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décembre 24, 2025

Les effets de l'arme nucléaire: France position centrale en Europe entre stratégie et illusion !!

La France pourrait-elle vraiment devenir le centre politique et militaire de l’Europe ? 

Alors que les vents géopolitiques tournent violemment, poussant les nations européennes à repenser leur sécurité fondée depuis des décennies sur le parapluie américain, un mantra émerge dans les capitales du Vieux Continent : la France est appelée à endosser un rôle de leader. Pourtant, derrière cette ambition affichée se cache une réalité française plus fragile, où les défis intérieurs et les divisions politiques pourraient bien hypothéquer ce destin prophétisé.


L’électrochoc vient de Washington. Les récentes déclarations de l’administration Trump, qualifiant l’Europe de « groupe de nations en décadence », ont sonné comme un glas.

« Nous ne sommes ni surpris, ni en état de choc ou dans le déni », confie un haut responsable de la défense française.

Une ambition confrontée aux dures réalités du terrain

L’idée d’une Europe de la défense pilotée depuis Paris séduit. « Nous avons besoin des plus grands pays pour montrer la voie », insiste un officiel de défense européen d’une nation de taille moyenne. La France, seule puissance nucléaire de l’UE, possède en effet les attributs d’un leader : une industrie d’armement souveraine, une expérience opérationnelle et une volonté affichée. Paris mène déjà un groupe de combat de l’OTAN en Roumanie et discute de déploiements en Finlande. Cependant, l’écart entre les mots et les actes est criant.

« Le leadership français est logique… mais il y a un décalage entre la parole et les actes », analyse Élie Tenenbaum, de l’IFRI.

La crise politique ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale paralyse le pays. Dans ce climat d’instabilité, il est très improbable que le budget 2026, pourtant crucial pour la hausse des dépenses militaires promises, soit voté à temps. Comparaison qui pique : l’Allemagne, souvent perçue comme plus réticente, vient d’approuver 50 milliards d’euros pour l’armement.

 


 

La bombe à retardement de 2027

Le véritable obstacle n’est pas seulement budgétaire, il est politique et populaire. Le discours du chef d’état-major, le général Mandon, appelant à se préparer au « sacrifice » pour une guerre possible, a provoqué un tollé jusqu’au sein de la majorité présidentielle. Cette réaction illustre le fossé entre les élites, conscientes des périls, et une opinion publique peu préparée à une telle perspective.

L’horizon de 2027 plane comme une épée de Damoclès. Les sondages placent le Rassemblement National en tête pour la présidentielle. Marine Le Pen a déjà annoncé son intention de quitter le commandement intégré de l’OTAN et de mettre fin à toute discussion sur une dimension européenne de la dissuasion nucléaire française.

« Le pouvoir nucléaire appartient aux Français », assène-t-elle, fermant la porte à des initiatives jugées essentielles par nos alliés de l’Est.

Le poids des responsabilités face au mirage du leadership

Des jeunes Français, comme Charlotte, 26 ans, ressentent cet appel du devoir. « Le contexte géopolitique m’inspire à m’engager », explique-t-elle, songeant à troquer son poste en marketing pour une carrière de linguiste dans l’armée. Ils sont prêts à servir, mais dans quelle direction ?

La France est à un carrefour. Elle peut aspirer à devenir ce « centre politique et militaire » dont parlent certains diplomates, mais ce projet exige une stabilité intérieure, un consensus national et des sacrifices économiques colossaux que la nation, aujourd’hui fracturée et tourmentée par ses propres crises, est-elle prête à assumer ? Avant de songer à défendre l’Europe, ne faut-il pas d’abord consolider la maison France ? Le leadership, s’il n’est pas d’abord tourné vers l’unité et les priorités des citoyens, risque de n’être qu’un mirage coûteux.

https://multipol360.com/la-france-pourrait-elle-vraiment-devenir-le-centre-politique-et-militaire-de-leurope/ 

 



Énergie nucléaire

L’énergie nucléaire, parfois appelée énergie atomique, est l’énergie libérée lors des réactions de fission nucléaire des noyaux atomiques au sein d'un réacteur nucléaire ou lors d'une explosion atomique.

Dans les réacteurs électronucléaires actuels, une forte énergie sous forme de chaleur est libérée par la fission de noyaux lourds. L’énergie thermique dégagée par les réactions de fission nucléaire est transformée en électricité. En 2025 il existe 416 réacteurs nucléaires opérationnels dans le monde, et 63 réacteurs en construction.[1]

Les dates marquantes

  • 17 décembre 1938 : le phénomène de la fission nucléaire est découvert par Otto Hahn et son jeune assistant Fritz Strassmann ; ce sera considéré comme l'acte de naissance de l'énergie nucléaire
  • 1942-1946 : les États-Unis mènent le projet Manhattan, projet de recherche conduisant à la production de la première bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale
  • 6 août et 9 août 1945 : bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, causant de 155 000 à 250 000 morts et la capitulation du Japon, annoncée le 15 août 1945 par l'empereur Hirohito
  • 25 décembre 1946 : démarrage à Moscou du premier réacteur nucléaire, le F-1, arrêté en 2012 ; longtemps utilisé pour l'étalonnage et la formation, il a été transformé en musée en 2016
  • 20 décembre 1951 : mise en service de la première centrale nucléaire du monde (l'Experimental Breeder Reactor I), construite au laboratoire national de l'Idaho aux États-Unis
  • 1er novembre 1952 : la première bombe H américaine, Ivy Mike, explose sur l'atoll de Eniwetok (près de l'atoll de Bikini, dans l'océan Pacifique)
  • 7 janvier 1953 : le président Harry S. Truman révèle que les États-Unis possèdent la bombe à hydrogène
  • 2 août 1953 : premier essai soviétique d’une bombe à hydrogène, bombe A à fission dopée (RDS-6)
  • 21 janvier 1954 : lancement aux États-Unis de l'USS Nautilus, premier sous-marin nucléaire d'attaque et premier navire à propulsion nucléaire de l'histoire
  • 27 juin 1954 : l’URSS est le premier pays à produire de l’énergie nucléaire en ouvrant la centrale nucléaire d'Obninsk (la première centrale française, située à Marcoule, démarre en 1956)
  • 9 juin 1959 : lancement de l'USS George Washington, premier sous-marin à propulsion nucléaire à emporter des missiles mer-sol balistiques stratégiques à charge nucléaire
  • 13 février 1960 : premier essai nucléaire français à Reggane dans le désert de Tanezrouft en Algérie (nom de code Gerboise bleue)
  • 30 octobre 1961 : l'URSS fait exploser dans l'Arctique russe la Tsar Bomba (Царь-бомба), bombe à hydrogène de 57 mégatonnes, l'arme de destruction massive la plus énergétique jamais utilisée
  • 16 octobre 1962 - 28 octobre 1962 : la crise des missiles de Cuba oppose les États-Unis et l'Union soviétique, menant les deux blocs au bord de la guerre nucléaire
  • 21 janvier 1969 : accident nucléaire à la centrale nucléaire expérimentale de Lucens (CNEL) en Suisse, fusion partielle du cœur du réacteur (pas de danger pour la population ; la centrale sera ensuite démantelée)
  • 18 mai 1972 : entrée en vigueur du traité de désarmement sur le fond des mers et des océans, qui interdit de placer des armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive sur le fond des mers et des océans ainsi que dans leur sous-sol
  • 28 mars 1979 : accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island : un dysfonctionnement du système de refroidissement provoque une fusion partielle en bas du cœur du réacteur
  • 3 juin 1980 : fausse alerte d'attaque nucléaire suite à une défaillance de processeur (le NORAD annonce que plus de 2200 missiles soviétiques se dirigent vers les États-Unis)
  • 19 septembre 1980 : explosion d'un missile balistique Titan à Damascus (Arkansas) suite à une fuite de carburant (un mort, et destruction du complexe de lancement)
  • 26 septembre 1983 : fausse alerte nucléaire en URSS (causée par le logiciel embarqué par les satellites soviétiques), qui aurait pu déclencher une guerre nucléaire entre l'URSS et les États-Unis
  • 26 avril 1986 : début de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine)
  • 8 décembre 1987 : signature à Washington du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité INF), qui élimine tous les missiles de croisière et missiles balistiques
  • 25 janvier 1995 : fausse alerte nucléaire en Russie après le lancement d'une fusée-sonde Black Brant XII à partir de la base de lancement d'Andøya en Norvège (la fusée-sonde est confondue avec un missile à têtes nucléaires, seule l'hésitation du président Eltsine évite la catastrophe)
  • 29 janvier 1996 : le président Jacques Chirac annonce l'arrêt définitif des essais nucléaires français
  • 8 avril 2010 : Dmitri Medvedev et Barack Obama signent un nouveau traité START (New Start : New Strategic Arms Reduction Treaty), qui concerne le désarmement nucléaire de la Fédération de Russie et des États-Unis ; ce traité entre en vigueur le 5 février 2011 pour une durée de dix ans
  • 11 mars 2011 : un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter a lieu au Japon ; il provoque un tsunami qui s'abat sur les côtes de l'Asie orientale et un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima ; cet accident conduira de nombreux pays à se détourner de l'énergie nucléaire
  • 14 juillet 2015 : signature de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien ; par cet accord de non-prolifération nucléaire, Barack Obama veut empêcher l’Iran d'arriver au seuil de production d’une bombe atomique ; les États-Unis se retirent unilatéralement de l'accord le 8 mai 2018 et rétablissent des sanctions contre l'Iran
  • 13 janvier 2018 : fausse alerte nucléaire à Hawaï, un exercice aérien est confondu avec une attaque par missile balistique
  • 1er mars 2018 : dans son discours d'adresse à la nation, Vladimir Poutine dévoile de nouvelles armes nucléaires invincibles, notamment un missile de croisière à propulsion nucléaire à portée illimitée se déplaçant à plus de 20 fois la vitesse du son
  • 2 août 2019 : les États-Unis se retirent officiellement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité INF) signé le 8 décembre 1987

L'atome et la radioactivité

L'histoire de l'atome remonte à l'époque de l'atomos (que l'on ne peut diviser), concept hypothétique que l'on doit au philosophe grec Démocrite. Celui-ci, élève de Leucippe, contribua de façon significative à la théorie atomiste selon laquelle l'univers est constitué d'atomes et de vide. Cette théorie resta dans l'ombre d'une autre théorie de la matière, celle d'Aristote et les quatre qualités élémentaires (le feu, l'air, l'eau et la terre), ceci jusqu'au XIXe siècle.

La redécouverte de la théorie des atomes fut faite par le physicien et chimiste anglais John Dalton. Dalton s'intéressant aux observations météorologiques ainsi que les propriétés physiques de l'air atmosphérique et des autres gaz, se posa la question suivante : pourquoi les constituants de l'air (azote, oxygène, CO2 et vapeur d'eau) ne se séparent-ils pas par ordre de densité, et pourquoi ce mélange de gaz reste-t-il constamment homogène ? En 1808 il démontre que deux gaz quelconques se combinent toujours dans des proportions de poids simples. Ainsi 1 g d'hydrogène réagit avec 8 g de dioxygène pour former 9 g d'eau. Les résultats s'expliquent si l'on suppose que la matière est constituée des petites particules indivisibles déjà imaginées par Leucippe et son disciple Démocrite.

C'est au physicien danois Niels Bohr que nous devons la description moderne de la structure de l’atome, avec le modèle de Bohr, qui évolua ensuite à mesure des avancées en physique quantique.

La radioactivité est l’émission de rayonnement par des atomes fusionnant ou se désintégrant. Lorsqu'elle est spontanée, on parle de radioactivité naturelle ; si elle est provoquée par une réaction nucléaire, on parle de radioactivité artificielle ou induite. La radioactivité est omniprésente dans l’univers et sur Terre, la fusion ou la désintégration d’atomes instables étant des phénomènes courants de la matière. [2]

Suite à la découverte des rayons X par le physicien allemand Wilhelm Röntgen en 1895, Henri Poincaré, en 1896, présente les clichés réalisés par Röntgen devant ses collègues de l’Académie des sciences. Les rayonnements très pénétrants sont capables de traverser l'air, le verre, le papier et le bois. Poincaré rédige un article où il explique que c'est le verre qui émet les rayons Röntgen et il les émet en devenant fluorescent. Le physicien français Henri Becquerel, suivant les suggestions de Poincaré, cherche à approfondir les observations de Röntgen. Pour vérifier son hypothèse, il souhaite découvrir si les phénomènes de phosphorescence et de fluorescence de l’uranium sont de même nature que les rayons X. À l'aide des observations exprimées par Poincaré sur la phosphorescence, Becquerel élabore son expérience : pour qu'un corps devienne luminescent, on doit l'exposer à la lumière. Les sels d'uranium possédant des propriétés de luminescence extraordinaires, il utilise donc les sels d’uranium qu’il expose au soleil sur une plaque photographique enveloppée de carton noir pour la protéger de la lumière. Il constate que les plaques ont été impressionnées à travers le carton, et déduit que les sels d'uranium émettent effectivement des rayons X pendant leur fluorescence.

Une semaine plus tard, voulant répéter la même expérience, ce jour-là à Paris le soleil est intermittent, il décide de remettre son expérience à plus tard. Il range les plaques photographiques et sels d’uranium dans un tiroir. Le soleil ne s’étant pas montré de nouveau les jours suivants, il décide de développer les plaques qui sont restées dans l’obscurité du tiroir. À sa grande stupéfaction, il découvre alors qu’elles ont été fortement impressionnées dans le noir. Cette impression est donc indépendante de la fluorescence de l’uranium ; le sel d’uranium émet spontanément des rayons pénétrants, qu’il ait ou non été exposé à la lumière du soleil. Il découvre les rayons uraniques.

Les rayons uraniques de Becquerel seront un sujet de thèse de doctorat pour Marie Skłodowska-Curie qui effectue des expériences à l'aide d'un électromètre à quartz piézoélectrique mis au point par son mari, Pierre Curie. Marie Curie analyse la conductibilité de l'air sous l'influence des rayons de l'uranium, et si des corps autres que les composés de l'uranium étaient susceptibles de rendre l'air conducteur de l'électricité. Elle découvre que l'uranium n'est pas un cas isolé, et que d'autres composés comme le thorium sont beaucoup plus actifs. Le polonium et le radium sont deux autres éléments découverts par Curie. Elle nomme le rayonnement issu de ces minéraux la « radioactivité ».

Depuis la découverte de la radioactivité artificielle en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie, il a été établi que la radioactivité est une propriété générale de la matière depuis l'origine de l'univers.

Inconvénients du nucléaire

Les déchets radioactifs

De nombreux secteurs d'activités, liés directement ou indirectement à l'industrie nucléaire, engendrent des déchets nucléaires. Ce ne sont pas des déchets ordinaires, et ils doivent être gérés de manière spécifique en fonction de leur niveau de radioactivité et de leur durée de vie. Afin de prévenir toute irradiation externe ou contamination interne, et selon un inventaire d'évaluation de caractéristiques et durée de vie de matières radioactives, en fonction de leur dangerosité, les déchets sont conditionnés dans des colis, souvent en béton ou en métal, avant leur prise en charge dans un stockage adapté. Un contrôle régulier de l’état radiologique est nécessaire.

Tchernobyl

Le plus grand accident nucléaire fut celui de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, le 26 avril 1986. Ce jour-là le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire de l’atome. À l'origine de l'accident, une série d'erreurs en chaine commises par les techniciens de la centrale suite à un test de l'alimentation électrique de secours. Cette opération n'avait pas été jugée dangereuse puisqu'elle avait déjà été réalisée trois fois sur d’autres réacteurs, malgré quelques échecs. L'expérience à faible puissance devrait permettre d'étudier comment utiliser, en cas de panne générale, l’électricité résiduelle produite par la rotation de la turbine, à une puissance suffisante pour démarrer les pompes à eau servant à refroidir le cœur du réacteur.

La puissance du réacteur 4 est réduite comme prévu de 1000 à 700 MW le 26 avril à 0 h 05. Contrairement aux conditions prévues par le test, une erreur d’un opérateur fait chuter la puissance du réacteur à 30 MW à 0 h 28. Le fonctionnement à mi-puissance durant douze heures avait modifié les propriétés physiques du cœur du réacteur, ce dernier est devenu instable au point de provoquer une hausse de la température du réacteur, et à 1 h 23 le cœur du réacteur explose.

Un premier sarcophage est construit sur la centrale en 1986, puis un second en forme d'arche en 2016, un bâtiment mesurant 162 mètres de long pour 108 mètres de haut, pour un coût dépassant 1,4 milliard d'euros. Le nombre de décès directement imputables à la radioactivité varie entre 9000 et près de un million (chiffre probablement excessif). L'accident nucléaire de Tchernobyl montre au grand jour les défaillances de l'URSS à tous les niveaux.

Fukushima

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter a lieu au Japon ; il provoque un tsunami qui s'abat sur les côtes de l'Asie orientale et un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima. Le coût de cet accident est évalué à 300 - 500 milliards d'euros.

Cet accident entraîne un changement dans l'opinion internationale, et la plupart des pays, compte tenu de son coût et de ses risques, se détournent alors de l'énergie nucléaire, excepté la France (où le nucléaire représente 75 % de la consommation d'énergie) malgré le vieillissement du parc, l'échec de l'EPR (réacteur de nouvelle génération), le problème des déchets, l'endettement d'EDF (37 milliards d'euros en 2015). 

 


 

L'arme nucléaire : une protection illusoire

Les pays dotés de l'arme nucléaire croient ainsi détenir une assurance-vie qui protègerait efficacement leur territoire. Or, ce point de vue est contestable :

  • le but de la dissuasion nucléaire est de prévenir une attaque, en l'empêchant non pas concrètement mais psychologiquement (par une menace de destruction mutuelle assurée) ; si jamais l'attaque survient (car rien ne peut l'empêcher), la stratégie est un échec, et rien ne permettra de réparer les dégâts causés, qui sont sans commune mesure avec ceux causés par les armes conventionnelles (en ce sens, le terme d'assurance-vie est inapproprié, car l'assurance-vie n'a pas une finalité préventive, mais compensatrice)
  • une menace nucléaire n'est pas crédible, puisqu'un conflit nucléaire mènerait à un anéantissement mutuel des adversaires : l'efficacité absolue de l'arme nucléaire entraîne son inefficacité, puisque la menace de représailles n'est pas crédible (paradoxe prudentiel[3]) ; la stratégie de première frappe est contrée par la possibilité de seconde frappe (une attaque surprise préventive visant à détruire l'arsenal nucléaire de l'ennemi n'empêche pas le pays attaqué de lancer une riposte nucléaire)
  • loin d'être efficace parce qu'elle impliquerait des acteurs rationnels, la dissuasion nucléaire implique d'une certaine façon la folie de ceux qui la pratiquent (elle combine une stratégie rationnelle et une folie complète, qui peut être simulée : madman theory) ; lors de la crise des missiles à Cuba en 1962, les protagonistes (Kennedy et Khrouchtchev) avaient intégré le fait qu'une guerre nucléaire ne peut jamais être gagnée, ce qui a permis une solution rationnelle à la crise
  • de graves accidents, voire un hiver nucléaire global, dus à de fausses alertes ont parfois été évités de justesse (fausses alertes du 26 septembre 1983 en URSS, du 25 janvier 1995 en Russie et du 13 janvier 2018 à Hawaï)
  • l'arme nucléaire ne préserve en rien l'intégrité territoriale d'un pays (cas de l'URSS après son explosion)
  • pour un pays, acquérir l'arme nucléaire le transforme en cible prioritaire pour les pays qui en sont également dotés : un pays ainsi doté est donc moins bien protégé contre une attaque nucléaire (même si elle est improbable) qu'un pays qui en serait dépourvu
  • la possession d'armes nucléaires n'empêche pas la guerre entre pays qui en sont dotés (URSS et Chine en 1969, Inde et Pakistan depuis 1999...)
  • le risque d'accidents est accru, tant à l'extérieur entre pays possesseurs de l'arme nucléaire, qu'à l'intérieur du pays (par exemple : à la base aérienne de Grand Forks, aux États-Unis, en septembre 1980, un incendie sur un bombardier B-52H a failli causer une dispersion de plutonium radioactif) ; un document déclassifié indique qu'aux seuls États-Unis il y a eu plus de 1000 accidents ou incidents impliquant des armes nucléaires, dont 32 graves (susceptibles de mettre la population en danger)
  • les armes dites conventionnelles suffisent largement aux missions de défense, et en pratique ce sont les seules armes utilisées par les États, certaines étant d'une puissance proche de celle d'une bombe nucléaire : « bombes à effet de souffle massif » (MOAB) aux États-Unis ou en Chine, « bombes thermobariques d’aviation à puissance accrue » (FOAB) en Russie, etc.
  • ce qu'on appelle parfois équilibre de la terreur est compromis par la possibilité d'utiliser des armes nucléaires de petite taille, pour des frappes ciblées
  • l'arme nucléaire donne un trop grand pouvoir à ceux qui la détiennent (thanatocratie), elle permet à certains pays comme la Corée du Nord d'exercer un chantage sur ses voisins et sur le monde entier
  • inversement, comme l'illustre le film Docteur Folamour, la tentation est grande de supprimer le facteur humain pour confier à une machine la décision d'attaque ou de riposte (système russe Perimeter, opérationnel dès 1985)

On peut dire que l'arme nucléaire est tellement absurde (elle ne sert qu'à condition qu'on ne s'en serve jamais), inefficace et coûteuse en comparaison avec d'autres moyens de défense qu'il n'y a que l'État, soumis aux enjeux de pouvoir et de vaine gloriole nationale, irresponsable par nature puisque disposant de l'argent volé au contribuable, qui puisse s'engager vers une solution aussi mauvaise.

Citations

  • Il n’existe aucun moyen de se protéger contre les armes nucléaires (la seule protection actuelle résidant dans la menace de la destruction mutuelle assurée – [dissuasion]) et donc, les hommes de l’État sont en fait incapables de remplir aucune fonction de sécurité internationale aussi longtemps que ces armes existent. (Murray Rothbard)
  • L’avènement de l’ère nucléaire forme aujourd’hui l’argument principal de ceux qui considèrent que le contrôle de l’État et le pilotage de la science sont nécessaires dans le monde moderne — a minima dans le domaine de l’énergie atomique. La fabrication de la bombe atomique a impliqué un effort collaboratif, sous la conduite de l’État, qui a été glorifié comme le modèle devant être imité par la science dans les années à venir. [...] Le monopole étatique sur l’atome, privé des incitations produites par le système des profits et des pertes, a rendu l’énergie atomique inefficace et exagérément coûteuse. La culture du secret entretenue par l’État a ralenti dans une large mesure le processus d’apprentissage par lequel les ingénieurs de l’industrie de l’énergie auraient pu se tenir à la page de la technologie moderne, ce qui, par suite, a ralenti le développement scientifique. (Murray Rothbard)
  • L’hostilité viscérale au nucléaire est le noyau, si je puis dire, de l’idéologie verte, fondamentalement réactionnaire et technophobe. (Jean-Pierre Chevènement, Le Parisien, 01/09/2018)
  • La bombe atomique est certes un remède amer, mais salutaire. (Ludwig Wittgenstein)
  • J’ai toujours beaucoup réfléchi à la question de la guerre nucléaire. C’est un sujet qui a beaucoup d’importance dans la manière dont je pense. C’est la catastrophe ultime, extrême, le monde n’a pas de défi plus important à relever, et pourtant personne n’analyse les mécanismes qui y mènent. (c’est un peu comme la maladie : personne ne croit qu’il va tomber malade jusqu’à ce que cela arrive.) Personne ne veut en parler. Je crois qu’il n’y a rien de plus stupide que de croire que cela n’arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu’on va donc se garder de les utiliser. Quelle connerie (bullshit) ! (Donald Trump, Playboy, 1er mars 1990)
  • Quand nous avons créé l’écologie politique, il fallait une mise en scène pour réunir les acteurs, il fallait un conflit, il fallait créer un adversaire pour mieux mobiliser : ce fut le nucléaire. (Brice Lalonde, Le Monde, 19 mars 1992)
  • Pour ceux qui croient au mythe selon lequel l’arme nucléaire a « sauvé le monde », je veux rappeler qu’au moins une fois pendant les années de la guerre froide, ces armes ont justement conduit notre planète au bord d’une guerre nucléaire. Des documents publiés récemment montrent à quel point l’humanité est passée près de l’abîme lors de la crise de Cuba, en 1962. Il s’en est fallu d’un cheveu. Et si le monde a finalement été sauvé, ça n’a pas été par des armes nucléaires, mais par la volonté de conciliation affichée par les dirigeants des deux pays – John Kennedy et Nikita Khrouchtchev. [...] Le risque nucléaire est aujourd’hui le pire de tous les problèmes liés à la sécurité internationale. (Mikhaïl Gorbatchev, Le futur du monde global, 2019)

Informations complémentaires

Notes et références

 https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89nergie_nucl%C3%A9aire

 


 

 

novembre 28, 2025

Nouvelles de France/UE Fin Nov.25

Sommaire :

A) - Pièces Jaunes : des dons aux enfants hospitalisés détournés vers une association amie de Brigitte Macron ? 

B) - Le retour fantasmé du service militaire : une manœuvre idéologique au service d’une Europe en marche vers le chaos

C) - Ukraine : pas de paix sans confiance !

D) - Robert Fico : « Sur les 177 milliards distribués à Kiev : combien ont atterri dans des poches privées ? »

E) - La justice française n’est plus rendue au nom du peuple

 


 

A) - Pièces Jaunes : des dons aux enfants hospitalisés détournés vers une association amie de Brigitte Macron ?  

Le Canard enchaîné du 26 novembre 2025 a révélé qu’environ 2 millions d’euros issus de l’opération Pièces Jaunes ont été versés entre 2022 et 2025 à l’association e-Enfance (reconnue d’utilité publique…), qui gère le numéro d’écoute 3018 contre le cyberharcèlement des mineurs. Cette association est dirigée par Justine Atlan, présentée dans l’article comme une proche de Brigitte Macron et trésorière du think tank Renaissance Numérique.

Le problème soulevé par le journal satirique est simple : les statuts et le règlement de la Fondation des Hôpitaux – fondation reconnue d’utilité publique, régie par la loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 sur le mécénat, et plus spécifiquement par les articles L. 6141-7-3 et suivants du Code de la santé publique, section sur les fondations hospitalières) – qui organise les Pièces Jaunes, limitent strictement l’usage des dons à l’amélioration du quotidien des enfants et adolescents hospitalisés. Sont expressément exclus le financement de salaires permanents, les frais de fonctionnement (loyers, etc.) ou les formations qui ne sont pas directement liées à un projet hospitalier.

Or, selon les documents cités par Le Canard enchaîné, les fonds ont notamment servi à :

  • Recruter huit écoutants supplémentaires (salaires permanents) ;
  • Financer le déménagement d’e-Enfance dans de nouveaux locaux près de la Bourse, inaugurés par Brigitte Macron en février 2023 ;
  • Subventionner une formation qui, initialement devait concerner 1.200 personnes, mais n’en a finalement touché que 159, en visioconférence (format non prévu par l’appel à projets).

Par ailleurs, alors que le nombre d’appels au 3018 a fortement augmenté, le taux de réponse serait passé de 80 % à 30 %, ce qui interroge sur l’efficacité réelle de cette injection massive de fonds.

La Fondation des Hôpitaux, par la voix de sa directrice générale Marion Cinalli, se défend en expliquant que la protection des mineurs en ligne entre dans le champ de la vulnérabilité des enfants, et que le soutien à e-Enfance est donc cohérent avec sa mission élargie en faveur des enfants et adolescents fragilisés.

 

Le cabinet de Brigitte Macron n’a pas souhaité commenter.

Or, ce « cabinet » n’a aucune existence juridique : en France, la Première dame n’a aucun statut officiel reconnu par la loi ni par la Constitution. Les quatre collaborateurs qui l’assistent (deux conseillers et deux secrétaires) sont simplement détachés du cabinet présidentiel et rémunérés sur le budget de l’Élysée (environ 310.000 € par an selon les derniers rapports de la Cour des comptes). Cette absence de cadre légal, déjà critiquée depuis 2017, rend d’autant plus sensible le silence de cette équipe informelle face à une polémique touchant directement à l’une des causes emblématiques portées par Brigitte Macron.
 

 

Cette affaire pose, au-delà du cas particulier, une question de confiance : quand une opération caritative aussi populaire que les Pièces Jaunes (près de 20 millions d’euros collectés chaque année grâce à la générosité des Français) finance des projets qui s’éloignent sensiblement de l’objectif initial, communiqué très clairement aux donateurs, cela mérite explication et transparence.

Pour l’instant, aucune enquête officielle n’a été annoncée, mais le sujet risque de peser sur la prochaine campagne des Pièces Jaunes, prévue en janvier 2026. Les Français, qui donnent souvent quelques euros avec le cœur, sont en droit d’attendre que chaque centime aille bien là où on le leur a promis : auprès des enfants malades et de leurs familles dans les hôpitaux.

https://multipol360.com/pieces-jaunes-des-dons-aux-enfants-hospitalises-detournes-vers-une-association-amie-de-brigitte-macron/


 

B) - Le retour fantasmé du service militaire : une manœuvre idéologique au service d’une Europe en marche vers le chaos 

Le 27 novembre 2025, depuis la base militaire de Varces-Allières-et-Risset en Isère, Emmanuel Macron a prononcé un discours solennel devant les soldats de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne. Devant un pupitre orné des drapeaux tricolore et européen, le président de la République a annoncé la création d’un « nouveau service national » de dix mois, « purement militaire » et volontaire, destiné à remplacer le Service National Universel (SNU) jugé inefficace. Ce dispositif, lancé progressivement dès l’été 2026 avec 3.000 volontaires et visant 50.000 par an d’ici 2035, est présenté comme une réponse aux « menaces croissantes » – un euphémisme pour désigner la Russie, la Chine et d’autres adversaires fantasmés.

Rémunéré à hauteur de 800 euros par mois, ce service cible principalement les jeunes de 18-19 ans, avec une formation initiale d’un mois suivie de neuf mois en unité opérationnelle sur le territoire national.

 


À première vue, cette mesure pourrait sembler pragmatique : renforcer les effectifs de l’armée française, qui compte aujourd’hui environ 200.000 actifs et 47.000 réservistes, face à un monde instable. Mais creusons un peu. Ce projet n’est rien d’autre qu’une opération purement idéologique, démagogique et opportuniste, qui dénature la fonction originelle d’un service militaire pour la subordonner à des ambitions géopolitiques délétères. Macron, qui n’a lui-même jamais porté l’uniforme – une absence qu’il compense par une rhétorique guerrière effrénée –, transforme un outil de cohésion nationale en machine de propagande au service d’une armée européenne chimérique et d’un sentiment d’insécurité artificiellement entretenu.

Pire, il s’agit d’une pré-mobilisation déguisée, un piège tendu à une jeunesse désemparée, qui coûtera cher à la Nation pour un rendement nul, tout en préparant le terrain à une conflagration européenne dont les Français ne veulent absolument pas.

Une idéologie au cœur d’un projet sans âme

L’ « esprit de défense » , ce concept historique et fondamental de la République française, est le premier sacrifié sur l’autel des ambitions macroniennes. Né des leçons de 1870 et forgé dans les tranchées de 1914-1918, cet esprit n’est pas une simple gymnastique militaire, mais une manifestation collective de la cohésion nationale face aux menaces polymorphes. Comme l’explique le ministère de l’Éducation nationale dans ses programmes, il repose sur une éducation civique dès l’école, intégrant la culture humaniste, les compétences sociales et l’autonomie citoyenne pour former des individus responsables, unis par un patriotisme ouvert qui défend des valeurs universelles au-delà des frontières. 

Historiquement, il s’agit de cette « force morale » qui, selon le général de Gaulle, unit l’Armée à la Nation, transcendant le strict domaine militaire pour englober la résilience sociale, économique et culturelle.

L’Institut Montaigne, dans une note récente, insiste sur son rôle essentiel : avant les armes et la dissuasion nucléaire, la première ligne de défense reste celle des citoyens et des entreprises prêts à un effort collectif, ancré dans un socle culturel partagé.

Or, le service annoncé par Macron ignore superbement cet esprit. Au lieu de promouvoir une éducation transversale à la citoyenneté – via les trinômes académiques ou les formations de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) –, il se réduit à une formation technique aux armes et à la discipline, limitée au territoire métropolitain et ultramarin. Pas de place pour la mémoire des conflits, la compréhension géopolitique ou le débat sur les valeurs républicaines. C’est une vision utilitariste, où la jeunesse est canalisée vers des besoins opérationnels immédiats, sans éveiller une conscience collective. Comme le soulignait un historien dans une conférence récente, l’esprit de défense passe par le « rassemblement des énergies » et la « préservation des valeurs » qui unissent la communauté nationale, non par une militarisation sélective qui divise plus qu’elle n’unit.


Cette dénaturation idéologique sert avant tout à justifier une dérive atlantiste et européenne.

Macron, fidèle à sa vision d’une « souveraineté européenne » , utilise ce service pour ancrer la France dans une Union qui, sous l’impulsion de figures comme Ursula von der Leyen, se militarise à marche forcée. La présidente de la Commission, lors de sa tournée des pays baltes et frontaliers de la Russie en août-septembre 2025, a visité des usines d’armement en Lettonie et en Bulgarie, inspecté des frontières fortifiées en Pologne et en Lituanie, et rencontré des troupes OTAN en Roumanie, incluant 2.000 soldats français. Elle y a qualifié Vladimir Poutine de « prédateur » et appelé à un « sentiment d’urgence » pour déployer des dizaines de milliers de soldats européens en Ukraine, avec des systèmes de commandement et de renseignement intégrés. Ce n’est pas de la diplomatie ; c’est un appel à l’escalade, aligné sur les discours des chefs d’état-major français successifs, qui entretiennent un narratif alarmiste sur une Russie expansionniste.


Démagogie et opportunisme : un écran de fumée pour les échecs intérieurs

Démagogique jusqu’à l’os, ce service flatte une jeunesse en quête de sens tout en masquant les carences flagrantes du pouvoir. Macron y voit une « soif d’engagement » chez les jeunes, prêts à « se lever pour la patrie » dans un « monde incertain« . Belle phrase, mais creuse. Le SNU, lancé en 2019 pour 600 millions d’euros annuels, n’a attiré que 20-30 % des appelés, critiqué pour son manque de mixité sociale et son format hybride civil-militaire. Au lieu d’en tirer les leçons – investir dans l’éducation, l’emploi ou la transition écologique –, le président opte pour un retour aux sources militaires, opportuniste callé pile avant les débats budgétaires de 2026. Avec un coût estimé à plus de 2 milliards d’euros d’ici 2035, financé par un budget défense en hausse de 40 % depuis 2017, cette mesure détourne des fonds qui pourraient pallier les urgences sociales : précarité juvénile (25 % de chômage chez les moins de 25 ans), explosion des loyers, effondrement du système hospitalier.

Opportuniste, oui, car elle surfe sur la peur. Les déclarations délirantes des chefs d’état-major des armées (CEMA) successifs – du général Thierry Burkhard en juillet 2025, alertant sur les « menaces périphériques » de la Russie, l’Iran et la Chine, à Fabien Mandon en novembre, appelant à « accepter de perdre ses enfants » pour restaurer une « force d’âme » face à un choc russe en 2030 – instillent un sentiment d’insécurité permanent. Ces propos, tenus devant les maires de France ou les commissions parlementaires, ne sont pas des analyses neutres :


ils préparent les esprits à des sacrifices humains et économiques, tout en justifiant des hausses d’impôts et des coupes ailleurs.

Fabien Mandon, ancien chef de cabinet militaire de Macron, n’hésite pas à évoquer une Russie « convaincue que les Européens sont faibles » , préparant une « confrontation » avec l’OTAN. Résultat ? Une population divisée, où 78 % des Français s’opposent à un engagement direct en Ukraine (sondage Ipsos, février 2025), mais où la rhétorique officielle impose un fatalisme guerrier.

Cette démagogie séduit deux profils distincts, tous deux promis à la déception. D’abord, les jeunes patriotes en mal d’aventures, attirés par l’uniforme et l’adrénaline, mais peu qualifiés pour les rigueurs d’une unité opérationnelle. Ensuite, les oisifs en année sabbatique, voyant dans ces 800 euros mensuels une bouffée d’air financier pour rompre la monotonie. Rémunération minimale (inférieure au SMIC pour un travail physique intense), hébergement spartiate, discipline inflexible : la réalité frappera vite. Des abandons massifs sont prévisibles, comme lors du SNU où 40 % des participants ont fui les contraintes. Le coût pour la Nation ? Pharaonique pour un résultat limité : 50.000 recrues en 2035 ne combleront pas les 10.000 postes vacants actuels de l’armée, et créeront un vivier hétérogène de « mobilisables prioritaires » :

 

une chair à canon légale en cas de « crise majeure » , comme l’autorise la clause parlementaire évoquée par Macron.

Coût service militaire

Ce tableau, basé sur les échecs passés du SNU et les analyses de réservistes, illustre l’inefficacité flagrante. Au lieu d’un véritable esprit de défense, on fabrique une génération frustrée, exposée à des risques inutiles.

Une pré-mobilisation déguisée : le piège du gouvernement

Derrière le volontariat affiché, ce service est une pré-mobilisation camouflée, un piège tendu par un exécutif qui prépare la France à un conflit qu’il contribue à provoquer. La « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC), repensée dès 2025 pour identifier les « compétences utiles » , deviendra un vivier de profils mobilisables en cas d’urgence. Macron insiste sur le caractère « exceptionnel » de l’obligation, mais l’histoire montre que les clauses d’exception deviennent la norme : rappelez-vous 1914 ou 1939, où des mobilisations « temporaires » ont englouti des générations.

Ce piège s’inscrit dans une préparation plus large de la population française – et européenne – à une guerre contre la Russie, la Chine et d’autres chimères. Depuis la guerre en Ukraine en 2022, les autorités déploient un discours récurrent pour ancrer l’idée d’un « engagement majeur de haute intensité » d’ici 2027-2030, parallèle à des attaques hybrides sur le sol national. Le général Mandon, devant les maires, a martelé : « La Russie ne s’arrêtera pas à l’Ukraine » et prépare une « confrontation pour 2030 » . Ces avertissements, relayés par une Revue nationale stratégique 2025 qui pointe les « liens resserrés » entre Russie, Chine, Iran et Corée du Nord, visent à légitimer un réarmement massif : 64 milliards d’euros pour la défense en 2030, doublant les efforts depuis 2017.


Côté infrastructures, les hôpitaux français sont discrètement mobilisés.

Une note confidentielle du ministère de la Santé datée du 18 juillet 2025 ordonne aux agences régionales de santé (ARS) de préparer, d’ici mars 2026, des centres médicaux spécialisés près des hubs de transport pour gérer jusqu’à 100 patients par jour pendant deux mois, ou 250 lors de pics de trois jours.

Ces unités, destinées à traiter des milliers de blessés – y compris étrangers –, compensent les limites du service de santé des armées face à une guerre de haute intensité. Critiqué pour son inefficacité post-Covid, ce système civil-militaire expose les soignants à des flux massifs, au mépris d’une opinion publique majoritairement pacifiste.

À l’échelle européenne, la donne est identique. Von der Leyen, dans son discours au Parlement européen du 26 novembre 2025, a averti contre tout « partage » de l’Ukraine, qui ouvrirait la porte à « de nouvelles guerres » , et plaidé pour des garanties de sécurité robustes, incluant un déploiement multinational sur le sol ukrainien. Son « plan de paix » américain-russe en 28 points, fuité récemment, est rejeté comme une capitulation : réduction de l’armée ukrainienne de moitié, absence de troupes étrangères pour la sécuriser post-conflit. L’Europe, dit-elle, doit « maintenir la pression sur la Russie » jusqu’à une « paix juste » , via un fonds de 150 milliards d’euros pour des achats d’armes conjoints et des revues biannuelles des investissements défense. Résultat ?

Une UE qui dépense plus de 100 milliards d’euros en aide à Kiev depuis 2022, tandis que ses citoyens subissent inflation et austérité.

En France, cette préparation s’articule autour de la Défense Opérationnelle du Territoire (DOT), réactivée pour gérer les menaces internes lors d’engagements OTAN externes. Intégrée à l’Organisation Interarmées de Défense Territoriale (OTIAD), elle protège les sites stratégiques – centrales nucléaires, infrastructures vitales – avec des gendarmes équipés d’armes d’assaut, véhicules blindés et vision nocturne, prêts à réprimer sabotages, cyberattaques ou émeutes. C’est un double front : guerre extérieure contre la Russie, contrôle intérieur pour étouffer l’opposition. Macron, maître en division – opposant classes sociales, partis politiques –, utilise l’article 16 de la Constitution ou le 49-3 pour contourner le Parlement, légitimant un pouvoir absolu au nom de la « crise » .

Ce n’est pas de la résilience ; c’est le spectre d’une dictature européenne, où la souveraineté nationale s’efface devant Bruxelles et l’OTAN.

Réactions et fractures : une jeunesse au pas, une Nation divisée

Les réactions à l’annonce de Macron confirment la fracture. À gauche, La France insoumise (LFI) dénonce un « projet pour la jeunesse » réduit à « mourir pour ses guerres » : Louis Boyard fustige l’absence de mesures sur l’école ou l’emploi, tandis que Manon Aubry y voit une « mise au pas » payée moins que le SMIC. Mathilde Panot propose une « conscription citoyenne » axée sur le climat, opposée à cette « volonté belliqueuse« . L’UNEF et la FAGE appellent à refuser cette « tentative de mise au pas« , soulignant que la jeunesse n’a pas besoin d’être « encadrée à marche forcée« . À droite, le Rassemblement national (RN) salue l’initiative mais critique l’échec du SNU, un « gâchis » qui a fait « perdre du temps aux Français« . Sébastien Chenu y voit du « bon sens« , mais doute de sa mise en œuvre.

Sur les réseaux, le tollé est viral : « Même contre un Twix, je ne me battrais pas pour la France de Macron« , ironise un utilisateur, tandis que des lycéens présents à la JDC confessent leur peur d’être la « future chair à canon » (Le Dauphiné Libéré). Les syndicats comme la CGT Isère alertent sur les « dérives militaristes » , plaidant pour des priorités sociales. À l’international, Reuters note un « volontariat modéré » face à la Russie, mais RFI souligne les divergences avec les États-Unis.

Cette polarisation n’est pas anodine : elle reflète une Nation qui s’oppose à l’envoi de troupes. En Bulgarie ou en Roumanie, 80 % rejettent une guerre contre la Russie ; en Pologne, malgré l’élitisme pro-OTAN, les craintes pour la paix dominent. Von der Leyen, huée lors de sa tournée (« Dégage, Nazie ! » en Bulgarie), incarne cette déconnexion : une élite qui impose le bellicisme contre une opinion publique épuisée par l’inflation et les coupes budgétaires.


 

Perspectives : Vers une Escalade Inévitable ?

En conclusion, ce service national n’est pas une réforme ; c’est un leurre idéologique qui, sous couvert de volontariat, prépare une mobilisation forcée et entretient une insécurité fabriquée.

En dénaturant l’esprit de défense – cette cohésion civique et morale forgée par l’Histoire –, Macron sacrifie la jeunesse à des ambitions géopolitiques stériles : une armée européenne illusoire, un alignement atlantiste forcené, une Europe qui, sous von der Leyen, appelle à la guerre aux portes de la Russie. Le coût humain et financier sera exorbitant pour un résultat médiocre, tandis que la France glisse vers un chaos orchestré – divisions internes, répression via la DOT, hôpitaux militarisés.

Face à cela, la réponse doit être collective : exiger un vrai débat parlementaire, restaurer l’esprit de défense par l’éducation et la diplomatie, non par les armes. Car, comme l’avertissait Thucydide il y a 2 500 ans, « qu’importe la taille des vaisseaux et des murailles si la volonté de défense du citoyen n’existe pas » .

Aujourd’hui, cette volonté est piétinée par un pouvoir qui préfère la peur à la paix. Il est temps de dire non à ce piège, avant qu’il ne se referme.

chiffres à retenir !

Rappel très important :

La Russie dispose déjà du plus grand territoire habité continu de la planète (17 millions de km²) et d’une densité de population extrêmement faible (8 hab/km²) : conquérir des terres supplémentaires, déjà très densément peuplées, ne résoudrait en rien son problème démographique et compliquerait au contraire sa gestion.

→ La Russie est immensément plus vaste territorialement, mais l’UE est beaucoup plus peuplée et donc bien plus densément peuplée.

Superficie et population de la Russie par rapport à l'union européenne

L’Union européenne et la France représentent une densité moyenne de plus de 100 hab/km², avec des villes et infrastructures ultra-concentrées : toute tentative d’occupation se heurterait à une guérilla urbaine ingérable sur des centaines de milliers de kilomètres carrés hostiles, pour un bénéfice territorial négligeable.

Superficie et population de la Russie par rapport à la France

Enfin, la partie européenne de la Russie (moins de 4 millions de km²) concentre déjà 77 % de sa population et presque toute son industrie : elle n’a aucun besoin d’espace supplémentaire à l’ouest, mais au contraire tout intérêt à préserver la paix avec ses voisins immédiats pour développer enfin ses immenses territoires vides à l’est.

Ce qu’il faut donc retenir :

  • La russie est plus de 4 fois plus grande que l’Union européenne et 27 fois plus grande que la France
  • L’Union Européenne est 3 fois plus peuplée que la Russie (La France a 2 fois plus d’habitants seulement que la Russie)

 https://multipol360.com/le-retour-fantasme-du-service-militaire-une-manoeuvre-ideologique-au-service-dune-europe-en-marche-vers-le-chaos/

 


C) - Ukraine : pas de paix sans confiance !

Analyse sans concession du conflit ukrainien avec un vétéran américain des services de renseignement

Dans une interview fleuve et brutale publiée hier sur YouTube, un ancien officier du renseignement militaire américain, aujourd’hui analyste indépendant très suivi dans les milieux réalistes, démonte point par point les prétendus « plans de paix » qui circulent actuellement entre Washington, Bruxelles et Kiev. Son verdict est sans appel : ces documents ne sont pas des propositions de paix, mais des actes de reddition unilatérale imposés à la Russie, conçus pour l’affaiblir durablement et préparer la « grande guerre » à venir.

Le « plan Trump » en 28 puis 19 points : une lettre d’intention vide

« Un mémorandum n’est pas un traité. C’est une lettre d’intention sans valeur juridique. » 

L’intervenant commence par rappeler que les 28 points (devenus 19 pour « rallier Zelensky et les Européens ») exigent de la Russie :

  • une modification de sa Constitution (interdiction de toute action militaire à l’étranger) ;
  • une réforme complète de son système éducatif (« enseigner la tolérance », comprendre : déconstruire la culture russe) ;
  • le retour à une Ukraine « souveraine »… alors que tout le monde sait qu’elle est un proxy américain depuis 2014 (services de renseignement reconstruits par la CIA, ministre des Finances américain, 90 % des médias financés par les États-Unis, etc.) ;
  • un cessez-le-feu préalable à toute négociation sérieuse – que Moscou a déjà refusé catégoriquement.

Le dernier point est le plus révélateur : le cessez-le-feu entre en vigueur « dès que les parties se seront mises d’accord sur les modalités de mise en œuvre ». Autrement dit : la Russie doit d’abord geler les fronts, puis faire confiance à l’Occident pour respecter le reste. Or l’histoire des trente dernières années est une succession de promesses trahies : élargissement de l’OTAN malgré les assurances données à Gorbatchev, violation de l’Acte fondateur OTAN-Russie, accords de Minsk avoués comme des leurres par Angela Angela Merkel et François Hollande eux-mêmes.

Bon flic / mauvais flic : Washington contre Bruxelles, même combat

Derrière l’apparente divergence entre le « plan Trump » (un peu moins extravagant) et le plan européen (Ukraine dans l’OTAN, aucune concession territoriale, réparations payées par Moscou, troupes européennes sur le sol ukrainien), il n’y a qu’une seule stratégie : qui va rafler les 300 milliards d’actifs russes gelés et les contrats de « reconstruction » ? « Les Européens veulent leur part du gâteau. Les Américains aussi. C’est tout. »

Le reste (réintégration de la Russie dans un G8 qui ne veut plus d’elle, levée progressive des sanctions validée par un Congrès américain qui n’en a jamais levé aucune) n’est que de la fumée.

L’Ukraine n’est plus un État souverain, c’est un territoire sous administration extérieure

L’analyste rappelle des faits rarement évoqués dans les grands médias :

  • 2019 : les Ukrainiens votent à 73 % pour Zelensky et sa plateforme de paix. Des néonazis formés par les États-Unis et des ONG occidentales posent immédiatement des lignes rouges.
  • Depuis 2014 : ministres américains ou formés par Washington (Santé, Finances), services de renseignement entièrement reconstruits par la CIA, planification militaire depuis Wiesbaden (Allemagne).
  • Mobilisation forcée des plus de 60 ans, démantèlement de la santé publique pour « économiser » sur les retraites : « un génocide par classe d’âge et par catégorie sociale », dit-il avec un humour très noir.

Sur le terrain : la guerre est déjà terminée

« La phase finale de la guerre d’usure a commencé. Un camp va craquer. »

  • Effondrement des lignes ukrainiennes à Pokrovsk, Mirnograd, Kupyansk.
  • Brèche de 100 km ouverte vers le Dniepr.
  • Les Russes parlent désormais de « libération » des oblasts de Kharkov, Soumy, Dniepropetrovsk – signe qu’ils envisagent d’y rester.
  • La Russie contrôle le cours supérieur du Dniepr : l’Ukraine perd son « Mississippi » économique.

« D’ici deux mois, les 18 % restants du Donetsk sous contrôle ukrainien auront disparu. »


Pourquoi l’Occident refuse toute paix réelle

L’analyste replace le conflit dans une perspective historique longue :

  • L’OTAN a été créée AVANT le Pacte de Varsovie (1949 vs 1955). Staline avait demandé à y adhérer… refus immédiat.
  • Opération Gladio, attentats sous faux drapeau en Europe occidentale pendant toute la Guerre froide pour maintenir la peur de l’URSS.
  • Plan britannique « Operation Unthinkable » (mai 1945) : attaquer l’URSS avec les restes de la Wehrmacht quelques jours après la victoire sur Hitler.
  • Objectif constant depuis 1945 : empêcher tout rapprochement russo-européen et maintenir l’Europe sous tutelle américaine.

« Les États-Unis n’ont que deux choses pour tenir ensemble 330 millions d’habitants aux cultures très différentes : le dollar… et un ennemi commun. Sans ennemi, le pays se régionalise et explose. »

Vers la capitulation ou l’escalade nucléaire ?

Dans ce contexte de confiance zéro, aucun accord sérieux n’est possible tant que l’Occident n’aura pas subi une défaite militaire claire et massive. Tout le reste n’est que du temps acheté pour réarmer l’Europe et préparer la « grande guerre » dans 3 à 5 ans.

Le risque ultime : une logique d’escalade incontrôlée où chaque camp, craignant une première frappe de l’autre, pourrait être tenté de frapper le premier. Les missiles hypersoniques russes Zircon à ogive nucléaire tactique (75 kt) peuvent atteindre Washington en 3 minutes depuis un sous-marin au large des côtes.


 

Conclusion de l’intervenant (verbatim) :

« La posture morale durera tant que ce sont des Slaves de l’Est qui meurent. Dès que les premières bombes tomberont sur Varsovie, Berlin ou Paris, elle disparaîtra en une nuit. On entendra soudain : “Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi sommes-nous en guerre ?” Tant que leur peau n’est pas en jeu, tout va bien. »

Un témoignage glacial, brutal, mais d’une cohérence historique effrayante. Pour ceux qui veulent comprendre pourquoi aucun accord de paix réaliste n’est actuellement envisageable, cette heure et demie d’analyse est probablement la description la plus lucide disponible aujourd’hui.

https://multipol360.com/il-ny-aura-pas-de-paix-seulement-une-capitulation/ 

 


 D) - Robert Fico : « Sur les 177 milliards distribués à Kiev : combien ont atterri dans des poches privées ? »

À Bratislava, le 22 novembre 2025, devant les caméras slovaques et européennes, le Premier ministre Robert Fico brandit un document et lâche la phrase qui fait trembler Bruxelles :

« 177 milliards d’euros ont été envoyés par l’UE à l’Ukraine depuis le début de la guerre. Combien de cet argent a été volé par les Ukrainiens ? Combien ont fait l’objet de scandales de corruption ? Et maintenant, on nous annonce 100 milliards de plus… sans même nous demander notre avis. »

Le ton est glacial, le message limpide : la Slovaquie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, refuse de signer un nouveau chèque en blanc tant que la lumière n’aura pas été faite sur l’utilisation des fonds précédents.

Les chiffres qui dérangent

Selon le dernier rapport de la Commission européenne (novembre 2025), l’Union et ses États membres ont engagé 177,6 milliards d’euros depuis février 2022 :

  • ~50 Md€ d’aide militaire
  • ~100 Md€ d’aide macro-financière et budgétaire
  • ~27 Md€ d’aide humanitaire et réfugiés

À cela s’ajouterait, selon le projet actuellement sur la table, 100 à 140 milliards supplémentaires sous forme de prêts gagés sur les actifs russes gelés (environ 300 Md€ au total)

un mécanisme que la Slovaquie et la Hongrie menacent de bloquer à l’unanimité.

Robert Fico n’est pas seul à poser la question. Des audits internes ukrainiens (couvrant 2024-2025) ont révélé des surpaiements de 129 millions de dollars sur des contrats d’armement secrets, sans justification claire. Le FMI estime que 10 à 20 % des fonds globaux pourraient être perdus en raison de la bureaucratie et de la corruption. Des affaires retentissantes – villas à Dubaï, comptes offshore, surfacturations massives sur les obus – ont éclaboussé des proches du pouvoir à Kiev, comme dans le scandale Energoatom de novembre 2025 impliquant environ 100 millions de dollars de pots-de-vin (10-15 % sur les contrats).

 


 

Une goutte d’eau ? Peut-être. Mais une goutte qui fait déborder le vase slovaque.

Le contexte géopolitique : Trump dicte le tempo

Robert Fico ne parle pas dans le vide. Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, Washington pousse activement pour un cessez-le-feu rapide et un accord de paix russo-ukrainien avant Noël. Le « plan en 28 points » américain, révélé le 21 novembre, prévoit notamment :

  • un partage des revenus futurs des ressources ukrainiennes (gaz, minerais rares) entre Kiev et Moscou ;
  • une contribution américaine limitée à 50 milliards de dollars ;
  • exigence que l’Europe prenne à sa charge au moins 100 milliards pour la reconstruction.

Autrement dit : l’Europe paierait la note, mais serait exclue des bénéfices. C’est exactement ce que Robert Fico a dénoncé devant les journalistes : « Les accords sur la table laissent l’Union européenne complètement de côté. »

Une fracture est-ouest au cœur de l’Europe

La sortie slovaque n’est pas isolée. Viktor Orbán, en Hongrie, a applaudi Fico et critiqué l’UE pour son manque de fonds et sa volonté de prolonger le conflit, qualifiant l’aide supplémentaire de « vodka pour un alcoolique ».

Les deux pays, déjà en conflit ouvert avec Bruxelles sur l’État de droit, se posent désormais en porte-voix d’une fronde anti-aide illimitée.

À l’inverse, les pays baltes, la Pologne et les pays nordiques exigent au contraire une augmentation massive de l’aide militaire. La France et l’Allemagne, elles, cherchent un compromis : maintenir la pression sur Moscou tout en évitant l’effondrement budgétaire ukrainien.

Vers un audit européen ?

Face au tollé, l’UE prépare depuis le 26 novembre un « mécanisme de secours » pour garantir un financement à Kiev dès 2026, incluant des audits indépendants et un suivi accru des flux (publications périodiques via l’Ukraine Facility). Une concession qui ressemble fort à un recul tactique pour contourner les vetos au Sommet du 28-29 novembre.

Mais pour Robert Fico, c’est déjà trop tard :

« Tant qu’on n’aura pas la preuve que chaque euro est arrivé là où il devait arriver, la Slovaquie dira non. »

Et la France dans tout ça ?

À Paris, on suit l’affaire avec une certaine gêne. La France est le deuxième contributeur bilatéral européen, avec près de 8,6 milliards d’euros d’aide totale depuis 2022 (dont 5,9 Md€ pour les armes, maintenance et formation). L’Élysée n’a pas réagi officiellement à la charge slovaque, mais des sources internes laissent filtrer une inquiétude :

si Bratislava et Budapest bloquent le prochain paquet, ce sont les contribuables français et allemands qui devront combler le trou… ou accepter de laisser Kiev négocier seule avec Moscou.

Un scénario que personne, à Bruxelles comme à Paris, n’osait encore envisager il y a six mois. Il est cependant important de rappeler que le gouvernement Lecornu recherche 60 milliards d’euros pour boucler son budget 2026…

La phrase de Fico résonne donc bien au-delà des Carpates : elle pose brutalement la question que tout le monde murmurait dans les couloirs européens.

Combien de milliards avons-nous vraiment envoyés ? 

Et surtout : combien en avons-nous réellement retrouvés ?

https://multipol360.com/robert-fico-sur-les-177-milliards-distribues-a-kiev-combien-ont-atterri-dans-des-poches-privees/

 


E) - La justice française n’est plus rendue au nom du peuple

Enquête sur cinquante ans de dérive idéologique

Ils sont 9 000. Neuf mille magistrats pour juger 68 millions de Français. Un corps minuscule, homogène, urbain, diplômé, presque exclusivement de gauche, qui décide chaque jour qui va en prison, qui reste libre, qui perd sa nationalité, qui peut manifester ou non, qui entre ou sort du territoire. 

Et pourtant, quand on demande aux Français s’ils font confiance à leur justice, la réponse est tombée à 32 % en 2024, son plus bas historique.

Comment une institution censée incarner l’impartialité absolue a-t-elle pu devenir, aux yeux d’une majorité de citoyens, un contre-pouvoir idéologique qui censure la loi quand elle lui déplaît et protège le délinquant au détriment de la victime ? La réponse tient en une date : 1968.

Le poison originel

En pleine effervescence post-soixante-huitarde, une génération de jeunes magistrats, fils de bonne famille fascinés par le tiers-mondisme et la révolution, crée le Syndicat de la magistrature. Le logo : un poing levé. Le texte fondateur, la « harangue d’Oswald Baudot » (1974), est un programme de rupture explicite : 

« Soyez partiaux. Méprisez la loi, elle dira ce que vous voudrez qu’elle dise. Défendez le voleur contre la police, l’ouvrier contre le patron. »

Le délinquant n’est plus coupable : il est malade de la société. La prison est une « école du crime ». Le juge doit soigner, réinsérer, jamais punir. L’idée est séduisante pour une jeunesse qui veut refaire le monde. Elle va devenir l’idéologie dominante de l’institution.

1981, l’année de la prise de pouvoir

L’élection de François Mitterrand offre au Syndicat de la magistrature (SM) l’occasion rêvée. Robert Badinter arrive place Vendôme. En quelques mois : abolition de la peine de mort, abrogation de la loi Sécurité et Liberté votée trois mois plus tôt, amnistie massive (20 % des détenus libérés), suppression des quartiers de haute sécurité. 

Le nouveau code pénal Badinter supprime les peines minimales : un vol simple peut être puni de trois ans… mais ne le sera jamais.

Les anciens du SM trustent les cabinets, la direction de l’École nationale de la magistrature, les postes de président de cour d’appel. Le message est clair : sois du « camp du Bien », ta carrière est assurée ; résiste, tu es fini.

Le mur des cons, ou l’impunité totale

Le 5 avril 2013, un journaliste entre au siège du Syndicat de la magistrature. Sur un mur entier : des centaines de photos sous le titre « Mur des cons ». On y trouve Nicolas Sarkozy, Éric Ciotti, des journalistes, des parents de victimes… mais aucun violeur, aucun terroriste, aucun récidiviste. 

La présidente du SM, Françoise Martres, est condamnée à 500 € d’amende avec sursis

Elle est immédiatement promue à un poste hiérarchique supérieur. Tout est dit : l’impunité est absolue.

Un corps judiciaire devenu caste

Aujourd’hui, le profil type du jeune magistrat est une femme, fille de cadres supérieurs ou d’enseignants, urbaine, diplômée de Sciences Po ou d’Assas, qui lit Libération dans le métro et Le Monde le soir. 70 à 80 % des promotions de l’ENM votent à gauche ou extrême gauche. 

À l’École comme en juridiction, la pensée unique règne. Contredire est vu comme une trahison. La « loyauté envers les collègues » est une obligation déontologique. Le Syndicat de la magistrature, qui représente officiellement 30 % des syndiqués (50 % à Paris), tient toujours un stand à la Fête de l’Humanité et appelle ouvertement à faire barrage au Rassemblement National.

Cinq cours suprêmes pour censurer le peuple

Le juge français n’applique plus la loi : il la réécrit. 

Conseil constitutionnelConseil d’ÉtatCour de cassationCEDHCJUE : cinq cours suprêmes peuvent retoquer la loi votée par le Parlement. Résultat : 

  • 40 % de la loi immigration 2023 censurés
  • loi narcotrafic, loi justice des mineurs, loi rétention des étrangers irréguliers : systématiquement détricotées
  • jurisprudence inventée de toutes pièces (« les parlementaires sont agents publics ») pour poursuivre François Fillon, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy.

Le peuple vote, le juge censure.

Les chiffres qui font mal

Pendant que l’idéologie « humaniste » triomphe : 

  • coups et blessures volontaires ×5 en trente ans
  • tentatives d’homicide +76 % depuis 2017
  • récidive légale ×9 depuis 1990
  • France championne d’Europe de la hausse des violences physiques

Et pourtant : 

  • une peine prononcée représente en moyenne 19 % de la peine encourue
  • 95 % des sanctions pénales sont inférieures à deux ans
  • la France incarcère moins qu’en 1980

Le fossé abyssal

80 à 90 % des Français veulent des peines plus sévères, la perpétuité réelle, l’expulsion des délinquants étrangers, la fin des aménagements automatiques. Aucune de ces mesures n’a tenu plus de quelques mois. De gauche comme de droite, les gouvernements ont toujours reculé devant le corporatisme judiciaire.

Le constat

La justice française n’est plus une autorité indépendante : elle est devenue un pouvoir idéologique non élu qui impose sa vision de la société contre la volonté clairement exprimée du peuple souverain.

Tant que le politique n’aura pas le courage de réformer le statut de la magistrature, de supprimer le syndicalisme politique, de rétablir des peines planchers impératives et de limiter le pouvoir de censure des juges constitutionnels et européens, la fracture continuera de s’élargir.

Et un jour, quand les Français comprendront que la justice n’est plus rendue en leur nom, mais contre eux, il sera peut-être trop tard pour sauver la République.

https://multipol360.com/la-justice-francaise-nest-plus-rendue-au-nom-du-peuple/

 

 

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