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septembre 17, 2026

France politique politicienne...en vue les Présidentielles !

 Sommaire: 
A) - Rentrée: quand le RN a du vent dans les voiles
B) - La démocratie donne t-elle tous les droits à la majorité ?
C) - Christelle Morençais attaque Lisnard et Knafo
D) - Abroger la taxe SEQE2 
E) - Le modèle de l'état providence est mort 
 
 

  
A) - Rentrée : quand le RN a du vent dans les voiles
 
« 60 % des Français sont pour, 99 % des médias sont contre. Voilà qui devrait interroger. »
 
Dans une chronique pour Polémia, Pierre Boisguilbert décortique la relance des offensives médiatiques contre le Rassemblement national à huit mois de l'élection présidentielle de 2027.
 
 
 
Voici les grands axes de cette rentrée politique :
 
1. La réactivation du barrage républicain. L'appareil médiatique instrumentalise les débats sur le voile et les retraites pour caricaturer le projet du RN et susciter un réflexe de peur au sein de l'électorat.
 
2. L'effondrement du bloc central et le piège de la gauche radicale. Face au déclin du centre et de la droite classique, le système cherche à imposer une diabolisation renforcée du camp patriote pour présenter l'extrême gauche comme la seule alternative possible.
 
3. La fin du monopole idéologique. Les campagnes de dénigrement perdent leur efficacité historique. L'émergence de canaux comme CNews et la puissance des réseaux sociaux brisent le récit officiel pour refléter la droitisation réelle de l'opinion publique.
 
4. Les limites de la récupération médiatique. L'intégration de figures de droite sur des chaînes comme BFMTV reste une manœuvre d'audience qui se heurte rapidement aux réflexes d'exclusion de l'écosystème progressiste.
 
Malgré la hostilité du système médiatique, le décalage croissant entre les aspirations populaires et le récit dominant alimente la dynamique électorale du RN
 
 

À huit mois de l’élection présidentielle, la rentrée politique donne déjà le ton : tandis que Marine Le Pen lance sa campagne et que le RN s’installe plus que jamais au cœur du débat national, les vieux réflexes du « barrage républicain » refont surface. Les controverses autour du voile et des retraites servent désormais à alimenter le procès en division et en dangerosité du parti patriote. Mais, pour Pierre Boisguilbert, face à un pouvoir à bout de souffle et à des oppositions discréditées, le vent électoral pourrait bien se montrer plus fort que la tempête médiatique.

Polémia

Le RN face à une nouvelle campagne de diabolisation

L’idéologie médiatique encore dominante a commencé sa campagne de huit mois contre le RN. Objectif : nouvelle diabolisation.

Le prétexte en a été une déclaration rappelant que, dans le programme du parti, figurait l’interdiction du voile dans l’espace public. 60 % des Français sont pour, 99 % des médias sont contre. Voilà qui devrait interroger.

Certes, il n’était sans doute pas opportun d’évoquer, dès le tout début de la campagne, une mesure difficilement applicable, sauf à changer la Constitution et à faire évoluer un État de droit obsolète, car incapable de nous défendre contre l’islamisation de la société française. Ce sera à gérer en priorité, mais après la victoire.

Et voilà Marine accusée de préparer, dès son élection, un putsch institutionnel. Cela permet à l’une des propagandistes en chef de la cause ukrainienne sur LCI de poser la question de la nécessité de reconstituer un barrage républicain.

On comprend bien leur inquiétude : sauf guerre mondiale – qu’ils annoncent tous les jours et qui permettrait à Macron de faire, comme son idole Zelensky, de se maintenir au pouvoir sans élections –, les carottes sont cuites pour le centre discrédité et éclaté, la droite de compromission et la gauche nombriliste.

Une seule solution : la victoire, donc, de Mélenchon. Mais il faut pour cela le dédiaboliser, ou trouver un diable encore plus effrayant : celui du fascisme voilé du RN.

Toute déclaration du RN sera donc l’objet du vocable « contesté » et sera exploitée pour montrer une division entre Le Pen et Bardella… C’est déjà le cas sur le voile et les retraites.

Le principal obstacle pour le RN, qui a tout de même positivement le vent dans les voiles, c’est donc le dénigrement médiatique systématique. Entre « ce n’est pas sérieux » et « c’est dangereux », on doit bien sûr s’en inquiéter, car cela vise à influencer l’auditeur-électeur. Il y a bien, en France, une « ingérence » médiatique. 

 

La recomposition du paysage médiatique

Cela étant dit, elle n’est plus l’arme fatale qu’elle a pu être au temps du « détail ». Elle peut même être contre-productive, par rejet d’informateurs partiaux qui ne trompent plus personne. CNews a fracturé le manichéisme médiatique et les réseaux sociaux l’ont marginalisé. Ça change tout.

Cependant, l’État médiatique profond, dont la survie est liée à l’audience et donc au fric, a bien compris la droitisation rebelle de l’opinion publique et tente de faire avec, en allumant des contrefeux.

D’où l’arrivée en fanfare sur BFMTV de Sonia Mabrouk. Le problème, c’est que, de commentaires personnels en invités identifiés, Sonia fait une tranche de CNews dans un gigot BFM : c’est l’alouette dans le pâté de cheval.

Et ça rue déjà dans les brancards. Le rejet va s’amplifier et la fausse bonne idée peut se retourner contre ses inventeurs et, hélas, contre elle-même.

Elle croit en la liberté d’opinion et au respect de la diversité. Ceux qui veulent interdire CNews n’accepteront pas Mabrouk sur BFM… Il faudrait pour cela qu’elle se voile. Or, elle a bien montré, sur ce sujet comme sur d’autres, qu’elle restait ferme et droite, très à droite même.

Encore une femme à diaboliser au nom de la liberté des femmes à penser, mais à gauche, avec le voile islamique comme nouvel étendard contre le RN. Pierre Boisguilbert est journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère.

Ils auraient pu trouver mieux, mais c’est certain : canicule ou non, ils feront feu de tout bois.

Évitons de leur livrer des fagots.

Pierre Boisguilbert

Pierre Boisguilbert est journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère. 
03/09/2026

https://www.polemia.com/rentree-quand-le-rn-a-du-vent-dans-les-voiles/?fbclid=IwY2xjawUY6QZwZG9mAWV4dG4DYWVtAjEwAGJyaWQRMHBRNUhDZU1ZNFpVN0N0R29zcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEewFmGZw0boC3TgBquoVG_GP_dhYX7t7jJyc75eEI2aO90dBQFRvVZGw-LwAE_aem_VcFWkmr-4rDLHwAiehmlhw 


 

 
B) - La démocratie donne-t-elle tous les droits à la majorité ?
 
Dans une tribune que je publie dans Le Monde avec Jean-Philippe Feldman, nous répondons clairement : non.
 
La démocratie ne se réduit pas à la souveraineté populaire ni au seul fait majoritaire. Une majorité élue reste un pouvoir et, comme tout pouvoir, elle doit rencontrer des limites.
 
C’est tout le sens de l’État de droit : protéger les libertés fondamentales contre l’arbitraire, y compris lorsque celui-ci prétend s’exercer au nom de la volonté du peuple.
 
Nous renouons ici avec une tradition libérale ancienne, notamment celle de Benjamin Constant : la souveraineté du peuple ne saurait être absolue. Il existe une sphère de liberté individuelle sur laquelle ni un monarque, ni un gouvernement, ni même une majorité ne devraient pouvoir empiéter sans limites.
 
On peut bien sûr discuter du rôle du Conseil constitutionnel, de sa jurisprudence ou encore de l’étendue du bloc de constitutionnalité. Mais cette discussion est d’une autre nature que la remise en cause du principe même de limitation du pouvoir.
 
À l’heure où la souveraineté populaire est souvent invoquée comme réponse à la crise démocratique, nous voulons rappeler une distinction essentielle : le gouvernement de la majorité ne saurait signifier le pouvoir illimité de la majorité.
 
Alain Madelin   

 

C) - Dans un article paru dans Le Point hier, Christelle Morançais attaque Lisnard et Knafo. 

Elle déclare ne pas vouloir d’une image d’ultralibérale à la tronçonneuse, ne veut pas être comparée à David Lisnard car « elle au moins, elle fait » et encore moins à Sarah Knafo et à ses recettes « gros rouge qui tache ». 

Non mais franchement, vous êtes moins d’une dizaine d’élus à vous revendiquer libéraux en France, ne vous tirez pas dans les pattes ! 

 La présidente des Pays de la Loire est connue pour avoir résisté aux pressions des gaspilleurs d’argent public en tous genres et mis un coup de rabot de 100 millions d’euros dans le budget de sa région. C’est bien. Mais elle utilise cette aura libérale pour rassurer le milieu des affaires sur la ligne économique de son candidat à la présidentielle… Édouard Philippe. 

 Ah c’est sûr que ton Édouard avec zéro baisse des dépenses, zéro effort, zéro norme supprimée, il ne va tacher personne ! Oui, Milei a des allures de bourrin. Le rocker gueulard, le fou à la tronçonneuse. Mais vous savez quoi ? Ça marche ! Non seulement il gagne des élections mais en plus il redresse un pays ruiné par le socialisme ! 

La pauvreté chute, la croissance explose, les citoyens respirent. Ce n’est pas en étant timorée, encore moins en tapant sur ses rares potentiels alliés, que Morançais et son candidat ramollo ont la moindre chance de sauver ce pays. Tu es libérale pourquoi ? 

Parce que tu sais que tu as raison et qu’il faut trancher dans les dépenses le plus possible et le plus rapidement possible. 

 Il est temps d'assumer.

@Mileistesfr 

 https://x.com/Mileistesfr/status/2100531761616928768

 

 En finir avec la caste ! Preuve est apportée qu’on peut donner les signes du libéralisme tout en faisant allégeance à l’étatisme. L’alibi libéral d’Édouard Philippe, tout comme Kasbarian, ne sont que des faire-valoir et des attrape-mouches. Des faux-semblants.

 @OlivierRegipa

 

Il y a deux façons de faire de la politique : avoir pour cap la préservation de ses intérêts personnels ou avoir pour cap de défendre ceux de notre pays. Christelle Morançais a un cap qui n’est pas celui de @davidlisnard. C’est aussi pour cela qu’un candidat a exposé son programme qui est déjà dans le débat public et l’autre (soutenu par CM) toujours pas. 

 


 

 D) - Hier, j’ai déposé un amendement pour ABROGER la taxe SEQE2 sur le carburant. 

Il a été rejeté. J'ai donc voté POUR un GARDE-FOU à cette taxe scandaleuse. D'autres ont refusé ce garde-fou pour s'enfermer dans une posture politicienne. Ils ont donc voté pour que votre plein soit plus cher, afin de pouvoir s'en scandaliser après. Du théâtre. 

 La posture, c'est de laisser les Français payer plein pot. La défense des Français, c'est d'être CONTRE le SEQE 2 et POUR chaque centime de pouvoir d'achat rendu. Gardez vos postures. Moi, je défendrai toujours les Français. 


 Partout en France, dans mes dédicaces : des électeurs du RN, des abstentionnistes, des centristes, des fonctionnaires me disent qu'ils nous rejoignent grâce au Casse du siècle. 

 Les faits et les chiffres nous rapprochent tous, là où les théories pouvaient nous séparer




 
Sébastien Lecornu annonce 54 milliards d’économies et propose les quelques maigres expédients habituels. Il veut seulement freiner la hausse : nous voulons BAISSER LA DÉPENSE.
 
Il dit que l’État sera exemplaire, mais il ne supprime pas UN SEUL poste. Nous proposons d’en supprimer 800 000.
 
Il veut diminuer l’enveloppe des agences. Nous voulons en supprimer. Tout est listé, chiffré, sourcé.
Voici mon plan à 140 milliards d’euros d’économies par an. Les Français ont trop payé. Il est temps de dépenser moins pour taxer moins 

@knafo_sarah 

  


 

Le paradoxe Knafo : LE CHIFFRE LE PLUS INTÉRESSANT SUR KNAFO N’EST PEUT-ÊTRE PAS SES 120 000 LIVRES VENDUS. 

Son livre est devenu un phénomène éditorial. Première semaine NielsenIQ : 60 584 EXEMPLAIRES. Deux semaines : 120 000 annoncés et désormais repris par plusieurs médias. Mais parallèlement, Knafo ne connaît pas de percée comparable dans les baromètres politiques. Voilà le paradoxe. 

 LE LIVRE DÉBORDE L’ÉLECTORAT DE KNAFO. Des dizaines de milliers de Français peuvent manifestement vouloir lire : la critique de la dépense publique, la bureaucratie, les impôts, la capitalisation, Milei, la réduction de l’État, sans pour autant devenir immédiatement électeurs Reconquête. Et c’est peut-être le phénomène politiquement le plus important. Parce qu’un livre à succès n’est pas un sondage. Mais il peut révéler une DEMANDE avant qu’un parti ne sache la convertir. 

 

 Et François Hollande vient lui-même de contribuer à transformer ce succès éditorial en fait politique national en contestant publiquement son explication. Pendant ce temps, Knafo déplace progressivement son image : moins seulement : IMMIGRATION / IDENTITÉ et davantage : ÉTAT / IMPÔTS / RETRAITES / PROPRIÉTÉ / ÉCONOMIE. La question n’est donc pas : « 120 000 lecteurs = 120 000 électeurs ? » Évidemment non. Elle est : COMBIEN DE CES LECTEURS N’AURAIENT JAMAIS ACHETÉ UN LIVRE DE RECONQUÊTE IL Y A ENCORE UN AN ? C’est là que le phénomène devient réellement intéressant.  

 


 

E) - David Lisnard, candidat à l’élection présidentielle : «Le modèle de l’État-providence est mort !»

RUPTURE. Immigration, sécurité, budget… David Lisnard fustige les promesses grandiloquentes des gouvernants qui alimentent les déceptions. Il prône une reprise en main du pouvoir. Le candidat de Nouvelle Énergie plaide pour une primaire élargie entre tous ceux qui ne se reconnaissent ni dans la gauche ni dans le Rassemblement national.

Le JDD. L’Europe est confrontée à une crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta. Les Vingt-Sept sont-ils condamnés à l’impuissance ?

  

David Lisnard. L’Europe n’a pas perdu le contrôle par fatalité, mais parce que ses dirigeants ont confondu le droit et l’impuissance. Toute nation doit pouvoir maîtriser son peuplement : décider combien d’immigrés elle accueille et d’où ils viennent. L’Europe, elle, doit être un acteur de régulation : un Frontex renforcé, des traités clairs, des frontières extérieures tenues. Ce n’est pas une question de moyens, c’est une question de volonté.

On parle de « crise » pour 60 000 migrants. À l’horizon 2050, l’Afrique à nos portes représentera un quart de la population mondiale, dont la moitié de moins de 25 ans. Comment faire face ?

Il n’y a aucune fatalité migratoire. Mais rien ne sera réglé tant que nous n’aurons pas admis ce que je répète sans relâche : le modèle d’État-providence est mort, et il est devenu un aspirateur à pauvreté, donc à immigration. Surendettés et surfiscalisés, nous subventionnons et importons la pauvreté d’un côté ; en décourageant le travail et l’investissement, nous laissons filer nos talents et nos capitaux de l’autre. Voilà la base : remettre en ordre l’appareil d’État et notre système social.

Et cessons de ne regarder que l’immigration irrégulière. L’immigration légale, donc acceptée, assumée, décidée par le gouvernement, c’est 384 230 premiers titres de séjour hors droit d’asile en 2025. Un record historique, en hausse de plus de 10 % en un an. Ajoutez-y 955 000 renouvellements. Ce n’est pas une crise : c’est une politique.

Que répondez-vous à ceux, le patronat notamment, qui défendent l’idée d’une immigration économique nécessaire compte tenu du déclin démographique de la France ?

Je ne prône pas l’immigration zéro, mais une immigration fortement diminuée, maîtrisée et choisie. Le motif économique, y compris dans la bouche d’une partie du patronat, est démenti par les faits : l’an dernier, 13 % seulement des premiers titres de séjour ont été délivrés pour du travail. Nous ne sommes pas face à une immigration de travail, mais à une immigration de peuplement hors de contrôle. Et ne soyons pas naïfs : certaines associations, sous couvert d’aider leur prochain, instrumentalisent l’immigration à des fins idéologiques et de déstabilisation de nos sociétés. Quant aux filières mafieuses de passeurs, elles vivent de la misère humaine et l’achèvent en drames.

Concrètement, quelles mesures peut-on prendre pour être plus efficace ?

Sortir de l’État-providence, d’abord. Cesser de subventionner des structures qui font le jeu des passeurs. Traiter les demandes d’asile dans les pays d’origine, via nos consulats, hors du territoire européen. Rétablir le délit de séjour irrégulier, supprimé en 2012. Expulser les étrangers condamnés et les fichés S, en conditionnant les visas et l’aide au développement à la délivrance des laissez-passer consulaires. Renforcer Frontex sur le renseignement, le partage d’informations et les retours. Tout cela suppose de faire sauter des verrous juridiques, pour qu’en matière d’immigration, la loi française prime le droit international et les règlements européens. D’où la nécessité d’un référendum constitutionnel. Ce que 10 millions de Danois ont obtenu, 68 millions de Français doivent pouvoir l’obtenir. C’est une évidence.

La France fait face à des mégafeux sans précédent. A-t-on sous-estimé l’impact du réchauffement climatique ?

Sous-estimé, non : le réchauffement est acté et reconnu par tous depuis longtemps. Ce qui manque, ce sont les réponses rationnelles. Il y en a deux, complémentaires. La première : réduire la part de l’activité humaine dans le dérèglement, en donnant la priorité à une énergie décarbonée, le nucléaire et l’hydroélectrique. Emmanuel Macron a commis là une faute majeure, en démantelant Fessenheim et en programmant la fermeture de quatorze réacteurs lors de son premier mandat, avant de rétropédaler en 2022. Entre-temps, c’est une filière entière qui a reculé. La seconde : adapter notre territoire à ces évolutions. Et là, nous butons sur la folie bureaucratique et sur les effets pervers de l’écologisme politique. 

Depuis des années, au contact des élus et des forestiers, je vois des hommes qui veulent entretenir la forêt, réaliser des pare-feux, organiser les débroussaillements, et qui sont entravés par les recours d’associations écologistes et par les absurdités administratives. Le Code forestier prévoit l’entretien de la forêt, qui reste la meilleure arme contre le feu ; une jurisprudence du Conseil d'État du 6 février dernier vient le compliquer, voire le bloquer. Il faut aussi un plan de réserves d’eau, indispensables aux pompiers et à l’agriculture, les cultures agricoles étant d’ailleurs souvent le meilleur pare-feu. Elles aussi sont attaquées par les écologistes d’extrême gauche. On ne protège pas une forêt avec des procédures : on la protège en l’entretenant.

Emmanuel Macron s’était engagé à renouveler la flotte de Canadair. Douze ont été commandés, cinq seulement sont disponibles. Y a-t-il un manque d’anticipation coupable de l’État ?

Rappelons les faits. Douze Canadair n’ont pas été commandés : ils ont été annoncés. Seize, même ! Pour une livraison avant 2027, douze en renouvellement de la flotte et quatre supplémentaires. Deux seulement ont été effectivement commandés ! Et l’argument des chaînes de production disparues ne tient pas : quand il y a des commandes, les industriels les relancent. Ce dossier est révélateur d’un pouvoir qui se gargarise d’annonces martiales que rien ne suit. Préparation aux catastrophes naturelles, justice des mineurs, sécurité : la parole publique a été dévaluée par des dirigeants qui dénoncent le populisme des autres et le pratiquent eux-mêmes, avec des discours grandiloquents proportionnels à leur impuissance.

Tenir le déficit à 5 % cette année sera compliqué. Comment Sébastien Lecornu doit-il s’y prendre pour le prochain budget ?

En sortant du laxisme politique et de la « Bercycratie ». En cessant de répéter ce qui échoue et en appliquant ce qui fonctionne : réduire les dépenses de fonctionnement, traquer les doublons et les triplons, privatiser quand on peut, internaliser quand il faut. C’est ce que j’ai mis en œuvre partout où l’on m’a confié des responsabilités, dans le privé comme dans le public. À Cannes, une ville à fort taux d’immigration et de pauvreté, nous avons réduit le nombre d’agents de 20 %, avec des agents mieux payés et plus motivés, parce que nous avons redonné du sens aux missions. La dette de la ville a baissé de 84 millions d’euros en douze ans, la fiscalité de 3,6 %. Ce n’est pas une théorie, c’est un bilan et une méthode.

Cela paraît simple à l’échelle d’une ville. Pourquoi ne l’est-ce pas à l’échelle du pays ?

Parce que le conformisme technocratique qui accompagne les gouvernements depuis trop longtemps ne connaît qu’un seul outil : la dépense publique inconsidérée. Le « quoi qu’il en coûte » est devenu le « n’importe quoi qu’il en coûte », pour gagner la présidentielle de 2022. Quand nos voisins réduisaient la voilure après le Covid, nous avons continué à dépenser l’argent de nos enfants et de nos petits-enfants. C’est cynique et c’est scandaleux. Et quand la difficulté revient, le gouvernement sort le rabot et l’impôt : le degré zéro de l’efficacité budgétaire.

« Nous sur-cotisons pour un État qui ne se réforme pas »

On grève l’investissement, on s’acharne sur les entreprises, les collectivités et le pouvoir d’achat des ménages, c’est-à-dire sur tous ceux qui font tourner le pays. Les faits sont têtus. Tous les Européens ont subi le Covid, la guerre en Ukraine, le blocage du détroit d’Ormuz. Là où la Grèce, l’Italie ou le Portugal se redressent, la France décroche. Notre chômage augmente bien plus qu’ailleurs. Notre PIB par habitant est passé sous la moyenne européenne. C’est une première dans notre histoire contemporaine. Voilà le bilan d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements, avec les mêmes qui continuent à nous donner des leçons. Je ne participerai pas au théâtre de la fausse rigueur : il n’est que la prolongation d’un système à l’agonie.

En 2025, vous avez appelé à censurer le budget. Ferez-vous de même avec le prochain, au risque de compromettre votre première année de mandat ?

Une dissolution quelques semaines avant la présidentielle serait absurde : elle accentuerait le chaos politique et risquerait de bloquer le futur occupant de l’Élysée. Mais une censure n’entraîne pas mécaniquement une dissolution : celle-ci relève du seul président de la République. Ne parlons pas encore de censure, nous ne connaissons pas les orientations des prochaines lois de finances. Si le budget est aussi trompe-l’œil et hypocrite que le précédent, s’il confirme le renoncement à la réforme des retraites, qui explique une grande part de nos déficits et de notre dette, il ne sera pas acceptable. L’État doit retrouver de la force en se concentrant sur ses fonctions essentielles plutôt que d’intervenir partout avec une administration excessive. Les structures administratives se superposent, se contredisent et bloquent les projets. Je propose de réduire le back-office bureaucratique, de remettre plus d’agents au contact du public et d’appliquer la subsidiarité : décider au niveau le plus proche et le plus efficace.

À vous écouter, les collectivités locales devraient être exemptées du redressement des comptes publics. Pourquoi échapperaient-elles à cet effort collectif ?

Je n’ai jamais dit cela. Et j’en ai assez des questions qui reprennent le prêchi-prêcha de Bercy, comme si les collectivités étaient des enfants que l’on gronderait pour qu’elles fassent des « efforts ». Depuis 2014, l’État a prélevé plus de 80 milliards d’euros sur la DGF (dotation globale de fonctionnement) des communes et intercommunalités. Or, elle n’est pas un don de l’État, c’est un dû : c’est l’argent des contribuables locaux, qui transite par Bercy avant de leur revenir. Pendant ce temps, le gouvernement augmentait les dépenses, la dette et le déficit. Où est allé cet argent ? Où va d’ailleurs l’argent des contribuables dans le pays qui a le record des prélèvements et des dépenses, et qui parallèlement voit les services publics essentiels se dégrader ? Une collectivité, elle, ne peut emprunter que pour investir. Il y a bien sûr des collectivités mal gérées. Mais la dette du millefeuille territorial représente 8,8 % de la richesse française, contre 9 % il y a trente ans : elle est stable. Celle de l’État a triplé. Les dépenses des collectivités pèsent 19 % de la dépense publique, contre 35 % en moyenne en Europe, et moins de 11 % du PIB, contre 18 % chez nos voisins. Nous sur-cotisons pour un État qui ne se réforme pas et qui nous transfère toujours plus de charges. En vingt ans, 1 153 organismes d’État ont été créés et près de 500 000 agents recrutés. Ça suffit !

 

Certains maires font de la gratuité un marqueur politique : les transports à Montpellier, les fournitures scolaires à Saint-Denis. Qu’en pensez-vous ?

Chaque maire fait ce qu’il veut chez lui, et ce sont ses habitants qui jugent. Mais la gratuité est un mythe destructeur, car c’est toujours l’argent des autres. Les bus s’achètent, les chauffeurs se paient, le carburant a un coût. Quand l’usager ne paie pas, ce sont les seuls contribuables qui paient, les propriétaires en premier, faute d’impôt local universel. Chez moi, les transports publics comme les cantines scolaires sont financés en partie par l’intercommunalité, donc par le contribuable, et en partie par l’usager selon un équilibre que nous pensons juste. J’ajoute que se priver de la participation des usagers, c’est d’une part les déresponsabiliser, d’autre part dévaloriser le service rendu, enfin se priver de moyens pour développer le service lui-même. On peut toujours décider que tout est gratuit en apparence, cela s’appelle le paradis communiste : cela finit toujours dans la pauvreté, la misère et la répression.

Démunis face à la délinquance, certains maires mettent en place des couvre-feux pour les mineurs. Y voyez-vous un symptôme de la défaillance de l’État ?

Absolument, et d’abord dans les zones relevant de la Police nationale. Toute mesure coercitive doit être légitime, proportionnée et motivée : je comprends donc que des maires y recourent dans certaines circonstances. Nos policiers sont courageux et compétents, mais la Police nationale n’échappe pas à la gangrène de la bureaucratie et des procédures. Dans les faits, nous n’avons quasiment plus de Police nationale la nuit. Je n’ai pas pris une telle mesure dans ma commune, mais heureusement que nous disposons d’une police municipale H24, financée par le contribuable local. Car à partir d’une heure du matin, côté État, il n’y a plus personne.

En juillet, un vide juridique a entraîné la remise en liberté de plusieurs mineurs placés en détention provisoire pour des crimes. Cela aurait-il pu être évité ?

Bien sûr. Le Conseil constitutionnel avait laissé un an au gouvernement et au Parlement pour adopter les dispositions nécessaires. Rien n’a été fait, et plusieurs mineurs ont été libérés, dont un multirécidiviste placé en détention provisoire pour des faits criminels.

À chaque drame, les déclarations martiales se succèdent, avec des trémolos dans la voix ; à chaque fois, la grandiloquence masque l’impuissance. Il faut revoir l’architecture légale de la justice pénale des mineurs, et surtout se donner les moyens d’exécuter les décisions. Une sanction qui n’est pas exécutée n’est pas une sanction. Or, la sanction protège la société !

Plusieurs candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle ont été la cible d’opérations de déstabilisation étrangère. Cela vous inquiète-t-il ?

Il ne faut ni surestimer ni négliger ce risque. Des ingérences ont déjà eu lieu dans des campagnes électorales, à l’étranger comme en France, et les fermes de robots existent. Les services spécialisés de l’État nous ont alertés à plusieurs reprises. À l’Association des maires de France, nous proposons aux communes et aux intercommunalités des formations pour réduire les risques de cybercriminalité : nul n’est à l’abri, mais on peut limiter les attaques les plus courantes. La problématique est la même pour les sanctions. Les ingérences électorales ne relèvent pas d’une vue de l’esprit. Cela dit, les candidats évoqués auront d’autres raisons, très françaises, de perdre…

Depuis votre déclaration de candidature en mars dernier, vous peinez à franchir le mur du son. Pourquoi, selon vous ?

C’est une réalité, c’est logique et j’espère que c’est provisoire. J'ai fait le choix de ne pas exercer de fonctions nationales, ministérielles ou parlementaires, qui sont de puissants projecteurs de notoriété. J’ai choisi le travail de terrain. Ma vie, c’est le pays réel, et je veux être le candidat du pays réel. Ma progression se fait donc par capillarité. On espère toujours que la cristallisation viendra plus vite. Mais Nouvelle Énergie avance : nous allons passer le cap des 20 000 adhérents à jour de cotisation, nous avons davantage de donateurs, je recrute un directeur de campagne. Et j’ai la satisfaction de voir reprises les idées que je défends depuis des années : la retraite par capitalisation, la remise en cause de l’État-providence face à l’effondrement démographique, à l’immigration non maîtrisée et à la stagnation économique, la baisse des cotisations, parallèlement à celle des dépenses sociales, pour augmenter le salaire net et rétablir les comptes. Je dénonce aussi l’effondrement éducatif et propose de libérer l’école de la suradministration et de l’idéologie, de même que je propose de remplacer dans la Constitution le principe de précaution, qui bloque tant de projets, par un principe de responsabilité. Avant la victoire électorale, il y a la victoire des idées. Ce sont elles qui peuvent redonner espoir, rendre confiance dans la parole publique à la majorité silencieuse que l’on n’entend pas. Il est temps d’oxygéner notre démocratie et de respecter les engagements pris. Si je suis élu, les Français ne seront pas virés du pouvoir, comme ils l’ont été précédemment, dès les lendemains de second tour.

Êtes-vous toujours favorable à une grande primaire de la droite allant jusqu’à Reconquête ?

Oui. Je ne suis pas un partisan absolu des primaires, mais les voix sont dispersées et nous avons encore le temps d’organiser une grande compétition. Il faut un quart de finale avant la demi-finale que constitue le premier tour. Elle doit être ouverte à tous ceux qui ne se reconnaissent ni dans la gauche ni dans le Rassemblement national, c’est-à-dire de la droite au centre droit. Ceux qui veulent se présenter à la présidentielle ne devraient pas avoir peur d’une pré-compétition. Elle éviterait l’éparpillement des voix, qui fait perdre les élections, et les arrangements entre notables, qui font perdre le pays : ils aboutissent à des mesures marketing, puis à une nouvelle bouillie politique une fois au pouvoir.

En cas de second tour opposant Marine Le Pen à un candidat issu du bloc central, pour qui voteriez-vous ?

Je suis candidat à l’élection présidentielle, pas au commentaire d’un second tour dont je serais exclu. Soyez néanmoins sûr d’une chose : je voterais pour n’importe quel candidat opposé à Jean-Luc Mélenchon. À sa « Nouvelle France », j’oppose la « Belle France ». C’est cette belle France que je peux faire gagner. Et c’est ainsi que nous retrouverons la Grande France, prospère, sûre, respectée, capable d’innover et d’offrir un avenir à ses enfants. Les Français sont créatifs, mais freinés par les normes, la bureaucratie et la fiscalité. L’État doit moins entraver les entreprises, les collectivités et les travailleurs, et se concentrer sur ses missions essentielles : sécurité, justice, éducation, santé et aménagement du territoire. Le XXIe siècle sera celui de l’IA et des technologies : misons sur l’école, la recherche, l’investissement et la liberté d’entreprendre. Ma démarche porte une espérance

Antonin André, Victor-Isaac Anne 

 https://www.lejdd.fr/politique/david-lisnard-candidat-a-lelection-presidentielle-le-modele-de-letat-providence-est-mort-180804

 

 "Aucun candidat ne propose la sortie des 35 heures ? " .

@ChrisSaintEtien dans les experts de .@LaureClosier
Et si vous parliez de .@davidlisnard qui propose de réécrire entièrement le Code du travail pour libérer l'économie, sans en faire un simple retour obligatoire uniforme aux 39 heures, mais en privilégiant la liberté de travail et la baisse des charges pour augmenter les revenus nets.
 
 @JP_O

 

 

 

 

juillet 18, 2026

Le Mélenchonisme LFIste: Une France champ de bataille idéologique où, déjà, se joue l’avenir du libéralisme occidental.

Sommaire:

A) - Jean-Luc Mélenchon

B) - Jean-Luc Mélenchon vient de nous offrir un concentré assez pur de ce que peut produire une pensée économique quand elle n'a jamais eu à gérer une entreprise, un budget ou une chaîne de production.

C) - Jean-Luc Mélenchon ne gagnera pas l'élection présidentielle, il le sait 

D) - Mélenchon à Saint-Denis : un meeting paradoxal

E) - Le tiers-mondisme français et LFI

F) - LFI : Le vrai danger !

G) - Le programme ? On s'en fiche, qui s'en soucis !

H) - La collusion mortelle. 

I) - Mélenchon : deux nuances de vert et de rouge 

 

 



A) - Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, né le 19 août 1951 dans l'ancien Maroc français, est un homme politique français d'extrême gauche, héraut du socialisme dur dans le pays depuis la fin des années 2000, notamment depuis 2016 avec son parti La France insoumise (LFI). Il se présente trois fois à l'élection présidentielle : en 2012, en 2017 et en 2022. Son nombre d'électeurs croît jusqu'à le faire « troisième homme » de la présidentielle en 2022. Il est aussi candidat à la présidentielle de 2027.

Exploitant particulièrement la cause climatique, les rapports controversés d'Oxfam sur les inégalités économiques et l'idée reçue selon laquelle la France serait gouvernée par des « néolibéraux », son discours, bien qu'assez peu novateur, séduit une part non négligeable de jeunes Français et contribue à la radicalisation antilibérale de nombre d'entre eux. 

Biographie

Jean-Luc Mélenchon naît dans une famille pied-noir, à Tanger, dans l'ancien protectorat français du Maroc. Il revient en France, dans le Jura, en 1962, obtient une licence de lettres modernes et une licence de philosophie en 1972. Pendant ses études, il est très actif à l'UNEF et à l'Organisation communiste internationaliste (OCI), une organisation trotskiste à l'extrême gauche de l'échiquier politique. Dès 1968, il est en première ligne des mouvements étudiants dans la région, et dirige une section locale de l'OCI. Il est évincé du mouvement et rejoint rapidement le Parti socialiste (PS) en 1976.

Professionnellement, il travaille un an comme ouvrier avant de rejoindre l'Éducation nationale. Il devient enseignant en 1976. En 1978, suite à une rencontre avec le socialiste Claude Germon, il quitte le Jura et rejoint Massy, en région parisienne, où il est directeur de cabinet de Claude Germon, maire de Massy. Il monte rapidement les échelons de la fédération de l'Essonne (le département de Massy), dont il devient premier secrétaire en 1981 (jusqu'en 1986). Il se positionne alors comme un défenseur farouche de la laïcité.

En 1986, il est élu sénateur et se fait connaître comme un tenant de l'aile (très à) gauche du PS. Il dénonce régulièrement la « gauche molle ». En 1990, sa motion recueille 1,35 % des suffrages au congrès du Parti. En 1992, il vote en faveur du traité de Maastricht. En 1997, il se présente comme seul candidat face à François Hollande pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste et recueille 9 % des voix. Son courant au Parti, « gauche socialiste », recueille entre 7 % et 13 % des suffrages exprimés lors des congrès du Parti jusqu'à sa disparation en 2002. Il s'y marginalise de plus en plus, seul sénateur à voter contre le passage à l'euro en 1998. En 2000, il participe néanmoins au gouvernement Jospin, à l'enseignement professionnel. Il s'affirme à nouveau contre la majorité du parti en 2005, en faisant campagne contre le projet de Constitution européenne. De plus en plus radical, il acte bientôt le fait de quitter la gauche de gouvernement pour l'extrême gauche.

En 2009, il lance le Parti de gauche. Aux Européennes de 2009, il obtient 8 % des suffrages. La campagne présidentielle de 2012 qui suit lui offre un tremplin, avec une percée médiatique sur fond de positions outrancières, qui caractériseront son positionnement ultérieur, de même que celui de La France Insoumise. S'inscrivant dans une veine populiste, il publie un livre Qu'ils s'en aillent tous !. En 2012, il réussit à obtenir le soutien du Parti communiste français (PCF) pour la présidentielle. Il termine 4e avec 11 % des suffrages. Candidat dans la circonscription de Marine Le Pen pour les législatives qui suivent, il ne se qualifie pas pour le second tour. Débute alors une période d'opposition très à gauche contre la présidence Hollande, qui divise le camp de la gauche. En 2017, il arrive à nouveau en 4e place, avec un score qui a grimpé à 20 % des voix.

Depuis 2017, il incarne l'opposition d'extrême gauche à Emmanuel Macron, avec son parti La France Insoumise (LFI). Il se démarque à nouveau par son choix régulier de l'outrance et de l'opposition systématique, avec un programme fortement teinté d'étatisme et de communisme repackagé. En 2022, il réussit à s'imposer devant les autres candidats potentiels à gauche, et termine en troisième place de la présidentielle, avec 22 % des suffrages. Grâce à une « OPA » sur la gauche (union au sein de la NUPES), il réussit à obtenir plusieurs dizaines de députés LFI.

Son choix de l'opposition systématique et d'un positionnement toujours plus extrême à gauche l'isole. En octobre 2023, selon un sondage Odoxa, 62 % des Français ont une opinion négative de lui. Il est la personnalité politique la plus rejetée en France[3]. Néanmoins, la logique de vote communautariste, en particulier musulman antilibéral, permet à son parti de remporter en 2026 plusieurs villes détenues par la gauche et à la forte population d'origine étrangère. 


Positions politiques

Le programme économique de Jean-Luc Mélenchon n'est largement qu'une resucée des programmes de la « gauche de la gauche » et de l'extrême gauche, avec retour de la retraite par répartition à 60 ans, planification, fiscalité confiscatoire. Il veut la construction de 200 000 logements sociaux par an.

Alors qu'il s'est longtemps positionné comme un défenseur ardent de la laïcité, il a largement évolué, adoptant dans les années 2010 et 2020 un positionnement largement critiqué pour son « islamogauchisme », terme politique qui désigne les compromissions d'une certaine gauche régressive avec l'islamisme. Les analystes parlent de « virage à 180 degrés »[4], largement motivé par le « clientélisme »[5],[6]. Premier à dénoncer l'« islamophobie », terme qu'il contestait encore en 2015[7], Jean-Luc Mélenchon est jugé par beaucoup comme sorti du « champ républicain » pour défendre des intérêts religieux[8]

D'un point de vue institutionnel, il réclame une Sixième République. Son respect de l’État de droit interroge : il appelle les membres de son parti à venir « défendre » le siège alors qu'une perquisition légale y est en cours[9]. Il tente physiquement et verbalement d'empêcher la perquisition en criant « La République, c'est moi ! », expression qui restera célèbre. Mis en examen pour « actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation », il est condamné à trois mois de prison avec sursis et 8000 euros d'amende[10]

Citations

Bibliographie sur Mélenchon

Notes et références

Qui est Monsieur Jean-Luc Mélenchon ?

Juan Branco: présidentielle 2027 et enkystement de LFI par électoralisme ! À lire dossier LFI de Lux Aurores.

Quen tin homme est tué lâchement ! Quand on sème la guerre civile dans les mots, on ne maîtrise plus ceux qui la récoltent dans la rue !

Sommaire:

A) - Quand on sème la guerre civile dans les mots, on ne maîtrise plus ceux qui la récoltent dans la rue.

B) - Le parquet de Lyon requiert l’homicide volontaire dans le meurtre de Quentin Deranque : l’ombre de LFI et de ses affidés 

C) - Meurtre de Quentin Deranque : de l’ignorance devant la violence en politique

La France Insoumise...

Sommaire:

A) - La France Insoumise : liturgie des bouffons de la République

B) - Après la tragédie de Lyon, Jusqu'où le Ps ira dans sa liaison avec LFI ?

C) - Les derniers rebondissements dans l’affaire Quentin Deranque : une violence qui met LFI face à ses contradictions

D) - LFI face au terrorisme : la fabrique de l’indulgence

Les programmes connus pour les Présidentielles 2027 !

Sommaire:

A) - Prendre la France au sérieux.

B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

 

 


B) - Jean-Luc Mélenchon vient de nous offrir un concentré assez pur de ce que peut produire une pensée économique quand elle n'a jamais eu à gérer une entreprise, un budget ou une chaîne de production.

Nationaliser le temps, dit il, par la planification et les écorégions. On croirait une blague anti-communiste,, mais c'est un vrai projet de campagne pour 2027. 

Le principe est simple sur le papier et vertigineux dans ses conséquences. 

Treize nouvelles régions, redessinées non plus selon l'histoire, l'économie ou les bassins d'emploi, mais selon les fleuves et les bassins versants. 

Un État central qui distribue de l'argent public aux entreprises et aux territoires qui acceptent d'entrer dans son plan, avec des exigences de production imposées d'en haut, et aucune aide pour ceux qui refuseraient de s'y plier. 

Prenons la mesure de ce que ça signifie concrètement. 

 Un entrepreneur, un agriculteur, une usine ne décideraient plus ce qu'ils produisent, comment ils le produisent et à quel rythme en fonction de la demande réelle de leurs clients, mais en fonction d'un plan écologique national validé par des bureaucrates régionaux nouvellement créés. 

 C''est très exactement la logique du Gosplan soviétique, avec un vernis vert à la place du vernis rouge. 

Et l'histoire économique du vingtième siècle a déjà tranché cette question, aucune administration centrale, aussi bien intentionnée soit elle, ne dispose de l'information dispersée que seul un marché de millions de décisions individuelles peut agréger correctement. 

C'est ce que Hayek appelait le problème de la connaissance, et aucune commission d'écorégion, aussi verte soit elle, ne le résoudra mieux qu'une entreprise qui répond directement aux signaux de prix et à la demande de ses clients. 

 Le résultat prévisible de ce genre de plan est connu d'avance, et il s'est déjà produit partout où on l'a tenté. 

 Une bureaucratie de contrôle qui gonfle, des entreprises qui passent plus de temps à documenter leur conformité au plan qu'à produire, des investisseurs qui fuient un pays où les règles de production peuvent changer au gré d'une nouvelle doctrine écorégionale, et un appauvrissement général masqué, au début, par les subventions distribuées à ceux qui acceptent de jouer le jeu, avant que l'argent public ne s'épuise, comme il s'épuise toujours. 

Même en Bretagne, où il est venu vendre ce projet, la réception a été glaciale. 

Son propre découpage des écorégions s'appuie encore sur les départements napoléoniens qu'il prétend dépasser, la Vendée se retrouve rattachée à une écorégion Loire alors qu'un quart seulement de son territoire appartient à ce bassin, et les élus locaux, y compris ceux qui partagent ses sympathies écologistes, dénoncent déjà un découpage incohérent. 

Même sur le terrain qu'il a lui même choisi pour l'annoncer, le projet s'embourbe avant d'avoir commencé. 

On promet aux Français la première République écologique du monde. 

On oublie juste de préciser que planifier le temps, la production et le territoire depuis Paris, ça a déjà un nom dans les livres d'histoire, et ça ne s'est jamais très bien terminé pour ceux qui devaient vivre sous ce genre de plan.

Victor Ferry  


 


C) - Jean-Luc Mélenchon ne gagnera pas l'élection présidentielle, il le sait 

La « gauche » ou ce qu’il en reste fait à peine plus de 25 % dans le pays. L’objectif, électoralement parlant, ne peut donc être celui-là. En revanche, il est essentiel pour lui d’être présent au second tour.

Pour cela :

Il est indispensable de maintenir l’éclatement d’une gauche moribonde pour laquelle il n’a que mépris et de conserver l’initiative tactique et stratégique, de la maintenir sous pression et sous influence.

De poursuivre l’émergence et la structuration d’un « vote musulman » identitaire et religieux au risque des pires alliances. Le ciment de cette opération, c’est l’antisémitisme masqué de plus en plus difficilement par un antisionisme lui permettant de faire la jonction avec divers mouvements au nom de l’anticolonialisme et du « décolonialisme » allant des Indigènes de la République jusqu’au PCF, voire d’une partie du PS en passant par des organisations violentes et séditieuses comme la Jeune garde, sans oublier toute une mouvance associative sociétale désormais aux ordres.

L’introduction du religieux, c’est-à-dire l’Islam, dans la sphère politique est également un moyen pour LFI de compléter son dispositif. Défense du voilement des femmes, de l’abaya, refus de soutenir Boualem Sansal ou Kamel Daoud, promotion du concept frériste « d’islamophobie », remise en cause de la laïcité, défense du Hamas et des alliés de l’Iran… les exemples sont nombreux.

C’est également, par exemple, les offensives de LFI contre les banquets du Canon français qui incarneraient l’inverse de la « nouvelle France ».

Il convient donc de les « fasciser » pour en faire surgir l’essence qui serait profondément nocive et dangereuse. Révélant selon LFI la nature raciste, « islamophobe », néocolonialiste, réactionnaire, nauséabonde de l’identité française qu’il convient dès lors de modifier, de transformer car elle porterait en elle-même, intrinsèquement, le péril fasciste.

Autrement dit, la France est fasciste, il convient donc d’en éradiquer le germe et, pour ce faire, seule une révolution le permettrait.

Non seulement politique, mais également anthropologique. C’est ce que Jean-Luc Mélenchon appelle « le grand remplacement, celui naturel des générations… » Mais personne n’est dupe. En particulier quand madame Rima Hassan fustige la direction de LFI la considérant comme « trop blanche ». La place donnée à « la race » est d’ailleurs symptomatique de ce renversement copernicien dans le discours politique français à l’initiative de LFI.

Le grand combat des républicains, en particulier de la gauche républicaine, fut celui de l’articulation de la question sociale et de la question nationale. C’est notamment grâce à ce creuset (certes imparfait) que la France a pu tenir en 14-18 et que s’est forgé le cœur de la Résistance française entre 1940 et 1945, permettant au CNR d’exister et de bâtir son programme.

C’est la grande tradition de Jaurès qui voulait réaliser « les noces de la classe ouvrière et de la nation ». C’est ce patriotisme républicain, auquel même un homme comme Maurice Barrès avait fini par accorder quelques vertus, que le général de Gaulle, alors qu’il n’en venait pas, avait parfaitement compris et qui permettait d’unir un peuple si disparate que le peuple français. C’est cela que LFI veut faire disparaître aujourd’hui et abattre si nécessaire.

Mais LFI a fait le constat que la « social-démocratie » française ainsi que la droite qui se réclamait du gaullisme avaient depuis longtemps, notamment pour « faire l’Europe » plutôt que pour « faire France », abandonné les milieux populaires et ouvriers qui se sont très massivement tournés vers le FN puis le RN. Dès lors, la matrice républicaine devenait une coquille vide, trahissant ses promesses.

Les alertes, les mises en garde, les propositions d’hommes comme Jean-Pierre Chevènement et Philippe Séguin il y a maintenant plus de 35 ans, furent moquées, brocardées et ils furent accusés de tous les maux de la Terre. Hélas !

L’affirmation raciale est devenue une détermination politique qui remplace la notion de « classe sociale ». Ce bouleversement qui va à l’encontre de toute la tradition politique républicaine française et de sa volonté d’émancipation des individus est une rupture ontologique dans notre histoire. C’est une rupture avec l’idée républicaine elle-même, l’idée d’être Français. Une façon d’être au monde, une culture, une civilisation.

Cette rupture ne peut rester sans conséquences sur la façon de concevoir l’action politique, y compris le recours à la violence, dès lors que le « front de race » remplacerait le « front de classe ». Cette rupture contient également en elle-même des régressions majeures. La race, l’ethnie, la croyance, l’appartenance religieuse deviennent les déterminants essentiels de ce que nous sommes ou serions et nous ne pouvons y échapper parce que ce sont d’abord eux qui nous déterminent et deviennent les véritables agents de l’Histoire. Dès lors la notion même d’unité nationale, de peuple souverain devient caduque. En effet, l’idée de peuple français partageant une identité commune dont la définition est politique serait subordonnée à d’autres catégories qui seraient raciales, ethniques ou religieuses. Le danger est déjà là puisque de nombreuses études soulignent d’ores et déjà que dans les jeunes générations, nombreux sont ceux qui considèrent que les lois d’Allah doivent primer sur les lois de la République.

La structuration d’un « vote musulman » sous influence frériste scelle donc l’alliance avec l’islamo-gauchisme, condition de la mise sur pied des outils et des leviers révolutionnaires et anthropologiques indispensables à la Révolution.

La culpabilisation permanente du « mâle blanc hétérosexuel de plus de 50 ans », synthèse et symbole de l’ancien monde à abattre, fait bien évidemment partie de cette offensive idéologique et le « racisme anti-blanc » est une invention des « fascistes » puisque le « blanc » est par essence suspect, un oppresseur coupable des pires crimes.

LFI l’a déjà annoncé notamment par l’intermédiaire de madame Panot : « Nous n’accepterons jamais que le fascisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen » (février 2026).

Jean-Luc Mélenchon avait déjà quant à lui déclaré que le 3ᵉ tour se déroulerait dans la rue si nécessaire.

L’accès au second tour est donc indispensable afin de refuser une éventuelle victoire du RN alors que cette victoire est également indispensable à la mise en place de cette stratégie révolutionnaire et anthropologique qui porte en elle d’immenses dangers.

Cette tenaille identitaire est un danger mortel pour la République. Il n’est désormais plus temps de discuter du sexe des anges alors que le péril est à nos portes. Refuser de le voir serait une irresponsabilité supplémentaire. Il s’agit ni plus ni moins que de l’avenir de la République et de l’idée que nous nous en faisons. C’est-à de la France et de ce qu’elle est et de ce qu’elle propose au monde. Les querelles subalternes sont indignes et concourent à la désespérance nationale.

Plus que jamais un programme de salut public s’impose. Il n’hésitera pas à remettre en cause les scléroses, les normes, les entraves (y compris européennes), les privilèges, les inégalités sociales, le travail, les salaires, la sécurité, l’immigration, l’enseignement, les freins à l’entreprise, à la recherche, à l’innovation, à l’industrie. Nécessaire ambition nationale et surtout ne cesser avec la honte française.

Claude Nicolet

Ancien conseiller régional Nord Pas-de-Calais; Ancien adjoint au maire de Dunkerque; Président de la Nation citoyenne

https://nouvellerevuepolitique.fr/claude-nicolet-jean-luc-melenchon-ne-gagnera-pas-lelection-presidentielle-il-le-sait/ 

 

 

D) - Mélenchon à Saint-Denis : un meeting paradoxal

Démonstration de force évidente vis-à-vis du reste de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a toutefois manqué son entrée en campagne sur le fond, en diffusant, à grand renfort de références au passé, un disque idéologique de gauche un peu rayé, dont on verra d’ici les prochains mois s’il réussit à convaincre les Français de sa pertinence pour répondre aux enjeux actuels. Mais il ne faut pas se tromper : malgré dix ans de macronisme au bilan plus que mitigé, les aspirations anti-assistanat et anti-immigration des Français n’ont pas disparu.

Comme le montrait bien Raymond Aron dans ses mémoires à propos du marxisme, qui a beaucoup influencé Jean-Luc Mélenchon, le discours prononcé dimanche offre une lecture globale et structurée à ses électeurs, ce qui le rend particulièrement attractif alors que les autres candidats ont encore du mal à se définir clairement. À l’écoute du discours, on comprend l’origine de nos maux, à savoir l’accaparement des richesses par les grands patrons, les responsables, les riches, Vincent Bolloré, et les acteurs vainqueurs de la lutte : les forces progressistes de la Nouvelle France, les femmes, les peuples opprimés et, au premier chef en France, les immigrés.

Sur le plan des premières mesures concrètes, et face à une situation budgétaire de plus en plus grave pour le pays, Jean-Luc Mélenchon propose un SMIC à 1 700 euros et la retraite à 60 ans, alors que l’on sait que, même en 1981, un tel projet était condamné d’avance. À l’époque déjà, le choc entre les promesses sociales et les contraintes économiques avait fini par s’imposer brutalement. Le contexte actuel, marqué par un niveau d’endettement inédit, une croissance faible et des marges de manœuvre budgétaires extrêmement réduites, interroge sur la compatibilité réelle de ces mesures avec la réalité telle que perçue par les Français.

Et malgré cela, la gauche la plus à même de l’emporter en 2027, celle de Jean-Luc Mélenchon, repart dans ses travers : promettre davantage de dépenses, repousser les contraintes à plus tard et faire comme si la question du financement pouvait être traitée comme un simple détail politique, voire comme si elle était inexistante.

Le problème n’est pas seulement économique. Il vient percuter un moment de grande inquiétude dans l’opinion sur l’avenir du système de retraite, ainsi qu’un puissant ras-le-bol fiscal, longtemps sous-estimé. Les Français doutent déjà de la capacité du pays à préserver son modèle social ; ils redoutent aussi d’être appelés, une fois encore, à payer la facture. En mars 2025, un sondage Harris Interactive pour l’Observatoire Hexagone montrait que 63 % des Français ne faisaient pas confiance au système de retraite pour garantir un équilibre financier entre cotisations des actifs et pensions versées. Dans ce contexte, les promesses de rupture sociale peuvent séduire une partie de l’électorat, mais elles risquent surtout de renforcer l’idée que la gauche n’a pas véritablement tiré les leçons des impasses passées, et qu’elle est toujours incapable de gouverner.

Enfin, avec son concept de Nouvelle France, le parti vient réveiller l’angoisse identitaire, qui plus est de manière floue, sans l’assumer pleinement, en mélangeant modification ethnique et tendances démographiques déjà connues, comme le vieillissement de la population ou l’émancipation des femmes. Or, les Français sont très inquiets des niveaux d’immigration, et le rejet de la politique actuelle n’est pas un phénomène nouveau. Dès les années 1960, des sondages témoignaient déjà de ce malaise face à l’immigration. Alors que les Français reconnaissent le phénomène du grand remplacement, en tout cas pour 53 % d’entre eux dans une récente enquête pour Franc-Tireur, ils sont près des deux tiers à le considérer comme une mauvaise chose.

Ce meeting de lancement est paradoxal : il vient conforter les électeurs de Mélenchon dans l’idée qu’il est leur seul recours, mais il ajoute de l’angoisse au reste des électorats, entre rejet radical à droite et dilemme au centre en cas de second tour entre le RN et LFI. Un effet à suivre de près, alors que le centre se cherche un candidat susceptible de bénéficier, in fine, d’un vote utile.

Paul Cébille

Génération Libre
https://nouvellerevuepolitique.fr/paul-cebille-melenchon-a-saint-denis-un-meeting-paradoxal/

 

 


 

E) - Le tiers-mondisme français et LFI

La France est engagée dans une nouvelle bataille idéologique d’ampleur dont nous mesurons mal les conséquences.

Si le clivage « capitalisme contre communisme » appartient au passé, aujourd’hui, c’est l’Occident démocratique, libéral et progressiste qui fait face à une offensive venue du « Sud global », structurée par une idéologie héritière du communisme internationaliste : le tiers-mondisme incarné en France par La France insoumise.

Qu’est-ce que le tiers-mondisme ? C’est la revanche du Sud global contre l’Occident. Là où le communisme classique visait l’émancipation de l’ouvrier, le tiers-mondisme substitue à cette figure celle du « racisé », du migrant ou du citoyen religieux (en général musulman car la France a connu une immigration en provenance de pays musulmans) présenté comme opprimé par un monde occidental blanc.

Cette idéologie tiers-mondiste s’appuie sur deux piliers :

· un bras droit : l’islam politique au potentiel révolutionnaire éprouvé notamment en Iran en 1979 ;

· un bras gauche : une modernisation de la vulgate marxiste-léniniste adaptée aux logiques identitaires et raciales.

La France comme terrain d’affrontement

Là où le communisme et la gauche française cherchaient à libérer l’ouvrier, cette nouvelle idéologie vise à faire payer aux anciennes puissances coloniales, physiquement, moralement, financièrement, culturellement et même « civilisationnellement », le prix de leur histoire. Ce mouvement extérieur trouve des relais internes puissants au sein même des sociétés occidentales, certains acteurs œuvrant, plus ou moins ouvertement, à miner ces sociétés de l’intérieur.

En France, cette guerre idéologique est particulièrement visible depuis plusieurs années par l’entremise de son étendard politique, La France insoumise (LFI) et Jean-Luc Mélenchon, qui a opéré un virage idéologique majeur avec son passé de socialiste bon teint si l’on considère qu’il se réfère désormais davantage à des modèles révolutionnaires étrangers, comme la révolution iranienne de 1979, qu’à celle de 1789.

Abandonnant la centralité de la question ouvrière, jugée dépassée, il a adopté une ligne internationaliste inspirée du tiers-mondisme encore plus prononcée depuis son échec à la présidentielle de 2022. Dans sa logique, les populations issues de l’immigration deviennent un socle politique central, mobilisé autour du ressentiment postcolonial. Jean-Luc Mélenchon propose même sa vision de « nouvelle France », fondée sur une transformation profonde du corps social. Cette vision implique une redéfinition du peuple français, pensé comme une entité plurielle, métissée, « créolisée », inscrite dans une dynamique mondiale.

Si l’on prend du recul, ce phénomène est le symptôme d’une transformation plus large de la gauche occidentale. La lutte des classes laisse place à une lecture en termes de rapports raciaux ou identitaires. L’immigration devient le nouveau « prolétariat politique ».

Notons que cette évolution entraîne malgré tout des tensions internes croissantes, certains militants remettant en cause les anciennes hiérarchies au sein même de ces mouvements.

Le tournant du 7 octobre 2023

Cette stratégie insoumise a connu un tournant majeur le 7 octobre 2023, date à laquelle LFI est accusée de ne pas avoir clairement condamné, voire d’avoir relativisé, les attaques du Hamas contre des civils israéliens. Depuis, plusieurs prises de position et polémiques ont renforcé cette perception : la députée insoumise Danièle Obono a tenu à déclarer au sujet du Hamas que « c’est un groupe politique islamiste, qui a une branche armée… et qui s’inscrit dans les formations politiques palestiniennes, qui a pour objectif la libération de la Palestine… qui résiste à une occupation ». À l’interrogation insistante du journaliste (« Donc, c’est un mouvement de résistance ? »), Mme Obono finit par lâcher : « Oui…, qui se définit comme tel et qui est reconnu comme tel par les instances internationales. » Ajoutons encore la députée européenne LFI Rima Hassan qui expliquait qu’« en dehors de la pensée hégémonique occidentale, personne ne considère le 7 octobre comme un acte de terrorisme. »

Il est également reproché à certains responsables politiques de minimiser l’antisémitisme, lui préférant une lecture plus large en termes d’antiracisme, où le Juif n’est plus perçu comme une victime spécifique mais comme un dominant structurel. Dans ce schéma de pensée, le Juif est exclu du récit des opprimés. LFI s’inscrit dans une logique de conflictualité permanente : affrontement politique, bataille sémantique, radicalité militante.

Fascinations et alignements internationaux

LFI manifeste aussi une fascination pour des régimes ou mouvements opposés à l’Occident : Vladimir Poutine, pour son opposition à l’OTAN ; Hugo Chávez et Nicolás Maduro, pour leur dimension révolutionnaire ; la République islamique d’Iran pour sa dimension religieuse ET révolutionnaire ; des organisations de « résistance à l’impérialisme » comme le Hamas ou le Hezbollah.

Cette attraction est liée à leur position commune d’opposition à l’Occident et, surtout, dans une continuité française : le communisme qui, bien que marginalisé, n’a jamais totalement disparu du paysage intellectuel et politique. Depuis plusieurs décennies, des courants trotskystes, anticapitalistes et internationalistes ont régulièrement obtenu des scores significatifs aux élections. Aujourd’hui, cette tradition prendrait la forme d’un marxisme renouvelé, teinté de tiers-mondisme.

La force de LFI à l’approche de la présidentielle de 2027

LFI offre ce que les autres partis n’ont plus : un chef incontesté, des idées, une doctrine tiers-mondiste assumée. Pendant des décennies, les partis de gouvernement, aujourd’hui faibles, ont refusé de voir les mutations de la société et l’émergence de nouvelles attentes. Ils ont ainsi laissé à LFI et au RN l’espace nécessaire pour devenir les deux grands pôles contestataires de notre vie politique. La France insoumise a pour elle ce que beaucoup d’autres partis ont perdu, à savoir des idées, une méthode et une énergie. Ce qui veut dire que le mouvement arme idéologiquement ses élus, forme ses militants à une discipline stricte et est obsédé par la communication et l’action politique de rue. LFI possède également ce que les autres partis français n’ont pas : un chef incontesté, des lieutenants rodés, une stratégie fondée sur une sociologie électorale bien identifiée, de la radicalité dans les propositions, des polémiques médiatiques pour mobiliser, cliver, susciter un intérêt et un sentiment d’appartenance face aux partis politiques qui périclitent et font de la politique une affaire de comptabilité.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte politique particulier. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le camp centriste apparaît affaibli par l’usure du pouvoir ; le Rassemblement national suscite des inquiétudes quant à son rapport à l’État de droit ; La France insoumise, malgré les polémiques, apparaît comme une force politique crédible. Elle bénéficie notamment du poids symbolique du mot « gauche » dans l’imaginaire français, associé à l’égalité et à l’héritage de 1789.

Dans le feu de la campagne, face à un émiettement des candidatures et à l’impact médiatique des débats, rien ne dit que les chances de Mélenchon soient perdues. Au contraire. Les dernières élections municipales ont prouvé que la radicalité, la polémique, l’outrance et la discipline de fer imposée aux lieutenants et aux militants fonctionnent. Le combat pour l’Élysée ne fait donc que commencer et si les forces politiques modérées et attachées à la démocratie libérale ne veulent pas voir un des deux camps les plus radicaux l’emporter, il faut qu’elles se réveillent, innovent et abordent les problèmes de front.

La France se trouve aujourd’hui confrontée à une recomposition idéologique profonde, dans un monde où les valeurs occidentales, liberté, capitalisme, science, démocratie, ne sont plus majoritaires et sont de plus en plus contestées. Dans ce contexte, le tiers-mondisme insoumis apparaît comme une force structurante, à la fois externe et interne, qui redéfinit les clivages politiques et idéologiques du XXIᵉ siècle.

La France est un champ de bataille idéologique où, déjà, se joue l’avenir du libéralisme occidental.

Yoann Taïeb, 

ancien conseiller ministériel.

Causeur

https://nouvellerevuepolitique.fr/yoann-taieb-le-tiers-mondisme-francais-et-lfi/



 

F) - LFI : Le vrai danger !

Le parti de la France insoumise s’est distingué une fois de plus lorsque, pour donner plus d’ampleur à l’annonce de sa manifestation contre « l’extrême droite, ses idées et ses relais », a publié une affiche représentant une photo de Cyril Hanouna, de confession juive, sous les traits du  » juif éternel », tiré du film de propagande supervisé par Goebbels en 1940 intitulé  » le péril juif ». 

Publié en noir et blanc, le graphisme très élaboré montre le visage déformé et grimaçant de Cyril Hanouna, par un allongement du nez busqué, par les oreilles plus écartées qu’à l’ordinaire et taillées pointe, par le regard sournois et perfide, enfin, par le pli méprisant de la bouche accentué au point que – par fidélité à l’original – l’ouverture discrète de celle-ci laisse entrevoir la rangée inférieure de la dentition. 

Cette iconographie du « juif éternel » est devenue au fil du temps dans l’inconscient collectif, l’archétype de l’antisémitisme.

Pour Bernard- Henri LÉVY « cette affaire Hanouna est terrifiante : un vrai passage à l’acte de la part de LFI » (post BHL s/ X 15/3/2025).

En effet, une ligne a été franchie. 

« Même le journaliste « progressiste Jean-Michel « Aphatie, pourtant peu connu « pour porter Cyril Hanouna « dans son cœur, a apporté son « soutien à l’animateur, « dénonçant un visuel « effrayant (…) qui rappelle la haine des Juifs des années trente » (Causer, 14/03/2023, « LFI veut combattre le fascisme… et finit par s’en inspirer », Arnaud Vrillon).

Qui porte ce nouvel antisémitisme décomplexé sous l’hypocrite bannière de  » la lutte contre le racisme et l’extrême droite » ? L’extrême gauche et la gauche panurgiste. 

Ils défilent hardiment ce 22 mars 2025, arborant pancartes nauséabondes et slogans fielleux et vénéneux. 

Ils ne craignent rien, l’antisémitisme est dans l’air du temps depuis ce samedi noir du 23/10/2023 qui vit les militants du Hamas aidés de nombreux civils palestiniens commettre le pire pogrom contre les juifs depuis la Shoah. Des milliers de juifs hommes femmes enfants, blessés, assassinés, torturés, égorgés, des femmes violées devant leurs familles avant d’être abattus et pour certains (plus d’une centaine) enlevés puis séquestrés dans les galeries souterraines construites par les membres du Hamas avec l’argent international envoyé aux palestiniens pour se nourrir et se loger – et détourné par les membres du Hamas qui règnent en maîtres dans la bande de Gaza ( élus par les gazaouis en 2007 ne l’oublions pas).

Parmi ces nombreuses victimes du Hamas, les dépouilles des deux enfants de la famille Bibas, Kfir (9 mois) et son frère Ariel (4 ans) capturés le 7 octobre avec leur mère dans le kibboutz de Nir Oz, seront restitués au père par leurs tortionnaires islamistes – après 2 ans 1/2 de captivité – dans des cercueils le 20 février dernier par les terroristes. Ils sont devenus un symbole de la cause des otages.

Bien évidemment la réplique impitoyable de l’État d’Israël ne se fait pas attendre : chacun connaît la force de déploiement de Tsahal et son efficacité. Le bilan des victimes est accablant. 

Il demeure que la haine des juifs est transgénérationnelle. Et parmi les antisémites les plus virulents, les islamistes.

L’Historien Ben Soussan levant un tabou avait déclaré : « Dans les familles arabes, en France, tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ». 

Cette manifestation n’a déployé que des drapeaux palestiniens – aucun drapeau français, c’est contre nature – qui sont devenus des étendards qui représentent à l’échelle mondiale la détestation de l’État d’Israël et des juifs. 

Les slogans vociférés par les néo- fascistes du XXIe siècle corroboraient les couleurs des drapeaux :  » À bas les flics les blancs et les juifs »,  » Israël, casse-toi en France on n’en veut pas », « Israël violeur »,  » égorge un sioniste » était tagué sur un abribus. 

D’ailleurs les reportages télévisuels montrent que ces harangues islamo- gauchistes sont plus que des slogans, ce sont des mantras quasi mystiques : adhérents, compagnons, sympathisants ou suiveurs constituent des foules  » qui ne connaissent « que des sentiments simples « ou extrêmes ; les opinions, les « idées et croyances qui leur « sont suggérées sont « acceptées ou rejetées par « elles en bloc, et considérées « comme des vérités absolues. « Il en est toujours ainsi des « croyances déterminées par « voie de suggestion au lieu « d’avoir été engendrées par « voie de raisonnement (…) « N’ayant aucun doute sur ce « qui est vérité ou erreur et « ayant d’autre part la notion « claire de sa force, la foule est « aussi autoritaire « qu’intolérante (…) Le type du « héros cher aux foules aura « toujours la structure d’un « césar. Son panache les « séduit, son autorité leur « impose et son sabre leur fait « peur(…) » (Gustave Lebon, « psychologie des foules », Ultraletters, p. 35/36).

Le basculement flagrant tombe comme un couperet : les victimes sont devenues les bourreaux et les « génocidés » sont devenus les « génocidaires ». 

L’inversion des valeurs est à son comble. 

Tandis que la majorité des députés issus des insoumis ont gardé le silence, quelques rares voies ont affeuré/ emergé pour condamner la publication de l’affiche scélérate,  manifestement toutefois une minimisation de la gravité des faits:  » une maladresse » admettra Eric Coquerel, « une affiche maladroite qui n’aurait pas dû être là » concède Manon Aubry,  » le visuel n’aurait pas dû être publié » livre Manuel Bompard, coordinateur de LFI qui ose affirmer par ailleurs que son parti  » n’a jamais visé une personne en fonction de sa confession religieuse ou de son origine » : tous trois se gardent bien de la nommer… deux autres parlementaires LFI – dont Aymeric Caron – se sont montrés plus critiques dans leur condamnation de cette « maladresse ». 

Toutefois, UN député de LFI non identifié affirme  » Je suis affligé. J’ai découvert cette affiche avec effroi (…) soit le mec du siège de LFI qui a fait les affiches est un connard inculte, soit c’est une ordure antisémite » (JDD News du 26/03/2025, p.23).

En vérité, la dénonciation de cette abjecte publication est bien mince dans les rangs de LFI. Disons qu’elle ne fait pas tout à fait l’unanimité mais bien une très forte et large majorité.

Les réactions du « césar LFiste », Jean- Luc Mélenchon sont éloquentes : 

D’abord dans le déni complet, « je n’étais au courant de rien, je ne savais rien », JLM passe à l’offensive : le 13/03/2025, à l’antenne de France inter, interrogé par Léa Salamé sur le sens de l’affiche, il s’exclame :  » Nous ne sommes pas antisémites (…) Vous relayez la propagande d’extrême droite ! ». 

Trois jours après, le 16 mars il s’en prend au journaliste qui le sollicite sur cette question : 

 » D’emblée, Mélenchon a « cherché à balayer les « interrogations à ce sujet :  » « l’extrême droite accuse, puis « cela monte dans la sphère « médiatique Bolloré. Puis les « gentils, comme vous et les « autres, disent  » Ah ! Quand « même il y a un « problème »(…)C’est « exactement comme ça que « l’on fait pour attribuer une « étiquette (…) puis face à « l’insistance du journaliste, il vocifère  » Pourquoi vous me « posez cette question ? De « quel droit ? Vous m’accusez ? « Est-ce que vous m’accusez ? …. Avant de perdre ses nerfs et de clore le débat violemment avec un  » ça suffit ! « . (Cf. JDDNews p. 23). Avec toute l’agressivité que le dogmatisme a coutume de déployer. 

LFI ne recule jamais : ce qui permet de tracer les exhortations de son chef. 

Notamment, Mélenchon estime que Jeremy Corbin, leader travailliste, a eu grand tort de se laisser intimider par les accusations de complaisance envers l’antisémitisme lancées par « une poignée de blairistes », par « le grand rabbin d’Angleterre » et par « divers réseaux d’influence du Likoud », le parti de Benyamin Netanyahou.

Et Askolovitch de répliquer : « L’antisémitisme (…) est une passion politique portée par des cercles d’extrême gauche, attirés au Labour requinqué de Corbyn et protégés par son pouvoir. […] Des juifs, sous Corbyn, ont été chassés de fait du Labour qui était toute leur vie » (cf. Libération,16 /12/2019). 

Rima Hassan activiste pro- palestinienne n’est pas en reste : participant à toutes les manifestations en soutien des palestiniens et donc du Hamas qu’elle qualifie de mouvement résistant (et non pas terroriste). 

Et pour démontrer l’inanité des protagonistes rappelons que sur France 5, le député de la France insoumise Paul Vannier a reconnu une « erreur », à la suite de la publication de l’affiche dont il reconnaît qu’elle reprend les codes antisémites mais tout en rejetant la responsabilité sur la plateforme Grok, utilisée pour concevoir le visuel. Il précise que  » l’IA d’Elon Musk contient des choses nauséabondes » (Le Figaro 15 mars 2025). 

Tout est dit. LFI est une victime de l’intelligence artificielle de la plateforme Grok et tout ça c’est la faute à E. Musk. 

LFI dégage toute responsabilité ! 

Quel grossier dérivatif ! Aucun membre de la chaîne de conception de l’image, de sa production et de sa publication n’avait remarqué quoi que ce soit ! 

Ce sont des « connards incultes » ou des « ordures antisémites ? » (cf. infra).

Sans doute un peu des deux. 

Cyril Hanouna a obtenu 3500€ de DI sur le droit à l’image (donc en matière civile). On attend à présent le déroulement du procès pénal portant sur l’incitation à la haine et sur l’antisémitisme. 

Les juifs semblent désormais n’être plus protégés par la Shoah. Les victimes juives de ce pire cauchemar de l’Histoire humaine récente, ont été « remplacées » par les pré- fabriqués nouveaux damnés de la terre, les immigrés, les migrants, les musulmans islamistes ou non, qui eux, n’ont jamais approché un four crématoire de leur existence, n’ont pas été maltraités à coups de fouets ou de coups de crosse ou de cravache, n’ont pas été piétinés par les bottes d’un nazi…. D’ailleurs pour la plupart d’entre eux ils ne connaissent pas la signification de la Shoah. 

Pourtant ils vouent aux juifs une haine tenace, qui leur vient du fond des âges, et partagent cette exécration raciste et plus précisément antisémite avec les partisans de LFI. 

L’islamo – gauchisme a des racines très lointaines qui se manifestent aujourd’hui dans cette actualité incandescente et bouleversante. 

Il est un fait que la gauche a toujours su travailler à l’élaboration de sa propre image et dans ce but a usé de tous les subterfuges pour masquer l’antisémitisme de nombre de ses écrivains et philosophes, artistes, journalistes, directeurs de publication bien – pensants. 

C’est dans cet esprit qu’un Sartre ou qu’un Ricoeur – pour ne citer que ces deux là – se sont bien gardés de publier leurs intimités antisémites en les conservant à l’abri de carnets ou notes personnelles. 

Même en faisant la part des choses et considérant leur qualité d’écrivain, on ne peut s’empêcher de penser de façon subliminale… oui… mais quand même…. Et cela vaut aussi bien pour les intellectuels de gauche que pour ceux issus de la droite classique ou extrême, à l’instar d’un Drieu la Rochelle, d’un Céline ou d’un Genet par exemple. 

Il reste que la gauche – qui domine la classe intellectuelle depuis 1945 grâce au Général de Gaulle qui avait confié aux communistes le portefeuille de la culture dans le gouvernement provisoire – malgré ses antécédents pénétrés d’antisémitisme virulent et ce, depuis la première industrialisation au XIXe siècle, reste une insupportable donneuse de leçons, se forgeant toujours la part belle en s’emparant de l’Histoire pour la remodeler à son avantage ( ainsi que ce fut le cas de Benjamin Stora qui a inventé un roman de la guerre d’Algérie au mépris du réel pour complaire aux descendants de porteurs de valises). 

Dans un livre publié récemment intitulé  » L’Autre Collaboration » et lu par l’auteur de ces lignes, Michel Onfray s’interroge dans la préface, sur les raisons qui ont conduit « la « France à se trouver « aujourd’hui forte de millions « de citoyens pour lesquels le 7 « octobre 2023 aura été un « grand jour pour le peuple « palestinien. Quel rôle ont joué « les philosophes du XXe « siècle dans la construction de « cette effrayante passion « triste, de cette sinistre joie « mauvaise qu’est le « consentement au sadisme « des bourreaux contre des « victimes innocentes ? 

« Quelle forme a pu prendre « l’antisémitisme chez Sartre, « qui pense que le juif n’a pas « d’existence historique propre « en dehors de l’antisémite qui « le fait exister, malgré trois « milles ans d’existence, et « Beauvoir qui en a assez des « jérémiades autour d’Anne « Franck (  » Vous qui pleurez si « volontiers et si abondamment « sur des malheurs anciens – « Anne Franck ou le ghetto de « Varsovie- vous vous rangez « parmi les bourreaux de ceux « qui souffrent aujourd’hui » dit « elle en développant les « éléments de langage des « dévots du décolonialisme » ( cf.  « L’autre Collaboration », Michel Onfray, Plon, 2024, p.15/16/176/177).

Et l’écrivain de poursuivre dans sa préface :  » Quelle « forme a pu prendre « l’antisémitisme chez Deleuze « qui s’agenouille devant « Yasser Arafat ou chez « Foucault, qui aime tant les « mollahs iraniens dont « l’antisémitisme est la colonne « vertébrale et la destruction de « l’Etat d’Israël, le mantra ? « Chez Genêt, qui célèbre « Hitler, les miliciens, les « gestapistes, les collabos et « les terroristes palestiniens ? « Chez Jean- Luc Nancy qui « voit des antisémites partout « sauf chez Heidegger qui a « adhéré au parti nazi de 1933 « à 1945 et n’a rien trouvé à « redire à la mort de 6 millions « de juifs (…), ou chez Alain « Badiou pour qui la question « juive semble juste une affaire « de philologie ? Chez Roger « Garaudy, communiste « emblématique, négationniste « forcené et converti à l’islam, « qui semble triompher « aujourd’hui post mortem « dans une « gauche » somme « toute assez joyeuse de « compagnonner avec les « assassins du Hamas pour « quelques plats de lentilles « servis à l’Assemblée « Nationale »? (Cf Michel Onfray, infra p. 16). 

Avant eux il y eût les juifs, peuple déicide responsable de la mort du Christ, puis l’invention du juif errant au Moyen- Âge, sorte de damnation éternelle élaborée par un christianisme devenu intolérant, puis Luther, qui incarne un antisémitisme protestant, puis « les Lumières » avec l’antisémitisme antichrétien ( sans la Thora pas d’Évangiles) qui culmine avec Voltaire lequel voue une haine féroce aux juifs qu’il dit abominables, dominateurs, ennemis du genre humain, égorgeurs et traitres, puis l’Abbé Grégoire qui affirme que les juifs sont physiquement, moralement et politiquement dégénérés, 

Puis vint un antisémitisme socialiste / communiste / anarchiste avec Fourier, Blanqui, Toussenel : les juifs représentant le capitalisme oppresseur de la classe ouvrière, des paresseux, des espions, etc… 

Proudhon bien sûr, dont l’antisémitisme est dirigé contre Marx, d’origine juive (et antisémite aussi) avec lequel il se trouve être en rivalité et refuse d’être un simple disciple de ce dernier, et bestialise son contemporain, ce qui servira la doctrine nazie, 

Puis évidemment le nazisme et la Shoah… que l’on sait.

Il convient à cet endroit de relever :

  • La collaboration de Hitler avec le Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amine Al-Husseini, au point de constituer en 1942 deux légions SS musulmanes. Composées pour l’essentiel de Bosniaques : ces deux légions n’ont pas participé à la  » solution finale » même si le Grand Mufti a pris fait et cause pour le nazisme, au point d’approuver le judéocide.
  • La collaboration des communistes avec Hitler par la signature du pacte germano- soviétique le 23 août 1939, qui ne sera rompu en 1941 que parce que les nazis envahiront l’Union Soviétique. 

Puis ce fut le temps de l’antisémitisme post nazi qui se transforme en anti sionisme cache sexe de l’antisémitisme, la parade est éventée depuis longtemps, l’islamo- gauchisme a de beaux jours devant lui à la traîne de son père fondateur et premier wokiste, Michel Foucault, qui passe trois semaines en Iran en 1979 et revient de chaque escapade ébloui par la religion islamique chiite qui selon lui « est la forme que prend la lutte politique dès lors que celle -ci mobilise les couches populaires (…) ».

L’islam incarne la résistance au pouvoir d’État. 

Le philosophe n’avait juste pas compris l’intervention / l’ingérence des américains pour installer Khomeiny au pouvoir en lieu et place du Shah d’Iran… 

Tout auréolé de ses découvertes spirituelles il dira plus tard que  » c’est avec l’islam politique, l’islamisme donc, s’annonce et s’énonce  » un mouvement qui permettrait d’introduire dans la vie politique une dimension spirituelle  » (Cf. ibid p. 200). 

L’islamo- gauchisme est né.

 » Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la figure négative du juif ayant pris le visage du sionisme ( tout peut être accordé aux juifs en tant qu’individus mais rien en tant que nation), l’antisionisme est devenu une forme respectable d’antisémitisme, partagé par les droites et les gauches extrêmes ainsi que par la plupart des musulmans ayant épousé inconditionnellement la cause palestinienne, mais aussi par un nombre croissant de juifs dits de gauche ou progressistes, postulant que la création d’Israël avait été une faute voire un crime (…) en raison de l’expulsion des palestiniens ce qui constituerait pour ces juifs de gauche  » le péché originel d’Israël. 

Les intellectuels d’extrême gauche, ralliés au post-colonialisme et au décolonialisme ont intégré au discours antisioniste l’accusation de colonialisme raciste. (…).

(…) La nouvelle propagande anti juive a intégré le cliché accusatoire selon lequel le prétendu « palestonicide » israélien serait pire que le judéocide nazi. L’endoctrinement antisioniste est désormais centré sur cette accusation impliquant une inversion victimaire sur un double registre : d’une part, le Hamas agresseur est présenté comme agressé et les islamo- terroristes comme des résistants, d’autre part, les juifs, victimes du plus grand génocide de l’Histoire et les israéliens menacés en permanence d’attaques meurtrières par leurs voisins sont dénoncés comme des criminels commettant le génocide des palestiniens dont ils auraient volé les terres, exprimant ainsi leur impérialisme et leur colonialisme ».(« l’antisémitisme voyageur », Pierre- André Taguieff, in Front Populaire, N° 20, p. 85).

L’islamo- gauchisme s’étoffe avec la participation d’autres philosophes déconstructionistes comme Deleuze et Derrida et sa doctrine de déconstruction de la civilisation occidentale ( blanche, catholique, colonialiste, misogyne, homophobe) représentée par  ISRAËL au sein du Moyen- Orient, raison pour laquelle il y a lieu de transformer ce tout petit pays (de la taille de deux départements français)en bouc émissaire à éradiquer afin d’en finir avec tout ce qui peut représenter la civilisation occidentale, le capital, le capitalisme et l’argent.

A cette fin il convient de combattre le sionisme le « frère siamois de l’antisémitisme » (cf. Arno Klarsfeld, in VA du 19/03/25) comme étant le creuset responsable de tous les antagonismes, et tant qu’à faire rayer Israël et ses juifs de la carte planétaire.

Il faut victimiser le palestinien démuni devant son odieux voisin sioniste, et le célébrer comme étant l’idéal – type révolutionnaire, tout en condamnant parallèlement l’existence du mal blanc de plus de 50 ans judéo- Chrétien servant le capitalisme, le colonialisme, l’impérialisme, le racisme, l’antisémitisme, génocidaire (les khmers rouges… ? le maoïsme ? … le FLN ?) et xénophobe ! 

Et puis les islamo gauchistes se sont fabriqués toute une sémantique dont ils usent et abusent ad nauseamdepuis des décennies à l’encontre de ceux qui désapprouvent ce nouveau fascisme islamique : fasciste, nazi, pétainiste, islamophobe et extrémiste de droite (inspiré de Michel Onfray cf. ibid.).

L’objectif ? Faire tabula rasa afin de façonner « l’homme nouveau » (après Robespierre, le communisme, le nazisme, le fascisme italien et le franquisme espagnol) mâtiné de communisme et de fascisme bref un homme tyrannique, spoliateur, criminel, haïssant les peuples et les divisant / les ostracisant / les martyrisant pour mieux régner en despote… NON éclairé. 

Et toute cette cohorte de trottes- menus qui forment les rangs de LFI ( gauchistes, trotskystes, LGTBQ+++, islamistes divers et variés, « socialistes », tous ceux qui transigent pour un strapontin et les paumés suiveurs qui croient se forger une identité politique à défaut d’exister par eux-mêmes), ces incultes n’ont aucune connaissance du sens de l’Histoire au point d’ignorer que ceux qui furent poursuivis, emprisonnés, torturés et tués par les milices islamistes après l’installation de Khomeiny au pouvoir, furent ceux-là mêmes qui l’avaient accompagné, des « idiots utiles gôchistes « éliminés après « avoir bien bossé » comme dirait Fabius en évoquant Al Nostra. 

LFI est devenu le parti de l’étranger : de la haute trahison. On aime mieux son lointain que son prochain par pure stratégie électorale. 

Cette nouvelle gauche – qui traine la haine de soi – a donné congé au peuple français, s’est détournée des classes populaires au profit d’un électorat de substitution, une coalition hétéroclite formée des populations de l’immigration, des progressistes et des minorités sexuelles ainsi que de racailles de tous poils (émeutiers, pillards, incendiaires, assassins d’adultes et d’enfants) mais dont l’origine ethnique pour la plupart est connue de chacun. 

Alors cette nouvelle  » Gôche » sert de cheval de Troie à une idéologie radicalement étrangère à notre identité : l’islamisme (Cf. Éric Naulleau, Front Populaire, N° 20, p.40). 

LFI sont les nouveaux fascistes qui veulent prendre le pouvoir par la rue et encouragent toutes les violences, en dédouanant leurs auteurs qu’ils disent victimes de la société. 

Ils se prétendent comme anti- fascistes : pure question de sémantique invertie. On connaît les ficelles. 

L’antisémitisme est le ciment de toutes ces rancœurs, de toutes ces jalousies, de toute cette haine de soi, par détestation de sa propre civilisation, par nihilisme, par pauvreté intellectuelle, par l’abandon à la facilité accrue par la providence débordante étatique. 

La communauté juive est le bouc émissaire de ces médiocres qui pensent petit, strapontins, soupe, prébendes. 

Ce cynisme électoral n’a pas de limites et c’est pourquoi il est dangereux. 

Pour conclure, citons Arno Klarsfeld, dont les parents ont consacré leur vie à la « chasse aux nazis », avec un réel succès. 

 » Face à la France Insoumise, le parti de Marine Le Pen est un rempart contre la haine anti- juive. 

Il est évident aujourd’hui que, face à un parti, la France Insoumise (LFI) qui plonge dans un antisionisme obsessionnel, frère siamois de l’antisémitisme, le RN constituera un rempart contre les actes anti- juifs et contre la propagande anti- juive. L’islamisme, le Djihad, sont nos ennemis intérieurs prioritaires ». (cf. Valeurs Actuelles, 19 mars 2025, p. 12).

Par un curieux caprice de l’histoire du gauchisme, l’on constate que l’affiche incriminée se réapproprie les « canons » anciens, c’est à dire d’avant-guerre de l’antisémitisme déployé par le nazisme et le pétainisme. 

On ne s’en prend pas au sioniste mais au juif en lui réattribuant les caractères morphologiques répugnants ayant émergé autrefois dans les imaginaires fétides des nazis.

On peut se demander pourquoi ? 

Le déconstructionisme qui vise à anéantir l’identité collective intrinsèque des peuples européens, à détruire la culture pied- mère, à savoir le christianisme qui cimentait autrefois les populations, a laissé un vide existentiel aussitôt comblé par des forces vives issues des individualités ethniques religieuses ( l’islam) et sexuelles ( transgenres) lesquelles via les théories notamment de Franz Fanon et de Edouard Glissant, écrivain antillais décédé récemment, qui se faisaient les chantres de la diversité et du métissage, ont réintroduit le concept de « race » dont les autoproclamés « racisés », obsédés par l’égalité raciale, ont fait un usage à leur profit ces dernières décennies, sous la houlette du wokisme qui place le concept de race, au centre du débat sociétal. 

C’est peut-être la réintroduction dans le débat de société de la théorie de la race (mais pas au sens développé par Levi Strauss), qui explique ce retournement de l’expression antisémite purement raciale exhibée par l’affiche représentant Cyril Hanouna. 

Enfin, par des chemins détournés LFI rejoint dangereusement la théorie mondialiste de Klaus Schwab – dont le père était un conseiller de Hitler – qui élabore une société sans humanité dominée par une caste argentée qui détient tous les pouvoirs sur le vulgum pecus (cf. The Great Reseat ou « la grande réinitialisation », chez Forum publishing). 

Cet ouvrage, expose tous les projets néfastes élaborés en secret aujourd’hui partiellement levé par l’élite dirigeante : mise à bas des démocraties, dictature sanitaire, nouvel ordre mondial ou encore société de technosurveillance.

« L’homme nouveau », ou « homme augmenté », hors sol, déraciné et sans repères évoluant sous la tyrannie du numérique. 

LFI et SCHWAB ne sont pas loin l’un de l’autre ne serait-ce que par la négation de l’humanité et la fin objectivée de la démocratie et des libertés. 

Il est clair que seules l’instruction et la culture que l’on se forge pas à pas permettent de prendre le recul nécessaire pour penser par soi-même, sans abandonner sa propre souveraineté intérieure et intellectuelle à d’obscures passions, délaissant ce faisant préjugés et bêtise qui conduisent à la résurgence de la barbarie. 

À lire aussi : France : Des dentelles de LFI à la tutelle du FMI ?

Catherine Massaut, 


 

Ancienne magistrate

https://lediplomate.media/lfi-danger-france-islamogauchisme/

 

 

 

G) - Le programme ? On s'en fiche, qui s'en soucis !

L'une des choses qui m'a le plus frappé à la lecture de l'excellent livre La Meute, qui décrit minutieusement la secte organisée autour de Jean-Luc Mélenchon, c'est le désintérêt total de sa part, et de celle de ses lieutenants, pour les programmes politiques.  


Certes, et je lui en ai souvent attribué le mérite, LFI a un programme ; et, aussi éloigné soit-il de mes propres convictions, il a le mérite d'être très approfondi sur de nombreux sujets dont peu d'autres partis parlent, comme l'économie de la mer ou la francophonie. 

Cependant, en lisant ce livre, nous découvrons que les dirigeants de ce parti ont, en réalité, délégué le travail programmatique à des fantassins qui ne font pas partie de la direction ; et qu’à aucun moment les innombrables divergences et discussions interminables entre eux n’ont porté sur des questions programmatiques, voire idéologiques, mais toujours sur la seule question qui semble obséder Mélenchon et que les autres semblent craindre : comment assurer l’allégeance de tous au leader ? 

 Ce n’est pas mieux ailleurs : au Parti socialiste, les « contributions » en lice pour le prochain congrès se contentent de promettre que « nous » devrions nous atteler au plus vite à l’élaboration d’un programme présidentiel, que « nous » développerons l’industrie, l’agriculture et les services et protégerons le modèle social. Sans chiffrer ; et pas un mot dans aucune de leurs contributions sur l'immigration.  

A droite, au contraire, les esquisses de réforme, lorsqu'elles existent, ne parlent que des immigrés et des différentes manières de s'en débarrasser. 

Personne, ni à gauche ni à droite, n’évalue à la volée les coûts et les conséquences des promesses qu’ils font. Personne, ni à gauche ni à droite, ne propose un programme présidentiel cohérent. Personne, ni à gauche ni à droite, ne propose même un diagnostic approfondi de la société française. Ils proposent encore moins une vision des dynamiques historiques, des nouveaux enjeux, de l’écologie et de la technologie, ou de la place de la France dans l’Europe et le monde de demain. Et les partis qui prétendent y travailler, mais ne révèlent leurs projets qu'à la dernière minute, soit mentent, soit méprisent les électeurs, qui veulent débattre longuement dès maintenant des différentes options qui s'offrent à eux. A deux ans des prochaines élections présidentielles, nous sommes toujours dans un théâtre d’ombres. Et il est probable que nous y resterons. 

C'est tragique. Les partis ne sont pas les seuls responsables. Des commentateurs politiques qui ne s’intéressent qu’à savoir qui sera candidat, sans jamais se soucier de demander à ceux qui se précipitent dans la course ou s’affirment comme candidats s’ils ont évalué l’état du pays, s’ils ont une idée de l’endroit où ils aimeraient le voir dans 20 ans, s’ils ont un programme, sans parler d’une estimation du coût de ce programme. 

Une fois de plus, comme c'est le cas depuis l'élection présidentielle de 1995, voire depuis 1988, les électeurs n'auront d'autre choix que de choisir entre des individus avec des programmes improvisés de dernière minute et sans vision ni ambition crédibles. L’extrême droite restera sur ses positions face à son opposition à l’immigration et à la réforme des retraites. La droite rejoindra l’extrême droite sur l’immigration et parlera de l’Europe. La gauche social-démocrate parlera de justice fiscale et d'environnement.  

Pendant ce temps, l’extrême gauche ne parlera que de taxes supplémentaires et de son rejet de l’islamophobie. Un candidat élu sur l’une ou l’autre de ces plateformes ne fera rien d’utile, car l’histoire nous enseigne qu’un président français ne peut agir sérieusement que pendant les trois premiers mois de son mandat, ce qui suppose qu’il arrive au pouvoir avec un programme sérieux, complet et détaillé. 

Tout cela découle d’une conviction profondément ancrée chez presque toutes les soi-disant élites françaises, tant à Paris qu’en province : le pays ne va pas si mal ; il est très riche, et rien ne peut l'affecter sérieusement ; les politiciens ne doivent pas en faire trop, car ils ne peuvent qu’empirer les choses ; l’heure n’est plus aux utopies ou aux programmes, mais aux réactions instinctives d’un dirigeant face à des événements de plus en plus imprévisibles. 

 La réalité est toute autre : le pays est en très mauvaise posture. Pire que n’importe quel autre pays de l’Union européenne. Pour la première fois depuis des siècles, le niveau de vie des Italiens, en termes de parité de pouvoir d'achat, est devenu supérieur à celui des Français. Les Espagnols, les Portugais et les Grecs ont des déficits inférieurs à ceux des Français, qui ne travaillent pas assez. Les inégalités se creusent. L’heure est venue d’une mobilisation générale pour l’économie de la vie.

Si rien de radical n’est fait, les jeunes Français seront bientôt dans une situation pire que leurs aînés. Le niveau de vie général du pays va baisser. La France ne pourra pas maintenir son modèle social. Ni même sa démocratie. Tout cela est dû à la collusion néfaste d’hommes politiques cyniques, de médias en quête d’audience et de citoyens de plus en plus individualistes et déçus par trente ans d’inaction. Il devient très urgent d’en prendre conscience et d’agir. À cette fin, chaque partie devrait entreprendre dès que possible quatre tâches urgentes : Une évaluation sans compromis et objective de la situation dramatique du pays.  

Les sources ne manquent pas pour cela, avec les rapports du FMI, de l'OCDE, de l'UNESCO et de nombreux universitaires et centres de recherche du monde entier. Cette évaluation doit être partagée par tous. Une description de la France que nous voulons voir en 2040.  

Un plan d’action 2027-2032 pour mettre la France en mesure d’atteindre cet idéal. Une estimation du coût de ce plan. On se rendra alors compte de l’immensité des réformes nécessaires pour éviter le pire. 

Une fois celui-ci disponible, les Français pourront entamer un débat sérieux et choisir la personne la mieux placée pour mettre en œuvre ce plan. 

Bien sûr, il est peu probable que cela se produise, sauf peut-être par le biais d’une sorte de mouvement de bonne volonté entre partis (comme www.francepositive.fr). Et pourtant, nous pouvons et devons encore rêver.  

H) - La collusion mortelle. 

Tandis qu'une quarantaine de candidats (au moins…), des socialistes aux républicains, rivalisent pour séduire les électeurs les plus raisonnables, la France se prépare à un second tour de l'élection présidentielle de 2027, opposant le candidat de La France insoumise à celui du Rassemblement national. On sait d'avance que tous deux mèneront campagne animés par une haine viscérale envers ceux qui ont gouverné la France ces cinquante dernières années.  

On sait aussi d'avance qu'ils expliqueront (à juste titre) qu'une grande partie des problèmes du pays découle du manque de compétence, de préparation, de programme, de courage, d'action et de vision à long terme de leurs prédécesseurs. Si l'un des deux l'emporte – et c'est l'issue la plus probable –, il ou elle, compte tenu de son programme, de sa personnalité, de son soutien politique et de son caractère, fera preuve du même manque de courage, de la même inaction, de la même incompétence, du même manque de préparation et du même manque de vision à long terme que ses prédécesseurs.  

Même s'ils enrobent tout cela du discours du renouveau, avec tous les mots à la mode habituels : « nouveau départ », « redressement national », « fin du gaspillage », « restauration de la justice sociale », « restauration de la fierté française », et même s'ils font tous deux étalage de programmes, d'estimations de coûts et d'une liste impressionnante de soutiens et d'experts plus ou moins autoproclamés, La similitude entre ces deux partis extrêmes ne s'arrête pas là. Elle est bien plus profonde. Elle découle de ce qui semble les opposer le plus directement : leur conception de la France. 

 Pour le RN, la France est aujourd'hui en grand danger de perdre son identité, envahie par des hordes de musulmans et de personnes noires d'Afrique et du Moyen-Orient, qui orchestreraient le grand remplacement du peuple français, lui imposant cultures, coutumes, religions et langues étrangères, laissant prospérer le banditisme islamiste et le vandalisme généralisé, imposant la charia et le voile, et détruisant la laïcité, pierre angulaire de la République. Les déclarations de ses dirigeants en ce sens sont légion : parmi tant d’autres, celle de Jordan Bardella : « Notre pays subit un flux migratoire insoutenable. Si nous persistons dans cette voie, nous risquons de voir la France se désintégrer.» 

Pour LFI, au contraire, c’est l’occasion de voir la France retrouver une vitalité démographique grâce aux étrangers issus de ses anciennes colonies, qui la « créoliseront », lui insuffleront une énergie nouvelle et lui permettront d’être plus à l’écoute des souffrances du Sud global – et notamment des anciennes colonies françaises et de la Palestine – forgeant ainsi de nouvelles alliances avec les peuples les plus dynamiques du monde. Les déclarations de ses dirigeants en ce sens sont également légion. Parmi tant d’autres, celle de Jean-Luc Mélenchon : « Notre France est une France créolisée, une France métissée. Une France nouvelle, composée de tous ceux qui veulent vivre ensemble.» 

À première vue, rien ne semble plus dissemblable que ces deux points de vue. En réalité, ils s’accordent sur l’essentiel : pour les deux, la France ne doit penser qu’à son identité et à sa souveraineté. Pour tous deux, le métissage avec d'autres peuples européens est inacceptable. Pour tous deux, le projet européen est diabolique. Pour tous deux, une souveraineté européenne commune – allant jusqu'à la création d'une nationalité continentale – est une horreur. Pour tous deux, le seul pays européen à peu près acceptable est notre grand voisin de l'Est, la Russie.  

Pour tous deux, l'avenir de la France doit donc être décidé par les Français seuls, sans aucune influence de pays tiers. Preuve à l'appui ? Marine Le Pen, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon ont tous trois déclaré, mot pour mot : « Les règles européennes ne peuvent être imposées contre la volonté du peuple français.» 

Pourtant, la clé de la survie de la France, face à tous les ennemis qui l'entourent, réside au contraire dans le renforcement de l'Union européenne et l'application de toutes ses règles, même celles décidées par une majorité de pays européens dont nous ne faisons pas partie, conformément notamment à l'article 52 de notre Constitution, qui affirme la primauté des traités sur les lois. 

Cette haine partagée de l’Union européenne – qu’elle soit dissimulée, dans un cas, par la poursuite d’une purge fondée sur l’appartenance ethnique, et dans l’autre par la défense d’une ouverture à tous les vents du Sud – constitue la collusion la plus dangereuse qui puisse menacer la France en 2027. 

Quel que soit le parti au pouvoir à cette date, il mettra fin à la solidarité budgétaire continentale, à l’intégration industrielle, à la protection commune des frontières, à la défense commune, à la politique agricole commune et à la préférence communautaire dans de nombreux secteurs.  

Cet agenda commun est précisément ce dont rêvent nos concurrents – ou ennemis – qu’ils soient russes, américains ou chinois. Il faut donc s’attendre à ce que tous les ministères des Affaires étrangères, toutes les plateformes de médias sociaux et tous les réseaux d’influence de ces trois pays unissent leurs forces pour faire élire M. Mélenchon, Mme Le Pen ou M. Bardella. À la grande déception de la France. 

Jacques Attali,

Article G et H 

https://www.attali.com/en/geopolitics/the-program-who-cares/

https://www.attali.com/en/geopolitics/the-deadly-collusion/

Jacques Attali, Titulaire d'un doctorat en économie, Jacques Attali est diplômé de l'École polytechnique et conseiller d'État. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il a fondé quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à l'analyse de l'avenir), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur pour les journaux financiers *Les Échos* et *Nikkei*, après avoir également collaboré avec *L’Express*. Jacques Attali dirige aussi régulièrement des orchestres à travers le monde.

 


La LFI ment sur tout. Surtout sur le climat, la croissance et le capitalisme. Voici comment les démonter.

 Leur discours tient en trois phrases. 

 Le capitalisme appauvrit. 

La croissance détruit. 

Il faut planifier, rationner, ralentir, pour sauver le climat et le peuple. 

C’est faux. Sur les trois. En même temps. 

Et ça tient uniquement parce que plus personne n’a vécu « avant ». Il y a 200 ans. 1826. Espérance de vie en France : 37 ans. Dans le monde : autour de 30. Un enfant sur deux n’atteignait pas l’âge adulte. 43 % des enfants de la planète mouraient avant 5 ans. Les femmes accouchaient sans anesthésie, sans asepsie, souvent avec les mains sales d’une voisine. Une fièvre puerpérale et c’était fini. Les dents pourrissaient dans la bouche. L’hiver, l’encre gelait dans les encriers. Les pauvres dormaient à plusieurs pour ne pas mourir de froid. On travaillait 14 heures. Les enfants aussi. Dès 7 ou 8 ans. Dans la poussière des filatures. Le menu : du pain. Encore du pain. Un peu de lard si l’année était bonne. Une mauvaise récolte, et le village commençait à mourir. Pas d’électricité. Pas d’antibiotiques. Pas de frigo. Pas d’eau potable. 80 % de l’humanité vivait dans ce qu’on appelle aujourd’hui l’extrême pauvreté. 12 % savaient lire. Ça, c’est le monde d’avant le capitalisme moderne. Le monde que LFI habille de nostalgie sans jamais le nommer. Il y a 100 ans. 1926. La France commence à souffler. Espérance de vie : 52 ans pour les hommes, 56 pour les femmes. Le monde, lui, stagne encore autour de 35. La tuberculose vide les immeubles de Paris. La syphilis est un fléau officiel. La pénicilline n’existe pas encore. En 1921, la famine russe a tué 5 millions de personnes. Un chiffre. Cinq millions. En deux ans. Pas le marché. Le plan. En 1900, 15 % des bébés français mouraient avant un an. En 1926 on est encore très loin de nos 3 pour 1 000 d’aujourd’hui. Pas de frigo dans la plupart des foyers. Pas d’antibiotiques. Pas d’hélicoptère si tu te casses la jambe en montagne. Le « mieux d’avant » de LFI, il y a 100 ans, ça s’appelait : tu peux mourir. Et tes enfants aussi. 

Alors qu’est-ce qui s’est passé ? 

Pas un miracle moral. Pas une prise de conscience collective. Pas la planification écologique. Pas la règle verte. Pas Mélenchon. La croissance. Le capitalisme. La technologie. 

Le PIB par habitant mondial a été multiplié par 10 à 13 depuis 1820. La population a été multipliée par 8. Et au lieu que tout le monde s’appauvrisse, l’extrême pauvreté s’est effondrée de 80 % à moins de 10 %. C’est le fait le plus important de l’histoire humaine. Il n’est presque jamais enseigné. Surtout pas dans les universités d’été de LFI. Regarde la Chine. L’Inde. La Corée. Le Vietnam. Des centaines de millions de personnes sont sorties de la boue en une génération. Pas parce qu’un tribun leur a expliqué qu’il fallait « bifurquer ». Parce qu’ils ont produit. Échangé. Innové. Construit des usines. Ouvert des marchés. Importé de la tech. La seule machine qui a jamais supprimé la pauvreté de masse, c’est la croissance économique tirée par le capital, le commerce et la technologie. Tout le reste est de la littérature. 

Le socialisme a affamé. La planification a rationné. La décroissance n’a jamais été testée à l’échelle d’un pays pauvre. 

Parce que les pauvres, eux, savent. Ils veulent plus. Pas moins. LFI inverse la causalité. Elle dit : le capitalisme crée la misère. L’histoire dit : le capitalisme a liquidé la misère de masse. Elle dit : la croissance est le problème. L’histoire dit : sans croissance, 8 milliards d’humains seraient tous dans la boue. Elle dit : le climat justifie de ralentir. La réalité dit : les pays qui s’enrichissent polluent d’abord, puis inventent, remplacent, décarbonent. Les pays pauvres brûlent du bois et du charbon sale parce qu’ils n’ont pas le choix. Le tour de passe-passe est simple. Ils regardent le monde depuis le dernier étage d’un immeuble que le capitalisme a construit. Chauffage. Antibiotiques. iPhone. Avion. Frigo. Eau chaude. 83 ans d’espérance de vie. Et depuis ce balcon, ils trouvent que l’ascenseur fait trop de bruit. Alors ils veulent dynamiter les fondations. Au nom du peuple. Qui habite encore en bas. 

C’est ça, le programme LFI. Un caprice de rentier formulé en langage de lutte des classes. Sortie du nucléaire et 100 % renouvelables. Interdiction du thermique en 2030. Règle verte dans la Constitution. Sobriété obligatoire. Planification. « Gouverner par les besoins. » 

 Traduction : moins d’énergie, moins de liberté, plus d’État. Et les premiers coincés, ce ne seront pas les apparatchiks. Ce sera l’ouvrier qui a besoin de sa voiture. L’agriculteur. Le petit commerçant. Le pays qui n’a pas encore de climatisation. Ils parlent au nom des pauvres. Leurs politiques visent le confort des riches déjà installés. Le climat, chez eux, n’est pas une physique. C’est un levier. Fear sells. Un directeur de CNN l’a dit caméra cachée en 2021 : le climat, ce sera le prochain COVID. On pourra le traire pendant des années. Cinq ans plus tard. Mélenchon : « Nous allons tous bientôt débarquer sur une autre planète. » Tondelier. Matin. Midi. Soir. Uniquement le climat. LCI, en bas d’écran : une crue au Népal, c’est le climat. Même disque. Même levier. Même but. La gauche n’a pas besoin que tu sois convaincu. Elle a besoin que tu aies peur. C’est comme ça, de tout temps, qu’elle prend le pouvoir. Les militants, eux, ne sont pas méchants. Ils ont un logiciel. 40 ans d’auto-flagellation progressiste. L’école, les médias, l’université. La peur présentée comme vertu. L’audace présentée comme crime. L’abondance présentée comme péché. Le profit présenté comme vol. Le résultat, je l’ai vu cent fois autour de moi. Des gens intelligents. Souvent déprimés. Souvent en dissonance. Les mauvaises idées tuent d’abord ceux qui y croient. 

Mélenchon, lui, n’est pas dans cette catégorie. Il est intelligent. Et cynique. Il a changé d’avis sur tout. Il méprise une partie de ses sbires. Il a compris que la peur climatique remplace la lutte des classes quand la lutte des classes a perdu. 

 Le vrai sujet n’est pas le CO2. Le vrai sujet, c’est la condition humaine. Si tu te soucies des plus pauvres, tu veux plus d’énergie. Pas moins. Plus de nucléaire. Pas moins. Plus de data centers. Pas moins. Plus de productivité. Pas moins. Plus d’IA, plus de matériaux, plus de densité, plus de croissance. L’écologie LFI consiste à geler le monde au niveau de confort actuel. Sauf que la majorité de l’humanité n’y est pas encore. Leur « planète finie » est un argument de rentier. 

Le progrès, lui, agrandit la planète. Il crée de l’énergie. Il invente des ressources qui n’existaient pas. 

Le pétrole n’était pas une ressource avant qu’on invente le moteur. L’uranium non plus. Le silicium non plus. La rareté n’est pas une loi de la physique. C’est un état temporaire que les ingénieurs détruisent. Que les planificateurs, eux, administrent. La nature humaine, ce n’est pas de se faire petit. C’est de regarder une montagne et de vouloir aller plus loin. Pas plus petit. On ne se suicide pas par politesse climatique. On ne rationne pas un pays pour nourrir une idéologie qui a déjà fait 100 millions de morts sous un autre nom. Si tu as compris ça, tu as compris le mensonge. 

Et pourquoi le seul chemin moral, pour les pauvres d’abord, c’est l’hypercroissance technologique. 

 Allez construire. 

Le 21e siècle n’attendra pas ceux qui veulent le ralentir. 

Vive l’humain. Vive l’humanité.

Brivael Le Pogam 

@brivael

 


I) - Mélenchon : deux nuances de vert et de rouge  

« Mélenchon a trouvé sa thématique : l’écologie comme burka de l’islamo-gauchisme. »
Dans un article pour Polémia, Pierre Boisguilbert décortique la stratégie de rupture conduite par Jean-Luc Mélenchon à l'approche de l'élection présidentielle.


1. La convergence des deux verts. La France insoumise associe l'écologisme punitif, utilisé comme un levier de révolution culturelle, à une alliance électorale systématique avec l'islamisme et les électorats communautarisés.
2. L'hégémonie sur une gauche sous tutelle. Face à des concurrents au discours terne comme Raphaël Glucksmann, le camp insoumis s'impose en chef de file incontesté. La stratégie vise un duel de second tour contre Marine Le Pen pour réactiver le réflexe du barrage antifasciste.
3. Le temps de la rupture pour la droite. La stratégie de la dédiabolisation est dépassée face à la clarté offensive de la gauche radicale. Le Rassemblement national et la droite nationale doivent proposer un message de rupture net, affirmé et mobilisateur. 

Mélenchon et la convergence des deux verts

Mao Tse Lui. Et voilà que Mélenchon nous promet la révolution culturelle. La dernière, celle de Mao Tse Toung, a fait des dizaines de millions de morts. Les enfants dénonçaient les parents et le pays a sombré dans la violence, se terminant par l’échec du projet totalitaire inspiré du marxisme pur et dur. Le projet de Mélenchon, tout aussi totalitaire, s’appuiera sur le levier écologiste, plus que jamais avec lui vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur. L’écologisme sauce Mélenchon est un totalitarisme à la Khmer rouge. Mais il y a deux nuances de vert. Le vert écologique ne doit pas faire oublier l’autre vert sur lequel s’appuie la France insoumise, celle de l’islam. Car ce parti faussement insoumis est soumis électoralement à un électorat se réclamant souvent de la charia.

La convergence des verts peut-elle faire gagner Mélenchon ? Il progresse dans les sondages et peut rêver d’arriver au second tour et alors mobiliser, au nom de l’antifascisme contre Marine Le Pen, toute la gauche et au-delà. Le barrage anti-Mélenchon tiendrait-il ? On peut en douter. On peut d’autant plus en douter que la prestation télévisée de M. Glucksmann n’a pas été rassurante. Certes, il a affirmé que s’il était candidat, il n’y aurait pas d’accord avec les insoumis, mais le ton était terne. Glucksmann est candidat à la présidentielle. Non, en fait, pour le moment, il est candidat à la candidature. Il sortira de toute façon essoré de cette primaire. Il y a chez lui un côté chèvre de M. Seguin dont on sait qu’au bout du compte et du conte, même s’il gambade, il sera dévoré par le loup.

Il a les yeux tristes et, quand on regarde le meeting de Mélenchon et sa déclaration de candidature, on sait qui est le loup. Léa Salamé quitte l’antenne, ce sera peut-être le seul aspect positif de cette candidature à la candidature. Elle n’est pas près de lui pardonner, surtout s’il se plante lamentablement. Sa candidature est sans doute plus une menace pour son couple que pour Mélenchon.

La droite face à la stratégie Mélenchon

Reste à attendre la rentrée de Marine Le Pen. Il lui faut une thématique forte. Mélenchon a trouvé la sienne : l’écologie comme burka de l’islamo-gauchisme.

Il doit y avoir un message de rupture avec le système, clair et mobilisateur. Le temps de la dédiabolisation est dépassé. Le RN doit se zemmouriser, faute de faire alliance avec Knafo et Marion. On peut toujours rêver, mais cela a peu de chances de se produire. Il y aura beaucoup de candidats à gauche, on peut s’en réjouir, et pas mal à droite, on peut le regretter, sans parler du centre mou.

Pour le moment, ça fait le jeu de la clarté offensive de Mélenchon, la petite bébête, qui ne sera jamais vraiment immonde pour la gauche, mais qui monte, qui monte, qui monte. Comme l’étau se resserrait sur Phnom Penh avant que la ville ne soit libérée, comme le disait Le Monde, par des Khmers du rouge sang des révolutions totalitaires dont rêvent à haute voix qui porte pour la France.

Pierre Boisguilbert
25/08/2026

https://www.polemia.com/melenchon-deux-nuances-de-vert-et-de-rouge/ 




Guy de Lussigny sur l'etat de la France

Pauvre France : la gauche et la droite de gauche l’ont tuée à petit feu
Il faut parfois arrêter les euphémismes.
La France ne s’est pas effondrée en un jour. Elle n’a pas été détruite par une décision unique, un gouvernement isolé ou une crise exceptionnelle. Elle a été lentement abîmée, année après année, réforme après réforme, renoncement après renoncement.
Et le plus remarquable est que ce travail de démolition a été mené avec une remarquable continuité.
Par la gauche, bien sûr.
Mais aussi par cette étrange créature politique française que l’on appelle encore « la droite » alors qu’elle gouverne depuis des décennies avec une large partie des logiciels intellectuels de la gauche.
La droite de gauche.
Celle qui promet de réduire les dépenses mais augmente les budgets.
Celle qui parle d’autorité mais recule dès qu’un conflit apparaît.
Celle qui promet moins d’impôts avant d’en inventer de nouveaux.
Celle qui explique qu’elle va simplifier le pays avant de produire quelques milliers de pages supplémentaires de règlements.
Celle qui jure de défendre le travail mais finit toujours par taxer davantage ceux qui travaillent, entreprennent, investissent et possèdent.
À force, la différence entre les deux camps est devenue essentiellement rhétorique.
La gauche dépense parce qu’elle considère la dépense publique comme une vertu.
La droite dite modérée dépense parce qu’elle a peur d’être accusée de ne pas être suffisamment sociale.
Le résultat est le même.
La facture, elle, arrive toujours chez le contribuable.
Et lorsque le contribuable ne peut plus payer immédiatement, on emprunte en son nom.
Voilà comment un pays riche, productif, doté d’infrastructures exceptionnelles, d’une épargne considérable, d’une démographie encore relativement dynamique et d’entreprises de niveau mondial a réussi à accumuler une dette publique gigantesque tout en donnant à ses citoyens le sentiment que tout manque.
On manque de médecins.
On manque d’enseignants.
On manque de policiers.
On manque de magistrats.
On manque de places de prison.
On manque de moyens dans les hôpitaux.
On manque d’argent pour les infrastructures.
On manque de logements.
On manque de tout.
Sauf de dépenses publiques.
Voilà le paradoxe français.
Nous dépensons énormément et nous avons pourtant le sentiment permanent de vivre dans un pays en pénurie.
Pourquoi ?
Parce qu’au lieu de choisir, nous avons additionné.
Une politique publique nouvelle ? On la crée.
Une ancienne devenue inutile ? On la conserve.
Une agence administrative ? On l’ouvre.
Une structure redondante ? On la maintient.
Une aide exceptionnelle ? Elle devient permanente.
Une niche ? On n’ose plus la supprimer.
Une subvention ? Elle devient un droit acquis.
Une réforme ? On crée généralement une nouvelle couche administrative par-dessus les précédentes.
Personne ne veut jamais supprimer quoi que ce soit.
On préfère ajouter.
Toujours ajouter.
Et quand l’addition devient trop lourde, on augmente les prélèvements.
Puis la dette.
Puis les prélèvements.
Puis encore la dette.
Pendant ce temps, la gauche explique que le problème vient des riches.
La droite de gauche explique qu’elle va « maîtriser les dépenses » tout en refusant d’identifier sérieusement lesquelles elle souhaite supprimer.
Et le contribuable continue de payer.
Mais la dégradation française n’est pas seulement budgétaire.
Elle est aussi politique et culturelle.
Pendant des décennies, nous avons progressivement abandonné l’idée que l’État devait d’abord assurer quelques fonctions essentielles parfaitement.
Sécurité.
Justice.
Défense.
Éducation.
Santé.
Infrastructures.
Protection des frontières.
À la place, l’État a voulu s’occuper de tout.
De la température de votre logement.
De la motorisation de votre voiture.
De ce que vous devez manger.
De la façon dont vous devez rénover votre maison.
De l’entreprise que vous devez subventionner.
Du secteur économique qu’il faut soutenir.
Du comportement qu’il faut modifier.
Du mot qu’il faut employer.
Du produit qu’il faut interdire.
Un État omniprésent dans les détails et parfois étonnamment absent dans l’essentiel.
Et chaque camp politique a participé à cette inflation.
La gauche par conviction.
La droite de gauche par lâcheté politique.
Car voilà peut-être le cœur du problème.
Nous avons cessé de gouverner.
Nous administrons.
Nous communiquons.
Nous arbitrons à la marge.
Nous distribuons.
Nous réglementons.
Mais nous ne décidons presque plus.
La véritable décision politique suppose de dire non.
Non à une dépense.
Non à une corporation.
Non à une revendication.
Non à une administration.
Non à une institution.
Non parfois même à une partie de son propre électorat.
Mais dire non est devenu presque impossible.
Alors on promet à tout le monde.
Plus de pouvoir d’achat.
Plus de services publics.
Moins d’impôts.
Plus de sécurité.
Plus d’écologie.
Plus de protection sociale.
Plus de défense.
Plus d’aides.
Plus de subventions.
Plus de retraites.
Moins de cotisations.
Tout en expliquant que personne ne devra véritablement payer.
C’est évidemment impossible.
Alors la dette joue le rôle du mensonge collectif.
Elle permet de bénéficier aujourd’hui de décisions dont la facture sera payée demain.
C’est politiquement merveilleux.
Les bénéficiaires votent maintenant.
Les payeurs ne sont parfois même pas encore nés.
Il faudrait également parler de l’industrie.
Pendant des décennies, nous avons laissé partir usines et emplois en expliquant que l’avenir serait fait de services.
Nous avons rendu la production plus coûteuse, plus complexe et parfois plus risquée en France.
Puis, lorsque les usines sont parties, nous avons découvert avec stupeur qu’un pays qui ne fabrique plus suffisamment dépend des autres.
Nous avons abandonné une partie de notre souveraineté énergétique avant de redécouvrir brutalement que l’énergie était stratégique.
Nous avons multiplié les contraintes sur les entreprises avant de lancer des plans publics pour les aider à supporter les contraintes que nous leur avions nous-mêmes imposées.
Il fallait oser.
Même chose avec l’autorité.
Pendant des années, parler de sécurité, d’immigration, de frontières ou d’assimilation était présenté comme suspect.
À force de refuser certaines réalités parce qu’elles dérangeaient le logiciel idéologique dominant, nous avons laissé se créer des problèmes que nous devons maintenant traiter dans l’urgence.
Et lorsque la droite revenait au pouvoir ?
Elle dénonçait.
Elle promettait.
Puis elle administrait sensiblement le même système.
D’où cette expression : la droite de gauche.
Une droite qui a accepté les termes du débat imposés par ses adversaires.
Une droite qui veut être aimée par ceux qui ne voteront jamais pour elle.
Une droite qui passe davantage de temps à prouver qu’elle n’est pas « trop à droite » qu’à appliquer le programme pour lequel ses électeurs l’ont choisie.
Le résultat est un pays où beaucoup de citoyens ont le sentiment de ne plus avoir véritablement le choix.
Changer de majorité ne change pas suffisamment la trajectoire.
Les déficits demeurent.
La dette augmente.
La bureaucratie progresse.
Les impôts restent élevés.
Les réformes essentielles sont repoussées.
Et tous les cinq ans, on recommence.
Il serait pourtant possible de prendre une autre direction.
Il faudrait commencer par une règle simple : toute nouvelle dépense permanente devrait être accompagnée d’une économie permanente équivalente.
Il faudrait auditer sérieusement l’État, les agences, les opérateurs, les collectivités et les dispositifs existants.
Il faudrait supprimer ce qui ne fonctionne pas.
Fusionner ce qui est redondant.
Concentrer les moyens sur les fonctions essentielles.
Rendre des libertés aux citoyens et aux entreprises.
Récompenser davantage le travail, l’investissement et la prise de risque.
Restaurer l’autorité de l’État là où elle est indispensable et réduire son intervention là où elle ne l’est pas.
Bref, exactement l’inverse du mouvement suivi depuis plusieurs décennies.
Le plus triste est que la France possède encore presque tout pour rebondir.
Des entrepreneurs.
Des ingénieurs.
Des chercheurs.
Des agriculteurs.
Des médecins.
Des ouvriers qualifiés.
Une épargne considérable.
Des infrastructures.
Un patrimoine.
Une culture.
Une position géographique exceptionnelle.
Une capacité nucléaire.
Une industrie aéronautique et spatiale.
Des groupes mondiaux.
Un savoir-faire.
Ce pays n’est pas condamné.
Mais il peut le devenir s’il continue à considérer que chaque problème doit être résolu par une dépense supplémentaire, une taxe supplémentaire, une réglementation supplémentaire ou une dette supplémentaire.
La France n’a pas besoin d’un nouveau plan.
Elle en possède déjà des centaines.
Elle n’a pas besoin d’un nouveau comité.
Elle en possède déjà trop.
Elle n’a pas besoin d’une nouvelle promesse.
Elle a besoin de choix.
De responsabilité.
De courage politique.
Et surtout d’une rupture avec cette extraordinaire continuité qui a permis à la gauche et à la droite de gauche de conduire le même véhicule dans la même direction tout en prétendant qu’elles n’empruntaient pas la même route.
Pauvre France.
Elle n’est pas morte.
Mais à force de la soigner avec le traitement qui l’affaiblit, il ne faudra pas s’étonner un jour de découvrir qu’il est trop tard.



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