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juin 13, 2026

Comme un nouvel ordre post-occidental, voire un néo-communisme !

Sommaire:

A) - Le Grand Entretien avec Alexandre Del Valle – Comprendre la bascule vers le nouvel ordre post-occidental

B) - LE NOUVEL ORDRE MONDIAL

C) - Les BRICS face au nouvel ordre mondial : Un avenir incertain ?

 


A) - Le Grand Entretien avec Alexandre Del Valle – Comprendre la bascule vers le nouvel ordre post-occidental

Alexandre Del Valle est l’un des plus clairvoyants géopolitologues européens. Essayiste, professeur et spécialiste reconnu des relations internationales, des menaces stratégiques et des dynamiques civilisationnelles contemporaines, il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur le terrorisme islamiste, les rapports de puissance et les rivalités géopolitiques globales.

Il a publié fin 2025 Le nouvel ordre post-occidental aux éditions L’Artilleur. Dans cet essai ambitieux, au sous-titre évocateur : « Comment le retour de Trump et la guerre en Ukraine accélèrent la bascule géopolitique mondiale », il propose une analyse riche et structurée du basculement du système international vers un monde multipolarisé, où les normes, les valeurs et les cadres institutionnels forgés par l’Occident depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont remis en cause par la montée d’acteurs étatiques et non étatiques déterminés à façonner leurs propres sphères d’influence.

À l’heure où l’Europe est confrontée à la guerre en Ukraine, à la déstabilisation du Moyen-Orient, à la compétition sino-américaine et aux fractures internes des démocraties occidentales, Le Diplomate Média a souhaité interroger Alexandre Del Valle sur la portée de cette recomposition mondiale et sur ce que cela implique pour la France, l’Europe et les puissances libérales.

À lire aussi : ANALYSE – L’Europe reléguée au second rang : Trump et Poutine redessinent l’ordre mondial

Propos recueillis par Roland Lombardi

Le Diplomate : Votre livre Le nouvel ordre post-occidental propose une lecture structurelle de la recomposition du pouvoir global au profit d’un monde multipolaire. Comment définissez-vous ce « nouvel ordre » et en quoi rompt-il avec l’ordre occidental hérité de 1945-1991 ?

Alexandre Del Valle : Ce que je désigne par « nouvel ordre post-occidental » ne correspond ni à une idéologie alternative ni à un projet cohérent porté par un camp unifié, mais à la fin d’un moment historique singulier durant lequel l’Occident, et plus précisément les États-Unis, ont cumulé suprématie militaire, domination économique, contrôle des flux stratégiques et monopole de la légitimité normative, notamment à travers leur « Ordre International Libéral » et les institutions créées et contrôlées par eux depuis 1945-1950 (OIL) et encore plus unilatéralement et universellement après la chute de l’URSS. Cet OIL, unipolaire, universel, moraliste et prosélyte, donc intrinsèquement ingérant et anti-polycentrique, reposait sur l’idée que les normes occidentales — démocratie libérale, droits de l’homme, libre-échange globalisé — étaient universelles par nature et destinées à s’imposer mécaniquement de gré ou de force à l’ensemble de la planète et des États du monde. Or cette prétention universaliste s’est révélée être une construction idéologique à la fois occidentalo-centrée et néo-impérialiste qui a fini, une fois la Russie renaissante et renforcée et la Chine, l’Inde et les BRICS sûrs d’eux-mêmes, par se heurter à une fronde mondiale multiforme croissante. Le monde post-occidental marque précisément la fin de cette illusion téléologique et l’entrée dans une configuration que l’on peut qualifier, en reprenant Acharya, de monde « multiplex », c’est-à-dire un système international composé de centres multiples, de normes concurrentes et de trajectoires civilisationnelles différenciées. Il s’agit moins d’un chaos que d’un pluralisme structuré, fondé sur le retour des souverainetés, des rapports de force et d’une géopolitique hémisphérique où chaque grand espace entend définir ses propres règles. Il s’agit moins d’un rejet de l’Occident enraciné (blanc-judéo-chrétien-européen gréco-latin) que de l’Occident globalisé anti-identitaire et cosmopolitiquement impérialiste. 

Dans le contexte de tensions croissantes entre grandes puissances, quelles dynamiques confirment cette bascule ?

Depuis une quinzaine d’années, et plus nettement encore depuis la rupture stratégique de 2022, nous assistons à une double dynamique convergente. D’un côté, la contestation frontale du système mondial occidentalocentré, par des puissances dites « révisionnistes » (entendre qui contestent l’ordre en place-OIL) comme la Chine et la Russie, ainsi que de pays anti-occidentaux radicaux comme l’Iran mais aussi d’États neutres ou « Multi-alignés opportunistes » comme l’Inde, la Turquie, l’Égypte, le Brésil, etc, qui refusent la hiérarchie normative issue de l’après-guerre froide, qui revendiquent des sphères d’influence assumées et/ou qui contestent l’hybris interventionniste et ingérant des Occidentaux et veulent édifier un ordre pluricentrique pas forcément anti mais post-occidental, c’est-à-dire fait de pôles de puissances inspirés de modèles économico-sociaux, moraux, politiques et institutionnels propres non occidentalo-centrés et pleinement souverains dans leurs zones respectives. De l’autre, et c’est sans doute le phénomène le plus structurant, on note aussi l’émancipation stratégique de puissances intermédiaires (Turquie, Émirats, Arabie saoudite, Mexique, Indonésie, etc) qui refusent désormais toute logique d’alignement automatique. Les monarchies du Golfe, en diversifiant leurs partenariats au détriment de Washington, ou encore la Turquie en menant une politique d’équilibre entre l’OTAN, Moscou et le monde eurasiatique, illustrent cette mutation profonde. La guerre en Ukraine n’a pas produit la mondialisation du camp occidental que certains espéraient, notamment par la force coercitive des méga-sanctions massives destinées à faire plier la Russie et à dissuader quiconque de collaborer avec elle. Elle a au contraire mis en lumière son isolement relatif hors de l’espace euro-atlantique et accéléré la transition vers un système plurinormatif. Dans le long chapitre sur les sanctions éco-financières, je démontre que la guerre en Ukraine, à cause de l’extraterritorialité de ces sanctions, a accéléré l’édification d’un nouvel Ordre post-occidental fait de systèmes de paiement, circuits éco-commerciaux, alliances et forums de coopérations non-contrôlables par les États-Unis et l’Union européenne. La dédollarisation, encore modeste, mais en cours, inquiète d’ailleurs énormément l’Administration Trump, qui ne peut forcer à redollarisation que des États faibles comme le Venezuela, mais pas les BRICS, dont la Chine et l’Inde, mais même par les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite pourtant liés aux États-Unis et au camp Trump lui-même. 

Vous insistez sur le rôle d’« acteurs périphériques ». Lesquels structurent aujourd’hui l’équilibre mondial et avec quelles conséquences pour l’Europe ?

L’erreur persistante de l’analyse européenne consiste à continuer de penser le monde selon une grille hiérarchique héritée de la guerre froide, opposant grandes puissances centrales et acteurs secondaires. Or le système international contemporain est structuré par des États-pivots, capables non seulement d’influencer mais de bloquer ou de redistribuer les équilibres régionaux. La Turquie contrôle les détroits et l’accès à la mer Noire puis collabore avec la Russie dans le contournement des sanctions occidentales tout en restant un membre important de l’OTAN ; l’Arabie saoudite et les Émirats redéfinissent les équilibres énergétiques, financiers et diplomatiques et Dubaï est la base financière majeure de la Russie pour contourner les sanctions, tout en étant pro-occidentaux; l’Inde façonne l’Indo-Pacifique sans se laisser enfermer dans une logique de coalition antichinoise, et elle s’est même rapprochée de Pékin et a mis de côté le conflit frontalier avec la Chine en réaction à l’impérialisme tarifaire et aux menaces de taxes punitives de Trump qui n’a pas réussi à obliger New Delhi de cesser d’importer du pétrole brut russe que les Indiens raffinent en masse et revendent cher aux Dindons de la farce des sanctions que sont les Européens… Pour l’Europe, cela signifie aussi la fin programmée d’un environnement stratégique stabilisé par un parapluie américain automatique qui ne l’est plus. Le choc de la prise de conscience ou de l’atterrissage dans le monde adulte et réel est survenu avec le racket tarifaire imposé cet été par Trump à l’UE puis son objectif décomplexé de s’emparer du Groenland, donc de menacer un Etat pro-américain membre de l’OTAN qu’est le Danemark. Les Français et les derniers Européens qui voyaient encore les USA comme nos alliés, nos amis ou nos « libérateurs » ne peuvent plus nier que les États, mêmes alliés, n’ont pas d’amis, comme disait De Gaulle, mais que des intérêts. Notre degré maximal d’américanisation culturelle nous a longtemps empêché d’admettre cela tant que les dirigeants américains nous livraient une guerre économique et nous espionnait ou pratiquaient l’ingérence de façon masquée et hypocrite.  L’UE, orpheline d’un ex-faux ami et prorecteur-patron, incapable de se penser en puissance et culpabilisée civilisationnellement, évolue désormais dans un monde fluide, fragmenté, où l’absence de puissance propre et de vision géopolitique cohérente devient un facteur majeur de vulnérabilité qui attire tous les prédateurs impériaux (Chine, Russie, islamisme, Turquie, États-Unis, etc). La faiblesse est ainsi « tentatrice ». L’UE est décrite dans mon livre comme un OGNI, un Objet géopolitique non identité, une zone d’impuissance volontaire, un espace de « désouverainisation », un laboratoire-cobaye de l’OIL dont l’Amérique se débarrasse pour se resouverainiser mais que l’Europe s’impose à elle-même comme un carcan auto-affaiblissant. Paradoxe géo-masochiste ? oui, car le mondialisme de l’OIL a été conçu, comme l’écrit le professeur John Ikenberry, pour masquer et légitimer l’empire US, notamment afin de dominer l’Europe… 

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Le déclin des cadres normatifs occidentaux est-il structurel ou conjoncturel ?

Ce déclin est fondamentalement structurel. Le réduire à des facteurs conjoncturels relèverait d’un aveuglement idéologique. L’Occident ne traverse pas seulement une crise économique ou stratégique, mais une crise de cohérence civilisationnelle. Il a progressivement substitué à la volonté de puissance et à l’identité civilisationnelle, vitales pour exister comme acteur géopolitique et historique, une moraline abstraite et un juridicisme inhibant. L’Occident ouest-européen culpabilisé, OGNI complexé et devenu d’une certaine manière « auto-raciste », hostile à ses propres racines, a déconstruit les souverainetés des nations qui la composent et leur cohésion culturelle au profit d’une gouvernance technocratique et d’une fragmentation identitaire, à terme suicidaire. Les institutions que les États-Unis pré-Trumpistes (démocrates et néo-cons) et les Européens de l’Ouest (sociaux-démocrates) ont façonnées — OTAN, ONU, UE, fondements ou émanations de l’OIL, ont été perçues à tort ou à raison par les puissances multipolaristes et révisionnistes, depuis les années 1990-2014 (guerres en ex-Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, révolutions de velours en Ukraine-Géorgie et printemps arabes), comme les instruments d’un ordre asymétrique, unilatéral, hypocrite, et d’ingérences belligènes, tout cela au nom d’une morale libérale-démocratique à géométrie variable (les monarchies du Golfe jamais accusées d’être des dictatures et la Turquie pardonnée de menacer ou occuper Chypre et la Grèce) et d’une application de la sauvegarde des droits de l’homme plus que sélective. Nous assistons ainsi en réaction à cet Ordre moral mondial non-exemplaire et non-cohérent, donc discrédité, à la montée d’un système mondial plurinormativiste assumé, polycentrique, « multiplex », où coexistent déjà de facto différents régimes de légitimité politique, plusieurs lectures du droit international et national, plusieurs déclinaisons des valeurs morales et plusieurs références civilisationnelles.


Comment l’Occident peut-il répondre à l’érosion de ses positions technologiques et industrielles ?

Il ne le pourra qu’en rompant avec les dogmes qui ont accompagné la mondialisation libérale des années 1990 et 2000 et qui ont stupidement poussé les pays occidentaux à tertiariser et financiariser à fond leurs économies en déléguant aux pays d’Asie les activités industrielles et en s’y délocalisant sans limites, au risque de devenir dangereusement dépendants et de perdre le monopole du savoir-faire, transmis à ces pays. Les chaînes logistiques, l’énergie, les technologies critiques — intelligence artificielle, semi-conducteurs, cybersécurité — ne sont pas des marchés neutres, mais des leviers de puissance. Or nous avons renoncé depuis les années Reagan-Thatcher, faux génies libre-échangistes, à notre souveraineté industrielle et donc à toute stratégie de puissance autonome sur le long terme. Pendant ce temps, et depuis les années 1980, la Chine, qui a compris très tôt ce but marqué contre nous-mêmes par nos États et nos multinationales avides de délocalisations juteuses, la Chine a construit les bases de son contrôle actuel de 85 % de la chaîne d’approvisionnement de la production à la vente finale en passant par le raffinage de presque toutes les terres rares, du nickel et de l’aluminium. J’ai conçu une carte à la fin de mon livre qui montre les pays où la Chine a investis pour contrôler ces supply chains. Les États-Unis de Donald Trump, moins idéologues, plus souverainistes et moins naïfs que ses prédécesseurs mondialistes, l’ont intégré plus récemment, notamment sous l’influence de l’école réaliste offensive et de la doctrine d’offshore balancing. Cette école privilégie la souveraineté absolue des États et, en politique étrangère, le recentrage sur les intérêts vitaux de l’empire américain et donc la délégation partielle des équilibres régionaux dans le cadre non pas d’un interventionnisme de gendarme du monde ou de regime changes, mais d’une gestion indirecte des affaires d’un empire désuniversalisé et déglobalisé. L’Europe, en revanche, persiste à croire que la mondialisation est un phénomène apolitique. Elle Recomposer l’alliance occidentale suppose un retour à une géopolitique des intérêts, à une préférence stratégique assumée et à une coordination réelle entre puissance économique, industrielle et militaire.

Assistons-nous à une fragmentation du droit et de la gouvernance mondiale ?

Nous y assistons déjà. Le droit international n’est plus un langage commun universellement partagé, mais un champ de bataille interprétatif, instrumentalisable et applicable qu’au profit des plus forts, qui ne sont jamais arrêtés par la Cour Pénale Internationale ou autres Tribunaux internationaux ad hoc de La Haye. Chaque grand ensemble régional, chaque coalition stratégique développe ses propres normes, ses propres récits juridiques et ses propres mécanismes de légitimation. L’idée d’un ordre international fondé sur des règles n’a pas disparu des consciences européennes socio-démocrates et des démocrates américains, mais elle n’a n’est qu’une représentation, une illusion car aucun Ordre International coercitif ou pas n’a jamais existé ni réussi à créer un consensus planétaire. D’où le fait que Raymond Aron préférait dire « système international », notion n’impliquant pas une universalité ou une homogénéité. Dans ce monde « multiplex », la survie stratégique passe par la capacité à articuler souveraineté, continuité civilisationnelle, pragmatisme sectorisé, et alliances flexibles, donc non contraignantes, contrairement à l’UE et à l’OTAN qui rendent ses membres prisonniers. Cette dernière dimension est très présente chez Donald Trump qui a été influencé à la fois par les stratèges cyniques et réalistes-offensifs et par son affairisme, et par le « civilisationnalisme » de Samuel Huntington, notamment son dernier livre Who we are, qui posait le problème du risque de disparition des civilisations et nations si elles sont trop ouvertes aux flux migratoires allogènes.

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Peut-on encore envisager une recentralisation autour de valeurs communes ? Quel rôle pour la France et l’Europe ?

La recentralisation normative ou autour de valeurs prétendument universelles relève désormais du mythe post-guerre froide. Nous entrons dans une phase durable de différenciation des modèles politiques, normatifs, civilisationnels, culturels, juridiques et sociaux. La question n’est donc plus de convertir le monde aux normes occidentales, mais de préserver la capacité des nations occidentales à défendre leurs propres valeurs, chez elles, sans naïveté, dans une logique de survie et de cohésion, avant de tenter d’exporter ou imposer l’OIL et ses valeurs universelles-libérales au Reste du monde qui n’en veut pas. La France, si elle retrouve une inspiration gaullienne fondée sur l’indépendance stratégique et la capacité de médiation, peut encore jouer un rôle d’équilibre entre les États et les Nations. L’Europe, quant à elle, devra choisir entre rester une puissance morale désarmée en voie de désouverainisation et désidentitarisation ou redevenir un acteur stratégique conscient de ses intérêts nationaux et civilisationnels et de ses limites. Le dernier chapitre et la conclusion de mon livre sont dédiés à cette question qui oppose la vision fédéralisante-mondialiste de l’UE et celle de De Gaulle et Fouchet d’une Europe des États-Nations souverains. 

Quelle place auront l’Inde, la Russie et la Chine dans le monde de demain ?

La Chine s’impose comme la puissance structurante du XXIᵉ siècle, mais si elle sera hégémonique, elle le sera à sa manière, sans universalisme prosélyte, mais dans une logique d’empire du milieu dont tout le monde dépend mais qui cherche à dépendre de moins en moins des autres, avec à terme, une tentative de « redomestication » et de développement internalisé moins dépendant de la mondialisation. Elle se heurte par ailleurs à des résistances culturelles, démographiques et géopolitiques profondes en Asie indienne et du Sud-Est comme du côté des États-Unis qui n’ont pas dit leur dernier mot et ont encore des atouts majeurs. Sa principale faiblesse, gravissime à terme, est son extrême et rapide vieillissement qui va ralentir sa croissance et rendre la gestion des retraités et des pertes d’actifs insoluble. Quant à la Russie, malgré son affaiblissement relatif, elle demeure une puissance de rupture, capable de bloquer toute stabilisation occidentale de l’espace eurasiatique, en plus d’avoir toutes les ressources naturelles et agricoles possibles qui lui permettent de vivre en quasi autarcie et donc de survivre aux sanctions occidentales, d’autant que ses métaux précieux, céréales, engrais, uranium, pétrole et gaz sont vitaux pour le reste monde. L’Inde représente enfin la variable clé du système mondial : par son poids démographique, sa trajectoire économique et son identité civilisationnelle, elle est en position de devenir l’un des principaux arbitres du monde multipolaire, à condition de préserver son autonomie stratégique.

Quel est le rôle de Donald Trump dans ce bouleversement et sa doctrine peut-elle enrayer le « siècle chinois » ?

Donald Trump n’a pas créé le monde post-occidental ; il a simplement cessé de le nier et en a pris acte, de façon pragmatique, sachant qu’il veut donner à son pays les moyens d’en rester le Primus inter pares, dans une logique de off-shore balancing, de géopolitique « hémisphérique » et donc d’un nouveau Yalta qu’il négocie en ce moment même avec la Chine, la Russie et l’Inde, notamment. Sa vision s’inscrit dans une tradition réaliste, hémisphérique et transactionnelle de la politique étrangère américaine qui privilégie l’intérêt national, la flexibilité des alliances, la logique du donnant-donnant en fonction des rapports de force et sphères d’influence, comme on le voit dans son accord pour donner 20 à 30 % de l’Ukraine à la Russie, ou, à l’inverse, son irrédentisme en Amérique latine et au Groenland. Ceci heurte profondément les élites européennes parce que cela met à nu leur dépendance stratégique, leur impuissance et leur vassalité. Trump ne fera donc pas disparaître l’ascension chinoise, mais il oblige l’Occident à affronter une vérité fondamentale : sans puissance, sans cohérence et sans stratégie, il n’y a ni valeurs crédibles, ni alliances durables, ni ordre international stable. Seule la Realpolitik compte et les forces en présence, les pouvoirs de nuisance réciproques et les deals mutuellement consentis avec les forts ou imposés aux faibles… Vous pouvez à raison me rétorquer que ceci est une forme d’occidentalisme arrogant, impérial, certes, mais occidental, côté Trump, qui impose son ordre dans son hémisphère, ou en Iran, si cela se confirmait. En fait, si l’on définit l’Occident comme une civilisation enracinée, Trump la défend puisque sa stratégie nationale de sécurité déplore l’effacement civilisationnel de l’Europe et désigne l’immigration non occidentale comme mortelle pour la continuité des États-Unis. Par contre, il est un homme du monde multipolaire et un « post-occidental » dans la mesure où il rejette et déconstruit l’Occident dans sa définition contemporaine déracinée mondialiste. En somme, Donald Trump n’est ni interventionniste comme les néo-cons ni isolationniste, ni hostile à l’empire, il veut simplement alléger le fardeau impérial, en se désengageant de l’OTAN trop coûteux que les Européens doivent plus financer, en renonçant au prosélytisme des valeurs et au globalisme – que les penseurs américains de l’école réaliste nomment « l’hégémonie libérale » (liberal voulant dire progressiste en anglais). Bref, Trump veut déglobaliser l’empire US, le rendre plus hémisphérique. Il ne veut plus jouer le rôle de gendarme du monde de façon inutile, trop coûteuse et universaliste, mais de manière hiérarchisée, hémisphérique, recentrée et rentable.

À lire aussi : RECENSION – Le Nouvel ordre post-occidentald’Alexandre del Valle

Alexandre Del Valle

Alexandre Del Valle, docteur en Histoire contemporaine-géopolitique et HDR en Science politique, est un géopolitologue, professeur et essayiste qui a notamment étudié l’islamisme radical, le monde arabo-musulman et les relations États-Unis-Europe-Russie puis le monde multipolaire. Il est chercheur associé au CPFA (Center of Foreign and Political Affairs) et au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie, dont Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd’hui ?, Le complexe occidental, Les vrais ennemis de l’Occident, La stratégie de l’intimidation, ou encore Le Projet : La stratégie de conquête et d’infiltration des frères musulmans en France et dans le monde. Son dernier ouvrage, coécrit avec Jacques Soppelsa, La mondialisation dangereuse, est paru en septembre 2021 aux Editions de l’Artilleur.

https://lediplomate.media/grand-entretien-alexandre-del-valle-comprendre-bascule-nouvel-ordre-post-occidental/

 


 

B) - LE NOUVEL ORDRE MONDIAL 

Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas un hasard malheureux, mais l’aboutissement infernal d’un plan satanique ourdi dans les abysses depuis des siècles ! 

Une élite occulte, monstrueuse et sans âme, conspire avec une haine viscérale contre l’humanité toute entière pour imposer de force son Nouvel Ordre Mondial abject. 

Sans notre accord, sans notre consentement, ces parasites des ténèbres préparent leur règne de terreur en massacrant la famille, en violant la liberté, en exterminant la religion et en anéantissant les nations, nous transformant en esclaves consentants, en misérables pions jetables sur l'autel de leur complot millénaire et diabolique. 

 C’est notre obéissance servile, notre soumission lâche et notre silence complice qui les propulsent à pleine vitesse !ASSEZ ! À nous, les peuples, de nous lever comme un seul homme, de rejeter leur joug avec fureur et de faire l’exact opposé de ce qu’ils exigent ! À nous de les stopper net dans leur élan démoniaque, de briser leurs chaînes, de fracasser leur empire des ombres et d’anéantir définitivement leur ordre maudit ! 

 ⚡L'auteur du livre "Le Nouvel Ordre Mondial" (publié en 1990) est :A. Ralph Epperson (également connu sous le nom de Ralph Epperson ou Anthony Ralph Epperson). Né le 1er novembre 1937, Il est un écrivain américain spécialisé dans les théories qui s'avèrent vraies et anti-maçonniques. Le livre a été publié en septembre 1990 par Publius Press. La photo c'est la page d'introduction du livre. Il n’y a pas d’autre auteur principal pour cette édition de 1990. 

Ainsi, les peuples du monde peuvent maintenant déterminer quels changements sont ceux dans les positions d’implémentation des changements à venir pour eux.  

En résumé, ces changements sont : 

L’ancien monde arrive à sa fin.  

Il sera remplacé par une nouvelle façon de faire les choses. Le nouveau monde sera appelé le « Nouvel Ordre Mondial ». Ce nouveau réaménagement redistribuera la propriété des « nations qui ont » et la donnera aux « nations qui n’ont pas ». 

Le Nouvel Ordre Mondial inclut des changements dans : 

La famille : Les mariages homosexuels seront légalisés les parents ne seront pas autorisés à élever leurs enfants ; les femmes (l’État le veut) : toutes les femmes seront employées par l’État et ne seront pas autorisées à être « femmes au foyer » ; le divorce deviendra extrêmement facile et le mariage monogame sera lentement éliminé. 

Le lieu de travail : le gouvernement deviendra le propriétaire de tous les facteurs de production ; la propriété privée de la propriété sera éliminée.  

La religion sera interdite et les croyants seront soit éliminés, soit emprisonnés il y aura une nouvelle religion : l’adoration de l’homme et de son esprit ; tous croiront en la nouvelle religion. 

Les États-Unis auront joué un rôle majeur dans sa mise en place dans le monde. Les guerres mondiales ont été menées pour faire avancer ses objectifs. Adolf Hitler, le Socialiste Nazi, a soutenu l’objectif du terme. La majorité des peuples n’accepteront pas facilement « le nouvel ordre » mais seront trompés en l’acceptant par deux étapes.


 

https://dn790003.ca.archive.org/0/items/TheNewWorldOrder_342/TheNewWorldOrder.pdf

Le  Grand Sceau des États-Unis, orné d'une pyramide, d'un aigle, de phrases latines, etc., est reproduit au verso de chaque billet d'un dollar américain. Pourtant, rares sont les Américains qui en connaissent la signification. La clé pour comprendre le sens caché de tous ces symboles réside dans la traduction de la phrase latine « NOVUS ORDO SECLORUM » (« Le Nouvel Ordre Mondial »), inscrite sous la pyramide, au verso du Grand Sceau. Ralph Epperson a consacré 27 ans à étudier l'histoire des deux faces du Grand Sceau et a découvert que ses concepteurs ont engagé l'Amérique sur la voie de ce qu'on appelle un « Destin Secret ». Ce futur « destin », le NOUVEL ORDRE MONDIAL, est si sinistre que ceux qui souhaitaient les changements qu'il implique ont dû dissimuler cette vérité derrière des symboles. Cet ouvrage, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, offre une explication détaillée de la signification de ces symboles et de leur lien avec l'avenir de la nation. M. Epperson met ses recherches à la disposition du peuple américain afin qu'il puisse savoir précisément ce que ces planificateurs souhaitaient pour notre avenir. Et afin qu'il puisse prendre des mesures correctives.

Chapitre 39 La Solution 

La Bible enseigne qu’« un prophète n’est pas honoré dans son pays ». La raison en est évidente : personne ne souhaite entendre de mauvaises nouvelles. Je ne prétends pas être prophète, mais il est raisonnable de supposer que la plupart de ceux qui viennent de terminer la lecture de ce livre considéreront les informations transmises comme de « mauvaises nouvelles ». La solution est claire : toutes les personnes sensées doivent agir ensemble pour empêcher l’instauration du « Nouvel Ordre Mondial ». Ce n’est pas ici que je proposerai au lecteur concerné des pistes d’action. De nombreuses ressources existent déjà sur les solutions nécessaires à ce problème. Je me contenterai de partager cette pensée essentielle en conclusion, à l’intention de ceux qui cherchent une solution. Cette promesse se trouve dans 2 Chroniques 7:14 : « Si mon peuple, sur qui est invoqué mon nom, s’humilie, prie, recherche ma face et se détourne de ses mauvaises voies, alors je l’exaucerai des cieux, je pardonnerai son péché et je guérirai son pays. » Dieu a promis de guérir les nations malades. L'Amérique est malade, et son état s'aggrave. Il est temps de se mettre en quête de lui. Il guérira ceux qui le trouveront. 

Le détail donc en pdf ici:

https://dn790003.ca.archive.org/0/items/TheNewWorldOrder_342/TheNewWorldOrder.pdf

 

 

C) - Les BRICS face au nouvel ordre mondial : Un avenir incertain ?

Dans un monde où les certitudes s’effritent et où les équilibres géopolitiques vacillent sous l’effet de bouleversements économiques et de décisions politiques audacieuses, l’avenir des BRICS – cette alliance réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, et, depuis leur élargissement, l’Égypte, l’Éthiopie, les Émirats arabes unis, l’Iran et l’Indonésie – apparaît plus incertain que jamais. Le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis, avec ses annonces de droits de douane massifs et son rejet des alliances traditionnelles, agit comme un séisme, bouleversant non seulement les marchés, mais aussi les dynamiques de pouvoir à l’échelle globale. 

Tel un joueur qui renverse la table de jeu, Trump oblige les acteurs internationaux à ramasser les cartes éparpillées et à repenser leurs stratégies. Pour les BRICS+, comme on les désigne depuis leur expansion, trois dimensions essentielles structurent leur rôle dans ce nouvel ordre mondial : l’économie, où ils ambitionnent de défier la suprématie du dollar ; la diplomatie, où ils incarnent une alternative au leadership occidental ; et la stratégie militaire, où leurs divergences internes limitent leur cohésion. Mais dans un monde redessiné par des rivalités exacerbées, cette alliance peut-elle encore prétendre à un rôle de premier plan, ou risque-t-elle de se dissoudre dans les contradictions de ses ambitions ?

À lire aussi : Emmanuel Macron sera-t-il invité au prochain sommet des Brics ?

Une ambition économique fragilisée par l’incertitude

Depuis leur création, les BRICS ont cherché à s’affranchir de la domination économique occidentale, incarnée par le dollar comme monnaie de référence mondiale. Cette ambition a pris une forme concrète lors du sommet de 2023, avec la proposition d’une monnaie de réserve virtuelle, adossée à des métaux précieux, destinée à concurrencer le billet vert. Ce projet, bien que limité, a déjà trouvé des applications pratiques, notamment dans les transactions énergétiques entre la Russie et l’Inde, où les monnaies locales et cette nouvelle unité virtuelle ont été utilisées pour contourner les sanctions occidentales. L’idée d’une alternative au dollar, portée par la Russie et la Chine, répond à une logique claire : réduire la dépendance des économies émergentes vis-à-vis d’un système financier dominé par Washington. Cependant, ce rêve d’émancipation monétaire se heurte à des obstacles majeurs. Tout d’abord, l’Inde et le Brésil, deux poids lourds de l’alliance, ont publiquement réaffirmé leur attachement au dollar comme monnaie d’échange internationale, révélant des fissures dans la cohésion des BRICS+. Ensuite, la politique de droits de douane annoncée par Trump a plongé l’économie mondiale dans une incertitude paralysante, rendant l’avenir du dollar – et de ses concurrents potentiels – difficile à prédire. Cette guerre commerciale, qui menace de perturber les chaînes d’approvisionnement et de freiner la croissance mondiale, pourrait paradoxalement renforcer la position du dollar comme valeur refuge, au détriment des aspirations des BRICS+. Le projet de monnaie commune, encore à ses balbutiements, semble déjà reculer face à ces vents contraires, illustrant la difficulté de traduire une vision commune en réalité tangible dans un contexte de rivalités internes et de chaos économique global.

Une diplomatie tiraillée entre ambitions et contradictions

Sur le plan diplomatique, les BRICS se sont positionnés dès leur création comme une force d’opposition au leadership des États-Unis, de l’Europe et de leurs alliés – Japon, Canada, Corée du Sud, Australie. Portée par la Chine, qui représente à elle seule 70 % du PIB de l’alliance, cette coalition a cherché à incarner les aspirations du « Sud global », ces nations émergentes ou en développement qui revendiquent une voix plus forte dans la gouvernance mondiale. Cette posture a permis aux BRICS de se présenter comme une alternative à l’ordre occidental, en défendant un multilatéralisme qui contraste avec l’unilatéralisme souvent reproché aux États-Unis. Pourtant, l’élection de Trump et sa rupture avec les alliés traditionnels de Washington redessinent les contours de ce paysage diplomatique. En fragilisant l’axe transatlantique, Trump pousse l’Union européenne à chercher de nouveaux partenaires commerciaux, comme le Mercosur en Amérique latine ou les nations de l’ASEAN en Asie du Sud-Est. Ces dernières, conscientes des risques d’un monde dominé par trois superpuissances – États-Unis, Chine, Russie – cherchent à renforcer leurs propres alliances pour ne pas être reléguées au rang de simples spectateurs dans ce qu’on appelle déjà une « nouvelle Yalta », où les grandes puissances se partageraient les sphères d’influence. Ce redécoupage force les nations intermédiaires, y compris l’UE, à s’organiser pour défendre leurs intérêts, une dynamique qui pourrait affaiblir les BRICS+. En effet, la Chine et la Russie, piliers de l’alliance, font partie de ces superpuissances qui aspirent à redéfinir les zones d’influence, ce qui crée une tension interne : comment les BRICS+ peuvent-ils représenter le « Sud global » lorsque leurs leaders poursuivent des objectifs hégémoniques ? Cette contradiction fragilise l’unité de l’alliance, d’autant que des membres comme l’Inde, jalouse de son autonomie stratégique, rechignent à s’aligner trop étroitement sur Pékin ou Moscou. Ainsi, loin de renforcer leur influence diplomatique, les BRICS+ risquent de se retrouver pris en étau entre leurs ambitions collectives et les agendas divergents de leurs membres.

À lire aussi : Les BRICS ont le vent en poupe

Une cohésion stratégique minée par les rivalités

Sur le plan stratégique et militaire, les BRICS+ n’ont jamais formé un bloc uni, et leurs divergences internes constituent un obstacle majeur à leur émergence comme acteur global. Le cas le plus emblématique est celui des tensions entre la Chine et l’Inde, deux géants démographiques dont les relations sont marquées par une méfiance historique. Leur frontière himalayenne, l’une des plus militarisées au monde, reste un point de friction constant, ponctué d’incidents armés ces dernières décennies. Sur le plan maritime, une course aux armements oppose les deux pays, chacun cherchant à sécuriser ses routes commerciales et ses zones d’influence dans l’océan Indien et la mer de Chine méridionale. Cette rivalité structurelle limite toute perspective de coopération militaire au sein des BRICS+. Même la relation entre la Chine et la Russie, souvent présentée comme un contrepoids à l’Occident, apparaît plus opportuniste que durable. Leur convergence dans le contexte de la guerre en Ukraine, où Pékin soutient discrètement Moscou pour affaiblir l’OTAN, relève davantage d’une tactique à court terme que d’une alliance stratégique à long terme. Les BRICS n’ont d’ailleurs jamais ambitionné de devenir une alliance militaire, préférant se concentrer sur des objectifs économiques et diplomatiques. Cependant, les tensions géopolitiques actuelles – comme celles autour du détroit de Taïwan, où la Chine pourrait voir une opportunité d’affirmer ses revendications sur l’île, ou les provocations américaines sur des territoires comme le Groenland et le canal de Panama – affectent les membres individuellement plus que l’alliance dans son ensemble. Dans ce contexte, les BRICS+ peinent à définir une posture commune, leurs intérêts stratégiques étant trop divergents pour permettre une coordination efficace.

Vers un affaiblissement des BRICS+ ?

En définitive, le désordre mondial actuel semble davantage fragiliser les BRICS+ que les renforcer. Leur projet économique, bien que séduisant sur le papier, se heurte à des divergences internes et à l’instabilité provoquée par la guerre commerciale américaine. Leur ambition diplomatique, qui reposait sur une opposition au leadership occidental, est remise en question par la recomposition des alliances globales et les contradictions entre leurs membres. Enfin, leur absence de cohésion stratégique les rend incapables de répondre collectivement aux défis militaires du moment. L’alliance, déjà marquée par des failles structurelles, risque de perdre de sa pertinence dans un monde où les superpuissances imposent leurs règles. Pourtant, il serait prématuré de prononcer l’échec des BRICS+. Leur capacité à s’adapter à ce nouvel ordre mondial dépendra de leur aptitude à surmonter leurs divisions internes et à proposer une vision commune qui transcende les intérêts nationaux. Pour l’heure, les cartes sont à terre, et la nouvelle partie reste à jouer. Seuls les prochains mois révéleront si les BRICS+ peuvent encore prétendre à un rôle de premier plan ou s’ils seront relégués au rang de témoins d’un monde qu’ils ont un jour rêvé de façonner.

À lire aussi : Globalisation : l’étau se resserre

Giuseppe Gagliano

Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

 

 

mars 16, 2026

ÉLECTIONS....Résultat in fine, un néo-communisme !

Je lis des gens révoltés qui s’interrogent : 

« Après tant d’années de destruction, comment peut-on encore voter pour la gauche dans telle ou telle ville ? » 


 

Les exemples de Paris et de Bordeaux reviennent beaucoup. L'explication est pourtant d'une simplicité désarmante : 

 - la démocratie repose sur la promesse, pas sur le résultat de marché. Il suffit de vendre du rêve, de capter des clientèles, de surfer des vagues. Tout sera payé par le contribuable de toute façon. Et pas de panique ! Même si vous vous foirez plus que prévu, l'électeur moyen a la mémoire courte. 

 - le pays est déjà largement socialisé ; une part immense de la population reçoit directement ou indirectement des transferts étatiques (fonctionnaires, subventionnés, bénéficiaires d'aides, etc). Voter pour celui qui promet de maintenir voire d'étendre la perfusion est un calcul rationnel de court terme, même si cela ruine la ville à long terme. 

 - les gens ne font pas les médiations qui s'imposent. On peut subir une situation autant qu'on veut, ça ne dit rien de notre capacité à en comprendre les causes. Les gens voient ce qui est, mais jamais les pertes définitives. Ils sont aussi prisonniers du langage et donc des promesses dont je parlais plus haut. Ils pensent vraiment qu'ils s'enrichiront par la redistribution de pognon. Justice sociale, cette expression sonne si bien ! 


 

Le naufrage en cours n'est qu'une conséquence du modèle politique qu'on nous impose. S'écharper sur le clivage gauche-droite est donc parfaitement illusoire. C'est se cantonner aux symboles sans jamais saisir le fond du problème. Tant que vous croirez que l'État doit "faire des trucs", vous passerez à côté de l'essentiel. Faire via l'État, c'est accorder à un monopole de la violence légale la capacité de prélever des rentes pour les allouer selon l'agenda du moment. C'est entretenir une structure qui finit inévitablement par grossir et vous asservir. Mais tant qu'on n'est pas prêt à renoncer à ce mythe, le fond de ce message restera inaudible.

Arthur Homines 


 

https://x.com/arthurhomines/status/2033431570166521885




Élections municipales 2026 : un premier tour qui révèle les fractures profondes de la France 


Les élections municipales françaises de 2026, dont le premier tour s’est tenu le 15 mars avec un second tour prévu le 22 mars, ont déjà révélé les dysfonctionnements d’un système politique de plus en plus déconnecté des réalités du pays. Avec une participation estimée à environ 57,6 % – soit une abstention de 42,4 % –, ce scrutin local, censé être celui de la proximité, illustre le désenchantement généralisé des électeurs. Si les grandes villes montrent des maires sortants de gauche ou écologistes en tête au premier tour, comme à Paris avec Emmanuel Grégoire (PS) ou à Lyon avec Grégory Doucet, la percée du Rassemblement National (RN) dans les zones périphériques et la montée de La France Insoumise (LFI) dans certains bastions urbains soulignent un fossé béant entre les métropoles dynamiques et une « France périphérique » oubliée. 


 

Ce clivage n’est pas seulement géographique ; il est social, économique et culturel, et il met en lumière les limites d’un mode de scrutin qui favorise les arrangements politiciens au détriment de la volonté populaire.

Ajoutez à cela l’endettement galopant des communes gérées par la gauche, et vous obtenez un tableau accablant d’une démocratie locale en sursis, alors que le second tour pourrait encore rebattre les cartes.

Le fossé entre métropoles et périphérie : une France à deux vitesses

L’un des aspects les plus frappants de ce premier tour est la confirmation d’une fracture territoriale qui s’aggrave d’année en année. Dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, les listes de gauche et écologistes arrivent souvent en tête, portées par un électorat urbain, jeune et « éduqué », sensible aux enjeux environnementaux et sociaux sur lesquels capitalise la gauche démagogique. À Paris, par exemple, Emmanuel Grégoire a obtenu 37,98 % des voix, devançant Rachida Dati (LR) à 25,46 % et Sophie Chikirou (LFI) à 11,72 %. De même, à Lyon, Grégory Doucet est en tête avec 37,36 %, talonné par Jean-Michel Aulas (union des droites) à 36,78 %. Ces résultats préliminaires reflètent une tendance où les centres-villes, boostés par les investissements dans les transports verts et les infrastructures culturelles, penchent pour des politiques progressistes.

En revanche, la « France périphérique » – ces zones rurales et périurbaines décrites par le géographe Christophe Guilluy comme reléguées – tourne massivement le dos à ces élites urbaines. Dans des communes comme celles du Nord-Pas-de-Calais ou du Sud-Est, le RN réalise des scores impressionnants, captant le vote des classes populaires et moyennes qui se sentent abandonnées par l’État central. À Nice, Eric Ciotti (UDR soutenu par RN) arrive en tête avec 43,5 %, devançant largement le sortant Christian Estrosi à 31 %. À Marseille, Franck Allisio (RN) talonne Benoît Payan avec 35,02 %, tandis qu’à Toulon ou Nîmes, le RN est en position de force pour le second tour. Cette dichotomie n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue : les métropoles attirent les emplois qualifiés et les investissements, laissant les périphéries aux prises avec le chômage, la désertification médicale et la hausse des coûts de la vie.

Pour illustrer cette nette distinction, une carte des résultats électoraux – inspirée des tendances observées lors d’élections récentes comme les européennes de 2024 – montre une France bicolore : rouge pour les zones dominées par la gauche (principalement les cœurs urbains), bleu pour la droite et l’extrême droite (les périphéries et les petites communes). Cette visualisation met en évidence comment les grandes villes restent des bastions « progressistes », tandis que les territoires ruraux virent au conservatisme ou au vote protestataire. Selon des experts, cette fracture n’est pas seulement électorale ;

elle est le symptôme d’une métropolisation qui évince les classes moyennes des centres-villes, les reléguant dans des zones appauvries où le RN prospère.

Ce clivage a des conséquences concrètes. Dans les métropoles, les politiques vertes et inclusives attirent les talents, mais augmentent les loyers et les impôts, chassant les familles modestes vers les périphéries. Là, le manque d’infrastructures – transports inadéquats, services publics dégradés – alimente un cercle vicieux de déclin. Les résultats du premier tour de 2026 confirment que, malgré les discours sur l’unité nationale, la France est divisée en deux mondes : l’un connecté à la mondialisation, l’autre relégué aux marges. Le second tour, avec ses possibles alliances, risque d’accentuer cette polarisation si les candidats modérés s’unissent contre les extrêmes.

Le mode de scrutin : une cuisine politique qui trompe les électeurs

Au-delà des résultats du premier tour, c’est le système électoral lui-même qui mérite une critique acerbe. Les élections municipales se déroulent selon un scrutin proportionnel de liste à deux tours avec prime majoritaire, généralisé en 2026 à toutes les communes, y compris celles de moins de 1.000 habitants.

Ce mode de scrutin, censé promouvoir la parité et la représentation, permet en réalité aux politiciens de « faire leur propre cuisine » pour se maintenir au pouvoir, souvent contre la volonté nationale.

Prenons l’exemple du « front républicain », ce pseudo-barrage anti-extrême droite qui masque des alliances contre nature. Traditionnellement, il visait à bloquer le RN en fusionnant listes de gauche et de droite modérée. Mais après ce premier tour, il prend une tournure grotesque : à Marseille et Toulouse, les maires sortants de gauche pourraient refuser des alliances avec LFI, pourtant issue de la même famille politique, préférant des rapprochements avec le centre ou la droite pour contrer le RN. À Roubaix, où David Guiraud (LFI) est en tête avec 46,5 %, des appels à un front anti-LFI émergent déjà, illustrant comment le front républicain s’inverse, barrant désormais l’extrême gauche plutôt que l’extrême droite.

Ces manœuvres trompent les électeurs.

Une liste qui obtient 10 % au premier tour peut se maintenir ou fusionner avec une autre à 5 %, permettant des coalitions hétéroclites qui dénaturent le vote initial.

À Paris, la gauche unie hors LFI pourrait résister à une alliance droite-extrême droite, mais au prix de négociations opaques qui ignorent les priorités des votants. Ce système favorise les sortants : dans les petites communes, la généralisation des listes paritaires complique les candidatures indépendantes, renforçant les appareils partisans.

Critiquer ce mode de scrutin n’est pas anodin : il permet aux élites de perpétuer leur pouvoir en modifiant artificiellement les résultats. Au lieu de refléter la volonté nationale – où le RN est souvent en tête des intentions de vote – il privilégie les arrangements locaux, décevant les électeurs et alimentant l’abstention. Après ce premier tour, ce « front républicain » dévoyé pourrait permettre à des maires de se faire réélire au second tour contre des forces montantes, prouvant que le système est truqué pour préserver l’ordre établi.

L’endettement des communes gérées par la gauche : un fardeau pour lesgénérations futures

Enfin, impossible d’ignorer l’endettement alarmant des communes dirigées par la gauche, qui met en péril la santé financière locale, même si le second tour pourrait changer la donne dans certaines villes. Selon des études récentes, les grandes villes gérées par des maires PS ou écologistes affichent des niveaux de dette bien supérieurs à la moyenne (voir ici et ici). À Paris, la dette par habitant atteint 4.939 euros, avec un délai de désendettement théorique de 38 ans. Marseille, sous Benoît Payan (gauche), voit sa dette à 1.462 euros par habitant en 2024, financée par des emprunts massifs.

À Lyon, Grenoble et Strasbourg, la tendance est similaire : Grenoble (Éric Piolle, EELV) culmine à 1.620 euros par habitant, avec une pression fiscale à 182 % de la moyenne. Strasbourg (Jeanne Barseghian, EELV) voit son désendettement à 9,2 ans. Ces chiffres contrastent avec des villes de droite comme Toulon ou Nice, où la dette est mieux maîtrisée – Toulon note 7,1/10 en gestion budgétaire.

Pourquoi cette dérive ? Les politiques de gauche, axées sur des investissements verts et sociaux ambitieux, sont souvent financés par l’emprunt plutôt que par des économies. À Montpellier, la dette a augmenté de 22,9 % depuis 2019, avec des investissements à 656 euros par habitant contre 384 en moyenne. Cela crée un fardeau pour les générations futures, avec des charges financières en hausse – comme à la Région Île-de-France, où l’endettement explose.

Critiquer cela n’est pas partisan : c’est constater que, sans rigueur, ces communes risquent la faillite, comme l’avertit l’Institut Montaigne, appelant à des économies pour redresser les finances publiques.

Cette spirale d’endettement est exacerbée par l’immigration subie qui se concentre dans les métropoles, augmentant drastiquement les dépenses des finances publiques pour l’éducation, le logement et les infrastructures de transport. Dans des villes comme Paris, Lyon ou Montpellier – où les transports en commun sont parfois gratuits, mais financés par les contribuables locaux –, l’arrivée massive de migrants et/ou de population sans emploi impose des coûts supplémentaires non anticipés, dégradant les comptes publics et réduisant le pouvoir d’achat des locaux qui doivent être davantage imposés. Des études montrent que l’immigration a un impact négatif sur les finances publiques en France, avec une contribution nette des immigrés souvent négative, entre -0,5 % et +0,05 % du PIB sur les dernières décennies, en raison d’une surreprésentation dans les catégories bénéficiant de prestations sociales comme les aides au logement ou les minima sociaux. Les actifs productifs deviennent de moins en moins nombreux dans ces grandes villes, pourtant ce sont eux qui financent les aides sociales via leurs impôts et cotisations, portant sur leurs épaules une population croissante qui vote de plus en plus contre leurs intérêts, favorisant des politiques redistributives excessives.

À terme, ce fonctionnement est voué à l’échec : les hommes et femmes politiques des grandes villes, souvent de gauche, privilégient démagogiquement cet électorat davantage consommateur que producteur pour s’assurer une élection ou réélection. Cela provoque deux effets délétères. D’abord, les recettes publiques sont de plus en plus diluées et distribuées à un nombre croissant de bénéficiaires, menant à un surendettement chronique et, potentiellement, à une mise sous tutelle par l’État. Des exemples récents illustrent ce risque : la Charente a été placée sous tutelle préfectorale en 2025 pour incapacité à voter un budget équilibré, une première pour un département depuis plus de 25 ans, due à une dérive financière. Des communes comme Marvejols (Lozère) en 2015, Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) en 2003, Pont-Saint-Esprit (Gard) en 2008 ou Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) en 2009 ont subi le même sort, avec des dettes colossales imposant un contrôle préfectoral sur les décisions budgétaires. Paris elle-même a été menacée de mise sous tutelle en raison de sa dette exponentielle, un scénario non exclu par des ministres en cas de gestion défaillante. Plus de la moitié des départements français sont en quasi-faillite, avec des baisses de recettes et des hausses de dépenses sociales, amplifiant le risque de tutelle généralisée.

Deuxièmement, cela génère un mécontentement croissant parmi cette classe contributrice, qui se voit de moins en moins représentée par les élus les délaissant au profit d’une population plus nombreuse et dépendante des aides. En France, les prestations sociales non contributives représentent une part significative du niveau de vie des ménages modestes (jusqu’à 49,7 % pour les plus pauvres), tandis que les contributeurs nets – ceux gagnant plus de 2.700 euros bruts par mois pour une personne seule – financent le système sans en bénéficier proportionnellement. Ce déséquilibre, où 57 % de la population sont bénéficiaires nets des transferts sociaux, pousse cette classe laborieuse à voter contre ces politiques ou à quitter les zones urbaines qu’ils subventionnent pour s’installer dans une « couronne » excentrée, où la fiscalité est moins lourde et les coûts de vie plus supportables.

Cette fuite des contributeurs accentue la fracture métropoles-périphérie, diluant encore plus les bases fiscales des grandes villes et rendant leur modèle économique insoutenable à long terme.

En conclusion, le premier tour des élections municipales de 2026 n’est pas seulement un scrutin local ; il est le miroir d’une France fracturée, manipulée par un système électoral biaisé et alourdie par des dettes irresponsables.

Tant que les élites ignoreront la périphérie, favoriseront les alliances opportunistes et dépenseront sans compter, le désenchantement grandira. 

Le second tour du 22 mars sera décisif, mais il est temps de réformer en profondeur pour redonner la parole au peuple, sous peine de voir la démocratie locale s’effondrer.

https://multipol360.com/elections-municipales-2026-un-premier-tour-qui-revele-les-fractures-profondes-de-la-france/

 


MUNICIPALES ((2026): Seul vote utile): Mais que deviennent-elles, que deviendront-elles ?

Sommaire:

A) - GÉNÉRATION MUNICIPALES 2026 (en partenariat avec l'ESJ Paris)

B) - Les dernières vraies élections municipales ?

C) - Géopolitique de l’immigration

D) - Le RN, à l'épreuve des municipales : forces et faiblesses

E) - La bataille de Paris

F) - Fraude électorale à Marseille : un système électoral clientéliste entretenu dans les métropoles ?

 



Histoire et analyse du vote blanc et vote obligatoire

Sommaire:

A) Le vote blanc et le droit électoral - Par Eric LAFOND Doctorant en Droit Public, Chargé d'enseignement à l'Université Jean Moulin Lyon 3

B) PROPOSITION DE LOI tendant à la reconnaissance du vote blanc aux élections.- Présidence de l'Assemblée nationale le 18 décembre 2002. - par MM. Jean-Pierre ABELIN, Pierre ALBERTINI, Hervé MORIN

C) Pouvoirs publics : reconnaissance du vote blanc - Loi n° 2014-172 du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections publiée au Journal Officiel du 22 février 2014 [sur le site Légifrance]
 
D) Vote blanc et nul : jusqu'à quand fermerons-nous les yeux ? - Jérémie Moualek - Marianne

E) Vote Blanc, Vote Nul & Abstention - Voter blanc, c’est quoi ? - Parti du vote blanc

F) Suffrage censitaire et Suffrage universel de Wikiberal
 
G) Le vote obligatoire, une “fausse bonne idée”- Didier Maus - par Jean-Michel ROCHET

H) Vote obligatoire : « cercle vertueux » ou « pari qui se heurte à la réalité »… le pour et le contre par Marion Esquerré - courrier des maires

I) Le vote blanc, premier parti de France ! Sondage IFOP pour Synopia - Alexandre Malafaye, président de Synopia

 


 

Vote par procuration: et si n’importe qui pourrait voter pour n’importe qui sans aucune action dans le monde réel.

La dématérialisation complète des procurations : une porte ouverte à la fraude électorale et à la perte de souveraineté française

 

Sur la page pour une démocratie libérale 16/21 (les élections)

 
Les élections ne suffisent pas à garantir la démocratie car des dictateurs peuvent se servir des ressources publiques pour truquer le processus électoral.

 


 

Les présidentielles et plus !! Vote, ou pas ? Aide explicative !

Sommaire:

A) Pourquoi s'abstient-on de parler de l'abstention ? - Frédéric Says - France Culture

B) Pourquoi je ne vote plus - Paul Douard -  Vice

C) Pourquoi l’abstention peut-elle faire basculer la présidentielle ? - Le Monde

D) Présidentielle: abstention et mobilisation, enjeux majeurs du scrutin - La Dépêche

E) Pourquoi voter ? Quand l’abstention se justifie… - Par Vladimir Bressler - Contrepoints

F) Abstention de Wikiberal.
 
 


 

Votation: L' abstentionnisme qu'en est-il exactement chez les "libéraux" ?

Sommaire:

A) De l'abstention aux élections et du consentement à l’État. par Bertrand Lemennicier - L'abstention aux élections + divers écrits de libéraux sur son site.

B) Lettre ouverte aux abstentionnistes par Jacques Garello sur libres.org - l’ALEPS




  
C)  ABSTENTIONNISTES, LEVEZ-VOUS! par Marc Grunert - CHRONIQUE DE RÉSISTANCE

D) Les causes de l’abstentionnisme électoral par Hamdi Souissi   (Thèse, source: academia.edu) - Canada - Ottawa.

E) Un remède miracle à l’abstentionnisme ? L’optimisme !

F) Vote obligatoire : démocratie ou paternalisme ? -

 


 

Un choc démographique, électoraliste via les logements sociaux (HLM)

La droite ne peut plus gagner les élections à Paris. C'est démographique. Les socialistes ont racheté des milliers de logement avec de la dette pour faire des HLM pour leurs amis et les immigrés. 40% de HLM dans l'Est de Paris ! Il faut supprimer les HLM.

Jean Lessalle 

https://x.com/JeanLessalle/status/2033422640539431215 

 


Paris pille la France : comment la capitale aspire & profite des impôts de la province

La province paie. Paris encaisse et dépense. Point barre. Chaque année, les 1 560 milliards d’impôts des Français partent en grande partie à Paris et dans les grandes villes. Résultat : un habitant de la capitale profite presque DIX fois plus d’argent public qu’un gars d’un village de l'Ain. C’est pas de la solidarité, c’est du vol organisé.

Le Centralisme Français et l'Asymétrie des Ressources : Une Analyse de la Captation de la Valeur Publique par Paris et les Grandes Métropoles

L'organisation territoriale de la France, héritière d'une tradition pluricentenaire de centralisation administrative, politique et économique, se traduit aujourd'hui par une concentration des ressources publiques et privées au profit de la région capitale et des grandes métropoles. Ce modèle, souvent qualifié de jacobin, repose sur une logique de polarisation où Paris exerce une fonction de "pompe aspirante" vis-à-vis de la province, drainant les capitaux, les compétences et les recettes fiscales.1 Si la France affiche un niveau de dépense publique parmi les plus élevés de la zone euro, atteignant 57,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024, la répartition géographique de cette manne budgétaire révèle des disparités structurelles qui alimentent un sentiment de "pillage par l'impôt" dans les territoires ruraux et les petites villes. L'analyse des mécanismes financiers, tels que la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), la fiscalité des entreprises et la géographie de l'emploi public, met en évidence un système où la densité métropolitaine est systématiquement récompensée au détriment de l'équité territoriale.

La persistance du modèle jacobin dans l'économie territoriale

Le centralisme français ne saurait être compris sans son ancrage historique. Dès l'Ancien Régime, la monarchie a utilisé l'administration, notamment par le biais des intendants, pour affirmer le pouvoir souverain sur les provinces. Cette structure a été pérennisée et renforcée par la période révolutionnaire et les régimes successifs, faisant de Paris non seulement le siège du gouvernement, mais aussi le centre névralgique de toute l'activité économique et intellectuelle du pays. Cette macrocéphalie urbaine s'accompagne d'un paradoxe : alors que la décentralisation a officiellement transféré des compétences aux collectivités locales, l'État central conserve la haute main sur les arbitrages financiers majeurs. En 2022, la dépense publique totale s'élevait à 1 560 milliards d'euros, mais les administrations publiques locales (APUL) n'en géraient que 18 %, le reste étant partagé entre les administrations de sécurité sociale (43 %) et l'État central (39 %).


Source : Insee, Comptes nationaux 

Cette structure budgétaire favorise intrinsèquement les zones où l'État est le plus présent. La concentration des ministères, des grandes écoles et des établissements publics nationaux en Île-de-France génère une dépense publique de fonctionnement massive qui profite directement au tissu économique local parisiens. Ce phénomène crée une boucle de rétroaction positive : les investissements publics attirent les entreprises privées, qui à leur tour génèrent des recettes fiscales permettant de justifier de nouveaux investissements publics.
 

Les mécanismes budgétaires de la concentration : La Dotation Globale de Fonctionnement

Le grief le plus manifeste des petites villes de province porte sur le calcul de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), principal concours financier de l'État aux communes. La DGF repose sur une logique où un habitant des zones urbaines denses bénéficie d'une aide financière supérieure à celle d'un habitant des zones rurales. Ce système est mathématiquement structuré par un coefficient logarithmique qui pondère la population en fonction de la taille de la commune.

La logique du coefficient logarithmique et les charges de centralité

L'argument officiel avancé par l'administration pour justifier cette disparité est celui des "charges de centralité". Les grandes villes supporteraient des coûts fixes plus élevés (équipements culturels, réseaux de transport complexes, sécurité renforcée) qui profiteraient également aux populations périphériques. Pour compenser ces charges supposées, le calcul de la part forfaitaire de la DGF utilise une formule de type :

Où Dhab est la dotation par habitant et P la population de la commune. En pratique, cette modulation crée des écarts de ressources du simple au double. Un habitant d'une petite commune rurale génère une dotation de base d'environ 62 euros, tandis qu'un habitant d'une métropole de plus de 200 000 habitants en génère environ 124 euros. Pour l'Association des Maires Ruraux de France (AMRF), cette hiérarchisation des citoyens est inacceptable, car elle ignore les charges spécifiques des zones peu denses, telles que l'entretien de réseaux routiers kilométriques ou le maintien de services de proximité coûteux dans un contexte de dispersion.


Source : DGCL, Bureau des concours financiers
 
Cette disparité est d'autant plus critiquée que la DGF est en partie financée par la TVA, un impôt payé de manière uniforme par tous les consommateurs français, quel que soit leur lieu de résidence. Ainsi, le consommateur d'un village de la Creuse contribue au financement d'une dotation qui profitera deux fois plus à la ville de Paris ou de Lyon qu'à sa propre municipalité. Ce transfert occulte de richesse constitue, selon les détracteurs du centralisme, un véritable mécanisme de captation fiscale.

L'insuffisance des dotations de péréquation

Pour tenter de corriger ces inégalités, l'État a mis en place des mécanismes de péréquation verticale (DSU pour l'urbain, DSR pour le rural). Cependant, ces dotations de solidarité ne représentent qu'une fraction minoritaire de l'enveloppe totale de la DGF (environ 29 % en 2020). De plus, les critères d'éligibilité à la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) intègrent des variables sociales (logements sociaux, bénéficiaires d'aides au logement) qui tendent à favoriser systématiquement les grandes agglomérations, lesquelles disposent déjà d'un potentiel fiscal propre élevé grâce à la présence d'activités économiques denses. En revanche, la Dotation de Solidarité Rurale (DSR), bien qu'en augmentation, ne parvient pas à compenser le manque à gagner historique lié à la faiblesse de la dotation forfaitaire de base dans les petites communes.

La fiscalité économique et le mirage de la domiciliation des sièges sociaux

L'un des leviers les plus puissants du centralisme parisien réside dans la structure de la fiscalité économique locale, notamment la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE). La concentration des sièges sociaux des grands groupes à Paris et dans sa périphérie immédiate (Hauts-de-Seine) crée un déséquilibre majeur dans la répartition de la richesse fiscale.

L'avantage compétitif du dumping fiscal métropolitain

La concurrence c'est mal, sauf quand ça avantage la ville de Paris - Nicolas
 
Grâce à la densité exceptionnelle d'entreprises sur son territoire, la Ville de Paris peut se permettre d'appliquer des taux de CFE extrêmement bas tout en générant des recettes massives. En 2024, le taux de CFE à Paris se situe aux alentours de 16,5 %, un chiffre nettement inférieur à la moyenne nationale qui oscille souvent entre 20 % et 35 %. Dans certaines villes de province, où la base fiscale est plus étroite, les municipalités sont contraintes d'augmenter les taux pour maintenir leurs services publics, ce qui pénalise les entreprises locales et freine le développement économique.
 
Source : Kandbaz, Étude sur la domiciliation 
 
Ce différentiel de taxation incite les entreprises à domicilier leur siège social à Paris, même si leurs usines, leurs entrepôts ou leurs agences commerciales sont situés en province. En établissant leur "adresse administrative" dans la capitale, ces sociétés payent leur CFE au taux parisien réduit, privant les territoires où la production réelle s'effectue de ressources fiscales précieuses. Ce mécanisme de "domiciliation stratégique" permet à Paris de capter la substance fiscale de la province sans avoir à en supporter les coûts d'infrastructure ou les externalités négatives liées à la production industrielle (pollution, usure des routes, besoins sociaux des ouvriers).  
 
Vos entreprises locales se barrent à Paris pour payer moins d’impôts. C’est de l’évasion fiscale pure et simple. Mais comme ça finance les logements sociaux et les pistes cyclables des Parisiens, tout le monde ferme sa gueule. - Nicolas

La captation de la CVAE et le rôle de la pompe aspirante

Bien que la CVAE soit en cours de suppression progressive depuis 2023, son fonctionnement historique illustre parfaitement le "pillage" dénoncé. La valeur ajoutée produite par une usine en province était souvent déclarée au siège social parisien, entraînant une concentration des recettes au centre. Même si des mécanismes de répartition proportionnelle aux effectifs locaux existaient, la concentration des fonctions de direction et de recherche à Paris (postes à haute valeur ajoutée) garantissait une part disproportionnée des recettes à la région capitale. La suppression de la CVAE et son remplacement par une fraction de TVA transférée de l'État aux collectivités ne résout pas le problème de l'asymétrie initiale de la création de richesse, car elle cristallise les disparités passées dans les nouvelles dotations.
 
 Laurent Davezies démontre que la productivité apparente de Paris est une construction administrative : la valeur ajoutée créée par un ouvrier en Creuse est déclarée au siège social à Paris, où elle est taxée au profit du budget central . - Nicolas

La géographie de l'emploi public : Une hiérarchie spatiale du commandement

Le centralisme ne se limite pas aux flux financiers ; il se manifeste de manière spectaculaire dans la répartition des agents publics. L'Île-de-France concentre un cinquième des effectifs de la fonction publique métropolitaine (1,1 million d'agents sur 5,7 millions au total). Plus important encore que le nombre, c'est la structure hiérarchique de ces emplois qui favorise la capitale.

Surreprésentation des catégories A et A+

Paris est le lieu de concentration quasi exclusif de l'administration centrale (ministères) et des établissements publics nationaux. En conséquence, les postes de cadres (catégorie A) et de haute direction (catégorie A+) y sont massivement surreprésentés par rapport à la province.
  • À Paris, 40,3 % des agents de la fonction publique d'État travaillent dans des services déconcentrés de haut niveau ou en administration centrale.
  • La part des cadres A dans la fonction publique d'État atteint 70-73 % des recrutements.
Cette concentration de "matière grise" administrative et de hauts salaires publics a des effets multiplicateurs sur l'économie locale parisienne. Les agents de catégorie A, dont le salaire net mensuel moyen s'élève à 3 181 euros (contre 2 004 euros pour la catégorie C), alimentent la consommation de luxe, le marché immobilier et les services haut de gamme en Île-de-France. À l'inverse, la province hérite majoritairement des fonctions d'exécution (catégories B et C), moins rémunérées et plus vulnérables aux réformes budgétaires.
 
C’est ça, le fameux ruissellement ? L’argent finit direct dans les poches des hauts fonctionnaires parisiens. Des dizaines de milliards injectés dans l’économie de la capitale. - Nicolas

L'effet d'entraînement économique des hauts revenus publics

La présence de cette élite administrative génère une demande solvable qui soutient des prix de l'immobilier et des services élevés, contribuant à un PIB par habitant en Île-de-France (59 633 euros en 2018) près de deux fois supérieur à la moyenne de la province (30 119 euros). Ce dynamisme n'est pas seulement le fruit de l'efficacité économique privée, mais le résultat direct d'une politique de concentration des moyens de l'État. En finançant ces hauts fonctionnaires par l'impôt national, la France procède à un transfert constant de pouvoir d'achat des classes moyennes de province vers les quartiers résidentiels parisiens.

L'investissement dans les infrastructures de transport : Le Grand Paris face au désert ferroviaire

L'arbitrage budgétaire en matière d'infrastructures de transport constitue l'une des preuves les plus tangibles du bénéfice tiré du centralisme par la métropole parisienne. Le projet du Grand Paris Express (GPE) incarne cette démesure.

Le Grand Paris Express : Un gouffre financier national

Le GPE prévoit la construction de 200 km de nouvelles lignes de métro automatique autour de Paris. Son coût global, initialement estimé à 22,6 milliards d'euros, a été révisé à plus de 35,6 milliards d'euros en 2012, et pourrait dépasser les 38 milliards d'euros avec les dépenses d'intervention. Bien que le financement de la Société du Grand Paris (SGP) repose sur des taxes locales (taxe sur les bureaux, IFER), l'ampleur des sommes mobilisées et la garantie de l'État créent une éviction financière de fait pour les projets de province.
 
Pendant que Paris fait du dumping fiscal avec des impôts locaux ultra-bas, c’est vous qui payez pour ses infrastructures. Au détriment des vôtres. - Nicolas
 
Pendant que l'Île-de-France investit des dizaines de milliards dans un réseau de métro circulaire ultra-moderne, les petites lignes ferroviaires de province (lignes de desserte fine du territoire) sont menacées de fermeture ou souffrent d'un manque chronique d'entretien. Le budget annuel de l'AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France), qui doit couvrir l'ensemble du territoire national, est régulièrement mis sous tension par les besoins de la région capitale.
 
 

La subvention d'équilibre de la RATP

Un point particulièrement sensible est le financement du régime spécial de retraite de la RATP. L'État verse une subvention d'équilibre de 0,8 milliard d'euros par an pour combler le déficit démographique de ce régime. Ce montant est prélevé sur les recettes générales de l'État, ce qui signifie que les contribuables de province, qui pour beaucoup n'ont accès à aucun transport public performant et doivent financer leur voiture personnelle, payent pour la retraite avantageuse des agents du métro parisien. Cette situation est perçue comme le symbole même d'un "pillage" où la province finance le confort et les services de la capitale.  
 
Et c’est encore vous qui casquez pour la retraite dorée des agents de la RATP. Eux à 55 ans. Vous à 65. - Nicolas

La culture comme instrument de rayonnement centralisé

La concentration de la dépense publique culturelle en Île-de-France est un autre marqueur du déséquilibre territorial. En 2024, le budget du ministère de la Culture s'élève à 4,6 milliards d'euros. Une part prépondérante de ces crédits (1,6 milliard d'euros) est destinée à environ 80 établissements culturels nationaux, dont la quasi-totalité est située à Paris ou en proche banlieue (Louvre, Opéra, BNF, Muséum d'Histoire Naturelle). 
 
 Ouais ouais, un tiers de l’argent culture va à 80 musées parisiens. Et évidemment, ce sont eux qui empochent tout le fric des touristes. Par contre, dès qu’on leur pique des trésors nationaux, ils manquent de moyens… et Rachida Dati débarque en vitesse pour déclarer que tout est exceptionnel. » - Nicolas

Le monopole du prestige culturel

Cette concentration budgétaire crée une disparité d'accès aux services culturels majeurs. Alors que 39 % des actifs exerçant une profession culturelle travaillent en Île-de-France, la province doit se contenter de budgets déconcentrés (DRAC) souvent soumis à des gels de crédits ou à des coupes budgétaires (jusqu'à -15 % dans certains secteurs déconcentrés en 2025).
 
L'impact sur la population est direct :
  • La probabilité de fréquentation théâtrale pour un habitant de Paris est de 50 à 70 %.
  • En province, cette proportion tombe à 17,6 %.
  • Les Parisiens bénéficient d'un investissement public par habitant en infrastructures culturelles sans commune mesure avec celui d'un habitant d'une petite ville de province.
Derrière leur mépris de classe pour les "provinciaux incultes", il y a une autre réalité : c’est le bouseux qui finance la culture parisienne. - Nicolas
 
Ce déséquilibre ne relève pas seulement du choix des usagers, mais d'une offre structurellement concentrée. L'argent de l'impôt national finance des institutions prestigieuses qui servent de vitrine au pays, mais dont le bénéfice réel (fréquentation, retombées touristiques, éducation artistique) reste majoritairement capté par les résidents de l'aire urbaine parisienne.

La péréquation : Un mécanisme de correction aux effets marginaux

Pour contrer les accusations de pillage, les défenseurs du modèle actuel soulignent souvent que la Ville de Paris et l'Île-de-France sont des contributeurs nets à la péréquation territoriale. En 2024, Paris affiche un solde net négatif de 657 millions d'euros au titre de la solidarité entre collectivités.

Le faux-semblant de la contribution nette

S'il est vrai que Paris reverse une partie de ses ressources, cette "générosité" doit être mise en perspective avec la manière dont sa richesse est constituée. Comme l'analyse Laurent Davezies, la productivité apparente de Paris est en grande partie une "productivité de siège". La richesse taxée à Paris est produite dans les usines de l'Est, les centrales nucléaires du Centre ou les ports de l'Ouest. En ne reversant que quelques centaines de millions d'euros sur des budgets de plusieurs dizaines de milliards, Paris conserve l'essentiel de la valeur ajoutée captée.
 
 Ils te prennent 100 balles, mais en vrai ils te disent “tiens, on te rend 2”. Et ils appellent ça de l’aide aux territoires. - Nicolas
 
De plus, la péréquation horizontale (FPIC, FSRIF) est plafonnée pour ne pas "étouffer" les contributeurs. En 2019, le plafonnement des contributions a permis à Paris et à Paris Ouest La Défense de conserver 39 millions d'euros qui auraient dû être redistribués selon les critères initiaux de richesse. Le système assure ainsi la survie minimale des petites communes tout en garantissant le maintien de l'hégémonie financière du centre.

La dépendance à la péréquation : Un outil de contrôle

L'augmentation des dotations de péréquation dans le budget des petites communes (jusqu'à représenter 22 % de leurs recettes de fonctionnement pour un quart d'entre elles) crée une situation de dépendance vis-à-vis des décisions centrales. Au lieu de disposer de ressources propres dynamiques (fiscalité économique liée à leur territoire), ces communes deviennent les allocataires d'une solidarité d'État qui peut être réduite à tout moment par une loi de finances. Ce passage de "l'autonomie fiscale" à "l'assistance budgétaire" est vécu comme une dépossession démocratique au profit des grandes métropoles qui, elles, conservent une base fiscale propre et dynamique.

Innovation et Fiscalité : Le Transfert de Valeur via les Crédit d'Impôt

Le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) est l'un des outils les plus puissants de concentration de la dépense publique "indirecte". En 2023, la créance totale s'est élevée à 7,8 milliards d'euros. Contrairement à une subvention directe, le CIR est une dépense fiscale qui réduit l'impôt dû par les entreprises. L'Île-de-France génère à elle seule les deux tiers (environ 66 %) de la créance du CIR recherche.
Cette concentration est structurelle : le CIR profite majoritairement aux grandes entreprises (41 % de la créance pour 3,5 % des bénéficiaires) et aux secteurs des services numériques et de la R&D aéronautique, spatial et électronique, dont les sièges sociaux et les laboratoires sont à 85 % situés dans quatre régions, dont l'IDF est la tête de pont absolue. Pour agrandir l'écart de dépense entre Paris et la province, il suffit d'intégrer ces "manques à gagner" fiscaux dans le budget public localisé. Un habitant de la Creuse ou de la Lozère ne bénéficie presque jamais des retombées d'un dispositif qui subventionne la recherche fondamentale des géants du CAC 40 à Paris.
Le plan France 2030 renforce cette tendance. Doté de 54 milliards d'euros, il vise des "innovations de rupture". Si un volet "régionalisé" de 1 milliard d'euros existe pour assurer une irrigation minimale des territoires, le cœur des investissements (nucléaire, hydrogène vert, biomédicaments) se porte sur des écosystèmes préexistants. Au 31 mars 2025, l'Île-de-France comptait 4 534 projets sélectionnés, loin devant l'Auvergne-Rhône-Alpes (2 506) et l'Occitanie (1 546). Dans des départements comme la Creuse ou l'Ain, le nombre de projets financés par France 2030 est résiduel, confirmant que l'investissement d'avenir est un investissement métropolitain. 
 
 

Conséquences sociales et territoriales : Le "Pillage" au quotidien

Le bénéfice du centralisme pour Paris se traduit concrètement par une dégradation de la qualité de vie dans la province profonde, surnommée parfois la "diagonale du vide".
  • Déserts médicaux : Alors que Paris affiche des taux d'administration hospitalière records, certains départements ruraux comme la Seine-et-Marne (limitrophe mais rurale dans l'âme) ou l'Ain présentent des taux trois fois inférieurs.
  • Sentiment d'abandon : Le recul des services publics (fermeture de classes, de gendarmeries, de tribunaux de proximité) contraste avec le maintien du maillage serré dans la capitale.
  • Fracture numérique et transport : La priorité donnée au GPE et au TGV (qui relie les métropoles entre elles) laisse de côté le transport du quotidien en province, obligeant les habitants à consacrer une part croissante de leur budget à la voiture, sans aucune alternative publique financée par la collectivité.
Le "pillage" n'est donc pas seulement un transfert de chiffres sur une feuille de budget ; c'est une réalité matérielle où l'impôt payé en province sert à financer une hyper-modernité parisienne tandis que le service de base s'étiole ailleurs.  
 
C’est là que l’horreur commence. Ils ont complètement vidé le travailleur de province de tout le fruit de son travail. Plus de pouvoir d’achat : les commerces ferment les uns après les autres, la vie des petites villes crève. Les médecins se barrent vers Paris. Et toi, tu crèves dans un désert médical. Parce que ton argent termine dans la poche d’un haut fonctionnaire qui sirote tranquillement son matcha à Paris. - Nicolas
 


 

Conclusion : Vers une remise en cause du pacte territorial

L'analyse exhaustive des flux financiers et administratifs confirme que la ville de Paris et la région Île-de-France bénéficient structurellement du centralisme français de manière disproportionnée. Par le biais d'un système de dotations biaisé (DGF logarithmique), d'une fiscalité captant la valeur ajoutée provinciale via les sièges sociaux (CFE/CVAE) et d'une concentration massive de l'emploi public de haut niveau, le modèle métropolitain s'auto-entretient aux frais de la solidarité nationale.
Si Paris assume un rôle de contributeur net à la péréquation, ce reversement marginal ne compense pas la captation primaire de la richesse et des investissements de prestige (Grand Paris Express, institutions culturelles nationales). Le sentiment de "pillage par l'impôt" exprimé par les petites villes de province repose sur une réalité comptable et infrastructurelle : un transfert de pouvoir d'achat et de capacité d'action des territoires périphériques vers le centre. Sans une réforme profonde des critères de la DGF et une véritable déconcentration des fonctions de direction de l'État et des entreprises, le déséquilibre territorial français risque d'accentuer les fractures sociales et politiques, remettant en cause le principe même d'égalité devant les services publics.  
 
Si le centralisme ne date pas d’hier. Mais après 45 ans de socialisme, la gauche s’est parfaitement approprié le système. Elle règne sur les grandes villes qui se goinfrent de dépense publique pendant que la province trinque.Pourquoi les Parisiens se foutent de la dette d’Hidalgo ? Parce que c’est pas eux qui payent. Ce sont vos entreprises déclarées à Paris, la TVA que vous versez tous les jours et l’État qui comble les trous. Vous financez ses conneries bien plus qu’un Parisien.Voilà pourquoi ces villes restent des bastions de gauche. Elles vivent grassement de l’argent public. Faire des économies ? Jamais. Ce serait taper direct dans le portefeuille de leur électorat. - Nicolas
 



 
Sources des citations
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  5. Centralisme ''jacobin'', vraiment ? - Révolution Française, consulté le mars 23, 2026,
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  10. Pour une réelle péréquation des richesses entre collectivités - Banque des Territoires, consulté le mars 23, 2026,
  11. ANNEXE 9 - Les concours financiers de l'État aux collectivités territoriales, consulté le mars 23, 2026,
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  13. La péréquation territoriale - Manty, consulté le mars 23, 2026,
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  15. CFE à Paris : pourquoi coûte-t-elle moins cher ? | Kandbaz, consulté le mars 23, 2026,
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