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juillet 16, 2026

Le socialisme bénéficie d’un privilège intello unique : il n’est jamais jugé sur ce qu’il produit, mais sur ce qu’il promet.

TOUS LES SOCIALISTES NE SONT PAS IGNORANTS. LES PLUS DANGEREUX SAVENT TRÈS BIEN CE QU’ILS FONT.

Le socialisme bénéficie d’un privilège intellectuel presque unique : il n’est jamais jugé sur ce qu’il produit, seulement sur ce qu’il promet. Le capitalisme doit répondre de chaque faillite, de chaque inégalité, de chaque licenciement et même de chaque malheur humain survenu dans une économie où subsiste encore un marché. Le socialisme, lui, traverse les pénuries, les famines, les camps, la police politique et l’effondrement monétaire sans jamais comparaître personnellement devant le tribunal de l’Histoire. 

 Lorsque le marché échoue, on accuse le système. Lorsque le socialisme échoue, on accuse les circonstances, les saboteurs, les sanctions étrangères, la personnalité du dirigeant, le manque de ferveur révolutionnaire ou l’application imparfaite de la doctrine. 


 Ce n’était pas le vrai socialisme. 

La phrase est devenue son certificat d’innocence perpétuel. 

 Frédéric Bastiat avait pourtant identifié le mécanisme dès 1850. Dans La Loi, il expliquait que l’État cesse de protéger la vie, la liberté et la propriété lorsqu’il transforme la législation en instrument de spoliation : les groupes organisés cherchent alors à utiliser la puissance publique pour vivre aux dépens de ceux qui produisent. Bastiat appelait cela la spoliation légale. Le vol ne disparaît pas ; il change de vocabulaire, obtient une majorité parlementaire et se présente comme une politique de justice sociale. 

Le socialisme commence toujours par une inversion morale. Prendre directement le bien d’un voisin demeure condamnable ; charger l’administration de le faire devient vertueux. L’envie personnelle est méprisable, mais son organisation électorale se transforme en solidarité. Le politicien ne crée pas la richesse qu’il promet de distribuer. Il arbitre la répartition de ce que d’autres ont produit, puis exige d’être félicité pour sa générosité. 

 L’État socialiste ne donne jamais ce qu’il possède. Il distribue ce qu’il prélève, emprunte ou dévalue. 

La difficulté n’est pourtant pas seulement morale. Elle est économique. Friedrich Hayek n’affirmait pas que tout fonctionnaire était stupide ni que tout entrepreneur possédait une intelligence supérieure. Il expliquait que les connaissances nécessaires au fonctionnement d’une économie sont fragmentées entre des millions d’individus : besoins locaux, stocks disponibles, techniques particulières, préférences changeantes, occasions imprévues et usages alternatifs des ressources. Aucun bureau central ne peut rassembler continuellement cette connaissance dispersée ni remplacer le système de prix qui la transmet. La Route de la servitude, publiée en 1944, prolongeait cette critique en montrant comment la planification économique tend à concentrer le pouvoir politique et à réduire la liberté individuelle. 

Le planificateur n’est pas seulement confronté à un problème de calcul. Il se heurte à la vie elle-même. Une économie n’est pas un tableau Excel dans lequel chaque tonne d’acier, chaque heure de travail et chaque désir humain attendent d’être placés dans la bonne case. Elle est faite de personnes qui changent d’avis, innovent, prennent des risques, découvrent des besoins que personne n’avait anticipés et abandonnent des productions devenues inutiles. 

 Le marché commet des erreurs, parfois spectaculaires. Mais il dispose d’un mécanisme de correction brutal : la perte. Celui qui gaspille durablement les ressources finit par perdre son capital, ses clients ou son entreprise. Le planificateur public peut, lui, transformer son erreur en programme national, emprunter pour la prolonger et punir ceux qui signalent son échec.

Le marché sanctionne l’entrepreneur qui refuse le réel. Le socialisme sanctionne le réel qui refuse son plan. 

 C’est précisément pour cela que le pouvoir finit par se durcir. Lorsque les résultats contredisent la doctrine, deux conclusions sont possibles. La première consiste à reconnaître que la doctrine était fausse. La seconde consiste à décider que les individus n’ont pas suffisamment obéi. 

Les régimes socialistes choisissent presque toujours la seconde. 

 La production agricole s’effondre ? Les paysans sabotent. Les marchandises disparaissent ? Les commerçants spéculent. La monnaie se déprécie ? Les capitalistes attaquent la nation. La population tente de partir ? Elle trahit la révolution. 

La critique devient alors une activité contre-révolutionnaire, puisque reconnaître l’échec économique menacerait la légitimité politique de ceux qui ont organisé l’économie. La censure n’est donc pas un accident extérieur au système. Elle devient le dernier moyen de protéger le plan contre ses propres résultats. 

 Malcolm Muggeridge connut cette transformation de l’intérieur. Issu d’un milieu socialiste britannique et initialement attiré par l’expérience soviétique, il partit à Moscou avant de voyager clandestinement en Ukraine et dans le Caucase du Nord en 1933. Il découvrit une famine largement provoquée par la collectivisation et la politique soviétique, puis envoya au Manchester Guardian des reportages décrivant la dévastation qu’il avait observée. 

 Face à lui se trouvait Walter Duranty, correspondant du New York Times, beaucoup plus utile au pouvoir soviétique. Duranty avait obtenu le prix Pulitzer en 1932 pour une série d’articles publiée l’année précédente. Il minimisa ensuite la famine de 1932-1933 dans des textes que le comité Pulitzer qualifia plus tard de gravement défaillants, tout en refusant de retirer la récompense parce que celle-ci concernait formellement ses articles de 1931. 

 L’épisode devrait être enseigné dans toutes les écoles de journalisme. Le reporter qui décrit les affamés est traité en gêneur. Celui qui protège le récit officiel conserve le prestige, l’accès et la récompense. 

 Le mensonge politique ne triomphe pas seulement grâce aux policiers. Il a besoin de journalistes qui préfèrent être proches du pouvoir que proches des faits, d’universitaires capables d’expliquer que les victimes sont un détail statistique, et d’intellectuels occidentaux suffisamment fascinés par l’utopie pour ne pas regarder les charniers. 

 Muggeridge formula une observation cruelle sur le socialisme mondain : le travailleur y est l’homme au nom duquel tout est organisé, à condition qu’il ne soit jamais réellement présent dans la pièce. La bourgeoisie révolutionnaire adore le peuple sous forme conceptuelle. Le peuple concret, avec ses goûts, ses préjugés, ses ambitions, son désir de propriété et son refus d’être rééduqué, la déçoit presque toujours. 

 Le prolétaire imaginé réclame la révolution. Le travailleur réel veut souvent une maison, un véhicule, de meilleurs revenus, la sécurité pour ses enfants et le droit de conserver le fruit de son travail. Lorsqu’il ne se comporte pas comme le personnage prévu par la théorie, le socialiste ne remet pas nécessairement en question la théorie. Il accuse le travailleur d’avoir développé une fausse conscience. 

Le peuple est souverain jusqu’au moment où il vote mal. Les ouvriers sont héroïques jusqu’au moment où ils refusent le programme conçu en leur nom. Les classes populaires doivent être écoutées, sauf lorsqu’elles parlent de fiscalité, d’immigration, de sécurité, d’autorité, de propriété ou d’identité nationale. 

Le socialisme contemporain a conservé cette extraordinaire capacité à célébrer abstraitement les catégories humaines tout en méprisant concrètement les personnes qui les composent.

LeblogALupus 

@leblogALupus Époque nietzschéenne. Décryptage de la volonté de puissance contemporaine. Tech • Industrie • Géopolitique • TS2F Le Blog à Lupus. Free market Conservateur Punk

https://x.com/leblogALupus/status/2077778209752399930 

 

 


Socialisme

Le socialisme est un système économique et politique qui repose sur la propriété collective, à divers degrés et sous diverses formes, des moyens de production. Sous sa forme étatique, il implique nationalisations et planisme ; sous sa forme utopique, il préconise coopération et mutualisme.

Dans un sens plus vague, le socialisme est un ensemble de revendications et d'idées visant à améliorer le sort de la population, via le remplacement du capitalisme par une société supposée plus juste, sans nécessairement aboutir à une propriété collective des moyens de production. Il est représenté par plusieurs partis politiques sous diverses dénominations (parti socialiste, parti social-démocrate, parti travailliste, etc.). Les partis socialistes proposent généralement une fiscalité renforcée sur les grandes fortunes et les multinationales, ainsi qu'une augmentation des dépenses publiques.

Définition du socialisme

Le socialisme est une idéologie politique, qui est aussi ancienne que les premières communautés humaines. Cette forme d'organisation politique se retrouve chaque fois que les individus, appréhendés comme un unique tout (collectivisme), sont considérés soit comme les membres interchangeables d'un troupeau à guider, soit comme sujets bailleurs d'un unique propriétaire, soit encore comme administrés relevant d'une même bureaucratie. Que cela relève d'une véritable bienveillance (despotisme) provenant de l'idée que seul un ordre dirigiste ou dictatorial est nécessaire pour assurer la vie en commun des hommes (par ailleurs obligés par nature de coopérer) ou bien que cette dictature soit établie pour servir des desseins peu avouables, et ce quel que soit le régime politique choisi (monarchique, oligarchique ou démocratique), son objectif est alors d'instaurer une propriété commune du capital et une redistribution des richesses ; sinon de façon égale, tout du moins avec les seules inégalités justifiées par le prétendu intérêt public.

Or dans les faits, le socialisme aboutit toujours à devoir doubler son collectivisme économique d'un collectivisme mental (conditionnement idéologique, appel au don de soi, imposition de la fraternité et de la solidarité, morale républicaine) censé prévenir les probables dissensions causées par l'inexorable survivance de l'intérêt particulier au sein de la communauté (morale du troupeau).

On divise généralement le socialisme en cinq grands courants qui divergent sur les méthodes à suivre pour instaurer l'ordre socialiste, le sauvegarder, le degré d'étatisation et de libertés politiques :

Socialisme et communisme

Il faut noter que pour Marx et les marxistes le terme socialisme sert parfois à désigner l'abolition du capitalisme et de l'État bourgeois grâce à la socialisation des moyens de production (socialisme au sens fort, aujourd'hui défendu par les communistes), même si dans le vocable marxien il sera délaissé, à partir de 1848, au profit de celui de communisme, socialisme venant alors désigner d'autres formes de pensées crypto-communistes ou encore une phase transitoire avant l'avènement du communisme. Dû à ce flottement, ou quand on désire appuyer sur leur origine conceptuelle commune (comme ce sera ici le cas), socialisme et communisme ne sont pas dissociés (usage large).

Les socio-démocrates, nés du schisme du révisionnisme de Bernstein au début du XXe siècle, regroupés aujourd'hui dans les partis dit socialistes, y verront un moyen, par intervention directe ou indirecte de l'État, de limiter (sens faible) des maux qu'ils considèrent causés par le capitalisme et des marchés qui en sont le modus operandi (usage restreint).

Qu'un socialiste au sens faible devienne nécessairement (comme le prévoyaient des libéraux comme Hayek) un socialiste au sens fort, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas, dans les faits, à long terme, de véritable différence de nature dans le socialisme mais seulement de degré, n'empêche pas que les uns et les autres ne poursuivent pas des buts légèrement différents, en croyant participer à des socialismes de natures différentes. Comme l'affirme crûment Ayn Rand :

«  Il n'y a pas de différence entre le socialisme et le communisme, excepté dans la façon dont ils réalisent le même but ultime : le communisme propose l'esclavage par la force, le socialisme par le vote. C'est la même différence qu'il y a entre le meurtre et le suicide. »

Une impasse rationnelle

Quand il essaye de dépasser la simple sympathie affectée et veut se donner une assise scientifique, le credo socialiste repose alors, selon Ludwig von Mises, sur trois dogmes :

  • la société (en fait, ceux qui la dirigent) est un être tout-puissant et omniscient qui transcende les individus (holisme), exempt de la faillibilité[1] et des faiblesses humaines ;
  • l'avènement du socialisme est inéluctable (par ex. thèse de « l'effondrement » du capitalisme chez Karl Marx et les marxistes);
  • l'idée que, comme l'Histoire est un progrès continu, passant de situations imparfaites à des situations plus parfaites (historicisme), l'avènement du socialisme est programmé depuis la nuit des temps.

Mises (années 1920), puis Hayek (années 1930), se sont attachés à réfuter les prétentions du socialisme à créer un ordre planifié, dans ce qu'on a appelé le débat sur le calcul économique en régime socialiste : système condamné à tâtonner dans le noir à cause de la destruction du marché comme système d'évaluation de la valeur (via le système des prix), donc faute de calcul économique, il conduit les dirigeants à créer un régime nécessairement arbitraire et autoritaire, incapable, de surcroît, de produire tout ce que l'« anarchie de la production » capitaliste réussissait.

Une tragédie pour les hommes de bonne volonté

Malheureusement pour les véritables philanthropes, l'Histoire a montré qu'à grande échelle le socialisme, ou sa version édulcorée la social-démocratie, aboutit nécessairement à une dictature politique et économique, à l'appauvrissement général, au totalitarisme, sous prétexte de planification, d'égalité économique, d'élimination du capitalisme.

Malgré la redondance des mises en garde, du bon chrétien anglais alerté par Mandeville dans la deuxième partie de La Fable des abeilles à l'humaniste généreux dont Hayek (après tant d'autres) prédisait les désillusions, toujours la volonté de bien faire associée à l'incrédulité dans l'ordre spontané des marchés, a rencontré des résultats à l'exact opposé de la vision messianique ou de l'« idéal prométhéen » (Raymond Aron) sur laquelle repose l'idéologie socialiste : capitalisme d'État, nouvelles inégalités (apparition d'une nomenklatura : apparatchiks en URSS, énarques en France), fin des libertés (voir l'histoire des régimes marxistes, l'Allemagne nazie).

Sa résistance aux faits

Si « l'Histoire du socialisme est faite d'échecs, d'abdications, et de trahisons, qui ne lui ont permis, à aucun moment au cours des deux siècles passés, de constituer un guide pour l’Humanité » (Droz 1997, IV, p.660), il faut bien cependant reconnaître sa prégnance dans les esprits[2], la question était de savoir pourquoi cela est ainsi et comment cela est possible. D'où quelques pistes :

L'irrationalité

L'essence du socialisme est, en économie, la prétention de diminuer la rareté en s'attaquant aux droits de propriété en utilisant la violence et la coercition, ce qui n'aboutit qu'à la destruction de richesses (voir aussi loi de Bitur-camember), cachée par le refus d'utiliser le calcul ou un système de prix qui mesurerait la rareté (économie non monétaire). Politiquement, il peut se cacher sous les oripeaux du libéralisme politique, alors que son mode d'action est la contrainte et la loi du plus fort.

L'inconséquence et la foi aveugle

Grâce à l'application de stratégies de fuite en avant (nouvelle théorisation et abandon de l'ancienne sans faire de bilan ni payer l'addition) ou de la méthode Coué (ça n'a pas marché, mais c'est beau, alors ça doit marcher), la plupart ne s'est pas détournée de lui, y cherchant encore une solution à la misère et à l’oppression (Id.).

La solution par défaut

En absence « d'utopie de rechange » (Hayek) le socialisme serait la seule solution apparente. Soit que :

  1. les libéraux n'aient pas su proposer un idéal véritablement humaniste du libéralisme, lui préférant (par stratégie ou par conviction) un niveau d'argumentation strictement utilitariste,
  2. soit que sur le marché des idées, ils aient été défaillants, partant avec un handicap puisque les socialistes se sont arrogés le « monopole du cœur ».

Évolutionnisme

Pour Friedrich Hayek, la persistance du socialisme prend sa source dans l'exacerbation d'instincts tribaux ancestraux. Au contraire de ceux-ci, la société libre et ouverte fondée sur la Rule of Law constitue un phénomène relativement récent, qui n'a pas eu le temps d'irriguer complètement les esprits. Pour nombre d'individus, l'appartenance (et l'obéissance) à une communauté politique fermée, décrétant collectivement les buts à atteindre, continue encore aujourd'hui d'être considérée comme un modèle de société viable. En ce sens, Hayek parle du socialisme (et en particulier du marxisme) en termes de « fabrication d'une nouvelle morale [visant à] vieux instincts ». De ce point de vue, la nouveauté du libéralisme juridique le dessert face à la fausse innovation présentée par l'idéologie socialiste qui, de son côté, n'offre rien d'autre qu'un programme littéralement réactionnaire de société close (économiquement, culturellement, spirituellement, etc.). Sur la perception négative du passage de la société close à la société de Droit, perception qui a ouvert la brèche vers le socialisme, Hayek écrit dans le tome III de Droit, législation et liberté (p. 196) :

«  Voici où se situe le grand changement qui a engendré un ordre de société de plus en plus incompréhensible pour l'homme, et dont le maintien exigea de lui qu'il se soumette à des règles apprises, souvent à ses instincts héréditaires : ce fut lorsque l'on passa de la société de face à face, ou du moins du groupe restreint composé de membres connus et reconnaissables, à la société ouverte, abstraite, qui n'était plus soudée par des buts communs, mais seulement par l'obéissance aux mêmes règles abstraites. Ce que l'homme eut le plus de mal à comprendre, fut probablement que les seules valeurs communes d'une société ouverte et libre n'étaient pas des objectifs concrets à atteindre, mais seulement des règles de conduite abstraites admises par tous, lesquelles assuraient le maintien d'un ordre tout aussi abstrait qui procurait simplement à l'individu de meilleures perspectives de réussite dans ses initiatives, mais ne lui ouvrait aucune créance sur des biens particuliers. »

Machiavélisme

La demande d'un nombre sans cesse croissant de clients de l'État, de plus en plus attirés par les privilèges et sinécures offerts, et le caractère exponentiel que ces politiques égalitaristes (égalité matérielle, égalité des chances, « justice distributive », etc.) engendrent, expliquent et la permanence des régimes collectivistes et la croissance de leur mainmise sur leurs communautés respectives.

Religion et socialisme

Bien que le socialisme collectiviste, le socialisme scientifique se targue d’origines récentes et que le communisme, accomplissement du socialisme, prétende parfois remonter au début du XIXe siècle, il est hors de doute que les différentes écoles socialistes comptent de nombreux précurseurs, surtout parmi les sectes chrétiennes du Moyen Âge. En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et ailleurs ont abondé les socialistes ou communistes qui prétendaient tirer des idées évangéliques leurs idées d’égalité économique, de mise en commun de la richesse collective. Ils ont d’ailleurs des successeurs contemporains. Les épisodes historiques auxquels Albigeois, Vaudois, Anabaptistes, Niveleurs et bien d’autres encore ont attaché leur nom et dû de passer à la postérité en sont une preuve suffisante ; au temps de Cromwell, Winstanley le piocheur rédigeait une charte collectiviste.

«  D’ailleurs, l’idée d’égalité économique a toujours persisté, latente, parmi les chrétiens hétérodoxes : c’est une tradition qui paraît remonter loin, à l’agglomération judéo-chrétienne de Jérusalem qui, au lendemain de la disparition du fondateur du christianisme, se constituait en groupement collectiviste volontaire. Légende, peut-être, qui ne ferait que prouver l’ancienneté de la tradition. Quoi qu’il en soit, la forme scientifique du collectivisme ou du communisme contemporain n’est qu’une adaptation économique à l’esprit des temps actuels du christianisme, surtout du catholicisme. Sous une terminologie différente le socialisme et le christianisme préconisent l’amour entre les hommes, tous les hommes, qu’ils appellent chacun et tous au banquet de la vie sans réclamer d’effort autre qu’une adhésion extérieure à un programme, nous allions dire l'obéissance à un credo. C’est avec raison qu’on a pu qualifier le socialisme : « la religion du fait économique ». »
    — Émile Armand, L’Initiation individuelle anarchiste (1923), partie 1.8. « Les origines du socialisme. Les précurseurs socialistes »)

Optique libérale

Les libéraux ne rejettent pas les principes socialistes en bloc. Au contraire, la famille peut-être considérée comme un ordre communiste, soudé par l'amour filial, la solidarité, l'entraide financière et affective. De même, dans le cadre d'une association, de rapports de voisinage, certaines formes de socialisme sont viables et souvent appréciables. Seulement, ces formes doivent respecter certaines conditions: être volontaires et révocables, conformes à la volonté commune des participants, dans le respect des droits de chacun à la liberté et à la propriété. L’erreur des socialistes consiste alors à hypostasier l’amour fraternel (comme chez Hegel) à l’ensemble d’un groupe disparate, unifié par la soumission au même État, et qu’on appellera société.

Il y a pourtant une différence de nature entre un petit groupe à l’utilité commune clairement identifiable et/ou s’autorégulant grâce à la connaissance personnelle de chacun des individus, et une foule d’individus abstraits ne se connaissant pas et trop divergents pour pouvoir s’accorder sinon en étant chapeautés par un monstre froid qui maintient de force l’union au nom d’une solidarité factice et de compromis — paravent hypocrite d’un jeu où chacun essaye de tirer la couverture à soi.

Ce qui est vrai au niveau de la communauté nationale l'est aussi dans les rapports internationaux : si un socialiste se prétend humaniste, on s'aperçoit cependant qu'à défaut d'instaurer un régime mondial unique, les partis socialistes nationaux (pourtant regroupés dans une Internationale socialiste) défendent leur clientèle sans se soucier des autres (cf. négociations européennes, délocalisations, patriotisme économique, etc.), démentant de fait l'idée que la poursuite d'un intérêt général est possible en dehors d'une théorie de la violence réfrénée et du chantage permanent. On parlera alors, de ce point de vue, de social-nationalisme qui est une forme soft du national-socialisme, épurée de toute la pseudo-science raciste.

Le seul critère libéral possible qui permette de savoir si le socialisme est légitime dans les conditions où il se présente en pratique est le consentement des individus. Le socialisme s'accompagne presque toujours de coercition et de violence, les seules occasions où il se manifeste pacifiquement relèvent d'organisations volontaires telles que peut en produire par exemple le mutualisme. Certains auteurs libertariens (notamment Benjamin Tucker, Kevin A. Carson, Gary W. Chartier) voient dans le socialisme la conséquence probable de l'adoption du marché libre et de la suppression de l'État.

Socialisme libéral

Le socialisme libéral prétend concilier les idéaux du socialisme à ceux du libéralisme en revenant au libéralisme comme méthode politique d'émancipation et en affirmant que le socialisme est dans son inspiration profonde une philosophie de la liberté. Cette doctrine, qui est anti-marxiste, promeut l'autonomie de la société civile, de l'individu et de la liberté, l'idée de responsabilité sociale, l'indépendance des activités sociales et économiques par rapport à l'État, la nécessité d'institutions juridiques fortes ainsi que le pluralisme social et politique. Elle diffère du socialisme libertaire (Bakounine), communiste ou collectiviste, qui refuse toute autorité et tout exercice du pouvoir.

Monique Canto-Sperber, dans l'entrée socialisme libéral du Dictionnaire du libéralisme, cite comme favorables à cette « interprétation libérale du socialisme » les auteurs suivants : Charles Renouvier, Alfred Fouillée, Léon Bourgeois, Proudhon ("un des premiers inspirateurs de la tradition socialiste libérale"), Charles Andler, Lucien Herr, Jean Jaurès, Henri de Man, André Philip.

Les opposants à ce concept considèrent qu'il relève de l'oxymore, et définissent volontiers le socialisme libéral comme "le socialisme moins le Goulag, et le capitalisme plus l'enfer fiscal"... Ce système provoque bien souvent l'apparition d'un secteur informel[3] important dans l'économie. Cependant, les libertariens n'excluent pas a priori l'existence de communautés socialistes fondées sur le volontariat :

Il pourrait exister une société que certains socialistes appelleraient socialiste, mais qui, à mon avis, serait à la fois capitaliste et libre. Une telle société serait le fruit d’une combinaison du principe socialiste du contrôle ouvrier avec décentralisation radicale et de la structure commerciale nécessaire à cette décentralisation. Il n’y aurait aucune autorité centrale capable d’imposer sa volonté aux unités économiques individuelles. La coordination se ferait par l’échange, le commerce, par un marché. A la place des entreprises, il y aurait des coopératives ouvrières contrôlées par leurs ouvriers. (David Friedman, 1973)

Voir aussi social-libéralisme et libéralisme social.

Notes et références

  • Cf. Rousseau, Du Contrat social, chap. 2.3 : « la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l'utilité publique. » (suit une série de restrictions qui rendent tout ceci nettement improbable, mais cela n'affecte jamais l'idéologue...)

  • La question étant de savoir si l'aversion spontanée de la plupart n'est pas dû à un réflexe conditionné crée par des décennies de terrorisme intellectuel, et si beaucoup ne sont pas plus libéraux qu'ils ne le croient… et qu'ils ne redécouvrent qu'une fois leur liberté perdue (cf. Raymond Aron, Essai sur les libertés, II).

    1. A. Portes, J. Borocz, 1988, "The Informal Sector under Capitalism and State Socialism: A Preliminary Comparison", Social Justice. Dynamic of the Informal Economy, Vol 15, n°3-4, pp17-28

    Bibliographie

    • 1949, Buhram Putnam Beckwith, "Liberal Socialism: The Pure Welfare Economics of a Liberal Socialist Economy"
      • édition révisée en 1974, "Liberal Socialism: The Pure Welfare Economics of a Liberal Socialist Economy". Jericho, NY: Exposition
    • 1977, Igor Chafarévitch, Le phénomène socialiste, Le Seuil (titre original : Социализм как явление мировой истории, c'est-à-dire Le socialisme en tant que phénomène de l'histoire mondiale)
    • 1989, François Seurot, Le système économique de l'URSS, Paris : Presses universitaires de France, ISBN 2130420109, ISBN 9782130420101
    • 1993,
      • Richard J. Arneson, "Socialism as the Extension of Democracy", In: Ellen Frankel Paul, Fred D. Miller, Jeffrey Paul, dir., "Liberalism and the Economic Order" (Social Philosophy and Policy), Cambridge: Cambridge University Press, pp145-171
      • Robert Heilbroner, "Socialism", In David R. Henderson, dir., "The Fortune Encyclopedia of Economics: 141 Top Economists Explain the Theories, Mechanics, and Institutions of Money, Trade, and Markets", New York: Time-Warner Books, Inc., pp161-165
    • 1997, Jacques Droz, dir., Histoire générale du socialisme, 4 vol., PUF/Quadrige

    Voir aussi

    https://www.wikiberal.org/wiki/Socialisme

     

     


     

     

     

     

    août 27, 2020

    France !! Ou allons-nous ?

    Bienvenue, excellente lecture....


    Sommaire:

     - A) Déficit commercial: la France mouton noir de l’Europe - - Sputnik

     - B) Charles Gave, le «niveau d’incompétence stupéfiant» de l’État explique la gravité de la crise - - Sputnik

     - C) Le Billet du Lupus : La France au cœur de la Révolution Mondialiste -

     - D) La relance ou la mort. Le billet de rentrée de Michel Taube - Opinion internationale

     - E) Paris ne fait plus rêver les cadres -

    La guerre économique contre les populations - Bruno Bertez - - réseau international.


    A) Déficit commercial: la France mouton noir de l’Europe

    L'aggravation du déficit commercial de la France s'accélère, contrairement à celui de nos voisins européens. Pour l’économiste Charles Gave, ce déficit chronique de la balance commerciale n'est que le reflet des maux de l’économie tricolore, en l’occurrence l’étranglement de son secteur privé sous le poids de l’État.

    Bonne dernière: c’est la place au sein de l’Union européenne de la France en matière de balance commerciale. Avec 9,3 milliards d’euros de déficit pour le seul mois de juin, non seulement l’Hexagone aggrave son ardoise mais il touche le fond du classement européen, loin derrière tous les autres États membres.

    La faute au Covid-19? Depuis le début de la crise sanitaire, certains économistes et journalistes économiques avancent que «pendant le confinement», le recul des exportations dans les «secteurs clés dont l’aéronautique» a contribué à aggraver la balance commerciale tricolore. Hormis le fait que la France creuse son déficit depuis 16 ans, l’aéronautique est un exemple à prendre avec prudence dans la mesure où ce secteur, majoritairement incarné dans l’Hexagone par Airbus, profite également à l’Allemagne qui, de son côté, affiche toujours un excédent commercial insolent (14,3 milliards en juin) et qui, rappelons-le, demeurait en 2019 le plus fort au monde devant celui de la Chine.

    D’ailleurs, à en croire les données des autres pays européens agglomérées par Eurostat, rares sont ceux qui ont vu s’aggraver leur déficit commercial en ces temps de crise sanitaire mondiale, bien que certains États européens à la balance commerciale excédentaire (l’Allemagne n’est pas la seule) pourraient décevoir par rapport  à 2019.

    La France, seul État membre dont la dégradation du déficit s’accélère

    L’Autriche a beau être dans le rouge sur la période juillet 2019–juin 2020, le déficit commercial qu’elle enregistre ces trois derniers mois est du même ordre que celui enregistré avant la crise sanitaire. En février et mars, l’aggravation de celui-ci s’est même nettement ralentie. Même schéma à Chypre ou, dans une moindre mesure, en Lettonie. Et même la Grèce, qui enregistrait en moyenne 1,8 milliard de déficit commercial par mois avant la crise, a vu ce chiffre passer à 1,2 milliard à partir de mars. Idem en Roumanie ou encore en Espagne: si la balance de cette dernière reste fortement négative sur le semestre, son déficit a quasiment cessé de se creuser ces deux derniers mois. La Tribune souligne d’ailleurs que la péninsule ibérique a, par rapport à l’an passé, «pratiquement divisé par deux» son déficit commercial au premier semestre.

    Quant à l’Irlande et aux Pays-Bas, les deux pays affichent respectivement 6 et 4 milliards d’excédent commercial, sans jamais être passés dans le rouge. Une fourchette dans laquelle se place également l’Italie, État européen le plus touché par la pandémie et souvent présenté dans les médias tricolores comme le canard boiteux de l’UE. Après une légère inflexion en avril, elle est pourtant revenue à un excédent commercial de 5,3 milliards d’euros au mois de juin, soit son niveau d’avant-crise.

    Globalement, seule la Hongrie enregistre avec la France une aggravation plus forte encore de sa balance commerciale par rapport à avant la crise et encore, ce pays d’Europe centrale reste en excédent commercial sur le semestre.

    Concrètement, par son ampleur (un trou de 58,9 milliards en 2019, en «amélioration» par rapport à l’an passé) et son aggravation constante, la France est un cas unique dans l’Union européenne.

    Un secteur public trop lourd à porter pour le privé

    Comment expliquer un tel déclin commercial de la France? Pour l’économiste Charles Gave, président du think tank libéral L’Institut des libertés, la réponse est évidente: l’économie française pâtit de l’hypertrophie de son secteur public, en somme du «poids de l’État». Bien que selon l’Insee, la proportion des dépenses publiques dans le PIB serait en baisse depuis des années, elles représentaient encore près de 56% de la richesse nationale en 2018. Un niveau qui place la France en tête du classement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En comparaison, la même année l’Allemagne –avec laquelle les Français aiment se comparer– affichait un niveau de dépenses publiques à hauteur de 44,9% de son PIB.

    «Avec 10 points de PIB en plus, le jockey français pèse 80 kilos alors que son homologue allemand en pèse 40. Lequel des deux va gagner la course?»

    Or, comme le souligne l’économiste, non seulement le secteur public ne génère pas d’exportations, ne contribuant ainsi pas au rééquilibrage de la balance commerciale française, mais il l’aggraverait même. Selon Charles Gave, les agents de l’État, dont le statut les met à l’abri des aléas économiques, n’ont pas revu à la baisse leurs habitudes de consommation face à la crise et avec elles, leur demande en biens étrangers.

    «L’amélioration des déficits commerciaux [des autres États membres, ndlr] vient certainement d’une très forte baisse de leurs importations, parce que les gens se sont restreints. Tandis qu’en France il n’y a que les 45% du secteur privé qui se soient restreints, les 55% du secteur public n’ont aucune raison de se restreindre.»

    Dans un pays où la consommation a été érigée comme l’alpha et l’oméga de l’économie, la consommation de produits étrangers est encore trop forte par rapport à ce que la France est capable d’exporter. En effet, faute de pouvoir dévaluer, comme par le passé, pour pallier tout écart de compétitivité, les produits tricolores sont généralement plus chers que leurs concurrents, leurs prix reflétant des coûts de production dans l’Hexagone gonflés par les charges. Des prélèvements obligatoires dont vit l’État et qui, en 2017, représentaient en France près de 48,4% de son PIB, soit la pression fiscale la plus élevée des pays de l’OCDE. En somme: un cercle vicieux qui étrangle à feu doux le secteur privé français.

    «Ce qui se serait passé dans un pays normal, c’est qu’on aurait dévalué à cause de notre manque de compétitivité et à la place de payer les fonctionnaires en deutsche marks, ils auraient été payés en francs français et du coup, les entrepreneurs français auraient pu vendre à l’étranger. Mais là, les fonctionnaires sont payés en deutsche marks et celui qui fait la différence, celui qui paie les fonctionnaires en deutsche marks, c’est le secteur privé français. Du coup, il s’atrophie. La rentabilité des entreprises françaises s’écroule à cause du poids du siège social France», vulgarise Charles Gave.

    Ce dernier dénonce la «farce» de la comptabilité nationale, où l’«on mesure la rentabilité d’un fonctionnaire au salaire qu’on lui verse». «Plus vous augmentez de fonctionnaires, plus le PIB augmente… et plus la dette augmente… et plus le déficit extérieur augmente», développe-t-il, avant d’assener qu’«un système qui diverge finit toujours par exploser».

    «Un système qui diverge finit toujours par exploser»

    Dans une telle situation, les entreprises ne sont pas les seules à pâtir de ce poids grandissant de l’État. Les Français ont vu au cours des dernières décennies s’effondrer leur pouvoir d’achat. «On est en train de s’écrouler en relatif, le niveau de vie en France –qui était le deuxième d’Europe au moment de Giscard, si ce n’est le premier– en l’espace de 30, 40 ans, on est passé au 13e rang», regrette l’économiste.

    Pour Charles Gave, la réalité d’une France jouant à jeu égal avec l’Allemagne n’est plus, finalement, à cause du refus des hommes politiques français d’appliquer les réformes allant de pair avec la souscription d’une monnaie unique, commune à une diversité d’économies.

     

    Source:  Sputnik

     

      B) Charles Gave, le «niveau d’incompétence stupéfiant» de l’État explique la gravité de la crise

     Une commande publique pléthorique, une classe politique à laquelle les réalités du monde de l’entreprise échappent. Alors que l’économie française est mise à mal par la crise du Covid-19, Charles Gave, président de l’Institut des Libertés, revient pour Sputnik sur les raisons qui font de la France la championne du monde de la récession.

    Avec une croissance négative de 5,8% pour le seul premier trimestre, la France est l’économie la plus touchée par la récession. Dans la première partie de notre entretien, l’économiste et financier Charles Gave, président de l’Institut des Libertés, revenait pour Sputnik sur les raisons de cet important écart observé entre l’Hexagone et ses partenaires européens, quitte à mettre à terre certaines idées reçues.

    En effet, dans un récent rapport, le Sénat a mis en lumière le volume d’aides débloqué à l’occasion de la crise du Covid-19 bien plus important au Royaume-Uni, État ouvertement libéral, qu’en France. Des Britanniques plus généreux que les Français? Un constat qui au premier abord pourrait surprendre, dans un pays où l’on n’est habituellement pas peu fier de son État-providence.

    «Je me souviens des années Thatcher et Mitterrand, où on nous expliquait que Mme Thatcher était un monstre et que les enfants anglais mourraient de faim dans la rue. Pendant les années Thatcher, les dépenses sociales ont beaucoup plus progressé en Angleterre qu’en France. Pourquoi? Parce que comme la croissance du PIB était beaucoup plus forte, cela permettait à l’État anglais –tout en levant moins d’impôts en pourcentage– d’avoir des rentrées fiscales bien supérieures, ce qui permettait de donner des tas d’avantages sociaux nouveaux», relate Charles Gave.

    Comme le souligne l’économiste, difficile de trouver de l’argent frais à partager entre les Français quand le «gâteau» qu’est l’économie (et les retombées fiscales qu’elle génère) ne s’accroit pas… «Ce que les gens ne comprennent pas, c’est qu’il vaut mieux avoir un État à 30% comme en Suisse avec un PIB qui croît de 4% par an qu’être avec un État à 60% et un PIB qui stagne», développe Charles Gave.

    «On passe notre temps à essayer de se partager un gâteau fixe, alors qu’il faut prendre des mesures pour qu’il grossisse. Mais il y a un niveau d’incompétence dans l’État français qui est très stupéfiant», s’inquiète-t-il.

    Le président de l’Institut des Libertés revient sur les plaidoyers réguliers des journalistes pour «réindustrialiser» la France, regrettant que l’on occulte le fond du problème: «Si c’était rentable d’avoir des industries en France, les industriels ne seraient pas partis les mettre ailleurs», assène-t-il. En témoignent les conséquences observables avec le récent cas de Sanofi.

    Des politiciens qui ne comprennent pas les entreprises

    En effet, l’indignation suscitée par l’annonce du laboratoire que les Américains bénéficieront du plus gros des précommandes en cas de découverte d’un vaccin contre le Covid-19, en réponse au soutien financier des États-Unis à la recherche de Sanofi, témoigne d’une vision particulière du monde de l’entreprise de la part d’une partie de la classe politique française.

    Venant principalement de la gauche, les critiques soulignaient le crédit d’impôt-recherche dont a bénéficié Sanofi ou encore que nul ne pourrait prétendre bénéficier en priorité d’une telle découverte. À croire que certains estiment que les laboratoires sont des entreprises philanthropiques.

    «Dire que l’on va augmenter les impôts et que l’on va filer des subventions, ça ne marche pas…», tranche Charles Gave, qui souligne que «le Président de la République n’a rien à dire sur la façon dont Sanofi est gérée.»

    L’économiste souligne qu’une entreprise telle que Sanofi est «indépendante» et qu’elle reste libre de passer des contrats avec qui bon lui semble. Pourtant, Emmanuel Macron s’est dit «ému» par les propos du président de Sanofi à Bloomberg. «S’ils veulent que le siège de Sanofi déménage aux États-Unis, qu’ils continuent…», ajoute-t-il.

    L’économiste ne ménage pas l’actuel Président de la République, rappelant que celui-ci «n’a jamais fait une fin de mois», la carrière de ce haut fonctionnaire de formation se limitant à un très bref passage par la banque Rothschild. Pour Charles Gave, il est capital que les fonctionnaires aient à faire un choix définitif entre l’engagement politique et leur carrière dans la fonction publique, celle-ci n’étant généralement que mise en pause le temps de leur mandat. «Il faut qu’il y ait une différence entre la fonction publique et la fonction administrative.»

    «Une corruption gigantesque»

    Autre exemple de prise de position publique de politique ou ex-politique pour qui l’entreprise reste une abstraction conceptuelle, l’ex-ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem. Devenue présidente France de l’ONG ONE, implantée notamment à Abuja, Dakar, Johannesburg, Ottawa ou encore Paris, elle plaide dans Le Monde pour «un retour à un souverainisme économique sans tomber dans le souverainisme», comme le résument nos confrères. «Ils veulent tout et son contraire, ce qui est complètement idiot sur le plan logique», se désole l’économiste.

    «Ce qu’il faut, c’est que ceux qui produisent en France soient sur un terrain de concurrence égal avec les autres pays. La France a 70% de fonctionnaires de plus pour 10.000 habitants que l’Allemagne. C’est le secteur productif français qui paie ces fonctionnaires. Le jockey France pèse 80 kilos et le jockey Allemagne pèse 30 kilos, il ne faut pas s’étonner que ce dernier gagne la course…»

    Dernier point pour le moins éloquent, avancé par la journaliste Nathalie Mauret sur le plateau de l’émission C dans l’air, le fait que la commande publique pèse dans le secteur du BTP en France pour près de 70% de sa croissance. Tous secteurs confondus, les chiffres sont rares et surtout divergents fortement. Selon l’Observatoire économique de la commande publique (OECP), la commande de l’État représentait en 2016 près de 84 milliards d’euros. Selon un rapport sénatorial publié en 2015, celle-ci serait de l’ordre de 400 milliards pour une année.

    Des chiffres qui ne manquent pas de faire réagir Charles Gave, rappelant qu’habituellement, ce sont les «millions de décisions individuelles qui font le succès ou l’échec d’un produit.»

    «Une commande publique aussi élevée ne peut pas ne pas amener à une corruption gigantesque. Ce n’est pas de la concurrence, puisqu’il faut acheter le fonctionnaire qui va acheter votre truc. […] On refait l’Union soviétique, ce n’est rien d’autre», développe l’économiste.

    Il plaide régulièrement pour qu’un audit des dépenses de l’État soit effectué, si possible autrement que par le biais d’une institution telle que la Cour des comptes. «À quoi sert l’ambassade française auprès des pôles», s’interrogeait-il en décembre 2019 sur le plateau de Sud Radio, où il évoquait déjà le lien observé à travers le monde entre le poids de l'État dans l'économie et celui de la corruption.

    État français, le régalien en chute libre

    Dans son dernier rapport annuel, le Forum économique mondial (World Economic Forum –WEF) plaçait la France au 7e rang sur 28 en matière de compétitivité. S’ils soulignaient une embellie en la matière, grâce aux réformes entreprises par Emmanuel Macron –malgré des lacunes persistantes en matière de culture du management et d’agilité de l’entreprise– les auteurs du rapport s’inquiétaient en revanche du recul de l’État dans ses fonctions régaliennes.

    Ces derniers dressent ainsi un tableau au vitriol de la «start-up nation» d’Emmanuel Macron. Au-delà de fermer le classement de 141 pays en matière d’imposition, la France dégringolait en matière de lutte contre le crime organisé, de fiabilité des services de police, d’indépendance de sa justice, ainsi qu’en termes de respect des droits patrimoniaux, ou de réponse au risque terroriste.

     

    Source:  Sputnik

     

    C) Le Billet du Lupus : La France au cœur de la Révolution Mondialiste 

    Après avoir été la matrice de la révolution bourgeoise en 1789, puis celle de la révolution marxiste  en  1870, la France apparaît à la lumière du présent, comme la matrice de la révolution Mondialiste en cours aux Etats-Unis, mais déjà bien avancée dans ce qu’il reste de notre beau Pays. A chaque fois, et pour chaque révolution,  il faut souligner des apports théoriques français et un faisceau d’idées  qui servent à structurer des mouvements de basculement idéologique.

    Je ne reviendrais pas ici sur l’apport de la Philosophie des Lumières à la révolution de 1789 ; ni sur l’influence qu’exerça la Commune de Paris sur Karl Marx qui y consacrera même un ouvrage. Il apparaît plus important de rappeler quelques épisodes théoriques importants qui nourrissent et fortifient ce qu’il convient d’appeler une Révolution Mondialiste pas encore tout à fait achevée dans le Monde, mais qui en France, nonobstant une perte de souveraineté inéducable, apparaît désormais comme irrémédiable et presque constutionnellement inscrite dans le marbre.

    Bien que déplorant cette perte de souveraineté nationale en France, je me dois d’acter qu’à part quelques nostalgiques des années passées (Onfray pour les années 30, Zemmour pour les 30 glorieuses) il n’existe pas en France à ce jour, une force d’opposition politique capable d’inverser le cours des choses. La nostalgie n’ayant à mon sens jamais constituée, à part peut-être dans les EHPADS de la république, un moteur suffisant pour entraîner et produire une énergie capable d’influer durablement sur les événements. Et n’allez surtout pas me dire que les Thénardiers de la « causette nationale » (la Famille Lepen) constituent à eux seuls une alternative crédible, alors qu’ils n’ont pas réussi à faire en 50 ans et avec près de 30% des voix ce que Macron à fait après seulement 2 ans d’exercice du pouvoir et avec à peine plus de 20% des suffrages exprimés.

    Tout cela ne fait pas cependant de la France, un grand trou noir où plus rien n’existe, à part les discutions interminables sur le covid et au sujet des ravages d’une immigration galopante et sa cohorte de faits divers macabres. Non, non ! La France existe encore et exerce, rassurons nous, une réelle influence nuisible, non pas diplomatique, mais intellectuelle. Il n’y a qu’à se renseigner pour cela auprès des Etudiants américains, tous convertis désormais aux joies de la « French Théory », sorte de pratique nihiliste, consistant à détruire à peu prés tout ce qui pourrait ressembler à  de la vie  et à ses lois naturelles, pour la remplacer par une post-modernité relativiste au forts relents genristes et intersectionnels.

    A la base de ce goulash (goulag) minoritaire, sorte de « wok » destiné  à concasser l’hétéro blanc  suspecté d’être privilégié et raciste, trois philosophes français,  qui sur les ruines de leur marxisme décadent,  décident qu’il est temps de faire la peau à ce vieux conservatisme empêcheur de tourner rond, et le plus souvent en rond :  j’ai nommé dans le désordre -Gille Deleuze, Michel Foucault et Jacques Derrida.

    Ces trois larrons s’inspirent directement des thèses des situationnistes de 68, Guy Debord en tête, et reprennent à leur compte les écrits de Jean Baudrillard sur la société de consommation… Tout cela n’aurait sans doute pas pris, d’abord en France, puis aujourd’hui à l’étranger, l’importance que cela a, si au même moment en France, un certain Mitterrand ne s’était emparé du pouvoir en 81, au travers d’une union avec les communistes. Puis avec le tournant dit de 83, le même Mitterrand,  n’avait décidé de se passer du Parti Communiste, pour un régime de gauche dit de la troisième voie ancêtre de ce que nous appelons aujourd’hui le mondialisme. Jacques Attali l’âme damnée de Mitterrand, le ministre de la sous culture Jack Lang,  et le Journal  Globe au titre bien choisi par l’inénarrable Georges Marc Benhamou, puiseront largement dans les théories fumeuses de la french théorie. Tandis que sur le plan diplomatique, et comme si un malheur ne suffisait pas, la diplomatie des « droits de l’hommiste » faisant suite au tiers-mondisme ravageur de Regis Debray, puisera largement quant à elle du côté des « Nouveaux Philosophes » à savoir l’inégalable BHL et son complice d’alors André Glucksman.

    Ce qu’il faut aujourd’hui retenir, c’est qu’après 14 ans de « moulinette mitterrandienne » à la sauce déconstructiviste, il ne restait plus grand-chose en France des années De Gaulle, des « années bonheur » diront certains amnésiques de l’Algérie. Le grand Charles ,qui malgré l’opposition forcenée des Américains, avait quand même réussi à maintenir un semblant de prestige et de cohésion nationale jusqu’en 1969 année de son piteux départ, clôturant ainsi  et définitivement le conservatisme des « 30 glorieuses » . Par la suite, moins romantique Alain Peyrefitte nous invita en Chine, et Giscard sans destin à la maison. S’en suivi la parenthèse socialo-liberale giscardo-pompidoulienne avec à la clef, le neofascisme mitterandien qui mis bien avant la NSA américaine, tout le monde sur écoute, Edern Hallier  « l’idiot  international » en fit les frais, mais n’eut pas la chance de d’Edward Snowden, la Russie soviétique d’alors, se montrant moins accueillante que celle de Poutine. Force est de constater, que 30 après le décès de Mitterrand, et l’instauration de son régime socialiste, les chefs d’états et de gouvernement lui ayant succédé à la tète de la France, n’ont en rien changer, si ce n’est pour la renforcer, à la doxa mondialiste.


    Reste que pour paraphraser Sartre ( Autre trublion philosophe marxiste) les mots sont comme des balles,  une fois qu’ils sont écrits, vous ne pouvez pas contrôler les dégâts qu’ils font, la France en a payé et continuera d’en payer le prix, les Etats-Unis commence à peine à en subir les effets dévastateurs. Faut il pour autant interdire les mots, non bien évidemment, car le langage étant le propre de l’homme, les déconstructivistes adeptes de la « french theory »  sont déjà à l’oeuvre, bien trop heureux de les noyer dans un relativisme du non-sens.

    Souhaitons cependant à l’Occident un vrai sursaut démocratique, hors des sentiers battus et débattus de la propagande mondialiste qui ne semblent elle mener qu’à une seule chose : A toujours plus de servitude et de lassitude.

    « À chacun son dû ; le destin est tracé et on ne peut que l’accomplir ou le trahir. Il incombe à quelqu’un de traverser la mer, de posséder Didon et d’épouser Lavinia pour faire renaître, encore plus éclatante, la ville intérieure des origines. Essaierons-nous ? »

     Source: leblogalupus.com/

     

    D) La relance ou la mort

    Les Français, en effet, comme l’a dit ce matin Jean Castex, vont devoir prendre leurs responsabilités. C’est l’heure de la rentrée, mieux, de la relance. Relance scolaire. Relance économique. Relance sociale. Voilà précisément ce que signifie aujourd’hui « vivre avec le coronavirus ».

    Et puisque le gouvernement est en retard pour dévoiler son plan de relance, véritable faute politique qui montre combien le président de la République a du mal à rester le maître des horloges, alors,  ce sont aux Français eux-mêmes d’assurer cette relance économique et sociale. Ce sera le sens des débats de l’université de rentrée du MEDEF aujourd’hui.

    Cette rentrée 2020-2021 est une question de survie. Après avoir constitué une épargne de précaution de 100 milliards d’euros en moins de six mois, l’heure est à la vie, aux études, à la consommation, à une nouvelle société du plaisir à réinventer, mais du plaisir quand même. N’attendons pas le plan de relance à 100 milliards, consommons cette épargne, ces autres 100 milliards disponibles et la France repartira.

    « Vivre avec le coronavirus », cela veut dire que le respect des gestes barrière ne doit pas empêcher cette relance. Il n’en est qu’une modalité d’application. Déjà psychologiquement : quel dommage qu’il eut fallu tant argumenter pour « imposer » et généraliser – fort partiellement – le port du masque. Alors qu’une mesure nationale, unilatérale et universelle prise dès juillet aurait permis de se concentrer sur la mobilisation des énergies pour réussir la rentrée.

    Bien sûr que nous faisons face à une des pires pandémies de l’histoire. Bien sûr que les centaines de milliers de morts, les millions de malades affectent durablement nos sociétés et nos familles. Le moral de tout le monde en a pris un coup.

    Mais, alors que nous sommes probablement entre deux vagues épidémiques, notre devoir à tous est de nous mettre au boulot, de retourner à l’école pour nos enfants, de faire revivre la société. Sinon les morts sociales et physiques seront démultipliées.

    Certes, une consommation nouvelle, plus sobre, plus durable, plus réfléchie est déjà en train de sortir de cette crise inédite. Mais si la machine à consommer, n’en déplaise aux écologistes les plus sectaires, ne repart pas, la France, l’Europe sombreront dans des années noires que l’on pressent déjà, avouons-le.

    Les Français sont un grand peuple. C’est le moment de le prouver.

    Alors, bonne rentrée, et belle relance !

     Michel Taube

    Source:  Opinion internationale

     

     E) Paris ne fait plus rêver les cadres

     Plus de la moitié des cadres franciliens (54%) sont insatisfaits de leur situation. Un mois après la fin du confinement, 32% recherchent activement un poste, passent des entretiens ou ont demandé une mutation hors de la Ville Lumière. 

    Les grèves des transports en décembre contre la réforme des retraites, puis le confinement lié à la crise du coronavirus ont, d'après une étude de Cadremploi publiée mardi, renforcé l'envie des cadres franciliens de quitter Paris. Néanmoins, la peur de quitter son emploi freine le passage à l'acte.

    Parmi les 1.919 cadres interrogés en ligne du 16 au 17 juillet 2020, 96% vivent ou travaillent en région parisienne et 83% d'entre eux envisagent une mobilité en région. Cependant, ce chiffre est plutôt stable d'année en année (84% en 2018, 82% en 2019).

    "Comme toujours, s'ils sont nombreux à exprimer leurs désirs de quitter la Ville Lumière, le cap entre la réflexion et la prise de décision reste difficile à franchir", note l'étude.

    Malgré cette constance, ils sont tout de même 32% à rechercher activement un poste, à passer des entretiens ou à avoir demandé une mutation. Pour se mettre au vert, les cadres franciliens sont pour 61% d'entre eux "prêts à changer de métier" ou à accepter une baisse de salaire (53%). Une décision qui n'est pas anodine pour ces professionnels. De fait, les cadres Franciliens gagnent en moyenne 5.000 euros de plus que ceux vivant en province (52.000 euros brut par an contre 47.000), selon le baromètre 2019 de l'Apec.

    Si l'option de la démission est en recul (46%, en baisse de 6 points par rapport à 2019), celle consistant à faire des allers/retours à Paris est en hausse notable de 7 points, peut-être facilitée par l'essor du télétravail pendant le confinement.

    "J'aime plus Paris"

    Mais pourquoi les Parisiens veulent-ils quitter leur ville ? Bien que l'accessibilité rapide à tous les services et la vie culturelle que Paris propose soient appréciés par plus de huit Franciliens sur dix, les inconvénients de la capitale semblent avoir pris le dessus sur les avantages qu'elle présente. Plus de 6 Parisiens sur 10 jugent Paris trop stressante, presque autant reprochent le coût trop élevé de la vie et près de la moitié pointe du doigt les temps de transports trop longs.

    Au delà de ces inconvénients, 46% des cadres parisiens ne sont pas satisfaits de leur logement et 27% déplorent l'inaccessibilité à la propriété. Globalement, tous critères confondus, 54% des cadres franciliens se déclarent insatisfaits de leur situation.

    Bordeaux en tête

    Parmi les destinations rêvées par les Parisiens, plus de la moitié souhaite s'installer à Bordeaux, suivi de près par Nantes (44%) puis par Lyon (31%). La principale motivation au départ est la recherche d'un meilleur cadre de vie pour 89% de ces cadres.

    Source: La Tribune

     

      La guerre économique contre les populations

    QUI DIT DETTE, DIT CRÉATION DE MONNAIE

    QUI DIT CRÉATION DE MONNAIE DIT BANQUE

    QUI DIT BANQUE DIT MANAGERS D’ACTIFS

    QUI DIT MANAGERS D’ACTIFS DIT … BLACKROCK

    La crise actuelle ouvre une voie royale à Blackrock et sa galaxie bancaire pour venir picorer ce qu’il reste de patrimoine privé et public. De fait le système de création monétaire auquel se sont soumis les États ne laisse aucune porte de sortie alternative. L’étau se resserre sur les États, sur les banques normales et sur… nous représentants de ménages et de PME/PMI.

    Liliane Held-Khawam

    « …depuis l’abrogation du Glass-Steagall Act séparant de façon rigoureuse les banques de crédit des banques de marchés. Aux États-Unis, si banques et gouvernements s’accrochent depuis longtemps à BlackRock comme au Bon Dieu, c’est qu’il reste peu d’institutions financières solides. » (ici)

    Non nous ne sommes pas en guerre, la seule guerre, c’est celle qui sera menée contre vous

    par Bruno Bertez.

    Les deux crises, la Grande Crise Financière 2 qui a démarré en Septembre 2019 et la Crise du Covid ont propulsé les dettes mondiales vers de nouveaux sommets inexplorés.

    On a dépassé dans de nombreux cas les endettements des périodes de guerre.

    Selon tout probabilité, ce n’est pas fini.

    Il va falloir allez plus loin et creuser encore les déficits et accumuler les dettes pour faire face aux conséquences de ces crises sur la croissance. Une grande crise économique, une GEC 2 est quasi inévitable si on ne consent pas de nouvelles dépenses de relance.

    La comparaison avec les situations d’après-guerre est tentante, mais elle est très insuffisante pour de nombreuses raisons :

    D’abord les guerres ont une fonction de destruction du Capital excédentaire et inefficace que l’on ne retrouve pas ici.

    Ensuite lorsqu’une guerre est finie, elle est finie : les dépenses militaires deviennent inutiles et les besoins de financement liés à la guerre disparaissent, les ressources se dirigent à nouveau vers l’économie civile.

    Enfin après les guerres la demande potentielle est forte, et la machine se remet en route quasi spontanément. Il faut certes résorber les anomalies de la guerre comme les surendettements de l’état et restaurer les bases de la monnaie, mais c’est à un choc unique qu’il faut faire face.

    Dans le cas présent il n’en va nullement ainsi, car certes il y a des chocs mais ils se produisent sur des dérives continues qui durent en fait depuis 40 ans.

    L’accumulation inexorable des dettes n’est pas provoquée par un ou deux chocs, elle est le régime normal du système. Pour tourner, depuis la financialisation il a besoin de produire du crédit, de plus en plus de crédit, du « credit impulse » à jets continus, parce que le rendement de ce crédit en termes de croissance des GDP est de plus en plus faible.

    La masse d’actifs financiers qui s’est accumulée depuis 40 ans est considérable et elle est logée, enracinée dans toute l’économie : tout est inextricablement lié, enchevêtré, connecté, toutes les valeurs, tous les bilans sont marqués par la surévaluation des actifs financiers. Tout a été contaminé.

    Cette situation n’a rien à voir avec la situation de guerre, l’assimilation et la comparaison sont totalement abusives. Au lieu d’être dans une situation post-choc, nous sommes dans un cycle long, très long.

    Certains observateurs dont Ray Dalio et moi-même datent ce cycle du crédit long de 1945. Je vous rappelle que la durée moyenne d’un cycle long du crédit est de 65 ans. Nous jouons déjà les prolongations.

    J’aurais presque tendance à considérer que si les autorités n’étaient pas aveugles, elles comprendraient qu’il est temps, non pas d’essayer de prolonger encore ce cycle long du crédit qui s’est trop étiré, mais d’en débuter un autre. Après une remise à zéro des compteurs.

    Je veux insister, l’originalité de la situation est là, dans le fait que les chocs se produisent sur des systèmes déjà très sollicités, déjà très déséquilibres, déjà en bout de course.

    Ce qui explique d’ailleurs, le stock de dettes constituant une sorte de poids mort ou de boulet aux pieds des économies, que celles-ci ne peuvent plus croitre normalement, elles sont asphyxiées par la finance. Il suffit d’observer les faibles dépenses d’équipement productif et la conséquence qui en découle, l’érosion des gains de productivité. Le système ne fait plus de muscles, il consacre ses ressources à faire du gras à entretenir le gras financier.

    Bien que les dépenses actuelles massives en réponse à la pandémie de COVID-19 semblent justifiées, les décideurs devront faire face à la dette publique croissante une fois la crise passée.

    Bien entendu au lieu de poser dès maintenant les bases du débat futur, les autorités mentent, elles escamotent le problème de ce qui va se passer dans le futur comme si les choses allaient se résorber d’elles même.

    Le meilleur exemple étant l’attitude des européens et singulièrement celle de Bruno Le Maire le simplet qui prétend que c’est la croissance qui va payer les dettes ! Je vous rappelle que potentiel de croissance de l’Europe et singulièrement de la France est de moins de 1% l’an !

    Le succès du thème mondial de la Théorie Monétaire Moderne, la MMT, cette vieille lune est liée à cette question des déficits, des dettes et du poids mort qu’elles représentent.

    Les gauches fabiennes, celles dont la vocation est de servir de béquilles au Capital ont saisi l’occasion de se refaire une santé politique en enfourchant ce vieux cheval du Chartalisme et en répondant que les dettes n’ont aucune importance, qu’un état qui a le pouvoir d’émission monétaire ne peut faire faillite et autres billevesées.

    C’est un produit du temps, le temps secrète ses solutions miracles, c’est toujours comme cela. La position de la MMT in fine est simple : les dettes n’ont aucune importance car elles ne seront jamais remboursées et quand on aura fait le tour, on détruira la monnaie.

    Avant d’arriver aux « solutions extrêmes » inéluctables, les responsables de la conduite des affaires vont, à mon avis tenter de jouer une fois de plus les prolongations. Pourquoi ? Parce qu’elles le peuvent encore : le système a encore de multiples tours dans sa poche et on peut en reculer les limites aux prix de nouvelles contorsions. Et au prix de quelques entorses aux libertés.

    Le point fort du système c’est l’ignorance. Votre ignorance. C’est le décalage entre ce qui se passe aux différents niveaux structurels infra-structurels, super-structurels et au niveau conscient. Les prises de conscience sont très très en retard par rapport aux évolutions du réel. La conscience des agents économiques est très en retard par rapport à l’état actuel du système. Cela confère une marge de manœuvre encore considérable aux responsables de la mauvaise conduite des affaires. Voilà le secret de sa longévité d’un système à bout de course.

    Les gens croient que les mots anciens recouvrent encore les mêmes réalités alors qu’ils en recouvrent de nouvelles ; le contenu des mots comme « monnaie » par exemple a glissé ; il change : les monnaies ne sont plus des réserves de valeurs mais des jetons commerciaux et financiers. Mais les gens ne l’ayant pas compris ils continuent de garder les monnaies-jetons -fétiches comme avant. Et tant qu’ils gardent ce qu’ils croient être de la monnaies -qui en fait ne vaut globalement rien- les responsables de la conduite de affaires peuvent en émettre, tirer des traites sur l’avenir et ainsi boucher les trous, les failles, les fissures.

    Attendez-vous a ce que d’ici quelques mois on pose enfin le problème du « que faire face aux endettements colossaux ».

    On va évoquer les tartes à la crème habituelles ; la répression financière et les hausses de la fiscalité ; on va même faire semblant d’avoir le choix, comme si on était autonome, comme si on n’était pas vassal du régime américain. En pratique ce sont les USA qui vont indiquer la voie et tout le monde suivra. À mon avis même les Allemands !

    La guerre contre vous, le pillage, la répression financière

    Les décideurs politiques seront fortement tentés d’imposer un plafond de taux d’intérêt aux institutions financières c’est à dire de choisir la répression financière, même si des augmentations fiscales conditionnelles seraient préférables.

    Le dosage, le mix des politiques suivies après le Covid dépendra de l’état des économies, du chômage, de la légitimité des pouvoirs politiques en place et de la force des poussées populistes.

    Autant dire que ce n’est pas facile à apprécier. Mon pari personnel c’est le laxisme renforcé, la lâcheté et le chien crevé au fil de l’eau.

    Examinons la situation américaine :

    Le ratio dette fédérale / PIB des États-Unis a fortement augmenté pendant la grande récession de 2008-09 et il a continué d’augmenter par la suite, passant de 62% en 2007 à 90% en 2010.

    En 2019, il avait atteint 106%, et le Le Congressional Budget Office a averti que les fonds pour la sécurité sociale et l’assurance-maladie seraient épuisés d’ici 2028.

    De nombreux économistes ont fait valoir qu’un ratio dette / PIB de 100% était déjà extrêmement élevé et que les futures augmentations d’impôts nécessaires pour le réduire devraient être massives.

    Puis vint COVID-19. Confrontés à des verrouillages et à l’effondrement de l’activité économique, les gouvernements du monde entier ont approuvé d’énormes dépenses supplémentaires même si les revenus devaient baisser.

    Après avoir projeté un déficit budgétaire annuel de 1 trillion avant la pandémie, l’office du Budget a ajouté pour l’exercice 2020 (qui se termine par Septembre) 2,2 trillions de dollars supplémentaires, suivis par 0,6 trillions de dollars supplémentaires en 2021.

    Selon le Comité pour un budget responsable, on est à 17,9% du PIB en 2020 et à 9,9% en 2021.

    Dans l’état actuel des choses, la dette fédérale devrait atteindre 108% du PIB d’ici l’an prochain.

    Cela signifie qu’en l’espace de sept mois seulement, le taux d’endettement américain a déjà dépassé le niveau accumulé pendant les deux années de la Grande Récession, et cela ne tient même pas compte des factures de dépenses supplémentaires que le Congrès n’a pas encore adoptées.

    Le consensus est que ces dépenses sont justifiées, compte tenu des circonstances horribles et sans précédent de la pandémie.

    Néanmoins, hommage du vice à la vertu, les décideurs doivent reconnaître que des mesures pour réduire le ratio déficit / PIB seront nécessaires de toute urgence une fois que le virus aura été maîtrisé.

    Certes, certains économistes à la Krugman ont fait valoir que dans un environnement de faible inflation et de taux d’intérêt bas, il ne fallait pas s’inquiéter de la taille de la dette fédérale, ce qui implique que les déficits devraient augmenter encore plus pour financer les travaux keynésiens d’infrastructures et autres dépenses.

    Mais rien ne garantit que les conditions financières d’aujourd’hui se maintiendront indéfiniment. Peu importe, dans le long terme nous seront tous morts.

    Le mythe de la réduction des déficits

    La réduction des déficits budgétaires actuels et futurs, solution évidente au problème, elle a également tendance à être la plus difficile à réaliser politiquement. N’oublions pas l’état déplorable de la société civile.

    Cela implique qu’il y aura une forte tentation de réduire la dette au moyen de mesures appelées « répression financière ».

    Les décideurs vont essayer de réduire les coûts du service de la dette en plafonnant les taux d’intérêt que les institutions financières – y compris les banques et les fonds de pension et d’assurance – sont autorisées à payer.

    Un plafond aux taux d’intérêt permet aux gouvernements de vendre et de rouler les obligations d’État à des taux d’intérêt plus bas qu’ils ne le pourraient autrement, car les épargnants ne peuvent pas obtenir de meilleurs rendements ailleurs.

    Utilisée dans le passé, la répression financière a fonctionné, réduisant le ratio dette / PIB des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale de 116% en 1945 à 66,2% en 1955.

    Cette réduction progressive est due au fait que les plafonds des taux d’intérêt sont inférieurs au taux d’inflation, ce qui a entraîné un rendement réel négatif pour les créanciers pendant cette période. En fait on impose une sorte de prélèvement sur le capital des prêteurs.

    Reinhart estime que si les taux d’intérêt réels avaient été positifs, la dette fédérale américaine en 1955 se serait élevée à 141,4% du PIB. Cette différence de 75 points reflète le montant de l’augmentation de la dette publique si le gouvernement n’avait pas recouru à la répression financière, toutes choses étant égales par ailleurs.

    La répression financière réduit la croissance du PIB et elle est néfaste pour l’économie. La répression financière détourne l’épargne privée de l’investissement privé vers les titres d’État – généralement accompagnée d’une hausse de l’inflation en raison d’une demande excessive au taux d’intérêt contrôlé. Pour ces raisons, elle s’accompagne presque toujours d’une croissance relativement plus lente, d’une inflation élevée. La répression financière ce qui étouffe la reprise. Elle magnifie les inégalités !

    De nombreux économistes croient à une accélération de l’inflation dès 2021, ils vont jusqu’à envisager 3 et même 3,5%. Je pense qu’il est trop tôt pour une estimation valable.

    L’autre possibilité serait pour le Congrès de promulguer des augmentations d’impôts, ou de fixer un calendrier d’augmentations pour le moyen terme. C’est un subterfuge qui peut marcher même si sa crédibilité réelle est faible : la rigueur pour demain Hmm, ce n’est pas très crédible ! Surtout dans la situation présente de compétition stratégique avec la Chine !

    On évoquera peut-être, selon le résultat des élections, une taxe carbone, une taxe sur la valeur ajoutée ou une surtaxe sur les impôts sur les riches.

    source : https://brunobertez.com

    via https://lilianeheldkhawam.com

     

     

     

     

     

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