Liberté Manifeste – Stéphane Geyres
Une nouvelle œuvre est née, qui vient prendre sa place au sein de notre série d’auteurs francophones contemporains portant haut les valeurs de la liberté et du libéralisme, série qui, alternant avec des auteurs anciens, incarne notre signature.
Je n’ai pas souhaité m’aventurer à préfacer ce livre ni même à présenter son auteur. J’ai préféré laisser cette tâche à l’éminent Serge Schweitzer, qui l’a bien mieux fait que je ne pourrais le faire et que je tiens à remercier tout particulièrement pour cette gracieuse contribution.
Stéphane Geyres, directeur de collection des Éditions John Galt, étant l’habituel rédacteur de nos préambules, cet exercice m’incombe donc pour Liberté Manifeste dont, chose inhabituelle, il est l’auteur.
Liberté Manifeste est le troisième ouvrage de Stéphane Geyres, et comme les deux précédents, ce livre sort de l’ordinaire, du moins dans la forme. Fruit de la collaboration de l’auteur tout d’abord avec un journaliste à l’opinion libérale, puis avec un jeune rédacteur plus rompu aux idées complexes et techniques de la philosophie libérale, il prend le lecteur par la main pour le conduire pas à pas au travers du dédale des objections communes et récurrentes à la liberté individuelle.
La particularité de la démarche d’écriture, comme une investigation dans laquelle le lecteur peut sauter d’une question à l’autre, en fait surtout une démarche didactique que chacun peut suivre à son rythme. Le livre adopte une progression naturelle et systématique.
Cette enquête démarre sur un constat : plus personne ou presque ne sait ce qu’est la liberté, et rares sont ceux qui savent la définir avec finesse, justesse, cohérence et pertinence. Tout part donc de la définition de la liberté que Stéphane Geyres nous propose, la synthèse de toutes les variantes et nuances que ses lectures, ses rencontres et sa propre réflexion lui ont inspirée. De là, chaque chapitre construit et érige un nouvel étage à la réalisation d’un ouvrage qui ambitionne de porter le lecteur hors du cadre et hors des griffes d’un oppresseur aux multiples visages.
Liberté, puis Droit naturel, et vient ensuite la Justice. Toutes les bases sont alors posées pour brosser dans un mode logique l’organisation de cette société libre future que Stéphane Geyres appelle de ses vœux. Il y fait également la revue des approches, politiquement engagées ou pas, qui selon lui peuvent conduire ceux qui y aspirent à une pleine Liberté.Pour que la Liberté Manifeste, se manifeste, à qui s’adresse donc ce livre ? Comment en aborder la lecture, si le lecteur découvre à peine les thèses hors des sentiers battus et du conformisme ambiant ? Est-il bon de le mettre entre toutes les mains ? De toute évidence !
Il est manifeste, pour le coup, qu’il s’adresse à un large public. Quiconque souhaite réfléchir à la liberté, découvrir d’autres angles de vue, explorer d’autres modèles de réflexion ou approfondir les mécanismes d’une société de liberté, tirera bénéfice de la richesse et de la puissance de cet ouvrage.
Ce livre s’adresse aussi à ceux qui souhaitent simplement découvrir ce que la liberté veut dire et qui se laissant guider au fil des pages, poseront un regard résolument nouveau sur notre monde contemporain et son organisation. Ils seront ainsi immergés dans une expérience de pensée dont nous avons perdu l’habitude à l’ère où l’émotion est instituée comme éthique de rigueur.
Je souhaite que ce livre puisse susciter en vous une curiosité et une envie de liberté pour vous assurer des lendemains meilleurs et un avenir prospère et serein.
Laurence Souillot
Présidente
https://editions-johngalt.com/liberte-manifeste-stephane-geyres/
Avec l'ouvrage de Stéphane Geyres au titre qui interroge - Liberté Manifeste - on ne court guère de risques. Les choses sont claires, les buts non dissimulés, la dimension scientifique respectée, les règles universitaires jetées par-dessus bord quand elles sont considérées comme pourvoyeuses de lourdeurs. Dit autrement, l'auteur a une prétention plutôt rare chez les intellectuels français, puisqu'il écrit pour être lu ! Cette insolence ne s'arrête pas là, puisqu'un fil conducteur, la Liberté, parcourt chacun des chapitres.
Le livre de Stéphane Geyres est court, dense, percutant. Il bouscule, interroge, oblige à la réflexion. Imperturbable, il ramène toujours, encore, inlassablement, au seul enjeu à l'aune duquel tout doit être mesuré, jaugé, jugé, soupesé, c'est-à-dire, selon lui, le critère de la Liberté.
Finalement qu'attendre d'autre et qu'espérer d'un livre de sciences humaines, sinon d'inviter à la réflexion ? Un bel exercice dont il faut savoir gré à l'auteur et à ceux qui en jouant le rôle de Candide ont poussé l'auteur dans ses retranchements ultimes.
Que tous trois en soient remerciés, et je le souhaite et l'espère, lus en abondance.
Serge Schweitzer.
Faculté de droit d'Aix-Marseille.
Une synthèse visuelle des thèses développées dans mon livre "Liberté Manifeste", aux Editions John Galt.
Le carrousel en fin de ce post
Un des premiers constats à faire tient à l'énorme différence entre démocratie, illusoire, et la société libre, Libéralie, issue de l'ordre spontané, seule société où règne la souveraineté individuelle, condition sine qua non de la Liberté et seule société réaliste envers l'Homme.
Dans cette société de Liberté, tout le fonctionnement repose sur deux principes : rien ne peut être imposé à quiconque sans son consentement explicite ; absolument tout ce qui est tangible (sol, objets) est la propriété privée de celui qui est seul légitime à décider qu'en faire.
La société libre se caractérise par l'absence de droit positif - au sens de législation. Elle s'organise sur la seule base du Droit naturel, càd propriété privée et libres contrats entre les personnes. Il n'y a aucune exception, il n'y a aucun monopole ni aucun pouvoir politique.
La légitimité et la réalité du Droit naturel - et donc de la propriété privée - s'établit sans contestation possible à partir de "l'axiome de l'argumentation", qui est équivalent au simple constat que les gens civilisés préfèrent le respect et dire bonjour à la violence gratuite.
Ces principes vus du prisme de la justice reviennent au Principe dit de Non-Agression - "NAP". Le crime se reconnaît chez quiconque prend l'initiative de violer, d'agresser, de ne plus respect la propriété privée d'autrui - son corps, ses biens, les contrats et engagements pris.
Ainsi, la justice étatique est un sommet d'arbitraire et d'injustice. Des crimes ne sont jamais jugés, on condamne des non-criminels, les victimes ne sont pas dédommagées, les crimes ne sont pas réparés, la prison coûtent deux fois aux victimes, la vengeance guide les sanctions.
Ce tableau compare la justice actuelle à la justice de la société libre, Libéralie. Où ce qui importe, c'est de se concentrer sur la victime, sur le retour au Droit antérieur au méfait, le tout grâce aux services commerciaux, en concurrence, de juges-arbitres privés responsables.
Dans cette société, le rôle de la police judiciaire est remplacé par celui de l'assureur, producteur de services de protection - des biens, des personnes, etc. Plus de police d'intervention, on se replace sur la prévention et sur l'aide à la négociation de la réparation du crime.
La société libre s'organise en une Mosaïque de petits territoires, tous reliés les uns aux autres par divers accords de collaboration, de protection et de défense, y compris de libre circulation des personnes. Chaque Libéralie entretient sa 'culture', ses traditions et ses goûts.
En Libéralie, les -rares- conflits sociaux profonds peuvent se régler par la tolérance, mais on préfèrera souvent adopter une règle commune approuvée par unanimité, ou sinon par la scission du territoire en deux parties qui chacune optera pour sa préférence. Rien n'y est imposé.
Il est illusoire d'espérer atteindre ni même seulement approcher du monde libre par la réforme politique de notre monde démocratique. Parce que la démocratie ne reconnaît pas la voix de la minorité, ni ne reconnaît le droit de la quitter. Seul le Liechtenstein reconnaît ce droit.
De ce fait, dans notre monde, pour espérer mener une sécession, il nous faut faire monter le plus de monde possible en haut de la pyramide de la maturité libérale. Afin que plus de monde se réveille à la Liberté et se mobilise pour l'action pacifique à son retour parmi nous tous.
Avec plus de monde acteur de sa Liberté, la sécession se fera spontanément, par la multiplication partout de refus de continuer à se laisser imposer l'arbitraire de l'état démocratique - ou pas. Aucune révolution, mais le soulèvement des Hommes révoltés inspirés par Albert Camus.
Tout le programme, toute l'ambition est là. Devenir entrepreneur de la Liberté, de sa Liberté et par suite de celle des autres. La Liberté viendra de la capacité de chacun à s'instruire, se réveiller et à prendre des initiatives nouant peu à peu les liens entre les Hommes libres.
Stéphane Geyres
https://x.com/StephaneGeyres/status/2042895513893192137
Maturité libérale
Libéralie est le trou noir de la Liberté où tout libéral sincère finit par arriver, sauf s’il se refuse à l’approcher d’assez près.
« Que reprochent alors les libertariens aux libéraux classiques ? De défendre en paroles le droit fondamental à la liberté, mais de n’en avoir en réalité qu’une conception relative. » – Henri Lepage
Au début, comme tout le monde
Au début de ma démarche politique, comme tout le monde, je ne savais même pas – même « plus » – qu’il y avait des libéraux autour de nous. Puis je découvrais Revel, Mises, Hazlitt, Rand, Bastiat et enfin Salin, Rothbard, Ron Paul, Guillaumat et Hoppe, et bien d’autres. À chaque lecture, à chaque auteur me poussant vers le prochain, les pièces du puzzle se dessinent – sujet par sujet – et le puzzle se met en place, la première image claire étant acquise avec Rothbard.
Ainsi, me voilà finalement libertarien, anarcho-capitaliste rothbardien tendance Hoppe-Kinsella, austro-libertarien, signez là en bas svp en deux exemplaires.
Me lançant en parallèle dans le « militantisme virtuel » grâce à Internet, je rencontre peu à peu d’autres libéraux, qui eux aussi se cherchent un peu, ou qui cherchent les quelques autres rares libéraux avec qui échanger – histoire de se sentir moins seuls dans ce monde rose aux nombreuses épines.
Bien vite, j’ai découvert que tous les libéraux ne partageaient pas tous les mêmes idées ou points de vue, à ma grande surprise. D’autant que pour un anarcap, la question ne se pose pas, le libéralisme ne peut être qu’anarchique, c’est prouvé, la question est réglée – si, si... Et de découvrir les minarchistes, les randiens, les « classiques » et, plus fort, même des « libéraux de gauche » et « géolibertariens ». D’autant que, parmi ces libéraux de degrés divers, se cachaient quelques grands noms, dont Garello ou Madelin. Incompréhensible.
Vient l’expérience de Libres ! où confronté à une centaine d’auteurs de libéralismes forcément variés, je pratique, avec Ulrich Genisson, pendant quatre mois la négociation quotidienne de la formulation des idées libérales. Au point de découvrir un libéral ayant pignon sur rue, et pourtant incapable de concevoir le droit comme un invariant intemporel.
Ainsi, après ces quelques étapes et de longues heures sur les réseaux à tirer le libéral vers le haut, j’ai acquis la conviction que s’il n’y a bien qu’un seul libéralisme, il y a plusieurs niveaux de libéraux, du moins plusieurs niveaux de maturité du libéral.
Maslow du libéral
Une série de conversations avec mon ami Patrick Aubin sur Toulouse nous a d’ailleurs donné l’idée de les classer selon une hiérarchie inspirée de la pyramide de Maslow, allant des moins « éveillés » vers les plus « rigoristes » – dont je crains bien faire partie, j’assume. L’idée à ce stade est assez simple et devrait parler à beaucoup.1
Puis je découvrais Revel, Mises, Hazlitt, Rand, Bastiat et enfin Salin, Rothbard, Ron Paul, Guillaumat et Hoppe, et bien d’autres. À chaque auteur, les pièces du puzzle se dessinent – sujet par sujet – et le puzzle se met en place, une image claire étant acquise avec Rothbard.
Ainsi, après ces quelques étapes et de longues heures sur les réseaux à tirer le libéral vers le haut, j’ai acquis la conviction que s’il n’y a bien qu’un seul libéralisme, il y a plusieurs niveaux de libéraux, du moins plusieurs niveaux de maturité du libéral.
Il y a d’abord les libéraux «dormeurs», qui ne se savent même pas libéraux. Souvent vaguement de droite ou conservateurs, souvent abstentionnistes, plus rarement à gauche, ils font notre espoir car leur nombre permettrait de renverser toute majorité – s’ils devaient se réveiller.
Puis viennent les premiers à s’afficher libéraux mais tout aussi «démocrates», n’ayant pas encore pris pleinement conscience que la démocratie n’est et ne peut être que tyrannique. Ils ont l’avantage d’avoir compris la dimension universelle de la Liberté mais... il y a un mais...
Enfin viennent les anarcho-capitalistes, qui pour moi et bien d’autres sont les seuls libertariens pour ne pas dire les seuls libéraux. Vu qu’à chaque étage la Liberté perd une part substantielle de ses ouailles, autant dire qu’il y a fort peu de libertariens.
On pourrait même avancer qu’il existe un nirvana du nirvana, le septième ciel libéral, celui des «austro-anarcaps», adeptes de la rigueur d’un Hans-Hermann Hoppe. Car il se trouve que certaines conclusions hoppéennes ne plaisent pas à tous les libertariens... Mystère...
Une chose reste sûre selon moi. L’anarcapie est le trou noir de la Liberté dans lequel tout libéral sincère finit par arriver, sauf s’il refuse d’approcher celle-ci d’assez près. Une fois comprise et découverte, on ne fait pas marche arrière.
Une chose reste sûre selon moi. L’anarcapie est le trou noir de la Liberté dans lequel tout libéral sincère finit par arriver, sauf s’il refuse d’approcher celle-ci d’assez près. Une fois comprise et découverte, on ne fait pas marche arrière.
Je pense qu’il n’existe qu’un seul libéralisme pleinement juste et durable, qui passe par la réalisation des fonctions régaliennes par la société privée, ce qui implique la sécession. Et que toute autre option ne ferait que retarder l’avènement d’une société humaniste car libre.
Avec Stéphane Geyres : https://liberalie.substack.com/p/maturite-liberale






















