On y entend des mots étranges : « vérité », « honnêteté
intellectuelle », « courage », « indépendance », « enracinement»
C’était une tradition, dans les rédactions : avant chaque
présidentielle, les journalistes votaient à bulletin secret pour leur
candidat préféré. Au fil des scrutins, les rares journalistes de droite
pouvaient ainsi constater leur isolement. Dans les rédactions de titres
économiques ou généralistes (on ne parle même pas de Libération), l’écrasante majorité des voix allait systématiquement vers les candidats de gauche ou d’extrême gauche. Le Figaro échappait (de justesse) à cette fatalité, Valeurs actuelles
faisait figure de mouton noir atypique. Rien de surprenant : les écoles
de journalisme favorisent une homogénéité politiquement correcte qui
finit par nuire à la diversité de l’offre éditoriale. Et, au final, à la
lecture ou au suivi de l'actualité. Ce constat évident pour une grande
partie des Français (cf. la totalité des éditions annuelles du sondage Télérama-La Croix sur la crédibilité des médias) explique au moins en partie le succès de CNews, Europe 1, Frontières ou Boulevard Voltaire.
Ce constat, accompagné de l’émergence de médias de droite qui ne
s’excusent pas et de l’aspiration à un autre journalisme, rendait à lui
seul indispensable l’émergence d’une école différente. C’est fait !
Ce 22 septembre, l’ESJ, la plus ancienne des écoles de journalisme
créée en 1899 et reconnue par la profession, a ouvert ses portes pour
l’inauguration d’une nouvelle ère, un an après l'annonce de son rachat. Dans les locaux flambant neufs de l’école, 1.500 m2 dans le XVe
arrondissement de Paris, 220 élèves apprendront cette année le métier
dans des conditions de professionnalisme optimum. Le double de l'année
dernière.
« Bien plus qu'une école »
Au cœur du dispositif, quelques professionnels reconnus parmi
lesquels le directeur général Emmanuel Ostian, journaliste, grand
reporter, rédacteur en chef et présentateur télé, ancien de TF1, LCI, Canal+, BFM TV et Arte,
dirigeant pendant onze ans d'une société de production ; le directeur
général adjoint Bernard de La Villardière, journaliste, grand reporter,
présentateur emblématique de l’émission Enquête exclusive sur M6, dirigeant de la société de production Ligne de front ; le directeur du développement Alexandre Pesey, ancien journaliste pour CNN, BFM TV et France 3,
fondateur d'un incubateur et dirigeant d’associations, le tout sous la
présidence de Vianney d’Alançon, le charismatique patron du Rocher
Mistral, en Provence.
L’école pourra compter sur un considérable réseau d’anciens, une
équipe de formateurs chevronnés et un comité pédagogique prestigieux où
se côtoient Guillaume Roquette (Figaro Magazine), Sonia Mabrouk (CNews),
l’universitaire Olivier Babeau, le philosophe Rémi Brague ou les
éditorialistes Franz-Olivier Giesbert, Hubert Coudurier ou François
d’Orcival.
Le tout, dans un esprit original pour une école de journalisme. « Aujourd’hui, nous inaugurons bien plus qu’une école, a lancé Alexandre Pesey, l’une des chevilles ouvrières du projet, nous
inaugurons un engagement. Un engagement en faveur d’une profession trop
souvent fragilisée par le doute, parfois même discréditée par le
militantisme idéologique trop présent dans certaines rédactions et de
nombreuses écoles. » « Vérité », « honnêteté intellectuelle », « courage », « indépendance », « enracinement »
: on entend soudain, dans cet univers très formaté des écoles de
journalisme, des mots nouveaux. De quoi dresser les cheveux sur les
têtes de Patrick Cohen, de Jean-Michel Aphatie ou du célèbre Thomas
Legrand.
« Formatage conservateur » ?
D’autant que tous les diables semblent s’être donné rendez-vous dans
le tour de table de l’ESJ. Aux côtés de Vincent Bolloré, la poutre
maîtresse de cette initiative, se sont agrégés un certain Bernard
Arnault, l’homme que l’extrême gauche Zucman rêve de taxer plus encore
qu’il ne l’est, par ailleurs propriétaire du Parisien et des Échos,
Stéphane Courbit, le patron du géant de la production audiovisuelle
Banijay, la famille Dassault, le patron de CMA-CGM Rodolphe Saadé (RMC, BFM TV), le président de Barnes International Thibault de Saint-Vincent ou le président fondateur de Devoteam Stanislas de Bentzmann.
Évidemment, la presse de gauche se préoccupe d’accompagner d’une
campagne de contre-publicité offensive cette initiative lourde de
promesses. Il suffit de lire les titres consacrés à la relance de l’ESJ
pour mesurer à quel point l’école était utile.
Voilà un an, déjà, le projet cristallisait France Culture, qui interrogeait avec angoisse : « Les écoles de journalisme : nouvelle cible des magnats de la presse ? » La présentatrice expliquait qu’on craignait l’apparition non pas de journalistes professionnels mais de « soldats d’une nouvelle étape de la guerre culturelle ». Comme si la guerre culturelle n’avait pas lieu… Le journal d’extrême gauche StreetPress décrit, en toute objectivité, bien sûr : « À l’école de journalisme de Bolloré et Arnault, licenciements, soupçons de racisme et "mises à pied" d’élèves. » Glagla… Mediapart a lui aussi flairé le danger extrême : « Après les médias, les milliardaires mettent la main sur une école de journalisme », écrit le site créé par Edwy Plenel. Quant aux journalistes affiliés à la CFDT, ils assurent, sur X (ex-Twitter), que «
la reprise de cette école de journalisme par un consortium de
propriétaires de médias nous inquiète. Nous alertons sur le risque de
formatage conservateur et favorable aux intérêts des puissants. »
Car c’est bien connu, les puissants sont ceux qui luttent contre le
rouleau compresseur du politiquement correct relayé par le pouvoir
macronien, l’État profond diversitaire, l’Éducation nationale, un carcan
judiciaire de plus en plus serré sur la liberté d’expression et une
gauche omniprésente dans le secteur de la culture et de l’information...
La France a peur.
«Sortir d'un cadre idéologique» : les promesses du nouveau directeur de l'ESJ Paris, Vianney d'Alançon
L'école de journalisme ESJ Paris fait peau neuve. Son
nouveau directeur, Vianney d'Alançon, détaille au micro de "Christine
Kelly et vous" ses ambitions et la façon dont il compte faire de son
école, une "école différente". Réécoutez l'extrait. Vous pouvez réagir
au 01.80.20.39.21.
Il est à la tête de la plus vieille école de journalisme de France, et elle fait peau neuve. Vianney
d’Alançon, le président de l’ESJ Paris, a fait sa première rentrée il y
a une semaine et il compte bien dépoussiérer la façon dont on enseigne
le journalisme dans son école.
"On a décidé d'élargir complètement la formation"
"On a décidé d'élargir complètement la formation, que ce soit sur la
culture générale, la politique, ou encore l'entrepreunariat pour essayer
de créer des nouveaux modèles de médias et que les jeunes puissent se
l'approprier et se lancer."
Mais c'est loin d'être le seul changement au programme, indique au micro de
Christine Kelly et vous le
président de l'école qui a changé de main fin 2024. Face à une "crise
dans la confiance des médias très forte", Vianney d'Alançon a placé "la
vérité des faits" au centre de la formation dispensée par son école.
"C'est ça qu'on va essayer de mettre en avant et ça va être un peu le
combat du quotidien pour qu'ils soient formés à cela et qu'on puisse
sortir d'un cadre idéologique."