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septembre 05, 2026

McKinsey, 65 millions saisis

Tribune · 5 septembre 2026

 
McKinsey, 65 millions saisis : j’avais prévenu. On m’a traitée de complotiste.
 
Ce soir, je lis la dépêche. La justice belge, à la demande du Parquet national financier, a saisi 65,2 millions d’euros sur des comptes de McKinsey. Quatre-vingt-seize pour cent du préjudice fiscal estimé. L’enquête vise un montage de prix de transfert qui aurait permis à la branche française de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020.
 
 
 
Vaut mieux tard que jamais.
 
En février 2021, après un article de Politico, j’alertais déjà : des réunions sur la campagne vaccinale au ministère de la Santé n’étaient plus dirigées par un représentant de l’État, mais par un consultant de McKinsey. En mars 2022, j’écrivais dans Valeurs actuelles que le scandale fiscal n’était que la partie émergée de l’iceberg. Que c’était d’abord une trahison philosophique. Que le président, se déclarant « choqué », avait dans le même temps fait gagner plus d’un milliard d’euros d’argent public aux cabinets de conseil en 2021.
 
On me répondait que « tous les gouvernements ont utilisé des cabinets ». 
 
C’est faux dans les proportions. Sous ce quinquennat, la pratique est devenue massive, centrale, assumée. McKinsey à la vaccination. McKinsey au plan de relance. Des contrats de défense. Le BCG sur le service national. Microsoft sur des données de santé, malgré la CNIL et la CJUE. Et cette phrase que je n’ai jamais retirée : les bénéficiaires des APL seront ravis d’apprendre que c’est McKinsey qui avait proposé de raboter de cinq euros l’aide aux plus démunis — McKinsey qui, pendant dix ans, n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en France.
 
Le pantouflage n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est l’emprise des cabinets de conseil au cœur de l’État. On n’imagine pas Richelieu ou de Gaulle confier des fonctions régaliennes à des PowerPoint américains. Louis XIV avait Vauban. Napoléon avait le Conseil d’État. Nous, nous avons eu des journées de consultants à 2 700 euros, pendant qu’un haut fonctionnaire en coûte 362 à la collectivité.
 
À Bruxelles, j’ai vu le même schéma. 
 
Un rapport d’avril 2020 sur l’intelligence artificielle : 32 pages, un million d’euros, des phrases creuses, sous-traité à 93 % selon le contrat. Trente mille euros la page. J’ai interrogé la Commission : comment engager un cabinet dont le montage fiscal lui permet de ne presque pas contribuer à l’impôt des États qui le paient, tout en lui ouvrant des marchés européens ? La question est toujours sur la table.
 
Au-delà des factures, c’est une fracture démocratique. 
 
Un État liquide. Qui dirige la France depuis huit ans ? Le ministre responsable devant le Parlement, ou le consultant dont la maison mère n’a pas vocation à aimer la France, seulement à la facturer ?
 
Les perquisitions de 2022, celle du ministère de la Santé en 2024, Cash Investigation : tout cela confirme ce que nous disions. Rapports bidons. Contrats pharaoniques. Perte de souveraineté dans des compétences régaliennes.
 
La saisie de 65 millions n’est pas un jugement. 
 
McKinsey le rappelle, et c’est son droit. Ce n’est pas non plus une réparation. Elle ne rend pas les années où l’administration française, formée pour servir l’intérêt général, a exécuté des feuilles de route écrites ailleurs. Elle ne rend pas aux Français la certitude que les décisions prises en leur nom l’ont été par ceux qu’ils ont élus.
 
Ce qui est une faute morale, ce n’est pas l’existence d’un cabinet privé. C’est la volonté d’un pouvoir élu de mettre les grands corps de l’État aux ordres d’officines dont la logique profonde n’est pas l’intérêt du peuple, mais la rentabilité des « réformes ».
 
J’ai dénoncé ce scandale à Paris et à Bruxelles. Je le dénonce encore. L’argent public français et européen doit aller à des entreprises qui paient l’impôt ici et répondent ici. La stratégie d’un pays ne se sous-traite pas.
 
Virginie Joron — Députée européenne
@v_joron Député européen 🇫🇷du Groupe @PatriotesEurope | Commissions Marché intérieur | CONT | PETI | Démocratie |
 
Les faits cités dans cette tribune s’appuient sur des documents publics, des enquêtes journalistiques et des interventions de l’auteure. La saisie de 65,2 millions d’euros est une mesure conservatoire dans le cadre d’une enquête ; elle ne constitue pas une condamnation définitive.
 
Saisie de septembre 2026
 
BFMTV, 4 septembre 2026 — McKinsey est soupçonné d’avoir illégalement évité l’impôt : la justice fait saisir 65 millions d’euros. https://www.bfmtv.com/.../mc-kinsey-est-soupconne-d-avoir...
Reuters, 4 septembre 2026 — Belgium seizes €65 million in French McKinsey tax-fraud investigation. https://www.reuters.com/.../belgium-seizes-65-million.../
Financial Times, 4 septembre 2026 — Prosecutors seize €65mn from McKinsey in French tax fraud probe.
Le Monde / AFP, 4 septembre 2026 — Affaire McKinsey : le PNF annonce une saisie de 65 millions d’euros.
franceinfo, 4 septembre 2026 — Le PNF annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey.
Le Figaro, 4 septembre 2026 — Saisie de 65 244 757,07 euros le 19 août 2026, soit 96 % du préjudice fiscal estimé.
Bloomberg, 4 septembre 2026 — France Seizes €65 Million as Part of McKinsey Tax Case.
Interventions de Virginie Joron
Valeurs actuelles, 1er avril 2022 — Tribune : « McKinsey, un outil à trahir l’intérêt de la France ». https://www.valeursactuelles.com/.../tribune-mckinsey-un...
Boulevard Voltaire, 30 mars 2022 — Entretien : « À Bruxelles, McKinsey facture aussi plein pot ! » (rapport IA de 32 pages, 1 million d’euros, sous-traitance à 93 %, 2 700 €/jour). https://www.bvoltaire.fr/virginie-joron-a-bruxelles.../
Question écrite E-001649/2022 — Parlement européen, à la Commission : gestion de la crise Covid par McKinsey et contrats européens. https://www.europarl.europa.eu/.../E-9-2022-001649_FR.pdf
X, @v_joron, 6 mai 2022 — « Le gouvernement français a-t-il informé la Commission que McKinsey n’a pas payé d’impôts en France pendant 10 ans ? »
X, @v_joron, 30 mai 2024 — Retour sur le scandale Macron / McKinsey après la perquisition au ministère de la Santé.
X, @v_joron, 12 septembre 2024 — Réaction à l’annonce de Cash Investigation, « McKinsey, une firme au cœur du pouvoir ».
X, @v_joron, 4 septembre 2026 — Réaction à la saisie : « Vaut mieux tard que jamais. » https://x.com/v_joron/status/2095972035922960597
X, @v_joron, 4 septembre 2026 — Question écrite à la Commission sur le montage fiscal. https://x.com/v_joron/status/2095973957916631166
Enquêtes et documents officiels
Politico Europe, 8 février 2021 — How consultants like McKinsey took over France. Contrats Covid du ministère de la Santé : McKinsey 4 millions d’euros sur plus de 11 millions. Réunions vaccinales présidées par un consultant. https://www.politico.eu/.../how-consultants-like.../
The New York Times, 22 février 2021 — France Hired McKinsey to Help in the Pandemic. Then Came the Questions.
Sénat, rapport n° 578 (2021-2022), 16-17 mars 2022 — Éliane Assassi : « Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques ». McKinsey sans impôt sur les sociétés depuis au moins dix ans ; CA France 329 millions d’euros en 2020. https://www.senat.fr/rap/r21-578-1/r21-578-1.html
Sénat, dossier de presse, 17 mars 2022 — https://www.senat.fr/.../influence-des-cabinets-de...
franceinfo, 17 mars 2022 — McKinsey, principal prestataire de l’État pointé dans le rapport du Sénat. Plus de 12 millions d’euros facturés pendant la crise sanitaire.
Public Sénat, 2 mars 2021 — 28 commandes du ministère de la Santé entre mars 2020 et février 2021, 11,35 millions d’euros.
Cash Investigation / France 2, septembre 2024 — « McKinsey, une firme au cœur du pouvoir », enquête de Donatien Lemaître présentée par Elise Lucet.
Éléments de contexte cités dans le texte
Parquet national financier — Enquête préliminaire ouverte en mars 2022 pour blanchiment de fraude fiscale aggravée ; perquisitions en mai 2022 ; auditions en 2025 et 2026 ; entraide avec le parquet de Bruxelles.
Réaction de McKinsey (AFP / Le Monde, septembre 2026) — La saisie conservatoire « ne constitue pas une décision de justice » ; le cabinet affirme avoir respecté les règles fiscales applicables.
 

janvier 19, 2026

La Caf, "Il y a ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas "

L'Iceberg de la Caf

6,3 milliards d'euros. Ce n'est pas le budget d'un ministère, c'est le montant des erreurs de versement de la CAF pour la seule année 2024. Un "bug" monumental que l'État ne peut plus corriger et que vous, contribuable, allez payer.
 
Bienvenue dans cette nouvelle enquête. Aujourd'hui, nous allons plonger dans l'un des systèmes les plus opaques de France : la Caisse d'Allocations Familiales. On nous parle souvent de la "petite fraude" du voisin, mais ce n'est que la face visible d'un iceberg gigantesque. Sous la surface, vous allez découvrir une industrialisation de la triche, des logiciels qui ne se parlent pas, et des cabinets de conseil grassement payés pour essayer de boucher les trous d'une usine à gaz qui prend l'eau de toutes parts. 
 
 

NIVEAU 1 : LA PARTIE ÉMERGÉE - Le luxe aux frais du social

Commençons par ce que tout le monde voit : les faits divers qui font bondir. En 2025, dans l'Hérault, un couple a été démasqué alors qu'il percevait 36000 € d'allocations par an. Jusque-là, rien d'anormal pour une famille nombreuse. Sauf qu'en perquisitionnant, les enquêteurs ont trouvé un patrimoine caché de 34 voitures et des montres de luxe. L'origine? 
Un business occulte de revente de véhicules non déclaré à la CAF.
 
Ce n'est pas un cas isolé. En 2022, on estime qu'environ 44000 personnes nées à l'étranger ont bénéficié de prestations sociales auxquelles elles n'avaient aucun droit. Le pire? Dans la majorité de ces cas, les CAF n'ont même pas tenté de récupérer les fonds. On pourrait aussi parler des retraités "immortels" à l'étranger dont le décès n'est jamais signalé et dont les aides continuent de tomber sur des comptes bancaires actifs.
Ces cas saturent l'espace médiatique, mais ils ne représentent que la "petite monnaie" du désastre.

NIVEAU 2 : SOUS LA LIGNE DE FLOTTAISON - L'industrialisation de la triche

Si on descend un peu plus bas, on découvre que la fraude a changé de visage. Ce n'est plus seulement l'individu qui oublie de déclarer son conjoint, c'est le crime organisé.
 
Des réseaux criminels utilisent désormais des logiciels pour pirater des comptes ou créer des milliers de faux dossiers. Le préjudice détecté par le Service national de lutte contre la fraude (SNLFE) a explosé, passant de 48 millions d'euros en 2021 à 166 millions en 2024.
 
Une affaire emblématique? Un seul instigateur a réussi à créer 39 faux dossiers d'identité simultanément pour siphonner les caisses de la Ville de Paris et de la CAF avant d'être arrêté.
 
Et même quand l'administration repère la fraude d'une entreprise, elle est souvent impuissante. Pour le travail dissimulé, le taux de recouvrement s'effondre à 10%. Pourquoi? Parce que les fraudeurs organisent leur insolvabilité et font disparaître leur société avant que le premier huissier n'arrive.

NIVEAU 3 : LES ABYSSES - Le naufrage institutionnel

Nous arrivons maintenant au cœur du scandale. Oubliez la fraude. Parlons de l'incompétence de gestion.
En 2025, pour la troisième année consécutive, la Cour des comptes a été dans l'impossibilité de certifier les comptes de la branche famille. En clair : les experts de l'État disent que la comptabilité de la CAF est tellement chaotique qu'ils ne peuvent pas garantir où va l'argent.
 
Le chiffre qui devrait vous faire tomber de votre chaise : 6,3 milliards d'euros d'erreurs de versement constatés en 2024. Cela représente 8% de la masse totale des prestations. Et comme le délai légal de régularisation est de 24 mois, une immense partie de ces milliards est définitivement perdue pour le contribuable.
 
Prenons la prime d'activité : 25% (un quart) des montants versés sont entachés d'erreurs.
Mais il y a encore plus profond. La Cour des comptes estime qu'en 2023, il y avait un stock de 18,9 milliards d'euros d'indus (des trop-perçus). Sur ce total, 8,6 milliards n'ont même pas été décelés par les contrôles internes. Ils se sont évaporés dans la nature, sans que personne ne les réclame. 
 
Nous nous apprêtons à attaquer le dernier niveau de l’iceberg. Et c’est à ce niveau que vous risquez de perdre tout espoir. Parce que l’on va voir que, lorsque l’État tente de résoudre les problèmes qu’il a lui-même créés en distribuant de l’argent public, il finit systématiquement par brûler encore plus d’argent public… tout en ajoutant de nouveaux problèmes aux anciens.
 
La seule conclusion raisonnable que vous devriez tirer de tout cela, c’est que vous devez préparer au maximum votre sécession fiscale. C’est précisément pour cette raison que j’ai créé ma page Patreon. Vous y trouverez, en complément des vidéos de la chaîne YouTube, de nombreuses vidéos exclusives ainsi que des articles réservés aux abonnés. J’y explique concrètement comment commencer à se protéger de l’État et de ce que j’appelle le vol généralisé.
 
J’y partage régulièrement des outils très pratiques pour vous permettre, progressivement, de réduire votre surface de ponction et votre surface d’attaque. À mesure que vous avancerez dans cette démarche, vous pourrez observer l’effondrement de ce que j’appelle la République voleuse comme un simple spectacle de clowns – amusant à regarder, mais qui ne vous affecte plus directement.
C’est parti pour le dernier niveau de l’iceberg.

NIVEAU 4 : LE FOND DU GOUFFRE - Consultants et chaos informatique

Pour tenter de sauver ce navire qui coule, l'État fait ce qu'il sait faire de mieux : il appelle les pompiers-pyromanes.
 
La CAF a versé 3,88 millions d'euros au cabinet McKinsey uniquement pour essayer de sécuriser la réforme des APL entre 2018 et 2020. Le résultat? La Cour des comptes continue de dénoncer l'opacité et le manque de fiabilité des données.
 
Pourquoi un tel échec? Parce que derrière les beaux rapports, le système informatique est un enfer. Prenez l'ARIPA (l'agence qui gère les pensions alimentaires) : elle fonctionne sur trois logiciels différents qui ne sont pas connectés entre eux. Les agents doivent faire des calculs manuels, multipliant les risques d'erreurs massives de versement.

CONCLUSION

Voilà l'Iceberg de la CAF. La France consacre 32,2% de son PIB à la protection sociale, contre 27% pour la moyenne européenne. Nous payons le prix fort pour un système qui, par sa complexité et son manque de contrôle, est devenu une pompe à fric pour les réseaux criminels et un trou noir pour l'argent public.
 
L'État a lancé la "Solidarité à la source" en mars 2025 pour tenter de limiter la casse. Mais peut-on vraiment réparer un système dont les fondations sont à ce point minées par l'inefficacité?
 
Non. Bibliographie : ❄️ Niveau 1 : La partie émergée (Faits divers et fraudes à la résidence)
  • Affaire des 34 voitures de luxe (Hérault) : CAF de l'Hérault, Prévention et lutte contre la fraude : Bilan 2024, communiqué de presse du 11 mars 2025.
  • Les 44 000 bénéficiaires nés à l'étranger sans droit : Contribuables Associés, 44 000 personnes nées à l’étranger ont bénéficié de prestations sociales auxquelles elles n’avaient pas droit, mai 2023 (données basées sur les rapports de certification de la Cour des comptes).
  • Règles de résidence et indus détectés : CAF de Savoie, Dossier de presse : juste droit et fraude, septembre 2025 (détails sur les contrôles de résidence RSA et AAH).
🌊 Niveau 2 : Sous la ligne de flottaison (Industrialisation et réseaux)
  • Montée en puissance du SNLFE (Service national de lutte contre la fraude à enjeux) : CNAF, Dossier de presse : La lutte contre la fraude évolue, 5 mai 2025 (passage de 48 M€ de préjudice détecté en 2021 à 166 M€ en 2024).
  • Affaire des 39 faux dossiers d'identité : SNLFE, Bilan annuel 2024, cité dans le dossier de presse de la CAF de Savoie (septembre 2025).
  • Taux de recouvrement du travail dissimulé (10 %) : , Fraude sociale : des pertes importantes sur les cotisations sociales, 16 janvier 2024 (données du HCFiPS).
⚓ Niveau 3 : Les abysses (Naufrage institutionnel et comptable)
  • Non-certification des comptes Famille (2023-2025) : Cour des comptes, Certification des comptes du régime général de sécurité sociale - Exercice 2024, mai 2025.
  • Le "Bug" à 6,3 milliards d'euros d'erreurs : Fondation IFRAP, Branche famille : les erreurs coûtent 6,3 Md€ en 2024, 27 mai 2025.
  • Les 8,6 milliards d'euros d'indus non décelés : Cour des comptes, La gestion des indus par les caisses de sécurité sociale du régime général, rapport thématique (RALFSS 2025), mai 2025.
🕳️ Niveau 4 : Le fond du gouffre (McKinsey et chaos informatique)
  • Contrat McKinsey pour la réforme des APL (3,88 M€) : Sénat, Rapport de la commission d'enquête sur l'influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, 16 mars 2022.
  • Éclatement informatique de l'ARIPA (3 logiciels non connectés) : Cour des comptes, rapport cité par l'IFRAP dans l'analyse Branche famille : les erreurs coûtent 6,3 Md€ en 2024.
  • Solidarité à la source et pré-remplissage : CNAF, Dossier de presse : Solidarité à la source, vérifiez, validez, c’est déclaré!, 14 février 2025.
📊 Sources transversales (Données budgétaires globales)
  • Coût de gestion de la branche Famille (2,69 Md€) : Fondation IFRAP, 47-50 milliards d’euros par an : des frais de gestion du social équivalents au budget de l’armée, 2022-2025.
  • Indicateurs de risque financier (Indus/Rappels) : Rapport du Directeur comptable et financier (DCF) de la CNAF sur les comptes de l'exercice 2024.
     


Victor Ferry 

 
Business & News PhD
Investisseur & créateur de contenu. Éditorialiste politique libéral sur X. "L'égalité c'est du vol"
 
 
 

Famille

La famille est un groupe de personnes réunies par des liens de parenté et dotées d'une personnalité collective avec un ressenti de solidarité morale et matérielle destiné à favoriser leur survie tout d'abord, mais aussi leur développement social et affectif. La famille relève de la sphère privée et, à ce titre, les libéraux posent la question de la légitimité de l'intervention de l’État dans le champ de la question familiale. 

L'intervention étatique


Les hommes de l'État utilisent un sophisme non sequitur à leur convenance. Ils conçoivent qu'une famille ne peut pas vivre économiquement sans être intégrée à la collectivité. Et comme l'État est présenté comme le garant de la sécurité (au sens large) des citoyens, il en ressort que l'État doit disposer d'une politique familiale.

Avant 1930, les associations ou les clubs de patronage assuraient cette fonction de solidarité familiale. Puis l'État-providence s'est transformé en gestionnaire de ressources humaines. En fonction de la pyramide des âges, les hommes de l'État ont désiré maintenir le renouvellement des générations en favorisant la natalité. L'État a institué un barème fiscal pour établir son système de valeurs entre les familles avec enfants et sans enfant. Et il s'est appuyé sur l'institution du mariage pour fonder son soutien à la famille.

Durant la crise économique, la politique familiale est devenue un outil de lutte contre les inégalités sociales. La contrainte des budgets sociaux l'a contraint à conditionner les prestations familiales en fonction de certains critères économiques et de seuils de ressources.

L'État perd peu à peu ses repères de famille modèle, mais il s'insère toujours dans la sphère privée. Il accompagne l'évolution des mœurs, encourage avec force l'équité de l'homme et de la femme au sein du couple. Il reconnaît et défend les droits de l'enfant et il organise de nouvelles formes de conjugalité.

Effets pervers

Ce rite d'intervention dans la sphère familiale est un bon moyen de pression sur les citoyens, comme le justifient certains hommes de l'État. Dans une période sécuritaire, l'État culpabilise les familles défavorisées dont les enfants se conduisent mal. Il les menace de suspendre les allocations familiales, de les mettre sous tutelle voire d'expulser les familles, dans le cas de familles étrangères, si ces dernières ne remplissent pas leur fonction d'éducation.

Le modèle familial traditionnel est concurrencé par des formes familiales alternatives. Aussi, les politiques familiales sont de moins en moins lisibles et ajustées à chaque cas particulier. Le système apparaît comme injuste ou inadapté. Il occasionne des comportements d'opportunisme, de groupes de pression et de free riders. Par exemple, l'accès aux crèches est devenu inaccessible pour certains et une lutte d'influence pour d'autres.

Aujourd'hui, la politique familiale est devenue indissociable des politiques du logement, fiscales (droits de transmission), de sécurité ou d'éducation. Ceci renforce le sentiment de l'homme politique qu'il est indispensable dans la vie familiale. Il veut créer, par exemple, le revenu parental d'éducation pour que le parent qui ne travaille pas puisse élever ses enfants à la maison. Alors que la famille doit rester libre de ses choix et de ses responsabilités sans subir le sort de ceux qui ont fait d'autres choix ou pris d'autres décisions.

Citations

  • « La vie familiale n’est pas juste un produit des rapports sexuels. Il n’est en rien naturel et nécessaire que parents et enfants vivent ensemble comme ils le font dans la famille. La relation d’accouplement n’a pas besoin d’aboutir à une organisation familiale. La famille humaine est le résultat de la pensée, de la planification et de l’action. C’est ce fait qui la distingue radicalement de ces groupes d’animaux que nous appelons par analogie familles animales. » (Ludwig von Mises, L'Action humaine)
  • « Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. » (Tolstoï, Anna Karénine[1])

Informations complémentaires

Notes et références


  1. Anna Karénine (1877), Léon Tolstoï (trad. Henri Mongault), éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1952, t. 1, partie 1, chap. 1, p. 3

Bibliographie

  • 1981, Gary Becker, "A Treatise on the Family", Chicago: University of Chicago Press
  • 1986,
    • Gregory B. Christainsen et Walter Williams, Welfare Family Cohesiveness and Out-of-Wedlock Births, In: The American Family and the State. San Francisco: The Pacific Institute for Public Policy Research
    • Fred R. Glahe et Joseph R. Peden, dir., "The American Family and the State", San Francisco: Pacific Research Institute for Public Policy
  • 1988, Allan C. Carlson, Family Questions: Reflections on the American Social Crisis, Transaction Press
  • 1997, Theodore Bergström, "A Survey of Theories of the Family", In: M. R. Rosenzweig, O. Stark, dir., "Handbook of Population and Family Economics", Amsterdam: Elsevier, pp21–79
  • 2002, Charles Van Eaton, "A Family-Friendly Tax System", In: James R. Wilburn, dir., "Faith and public policy", Lanham, Md. : Lexington Books
  • 2005, Steven Horwitz, "The Functions of the Family in the Great Society", Cambridge Journal of Economics, vol 29, n°5, September, pp669-684

Voir aussi

Liens externes

 

 

 

 

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