Sommaire:
A) - Le capital est en train de se casser à grande vitesse de la France
B) - En France, il est constitutionnellement IMPOSSIBLE pour les citoyens d'imposer un référendum
C) - CNews a des opinions divergentes.
D) - Le bilan électrique 2025 de RTE vient de tomber
E) - Juillet 2023. La France brûle
F) - Vous possédez un appartement...Mais !
G) - Il existe une loi que personne n'enseigne à Sciences Po, La Charge !
H) - Festival du journalisme, 11 juillet 2026.
I) - LFI - « En cas de vote négatif, la Constituante reprendrait ses travaux. »
J) - Parlons de l'URSSAF !
K) - L'avortement, la contradiction !
L) -
Édouard Philippe, Premier ministre de mai 2017 à juillet 2020 !
M) -
Paris n'a plus rien à louer. Et ce n'est pas un accident.
N) - La sanction ne dépend pas de la faute.
Elle dépend du fautif.
O) - On ne ferme pas une chaîne de télévision d'un coup.
P) - Le monsieur Économie du Rassemblement national.
Q) - Les plafonds de loyers parisiens ont été annulés par la justice.
R) - Le programme officiel du candidat LFI pour 2027.
S) - Gabriel Attal se présente en rempart contre les extrêmes.
T) - Le Code du travail, oh là là !!
U) - L'anomalie: Celui qui consomme ne paie ....
V) - Une monnaie a trois fonctions. L'euro n'en a plus que deux.
W) - Les retraités, un système Ponzi à changer pour le bien des actifs !
X) - Le capital, lui, a voté.
Z) -
France Télévisions, radiographie d'une désertion
A) - Le capital est en train de se casser à grande vitesse de la France
Quand les riches quittent un pays en masse, ce n'est pas une simple actu. C'est un avertissement. Et la France vient de passer du Top 40 au Top 15 mondial des départs.
LE SIGNAL.
Le cabinet Henley & Partners, référence mondiale de la migration patrimoniale, publie son rapport 2026. Un chiffre devrait glacer Bercy : en 2024, la France figurait parmi les 40 premières nationalités demandant à s'expatrier. En 2026, elle est entrée dans le TOP 15. Pas en dix ans. En DEUX ans. Aucun grand pays n'a chuté aussi vite.
LES CHIFFRES.
Le rapport attribue à la France un score d'attractivité de 65,7 sur 100 — le plus bas de toutes les grandes économies surveillées : derrière l'Allemagne (69,7), la Norvège (69), le Royaume-Uni (68,3). Et ce n'est pas une projection abstraite : dès 2025, la France perdait 800 millionnaires nets, soit 4,4 milliards de dollars de patrimoine envolés. Le Royaume-Uni, laboratoire du durcissement fiscal, en perdait 16 500 la même année — un record mondial historique. Voilà le futur qu'on nous propose d'imiter.
LES CAUSES.
Henley les nomme sans détour : débats permanents sur la taxation du patrimoine, menaces sur l'exit tax, alourdissement annoncé des successions, instabilité politique chronique. Le responsable Europe du cabinet précise que la France « n'est pas devenue peu attractive » — elle a perdu du terrain sur ce qui compte le plus pour le capital mobile :
LA PRÉVISIBILITÉ.
Un impôt élevé mais stable se gère. Un impôt imprévisible se fuit. Pendant ce temps, l'Italie voisine, avec son forfait fiscal, aspire les fortunes de toute l'Europe et se fait qualifier de « belle réussite européenne ». Même méthode d'évaluation, deux destins opposés.
LA LEÇON.
On peut contester la méthodologie de Henley — le cabinet vit de ces migrations. Mais le signal converge avec tout le reste : chaque grand débat fiscal français produit une vague de départs, et chaque départ emporte avec lui de l'impôt futur, de l'investissement, de l'emploi. Les 800 partis de 2025 ne manifesteront jamais. Ils ne signeront pas de tribune. Ils ont voté, silencieusement, avec la seule urne qui ne triche pas : la porte d'embarquement. Et quand les plus mobiles partent les premiers, la facture, elle, reste — pour ceux qui ne peuvent pas partir.
Les capitaux ne votent pas.
Ils décollent.
(Sources : Henley & Partners, Private Wealth Migration Reports 2025 & 2026 ; New World Wealth ; Euronews)
B) - En France, il est constitutionnellement IMPOSSIBLE pour les citoyens d'imposer un référendum
Pas difficile. Impossible. Et ce verrou n'est pas un accident de l'histoire : c'est une pièce maîtresse du logiciel.
LE VERROU.
La Constitution offre bien un outil, le « référendum d'initiative partagée » (art. 11). Regardez ses conditions. Il faut 185 parlementaires D'ABORD — sans eux, les citoyens n'ont même pas le droit de poser la question. Puis 4,87 MILLIONS de signatures en neuf mois. Puis, si le miracle se produit, il suffit au Parlement d'« examiner » le texte — sans même le voter — pour annuler le référendum. Le record en dix-huit ans d'existence : 1,09 million de signatures (ADP, 2019). Un quart du seuil. Le politologue Benjamin Morel a tout résumé : ce mécanisme a été « conçu pour ne jamais être utilisé ».
Quand le peuple craint le gouverne ment, c'est la tyrannie. Quand le gouverne ment craint le peuple, c'est la liberté.
Thomas Jefferson
LA SOUPAPE.
À la place, on a donné au peuple des pétitions. Été 2025 : 2,1 millions de Français signent contre la loi Duplomb — l'une des plus grandes mobilisations citoyennes de l'histoire du pays.
Résultat, sept mois plus tard : un débat SANS VOTE à l'Assemblée, dont la présidente prévient d'avance qu'il ne pourra rien changer à la loi. Deux millions de signatures = zéro effet juridique. La pétition française n'est pas un droit, c'est un défouloir homologué.
LE POISON.
Et voici le pire : quand l'État verrouille la décision, il finit par verrouiller les consciences. Puisque rien n'aboutit jamais, les citoyens intègrent que rien ne PEUT aboutir. On ne se mobilise plus, on s'épuise. L'impuissance apprise est devenue une politique publique.
LA SORTIE.
Elle n'est pas dans un homme providentiel — l'hyperprésidentialisation est précisément la maladie, pas le remède. Elle est dans la réécriture du logiciel républicain par l'intelligence collective : rendre au peuple le monopole de la question. Le mode d'emploi existe depuis 178 ans, à 400 km de Paris. En Suisse : 100 000 signatures = votation constitutionnelle obligatoire. 50 000 signatures = veto populaire sur toute loi fraîchement votée. Personne ne peut « classer sans suite ». Constitution de 1848 : zéro coup d'État, zéro effondrement de régime — pendant que la France, elle, changeait quatre fois de régime. La stabilité n'est pas le contraire de la démocratie directe. Elle en est le produit.
En Suisse, le peuple écrit la question.
En France, il attend qu'on la lui pose.
(Sources : Constitution, art. 11 ; Conseil constitutionnel ; Assemblée nationale, débat du 11 février 2026 ; Le Monde ; http://ch.ch ; B. Morel)
Radio France a planqué l'opposition à 3 heures du matin. Sanction : un courrier.
CNews a des opinions divergentes. Sanction : 61 procédures, 630 000 € d'amendes, une chaîne sœur exécutée.
Même faute. Même régulateur. Même semaine.
Les faits, parce qu'ils sont accablants
Relevés Arcom, premier trimestre 2026 : sur France Info, plus de 70 % du temps de parole du RN diffusé entre minuit et 5 h 59. Près de 60 % sur France Inter. Le premier parti d'opposition du pays, expédié aux heures où la France dort. Et ce n'était pas un bug : l'Arcom l'avait déjà signalé en 2025.
C'est un tri politique de l'antenne — organisé, répété, payé par vos impôts.
La défense de Radio France ? « Erreur technique. » Une erreur technique qui ne se trompe que dans un sens.
L'État a regardé sa radio tricher. Et il lui a écrit une lettre. Pas un euro d'amende. Pas une seconde de menace sur la fréquence. Les 648 millions de dotation annuelle ? Intacts. Le facteur est passé, l'affaire est close.
Deux jours plus tard, le même régulateur s'occupait de CNews.
Changement d'ambiance :
168 heures de programmes visionnées par des fonctionnaires chargés de noter les opinions des chroniqueurs, une par une. Un casier de 61 procédures depuis 2017. 630 000 € d'amendes. Et dans le rétroviseur, C8 — première audience de la TNT — rayée des ondes en 2025, pour l'exemple. La mort réglementaire à chaque échéance, comme horizon permanent.
Disons-le crûment :
Ce n'est plus de la régulation, c'est une protection de classe. Le média que l'État finance triche sur le pluralisme et reçoit un recommandé. Le média qui ne lui doit rien affiche ses opinions et reçoit une instruction. Présumé pluraliste quand l'argent est public. Présumé coupable quand il est privé. Et cette présomption vous coûte 3,88 milliards d'euros par an — vous payez pour être triés vous-mêmes : votre sensibilité passe le jour si elle plaît, la nuit si elle dérange.
L'« exigence particulière » que l'Arcom prétend imposer au service public a désormais un tarif officiel : zéro euro.
Un courrier pour les protégés.
Une instruction pour les autres.
(Sources : Arcom, décisions des 10 et 12 juin 2026 ; Sénat, PLF 2026, mission Audiovisuel public ; Le Monde)
D) - Le bilan électrique 2025 de RTE vient de tomber
Marine Tondelier ne va pas apprécier ce tweet donc merci de ne pas le lire car il explique le scam EELV à la perfection
L'électricité française émet 19,6 grammes de CO₂ par kilowattheure. L'allemande : 330. DIX-SEPT FOIS PLUS. Devinez quel modèle les écologistes français veulent imiter. ⚛️
Le bilan électrique 2025 de RTE vient de tomber, et il faudrait le graver au fronton de leur siège :
🇫🇷 95,2 % d'électricité bas-carbone en 2025. Record historique absolu.
🇫🇷 373 TWh d'origine nucléaire — 68 % du mix, retour au niveau d'avant-crise.
🇫🇷 19,6 gCO₂/kWh : la 2ᵉ électricité la plus propre d'Europe, derrière la seule Norvège et ses fjords. Moyenne européenne : 175 g. Presque DIX fois plus.
🇫🇷 Et 92 TWh exportés, qui ont évité 27 MILLIONS de tonnes de CO₂ chez nos voisins — en remplaçant leur gaz et leur charbon. Plus 5,4 milliards d'euros dans la balance commerciale.
L'électricité ne pèse plus que 5 % de l'empreinte carbone de la France.
En Allemagne : 20 %.
Et le GIEC — leur bible revendiquée — l'écrit noir sur blanc : en cycle de vie complet, le nucléaire émet 12 g de CO₂ par kWh. À ÉGALITÉ avec l'éolien (11-12 g). QUATRE FOIS MOINS que le solaire (48 g). Quarante fois moins que le gaz. Soixante-dix fois moins que le charbon. 📗
Ce n'est pas une opinion.
C'est le consensus scientifique que ce mouvement invoque à chaque phrase — sauf celle-là.
Maintenant, leur bilan à eux.
🪦
🪦 2011 : l'accord PS-EELV programme la fermeture de 24 réacteurs. Des dizaines de gigawatts bas-carbone, condamnés sur le papier par le parti du climat.
🪦 2020 : Fessenheim fermée. 1,8 GW pilotables et décarbonés, arrêtés en pleine santé — pendant que l'Allemagne rallumait du charbon.
🪦 2022 : la sortie du nucléaire encore au programme présidentiel.
🪦 Bruxelles : votes contre l'inclusion du nucléaire dans la finance verte, contre sa reconnaissance comme énergie durable.
Et le contre-modèle qu'ils admirent
L'Energiewende allemande ? Des centaines de milliards engloutis, le nucléaire arrêté en 2023 — résultat : 330 g de CO₂ par kWh en 2025, du charbon et du gaz pour tenir le réseau les soirs sans vent. La France a décarboné avec des ingénieurs. L'Allemagne a communiqué avec des militants. Les atmosphères respectives ont tranché. 🏭
Le plus savoureux ?
La décarbonation française n'a rien à voir avec eux. C'est le plan Messmer des années 70-80 : 58 réacteurs en vingt ans, l'intensité carbone divisée par quatre en une décennie — la décarbonation la plus rapide de l'histoire de l'humanité, réalisée par des polytechniciens en costume gris, avant même que le mot « climat » n'entre en politique. Ce que cinquante ans d'écologie politique n'ont pas fait, EDF l'avait fait avant leur naissance.
Alors comprenez la vraie nature du désaccord. Si le climat était réellement leur urgence absolue, le parc nucléaire français serait leur cathédrale. Il ne l'est pas — parce que le nucléaire a un défaut impardonnable : il résout le problème SANS exiger la décroissance, la sobriété punitive, ni la transformation de la société. Il prouve qu'on peut sauver le climat en gardant l'abondance.
🪤
Leur cible n'a jamais été le carbone. C'est le mode de vie qui va avec.
L'atome décarbone. Eux déclament. Le thermomètre, lui, a choisi son camp. ⬇️
(Sources : RTE, Bilan électrique 2025 — février 2026 ; GIEC, AR5/AR6 WGIII annexe III, ACV médianes ; accord PS-EELV, novembre 2011 ; Allemagne Energies / AG Energiebilanzen 2025)
E) - Juillet 2023. La France brûle
Juillet 2023. La France brûle — les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre : cinq nuits, des centaines de bâtiments publics incendiés, une mairie attaquée à la voiture-bélier, 3 700 interpellations.
L'Élysée doit annuler en urgence une visite d'État de trois jours en Allemagne.
Coût de l'annulation, constaté par la Cour des comptes : 429 100 euros, perdus. 🔥
Toute la présidence Macron tient dans cette anecdote : l'agenda était À L'ÉTRANGER pendant que le pays s'embrasait. Il a fallu que la France brûle pour que le président reste.
Ouvrons l'audit, puisque la Cour des comptes le fait pour nous chaque année : ✈️ 2023 : 112 déplacements présidentiels, dont 43 à l'étranger. Chine, Japon (G7), Mongolie, Inde (G20), Bangladesh, Océanie, Afrique... Budget voyages : 23,2 millions d'euros — la part internationale a DOUBLÉ en un an.
✈️ 12 déplacements annulés à la dernière minute : 832 000 euros évaporés. La Cour parle de « désorganisation » et de « manque d'anticipation ».
✈️ 2024 : 94 déplacements, dont 34 à l'étranger. 20 millions d'euros.
✈️ 2025-2026 : le rythme des sommets, coalitions et tournées n'a pas faibli.
Environ 80 voyages à l'étranger en deux ans documentés.
Maintenant, la seule question qui compte : QU'EST-CE QUE ÇA A CHANGÉ POUR VOUS ? 🔍
Votre loyer ? –67 % d'offre locative à Paris. Votre sécurité ? +76 % d'homicides et tentatives depuis 2017. Votre pouvoir d'achat ? Un euro qui fond, des prélèvements à 43,6 % du PIB. Votre budget national ? QUATRE lois de finances consécutives imposées sans vote. Faites l'exercice pour chaque sommet, chaque tournée, chaque poignée de main : l'effet mesurable sur votre quotidien est introuvable.
On nous répondra : les contrats ! Les Airbus vendus à Pékin, les Rafale à New Delhi. Très bien. Ces contrats se signent sous tous les présidents — c'est le travail des diplomates et des industriels. La question n'a jamais été l'utilité de la diplomatie.
C'est l'ALLOCATION DU TEMPS d'un chef d'État quand sa maison brûle. Car pendant que l'avion présidentiel enchaînait les fuseaux horaires, voici l'intérieur :
🏚️ CINQ Premiers ministres depuis 2022 — Borne, Attal, Barnier, Bayrou, Lecornu. Un tous les neuf mois.
🏚️ Une dissolution ratée, une censure, une loi spéciale, quatre 49.3 budgétaires.
🏚️ Aucune réforme structurelle. Dette : 3 500 milliards. Croissance : en extinction.
Et voici le plus piquant.
La Constitution, article 20 : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. » Le président, lui, est l'arbitre garant des institutions (article 5). Nous vivons l'exact inverse : un président qui joue les chefs de gouvernement... des autres pays, et des chefs de gouvernement français jetables, sans majorité, sans budget, sans durée. La Vᵉ République à l'envers : omniprésent partout où il n'a pas de comptes à rendre, absent partout où il en a. 🎭
Alors posez-vous la question de votre propre question : à quoi sert un président perpétuellement ailleurs ?
Réponse : à gagner du temps. L'étranger offre tout ce que l'intérieur refuse — des tapis rouges sans opposition, des communiqués sans 49.3, des images de grandeur sans réforme à assumer. Chaque sommet est une journée de mandat consumée sans risque politique. L'objectif n'est plus de gouverner. C'est d'atteindre 2027 en altitude, au-dessus des nuages, là où l'on ne voit plus le sol.
🪂
18 000 kilomètres pour un sommet. Zéro mètre de progrès sur votre quotidien.
Le globe tourne. La France, elle, attend.
(Sources : Cour des comptes, comptes et gestion de la Présidence de la République, exercices 2023 et 2024 ; Fondation IFRAP ; Constitution, art. 5 et 20 ; renvois : mes planches n° 6, 7, 12 et 16)
F) - Vous possédez un appartement...Mais !
Article 544 du Code civil, 1804 : « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue. » 🏛️
Gardez cette phrase en tête.
Et regardez ce qu'il en reste en 2026.
Tu POSSÈDES un appartement. Mais :
🚫 Tu ne peux plus le louer librement : si son DPE est G, c'est interdit depuis janvier 2025. Les F suivront en 2028, les E en 2034. À terme, plus de la moitié du parc parisien sera concernée. Ton bien existe, mais l'État t'en a retiré l'usage.
🚫 Tu ne peux plus fixer ton loyer : il est « encadré ». Résultat connu : –67 % d'offre locative à Paris, 743 candidatures par annonce. La protection a détruit ce qu'elle protégeait.
🚫 Tu ne peux plus le louer en courte durée comme tu veux : loi Le Meur, quotas, numéros d'enregistrement, plafonds de nuitées.
🚫 Tu ne peux plus le vendre sans péage : environ 8 % de droits de mutation, parmi les plus lourds d'Europe.
🚫 Tu ne peux même plus le GARDER gratuitement. La taxe foncière : +41 % en dix ans (DGFiP). 57,8 MILLIARDS prélevés en 2025. En moyenne 1 117 € par propriétaire et par an — une treizième mensualité de loyer, versée à l'État, pour avoir le droit de rester chez toi. 💶
La France est championne de l'Union européenne des impôts sur la propriété immobilière :
1,9 % du PIB. L'Allemagne : 0,4 %. Presque CINQ FOIS moins.
Et le meilleur arrive.
Au PLF, une partie de la classe politique pousse à transformer l'IFI en « impôt sur la fortune IMPRODUCTIVE ». Traduis : l'État décidera quelle propriété « mérite » d'exister, et taxera les autres. Ta résidence secondaire ? Improductive. Ton terrain ? Improductif. Ta liquidité de précaution ? Improductive.
Récapitulons ce démembrement méthodique :
Le droit d'usage ? Conditionné au DPE.
Le droit d'en tirer un fruit ? Encadré, plafonné, quota-isé.
Le droit d'en disposer ? Taxé à l'entrée, à la détention, à la sortie.
Il ne te reste que le titre de propriété. Un papier. L'État, lui, a pris tout le reste : il a inventé le démembrement forcé. À toi la nue-propriété. À lui l'usufruit.
🪤
Et souviens-toi que tout cela s'empile sur un principe de valeur constitutionnelle. Déclaration des droits de l'homme, article 17, 1789 : la propriété est un droit « inviolable et sacré ».
Inviolable, c'est réglé. Il ne reste que le sacré.
Et on le sacrifie, un décret à la fois. ⬇️
(Sources : DGFiP Statistiques n° 46, mai 2026 ; UNPI, observatoire des taxes foncières ; OCDE / Fipeco, impôts périodiques sur la propriété ; Insee ; Code civil art. 544 ; DDHC art. 17)
G) - Il existe une loi que personne n'enseigne à Sciences Po, La Charge !
🏛️ Il existe une loi que personne n'enseigne à Sciences Po : dans un État en difficulté, le stress descend toujours les étages. Jamais il ne les remonte.
Visite guidée de l'immeuble France, de haut en bas, chiffres officiels en main.
🧵
Dernier étage : l'État lui-même. Dette : 3 536 milliards d'euros, 117,5 % du PIB. Intérêts à payer en 2026 : 77,4 milliards — 12 milliards de plus qu'il y a un an, soit un budget de la Justice entier ajouté en douze mois, pour rien. La Banque de France évoque le cap des 100 milliards vers 2029. Les marchés ont commencé à tarifer le risque : l'OAT à 10 ans est au plus haut depuis 2011, et pour la première fois depuis vingt ans, la France emprunte plus cher que l'Italie sur certaines maturités. Là-haut, on ne parle plus de projets. On parle de trouver 6 milliards d'économies juste pour finir l'année.
📉
Étage du dessous : les administrations. Elles reçoivent la panique d'en haut sous forme d'objectifs : rendement, rendement, rendement. Résultat au premier trimestre 2026 : le PIB recule de 0,1 %... et les recettes fiscales ne progressent plus que de 1,3 %. Traduction : on a tellement pressé l'assiette qu'elle ne rend plus. Le contrôle fiscal notifie 17 milliards mais n'en recouvre que 11. Alors chaque guichet se durcit — rejets de dossiers, pénalités, mises en demeure — parce que chaque guichet doit prouver à l'étage du dessus qu'il presse assez fort.
🗄️
Rez-de-chaussée : vous. C'est vous qui recevez la cascade entière. L'impôt qui monte et le service qui baisse — en même temps, car c'est le même phénomène vu des deux côtés : chaque euro d'intérêts est un euro prélevé chez vous qui ne finance plus ni l'école, ni l'hôpital, ni la justice. Vous payez l'étage du dessus pour qu'il vous transmette son stress. Inflation à 2,4 %, emploi privé en recul, croissance négative : le rez-de-chaussée encaisse tout, et l'immeuble appelle ça la solidarité nationale.
Et le plus important est ce qui ne se produira PAS. L'État ne sera jamais en retard pour encaisser votre impôt — le prélèvement à la source y veille à la seconde près. Les défauts se feront ailleurs, silencieusement : un crédit gelé ici, un fonds annulé là, un remboursement qui traîne, un service qui ferme.
C'est déjà commencé : plus de 6 milliards de crédits gelés ou annulés cette année, Fonds vert et apprentissage en tête.
L'État ne fera pas défaut sur l'impôt.
Seulement sur ce qu'il finance.
(Sources : Insee, comptes T1 2026 ; PLF 2026 et Cour des comptes ; DGFiP Statistiques nº 48, juin 2026 ; Agence France Trésor ; Banque de France)
Impôt
L'impôt est un prélèvement autoritaire et sans contrepartie directe en vue de couvrir les charges publiques (celles de l'État ou d'une collectivité publique).
Il en existe une grande variété de types :
- les impôts sur les revenus (en France : l'impôt sur le revenu (IR), l'impôt sur les sociétés (IS)),
- les impôts relatifs à la consommation (en France : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)),
- la fiscalité du patrimoine (en France : les droits d'enregistrement,
l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), la flat tax (PFU), l'impôt
sur les successions[1], l'impôt sur les plus-values),
- la fiscalité locale (en France : la taxe foncière, la taxe d'habitation).
L'impôt peut notamment être prélevé à la source.
L'impôt strictement encadré (position libérale)
Qu'est-ce que la justice fiscale ?
Adam Smith établit quatre règles fiscales immuables dans son Essai sur la richesse des nations (1776), conditions minimales pour ne pas tomber dans l’arbitraire fiscal :
- égalité : chaque sujet contribue en proportion de ses facultés, c’est-à-dire en proportion de son revenu ;
- certitude : la portion d’impôt que chaque individu est tenu de payer
doit être certaine, et non arbitraire (quand et comment s'effectue le
paiement, pour quelle quantité) ;
- commodité : tout impôt doit être perçu à l’époque et selon le mode qui convient le mieux au contribuable ;
- économie : tout impôt doit être conçu de manière qu’il fasse sortir
des mains du peuple le moins d’argent possible au-delà de ce qui entre
dans le Trésor d'État.
Taxation et représentation
Un des principes libéraux concernant la fiscalité est « pas de
taxation sans représentation » : celui qui subit la fiscalité a le droit
de prendre part aux affaires publiques (au moins indirectement, par la démocratie représentative). C'est la Révolution américaine qui a consacré ce principe déjà énoncé dans le Bill of Rights anglais, les colons américains s'insurgeant contre de nouvelles taxes lors de la Boston Tea Party.
Contre la progressivité de l'impôt
Les libéraux non libertariens sont en général en faveur d'un impôt proportionnel (du type flat tax), qui laisse intacts les rapports entre les différents revenus nets. En revanche, ils sont opposés à l'impôt progressif[2],
qu'ils jugent confiscatoire et illégitime. La taxation est considérée
comme une charge pour couvrir les frais de la production des services
offerts par l'État. Au demeurant, l'impôt progressif avait été préconisé
par Marx
et Engels comme une des premières mesures brutales que devrait prendre
le gouvernement révolutionnaire en vue de centraliser les décisions
économiques et de renverser la « société capitaliste ».
Dans L'Action humaine, Ludwig von Mises
explicite admirablement l'une des raisons de l'opposition libérale à la
progressivité de l'impôt, en montrant qu'elle ferme l'accès à la
constitution de nouvelles fortunes et profite en fait aux fortunes
établies :
« Mais aujourd'hui, les impôts absorbent la plus grande part des profits « excessifs » du nouveau venu. Il ne peut accumuler du capital ;
il ne peut étendre sa propre affaire ; il ne deviendra jamais une
grande affaire et le rival des situations établies. Les firmes anciennes
n'ont pas à redouter sa concurrence,
elles sont abritées par le percepteur. Elles peuvent sans danger rester
dans la routine, se moquer des désirs du public et refuser le
changement. Il est vrai que le percepteur les empêche, elles aussi,
d'accumuler du capital neuf. Mais le plus important pour elles est que
le dangereux nouveau venu ne puisse pas accumuler de capitaux. Elles
sont virtuellement privilégiées par le régime fiscal. En ce sens, la fiscalité progressive entrave le progrès économique et favorise la rigidité sociale. Alors que dans l'économie de marché
non entravée la possession d'un capital est une source d'obligation
forçant le possesseur à servir les consommateurs, les méthodes modernes
de fiscalité la transforment en privilège. »
— Ludwig von Mises, L'Action humaine, 1949
Pour Friedrich Hayek, la progressivité est « une invitation à la discrimination et le prétexte à un pur arbitraire » (The Constitution of Liberty,
1960). Hayek donnait une autre conséquence provoquée par l'instauration
de l'impôt progressif : la déspécialisation. Quelqu'un sachant qu'il
sera beaucoup plus imposé en travaillant davantage sera désincité à
fournir des efforts supplémentaires et préfèrera donc occuper autrement
les heures qu'il aurait normalement consacrées à son labeur. Il optera
pour des loisirs ou pour des travaux qu'il exécutera lui-même, évitant
ainsi de devoir payer un homme du métier qu'il aurait dû rétribuer
normalement avec le salaire récompensant ses propres heures de travail spécialisé.
De plus, Hayek fait un sort à la croyance selon laquelle l'impôt
progressif serait bénéfique aux pauvres. Il invoque trois arguments à
l'appui de sa thèse :
- Les recettes obtenues par l'imposition des tranches élevées des
revenus sont plutôt négligeables en comparaison des autres sources
fiscales. Elles pourraient tout aussi bien être obtenues en instituant
une légère hausse de la proportionnalité.
- Les vrais bénéficiaires de l'impôt progressif sont les classes moyennes, et non les indigents.
- Par sa propagande laissant croire aux classes moyennes que l'essentiel de la charge fiscale reposait sur les plus fortunés, l'État
a réussi à rendre plus tolérable aux contribuables l'augmentation
générale de la fiscalité en légitimant ainsi le sentiment d'envie.
Pour Pascal Salin (L'arbitraire fiscal), l'impôt proportionnel ne représente rien d'autre qu'un cas de discrimination sociale,
et la progressivité renforce encore ce caractère arbitraire et
inégalitaire. Les arguments avancés pour justifier la progressivité de
l'impôt sont généralement les suivants :
- égalisation des sacrifices (il est normal de demander plus à ceux qui ont plus) ;
- l'État doit assumer une fonction de redistribution et de solidarité des riches envers les moins riches.
Le premier argument invoque la loi de l'utilité marginale
décroissante, mal comprise et appliquée avec une vision mécaniciste de
la société, car l'utilité
est un jugement de valeur personnel et il est impossible de comparer
l'utilité entre individus différents ; de plus on ne peut parler de
sacrifices, car il n'y a pas de consentement. Le second argument impose une solidarité
obligatoire, sans valeur morale ; il n'y a par ailleurs aucune preuve
qu'il y ait une redistribution effective vers ceux qui ont réellement
besoin d'être aidés.
Maurice Allais, quant à lui, souligne le côté rétrograde de l'impôt progressif :
« L'impôt progressif sur le revenu pénalise les plus
capables et favorise indûment les moins capables en les affranchissant
de l'impôt. Il constitue un obstacle à la promotion sociale. C'est un
impôt conservateur
et réactionnaire qui protège la fortune acquise et compromet la
constitution de patrimoines pour tous ceux qui ne disposent d'autres
ressources que celles de leur travail. »
— Maurice Allais, Le Figaro du 23 novembre 1975
L'impôt, c'est le vol (position libertarienne)
Impôt et libéralisme
L’impôt n’est pas conforme au principe du
libéralisme car il constitue une atteinte à la
propriété privée et à la liberté individuelle (comme son nom l'indique, l'impôt est « imposé »
[3]). Le prélèvement de l'impôt est fondé par la
coercition. La propriété privée concerne à la fois ce qu’un
individu possède à un instant donné, et les
revenus qu’il retire de son
travail ou des biens qu’il possède. Ainsi, l’impôt sur le
revenu est une atteinte à la propriété de l’individu sur le fruit de son
travail ; l’impôt sur les dividendes est une atteinte à la propriété sur les revenus de ce qu’il possède ; l’impôt sur la
fortune est une atteinte à la propriété des biens eux-mêmes :
« L'impôt est contraire au principe de base [du
libertarisme] parce qu'il implique une agression contre les citoyens non
agressifs qui refusent de le payer. Que le gouvernement offre des biens
et services en échange de l'argent des impôts n'y change absolument
rien. Le point important est que le soi-disant "échange" (impôt contre
services publics) est coercitif : l'individu n'est pas libre de le
refuser. Qu'une majorité de citoyens soient d'accord pour la coercition
fiscale n'y change rien non plus. L'initiation de l'agression, même
supportée par la majorité des gens, est illégitime. »
— Walter Block, Defending the Undefendable
Alors que beaucoup de personnes estiment que les impôts sont justifiés, soit parce qu'ils réaliseraient une redistribution plus « juste » des revenus (mais on se demande au nom de quel principe d'égalité,
puisque le taux de prélèvement est toujours fixé arbitrairement), soit
parce qu'ils seraient la contrepartie de services rendus par l'État (éducation, sécurité, voirie, etc.) selon la théorie des biens publics, les libertariens estiment qu'il s'agit d'une extorsion. L'individu ne paye pas en fait des services à un juste prix, il est transformé en payeur aveugle au nom d'un principe collectiviste :
fiscalement, il n'y a pas d'affectation des ressources aux dépenses (le
butin volé est partagé arbitrairement), et toutes les cours de justice
précisent bien que l’impôt est dû « sans contrepartie ». Il n'y a plus
pour le citoyen que le choix entre être un esclave (auquel on vole le fruit de son travail) ou un receleur (s'il est bénéficiaire net de l'argent volé).
En résumé, l'impôt est toujours immoral pour les raisons suivantes :
- absence de consentement : il faudrait que celui qui paie l’impôt y consente librement ("consentement à l'impôt"), et ait la possibilité de refuser.
- absence d'affectation : l'impôt devrait être affecté à des dépenses
approuvées par celui qui le paie, qui pourrait de plus en vérifier
l'affectation (alors qu'en pratique le contribuable ne peut contester le
montant de ses impôts en invoquant son désaccord avec l’affectation de
tout ou partie des deniers publics)
- absence d'efficacité : il faudrait que les biens ou les services
fournis par l'impôt ne puissent être fournis à de meilleures conditions
par le secteur privé, ce que les monopoles publics empêchent.
- absence de rétribution : l'impôt devrait être considéré comme un
prêt volontaire fait par le contribuable à l'État, il conviendrait donc
de le rétribuer par un intérêt conforme aux lois du marché.
Les discussions entre économistes quant à savoir si tel type d'impôt,
direct ou indirect, proportionnel ou progressif, serait plus juste que
tel autre type d'impôt, sont donc totalement absurdes.
Illusion fiscale
L'illusion fiscale empêche le citoyen de remettre en question la
pertinence de l'impôt qui est levé par le pouvoir et l'emploi qui en est
fait.
Monnaie fiscale
La monnaie fiscale est une variété de monnaie préconisée par certains économistes pour "résoudre" le problème de la dette publique.
Social-démocratie
La social-démocratie, tendant vers le socialisme,
a tendance à admettre l'idée que l'État a par principe un droit de
propriété sur tout ce que possède le citoyen. On parlera par exemple de
« cadeau fiscal » lorsqu'il s'agit de baisser tel ou tel impôt. Derrière
le mot « cadeau fiscal »
il y a l'idée que la totalité des revenus du citoyen appartient en
réalité à l'État : l'individu est apparemment censé être content que
l'État lui laisse généreusement de quoi vivre, alors qu'avec la taxation
il s'agit bien d'une réduction autoritaire et arbitraire de sa
propriété en faveur de l'État ! L'État, qui est une cleptocratie,
s'ingénie à forger des expressions pour brouiller les idées de ses
sujets (un non-vol serait un « cadeau ») et ainsi éviter d'être mis en
cause.
L'impôt volontaire, auquel le citoyen est présumé « consentir librement » (article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen) est un mythe qui ne vise qu'à cacher l'oppression fiscale (essayez, pour voir, de « ne pas consentir » à payer l'impôt, voir Consentement à l'impôt).
Les impôts sont une continuation, avec certaines transformations purement formelles, de l'esclavage : c'est le tribut exigé par quiconque exerce le pouvoir
sur les autres. Un esclave, au sens moderne, est celui qui remet la
totalité de sa production à son "maitre-propriétaire". Le citoyen
contemporain verse la moitié de sa production à l'État, il est donc un
semi-esclave de l'État.
L'alternative à l'impôt
Il est évident que certaines fonctions de l’État sont utiles et qu'on
ne peut les supprimer, la question est de savoir s'il est nécessaire de
les financer par la coercition
fiscale et s'il est nécessaire que ce soit la fonction publique (ou le
parapublic) qui les prenne en charge. Les solutions libertariennes sont
les suivantes :
- privatisation du maximum d'activités étatiques (par exemple il n'y a aucune raison que l'enseignement, la santé, le réseau routier, la télévision et la radio, la banque, etc. soient pris en charge par l’État) ;
- les secteurs peu justifiés économiquement (par exemple la culture, le sport, l'assistanat...) seraient pris en charge sur une base volontaire soit par le marché,
soit par le milieu associatif (associations culturelles, sportives,
caritatives...), soit disparaîtraient d'eux-mêmes (faisant ainsi la
preuve de leur inutilité) ;
- cessation de toute subvention aux associations, aux entreprises, aux syndicats, aux partis, aux églises, etc.
- concernant les fonctions régaliennes (défense, police, justice), il n'y a pas d'unanimité ; Ayn Rand suggère un impôt volontaire, ce qui est jugé en général illusoire. Dans tous les cas, doivent être respectés :
- le principe de neutralité de l'impôt : l’État doit laisser jouer les mécanismes du marché et rester en dehors de l'activité économique ;
- le principe de l'égalité devant l'impôt : impôt égal à capacité contributive égale ;
- des règles stables dans le temps [4].
Il a existé historiquement plusieurs cas d'États dépourvus de tout
impôt et gérés comme des entreprises, comme l'État bernois jusqu'à la
fin du XVIIIe siècle, qui était « un État-entrepreneur domanial »[5] :
- Berne était la plus grande république au nord des Alpes,
s’étendant des portes de Genève aux portes de Zurich. Ses ressources
financières étaient la propriété foncière, les émoluments des offices,
les contributions aux routes et le commerce du sel et du blé. En plus,
au XVIIIe siècle, les placements à l’étranger fournissaient un septième du budget. (Beat Kappeler, La fin de l’État idéal, Le Temps, 2 juillet 2011)
Idée reçue : "les impôts sont le prix que nous payons pour avoir une société civilisée"
Cette phrase aurait été prononcée pour la première fois en 1904, dans
un discours du juriste américain Oliver Wendell Holmes Jr. (1841–1935),
juge à la Cour suprême des États-Unis de 1902 à 1932. Elle figure au
fronton de l'immeuble du siège de l'IRS, le fisc américain, à
Washington.
Il s'agit là d'un sophisme étatiste du type post hoc qui affirme que la taxation est une condition préalable à la vie en société. Les libertariens dénoncent ce sophisme :
« Voilà une affirmation qui nous a coûté bien cher.
La civilisation découle du développement économique, moral et social. La
liberté en est une condition préalable. Les impôts et le pouvoir de
taxation sont destructeurs de la civilisation et de tout progrès. Régir
l'économie, dominer le monde et faire financer tout cela, sous la
contrainte, par des individus productifs, est un viol du principe des
droits naturels ; poussé à l'extrême, ce système détruit les moyens de
production et la richesse du pays. »
— Ron Paul, Taxes, Liberty Defined, 2011
« Les impôts sont le prix que nous payons pour avoir
échoué à construire une société civilisée. Plus le niveau d'imposition
est élevé, plus l'échec est grand. L'État totalitaire à planification
centrale représente l'échec complet du monde civilisé, tandis qu'une
société complètement volontaire constitue son succès ultime. »
— Mark Skousen
Courbe de Laffer
La courbe de Laffer montre qu'au-delà d'un certain seuil, plus la
pression fiscale augmente, plus les recettes fiscales diminuent, en
raison de l'effet désincitatif sur l'offre de travail (trop d'impôt tue l'impôt).
Synthèse
Dans une perspective libérale classique, un État minimal
conduit nécessairement à un impôt minimal, qui n'entrave pas le
développement économique (le taux d'imposition est plus proche de 0 %
que de 100%). En revanche, dans une social-démocratie,
l'histoire montre qu'il n'y a pas de limite au taux d'imposition, si ce
n'est la désincitation que traduit la courbe de Laffer.
Tel que le conçoivent les libertariens, l'axiome de non-agression aboutit à rejeter le principe même de l'impôt. Les partisans du contrat social, libéraux ou non, arguent que l'impôt fait partie d'un contrat libre passé entre le gouvernement et la population : quiconque n'est pas d'accord peut toujours se libérer du contrat en quittant le pays. En réponse à cette objection, certains libertariens (tendance anarcho-capitaliste) soulignent le caractère fictif du contrat social, qui n'est qu'une justification de l'agression étatique. D'autres (tendance minarchiste) comptent davantage sur la concurrence fiscale entre pays pour « limiter » cette agression.
Il est intéressant d’observer que les origines des droits de l'Homme sont liées à la résistance à l'impôt : la Grande Charte (Magna Carta, 1215), la Déclaration d'Indépendance des États-Unis (4 juillet 1776) et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (20 Août 1789) ont leurs origines respectives dans la résistance fiscale, sans compter le plus ancien symbole de la liberté connu, le Ama-gi. Max Stirner l'explique ainsi :
« La propriété fut l'étincelle qui mit le feu à la Révolution. Le gouvernement
avait besoin d'argent. Il devait dès lors, pour être logique, montrer
qu'il était absolu, et par conséquent maître de toute propriété, en
reprenant possession de son argent, dont les sujets avaient la
jouissance, mais non la propriété. Au lieu de cela, il convoqua des
états généraux, pour se faire accorder l'argent nécessaire. En n'osant
pas être conséquent jusqu'au bout, on détruisit l'illusion du pouvoir
absolu : le gouvernement qui doit se faire « accorder » quelque chose ne
saurait plus passer pour absolu. Les sujets s'aperçurent que les
véritables propriétaires étaient eux, et que c'était leur argent qu'on
exigeait d'eux. »
— Max Stirner, L’unique et sa propriété
Informations complémentaires
Notes et références
Les
partisans de l'impôt sur les successions soutiennent que les riches
prendront la main sur l'économie à moins qu'une partie de leurs avoirs
en capital ne soit imposée par l'État. Ceci est basé sur l'hypothèse que
les riches
sont peu peu nombreux et plus à même de s'organiser. On leur donne
l'ambition de dominer le gigantesque éventail des intérêts concurrents
sur le marché. Bien sûr, il n'y a aucun moyen que cela puisse être fait
sans la coercition
gouvernementale. Toute cette idée est ridicule puisque l'économie n'est
pas statique. Où sont les géants industriels des années 1980, des
années 1950, des années 1900 et ceux d'avant ? Toutes les entreprises
qui furent dominantes à un moment donné de l'histoire sont soit devenues
beaucoup plus petites, soit ont été incorporées dans des entreprises
concurrentes parce qu'elles n'ont pas pu répondre au test du marché.
Ainsi, l'impôt sur les successions qui tend à paralyser l'économie en
réduisant l'offre de capitaux d'investissement, repose davantage sur le
désir de l'homme politique d'avoir plus d'argent à distribuer à son
électorat que sur un examen rationnel des faits.
Walter J. Blum, Harry J. Kalven, Jr., 1952, "The Uneasy Case for Progressive Taxation", University of Chicago Law Review, Vol 19, pp417–520
Sur l'étymologie révélatrice de ce terme, voir Étymologie de l'impôt, de Thierry Afschrift.
"On
Friedrich Hayek and taxation: rationality, rules, and majority rule",
Michael W. Spicer, National Tax Journal, Vol. 48, no. 1, (March, 1995)
- Stefan Altorder-Ong, Staatsbildung ohne Steuern, éd. Hier und Jetzt, 2011
Bibliographie
- 1968, Raymond De Roover, "L'Impôt dans le cadre de la ville Et de l'État", Speculum, Vol 43, n°4, pp732-733
- 1970, James Coffield, "A Popular History of Taxation", London: Longman
- 1985. Pascal Salin. L'arbitraire fiscal. Libertés 2000. Paris : Robert Laffont. (ISBN 2-221-04845-8)
- 1988, Robert E. Hall, Alvin Rabushka, "An Efficient, Equitable Tax for the 1990s", In: Annelise Anderson, Dennis L. Bark, dir., "Thinking About America: The United States in the 1990s", Hoover Institution Press, Stanford, Ca., pp301-310
- 1999. Charles Adams. Those Dirty Rotten Taxes: The Tax Revolts that Built America. New York : Touchstone Books.
- 2003,
Karsten von Blumenthal, Birger Nerré, "Tax culture in
nineteenth-century Austria", Proceedings. Annual Conference on Taxation
and Minutes of the Annual Meeting of the National Tax Association, Vol
96, pp54-62
- 2009,
Leonardo Facco, "Elogio dell’evasore fiscale. Se le tasse son un furto
non pagarle è legittima difesa" ("Éloge du fraudeur fiscal. Si les
impôts sont du vol, ne pas les payer est de la légitime défense"),
Aliberti Editore, Roma
- 2014,
Leonardo Facco, "I tweet dell’evasore #perchèletassesonosempreunfurto",
("Les tweets de l'évadé fiscal #parcequelesimpôtssonttoujoursduvol"),
Movimento Libertario Edit, Treviglio (Bergamo)
Voir aussi
Organisations militantes
Liens externes

H) - Festival du journalisme, 11 juillet 2026.
🚜 Couthures-sur-Garonne, festival du journalisme, 11 juillet 2026.
Un éleveur de la Coordination rurale explique à Sandrine Rousseau qu'il n'a rien retiré de son exploitation depuis quatre ans, puis lui lance : vous n'êtes pas agricultrice, et vous savez mieux que nous comment il faut faire. Réponse, sûre d'elle : « Non, mais je suis économiste. »
🧵
Notez la date. Le 11 juillet 2026 — un an, jour pour jour, après le 11 juillet 2025 où elle déclarait n'en avoir « rien à péter » de la rentabilité des agriculteurs. Le 11 juillet est officiellement devenu sa journée annuelle de la leçon d'économie aux gens qui en vivent.
📅
Et cette année, la leçon valait le détour.
Le coupable de quatre années sans revenu, selon elle ? La quête de rentabilité. Le remède ? Un revenu minimum garanti et un rachat des dettes agricoles. Relisez : face à un homme que l'absence de marge est en train de tuer, elle accuse la marge — et prescrit la perfusion.
Reprenons donc la première page du manuel qu'elle est censée avoir enseigné. La rentabilité n'est pas l'ennemie du revenu : elle en est la source. C'est la marge qui paie le revenu de l'exploitant, mais aussi le tracteur, l'assurance récolte, l'irrigation, l'adaptation au climat et la semence de l'an prochain. Un agriculteur sans rentabilité n'est pas un agriculteur vertueux. C'est un agriculteur mort — ou perfusé. Excel ne fait pas pousser le blé, mais visiblement, il donne confiance.
🌾
Regardez maintenant où mène sa prescription.
Le revenu minimum ? Financé par l'impôt. Le rachat des dettes ? Transféré aux contribuables. Le modèle complet ? L'autonomie remplacée par la subvention, l'entrepreneur par le dossier administratif, le client par le fonctionnaire chargé de distribuer les aides. L'agriculture française vit déjà sous perfusion publique massive : elle propose d'augmenter la dose — et d'appeler ça la dignité. En prétendant rendre leur dignité aux agriculteurs, elle leur retire le peu d'indépendance qui leur reste. Ce n'est pas de l'écologie. C'est la nationalisation d'un métier, une ferme après l'autre.
📋
« Vous n'êtes pas agricultrice. » L'objection posait une question de légitimité.
Elle y a répondu par un titre. L'argument d'autorité chimiquement pur — l'aveu d'une classe qui croit que savoir nommer les choses dispense de les avoir jamais faites.
Eux comptent chaque euro pour survivre.
Elle, il paraît qu'elle est économiste.
(Sources : Sud Ouest, vidéo du 11 juillet 2026, Couthures-sur-Garonne ; Le Média, 11 juillet 2025 ; JDD, Amfis de Valence, août 2025)
Journalisme
Le journalisme
est l'activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et
commenter des faits pour les porter à l'attention du public, à travers
les médias (journaux, radio, télévision, cinéma, Internet, etc.).
Journalisme et étatisme
Certains États faussent le marché des médias en subventionnant la presse. Par exemple, le système des aides à la presse en France,
sous le prétexte du « pluralisme », maintient à flot des journaux qui
feraient faillite faute d'un nombre suffisant de lecteurs (de telles
aides représentent des montants estimés autour de 1,2 milliard d'euros
en France[1], soit environ 50 000 euros par journaliste, à comparer avec un chiffre d'affaires de 8,7 milliards selon l'INSEE).
Par exemple, le journal Le Monde est en 2010 le second
quotidien français qui reçoit le plus de subventions de l’État avec 17
millions d'euros d'aides directes. En 2013, les deux journaux les plus
aidés sont : Le Figaro (18,6 millions), Le Monde (18,2 millions)[2]. Ils sont suivis par Ouest France (11,9 millions), La Croix (10,7 millions), Télérama (10,3 millions) et Libération
(10 millions). Des journaux qui se prétendent plus ou moins libéraux
perçoivent aussi des aides à la presse (par exemple, en 2018 le journal L'Opinion a perçu deux millions d'euros d'aide à la presse, soit 47 centimes par exemplaire).
En France, les journalistes bénéficient également d'une « niche fiscale », qui les autorise à déduire un certain montant de leur revenu imposable (7650 euros en 2012).
Un exemple typique de l'arbitraire étatique en matière de soutien
à la presse fut l'effacement par l’État français, en 2013, d'une dette
du journal L'Humanité à hauteur de plus de 4 millions d'euro[3].
En Suisse,
la redevance audiovisuelle de réception de radio et de télévision (une
des plus élevées du monde) est reversée à la SSR (groupe audiovisuel
public, dont le rôle est quasiment celui d'un ministère de la Culture)
ainsi qu'aux radios et télévisions privées locales. Pour cette raison,
le projet de suppression de cette redevance (votation fédérale « No
Billag » du 4 mars 2018) a rencontré l'opposition et la critique unanime
des médias suisses subventionnés. Les aides à la presse papier
consistent en des rabais sur les tarifs postaux[4].
Les subventions à la presse impactent directement la liberté de la presse :
les journalistes sont transformés en bouffons du Roi, entretenus par le
pouvoir pour amuser la galerie, mais pas pour remettre en question ce
même pouvoir, sauf à la marge.
La France a une longue tradition à la fois de censure et de subvention de la presse. Ainsi Charles de Gaulle promulgue, le 26 août 1944,
une ordonnance qui nationalise toute la presse écrite et audiovisuelle.
La France est le seul État non communiste à avoir jamais procédé de la
sorte. Il faudra attendre 1954 pour que Pierre Mendès-France privatise la presse écrite.
Outre l'impact des subventions, un des risques sur l'indépendance
des médias et des journalistes repose sur la forte concentration de
l'actionnariat de ces médias, largement détenus par quelques
milliardaires comme Bernard Arnault (Les Echos), la famille Dassault (Le Figaro),
Xavier Niel, etc. Cette concentration est susceptible d'impacter
négativement l'indépendance du journalisme et des médias, d'autant plus
quand ces grandes fortunes dépendent fortement de l'État.
Citations
- « Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
- « Nous sommes là pour rapporter la nouvelle, pas pour la fabriquer ; ça, le gouvernement s'en charge. » (V pour Vendetta)
- « Être journaliste, c'est imprimer quelque chose que quelqu'un
d'autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n'est que relations
publiques. » (George Orwell)
- « Tous les journalistes sont par profession des alarmistes :
c'est leur façon de se rendre intéressants. Mais ils ressemblent en cela
aux petits chiens, qui réagissent à tout ce qui bouge en aboyant très
fort. » (Arthur Schopenhauer)
- « La France, comme chacun le sait, a une presse de qualité qui ne
survivrait pas une seconde sans les subsides de l’État. D’où la
farouche indépendance dont elle fait preuve sans arrêt dans la recherche
des vraies responsabilités. » (Charles Gave)
- Mais quelle est la différence entre la littérature et le
journalisme ? Le journalisme est illisible et la littérature n'est pas
lue. C'est tout. (Oscar Wilde)
- Il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s’intéressent à ce qui
intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les
intéresse - et ce sont les grands. (Gilbert Cesbron)
- En lisant le journal, les gens croient apprendre ce qui se passe
dans le monde. En réalité, ils n'apprennent que ce qui se passe dans le
journal. (Geluck, Le Chat)
- « J’appelle journalisme ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui. » (André Gide)
- « Rien n’est plus vieux que le journal de ce matin, et Homère est toujours jeune. » (Charles Péguy)
- « Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles. » (Georges Bernanos, La France contre les robots, 1946)
- « Les médias français ne sont pas indépendants du pouvoir
politique : ceux qui n’appartiennent pas à l’Etat français sont,
quasiment tous, subventionnés par le gouvernement et appartiennent pour
la plupart à des groupes financiers qui dépendent de contrats passés
avec le gouvernement. » (Guy Millière, 01/08/2018)
- « En France, les journaux sont financièrement soutenus par
l’État. Ça me paraît l’une des dépenses publiques les plus injustifiées
et scandaleuses. Tous les médias de gauche, c’est-à-dire presque tous
les médias, sont dans une situation difficile faute de lecteurs. » (Michel Houellebecq, janvier 2017)
Notes et références
I) - LFI - « En cas de vote négatif, la Constituante reprendrait ses travaux. »
🗳️ « En cas de vote négatif, la Constituante reprendrait ses travaux. »
Cette phrase est écrite dans le programme officiel de LFI pour 2027.
Relisez-la lentement. Elle dit : si le peuple vote NON à notre Constitution, nous ne l'écouterons pas — nous recommencerons. Vous voterez jusqu'à ce que vous votiez bien.
🧵
Le mécanisme complet, tel qu'il figure dans « L'Avenir en commun » : un référendum convoque une Assemblée constituante. Elle rédige pendant deux ans. Pendant ces deux ans, qui gouverne ? Mélenchon président — avec les règles en vigueur, c'est-à-dire les pleins pouvoirs de cette Ve République qu'il passe sa vie à dénoncer comme une monarchie. La monarchie, c'est mal. Sauf le temps d'écrire la sienne. Puis le projet est soumis au peuple. Vote oui : adopté, pour toujours. Vote non : la Constituante « reprendrait ses travaux ». Cherchez dans le texte la ligne qui prévoit l'abandon du projet en cas de refus. Cherchez bien. Elle n'existe pas. Dans ce système, le non n'est pas une réponse. C'est un retard.
Un référendum où une seule des deux réponses est définitive ne s'appelle pas un référendum. Ça s'appelle une validation. C'est la logique du plébiscite : le peuple n'est pas consulté, il est convoqué pour applaudir — et reconvoqué tant qu'il n'applaudit pas assez fort.
♾
Et la boucle n'est que la première pièce du dispositif. La deuxième : la révocation permanente des élus jugés infidèles au programme. Qui décide de l'infidélité ? Les signataires d'une pétition. Chaque maire, chaque député, chaque président vivrait sous la menace continue de la minorité la plus organisée et la plus enragée du moment. Un tribunal populaire permanent — sans juge, sans procédure, sans appel. La troisième : la loi anticoncentration visant les médias détenus par les grandes fortunes. Lisez bien ce que ça implique : le droit de posséder un journal dépendrait officiellement du patrimoine de son propriétaire. L'unique critère de richesse de toute leur architecture institutionnelle sert à conditionner une liberté fondamentale.
📰
Une Constitution qu'on ne peut pas refuser. Des élus révocables par pétition. Des droits qui dépendent du patrimoine. Et deux ans de pouvoirs spéciaux pour installer le tout. Il existe un nom pour les régimes où l'on vote librement mais où une seule réponse est acceptée — et ce n'est pas « République ».
Le oui sera définitif.
Le non sera provisoire.
(Sources : L'Avenir en commun, programme officiel, http://melenchon2027.fr ; livret « Constituante », http://programme.lafranceinsoumise.fr)
J) - Parlons de l'URSSAF !
Vous allez halluciner de lire cela sur les URSSAF, vous êtes prévenu
Pour créer votre société, il vous faut des statuts, un dépôt de capital, une annonce légale, une immatriculation au greffe et un Kbis. Pour l'organisme qui vous prélève 571 milliards d'euros par an, il ne faut... rien. La loi suffit.
🏛️
Ce n'est pas une théorie de forum. C'est la jurisprudence constante de la Cour de cassation, confirmée encore par le Conseil d'État le 25 novembre 2024.
Des cotisants ont plaidé pendant des années la question qui fâche : « Montrez-nous l'acte de création de votre URSSAF. Ses statuts publiés. Son immatriculation. »
Réponse des plus hautes juridictions :
inutile. L'existence des URSSAF découle DIRECTEMENT de la loi — article L. 213-1 du Code de la sécurité sociale. Pas d'acte constitutif à produire. Pas de publication à exhiber. Jamais. ⚖️
Mesurez l'asymétrie, parce qu'elle est le vrai sujet :
📋 Vous : la charge de prouver votre existence à chaque étape — greffe, banque, administration. Un vice de forme dans vos statuts, et vos actes sont annulables.
📋 Eux : organisme de DROIT PRIVÉ — ni administration, ni établissement public — dispensé par principe des formalités d'existence imposées à toute personne morale privée.
Et ce n'est que l'entrée.
Regardez les pouvoirs de cet organisme privé :
⚡ La CONTRAINTE : un titre exécutoire qui, dit l'article L. 244-9, « comporte tous les effets d'un jugement ». Signé par le directeur de l'organisme. Pas par un juge. Votre créancier privé, lui, doit obtenir un jugement pour vous saisir. L'URSSAF se le délivre à elle-même.
⚡ L'opposition à tiers détenteur : votre compte bancaire bloqué, sans passage devant un tribunal.
⚡ Les majorations automatiques, les contrôles sur place, 1,6 milliard de redressements pour travail dissimulé rien qu'en 2024.
Un organisme privé, doté des armes de la puissance publique, dispensé des servitudes des personnes privées. Le meilleur des deux mondes — pour lui.
Le monopole, lui, est verrouillé de l'extérieur : dès le 17 février 1993, la Cour de justice européenne (arrêt Poucet et Pistre) a jugé que les régimes légaux de sécurité sociale, fondés sur la « solidarité », échappent au droit de la concurrence. La porte européenne est murée depuis trente-trois ans.
⚠️ Et ici, un avertissement sans ambiguïté, parce que ce sujet a ruiné des gens. Tous ceux qui ont tiré de cette asymétrie la conclusion « donc je ne cotise plus » — la mouvance des « libérés de la Sécu » — ont TOUS perdu. Tous. Redressements majorés, condamnations pour travail dissimulé, parfois pénal. Cette analyse décrit un privilège ; elle ne fonde aucune stratégie. N'essayez pas. Vous perdrez.
C'est d'ailleurs ce qui rend la chose remarquable. Il n'y a ici ni complot, ni vide juridique, ni faille secrète.
Il y a un PRIVILÈGE — au sens de l'Ancien Régime : une loi privée — écrit noir sur blanc, validé par toutes les cours, parfaitement légal.
571 milliards par an. Le droit de se délivrer ses propres jugements. La dispense de prouver ce que tout le monde doit prouver.
L'arbitraire illégal se combat devant un juge. Le privilège légal, lui, ne se combat que dans les urnes. C'est précisément pour ça qu'il faut le connaître.
(Sources : art. L. 213-1 et L. 244-9 du Code de la sécurité sociale ; Cour de cassation, jurisprudence constante ; Conseil d'État, 25 nov. 2024, n° 496099 ; CJCE, 17 févr. 1993, Poucet et Pistre ; Chiffres clés de la Sécurité sociale, éd. 2025 ; Urssaf Caisse nationale, LCTI 2024)
K) - L'avortement, la contradiction !
Le 4 mars 2024, la France réunissait le Congrès à Versailles pour graver dans sa Constitution la liberté de ne pas donner la vie ( avortement). Le 13 janvier 2026, l'Insee annonçait que pour la première fois depuis 1945, il y meurt plus de gens qu'il n'en naît.
🕯️
Ces deux dates n'ont aucun lien de causalité. Elles ont mieux : un lien de RÉVÉLATION. Elles disent ce qu'une nation choisit de sanctuariser, et ce qu'elle choisit d'ignorer.
Les chiffres du basculement, d'abord :
📉 645 000 naissances en 2025. 651 000 décès. Solde naturel : –6 000. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.
📉 L'Insee prévoyait ce croisement pour 2035. Il est arrivé avec DIX ANS d'avance.
📉 Fécondité : 1,56 enfant par femme — le niveau de 1918, en pleine Grande Guerre. Le seuil de renouvellement (2,1) n'a plus été atteint depuis 1975.
📉 –24 % de naissances depuis 2010, alors que le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants n'a pas baissé. Ce n'est pas la démographie. C'est le choix.
📉 La population ne croît plus que par l'immigration : +176 000.
Maintenant, posez ce constat à côté de l'architecture de notre État social, et regardez la contradiction qui saute aux yeux.
La retraite par répartition n'est pas une épargne. Votre pension ne sera pas payée par vos cotisations — elles ont déjà été dépensées. Elle sera payée par les cotisations DES ENFANTS D'AUJOURD'HUI.
Un système dont le rendement dépend intégralement du flux des entrants. Milton Friedman avait un mot pour ça : un schéma de PONZI. Légal, obligatoire, garanti par l'État — mais un Ponzi, dont il disait de l'équivalent américain qu'il était « le plus grand du monde ».
🎰
En 1960 : 4 cotisants par retraité. Aujourd'hui : 1,7. En 2070 : 1,2.
Voici donc les deux choix simultanés de la France, chacun parfaitement assumé :
1️⃣ Elle a COLLECTIVISÉ les fruits de l'enfant : les cotisations de votre fils paieront la retraite de tout le monde.
2️⃣ Elle a INDIVIDUALISÉ sa charge et sa décision : élever un enfant coûte à ses seuls parents environ 180 000 €, et la décision d'en avoir est une liberté strictement privée — désormais constitutionnelle.
Qu'on soit bien clair : chacun de ces deux choix se défend. Un libéral défendra même le second avec force — la liberté individuelle n'est pas en cause ici.
C'est leur COMBINAISON qui est actuariellement impossible. On ne peut pas socialiser le rendement d'un investissement tout en en privatisant intégralement le coût. Le résultat porte un nom en économie : le passager clandestin. Chacun compte rationnellement sur les enfants des autres. Et rationnellement, les autres font le même calcul. Résultat collectif : 1,56.
🪤
Alors, que peut-il arriver à une telle nation ?
Trois portes de sortie, toutes déjà entrouvertes :
🚪 La perfusion migratoire permanente — c'est déjà l'unique source de croissance — avec les tensions qu'on connaît.
🚪 La spirale fiscale : cotisations toujours plus lourdes sur des actifs toujours moins nombreux, qui fuient (relire ma planche sur l'assurance-vie luxembourgeoise), ce qui alourdit la charge des restants.
🚪 Le défaut sur la promesse : le COR l'écrit déjà — niveau de vie relatif des retraités ramené à 89 % en 2070. La décote silencieuse a commencé.
Et le symbole, pour finir. Une nation trouve l'unanimité d'un Congrès de Versailles, les ors, les trompettes, l'Histoire — pour constitutionnaliser une liberté qui existait déjà en droit depuis 1975. Mais pour la natalité dont dépend l'intégralité de son contrat social — pas un congrès, pas un article, pas un plan. Les berceaux n'ont pas de lobby.
Une civilisation se juge à ce qu'elle grave dans le marbre pendant que ses fondations bougent.
La nôtre a gravé un droit. Les fondations, elles, ont rendu leur verdict le 13 janvier : –6 000.
(Sources : Insee Première n° 2087, bilan démographique 2025 — 13 janvier 2026 ; loi constitutionnelle du 8 mars 2024 ; COR, rapport annuel ; Insee/DREES, coût d'un enfant)
Avortement
L'avortement
est l'interruption avant son terme du processus de gestation, laquelle
débute par la conception (fécondation d'un ovule par un spermatozoïde
formant ainsi un œuf, et qui conduit normalement à la naissance d'un
nouvel individu de l'espèce). L'avortement existe pour beaucoup
d'espèces vivantes, nous ne nous intéressons ici qu'au cas de l'espèce
humaine, et du point de vue du droit (plutôt que de celui de l'éthique),
en particulier quant à l'opportunité de la pénalisation de
l'interruption volontaire de grossesse (terme consacré désignant
l'avortement volontaire). Dans cet article, le terme d'avortement
désigne en fait l'IVG.
Les points de vue libéraux
Les libéraux aussi bien que les libertariens n'ont pas une position unanime concernant l'avortement.
Une partie des libéraux et des libertariens considèrent qu'un tel
acte relève de la sphère privée (ce qui fut l'argument central aux États-Unis de la décision Roe vs Wade)
et défendent l'avortement, considérant soit que l’embryon n'est pas un
être humain, soit que, même humain au sens biologique du terme, il n’est
pas une personne au sens juridique du terme. D'autres libéraux et
libertariens s'opposent à l'avortement, estimant que le droit à la vie est un droit inaliénable, y compris pour le fœtus ou l'embryon.
La plupart s'accordent en revanche pour affirmer que l'État n'a pas à subventionner la pratique d'un tel acte.
Rares sont les théoriciens libéraux qui se sont exprimés sur le sujet. Murray Rothbard, dans L'Éthique de la liberté, considère l'avortement, à tout moment de la grossesse, conforme au droit naturel, au nom d'un droit de la femme sur son propre corps et de l'inaliénabilité de la volonté humaine (même si elle est volontaire, la conception n'est pas un engagement comparable à un contrat).
La naissance serait la ligne de démarcation à partir de laquelle le
bébé, tout en restant confié à la garde de ses parents jusqu'à ce qu'il
devienne adulte et autonome, deviendrait « un être séparé et un adulte
en puissance ; comme tel, il serait titulaire du droit de propriété de soi ».
Ayn Rand affirme de la même façon que seul un être « réel » peut avoir des droits, non un être « potentiel » : un enfant ne pourrait donc acquérir de droits avant d'être né.
Certaines positions utilitaristes extrêmes, qui vont jusqu'à justifier l'infanticide, sont encore très minoritaires :
« Un bébé d'une semaine n'est pas un être rationnel
conscient de soi. [...] Si le fœtus n'a pas droit à la vie comme une
personne, le nouveau-né non plus. »
— Peter Singer, Questions d'éthique pratique
Le point de vue d'Emmanuel Kant est jugé généralement un peu étrange : l'embryon est un être doté de la dignité humaine quand il est conçu dans le cadre d'une alliance librement consentie, le mariage.
Hors mariage, il n'est pas un être pleinement libre, il s'est « glissé
en contrebande dans le ventre de la mère », et le supprimer est un crime mineur.
Un point de vue libertarien strictement propriétariste est le suivant : un État a légalement le droit de vie et de mort
sur les citoyens. Il n'en abuse pas. Un État n'a pas de légitimité à
interdire un meurtre sur le pays voisin. Le ventre de la mère est une
zone de droit qui ne concerne que la mère. Le ventre de la mère est
comme un pays voisin. L'État n'a pas de légitimité à définir le Droit
dans le sein d'une mère. À l'instar d'un État souverain, une mère
détient le pouvoir légitime de décider de la mort du fœtus. Les tiers au ventre de la mère n'ont pas de compétence pour juger sa responsabilité. En cas de désaccord, et si le contrat entre époux le prévoit, le futur père peut valablement saisir un tribunal arbitral compétent.
L'argument des opposés à l'avortement est que l'embryon (ou le
fœtus) est un être humain et donc - selon le droit naturel mais
également selon le principe général du droit Infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur (L’enfant simplement conçu est tenu pour né, chaque fois qu’il y va de ses intérêts) - jouirait de droits, et avant tout du droit à la vie : l'avortement serait donc toujours un meurtre, même dans le cas d'une grossesse non désirée, d'un viol ou d'un inceste (en cas de viol, il n'y aurait pas lieu d'avorter, mais ce serait au violeur de dédommager sa victime).
Walter Block adopte une position libertarienne intermédiaire, l'évictionnisme[1]) : le fœtus non désiré serait considéré comme un intrus[2]
et devrait être traité comme tel par la mère, propriétaire de son
propre corps, mais en adoptant la manière la moins violente possible
(car il ne faut pas oublier que le fœtus est un innocent). L'éviction du
fœtus, dans l'état actuel de la science, entraîne sa mort, mais les progrès de la technologie pourraient un jour rendre possible sa survie (et des familles en quête d'enfant pourraient adopter le futur bébé).
Bertrand Lemennicier aboutit à une conclusion semblable en raisonnant en termes de droits de propriété, avec comme axiome ou prémisse de départ la propriété de soi-même.
Il y aurait conflit de droit de propriété entre le fœtus et la mère ;
ce conflit se résoudrait très simplement par la règle du premier
occupant. La femme serait par nature la première occupante de son corps,
elle ne pourrait être contrainte de conserver dans son corps ni
d'élever un être qu'elle jugerait indésirable. Le problème moral ne
serait pas l'expulsion du fœtus en soi, mais le fait que l'expulsion
entraîne la mort.
Pour Lemennicier, qui milite également pour un marché de l'adoption
libre, il n'y a pas besoin de loi pour ou contre l'avortement. Il faut
tenir compte du dommage causé à la mère :
« Comme pour le locataire, l'expulsion devrait être
ordonnée par un juge ou par une procédure d'arbitrage, la demande
n'étant recevable que si l'on peut prouver qu'il y a un dommage réel et
tangible à la fois pour la mère et l'enfant à naître. Dans tous les autres cas, l'abandon ou la vente des droits de garde à une autre famille s'imposerait. »
— Bertrand Lemennicier, La morale face à l'économie (2005)
De même, Ron Paul, politicien libertarien opposé à l'avortement, voit une solution dans la libéralisation de l'adoption :
« La déréglementation du marché de l'adoption
améliorerait sensiblement la situation. Cela permettrait plus facilement
aux associations de trouver des parents adoptifs et de donner une
compensation à la mère pour qu'elle puisse faire face aux dépenses et au
coût d'opportunité liés à une grossesse menée à terme. »
— Ron Paul, Liberty Defined
Martin Masse
remarque que, si le fœtus est un intrus, la femme a agi d'une façon
telle qu'elle a créé cette nouvelle vie ; elle est responsable de cette
situation, et non pas la victime (sauf cas de viol). Il est favorable à
interdire l'avortement au-delà d'un seuil, qu'il fixe à 3 mois[3].
De même, Jim Sadowsky
remarque que le fœtus ne peut être considéré comme un intrus, puisqu'il
est en fait dans son habitat naturel ; et même s'il devait être
considéré comme un intrus, il n'y a pas de raison de punir une intrusion
par la mort. À cela, Doris Gordon[4] (fondatrice de Libertarians For Life)
ajoute qu'à supposer qu'il y ait intrusion, elle est involontaire de la
part du fœtus, et que si le fœtus est un agresseur, ses parents en sont
la cause-même.
Les partis libertariens, tels le Libertarian Party aux États-Unis,
reconnaissant la forte charge émotionnelle sur le sujet, et les
positions retranchées des uns et des autres, ont choisi par prudence
d'adopter une attitude neutre, ce qui évidemment ne satisfait ni les uns
ni les autres.
Les questions de fond
Il s'agit de questions auxquelles un débat sur l'avortement mène le plus souvent, et qui divisent les libéraux.
- À partir de quand est-on un être humain, ou tout du moins un « être juridique » jouissant de droits, notamment du droit à la vie ?[5] On sait que le droit positif
(la législation sur l'avortement) varie beaucoup sur ce point d'un pays
à l'autre. Il existe un écart important entre la position des
anti-avortement, pour qui on est un être humain dès la conception, et
les positions pro-avortement (par exemple rothbardiennes ou randiennes)
pour lesquelles on n'est un être jouissant de droits qu'à la naissance.
On peut noter que les mêmes dissensions existent entre les différentes religions, l'ovule fécondé, puis l'embryon, puis le fœtus ayant des statuts variables[6].
- L'avortement est-il exclusivement une affaire privée ou doit-il
être pénalisé ? Cette question est problématique dans une perspective
libertarienne, où le droit public et le droit pénal
(qui fait partie du droit public) n'existent plus, et où l'on ne peut
aller en justice que pour réclamer réparation d'un tort qu'on a soi-même
subi : de quel droit quelqu'un d'étranger à l'affaire peut-il réclamer
la pénalisation d'un avortement si la famille est consentante ? Et si
pénalisation il y a, quelle peine doit-elle être infligée ? Doit-on
appliquer la même peine que pour un homicide, comme le suggèrent les
arguments anti-avortement ?[7]
Une conclusion provisoire
Quelle que soit la position des libéraux, tous rejettent l'idée de
faire "payer", par le biais des cotisations sociales, les personnes
opposées à l'avortement, puisque cela consisterait en une manifestation
de violence que l'État fait à leur endroit, car on leur impose un
paiement pour un service médical qui ne les concerne pas et auquel ils
sont défavorables.
Harry Browne rappelle l'essentiel d'un point de vue libertarien[8] :
« Quel que soit notre point de vue sur l'avortement,
nous savons une chose : le gouvernement n'est pas la réponse, il est
incapable d'éliminer les avortements, tout comme il est incapable
d'éliminer la pauvreté ou la drogue. »
Certains libertariens affirment ainsi qu'une telle question est
d'ordre philosophique ou religieux, et ne doit pas (et ne peut pas) être
résolue de façon politique ; il est vraisemblable que sur cette base,
dans une société anarcho-capitaliste libérée du droit positif étatique, chacun s'en tiendrait à ses convictions sans chercher à les imposer aux autres. Ainsi, dans la description que fait David Friedman d'une société libertarienne (voir Vers une société sans État),
différents tribunaux pourraient appliquer concurremment différentes
législations, certaines pouvant être favorables à l'avortement, d'autres
non (Friedman prend en fait comme exemple la peine de mort,
ce qui se transpose facilement au cas de figure de l'avortement). De
même, ces législations pourraient (ou non) proposer/imposer à leurs
adhérents une protection des handicapés, des orphelins, des animaux,
etc.
Notes et références
A Not So Funny Thing Happened to Me in Tampa
C'est
évident dans le cas du viol, mais Block affirme que le rapport sexuel
même consenti n'implique pas pour autant qu'on accepte la possibilité
d'être enceinte qui en résulte.
Libertarians don't support free and unrestricted abortion, 15 juin 2010, Le Québécois Libre.
Abortion and Thomson's Violinist: Unplugging a Bad Analogy
Réponses fréquentes à cette question :
- on jouit de droits de par la seule qualité d'être humain (même à l'état potentiel, comme le fœtus ou l'embryon) ;
- on jouit de droits dès qu'on est capable de les revendiquer et de
disposer de la faculté matérielle de s'opposer moralement à une
agression (donc pas de droit pour le fœtus, l'embryon, le handicapé
physique, l'animal...) ;
- on jouit de droits dès qu'on est capable d'exister de façon autonome
(de subvenir à ses besoins : cas d'un mineur émancipé, par exemple,
mais aussi d'un animal, pour certains) ;
- on jouit de droits quand on est capable de conscience morale.
Par
exemple, pour l'Église catholique, l'ovule fécondé constitue un être
humain en puissance et doit donc être respecté ; pour le bouddhisme, ce
n'est que lorsque la conscience apparaît que les règles éthiques
s'appliquent, en dehors de cela on n'a affaire qu'à un tissu vivant.
En France, l'avortement a longtemps été pénalisé, passible des travaux forcés à perpétuité, voire de la peine de mort.
Ainsi, la dernière « faiseuse d'anges », Marie-Louise Giraud, avorteuse
pendant la guerre, a été guillotinée le 30 juillet 1943.
Bibliographie
- 1971, Judith Jarvis Thomson, "A Defense of Abortion", Philosophy and Public Affairs, Vol I, n°I, pp47–66
- 1983,
- Doris Gordon, "A Wrong, Not A Right: An Atheist Libertarian Looks At Abortion", Rampart Individualist, Vol 1, n°4, fall, pp10-18
- Wendy McElroy, "What Does It Mean To Be An Individual? Self-Ownership Is Key To Abortion Issue", Rampart Individualist, Vol 1, n°4, fall, pp3-9
- 1999,
Doris Gordon, “Abortion and Rights: Applying Libertarian Principles
Correctly”, International Journal of Sociology and Social Policy, Vol
19, pp97–127
- 2005, Walter Block,
Roy Whitehead, "Compromising the Uncompromisable: A Private Property
Rights Approach to Resolving the Abortion Controversy", Appalachian Law
Review, Vol 4, n°2, pp1-45
- 2006, Charles Denison, "Abortion", In: Bruce Frohen, Jeremy Beer, Jeffrey O. Nelson, dir., "American conservatism: an encyclopedia", Wilmington, Del.: ISI Books, pp1-4
- 2008,
- Wendy McElroy, "Abortion", In: Ronald Hamowy, dir., "The Encyclopedia of Libertarianism", Cato Institute/Sage Publications, pp2-4
- Patty Skuster, “Abortion Is a Human Rights Issue", The Abortion Magazine, Winter, pp2-3
Liens externes
- (en)Roe v. Wade, sur l'anticonstitutionnalité de l'interdiction de l'avortement aux États-Unis, wikipedia.en
- (en)Libertarians for Life (libertariens anti-avortement), wikipedia.en
- (en)Abortion as seen by the Kant-Friesian School
- (en)Échange entre le père James A. Sadowski et Murray Rothbard sur l'avortement
- (en)What about Fetal Rights?
- (en)
[pdf]Abortion and Liberty (Ron Paul) - (fr)"Le droit à l'avortement est-il fondé d'un point de vue libéral ?", Le Québécois Libre n°132, nov. 2003.
- (fr)"Avortement", La Page libérale, août 2005 ; L'avortement est un crime (Le Québécois Libre, août 2005), par Marc Grunert
- (fr)"Et si l'avortement était une liberté ?", Le Québécois Libre, sept. 2005, par Erwan Queinnec
- (fr)"L'avortement, un permis de tuer ?", par Bertrand Lemennicier
https://www.wikiberal.org/wiki/Avortement
L) -
Édouard Philippe, Premier ministre de mai 2017 à juillet 2020 !
Le favori de 2027 est un homme qui a déjà eu tous les pouvoirs.
Ouvrez son dossier. 📂
Édouard Philippe, Premier ministre de mai 2017 à juillet 2020, a reçu ce qu'aucun chef de gouvernement n'avait eu depuis des décennies. Et d'abord la seule chose qui compte : l'AVAL DES CITOYENS.
Une élection nette, un mandat clair, un pays qui venait de voter pour être réformé.
Et avec ce mandat, toutes les cartes :
🃏 350 députés. Majorité absolue, docile, sans opposition interne.
🃏 Une croissance à 2,3 % en 2017 — la meilleure depuis dix ans.
🃏 Des taux d'intérêt à ZÉRO. L'État empruntait gratuitement.
🃏 Un chômage en baisse continue, de 9,5 % vers 8 %.
🃏 Et la preuve que la machine obéissait : déficit ramené à 2,3 % en 2018, le meilleur solde depuis 2006.
Un État obèse, prêt à être réformé structurellement. Un peuple qui venait de donner son accord.
La fenêtre de tir dont rêvent tous les réformateurs depuis quarante ans.
Voici ce qu'il en a fait : 🪦 La réforme des retraites par points, « mère de toutes les réformes » : présentée fin 2019, passée au 49.3, puis enterrée. Jamais appliquée.
🪦 Les –120 000 postes de fonctionnaires promis : abandonnés en rase campagne dès 2019.
🪦 La dépense publique : intacte, autour de 55 % du PIB du premier au dernier jour.
🪦 La dette : pas un centime de moins, malgré l'argent gratuit.
Et au premier coup de vent — des ronds-points occupés — sa réponse fut exactement celle de tous ses prédécesseurs : 17 MILLIARDS de dépense publique supplémentaire, débloqués en quelques allocutions. Le réformateur supposé n'a pas réformé sous la pression : il a acheté la paix avec l'argent des autres.
💸
Soyons honnêtes sur ce qu'il a réellement fait : les ordonnances travail de 2017 — écrites avant lui, dans le programme présidentiel — et la fiscalité du capital. C'est tout. Trois ans, l'aval des urnes, zéro contrainte, et le chantier central de la pérennité du pays — retraites, dépense, périmètre de l'État — laissé exactement en l'état.
Il n'a pas manqué de chance. Il a refusé de la saisir. L'opportunité d'être le réformateur que la France attendait s'est présentée une fois, entière, servie sur un plateau — et il l'a regardée passer. C'est ça, un poissard : pas un homme que le sort accable, un homme qui couche la meilleure main de l'Histoire.
🎴
Alors comprenez bien l'argument, parce qu'il est définitif :
Même s'il gagne en 2027. Même si les circonstances lui offrent, par miracle, une nouvelle fenêtre pour remettre l'économie sur pied. Il ne prendra JAMAIS les bonnes décisions.
Ce n'est pas une prédiction. C'est une observation. Quand il a eu l'opportunité de prendre les meilleures décisions pour les Français, il ne l'a pas prise. Un homme qui n'ose pas avec 350 députés et des taux à zéro n'osera pas avec une Assemblée fracturée, 3 500 milliards de dette et des créanciers qui mordent.
Voter pour lui, c'est créditer des compétences qu'il a eu trois ans pour démontrer et qu'il n'a jamais démontrées. La compétence imaginée contre le bilan observé.
Il y en a marre de confier le redressement du pays à des losers confortables. ⬇️
(Sources : Insee — comptes nationaux, déficits 2017-2019 ; Assemblée nationale, législature 2017-2022 ; abandon de l'objectif de 120 000 suppressions de postes, 2019 ; mesures budgétaires déc. 2018 - avril 2019)
E Phillipe c'est hausse des taxes carburant et 80km/h
Doctrine LBD (usage banalisé)
Refus de négocier.
Fermeture de Fessenheim->redémarrage centrale charbon.
Réduction des lits à l'hôpital.
Ligne sociale dur (avec les syndicats, trop sensible aux patrons)
M) -
Paris n'a plus rien à louer. Et ce n'est pas un accident.
Votre enfant doit faire des études à Paris ?
Ne lisez surtout pas ça
Paris n'a plus rien à louer. Et ce n'est pas un accident.
📉 –67 % de logements à louer depuis 2021.
📉 –74 % sur trois ans : pire chute de France.
📉 –15 % encore sur la seule année écoulée.
Deux tiers de l'offre locative, volatilisé, rendez-vous compte…
2019 : encadrement des loyers.
2022 : gel des loyers F et G.
2025 : interdiction de louer les DPE G.
2028 : les F. 2034 : les E.
Résultat :Les propriétaires ne rénovent pas, ils liquident. Les mises en vente de passoires thermiques ont été multipliées par 4 à Paris. 37 % des biens mis en vente.
Et côté locataires ?
🔥 743 candidatures par annonce (PAP, sept. 2025). Certains biens dépassent les 1 000 dossiers.
🔥 Moins de 4 jours pour qu'un bien parte.
🔥 32 €/m² de loyer moyen : +10,6 % en 3 ans. MALGRÉ l'encadrement.
L'encadrement des loyers n'a pas fait baisser les loyers. Il a fait disparaître les logements. San Francisco et Stockholm l'avaient déjà prouvé. Paris a tenu à payer pour réapprendre.
Qui paie ?
Les 62 % de Parisiens locataires. Les étudiants : 17 % des 18-24 ans ont renoncé à des études faute de logement. Les indépendants, évincés d'office d'un marché où le bailleur croule sous les dossiers.
L'alibi Airbnb ? La loi Le Meur serre la vis depuis fin 2024.
L'offre longue durée continue de s'effondrer APRÈS. Si Airbnb était la cause, la courbe remonterait. Elle plonge.
Quand on plafonne le revenu d'un actif, qu'on gèle son loyer, qu'on impose des dizaines de milliers d'euros de travaux sous peine d'interdiction, le propriétaire vend. Ou laisse vide.
Chaque « protection » votée a détruit ce qu'elle prétendait protéger.
On n'a jamais logé personne avec un décret. On a rarement autant délogé qu'avec ceux-là.
(Sources : SeLoger, PAP, Bien'ici, Institut Paris Region)
🏠💸 À 21 ans, elle achète un appart… avec une locataire qui ne paie plus
Alix, étudiante en droit de 21 ans, a acheté pour 28.500 € un studio (coût total de l'opération) déjà loué à 780 € charges comprises, en misant sur un crédit intégralement remboursé par les loyers.
Problème : quelques mois après l’achat, la locataire cesse de payer et refuse de partir, transformant cet « investissement idéal » en parcours du combattant juridique.
Bienvenue en France
Logement
Les questions liées au logement sont parmi les plus importantes dans une société, en particulier en France, où la pénurie organisée par des politiques restrictives sur l'offre immobilière nourrit une crise du logement persistante depuis 1914.
Historique de la « politique » du logement en France
Dès 1914, le blocage total des loyers, maintenu pendant l'entre-deux guerres, nourrit une pénurie
de logements : les propriétaires et constructeurs sont dissuadés de
louer leurs biens ou d'en construire de nouveaux puisque la rentabilité
de leur investissement sera mauvaise. Cela débouche sur les effets
classiques de toute politique de contrôle des prix[1] :
offre en baisse et détérioration du logement pour tous. Entre 1918 et
1939, la France a construit 2,5 fois moins de logements que la
Grande-Bretagne, et deux fois moins de logements que l'Allemagne,
pourtant affaiblie par une crise monétaire grave, et l'arrivée au
pouvoir des nazis. 1 800 000 logements furent construits en France entre
les deux guerres, soit moins de 100 000 par an ! En comparaison, sans
contrôle des loyers, la Grande-Bretagne construira 3,7 millions de
logements sur la même période et en rénovera 500 000 ; l'Allemagne, 4
millions ![2] Entre les logements manquants et les unités insalubres, la pénurie avant guerre est estimée à 2 millions d'unités.
Les destructions de la guerre et le contrôle des loyers maintenu à
la sortie du conflit n'améliorent pas la situation. Au contraire, la
loi de 1948 bloque les loyers de certains logements à un montant
ridiculement bas, entraînant les mêmes effets : sous-investissement et
non entretien. Favorisant néanmoins le logement neuf, elle a des effets
légèrement moins graves, qui atténuent la crise du logement. Malgré
tout, en 1952, tous secteurs confondus, la France construisait 20
logements pour 10 000 habitants, contre 99 en Allemagne occidentale[2]. Sous l'influence de Jacques Rueff,
ce dernier est progressivement supprimé, mais ses effets continuent à
s'exercer de façon indirecte par le niveau des loyers des logements
sociaux.
Avec la protection croissante des locataires et la montée de
revendication du « droit au » logement, le taux de logements
effectivement disponibles se réduit, de même que les constructions.
Ainsi, la loi Quillot et 1982 réinstaure un contrôle partiel des loyers
et rend plus difficile l'expulsion des locataires ne payant pas leur
loyer. Effet immédiat : chute brutale des constructions de logement, au
détriment des plus pauvres auxquels les propriétaires demandent toujours
plus pour se protéger des mauvais payeurs contre lesquels ils seront
démunis. En 1981, il y avait 125 000 mises en chantier par le secteur
libre. Après cette loi, on tombe à 71 000 en 1982 et 32 000 en 1985[2].
En surprotégeant les locataires, les pouvoirs publics privent donc de
logement les plus faibles. Dernier avatar de cette liste de mesures aux
effets exactement contraires à ceux recherchés, le droit opposable au
logement, qui entretient l'idée fausse qu'avec une dette de 2000
milliards d'euros, l'État peut tout.
Le nombre de logements manquants est largement soumis à débat mais on estime qu'il pourrait y avoir en France une pénurie de 1,5 à 3 millions d'habitations. Cette pénurie
a entraîné une augmentation des coûts du logement supérieure de 70 % à
celle des revenus entre 2000 et 2010, ce qui pénalise lourdement les
familles modestes et les classes moyennes. Entre 1990 et 2006, les
ménages de la classe moyenne connaissent une hausse sensible du poste de
consommation « logement, eau, gaz et électricité », passant de 20 à 25,2 % des dépenses de consommation des ménages français[3] La pénurie est aggravée pour les logements à louer par les politiques publiques de DPE ou de contrôle des loyers.
Entre octobre 2021 et octobre 2024, le site SeLoger estime que le
nombre de locations a diminué de 31,9 %. Chaque année, 8000 logements
disparaissent du parc locatif à Paris[4],
où les politiques restrictives sur le logement ont fait baisser la
population massivement. Entre 2015 et 2021, Paris a perdu en moyenne 12
200 habitants chaque année[5].
Les causes de la crise du logement en France
Les déterminants de la crise du logement actuelle sont
essentiellement liés à une offre volontairement limitée par l'État, à
travers des règlementations de zonage mises en place dans les années
1960 et aggravées depuis, qui entravent la constructibilité du sol.
Toutes les interventions imaginées par l'État et les collectivités pour
résoudre ces pénuries sans s'interroger sur leur fondement les ont en fait aggravées :
Le logement social, outil majeur de l'intervention de l'État dans
le domaine du logement, aggrave la ségrégation entre catégories
sociales, tout en permettant à des personnes qui pourraient se loger
sans aide de jouir dans la durée de rentes de situation entretenues par
les épargnants et les contribuables. Comme le note Christian Julienne, « le système HLM ne donne pas à ses locataires un bail mais une attribution à vie transmissible aux enfants »[6].
Il n'aide pas les plus pauvres, il donne des privilèges. Il constitue
en cela un incroyable gaspillage de ressources. En France, le secteur du
logement social immobilise au moins 500 milliards d'euros qui
pourraient être employés de façon plus productive. Ainsi, pour Vincent Bénard de l'Institut Turgot, le logement social est le « capital mort » de la société française[7].
Les aides versées aux locataires ont en outre fait monter les loyers,
les propriétaires intégrant cet élément dans les loyers. On notera donc
sans surprise que la crise du logement est concomitante de
l'intervention croissante de l'État dans le domaine du logement : Loi
Loucheur de 1928, Loi de 1948, loi Barre de 1977, Loi Quillot de 1982,
etc.
Les mesures temporaires de contrôle des loyers et de
surprotection des locataires au détriment des propriétaires ont dissuadé
la construction par les particuliers, et éloigné de nombreux épargnants
de l'investissement locatif. En outre, en montant des usines à gaz
telles que l'investissement Robien pour « aider » l'immobilier, l'État a
complexifié cet investissement, là où une réduction pure et simple de
la fiscalité aurait été plus efficace. Dès lors, les investisseurs
institutionnels ont fui ce marché et ne détiennent que 125 000 logements
loués en 2007[8].
Une étude internationale récente réalisée à Harvard indique que
la France est un des pays de l'OCDE où le recouvrement d'un logement et
l'expulsion d'un locataire sont les plus longs : en moyenne, 226 jours,
dont 75 jours pour obtenir un procès et 135 jours pour l'application de
l'acte de justice[9].
Autre exemple de cette surprotection des locataires : aux Pays-Bas, les
propriétaires sont obligés de payer des antisquatteurs afin d'éviter
que leur bien soit squatté, car la justice ne fera pas respecter leur
droit de propriété et laissera les squatteurs dans les lieux[10].
Une autre cause de la crise du logement réside aussi dans
l'arbitraire et l'interventionnisme étatique visant à contraindre les
propriétaires de ne pas expulser les locataires pendant la trêve
hivernale du 1er novembre au 31 mars. Cet interventionnisme
étatique, arguant ou se fondant sur le fait que l'on entre dans la
période hivernale, ne prend pas du tout en compte la réalité de la
situation économique liée aux transactions immobilières entre acheteurs
et vendeurs. Au lieu de reprendre le cours normal de la vie économique
immobilière, l'État a en outre contraint les propriétaires à souscrire
une assurance afin de pallier les défauts de paiement des locataires
(non sens économique et financier, puisque cela contribue d'une part à
déresponsabiliser les locataires, et d'autre part que ce n'est pas aux
propriétaires de payer à la place des locataires ; enfin, dans ce cas,
la relation d'échange économique et financier liée à la transaction
locative entre propriétaires et locataires, est bafouée.
Enfin, la pénurie
organisée volontairement par l'État est le facteur essentiel de la
hausse des prix depuis les années 1960 : ces règlementations empêchent
l'offre de logement de s'adapter à la demande croissante résultant de
taux d'intérêt historiquement bas. Les rares marchés mondiaux qui
connaissent ce même pic de la demande, sans posséder ce type de
règlementation du sol, ne connaissent pas de bulle immobilière. En
outre, la France a multiplié les échelons et les organismes, rendant
toute construction excessivement compliquée. Comme le note le programme
d'Alternative Libérale, « la décentralisation inachevée a multiplié les échelons d’intervention et permis tous les excès »[8].
Christian Julienne note de même que « un droit de l'urbanisme
péremptoire et pléthorique est conçu pour raréfier les terrains
constructibles au lieu d'en augmenter le nombre »[6].
En particulier, la règlementation du sol par les permis de construire
impose une pénalité très importante aux prix des logements : aux
États-Unis, cette pénalité a été estimée à 275 milliards de dollars en
2005 par Ed. Glaeser et J.Gyourko, de Harvard, ou Randal O'Toole, du Thoreau Institute[11]. En France, cela représente 45 milliards d'euros en 2005, soit le tiers du prix moyen d'un logement.
La loi SRU fixe de manière arbitraire des critères de décence et interdit de louer des logements inférieurs à 9 m2 et 20 m3. À Paris, 80 % des chambres de bonnes sont inhabitées. Il est clair qu'un logement de 8 m2
peut sembler inconvenant pour la plupart d'entre nous. Cependant, un
sans-abri ne préfèrerait-il pas pouvoir se loger, en attendant de
trouver mieux, dans l'une de ces milliers de chambres de bonne
aujourd'hui vides ? L'ironie tient à ce que ces dispositions génèrent
sans doute des effets contraires au but recherché. En altérant le droit
des propriétaires de tirer profit des logements arbitrairement déclarés
insalubres, la réglementation réduit davantage les incitations à les
entretenir.
Les avantages supposés de ces règlementations se révèlent à
l'usage discutables, leurs bénéfices étant largement inférieurs à leur
coût social. Les grandes agglomérations ayant choisi de ne pas se doter
de telles règlementations ne sont en rien des repoussoirs en termes
d'urbanisme, et obtiennent des résultats économiques et sociaux plutôt
meilleurs que les autres. À l'inverse, les « grands ensembles », les
« villes nouvelles » ou les ZUP sont des illustrations visibles de
l'échec du constructivisme.
Les conséquences de cet interventionnisme étatique font que
plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers de logements
sont vides ou inoccupés, parce que les propriétaires ne veulent plus
louer et préfèrent attendre des conditions favorables pour vendre.
Les propositions libérales
Les propositions libérales pour sortir de la crise du logement ont
déjà été appliquées avec succès dans de nombreux pays. Elles sont de
plusieurs ordres :
Tout d'abord, la « libération du foncier » qui implique que tout
terrain doit être présumé constructible. Une telle libération du sol
provoquerait rapidement une baisse de prix des biens immobiliers d'au
moins un tiers par rapport à leur valeur actuelle selon Vincent Bénard. Comme le note un rapport officiel du Sénat de 2004, il n'y a « pas de pénurie de foncier brut » mais une « pénurie
de l'offre de terrains mis sur le marché au regard de la demande de
logements » (c’est-à-dire des terrains où la construction de logements a
été autorisée par les maires)[12].
Libérer le foncier c'est donc faire baisser les prix et augmenter
l'offre de logements. Dans un contexte d'abondance foncière, les
propriétaires ne pourront pas se permettre d'augmenter abusivement leurs
prix, l'offre nombreuse constituant la meilleure protection du
locataire contre un excès d'appétit des bailleurs.
Il convient également de privatiser en grande partie le parc de logements HLM, en privilégiant l'accès à la propriété
des locataires actuels. Ainsi, on responsabilisera les individus tout
en abaissant pour eux le coût des loyers. Passer donc d'une ambition
d'une société d'assistés à une société de propriétaires libres et
responsables. Comme le note Philippe Galy, « c'est l'occupant qui est
social, ce n'est pas le logement »[13]. Pour les libéraux, si aide il doit y avoir, elle doit donc être destinée directement à l'individu, comme avec le chèque éducation.
Les logements sociaux restants doivent être destinés en priorité aux
plus démunis et non être comme actuellement une ambition pour l'ensemble
de la société ou, pire, des cadeaux qu'on donne aux amis du pouvoir[14].
En outre, pour pallier la complexité kafkaïenne du système
d'aides actuelles qui ne font que monter les prix et privilégier les
mieux informés au détriment des plus faibles, Vincent Bénard propose de substituer un « chèque-logement unique, dégressif pour éviter tout effet de seuil,
calculé en fonction des revenus privés de chaque foyer, et du nombre de
personnes qui le composent ». Ce système, sur le modèle (controversé
chez les libéraux) d'impôt négatif
aurait l'avantage de simplifier le système d'aides, de le rendre
transparent et de réduire les perturbations induites sur le
fonctionnement du marché immobilier.
Parallèlement, afin d'inciter les épargnants à investir dans le
logement locatif et de faire respecter l'État de droit, l'État doit
cesser de prendre part aux relations contractuelles entre propriétaires
et locataires et faire respecter les contrats signés, en particulier
dans le domaine des expulsions. Plus précisément, afin d'inciter les
épargnants à investir dans le logement locatif, ceux-ci doivent
retrouver une liberté contractuelle pour fixer les loyers et plus de
souplesse pour rompre un bail, que l'on soit locataire ou bailleur.
Comme le note Étienne Wasmer,
meilleur jeune économiste de France 2006, « le non-respect des droits
par l'une ou l'autre des parties est une difficulté transactionnelle
majeure. Et en la matière, ce serait faire preuve d'angélisme que de
faire porter le poids des dysfonctionnements du marché locatif sur les
propriétaires. »[9].
Face à la surprotection qui fragilise encore davantage les plus faibles
qui ne peuvent offrir les garanties suffisantes, il propose de
faciliter les expulsions, ce qui aura pour effet de réduire les
garanties nécessaires demandées par les propriétaires, qui savent qu'ils
pourront récupérer leur bien facilement. Ainsi, les plus faibles auront
un accès plus facile au logement[15].
Concernant l'offre, afin de permettre aux entreprises du bâtiment
de répondre à la demande, il faut ouvrir largement les portes de
l'immigration aux professionnels issus des nouveaux pays entrants dans
la communauté européenne.
Citations
- « S’il y a pénurie,
dans un pays où on commence à nouveau à parler de 3 millions de
familles mal-logées, la faute principale en incombe à l’étatisme de la
production de logements, à l’héritage des législations et
règlementations socialistes et à l’arbitraire administratif du système
d’attribution. Seule la libéralisation de la construction de droit
privé, et le retour à l’abondance de l’offre peut y répondre
sérieusement. » (Jean-Gilles Malliarakis[16])
- « Un locataire et un propriétaire signant un bail s'engagent par
un contrat lequel définit droits et obligations. Or, le non-respect des
droits par l'une ou l'autre des parties est une difficulté
transactionnelle majeure. Et en la matière, ce serait faire preuve
d'angélisme que de faire porter le poids des dysfonctionnements du
marché locatif sur les propriétaires. » (Étienne Wasmer[9])
- « Tout ceci n'est ni de gauche ni de droite, juste le simple bon
sens qui fait comprendre que le goût immodéré de notre pays pour les
textes de lois abscons, léonins et semés d'embûches (l'expression « à
peine de nullité » est celle qu'on y rencontre le plus souvent) rend la
vie pénible à tous les gens de bonne foi, locataires comme
propriétaires, et favorise paradoxalement procéduriers et grands
propriétaires fonciers, dans une situation en passe de devenir
explosive. » (Étienne Wasmer[9])
- « Avec le bombardement, le contrôle des loyers est la meilleure façon de raser une ville » (Assar Lindbeck)[17]
Informations complémentaires
Notes et références
(en)Four Thousand Years of Price Control, par Thomas J. DiLorenzo
Billet sur le contrôle des loyers d'Objectif Liberté
(fr)Chiffres cités dans l'article « Le logement, dépense numéro un » paru dans Alternatives économiques, Hors-série n°74 : Les chiffres de l'économie - 4e trimestre 2007.
A Paris, la pénurie d’appartements à louer s’aggrave, Le Monde, juin 2025
Paris: l’inéluctable déclin démographique ?, Challenges
Christian Julienne, Logement, solutions pour une crise fabriquée, 2006, Paris, Les Belles Lettres, 332 p., ISBN 2251443088, [prés. en ligne]
Conclusions de l'étude de Vincent Bénard, Institut Turgot
Programme logement et urbanisme d'Alternative Libérale
Article d'Étienne Wasmer paru dans Libération le 5 septembre 2005, [lire en ligne]
« Les antisquatteurs néerlandais menacés par la loi », Libération, 9 janvier 2007
[pdf]Résumé de l'étude de l'Institut Turgot
Les facteurs fonciers et immobiliers de la crise du logement, rapport du Sénat, 2004, introduction, [lire en ligne]
« Deux bonnes nouvelles pour le logement », Les Échos, 19 décembre 2007
« Le directeur de cabinet de Christine Boutin habite une HLM de la ville de Paris », Libération, 18 décembre 2007, [lire en ligne]
[pdf]Pour une réforme radicale de l’organisation du droit du logement, Quelques enseignements de l’analyse économique, décembre 2006
« L'imposture du droit opposable au logement », Europelibre.com
- Assar Lindbeck, The Political Economy of the New Left, New York, Harper and Row, 1972, p. 39
Bibliographie
- 1977. Lawrence B. Smith. "Anatomy of a Crisis. Canadian Housing Policy in the Seventies". The Fraser Institute.
- 1992. Georges Mesmin. Urbanisme et logement : Analyse d'une crise. Paris PUF. (ISBN 2130448488)
Voir aussi
Liens externes
https://www.wikiberal.org/wiki/Logement
N) - La sanction ne dépend pas de la faute.
Elle dépend du fautif.
🔔 Dans les contes russes, Baba Yaga ne punit pas les enfants selon ce qu'ils ont fait. Elle les punit selon qui ils sont, et selon son humeur du jour. Au Palais-Bourbon, cette méthode a désormais une jurisprudence complète. La voici, datée et sourcée.
🧵
Mai 2024 : un député brandit un drapeau dans l'hémicycle. Pas une insulte, pas une menace — un morceau de tissu. Sanction : censure avec exclusion temporaire, la peine LA PLUS LOURDE du règlement, quinze jours hors les murs.
Novembre 2024 : un autre député lance à des collègues « Ferme ta gueule », « on va s'occuper de toi », « on va s'expliquer dehors ». Des menaces physiques, consignées noir sur blanc par la présidence elle-même. Sanction : un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal.
Deux crans SOUS le drapeau.
1er juillet 2026 : deux députés traitent en séance la moitié de l'hémicycle de « racistes » et « xénophobes ». Sanction : rappel à l'ordre simple — le premier barreau de l'échelle, le plus bas. Le même jour, on apprend qu'un troisième, qui a tenu les mêmes propos en commission (« fascistes et racistes »), a reçu... un courrier. Il persiste et signe publiquement. Aucune suite. Et une présidente de groupe qui a prononcé des mots similaires le même jour n'a rien reçu du tout.
🎠
Récapitulons la grille tarifaire : un drapeau, quinze jours d'exclusion. Des menaces physiques, une retenue sur indemnité. « Racistes » en séance, un rappel. Les mêmes mots en commission, une lettre. Les mêmes mots par la bonne personne, rien. Cherchez la logique — elle existe, mais ce n'est pas celle de la faute.
Le plus extraordinaire est que la présidente de l'Assemblée a théorisé elle-même ce système, en vidéo, pour se défendre : « la même sanction peut être prononcée pour des actes différents, alors que des faits similaires peuvent faire l'objet d'une sanction différente. »
Relisez cette phrase. C'est la définition exacte de l'arbitraire — non pas déviation honteuse, mais doctrine assumée, publiée, revendiquée. Dans n'importe quel tribunal, un tel principe s'appelle un déni de justice. Au Perchoir, ça s'appelle la règle.
🏛️
Et quand l'occasion s'est présentée de corriger le système ? La réforme du règlement déposée fin juin 2026 laisse précisément de côté la refonte de l'échelle des sanctions. La sorcière garde sa marmite. Quant au Bureau qui prononce ces peines, rappelons qu'en 2024 le premier groupe de l'Assemblée en nombre de députés en avait été purement écarté par des votes.
Le tribunal choisit ses juges, les juges choisissent leurs coupables.
La sanction ne dépend pas de la faute.
Elle dépend du fautif.
(Sources : LCP, 1er juillet 2026 et 1er juin 2024 ; communiqué de la présidence de l'Assemblée nationale, 20 novembre 2024 ; AFP)
O) - On ne ferme pas une chaîne de télévision d'un coup.
On ne ferme pas une chaîne de télévision d'un coup. C'est vulgaire, c'est visible, ça fait des martyrs. Non. On lui construit un CASIER. Pièce par pièce, année après année. Et le jour venu, on n'aura plus qu'à le lire. 📁
Voici comment on fabrique un casier, en cinq étapes documentées.
ÉTAPE 1 — On change la règle du jeu en cours de partie. 13 février 2024 : le Conseil d'État, saisi par Reporters sans frontières, invente le « pluralisme élargi » : l'Arcom ne doit plus seulement compter le temps de parole des politiques, mais évaluer les OPINIONS de tous les intervenants — chroniqueurs, animateurs, invités. Une notion qui n'existait pas quand les fréquences ont été attribuées. Devinez pour quelle chaîne, et quelle chaîne seulement, cette jurisprudence a été forgée.
ÉTAPE 2 — On documente. Juin 2026 : l'Arcom a visionné 168 HEURES de programmes de CNews — 146 émissions, quatre mois d'analyse — pour noter, thème par thème, si les opinions « convergent ». Verdict : « surexposition manifeste d'un même courant de pensée », points de vue divergents « isolés, voire dénigrés ». L'État français a produit un rapport mesurant la conformité idéologique d'une antenne. Relisez cette phrase.
📺
ÉTAPE 3 — On empile. Depuis 2017, le décompte du Monde : au moins 61 rappels à l'ordre, mises en garde, mises en demeure et amendes contre CNews. 630 000 euros. Seule chaîne d'information sanctionnée pour certains motifs. Chaque pièce est individuellement défendable. C'est leur ACCUMULATION qui est l'arme : un casier ne juge pas, il pèse.
ÉTAPE 4 — On crée le précédent. Février 2025 : C8 — même groupe — perd sa fréquence TNT. Écran noir. C'était la PREMIÈRE chaîne de la TNT en audience. Motif officiel : son casier, précisément. Et cette phrase d'une professeure de droit d'Assas, à froid : « juridiquement, toutes les conditions étaient réunies pour rejeter aussi le projet de CNews. » Le dossier d'exécution existait déjà en 2024. Il n'a pas été utilisé. Cette fois-là.
ÉTAPE 5 — On installe la surveillance permanente. À l'approche de 2027, l'Arcom annonce une « veille » sur les chaînes d'information. Le thermomètre est posé à demeure.
Maintenant, l'expérience de contrôle. Le 11 juin 2026, l'Arcom épingle aussi France Inter et Franceinfo : le RN sous-représenté à l'antenne. Sanction ? Aucune. Radio France « reconnaît son erreur », invoque « une situation temporaire », et l'affaire est close en un communiqué. D'un côté, l'erreur reconnue qui absout. De l'autre, le casier qui s'épaissit. Même régulateur, deux justices.
⚖️
Précisons, parce que l'honnêteté est notre seule armure :
l'Arcom n'a jamais écrit vouloir fermer CNews, et sa fréquence a été renouvelée en 2024. Mais c'est exactement ainsi que fonctionne un casier : il ne menace jamais. Il attend. La prochaine échéance, le prochain appel à candidatures, la prochaine majorité — et ce jour-là, la décision paraîtra purement technique, abondamment motivée, juridiquement inattaquable. C8 peut en témoigner.
Et voici pourquoi cette affaire vous concerne même si vous détestez CNews.
Un régulateur d'État qui visionne 168 heures d'antenne pour compter les opinions des chroniqueurs est une machine. Les machines ne connaissent pas leur propriétaire. Celle-ci vise aujourd'hui une chaîne de droite ; qu'une majorité change, et la même jurisprudence, le même « pluralisme élargi », les mêmes 168 heures se retourneront contre n'importe qui. La chaîne d'après sera peut-être la vôtre.
🪤
Pendant ce temps, le public a tranché : CNews est devenue la première chaîne d'information de France. Des millions de Français votent chaque jour avec leur télécommande pour une antenne que l'État note comme un élève déviant.
L'audience, c'est le pluralisme mesuré par le peuple.
Le casier, c'est le pluralisme mesuré par le pouvoir. Devinez lequel des deux gagnera.
(Sources : Conseil d'État, 13 février 2024 ; Arcom, mise en demeure du 12 juin 2026 et délibération du 17 juillet 2024 ; Le Monde, décompte des 61 procédures )
P) - Le monsieur Économie du Rassemblement national.
Il existe à l'Assemblée un député qui parle de « profits abusifs », d'« argent indu », d'« argent volé » qu'il faut « récupérer en entièreté ». Non, ce n'est pas un Insoumis. C'est le monsieur Économie du Rassemblement national.
🧾
Jean-Philippe Tanguy, pièces au dossier — toutes publiques, toutes vérifiables :
📌 PLF 2024 : il dépose LUI-MÊME un amendement créant une taxe sur les rachats d'actions. Texte au Journal officiel.
📌 Il dépose un amendement pour surtaxer les actionnaires des entreprises distribuant des dividendes supérieurs à leur moyenne décennale — les « superdividendes ».
📌 L'abstention de son groupe fait adopter la taxe de 20 à 33 % sur les superdividendes portée par la gauche.
📌 Octobre 2025 : le RN vote la taxe sur les multinationales. Sa défense au micro : « ce n'est pas une taxe, c'est un mécanisme de lutte contre la fraude. »
📌 Sur les énergéticiens : « C'est de l'argent indu, de l'argent volé sur les factures. Il faut récupérer l'ENTIÈRETÉ de ces 30 milliards. » Ses mots exacts, au Sénat de la République.
Arrêtez-vous sur le vocabulaire, parce que tout est là.
🔍
« Profits ABUSIFS ». « Argent INDU ».
Des profits qui doivent se JUSTIFIER. Devant qui ? Devant l'État — c'est-à-dire devant lui.
C'est la matrice exacte du collectivisme : la richesse appartient d'abord à la collectivité, qui en concède l'usage aux entreprises méritantes. Le profit y est présumé coupable, et l'État distribue les certificats d'innocence. Que le drapeau planté dessus soit rouge ou tricolore ne change rien à la mécanique.
🚩
Bien sûr, le même homme dénonce ailleurs une « pression fiscale insupportable » et reprend l'argument de l'exil des milliardaires contre la taxe Zucman. Ce n'est pas une contradiction : c'est pire. C'est la fiscalité DISCRÉTIONNAIRE — on ne taxe pas selon des règles, on taxe selon des humeurs. Tel secteur est « abusif », tel autre est « honnête ». Le droit de propriété devient une licence révocable, délivrée au jugé.
Un libéral peut débattre avec un socialiste : au moins les règles du socialiste sont écrites. Le dirigiste sélectif, lui, est imprévisible par construction — et on a vu plus haut dans cette série ce que l'imprévisibilité fait au capital.
🪤
Post-scriptum comportemental, pour la petite histoire. L'auteur de ces lignes peut en témoigner personnellement : présentez à l'intéressé une contradiction argumentée sur X, et vous découvrirez son rapport au débat — le blocage. 🚫
Oui Jean Phi m’a bloqué !🚨👀
On reconnaît un tempérament à sa gestion du désaccord. Le libéral répond. Le collectiviste supprime l'interlocuteur. Entre deux passages sur les canapés des podcasts d'influenceurs 🏳️🌈, où l'on raconte volontiers sa vie, on n'a apparemment pas le temps de défendre ses amendements.
Moralité : à droite de l'échiquier aussi, lisez les textes, pas les drapeaux. Un impôt de plus reste un impôt de plus, même prélevé avec l'accent patriote.
Le collectivisme n'est pas une opinion de gauche. C'est un réflexe. Et il ne se soigne pas en changeant de couleur. ⬇️
(Sources : amendements J.-P. Tanguy, PLF 2024 — NosDéputés/AN ; Public Sénat, avril 2024 ; Europe 1, octobre 2025 ; scrutins publics de l'Assemblée nationale, XVIIᵉ législature)
Q) - Les plafonds de loyers parisiens ont été annulés par la justice.
Les
plafonds de loyers parisiens ont été annulés par la justice.
Trois
fois.
Et personne ne vous l'a dit.
⚖️ C’est scandaleux
Reprenons calmement, parce que cette histoire est ahurissante.
Depuis juillet 2019, tout loyer parisien est plafonné par un « loyer de
référence majoré », fixé par arrêté préfectoral à partir des médianes
calculées par l'OLAP, l'observatoire des loyers. Des centaines de
milliers de baux contraints.
Des baisses imposées.
Des locataires
remboursés du « trop-perçu ».
Voici ce que les tribunaux ont dit de ces plafonds :
⚖️ Arrêté 2020 : ANNULÉ. Motif savoureux : la composition du conseil
d'administration de l'OLAP était irrégulière au moment de valider... les
calculs de médianes eux-mêmes.
⚖️ Novembre 2024 : le CONSEIL D'ÉTAT casse la validation de l'arrêté
fondateur de 2019 — l'homogénéité des secteurs géographiques, socle de
tout le calcul, n'avait pas été correctement examinée.
⚖️ Octobre 2025 : le tribunal administratif de Paris ANNULE l'arrêté
2023-2024 pour erreur de droit.
Trois annulations. Le fondement, la gouvernance, l'application : chaque étage de l'édifice a été jugé défaillant. Des plafonds illégaux ont gouverné le premier marché locatif de France pendant des années.
🏛️
Maintenant, le mécanisme — parce qu'il n'y a même pas besoin de fraude. La méthode suffit.
Le « loyer de référence » est la MÉDIANE des loyers... du STOCK de baux existants. Or les baux en cours ne peuvent être révisés qu'à l'IRL, plafonné. Le stock contient donc des années de loyers anciens, mécaniquement tirés vers le bas. Cette médiane-là est structurellement INFÉRIEURE au loyer de marché d'une nouvelle location.
Ajoutez +20 % pour obtenir le « majoré », et vous obtenez un plafond qui, sur les segments tendus, mord SOUS le prix de relocation.
Par construction. La baisse des loyers n'est pas un effet du dispositif : c'est son réglage d'usine.
📐
La preuve, par l'OLAP elle-même : 30 % des loyers constatés dépassent le plafond, avec un dépassement moyen de 12 %. Quand un tiers du marché réel est « hors la loi », ce n'est pas le marché qui triche. C'est la toise qui est fausse.
Et voici l'asymétrie finale, la plus belle.
🪤
Le locataire qui a payé au-dessus du plafond ? Il récupère le trop-perçu, jusqu'à trois ans en arrière, intérêts et procédure comprises.
Le bailleur qui a baissé son loyer sous la contrainte d'un plafond ENSUITE JUGÉ ILLÉGAL ? Rien. Zéro euro. Les annulations ne rouvrent pas les baux signés. L'État s'est trompé de toise pendant des années, en a fait supporter le coût à une seule catégorie de citoyens, et la facture est éteinte.
Dans n'importe quel autre domaine, un instrument de mesure trois fois invalidé par la justice serait retiré du marché. Celui-ci a été reconduit par arrêté.
On connaît le résultat final de l'édifice : –67 % d'offre locative à Paris, 743 candidatures par annonce. Le plafond était illégal. La pénurie, elle, est parfaitement réelle. ⬇️
(Sources : Conseil d'État, 18 novembre 2024 ; TA de Paris, 24 octobre 2025 ; annulation de l'arrêté du 3 juin 2020 ; OLAP, note encadrement décembre 2022 ; rapport Fack-Chapelle sur l'encadrement des loyers ; ADIL 75)
Crise du logement
Par « crise du logement », on entend une situation dans laquelle il existe un manque important de logements dû à une demande de logement beaucoup plus importante que l’offre, et que l’ajustement par les prix libres ne permet pas un rééquilibrage rapide.
Une crise de l'interventionnisme étatique
Tout marché immobilier local ou national peut être temporairement
déséquilibré par des phénomènes extérieurs (guerre, catastrophe
naturelle) ou des migrations importantes de population. L'important est
donc de savoir comment offrir aux acteurs le meilleur cadre possible
pour s'y adapter et offrir la réponse la plus adaptée possible à la
demande.
Force est de constater que les mesures étatiques accumulées
depuis plusieurs décennies ont l'effet exactement inverse et nourrissent
la crise du logement. L'Institut Économique de Montréal résume ainsi la situation : « si
la crise se poursuit, c'est parce que les gouvernements n'ont toujours
pas enclenché les réformes nécessaires pour permettre au marché privé du
logement de répondre
à la demande accrue des consommateurs »[1].
Développons plus en détail :
- la réglementation par les permis de construire augmente très
fortement le coût des biens immobiliers, en restreignant
artificiellement les zones constructibles : aux États-Unis, cette
pénalité a été estimée à 275 milliards de dollars en 2005 par Ed. Glaeser et J.Gyourko, de Harvard, ou Randal O'Toole, du Thoreau Institute[2]. En France, cela représente 45 milliards d'euros en 2005, soit le tiers du prix moyen d'un logement.
- en outre, cette réglementation tend à creuser les cycles du marché
immobilier et donc à amplifier les crises du logement. L'économiste Edward Glaeser
montre par exemple que la crise du logement américaine n'a touché que
quelques endroits ciblés comme Boston ou San Francisco. Ce sont les
gouvernements locaux qui sont fautifs en ayant raréfié de façon
artificielle les terrains à bâtir par le mécanisme des permis de
construire. Boston et San Francisco, villes où le marché immobilier est
très encadré et où la construction est limitée par des permis de
construire ont vu des bulles
gigantesques se constituer. À l'inverse, des États comme l'Arizona ou
le Texas ont facilité l'obtention de permis de construire et ont su
ainsi construire suffisamment de logements pour faire face à une demande
en très forte croissance sans bulle spéculative.
Approfondissons cette analyse avec trois erreurs fréquentes, qui aggravent la crise :
Erreurs courantes
Le marché immobilier n'étant pas flexible, l'action de l'État est nécessaire
Pour les étatistes, le marché
immobilier est un marché particulier qui nécessite une intervention de
l'État en raison d'une offre et d'une demande qui ne peuvent s'ajuster
rapidement. Les prix Nobel d'économie Milton Friedman et George Stigler ont montré que ce raisonnement était faux, l'offre et la demande étant justement flexibles dans un contexte de prix libres :
- l'offre est partiellement flexible : division d'appartements en
plus petite surface ou, à l'inverse, regroupement en de plus grandes
surfaces, reconversions de bureaux en logement et vice-versa ;
- la demande est également flexible : la cherté relative influe sur la
surface que les individus rechercheront, les décisions des jeunes
adultes de quitter ou non le foyer familial, ou incitera par exemple les
couples à habiter ensemble plus précocement tandis que des pratiques
telles que la colocation peuvent se développer. Friedman et Stigler
soulignent que, en raison du séisme de 1906 qui avait détruit la moitié
des logements de San Francisco, les logements restants durent accueillir
40 % de ménages supplémentaires sans qu'aucune pénurie de logements
soit observable[3]. L'économiste libertarien Henry Hazlitt soulignait la même chose dans L'économie politique en une leçon :
« Si les propriétaires ont le droit d'augmenter leurs loyers pour tenir
compte de l'inflation monétaire et des véritables conditions de l'offre
et de la demande, les locataires individuels chercheront à faire des
économies en prenant moins de place. Ceci permettra à d'autres personnes
de partager les logements dont l'offre est réduite. Le même nombre de
logements abritera plus de monde, jusqu'à ce que la pénurie prenne fin »[4]. En outre, l'inadéquation qui existe parfois peut être surmontée par la mobilité de la population.
Le contrôle des loyers est au bénéfice des locataires
Selon la théorie étatiste, le contrôle des loyers est nécessaire pour
« protéger » les locataires de loyers jugés excessifs. C'est une double
erreur :
- les loyers ou prix des logements sont élevés en raison d'une demande supérieure à l'offre
et le contrôle des loyers a un effet restrictif sur l'offre de
logements : en effet, pourquoi un investisseur irait-il construire un
nouveau logement s'il sait que le loyer qu'il pourra en retirer sera
artificiellement plafonné à un niveau bas ? Au contraire, un niveau
élevé des loyers ou des prix de l'immobilier donnent une très forte
incitation à construire, constructions qui feront baisser les prix dans
le futur. Le contrôle des loyers est donc tout sauf efficace pour régler
une crise du logement.
- le contrôle des loyers a des conséquences négatives également à
court terme : puisque le parc immobilier est insuffisant, et que la
répartition des individus ne peut s'y faire par le critère du prix,
c'est le favoritisme ou le clientélisme qui règnent. Milton Friedman et George Stigler parlent de « rationnement par la chance et le favoritisme »[3]. À l'inverse, le rationnement par les prix incite à la modération et à une utilisation optimale du parc immobilier.
Les chiffres sont édifiants : les futurs Prix Nobel d'économie Milton Friedman et George Stigler
notaient ainsi en comparant le rationnement par le contrôle des loyers
et le rationnement par un système de prix libres : « En 1906, après le
tremblement de terre, quand les loyers étaient libres de monter, il y
avait une « recherche de location » pour dix « maisons ou appartements à
louer » ; en 1946, [quand le contrôle des loyers régnait], il y avait
375 recherches de location pour dix offres de location »[3].
Comme l'écrasante majorité des économistes, Henry Hazlitt
va dans le même sens qu'eux, écrivant ainsi : « [À cause du contrôle
des loyers], on ne construit pas de nouveaux logements, parce qu'il n'y a
plus de bonnes raisons de les construire ».
L'économiste péruvien Hernando de Soto
applique cette même analyse au marché immobilier des pays en
développement, soulignant qu'un marché immobilier libre est tout à
l'avantage des locataires[5].
Il faut davantage protéger les locataires
On pourrait penser assez naturellement que l'État peut davantage
protéger les locataires pour qu'ils ne soient pas les victimes de la
crise du logement. Comme à propos du contrôle des loyers, il s'agit d'une bonne intention aux conséquences désastreuses. Étienne Wasmer,
couronné meilleure jeune économiste de France, développa cette analyse à
de nombreuses reprises ; il souligne en particulier que la protection
des locataires a atteint un tel niveau qu'elle ne protège que les
mauvais payeurs et les propriétaires, au détriment des ménages honnêtes à
qui sont demandées toujours plus de garanties. Il écrit ainsi[6]. :
| “
|
Tout ceci n'est ni de
gauche ni de droite, juste le simple bon sens qui fait comprendre que le
goût immodéré de notre pays pour les textes de lois abscons, léonins et
semés d'embûches (l'expression " à peine de nullité " est celle qu'on y
rencontre le plus souvent) rend la vie pénible à tous ceux de bonne
foi, locataires comme propriétaires, et favorise paradoxalement
procéduriers et grands propriétaires fonciers, dans une situation en
passe de devenir explosive.
|
”
|
Illustrons avec un exemple français : la loi Quillot de 1982 instaure
à nouveau un contrôle des loyers partiels et rend plus difficile
l'expulsion des locataires qui refusent de payer leur loyer. Effet
immédiat : chute brutale des constructions de logement, au détriment des
plus pauvres auxquels les propriétaires demandent des garanties qu'ils
ne peuvent avoir pour se protéger des mauvais payeurs contre lesquels
ils seront démunis car la loi les protège. En 1981, il y avait 125 000
mises en chantier par le secteur libre. Après cette loi, on tombe à 71
000 en 1982 et 32 000 en 1985[7].
Une étude internationale récente réalisée à Harvard indique que
la France est un des pays de l'OCDE où le recouvrement d'un logement et
l'expulsion d'un locataire sont les plus longs : 226 jours en moyenne,
dont 75 jours pour obtenir un procès, et 135 jours pour l'application de
l'acte de justice[6].
Autre exemple de cette surprotection des locataires : aux Pays-Bas, les
propriétaires sont obligés de payer des anti-squatteurs afin d'éviter
que leur bien soit squatté, car la justice ne fera pas respecter leur
droit de propriété et laissera les squatteurs dans les lieux[8]. Autant de surcoûts qui sont répercutés sur les loyers de tous.
Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !
Les libéraux tirent les conséquences logiques de ces analyses
largement partagées : les mesures les plus à même d'améliorer le sort
des plus faibles passe donc par une simplification radicale du droit de
l'immobilier et une restauration de la liberté contractuelle.
Informations complémentaires
Notes et références
[pdf]Quelques mythes sur les causes de la crise du logement
[pdf]Résumé de l'étude de l'Institut Turgot
"Toits
ou plafonds ? Le problème actuel du logement", in Popular Essays on
Current Problems. Volume I, numéro 2 (septembre 1946), [lire en ligne]
Henry Hazlitt, L'économie politique en une leçon, [lire en ligne]
Hernando de Soto, Le Mystère du capital, p.107
Article d'Étienne Wasmer paru dans Libération le 5 septembre 2005, [lire en ligne]
Contrôle des loyers : petite histoire d'une arme de destruction massive, analyse de Vincent Bénard, 5 septembre 2007
Bibliographie
- Vincent Bénard, Logement, crise publique, remèdes privés, 2007, Paris, Romillat, ISBN 2878941365, [lire en ligne], Acheter en ligne
- Christian Julienne, Logement, solutions pour une crise fabriquée, 2006, Paris, Les Belles Lettres, 332 p., ISBN 2251443088, [prés. en ligne], Acheter en ligne
- Georges Mesmin, Urbanisme et logement : Analyse d'une crise, 1992, Paris, PUF, 173 p., ISBN 2130448488
- Henry Hazlitt, L'économie politique en une leçon, édition de 1979, chap. 18 : Les résultats du contrôle des loyers, [lire en ligne]
Voir aussi
Liens externes
- https://www.wikiberal.org/wiki/Crise_du_logement
Contrôle des loyers
Le contrôle des loyers
désigne toutes les mesures prises par les pouvoirs publics pour
encadrer, réduire, augmenter et plus généralement contrôler le niveau
des loyers sur un marché immobilier
donné. Ces pratiques sont considérées de manière consensuelle par les
économistes comme l'un des pires moyens de faire face à une crise du logement[1]. Comme le résume l'économiste suédois Assar Lindbeck (membre du jury du Prix Nobel d'économie : « Avec le bombardement, le contrôle des loyers est la meilleure façon de raser une ville »[2].
Présentation du contrôle des loyers
Le contrôle des loyers peut prendre de très nombreuses formes
(plafond de loyer par mètre carré à Paris ou Bordeaux, interdiction de
location de certains biens avec la loi Boutin ou le Diagnostic de
Performance Énergétique, etc.). Point commun entre toutes ces formes :
comme toujours, les protections sont difficilement réversibles car elles
ont créé des situations de droits acquis qu’il faut ensuite racheter.
La loi de 1948, les plafonds de loyers, les protections des locataires
indélicats, les difficultés de revente des logements sociaux…
constituent un inextricable maquis. Ainsi, alors que l'effet nocif des
obligations de DPE
pour les locataires est connu de l'intéressé, Bruno Le Maire a refusé
en 2023 de revenir sur ces obligations dont les locataires sans logement
sont les victimes[3].
Les offices d’HLM jouent un rôle incontournable, et il est
reconnu que leur gestion n’est pas toujours optimum (exemple entre
beaucoup d’autres, le contrôle sur les plafonds de ressources de leurs
locataires…).
Solutions à la crise du logement
Alors que les logements locatifs disponibles sont trop rares et chers, la seule politique efficace doit être une politique de l'offre,
encourageant la construction. Pour cela, il faut lever les obstacles à
leur développement, et non en ajouter de nouveaux. Pour faire face à la
pénurie de logements entretenue par la réglementation,
des mairies sont tentées de mettre en place un contrôle des loyers.
Pourtant, cela revient à casser le thermomètre pour ne plus voir le
problème, plutôt qu'à le régler. En l’occurrence, la pénurie de
logements entretenue par une réglementation restrictive, alors qu'il
faut encourager la construction de plus de logements, ce que seule une
hausse des loyers peut permettre d'accomplir, en donnant les incitations
financières nécessaires aux propriétaires et promoteurs pour mettre
davantage de logements sur le marché. Les seules villes aux États-Unis
réussissant ainsi à baisser le niveau de leurs loyers sont celles où les
prix sont totalement libres et où la construction est ainsi encouragée[4].
Le droit de préemption par les communes est également à remettre
sérieusement à plat pour laisser le marché immobilier s'ajuster par la
construction de nouveaux logements.
Le contrôle des loyers, infaisable usine à gaz
La France s'est longtemps obstinée à tenter de contrôler les loyers, en particulier au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec la loi 48 connue encore aujourd'hui, pour sa complexité risible :
« Calculez pour chaque pièce la SURFACE REELLE (art
5), appliquez le coefficient correspondant à sa nature (art 6). Le
produit vous donnera la SURFACE UTILE. Déterminez ensuite le coefficient
d’éclairement (art 8), de vues (art 10) additionnez-les et divisés par
trois (art 7). Vous dégagerez un coefficient moyen. Vous aurez votre
SURFACE CORRIGÉE. Additionnez les surfaces corrigées de toutes vos
pièces, plus les surfaces utiles des annexes. Vous aurez le total de la
surface du local. Après quoi, déterminez le correctif d’ensemble (art
11) en faisant la moyenne des coefficients d’entretien (art 12) et de
situation (art 13). Multipliez la surface corrigée totale par le
correctif d’ensemble. Ajoutez les équivalences superficielles des
équipements (art 14). Diminuez pour absence d’ascenseur (art 16).
Majorez pour usage professionnel (art 15). Vous obtenez la SURFACE
CORRIGÉE TOTALE ! Il y a ensuite un prix de base du mètre carré selon le
salaire de base qui donne le LOYER « SCIENTIFIQUE » MENSUEL. »
— Décret du 23 novembre 1948 et ses commentaires paru dans la Vie Française du 8 octobre 1948
Témoignage impressionnant que fournit cette législation sur l’état de
dégradation avancée d’une société qui se refuse à utiliser le mécanisme
des prix et qui prétend fixer les valeurs suivant des procédés
théoriques. Quelques extraits du décret sont tellement explicites :
comment savoir ce qu’est une pièce « claire sur plus de la moitié de la
surface », ou « ensoleillée une bonne partie de la journée vers le fin
de mars ou exposée au midi et ensoleillée, à la même époque, pendant la
moitié de la journée en raison d’un masque partiel » ; l’administration
parisienne ayant renoncé à tenir compte des Français qui vivent dans des
régions où l’on fuit le soleil. La définition d’une « large rue » ou
« un espace
de verdure ayant au moins quinze mètres sans vis-à-vis » laisse rêveur.
On ose à peine s’aventurer dans les coefficients de vétusté qui se
réfèrent au « jeu des portes et fenêtres », aux « cloisons gauchies » ou
encore aux « marches d’escaliers usées et branlantes ». Et on ne peut
que renoncer à suivre le législateur dans son appréciation personnelle
du chiffrage de l’emplacement car on discutera éternellement pour savoir
dans quelle mesure la proximité d’un lycée compense l’absence d’un
bureau de tabac et s’il vaut mieux être aux environs immédiats d’une
bouche de métro ou d’une pharmacie. Cet abus dans la perversion du
langage devient plus éclatant encore lorsqu’il s’agit d’évaluer les
équivalents mètres carrés des équipements à l’aide d’une nomenclature
incroyable où un poste d’eau chaude sur baignoire » vaut 3,75 m2 et des WC commun à l’étage ou au demi-étage d’un immeuble collectif » valent 0,5 m2 !
Résultats des contrôles des loyers contemporains
Les contrôles des loyers plus contemporains, menés par exemple à
Paris, souffrent des mêmes défauts. Obligé de trouver des moyens de
tenir (en partie) compte de la réalité et de son hétérogénéité, l'élu
local a du laisser des possibilités de complément de loyer qui sont
quasi systématiquement prises en compte par les propriétaires, les
loyers de référence étant bien trop bas. Résultat du contrôle des
loyers, tant sur les prix que par des conditions de DPE ou autres
mesures restrictives : l'offre de logements disponibles pour la location
en 2023 avait baissé de 34 % par rapport à 2022 selon les agents
immobiliers[5]
À Berlin, l'expérience du gel des loyers, « malgré ses bonnes intentions a eu des conséquences plutôt désastreuses »[6]. Pareillement, la fin du contrôle des loyers en Argentine
a permis en 10 jours de doubler le nombre d'appartements en location
dans la capitale Buenos Aires, et une baisse des loyers d'environ -20 %[7].
Notes et références
Quelques études démontrant l’imbécilité du contrôle des loyers
Assar Lindbeck, The Political Economy of the New Left, New York, Harper and Row, 1972, p. 39
Passoires thermiques : « Pas question de modifier le calendrier », assure Bruno Le Maire, 20 Minutes
Repeat after me: building any new homes reduces housing costs for all, Financial Times, 15 septembre 2023
Location : pourquoi y a-t-il une pénurie de logements dans toute la France ?, Le Progrès
Gel des loyers à Berlin : retour sur une solution glissante, CNRS Le journal, 1er février 2024
Bibliographie
- 1946, Milton Friedman et George Stigler, Roofs or Ceilings? The Current Housing Problem. Irvington-on-Hudson, NY : Foundation for Economic Education. [lire en ligne]
- Repris en 1981, In: Walter Block et al., dir., "Rent control: Myths ans realities", pp87-103
- Repris en 1994, In: Walter Block et al., dir., "Rent control: Myths ans realities", pp299-304
- Traduction en français par Hervé de Quengo, « Toits ou plafonds ? Le problème actuel du logement », Catallaxia.
- Traduction en français par Stéphane Couvreur, « Un toit ou un plafond ? La crise actuelle du logement », Institut Coppet, 17 décembre 2013.
- 1950, Frank Paish, "The Economics of Rent Restriction", Lloyds Bank Review, avril
- 1971, Sven Rydenfelt, "Rent Control in Sweden: Lessons from a Thirty Year Old Socio-economic Experiment", In: Floyd A. Harper, Henry Hazlitt, Leonard Read, Gustavo R. Velasco, Friedrich August von Hayek, dir., "Toward Liberty: Essays in Honor of Ludwig von Mises", vol 1, Menlo Park: Institute for Humane Studies
- 1972,
- John C. Moorhouse, "Optional [rousing Maintenance Under Rent Control", South economic journal, Vol 39, pp93-106
- Edgar O. Olsen, "An Econometric Analysis of Rent Control", Journal of Political Economy, Vol 80, Nov./ Dec, pp1081-1100
- 1975,
- Edgar O. Olsen, "U.S.: Questions and Some Answers About Rent Control. An empirical analysus of New York's experience", In: Michael Walker, dir., "Rent Control: A Popular Paradox", Vancouver, BC, Canada: The Fraser Institute, pp145-153
- Fred G. Pennance, "Introduction. Rent control is not the solution", In: Michael Walker, dir., "Rent Control: A Popular Paradox", Vancouver, BC, Canada: The Fraser Institute, pp63-64
- Fred G. Pennance, "U.K.: Recent British Experience. A Postscript from 1975", In: Michael Walker, dir., "Rent Control: A Popular Paradox", Vancouver, BC, Canada: The Fraser Institute, pp135-142
- Michael Walker, dir., "Rent Control: A Popular Paradox", Vancouver: The Fraser Institute
- 1982,
M. Bruce Johnson, "Resolving the Housing Crisis: Government Policy,
Decontrol and the Public Interest", Pacific Research Inst for Public
- 1989, R. W. Grant, "Rent Control and the War Against the Poor", Quandary house
- 1993, Walter Block, "Rent control", In David R. Henderson,
dir., "The Fortune Encyclopedia of Economics: 141 Top Economists
Explain the Theories, Mechanics, and Institutions of Money, Trade, and
Markets", New York: Time-Warner Books, Inc., pp421-426
- 1994, Walter Block, "Rent Control: A Case Study of British Columbia", Mid Atlantic Journal of Business, Vol 30, n°3, December, pp299-304
- 1995, Patrick Mungovan, "The Ravages of Rent Control", Chalcedon Rep., June, n°359, pp31-32
- 1997, Walter Block, Gene McDonough, "The Evils of Rent Control". Consent, n°27, pp10-11
- 1998, Joseph Horton et al., "Rent Control: An Economic Abomination", Internation Journal Value Based Manager, Vol 11, pp253-263
Voir aussi
Liens externes
https://www.wikiberal.org/wiki/Contr%C3%B4le_des_loyers

R) - Le programme officiel du candidat LFI pour 2027.
Au-delà de 400 000 euros de revenus, l'État vous laissera 10 centimes par euro gagné. Ce n'est pas une caricature. C'est le programme officiel du candidat LFI pour 2027.
🧾
Noir sur blanc, sur son site de campagne : barème de l'impôt sur le revenu porté à 14 tranches, et « taux marginal sur la plus haute tranche de revenus, au-delà de 400 000 euros par an, fixé à 90 % ».
Quatre-vingt-dix.
Faisons ensemble l'arithmétique de la « justice fiscale » :
⏱️ Au-delà du seuil, sur chaque heure travaillée, 54 minutes appartiennent à l'État. Il vous en concède 6.
⏱️ Chaque euro supplémentaire de mérite, de risque, de nuits blanches : 90 centimes prélevés à la source du talent.
Et ce 90 % n'arrive pas seul. Regardez l'écosystème complet du programme : salaires plafonnés à 20 fois le SMIC dans l'entreprise. Héritage confisqué au-delà d'un plafond. ISF rétabli et alourdi. Exit tax renforcée — la sortie aussi est taxée : on verrouille la cage avant de tondre. TVA à 33 % sur ce qui reste.
🔒
Ce n'est pas un barème fiscal. C'est un REVENU MAXIMUM AUTORISÉ. D'ailleurs, le candidat l'assumait sans détour en 2017, à propos de ce même seuil de 400 000 euros : « au-delà, je prends tout. » Le 90 % de 2027 n'est pas une modération. C'est une remise commerciale de 10 %.
🎭
Maintenant, trois faits que le programme ne mentionne pas :
⚖️ 1. C'est inconstitutionnel — et ils le savent. En décembre 2012, le Conseil constitutionnel a censuré la taxe Hollande à 75 % pour « caractère confiscatoire ». À 90 %, la mesure est morte-née dans le droit actuel. Sauf à changer de Constitution. Or que trouve-t-on ailleurs dans le programme ? La 6ᵉ République. Le 90 % n'est pas une mesure fiscale : c'est un aveu constitutionnel.
📉 2. Ça a déjà été essayé — et ça a été enterré. La taxe à 75 %, version édulcorée, a vécu deux ans (2013-2014), rapporté quelques centaines de millions — une poussière des 1 600 milliards de dépense publique annuelle — et provoqué un exode médiatisé avant d'être abandonnée sans un mot d'excuse.
🏃 3. Ça ne touche pas ceux qu'on vous désigne. Le milliardaire vit de dividendes, de plus-values et de holdings : son revenu imposable est un choix. La tranche à 90 % frappe les hauts revenus du TRAVAIL : le chirurgien, l'entrepreneur l'année où il vend sa boîte, l'ingénieur star, le sportif. Précisément la base fiscale la plus mobile d'Europe. Elle ne paiera pas. Elle partira — ou ne se lancera jamais.
Car voilà le vrai coût, invisible dans tous les chiffrages : le signal. Un pays qui écrit dans un programme présidentiel que la réussite est plafonnée par la loi n'a plus besoin d'appliquer la mesure pour en payer le prix. Chaque créateur d'entreprise qui choisit Londres, Zurich ou Austin a déjà voté.
🪤
L'impôt finance l'État. La confiscation, elle, finance autre chose : un ressentiment. Et le ressentiment est le seul impôt dont le rendement ne déçoit jamais.
On ne redistribue pas la richesse qu'on a fait fuir. Ce pays est merveilleux
(Sources : programme officiel LFI / http://melenchon2027.fr — plan « justice fiscale » ; Conseil constitutionnel, décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 ; bilan de la contribution exceptionnelle 2013-2014 ; déclaration J.-L. Mélenchon, 2017)
S) - Gabriel Attal se présente en rempart contre les extrêmes.
Gabriel Attal se présente en rempart contre les extrêmes. Ouvrons les archives de juillet 2024 — elles datent d'il y a deux ans, pas d'un siècle. 📂
Soir du premier tour des législatives. Le RN est en tête à 33 %. La coalition d'Attal, Premier ministre et chef de campagne, est TROISIÈME, à 21 %. L'effondrement est annoncé.
Que se passe-t-il alors ? Un pacte électoral de fait, public, réciproque, coordonné en 48 heures avec le Nouveau Front populaire — dont La France insoumise était la première composante.
Les chiffres officiels, pas les souvenirs :
🤝 224 désistements entre les deux tours. Dont 134 du NFP — LFI comprise, retirée sur ordre de Mélenchon « en toutes circonstances », annoncé dès le soir du premier tour. Avant même que le camp Attal ne clarifie ses propres consignes.
🤝 Dans les duels Ensemble-RN, 72 % des électeurs du NFP — insoumis compris — se sont reportés sur le candidat macroniste.
🤝 Résultat : 105 duels gagnés sur 128. 82 % de réussite. La coalition d'Attal, promise à la déroute, sauve 168 sièges.
🤝 Et la réciproque a existé : dans les duels LFI-RN, 43 % des électeurs macronistes ont voté... insoumis. Sur consigne.
Sans ce pacte, pas de groupe Ensemble. Pas de Matignon pour Attal jusqu'en 2024. Pas de trône de président de parti. Pas d'affiche 2027. Des dizaines de députés macronistes siègent aujourd'hui grâce aux bulletins d'électeurs insoumis qui ont serré les dents dans l'isoloir.
La suite, vous la connaissez.
🗑️
Le NFP arrive premier bloc de l'Assemblée ? Écarté du gouvernement, sa candidate refusée sans discussion. L'alliance électorale de juillet ? Niée dès août — « désistement ne veut pas dire ralliement », répétait déjà Attal, la main tendue et les doigts croisés.
Et LFI ? Rebasculée du jour au lendemain dans « les extrêmes », hors de l'« arc républicain » — le même arc qui venait de lui servir de canot de sauvetage.
Et aujourd'hui, l'affiche : « Il a déjà empêché les extrêmes d'accéder au pouvoir. »
Non. En juillet 2024, il n'a pas empêché les extrêmes.
Il a CONTRACTÉ avec l'un pour bloquer l'autre, encaissé les voix, puis jeté le contractant. On peut trouver la manœuvre habile. On ne peut pas la trouver héroïque.
🎭
Qu'on soit clair :
il ne s'agit pas ici de défendre LFI — ce compte est probablement le dernier endroit où on la défendra. Il s'agit de mémoire. Un homme qui doit son existence politique aux voix de Mélenchon ne peut pas se faire élire en 2027 sur le récit inverse.
Le rempart n'a pas arrêté la vague. Il a été maçonné par ceux qu'il désigne aujourd'hui comme la menace — et il compte sur votre amnésie pour encaisser deux fois : leurs voix hier, votre peur demain.
🪤
En politique, l'ingratitude n'est pas un vice.
Le mensonge sur facture, si. ⬇️
(Sources : ministère de l'Intérieur, résultats législatives 2024 ; LCP / Toute l'Europe — 224 désistements dont 134 NFP et 82 Ensemble ; Ipsos-Talan / Sciences Po CEVIPOF — reports de voix du second tour ; déclarations publiques, 30 juin - 3 juillet 2024)
T) - Le Code du travail, oh là là !!
1910 : le Code du travail tient dans une poche de veste. 2025 : 11 487 articles, 1,15 million de mots, 4 000 pages. Et quarante ans de chômage de masse.
Retraçons le siècle qui a enseveli le travail sous le papier. 📕
1910. Naissance du Code. Un livre. Le contrat, l'apprentissage, le salaire. La France travaille.
1936. Congés payés, 40 heures. Le Code grossit — pour des conquêtes réelles.
1973. Première recodification. Le pavé prend forme.
1974. Retenez cette date : DERNIÈRE année de plein emploi en France. Chômage : moins de 3 %.
1982. Lois Auroux : un tiers du Code réécrit d'un coup.
1983. La France franchit les 7 % de chômage. Elle n'est JAMAIS repassée durablement en dessous. Pas une année. Pas une seule, en quarante-deux ans.
🕳️
2000. Les 35 heures : des centaines de pages pour réglementer... la durée d'une semaine.
2008. Recodification : on « simplifie » — le nombre d'articles explose.
2016. Loi El Khomri, dite de « simplification » : le Code enfle de cent pages supplémentaires.
2025. Bilan officiel (étude Légifrance, avril 2025) : de 5 131 articles en 2004 à 11 487 en 2025. +124 % EN VINGT ET UN ANS. Le volume de mots : +64 %, à 1,15 million. Un record historique.
📈
Superposez maintenant les deux courbes du siècle. Le Code qui enfle. Le chômage qui s'installe. Plein emploi avec un code mince ; chômage de masse avec un code obèse. Corrélation n'est pas causalité ?
Alors regardez le contrefactuel :
🇩🇪 Allemagne : PAS de code du travail centralisé. Chômage : 3,5 %.
🇨🇭 Suisse : PAS de code du travail centralisé. Chômage : 2,8 %.
🇫🇷 France : 11 487 articles. Chômage : 7,4 %.
Le mécanisme est connu de tous les économistes du travail, et voici pourquoi ton employeur potentiel ne t'embauche pas :
Chaque règle, prise isolément, semble protectrice. Empilées, elles forment un mur. Face à 1,15 million de mots, à des seuils qui déclenchent des avalanches d'obligations — le fameux mur des 50 salariés — et à un licenciement transformé en contentieux de trois ans, l'employeur rationnel fait la seule chose sûre : il N'EMBAUCHE PAS. Ou en CDD. Ou un robot. Ou au Portugal.
🧱
Résultat :
Un marché à deux vitesses. Les protégés, en CDI, retranchés derrière le pavé. Et les autres — jeunes, seniors, peu qualifiés — qui tournent en rond dehors. Le droit qui devait protéger l'emploi protège les emplois EXISTANTS en tuant les emplois FUTURS. 85 % des dirigeants de TPE-PME qui recrutent déclarent ne pas y arriver.
Et à chaque secousse systémique, le verdict tombe : 2009, le chômage bondit vers 10 %. 2013-2015 : 10,5 %. La rigidité ne protège pas dans la tempête — elle empêche de remonter à bord.
Quarante-deux ans. Vingt-trois ministres du Travail. Des dizaines de lois « pour l'emploi ». Toutes ont ajouté des pages. Aucune n'a résolu le chômage de masse.
Un remède qu'on double de dose tous les vingt ans pour une maladie qui ne recule jamais : dans n'importe quelle discipline, on arrêterait la prescription. En droit du travail français, on augmente la posologie. 🪤
Le travail ne manque pas. C'est le droit d'en donner qui est devenu trop lourd à porter. ⬇️
(Sources : Légifrance, étude du 30 avril 2025 — inflation normative du Code du travail ; Insee, séries longues du chômage ; Eurostat ; CPME 2023 ; Dalloz, éditions annotées 1990-2026)
U) - L'anomalie: Celui qui consomme ne paie ....
En France, celui qui consomme les services publics locaux ne les paie pas. Celui qui les paie ne les consomme pas. Et il lui est INTERDIT, par décret, de les refacturer.
🌀
Suivez bien, parce que cette anomalie-là, personne n'en parle jamais.
Un locataire s'installe. Il scolarise ses enfants dans l'école communale. Il roule sur la voirie communale, profite de l'éclairage, de la crèche, du gymnase, de la médiathèque. Qui finance tout cela ? La taxe foncière.
Et qui paie la taxe foncière ? Pas lui. Le propriétaire. Qui, souvent, n'habite pas la commune, n'y consomme aucun service, et n'y vote même pas.
🏫
Vous pensez : « le propriétaire n'a qu'à la répercuter dans les charges ». Impossible. Le décret du 26 août 1987 fixe une liste LIMITATIVE des charges récupérables sur le locataire. La taxe foncière n'y figure pas. Toute clause contraire est réputée non écrite. Seules les ordures ménagères (TEOM) passent.
Le reste : interdit. 📜
« Dans le loyer, alors ? » Raté aussi : le loyer est encadré. Double verrou. Le propriétaire absorbe — 1 117 € par an en moyenne, +41 % en dix ans.
Maintenant, le plus fort. Ce système avait autrefois une logique.
Jusqu'en 2023, le locataire payait la taxe d'HABITATION : sa contribution aux services qu'il consommait. L'occupant payait l'usage, le propriétaire payait la détention. Bancal, mais cohérent.
Puis on a supprimé la taxe d'habitation. Applaudissements généraux.
Personne n'a lu les petites lignes :
🕳️ L'occupant ne paie plus RIEN pour les services locaux dont il est l'unique bénéficiaire.
🕳️ Les communes, privées de recette, se sont rattrapées sur la seule matière captive restante : la taxe foncière. +7,1 % en 2023. +41 % sur dix ans.
🕳️ Le bailleur est devenu le contribuable local captif : il paie l'école des enfants d'un autre, dans une commune où il ne met pas les pieds — et où il ne vote pas.
Il existe un nom historique pour ça : TAXATION WITHOUT REPRESENTATION.
C'est le slogan qui a déclenché la Révolution américaine en 1776. En France, en 2026, c'est le statut ordinaire du bailleur. 🇺🇸
Et la preuve que ce n'est pas un « principe comptable » mais un choix politique pur :
⚖️ En bail COMMERCIAL, la taxe foncière est librement refacturable au locataire. Même pays, même impôt, même logique économique — mais un locataire qui vote moins nombreux.
🇩🇪 En Allemagne, la Grundsteuer est une charge récupérable ordinaire, ligne banale du décompte annuel du locataire.
🇬🇧 Au Royaume-Uni, la council tax est due par l'occupant. Logique : c'est lui qui consomme.
La France a inversé le principe le plus élémentaire de la fiscalité — le bénéficiaire-payeur — et l'a verrouillé par décret.
Ces « anomalies comptables » ne sont jamais des accidents. Prises une par une, elles semblent techniques. Mises bout à bout — charges non récupérables, loyers encadrés, DPE, foncière en explosion — elles dessinent toutes la même flèche : déplacer silencieusement la charge vers celui qui possède, en pariant qu'ils sont trop peu nombreux pour compter dans une urne.
🪤
Le locataire croit que son loyer est trop cher. Il ne voit pas que dedans, il y a l'école de ses enfants — que son bailleur n'a pas le droit de lui montrer sur la quittance.
La transparence serait révolutionnaire : une ligne « votre part d'impôts locaux » sur chaque quittance. C'est précisément pour ça qu'elle est interdite. Comme ça tout parait gratuit ⬇️
(Sources : décret n° 87-713 du 26 août 1987 ; loi de finances 2018-2020 — suppression de la taxe d'habitation ; DGFiP Statistiques n° 46, mai 2026 ; UNPI ; droit comparé : Betriebskostenverordnung (DE), Local Government Finance Act 1992 (UK))
V) - Une monnaie a trois fonctions. L'euro n'en a plus que deux.
Une monnaie a trois fonctions. L'euro n'en a plus que deux.
🪙
Ouvrez n'importe quel manuel d'économie. La monnaie sert à : compter (unité de compte), échanger (moyen de paiement), et CONSERVER (réserve de valeur).
Les deux premières fonctionnent. La troisième est morte.
Voici l'autopsie.
📉 Un euro mis de côté en 2002, à la naissance des pièces, a perdu 31 % de son pouvoir d'achat. Inflation cumulée : environ 45 % (Insee). Celui qui a épargné en monnaie a été taxé en silence, un centime à la fois, sans vote, sans avis d'imposition.
Et encore, ça, c'est le caddie.
Regardez maintenant ce que l'euro achète VRAIMENT d'important :
🏠 Le mètre carré parisien : environ 3 000 € en 2002. Autour de 9 500 € aujourd'hui. ×3.
🥇 L'or : environ 11 € le gramme en 2002. 114 € aujourd'hui. ×10.
Résumons le match sur un quart de siècle. La même somme :
Gardée en euros → –31 %.
Convertie en pierre → ×3.
Convertie en or → ×10.
Ce n'est pas la baguette qui est devenue chère. C'est la monnaie qui est devenue PETITE face à tout ce qui est rare et réel.
🫠
Le mécanisme porte un nom vieux de trois siècles : l'effet Cantillon. Quand la monnaie est créée en masse — le bilan de la BCE a été multiplié par plus de 8 entre 2008 et son pic de 2022 — l'argent frais n'arrive pas partout en même temps. Il irrigue d'abord les marchés d'actifs : immobilier, actions, or. Les prix des actifs s'envolent AVANT les salaires. Ceux qui possédaient déjà s'enrichissent en dormant. Ceux qui n'avaient que leur salaire courent après un train qui accélère.
Voilà pourquoi il ne reste plus que l'immobilier comme classe d'actifs à s'offrir en euros. « L'euro ne sert plus qu'à acheter de l'immobilier » n'est pas une figure de style, c'est une stratégie de survie : impossible de STOCKER son travail en monnaie — elle fond. Chacun est structurellement forcé de le convertir en actifs.
🏃
Et le piège se referme : cette fuite obligatoire vers la pierre est exactement ce qui rend la pierre inaccessible à ceux qui n'en ont pas encore. L'épargnant en monnaie finance, par sa propre spoliation, la hausse des actifs qu'il ne peut plus s'offrir.
L'État, lui, adore ce système. Il est le plus gros débiteur du pays — 3 500 milliards — et l'inflation rembourse sa dette en monnaie fondue. La taxe la plus efficace jamais inventée : personne ne la vote, personne ne la voit, tout le monde la paie.
🪤
On t'a appris que l'épargne était une vertu.
On a juste oublié de te dire qu'elle était devenue un piège.
Épargner en monnaie fondante, c'est remplir une baignoire dont l'État tient la bonde. ⬇️
(Sources : Insee, convertisseur pouvoir d'achat / IPC ; cours de l'or LBMA en euros, juin 2026 ; Notaires du Grand Paris, prix au m² ; BCE, bilan de l'Eurosystème ; R. Cantillon, « Essai sur la nature du commerce en général », 1755)
Monnaie
La monnaie est un instrument économique ayant pour fonction première de servir de moyen de paiement et donc de faciliter les échanges en permettant une division du travail très élaborée. Son autre fonction est de stocker de la valeur (dépôts, épargne).
Définition de la monnaie et différents types
On peut définir une monnaie dans son sens le plus large comme « un
accord au sein d’une communauté pour utiliser quelque chose comme moyen
d’échange ». C'est donc une convention sociale, spontanée ou imposée,
destinée à faciliter les échanges de biens et services, et qui peut se
matérialiser de différentes façons, y compris non matérielles. Ce n'est
qu'une représentation de biens futurs, acquérables par l'échange volontaire comme l'écrit Arthur Schopenhauer : « L'argent n'est pas un article de consommation : il représente des biens réels, utiles, il n'est pas un bien en lui-même »[1].
Monnaie métallique
Historiquement, toute marchandise « universelle » a pu servir à
mesurer les valeurs de biens échangés dans un troc. Mais le choix s'est
porté rapidement sur les métaux précieux, du fait qu'ils sont recherchés
par tous les peuples. Un métal précieux peut être utilisé comme monnaie-marchandise (commodity money).
Un métal, tel l'or, est durable, homogène, facilement divisible et
relativement rare (il y aurait 171 300 tonnes au total sur Terre[2]). Une production agricole n'a pas ces qualités monétaires.
Au fil des siècles, des métaux tels que l'argent et l'or
se sont imposés. En effet, ils répondent parfaitement aux critères de
durabilité, de relative rareté et de divisibilité. Le bimétallisme[3] a duré jusqu'au XIXe siècle, jusqu'à ce que l'or soit préféré.
Des entreprises spécialisées, les banques,
sont apparues originellement pour stocker et protéger les dépôts de
métaux précieux remis par les individus. Elles ont pu émettre des
substituts papier à cette monnaie. Un tel substitut est le support monétaire
d'une monnaie de référence. Ces substituts étaient des promesses de
verser la monnaie métallique elle-même. Un tel substitut est une monnaie-promesse (representative money). Le dollar était à l'origine un substitut à une quantité fixe d'or. L'or restait la monnaie de référence (étalon-or). Les transactions n'étaient pas exprimées nécessairement en quantités d'or. L'or était un moyen de mesurer un valorimètre de monnaie, un moyen de mesurer la valeur des choses.
L'or et l'argent physique, bien qu'étant des investissements
stériles, attirent de plus en plus les particuliers qui y voient une
valeur refuge pour leurs économies. Au cours de la dernière décennie,
les échanges de pièces de monnaie de collection comportant ces métaux
précieux ont considérablement augmenté, d'autant qu'elles présentent un
véritable anonymat et une échappatoire à l'ISF[4].
Monnaie fiduciaire
Au cours du XXe siècle,
l'étalon-or a été abandonné. La monnaie n'est plus qu'une convention
sociale, sans aucune valeur intrinsèque (papier-monnaie), à cours forcé
par la loi. On parle alors de monnaie fiduciaire (fides : la confiance) ou de monnaie décrétée, dite encore monnaie-fiat (fiat money).
La valeur des monnaies varie entre elles selon la quantité de crédit
émise par chaque pays (une politique monétaire laxiste est pénalisée par
une baisse de la valeur de la monnaie locale par rapport aux autres
devises). Il n'y a plus de contrepartie métallique à la monnaie émise,
seulement de la dette, c'est une masse de reconnaissances de dettes. La tentation est grande pour l'État
de créer de la monnaie à partir de rien pour subvenir à ses besoins ou
pour mettre en œuvre ses politiques. Le résultat est alors l'inflation et une baisse de la valeur de la monnaie.
Il n'est pas sans intérêt de rappeler que deux visions se sont de tous temps opposées sur la nature de la monnaie. Le grand savant Nicolas Oresme, évêque de Lisieux à la fin du XIVe siècle, remarqua ainsi, dans son Traité du commencement et première invention des monnaies (1366) que, pour les Grecs, elle était une émanation de la Cité et de la loi (nomos).
De là, le terme « numismatique » qui en est dérivé. Cette optique
relève donc du pur conventionnalisme, défendu en l'occurrence par Aristote. En revanche, le vocable latin moneta provient du verbe monere,
qui signifie « avertir, informer ». Dans cette acception, la monnaie
permet de réduire l'incertitude dans l'esprit des personnes contractant
dans un échange.
La préférence d'Oresme va à cette seconde interprétation, qui interdit
au souverain de manipuler la monnaie. On rejoint là les préoccupations
de l'École autrichienne
qui voit la monnaie comme un instrument de mesure : pas plus qu'il
n'est licite de changer la valeur du mètre ou du gramme, il n'est
légitime de falsifier celle de la monnaie. On remarquera cependant que
le mètre et le gramme sont définis de manière à être étalonnés
relativement à des objets de référence, ce qui n'est plus le cas de la
monnaie. La question de la valeur de la monnaie doit donc être envisagée
sous un angle complètement différent de celui de la valeur du mètre ou
du gramme.
Monnaie scripturale
La monnaie scripturale, comme son nom l'indique, n'existe que sous forme d'écritures comptables. Le support monétaire de la monnaie scripturale
est aujourd'hui une information contenue dans des fichiers
informatiques. Elle est constituée de l'ensemble des dépôts dans les
organismes financiers. Elle circule par jeux d'écritures (électroniques
le plus souvent) entre comptes par l'intermédiaire d'instruments tels
que les chèques ou les virements. Elle a aussi un aspect fiduciaire
(mais on réserve exclusivement le terme de fiduciaire à la monnaie qui
se présente sous la forme de billets et de pièces).
Monnaie fiscale
La monnaie fiscale est une variété de monnaie scripturale utilisée par l'État pour remédier au problème de la dette publique.
Une banque crée de la monnaie scripturale pour répondre à un prêt bancaire sollicité par un agent non financier. En échange, l'emprunteur remet une reconnaissance de dette à la banque. Dans le système actuel, cette création se fait selon certaines règles édictées par la banque centrale. La monnaie actuelle est une monnaie-promesse. Chaque support monétaire de monnaie fiduciaire ou de monnaie scripturale représente une promesse du monnayeur, c'est-à-dire de la banque qui a émis la monnaie.
Inversement, cet argent est « détruit » au cours du remboursement
de cette dette. Une promesse envers soi-même ne vaut rien. Cette
monnaie est une promesse qui ne vaut rien lorsqu'elle est entre les
mains du monnayeur. On dit alors que la monnaie est détruite, démonétisée.
Dans le système monétaire actuel, une banque ne peut créer de la monnaie fiduciaire.
Elle ne peut non plus créer de la monnaie scripturale pour régler ses
dettes avec les autres banques (compensation, prêts interbancaires...).
La création monétaire a donc des limites, renforcées par l'action de la
banque centrale (taux d'intérêt, contrôle de la base monétaire, appelée « monnaie banque centrale »).
Monnaie privée
L'État cherche le plus souvent à monopoliser l'émission de monnaie, c'est là l'origine de la plupart des banques centrales aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, en France, le monopole d’émission de la monnaie fut donné par Bonaparte
à la Banque de France. La Banque de France était une des banques
privées de l'époque. Elle avait soutenu financièrement son coup d’État.
Bonaparte était un des fondateurs de cette banque. Elle fut nationalisée
plus tard au XXe siècle, en 1945.
L'intérêt de l'État à contrôler la création monétaire (notamment depuis l'abandon de l'étalon-or) est évident d'un point de vue politique : il peut subventionner ses politiques « sociales » par la planche à billets (inflation) ou par l'endettement (qui peut mener jusqu'à la faillite, voir le cas de l'État argentin en 2001), la dette publique étant rachetée par la banque centrale (les États-Unis emploient le terme euphémistique de quantitative easing).
Pour les libéraux classiques,
l’État doit se limiter à assurer la valeur de la monnaie sans jamais
chercher à la dévaluer. Cependant ils reconnaissent que cela ne s'est
jamais produit, l’État se comportant toujours en faux-monnayeur :
« Et pendant ce temps, à côté de ces voleurs, […] sur
le trône, avec le prestige de la puissance suprême et croyant exercer un
des droits inaliénables attribués à cette puissance, le gardien même de
la probité commune, devenu un faussaire de profession, un voleur
officiel et public, pratiquait en grand et d’une manière cent fois plus
dommageable ces mêmes procédés de fraude et de dol ! »
— Frédéric Passy, Histoire d’une pièce de cinq francs et d’une feuille de papier, 1909
Cependant, une monnaie peut fonctionner sans être d'origine étatique : un contrat de monnaie privé remplace alors le cours forcé, lequel est imposé par la loi. L'intérêt d'une monnaie privée dépend de sa diffusion et de ses garanties. En pratique, quelques monnaies privées existent. Des monnaies privées ont pu exister, comme e-gold (devise or numérique) ou le Liberty dollar, basée sur l'argent. Sur Internet, des monnaies virtuelles sans « contrat de monnaie », comme Bitcoin, se développent.
Stabilité monétaire
Le premier et principal critère à considérer pour évaluer la
stabilité d'une monnaie est la masse des créances douteuses détenues par
l'émetteur de la monnaie. La question de stabilité de la Banque
centrale est de savoir si la valeur des créances qu'elle détient reste supérieure à la masse monétaire émise.
Cette condition est la condition majeure de la stabilité monétaire
d'une monnaie. La masse de la dette dans un pays n'est pas une menace
pour la stabilité, bien au contraire. Une dette importante signifie une
grande quantité de monnaie, une économie en forte activité. Le système
monétaire actuel est en bonne santé. Son fonctionnement est logique et
cohérent. Cependant, son principal défaut est qu'il est difficile
d'évaluer la valeur des créances sur les États avec suffisamment
d'objectivité. Si un État fait faillite, la valeur des créances sur cet
État diminue, les actifs de l'émetteur de monnaie diminuent. L'équilibre
comptable de l'émetteur de monnaie peut s'en trouver alors
déséquilibré. Les créances sur les agents économiques privés, individus
et entreprises, sont évaluées et suffisamment maîtrisées par les banques
commerciales. Il est légitime qu'un État s'endette, même pour des
montants très importants. De la même manière, une entreprise peut
s'endetter puisqu'elle a une valeur marchande. Mais un excès de
l'endettement d'un État peut le conduire à la faillite. Or, la valeur
d'une créance à long terme sur un État est difficile à évaluer. Elle
dépend de la capacité d'un État à percevoir durablement une certaine
masse d'impôts. Même un risque de faillite d'un émetteur de monnaie est
faible, ce risque s'accroit actuellement à cause de l'endettement
excessif de certains États.
Historique
Depuis des temps préhistoriques, les hommes ont compté leurs biens[5].
Rapidement, un étalon monétaire s'impose dans chaque groupe humain :
coquillage, minéraux précieux ou utiles comme le sel, petit lingots de
métal (fer, puis argent ou or), etc.
On en trouve les premières traces en Europe chez les Grecs anciens, au VIe siècle av. J.-C.
La monnaie représente une certaine quantité de biens qu'on ne
peut pas manipuler facilement. L'étape suivante est la mise en place
d'une monnaie de second niveau, qui elle-même représente une grande
quantité de monnaie métallique laissée en dépôt en lieu sûr. Ainsi
apparaît la monnaie-papier, laquelle est une monnaie-promesse. Le billet de banque est connu en Chine dès le VIIIe siècle. Il représente originellement une dette payable à vue sous forme de métal ou d'autres biens.
On peut distinguer plusieurs étapes dans l'évolution historique
qui a conduit de la monnaie métallique à la monnaie fiduciaire que nous
connaissons aujourd'hui :
- le système bi-métallique (jusqu'au XIXe siècle) : toutes les monnaies sont définies à la fois par rapport à l'or
et par rapport à l'argent (métal). En fonction de ses disponibilités
métalliques, chaque État utilise préférentiellement l'un ou l'autre
métal, et se sert de l'autre comme appoint. Les découvertes minières et
les évolutions financières dans une économie largement mondialisée à
l'époque font fluctuer les proportions entre les deux métaux, et le
développement de la monnaie-papier et du crédit permet de limiter les besoins de métal, et de supprimer l'argent-métal comme étalon.
- l'étalon-or classique (jusqu'en 1914) : toutes les monnaies sont définies par rapport à l'or. L'or est le valorimètre
des monnaies. La monnaie-papier est un substitut à l'or (une once d'or
équivaut à 20 dollars, 4 livres anglaises, etc.). Les taux de conversion
de chaque monnaie en or, et donc entre elles, sont fixes. Cela assure
la stabilité de la monnaie et empêche une inflation
provoquée artificiellement par une augmentation de la masse monétaire
(procédé auquel les États auront constamment recours par la suite).
- En 1865, est créée l'Union Latine, une convention
monétaire entre la Belgique, la France, l'Italie et la Suisse,
convention à laquelle adhère la Grèce en 1868. Cette convention est
restée en vigueur, moyennant plusieurs aménagements, jusqu'au 1er
janvier 1927. Elle avait pour but d'harmoniser les monnaies de ces pays
(module, titre, poids) qui avaient ainsi une circulation
transfrontalière.
- l'étalon de change-or (1914-1971) :
il s'agit d'un système mixte par lequel certains pays veulent conserver
les avantages de l'étalon-or, alors que d'autres veulent se garder la
latitude (via la planche à billets) d'avoir des taux de change variables. Ce système (critiqué par Jacques Rueff dans son livre Le Péché monétaire de l'Occident comme un abandon de l'étalon-or) va devenir caduc en quelques décennies :
- Première Guerre mondiale : en raison du coût de la guerre,
toutes les monnaies européennes sont fortement dévaluées par rapport à
l'or.
- 1922 : conférence de Gênes. Un nouvel ordre monétaire est mis en place où seuls les États-Unis
conservent l'étalon-or classique. Le dollar repose sur l'or, la livre
anglaise sur le dollar, et les autres monnaies européennes sur la livre
anglaise.
- 1931 : le Royaume-Uni, conduit à augmenter sa masse monétaire, abandonne le système de change-or.
- 1934 : le dollar est défini comme 1/35 d'once d'or. Les citoyens américains n'ont pas le droit de posséder de l'or.
- 1944 : accords de Bretton Woods : le système monétaire repose sur le dollar, seule monnaie encore ancrée à l'or
- 1971 :
sous Richard Nixon, les États-Unis, ne pouvant plus maintenir le prix
de l'or à 35 dollars l'once ni éviter une dévaluation du dollar,
abandonnent l'étalon-or.
- le régime des changes flottants (à partir de mars 1973) : après l'abandon des accords de Bretton Woods, les monnaies varient entre elles librement, suivant l'offre et la demande, et donc en principe selon la quantité de crédit
émise par chaque pays (une politique monétaire laxiste est « punie »
par une baisse de la valeur de la monnaie locale par rapport aux autres
devises). Il n'y a plus de contrepartie métallique à la monnaie émise,
seulement des reconnaissances de dettes.
Le système monétaire international actuel
Depuis 1973 et l'anarchie des changes flottants, chaque État conduit la politique de change qu’il souhaite :
- change fixe : taux de change fixe par rapport à une devise ou un panier de devises ;
- flottement limité (bandes de fluctuation, parités glissantes, etc.) ;
- flottement dirigé : ajustements et interventions non systématiques ;
- flottement pur : seul le marché détermine le taux de change.
Le FMI
ne garantit plus la stabilité des taux de change dans une marge de 1 %
(comme dans le système de Bretton Woods, avant 1976). Son rôle est
d'être une sorte de « banque centrale des Banques Centrales et trésors
publics ». Il a un rôle de prêteur en dernier ressort
pour les pays qui subissent des difficultés graves de balance des
paiements (autrement dit, qui sont surendettés), auxquels en
contre-partie il impose des politiques économiques d’ajustements
structurels.
L'origine de la monnaie
Décret ou contrat
On peut distinguer plusieurs façons de fonder une monnaie :
- la monnaie est imposée par un décret de l’État : c'est une monnaie-fiat ;
peu importe sa nature (métal, papier...), c'est la contrainte étatique
qui impose son emploi ; les libéraux estiment généralement qu'en ce cas
il s'agit d'une mauvaise monnaie, puisqu'elle a besoin de la coercition
pour circuler, contrairement aux autres biens et services disponibles
sur le marché ;
- la monnaie est fondée sur un contrat : c'est une monnaie privée offerte par une banque, selon un contrat de monnaie ;
assez analogues mais de périmètre plus limité sont les conventions
privées émises par certaines entreprises (points de fidélisation des
hypermarchés, monnaie virtuelle de Second Life, etc.) ;
- la monnaie est une dette ou un crédit qui a une valeur dans une communauté particulière (par exemple un SEL). Il n'y a ni décret ni contrat, juste une convention sociale.
Dans le dernier cas, il est possible que la monnaie repose sur un système décentralisé géré de façon informatique : Bitcoin
(système anonyme, peer-to-peer, de production et d'échange de monnaie
par transactions publiques et cryptographie asymétrique ECDSA), Ripple
(système de reconnaissances de dettes basé sur des réseaux de
confiance), Openmoney... Il n'y a plus un émetteur unique de monnaie. On
peut d'ailleurs imaginer une monnaie qui repose au moins partiellement
sur des reconnaissances de dettes (doctrine des effets commerciaux d'Adam Smith : Real Bills Doctrine).
Le théorème de régression de Mises
Comment s'explique le succès d'une monnaie donnée et qu'est-ce qui a permis, à l'origine, à cette monnaie de prospérer ?
Les gens cherchent à obtenir une monnaie parce qu'elle procure un
pouvoir d'achat. Il y a donc une demande de monnaie actuelle découlant
du pouvoir d'achat passé de cette monnaie. Mais ce pouvoir d'achat passé
résultait lui-même d'une demande de monnaie antérieure. Il semble ainsi
qu'il y ait une régression à l'infini et qu'on ne puisse pas trouver
une origine à la monnaie en dehors du décret ou du contrat.
Le théorème de régression de Ludwig von Mises[6]
affirme que toute monnaie a été un jour ou l'autre un bien marchand (ou
en est issue). Selon Mises, nul bien ne peut être employé comme moyen
d'échange, sans qu'au début même de son emploi il n'ait eu une valeur
d'échange liée à d'autres utilisations. Comme le dit Georges Lane[7] :
« La régression s'arrête tout simplement au moment où
une marchandise a vu le service de moyen d'échange qu'elle pouvait
rendre commencer à être demandé par les individus. En d'autres termes,
la régression prend fin au moment où la marchandise a vu sa demande
augmenter car elle était demandée désormais non seulement pour la raison
habituelle — qui lui donnait une valeur intrinsèque —, mais aussi pour
la raison nouvelle — ce qui a correspondu à un véritable saut qualitatif
de la demande. Depuis la nuit des temps, la marchandise en question
avait une valeur d'échange qui n'était déterminée que par sa demande, de
fait, « non monétaire ». Et c'est ainsi que Mises peut affirmer que,
simultanément, il y a eu passage de l'échange direct à l'échange
indirect, et apparition de la monnaie, véritable progrès social. »
— Georges Lane, Révolution technologique et avenir des monnaies
C'est ce théorème qui explique le succès des monnaies-fiat contemporaines : celles-ci reposaient auparavant sur l'or,
elles n'auraient pu exister sans cela. Un système de prix complet
existait avant que les gouvernements suppriment la couverture-or et
imposent un cours forcé des monnaies ainsi privées de toute valeur autre que monétaire.
Ce théorème est remis en question par les monnaies virtuelles telles que bitcoin ou les SEL, où la monnaie a une valeur d'échange indépendante de toute valeur intrinsèque.
Les lois économiques qui régissent la monnaie
- Loi de Gresham : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ». Quand
deux monnaies se trouvent simultanément en circulation avec un taux de
change légal fixe, les agents économiques préfèrent conserver la
« bonne » monnaie, et par contre utilisent pour payer leurs échanges la
« mauvaise » dans le but de s'en défaire au plus vite (car ils savent
que sa valeur ne peut que baisser)[8].
- Loi de Gresham inversée : la loi de Gresham n'existe que parce que l'État impose un cours légal (monnaie-fiat à cours forcé).
Dans un système de monnaies libres, c'est la bonne monnaie qui chasse
la mauvaise, puisqu'elle est volontairement recherchée par les acteurs
économiques.
- Triangle de Mundell :
un pays ne peut pas avoir à la fois une politique monétaire
indépendante, un taux de change fixe et la liberté des mouvements de
capitaux, mais seulement deux de ces trois éléments en même temps.
- Formule de Baumol : le besoin de quantité de monnaie est proportionnel aux transactions.
- Loi de Goodhart
(1975) : toute politique monétaire basée sur des indices ou des mesures
est incohérente car il n'y a pas de « bon indicateur » (quand la mesure
devient un objectif qu'on se fixe, elle cesse d'être une bonne mesure ;
par exemple, si par hasard on adopte le bon « agrégat » pour mesurer la
masse monétaire, cet indice cessera ipso facto de devenir un bon
indicateur dès qu'on l’utilisera comme cible monétaire). Cela met en
doute l'efficacité de règles telles que la règle de John B. Taylor pour fixer le taux d'intérêt décidé par la banque centrale.
Voir aussi :
De nombreux projets de monnaies ont été proposés dans l'histoire. La plupart de ces projets sont constructivistes et ne peuvent fonctionner que sous la coercition. Les SELs et les monnaies virtuelles comme Bitcoin sont des contre-exemples, puisqu'ils sont échangés librement.
Par exemple, la monnaie fondante (monnaie qui perd de sa valeur
dans le temps) fut proposée en 1916 par Silvio Gesell pour lutter contre
les prétendues spirales déflationnistes.
En 1944, Keynes propose une monnaie supranationale, le bancor, dans le but d'éviter des déséquilibres importants des balances extérieures.
Divers projets d'allocation universelle
reposent sur un système monétaire particulier, avec une création
monétaire qui profiterait à tout le monde de façon égale. D'autres
projets à motivation écologique, tel celui de l'économiste Christian
Arnsperger, promeuvent une monnaie liée à « une empreinte écologique
maximale autorisée », dans une optique de décroissance.
L'argent comme tabou
L'historien Alan S. Kahan[9] cite trois tabous qui expriment le mépris des intellectuels, prédicateurs d’une « morale publique », pour l’argent :
- tu ne devrais pas gagner de l’argent (source aristotélicienne) ;
- tu ne devrais ni gagner de l’argent ni en avoir (don aux pauvres issu de la tradition chrétienne) ;
- tu ne devrais pas gagner davantage que les autres, parce que c’est injuste (tradition égalitaire).
Erreur fréquente : l'État serait nécessaire pour créer et gérer la monnaie
Il s'agit d'un sophisme
post hoc, avec inversion du rapport de cause à effet : parce que de nos
jours l'État gère la monnaie, on suppose qu'il ne peut en être
autrement.
Seuls les étatistes estiment que la monnaie est un attribut de la puissance étatique. Comme le remarque Gustave de Molinari dans sa huitième soirée des Soirées de la rue Saint-Lazare, battre monnaie n'est pas plus un attribut de la souveraineté « que de fabriquer des clous ou des boutons de guêtres ».
La monnaie n'est pas liée nécessairement au pouvoir politique, même s'il est évident que le pouvoir
trouve de grands avantages à la contrôler (car cela facilite
l'autofinancement par la création monétaire, ou permet des emprunts à
taux privilégié). Comme le disait Napoléon Bonaparte, devenu empereur :
« Je dois être le maître dans tout ce dont je me mêle
et surtout dans ce qui concerne les affaires de la Banque, qui est bien
plus à l'empereur qu'à ses actionnaires puisqu'elle bat monnaie. »
La monnaie comme outil d'échange est apparue bien avant les États.
Elle est apparue comme « le résultat spontané d’efforts individuels et
particuliers des différents membres de la société » (Carl Menger).
« La théorie d’un accord originel où un seul bien
particulier aurait été choisi comme instrument d’échange est tout aussi
dénuée de fondement que l’ancienne croyance en une institution
fondatrice de la loi ou du langage. »
— William Ridgeway
L'Histoire montre que de nombreux supports monétaires ont été utilisés comme monnaie, et que de nouveaux apparaissent encore (monnaies électroniques, monnaies virtuelles comme Bitcoin).
La tendance semble être à ce que le pouvoir se désintéresse de la
monnaie, conscient sans doute du rôle néfaste de toute manipulation
artificielle de la monnaie. Ainsi un certain nombre d'États-Nations de
l'Union européenne ont choisi de fusionner leurs monnaies nationales
dans l'euro dont la gestion a été confiée à une même Banque centrale
réputée indépendante. C'est la création de la BCE, Banque Centrale
Européenne. Cependant, la politique prévaut généralement sur l'économie,
et la planche à billets est préférée à la rigueur budgétaire, ce qui rend très douteuse cette indépendance des banques centrales par rapport au pouvoir.
Le point de vue libertarien
concernant la monnaie est très clair : on reconnaît une bonne monnaie à
une seule caractéristique, qui est qu'elle n'a pas besoin de la coercition légale pour circuler, elle est recherchée spontanément par ses utilisateurs. C'est ce qui différencie une monnaie-or, une monnaie communautaire (SEL) ou une monnaie virtuelle (bitcoin) de la monnaie-fiat imposée par la loi et manipulée par l’État.
Erreur fréquente : il suffit de créer de la monnaie pour résoudre tous les problèmes (et stimuler la croissance)
Cette erreur, qui est une illusion monétaire, résulte du fait que l'on confond monnaie et richesse.
Créer plus de monnaie ne crée pas davantage de richesses, cela donne un
avantage à celui qui crée cette monnaie (et l'utilise ensuite pour
acheter des biens et services) au détriment de tous les autres. Cela
génère une inflation des prix puisque davantage de monnaie est en quête de la même quantité de biens. Les plans de relance d'inspiration keynésienne sont fondés sur cette idée fausse que la richesse et la croissance peuvent découler de la création monétaire et/ou de la dépense étatique.
Cette erreur économique est très fréquente, on la retrouve par exemple en Suisse dans l'Initiative populaire fédérale Monnaie pleine (rejetée par le peuple le 10 juin 2018) qui prévoyait que la banque centrale (BNS) donnerait directement de l'argent aux pouvoirs publics pour alimenter l'économie.
En France, cette illusion se manifeste dans les critiques à l'encontre de la loi du 3 janvier 1973, dite loi Rothschild[10]
(loi abrogée depuis le traité de Maastricht), qui empêche le
gouvernement de s'endetter sans frais, et donc sans fin : faute d'une
telle discipline monétaire, la banque centrale créerait continuellement
de la monnaie à la demande de l’État, y compris pour « rembourser »
cette même monnaie prêtée. Seul un frein privé peut faire obstacle à la
folie publique, car le surendettement public se heurte vite au refus des
acteurs privés de prêter de l'argent qu'ils risquent de ne jamais
revoir. Les gouvernements sont enfin mis devant leur responsabilité
s'ils veulent dépenser plus d'argent qu'ils n'en collectent et, par
conséquent, augmenter la masse d'impôts futurs. La critique de la loi
Rothschild relève donc de l'habituelle sacralisation étatique de
l'action publique, action qui n'est jamais remise en question et qui
devrait pouvoir disposer de ressources inépuisables. En réalité, cette
action est toujours destructrice (voir loi de Bitur-Camember) et l'étape finale de cette destruction est l'inflation ou l'hyperinflation, conséquence inéluctable que refusent de considérer les partisans aveugles de la planche à billets.
Le discours gauchiste essaie de faire croire que l’État devrait
reprendre en main la monnaie pour le bien de tous ; en réalité, l’État a
la monnaie en main plus que jamais, et s'il ne monétise pas sa dette
directement, il l'écoule via les grandes banques qui ont accès à
l’épargne mondiale :
« [Les politiciens] distribuent et dépensent ce
qu'ils n'ont pas le courage de prélever par l'impôt. Ainsi par veulerie,
lâcheté, appétit du lucre et médiocre volonté de puissance, les
politiciens se mettent dans la position de dépendre, d'être les obligés
des banquiers. Si la banque ou les marchés coupent les ressources, les
gouvernements tombent. [...] On ne sait plus qui est le bras armé de
l'autre. C'est ce système pourri que je désigne sous le nom de
« capitalisme financiarisé monopolistique, de copinage, d'État et de
banque centrale réunis » ! »
— Bruno Bertez, 19/12/2019
Pour l’École autrichienne d'économie, il n'y a même pas besoin de créer de la monnaie ni d'avoir une banque centrale, la monnaie en circulation suffit pour tous les échanges :
« Le meilleur des mondes, c'est celui où il y a une
quantité de monnaie stable. Il n'est pas nécessaire dans une société
quelconque de créer de la monnaie. À partir du moment où une certaine
quantité de monnaie existe, il n'est pas nécessaire d'en créer. La
quantité de monnaie existante peut satisfaire indéfiniment, pour
l'éternité, les besoins monétaires : elle prend de la valeur, et le prix
des biens diminue tandis que la valeur de la monnaie augmente. Tout le
monde croit qu'il est nécessaire de créer de la monnaie et d'avoir une
banque centrale. Pourquoi ? Parce que, implicitement, on fait le
raisonnement que la création de la monnaie c'est la création de crédit,
et la création d'investissements. »
— Pascal Salin
« L’idée que la masse monétaire doit croître afin de
soutenir la croissance économique semble impliquer que la monnaie, d’une
façon ou d’une autre, soutient l’activité économique. Si cela était
vrai, alors la plupart des économies du tiers monde aurait déjà éliminé
la pauvreté en imprimant une grande quantité de monnaie. »
— Frank Shostak[11]
« La monnaie, en soi, ne peut ni être consommée ni
être utilisée directement en tant que bien de production au sein du
processus productif. La monnaie, en soi, est donc improductive ; c’est
un stock mort qui ne produit rien. »
— Murray Rothbard[12]
Une erreur similaire (sophisme du billet magique ou de la liquidation miraculeuse[13]) consiste à affirmer que l’économie ne souffre que d'un manque de liquidité, que la création monétaire
permet de liquider toutes les dettes sans inflation et de façon
transparente. En réalité, les hypothèses faites dans l'exposé de ce
sophisme sont celles de dettes en système fermé, qui se compensent
toutes exactement les unes les autres, contrairement à la dette publique.
Informations complémentaires
Notes et références
Schopenhauer, Parerga
Combien pèseraient tous les stocks d'or du monde réunis ?
Le contexte économique en France au XIXe
siècle était marqué par le bimétallisme, où l'or et l'argent étaient
utilisés comme monnaies circulantes. La France avait une unité
monétaire, le franc, et le taux de conversion officiel entre l'or et
l'argent était fixé à 15,5 kilogrammes d'argent pour 1 kilogramme d'or.
Ce système bimétallique a persisté jusqu'en 1873,
malgré quelques fluctuations dues aux découvertes d'or en Californie et
en Australie, ainsi qu'à l'exploitation des mines d'argent au Nevada.
Investir dans la monnaie
On
peut également dresser des animaux pour qu'ils comprennent et utilisent
la monnaie, voir les expériences de Keith Chen sur les singes capucins,
rapportées par Steven Levitt dans Freakonomics.
L'Action humaine, chap. XVII
Révolution technologique et avenir des monnaies
Cette
loi, déjà pressentie par Aristophane et Oresme, fut vérifiée par Thomas
Gresham (1519-1579) sur le shilling d'argent. On a pu la vérifier au
XIXe siècle avec le système bimétallique (le
taux de change fixe imposé par l’État ne reflétant pas l'abondance
relative d'un métal par rapport à l'autre, qui est variable), ou au XXe
siècle en France avec les pièces d'argent de 10 ou 50 francs,
conservées par les particuliers de préférence aux coupures non
métalliques de même valeur faciale.
Warum viele Intellektuelle das Geldmachen verachten, Institut Libéral, mars 2018 ([1]).
Voir L’attaque infondée contre la « Loi Rothschild », Idées reçues sur la loi du 3 janvier 1973, dite « loi Rothschild », La loi de 1973 n'est pas la cause de l'endettement français ! Réponse à Etienne Chouard et Seigneuriage : Pourquoi la Banque Centrale ne prête pas à l’État (Acrithène).
Une économie croissante nécessite-t-elle un accroissement de la masse monétaire ?
Man, Economy and State, Murray Rothbard, page 765.
Bibliographie
- 1977, Frederic L Pryor, "The Origins of Money", Journal of Money, Credit and Banking, Vol 9, n°3, pp391-409
- 1997,
- John F Chown, "A History of Money: From AD 800",
- Jack Weatherford, "The history of money", Crown Pub.
- 1998, Dominique Augey, Gérard Bramoullé, "Économie monétaire", Précis. Paris : Dalloz (ISBN 2-247-02842-X) (fr)
- 2002, Glyn Davies, "A History of Money: From Ancient Times to the Present Day", University of Wales Press
- 2012,
- Guido Hulsmann, "Monnaie et papier-monnaie", In: Mathieu Laine, dir., "Dictionnaire du libéralisme", Paris: Larousse, pp423-426
- Daniel Lahoud, "En torno al origen del dinero" ("À propos de l'origine de la monnaie"), Procesos de Mercado: Revista Europea de Economía Política, Vol IX, n°2, automne, pp381-394
- 2020, Stefano Battilossi, Youssef Cassis, Kazuhiko Yago, "Handbook of the History of Money and Currency", Springer
Liens externes
Articles connexes

W) - Les retraités, un système Ponzi à changer pour le bien des actifs !
Il existe en France une catégorie de citoyens dont le revenu augmente par décret.
🛳️
Pas par le mérite. Pas par la négociation. Pas par la production. Par DÉCRET.
Janvier 2024 : +5,3 % sur toutes les pensions. Automatique. Un décret, et 17 millions de virements gonflent le 9 du mois. Toi, pour obtenir 5,3 %, tu dois affronter ton patron, menacer de partir, changer de boîte — et encore.
Leur revenu est indexé sur l'inflation PAR LA LOI. Le tien est indexé sur ton rapport de force. Tu vois la différence ? Eux jamais.
📈
Et ça se voit dans les chiffres de l'Insee — les vrais, pas ceux des cartes virales bidonnées :
💶 En 2023, le niveau de vie médian des retraités a progressé de +1,2 %, contre +0,9 % pour l'ensemble de la population. Pendant que les 10 % les plus modestes — travailleurs pauvres, indépendants, familles monoparentales — RECULAIENT (-1,0 %).
💶 Taux de pauvreté des retraités : 10 %. Ensemble de la population : 14,4 %. Les retraités sont MOINS pauvres que la France qui se lève pour les financer.
💶 En comptant l'avantage d'être propriétaire (70 % d'entre eux, crédit remboursé), leur niveau de vie DÉPASSE celui des actifs.
💶 Et le COR confirme : l'indexation sur les prix leur offre une « amélioration transitoire » en 2025-2026, pendant que les salaires réels rament pour rattraper l'inflation.
Maintenant, le vrai scandale. Le mécanisme à deux étages.
🎰
Étage 1 : tu paies. 28 points de cotisation retraite sur ton salaire. Près de 400 milliards d'euros par an, le premier poste de dépense publique de France, ponctionné sur le travail.
Étage 2 : tu ne toucheras jamais l'équivalent. Le COR l'écrit noir sur blanc : le niveau de vie relatif des retraités, aujourd'hui à la parité (100 %), tombera à 89 % en 2070. Les pensions ne suivront plus que les prix, plus jamais les salaires.
Résumons le contrat qu'on ne t'a jamais fait signer :
Eux ont cotisé sur des retraites qu'ils touchent pleines, indexées, garanties.
Toi tu cotises PLUS, pour des retraites qu'on t'annonce DÉJÀ rabotées.
Tu paies deux fois : leur pension aujourd'hui, ta décote demain.
🪤
Et pourquoi personne n'y touche ? Retourne voir mon post sur le verrou : 56 % de bénéficiaires nets, et les retraités votent plus que toutes les autres classes d'âge. Aucun candidat ne se suicidera dans l'isoloir.
Le bateau avance. Les rameurs changent. Les passagers, jamais.
Il est urgent de rendre aux actifs le fruit de leur travail et de susciter l’intelligence collective auprès des inactif
(Sources : Insee Première n° 2063, juillet 2025 — données 2023 ; COR, rapport 2025 et notes de février 2026 ; décret de revalorisation des pensions, janvier 2024 ; Insee-IFRAP, niveau de vie avec loyers imputés 2022)
Retraite
La retraite est la situation d'une personne qui se caractérise par :
- l'arrêt de toute activité professionnelle et le retrait du marché du travail,
- des revenus basés sur le produit d'un capital accumulé, le versement
d'une rente viagère et/ou le bénéfice d'une pension de vieillesse (ou
pension de retraite) obtenue, généralement sous certaines conditions
(âge minimal, durée passée en emploi, etc.), à titre gratuit ou contre
cotisations préalables. Ces cotisations ont pu être versées en partie
par un tiers (un employeur, l'État...) à une caisse de retraite. Par
ailleurs la pension de retraite peut, elle aussi, être complétée par un
tiers.
La retraite, historiquement rare et courte, a été créée par Bismarck au XIXe siècle
(l'anecdote veut qu'il ait demandé à fixer l'âge de la retraite de
façon à n'avoir presque jamais à la verser). La retraite se généralise
au XXe siècle avec l'allongement de la durée de vie et l'augmentation sans précédent des richesses.
Devenue perspective probable, elle pose des problèmes aigus de financement lorsqu'elle est gérée par l'État-providence,
du fait de l'horizon temporel inhabituellement lointain du départ à la
retraite (décalage de plusieurs dizaines d'années) et donc de
l'incertitude sur les conditions dans lesquelles elle pourra s'exercer ;
les hommes politiques peuvent profiter de cette incertitude pour
spolier les jeunes actifs, en augmentant les cotisations sans que les
citoyens réagissent, ainsi que les générations futures. A contrario, une
gestion libre et responsable d'une épargne-retraite aboutit à des
rendements élevés dans un cadre pérenne. Des revers de capitaux
ponctuels (hedge-funds, ENRON) ne remettent pas en cause cet état de
choses dans son ensemble.
Types de retraites
Plusieurs grands types de fonctionnement, qui peuvent être combinés, existent :
- la solidarité
familiale : chaque groupe (famille, famille élargie, clan, etc.) prend
en charge ses retraités et leur assure l'existence. C'est ce mécanisme
qui était généralement appliqué historiquement, lorsque les marchés
financiers n'existaient pas encore et que le bien moindre respect de
l'État de droit empêchait la préservation de l'épargne.
C'est d'ailleurs le cas dans les pays du Moyen-Orient. Le cas le plus
intéressant est celui de la Turquie. En effet, le taux des prélèvements
obligatoires (en y incluant les charges sociales) n'est que de 25 %. Ce
qui signifie que chaque famille habitant Smyrne a une résidence
secondaire à Kusadaci. Cet exemple n'est pas le seul en Turquie. Ce qui a
pour effet d'héberger les personnes âgées de la famille de façon
confortable.
- la retraite par capitalisation :
de l'épargne est accumulée par les actifs (futurs retraités), soit
individuellement soit collectivement, constituant ainsi un capital.
Les intérêts produits par ce capital, et le capital lui-même, sont
dépensés lors de la retraite. Dans le cas d'un régime privé de retraite
par capitalisation, le retraité peut gérer lui-même ce capital ou bien
le confier à un ou plusieurs professionnels de gestion de patrimoine.
Cela suppose des gestionnaires efficaces et un contexte économique et
réglementaire qui permette de mettre en œuvre sereinement une stratégie
de placement diversifiée et durable. Dans certains pays comme la France,
ce type de retraite est limité par les pouvoirs publics, qui ont
introduit dès les années 1940, puis maintenu, la retraite par
répartition comme régime obligatoire. Il convient de signaler que durant
les années 1930 et 1940, les organismes de retraite par capitalisation
ont subi les effets de la Grande Dépression
et de la Seconde Guerre mondiale, en particulier les vagues d'inflation
qui ont spolié les épargnants de la majorité de leur capital. Le
capital accumulé peut être placé dans des produits plus ou moins risqués
(pour une durée de placement suffisamment longue, les produits
risqués génèrent un rendement plus élevé que les produits sans risque,
mais peuvent se réduire à peau de chagrin). Généralement, l'épargne des
jeunes actifs est placée dans des produits risqués, et au fur et à
mesure que la date de retraite approche, l'épargne est transférée vers
des produits à faible risque (obligations d'entreprise ou obligations
d'État par exemple).
- la rente viagère : le détenteur d'un capital provenant d'une
capitalisation ou d'une autre source ne connaît pas son espérance de vie
et il sait que ses capacités de travail vont s'amoindrir, ce qui limite
les possibilités de bonne gestion d'un capital. Il peut donc préférer
convertir son capital en rente viagère qui sera versée par un organisme
de placement ; celui-ci, gérant un grand nombre de ces rentes viagères,
peut, en moyennant les espérances de vie de ses clients, prévoir les
futurs flux financiers et leur garantir individuellement un montant
versé jusqu'à leur décès.
- la retraite par répartition :
ce sont les cotisations des travailleurs et employeurs actuels qui
payent les retraités actuels. Deux présentations existent de ce
système :
- La doctrine officielle est celle d'une « solidarité »
élargie, collective et intergénérationnelle, où chaque (futur) retraité
prend en charge les retraités du moment (et sera pris en charge
lui-même par les cotisants futurs). Dans ce système, le cotisant
d'aujourd'hui n'acquiert aucun actif réel, sa retraite sera fonction de
la cotisation donc de son salaire d'actif, en exacte proportion et le
montant total des cotisations est partagé entre les retraités selon des
clefs complexes et souvent injustes (pourcentage du salaire selon le
nombre de trimestres cotisés, validés, plus proche de 50 % que de
100 %).
- Dans l'imaginaire collectif et dans la présentation publicitaire, ce système est plutôt perçu comme une épargne
collective (ce qu'il n'est pas, c'est une acquisition de points
multipliés par les trimestres cotisés), un système de capitalisation
mutuel, où le futur retraité acquiert des droits réels sur les futurs
cotisants ; même si elles sont fixées par des règles complexes
illisibles, les pensions peuvent être financées par une recherche de
ressources financières.
- Ces deux doctrines cohabitent plus ou moins bien selon la
souplesse laissée aux inévitables variations de population et la gestion
politique des intérêts contradictoires des pensionnés et des cotisants.
Dans la réalité, la retraite par répartition présente des
caractéristiques similaires à la vente pyramidale (ou au schéma d'escroquerie de Bernard Madoff, le plus grand escroc du XXIe siècle)[1]avec
ses défauts, et le système génère son propre type de scandale,
conduisant par contrecoup à réhabiliter les autres systèmes, y compris
la capitalisation.
Position libérale
Les systèmes de capitalisation et de répartition sont très
différents : la capitalisation est un système individuel ou collectif de
placement, alors que la répartition est forcément un système collectif,
sinon collectiviste, de « protection sociale » que ses promoteurs font passer pour une assurance
vieillesse (alors que les techniques de l'assurance ne sont en fait
jamais employées) ce qui est d'autant plus surprenant que la vieillesse
n'est plus un « risque » peu probable, mais un événement à très forte probabilité.
Lorsque la croissance démographique est modérée, le rendement
d'un système de retraite par capitalisation est largement supérieur à
celui d'un système par répartition. Dans le système par répartition, les
cotisations sont en fait analogues à un impôt (proportionnel au revenu)
dont les fonds recueillis ne sont pas investis, mais immédiatement
redistribués par les organismes de retraite publics ou parapublics
(privés avec mission de « service public »).
Le système par répartition est proche de ce qu'on appelle la
vente pyramidale, où le revenu est basé sur le « recrutement » de
nouvelles personnes, et non sur la constitution de droits réels : on
vend à prix coûtant un produit futur (la future pension de retraite),
qui n'est en fait qu'une simple promesse de ce produit. Ce revenu
futur n'est pas officiellement garanti et est constamment révisable. Ce
système sacrifie l'avenir au nom de l'immédiat, au nom d'une soi-disant
solidarité intergénérationnelle (alors que la « solidarité »
est par définition une action volontaire, qui n'existe plus lorsqu'elle
est rendue obligatoire). Il ne peut fonctionner que si la coercition
étatique s'applique et oblige tout le monde à cotiser (c'est la
fonction, dans un certain nombre de pays, des institutions de « sécurité sociale »).
Ce que Michel Godet appelle le « théorème de Sauvy »
régit le fonctionnement de la retraite par répartition : les retraites
futures ne se préparent pas en s’occupant des personnes âgées, mais en
mettant au monde des enfants et en les élevant correctement. Une
retraite par répartition doit tenir compte, non des cotisations versées
par le passé (qui n'existent plus) mais de la démographie, puisque les
pensions des moins jeunes sont prélevées sur les revenus des plus
jeunes.
Les « solutions » étatiques au phénomène de transition
démographique et de vieillissement de la population consistent à
diminuer le montant des retraites, augmenter les cotisations ou obliger
les salariés à travailler toujours plus longtemps : les victimes sont
tantôt les actifs, tantôt les retraités, souvent les deux. De plus, la
gestion des retraites tend à être discriminatoire en France, les
bénéficiaires des régimes spéciaux de retraite et les fonctionnaires
étant avantagés par rapport aux actifs du secteur privé. Une autre
injustice tient au fait qu'avec la répartition, celui qui décède avant
sa retraite a cotisé pour rien, ses héritiers n'obtenant rien[2].
La retraite comme instrument de spoliation
L'injustice fondamentale, qui remonte à la mise en place du système
par répartition, est que la première génération de retraités qui a
bénéficié du système n'a jamais cotisé ; cette dette cachée, perpétuée
par le système, empêche aujourd'hui un passage brutal de la répartition à
la capitalisation (dans le sens inverse, le passage de la
capitalisation à la répartition est très facile, et les gouvernements ne
se sont jamais privés de mettre en œuvre cette action confiscatoire et
de détruire les systèmes individuels qui existaient déjà). On pourrait
dire que la spoliation des générations suivantes a été installée dès le
début, permettant alors aux politiciens promoteurs du système d'empocher
leurs profits sur le marché politique.
Afin de corriger ou d'atténuer ce passage « brutal » de la répartition à
la capitalisation, il convient de dire qu'il peut être réalisé et
qu'une méthodologie traduisant cette évolution existe et a été
appliquée. En effet, des procédures et des élargissements progressifs à
toute la population ont été menées, non en France, mais au Chili, dans
le cadre de la libéralisation et de la Privatisation de l'économie, lorsque, entre 1978 et 1980, José Piñera était ministre du Travail et des Retraites.
La seule issue est un passage progressif de la répartition à la
capitalisation, avec à terme la suppression de l'obligation de cotiser à
un organisme de retraite étatique ou pseudo-étatique :
« Passer d'un système de répartition à un système de
capitalisation, c'est stimuler le seul véritable moteur de la
croissance, à savoir l’épargne. Dans ce système, les individus ont en
effet intérêt à épargner, c'est-à-dire à accumuler du capital et à créer
de la richesse, de manière à subvenir à leurs propres besoins une fois
qu'ils ne seront plus en âge de travailler. Dans un système de
capitalisation, on ne compte plus sur la générosité obligatoire des
autres dans le futur pour subvenir à ses besoins lorsqu'on sera
retraité. On compte sur soi-même, et c'est en ce sens que le passage à
la capitalisation constitue une véritable révolution morale. Elle
représente en effet le retour à la responsabilité individuelle. »
— Pascal Salin, Libéralisme (2000)
Pour certains libéraux, une obligation d'épargner pour sa propre
retraite devrait être maintenue, tout en permettant aux actifs de
choisir leur mode d'épargne ou de cotisation. En France, avec l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale,
des organismes de retraite concurrents proposeraient différentes
solutions, permettant un choix libre et responsable des individus.
Pour d'autres libéraux et pour les libertariens, au même titre que les cotisations d'assurance maladie ou d'assurance chômage, les cotisations retraite obligatoires constituent tant une spoliation qu'une déresponsabilisation des individus, qui relève d'un paternalisme méprisant[3] (« si on les laisse faire ce qu'ils veulent, ils vont dépenser tout leur revenu et n'épargneront pas pour leurs vieux jours »),
les mêmes individus étant cependant jugés assez responsables pour
pouvoir voter et influer ainsi sur l'évolution de leur pays.
Par conséquent, les personnes doivent retrouver une liberté
de choix totale, ce qui signifie qu'elles sont libres de préparer leur
retraite comme elles l'entendent. Une mauvaise solution serait de
décréter que la gestion des retraites soit confiée à l'entreprise
dans laquelle travaillent les salariés, celle-ci pouvant alors avoir
tendance à placer le fonds de retraite des personnels dans ses propres
actions, engendrant ainsi un risque énorme pour les salariés concernés
(perte à la fois de son emploi et de son épargne en cas de faillite :
voir le scandale du fonds de retraite Enron en 2001 aux États-Unis). Les moyens éprouvés d'investir à long terme, en diversifiant son risque, ne manquent pas[4]
et permettent de se passer avantageusement des "services" de l'État,
ou, si on est salarié, des services très intéressés de son propre
employeur.
Les opposants à la capitalisation soulignent le risque plus élevé
de ce type de système puisque l'argent a vocation à être investi dans
le système productif via des actions,
supposées risquées. C'est oublier que la sécurité des placements
s'obtient par la diversification, et qu'une gestion financière simple
permet historiquement des rendements de 5 à 7 % par an en bourse,
avec un risque faible sur le long terme. L'offre de placements possible
peut être très large, qu'elle soit à but lucratif ou non : assurances,
organismes financiers, mutuelles, associations, etc., sans compter la
solidarité familiale, qui a toujours été historiquement la vraie
solidarité intergénérationnelle (par le don, l'héritage, la mise en commun).
À l'inverse, la retraite par répartition consiste à mettre tous
ses œufs dans un seul panier, celui de l’État, sans aucune
diversification ni même garantie. Les travaux économiques montrent que
la retraite par répartition rapporte environ deux fois moins aux
cotisants qu'un système de retraite par capitalisation[5]
Exemples de calculs pour comparer répartition et capitalisation
Le Rapport de la Révolution bleue sur les freins à la croissance
présente un exemple d'estimation des rendements comparés des systèmes :
« Prenons l’exemple d’un jeune âgé de 25 ans qui perçoit 1200 euros net
par mois, ce qui correspond à 1900 euros pour l’entreprise en tenant
compte des cotisations salariales et patronales afférentes à la santé et
la retraite. On lui prélève 700 euros par mois soit 8400 euros par an.
Si ces 8400 euros lui étaient reversés, il pourrait souscrire une
assurance maladie (1400 euros par an) et placer chaque année 7000 euros
pendant 40 ans au taux de 4 %. À l’age de 65 ans, il aurait un capital
de 725 000 euros qui lui rapporterait 29 000 euros par an, soit une
retraite mensuelle de 2417 euros, sans entamer le capital transmissible à
ses héritiers. Avec le régime de répartition actuel, il percevra au
mieux 750 euros, et ne laissera rien à ses enfants. »
Un calcul purement mathématique permet de comparer répartition et capitalisation[6]. Les hypothèses sont les suivantes :
- deux salariés commencent leur carrière en même temps, à l'âge de 20 ans ;
- leur carrière dure 40 ans, après quoi ils bénéficient de 20 ans de retraite ;
- leurs conditions sont identiques d’un point de vue salarial : leur
salaire de départ est de 2000 euros, chaque année il est augmenté de
2 % ;
- le premier salarié a un régime de retraite entièrement par
répartition : il cotise pour sa retraite à hauteur de 25 % de son
salaire ;
- le second a un régime de retraite entièrement par capitalisation :
il cotise pour sa retraite à hauteur de 25 % de son salaire, et cet
argent est investi dans un fonds d’épargne étatique qui garantit des
intérêts composés annuels de 3 % par an (les intérêts sont incorporés au
capital chaque année).
Le calcul donne les résultats suivants au moment de la retraite :
- le salaire du premier passera de 4329 euros à 1500 euros (taux
de remplacement de 34 %, dans l'hypothèse très optimiste où il récupère
en allocations retraite l'équivalent des montants cotisés) ;
- le salaire du second passera de 4329 euros à 2635 euros (taux de remplacement de 60 % pour la capitalisation).
La répartition équivaut en réalité à un placement à taux zéro ! Même
avec un taux d'intérêt des placements qui serait de 1 % par an la
capitalisation est supérieure.
L'origine pétainiste des retraites par répartition en France
C'est un décret-loi de l'État français (régime de Vichy) du 14 mars 1941
qui réforme l'assurance vieillesse pour imposer le système de la
répartition à la place du système de la capitalisation, en créant une
allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS), indépendante des
cotisations versées. Les fonds des caisses vieillesse privées (20
milliards de francs de l'époque) sont confisqués (ils deviennent
inutiles dans le cadre de la répartition, et permettent de financer
immédiatement l'allocation).
Les prétextes n'ont pas manqué à l'époque : les fonds des systèmes par capitalisation auraient été laminés par l'inflation
et la crise économique des années 1930, les redistribuer tout de suite
était donc affaire de « justice » ; la retraite des vieux avec
interdiction pour eux de travailler permettait prétendument de lutter
contre le chômage des jeunes et des adultes d'âge moyen.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle entérine les choix de Vichy,
et ce seront Francis Netter et Pierre Laroque, deux anciens conseillers
de René Belin (le syndicaliste CGT rallié au pétainisme, ministre de
1940 à 1942, auteur de la loi du 14 mars 1941), qui mettront en place la
Sécurité sociale à la Libération.
Ce « dépouillement des générations futures », comme le dira
Alfred Fabre-Luce, a depuis été avalisé par tous les hommes politiques
français au pouvoir depuis sa mise en place en 1941. Il faut dire qu'il
présente de nombreux avantages pour les politiciens, notamment celui de
mettre la population sous la dépendance de l'État, seul capable de
financer les déficits des régimes, seul décideur du montant des
retraites versées (par fixation de la valeur du point de retraite) et
seul garant des retraites futures, puisque seule la coercition
étatique oblige les jeunes à cotiser pour les moins jeunes (se révolter
contre l'État serait donc mettre en péril le versement des retraites
« qui nous sont dues »[7]).
L'État ne prend d'ailleurs aucun risque : il dirige les systèmes
de retraites du secteur privé (comme ceux du secteur public) mais ne
s'est jamais engagé à leur paiement (les organismes de retraite sont par
nature privés). La faillite de ces systèmes ne saurait en rien le
concerner et le temps venu, il trouvera toujours le moyen de se
défausser de sa responsabilité sur le marché, la conjoncture, les délocalisations,
le dumping fiscal, etc., et venir comme le chevalier blanc « sauver les
retraites » (au prix de nouvelles ponctions et potions amères). Une
étude relative à l'origine pétainiste de la retraite par répartition, en
France, a été réalisée en 2010 par Philippe Simonnot. Il fait état, effectivement, de la crise des retraites : le cadavre de Pétain bouge encore !
Erreurs courantes
- "Le passage de la répartition à la capitalisation ne sert à
rien, parce que, de toute façon, il faut bien tirer des ressources
quelque part pour payer les retraites ; peu importe que ces prélèvements
soient effectués par un régime de répartition ou par un système de
capitalisation" : ceux qui font ce raisonnement oublient que l'épargne, à la différence de la redistribution, aboutit in fine à une création de richesses.
On ne prélève donc pas les retraites sur une quantité de ressources
identiques, mais sur une quantité de ressources qui s'accroît lorsqu'on
est dans un système de capitalisation[8].
Il suffit de comparer le revenu fourni par un régime de répartition
avec celui qu'offre la capitalisation, même avec un taux de rendement
modeste : la capitalisation rapporte davantage.
- Une variante plus élaborée de cet argument est la suivante : la
retraite par capitalisation est indexée sur le revenu du capital, tandis
que la retraite par répartition l’est sur les salaires (sur lesquels
elle est prélevée) ; or, l’équilibre économique à long terme exige que
revenu du capital et revenu salarié progressent au même rythme, celui de
la croissance économique (« règle d'or» de l'économiste britannique Nicholas Kaldor) ;
le rendement des deux types de retraites doit donc être équivalent. Or
(en laissant de côté l’aspect éthique qui ne permet pas de mettre sur le
même plan prélèvement forcé et épargne volontaire) il n’y a pas de
raison pour que ces revenus progressent de la même façon, les
gestionnaires de fonds pouvant, par exemple, dans une économie
mondialisée, investir là où les perspectives de profit sont élevées
(économies émergentes à croissance rapide).
- "Dans un système de capitalisation, les rendements sont
incertains, il y a des cracks boursiers, etc. ; il y a donc davantage de
risques" : rien n'est certain dans la vie (on peut aussi mourir
avant d'arriver à la retraite), mais ce qui est sûr est que les régimes
actuels de répartition sont en faillite, et que le sort de tous les
futurs retraités est menacé si rien ne change. Le contre-exemple du
système privé de retraite chilien montre que le rendement du système
privé est supérieur à celui des régimes gérés par l’État, même à
proximité d'une crise, en l'occurrence en 2009. De plus, le système de
retraite par capitalisation chilien propose différents niveaux de
risque, permettant aux individus de se prémunir totalement contre le
risque boursier, s'ils le souhaitent[9]. D'après Jacques Garello,
du fait que les fonds de pension font des placements à long terme, la
certitude d'avoir 6 à 7 % de rendement annuel est acquise à 100 % au
bout de quarante ans de placement.
- "On ne peut laisser les retraites subir les aléas du marché, la répartition est donc plus sûre" : c'est oublier un autre risque (outre le risque démographique inhérent à la répartition), qui est le risque politique (hyperinflation,
faillite de l'État, dette publique excessive), car rien ne garantit
aujourd'hui que l'État parviendra dans le futur à obliger les jeunes
générations à cotiser pour payer les retraites des moins jeunes (une des
premières mesures prises par les États en faillite, comme l'Argentine
en 2002, est de diminuer le montant des retraites). Le risque politique
existe également, dans une bien moindre mesure, pour la capitalisation
(cas où les avoirs sont majoritairement constitués de titres publics ;
confiscation des fonds de placement privés par un État en manque de
ressources).
- "Il est normal que ceux qui exercent des travaux pénibles ou
dangereux aient le droit de partir à la retraite plus tôt que les
autres" : Si un emploi est pénible, les candidats seront rares et donc, pour attirer des candidats, le salaire
versé par l'employeur devra être plus élevé que pour un emploi non
pénible ; dans un marché libre, la pénibilité est donc déjà prise en
compte par un salaire plus élevé (sauf blocage autoritaire des salaires
par l'État), ce qui permet au travailleur d'épargner davantage pour sa
retraite et donc, de toucher une pension de retraite plus élevée et/ou
de partir plus tôt, selon son choix. Travail pénible ou non, tout le
monde devrait pouvoir partir en retraite quand il le veut (ce qui en
France est actuellement impossible).
- "Partir tôt à la retraite permet de donner du travail aux jeunes" : vieille erreur malthusienne.
Les jeunes n’ont pas besoin qu’on leur libère une place : ils sont
capables d’occuper un poste nouvellement créé. Une main-d'œuvre
supplémentaire ne signifie pas moins de travail pour les autres : elle
signifie des bras (ou des cerveaux) supplémentaires. Un départ précoce à
la retraite ne profite en rien à la société.
Citations
- « Le cerveau dûment lavé - et même lessivé - les Français
s'imaginent pour la plupart que l'argent de leur retraite existe quelque
part. Ils sont persuadés d'avoir, leur vie durant, cotisé pour
eux-mêmes. Profonde erreur. Ils ont cotisé pour les autres, et leur
argent a disparu. Ils ne sont riches que de l'espoir de voir l'État
parvenir à contraindre les générations suivantes à cotiser pour eux.
Pour la contrainte l'État s'y entend. Mais si les générations suivantes
ont disparu, c'est-à-dire ne sont plus assez nombreuses, comme c'est le
cas en France, que peut l'État ? Rien, strictement rien. Sauf mettre le
système en faillite. C'est exactement ce qu'il se prépare à faire en
s'abstenant d'agir aujourd'hui. » (Claude Reichman)
- « Un spectre hante le monde : celui de la faillite du système de
retraite de l'État. Le système de retraite par répartition qui règne en
suprématie à travers la plus grande partie de ce siècle a un défaut
fondamental enraciné dans une fausse conception sur le comportement de
l'être humain : il détruit à un niveau individuel le lien essentiel
entre l'effort et la récompense. En d'autres termes, entre les
responsabilités personnelles et les droits individuels. Chaque fois que
cela se produit à grande échelle et sur une longue période, le résultat
est désastreux. » (José Piñera)
- « Je suis allé à la rencontre des travailleurs, à la télévision, à
la radio, et je leur ai dit : voulez-vous confier les prélèvements
sociaux à un programme gouvernemental semblable à un trou noir dans
l'univers, puisqu'on ne sait pas exactement comment l'argent est utilisé
et où il va, ou préfèreriez-vous avoir cet argent dans un livret
d'épargne, un livret de retraite qui resterait votre propriété, que
personne ne pourrait s'approprier ? » (José Piñera)
- « L'assurance
et le marché financier, c’est la gestion de la durée. Le plan de
Sécurité sociale (de 1945) va consister à faire vivre les gens dans un
monde où la durée n’existe pas. On veut vous convaincre de faire
abstraction du temps dans quoi que vous fassiez. On vous fait vivre au
jour le jour, et on vous dit : faites-nous confiance, on s’occupe de
vous. » (Georges Lane, 23 août 2011)
- « La répartition est un mode de couverture qui n'est ni
technique, ni nouveau, mais suppose et fait en sorte que le temps
n'existe pas, c'est-à-dire soit retiré du calcul économique ; la
répartition est un mode de couverture qui, pour pouvoir fonctionner,
doit reposer sur l'obligation et la spoliation légales. » (Georges Lane, 2011)
- « Ce dépouillement des générations futures [...] tend à préparer
pour les enfants en bas âge une politique de privations. Mais ceux-ci,
devenus adultes, rejetteront le fardeau. Tout le monde le sait déjà, et
c'est pourquoi la défiance règne [...]. La contradiction est si bien
entrée dans nos mœurs que nul ne s'étonne de voir coexister dans les
projets des réformateurs un système d'assurance fondé sur la répartition
et un système financier fondé sur l'appel à l'épargne. [...] Le rentier
et l'ouvrier finiront par comprendre qu'ils sont également dupes dans
cette affaire. Coupons dépréciés pour l'un, cotisations doublées pour
l'autre, tel sera le bilan — alors que le fonctionnement normal de la
capitalisation en régime de monnaie stable eût pu les satisfaire tous
deux… Peut-être verra-t-on alors ces victimes faire cause commune contre
l'État qui les exploite ? En travaillant à l'institution d'un système
d'assurances sociales, les théoriciens de la lutte des classes n'avaient sans doute pas vu qu'ils vouaient l'ouvrier à découvrir, par l'expérience, leur solidarité. » (Alfred Fabre-Luce, 1938, Le Secret de la République)
- « A démographie non constante et diminuant, la répartition est
peut être maintenant une escroquerie. Nous faisons financer les points
que nous décidons de nous attribuer par la génération suivante qui,
elle, n'aura pas l'aide d'une bonne démographie, et nous osons appeler
cela la solidarité intergénérationnelle ! Le nom de solidarité
cache des montages immoraux. Aller à la banque, se servir en créant un
découvert sur le compte du voisin sous prétexte qu'il est plus jeune,
n'est pas ma conception de la solidarité entre les générations. » (docteur Gérard Maudrux, président de la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France, juin 2007)
- « Il faut trouver un moyen de préserver les générations à venir
de la cupidité des générations présentes pour ne pas recourir à la
banqueroute. » (Napoléon Bonaparte)
- « Il faut dépenser pendant qu'on est jeune l'argent qu'on gagnera quand on sera vieux. » (Sacha Guitry)
- « Dès lors que la solidarité
est obligatoire, elle n’a plus de valeur morale. Et pour ce qui est des
retraites, elle ne désigne en fait que le vol d’une génération par une
autre. » (Pascal Salin)
- « La retraite par répartition est un système de Ponzi
qui a réussi à se maintenir grâce à l’intervention des pouvoirs
publics. Ceux-ci ont remplacé la crédulité des épargnants par la
contrainte légale. » (Jacques Bichot[10])
- « Ce système par répartition selon lequel une génération prétend
vivre aux crochets d’une autre est tout simplement indigne et immoral.
La dignité du bipède consiste à subvenir lui-même à ses besoins. La
démographie se chargera de tuer ce système honteux inadapté à une
population vieillissante. » (Simone Wapler[11])
- « Charles Ponzi est ce fameux escroc américain
qui en moins de 8 mois en 1928 avait réussi à ruiner 40,000 épargnants.
Il leur promettait des rendements spectaculaires, qui bien sûr étaient
versés aux premiers déposants par l’apport des suivants. Ponzi a fait
des émules (au début des années 90 en Russie, notamment), mais seuls les
États européens ont osé mettre en place une carambouille de plus grande
ampleur encore avec les « retraites par répartition ». » (Christian Michel, Le Crépuscule des guerriers[12])
Notes et références
Toutefois,
la vente pyramidale ne fonctionne que parce que le nombre de clients
augmente d'étape en étape ; elle se termine forcément en faillite. Le
système de retraite par répartition peut facilement spolier
particulièrement une génération donnée et donc n'aboutit pas forcément à
une faillite.
Bien
que les « pensions de reversion » aient été inventées pour pallier un
peu ce problème, elles ne concernent que le veuf/la veuve/les enfants et
ne représentent que 50 % de la pension que le conjoint décédé aurait pu
obtenir.
Paternalisme qui était la conception prussienne quand Bismarck instaura le premier système de retraites en 1883. Aux États-Unis, Franklin D. Roosevelt instaura la Social Security en 1935 en prévision des élections de 1936. En France,
la retraite par répartition trouve son origine dans l’AVTS (Allocation
des Vieux Travailleurs Salariés), créée par Pétain en 1941.
fonds
de pension, assurances-vie, rentes viagères, plans d'épargne,
investissements immobiliers, fonciers, métaux précieux, actions,
obligations, etc.
Retraites par répartition, une taxe « implicite » de 50 à 70 %, Contrepoints
Trouvé dans Les maths au carré, Falissard, éd. Ellipses, 2011
À
noter que dans certains pays, la justice affirme que le paiement des
retraites n'est en aucun cas garanti et reste entièrement à la
discrétion de l'État (par exemple Supreme Court Case: Flemming vs. Nestor).
En France, selon le Conseil de normalisation des comptes publics
(CNOCP), « le système par répartition entraîne l'absence d'obligation
relative aux prestations de retraite au-delà de l'exercice annuel pour
les caisses de retraite gestionnaires des régimes, qu'ils soient de base
ou complémentaires. Ces entités ne doivent donc pas comptabiliser de
passif au titre des engagements futurs des régimes de retraite ».
Pascal Salin
Le système privé de pension chilien sort indemne de la crise, Contrepoints, mars 2010
Jacques Bichot, Retraites, Le dictionnaire de la réforme, l’Harmattan, 2010
Les taux d’intérêt bas menacent votre retraite, 23 mai 2017
Bibliographie
- 1979, Carolyn L. Weaver, "Social Security: Has the Crisis Passed?", Cato Policy Report, January
- Repris en 2002, "Social Security: Has the Crisis Passed?", In: David Boaz, dir., "Toward liberty. The idea that is changing the world: 25 years of public policy", Washington DC: Cato Institute, pp95-104
- 2008,
- Mitchell Orenstein, Privatizing Pensions: The Transnational
Campaign for Social Security Reform, Princeton, NJ: Princeton University
Press
- Brink Lindsey, "Social security", In: Ronald Hamowy, dir., "The Encyclopedia of Libertarianism", Cato Institute - Sage Publications, pp479-480
Voir aussi
Liens externes
https://www.wikiberal.org/wiki/Retraite

X) - Le capital, lui, a voté.
Depuis quatre ans, le Parlement français n'a pas voté un seul budget.
🇫🇷
Le capital, lui, a voté. Avec ses pieds.
💸
Reprenons la séquence. Mise bout à bout, elle donne le vertige :
🗳️ Automne 2022 : budget 2023 imposé au 49.3.
🗳️ Automne 2023 : budget 2024, rebelote. Sans vote.
💥 Décembre 2024 : Barnier tente le 49.3 — CENSURÉ. Le pays n'a plus de budget du tout.
🗳️ Février 2025 : Bayrou impose le budget 2025.
Au 49.3.
🗳️🗳️🗳️ Janvier 2026 : Lecornu, qui avait juré de ne jamais y toucher, dégaine TROIS 49.3 pour arracher le budget 2026. Avec 40 jours de retard.
Quatre lois de finances consécutives. Zéro vote favorable
Ce n'est plus un incident constitutionnel. C'est un régime d’occupation
Maintenant, regardez ce que faisait l'argent pendant ce temps.
👇
💶 +58 % de placements français en assurance-vie luxembourgeoise en 2024 : 13,8 MILLIARDS d'euros. Record historique.
🇱🇺 La France représente à elle seule 51,9 % de toute la collecte internationale du Grand-Duché.
🏦 Les fiscalistes décrivent des flux « ininterrompus » depuis la dissolution de juin 2024. Le Luxembourg ne fait même plus de publicité : les clients viennent d'eux-mêmes.
Et voici le détail qui devrait tous vous alerter.
🚨
Ce ne sont plus les milliardaires.
Les gestionnaires de patrimoine voient arriver des médecins, des cadres, des patrons de PME, de jeunes actifs avec 800 000 € d'épargne. Ticket d'entrée : 250 000 €. La classe patrimoniale qui investit, embauche et transmet organise sa sortie. 🧳
Pire : 30 à 40 % de ces nouveaux clients envisagent l'étape d'après — l'expatriation pure et simple.
✈️
Côté macro, le thermomètre confirme.
🌡️
📉 Dette nette TARGET2 de la Banque de France : 175 milliards d'euros en septembre 2024. Record absolu.
📉 Pire que les 117 milliards de décembre 2008 — en pleine crise financière mondiale.
📉 Sauf qu'en 2024, il n'y avait pas de Lehman Brothers. Il y avait juste la France.
Comprenez bien le mécanisme, parce qu'il est contre-intuitif :
Le capital ne fuit pas d'abord l'impôt. Il fuit l'IMPRÉVISIBILITÉ.
🎲
Un taux élevé mais stable, ça se calcule, ça se provisionne, ça s'arbitre.
🧮
Mais quatre budgets sans vote, une censure, une loi spéciale, une taxe Zucman qui apparaît et disparaît au gré des amendements, un IFI qu'on veut muter en « impôt sur la fortune improductive »… Aucun investisseur ne peut mettre un prix sur ce risque-là.
Alors il fait la seule chose rationnelle : il va là où les règles ne changent pas toutes les nuits. 🇱🇺🇨🇭
On connaît la fin de ce film.
🎬 L'ISF avait fait fuir plus de 200 MILLIARDS d'euros cumulés entre 1989 et 2017 (rapport du Sénat, 2018). On a mis trente ans à l'apprendre.
Il aura suffi de quatre 49.3 pour l'oublier.
On peut forcer un budget avec l'article 49.3.
🔨
On ne peut pas forcer un capital à rester. 💸⬇️
(Sources : Commissariat aux assurances du Luxembourg / ACA ; Financial Times ; Éric Dor, IESEG — TARGET2, Banque de France ; rapport du Sénat 2018)
Z) -
France Télévisions, radiographie d'une désertion
Vous la financez. Vous ne la regardez plus.
📺
France Télévisions, radiographie d'une désertion :
👴 64 ans : l'âge moyen du téléspectateur de France Télévisions (rapport IGF, mars 2024). Sept ans de PLUS que la moyenne des autres chaînes françaises.
👴 France 3 : plus de 65 ans. France 5 : 63,8 ans. France 2 : 62,3 ans.
👴 70 % des téléspectateurs du groupe sont des INACTIFS. Record d'Europe des chaînes publiques. M6 : 41 %.
Rendez vous compte....
Pour comparer : l'utilisateur moyen de Netflix a 36 ans. Prime Video : 40 ans.
Et le gâteau lui-même rétrécit :
📉 La durée d'écoute de la télévision a perdu 30 minutes par jour et par personne entre 2020 et 2022. Du jamais vu dans l'histoire de la mesure d'audience.
📉 L'âge moyen du téléspectateur toutes chaînes est passé de 48 ans en 2010 à 57 ans en 2022.
📉 Les 15-24 ans passent désormais plus de temps sur Internet que devant la télé. Leur chaîne préférée s'appelle YouTube.
Alors quand France Télévisions se vante d'une part d'audience "stable" autour de 28-29 %, traduisez : une part stable d'un public qui fond et qui vieillit. 28 % de moins en moins de monde.
Le meilleur : ce naufrage générationnel est FINANCÉ D'OFFICE. ≈ 2,5 milliards d'euros d'argent public par an, prélevés sur une fraction de TVA depuis la suppression de la redevance.
Vous payez à chaque passage en caisse.
Netflix doit vous convaincre chaque mois de rester abonné. France Télévisions, non : son financement est garanti que vous regardiez ou pas.
Résultat parfaitement logique : le client obligatoire n'est pas un client, c'est un contribuable.
Et le produit n'a plus besoin de plaire — sauf à ceux qui sont déjà devant.
Une télévision de retraités, payée par les actifs qui ne la regardent pas.
(Sources : IGF mars 2024 ; Médiamétrie ; Centre d'observation de la société)
https://x.com/ChienSurpris