Affichage des articles dont le libellé est faillites subventionnées. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est faillites subventionnées. Afficher tous les articles

novembre 05, 2026

La mainmise flagrante du corporatisme d'État de Trump

 La mainmise flagrante du corporatisme d'État de Trump

Par Scott Lincicome 

.De la sidérurgie aux semi-conducteurs, en passant par la défense et l'exploitation minière, le gouvernement fédéral est de plus en plus étroitement lié aux entreprises privées. Cette nouvelle ère de « corporatisme d'État » menace le dynamisme et l'innovation fondés sur le marché qui ont longtemps été les piliers de la prospérité américaine.

 


 En privilégiant une intervention économique et une politique industrielle plus marquées, ils abandonnent les principes qui ont fait des États-Unis la nation la plus prospère au monde et le leader technologique incontesté. 

 L’évolution la plus préoccupante à cet égard est l’adoption rapide, par l’administration Trump, d’une forme de « corporatisme d’État » touchant diverses entreprises et secteurs. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le gouvernement américain a pris des participations directes et permanentes dans 12 entreprises privées, devenant, dans la plupart des cas, leur principal actionnaire, avec des options permettant à l’État d’accroître encore sa part à l’avenir. Le gouvernement a également obtenu une « action en or » (golden share) au sein d’U.S. Steel, lui conférant un droit de regard sur toute une série de décisions et d’opérations de l’entreprise. Par ailleurs, il a exigé une part substantielle des revenus générés en Chine par Nvidia et d’autres entreprises américaines du secteur des semi-conducteurs, en échange de la levée des contrôles à l’exportation justifiés par des impératifs de sécurité. Des responsables de l’administration Trump ont d’ailleurs laissé entendre que d’autres mesures de ce type seraient prises dans les mois à venir. 

 Ce corporatisme d’État pratiqué par le gouvernement fédéral est sans précédent. Certes, Washington a longtemps soutenu les entreprises nationales par le biais de droits de douane, de subventions, de politiques d’achat public préférentielles, d’avantages fiscaux ou réglementaires, et d’autres formes d’intervention. Toutefois, ces mesures étaient d’ordre général, mises en œuvre de manière indirecte, souvent encadrées par la loi et soumises à une surveillance gouvernementale limitée. Si ces politiques soulèvent, par nature, des préoccupations d’ordre économique et politique, elles diffèrent fondamentalement du corporatisme d’État, qui confère au gouvernement fédéral un intérêt direct, permanent — et, dans la plupart des cas, financier — dans les activités quotidiennes d’une entreprise, dans le cours de son action en bourse, ainsi que dans sa réussite ou son échec final. Le tout, sur la base d’un fondement juridique pour le moins ténu, voire inexistant. Le corporatisme d’État se révèle également plus coercitif. Dans la quasi-totalité des exemples passés de politique industrielle américaine, l’implication d’une entreprise auprès du gouvernement reposait sur le volontariat : si la direction et les actionnaires ne percevaient aucun avantage financier à participer à un programme donné, ils étaient libres de refuser (ou de s’en retirer).  

Le corporatisme d’État prôné par Trump s’est, quant à lui, régulièrement accompagné — à tout le moins en apparence — d’une forme de coercition étatique : des prises de participation ont fait suite à des menaces proférées par des responsables gouvernementaux — qu’il s’agisse de s’opposer à une acquisition étrangère (U.S. Steel), de susciter une opposition publique à la direction d’une entreprise (Intel), ou d’interdire l’exportation de certains produits tant que l’État n’obtient pas sa part (Nvidia). 

Dans les rares cas où le gouvernement américain a pris le contrôle, total ou partiel, d’une entreprise privée, cela s’inscrivait dans un contexte d’urgence réelle — qu’elle soit économique ou liée à la politique étrangère — et revêtait un caractère expressément temporaire ; le retrait de l’État était prévu dès le départ, sous réserve de la réalisation d’objectifs précis (comme le retour à la solvabilité de l’entreprise). Le corporatisme d’État, en revanche, ne présente aucune de ces caractéristiques. Il ne s’agit ni d’une nationalisation en temps de guerre — comme celle d’une aciérie pour produire des chars — ni d’un sauvetage d’urgence de géants de l’automobile en péril lors d’un effondrement financier. Il s’agit, au contraire, d’une intervention répétée, sans échéance définie et hors situation de crise, dans la sphère privée ; une pratique extrêmement difficile à défaire, qui crée un précédent ouvrant la voie à de nouvelles interventions de ce type dans les années à venir.

 Avec l’État fédéral comme actionnaire, les capitaux circulent pour des raisons politiques plutôt que commerciales ; le gouvernement dicte les décisions courantes des entreprises 

(comme on a pu le constater avec U.S. Steel) et le dynamisme entrepreneurial se trouve remplacé par une recherche de rente figée. 

Pour justifier les interventions sans précédent de l’administration Obama dans le secteur privé durant la Grande Récession, Rahm Emanuel, alors chef de cabinet à la Maison-Blanche, a tenu en novembre 2009, lors d’une réunion de dirigeants organisée par le *Wall Street Journal*, des propos restés célèbres : « Il ne faut jamais laisser une crise grave être gaspillée. Ce que je veux dire par là, c’est qu’une telle situation offre l’occasion de réaliser des choses que l’on pensait impossibles auparavant. » Seize ans plus tard, plus besoin de crise. Il suffit à un président d’invoquer vaguement la « sécurité nationale » pour justifier la nationalisation partielle d’un géant technologique comme Intel, ou la prise de contrôle de fait du troisième sidérurgiste du pays. 

 Certains qualifient cette nouvelle approche gouvernementale de « capitalisme d’État », mais il ne s’agit manifestement pas de capitalisme, au sens légitime du terme. Ce n’est pas non plus, à proprement parler, du socialisme.

Il s’agit de cette « voie médiane entre la concurrence “atomisée” et la direction centrale » contre laquelle F. A. Hayek mettait en garde dans *La Route de la servitude* : 

« Rien, en apparence, ne semble plus plausible, ni plus susceptible de séduire des esprits raisonnables, que l’idée selon laquelle notre objectif ne devrait être ni la décentralisation extrême de la libre concurrence, ni la centralisation totale autour d’un plan unique, mais un judicieux mélange des deux. Pourtant, le simple bon sens se révèle être un guide trompeur en la matière. Si la concurrence peut supporter une certaine dose de réglementation, elle ne saurait être combinée avec une planification — quelle qu’en soit l’ampleur — sans cesser de jouer son rôle de guide efficace de la production. » 

 Lorsque le poing visible du corporatisme étatique se substitue à la « main invisible » du marché, la liberté en pâtit, tout comme le dynamisme, l’innovation et la prospérité qu’elle favorise. Avec l’État fédéral comme actionnaire, les flux de capitaux sont guidés par des considérations politiques plutôt que commerciales ; le gouvernement dicte les décisions de gestion courante (comme on a pu le constater avec U.S. Steel) ; et le dynamisme entrepreneurial se trouve supplanté par une quête de rente figée — tant de la part de l’entreprise acquise que de celle d’acteurs cherchant à s’attirer les bonnes grâces de son propriétaire étatique. 

Le danger que représente ce nouveau conglomérat public « fantôme » ne réside pas seulement dans des distorsions de marché généralisées, une baisse de la productivité et un ralentissement de la croissance ; il tient aussi au fait que le bilan de l’État risque de gonfler sous son propre poids, enfermant les États-Unis dans un modèle économique politisé et hypertrophié, antinomique avec la liberté économique et l’épanouissement de la nation américaine.

 Le corporatisme d’État constitue donc un nouveau problème politique sérieux. Il n’est, hélas, pas non plus inattendu. 

L’éventail croissant des responsabilités de Washington

U.S. SteelSteelGolden shareCommittee on Foreign Investment in the United StatesJune 2025Defense Production Act
MP MaterialsMinerals$400 million, 15% stakeDefenseJuly 2025Defense Production Act
IntelSemiconductors$8.9 billion; 9.9% stake, 5-year warrants, exercisable if Intel does not have majority control of its manufacturing armCommerceAugust 2025CHIPS Act, converting awarded grants into equity
Trilogy MetalsMinerals$35.6 million; 10% stake, plus the right to another 7.5%DefenseOctober 2025NDAA, Office of Strategic Capital authority; Funding from the One Big Beautiful Bill Act
Lithium AmericasMinerals$182 million in deferred debt service; 5% stake in Lithium Americas and 5% stake in Thacker Pass joint ventureEnergyOctober 2025Restructured deal with the Department of Energy's Loan Program Office
WestinghouseEnergy (Nuclear)Option to take 8% stakeCommerceOctober 2025Executive Orders 14299 and 14302
ReElement TechnologiesMinerals$80 million, right to future stock purchase at a set priceDefenseOctober 2025NDAA, Office of Strategic Capital authority; Funding from the One Big Beautiful Bill Act
Vulcan ElementsMinerals$50 million in equityCommerceNovember 2025CHIPS Act
Vulcan ElementsMinerals$620 million, right to future stock purchase at a set priceDefenseNovember 2025NDAA, Office of Strategic Capital authority; Funding from the One Big Beautiful Bill Act
Korea ZincMinerals$210 million; 40% stake in a joint venture with U.S. partners, 10% stake in the companyDefenseDecember 2025CHIPS Act
xLightSemiconductors$150 million, undisclosed stake in the companyCommerceDecember 2025CHIPS Act
L3Harris/SpinoffRocket Motors$1 billion; convertible preferred security becomes equity following late-2026 Missile Solutions IPODefenseJanuary 2026NDAA, Industrial Base Analysis and Sustainment authority
Atlantic Alumina Company LLC (ATALCO)Minerals$150 million with more to come; preferred equity, more detail to comeDefenseJanuary 2026NDAA, Industrial Base Analysis and Sustainment authority
USA Rare EarthMinerals$277 million in federal funding and $1.3 billion in a loan; 8-16% stake, common stock and warrantsCommerceJanuary 2026CHIPS Act

 La dérive de la mission de l’intervention 

 Les plans de sauvetage qui ont commencé avec le Troubled Asset Relief Program (TARP) pendant la crise financière de la fin des années 2000 ont jeté les bases pour que le gouvernement prenne aujourd’hui des participations au capital d’entreprises privées. 

 Grâce au TARP, le gouvernement américain a offert son soutien à plus de 700 institutions, notamment en prenant temporairement des participations dans cinq sociétés. Le plus important de ces plans de sauvetage a été de 50 milliards de dollars pour General Motors, ce qui a valu au gouvernement une participation de 60,8 pour cent. Le gouvernement a vendu ces actions au cours des années suivantes, entraînant une perte directe de 10,5 milliards de dollars pour les contribuables. Chrysler a reçu environ 12,5 milliards de dollars d'aide fédérale, ce qui représente une perte de 1,3 milliard de dollars pour le Trésor américain. 

 Une simple comptabilisation des pertes financières ne rend compte qu’une partie des coûts de ces plans de sauvetage. Le gouvernement fédéral a réécrit à la volée la loi sur la faillite, érodant ainsi l’État de droit et un précédent de longue date. Il a refusé le butin de la concurrence à des constructeurs automobiles plus prudents comme Ford, Honda et Toyota, bouleversant le processus vital de destruction créatrice qui élimine les mauvais paris et récompense les bons. 

 Peut-être le plus important, comme l’avaient prévenu à l’époque les chercheurs du Cato Institute, ces plans de sauvetage ont ouvert la voie à une intervention plus forte de l’État dans l’économie à l’avenir, tout comme nous le constatons actuellement. Mon prédécesseur en tant que directeur du Centre Herbert A. Stiefel d'études sur la politique commerciale de Cato, Dan Ikenson, a souligné exactement ce point lors de sa comparution devant le Congrès en juin 2011 : 

« Si cela est considéré comme un succès, le seuil d’intervention aura été abaissé et les Américains auront l’occasion de juger des plans de sauvetage similaires à l’avenir… Les Américains seront plus disposés à étendre des pouvoirs sans objection sérieuse au pouvoir exécutif que nous n’étendrions pas en l’absence d’une crise perçue. » 

 Au cours de la même période, le gouvernement américain a également commencé à se considérer comme un investisseur public en capital-risque, investissant l’argent des contribuables dans des entreprises non éprouvées mais politiquement connectées. L’American Recovery and Reinvestment Act de 2009 (ARRA), d’une valeur de 800 milliards de dollars, a autorisé des subventions fédérales, des prêts, des crédits d’impôt et d’autres soutiens dans le but de stimuler l’innovation énergétique. Le gâchis de Solyndra de 475 millions de dollars est sans aucun doute l’échec de politique industrielle le plus notoire de l’ARRA, mais, comme je l’ai documenté en 2021, de nombreux autres projets de cette période ont également échoué ou n’ont jamais eu besoin de fonds publics pour commencer. Il n’est donc pas surprenant qu’une étude de 2024 ait révélé que les entreprises politiquement connectées étaient plus susceptibles d’obtenir des subventions de l’ARRA, mais que ces entreprises créaient moins d’emplois que leurs concurrents non politiquement connectés, bien que la création d’emplois soit l’un des principaux objectifs du projet de loi de relance.

L'ancienne présidente de la Chambre, Nancy Pelosi (Démocrate-CA), signe une loi en octobre 2008 créant le Troubled Asset Relief Program, qui permet au gouvernement de prendre des participations temporaires dans General Motors, Chrysler et trois autres sociétés. (Photo de Mark Wilson/​Getty Images)
 

L’ARRA a constitué un cas d’école illustrant les périls de la politique industrielle américaine ; pourtant, certains à Washington y ont vu une feuille de route. C’est ainsi qu’a vu le jour une expérience de politique industrielle d’une ampleur encore plus vaste, promue par l’ancien président Joe Biden durant la pandémie. À travers l’*Inflation Reduction Act* et le *CHIPS and Science Act*, le gouvernement fédéral a déversé des milliers de milliards de dollars sous forme de subventions et d’autres soutiens, destinés respectivement aux producteurs d’énergies renouvelables et de semi-conducteurs — des montants bien supérieurs à ceux alloués dans le cadre de l’ARRA. 
 
 Ces mesures ont suscité des inquiétudes quant au gaspillage et à la politisation, et leurs effets économiques précis font encore l’objet de vifs débats. Une chose est toutefois certaine : ces lois ont permis au président Trump de mettre en œuvre un corporatisme d’État d’une manière bien plus agressive et intrusive que ses prédécesseurs.
 
 

 

 

 

août 06, 2026

Les maux arts de la finance: Déficit public 2026 : Le gouffre de 106 milliards d'euros

France Macron and co.....

Déficit record : 106,8 milliards d'euros en 6 mois. 
Les chiffres du ministère des Comptes publics sont sans appel : le gouffre financier de la France s'aggrave encore de 6,4 % en 2026 [cite: Le déficit budgétaire de l’État atteint 106,8 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 6,4 % sur un an.,
 
Selon les chiffres publiés le mardi 4 août par le ministère de l'Action et des Comptes publics, l'État a accumulé... un déficit budgétaire supérieur de 6,4 milliards d'euros...]. Le matraquage fiscal ne suffit plus à masquer l'incurie.
 

Déficit à 106,8 milliards : L’interminable naufrage financier d’un État asphyxié par sa dette et ses dépenses militaires

Les trois moteurs du dérapage budgétaire de 2026

Analyse des postes de dépenses qui creusent le trou financier de l’État :

  • Le piège de la dette : 34,5 milliards d’euros d’intérêts payés en six mois (+19 %), conséquence directe de l’accumulation des déficits.

  • L’engrenage militaire : L’explosion des dépenses liées aux opérations extérieures et à la programmation militaire.

  • La facture bruxelloise : Une augmentation massive de 23 % du chèque versé au budget de l’Union européenne.

L’illusion de la rigueur et l’asphyxie par la dette

Les chiffres officiels publiés par le ministère de l’Action et des Comptes publics révèlent l’ampleur de la dérive budgétaire de l’État : le déficit atteint le sommet colossal de 106,8 milliards d’euros au premier semestre 2026, s’imposant en hausse de 6,4 % sur un an.
Selon les chiffres publiés le mardi 4 août par le ministère de l’Action et des Comptes publics, l’État a accumulé, entre le 1er janvier et le 30 juin, un déficit budgétaire supérieur de 6,4 milliards d’euros à celui enregistré sur la même période en 2025.
L’embellie passagère enregistrée en 2025 est désormais balayée, réduisant à néant les vaines promesses du gouvernement de ramener le déficit à 5 % du PIB.
Symbole ultime de ce piège financier, la charge de la dette explose : la France a payé 34,5 milliards d’euros rien qu’en intérêts bancaires sur six mois, enregistrant une hausse vertigineuse de près de 19 %.

Le matraquage fiscal ne suffit plus à éponger la dépense publique

Le problème de la France ne provient aucunement d’un manque de prélèvements.

Les contribuables continuent d’être essorés : les recettes du budget général progressent de 2,8 %, portées par la hausse de la TVA et de l’impôt sur le revenu.
Les recettes de l’État restent pourtant relativement solides. Sur le semestre, les recettes du budget général ont progressé de 2,8 %, portées notamment par la TVA (+4,2 % à périmètre constant) et l’impôt sur le revenu (+2,7 %).
Malgré cette manne fiscale – complétée par la récupération de 6,9 milliards d’euros de dotations de recherche – le tonneau des Danaïdes reste béant face à des dépenses en hausse incontrôlée de 5,6 %.
L’État a également bénéficié en janvier de la restitution de 6,9 milliards d’euros correspondant aux dotations de recherche arrivées à échéance.,
Le principal problème vient de la progression des dépenses, qui ont augmenté de 5,6 % sur un an.

Dépenses militaires et tribut européen : Les priorités déconnectées du pouvoir

Ce gouffre financier est directement alimenté par les choix géopolitiques de l’exécutif. L’escalade des engagements militaires extérieurs et l’application d’une Loi de programmation militaire prévoyant 36 milliards de surcoûts font exploser le budget de la Défense.

Dans le même temps, le tribut exigé par Bruxelles grimpe en flèche avec un prélèvement versé à l’Union européenne en bond de 23 %. Face à 276,8 milliards de dépenses contre seulement 187,7 milliards de recettes, le semblant de « gel des crédits » n’est qu’un pansement sur une jambe de bois, condamnant la Nation à une dette exponentielle.

 Malgré les mesures d’économies annoncées et le gel de certains crédits, le déséquilibre reste massif. Une situation qui alimente mécaniquement la hausse de la dette publique…


Pour aller plus loin : La dérive vertigineuse du déficit public et l’explosion du coût de la dette témoignent de la faillite globale d'un État technocratique qui dilapide les ressources nationales. Qu'il s'agisse de verser des milliards à l'Union européenne et d'alimenter la surenchère militaire à l'étranger, de désarmer les services régaliens comme les sapeurs-pompiers face aux incendies majeurs, ou de mener des interventions clandestines dissimulées à la Nation, la logique du pouvoir reste celle de l'irresponsabilité budgétaire et de la fuite en avant.


Retrouvez nos enquêtes exclusives pour comprendre l'ampleur de cette crise d'État :

https://presse-internationale.ru/deficit-a-1068-milliards-linterminable-naufrage-financier-dun-etat-asphyxie-par-sa-dette-et-ses-depenses-militaires/

 

Etat prédateur : « Un Etat qui ne peut plus réformer ses dépenses se tourne vers ceux qui produisent encore de la richesse »

Finances publiques dégradées, système politique paralysé, incapacité à réformer : la France illustre ce que Grégory Edberg et Erwan Le Noan, enseignants à Sciences Po, appellent le basculement vers « l'Etat prédateur ». Un Etat qui, faute de projet, conserve intacte une seule capacité : celle de prélever.

Au début des années 1980, Pierre Rosanvallon diagnostiquait « la crise de l'Etat-providence ». Un demi-siècle plus tard, le mot de crise ne suffit plus. Le pacte social bâti après 1945 pour accompagner une société jeune et en croissance, dans un monde ordonné en blocs, s'est vidé de sa substance sans que rien ne le remplace.

Vieillissement démographique, accélération technologique, transition climatique, fragmentation géopolitique : partout dans l'OCDE, les Etats y font face avec des moyens déclinants et des marges politiques réduites à néant.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/etat-predateur-un-etat-qui-ne-peut-plus-reformer-ses-depenses-se-tourne-vers-ceux-qui-produisent-encore-de-la-richesse-2245813?


 
Ce chiffre a un nom : le déficit budgétaire. 
 
En 6 mois, ce déficit a atteint 106,8 milliards d'euros. 
 
Officiellement, il pèse 5% du PIB. En réalité, il représente 57% des recettes de l'État. On vous détaille.
Le déficit ne vient pas seulement des dépenses courantes. Une bonne partie est absorbée par le remboursement de la dette :
 
34,5 milliards d'euros d'intérêts en 6 mois, +19% par rapport à l'année dernière. La France paie désormais plus pour rembourser sa dette que pour éduquer ses enfants. En année pleine, la charge de la dette (64 Md€) dépasse le budget de l'Éducation nationale (63 Md€).
 
Deux autres choix budgétaires expliquent le reste. La hausse du budget militaire, décidée par la nouvelle loi de programmation militaire, et la contribution au budget européen : +23% sur le semestre. Pourtant la France n'est pas à court de moyens. Elle dépense 57,3% de son PIB en dépenses publiques, un record en Europe, devant la Finlande et loin devant la moyenne de l'UE.
 
Côté recettes, la hausse est réelle : TVA (+4,2%), impôt sur le revenu (+2,7%). Mais les taxes sur l'énergie reculent, et 6,9 milliards € de dotations recherche ont dû être restitués. Ce déséquilibre ne disparaît pas, il s'accumule dans la dette totale du pays. La France doit désormais 3 550 milliards €, soit 118,1% de son PIB, le 3e taux d'endettement d'Europe.
 
[Sources : Anadolu Agency/ Les Financiers/ FranceSoir / Eurostat/ Creditnews/ dettedelafrance.fr / Touteleurope.eu]
 
 
 
Une critique "Gaulienne"

Il faut imaginer une France avec un déficit budgétaire intenable de 5% qui n'a pas connu de surplus depuis plus d'une génération, un déficit commercial abyssal, des entreprises non compétitives que l'on aide avec des rustines de subventions, des dépenses sociales qui explosent au moment même où les dépenses militaires deviennent urgentes, une dette gargantuesque dont les intérêts avalent toute marge de manœuvre. Et une assemblée trop divisée pour faire quoi que ce soit. Une France dans une situation tellement intenable qu'elle connaît l'humiliation d'un prêt sous conditions du FMI pour pouvoir simplement financer ses importations. 
 
 Ce n'est pas un scénario de prospective 2027, c'est l'année 1957. 
 
Et pourtant en 5 ans, tout bascule : dès 1963 la France retrouve le statut de grande puissance industrielle qu'elle n'avait plus connu depuis Napoléon III, un siècle plus tôt. Qui se souvient vraiment de ce qu'il s'est passé ? De la recette du redressement ? 
 
Plus vous augmentez le coût du travail, plus vous pénalisez les entreprises, la création de richesse et donc le marché du travail. J'insiste sur cet ordre : il faut faire partir son raisonnement de l'entrepreneur (et non de la consommation par exemple). On n'a pas le choix, car c'est l'entrepreneur qui prend le risque initial d'anticiper les besoins du marché par son apport en capital et qui permet aux échanges de se déployer. Il faut d'abord un individu prêt à risquer son capital pour devenir le catalyseur de la coopération humaine. Qu'elle soit interne (organisation des salariés, outils, etc) ou externe (partenaires, clients, etc), cette dynamique d'échange n'existe que parce qu'un entrepreneur a pris un risque conscient. Aucune création de richesse n'existe hors de ce risque et des échanges qu'il permet. Pénaliser l'entrepreneur, c'est pénaliser toute l'économie derrière lui. Arthur Homines
 
 
FRANCE 1957 : UN PAYS AU BORD DE L’EFFONDREMENT 
 
En 1957 l'industrie française est dépassée. 
 
 Elle produit quelques pépites dues au génie isolé de quelques ingénieurs d'élite, la DS de Citroën, l'avion Caravelle, mais rien à l'échelle nécessaire. Son industrie est sous-dimensionnée par rapport à celles des Américains, son organisation interne est archaïque, caractérisée par des relations très tendues entre syndicats et patrons. Le coût du travail et la fiscalité sont très élevés, alors que sa productivité est faible. Impossible donc d'exporter, impossible d'investir suffisamment, de construire des usines modernisées, efficaces, suffisamment automatisées. 
 
Alors même que la nouvelle révolution industrielle autour de l'aéronautique, du nucléaire, de l'espace bat son plein. 
 
Comme le pays ne peut s'enrichir par le dynamisme de son économie, le gouvernement de Mollet compense par le social. Ajoute une semaine de congés payés, augmente le salaire minimum, augmente les fonctionnaires, introduit un minimum vieillesse, bloque les prix agricoles… Mais tout cela coûte de plus en plus d'argent et ne fait que renforcer le manque de compétitivité de l'industrie française. Alors on multiplie les aides aux entreprises, les subventions à l'export, les facilités de paiement. Les grandes entreprises bien connectées en profitent, les petites périclitent. 
 
Tout cela est financé par la dette. Et les aides et niches créées deviennent impossibles à réformer sans s'aliéner leurs bénéficiaires. Et c’est au milieu de cette débandade économique que les frais liés à la guerre en Algérie explosent. Le pays est exsangue et ne peut plus faire face à ses dettes.
 
 Il doit avoir recours au FMI. C'est l'impasse et l'humiliation. Cette situation est… très très familière pour le moins. 
 
Tout le monde sait comment cela finit : le régime ne survit pas à la crise, la IVe République meurt, et De Gaulle est appelé au pouvoir. 
 
Mais comment le redressement a-t-il réellement lieu ensuite ? Comment est-on passé d'un pays totalement à terre à la France dominante et florissante du Général De Gaulle ? 
 
LA RECONSTRUCTION GAULLIENNE 
 
Face à l’ampleur de la crise, le 3 juin 1958 De Gaulle obtient de l’Assemblée Nationale les pleins pouvoirs législatifs jusqu'au 8 janvier. Il a 6 mois pour redresser l'économie française. 
 
 Il charge Jacques Rueff d'établir un plan de résurrection de l'économie nationale. Jacques Rueff est ce qui se fait de mieux dans la grande tradition des grands administrateurs français : un polytechnicien, inspecteur des finances, issu du cercle de réflexion X-crise, des anciens X qui réfléchissent à la meilleure façon de rendre à la France une économie digne d'elle. 
 
Rueff a des idées précises sur ce qui doit être entrepris pour la France et comprend tout le poids de la charge qui lui est confiée. Le 8 décembre 1958, un mois seulement avant la fin de la fenêtre où tout reste possible, Rueff remet à De Gaulle son rapport complet qui se conclut ainsi : « Ce programme ne peut être celui d'un groupe ou d'un parti, mais seulement celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister. » Le plan doit être adopté en conseil des ministres le 27 décembre. Mais le 24, Pinay, ministre des finances, juge le plan trop radical et menace de démissionner s'il n'est pas atténué. De Gaulle ne lâche rien. Le 27, quelques heures à peine avant le moment où doit se tenir le conseil des ministres fatidique, les 4 ministres SFIO envoient une lettre de démission, ce qui bloque tout. De Gaulle met une pression biblique, et obtient qu'ils diffèrent leur départ au 8 janvier, jour où le régime parlementaire sera rétabli. 
 
Ce jour-là, le 27 décembre 1958, le plan Rueff est adopté dans son intégralité par le conseil des ministres. 
 
De Gaulle défend son plan directement à la radio le lendemain, dans une allocution encore disponible sur le site de l'INA. Il s'exprime ainsi : « Sans l'effort de mise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et avec les espoirs qu'il suscite, nous resterions un pays à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale du redressement économique et financier, quelle étape sur la route qui mène la France vers les sommets ! » 
 
En quoi consiste le remède de cheval administré par Rueff et De Gaulle ? 4 étapes. 
 
1. Supprimer toutes les rustines pour stopper l'hémorragie. 
 
De toutes façons elles n’existent que parce que les vrais problèmes n’ont jamais été réglés. 
 
Alors plus de subventions aux entreprises, à la sécurité sociale, à la consommation. Fin des boucliers tarifaires (l'électricité et le charbon prennent immédiatement 15%). Tout est désindexé. Le blé, les salaires. Non seulement les retraites ne sont pas épargnées, mais on supprime la retraite pour les anciens combattants valides. (Le message est clair : si tu es en état de travailler, la France a besoin de toi, pas que tu restes à la maison.) Les dépenses de l'État baissent immédiatement de 14%, alors qu'elles ne faisaient qu'augmenter depuis un demi-siècle. 
 
BOUM. 
 
2. Augmenter les recettes de l'État 
 
En taxant prioritairement ce qui a le moins d’impact sur la performance économique du pays. 
 
Augmentation de la TVA. 
Augmentation des taxes sur le tabac et l'alcool. 
Augmentation de l'impôt sur les sociétés. 
 
3. Rétablir la compétitivité des entreprises. 
 
Cela pourrait sembler antinomique avec l'augmentation de l'IS, mais la réalité est que pour être taxé, il faut déjà faire du profit, et pour faire du profit, il faut déjà être compétitif. L'IS n'est ainsi pas l'ennemi numéro 1 de la compétitivité de l’époque. Le problème des entreprises françaises en 1957 consiste en des coûts de production disproportionnés par rapport à ceux de leurs voisins. Alors Rueff dévalue le franc. Et pas qu'un peu. Quasiment d'un tiers. 8 ans d'inflation effacés. Les entreprises françaises redeviennent compétitives, les importations deviennent prohibitives. 
 
Alors bien sûr, ça fait mal. Pendant deux ans, la situation est compliquée. Ce n'est pas pour rien que personne sous la IVe n'avait eu le courage ou les moyens de déployer un tel plan. Le pouvoir d'achat des ménages diminue. La croissance ralentit. Les anciens combattants manifestent. Les mécontents sont multiples : agriculteurs, ouvriers, PME… Les conseillers de De Gaulle l'avaient prévenu, et De Gaulle avait répondu « Eh bien les Français crieront… et après ? » Et bien après… 
 
La balance des paiements devient excédentaire dès 1959, et la France rembourse sa dette extérieure dans l'année. En 1957, les exportations ne couvraient que 75% des importations ; en 1960, 111%. La France accumule les réserves d'or, qui passent de 516 tonnes quand De Gaulle arrive au pouvoir à 2700 en 1963. (Nous en avons 2400 aujourd'hui). Et dès 1960, la croissance accélère et les salaires repartent fortement à la hausse. 
 
Pour rendre ces sacrifices plus acceptables, De Gaulle s'appuie sur un récit fort de refondation. Nous ne sommes pas en train de liquider un modèle social, nous sommes en train de refonder la France. Et ce qui a le plus péché en France de la façon la plus visible à l'époque, c'est la monnaie, dont la valeur s'effritait de mois en mois. Alors De Gaulle utilise un levier purement symbolique : il instaure le nouveau franc, en retirant simplement deux zéros à l'ancien franc, pour rendre selon ses mots « au vieux franc français, dont les pertes expriment nos épreuves, une substance respectable ». Tous les jours les Français utilisent des francs, et tous les jours ils peuvent sentir la nouvelle ambition que leur monnaie porte. Elle ressemble désormais beaucoup plus au dollar. 
 
 4. Reconstruire en se positionnant à l’avant-garde technologique. 
 
 Cette période de redressement financier n'est pas une finalité en soi. Il ne s'agit que de la douloureuse étape indispensable pour se donner les moyens de l'expansion. La France a désormais une monnaie stable, un État avec des marges de manœuvre financières et des entreprises libérées du boulet de coûts de production excessifs. Il est temps de passer à la reconstruction de l'appareil productif français, et de refaire de la France ce qu'elle n'était plus depuis un siècle : l'avant-garde mondiale de l'industrie, des sciences et des technologies. 
 
Aujourd'hui encore, on peine à mesurer ce qui a été accompli en moins de 10 ans. 
 
 A. Consolidation et modernisation de l’existant. 
 
Les lois d'orientation agricole de 62 font passer l'agriculture de la paysannerie au productivisme exportateur et transforment la France en première puissance agricole européenne. L'état favorise la concentration industrielle pour créer des champions de taille mondiale dans la chimie, l'aluminium, la sidérurgie. 
 
 B. Réorganisation du territoire. 
 
 La DATAR créée en 1963 transforme le territoire français en machine de guerre : autoroutes, ports, zones industrielles, métropoles d'équilibre, villes nouvelles. Aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, le complexe de Fos-sur-Mer, l'usine marémotrice de la Rance. On investit dans les infrastructures, dans la croissance de la population. On crée des pôles d'excellence : Orsay-Saclay, Bretagne-Nord pour les télécommunications, Toulouse pour l'aérospatial, Lyon pour chimie-biologie-médecine. 
 
C. Focalisation sur les industries du futur 
 
On prend à bras le corps tous les grands sujets technologiques et souverains de l'époque, et on déroule. Création du CNES en 1961, lancement du premier satellite français, Astérix, en 1965, avec une fusée Diamant de fabrication 100% française. La France devient la troisième puissance spatiale derrière les US et l'URSS. 
 
Lancement du programme Concorde en 1962. Le premier avion sort des usines toulousaines en 1967. 
 
Déploiement du nucléaire civil. Et une décision qui en dit long : la IVe République avait signé en 1957-1958 les accords FIG avec l'Allemagne et l'Italie pour développer une dissuasion nucléaire à trois, avec usine d'enrichissement cofinancée. De Gaulle enterre le projet dès son retour au pouvoir, construit Pierrelatte seul, et fait cavalier seul sur la bombe. (La souveraineté ne se partage pas.) 
 
Premier essai Gerboise bleue en 1960 dans le Sahara, premier sous-marin lanceur d'engins le Redoutable en 1967. Après le traumatisme de 1940, De Gaulle vient de s'assurer que plus jamais la France ne pourra être envahie. 
 
En 1963, l'armée française a besoin d'un super calculateur Control Data fabriqué aux États-Unis pour effectuer les simulations indispensables pour passer de la bombe A à la bombe H. Washington bloque l'export pour entraver le redressement français, et l'américain General Electric prend le contrôle du français Bull en 1964. (Rachat de pépites françaises et limitation des exports, tiens tiens tiens) De Gaulle comprend que l'informatique est devenue un sujet majeur de puissance et lance en 1966 (!!!) un grand plan informatique, avec un délégué à l'informatique qui dépend directement du premier ministre, et crée la CII par la fusion des activités informatiques de Thomson, CGE et Schneider. La France développe sa bombe H. 
 
 D. La recherche et les sciences au cœur du projet France 
 
Peut-être le plus important à noter est que la France de De Gaulle mise tout sur la puissance scientifique. Réorganisation du CNRS en 1961, création du CNES pour la conquête spatiale en 1961, de l'INSERM en 1964 pour la biotech et la recherche médicale, de l'IRIA pour l'informatique et l'automatisation en 1967, du CNEXO pour explorer et exploiter notre vaste domaine maritime, l'ANVAR pour s'assurer que la recherche se transfère bien vers l'industrie en 1967. Le nombre de chercheurs en France passe de 9000 quand De Gaulle arrive au pouvoir à 31000 quand il le quitte. Les dépenses de R&D passent de 2,46% du budget de l'État en 1958 à 6,2% dès 1967. En 2026 aucun pays sur terre ne fournit le même effort public que la France de De Gaulle. 
 
Résultat : en moyenne la France gaullienne croît de 5,48% par an pendant 11 ans quand les États-Unis sont à 4,26 %. L'année du départ, 1969, la France fait 7% de croissance. Un record jamais retrouvé depuis. Alors même que la dette française est divisée par deux. Lors de son règne, De Gaulle double quasiment la taille de l'économie française. En 1973, le Hudson Institute publie une étude prospective sur l'économie mondiale. Il prévoit que la France devrait être de loin la première économie européenne et les Français, les Européens les plus riches. Malheureusement, les successeurs de De Gaulle n'ont pas eu la vision et le courage nécessaires pour tenir la trajectoire. 
 
 Récapitulons comment De Gaulle a fait passer la France d'un pays failli à une puissance mondiale. 
 
 1. Attendre que la crise permette d’obtenir des pouvoirs spéciaux pour contourner les blocages parlementaires. 
 
 2. Rétablir les finances pour se donner les marges de manœuvre nécessaires, en se débarrassant de toutes les rustines accumulées et en taxant ce qui ne nuit pas à la performance économique. 
 
 3. Rendre les entreprises françaises compétitives de façon structurelle et non par rustines en baissant leurs coûts. 
 
4. Reconstruire le tissu industriel et productif en consolidant l’existant, réorganisant le territoire, investissant massivement dans les technologies du futur, et pariant à fond sur la recherche scientifique. 
 
 RECONSTRUIRE LA FRANCE DE 2026 
 
 La France d'aujourd'hui nous rappelle furieusement la France de 1957. Déficit de 5,1 % du PIB, dette à 117,5 %, dernier excédent budgétaire en… 1974, retraites qui représentent 14% du PIB là où la moyenne OCDE est 8%, des dépenses sociales non financées qui s'accumulent, des besoins de réarmement urgents mais infinançables, des besoins d'investir dans l'IA et la robotique mais pas un rond pour le faire ; une industrie tombée à 9,6 % du PIB (Chine, Allemagne, Corée), un déficit commercial à 100 milliards, 157 Md€ de prélèvements sur les entreprises au-dessus de la zone euro et des rustines partout (CICE, boucliers, chèques, allègements) ; rapports qui s'empilent, assemblée sans majorité, loi spéciale faute de budget voté. 
 
Tout cela est… beaucoup trop familier. 
 
 La seule différence fondamentale avec 1957 est que la France a désormais l'euro ce qui lui permet de se crasher au ralenti. Le FMI ne toquera pas à la porte. Mais petit à petit, l'État a déjà de plus en plus de mal à se financer. Jusqu'au moment où les sommes à emprunter chaque année sur les marchés pour maintenir la machine à flot seront tellement importantes que l’on ne nous prêtera plus à des taux acceptables. La zone de danger selon le FMI se situe lorsqu’un pays a besoin d’emprunter plus de 15% de son PIB sur les marchés tous les ans. Nous sommes bientôt à 18%. La Grèce a sauté quand elle a dépassé les 20%. Avec notre trajectoire actuelle, la France atteindra le stade où elle devra probablement mendier l’aide de la BCE qui lui imposera alors sa politique économique sanglante quelque part entre 2029 et 2032. 
 
Tic tac. 
 
Alors, à quoi ressemblerait un redressement gaullien ? 
 
Quel serait le plan douloureux que nous devons imaginer, mais qui serait « celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister » ? 
 
Le plan qui nous permettrait de retrouver un pays qui serait autre chose qu’un pays « à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité » ? 
 
La crise arrive. Nous devons être prêts. 
 
Joan Larroumec 
@larroumecj 
Géoéconomie • technologie • démographie | Long sur 🇫🇷 & Europe | 
 
 
 

Powered By Blogger