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avril 07, 2026

Que devient le bateau FRANCE ?

Sommaire:

A) - L’arabité, entre fiction politique et injonction communautaire

B) - La dette publique française au bord de l’explosion : la guerre en Iran, étincelle d’une crise historique ?

C) - Nouvelle-Calédonie : nouveau désaveu pour le gouvernement

D) - Sondages : la fête à neuneu de la pré-présidentielle

E) - Face à l’hiver démographique, quelles réponses fiscales ou constitutionnelles ?

 


 

 

A) - L’arabité, entre fiction politique et injonction communautaire

À l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban » à l’Institut du monde arabe, le rôle de cette institution dans la production de récits sur le « monde arabe » est à nouveau interrogé. Pensée comme un outil de mise en perspective historique et culturelle, l’IMA entend contribuer à une meilleure compréhension de cet espace auprès du public français.

C’est dans ce cadre que la nouvelle présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, a notamment évoqué « cette part d’arabité qui fait partie de nous ». Une formule qui se veut apaisante et fédératrice, mais qui soulève une question essentielle. Que recouvre précisément cette « arabité » mobilisée dans le débat public ? Loin d’être une évidence, cette notion renvoie à une histoire complexe, faite de constructions idéologiques et de stratégies d’unification.

L’arabité moderne a connu son apogée dans le contexte de recomposition du monde post-colonial au XXe siècle. Qu’il s’agisse de Nasser en Égypte ou du parti Baath en Syrie, ces leaders avaient décidé d’unifier les populations autour d’une langue, d’une histoire et d’un projet commun. Il s’agit d’une idéologie politique et culturelle qui met en avant une unité autour d’un arabe classique et littéraire qui diffère de la réalité des cultures locales.

Cette idéologie, appelée le panarabisme, qui puise dans la Nahda, mouvement de renaissance intellectuelle et culturelle du monde arabe, a dépassé les frontières et s’est imposée en Afrique du Nord au détriment des populations locales. Déjà marquées par les conquêtes arabo-musulmanes et les colonisations européennes, celles-ci se voient assigner une identité fantasmée promue par l’État et ses institutions.

Le panarabisme s’est immiscé dans les pays nord-africains et a rajouté des tensions identitaires à des pays en reconstruction. Les populations autochtones et non arabophones ont vu leurs cultures souvent niées ou assimilées à l’arabité. Les programmes scolaires mettaient en avant cette « arabité » tout en marginalisant les minorités religieuses ou culturelles. Jusqu’aux années 2000, la langue Amazigh était interdite dans les écoles en Algérie comme au Maroc tandis que les prénoms non arabes étaient refusés à l’état civil.

Une logique qui ne se limite pas à l’Afrique du Nord. On la retrouve aussi au Soudan, où les politiques d’arabisation et d’effacement culturel ont été utilisées lors de la deuxième guerre civile dans les années 80. Progressivement, le panarabisme s’est transformé en instrument dictatorial dans plusieurs États.

Il ne s’agit pas de remettre en question l’identité sur le plan individuel, qui reste une question complexe, mais d’interroger l’usage politique de « l’arabité ». Un usage qui se fait à travers l’histoire, les politiques publiques, la culture ou encore la diaspora, dans lesquelles l’arabité devient un marqueur politique plutôt qu’une réalité ethnique et culturelle homogène.

Les populations venant des pays dits « arabes » présentent une diversité culturelle et ethnique souvent mise de côté. Ce sont des populations diverses, avec des coutumes différentes, une langue et un héritage varié. Des Amazighs parmi lesquels des Rifains, des Touaregs ou des Chaouis, des Kurdes, des Juifs, des Nubiens ou des populations de la côte du Levant, dont beaucoup refusent aujourd’hui d’être réduits à un bloc homogène sous l’étiquette « arabe ».

Cela ne relève pas du caprice, mais d’un besoin de retrouver une identité perdue et marginalisée, de redécouvrir un passé effacé par la violence coloniale et le panarabisme autoritaire. Parler un dialecte arabophone ne signifie pas forcément être arabe. Ces revendications ne sont pas pour autant séparatistes, car la plupart sont fiers de leur culture et de leur langue d’origine tout en acceptant la pluralité sous un même drapeau.

Ce discours porté aujourd’hui par l’IMA sur « l’arabité » doit être replacé dans une tradition intellectuelle et une culture diplomatique française plus ancienne. Il est le fruit d’une représentation du « monde arabe » portée par les élites françaises, dans le sillage de ce que l’on a longtemps appelé « la politique arabe de la France ». D’inspiration gaullienne, celle-ci visait à établir des relations apaisées avec les États arabes en les constituant en interlocuteurs stratégiques face aux blocs soviétique et américain, sur la base d’une lecture homogénéisée de cet espace.

Cette conception du monde arabe a été institutionnalisée au Quai d’Orsay à travers des réseaux diplomatiques et une culture administrative que l’on désigne communément sous le nom de « rue arabe ». Il en découle deux effets. Le premier consiste en une unification de différents espaces politiques, linguistiques et culturels très hétérogènes. Le second est la production d’un récit cohérent permettant d’orienter l’action diplomatique française dans la région.

Anne-Claire Legendre, diplomate de carrière, s’inscrit dans cet héritage. En mobilisant la notion d’arabité, elle prolonge cette grille de lecture historique de l’État. L’arabité apparaît ainsi comme le produit d’une construction politique qui agrège des populations, des langues et des trajectoires historiques profondément distinctes afin de leur donner une cohérence opératoire et stratégique. L’écueil est qu’une telle simplification se fait au détriment des innombrables disparités qui font la richesse du monde dit « arabe ».

Cette lecture pose des questions très concrètes dès lors qu’elle est transposée au cas français. Une grande partie de l’immigration est nord-africaine, même si elle est souvent perçue comme relevant du « monde arabe ». Or, ces populations ne se définissent pas comme « arabes », loin de là. Une part importante relève d’héritages amazighs ou berbères. Dès lors, la pertinence d’un discours invitant à « assumer une part d’arabité » doit être légitimement interrogée. De quelle arabité parle- t-on, et pour qui ?

Loin de se limiter à une reconnaissance culturelle, l’usage de cette notion s’apparente à une forme d’injonction implicite, assignant à des individus issus de l’immigration, souvent français depuis au moins deux générations, une identité qu’ils ne revendiquent pas. Dans une société française déjà traversée par de fortes tensions identitaires, un tel discours peut fonctionner comme un outil d’ingénierie sociale, voire communautaire, en produisant des catégories censées structurer le débat public mais qui, en réalité, contribuent à le fragmenter davantage.

Rihame Allouch et Mehdy Raïche

https://nouvellerevuepolitique.fr/rihame-allouch-et-mehdy-raiche-larabite-entre-fiction-politique-et-injonction-communautaire/

 


B) - La dette publique française au bord de l’explosion : la guerre en Iran, étincelle d’une crise historique ?

Dans un contexte géopolitique tendu marqué par la guerre en Iran, la dette publique française, déjà colossale, risque de basculer dans une zone de non-retour. C’est le constat alarmant dressé par Éric Paget-Blanc, professeur en sciences de gestion à l’université d’Évry-Paris-Saclay et ancien analyste chez Fitch Ratings pendant 28 ans, dans un entretien accordé à Politique & Éco sur TV Liberté. Co-auteur de l’ouvrage La dette publique : monétisation, notation et restructuration (avec Faouzi Souissi et Slim Souissi),

il décrypte les mécanismes d’un surendettement qui menace l’économie française et pourrait mener à une mise sous tutelle ou à une crise sociale majeure.

Une dette déjà insoutenable, aggravée par la guerre

La France affiche une dette publique consolidée supérieure à 3.500 milliards d’euros. Les intérêts de cette dette, qui pèsent aujourd’hui environ 60 milliards d’euros pour l’administration centrale (près de 15 % des recettes de l’État), pourraient atteindre 100 milliards d’euros d’ici 2028 si les taux restent élevés. Or, les taux d’intérêt sur les OAT (obligations assimilables du Trésor) à 10 ans se situent actuellement autour de 3,70 %, contre moins de 1 % il y a quatre ans, avant la guerre en Ukraine.

La guerre en Iran fait peser un risque immédiat : la flambée des prix du pétrole.

Un baril potentiellement à 150-180 dollars entraînerait une inflation importée qui, mécaniquement, pousserait les taux d’intérêt à la hausse.

Les marchés financiers, principaux prêteurs de l’État, ajustent leurs exigences pour compenser l’inflation et le risque accru. Résultat : les intérêts absorbent une part croissante des recettes, obligeant l’État à rogner sur les dépenses sociales, les retraites ou les investissements.

« À un certain moment, on arrivera à un problème de soutenabilité de la dette », prévient Éric Paget-Blanc. Les intérêts deviendraient alors une charge « socialement inutile » qui cannibaliserait le budget.

La dette « hors bilan » : le poids caché des retraites

Mais les 3.500 milliards ne racontent pas toute l’histoire. L’ouvrage met en lumière la dette hors bilan, estimée à plus de 2.000 milliards d’euros, dont l’essentiel concerne les retraites des fonctionnaires d’État. Ces pensions, évaluées à 65 milliards d’euros en 2024 sur une masse salariale de 180 milliards, représentent environ 30 % du coût de la fonction publique. Contrairement à la branche retraite de la Sécurité sociale (déficit de seulement 6 milliards), ce système par répartition n’est pas provisionné et pèse directement sur le budget de l’État.

Éric Paget-Blanc insiste : le vrai problème des retraites en France n’est pas tant celui du privé que celui, très confortable, de la fonction publique d’État. Ces engagements futurs ne figurent pas dans la dette officielle, mais ils existent et devront être honorés… ou renégociés.

Qui détient la dette française ? 55 % aux mains d’étrangers

55 % de la dette est détenue par des investisseurs étrangers (banques centrales du Moyen-Orient, Japon, Chine…), une proportion en forte hausse (43 % fin des années 2010).

Cette dépendance extérieure pose un problème majeur : en cas de perte de confiance, ces créanciers sans attache patriotique peuvent se retirer brutalement, faisant bondir les taux.

À l’inverse, le Japon, pourtant très endetté, finance l’essentiel de sa dette auprès de ses propres nationaux, ce qui rend la situation plus gérable.

La France, « passager clandestin » de la zone euro

Contrairement à l’Italie, au Portugal ou à la Grèce, qui ont consenti des efforts de rigueur après la crise de 2010, la France vit « au-dessus de ses moyens » depuis les années 1970. Elle accumule les déficits sans jamais respecter les critères européens (déficit < 3 % du PIB, dette < 60 %). Sous Emmanuel Macron, la dette a explosé de 1.100 milliards d’euros supplémentaires en neuf ans.

Éric Paget-Blanc explique cette tolérance par le statut particulier de la France (puissance nucléaire, siège permanent à l’ONU). Mais les marchés et les partenaires européens finiront par exiger des comptes. L’exemple grec de 2010 – mise sous tutelle par la Troïka, baisse de 40 % des salaires et retraites des fonctionnaires – pourrait se répéter.

Les solutions historiques : restructuration ou monétisation ?

Face à un surendettement insoluble par la croissance (trop faible et menacée par la récession), l’histoire offre deux issues :

  1. La restructuration (ou défaut partiel) : renégociation avec les créanciers, imposition de conditions drastiques (baisse des dépenses sociales, privatisations, coupes dans les fonctionnaires et l’armée). La France perdrait alors son accès facile aux marchés.
  2. La monétisation : création monétaire massive par la Banque centrale (planche à billets indirecte via la BCE). Effet immédiat : inflation forte, ruine des créanciers, mais aussi des épargnants (assurance-vie notamment). Éric Paget-Blanc déconseille fortement l’assurance-vie, placement risqué dans ce contexte, et évoque même le risque d’une épargne forcée (loi Sapin 2 de 2016 permettrait de bloquer les retraits).

Il rappelle que la Révolution française de 1789 et la révolution bolchévique de 1917 ont été déclenchées, en partie, par des crises de dette et d’inflation.

Vers une crise financière en 2026-2027 ?

Éric Paget-Blanc juge prématuré de parler d’une « crise apocalyptique » en 2026, mais estime que le prochain gouvernement (post-2027) héritera d’une situation explosive. Sans réformes courageuses (réduction massive des dépenses sociales à 32 % du PIB, réforme de l’État), la France risque la mise sous tutelle européenne ou une rupture politique.

Dans la seconde partie de l’émission, Philippe Béchad abonde dans le sens d’une manipulation des marchés par Donald Trump, qui alterne discours de paix et poursuite des frappes pour limiter les dégâts sur Wall Street avant le choc obligataire et pétrolier à venir.

Conclusion : la guerre en Iran n’est pas seulement un conflit lointain. Elle agit comme un accélérateur sur une dette française déjà structurellement insoutenable. Comme l’histoire l’a montré, le surendettement ne se résout pas par la magie : il finit toujours par un choix douloureux entre austérité imposée, inflation ou révolution. Le temps presse. La France, qui a bénéficié d’une « prison dorée » européenne pendant trente ans, va devoir choisir son avenir.

https://multipol360.com/la-dette-publique-francaise-au-bord-de-lexplosion-la-guerre-en-iran-etincelle-dune-crise-historique/

 

C) - Nouvelle-Calédonie : nouveau désaveu pour le gouvernement 

Après le rejet en bloc de la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale

L’exécutif essuie un nouveau revers politique majeur. Jeudi 2 avril, l’Assemblée nationale a adopté, par 190 voix contre 107, une motion de rejet préalable déposée par le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou (groupe Gauche démocrate et républicaine). Le projet de loi constitutionnelle relatif au statut de la Nouvelle-Calédonie, déjà adopté par le Sénat le 24 février, est donc rejeté sans même avoir été examiné ni débattu.

Ce texte visait à traduire dans la Constitution française l’accord de Bougival signé en juillet 2025 (et complété par l’accord Élysée-Oudinot de janvier 2026). Il prévoyait notamment :

  • La création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution, doté d’une nationalité calédonienne (double nationalité française et calédonienne) et d’une capacité d’auto-organisation via une loi fondamentale.
  • Le transfert progressif de compétences régaliennes, avec des « verrous » garantissant le maintien de la souveraineté française.
  • Un quatrième report des élections provinciales, initialement prévues avant fin juin 2026.
  • Un élargissement conditionnel du corps électoral gelé depuis les accords de Nouméa de 1998 : ouverture aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie, à leurs conjoints et aux résidents de plus de 15 ans (ou 10 ans selon les versions discutées), afin de répondre aux demandes des non-indépendantistes tout en préservant le poids démographique du peuple kanak.

Une coalition improbable pour bloquer le texte

La motion de rejet a réuni une alliance hétéroclite : l’ensemble des groupes de gauche (LFI, écologistes, PS, PCF), le Rassemblement national et les indépendantistes du FLNKS.

Pour Emmanuel Tjibaou, qui a défendu la motion, cet accord ne constitue pas une véritable décolonisation mais une simple « autonomie interne » et une « reprise en main par l’État ». Il dénonce un risque de partition du territoire et une dilution du vote kanak, tout en refusant ce qu’il qualifie de « rupture du processus de décolonisation » initié par les accords de Matignon et de Nouméa.

De son côté, le Rassemblement national a voté la motion en invoquant la défense de l’unité et de l’indivisibilité de la République. Maxime Michelet (UDR, proche du RN) a déclaré : « L’unité de la République, l’indivisibilité de la nation ne sont pas négociables. La Nouvelle-Calédonie est française. Elle l’a dit trois fois par référendum. Voter ce texte, c’est organiser une indépendance déguisée. »

La gauche et les indépendantistes, quant à eux, estiment que le texte ne va pas assez loin dans la reconnaissance des droits du peuple premier et maintient trop de contrôles de l’État sur les compétences régaliennes.

Le gouvernement défend un texte de compromis

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait plaidé avant le vote pour un texte qui « n’impose pas un avenir à la Nouvelle-Calédonie contre les Calédoniens » mais qui « crée précisément les conditions pour qu’ils puissent eux-mêmes se prononcer ». Sébastien Lecornu, chargé du dossier, a immédiatement réagi au rejet en annonçant qu’il réunirait « la semaine prochaine » les signataires de l’accord de Bougival afin d’éviter l’immobilisme.

Sans réforme constitutionnelle promulguée, les élections provinciales devront se tenir au plus tard le 28 juin 2026 avec le corps électoral actuel, gelé depuis 1998. La situation reste donc bloquée, deux ans après les violentes émeutes de 2024 qui avaient déjà profondément fragilisé le « Caillou ».

Un échec politique pour l’exécutif

Ce rejet constitue un désaveu clair pour le gouvernement Macron. Après avoir obtenu un accord jugé historique à Bougival en juillet 2025, l’exécutif n’a pas réussi à convaincre une majorité à l’Assemblée nationale. Le texte, déjà fragile car non signé par le principal mouvement indépendantiste (FLNKS), bute désormais sur une double opposition : celle des partisans d’une décolonisation plus poussée et celle des défenseurs d’une souveraineté française indivisible.

Ce nouvel échec s’inscrit dans une série de difficultés pour l’exécutif sur les questions ultramarines et constitutionnelles. Il relance les débats sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie : retour à la case départ, risque de nouvelles tensions sur le terrain ou nécessité de renégocier un accord plus large ?

Pour l’heure, le gouvernement espère encore sauver le processus par la voie du dialogue avec les signataires de Bougival. Mais le temps presse, et le calendrier électoral calédonien ne laissera que peu de marge de manœuvre.

La Nouvelle-Calédonie reste, une fois de plus, un dossier brûlant qui révèle les fractures profondes de la politique française sur les questions de souveraineté, de décolonisation et d’unité nationale.

https://multipol360.com/nouvelle-caledonie-nouveau-desaveu-pour-le-gouvernement/ 

 


 

D) - Sondages : la fête à neuneu de la pré-présidentielle

Les municipales à peine digérées et analysées, journalistes, sondeurs, influenceurs sont en quête d’une nouvelle ivresse du commentaire. Rien de mieux pour cela que de se doper aux sondages pour la présidentielle, à plus d’un an du scrutin. Petit rappel méthodo des écueils et illusions des sondages en pré-campagne présidentielle.

Ce doit être une forme de syndrome de répétition, ou de conduite d’échec. Nous sortons d’une campagne et de scrutins municipaux, où les résultats de 2ᵉ tour dans quelques grandes villes ont pu amplifier des mouvements à peine perceptibles dans les sondages d’entre-deux-tours – songeons à Paris, ou qui parfois ont franchement démenti ceux réalisés un mois avant – songeons à Lyon et à JM. Aulas, donné vainqueur si facilement. À plus d’un an de l’échéance, rien ne nous semble pourtant plus urgent que de commander et commenter des sondages pour la présidentielle !

L’électeur, le sondé, l’analyste sérieux sont un peu perdus, ils ont envie de dire : prenons le temps de souffler, de laisser reposer et le paysage de s’éclaircir. Rien n’y fait. Alors Bardella, il est à combien ? Et Édouard Philippe ?

Un jeu articiel

En fait c’est un jeu. Tout le monde sait bien – les sondeurs sérieux ne cessent de le répéter – que les intentions de vote ne peuvent être prédictives, parce qu’elles ne mesurent à cette date qu’un état très latent de préférences indécises, pour des candidats dont on ne sait pas s’ils le seront vraiment, et qui en tout état de cause n’ont pas – ne peuvent pas avoir – commencé leur campagne, pendant que les électeurs, eux, ne sont pas du tout mobilisés, et pour cause ! Bref on sait très bien qu’on produit ainsi, même pas une « photo instantanée » très floue, mais un artefact, c’est-à un artifice fabriqué.

Mais le jeu consiste à faire comme si c’était pour de vrai – merci les enfants – parce que dans le microcosme, on ne pense qu’à la présidentielle. Avec un objectif à peine dissimulé : peser sur le discours et les décisions des candidats, voire sur le résultat futur, en les qualifiant ou disqualifiant. On appelle cela une bulle, sondagière, cognitive, politique, parfois idéologique. Elle peut coûter cher à des candidats aujourd’hui placés – par ce processus – en situation de favoris, qui pourraient finir par y croire. Bardella et Philippe courent en ce moment ce risque, celui du mirage que leur tend le système médiatique.

Les précédents fâcheux

Chacun sait pourtant bien que les campagnes présidentielles, du moins la plupart, ont réservé ce qu’on appelle des « surprises », qui n’en étaient pas toujours au vu des tendances sociopolitiques de fond et de la qualité des campagnes menées par tel ou tel candidat. De Gaulle ne fait pas campagne au 1ᵉʳ tour de la présidentielle 65, sûr de gagner, et le voilà en ballotage – ce qui le déçut beaucoup. En 1974, dans une campagne courte consécutive au décès de G. Pompidou, Chaban-Delmas s’y voyait déjà, face à Mitterrand, et ce fut Giscard d’Estaing qui gagna. En 1981, en janvier, Mitterrand était donné nettement battu par Giscard au 2ᵉ tour, et au 1ᵉʳ à égalité jusqu’à 15 jours avant le scrutin avec Georges Marchais – il y eut dix points d’écart 15 jours plus tard. Six mois avant 88, R. Barre semblait en bonne voie pour affronter le président sortant Mitterrand, ce fut Chirac. En 1995, Balladur était « déjà élu », en janvier, quelques semaines avant que « les courbes se croisent » au bénéfice de Chirac et Jospin n’était pas encore candidat, lui qui finit pourtant en tête du 1ᵉʳ tour. Écourtons le souvenir saumâtre de 2002, avec la qualification de Le Pen au 2ᵉ tour, quand Jospin était censé assuré d’y être, sinon le gagner, trois mois plus tôt. 2007 est peut-être une relative exception, bien que S. Royal ait été battue plus nettement qu’annoncé en janvier ; de même en 2012 où F. Hollande gagna bien plus étroitement (51,7 %) que les sondages de 2ᵉ tour ne le disaient en janvier (à 57/58 %). Enfin, ne parlons pas de 2017, où E. Macron, toujours en janvier, n’était pas un candidat a priori envisageable au 2ᵉ tour. 2022, direz-vous, s’est passé comme prévu ? Oui, mais justement, il n’y eut pas de véritable campagne en 2022 – pour cause d’Ukraine mais aussi de grande « retenue » du président sortant.

Peu se passe comme prévu en réalité, y compris quand on est à 4 mois du scrutin, parce que le moment décisif n’est pas arrivé. Alors 13 ou 14 mois avant, les intentions de vote font à peine mieux que Mme Irma… Ils donnent tout au plus aujourd’hui une indication d’image personnelle et politique des candidats, que les cotes de popularité mesurent bien et mieux par ailleurs. Quant aux sondages de 2ᵉ tour, ils sont une aberration, un artefact au carré, d’autant plus trompeur qu’ils n’indiquent pas le taux élevé d’abstention exprimé aujourd’hui, forcément élevé, qui se réduira dans un an. Bien des sondeurs refusent d’en faire avant l’automne, en sachant, comme on l’a vu, que même à l’automne-hiver, ils ne peuvent, par nature, être une indication de l’essentiel : la qualité des campagnes des candidats au moment décisif, entre janvier et mars.

Les leçons

Quelles leçons tirer de ce jeu douteux et de ces précédents ? Qu’il faut laisser le fond de décor s’installer, c’est-à-dire les diagnostics que les Français se forgent sur le pays – ce travail a commencé, accéléré par la crise politique depuis 2024. D’où vont découler un ou plusieurs enjeux décisifs. Ici commence le travail de conviction des candidats : être, pour les plus importants, en résonance avec l’état d’esprit du pays, pour lui en proposer une forme politique crédible à ses yeux, à partir de ses convictions propres, en cohérence avec ce qu’on est.

Encore faut-il que les candidats le soient vraiment : c’est loin d’être le cas aujourd’hui, hormis pour Jean-Luc Mélenchon et LFI. Toutes les familles politiques sont dans l’indécision quant à leur candidat, le RN bien compris, pour les raisons judiciaires que l’on sait. On peut espérer qu’à l’automne, le tableau prolifique d’hypothèses que l’on soumet aux pauvres sondés dès le 1ᵉʳ tour, – qui doivent en avoir le tournis ! – se sera tout de même simplifié.

D’ici là, essayons de comprendre les attentes du pays, la façon dont les citoyens vont aborder dans plus de 6 mois l’élection reine de la Ve République Pour cela, un menu conseil : quitte à faire des études d’opinion, mieux vaut faire des études qualitatives que quantitatives. Elles sont toujours plus instructives, et ne se trompent presque jamais.

Philippe Guibert

Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France (Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement (SIG) et directeur de la communication dans diverses structures publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.

https://nouvellerevuepolitique.fr/sondages-la-fete-a-neuneu-de-la-pre-presidentielle/

 

E) - Face à l’hiver démographique, quelles réponses fiscales ou constitutionnelles ?

Frédéric DOUET, Professeur à l’université Rouen-Normandie, Agrégé des facultés de droit, notamment auteur du Précis de droit fiscal de la famille (25ᵉ éd., LexisNexis, 2026) et d’un premier roman « Le Missionnaire (Lille – Biélorussie – Drancy – Londres 1941-1944) » (Les Impliqués éditeurs, 2025), et Stéphane CAPORAL-GRECO, professeur de droit constitutionnel à l’université de Saint-Étienne, doyen honoraire de la faculté de droit et co-auteur du « Droit constitutionnel », Éd. Ellipse, 4ᵉ éd. 2025, donneront mercredi 8 avril à 19 h 30 une conférence à l’institut Éthique et Politique (https://www.ethique-politique.fr/) (en présentiel et en ligne) sur « Fiscalité pro-famille, difficultés et leviers – La Constitution aime-t-elle la famille ? »

 


 

Ils ont bien voulu, en avant-première, se confier à la NRP.

NRP à Frédéric DOUET : Est-il exact que la fiscalité a des effets « incitatifs » ou « désincitatifs » sur la politique démographique et comment a été utilisé – ou non – ce levier de politiques publiques ? Quels regards – critiques ou élogieux – portez-vous sur ces quarante dernières années « fiscalo-familiales » ?

En l’espace de quinze ans, le nombre de naissances en France a chuté de 24 %. En 2025, il y a eu plus de décès que de naissances (651 000 décès vs 645 000 naissances). Le droit fiscal ne peut à lui seul inverser cette tendance, mais il peut y contribuer grâce à des mesures volontaristes. Les prélèvements qui relèvent du droit fiscal de la famille sont l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune et les droits de mutation à titre gratuit, c’est-à-dire les droits de donation et les droits de succession. Il s’agit d’impôts familiaux dans la mesure où leur montant dépend de la composition du foyer fiscal (impôt sur le revenu et impôt sur la fortune) ou du lien de parenté ou d’alliance qui existe ou non entre les parties (droits de mutation à titre gratuit). Depuis une quarantaine d’années, le législateur n’a de cesse d’augmenter la pression fiscale qui pèse sur les foyers fiscaux, notamment en voulant taxer davantage les successions et, depuis 2018, en ayant recentré l’impôt sur la fortune sur l’immobilier. Il s’agit d’autant d’attaques contre notre modèle sociétal qui est considéré comme un frein au libre-échange dans une économie mondialisée. Le déracinement des Français permet d’en faire des acheteurs compulsifs décérébrés qui s’accomplissent dans l’acte d’achat, facilitant ainsi la manipulation des cerveaux et des masses. Tout se vaudrait sous réserve d’en avoir les moyens. Pierre Bergé avait déclaré : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »

NRP à Stéphane CAPORAL-GRECO : La Constitution de 1958, dans le fil de celle de 1946 et du CNR de 1944, est censée avoir érigé la protection de la « mère et de l’enfant » au cœur du Pacte fondamental. Avec votre regard de constitutionnaliste, trouvez-vous provocateur ou exploratoire le thème de votre invitation à ce débat : « Notre Constitution aime-t-elle la famille » ?

La question est plus exploratoire que provocatrice car si la Constitution de 1958, reprenant le Préambule de celle de 1946, semble protéger la famille, cette protection est ambiguë : D’abord la notion de droit à une vie familiale normale est principalement invoquée par le Conseil constitutionnel en matière de droit des étrangers pour favoriser le regroupement familial ou limiter les possibilités d’expulsion ou de reconduite à la frontière. Paradoxalement, ce ne sont donc pas les familles françaises qui se voient reconnaitre ce droit, qui est donc interprété non pas comme protégeant une unité familiale et même un certain modèle de famille, mais comme limitant la séparation dans des cas très précis. Ensuite, la notion de famille est floue, fluctuante et fuyante, le Conseil se refusant à la préciser en arguant qu’il ne lui revient pas de se substituer au législateur : n’ayant pas de composition, d’organisation, ou de structuration particulières, la famille est ainsi un objet constitutionnel non identifié. Enfin, et par conséquent, les modalités concrètes de la protection sont finalement assez réduites : d’une part, si le Conseil constitutionnel consacre bien le principe des allocations familiales et du quotient familial en matière fiscale, il laisse le législateur libre de choisir entre une politique familiale et une politique sociale de redistribution ; d’autre part, s’il consacre bien le principe de la liberté de l’enseignement, ce qui implique notamment le droit des parents de choisir le type d’établissement scolaire, il se refuse à aller jusqu’au bout de la logique et laisse passer une remise en cause du droit à l’instruction en famille qui passe d’un régime de déclaration, donc de liberté, à un régime d’autorisation, donc de contrôle si ce n’est de tutelle, de même qu’un contrôle toujours plus étroit sur l’ensemble des établissements hors contrat au nom de la lutte contre le « séparatisme ».

NRP aux deux invités : Question commune et réponse de chacun, avec le regard du fiscaliste et celui du constitutionnaliste. Quelles solutions proposeriez-vous aux politiques qui vous demanderaient de recourir au levier fiscal et/ou au levier constitutionnel pour relancer la démographie française ?

Frédéric DOUET : Le redressement de la France passe par l’adoption d’un système fiscal pragmatique et compétitif. Or nos principaux impôts sont datés. L’impôt sur le revenu remonte aux lois Caillaux de 1914 et 1918, l’impôt sur les sociétés à 1948 et la TVA à 1954, sans compter les droits d’enregistrement dont l’âge d’or se situe au XIXᵉ siècle. Ces prélèvements ont été imaginés à une époque où, d’une part, le mariage était le seul mode de conjugalité et, d’autre part, l’économie reposait pour l’essentiel sur des échanges physiques et où la propriété immobilière était reine. Mais par un étrange phénomène de persistance dans l’erreur, les politiques et les technocrates français ne réfléchissent pas à la modernisation de notre système fiscal, notamment en matière de droit fiscal de la famille, et ce alors que les Français ne cessent de se paupériser au fur et à mesure de l’augmentation de la pression fiscale, signe que notre modèle est à bout de souffle. Il faut songer à remplacer certains de nos prélèvements par d’autres plus adaptés à notre époque et plus indolores, comme par exemple une microtaxe sur les paiements scripturaux. Cela permettrait de diminuer substantiellement bon nombre d’impôts, voire d’en supprimer certains comme les droits de mutation à titre gratuit. Il faut faire le pari que moins d’impôts ne tuent pas l’impôt.

Stéphane CAPORAL-GRECO : La relance démographique suppose d’intervenir dès la naissance des premiers enfants, moment où se situent les principaux freins. Le droit constitutionnel l’autorise, puisque le législateur peut tenir compte des charges de famille dans l’impôt pour compenser des coûts réels : revalorisation des allocations, allègements fiscaux ciblés, réduction du coût de la garde, soutien aux jeunes parents. Selon le préambule de 1946, la Nation garantit les conditions nécessaires au développement de la famille, ce qui implique les conditions matérielles de la vie familiale : accès effectif à la garde des jeunes enfants et au logement adapté. De même, une politique familiale pourrait supposer pour les mères la garantie d’un retour à l’emploi après une interruption prolongée. Ici, la stabilité des normes est essentielle : une loi de programmation sur dix ans offrirait la prévisibilité nécessaire aux décisions familiales. Un levier constitutionnel devrait porter sur les conditions concrètes plutôt que sur une injonction idéologique : protection de l’enfance, conciliation entre vie familiale et professionnelle, ou garantie de non-régression de la politique familiale. Il s’agirait de compléter les libertés existantes par des garanties matérielles effectives, notamment en assurant que les contraintes économiques ne conduisent pas à renoncer à une naissance, et en garantissant aux parents une véritable liberté d’organisation de leur vie professionnelle et familiale.

*interview recueillie auprès de Christophe Eoche-Duval

Christophe Eoche-Duval

Christophe Eoche-Duval, né en 1961, est Conseiller d’État (s’exprimant à titre personnel). Spécialiste de volumétrie normative, du droit de la déontologie des professions de santé et de droit maritime, il publie régulièrement dans les revues juridiques. Essayiste, il est l’auteur, notamment, de L’inflation normative (Plon) et Le prix de l’insécurité (Eyrolles).

https://nouvellerevuepolitique.fr/face-a-lhiver-demographique-quelles-reponses-fiscales-ou-constitutionnelles/

 


 

 

 

 

novembre 20, 2025

Le président qui pouvait dire NON… et qui a toujours dit OUI !!

Bilan Macron 2017-2025 : 445 milliards d’euros disparus, selon Marc Touati 

Une servitude volontaire qui mène la France au bord du gouffre

Le 19 novembre 2025, l’économiste Marc Touati, président du cabinet ACDEFI et figure respectée des analyses libérales, a publié une vidéo choc sur X : « Chiffre choc du bilan Macron : 445 milliards d’euros ont disparu ! Et ce n’est malheureusement pas terminé… ». Devant un graphique implacable, Touati explique que depuis 2017, la dette publique a explosé de 1.160 milliards d’euros alors que le PIB n’a progressé que de 715 milliards. Résultat : un écart abyssal de 445 milliards d’euros qui révèle une croissance artificiellement dopée à la dette, sans création de richesse réelle.

(C’est l’une des questions essentielles que tout le monde se pose et que vous êtes très nombreux à me poser presque tous les jours : Quel est le vrai bilan économique de M. Macron ? Sur les plateaux de TV également, on me pose souvent cette question et lorsque j’y réponds, on remet souvent mes chiffres en question ! Ah « l’omerta » est tenace en France ! Alors, pour faire taire les adeptes du déni de réalité et les illusionnistes en tous genres, voici le vrai bilan économique de M. Macron depuis 2017 au travers notamment des questions suivantes : Quelle a été l’évolution de la dette publique française depuis 2017 ? Quel est l’écart entre l’augmentation de cette dernière et le PIB en valeur ? Dette publique / PIB : Quelle progression de 2017 à aujourd'hui ? Hors déficit primaire et à prix constants, la France est-elle en croissance ou en récession depuis 2017 ? Quid des défaillances d'entreprises de 2017 à 2025 ? Même question pour le taux de chômage ? Le taux de pauvreté a-t-il augmenté en France depuis 2017 ? Quid des inégalités ? Quelle évolution pour la natalité ? La réindustrialisation a-t-elle eu lieu ? Comment ont évolué les déficits commerciaux et courants ? Taux d’intérêt des obligations d’Etat à 10 ans : Quelle progression depuis 2017 ? Question de la semaine : Pourquoi les recettes fiscales sont en décalages avec les prévisions gouvernementales ? Quelle est la bonne nouvelle de la semaine ? Quelles sont les phrases de la semaine ? Réponses à toutes ces questions et à bien d’autres dans cette vidéo, graphiques et tableaux explicites, pédagogiques et réalisés sans trucage à l’appui…)

« Ces 445 milliards n’ont pas été volés, mais ils ont bel et bien disparu des caisses de l’État », martèle-t-il, pointant une gestion budgétaire irresponsable qui nous rapproche dangereusement de la Grèce de 2010.

Et Touati n’y va pas par quatre chemins : la France de 2025 est pire que la Grèce d’avant la troïka. Déficit hors contrôle, dépenses publiques records (57-58 % du PIB), charge de la dette qui dépassera 100 milliards en 2025… Tout cela n’était pas une fatalité. C’était un choix.

Le président qui pouvait dire NON… et qui a toujours dit OUI

Le rôle d’un président de la République n’est pas d’être un gestionnaire passif des « aléas mondiaux ». C’est de défendre farouchement les intérêts de la France et des Français.

Comme l’écrivait Étienne de La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire, le pire despotisme est celui que l’on accepte librement. Ici, c’est une servitude économique volontaire : Emmanuel Macron a eu tous les leviers constitutionnels (article 40, 49-3, veto européen, négociation brutale à Bruxelles) pour refuser ce qui nous ruinait. Il ne l’a jamais fait.

  • Il a accepté le plan de relance européen de 2020 (750 Md€) sans négocier un statut de contributeur net avantageux, alors que la France paiera pendant des décennies.
  • Il a prolongé le « quoi qu’il en coûte » jusqu’en 2024 alors que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne stoppaient net dès 2022.
  • Il a maintenu un bouclier tarifaire énergie à plus de 100 Md€ au lieu de laisser les prix faire leur travail d’adaptation, comme l’ont fait nos voisins.
  • Il n’a jamais imposé la baisse des 57-58 % de dépenses publiques/PIB, record mondial avec le Danemark… mais sans les résultats danois.
  • Il a refusé toute réforme profonde de l’État (suppression de 120.000 postes promise en 2017 ? Oubliée), ou des collectivités territoriales.

Comme le souligne Marc Touati, « personne n’a forcé Macron » à transformer le CICE en baisse de charges permanente sans contrepartie, à remplacer l’ISF par un IFI qui rapporte 5 milliards de moins par an, ou à laisser filer les niches fiscales et subventions inefficaces.

 

(Scandales d’Etat à répétition en France, Activité économique française et internationale, marchés boursiers toujours euphoriques : l’actualité de ces derniers jours est très chargée et suscite de nombreuses questions : Que signifient et quelles seront les conséquences des révélations de M. Lemaire sur le dérapage des comptes publics en 2024 ? Quel sera l’ampleur des déficits publics français en 205 et 2026 ? Encore de nouveaux mensonges d’Etat ? La France est-elle la lanterne de l’économie mondiale en cette fin d’année 2025 ? Quelles perspectives pour la croissance en France, dans la Zone Euro, aux États-Unis, en Chine, en Inde et pour l’ensemble de la planète ? Quel sera le coût de la suspension de la réforme des retraites en France ? Question de la semaine : comment vont évoluer les marchés boursiers au cours des prochains mois ? Quelle est la bonne nouvelle de la semaine ? Réponses à toutes ces questions et à bien d’autres dans cette vidéo, graphiques et tableaux explicites, pédagogiques et réalisés sans trucage à l’appui…)

Les chiffres qui accablent : un naufrage évitable

Au 20 novembre 2025 :

  • Dette publique : 3.416 milliards d’euros (115,6 % du PIB au T2 2025, INSEE).
  • Déficit public 2025 : prévu à 5,4 % par le gouvernement (optimiste), mais la Cour des comptes et la Commission européenne tablent sur 5,6 à 6 %.
  • Charge de la dette : déjà 70 Md€ en 2024, plus de 100 Md€ en 2025 – bientôt plus que le budget de l’Éducation nationale.
  • Croissance : 0,6-0,7 % prévue pour 2025 – quasi-récession structurelle.

Marc Touati le répète depuis des années : la France est le seul grand pays européen à voir sa dette et son déficit continuer d’exploser après le Covid. L’Italie de Giorgia Meloni ramène son déficit sous 3 %. L’Espagne et le Portugal font mieux que nous. Pourquoi ? Parce qu’ils ont eu le courage de dire NON à la dépense incontrôlée.

(Marc Touati, économiste et président du cabinet ACDEFI, était l'invité de l'émission Ecorama du 19 novembre 2025, présentée par David Jacquot sur Boursorama.com. Parmi les sujets abordés : la crise budgétaire française, les tensions politiques autour des hausses d’impôts, la réaction des marchés, les nouvelles prévisions de croissance, mais aussi l’état de santé de l’économie américaine entre brouillard statistique, inflation persistante et politique économique de l’administration Trump.)
 

La servitude volontaire du XXIe siècle

« On » a élu Emmanuel Macron deux fois pour réformer, libérer l’économie, baisser les impôts et la dépense. Huit ans plus tard, nous avons :

  • La fiscalité la plus lourde d’Europe,
  • Une industrie qui fuit,
  • Des services publics qui se dégradent malgré les records de prélèvements,
  • Une dette transmise à nos enfants qui les condamne à payer pour nos lâchetés.

Comme le dit La Boétie, « soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres ». Macron a choisi de servir : Bruxelles, les lobbies, la paix sociale à court terme.

Il a préféré l’argent magique et la communication (« startup nation », « en même temps ») à l’intérêt national. Aujourd’hui, les agences de notation nous regardent comme la Grèce de 2010. Marc Touati a raison : 445 milliards ont disparu. Et si rien ne change, les prochains 445 milliards disparaîtront aussi.

La France n’est plus seulement endettée. Elle est vassalisée. Par sa propre faute. Par la faute d’un président qui, à chaque carrefour, a choisi la servitude volontaire plutôt que la souveraineté.

https://multipol360.com/bilan-macron-2017-2025-445-milliards-deuros-disparus-selon-marc-touati/


 

octobre 29, 2025

Ukraine News !

Sommaire:

A - L’échec du plan européen pour financer l’Ukraine : une dette incontrôlable au nom de la guerre ? 

B - Macron envoie la Légion Étrangère aux portes de la Russie

C - l’Ukraine au bord de l’épuisement : quand la guerre devient insoutenable pour le peuple

 


 

A - L’échec du plan européen pour financer l’Ukraine : une dette incontrôlable au nom de la guerre ?  

Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, l’Union européenne (UE) fait face à un revers majeur dans son soutien financier à l’Ukraine. Le plan initial de la Commission européenne, visant à utiliser les actifs russes gelés pour octroyer un prêt massif à Kiev, s’est soldé par un échec retentissant. Au lieu de cela, Bruxelles envisage désormais un « plan B » reposant sur une dette commune, alimentant les critiques sur le bellicisme croissant de l’institution et son oniomanie – cette compulsion à dépenser sans compter, au détriment des citoyens européens.

 

 

Le plan initial et son naufrage

La Commission européenne avait proposé un mécanisme ambitieux : prêter environ 140 milliards d’euros à l’Ukraine, un montant destiné principalement à financer l’achat d’armes et à prolonger le conflit avec la Russie pour au moins deux ans.

Ce « prêt de réparation » ne devait être remboursé que si Moscou versait des réparations de guerre – une hypothèse hautement improbable.

Les fonds proviendraient indirectement des actifs russes gelés, détenus en grande partie par Euroclear en Belgique, via un emprunt auprès de ce dépositaire. L’UE émettrait alors une reconnaissance de dette, garantie par les États membres et le budget communautaire.

Cependant, ce projet s’est heurté à une opposition ferme. La Belgique, pays hôte d’Euroclear, a refusé de porter seule les risques juridiques et financiers, exigeant un partage des responsabilités et des garanties en cas de litige avec la Russie. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a insisté sur une coordination avec d’autres juridictions et un refus catégorique de voir son pays assumer un fardeau disproportionné – la somme en jeu dépassant même les dépenses annuelles du royaume.

Les États-Unis, pourtant alliés au sein du G7, ont décliné toute participation, affaiblissant encore le plan.

La Slovaquie, par la voix de son Premier ministre Robert Fico, a critiqué vertement cette approche, refusant toute garantie financière pour l’Ukraine et plaidant pour un soutien limité à l’aide humanitaire. La Hongrie s’est abstenue lors des discussions, et au final, seulement 25 des 27 États membres ont soutenu l’initiative, forçant les dirigeants européens à renoncer lors de leur dernière réunion. La Commission doit désormais proposer d’autres options d’ici décembre 2025, retardant ainsi l’aide promise à Kiev.

Ce fiasco révèle les failles d’une stratégie qualifiée par certains observateurs d’arnaque financière : sans toucher directement aux actifs russes, le plan transférait les risques sur les contribuables européens, qui auraient dû rembourser en cas de non-paiement par Moscou.

Le bellicisme de l’UE : une escalade sans fin ?

Au-delà de l’échec technique, cette affaire met en lumière le bellicisme de l’UE, qui persiste à alimenter le conflit ukrainien malgré les coûts humains et économiques. Depuis mars 2025, les leaders européens ont approuvé en principe l’utilisation des profits générés par les actifs russes gelés – environ 3 milliards d’euros par an – pour financer à la fois la reconstruction et l’aide militaire à l’Ukraine. L’objectif affiché : débloquer 20 milliards d’euros d’ici 2026, dont 5 milliards déjà alloués en 2025. Mais les retards s’accumulent, dus à des préoccupations légales et à l’absence d’approbation de la Banque centrale européenne, qui craint des impacts sur la stabilité financière.

Cette posture guerrière, défendue par des figures comme la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, illustre une UE de plus en plus alignée sur une logique d’escalade. En priorisant l’armement de l’Ukraine au détriment de solutions diplomatiques, Bruxelles risque d’entraîner l’Europe dans un conflit prolongé, exposant ses membres à des représailles potentielles de la Russie. L’insistance sur un soutien militaire inconditionnel, malgré les divisions internes, traduit une vision idéologique qui privilégie la confrontation à la paix.

L’oniomanie européenne : dépenses folles et fardeau pour les citoyens

Pire encore, ce bellicisme s’accompagne d’une oniomanie flagrante – une addiction à la dépense compulsive qui creuse les déficits sans égard pour la réalité budgétaire.



                                           Soutien à l'Ukraine après plus de trois ans de guerre

Face au refus belge, la Commission propose désormais une dette commune pour « des dizaines de milliards d’euros », sur le modèle des emprunts contractés pendant la crise du Covid-19.

Cette idée, qui sera présentée aux capitales européennes dans les semaines à venir, obligerait les États membres à lever des fonds collectifs pour maintenir l’Ukraine « à flot ».

Pendant que les gouvernements nationaux, y compris en France, imposent des restrictions budgétaires aux citoyens – hausses d’impôts, coupes dans les services publics –, l’UE envisage de créer une nouvelle montagne de dette pour financer une guerre lointaine et corrompue. Cette compulsion à dépenser, sans évaluation réelle des risques, expose les Européens à un endettement incontrôlable. Si la Russie ne paie pas (ce qui nous paraît être une évidence), ce sont les contribuables qui assumeront le coût, aggravant les tensions sociales déjà vives.

 


 

Le danger d’une institution décriée par les Français

Cette dérive représente un danger croissant pour les États membres, particulièrement pour la France, où l’UE est de plus en plus décriée. Critiquée pour son manque de transparence, ses décisions imposées sans consensus réel et sa perte de souveraineté nationale, l’institution bruxelloise alimente un euroscepticisme grandissant. Les Français, confrontés à une dette publique abyssale, voient dans ces plans une menace directe : une dilution de leur autonomie budgétaire au profit d’une machine bureaucratique belliqueuse et dépensière.

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer cette UE qui priorise les intérêts géopolitiques atlantistes au bien-être de ses peuples.

Le risque est clair : une escalade financière et militaire pourrait précipiter l’Europe dans une crise économique majeure, ou pire, dans un conflit élargi.

Face à ces périls, il est urgent de repenser le rôle de l’UE, avant que son oniomanie et son bellicisme ne deviennent irréversibles.

https://multipol360.com/lechec-du-plan-europeen-pour-financer-lukraine-une-dette-incontrolable-au-nom-de-la-guerre/ 

 

 

B - Macron envoie la Légion Étrangère aux portes de la Russie

La France, déjà affaiblie par des crises économiques et sociales persistantes, semble être entraînée dans un engrenage belliqueux par Emmanuel Macron et les instances européennes. Selon des rapports récents, des éléments de la Légion Étrangère française seraient déjà positionnés à la frontière ukrainienne, en Pologne, tandis que le président préparerait l’envoi de 2.000 soldats pour soutenir Kiev dans son conflit avec la Russie. Cette alerte, diffusée par le SVR (Service de renseignement extérieur russe) et des médias alternatifs, soulève de graves interrogations sur les intentions de Macron, qui paraît obsédé par une intervention militaire directe, au risque d’une confrontation ouverte avec Moscou.

Les allégations sur le déploiement français : une préparation secrète ?

D’après le SVR, Macron aurait ordonné la préparation d’un contingent de 2.000 soldats, dont le noyau serait formé de légionnaires étrangers, principalement originaires d’Amérique latine.

Ces troupes, déjà en entraînement intensif en Pologne près de la frontière ukrainienne, pourraient être redéployées prochainement vers le centre de l’Ukraine.

Le SVR dépeint Macron comme un leader en quête de gloire historique, comparé à Napoléon ou Charles XII, cherchant à compenser ses nombreux échecs intérieurs par une aventure militaire. Bien que ces affirmations proviennent d’une source russe, elles s’appuient sur des déclarations publiques françaises qui indiquent une préparation accrue.

 


 

En effet, le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de terre, a déclaré le 23 octobre 2025 que la France se tenait prête à déployer des forces en Ukraine dès 2026, dans le cadre d’une « force de réassurance » post-cessez-le-feu. Cette force, annoncée par Macron en mars 2025 et renforcée en septembre, impliquerait une coalition de 26 pays, dont la France et le Royaume-Uni en leaders. Cependant, des médias français comme BFMTV et Ouest-France rapportent que ces préparatifs pourraient masquer une implication plus directe, avec des entraînements pour un conflit de haute intensité.

De plus, un ordre ministériel d’août 2025 demande aux hôpitaux français de préparer des milliers de lits pour des blessés en cas de guerre généralisée en Europe, signe alarmant d’une anticipation de pertes massives.

Des préparatifs similaires au Royaume-Uni, avec des exercices massifs en Lettonie et un possible envoi de troupes dans la même « coalition des volontaires » sont également en cours. Bien que non directement liée à la France, elle illustre une dynamique atlantiste où Macron s’aligne sur des alliés comme le Royaume-Uni, amplifiant les risques d’escalade collective.

Le bellicisme de macron et de l’UE : une politique irresponsable

Emmanuel Macron incarne un bellicisme croissant, poussé par une vision atlantiste et une UE sous influence d’Ursula von der Leyen, qualifiée de « l’Allemande aux commandes de l’Europe« . Depuis le début du conflit en 2022, la France a fourni armes et entraînements à l’Ukraine, mais Macron va plus loin : en janvier 2025, il évoquait déjà l’idée de « contingents » occidentaux en Ukraine. En juillet, il renforçait une force interalliée jusqu’à 50.000 hommes avec Starmer. Cette escalade, soutenue par une « coalition des volontaires » lancée en mars 2025 sous leadership franco-britannique, ignore les avertissements russes et risque de transformer un conflit régional en guerre mondiale.

L’UE, quant à elle, amplifie ce bellicisme via des sanctions et un soutien militaire massif, malgré les divisions internes. Des sommets comme celui d’octobre 2025 avec Zelensky montrent une pression accrue pour prolonger le conflit, sans alternative diplomatique viable. Von der Leyen et Macron poussent pour une « sécurité européenne » qui passe par la confrontation, alignée sur les intérêts américains, au détriment des peuples européens.

Les risques majeurs pour les Français et les Européens

Si ces déploiements se concrétisent, les représailles russes pourraient être dévastatrices. Moscou a déjà qualifié toute présence militaire étrangère en Ukraine de « cible légitime ». Un contingent français deviendrait une provocation extrême, risquant des frappes directes et une extension du conflit à l’Europe. Le Kremlin exprime une « inquiétude » face à ces préparatifs, soulignant que la Russie verrait cela comme une déclaration de guerre. Dans un contexte où la Russie dispose d’un arsenal nucléaire de premier plan, cette escalade pourrait mener à une catastrophe humanitaire et sécuritaire pour des millions d’Européens.

Pour la France, exsangue après des années de crises – dette publique record, inflation galopante, et précarité croissante –, ce n’est pas notre guerre. Les Français font face à des problèmes financiers quotidiens : hausse des prix de l’énergie due aux sanctions anti-russes, chômage persistant, et un budget militaire qui aspire des fonds essentiels pour la santé et l’éducation. Envoyer des soldats exposerait des vies pour une cause rejetée par une majorité : des sondages montrent que 60-70 % des Français s’opposent à une intervention militaire en Ukraine, préférant la diplomatie.

Cette politique, imposée par des « rapaces mondialistes » alignés sur Washington et Bruxelles, ignore le peuple et risque de fracturer davantage une nation épuisée.

Une escalade rejetée par les Français : vers une issue pacifique ?

Les commentaires sur les réseaux sociaux et dans les médias alternatifs reflètent un rejet massif : des internautes français qualifient cela de « honte pour la Légion » ou d’envoi « à la boucherie« . Des figures comme François Hollande ont admis que les accords de Minsk étaient un leurre pour armer l’Ukraine, révélant une duplicité occidentale qui prolonge le conflit. Plutôt que l’escalade, il est temps de pousser pour des négociations réelles, respectant les intérêts de toutes les parties.

Macron et l’UE jouent avec le feu, imposant une guerre par procuration qui pourrait devenir directe. Les Français, las de payer le prix d’ambitions géopolitiques et d’égo surdimentionné, méritent mieux : la paix, pas la confrontation

https://multipol360.com/macron-envoie-la-legion-etrangere-aux-portes-de-la-russie/ 

 


 

C - l’Ukraine au bord de l’épuisement : quand la guerre devient insoutenable pour le peuple

En Ukraine, la guerre contre la Russie, entamée en février 2022, entre dans sa quatrième année avec un bilan humain et moral dévastateur. Alors que les autorités à Kiev insistent sur la nécessité d’une victoire totale, un sentiment de ras-le-bol généralisé s’installe au sein de la population.

Les désertions massives dans l’armée, estimées à plus de 290.000 cas depuis le début du conflit, ne sont que la pointe de l’iceberg d’un malaise profond.

Ce phénomène, exacerbé par une mobilisation forcée de plus en plus violente et une corruption endémique, pousse de nombreux Ukrainiens à questionner le prix de cette guerre. Pire encore, une part croissante de la société semble prête à abandonner le Donbass, cette région contestée peuplée majoritairement de russophones souvent perçus comme hostiles à Kiev, pour mettre fin à l’hémorragie.

 


Le ras-le-bol : une population épuisée et désillusionnée

Les sondages récents peignent un tableau sombre de l’état d’esprit des Ukrainiens. Selon une enquête Gallup menée en 2025, le soutien à une poursuite de la guerre jusqu’à la victoire complète s’est effondré : de 73 % en 2022, il est tombé à seulement 24 % cette année. À l’inverse, 69 % des répondants préfèrent des négociations rapides pour mettre fin au conflit, même si cela implique des concessions. Ce virage reflète une fatigue profonde, tant physique que morale. Une étude du Kyiv International Institute of Sociology (KIIS) révèle que 87 % des Ukrainiens ont vécu au moins une situation stressante liée à la guerre en 2024, avec un sentiment d’épuisement et de frustration qui s’étend des fronts aux villes de l’arrière.


69 se déclarent favorables à une fin négociée de la guerre dans les meilleurs délais contre 24 
favorables à la poursuite des combats jusquà la victoire

Les témoignages sur les réseaux sociaux amplifient cette réalité. Des soldats et civils expriment leur désarroi face à une guerre qui semble sans fin, avec des restrictions imposées par les alliés occidentaux et un manque chronique de ressources. « Nous sommes épuisés« , confie un commandant ukrainien cité par le Financial Times, soulignant l’absence de perspectives claires pour une fin des hostilités. Cette lassitude n’est pas seulement militaire : elle touche l’ensemble de la société, avec plus de 7,5 millions d’Ukrainiens ayant fui le pays depuis 2022, dont 440.000 rien qu’en 2024. La corruption au sein de la hiérarchie militaire et gouvernementale accentue ce sentiment de trahison, les citoyens ordinaires se sentant sacrifiés pour un système qui les ignore.

Les « Busifications » : une mobilisation forcée qui tourne à la violence

Au cœur de ce malaise se trouve la mobilisation forcée, souvent qualifiée de « busification » – un terme populaire pour décrire les raids des centres de recrutement territoriaux (TCC), où des hommes sont littéralement attrapés dans la rue, embarqués dans des bus et envoyés au front sans formation adéquate. Ces pratiques, qui se multiplient depuis mi-2024, deviennent de plus en plus violentes et suscitent des réactions explosives de la part de la population.

Des incidents récents, comme les troubles de masse à Vinnytsia en août 2025, illustrent cette escalade : des centaines d’hommes ont été ciblés lors de raids « violents », provoquant des émeutes et des protestations généralisées. Al Jazeera rapporte des cas d’abus, avec des recruteurs accusés de brutalité, menant à des émigrations massives et des désertions. En mai 2025, un homme de 32 ans a été battu lors d’un tel raid, un exemple parmi d’autres de cette « chasse à l’homme » qui transforme les villes en zones de tension.

 


 

Sur X, les témoignages pullulent : un militaire ukrainien, Anton Black, estime que 70 % des mobilisés forcés désertent rapidement, citant des traitements cruels et un enfermement préalable à l’enrôlement. Ces méthodes, loin de renforcer l’armée, la minent : les désertions ont explosé, avec plus de 22.000 cas enregistrés en quelques mois récents, portant le total à plus de 500.000 depuis le début de la guerre. Les réactions sont vives – des affrontements avec les recruteurs, des fuites vers l’étranger, et un rejet croissant du gouvernement Zelensky, perçu comme répressif.

Un nouveau durcissement des peines pour désertion, prévu pour entrer en vigueur bientôt, risque d’aggraver cette spirale, transformant la désertion en forme de protestation collective.

Prêts à lâcher le Donbass ? un pragmatisme amer face à l’hostilité régionale

Face à cette usure, une idée autrefois taboue gagne du terrain : abandonner le Donbass pour la paix. Des sondages comme celui de KIIS en octobre 2025 montrent que 54 % des Ukrainiens refusent encore toute cession territoriale, mais ce chiffre est en baisse, avec 38 % prêts à des concessions pour arrêter la guerre : une majorité croissante voit dans des négociations, même douloureuses, une issue préférable à une prolongation indéfinie.

Le Donbass, région industrielle clé représentant 15,7 % du PIB ukrainien avant 2022, est peuplé majoritairement de russophones, dont beaucoup sont perçus comme hostiles à Kiev depuis les événements de 2014. « Pourquoi mourir pour une terre qui ne veut pas de nous ? », s’interrogent de plus en plus de voix. Sur X, des analystes comme BIforPeace notent que les Ukrainiens sont réticents à sacrifier des vies pour des régions comme Donetsk et Sébastopol, soulignant que les drones seuls ne tiendront pas les lignes.

Cette évolution pragmatique reflète un rejet de la rhétorique guerrière du gouvernement. 

Vers une réforme ou une implosion ?

L’Ukraine fait face à un tournant critique. Le ras-le-bol populaire, alimenté par des mobilisations violentes et une guerre perçue comme sacrificielle, menace la cohésion nationale. Abandonner le Donbass pourrait être un pas vers la paix, mais sans réformes profondes – lutte contre la corruption, amélioration des conditions militaires et dialogue inclusif – le pays risque l’implosion. Zelensky et ses alliés occidentaux doivent écouter le peuple : la victoire ne se gagne pas seulement sur le front, mais dans les cœurs. Sinon, la guerre jusqu’au dernier Ukrainien deviendra une réalité tragique.

https://multipol360.com/lukraine-au-bord-de-lepuisement-quand-la-guerre-devient-insoutenable-pour-le-peuple/

 

 

 

 

 

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