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juillet 28, 2026

La France brûle, et pas seulement ses forêts : un dernier avertissement.

Sommaire:

A) - La France brûle, et pas seulement ses forêts : un dernier avertissement.

B) -  Nicolas Dufourcq me suis demandé quel mot choisir pour dire la vérité de la prise de risque des entrepreneurs, c’est le culot.

C) -  Alerte rouge sur la dette : « Le FMI, l'OCDE, Bruxelles et la Cour des comptes tirent la sonnette d'alarme en même temps »

D) - N'est-il pas temps d'envisager une réforme du Conseil Constitutionnel ?

E) -  Le discours conventionnel de la Haute fonction publique

 


A) - La France brûle, et pas seulement ses forêts : un dernier avertissement.

Les terribles incendies qui ravagent actuellement le monde — et la France en particulier — témoignent du manque de respect de la génération actuelle envers le passé, le présent et l’avenir. Envers le passé, car ces feux résultent d’une intervention humaine excessive sur la nature et de la destruction des barrières naturelles qui, autrefois, freinaient la propagation des flammes ; envers le présent, car ils sont exacerbés par le réchauffement climatique, lui-même alimenté par l’augmentation constante des émissions de gaz à effet de serre ; et envers l’avenir, car l’eau se raréfie et la génération actuelle menace, par ses agissements, de transformer la planète en un enfer pour toutes les formes de vie futures. Enfin, les incendiaires — qu’ils agissent par folie, malveillance, mépris ou imprudence — achèvent le tableau. 

 

Face à cela, que pouvons-nous faire ? Des pompiers héroïques — professionnels comme volontaires — luttent contre ces monstres de feu avec des moyens insuffisants, tandis que des anonymes viennent prêter main-forte. En France, l’État, fort de ses prérogatives, coordonne les opérations et, grâce à ses forces de l’ordre, prévient les actes de vandalisme et endigue la panique. Enfin, l’Europe, sollicitée, apporte une partie des ressources manquantes. 

Et après ? Une fois les incendies maîtrisés, nous les oublierons ; nous chasserons de notre mémoire les images terrifiantes de chevaux paniqués galopant dans les rues désertes des villes évacuées ou de pompiers piégés dans leurs véhicules. Nous ne réfléchirons pas aux causes ; nous invoquerons la fatalité ; nous ne ferons rien pour empêcher que cela ne se reproduise. Nous écarterons ceux qui diront « On vous l’avait bien dit » ; nous ne protégerons ni la biodiversité ni les ressources en eau ; nous ne limiterons pas l’artificialisation des sols ni ne modifierons nos cultures ; nous ne restaurerons pas les zones humides ; nous ne préserverons pas l’eau ; nous ne réduirons pas les émissions de gaz à effet de serre ; nous ne décréterons pas l’état d’urgence pour accélérer la mise aux normes anti-incendie des bâtiments. Nous ne doterons pas la sécurité civile de moyens plus conséquents.

Et lorsque cela se reproduira — même si les pompiers sont plus aguerris et les procédures mieux rodées — les incendies seront bien plus violents ; les villes ne seront pas épargnées ; les flammes tueront non seulement des animaux pris de panique ou des pompiers piégés dans l'exercice de leurs fonctions, mais aussi d'innombrables personnes, surprises chez elles ou bloquées dans les embouteillages lors d'une évacuation tardive. Dans les villes désertées, les actes de vandalisme et les pillages se multiplieront. Ailleurs, on se battra pour de l'eau et de la nourriture. Face à cette situation, nous finirons par confier aux militaires tous les pouvoirs pour maintenir l'ordre — comme nous avons commencé à le faire récemment — en oubliant la démocratie. 

Est-ce exagéré ? Est-ce une vision trop sombre de l'avenir ? Non, c'est exactement la dynamique actuelle — une dynamique qui aurait pu être prévue dès le début, il y a plus de trente ans. 

Au demeurant, ces incendies ne sont qu'une métaphore d'un phénomène bien plus vaste : oui, le monde — et la France en particulier — est en proie à bien d'autres brasiers. Car les flammes ne sont pas le seul moyen de détruire une société. 

Pour ne parler que de la France, ce pays est rongé par une dette publique — d'abord insidieuse, puis brûlante, enfin explosive — alimentée par des gouvernements prodigues, véritables pyromanes, que ce soit par négligence, imprudence ou pulsion incendiaire. Il est aussi dévoré par un islamisme de moins en moins dissimulé, par un antisémitisme de plus en plus débridé, une xénophobie sans complexe et un rejet ouvert de toute solidarité européenne future. Il brûle également sous l'effet d'un manque de respect pour le passé, qui conduit à la destruction de la biodiversité au nom de l'expansion urbaine. Et plus généralement, il est alimenté par le manque de respect de chacun envers autrui — un manque qui conduit à jeter ses déchets n'importe où, à répandre et consommer des produits toxiques pour soi et pour les autres, à bafouer toutes les lois pour son propre plaisir et à accepter la tyrannie du « chacun pour soi ». 

Face à cela, tout comme lors des incendies de forêt, il y a des gens (médecins, enseignants, policiers, agents du service public) qui font leur travail du mieux qu'ils peuvent ; il y a des citoyens qui compensent l'inaction et le manque de respect des autres ; et d'autres encore qui s'engagent bénévolement lorsque les budgets font défaut ; Enfin, il y a l’Europe, qui contribue à combler les manques en finançant la dette publique et en couvrant une partie des budgets de l’agriculture et de la défense, tout en garantissant, par son cadre juridique, les principes fondamentaux de la démocratie. 

Toutefois, si nous ne prenons pas au sérieux toutes ces autres formes d’« incendies », si nous ne réduisons pas drastiquement les zones inflammables, si nous ne maîtrisons pas la dette publique, si nous n’imposons pas une laïcité intransigeante dans les plus brefs délais et si nous ne voyons pas émerger un projet national positif, ce sont bientôt les villes qui seront ravagées par les émeutes d’une jeunesse en révolte ; le pays tout entier sombrera dans la violence. La répression s’installera. La police cédera le pouvoir à l’armée, non seulement pour gérer les incendies, mais aussi pour maintenir l’ordre. La démocratie sera une victime collatérale de tous ces brasiers. Il est encore temps.  

Mais plus pour longtemps.

Jacques Attali,

Jacques Attali, Titulaire d'un doctorat en économie, Jacques Attali est diplômé de l'École polytechnique et conseiller d'État. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il a fondé quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à l'analyse de l'avenir), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur pour les journaux financiers *Les Échos* et *Nikkei*, après avoir également collaboré avec *L’Express*. Jacques Attali dirige aussi régulièrement des orchestres à travers le monde. 

https://www.attali.com/en/society/france-is-burning-and-not-just-its-forests-a-final-warning/

 

B) -  Nicolas Dufourcq me suis demandé quel mot choisir pour dire la vérité de la prise de risque des entrepreneurs, c’est le culot.

Je me suis demandé quel mot choisir pour dire la vérité de la prise de risque des entrepreneurs. Audace ne me parlait pas, trop utilisé. Témérité ne passait pas non plus, car le mot a entretenu la condamnation française de l’échec. Il ne fallait pas être téméraire. Le grand mot qui plie le match car il dit le risque qu’on admire les yeux éberlués, c’est le culot. 70 entrepreneurs et artistes vont en parler toute la journée. 

 

  https://x.com/NicolasDufourcq

Je rappelle par ailleurs ci-dessous mon intervention dans Le Point d'octobre 2025, à méditer !!

 


 


 

C) -  Alerte rouge sur la dette : « Le FMI, l'OCDE, Bruxelles et la Cour des comptes tirent la sonnette d'alarme en même temps »

Le FMI, la Commission européenne, la Cour des comptes et l'OCDE ne partagent ni le même mandat ni les mêmes intérêts, et pourtant, leurs diagnostics sur les finances publiques françaises se rejoignent. Quand quatre institutions aussi différentes sonnent le tocsin, ce n'est plus un avertissement : cela rappelle l'urgence de l'action, estime Olivier Klein, professeur d'économie à HEC.

Il est rare que le FMI, la Commission européenne, la Cour des comptes et l'OCDE tiennent, à quelques semaines d'intervalle, un discours quasiment identique. C'est pourtant ce qui vient de se produire à propos des finances publiques françaises.

Ces institutions n'ont ni le même mandat, ni les mêmes responsabilités. Pourtant, leurs diagnostics convergent de façon remarquable : la France n'est pas confrontée aujourd'hui à une crise de financement, mais la trajectoire actuelle de ses finances publiques n'est pas suffisamment crédible pour garantir la soutenabilité de sa dette.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/alerte-rouge-sur-la-dette-le-fmi-locde-bruxelles-et-la-cour-des-comptes-tirent-la-sonnette-dalarme-en-meme-temps-2243145

 

 


D) - N'est-il pas temps d'envisager une réforme du Conseil Constitutionnel ?

Alors que le Conseil constitutionnel vient de censurer le recours à la généalogie génétique dans les enquêtes criminelles. cette décision, dont les motifs méritent d’être commentés, invite à revenir sur les fondements du droit de la preuve pénale et sur l’équilibre qu’il doit ménager entre l’efficacité de la justice et le respect de la vie privée.

La loi pénale française fait peu référence à la notion de preuve, si ce n’est pour reconnaître et affirmer le principe de la liberté de la preuve pénale.

Il existe en effet deux systèmes d’administration de la preuve en matière pénale, le système de la preuve légale selon lequel chaque typologie d’infraction doit être prouvée selon des règles précises généralement déterminées par la loi, système dans lequel la loi fixe précisément la liste des preuves qui sont recevables, sans qu’il soit possible d’en utiliser d’autres, c’était le système de l’ancien droit et c’est aujourd’hui le système anglo-saxon, et l’intime conviction qui renvoie à la conscience du juge et qui permet d’établir la culpabilité par tout mode de preuve à condition qu’il ne soit pas spécifiquement prohibé par la loi.

Le droit pénal français moderne est en principe fondé sur l’intime conviction.

Un exemple parmi d’autres permet de comprendre.

En 2015 une jeune femme avait été violée et assassinée dans la région de Poitiers. Le sperme de l’agresseur avait été prélevé sur les restes de la malheureuse victime et son ADN extrait, ADN qui n’était pas enregistré au FNAEG. Dix années plus tard, le juge d’instruction du pôle « cold cases » de Nanterre avait pris une décision innovante. Il avait en effet, dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire, demandé aux autorités américaines qu’elles comparent l’ADN identifié sur la scène de crime avec les empreintes génétiques (plusieurs millions) enregistrées aux USA dans les fichiers de généalogie privés. En effet la législation américaine permet la constitution de tels fichiers destinés à identifier les ancêtres et les cousins, au sens large du terme, des personnes qui souhaitent connaître leur généalogie, les américains étant généralement descendants d’européens qui se sont établis au nouveau monde à partir du XVI° siècle. On comprend dès lors la pertinence de la démarche du juge d’instruction français.

Et c’est ainsi que le 11 décembre 2025 un individu qui a été identifié, par l’identification d’un de ses ascendants, a reconnu la commission de ces faits. Cette réussite scientifique à l’époque a fait grand bruit.

Cependant la constitution de tels fichiers aux fins d’études généalogiques est interdite, sous peine de sanctions pénales, en France.

C’est la raison pour laquelle le ministre de la justice, dans le cadre de son projet de loi de réforme de la procédure criminelle, a présenté au parlement une disposition permettant le recours à la généalogie génétique d’investigation dans les enquêtes criminelles. Ce projet permettait, sous certaines conditions, d’ordonner la comparaison d’une empreinte génétique établie à partir d’une trace biologique d’une personne inconnue soupçonnée d’être l’auteur d’un crime terroriste ou d’un crime sériel ou non élucidé, avec les données debases génétiques étrangères, notamment américaine évidemment.

Ainsi, le Parlement a-t-il adopté définitivement le 7 juillet dernier le texte suivant (article 706-56-1-2 nouveau du code de procédure pénale) : « À la seule fin de rechercher et d’identifier l’auteur, le complice ou la victime de l’infraction, notamment par la recherche de personnes pouvant leur être apparentées, lorsque les nécessités d’une enquête ou d’une information concernant un crime mentionné aux articles 421-1 à 421-2-1 du code pénal (les faits de terrorisme) ou au premier alinéa de l’article 706-106-1 du présent code ( les crimes commis de manière répétée par une même personne à l’encontre de différentes victimes et les crimes dont l’auteur n’a pas pu être identifié plus de dix-huit mois après leur commission ) l’exigent et sous les réserves prévues au II du présent article, le juge des libertés et de la détention, sur requête du procureur de la République ou, après avis de ce magistrat, le juge d’instruction peut, par décision écrite et motivée, ordonner l’analyse d’une empreinte génétique établie à partir d’une trace biologique issue d’une personne inconnue et la comparaison de l’empreinte génétique ainsi obtenue avec les données de bases de données génétiques établies hors du territoire de la République sur le fondement d’un droit étranger, aux fins de recherche de personnes pouvant être apparentées à la personne dont l’identification est recherchée. Cette décision prescrit l’effacement immédiat de cette empreinte génétique de ces bases de données à l’issue de cette opération ».

Ce projet de loi était en cohérence avec la création du pôle « cold cases » de Nanterre dont l’objet même était de tenter d’élucider, après des années d’échec, les auteurs des crimes les plus graves, notamment les viols et les homicides sériels.

Par une décision du 23 juillet 2026, le conseil constitutionnel, qui avait été saisi par les groupes LFI, socialistes et écologistes, a déclaré non conforme à la constitution cette disposition au vu de « la particulière gravité de l’atteinte susceptible d’être portée au droit au respect de la vie privée par de telles dispositions », le Conseil constatant également que ces dispositions « visent à autoriser l’exploitation directe de données génétiques pourtant transmises à des sociétés de droit étranger en méconnaissance de l’interdiction pénale réprimant en France la sollicitation et la réalisation de telles analyses génétiques » et développant que « le législateur a omis de déterminer lui-même les conditions et limites du recours à de telles bases de données, s’agissant notamment des modalités de recueil des données génétiques et de la qualité des analyses et des traitements opérés » et que « ce faisant, il n’a pas prévu les garanties légales de nature à éviter une rigueur non nécessaire lors de la recherche des auteurs d’infraction et n’a pas assuré une conciliation équilibrée entre cet objectif et le droit au respect de la vie privée. ».

Qui est souverain en France ? La Constitution est claire. Son article 3 précise en effet que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Force est cependant de constater que depuis plusieurs années le Conseil Constitutionnel, dont la composition est politique au vu du mode de désignation de ses membres, ce qui ne permet pas de le comparer à la plupart des « cours suprêmes » européennes, est devenu un législateur de fait alors que le constituant de 1958 avait limité le pouvoir du Conseil à la vérification du respect par le législateur des dispositions de l’article 34 de la constitution qui définissent avec précision ce qui est du domaine de la loi et du respect des procédures parlementaires, ces dispositions ayant été prises pour éviter l’immixtion du pouvoir législatif dans les prérogatives de l’exécutif, comme c’était le cas dans les constitutions précédentes.

Il faut en effet comprendre que le conseil constitutionnel s’est autorisé depuis 1971, contrairement vraisemblablement au vœu initial du constituant de 1958, à apprécier la constitutionnalité des lois au regard du préambule de la constitution Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004 (rajouté ultérieurement) »), lequel préambule de 1946 proclamait : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ».

Droits de l’homme tels que définis par la déclaration des droits de 1789. Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Ces concepts, de nature historiquement philosophiques, n’ont pas à leur origine été conçus comme devant avoir force de droit positif. Ils le sont aujourd’hui devenus depuis 1971, année qui a vu le Conseil Constitutionnel dire que le préambule de la constitution faisait partie du « bloc de constitutionnalité ».

C’est sur ce fondement, l’absence selon le Conseil de « garanties légales de nature à éviter une rigueur non nécessaire lors de la recherche des auteurs d’infraction » et par ailleurs de « conciliation équilibrée entre l’objectif de valeur constitutionnelle de recherche des auteurs d’infractions et le droit au respect de la vie privée » que la loi a été invalidée.

Droit au respect de la vie privée.

Ce concept, prévu par l’article 9 du code civil, n’a jamais été conçu par le constituant comme devant intégrer le bloc de constitutionnalité. Il s’agit là aussi d’une construction prétorienne qui ne repose sur aucun texte.

En « constitutionnalisant » des droits à l’infini, sans base textuelle claire, le Conseil Constitutionnel s’écarte du principe de prévisibilité, d’intelligibilité et de clarté de la loi (constitutionnelle) qu’il impose cependant au législateur ordinaire lorsqu’il examine la constitutionnalité d’une loi. On peut donc dire qu’écartant le principe de la séparation des pouvoirs, le Conseil Constitutionnel décide souverainement si telle ou telle disposition législative contrevient ou ne contrevient pas à des principes qu’il fixe lui-même.

Comment par ailleurs comprendre une telle décision alors que la loi du 3 juin 2016 (article 706-56-1-1 du code de procédure pénale), non remise en cause par le conseil constitutionnel, permet, lorsque les nécessités d’une enquête ou d’une information concernant les crimes les plus graves l’exigent, à l’autorité judicaire de requérir le service gestionnaire du FNAEG afin qu’il procède à une comparaison entre l’empreinte génétique enregistrée au fichier établie à partir d’une trace biologique issue d’une personne inconnue et les empreintes génétiques des personnes enregistrées au dit fichier aux fins de recherche de personnes pouvant être apparentées en ligne directe à cette personne inconnue.

Quelles vont être les conséquences de cette décision sur l’affaire de Poitiers ?

Le respect de la vie privée est évidemment fondamental. Mais il n’y a pas de droit sans limite et le Conseil reconnaît lui-même que la recherche des auteurs d’infraction a valeur constitutionnelle.

Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle des garanties légales suffisantes n’avaient pas été prévues pour assurer un juste équilibre entre ce droit au respect à la vie privée et la recherche des auteurs de crimes, est évidemment contestable alors que le recours à cette procédure n’a été conçu que pour rechercher les auteurs des crimes sériels quand tous les autres moyens d’enquête ordinaire n’ont pas permis leur identification, le pôle « cold cases » de Nanterre ayant été justement créé à cette fin. En le privant de cette technique, ce pôle qui avait résolu l’affaire de Poitiers sus évoquée, a été de fait dévitalisé.

A quoi bon le maintenir.

Les parents et proches des victimes de crimes sériels, notamment ceux commis sur des enfants, seront sans doute dans l’incompréhension, et la colère, d’une telle décision. Les juristes que nous sommes le sont aussi.

N’est-il pas temps d’envisager une réforme du Conseil Constitutionnel ?

Luc FONTAINE

Magistrat honoraire

Guilhem CARAYON

Avocat

https://nouvellerevuepolitique.fr/luc-fontaine-et-guilhem-carayon-nest-il-pas-temps-denvisager-une-reforme-du-conseil-constitutionnel/ 

 


 

E) -  Le discours conventionnel de la Haute fonction publique

Il est de convention de voir dans le modèle social la cause de tous nos maux. Les voix ne manquent pas pour le dénoncer parmi lesquelles celles de la Haute fonction publique. Ces voix diverses s’appliquent à chacune nous alerter, avec quelques variantes dans l’intonation, mais c’est le même discours, le discours conventionnel de la Haute administration, qu’elles nous récitent. Ce discours dénonce le modèle social pour son coût pour les finances publiques. Dans un pays qui a sacralisé la protection sociale et la fonction publique, la voix de la Haute fonction publique porte : « dès l’instant où il est à son poste [le haut fonctionnaire] est censé être doué de l’esprit le plus pénétrant qui soit » (Galbraith, L’ère de l’opulence).

L’attention que porte la Haute fonction publique au modèle social et à sa survie est d’autant plus remarquable qu’il existe, pour les gens du public, nombre de mesures statutaires qui dérogent aux principes généraux de la protection sociale et en alourdissent le coût pour la collectivité, tant pour la santé que pour les retraites. Ces dispositions statutaires et dérogatoires sont, curieusement, absentes du discours conventionnel de la Haute fonction publique. Cet évitement pourrait être un sujet d’interrogation qui, à coup sûr, serait perçu comme du « fonctionnaire bashing ». Laissons donc là les conditions de gestion des fins de carrière, le calcul de la pension de retraite, les jours de carence et la rémunération des arrêts-maladie.

La voix de la Haute fonction publique doit être entendue parce qu’elle exprime le souci d’une dépense publique maîtrisée et, la dépense publique, personne n’est mieux placé pour en apprécier la nécessaire maîtrise. Ces voix qui s’élèvent aujourd’hui, ce sont celles de Hauts fonctionnaires en activité, celles de Hauts fonctionnaires retraités ou honoraires, qui ont observé des décennies de dérives de la dépense publique. Le temps de la prise de conscience semble donc être arrivé et ils nous alertent et disent les recettes pour nous sortir de l’insoutenabilité, non plus de la dépense publique mais de la dette. L’alerte est bien tardive pour qui se souvient de ce rapport de l’OCDE, de 1981, qui nous disait la crise de l’État providence. L’alerte est bien tardive après des décennies de budgets votés en déficit.

Le souci qu’a la Haute fonction publique d’un retour à la maîtrise de la dépense publique, pour tardif qu’il soit n’en est pas moins légitime et doublement légitime. Il l’est, tout d’abord, parce que c’est là la raison d’être de la Haute fonction publique, il l’est aussi plus pragmatiquement, parce que c’est la dépense publique qui finance sa rémunération. La sacralisation de la fonction publique se traduit, chez nous, par le fait que L’esprit le plus pénétrant, que Galbraith reconnaissait aux Hauts fonctionnaires, continue d’habiter les Hauts fonctionnaires retraité et honoraires. Dégagés d’une obligation de réserve et des contraintes d’un déroulement de carrière, ils nous disent aujourd’hui ce qui aurait dû être fait quand ils étaient en fonction.

S’il nous faut écouter la voix de la Haute fonction publique, il faut pour l’entendre la replacer dans son contexte. La Haute fonction publique nous parle depuis un monde qui n’est pas celui du privé-marchand, celui d’un monde qui « consomme du PIB » sans en créer, celui d’un monde qui redistribue du PIB sous la forme de services de protection et de redistribution d’une partie du pouvoir d’achat préalablement prélevé.

Quand la Haute fonction publique alerte sur l’insoutenabilité du modèle social, dont elle est aux marges (ou totalement étrangère si l’on considère l’Assurance chômage), l’hypothèse peut être faite que, les feux mis sur la dépense sociale sont comme les phares qui éblouissent le lapin … qui court alors le risque d’être écrasé.

Éclairer de tous les feux l’insoutenabilité de la dépense sociale, au motif de son poids « en PIB », laisse dans l’angle mort le poids, en PIB, de la formidable administration publique et le paradoxe de ses 5,9 millions d’emplois publics mal alloués. En pourcentage de PIB, le poids de la dépense de retraite (y compris celles des fonctions publiques) et le poids des rémunérations publiques sont du même ordre, respectivement 13 à14% et 12 à13%. Quand le souci est celui des « grosses masses de dépense », il faut donc savoir que 13 à 14 % est une grosse masse et que 12 à 13% ne l’est pas. Les pleins feux portés sur le lapin n’éclairent pas les déterminants de ces dépenses. Occupé à chasser le lapin on ne sait plus que, si les dépenses de retraite et de santé, sont déterminées par le vieillissement, la dépense de rémunération publique est, elle, pilotable par les employeurs publics, sauf à ce qu’ils soient défaillants. Les pleins feux portés sur le lapin-social ne fait plus voir que, ce qui finance la dépense sociale ce sont, encore majoritairement, des cotisations sociales alors que la rémunération des emplois publics, et les retraites publiques sont, elles, financées par l’impôt, que par l’impôt.

Il ne s’agit pas de nier l’impérieuse nécessité de redonner un avenir au modèle social en adaptant ses paramètres, son périmètre et son financement. De la même façon peut-on nier l’impérieuse nécessité de redonner un avenir à l’action publique en limitant son périmètre, en adaptant ses moyens aux gains d’organisation permis par la digitalisation, en la recentrant sur les missions régaliennes et un niveau raisonnable de « premiers secours » ?

De nouvelles réformes du modèle social, dont la seule ambition est comptable et malthusienne, ne suffiront pas à rétablir la situation des finances publiques dont la Haute fonction publique a savamment observé la lente dégradation.

Les comparaisons internationales nourrissent l’argumentaire réformateur de la protection sociale. Les mêmes comparaisons ne sont plus dans la boîte à outil des réformateurs de l’action publique. Pour donner, ici, une idée, l’emploi public c’est 21% de l’emploi total en France, 11% en Allemagne, 14 % en Italie. Si le modèle social français est généreux, que dire du « modèle administratif » ! 21% c’est aussi, magie des chiffres, le poids des rémunérations publiques dans la dépense publique. Pour 1000 € de dépense publique, 200 € sont consommés par l’appareil administratif, 110 € seulement par l’appareil administratif Allemand. Pour 1000 € de prélèvements obligatoires l’administration française en redistribue 800 sous forme de « services » et de prestations monétaires, l’administration allemande en redistribue plus de 10% de plus (après en avoir moins prélevé).

S’il s’agit vraiment de trouver le chemin de la stabilisation de la dette, puis celui de sa diminution, ne faut-il pas que l’on éclaire l’appareil de l’État autant que le lapin-social ? C’est sur ce sujet aussi que l’esprit le plus pénétrant, qui est donc celui de la Haute fonction publique, devrait s’exercer. Mais, la Haute fonction publique est un acteur économique comme les autres : elle optimise, logiquement, ses intérêts économiques. Ni plus ni moins que « l’assisté social », ni plus ni moins que l’entreprise.

Le discours de convention de la Haute fonction publique, garante des comptes publics est, naturellement, aussi un discours en défense de l’appareil de l’État.

Michel Monier

https://nouvellerevuepolitique.fr/michel-monier-le-discours-conventionnel-de-la-haute-fonction-publique/

 


 

 

 

janvier 20, 2026

Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées et serons-nous plus intelligent avec l'IA ?

Sommaire:

A) - Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées que le gouvernement préfère ignorer

B) - L’IA va-t-elle nous rendre stupides ?

 


 

A) - Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées que le gouvernement préfère ignorer

Le 15 avril 2019, les flammes ont dévoré la cathédrale Notre-Dame de Paris, un symbole millénaire de la civilisation occidentale.

Cinq ans plus tard, alors que la réouverture a eu lieu en décembre 2024, l’enquête officielle piétine toujours, laissant planer des zones d’ombre sur les causes réelles du désastre.

Basé sur un documentaire récent de TV Libertés intitulé Incendie de Notre-Dame : ce que le gouvernement ne veut pas avouer… Contre-enquêtes, cet article explore les hypothèses accidentelles, les négligences humaines et institutionnelles, ainsi que les enjeux politiques et financiers qui entourent cette tragédie.


 

Les causes potentielles : accident ou négligence ?

L’incendie, survenu un lundi saint, a débuté dans les combles de la cathédrale. Selon des témoins comme un prêtre qui quittait les lieux vers 18h, une fumée suspecte a été remarquée au-dessus de la flèche, et l’alerte a été donnée rapidement. Pourtant, le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, attisé par un vent fort et la structure en bois sec datant du Moyen Âge.

Les enquêteurs se sont d’abord tournés vers les ouvriers du chantier de rénovation, opérant pour la société Le Bras Frères. Ces derniers, une douzaine sur site, ont été auditionnés à plusieurs reprises. Leur employeur affirme que le chantier se déroulait normalement depuis plus d’un an, sans incident notable, et que personne n’était présent au moment du départ du feu. Les consignes de sécurité auraient été respectées, mais des employés ont admis fumer sur les balcons lors des pauses.

Bien que un mégot de cigarette soit écarté comme cause directe, une hypothèse plus probable pointe vers un court-circuit dans des câbles électriques provisoires. Installés en 2007 et 2012 pour électrifier des cloches, ces dispositifs temporaires étaient toujours en place en 2019, malgré leur obsolescence. Était-ce une économie sur le remplacement ? La cathédrale reposait ainsi sur un « volcan » électrique, où un simple dysfonctionnement pouvait embraser la charpente.

D’autres pistes émergent : des déchets inflammables jetés intentionnellement ou non, potentiellement par des grimpeurs urbains qui escaladaient illégalement la cathédrale pour des vidéos en ligne. Combiné à un court-circuit, cela aurait pu déclencher le brasier. L’architecte en chef des monuments historiques, Philippe Villeneuve, a mentionné un seul départ de feu connu dans la « forêt » (la charpente), sans chantier à proximité, renforçant les soupçons de négligence ou d’intrusion.

De plus, des produits protecteurs appliqués sur le bois auraient accéléré les flammes dans cet espace clos et ventilé.

Les erreurs fatales : 23 minutes perdues

Le destin de Notre-Dame s’est joué dans les 20 premières minutes après l’alarme. À 18h18, le système de détection s’active, mais l’agent de sécurité, employé par un prestataire privé, interprète mal l’emplacement. Inexpérimenté dans ce monument complexe, il se rend au mauvais endroit, retardant la vérification.

Ce n’est qu’après un second appel, 23 minutes plus tard, que les pompiers sont alertés. Ces précieuses minutes ont transformé un feu contenable en catastrophe nationale. Le système d’alarme, basé sur des zones numérotées peu intuitives, était géré par des agents sous-formés, recrutés pour des raisons d’économie. Pourquoi sous-traiter la sécurité d’un joyau patrimonial ? Pour réduire les coûts, au détriment d’une expertise adaptée.

Des alertes préalables existaient : en 2016, un rapport du chercheur Paolo Vannucci, remis au gouvernement Valls, soulignait la vulnérabilité des combles et recommandait des mesures anti-incendie. Classé « secret défense » sous prétexte de risques terroristes, il a été ignoré, évitant un débat public embarrassant sur l’entretien du patrimoine chrétien pré-1905, dont l’État est propriétaire mais souvent négligent.

L’enquête lente : une procession administrative

Cinq ans après, aucune cause officielle n’est retenue. L’enquête repose sur des témoignages, sujets à la bonne foi des impliqués. Sans preuves tangibles, elle avance comme une « procession administrative », évitant d’ébranler les responsabilités. Les assurances, impliquées pour des centaines de millions d’euros, préfèrent une conclusion prudente pour éviter des faillites.

L’État semble soulagé que les dons privés et publics financent la reconstruction, masquant ses manquements. Si l’erreur humaine est admise, elle révèle un paradoxe : des monuments historiques sous-protégés comparés à des bureaux modernes, avec des équipes réduites et des protocoles obsolètes.

Le financement et les enjeux politiques

La reconstruction, promise en cinq ans par Emmanuel Macron, a été financée par un élan mondial : des familles fortunées (LVMH, Kering) et des citoyens ont promis des centaines de millions. Pourtant, les versements réels sont inférieurs aux annonces, et une partie des fonds sert à des frais administratifs, contredisant l’esprit des dons.

Macron a transformé la tragédie en récit de rassemblement national, transférant la charge financière vers le privé et évitant d’assumer les déficits d’entretien. L’absence du pape François à la réouverture de décembre 2024, malgré l’invitation, souligne une réserve vis-à-vis de cette instrumentalisation politique du patrimoine chrétien.

L'incendie de Notre-Dame de Paris a suscité émotion et solidarité dans le monde entier. Au-delà des polémiques sur la sécurité du bâtiment et sa reconstruction, comment expliquer que l'enquête avance si lentement, que ses conclusions soient autant dissimulées ? C'est que leur mise au jour lèverait le voile sur des vérités quelque peu dérangeantes...
 

Un avertissement divin ?

Au-delà des faits, certains y voient un « signe » divin, un avertissement sur les négligences sociétales, comme la Covid ou les guerres récentes. En France, certaines vérités « brûlent plus fort que les charpentes ». Tant que l’enquête reste dans l’ombre, les questions persistent : accident providentiel ou symptôme d’un système défaillant ? La renaissance de Notre-Dame invite à une réflexion profonde sur la préservation de notre héritage.

https://multipol360.com/incendie-de-notre-dame-les-verites-cachees-que-le-gouvernement-prefere-ignorer/

 


B) - L’IA va-t-elle nous rendre stupides ?

Les risques cachés de la dépendance à ChatGPT et consorts

En 2029, une IA militaire déclenche l’apocalypse nucléaire et fabrique des robots tueurs pour asservir l’humanité. Ce scénario à la Terminator glace le sang, mais il reste de la science-fiction. Pourtant, des experts comme d’anciens employés de Google et OpenAI alertent sur un risque existentiel réel posé par l’intelligence artificielle.

Le vrai danger n’est pas une rébellion des machines, mais une atrophie progressive de nos cerveaux, rendant l’humanité dépendante et inapte.

Basé sur une analyse approfondie d’une vidéo récente de la chaîne YouTube Micode (titre : « La Fabrique à Idiots »), cet article explore comment l’IA, de ChatGPT à ses successeurs, pourrait nous transformer en « idiots complets » si nous ne changeons pas notre approche.

Le mythe de l’apocalypse et le vrai péril : la dépendance insidieuse

Les visions apocalyptiques reposent sur des technologies inexistantes, comme une IA consciente décidant d’exterminer l’humanité. Mais le scénario plus probable est une perte graduelle de nos capacités cognitives. Posez-vous la question : quand avez-vous pris une décision importante sans consulter ChatGPT ? Écrit un e-mail en anglais de votre main ? Cherché une information sans aide ? L’IA, initialement un outil pour des tâches triviales, devient un assistant multitâche indispensable. Nous déléguons de plus en plus, savourant la « magie » de voir des corvées accomplies en quelques minutes.

Mais à long terme, cela pourrait atrophier notre cerveau, nous rendant incapables sans elle.

Dès son lancement, ChatGPT a divisé : les enthousiastes y voyaient la fin du travail ingrat, les sceptiques un gadget hallucinant et menteur. GPT-3.5 avait des limites – entraînement arrêté en 2021, absence de sources, incohérences. Pourtant, des développeurs et étudiants s’y sont jetés dessus : les premiers pour générer du code, les seconds pour tricher aux devoirs.

L’évolution explosive des LLM et leurs impacts sur l’éducation

En quelques mois, les modèles comme GPT-4o, Gemini ou Claude ont évolué : accès web en temps réel, multimodalité (images, audio, vidéos), mémoire longue (jusqu’à 1500 pages analysées). Gemini peut même créer un podcast à deux voix sur un sujet !

Chez les étudiants, la triche est devenue endémique. En France, dès janvier 2023, un professeur a détecté des copies identiques générées par GPT – structure similaire, anecdotes personnelles fictives, orthographe impeccable. Aujourd’hui, 80 % des lycéens français utilisent des LLM, tuant les devoirs à la maison. Les enseignants refusent souvent de les noter, ne sachant plus qui évalue : l’élève ou l’IA ?

Du côté des développeurs, les juniors délèguent trop, produisant du code sans comprendre. Un exemple personnel : un stagiaire, Antoine, a utilisé l’IA comme « chef d’orchestre », mais s’est noyé dans du code verbeux et buggé, révélant son manque de bases.

Comment l’apprentissage humain est court-circuité : théorie, pratique, métacognition

Pour comprendre l’impact, rappelons comment le cerveau apprend. Première étape : la théorie, où le cortex préfrontal (concentration) et l’hippocampe (encodage) se recâblent. Deuxième : la pratique, où les ganglions de la base transforment l’effort en automatisme. Troisième : la métacognition, via des signaux dopaminergiques (erreur de prédiction) pour corriger et adapter.

Un professeur intervient à chaque stade : enseigne, assigne des devoirs, corrige. Mais déléguer à l’IA court-circuite la pratique et la métacognition, menant à une « dette cognitive » – comme la dette technique en code, accumulant des problèmes futurs.

C’est un « Google Effect » amplifié : le GPS atrophie l’hippocampe (comme chez les taxis londoniens qui avaient entrainé leur cerveau à cartographier toute la ville), internet externalise la mémoire, réduisant la matière première pour penser. Avec l’IA, on sous-traite tout processus mental exigeant.

Études alarmantes : dette cognitive et différences juniors/seniors

Une étude du MIT (juin 2025) confirme : des participants écrivant des essais avec GPT-4o montrent une activité cérébrale réduite comparée à ceux utilisant internet ou rien. Les gains immédiats masquent des lacunes.

Une enquête sur 791 développeurs révèle un contre-intuitif : les seniors (10+ ans d’expérience) utilisent plus de code IA, mais le vérifient minutieusement. Les juniors, eux, s’en servent comme béquille, manquant de bases solides.

Solutions : transformer l’IA en tuteur, pas en béquille

Pour contrer cela, utilisez l’IA comme tuteur : demandez des exercices sans réponses immédiates, forçant la pratique. Par exemple, pour une division : « Donne-moi un exercice sans indices. » Cela transforme ChatGPT en précepteur personnalisé, un luxe historique.

Des études comme celle de Harvard sur « PhysicsPal » (basé sur GPT-4) montrent des progrès accélérés, avec adaptation au rythme individuel et promotion d’un « mentalité de croissance ». Mais sans encadrement, les élèves « copient-collent » et apprennent moins.

Risque : inégalités croissantes. Ceux qui choisissent l’effort progressent ; les autres accumulent des lacunes, devenant « lobotomisés ». Dans les entreprises, prioriser le rendement immédiat atrophie les employés.

Solutions pratiques : examens papier-stylo (comme en Wallonie vs. Flandre belge, où la numérisation a doublé les réussites suspectes). Ou une « cure de désintox » : interdire l’IA temporairement, comme avec Antoine, qui a regagné compétences et plaisir.

(exemple commenté: Je suis un boomer (74 ans) et j'ai une anecdote dont l'analogie avec les thèses évoquées dans cette vidéo est criante : Au début des années 70, j'étais en 3ème année d'école d'ingénieur. Le prof de RDM (résistance des matériaux) avait décidé que les devoirs sur table (appelés "devoirs surveillés" DS) seraient sans limite de temps et avec avec toute la documentation que l'on voulait. Justification : "Dans la vie active, vous aurez accès à toute la documentation, et si nécessaire, vous aurez toutes vos nuits pour travailler vos projets". Nous étions donc persuadés qu'ayant toute la doc, nous n'avions plus rien à apprendre, tout au plus à savoir nous servir d'une règle à calculs (Hé oui : même les calculettes quatre opérations n'existaient pas encore !). Bref, le DS commençait à 14 H, sans limite de temps mais toute sortie de la salle était définitive. En simplifiant : Au premier trimestre, l'expérience montra : - que nous venions tous avec des tonnes de doc pour être parés à toute éventualité - que personne ne restait au-là de 19H55 (5 minutes avant l'heure de fermeture du resto de l'école. Coïncidence ? 😄) - que les résultats étaient globalement catastrophiques Au deuxième trimestre, - la plupart des élèves venaient avec une doc réduite, en ayant potassé les cours avant - une majorité sortaient au bout de cinq heures - les résultats par rapport au premier trimestre s'étaient largement amélioré mais restaient médiocres Au troisième trimestre - la doc apportée était souvent réduite à des fiches de synthèse faites préalablement à partir des cours - au bout de 4h30, pratiquement tout le monde avait rendu sa copie - La moyenne de la promo était passée au-dessus de 10 (on notait sur 20, à l'époque) La doc illimitée était le ChatGPT de l'époque. Pour la petite histoire, j'ai eu un diplôme d'ingénieur en Génie Civil, et j'ai fait toute ma carrière dans l'informatique, en commençant comme développeur. Et aujourd'hui encore, à la retraite, je développe pour mon plaisir.)
 

Un choix quotidien pour préserver notre intelligence

L’IA ne nous rendra pas stupides ; nous le ferons nous-mêmes en choisissant la facilité. Notre cerveau, optimisé pour l’économie d’énergie, préfère les raccourcis – mais l’effort sculpte l’intelligence. L’éducation est le socle d’une société ; la négliger pour des gains immédiats mène à l’effondrement.

La tech facilite la vie, mais avec modération. À chaque prompt, choisissez : béquille ou sparring partner « partenaire d’entraînement) Déléguer ou aiguiser votre pensée ? L’avenir dépend de ce choix quotidien.

https://multipol360.com/lia-va-t-elle-nous-rendre-stupides/ 

 


 

Intelligence artificielle

L'intelligence artificielle, abrégé par le sigle IA, en anglais Artificial Intelligence, est un domaine ou programme de recherche consistant à mettre en œuvre un processus où des machines ou systèmes informatiques seraient dotés des caractéristiques proches du comportement et intelligence humaines. Le concept d'intelligence artificielle est né de l'idée qu'une machine complexe, comme un ordinateur, peut effectuer des tâches exigeant de l’intelligence, c'est-à-dire qu'elle peut générer et traiter une très grande capacité de données.

Le terme a été crée en 1956 par John McCarthy, cogniticien et informaticien américain, principal pionnier de l’intelligence artificielle avec Marvin Lee Minsky, lors d'un atelier scientifique organisé au campus du Dartmouth College. Cet atelier baptisé Conférence de Dartmouth a réuni une vingtaine de chercheurs comme Claude Shannon (père de la théorie de l’information), Nathan Rochester, Ray Solomonoff, Trenchard More, Oliver Selfridge, Allen Newell et Herbert Simon (concepteur de la notion de bounded rationality ou rationalité limitée).

Aujourd'hui, le domaine de l'intelligence artificielle est devenu un programme multidisciplinaire interconnectant plusieurs domaines de recherche comme par exemple l'informatique, les mathématiques, les neurosciences ou encore les technologies spatiales.

L’intelligence artificielle telle que nous la connaissons de nos jours s’appelle, à proprement parler, IA restreinte (ou IA faible), car elle est conçue pour effectuer des tâches restreintes.

Voir aussi

Liens externes

 https://www.wikiberal.org/wiki/Intelligence_artificielle

 

 

septembre 06, 2025

Art - Culture - Histoire & Traditions - Évolution !! Notre-Dame-de-Paris

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Notre-Dame-de-Paris : Macron impose des vitraux modernes sur fond d’incendie suspect
En décembre 2023, lors d’une visite sur le chantier de restauration de Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie en avril 2019, le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de remplacer six vitraux du XIXe siècle, conçus par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, par des créations contemporaines. Ce projet, visant les chapelles du bas-côté sud, est présenté comme une manière de laisser une « marque du XXIe siècle » sur l’édifice gothique, tout en respectant l’esprit de la restauration. Initialement suggéré par un représentant du diocèse de Paris et soutenu par l’archevêque Mgr Laurent Ulrich, il a rapidement suscité une vive controverse, opposant défenseurs du patrimoine historique à partisans d’une intervention artistique moderne. À la date du 4 septembre 2025, le projet avance malgré les oppositions, avec une installation prévue fin 2026. Cependant, ce choix présidentiel, perçu comme une imposition autoritaire, s’inscrit dans un contexte plus sombre : les mystères persistants autour de l’origine de l’incendie de 2019, qui alimentent de nombreuses théories et des soupçons d’intérêts cachés, renforçant les critiques contre une modernisation vue comme un « viol » du patrimoine.
 

 
 Contexte et détails du projet : Une « marque du siècle » ou un ego présidentiel ?
Les vitraux concernés sont des « grisailles » décoratives (motifs gris et blancs non figuratifs) installés lors de la restauration par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Ils n’ont pas été endommagés par l’incendie et font partie intégrante de l’ensemble classé monument historique. Macron a repris l’idée pour insuffler une dimension contemporaine à la cathédrale, arguant que ces ajouts du XIXe ne sont pas médiévaux et que leur remplacement n’altère pas l’essence gothique de l’édifice. Selon lui, cela s’inscrit dans une tradition d’évolutions artistiques successives, comme les interventions baroques ou du XIXe siècle.
En décembre 2024, après un appel à candidatures, l’artiste peintre figurative Claire Tabouret (née en 1981) a été sélectionnée par un jury présidé par Bernard Blistène, ancien directeur du Musée national d’art moderne. Elle collaborera avec l’atelier verrier Simon-Marq de Reims pour réaliser six vitraux monumentaux. Tabouret, connue pour ses œuvres inspirées de l’enfance et des migrations, s’est dite « émue » par cette mission et prévoit des maquettes exposées au Grand Palais de décembre 2025 à mars 2026. Le coût, estimé à plusieurs millions d’euros, sera financé par des mécènes privés, sans impact sur les fonds publics alloués à la restauration globale (près de 846 millions d’euros collectés).
Les arguments en faveur incluent une modernité et une vitalité artistique, avec des comparaisons à la cathédrale de Reims (vitraux de Chagall) ou de Créteil. Pourtant, ce projet est critiqué comme un caprice présidentiel, imposant une « marque personnelle » sur un monument collectif, au mépris de la fidélité historique.
 

 
 Les mystères de l’incendie de 2019 : Accident ou agenda caché ?
L’incendie du 15 avril 2019, qui a détruit la toiture, la charpente (« la forêt ») et la flèche de Notre-Dame, reste entouré de controverses, alimentant les critiques contre le projet de Macron. Officiellement, l’enquête du parquet de Paris, ouverte pour « destruction involontaire par incendie », privilégie une piste accidentelle liée aux travaux de rénovation, sans cause définitive établie à ce jour. Des expertises en avril 2025 indiquent que les analyses sont complètes, mais leur exploitation prendra des mois.
Cependant, des théories alternatives persistent, soulignant des anomalies : la rapidité du feu malgré la dureté du bois ancien (tests montrent qu’il ne s’enflamme pas facilement sans accélérant), des flammes jaunes-oranges évoquant des composés comme la thermite, et une classification « secret défense » inhabituelle pour un accident. Nous avons déjà évoqué dans nos colonnes https://multipol360.com/lincendie-de-notre-dame-mysteres.../ un lien avec des intérêts immobiliers : un projet de 2015 pour transformer l’Île de la Cité en hub touristique (1 milliard d’euros potentiels), bloqué par des contraintes patrimoniales, pourrait avoir été « facilité » par le sinistre. Des dons massifs (200 millions des Arnault, LVMH) et des sourires de Macron et ministres sur site renforcent les soupçons d’opportunisme.
 

 
 Oppositions et controverses : Un « simulacre » parasitant l’histoire
Le projet a provoqué un tollé, qualifié de « guerre des vitraux ». La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) https://www.culture.gouv.fr/.../la-commission-nationale... s’est opposée à l’unanimité en juillet 2024 et juin 2025, soulignant l’absence de nécessité technique. Des accusations de « mensonge d’État » émergent : le ministère a laissé entendre une approbation, rectifiée sous pression.
Une pétition https://www.change.org/.../conservons-%C3%A0-notre-dame... de La Tribune de l’Art et Sites & Monuments dépasse 295 000 signatures, arguant d’une violation du Code du patrimoine et d’une trahison des donateurs. Stéphane Bern https://www.youtube.com/watch?v=1M8Ux-GV30w critique un « geste d’ego ».
L’avocat Alexandre Goodarzy dénonce un « simulacre » parasitant le patrimoine, citant Guy Debord : un « faux incontestable » imposant du contemporain dans un écrin historique. Il souligne l’abstention des fonctionnaires CNPA comme résistance, appelant à ridiculiser ce pouvoir « nu ». Des observateurs internationaux notent que « Macron avance, la France fulmine ».
Voix ecclésiales critiques : Le cardinal Wilfrid Napier a qualifié le remplacement des vitraux d’« acte de terrorisme spirituel ».
Le pape Léon XIV, l’a décrit comme un « travestissement ».
Monseigneur Andrés Ferrada Moreira https://x.com/johndaviesclar1/status/1963200861372334467 dénonce une « symbiose » problématique entre politique et religion. Par ailleurs, certains comptes en ligne associent l’artiste Claire Tabouret à des thèmes « satanistes » (en lien avec son admiration pour la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024).
 

 
 Statut actuel et perspectives : une modernisation forcée dans l’ombre des doutes
En juin 2025, malgré l’opposition de la CNPA, Rachida Dati (ministre de la Culture) a confirmé https://www.leparisien.fr/.../notre-dame-de-paris-des... la poursuite. La réouverture de Notre-Dame-de-Paris le 8 décembre 2024, s’est toutefois faite sans les nouveaux vitraux : des recours judiciaires ayant été engagés.
Ce débat révèle des tensions entre conservation et innovation, exacerbées par les mystères de l’incendie. Critiqué comme un caprice destructeur, le projet de Macron semble ignorer le peuple (sondages montrent un attachement au statu quo), favorisant des intérêts privés dans un contexte de suspicions. Six ans après, l’absence de clarté sur l’incendie renforce l’idée d’un agenda caché, rendant cette modernisation non seulement inutile, mais potentiellement sacrilège.

 

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