et qui souvent nous haïssent.

L’Europe doit être aux Européens. Nous trouvons presque impossible de comprendre un Blanc qui ne comprend pas cela instinctivement.

Les musulmans, en particulier, sont des ennemis jurés.

Pendant mille ans, de l’invasion de l’Espagne par les Maures en 711 au siège de Vienne en 1683, l’islam a été une menace mortelle pour l’Europe. Mais maintenant, nous sommes censés laisser les musulmans déferler dans nos pays et penser qu’ils prendront soin de nous dans notre vieillesse ? Qui peut croire cette folie ?

Et nos dirigeants croient-ils vraiment que les Somaliens et les Congolais appartiennent à cette société ?

Heureusement, des millions d’entre nous comprenons maintenant que c’était une terrible erreur de ressembler à l’Amérique en ouvrant les patries européennes à l’immigration. Des millions sont déterminés à reconquérir leurs patries et à construire des sociétés dans lesquelles nos enfants apprendront qu’il n’est pas seulement acceptable d’être blanc. Ils doivent apprendre qu’il n’y a pas de plus grande bénédiction que d’être fils et filles de l’Europe, d’être les héritiers vivants et respirants d’un héritage magnifique, participant à part entière à cette fabuleuse aventure que nous appelons la civilisation occidentale. Les autres n’en sont que des spectateurs. Des imitateurs.

C’est pourquoi la remigration est la seule solution.

La plus grande des batailles

Oui, nous sommes dans un combat pour nos vies, tout comme nos ancêtres aux Thermopyles, à la bataille de Tours et au siège de Vienne, les Afrikaners à la bataille de Blood River. Mais notre combat est différent. Nos ancêtres avaient un objectif simple : vaincre l’ennemi ou tomber les armes à la main. J’aimerais que ce soit aussi simple pour nous. Je crois que chaque homme dans cette salle donnerait sa vie pour assurer la survie de notre peuple. Le sang des héros passés coule dans nos veines.

Mais notre combat est bien plus difficile. Car parmi les forces qui nous font face se trouvent aussi nombre des nôtres, de nos frères et de nos sœurs. Des Européens comme nous. C’est la grande tragédie de notre lutte et cela la rend différente de toute autre lutte dans l’histoire. Nous sommes dans la position horrible d’avoir à expliquer à notre propre peuple qu’il est moral pour nous – pour eux – de survivre. Personne d’autre n’a jamais eu une tâche aussi terrible. Nos adversaires ne sont donc pas nos ennemis jurés. Souvent, ce sont des membres de nos propres foyers.

Je crois que chez presque tous les nôtres il y a encore une lueur, une petite étincelle d’identité européenne. Notre travail est de trouver cette étincelle, de souffler doucement et amoureusement dessus, et d’en allumer un feu dévorant.

Je crois que c’est la plus grande lutte de toute l’histoire humaine. Sur nous repose le destin de notre peuple, le destin de l’Occident, le destin de tout ce pour quoi nos ancêtres ont combattu, le destin de tout ce que nous aimons.

Je donnerais n’importe quoi pour avoir quarante ans de moins, pour avoir quarante années de plus à vivre au service de notre peuple. Je ne vivrai peut-être pas pour voir l’avenir de l’Europe assuré et fortifié contre toutes les menaces, mais VOUS qui êtes jeunes, VOUS le verrez.

Et du fond de ma tombe, je sourirai en entendant le rire de vos enfants.

Rédaction d’« Éléments »

Jared Taylor 

Intellectuel américain, essayiste nationaliste, racialiste
 

 
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