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août 16, 2026

Sarah Knafo, droite radicale libérale; Pro Mileï; Mais pas pour le libre-échange !

Avec son livre Le Casse du siècle, Sarah Knafo transforme un succès éditorial en signal politique

La réussite d’un livre politique ne se mesure pas uniquement à son contenu. Son accueil avant même sa publication constitue souvent un indicateur de l’influence de son auteur et de sa capacité à susciter un intérêt qui dépasse le cercle militant. En atteignant la première place des ventes en précommande plusieurs semaines avant sa sortie, Le Casse du siècle, premier ouvrage de Sarah Knafo, s’impose déjà comme l’un des événements éditoriaux de la rentrée politique 2026.

Prévu le 2 septembre aux Éditions Fayard, le livre intervient dans un contexte particulier. À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, les responsables politiques cherchent à installer leur vision dans le débat public, tandis que les électeurs manifestent une attente croissante à l’égard des questions économiques, budgétaires et industrielles. C’est précisément sur ce terrain que Sarah Knafo a construit son identité politique depuis son élection au Parlement européen en 2024.

Une évolution politique désormais assumée

Longtemps identifiée comme la principale conseillère d’Éric Zemmour, Sarah Knafo s’est progressivement imposée comme une personnalité politique autonome. Son mandat d’eurodéputée lui a permis d’investir des sujets techniques – dette publique, compétitivité, réindustrialisation, souveraineté économique, politique énergétique – qui occupent aujourd’hui une place centrale dans son discours.

Cette évolution s’observe également dans les enquêtes d’opinion. Les derniers baromètres la placent régulièrement parmi les personnalités politiques les plus populaires de France, témoignant d’une progression constante de sa notoriété bien au-delà du seul électorat de Reconquête.

Ce repositionnement traduit un choix stratégique. Alors qu’une partie du débat public demeure largement concentrée sur les questions migratoires ou identitaires, Sarah Knafo a fait de l’économie le principal axe de son engagement politique. Cette spécialisation lui permet d’occuper un espace relativement peu investi par les nouvelles générations de responsables politiques.

Un livre conçu comme une démonstration

Selon sa présentation, Le Casse du siècle est le résultat d’une année d’enquête. L’ouvrage ambitionne d’identifier les mécanismes ayant conduit au déclin économique français à travers l’analyse de documents, de témoignages et de données.

Le titre lui-même constitue un choix politique. En évoquant un « casse », Sarah Knafo transpose le vocabulaire de l’enquête criminelle au fonctionnement de l’économie française. Cette approche narrative vise à présenter les difficultés économiques non comme une succession de crises indépendantes, mais comme les conséquences d’un système cohérent dont elle entend identifier les responsabilités.

La présentation officielle annonce un ouvrage documenté, proposant à la fois un diagnostic et des pistes de réforme. Le livre entend ainsi dépasser le simple registre du pamphlet politique pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur les conditions du redressement économique français.

Le retour du livre politique

Le succès immédiat des précommandes illustre également une évolution plus générale. Après plusieurs années durant lesquelles les réseaux sociaux semblaient avoir relégué l’édition politique au second plan, le livre retrouve une fonction centrale dans la construction des trajectoires présidentielles.

En France, publier un ouvrage demeure une manière d’exposer une doctrine, de structurer une pensée et d’inscrire son action dans une perspective dépassant le rythme quotidien de l’actualité. Le livre permet de développer un raisonnement que les formats médiatiques classiques rendent souvent difficile.

Dans ce contexte, Le Casse du siècle participe d’une stratégie de long terme. Il offre à Sarah Knafo un support lui permettant de présenter sa vision de l’économie française dans un format plus approfondi que les débats télévisés ou les interventions parlementaires.

Une séquence politique révélatrice

Le succès commercial enregistré avant même la sortie de l’ouvrage dépasse donc la seule performance éditoriale. Il confirme la visibilité acquise par Sarah Knafo dans le débat public et traduit l’intérêt suscité par son positionnement politique.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, cette dynamique contribue à renforcer son statut parmi les figures montantes de la droite française. Si un livre ne constitue jamais à lui seul un programme ni une candidature, il peut en revanche jouer un rôle déterminant dans la construction d’une crédibilité intellectuelle et dans la diffusion d’une vision politique.

Avec Le Casse du siècle, Sarah Knafo franchit précisément cette étape. Le fait que son premier ouvrage s’impose déjà comme un best-seller avant même son arrivée en librairie illustre la capacité de l’eurodéputée à transformer sa progression politique en influence culturelle et éditoriale. Dans une démocratie où les idées continuent de façonner les rapports de force, cette réussite apparaît comme un indicateur de son poids croissant dans le paysage politique français.

Noé Tifault

https://nouvellerevuepolitique.fr/avec-son-livre-le-casse-du-siecle-sarah-knafo-transforme-un-succes-editorial-en-signal-politique/

Sarah Knafo

Sarah Knafo, née le 24 avril 1993 aux Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), est une femme politique française. C'est l'une des figures de Reconquête, qui se positionne entre une droite radicale et l'extrême droite.

Biographie

Elle naît dans une famille juive marocaine, arrivée en France dans les années 1960.

Elle intègre Sciences Po Paris en 2012, et en 2017 l'École nationale d'administration (Éna). Elle est par la suite magistrate à la Cour des comptes

Très tôt engagée en politique, elle est membre de l'UNI (mouvement étudiant de droite), puis adhère à l'UMP et soutient la campagne de Nicolas Sarkozy. En 2017, elle vote pour François Fillon. En 2022, elle dirige la campagne présidentielle en 2022 d'Éric Zemmour, dont elle est l'une des principales conseillères.

Aux élections européennes de 2024, elle est élue députée européenne sur la liste Reconquête et siège depuis au Parlement européen. En 2026, elle est candidate aux élections municipales à Paris, tête de liste dans le 16e arrondissement de la ville. Elle y réunit lors du premier tour le 15 mars 22,5% des suffrages, et 10,4% au niveau de la ville.

Sarah Knafo est-elle libérale ?

Elle est très présente dans le débat d'idées en France, en particulier depuis les années 2020 avec une posture résolument libérale en économie, à l'opposé du discours qu'elle tenait précédemment alors qu'elle était proche d'un Henri Guaino, ou éloigné même du discours d'un Eric Zemmour, très interventionniste. Comme le note le journal Le Point en 2026, elle incarne un créneau de libéralisme économique abandonné par la droite : « A-t-elle engagé, depuis, un virage vers le libéralisme ? On peut l’affirmer à la lecture de ses positions : baisse des impôts et des charges, simplification, critique de la bureaucratie, valorisation du travail et de la production. »[1]. Elle se montre pourtant opposée au libre-échange, avec une opposition directe au traité de libre-échange avec le Mercosur, qui offrait pourtant de nouveaux marchés aux industries européennes.

Pareillement, même si elle s'en tient éloignée dans une logique de répartition des rôles avec Eric Zemmour, elle s'inscrit clairement dans un discours conservateur et nationaliste, éloigné des idées libérales. Côté sécurité, elle se réfère régulièrement à Nayib Bukele, président du Salvador et adepte des méthodes musclées.

Elle se revendique fréquemment d'un Javier Milei, même si ses propositions semblent massivement moins libérales que celles de ce dernier.

Notes et références

Voir aussi

 

Derrière l’ascension médiatique de Sarah Knafo, de sérieux boulets

Si elle se rêve un destin national, l’élue Reconquête! devra renoncer à des alliances et clarifier certaines positions idéologiques.
 
l y a, décidément, un mystère Sarah Knafo. Depuis un an, ce nouveau visage souriant s’affiche en Une des magazines, va de plateau en plateau et suscite l’attention sur les réseaux sociaux. Jeune, habile, technique, joviale, elle tranche avec une classe politique souvent perçue comme usée, terne, pavlovienne et à court d’idées. Son succès tient sans doute à ses qualités propres, mais aussi à cet effet de contraste.

Un corpus en construction

Le mystère, venons-en, tient surtout à la conjonction entre cette séduction médiatique et des adhésions ou des alliances qui, en d’autres temps, auraient compliqué une telle ascension. D’abord sur le plan doctrinal, qui est un point à manier avec prudence, car l’élue Reconquête! présente un corpus encore en construction, peu stabilisé, fait de variations et visiblement sensible aux événements. « Je ne suis pas une idéologue », prévenait-elle récemment dans Le Point.

Reste qu’un mouvement est perceptible : l’énarque semble avoir rompu avec une lecture étatiste de l’économie qu’elle a longtemps promue dans ses années étudiantes, influencée alors par ses « mentors », Marie‑France Garaud, Henri Guaino ou encore Éric Zemmour. Elle s’inscrivait dans une logique gaullo‑séguiniste, où la souveraineté nationale ne se séparait pas de la République sociale. « Le national et le social vont ensemble », lui répétait Henri Guaino.

Un libéralisme comptable

A-t-elle engagé, depuis, un virage vers le libéralisme ? On peut l’affirmer à la lecture de ses positions : baisse des impôts et des charges, simplification, critique de la bureaucratie, valorisation du travail et de la production.

Avec David Lisnard, elle incarne une forme de libéralisme décomplexé, davantage, en tout cas, que les LR Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. Chez elle, l’équilibre des finances publiques devient une affaire de souveraineté. Un pays surendetté dépend de ses créanciers, donc « obéit ».

Dans cette logique, il faut libérer l’économie de certaines contraintes réglementaires, supprimer quantité de normes, recourir à la privatisation, baisser les dépenses, réduire le nombre de fonctionnaires, aller vers une retraite par capitalisation... Jamais, pour l’heure, un président de la République ne s’est fait élire sur un projet en rupture avec des décennies de traitements sociaux des problèmes économiques.

Un libertarianisme importé

Du gaullisme redistributif, donc, aux synthèses de l’iFrap, le think tank libéral qui alimente la classe politique en chiffres et en idées. Mais Knafo complique la lecture doctrinale lorsqu’elle cite en modèles Javier Milei et Nayib Bukele, deux chefs d’État libertariens, argentin et salvadorien, admirateurs de Donald Trump. Libérale, dès lors, ou libertarienne ? Un peu des deux, dirait-on, si l’on se fie à ses sorties, qui révèlent essentiellement une fascination pour la méthode volontariste et les résultats des deux présidents.

« Je ne suis pas là pour guider des moutons, mais pour libérer des lions », dit-elle, en reprenant les mots de Milei. Le président argentin manie la tronçonneuse, symbole de sa radicalité, qu’on imagine mal à l’œuvre en France, pays imprégné d’égalité où les réformes libérales se font au coupe-ongle. Dans le Time, Bukele, lui, connu pour ses éloges de la cryptomonnaie et pour faire fi de l’État de droit dans sa lutte contre le narcotrafic, se présente en « dictateur cool ». L’élue française récuserait à coup sûr cette ambition.

Escortée de ces références, elle a ainsi surpris en s’opposant « farouchement » au Mercosur, comme le ferait un adversaire du libre-échange. La concurrence entre agriculteurs français et sud-américains étant jugée par elle déloyale, elle rejette le traité, quand bien même les chiffres, selon les secteurs, montrent que l’agriculture française peut tirer profit des accords commerciaux. Ici, le protectionnisme l’emporte sur la liberté économique – non sans une obligation de principe, lorsqu’on est de droite, de défendre la cause des agriculteurs.

Bref, entre une opposition à la politique d’Emmanuel Macron et un programme municipal à Paris, il est encore difficile de cerner avec certitude l’orientation idéologique de celle que certains verraient bien candidate à la présidentielle de 2027.

En 2022, Michel Onfray conseillait à Éric Zemmour de « muscler son bras gauche », autrement dit de montrer plus de considération pour ces millions de Français qui ne vivent pas à l’heure de l’intelligence artificielle et du bitcoin, qui sont éloignés des bassins d’emploi, las des entretiens infructueux à France Travail, vivent dans des déserts médicaux, survivent grâce à la solidarité nationale et doivent amortir les conséquences sociales et culturelles, non pas du meilleur, mais du pire de la mondialisation. Conseil qui vaudrait aussi pour la candidate à la Mairie de Paris.

La politique étant aussi une affaire de symboles : Sarah Knafo charrie un imaginaire, relayé sur ses réseaux sociaux, qui révèle un tropisme pour le monde des inclus et de la bourgeoisie.

Zemmour, un boulet ?

Sur la question migratoire, elle reste fidèle à la ligne de son parti : fermeté, expulsions des clandestins, remise en cause du regroupement familial, dénonciation des accords bilatéraux, visas étudiants au mérite… Une position qu’elle a parfois assortie – moins ces derniers temps - de mots très connotés comme « remigration » ou « grand remplacement ». Au-delà de la situer nettement à droite sur l’échiquier, ce lexique inscrit la politique migratoire dans un récit civilisationnel.

Mais la politique, entendue comme un exercice d’ouverture et d’élargissement visant à rassembler une majorité de citoyens par-delà leurs différences, appelle des nuances - qui ne sont pas des reniements ! Le choix des mots compte, d’autant plus qu’une partie des Français (souvent de bonne foi) nourrissent à votre endroit une présomption de racisme.

En somme, son défi sera de se « dézemmouriser », d’éloigner les profils extrémistes de son parti et d’assumer une politique de fermeté sans céder aux facilités langagières, sans « dégâts collatéraux », sans slogans stériles ni généralisations. Car entre l’essayiste maximaliste et le responsable politique qui cherche le moindre mal, il existe une différence d’appréhension des réalités humaines et sociales : celle qui sépare l’interprète du décideur, le temps long de l’urgence. Zemmour est un intellectuel engagé ; Knafo, elle, a développé un véritable instinct politique. Si elle accélère, il pourrait devenir son frein.

Alliance dangereuse avec l’AfD

Le mystère réside également dans cette alliance avec l’AfD allemande (à ne pas confondre avec l’AFD, l’agence de développement qu’elle critique pour ses dépenses et son « wokisme ») au Parlement européen, au sein du groupe Europe des nations souveraines. Si elle jure ne pas être d’« extrême droite », elle ne fait rien pour priver ses adversaires d’arguments.

Car le parti allemand est un repère de xénophobes, antisémites, complotistes, pro-Poutine, pro-Chinois... Knafo se défend en affirmant que le ménage a été fait, du moins au Parlement européen. Elle pense à Maximilian Krah, ancienne tête de liste de l’AfD aux européennes, devenu député au Budenstag, qui avait affirmé, en 2024, qu’un « SS n’était pas automatiquement un criminel ».

Restent les autres cadres et candidats du parti en Allemagne, qui ne semblent lui poser aucun problème. Hitler n’est qu’une « fiente d’oiseau dans l’histoire allemande », selon Alexander Gauland, député et président d’honneur de l’AfD, qui avait prononcé un discours, en 2018, fortement inspiré, selon des historiens, des écrits du leader nazi.

Cadre du parti en Thuringe, Björn Höcke, condamné à 13 000 euros d’amende pour avoir utilisé un slogan nazi, a qualifié le Mémorial de la Shoah de Berlin de « monument de la honte ». Tandis que pour Tino Chrupalla, vice-président du parti, « la guerre en Ukraine est une guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie ». De l’extrême droite pure et dure...

Saïd Mahrane
 


septembre 28, 2015

L'avenir pourrait-il voir l'émergence d'un gouvernement d'union nationale issu de la société civile?

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture, librement vôtre. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.



Le 18 septembre dernier, un évènement assez inattendu s’est produit sur le plateau de l’émission "On n’est pas couché".

Pour la première fois sans doute depuis que le tandem de débat qui anime les discussions avec les invités existe, ces derniers ont été remis à leur place par un authentique intellectuel dont on ne peut que saluer l'honnêteté et la rigueur intellectuelle qui a été la sienne au cours de cet échange et qui, il faut bien le dire, aura laissé le binôme totalement KO, comme on peut le voir ici et.
Cet échange sur le plateau d'une émission du service public aura permis une nouvelle fois de constater le fossé qui existe au sein de tendances politiques pourtant plutôt similaires au sens large, entre les exécutants du système médiatique et le dernier noyau d'authentiques intellectuels français dont sans aucune hésitation, Michel Onfray fait partie tout comme par exemple Éric Zemmour.
 
L'air totalement sonné, hagard même diront certains, de Léa Salamé ou Yann Moix sur le plateau ce 18 septembre, ne peut pas ne pas nous rappeler la puissance lourde des démonstrations "zemmouriennes" qui mainte fois laissèrent les invités KO. Des états de fait traduisant l'écart cosmique de niveau entre Michel et Éric, et ceux qui sont censés analyser et évaluer leurs réflexions et leur production intellectuelle.

De gauche et de droite, Michel et Éric sont pourtant équipés d'un logiciel de fonctionnement commun, logiciel les rapprochant sans doute en réalité beaucoup plus que ne les éloignent leurs pourtant réelles différences d'orientation politique.

Parmi ces points communs de fond et de forme on peut citer:

— Une authentique maîtrise du verbe.
— Une rhétorique axée sur la stratégie de vérité et l'analyse des faits.
— Une pensée authentiquement cartésienne et donc française.
— Une conscience nationale et/ou populaire affirmée.
— La profonde remise en question des élites politiques ou médiatiques.
— Le refus de cette insupportable menace permanente d'assimilation au Front national.
— La tentative de compréhension des éléments visiblement sur une longue durée historique.
— La tentative de résister à cette nouvelle dictature qu'est devenue l'information de l'instantané, qui favorise l'émotion au détriment de la réflexion.

A gauche, cette rupture est plus visible qu'à droite tant les 30 dernières années ont vu la totale victoire culturelle, morale et politique de la culture initiée par mai 68, une prise de pouvoir qui s'est affirmée au cours des années 1980. Une nouvelle gauche née sur les cendres du parti communiste et qui au cours des décennies suivantes s'est transformée en une nébuleuse sociale-démocrate sans idéologie et dont les principaux représentants n'ont plus que pour compétence leur aptitude à subsister au sein de la grande kermesse médiatique, cet espace oligarchique transnational au sein duquel, fondamentalement, le peuple n'existe pas, pas plus du reste que n'y existe la nation française.
 
A ce titre et pour se convaincre de la dépendance des premiers envers les seconds, une lecture attentive des excellents dossiers de l'Observatoire des Journalistes et de l'information permet de mieux comprendre ces nouvelles interactions.

Les dynamiques qui ont pris naissance en amont de mai 68 et ont abouti à ce Maïdan français avaient pour corolaire historique naturel d'entraîner la disparition totale de l'ancienne gauche, que l'on peut qualifier de plutôt nationale, populaire et cohérente. Une disparition rendue nécessaire pour permettre la prise de pouvoir de cette Nouvelle Gauche qui, sous couvert d'aspirations sociétales fort séduisantes et d'une soi-disant sacro-sainte liberté individuelle, avait surtout pour raison et finalité historique de s'accorder avec l'hyper économisme dominateur et transnational.
 
L'histoire politique de notre pays de 1981 à 2015 n'aura finalement été qu'une succession de trahisons et de reniements opérés par les enfants de mai 68, ces libertaires capitalistes qui ont soutenu les processus économiques destructeurs (pour le petit peuple) et parfois antidémocratiques de la construction européenne, que l'on pense respectivement à l'instauration de l'espace Schengen en 1995 ou au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Nul doute que pour cette caste, l'entrée en vigueur du traité transatlantique soutenu par tous les socialistes européens sera vraisemblablement un soulagement mais aussi et surtout, au fond, un aboutissement.
 
De nombreux points communs avec notre classe politique, qui a au cours des quatre dernières décennies évolué de telle façon que notre président est devenu une sorte de VRP, et notre Assemblée nationale, chambre d'enregistrement des décisions américaines. Un comble alors que la France, en tant qu'Etat indépendant, devrait avoir à sa tête un président qui ne pense qu'aux intérêts supérieurs de la nation et une Assemblée qui valide les grandes directions insufflées par le chef de l'Etat.
 
Pourtant, ici et là, de nouvelles dynamiques apparaissent. Les Français sont visiblement de plus en plus nombreux à mesurer l'incompétence de leur classe politique et à comprendre que la solution ne viendra pas d'en haut mais d'en bas, du peuple. Nombreux sont ceux qui envisagent désormais de nouvelles figures politiques issues pourquoi pas de la société civile. De tels scénarios ont du reste déjà été envisagés, que ce soit avec Michel Onfray et Éric Zemmour.

L'avenir pourrait-il voir l'émergence d'un gouvernement d'union nationale issu de la société civile?

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