L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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octobre 25, 2014

Sur la page pour une démocratie libérale 18/21 (l'armée)




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Les relations entre le pouvoir civil et l'armée

Les décisions relatives à la guerre ou à la paix sont capitales pour toute nation et, en temps de crise, de nombreux pays confient leur destin à leur armée

Ce n'est pas le cas des démocraties.

Comme les décisions relatives aux conflits armés et aux diverses menaces à la sécurité nationale sont les questions les plus importantes auxquelles une société soit confrontée, elles doivent, dans une démocratie, être tranchées par les représentants du peuple agissant en son nom. Une armée démocratique ne dirige pas une nation, elle la sert. Les chefs de l'armée conseillent les responsables élus, puis exécutent leurs décisions. Seuls les élus du peuple ont l'autorité et la responsabilité de décider du destin de leur pays.

Ce principe du pouvoir des autorités civiles sur l'armée est donc fondamental à la démocratie.

Ce sont des civils qui doivent diriger l'armée de leur pays et trancher les questions de défense nationale, non pas qu'ils soient nécessairement plus sages que les militaires de carrière, mais précisément parce qu'ils sont les représentants du peuple et que, comme tels, ils portent la responsabilité de prendre ces décisions et ont à en rendre compte.

Dans une démocratie, la vocation de l'armée est de protéger la nation et ses libertés. Elle n'a pas à représenter ou à défendre un programme politique ou le point de vue d'un groupe social ou ethnique. Elle doit respecter les grands idéaux de la nation, l'État de droit et le principe même de la démocratie.

Le pouvoir civil a la responsabilité d'assurer que les valeurs, les institutions et les politiques d'un pays reposent sur le libre choix du peuple et non de l'armée, car le but de l'armée est de défendre la société et non de la définir.

Tout gouvernement démocratique prend en compte l'avis que peuvent lui donner les militaires de carrière en se fondant sur leur expertise, lorsqu'il doit prend des décisions politiques en matière de défense et de sécurité nationale. Les responsables civils s'appuient donc sur les conseils que les militaires leur donnent à titre d'experts en la matière, puis ils leur confient l'exécution des décisions qu'ils ont prises. Seule l'autorité civile élue doit prendre les décisions politiques ultimes que l'armée, alors, exécute dans son domaine de responsabilité.

Comme les autres citoyens, les militaires peuvent, bien sûr, participer à part entière à la vie politique de leur pays, mais seulement à titre d'électeurs. S'ils veulent s'engager dans la vie politique active, ils doivent d'abord démissionner de leurs fonctions ; l'armée en tant que telle doit rester à l'écart du débat politique. Les militaires sont les servants neutres de l'État et les gardiens de la société.

En fin de compte, l'autorité du pouvoir civil sur l'armée assure que les problèmes de défense et de sécurité nationale ne risquent pas de conduire à la mise en cause des valeurs démocratiques fondamentales : loi de la majorité équilibrée par les droits de la minorité, liberté de parole et de religion et État de droit. Tous les responsables politiques portent la responsabilité d'assurer le contrôle civil de l'armée et l'obéissance de celle-ci aux ordres légitimes des autorités civiles.


Défense

De Wikiberal
 
La Défense fait partie des fonctions généralement confiées exclusivement aux États. Elle vise à assurer, en tous lieux, tous temps et toutes circonstances, l'intégrité du territoire, la protection de la population et la préservation des intérêts nationaux contre tous types de menaces et d'agressions. Elle participe également au respect des alliances, traités et accords internationaux. 

Position libérale

La majorité des libéraux considèrent que la Défense fait partie des fonctions légitimes de l'État. Elle est l'une des rares attributions que lui laissent les minarchistes. C'est une composante des fonctions régaliennes de l'État, une sorte de monopole naturel qu'aurait l’État.

Position libertarienne

Pour les minarchistes, la Défense fait partie des prérogatives de l'État minimal:
«L’État a le monopole de l’action violente. L’État est essentiellement une institution pour la préservation des relations pacifiques entre les hommes, néanmoins pour préserver la paix il doit être en mesure d’écraser les assauts des briseurs de paix. »
    — Ludwig von Mises, L'Action humaine
Les anarcho-capitalistes dénoncent le « mythe de la sécurité collective », qui remonte à Hobbes, et qui ne voit d'autre solution pour produire la sécurité que dans le monopole étatique de la Défense, qui fournit une « protection » exactement semblable à celle que propose une mafia. Refusant tout rôle à l'État, ils pensent que la défense des individus à grande échelle peut être réalisée sans intervention étatique, par des entreprises privées. La notion de « défense nationale » n'a pas plus de sens que celle d' « éducation nationale » ou de « santé publique » : personne ne peut être forcé de payer pour un service qu'il ne demande pas. Cette illégitimité de la notion de « défense nationale » est encore plus vraie dans une société sans État, puisqu'il s'agirait d'associations de copropriétaires qui loueraient les services de firmes privées. Donc il n'existerait plus de centre de pouvoir susceptible d'être convoité par des ennemis potentiels, et encore moins d'armée unique et monopolistique à soumettre. L'histoire montre que l'origine de la guerre est toujours l'État, les États vivant entre eux en anomie.
Si les personnes ne veulent pas se défendre contre des agressions extérieures, c'est leur propre responsabilité. De même que l'on ne peut pas contraindre légalement quelqu'un à s'assurer, on ne peut pas l'obliger à devenir client d'une compagnie de sécurité.
La défense est avant tout une question d'assurance (on cherche à se prémunir contre le risque d'être attaqué), et les dépenses relatives peuvent être couvertes par les primes d'assurances, les compagnies d'assurances sous-traitant ensuite la sécurité à des entreprises spécialisées. Hans-Hermann Hoppe explique qu'un tel besoin peut tout à fait être pris en charge par les compagnies d'assurances, aux conditions suivantes :
  • que l'assurance se limite à un rôle défensif (la provocation et l'agression rendent caduc le contrat) ;
  • l'assurance doit être individuelle et les primes pourront varier grandement selon les risques, les biens et personnes protégées, etc. (on est plus proche du risque industriel ciblé que de la catastrophe naturelle imprévisible).
L'existence d'agresseurs potentiels du « territoire anarcho-capitaliste » tels que les États environnants ne pose pas selon Hans-Hermann Hoppe de problème majeur : leur agressivité intrinsèque connue conduirait chaque assuré à considérer les fonctionnaires étrangers comme des ennemis potentiels avec lesquels les contacts seraient restreints ou exclus (clause possible des contrats d'assurance). Une invasion commise par un État voisin se heurterait à une population de propriétaires armés et à des compagnies d'assurances efficaces, prêtes à la réplique, et attentives à minimiser les « dégâts collatéraux » (coûteux pour elles).

Privatisation des armées

Il existe d'ores et déjà des armées privées composées de mercenaires. Elles peuvent travailler pour des États voire comme le voudraient les anarcho-capitalistes pour des groupes de particuliers :
«La question de la privatisation de la protection militaire peut se faire en réalité au sein de la copropriété. Chaque copropriétaire est tenu de payer les charges afférentes à l'entretien et à la protection des parties communes comme des propriétés elles-mêmes ; même le locataire et le nomade, via des droits de passage, paieront la protection militaire et donc son financement. La protection militaire peut elle-même être offerte par des compagnies d'assurance ou de grandes entreprises spécialisées déjà dans la fourniture de services territoriaux. »
    — Bertrand Lemennicier
Une autre possibilité est une armée de milice impliquant principalement des civils autochtones, comme c'est le cas en Suisse
  • 3 Voir aussi
  • 4 Citations
  • 5 Bibliographie

     

    Défense nationale

    De Wikiberal
     
    La Défense nationale est l'ensemble des moyens civils et militaires mis en œuvre par un État pour assurer l'intégrité de son territoire, la protection de sa population et/ou la sauvegarde de ses intérêts. Le terme, la Défense, qualifie couramment l'ensemble de ces moyens, généralement gérés par un ministère de la défense.
    L'émergence d'une armée permanente a facilité l'émergence de l'État moderne, en rendant le monarque moins dépendant de ses vassaux à qui il devait demander de l'aide lors de conflits. En France, c'est sous le règne de Charles VII (1422-1461) que cette évolution eut lieu. 
    Pour les libéraux classiques et les minarchistes, la défense nationale fait partie des fonctions régaliennes de l'État et doit donc être assurée par ce dernier. 

    Les anarcho-capitalistes divergent et considèrent que ce rôle peut être assuré par des armées privées, embauchées contractuellement par les individus ou des groupes d'individus.

     Que faire pour n'avoir rien à craindre de l'armée ? La réduire, et arrêter le pouvoir par la crainte du pouvoir. Il est donc indispensable de former une milice nationale très nombreuse, et même d'armer chaque citoyen non suspect. Il est indispensable aussi que les grandes villes du royaume aient de l'artillerie, un train de guerre et des munitions aux ordres des municipalités. Enfin il est indispensable que la milice bourgeoise s'exerce au maniement des armes, et qu'elle nomme ses officiers. Sans cela, tout ce qu'on ferait pour assurer la liberté publique ne serait que jeux d'enfants; et la Constitution, quelque parfaite qu'elle fût d'ailleurs, ne serait qu'un château de cartes, que le moindre souffle renverserait.
    (Projet de Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, suivi d'un plan de Constitution juste, sage et libre par l'auteur de l'Offrande à la Patrie [Marat], in Christine Fauré, Les déclarations des droits de l'homme en 1789, Paris, Payot, 1992, p. 371)

Ivan Eland

De Wikiberal
 
Ivan Eland est un auteur américain, spécialiste de géopolitique. Il est actuellement Senior Fellow et directeur du Center on Peace and Liberty à l'Independent Institute. Après avoir reçu son doctorat de l’Université George Washington, il a été directeur de recherche au Cato Institute et a travaillé quinze ans pour le Congrès comme analyste sur les questions de défense nationale et de sécurité.
Très critique envers le néo-conservatisme, il est un fervent opposant aux politiques expansionnistes du gouvernement américain et estime que le terrorisme contemporain est nourri par l'interventionnisme militaire. Il défend par ailleurs un retour aux valeurs des Pères Fondateurs en matière de politique étrangère.



 

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