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octobre 23, 2026

Dossier antisémitisme en France, tout une histoire depuis Proudhon...

Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

 

Avant cet article voici trois liens importants sur ce même thème:

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html 

LES GAUCHES ANTISÉMITES (1) DE PROUDHON À LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE
 
RÉSUMÉ

Il est courant de penser que l’antisémitisme est étranger aux traditions politiques de gauche. Celles-ci aiment à rappeler leur enracinement dans l’universalisme des Lumières, l’acte émancipateur de la Révolution française, le combat socialiste égalitaire du long xixe siècle et la mobilisation dreyfusarde. Le rapport à l’antisémitisme serait ici un non-sujet. L’obsession « antisioniste » de l’extrême gauche contemporaine appelle pourtant à une exploration de longue durée de l’histoire des gauches où peuvent être repérées nombre de distorsions entre la dure réalité des positions exprimées et les principes moraux invoqués.

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-2-la.html 

La détermination totalitaire 

Résumé

La prise du pouvoir par Hitler en 1933 systématise la dimension racialiste et meurtrière de l’antisémitisme. Cela ne va pas empêcher la gauche pacifiste et les communistes de collaborer, à partir de juin 1940, de manière ponctuelle ou continue, avec l’Occupant nazi. Or, à peine cinq ans après le génocide des Juifs, l’antisémitisme est réactivé sur ses bases traditionnelles – contre Léon Blum –, et selon deux axes inédits. Le premier est celui du négationnisme du génocide, initié par des nostalgiques de la collaboration puis légitimé par Paul Rassinier, un résistant déporté venu du PCF puis de la SFIO, et son livre Le Mensonge d’Ulysse, relayé à partir des années 1960 par l’ultra-gauche. 

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-3.html 

L’irrésistible convergence d'antisémitismes pluriels

Résumé

Il est souvent admis qu’après la Shoah, l’antisémitisme aurait durablement disparu des traditions politiques de gauche, discrédité par le génocide et cantonné à l’extrême droite. La période des Trente Glorieuses, la décolonisation et l’essor des luttes tiers-mondistes semblaient consacrer l’avènement d’un humanisme universaliste débarrassé de ses vieux démons. Pourtant, dès les années 1950, un antisémitisme renouvelé prend place dans une concurrence victimaire, se recompose dans les milieux communistes, anticolonialistes et révolutionnaires, sous couvert d’antisionisme et de dénonciation de l’« impérialisme ».

Des théories de Césaire et Fanon à l’héroïsation palestinienne après 1967, des dérives négationnistes de Rassinier et Faurisson à la propagande de Garaudy, puis à l’essor de l’islamisme politique et de ses relais médiatiques, se construit un système idéologique cohérent, associant relativisation de la Shoah, inversion des rôles et réactivation de stéréotypes anciens. Cette histoire montre comment, de Mai 68 aux années 2000, une partie des gauches a progressivement substitué au combat universaliste une vision manichéenne du monde, où l’hostilité envers Israël sert de vecteur principal à un nouvel antisémitisme, désormais mondialisé, médiatisé et politiquement instrumentalisé.

 

NOUVEAUTE OCTOBRE 2026 

Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

Résumé

Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois, deux de nos meilleurs spécialistes d’histoire contemporaine, pulvérisent ici l’idée reçue selon laquelle l’antisémitisme serait étranger à la gauche.

Au contraire, ils montrent que, loin d’être marginal, l’antisémitisme y est présent tout au long du XIXe siècle, qu’il est assumé dans les années 1930-1940, et jusque dans le collaborationnisme.

Depuis, jamais l’antisémitisme n’a disparu à gauche ; toujours il s’est métamorphosé, pour renaître en se radicalisant, du négationnisme à l’« antisionisme », sous l’impulsion de l’URSS de Staline, en 1948. Même après la Shoah, il revient dans l’anticolonialisme et l’anti-impérialisme.

En fait, l’antisémitisme sert aussi à opérer des recompositions de la gauche ; il est au cœur d’une alliance des mondes communiste et arabo-musulman, la matrice de l’« islamo-gauchisme » dont on sait aujourd’hui la virulence et la dangerosité. 

Avec méthode et précision, les auteurs décrivent comment la haine d’Israël et de tout ce qui s’y apparente est promue au sein d’une gauche qui parvient à imposer ses mécanismes de justification et de déni, propagés dans une partie du monde politique, des médias et de l’Université, y compris au lendemain du 7 octobre 2023.

Le livre de Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois traite franchement, avec lucidité et courage, d’un phénomène politique que doit connaître quiconque cherche à comprendre la marche du temps et à prévenir les redoutables menaces émergentes. 

Ce livre se situe dans le prolongement des travaux de la Fondapol consacrés à l’antisémitisme.

Les Editions du CERF en partenariat avec la Fondapol, 304 pages, 21.90€

En librairie le 22 octobre 2026

Bernard Bruneteau,

Professeur émérite de science politique à l’université Rennes 1. 

Stéphane Courtois,

Historien, directeur de recherche honoraire au CNRS, enseignant d’histoire à l’Institut catholique d’études supérieures (ICES) à La Roche-sur-Yon, membre du conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l’innovation politique.

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du Conseil scientifique et d’évaluation de la Fondapol.

 

ANCIENNEMENT avec EVOLUTION 

Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2019 

Résumé

La multiplication des actes antisémites depuis le début des années 2000 interroge sur l’ampleur de ce phénomène en France. Quelle est la proportion de Français de confession ou de culture juive à avoir déjà été victime d’un acte antisémite ? Quel est le profil des victimes ? Quel est le ressenti global des Français juifs concernant la prévalence et l’évolution des actes antisémites ? Quel est le regard porté par la société dans son ensemble sur l’antisémitisme en France ? 

Les statistiques publiées par le ministère de l’Intérieur ne peuvent prétendre apporter des réponses exhaustives à ces questions. Les données existantes reposent principalement sur les dépôts de plaintes qui ne représentent que la partie « émergée de l’iceberg ».

Face à ce constat, la Fondation pour l’innovation politique et AJC ont réalisé une enquête quantitative (administrée par l’Ifop) qui vise à poser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. Le dispositif d’enquête mis en place repose sur une logique de regards croisés entre les Français de confession ou de culture juive (un échantillon de 505 personnes a été constitué) et le grand public (un échantillon de 1 027 personnes a été constitué). L’enquête apporte des données quantitatives nouvelles sur ce phénomène. En voici les principaux enseignements.  

Dominique Reynié,

Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.

Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique. 

Conclusion

Les résultats de cette enquête mettent en exergue le fait que l’antisémitisme en France ne saurait être réduit à quelques faits divers sordides. Au-delà du ressenti d’un phénomène perçu comme étant présent et en augmentation, cette étude révèle qu’une partie importante des Français de confession ou de culture juive a déjà été exposée à des actes antisémites au cours de sa vie.

Ce climat de peur pousse une partie d’entre eux à mettre en place des stratégies d’évitement, voire même à envisager un exil du territoire national. Pour autant, cette enquête révèle un fait encourageant : une prise de conscience du grand public qui estime très largement que l’antisémitisme ne saurait être réduit à la seule communauté juive mais concerne la société dans son ensemble.

Développement interne, cliquez le lien ci-dessous: 

 https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france/


Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2022 

Depuis les étoiles jaunes portées par des manifestants opposés au passe sanitaire jusqu’à l’usage par certains du pronom « qui » utilisé pour dénoncer la supposée mainmise des Juifs sur les principaux médias, sans oublier la notion de complot juif remis au goût du jour pour expliquer la pandémie du coronavirus, l’année 2021 a été marquée par la multiplication d’incidents antisémites. Si de tels faits sont venus rappeler la persistance des préjugés sur les Juifs au sein de la société française, l’histoire enseigne que l’antisémitisme prospère dans les périodes de crise. Ainsi, près de deux ans après le début de la crise sanitaire, il nous a semblé essentiel de réaliser une vaste étude pour dresser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. 

Quel est le poids des préjugés à l’égard des Juifs dans la société française en 2021 ? La crise sanitaire s’accompagne-t-elle d’une poussée de l’antisémitisme dans l’opinion publique ? Quel regard portent les Français sur ce phénomène ? Dans quelle mesure les Français juifs s’inquiètent-ils des violences les visant ? Comment ces violences se déroulent-elles ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous avons construit un dispositif d’enquête exceptionnel. Exceptionnel par sa taille : nous avons conduit l’enquête parallèlement auprès de deux échantillons spécifiques – personnes de confession juive, personnes de confession musulmane – et auprès d’un échantillon global, représentatif de la population française dans son ensemble, ce dernier permettant de se pencher également sur d’autres sous-catégories de la population : les Français catholiques, les jeunes, des groupes de Français classés en fonction de leur zone géographique, de critères socio-économiques, d’affinités politiques ou encore en fonction de leurs sources privilégiées d’information. Exceptionnel également par la diversité des thématiques abordées : exposition et observations d’actes violents, opinions à l’égard d’Israël, de la Shoah, préjugés à l’égard des Juifs… autant de sujets clés à examiner pour tenter d’apporter de nouveaux éclairages sur l’antisémitisme1.  

Conclusion

La crise sanitaire ne s’est pas accompagnée d’une poussée de l’antisémitisme que l’on pouvait redouter. Cependant, les stéréotypes négatifs à l’égard des Juifs sont toujours aussi présents dans l’opinion publique française. Si les proportions sont restées stables depuis notre enquête de 2019, il demeure important de retenir qu’entre un quart et un tiers de nos concitoyens partagent ces préjugés antisémites. Cette nouvelle radiographie de l’antisémitisme confirme la persistance de l’antisémitisme au coeur de la société française. 

Les Français de confession juive ne pâtissent pas d’une mauvaise image et représentent au contraire une des minorités les mieux acceptées dans l’opinion publique française. En d’autres termes, la proportion de Français exprimant de l’antipathie, voire de la haine pour les Juifs est probablement moins importante qu’elle ne l’a été par le passé. 

Ceci n’atténue pourtant pas la réalité brutale de l’antisémitisme et ses conséquences potentiellement dramatiques à la fois pour la vie quotidienne des Français juifs et pour le pays dans son ensemble. L’antisémitisme en France est principalement le fait de segments particuliers de la population française. Ces segments sont minoritaires, mais particulièrement actifs. L’antisémitisme est particulièrement répandu parmi les Français proches du Rassemblement national et de La France insoumise ; il est également plus répandu parmi les répondants de confession ou de culture musulmane, notamment parmi ceux se déclarant pratiquants, d’autant plus qu’ils fréquentent plus assidûment les lieux de culte. 

La crise sanitaire a vu aussi l’émergence d’un monde protestataire – les sympathisants des anti-vaccins – plus enclin aux préjugés antisémites. Les résultats de notre enquête confirment le rôle moteur de ces formes de protestation et des réseaux sociaux dans la production et la diffusion de la haine antisémite. On ne saurait cependant attribuer ces résultats aux confinements et à la pandémie, puisque nous avions déjà enregistré le rôle des réseaux sociaux dans nos enquêtes précédentes, en 2014 et en 2019. 

Le vécu antisémite des Français de confession ou de culture juive est difficile et douloureux. La plupart des Français juifs (74%) disent avoir déjà subi au cours de leur existence un comportement antisémite, de la moquerie à l’agression physique en passant par l’insulte ou la menace verbale. Notre enquête confirme un fait très préoccupant : l’identification en tant que Juif dans l’espace public français constitue un facteur de risque et expose particulièrement à la violence. Dès lors, on comprend pourquoi tant de Français juifs cachent leur religion. La peur de pouvoir subir à tout moment un comportement antisémite est décuplée chez les parents qui craignent davantage encore pour leurs enfants. Dès lors, ils les éduquent à adapter ou à modifier leurs comportements. En effet, c’est au sein des établissements scolaires que les agressions se déroulent le plus fréquemment. Les familles juives l’ont compris et demandent souvent à leurs enfants de ne pas porter de signes reconnaissables de leur judéité, et même d’éviter de révéler le fait qu’ils sont juifs. C’est pourquoi ces familles scolarisent de plus en plus souvent leurs enfants dans des établissements confessionnels, catholiques ou juifs. L’école de la République a permis pendant des décennies aux citoyens de toutes confessions de « faire nation », mais cette fonction, essentielle à l’école, à la République et au pays, est désormais menacée. 

Dans leur ensemble, les Français semblent l’avoir compris. En témoignent les résultats de notre enquête, en témoignent l’indignation générale suscitée par le meurtre de Sarah Halimi et l’affaire suscitée par le procès de son meurtrier, en témoigne encore l’approbation majoritaire, au printemps dernier, de la décision d’interdire des manifestations pour empêcher les débordements antisémites qui pouvaient suivre. 

Les Français semblent comprendre que l’antisémitisme n’est pas le problème des Français juifs mais qu’il concerne la société dans son ensemble, que ses institutions, sa culture et ses valeurs ne résisteraient pas à l’augmentation de l’antisémitisme. Une prise de conscience peut avoir lieu. Face au retour de l’antisémitisme observé depuis bientôt vingt-cinq ans, notre enquête montre qu’une réponse collective juste, forte, efficace et durable est maintenant nécessaire, et qu’elle est devenue possible.

Le développement du sujet de 2022 est ci-dessous en lien:

https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-edition-2022/

  

Radiographie de l'antisémitisme en France - Edition 2024 

Résumé

Notre enquête le montre, la société française dans son ensemble n’est pas antisémite. Les Français sont même particulièrement préoccupés par la montée de l’antisémitisme. Les trois quarts (76%) des personnes interrogées estiment que « l’antisémitisme est un problème qui concerne la société dans son ensemble » contre 9% qui y voient « un problème qui concerne uniquement les Juifs et ne concerne pas la société dans son ensemble ». Les Français réclament une politique plus ferme pour lutter contre l’antisémitisme, ils sont 80% à considérer que la justice ne condamne pas assez sévèrement les auteurs des actes antisémites.

Cependant, en dépit de ces données qui témoignent de l’attachement des Français aux valeurs fondamentales de la République, aujourd’hui, nous montrons également qu’une partie de la société française est gagnée par l’antisémitisme. C’est le cas notamment des jeunes en général et plus spécifiquement encore des jeunes Français de confession ou de culture musulmane. Cette évolution est souvent interprétée comme l’effet d’un contexte d’aggravation du conflit israélo-palestinien.

En réalité, l’antisémitisme est déjà présent, le conflit israélo-palestinien l’a mis en mouvement et a donné une justification au passage à l’acte.

C’est un antisémitisme culturel qui ignore l’histoire, ne veut pas la connaître ou la refuse, au point de partager des jugements outranciers et révisionnistes que l’on trouve à foison sur les réseaux sociaux : 40% des moins de 35 ans que nous avons interrogés répondent qu’Israël se comporte avec les Palestiniens comme les nazis se comportaient avec les Juifs, contre 32% de l’ensemble des Français et 31% des moins de 65 ans, mais ce chiffre atteint 67% chez les Français de confession musulmane et 65% chez les Français de confession musulmane de moins de 35 ans ; de même, 29% des jeunes interrogés pensent que “la création d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste”, contre 16% des Français et 12% des 65 ans ou plus. 

Ce chiffre monte à 45% chez les Français de confession musulmane et à 46% chez les moins de 35 ans. Le corollaire de cette détestation d’Israël est une complaisance montante à l’égard du Hamas, l’organisation terroriste islamiste palestinienne. Si 2% des 65 ans et plus disent éprouver de la sympathie pour ce groupe terroriste, le niveau atteint 14% chez les moins de 35 ans. Ce chiffre monte à 22% chez les Français de confession musulmane et à 27% chez les moins de 35 ans.

Cette étude, est la quatrième édition d’un baromètre initié en 2014 par l’American Jewish Committee (AJC), Fondapol et l’Ifop. Cette édition s’inscrit dans le contexte d’une recrudescence d’actes antisémites depuis l’attaque du 7 octobre. L’enquête a été menée auprès de trois échantillons : un échantillon représentatif de l’ensemble des Français ; un échantillon de Français de confession musulmane et un échantillon de Français de confession juive. Les Français de confession juive ont fait l’objet d’une enquête de victimation sur leur expérience de l’antisémitisme, notamment depuis le 7 octobre. 

Dominique Reynié,

Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondapol

Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique.

Simone Rodan-Benzaquen,

Directrice AJC Europe

Anne-Sophie Sebban-Bécache,

Directrice AJC Paris

Sarah Perez-Pariente,

Directrice adjointe AJC Paris

François Legrand,

Directeur d'études IFOP 

Conclusion 

Au lendemain du 7 octobre, notre étude confirme une poussée de l’antisémitisme en France. Dans un climat où 61% des citoyens français de confession juive rapportent être parfois tenus responsables des événements au Proche-Orient, un quart d’entre eux indiquent avoir subi un acte antisémite depuis le 7 octobre. La crainte d’une agression est généralisée.

Alors que les jeunes Français de confession juive rapportent qu’on leur reproche plus fréquemment la politique du gouvernement israélien, qu’ils sont plus souvent victimes d’actes antisémites, il est impossible de nier qu’il existe un problème au sein de certains établissements scolaires, d’autant plus que les données en population générale montrent que sur le fond d’une évolution générationnelle du rapport à Israël et à la condition juive, les jeunes sont plus enclins à juger acceptables des actes antisémites.

 Alya intérieure, développement des établissements confessionnels, départ en Israël : depuis 20 ans, face à l’antisémitisme, et dans une société de plus en plus morcelée, une partie des Français de confession juive font sécession à leur corps défendant. Les résultats de l’étude font craindre que la période traversée ne se traduise par un nouveau repli. C’est la réponse prévisible de la part d’une minorité confrontée aux menaces et à la violence. Il est par ailleurs alarmant de voir comment la question de l’antisémitisme a resurgi comme objet de mobilisation politique. En 2024, l’idéal républicain d’une société fraternelle unie dans la diversité n’a jamais semblé aussi difficile à atteindre.

 Veuillez trouver en lien ci-dessous le développement ce sujet 2024

 https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-2/

 

 

septembre 17, 2026

Les français et l'économie !


Sommaire:

A) -  Les Français connaissent-ils vraiment l’économie ? Les résultats inquiétants d’une étude

B) -  Économie politique

C) -  Économie

D) -  Économie : les conséquences de l'ignorance…

 


 

A) -  Les Français connaissent-ils vraiment l’économie ? Les résultats inquiétants d’une étude

Economie. Selon une étude de l'Ifop et de l'Institut de l'Entreprise, moins de deux Français sur dix connaissent le coût réel pour l'employeur d'un salarié payé 2 200 euros nets. 14 % confondent même salaire net et coût employeur.  

Pas de cocorico pour cette fois. Selon un sondage Ifop commandé par l’Institut de l’Entreprise, paru ce mercredi 16 septembre, les connaissances des Français en économie laisseraient fortement à désirer. Un échantillon représentatif de 1 000 personnes a été interrogé en juin sur des notions bien précises : la dette publique, le déficit, le budget de l'État, le PIB, le marché du travail et l’impôt sur les sociétés. Devant le questionnaire, les élèves adultes ont, en moyenne, su donner la bonne réponse à seulement 2,2 questions sur les six posées. La moyenne de la classe atteint un petit 7,3/20.

 Selon un sondage publié mercredi 16 septembre 2026 par l'Ifop et L'Institut de l'Entreprise, les Français sont à la peine en connaissances économiques avec une moyenne de 7,3/20.

Petite réjouissance : 86 % des interrogés ont répondu correctement à au moins une question, et entre 76 % et 84 % ont entendu parler de chacune des six notions testées. Toutefois, pour chaque thématique, ils sont moins de 10 % à pouvoir l’expliquer "clairement 

et en détail", ont confessé les personnes interrogées. 

  Le saviez-vous ?

Les Français se trompent particulièrement sur le premier poste de dépense du pays. Quelque 35 % imaginent que la défense récupère le budget le plus important. Faux, ce sont les dépenses de retraite, évaluées à 420 milliards d’euros en 2026 par l'étude. Ils sont seulement 23 % à avoir trouvé cette réponse. Le second plus gros poste de dépense n’est toujours pas la défense mais la santé. Autre erreur : un Français sur deux pense que les petites et moyennes entreprises (PME) embauchent davantage que les grandes entreprises. C’est encore faux. Enfin, la question qui a obtenu le plus de mauvaise réponse est au sujet du coût réel dépensé par l’employeur pour un salaire net de 2 200 euros. À vos pronostics ! Ils sont la moitié des interrogés à sous-estimer cette dépense en réalité fixée à 3 700 euros. 

 A l’inverse, la question avec le plus de bonnes réponses porte sur le salaire net médian : ils sont près d’un sur deux à donner le bon chiffre. On vous laisse le temps de réfléchir… Il n’est pas à 1 700 euros comme 42 % des Français le pensent mais à 2 200 euros. Le rang mondial de la France en PIB par habitant – 25e – a été donné par 31 % des répondant 

Devant la copie, les deux genres sont à égalité parfaite

Ces résultats sont d’autant plus étonnants qu’ils contrastent avec l’intérêt porté par les Français pour les questions économiques. Ils sont plus de six sur dix à se déclarer intéressés par ce sujet. Si ce chiffre a légèrement baissé par rapport à la précédente enquête de 2017 – où ils étaient 66 % –, cette nouvelle étude est révélatrice d'"un mouvement plus profond de polarisation". Ils sont davantage à être "très intéressés", avec un total de 17 %, et davantage aussi à ne pas l’être du tout : 10 % aujourd’hui contre 6 % en 2017. Dans leurs conclusions, l’Ifop et l’Institut de l’Entreprises résument : "L’économie devient un sujet que l'on investit fortement ou que l'on abandonne". Et toutes les catégories sociales ne l’abandonnent ou ne l’investissent pas autant. Les jeunes – surtout les jeunes femmes – s’en éloignent tout comme les non-diplômés qui ne sont que 52 % à se déclarer intéressés. Là encore, l’étude note : "La chose économique semble donc intéresser en premier lieu ceux à qui elle profite."

Au-delà des intérêts plus ou moins prononcés, les catégories sociales ne déclarent pas toutes les mêmes connaissances en économie. Entre hommes et femmes, il y a entre 13 et 25 points d'écart selon la notion évoquée. Toutefois, devant la copie, les deux genres sont à égalité parfaite. Dans les faits, "le diplôme n'est pas (non plus, NDLR) discriminant. Les bac+5 ne répondent pas mieux que les titulaires d'un CAP ou d'un BEP", constate Pierre Robert, notamment l’auteur de Fâché comme un Français avec l’économie. "Pour l'enseignant que je suis, c'est une mise en cause directe de la transmission scolaire", ajoute-t-il. A ce constat, s'ajoute la publication de l'enquête Pisa au début du mois de septembre qui constate une baisse historique du niveau scolaire des enfants Français.

En revanche, ce qui fait une différence entre les enquêtés, c’est le niveau de vie. Ceux dont le niveau de vie est inférieur à 1 080 euros par mois répondent correctement à 1,9 question en moyenne ; au-delà de 2 262 euros, la moyenne atteint 2,4. "Ce demi-point d'écart entre bas et hauts revenus, suggère une hypothèse lourde de conséquences : l'acculturation économique se joue moins à l'école que dans la vie active. Il est plus facile de comprendre l’économie lorsqu’on est confrontée à une fiche de paie, à la négociation salariale et à la gestion d'un budget", conclut l’étude et le spécialiste Pierre Robert.

La faute à qui, à quoi ?

Avant de présenter les résultats, l’étude tient à rappeler que d’ici 2030, le déficit public et la dette pourraient dériver respectivement à 6,8 % et 130 % du PIB, selon les prévisions de quatre économistes "de premier plan" : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla. Ces erreurs de jugement de la part des Français sur un sujet aussi primordial viennent des "représentations qui sont indexées sur l’agenda médiatique. Les Français surpondèrent ce dont on parle (la défense par exemple dans les budgets)", estiment l'Ifop et l’Institut de l’Entreprise.

Selon l’enseignant Pierre Robert, le problème réside surtout dans le manque des "ordres de grandeurs sur le budget, sur le coût du travail, sur le tissu productif. (Les Français, NDLR) raisonnent souvent avec bon sens, mais sur des masses qu'ils ne maîtrisent pas". Selon lui, s’ajoutent à cela "l’ignorance réelle" et "le déni rationnel". Heureusement, il y a des solutions. Chacune de ces raisons appelle à "une réponse différente : la première de la pédagogie, la deuxième de la rigueur dans le débat, la troisième des incitations économiques".

A défaut de maîtriser le sujet, une majorité de Français (73 %) s’accorde pour admettre que le déficit public est dû à une mauvaise gestion des dépenses publiques. Un diagnostic "transpartisan", note l’étude qui met l’accent sur la rareté de cette situation. En effet, de gauche comme de droite, les Français et électeurs des prochaines élections présidentielles convergent vers ce constat.   

Juliette Garnier

 https://www.lexpress.fr/economie/economie-les-francais-obtiennent-7320-au-controle-de-connaissances-WJU26Y4BBBFY3LHBEH4EEMJ4TI/?utm_medium?cmp_redirect=true

A lire aussi : : "Ils ne pourront pas épargner les retraités... " : deux économistes passent au crible les propositions des candidats à l'Elysée 

 


 

 L'Observatoire des inégalités vient de mettre à jour son échelle des niveaux de vie, et l'écart entre le bas et le haut de l'échelle est juste énorme! 573€ par mois, c'est le montant du RSA. Le seuil de pauvreté est fixé à 1 114€. Le Smic net tourne autour de 1 748€ par mois, on entre déjà chez les catégories populaires (les 30% les plus modestes). Le niveau de vie médian en France est de 2 228€ par mois, la moitié de la population gagne plus, l'autre moins. → Les catégories aisées commencent à 3 232€, et le seuil de richesse fixé par l'Observatoire (le double du niveau médian) est de 4 456€ par mois. Ensuite l'échelle grimpe très vite. À partir de 5 102€, on entre chez les 5% les plus riches. Il faut au moins 7 512€ par mois pour appartenir au 1% du sommet, environ 630 000 personnes en France. Le 0,1% le plus riche dépasse 19 500€ par mois, et le 0,01% (une personne sur 10 000) touche plus de 70 900€ mensuels. Ces chiffres correspondent aux niveaux de vie après impôts et prestations sociales, sauf le RSA et le Smic qui sont indiqués avant. Vous vous situez où sur cette échelle ?

 


 

 B) -  Économie politique 

Les auteurs contemporains définissent l’économie politique comme la science sociale qui étudie les comportements humains devant des moyens rares sollicités par des fins multiples. L'expression économie politique a cependant deux sens distincts :

  1. L'économie politique (en anglais political economy) peut désigner une branche de la science économique qui décrit et analyse l'activité économique par rapport aux données politiques, en essayant d'en expliquer le fonctionnement, tout en essayant de trouver les lois qui régissent l'activité économique par rapport à l'action des pouvoirs publics ;
  2. L'économie politique (en anglais Public choice) désigne également la branche de la science économique qui applique à un système politique donné, les outils de l'analyse économique afin d'expliquer le choix des politiques publiques en fonction des préférences des agents et des objectifs propres des dirigeants. Voir Théorie du choix public.

 

Historique

C'est en 1615, avec le Traicté de l'Œconomie Politique d'Antoine de Montchrétien que l'économie politique a reçu pour la première fois le nom sous lequel elle est aujourd'hui connue.

Bibliographie

XVIIIe-XIXe siècles

XXe siècle

  • Vilfredo Pareto, Manuel d’économie politique (1909).
  • Charles Gide, Principes d’économie politique (1931)

Citations

  • L’économie politique est truffée d’exemples de jugements de valeur arbitraires, subrepticement glissés dans les travaux de gens qui ne songeraient jamais à étudier la philosophie morale ni à proposer un système cohérent de normes. La «vertu» égalitariste est simplement prise pour allant de soi, sans aucune tentative de justification ; et on la fonde, non sur une expérience perçue de la réalité, ni parce que la nier serait contradictoire (les vrais critères de l’évidence rationnelle) mais en insinuant que celui qui n’est pas d’accord est un minable et un salaud. (Murray Rothbard)

Ressources

 https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89conomie_politique

 

 


 

 C) -  Économie

L’économie (du grec oïkos, maison et nomos, administrer) est la science sociale qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ; elle s’intéresse d’une part, aux opérations essentielles que sont la production, la distribution, et la consommation des biens, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations. Plus brièvement, l'objet de l'économie est de répondre au problème : comment faire au mieux avec ce dont on dispose.

L'économiste est un spécialiste de l'économie.

L’École autrichienne d'économie conteste la définition de l'économie comme science de « l’allocation des ressources rares », ou science du « choix », car cette définition conduit vers l'ingénierie sociale (constructivisme ou interventionnisme). Elle préfère parler de praxéologie (science de l'action humaine), catallactique (étude des échanges) et thymologie (psychologie de l'action humaine). 

 

Toute l'économie en une page ?

Milton Friedman, prix Nobel d'économie, a eu l'occasion de dire « ce qui est extraordinaire avec la science économique, c'est que toutes ses lois tiennent réellement en une page, mais leur simplicité n'a jamais été acceptée par la plupart des gens ».

L'économiste américain Mark Skousen a relevé le défi. Le texte ci-dessous a été publié par la revue du FEE (Foundation for Economic Education, New York), The Freeman, en janvier 1997. Ce texte a été traduit par Jacques Garello, président de l'ALEPS, Association pour la liberté économique et le progrès social, pour La Nouvelle Lettre, numéro du 15 février 1997.

1. Intérêt personnel : personne ne dépense l'argent des autres avec autant de soin que le sien propre.
2. Croissance économique : la clé de l'élévation du niveau de vie est de développer l'épargne, la formation de capital, l'éducation et la technologie.
3. Commerce : lors de tout échange volontaire, quand ils disposent d'une information précise, l'acheteur et le vendeur sont tous les deux gagnants ; de ce fait, une augmentation du commerce entre individus, entre groupes ou entre pays est profitable aux deux parties.
4. Concurrence : étant donné la réalité physique et universelle de la disponibilité limitée des ressources et une demande toujours croissante, la concurrence existe dans toutes les sociétés et ne peut pas être abolie par décret gouvernemental.
5. Coopération : puisque la plupart des individus ne sont pas autosuffisants, et que presque toutes les ressources naturelles doivent être transformées pour devenir utilisables, les individus - travailleurs, propriétaires, capitalistes et entrepreneurs - doivent travailler ensemble dans le but de produire des biens et services de valeur.
6. Division du travail et avantages comparatifs : les différences de talents, d'intelligence, de savoir et de propriété conduisent à la spécialisation et à un avantage comparatif détenu par chaque individu, entreprise ou pays.
7. Dispersion du savoir : l'information sur le comportement du marché est si diverse et omniprésente qu'elle ne peut être saisie ni calculée par une autorité centrale.
8. Perte et profit : le profit et la perte sont des mécanismes du marché qui indiquent ce qui doit être ou ne pas être produit dans le long terme.
9. Coût d'opportunité : étant donné les contraintes de temps et de ressources, il faut toujours faire des arbitrages. Vouloir faire quelque chose demande de renoncer à autre chose que l'on aurait aimé faire aussi. Le prix payé pour s'engager dans une activité est égal au coût des activités auxquelles on a renoncé.
10. Théorie des prix : les prix sont déterminés par l'estimation subjective des acheteurs (demande) et des vendeurs (offre), et non par un quelconque coût de production objectif ; plus le prix est élevé, moins les quantités achetées seront grandes et plus les quantités offertes seront importantes.
11. Causalité : à chaque cause correspond un effet. Les actions des individus, des entreprises ou des gouvernements ont un impact sur les autres acteurs de l'économie, impact qui peut être prédit, bien que le niveau de prédictibilité dépende de la complexité des actions engagées.
12. Incertitude : il existe toujours une dose de risque et d'incertitude sur l'avenir, car les gens effectuent des réévaluations, tirent des leçons de leurs erreurs et changent d'avis, ce qui rend délicate toute prédiction sur leurs comportements à venir.
13. Économie du travail : l'augmentation des salaires sur le long terme ne peut être réalisée que par une plus grande productivité, c'est-à-dire par davantage d'investissements en capital pour chaque travailleur ; le chômage chronique est une conséquence de l'action du gouvernement qui fixe les taux de salaire au-dessus du niveau d'équilibre du marché.
14. Contrôles du gouvernement : les contrôles des prix, des salaires ou des loyers peuvent bénéficier à certains individus ou groupes, mais pas à la société dans son ensemble ; en fin de compte, ces contrôles créent de la pénurie, du marché noir et une détérioration de la qualité et des services. Les repas gratuits, ça n'existe pas.
15. Monnaie : des tentatives délibérées pour déprécier la monnaie nationale, ou baisser artificiellement les taux d'intérêt, ou encore pour s'engager dans des politiques d'argent facile conduisent inévitablement à l'inflation, à des cycles prospérité/récession et aux crises économiques. C'est le marché, et non l'État, qui devrait régler la monnaie et le crédit.
16. Finances publiques : dans toutes les entreprises publiques, et afin de maintenir un haut niveau d'efficacité et une bonne gestion, les principes du marché doivent être adoptés chaque fois que cela est possible :
1) le gouvernement devrait essayer de se cantonner à ce que les entreprises privées ne peuvent pas faire ; il ne doit pas s'engager dans des affaires que le secteur privé gère mieux que lui.
2) le gouvernement devrait fonctionner selon ses moyens.
3) l'analyse coût/avantage : les bénéfices marginaux doivent être supérieurs aux coûts marginaux.
4) le principe de commutativité : ceux qui bénéficient d'un service devraient payer pour ce service.

Économie et mathématiques

Une idée assez répandue est celle que l'économie, puisque elle est une matière scientifique, doit obligatoirement être traitée de manière mathématique. Par exemple, l'économiste néerlandais Jan Tinbergen (1903-1994), physicien de formation et un des fondateurs de l'économétrie, tire la conclusion que « nul n'est économiste s'il n'est mathématicien ».

L'emploi des mathématiques en économie permet d'aboutir à des résultats rigoureusement exacts, et tout à fait conformes à un modèle (censé représenter la réalité) qui, lui, est hélas parfaitement irréaliste ! Ce travers scientiste se retrouve aussi bien chez les économistes anglo-saxons (par exemple Paul Samuelson) que chez les Français (par exemple Maurice Allais).

Notons d'abord qu'il est impossible de tester empiriquement les théories économiques, parce que les faits sociaux sont des phénomènes complexes non répétables.

L'économie mathématique introduit des suppositions qui l'aide à arriver aux conclusions désirées, des hypothèses arbitraires qui, à la limite, rendent le modèle totalement irréel. Elle se limite aux problèmes qui peuvent être résolus. On obtient des réponses abstraites à des questions abstraites, mais qui ne décrivent pas une économie réelle. On préfère traiter les problèmes qu'on sait résoudre plutôt que les problèmes réels.

Exemples :

  • la théorie de l'équilibre général des économistes de l'École de Lausanne (Léon Walras), avec les hypothèses irréalistes de la concurrence dite parfaite (atomisation des marchés, parfaite divisibilité et parfaite mobilité des biens et des services productifs, instantanéité, homogénéité des produits, connaissance parfaite de la part des agents économiques).
  • la théorie des anticipations rationnelles, qui part de suppositions aussi irréalistes (tous les agents sont d'une intelligence surnaturelle et les marchés sont continuellement en équilibre).

L'approche mathématique, malgré ses prétentions, n'a donc rien de scientifique (son seul avantage est qu'elle arrive, par le calcul, à des résultats, qu'elle prétend valables pourvu qu'on ne conteste pas les hypothèses de départ). La principale déficience de l'économie mathématique provient de ce qu'elle ignore le processus de marché, c'est-à-dire l'action humaine et ses implications logiques, toutes choses qui ne peuvent pas être traduites dans des équations mathématiques.

L'École autrichienne a longtemps combattu le traitement mathématique des questions économiques. Murray Rothbard écrit :

« Le meilleur guide du lecteur pour la jungle de l'économie mathématique est de passer outre au fatras arbitraire de ses équations et d’aller rechercher ses hypothèses sous-jacentes. Invariablement, celles-ci sont en petit nombre, elles sont simples, et elles sont fausses. Elles sont fausses justement parce que les économistes mathématiciens sont des positivistes, qui ne savent pas que l'économie part d’axiomes qui sont vrais. Les économistes mathématiciens passent donc leur temps à élaborer des hypothèses dont ils reconnaissent qu’elles sont fausses, totalement ou partiellement, mais dont ils espèrent qu’elles pourront servir comme autant d’approximations utiles, comme ils le feraient en physique. (Note sur l'économie mathématique)

Déjà Jean-Baptiste Say parlait ainsi des personnes qui utilisaient les mathématiques en économie :

« Ces personnes [...] n'ont pu énoncer ces problèmes en langage analytique sans les dépouiller de leur complexité naturelle, au moyen de simplifications et de suppressions arbitraires, avec les conséquences, insuffisamment appréciées, qu'ils changeaient toujours la condition du problème et viciaient tous ses résultats ; cela fait qu'on ne peut déduire de tels calculs aucune autre inférence que celles qui se dégagent de la formule arbitrairement supposée. (Traité d'économie politique, 1803)

Un autre défaut de la science économique mathématisée est qu'elle ne tient pas compte d'un élément important : les règles de droit (et si elle en tient compte, elle confond droit avec législation ou réglementation).

Voir aussi scientisme, économisme, planisme.

Séparation de l’État et de l'économie

‎ De même qu'au cours des siècles on a abouti, au moins en Occident, à une séparation de l’État et de l’Église, l'expression la plus simple du libéralisme économique est la suivante : séparation de l’État et de l'économie, l’État ne conservant que les fonctions régaliennes indispensables à la bonne marche de l'économie (répression du meurtre, du vol, de l'escroquerie...) :

« Quand je dis capitalisme, je veux dire un capitalisme de laissez-faire entier, pur, incontrôlé, non réglementé - avec une séparation de l’État et de l'économie, de la même façon et pour les mêmes raisons qu'on a réalisé la séparation de l'église et de l’État. (Ayn Rand)

Cela implique l'interdiction de toute dette publique, la fin du capitalisme de connivence et cela peut en particulier aller jusqu'à la suppression d'institutions inutiles et nuisibles : banque centrale, FMI, etc. avec l'emploi de monnaies privées en remplacement des monnaies contrôlées par l’État.

Aux interventionnistes qui exigent de mettre l'économie au service des peuples, les libéraux répliquent que l'économie est toujours au service des peuples, pourvu que l’État n'intervienne pas pour favoriser certains aux dépens des autres (capitalisme de connivence, protectionnisme, privilèges, autres formes d'interventionnisme, etc.)

Citations

Searchtool-80%.png Article détaillé : Citations sur l'économie.
  • [L’économie] est une science des moyens à mettre en œuvre pour la réalisation de fins choisies, et non pas, assurément, une science du choix des fins. Les décisions ultimes, l’évaluation et le choix des buts, sont au-delà du champ d’une science, quelle qu’elle soit. La science ne dit jamais à l’homme comment il doit agir ; elle montre seulement comment un homme doit agir s’il veut atteindre des objectifs déterminés.
Ludwig von Mises
  • L’économie semble paraître hermétique ou inintéressante pour le commun des mortels qui ne se doute pas à quel point elle façonne tous les jours notre existence. À ne pas comprendre l’économie, on prend le risque de la subir, et de se laisser influencer par les apprentis sorciers du contrôle social qui sont nombreux aujourd’hui à profiter de l’ignorance ou de l’aveuglement.
Jean-Louis Caccomo
  • Un roi fit venir un économiste. Celui-ci arriva avec une encyclopédie en 18 volumes ; le roi le fit mettre à mort. Le second arriva avec un gros dictionnaire ; le roi le chassa. Un troisième vint et dit : « Sire, un repas gratuit, cela n'existe pas » ; le roi le nomma Premier ministre.
Milton Friedman
  • L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs.
Lionel Robbins, 1932
  • La science économique est la façon de comprendre le comportement en partant de l'hypothèse que les gens ont des objectifs et tendent à choisir la façon correcte de les réaliser.
David Friedman
  • Quand on cesse de compter, c'est la peine des hommes que l'on cesse de compter.
(Charles Bettelheim, économiste marxiste)
  • La connaissance économique conduit nécessairement au libéralisme.
Ludwig von Mises
  • La théorie économique, pour sa part, est une théorie du comportement humain, donc une théorie du comportement d'hommes qui vivent en société, c'est-à-dire dans un système d'interrelations, d'hommes qui sont confrontés au problème de la rareté et qui recherchent les moyens de la surmonter. Elle est correcte si elle part d'hypothèses cohérentes avec la manière dont les hommes se comportent effectivement, mais elle ne l'est pas si elle est purement formaliste ou si elle repose sur des hypothèses purement rêvées.
Pascal Salin (Libéralisme, 2000)
  • Être ignorant en économie n'est pas un crime, puisque après tout c'est une discipline spécialisée, considérée par la plupart des gens comme une science rébarbative[1]. Mais ce qui est totalement irresponsable est d'exprimer une opinion forte et véhémente sur les sujets économiques tout en restant dans cet état d'ignorance.
Murray Rothbard
  • L’économie se venge toujours.
Raymond Barre
  • Apprenez à un perroquet les termes « offre et demande » et vous obtenez un économiste.
Thomas Carlyle
  • Contrairement à ce que pensent beaucoup d’économistes, l’économie n’est pas une branche des mathématiques, encore moins de la psychologie ou, comme le pensent bien des observateurs neutres, de l’astrologie. C’est tout simplement le dernier avatar de la logique, branche de la philosophie, que nous avons hérité de nos ancêtres grecs. L’économie n’est rien d’autre qu’une application de la logique aux activités purement humaines de création, de distribution et de transfert de la richesse entre générations.
Charles Gave
  • Quand une personne ne comprend pas l'économie, cela s'appelle de l'ignorance. Quand il s'agit de millions de personnes, cela s'appelle un mouvement politique.
Scott Adams
  • Le but de l’économie est d’infuser de l’être au sein de l’avoir. L’économie est déjà devenue le principe unificateur entre les peuples. Mais l’économie n’est pas seulement globale, elle est ce qui permet de penser la globalité. Car elle met en jeu non seulement les êtres humains entre eux, mais l’humanité et son environnement, l’esprit et la matière.
Christian Michel
  • L'économie est la science qui connaît le prix de tout et la valeur de rien.
Oscar Wilde

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Ce qualificatif péjoratif de dismal science (science lugubre) est dû à Thomas Carlyle dans son essai de 1849, Un discours occasionnel sur la question des nègres. À l'époque, les économistes classiques comme John Stuart Mill ou Nassau Senior utilisaient l'analyse économique des institutions pour expliquer les différences de richesse entre les nations, alors que les membres du mouvement eugénique tels que Thomas Carlyle et Thomas Malthus prétendaient que les « différences de race » étaient la principale explication.

Voir aussi

Liens externes

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D) - Économie : les conséquences de l'ignorance…

 9 Français sur 10 ne veulent pas taxer davantage les entreprises. Mais la majorité d'entre eux veulent taxer le patrimoine des plus riches. Qui leur dit ? .

Les Français veulent préserver leurs entreprises… Mais taxer les robots, l’IA et les actions. Il faut bien ça pour combler le déficit, que seul un petit quart d’entre eux savent causé par les retraites.


L’Institut de l’entreprise, dont notre contributeur Erwann Tison est le directeur des études, a commandé
à l’Ifop un sondage analysant les connaissances en économie de nos compatriotes. Mille d’entre eux ont été interrogés sur six notions élémentaires. Le résultat est sans appel, autant qu’inquiétant, et fait écho au terrible constat déjà révélé par le nouveau classement PISA sur le niveau de nos élèves. L’ensemble dévoile une note globale de 7,3 sur 20, avec une moyenne de 2,2 bonnes réponses par personne. Un résultat qui s’explique par des représentations de l’économie davantage façonnées par les discours, souvent erronés, relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux que par les connaissances acquises à l’école ou la maîtrise des ordres de grandeur.
 
L’intérêt pour la chose économique n’est pas une garantie de maîtrise des concepts. Et c’est l’un des enseignements les plus surprenants de l’étude. Ce sont en effet ceux qui se déclarent les plus intéressés par cette matière qui obtiennent les moins bons taux de bonnes réponses. Souvent des militants politiques… Le niveau de diplôme ne l’est pas non plus, pesant moins que l’expérience professionnelle. De là à dire qu’il vaut mieux se confronter à la pratique économique à travers une fiche de paie ou une facture, plutôt qu’à un imaginaire théorique, il n’y a qu’un pas. Ces deux éléments interrogent sur la responsabilité des tenants de la pédagogie économique, les médias et l’école, dans l’affaiblissement du niveau économique des Français. Problème : cette ignorance critique nourrit les discours politiques les plus populistes et extrémistes, notamment ceux qui concernent la dette abyssale à laquelle notre pays est confronté.
 
Trois résultats résument les conclusions de l’étude. Sur les deux principaux postes de dépense de l’État, seulement 22 % des répondants identifient les retraites et la santé, quand plus d’un tiers cite la défense en tête. Or l’armée, hors retraites de ses membres, ne pèse que 3,3 % des dépenses, tandis que le coût global des seniors est d’environ 440 milliards d’euros, soit 26 % du total… Sur les moyens de réduire la dette, 34 % des sondés souhaitent… taxer les robots et l’intelligence artificielle, une base fiscale quasi inexistante, en plus d’exprimer une proposition qui freinerait l’innovation tirant l’économie et assurant l’avenir dans un contexte d’impitoyable concurrence internationale. C’est ce terrain que travaillent les populistes lorsqu’ils promettent d’effacer la dette, de ne pas la rembourser ou de l’ignorer.
 
 

 
Pourtant, cette dette avoisine les 3 570 milliards d’euros, soit près de 118 % du PIB, dont plus de la moitié est détenue à l’étranger. La France emprunte à dix ans autour de 4,5 %, un niveau inconnu depuis 2008, et chaque milliard nouvellement récupéré lui coûte donc 45 millions d’intérêts par an. La charge approche les 65 milliards en 2026, contre 58 il y a deux ans, portée par la seule remontée des taux. Elle atteint le niveau du budget des armées et se rapproche du produit de l’impôt sur le revenu (autour de 105 milliards). Nous imaginons la défense engloutir nos finances quand elle plafonne à 57 milliards hors pensions, dans une période d’intenses tensions géopolitiques, et s’avère deux fois inférieure à celle de l’Allemagne (108 milliards d’euros).
 
Les remèdes, chargés de nouvelles pressions fiscales, envisagés par les sondés laissent ainsi pantois. La France est déjà l’un des pays les plus taxés au monde, deuxième de l’OCDE derrière le seul Danemark, qui offre des salaires bien moins lestés de cotisations sociales et des services publics de bien meilleure qualité que les nôtres. Elle se place également en dernière position de l’ensemble des nations en termes de compétitivité fiscale.
 
Dans l’hypothèse la plus favorable à ses promoteurs, la taxe sur les grands patrimoines, plébiscitée par les sondés et inspirée de la proposition de Gabriel Zucman, rapporterait une vingtaine de milliards d’euros, à condition de franchir l’obstacle du Conseil constitutionnel et de ne pas entraîner le départ des contribuables concernés. Le retour de l’ISF est chiffré à 1,3 milliard, la taxe sur l’épargne salariale envisagée pour 2027 à un seul pauvre milliard, prélevé sur 13 millions de salariés. Des recettes négligeables frappant ce qui pourrait relancer le pays, à savoir l’innovation, l’investissement et le travail. Quant à l’annulation pure et simple de la dette, promue par certains et grand sujet de la gauche radicale, elle signifierait un défaut sur l’épargne des Français comme sur les créanciers étrangers, une crise bancaire et une envolée des taux.
 
 

 
Le seul levier à la hauteur se trouve du côté de la dépense, estimée autour de 1 720 milliards par an. Réformer réellement les retraites, abaisser les cotisations qui pèsent sur le travail, réduire le périmètre administratif au profit de ceux qui l’exercent sur le terrain — professeurs, policiers, juges, soignants —, de manière à revaloriser leurs professions et leurs salaires : là résident les marges, non dans la fiscalité.
L’ignorance économique des Français n’est pas entièrement de leur fait, tant elle est nourrie par un brouhaha médiatico-politique friand de simplifications et de polémiques. Mais l’étude rappelle aussi que l’économie s’apprend autant, sinon davantage, au cours de la vie active qu’à l’école. La responsabilité est partagée avec ceux qui gouvernent, surtout ceux qui l’envisagent, sans endosser à ce stade la moindre responsabilité, tout en se moquant de la réalité des chiffres.
 
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