C'est littéralement un cheval de Troie pour justifier la fin de l'anonymat sur Internet, la création d'amendes pour des opinions, imposer l'EVARS+ et censurer les gens de droite à l'approche de 2027.
Le postulat de départ ?
Il existe un continuum entre le discours et la violence, qui relie des opinions vaguement associées au masculinisme (on revient sur sa définition juste après) et l'ultra-droite/l'internationale réactionnaire/intersectionnalité des haines...
La vraie cible de ce rapport n'est pas tant le masculinisme que la pensée de droite, voire spécifiquement la pensée chrétienne qui est visée explicitement et mise dans la définition du "masculinisme" avec un fourre-tout de groupes assez éloignés de ce que ce terme évoque.
Selon les chiffres repris d'un sondage déclaratif du HCE, 22 millions de français sont sexistes...
Donc vous avez presque une chance sur deux d'être dans le lot... surtout si vous avez déjà partagé un mème ou un terme de la culture internet et même si vous êtes "néolibéral".
Le rapport maintient un double discours tout du long : les droits des femmes sont immensément menacés par un péril urgent mais ce backlash est la conséquence d'une évidence qui est que les féminisme n'a jamais été aussi puissant au point d'être un "féminisme d'Etat".
Pour dissimuler la faiblesse des catégorisations proposées (dont les rapporteurs constatent bien qu'elles manquent de cohérence), le terme de "bar à salade" idéologique est employé. Ce qui justifie que le mot fourre-tout est flou à cause d'une stratégie masculiniste.
En s'appuyant sur cette catégorisation, le rapport en vient à amalgamer les religieux tradis (chrétiens visiblement) dans le même sac que les influenceurs crypto ou fitness et les coachs en séduction (accusés d'être des "brigades du contournement du consentement").
Les faits sont néanmoins minces pour appuyer l'alarmisme dont il est fait question. La DGSI aurait déjoué un attentat au couteau en 2025 à Saint-Etienne, et plusieurs victimes de cyber-harcèlement sont nommées.
Pourtant, le rapport pousse nettement pour des signalements et de la surveillance : il faut des référents sexisme capables de signaler les individus suspects, il faut une doctrine de sécurité similaire à celle du terrorisme, une association féministe de signalement à l'ARCOM.
On envisage aussi un fort renforcement de l'EVARS qui doit servir de "pilier de la prévention des adhésions masculinistes" et les idées de haine. Une intervenante évoque le chiffre stratosphérique d'un budget de 622 millions d'euros à débloquer.
Le deuxième axe c'est celui de la répression. Le rapport postule qu'il est nécessaire d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ce qui se traduit par une disparition de l'anonymat.
De même, il est proposé une amende pour des "outrages sexistes en ligne"
Pour les créateurs de contenus, il est recommandé de procéder à un renforcement du DSA pour notamment inclure les discours dans "des zones grises" et procéder à une démonétisation des propos...
Le paragraphe le plus inquiétant à mon sens est celui qui nous introduit le concept de contenu non illicite mais générant un risque systémique. Autrement dit, un contenu pour lequel il est impossible, en soi, de caractériser une infraction, mais qui contribue à "un risque".
Je constate donc que ce rapport crée une catégorie mal-caractérisée (potentiellement 1/4 des adultes français), qui s'apparente surtout aux anti-wokes et libéraux/conservateurs/chrétiens, et à laquelle il faudrait appliquer littéralement la même surveillance qu'au djihadisme...
L'incitation à la surveillance, à la censure et aux répressions semblent délirantes pour un objet d'étude aussi flou. Ce qui me conduit à penser qu'il s'agit surtout d'une offensive contre littéralement tout influenceur conservateur/libéral/chrétien/de droite à la veille de 2027. C'est dans la lignée des loi sur la diffamation et l'injure publique, interdire des propos même si ils sont vrais
La surveillance de masse : mythes et réalités dans un monde numérisé
Dans un monde où nos vies quotidiennes sont de plus en plus
interconnectées, la surveillance de masse évoque immédiatement des
images dystopiques : un Big Brother omniprésent, des scores sociaux qui
dictent nos libertés, ou des caméras scrutant chaque geste. Pourtant,
cette réalité n’est pas réservée aux régimes autoritaires.
Elle s’infiltre dans les démocraties libérales sous couvert de sécurité, de commodité et de profits.
À partir d’une analyse approfondie des systèmes en place en Chine,
aux États-Unis, en Europe et en France, cet article démystifie les idées
reçues et explore les mécanismes qui nous observent au quotidien. Sans
sensationnalisme, mais avec des faits concrets, nous verrons comment
cette surveillance, souvent fragmentée et commerciale, pose des
questions éthiques profondes. Et surtout, comment s’en protéger partiellement dans un environnement où l’anonymat devient un luxe.
Qu’est-ce que la surveillance de masse ?
La surveillance de masse désigne
l’observation systématique et généralisée des comportements,
communications et déplacements d’une population entière, qu’il s’agisse
d’individus ou d’entreprises.
Elle n’est pas un fantasme orwellien, mais une pratique bien ancrée,
alimentée par les avancées technologiques comme la reconnaissance
faciale, les drones, les algorithmes et les bases de données massives.
Les scandales comme les révélations d’Edward Snowden sur la NSA en 2013 ont mis en lumière les capacités des services de renseignement à collecter des données à l’échelle planétaire.
Aujourd’hui, ce n’est plus seulement
l’État qui surveille : les grandes plateformes numériques et les
fournisseurs d’équipements jouent un rôle central, transformant la
surveillance en un marché lucratif.
En effet, les « data brokers »
– ces entreprises qui collectent et vendent des informations
personnelles – prospèrent sur nos données. Nom, adresse, historique
d’achats, habitudes en ligne : tout est monnayable. Cette année, des
millions de Français ont vu leurs données exposées via des fuites chez des opérateurs comme
SFR ou Free. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Face à cela, des
outils comme Incogni émergent pour automatiser la suppression de ces
données auprès des brokers, offrant une barrière contre les usurpations
d’identité ou le harcèlement. Mais au-delà des protections
individuelles, examinons les systèmes étatiques et privés qui
structurent cette surveillance globale.
Le crédit social chinois : plus nuancé que le mythe
Le crédit social chinois est souvent dépeint comme l’incarnation
ultime de la surveillance autoritaire : un score unique qui punit ou
récompense chaque citoyen, limitant leurs libertés en cas de « mauvais comportement ».
Cette vision, popularisée par les médias occidentaux, évoque un feu
vert ou rouge flottant au-dessus de chaque tête, dictant l’accès aux
voyages, aux emplois ou aux soins. Pourtant, la réalité est plus nuancée, même si les risques d’abus restent réels.
En Chine, il n’existe pas de score social unique et national. Au lieu
de cela, plusieurs systèmes locaux ou sectoriels coexistent, souvent
expérimentaux. Les plus connus sont commerciaux : Sesame Credit d’Alipay
(groupe Alibaba) et WeChat Score de Tencent. Ces
outils fonctionnent comme des cartes de fidélité turbo, attribuant des
points pour des habitudes positives (remboursements d’emprunts,
comportements éco-responsables) et offrant des avantages comme des
réductions ou des facilités de paiement. WeChat peut même alerter les utilisateurs de la présence de personnes « blacklistées »
à proximité, encourageant à les éviter pour gagner des points. Pékin
peut théoriquement accéder à ces données, mais ces scores sont avant
tout des outils marketing générant d’énormes volumes de données
exploitables.
Le système gouvernemental repose sur des listes noires et blanches gérées par des agences comme la Commission nationale du développement et de la réforme ou la Cour suprême.
Ces listes sanctionnent le non-respect des lois existantes : impôts
impayés, dettes non remboursées, ou violations contractuelles. Être sur une liste noire (comme les « Laolai »,
les mauvais payeurs) entraîne des restrictions concrètes : interdiction
de voyages en avion ou TGV, difficultés pour louer un appartement, ou
exclusion de certains emplois publics. À l’inverse, les listes blanches récompensent
les bons citoyens, comme ceux qui rendent une location en parfait état
ou arrivent en avance aux rendez-vous médicaux.
Depuis 2014, des projets pilotes ont été lancés, mais beaucoup ont
échoué ou été ajustés en raison d’inefficacité ou d’impopularité.
Les États-Unis : une surveillance commerciale et fragmentée
Aux États-Unis, terre des libertés individuelles, la surveillance
n’est pas orchestrée par un État omnipotent comme en Chine, mais par un
écosystème privé tout aussi invasif. Les « Big Tech » – Facebook, Apple, Google – collectent des données sur plus de 200 millions d’Américains, créant des profils détaillés pour des publicités hyper-ciblées.
Google sait que vous passez une heure par jour à regarder des vidéos de
cuisine ou de chats, et anticipe vos achats (voiture, téléphone) avant
même que vous n’y pensiez.
Amazon, soupçonnée de bâtir la plus grande base de données sur les citoyens américains, est sous le feu des critiques au Sénat.
Les data brokers comme Acxiom ou Experian suivent
des centaines de millions de personnes, vendant ces informations aux
entreprises ou, sur réquisition, aux forces de l’ordre. Sur le terrain, la reconnaissance faciale prospère : Clearview AI fournit aux polices des bases de milliards de photos scrapées sur internet.
La vidéosurveillance automatisée et les algorithmes prédictifs
complètent le tableau. Ce modèle fragmenté, essentiellement commercial,
génère des profits colossaux tout en permettant à l’État d’accéder aux
données en cas de besoin. Contrairement à la Chine, la surveillance
américaine est discrète, masquée derrière des termes d’utilisation et
des algorithmes opaques, mais elle est tout aussi généralisée.
l’Europe et la France : des cadres légaux, mais des intrusions croissantes
En Europe, la surveillance semble plus encadrée grâce au RGPD (Règlement général sur la protection des données) et à des autorités comme la CNIL en
France. Pourtant, les exceptions au nom de la sécurité érodent ces
protections. L’Union européenne pousse pour une identité numérique
interconnectée via le règlement eIDAS, reconnaissant mutuellement les systèmes d’identification des États membres. Le Digital Identity Wallet,
en déploiement, stockera carte d’identité, permis et diplômes en un
seul endroit, facilitant les contrôles et rendant le mensonge sur un CV
impossible par exemple.
L’euro numérique, une monnaie digitale, pourrait tracer toutes les transactions, rendant les espèces obsolètes. Le projet Chat Control, voté dans le cadre du Digital Services Act (DSA),
impose le scan automatique des messages privés sur des plateformes
comme WhatsApp ou Signal pour détecter contenus illégaux, fake news ou
harcèlement. Officiellement contre la pédopornographie, il soulève des
inquiétudes sur la vie privée. L’AI Act encadre
l’intelligence artificielle, interdisant la police prédictive ou la
manipulation subliminale, mais autorise la reconnaissance faciale dans
des espaces limités, comme autour des sites olympiques pour les JO de
Paris 2024.
En France, la surveillance est discrète mais omniprésente. Près de
90.000 caméras publiques filment les espaces urbains, certaines
« intelligentes » détectant attroupements ou objets abandonnés. Les
fichiers administratifs interconnectés (CAF, Sécurité sociale, URSSAF)
traquent les fraudeurs. Sur les routes, les plaques d’immatriculation
sont scannées pour vérifier assurances et infractions, comme sur
l’autoroute A13 sans péage physique. La nouvelle loi du 6 novembre 2023
crée le Fichier National des Comptes Signalés pour Risque de Fraude (FNCRF), contournant partiellement le secret bancaire pour lister les « mauvais payeurs ».
Ces outils accumulent des données sur
nos déplacements, achats et interactions, formant un réseau de
surveillance intégré au quotidien.
Bien que moins spectaculaire qu’en Chine, elle est tout aussi efficace, justifiée par la sécurité publique.
Comment échapper (partiellement) à la surveillance ?
Échapper totalement à la surveillance est impossible dans un monde numérisé, mais réduire son exposition est possible.
Commencez par reprendre le contrôle de vos appareils : désactivez
l’historique de localisation sur Google et Apple, limitez les
autorisations d’apps (micro, caméra, contacts). Évitez les assistants
vocaux et objets connectés qui écoutent en permanence.
Pour la navigation, optez pour Firefox, Brave ou Safari avec un
bloqueur de trackers, réduisant jusqu’à 90 % des cookies publicitaires.
Utilisez des messageries chiffrées comme Signal pour les communications.
Privilégiez les espèces pour les paiements anonymes, et des titres de
transport non nominatifs quand possible (bien que rares).
Enfin, pour les données vendues par les brokers, des services comme Incogni automatisent les demandes de suppression. Ces gestes ne vous rendront pas invisible, mais ils limitent les traces, préservant un semblant d’intimité.
Une menace globale pour la liberté
La surveillance de masse n’est pas l’apanage des dictatures ; elle imprègne les démocraties sous des formes variées.
En Chine, elle est centralisée et punitive ; aux États-Unis,
commerciale et lucrative ; en Europe et France, réglementée mais
intrusive. Ces systèmes, alimentés par la technologie, menacent nos libertés fondamentales.
Il est temps de réclamer plus de transparence et de protections
réelles, avant que l’anonymat ne devienne un souvenir. En attendant,
agissez individuellement : protégez vos données, questionnez les lois,
et soutenez les initiatives pour un numérique éthique.