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septembre 02, 2026

Une France pré-révolutionnaire et des bilans....sans fin !

 

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

 

La situation de la France est-elle prérévolutionnaire ?


L'édito de Franz-Olivier Giesbert
➡️  https://l.lepoint.fr/8dw

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

La campagne présidentielle n’est pas à la hauteur. Sans doute le serait-elle si notre pays était bien portant, comme dans les années 1960 ou 1970. Or, ce n’est pas le cas, il s’en faut. À une ou deux exceptions près, nous n’avons droit, pour l’heure, qu’à des boniments de boutiquiers ou de braillards du monde d’hier.

L’Histoire n’est pas un conte pour enfant qui finirait toujours bien. L’Insee venant de réviser à la baisse les chiffres de la croissance – négative au premier trimestre (– 0, 2 %) et nulle au deuxième (0 %) –, il ne fait plus de doute que la France est au bord de la récession. Déjà, le nombre de faillites d’entreprise bat des records, de même que le taux d’intérêt à dix ans pour notre dette publique, au plus haut depuis vingt ans après avoir franchi la barre des 4 %.

C’est une révolution qu’il nous faut, copernicienne s’entend, du nom de l’astronome Nicolas Copernic, qui avait placé à juste titre notre étoile, et non plus la

                                                                                                                    La garde nationale de Paris, rassemblée sur le pont Neuf,  part pour l'armée en septembre 1792. Peinture de Leon Cogniet, 1833-1836. BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP/

Terre, au centre du Système solaire. Eh bien, il s’agit maintenant de privilégier enfin la bonne gestion au lieu de boucler des budgets stupides, ultra-déficitaires et porteurs de récession, en augmentant, comme l’an dernier, à la fois les dépenses et les impôts pour complaire au PS. Gageons que ce sera encore le cas, faute de majorité, de la prochaine loi de finances.

Si nous continuons sur la voie de la facilité en 2027 avec d’autres gouvernants invertébrés sans vision ni courage, c’est peut-être une autre révolution qui nous attend, tragique celle-là, comme ces chamboule-tout qui frappent les vieilles sociétés vermoulues pour les asservir, au nom d’une prétendue « justice sociale », sous la tyrannie de minorités agissantes. Même si l’Histoire ne repasse pas toujours les plats, on peut considérer que pas mal d’éléments déclencheurs sont en place, en cet automne, pour une énième resucée de la Révolution française, après celles de Juillet (1830), de Février (1848) ou de la Commune (1871).

Sommes-nous vraiment en 1789 ? Comme il y a deux cent trente-sept ans, notre pays est confronté à au moins cinq défis. Le spectre d’une crise financière provoquée par un endettement faramineux – la moitié des rentrées fiscales étant, à la fin de l’Ancien Régime, affectée au service de la dette. La paralysie d’une monarchie croulant sous les institutions, impôts, réglementations inutiles. La plus haute cour de justice, jadis le Parlement de Paris, qui se dresse contre l’État. La marmelade idéologique qui tient lieu de cervelle à une partie de l’opinion et de notre jeunesse. Sans parler du dérèglement climatique avec des canicules délirantes suivies par des intempéries démentielles comme celles qui, en 1788, un an avant l’explosion, ravageaient les récoltes. Que de similitudes dans cette convergence des crises !

C’est pourquoi La Révolution française*, le livre de Jean-Christian Petitfils, tombe à pic. Après plusieurs biographies de référence – notamment son Jésus ou son Louis XVI –, l’auteur nous donne un bel exemple d’histoire totale, comme si on y était, où se mêle, dans un grand récit fluvial, tout ce qu’il a pu dénicher au terme d’un travail titanesque dans les trous de serrure, les ouvrages de l’époque, les publications officielles, les journaux personnels, etc. Chapeau, l’historien ! N’étant pas une sensibilité de gauche, il se veut objectif, ménageant ses (nombreux) collègues robespierristes qu’il cite souvent. Il est certes moins virulent qu’Hippolyte Taine dans son sublime chef-d’œuvre Les Origines de la France contemporaine (Bouquins). Mais, à la fin, le bilan de la Révolution, bonne et mauvaise conscience de notre héritage politique, n’en est pas moins cruel.

C’est ainsi que nous vivons depuis, au rythme d’une guerre civile froide qui, le terrorisme intellectuel aidant, atteint des niveaux paroxysmiques. D’où, observe Jean-Christian Petitfils, « ce cancer de la jalousie » et la haine obsessionnelle des « riches ». D’où la volonté de « faire taire l’adversaire au nom de la loi », à défaut de pouvoir le guillotiner. L’Histoire bégaye et, sous les drapeaux rouges de La France insoumise, les sans-culottes sont revenus, comme les tristement célèbres « exagérés » et « enragés » de 1793. La famille Addams est de toutes les époques. C’est pourquoi on ne peut lire cette fresque sans un léger malaise, comme si elle nous parlait de nous aujourd’hui. Comme disait Elie Wiesel, « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire s’exposent à ce qu’elle recommence ».

* La Révolution française, de Jean-Christian Petitfils (Perrin, 960 p., 29,90 €).

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/fog-la-situation-de-la-france-est-elle-prerevolutionnaire-JZQQWERJZVHDNNFNJ3DPIH6UCI/?at_variante=Community%20Management

 

Quand le centre et la droite font tout pour perdre la présidentielle de 2027…

À moins d’un an de l’échéance, le « bloc central » se voit en challenger et cherche un chemin vers le second tour. Sans forcément bien s’y prendre.

Le « bloc central », expression valise mélangeant choux et carottes, pro et anti-Macron, ne part pas favori, loin de là, pour 2027 : à moins d’un an du scrutin, la France porte aux nues le RN et tout ce qui est à droite de la droite. Le soi-disant « bloc » a cependant l’espoir, comme les socialistes, de se qualifier pour le second tour à la place de Mélenchon.

Ce qui ne l’empêche pas d’aligner au moins trois candidats à la présidentielle, comme s’il avait décidé de zapper 2027. Avec son profil de rassembleur, Édouard Philippe, qui fait la course en tête, a un « atout » : c’est le chouchou des médias, ce qui, dans le passé, porta malheur à Balladur (en 1995) ou à Jospin (en 2002). Apparemment, il a tout pour lui. Sauf la dynamique.

Édouard Philippe doit encore prouver qu’il pourrait avoir un jour du courage après avoir consenti, sur instruction du président, quand il était à Matignon, à saborder le nucléaire, annonçant même fièrement la fermeture de Fessenheim. Certes, il est le seul à avoir osé se prononcer pour un allongement de l’âge de la retraite à 67 ans, qui réglerait une partie de notre surendettement, mais depuis, il se tortille plus ou moins. Pourquoi, à la fin, avoir proposé sur cette question un référendum qui, s’il était perdu, ruinerait d’emblée son mandat ?

Gabriel Attal, lui, parle beaucoup mais ne dit pas grand-chose. Après Macron, les Français n’en ont-ils pas soupé de la fringance pour la fringance ? Si doué soit-il, et il l’est, Attal semble faire un tour de chauffe avant les scrutins de… 2032, 37, 42 ou 47. Même s’il a rompu avec son ex-mentor, dont il a été le Premier ministre pendant sept mois et vingt-sept jours, il reste perçu comme un héritier de Macron dont il partage la passion pour le tout-à-la-com. Il y a quelque chose en lui du Petit Prince, auquel Saint-Exupéry fait dire : « J’ai appris que le monde est le miroir de mon âme. »

Malgré ses qualités d’homme d’État, Bruno Retailleau n’a pas fait la percée, sous son plafond de verre à 10 %. Politique à l’ancienne, c’est-à-dire cultivé, le président des Républicains, apparaît comme le moins bien placé des trois candidats. La nature l’ayant doté d’une vraie bienveillance, le pas de deux de Laurent Wauquiez avec Philippe aura été pour lui une aubaine ; il s’est fait les dents en déclarant qu’il ne voulait pas « suffisamment de mal » au maire du Havre pour que Wauquiez le soutienne, lequel, ajouta-t-il, « le rend un peu plus sympathique ». Son obstination de moine-soldat peut finir par payer. Mais la situation actuelle peut encourager aussi d’autres candidatures.

David Lisnard et Robert Ménard, deux ovnis hors système, sont fondés à faire prévaloir quelques prétentions. Forts de leurs résultats impressionnants aux municipales - respectivement réélus dès le premier tour à Cannes (81,1 %) et à Béziers (63,6 %)-, ils ont montré, sur le plan local, une réelle capacité à rassembler large, bien au-delà de leur pré carré idéologique : le libéralisme économique pour le Cannois, le rétablissement de l’autorité pour le Biterrois. Armés d’un mélange de punch et de parler vrai, ils incarnent une sensibilité de la droite qui peut séduire une partie de la gauche ou du centre et qui devra être représentée, d’une manière ou d’une autre, à la présidentielle.

Les socialistes n’ont pas dit leur dernier mot. Même si Olivier Faure, le gardien de cimetière aux commandes du PS, manœuvre pour se présenter, François Hollande est, selon les derniers sondages, placé en tête par les électeurs de la gauche non éléfiste, talonné par Raphaël Glucksmann. Rien n’est joué, mais la force de l’ancien président est toujours d’être… sous-estimé. Il semble pourtant fait pour les temps de crise. La preuve, une étude du sérieux institut Fipeco, de l’excellent François Ecalle : dans son classement des gouvernements de la Ve qui ont fait le plus d’efforts structurels, hors conjoncture, pour rétablir les comptes, ceux du mandat de Hollande (mais oui!) sont arrivés en deuxième position – certes en augmentant les impôts !- derrière l’assainissement de Juppé au début du premier septennat de Chirac. Lanterne rouge, Macron, avec Philippe, son Premier ministre de 2017 à 2020, fait figure de cancre avéré.

Sismiques sont les défis qu’auront à relever les vainqueurs de 2027 qui sera, selon Bruno Retailleau, « l’élection de la dernière chance ». C’est ce qu’on dit avant chaque scrutin. Mais, alors que se multiplient les crises systémiques – dette, immigration, justice, désindustrialisation, etc. -, on est fondé à croire que ça n’a jamais été aussi vrai.

Franz-Olivier Giesbert 

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-le-centre-et-la-droite-font-tout-pour-perdre-la-presidentielle-de-2027-X6IW6CRNWVEZBFJIQRUMG6UBFU/



 

 Coincée entre une conjoncture mondiale défavorable et une situation budgétaire inquiétante, la France se retrouve contrainte de payer toujours plus cher pour financer ses dépenses publiques. → https://l.lefigaro.fr/FPrQ

Bonnet d’âne de la zone euro, la France voit son taux d’emprunt à 10 ans atteindre 4,27%, au plus haut depuis 2008

L’indicateur est suivi comme le lait sur le feu par les experts de Bercy et il vient de largement déborder. Le taux d’intérêt payé par la France sur ses emprunts à 10 ans a atteint 4,27% ce mercredi. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la crise financière de 2008. Concrètement, cela signifie que le prix payé par Paris pour obtenir l’argent nécessaire afin de combler son déficit et faire face à ses échéances de dette va grimper. Une mauvaise nouvelle de plus, alors que le pays fait face à une situation budgétaire très dégradée et que la préparation du budget 2027 s’annonce comme un long chemin de croix.

Quand la gérontocratie française doit retourner à l’école…

 La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. AFP

Spreads, désindexation des retraites, dépenses publiques : la rentrée 2026 s’annonce comme un brutal cours de rattrapage.

C'était l’époque où la France – et la planète avec elle, il faut le dire – bachotait frénétiquement. La crise des subprimes, de 2007 à 2009, a imposé à tout le monde un grand rattrapage forcé en économie et en finance. On découvrait, souvent, ce qu’étaient les swaps, les ratios prudentiels des banques, les risques systémiques et le fameux bailout – ou sauvetage sur fonds publics. Le grand tremblement de l’euro, de 2010 à 2012, a, lui, été le déclencheur d’une formation accélérée en finances publiques, comprenant, par exemple, une initiation aux spreads, ces différentiels de taux d’intérêt qui s’accroissent dangereusement, quand tout va mal, entre les pays qui ont les reins solides et ceux qui sont considérés comme des maillons faibles. On constatait alors, avec stupéfaction, à quelles extrémités certains États au bord du gouffre étaient réduits : baisse brutale des retraites, des salaires des fonctionnaires, etc.

Le problème, bien sûr, est que nous faisons désormais office de cancre. « La France remplace l’Italie comme plus grosse inquiétude des investisseurs obligataires européens », titrait la semaine dernière le Financial Times. Ceci n’est pas un jugement arbitraire : Rome a réduit son ratio de dette par rapport au PIB de 154 % en 2020 à 139 % cette année. Paris, dans le même temps, est passé de 114 à 117 %…

Plus très loin de l’accident

La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. Le fait que la désindexation des retraites, qui était un sujet explosif, et donc un peu tabou ces derniers temps, revienne soudainement dans les discours de nombreux politiques, y compris de gauche, est un aveu : cela dit à quel point la suspension de la réforme des retraites était un mensonge cynique et que nous ne sommes plus très loin de l’accident. Cette rentrée des classes pour tous fera ressortir d’autres vérités, enfouies sous le moelleux « quoi qu’il en coûte » de ces dernières années. « Il n’y a pas de meilleure éducation que l’adversité », disait l’ancien Premier ministre et écrivain britannique Benjamin Disraeli…

François Villeroy de Galhau, qui fut gouverneur de la Banque de France de 2015 à 2026, l’un des esprits les plus brillants de notre pays, entame cette semaine au Point une chronique mensuelle sur l’économie. Quel meilleur professeur pouvait-on imaginer ? Dans ce numéro, il nous raconte cette inquiétante déambulation française « entre aveugles et illusionnistes », nous rappelant au passage que la France, si ses dépenses, rapportées au PIB, étaient comparables à celles des autres membres de la zone euro, brûlerait chaque année 270 milliards d’euros en moins…

La classe politique française ne pourra s’extraire longtemps de ces réalités. À part, bien sûr, les habituels vendeurs d’élixirs miraculeux.

Le début du sursaut ?

Il faut, à cet égard, se réjouir de la tournure prise par la campagne ces derniers jours. Entre la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef, et le Laboratoire de la République, créé par Jean-Michel Blanquer et qui s’est tenu cette année à Sens, les sujets qui fâchent ont été abordés de manière plus franche. Est-ce le début du sursaut ?

Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher.

Villeroy de Galhau

Si nous pouvions, au moins, nous mettre d’accord sur quelques vérités comme celles que souligne François Villeroy de Galhau : « Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher. Nous ne sommes donc pas menacés par l’écroulement, mais par l’étouffement, étendu par contagion au coût des emprunts des entreprises comme des ménages. Et nous perpétuons nos choix gérontocratiques, contre la jeunesse et les dépenses d’avenir en sa faveur. »

En clair, non seulement la France doit retourner en cours pour réapprendre les fondamentaux, mais elle doit aussi commencer par saisir que ce qu’elle fait aujourd’hui est une faute morale contre ses écoliers, au sens propre du terme 

Étienne Gernelle

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-la-gerontocratie-francaise-doit-retourner-a-lecole-J6THWITXXFFKJNJADGHNP2R5F4/ 


Emmanuel Macron, les 35 heures et la suite de sa carrière

 

 

 

juillet 30, 2026

Ce néo-communisme qui flirte en France, pour ne pas dire en Occident ! "Le marché a besoin d’un État fort"

Ce néo-communisme qui flirte en France

Franz-Olivier Giesbert (@fogiesbert ) réagit à la chronique de Sébastien Lapaque, qui contestait sa thèse d’une France devenue communiste. Il persiste et signe : le pays est bien, selon lui, en train de virer au rouge. ➡️ https://l.lepoint.fr/z4l

 

Sans rancune

« Oui, la France est en train de glisser vers un communisme mou »


RÉPONSE. Franz-Olivier Giesbert réagit à la chronique de Sébastien Lapaque, qui contestait sa thèse d’une France devenue communiste. Il persiste et signe : le pays est bien, selon lui, en train de virer au rouge.
 
Cher Sébastien Lapaque,

J’ai beaucoup d’admiration pour vous, votre liberté d’esprit et votre culture encyclopédique. Je n’aurai donc pas l’outrecuidance de répondre à votre critique par une paraphrase du sous-titre de mon livre La France est-elle un pays communiste ? : « Ne dites pas à la France qu’elle est un pays communiste, elle croit qu’elle vit dans l’enfer du néolibéralisme. »

C’est pourtant ce que vous semblez croire. Vous attribuez tous nos maux au néolibéralisme, bouc émissaire pour politiciens discrédités, ceux de la gauche ou de la droite souverainistes, notamment. Autant vous dire que je n’ai rien, bien au contraire, contre le dirigisme bien tenu, à la de Gaulle, qui a redressé la France. Si elle est tombée si bas aujourd’hui, c’est parce que l’État-nounou est devenu obèse, hors de contrôle. Il n’est plus la solution, mais le problème.

Un communisme mou sans goulag

Certes, j’ai un peu forcé le trait : mon livre est un pamphlet et son objet est de réveiller les esprits avant l’échéance présidentielle. S’il est question de communisme à la française dans mon esprit, il est mou, très mou : il n’y a pas de goulag en France, pas de Guépéou non plus, même si certains, y compris au sommet de l’État, semblent parfois rêver d’une police de la pensée. Mais pourquoi ne pas reconnaître que nous vivons dans un pays qui ne va pas bien ?

Il y a des chiffres que vous ne citez pas, qui montrent que nous sommes quasiment sortis du libéralisme. D’abord, en rythme annuel, la France est redevenue la championne des dépenses publiques dans l’Union européenne, devant la Finlande : 57,3 % par rapport à la richesse nationale (PIB). Moyenne de nos partenaires européens : 49,8 %. Tout est là : une dépense exponentielle qui entraîne une dette démente. En 2024, la France était par ailleurs, avec plus de 45 % de prélèvements obligatoires, la vice-championne de l’UE, derrière le Danemark qu’elle a sans doute doublé cette année.

Où va l’argent ? La France compte 83 fonctionnaires pour 1000 habitants contre 50 en Allemagne et 52 en Italie. Loin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur les employés de l’État. Mais quand on observe l’état de nos services publics – qui peuvent rappeler, parfois, ceux de l’Union soviétique –, on est en droit de se demander s’il n’y a pas du coulage quelque part. Qui parle de « rentabilité », ce mot qui vous choque ? Même s’il n’en tire pas les conséquences, l’État a au moins pour devoir d’essayer de vérifier les comptes.

Non, cher Sébastien, la maladie de la norme et de la surréglementation n’est pas née dans la tête des libéraux qui, comme Milton Friedman, l’ont toujours combattue. C’est une vieille marotte française que moquait déjà Georges Courteline au début du XXe siècle, mais qui a proliféré sous le communisme, en particulier soviétique. Chez nous, elle a pris des proportions délirantes et s’acharne aujourd’hui sur toutes sortes de professions : entrepreneurs, agriculteurs, médecins, pharmaciens, commerçants, etc. C’est une pitié de les avoir obligés à passer le plus clair de leur temps à remplir des formulaires sur leur ordinateur.

Le gros mensonge des aides aux entreprises

Permettez-moi enfin de contester vos sources. Vous n’étiez pas obligé, par exemple, de prendre pour argent comptant, si j’ose dire, le fumeux rapport de la commission d’enquête du Sénat sur les aides aux entreprises, dont le maître d’œuvre était le communiste Fabien Gay, directeur de L’Humanité, qui a conclu que l’État verse chaque année 211 milliards d’aides aux entreprises : pour faire bon poids, ont été mélangés les choux, les carottes et… les subventions aux entreprises publiques ! Résultat : un conte à dormir debout, c’est-à-dire un gros mensonge.

Les patrons ne s’y trompent pas, qui disent : « Chiche ? Allégez les taxes ou impôts sur les entreprises, cessez de nous aider et les vaches seront bien gardées. » Si l’État « aide » les entreprises, c’est pour qu’elles ne meurent pas, parce que, depuis les années 1980, il les pressure inconsidérément : les impôts de production sont ainsi cinq fois plus élevés en France qu’en Allemagne – sept fois plus, il y a peu. Pour ruiner le discours des souverainistes – selon lequel toutes nos difficultés, à commencer par la désindustrialisation, ont été provoquées par l’Europe ou la mondialisation –, penons les chiffres cités par Jacques de Larosière (ancien patron du FMI) dans son livre Le déclin français est-il réversible ? (Odile Jacob), qui montrent que la surfiscalité pesant sur les entreprises les a poussées à se délocaliser pour survivre : en France, l’emploi des filiales des groupes français a fini par représenter 62 % de leur emploi total ; en Allemagne, 23 %. Cherchez l’erreur. Faudrait-il maintenant chasser les dernières entreprises en les taxant toujours plus pour nourrir l’insatiable Léviathan ?

Sans rancune et avec ma bienveillante amitié,

Franz-Olivier Giesbert


« Non, la France n’est pas un pays communiste » : Sébastien Lapaque répond à Franz-Olivier Giesbert

Contrairement à l’analyse de Franz-Olivier Giesbert, Sébastien Lapaque estime que l’inflation bureaucratique ne relève pas du communisme, mais d’un État remodelé pour organiser la concurrence et soutenir le marché.

Dans La France est-elle communiste ? un essai publié au printemps, Franz-Olivier Giesbert dit observer dans le poids de l’État, de la bureaucratie et de la dépense publique les symptômes d’une « collectivisation progressive » du pays. Une analyse que réfute Sébastien Lapaque.

Pour l’essayiste, contributeur du Point, l’omniprésence de l’administration française ne relève pas du communisme, mais d’une transformation néolibérale de l’État, devenu l’organisateur de la concurrence et le soutien du marché. Dans une lettre ouverte, il expose les raisons de son désaccord avec Franz-Olivier Giesbert.*

« Cher Franz-Olivier Giesbert,

C’est toujours un plaisir de débattre avec vous. Il me semble pourtant que vous faites fausse route lorsque vous êtes tenté de répondre positivement à la question : « La France est-elle un pays communiste ? » La grande ironie contemporaine est que le néolibéralisme ne réside pas dans le retrait de l’État, mais dans sa reconfiguration active. Si sa bureaucratie peut parfois singer les pires travers du système soviétique, sa logique profonde est diamétralement opposée.

Loin de détruire la techno-bureaucratie ou de sabrer la dépense publique, la mise en concurrence des marchés exige une production continue de normes, de contrôles et de flux financiers pour soutenir et encadrer le secteur privé. L’État contemporain est le bâtisseur du marché. Les théoriciens du néolibéralisme (Walter Lippmann, Milton Friedman) comme ceux de l’école de Fribourg savaient que le marché ne procédait pas d’un ordre « naturel » : il doit partout et sans cesse être construit, ordonné et protégé par l’action publique.

Le marché a besoin d’un État fort

Dès lors, l’État se transforme en chef d’orchestre de la concurrence, appliquant des méthodes managériales privées aux services publics. Vous le constatez comme moi : l’Université et la recherche dépendent d’appels à projets compétitifs via l’ANR (Agence nationale de la recherche), qui force les chercheurs à se soumettre à la logique de la start-up nation en rédigeant des dossiers truffés de jargon pour des taux de réussite dérisoires.

Dans un système communiste, l’État doterait les laboratoires de budgets stables pour que les savants travaillent selon les plans nationaux ; France Travail gère les demandeurs d’emploi comme un portefeuille d’actifs humains ; l’Éducation, la Justice et la Police sont pilotées au moyen de statistiques et d’indicateurs de performance. Quant aux redoutables ARS (Agences régionales de santé) — où s’activent des bataillons de bureaucrates qui ne sont pas médecins et n’ont jamais vu un malade ni un lit d’hôpital —, elles rationalisent la santé comme une variable d’ajustement comptable, sommant l’Hôpital public de rentabiliser chaque acte.

Nous sommes ici à l’opposé d’un Gosplan à la française qui planifierait les besoins réels de la population : que ce soit à Cuba, en URSS ou dans l’ancienne Yougoslavie, l’État collectiviste privilégiait les corps de médecins fonctionnaires, des enseignants investis d’une mission doctrinale messianique, des ingénieurs rivés au programme de production et des institutions budgétisées par le Plan pour produire de l’idéologie.

La technocratie française, elle, exige du service public qu’il dégage de la rentabilité, soumettant la culture, l’école et le soin à une logique comptable d’inspiration privée. Cette rationalisation s’est infiltrée jusqu’au cœur de la Haute Administration avec la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et la suppression des grands corps historiques.

La technocratie française exige du service public qu’il dégage de la rentabilité, soumettant la culture, l’école et le soin à une logique comptable d’inspiration privée.

Sébastien Lapaque

Sous couvert de moderniser l’État, ces réformes ont importé les méthodes de restructuration des grands cabinets d’audit privés. En imposant le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la budgétisation par objectifs (LOLF) et une dématérialisation algorithmique qui remplace le guichet humain, la puissance publique a troqué le sens de l’intérêt général contre la tyrannie du tableau de bord.

Une bureaucratie au service de la concurrence

Cette prolifération normative n’est pas un accident de parcours communiste, mais une culture managériale du contrôle. Ce capitalisme sous perfusion publique est notre tragédie. Si les prélèvements restent élevés, c’est que l’État finance indirectement la rentabilité du privé. Les aides publiques aux entreprises — allègements de cotisations, Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), subventions — atteignent 211 milliards d’euros par an (source : commission d’enquête sénatoriale, juillet 2025).

Ce capitalisme sous perfusion publique est notre tragédie.

Sébastien Lapaque

L’État dépense énormément, non pour collectiviser la production, mais pour subventionner l’offre. De Georges Pompidou à Emmanuel Macron, la France est passée de l’État-providence à l’État-brancardier, qui sauve le marché à coups de fonds publics quand il s’effondre, comme en 2008 ou en 2020.

Le grand tournant de Bercy

Ce tournant ne s’est pas fait contre l’État, mais par son cœur même, au Louvre puis à Bercy. C’est le chapitre le plus étonnant de notre présente « étrange défaite ». Dans les années 1980, après le tournant de la rigueur, ce sont des inspecteurs des Finances qui sont devenus les architectes de la libéralisation. Philippe Séguin, dûment informé par Nicolas Baverez ou Henri Guaino, avait bien vu que le point de bascule se situait à la Direction du Trésor.

Jusqu’aux années 1970, cette direction pilotait l’économie de manière directive, selon le fameux dirigisme à la française cher à Charles de Gaulle et à ses ministres tels que Michel Debré, Jean-Marcel Jeanneney, voire le jeune Giscard… VGE devenu président, les hauts fonctionnaires français formés à l’ENA et à Polytechnique, ayant constaté l’échec des politiques de relance traditionnelles face à la crise de 1973, ont progressivement intégré les théories monétaristes.

Pour ces réformateurs technocratiques, arrimer la France à la mondialisation financière ne signifiait plus planifier. Le paradoxe historique absolu de notre histoire économique est que ce tournant a été accéléré par un gouvernement socialiste, qui ne s’était pas encore complètement débarrassé de ses oripeaux marxistes, sous l’impulsion de ses élites technocratiques.

En 1984, le ministre des Finances Jacques Delors et son directeur de cabinet Jean-Charles Naouri, futur bâtisseur d’un empire de la grande distribution, ont décidé de décloisonner les structures financières françaises. Rédigée par des hauts fonctionnaires, la loi relative à l’activité des établissements de crédit a mis fin à la séparation des métiers bancaires, jetant en France les bases d’un marché de capitaux intégré. Ce ne fut pas un diktat de Reagan ou de Thatcher.

L’État actionnaire n’est pas l’État collectiviste

Mais un choix de nos élites pour rendre Paris financièrement attractive. Une fois les marchés libéralisés, ces mêmes hauts fonctionnaires ont importé les méthodes de gestion des grandes entreprises privées au sein même de l’administration. Dès lors, Bercy a basculé de la dépense utile vers le contrôle des coûts et l’évaluation.

Pour légitimer leur rôle face aux autres ministères tels que l’Éducation ou la Santé, les hauts fonctionnaires des Finances ont imposé des indicateurs de performance, des audits et ont peu à peu transformé l’usager du service public en client… de moins en moins satisfait de l’offre !

La transformation des grands musées ou des anciens monopoles en Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) en est l’illustration : on les somme de maximiser leurs ressources propres (mécénat, produits dérivés, hausses des tarifs), substituant le taux d’autofinancement à leur mission originelle. Loin d’être un ancrage collectiviste, ce statut d’EPIC n’a été que le laboratoire de la corporate governance.

Au cours des trente dernières années, de France Télécom à la SNCF en passant par EDF ou La Poste, l’État a transformé tous ses grands outils industriels en Sociétés Anonymes (SA) dès qu’il a fallu les soumettre à la concurrence mondiale ou lever des capitaux.

Ceux qui voient dans l’omniprésence de l’État actionnaire une preuve de communisme se trompent de diagnostic. À l’instar du Canada Dry, ce système a la couleur de l’étatisme, l’aspect de la bureaucratie... Mais ce n’est pas du marxisme-léninisme… C’est de l’étatisme mis au service du Marché.

Au plaisir de poursuivre cette discussion, mon cher Franz.

Votre bien dévoué,

Sébastien Lapaque »


 https://www.lepoint.fr/debats/non-la-france-nest-pas-un-pays-communiste-sebastien-lapaque-repond-a-franz-olivier-giesbert-CPO6KSCRPVBLVMQ4IAQZYVN4HM/

 

 

 

 

Le « néolibéralisme », ce coupable parfait

Dans le septième épisode de sa série vidéo « Vive le capitalisme ! », Lucas Moulard revient sur l’usage du terme « néolibéralisme ».


Dans le débat public en France, « néolibéralisme » est devenu un diagnostic automatique. Un mot qui explique la situation de l’hôpital, l’école, les salaires, le logement, la gouvernance… Bref, la totalité du réel. L’intérêt politique est évident : un coupable unique et une indignation immédiate. La discussion sur les mécanismes, elle, peut attendre.

Le problème n’est pas la critique du libéralisme, ni même l’usage du terme. Le problème, c’est la plasticité infinie du terme qui lui donne une puissance rhétorique, mais lui retire sa valeur explicative. Si l’expression « néolibéralisme » s’ancre (notamment) dans des débats intellectuels d’avant-guerre avec, dès 1938, une discussion explicite sur l’opportunité de conserver le mot « libéralisme » ou d’adopter « néolibéralisme », sa trajectoire n’a rien d’univoque. On remplace les causes par un totem. Alors si la France va mal, est-ce vraiment à cause du néolibéralisme ?

https://www.lepoint.fr/debats/le-neoliberalisme-ce-coupable-parfait-UCSVPNRAORDGXC3DDKXYRIEAFQ/

L’anticapitalisme, un snobisme de riche ?

Le capitalisme, coupable idéal

Dans le cinquième épisode de sa série « Vive le capitalisme », Lucas Moulard dénonce la facilité avec laquelle on charge le capitalisme de tous les maux du moment.

Si les inégalités augmentent, c’est la faute du capitalisme. Si le climat se dérègle, c’est la faute du capitalisme.

Si l’hôpital souffre, si les salaires stagnent, si la guerre éclate, c’est encore « la faute du capitalisme ». Ce refrain est devenu un réflexe national, au point qu’il a récemment retenti jusque sous les dorures de l’Assemblée. Le 2 février dernier, la députée Sandrine Rousseau a martelé que « quand le capitalisme s’essouffle, la guerre est son débouché », renouant avec l’idée confortable d’un bouc émissaire universel. Dès qu’un problème surgit, on désigne un coupable fourre-tout : le Capitalisme, abstraction maléfique sensée tout expliquer. Mais quand un mot sert à tout expliquer, en réalité il n’explique plus rien. Et à force de combattre un épouvantail, on s’interdit de voir les causes concrètes des problèmes – donc d’y apporter de vraies solutions.

Le capitalisme, bouc émissaire à tout faire

Il s’est installé en France un curieux réflexe culturel : quoi qu’il arrive, on blâme « le capitalisme ». Ce terme valise est convoqué pour dénoncer pêle-mêle la pollution, la précarité, les pandémies, la malbouffe, la crise du logement ou la fonte des glaciers. Peu importe si ces phénomènes résultent, en partie, partie de choix politiques, de normes ou de rentes, on préfère incriminer une entité vague. On confond allègrement économie de marché et décisions réglementaires : par exemple, accuser « le marché » d’appauvrir les travailleurs alors qu’en France près de 53 % du coût salarial part en cotisations et impôts (record mondial de ponction sur la fiche de paie, laissant seulement 46,70 € au salarié pour 100 € dépensés par l’employeur). De même, fustiger « le capitalisme » pour la grande précarité alors que notre État-providence n’a jamais été aussi massif (31,9 % du PIB consacré aux prestations de protection sociale en France, contre 20 % en moyenne OCDE). Autrement dit, on attribue au marché des effets qui proviennent souvent de notre propre modèle sociofiscal. Mais ce discours flou dispense d’analyse : pourquoi s’embarrasser à décortiquer la fiscalité du travail, le droit du logement ou les réglementations, quand un slogan permet de tout balayer d’un revers de main ?

Facilité contre complexité

Ce mécanisme est intellectuellement commode… et profondément paresseux. En blâmant un coupable unique presque mystique, on évite de se poser les bonnes questions. Première conséquence : une sorte de cécité causale. Si un hôpital manque de lits, est-ce vraiment le « 
 

 

Communisme libertaire

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste sont deux courants de pensée politique qui partagent une critique du pouvoir centralisé et de l'autorité coercitive de l'État. Bien qu'ils partagent certains points communs, ils diffèrent dans leur conception de la propriété, de l'organisation économique et de la justice sociale. 

Présentation du communisme libertaire et du libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Présentation du communisme libertaire

Le communisme libertaire, également appelé anarcho-communisme, est une idéologie politique qui trouve ses racines dans les travaux de penseurs tels que Pierre-Joseph Proudhon et Mikhail Bakounine, mais qui a été développée plus particulièrement par Pierre Kropotkine. Le communisme libertaire prône la suppression de toutes les formes de domination et d'exploitation, y compris l'État et la propriété privée des moyens de production. Il préconise la mise en place d'une société égalitaire et autogérée, basée sur la coopération volontaire et la propriété collective des ressources. Selon les communistes libertaires, la société devrait garantir à chaque individu l'accès équitable aux biens et aux services nécessaires à sa subsistance, en abolissant les inégalités économiques et en encourageant la solidarité.

B. Présentation du libertarianisme anarcho-capitaliste

Le libertarianisme anarcho-capitaliste, également connu sous le nom d'anarcho-capitalisme, est une idéologie politique qui trouve ses fondements dans les travaux de penseurs tels que Murray Rothbard et David Friedman. Le libertarianisme anarcho-capitaliste met l'accent sur la primauté de la liberté individuelle et de la propriété privée. Il critique l'intervention de l'État dans les affaires économiques et défend un système de libre marché décentralisé, où les interactions humaines sont régies par des contrats volontaires et des échanges économiques. Selon les anarcho-capitalistes, l'absence de coercition étatique permettrait une allocation efficace des ressources et une société basée sur le consentement mutuel et la responsabilité individuelle.

Points communs entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Opposition au capitalisme d'État

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent une opposition au capitalisme d'État. Les deux idéologies critiquent le rôle de l'État dans la protection des intérêts des élites économiques et voient dans cette relation une source d'inégalités et d'injustices. Ils remettent en question l'intervention de l'État dans l'économie et préconisent une société débarrassée des privilèges accordés aux grandes entreprises et des distorsions induites par le système économique actuel.

B. Rejet de l'autoritarisme et de la coercition

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent également un rejet de l'autoritarisme et de la coercition. Les deux idéologies mettent l'accent sur l'autonomie individuelle et s'opposent aux formes de pouvoir qui restreignent la liberté et l'autodétermination des individus. Ils remettent en question l'autorité centralisée de l'État et aspirent à des formes d'organisation sociale qui permettent une plus grande participation et prise de décision au niveau individuel et communautaire.

C. Vision d'une société sans État

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent la vision d'une société sans État. Ils remettent en question la légitimité de l'État en tant qu'institution de gouvernance et préconisent des formes de gouvernance décentralisées et autogérées. Les deux idéologies cherchent à développer des alternatives à la centralisation du pouvoir politique et à promouvoir des formes d'organisation sociale basées sur la coopération volontaire et la libre association.

D. Importance accordée à l'individualisme et à la liberté individuelle

Tant le communisme libertaire que le libertarianisme anarcho-capitaliste accordent une grande importance à l'individualisme et à la liberté individuelle. Ils reconnaissent l'importance de l'autonomie individuelle et cherchent à créer des conditions qui permettent aux individus de développer leur plein potentiel sans entraves excessives. Les deux idéologies considèrent que la liberté individuelle est essentielle à la réalisation de soi et qu'elle doit être protégée contre les intrusions de l'État ou d'autres formes de pouvoir coercitif.

Malgré ces points communs, le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste divergent sur des questions fondamentales telles que la propriété, l'organisation économique et la justice sociale.

Différences entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Vision de la propriété et des moyens de production

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire préconise l'abolition de la propriété privée des moyens de production. Selon cette vision, les ressources et les moyens de production devraient être collectivement détenus et gérés par la communauté. Les communistes libertaires soutiennent que la propriété privée crée des inégalités et des exploitations et qu'elle doit être remplacée par la propriété collective pour assurer une distribution équitable des ressources.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et les droits de propriété. Selon cette perspective, les individus ont le droit de posséder et de contrôler des biens, y compris les moyens de production. Les anarcho-capitalistes soutiennent que la propriété privée est un fondement essentiel de la liberté individuelle et de la prospérité économique, car elle incite à l'innovation, à l'investissement et à la responsabilité individuelle.

B. Organisation économique

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire préconise une économie basée sur la coopération, la collectivisation et le partage des ressources. Dans cette vision, les biens et les services seraient produits et distribués selon les besoins de chacun, et non en fonction de la demande ou de la capacité de payer. L'accent est mis sur l'égalité économique et la satisfaction des besoins de tous les membres de la société.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste prône une économie basée sur les échanges volontaires et le libre marché. Selon cette idéologie, les interactions économiques devraient être régies par des contrats volontaires entre des individus autonomes. Les anarcho-capitalistes soutiennent que le libre marché favorise l'efficacité économique, l'innovation et la prospérité en permettant aux individus de négocier librement les termes de leurs transactions et d'allouer les ressources en fonction de la demande et de l'offre.

C. Rôle de l'État

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire prône l'abolition de l'État centralisé. Il vise à remplacer les structures étatiques par des formes d'organisation décentralisées et autogérées, telles que des conseils ou des assemblées communautaires. Dans cette vision, la prise de décision politique serait directe et participative, permettant à chaque individu d'influencer les affaires de la communauté.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste cherche également à abolir l'État centralisé, mais il propose de maintenir certaines fonctions de l'État, telles que la protection des droits de propriété et la résolution des conflits, par le biais d'agences privées de sécurité et de justice. Selon cette perspective, ces fonctions pourraient être assurées par des contrats volontaires et des mécanismes concurrentiels sur un marché libre.

D. Conclusion sur les différences entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

En conclusion, bien que le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent une opposition à l'autoritarisme et à l'intervention de l'État, ils diffèrent fondamentalement dans leur vision de la propriété, de l'organisation économique et du rôle de l'État.

Le communisme libertaire cherche à abolir la propriété privée des moyens de production, favorisant une approche collective de la gestion des ressources. Il promeut une économie basée sur la coopération, la collectivisation et le partage des ressources, dans le but de garantir une distribution équitable des biens et de répondre aux besoins de tous les membres de la société. De plus, il prône l'abolition de l'État centralisé au profit d'une organisation décentralisée et autogérée.

En revanche, le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et les droits de propriété individuels. Il soutient que la propriété privée est un pilier essentiel de la liberté individuelle et de la prospérité économique. Il préconise une économie basée sur les échanges volontaires et le libre marché, où les individus sont libres de négocier et d'allouer les ressources en fonction de la demande et de l'offre. Bien que l'État centralisé soit également rejeté, le libertarianisme anarcho-capitaliste propose le maintien de certaines fonctions de l'État, telles que la protection des droits de propriété et la résolution des conflits, par des agences privées de sécurité et de justice.

En somme, le communisme libertaire vise à créer une société sans propriété privée et basée sur la coopération collective, tandis que le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et l'économie de marché. Ces différences fondamentales reflètent des visions divergentes quant à la structure économique et à la relation entre l'individu et la société.

Perspectives sur la justice sociale

A. Communisme libertaire : accent sur l'égalité économique et sociale, redistribution des richesses

Le communisme libertaire met l'accent sur l'égalité économique et sociale en tant que fondement de la justice sociale. Selon cette perspective, la redistribution des richesses est nécessaire pour réduire les inégalités et assurer une répartition équitable des ressources. Les communistes libertaires considèrent que la propriété privée des moyens de production crée des inégalités injustes et qu'une société juste doit garantir l'accès égal aux ressources et aux opportunités pour tous les individus.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : accent sur la justice procédurale, respect des droits de propriété et des contrats volontaires

Le libertarianisme anarcho-capitaliste accorde une importance primordiale à la justice procédurale. Selon cette vision, la justice sociale découle du respect des droits de propriété et des contrats volontaires. Les anarcho-capitalistes soutiennent que la justice procédurale est atteinte lorsque les individus sont libres de conclure des accords volontaires et de respecter les termes de ces accords. Ils estiment que l'État interventionniste, en tentant de redistribuer les richesses, viole les droits de propriété et crée des distorsions dans les mécanismes de marché, ce qui est considéré comme injuste.

Les différences dans les perspectives sur la justice sociale entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste découlent de leurs conceptions différentes de la propriété, de l'économie et des droits individuels. Le communisme libertaire cherche à atteindre une égalité économique et sociale en redistribuant les richesses, tandis que le libertarianisme anarcho-capitaliste considère que la justice sociale est assurée par le respect des droits de propriété et des accords volontaires.

Ces perspectives reflètent des conceptions différentes de la justice et de la manière de parvenir à une société juste. Alors que le communisme libertaire met l'accent sur l'égalité matérielle, le libertarianisme anarcho-capitaliste insiste sur la primauté des droits de propriété et de la liberté individuelle dans la recherche de la justice sociale.

Influences philosophiques

A. Communisme libertaire : influences marxistes, collectivistes et anarchistes

Le communisme libertaire tire ses influences de différentes sources philosophiques. Il est largement influencé par les idées marxistes, en particulier en ce qui concerne la critique du capitalisme et la notion de lutte des classes. Les communistes libertaires partagent également des idées collectivistes, mettant l'accent sur l'importance de la solidarité et de la coopération entre les membres de la société. En outre, le mouvement anarchiste a une influence majeure sur le communisme libertaire, prônant la suppression de toute forme d'autorité et la promotion de l'autonomie individuelle et collective.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : influences libertariennes, individualistes et capitalistes

Le libertarianisme anarcho-capitaliste est influencé par des idées philosophiques libertariennes, qui mettent l'accent sur la primauté de la liberté individuelle et la réduction de l'intervention de l'État dans les affaires économiques et sociales. Les anarcho-capitalistes défendent des idées philosophiques de primauté de l'individu, soulignant le droit des individus à la propriété privée et à la poursuite de leurs intérêts personnels. Ils sont également influencés par les principes capitalistes, qui prônent l'échange volontaire et la libre concurrence sur le marché comme moyen de coordination économique.

Ces influences philosophiques différentes reflètent les bases idéologiques sur lesquelles reposent le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste. Alors que le communisme libertaire s'appuie sur des idées marxistes, collectivistes et anarchistes, le libertarianisme anarcho-capitaliste est enraciné dans des idées libertariennes, individualistes et capitalistes. Ces influences façonnent les visions distinctes de ces deux courants politiques en ce qui concerne la propriété, la société et le rôle de l'État.

Réception et impact historique

A. Communisme libertaire : mouvements révolutionnaires et luttes ouvrières

Le communisme libertaire a eu une réception importante au sein des mouvements révolutionnaires et des luttes ouvrières. Les idées de l'anarchisme et du communisme libertaire ont été adoptées par de nombreux groupes et organisations qui ont cherché à renverser les structures capitalistes et étatiques oppressives. Le communisme libertaire a joué un rôle central dans des événements historiques tels que la Révolution russe de 1917, la guerre civile espagnole dans les années 1930 et les mouvements ouvriers et étudiants des années 1960 et 1970. Bien que ces mouvements n'aient pas réussi à établir durablement une société communiste libertaire, ils ont contribué à la diffusion des idées et ont inspiré des générations de militants et de révolutionnaires.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : influence sur les mouvements libertariens et les théories économiques

Le libertarianisme anarcho-capitaliste a eu un impact significatif sur les mouvements libertariens et les théories économiques. Ses idées ont influencé des penseurs et des économistes tels que Murray Rothbard et Friedrich Hayek. Le libertarianisme anarcho-capitaliste a contribué à la formulation de théories économiques comme l'école autrichienne d'économie, qui met l'accent sur les mécanismes de marché et la libre concurrence. Au niveau politique, le libertarianisme anarcho-capitaliste a inspiré des mouvements et des partis politiques qui promeuvent la réduction de l'État et l'émancipation individuelle. Bien que ces idées aient suscité des débats et des critiques, elles ont eu une influence durable sur la pensée politique et économique contemporaine.

C. Importance de ces idéologies dans l'histoire politique et philosophique

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste ont tous deux joué un rôle important dans l'histoire politique et philosophique. Ils ont contribué à élargir le champ des idées politiques en proposant des alternatives radicales aux systèmes politiques et économiques existants. Ces idéologies ont remis en question les fondements mêmes de l'autorité et de la propriété, et ont stimulé des débats sur la nature de la justice, de l'égalité et de la liberté. Bien qu'ils n'aient pas été mis en œuvre à grande échelle dans leur forme pure, le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste continuent d'exercer une influence sur les mouvements sociaux, les théories politiques et les débats intellectuels, contribuant ainsi à façonner l'histoire politique et philosophique.


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