Affichage des articles dont le libellé est or. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est or. Afficher tous les articles

avril 20, 2026

Les nouvelles internes de FRANCE !

Sommaire:

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ? 

C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

 


 

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

Dans une interview explosive diffusée ce vendredi 17 avril 2026 sur la chaîne Tocsin, Christophe Morel, figure historique des Gilets Jaunes, revient sans filtre sur l’état du mouvement et la crise profonde que traverse la France. Face à l’animateur, il martèle un message clair : 

les Gilets Jaunes n’ont pas disparu, ils se sont transformés, et le système tout entier doit être remis en cause.

Les Gilets Jaunes : toujours là, mais plus discrets

Interrogé sur l’atmosphère du mouvement et les appels à une nouvelle mobilisation (notamment dans le Nord ce week-end), Christophe Morel explique que les Gilets Jaunes sont loin d’être morts. Si les grandes manifestations de 2018-2019 ont diminué en nombre, le mouvement perdure sous des formes plus décentralisées :

« Juste parce qu’on ne parle plus d’un mouvement, ça ne veut pas dire que ce mouvement n’existe plus. »

Il cite les dizaines de ronds-points encore occupés, les associations, les collectifs et même un syndicat des Gilets Jaunes. La répression passée a poussé le mouvement à devenir plus discret, mais il reste très actif sur le terrain et sur les réseaux sociaux. « Les Gilets Jaunes sont bel et bien sur les ronds-points », insiste-t-il.

Soutien total aux combats du quotidien

L’interview bascule ensuite sur les images en direct de la ferme Soulet en Ariège, où des citoyens protestent contre la vaccination obligatoire des animaux. Christophe Morel apporte un soutien sans équivoque :

« Les Gilets Jaunes ont cette particularité… d’être du côté de toutes les luttes pour la justice, la dignité, le bien commun de tous et contre tous les abus d’autorité de cette oligarchie. »

Le Gilet Jaune devient pour lui un symbole universel : contre l’injustice, l’inégalité et l’autoritarisme.

Un système « non viable » et condamné d’avance

Christophe Morel pointe du doigt l’explosion des prix du carburant – passé de 1,547 € en 2018 à 2,23 € aujourd’hui – comme symptôme d’un mal plus profond :

« La hausse des prix du carburant est une conséquence d’un système non viable… condamné dès sa conception. »

Pour lui, les Gilets Jaunes ne se contentent pas de protester contre un symptôme : ils contestent le système à sa racine. Il appelle à une « émancipation populaire » et à une refondation profonde de la gouvernance.

Appel à l’union populaire : « La solution est politique au sens noble »

Au-delà des luttes corporatistes ou partisanes, Christophe Morel plaide pour une « coagulation populaire » qui rassemble toutes les professions ainsi que les chômeurs, les sans-abri et les citoyens ordinaires :

« La lutte ne doit pas être partisane… elle doit être faite pour tout le monde. Nous avons besoin de prendre du recul sur tout ça et de chercher vraiment une solution collective. »

Il cite l’exemple de l’Irlande pour montrer que d’autres peuples ont su reprendre leur souveraineté. Pour lui, la réponse ne peut être que politique, au sens le plus noble du terme : remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

Où retrouver les Gilets Jaunes ?

Christophe Morel donne des points de rendez-vous concrets : le rond-point du parapluie à Grande-Synthe, des actions à Paris, Besançon et bien d’autres, relayés sur les réseaux sociaux et les médias indépendants.

En conclusion, cette intervention cash sur *Tocsin* sonne comme un rappel : les Gilets Jaunes de 2018 n’ont pas été vaincus, ils ont muté. Face à une France qui s’enfonce dans la misère sociale et l’autoritarisme, ils incarnent toujours cette révolte populaire qui refuse de mourir.

Le message est limpide : il faut « foutre en l’air ce système complètement » et reconstruire ensemble.

https://multipol360.com/il-faut-foutre-en-lair-ce-systeme-completement-un-gilet-jaune-cash-sur-tocsin/ 

 


 

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ?  

Dans la « Matinale Tocsin » du 17 avril 2026, l’ambiance était électrique. Face à Nicolas Vidal, deux voix du terrain – David Lequent, patron pêcheur artisan et président de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), et Fabien Diaz, responsable du syndicat Art Taxi 32 dans le Gers – ont dressé un tableau sans filtre de l’exaspération qui monte dans les petites entreprises françaises. Le carburant qui flambe, les taxes qui étranglent, l’État accusé de remplir ses caisses pendant que les artisans coulent : le constat est clair, et le ton est celui d’une période pré-révolutionnaire.

Une mobilisation nationale fixée au 2 mai… mais déjà sabotée ?

David Lequent a lancé l’appel : une grande journée de rassemblement à Paris le 2 mai, au Trocadéro, ouverte à toutes les corporations touchées (pêcheurs, taxis, ambulanciers, agriculteurs, transporteurs, citoyens lambda). Objectif affiché : faire pression sur le gouvernement face à la crise du gazole et de l’énergie fossile, dont les prix ont explosé ces dernières semaines.

Mais dès l’annonce, l’administration a répondu par une mesure inédite : la préfecture exige une caution de 10 millions d’euros pour autoriser le rassemblement place du Trocadéro, au motif de la présence de bâtiments anciens. « Jamais vu ça », s’étonne David Lequent. « On n’a pas demandé ça à la CGT ni à FO. » Face à cette « aberration », le lieu devra être changé. Pour les organisateurs, le message est limpide : l’État a peur de ce qui pourrait se passer.

Fabien Diaz, lui, préfère une autre stratégie : des actions décentralisées devant les mairies et préfectures partout en France. « Il faut éviter de donner du grain à moudre à la milice », explique-t-il, en référence aux débordements souvent provoqués ou instrumentalisés par les forces de l’ordre lors des grands rassemblements parisiens. Il annonce déjà une réunion publique ouverte à tous dans le Gers avec députés et sénateurs pour les mettre face à leurs contradictions sur les taxes carburant.

Le seuil de rentabilité franchi : les bateaux restent au port

Pour les pêcheurs artisans, le chiffre est implacable : le seuil de rentabilité du gazole est à 60 centimes le litre. Au-delà, c’est le gouffre.

« On va pêcher juste pour payer le carburant, sans salaire pour l’équipage ni pour l’armement »

témoigne David Lequent. Résultat : de plus en plus de bateaux restent à quai, des ports se mobilisent localement, et la filière – déjà laminée par les quotas, les aires marines protégées et les réglementations successives – voit ses effectifs fondre.

Même son de cloche chez les taxis et les petites entreprises :

« L’État n’est plus là pour nous protéger, il a une volonté de nous tuer »,

lance Fabien Diaz. Il parle d’ubérisation de la société : disparition progressive des artisans au profit des grands groupes, liquidations judiciaires qui s’enchaînent chaque jour.

280 millions d’euros de surplus de taxes… et rien pour les Français

Les deux invités pointent du doigt le même paradoxe : l’État perçoit des surplus records grâce à la hausse des carburants (280 millions d’euros récemment cités), mais refuse tout plafonnement des prix ou baisse des taxes. « C’est du racket pur et simple », résume David Lequent. « On donne à l’économie française, et en cas de coup dur, cet argent ne nous revient pas. »

Ils rappellent que la France est l’un des rares pays européens à ne rien faire pour soulager ses citoyens et ses entreprises. Pendant ce temps, la mayonnaise monte dans tous les secteurs : pêche, taxis, ambulances, agriculture, transport routier.

Un spectre irlandais et le souvenir des Gilets Jaunes

David Lequent n’hésite pas à évoquer le spectre de la révolution irlandaise qui « flotte sur l’État français ». Il rappelle comment, en Irlande, des réunions publiques locales ont débouché sur une mobilisation spontanée massive à Dublin en quelques jours. « Si l’État ne réagit pas, la France peut s’embraser », prévient-il.

Pour beaucoup d’observateurs, cette colère multi-corporations rappelle les prémices des Gilets Jaunes en 2018 – un mouvement né exactement de la même étincelle : la hausse du carburant et le sentiment d’abandon des territoires et des petites gens. Les Gilets Jaunes auraient-ils été, en réalité, un galop d’essai ? Une répétition générale avant une mobilisation plus large, plus structurée, qui cette fois-ci regroupe déjà les professions les plus exposées et ne se limite plus à un seul symbole ?

Les deux invités le sentent : le peuple est à bout. « On demande qu’à bosser tranquillement, faire vivre nos familles », martèlent-ils. Mais si rien ne change, « le citoyen, le peuple va dire stop ».

La balle est dans le camp du gouvernement

À quelques jours du 2 mai, le message est lancé : plus on sera nombreux, plus la pression sera forte. David Lequent appelle tous les marins-pêcheurs, toutes les entreprises impactées et tous les citoyens à converger vers la capitale. Fabien Diaz mise sur l’essaimage local et les confrontations directes avec les élus.

L’État est prévenu. Entre une caution jugée provocatrice, un refus obstiné de plafonner les prix et une exaspération qui traverse tous les métiers, la France des artisans et des territoires semble entrée dans une véritable période pré-révolutionnaire. Les Gilets Jaunes n’étaient peut-être que le premier acte. Le deuxième pourrait s’écrire dès le 2 mai… si le gouvernement continue de faire la sourde oreille.

https://multipol360.com/carburant-la-colere-des-artisans-explose-le-2-mai-pourrait-il-etre-le-declencheur-dune-nouvelle-vague-populaire/

 


C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

Il est intellectuellement paresseux d’aborder la question du voilement des enfants sous un angle strictement laïque. Il ne s’agit ni d’expliquer aux jeunes filles qui portent le voile qu’elles menaceraient le vivre-ensemble républicain, comme l’a affirmé le ministre Laurent Nuñez lors de la rupture du jeûne le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, ni de débattre d’une pratique religieuse. Il est ici question de droits liés à la protection de l’enfance.

Si l’on se penche sur la charia et le fiqh islamique, le voile ne protège pas les petites filles de la sexualisation. Il les y fait entrer. Dans la logique des interprétations liées à la sourate 33, verset 59, le voile est présenté comme un signe permettant une distinction morale et statutaire entre les corps féminins. On apprend aux jeunes filles dès le plus jeune âge à adapter leur corps au regard masculin.

En parallèle, dans la sourate 65, verset 4, on peut lire la phrase « de même pour celles qui n’ont pas encore de règles », comprise par de nombreux exégètes et juristes sunnites comme incluant les jeunes filles avant leurs premières règles. Ces interprétations montrent que le texte prévoit juridiquement des prépubères dans le cadre du mariage et de sa dissolution.

Autrement dit, le voile sexualise les petites filles. Il les inscrit dans une logique où leur corps doit être caché, protégé et contrôlé. Elles deviennent ainsi responsables du regard des hommes.

Quant au droit à la liberté de conscience, protégé par la CIDE, il est souvent confondu avec l’imposition de la religion des parents. L’État reste pourtant garant de ce droit, alors même que l’enjeu réel du voilement des enfants réside dans la pression religieuse et la sexualisation précoce. Il lui revient donc de protéger l’enfance contre toute forme de maltraitance, y compris celles liées aux abus religieux. En tout état de cause, instrumentaliser des enfants ne fera pas avancer le prétendu « combat contre l’islam politique ».

La récente polémique autour des propos de Laurent Nuñez sur le voilement des enfants met en lumière une contradiction profonde dans la manière dont l’État appréhende la question religieuse, et en particulier l’islam. D’un côté, une volonté affichée de fermeté face à l’islamisme et aux logiques séparatistes. De l’autre, un discours qui tend à éviter toute conflictualité avec certaines pratiques religieuses, y compris lorsqu’elles concernent des mineures.

Cette tension est d’autant plus forte que la séquence se déroule à la Grande Mosquée de Paris, institution historiquement structurée par l’influence algérienne en France. Dès lors, la parole ministérielle s’inscrit dans un environnement diplomatique et communautaire sensible.

Ce contexte est renforcé par les fortes tensions entre la France et l’Algérie, notamment autour des OQTF et des laissez-passer consulaires, mais aussi des négociations relatives à la libération de Christophe Gleizes. De fait, chaque prise de parole publique sur l’islam du ministre de l’Intérieur et des Cultes est perçue comme un signal politique.

À cela s’ajoute que la France est un pays durablement marqué par les attentats islamistes. Ce traumatisme structure profondément le débat public qui se polarise autour de l’usage du terme « islamophobie » dont la définition demeure floue et politiquement disputée. Cette conflictualité permanente produit un effet paradoxal empêchant à la fois de nommer clairement les problèmes et de les traiter sereinement.

L’État oscille donc entre plusieurs logiques. Il cherche à contenir les dérives, à éviter la stigmatisation, à maintenir un équilibre diplomatique et à répondre à une demande sociale forte de clarté et de protection. Mais en voulant tenir ensemble ces impératifs contradictoires, il finit par brouiller sa propre position.

Cette difficulté est d’autant plus marquée que la question de l’islam en France ne peut être dissociée de réalités démographiques et politiques. La diaspora algérienne y occupe une place importante, et une part significative de celle-ci est de culture ou de confession musulmane. Dès lors, toute prise de position publique s’inscrit dans une lecture communautaire potentielle, renforçant à la fois la prudence et l’ambiguïté de la parole ministérielle.

Cette ambiguïté n’est pas seulement politique ou diplomatique. Elle soulève une question plus fondamentale sur le rôle même de l’État face au fait religieux.

Pourquoi l’État refuse-t-il d’intervenir sur le voilement des enfants tout en prétendant organiser un islam « acceptable » ? Il en vient alors à sélectionner certains interlocuteurs et à leur déléguer implicitement la définition des pratiques religieuses compatibles avec les principes républicains, comme l’illustre la publication en février dernier d’un guide de près de 1 000 pages par la Grande Mosquée de Paris.

La véritable question est donc de savoir qui décide de ce que serait un « bon islam » ? Selon quels critères juger des pratiques à encourager ou à bannir dans un pays laïque ? En quoi encadrer la foi personnelle des individus serait-il légitime ? Et pourquoi la Grande Mosquée de Paris serait-elle plus légitime qu’un autre interlocuteur ?

Mettre en scène un islam républicain ne change rien au fond du problème. Tant qu’on refuse d’affronter un corpus théologique qui a historiquement légitimé la répression de l’apostasie, la hiérarchie des sexes ou encore la subordination politique, nous resterons dans le slogan.

Rihame Allouch et Mehdy Raïche


 https://nouvellerevuepolitique.fr/rihame-allouch-et-mehdy-raiche-voilement-des-enfants-ou-quand-letat-ne-veut-pas-choisir/

 

 

 


D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

Face à la « gentrification économique » du RN, le patronat doit privilégier la realpolitik. L’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’exigence de la crédibilité économique.

Il fut un temps, pas si lointain, où le simple fait pour un dirigeant d’entreprise de croiser un cadre du Front National relevait de l’hérésie. Il y a peu encore, toute rencontre entre un patron et Marine LE PEN ou Jordan BARDELLA n’était envisageable que sous le sceau du secret. On se souvient de cet épisode, vieux de sept ans déjà, où le MEDEF, cédant à la pression politique et médiatique, avait fini par décommander Marion MARÉCHAL, pourtant invitée à venir s’exprimer devant les chefs d’entreprise. Aujourd’hui, bien que quelques gardiens autoproclamés du temple républicain s’indignent encore d’une « banalisation » de l’extrême droite, la donne a changé.

Considérer que de telles rencontres fassent figure de transgression trahit une approche biaisée de notre vie démocratique. Échanger avec un chef de parti, qui jouit d’une représentation à l’Assemblée nationale, ce n’est pas l’approuver ni encore moins l’adouber ; c’est l’écouter et l’informer, le défier voire le corriger. Refuser le dialogue par crainte de « pactiser avec le diable » relève d’une étonnante conception du dialogue républicain et du diable lui-même. Le monde de l’entreprise a infiniment plus à gagner à tenter de faire tomber les écailles idéologiques des yeux de ses interlocuteurs politiques qu’à feindre de les ignorer. Nous ne sommes plus au temps des excommunications de salons parisiens, mais à celui des bilans comptables et des défis de terrain.

Une « gentrification économique » qui rebat les cartes

Nous assistons ces 10 dernières années et particulièrement aujourd’hui à une dynamique implacable : la véritable « gentrification économique » du Rassemblement National. Fini le parti exclusivement cantonné aux débats enflammés sur les seules valeurs, la nation ou l’identité. La mue est là, chiffrée, palpable. L’économie représente aujourd’hui près des deux tiers des propositions du parti, contre à peine 10 % par le passé. Ce basculement n’est pas un simple ripolinage de façade, c’est une nécessité stratégique pour un mouvement qui ambitionne de gouverner.

Sous la conduite de Marine LE PEN, le parti à la flamme a opéré des aggiornamenti spectaculaires pour rassurer les marchés, les investisseurs et les acteurs économiques : renoncement formel à la sortie de l’Union européenne, abandon de la sortie de l’euro et même une conversion inattendue à la règle orthodoxe des 3 % de déficits. Face aux dérapages économiques de LFI, le RN drague ouvertement les patrons. En se positionnant avec une telle insistance sur les questions régaliennes et budgétaires, la stratégie est limpide : le mouvement cherche à siphonner l’espace historique laissé vacant par une droite républicaine en perte de repères et divisée par sa querelle des chefs. Pour l’entourage de la direction du parti, dans les difficultés économiques de cette fin de quinquennat, il s’agit désormais de se crédibiliser, de défendre la science contre le dogme, de substituer le réalisme aux œillères isolationnistes du passé.

L’épouvantail a changé de camp, reste le défi de l’incarnation

Ne nous y trompons pas : la priorité absolue des chefs d’entreprise – qu’ils dirigent une TPE de proximité, une PME industrielle ou un grand groupe – reste la stabilité. Dans un climat marqué par l’inflation, le mur d’investissements de la transition écologique et la rudesse de la concurrence internationale, nos entreprises ont besoin de visibilité, pas de chimères idéologiques. Or, sur ce terrain de l’anxiété économique, l’épouvantail a clairement changé de camp. Aujourd’hui, le risque majeur de déstabilisation économique perçu par le patronat vient bien moins de l’extrême droite que des thérapies de rupture promues par l’extrême gauche, LFI en tête. Face aux menaces de chaos social, d’asphyxie fiscale et réglementaire, le discours économique lissé du RN trouve une oreille plus attentive.

Cependant, attention aux mirages ! Si le dialogue est ouvert, le blanc-seing n’existe pas. Les échos récents des rencontres entre les parlementaires RN et des cercles d’entrepreneurs font état de divergences persistantes. Et c’est heureux. C’est bien la preuve éclatante qu’une rencontre n’est jamais une reddition, dans un sens ou dans l’autre.

La grande question qui se pose désormais au RN est implacable : le casting politique et technocratique du parti sera-t-il jugé suffisamment robuste, pointu et crédible à l’avenir pour effacer les échecs cuisants des précédents débats présidentiels ? L’épreuve du pouvoir ne tolère ni l’amateurisme ni l’à-peu-près. Ce réalisme est une règle désormais vitale pour le RN dans son rapport à l’économie ; et il est tout aussi nécessaire au monde économique dans son rapport décomplexé au RN.

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad est entrepreneur et président du Think Tank Étienne Marcel. Membre de la Société d’économie politique, il est aussi président de la commission du développement économique du Conseil économique, social et environnemental régional en Île-de-France. Il est également membre de la Chambre de commerce et d’industrie de la Région de Paris-Île-de-France. Auteur de L'Avenir appartient aux PME paru chez Dunod, Bernard Cohen-Hadad est l’auteur de nombreuses tribunes publiées dans les médias. Il a été membre de l’Observatoire de l’épargne réglementée, de l’Observatoire du financement des entreprises, de l’Observatoire des PME et ETI par le marché et du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Il participe actuellement à l’Euro Retail Payment Board (ERPB) auprès de la Banque centrale européenne, au Comité national des moyens de paiements (CNMP) et au Comité pour l’éducation financière (EDUCFI). Il est membre du Conseil scientifique de l’École supérieure des métiers du droit.

https://nouvellerevuepolitique.fr/le-rn-et-les-entreprises-de-lostracisme-a-lepreuve-du-reel/ 

 

 


E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

La décision de rapatrier 129 tonnes d’or depuis les États-Unis n’a rien d’un geste folklorique ni d’une bravade dirigée contre Washington. Officiellement, il s’agissait de moderniser les lingots conservés à l’étranger et de les remettre aux standards du marché. L’opération, présentée par TF1 comme une manœuvre technique, a aussi permis à la France d’enregistrer une importante plus-value comptable, estimée à 12,8 milliards de dollars. 

Un retour matériel, mais surtout politique

Il faut partir d’un constat simple : l’or n’est pas un actif comme les autres. On le dit archaïque, dépassé, relégué par la finance électronique, mais chaque crise sérieuse lui redonne sa vraie fonction. L’or reste la garantie ultime, celle qui échappe au risque de contrepartie, aux sanctions, aux défaillances bancaires et aux emballements monétaires. Quand un État choisit de le garder chez lui, il ne parle pas seulement de rendement ou de stockage. Il parle de contrôle, donc de souveraineté.

La France détient aujourd’hui environ 2 436 tonnes d’or, principalement conservées à la Banque de France. Ce volume la place parmi les grands détenteurs mondiaux et constitue l’un des rares actifs stratégiques dont la valeur politique croît à mesure que le désordre international s’aggrave. 

La fin de l’innocence monétaire

Pendant longtemps, conserver une partie du stock à New York allait de soi. Cela relevait de la logique du système occidental : sécurité américaine, centralité du dollar, confiance dans les circuits de la Réserve fédérale. Mais cette géographie de la confiance s’est fissurée. Les sanctions financières, le gel d’avoirs souverains et la fragmentation croissante du système mondial ont changé la nature du problème. Désormais, posséder un actif ne suffit plus. Encore faut-il le posséder là où personne ne peut en limiter l’usage.

C’est là que le rapatriement de l’or prend une autre signification. Même quand il est présenté comme une modernisation logistique, il traduit une prudence stratégique. Les États ont compris qu’en période de fortes tensions, la souveraineté ne se mesure pas seulement par la quantité de réserves, mais par la maîtrise physique de ces réserves.

À lire aussi : ÉCONOMIE – La contre-offensive monétaire de Pékin : Xi Jinping veut défier l’empire du dollar

Le retour silencieux du métal dans la géopolitique

Ce mouvement français s’inscrit dans une tendance plus vaste. Depuis plusieurs années, l’or redevient un instrument de puissance. Les banques centrales en achètent massivement, tandis que plusieurs pays cherchent à réduire leur exposition au dollar et aux actifs vulnérables aux décisions politiques américaines. Le regain d’intérêt pour l’or n’est donc pas un réflexe défensif isolé, mais un symptôme de la dédollarisation partielle du monde et de la méfiance croissante envers l’ordre financier hérité de l’après-guerre. 

Dans ce cadre, le rapatriement de 129 tonnes n’est pas un épisode anecdotique. Il révèle quelque chose de plus profond : même au cœur du camp occidental, l’idée progresse que la sécurité financière ne peut plus être totalement externalisée. L’allié demeure l’allié, certes, mais la dépendance, elle, devient un risque.

Un signal pour le temps qui vient

Le plus intéressant n’est donc pas l’or lui-même, mais ce qu’il raconte. Il raconte la montée d’un monde moins confiant, moins fluide, plus conflictuel. Un monde où les chaînes financières sont des instruments de pression, où les réserves deviennent des outils de résilience, et où la matérialité reprend ses droits face à l’abstraction monétaire.

La France n’a pas seulement déplacé des lingots. Elle a, en réalité, réaffirmé un principe ancien que l’on croyait effacé : dans les temps d’incertitude, la puissance commence par ce que l’on tient réellement entre ses mains.

Giuseppe Gagliano


Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

https://lediplomate.media/decryptage-or-rentre-paris-avec-lui-idee-souverainete/

 

 


 

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

Dans une interview diffusée récemment sur Tocsin (media indépendant), Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l’Union française des pêcheurs artisans (UFAPA), dresse un tableau alarmant de la filière pêche française. Face à la flambée historique du gasoil marin, les bateaux restent à quai, les entreprises perdent de l’argent à chaque sortie en mer et les marins-pêcheurs artisans lancent un cri d’alarme :

« La pêche est condamnée à disparaître. »

L’interview, enregistrée mi-avril 2026, intervient dans un contexte de crise énergétique déclenchée par les tensions au Moyen-Orient.

Une crise du carburant qui fait couler la filière

Avant la crise actuelle, le gasoil marin (détaxé) oscillait autour de 0,60-0,65 € le litre. Il a aujourd’hui explosé entre 1,10 € et 1,40 € selon les ports, voire plus dans certaines régions isolées. Or, le carburant représente 35 à 45 % des charges d’exploitation des navires artisanaux. Résultat :

« À chaque fois que les bateaux partent en mer, ils perdent de l’argent », explique Jean-Vincent Chantreau. Nombreux sont ceux qui restent le long des quais, cuves vides.

Le secrétaire général de l’UFAPA rappelle que la pêche artisanale croule déjà sous les normes européennes, la concurrence des importations massives et la prolifération des parcs éoliens offshore qui réduisent les zones de pêche. La hausse du gasoil agit comme un « coup de semonce » fatal.

L’aide gouvernementale jugée insuffisante

Le gouvernement a annoncé fin mars un plan d’urgence de 70 millions d’euros pour avril, dont 5 millions d’euros dédiés à la pêche (remboursement de 20 centimes par litre). Jean-Vincent Chantreau est clair : « Ce n’est pas dans les clous. » Le seuil de rentabilité ou même d’équilibre se situe autour de 0,60-0,70 € le litre. Avec l’aide, le gasoil reste donc largement au-dessus de 1 €. « Nous sommes très largement en perte », insiste-t-il.

Des solutions concrètes proposées… et ignorées ?

L’UFAPA a transmis plusieurs pistes au gouvernement et à la ministre de la Mer Catherine Chabaud :

Encadrer les marges des compagnies pétrolières : passer d’un profit de guerre (30-33 % de marge brute) à un profit constant.

Réduire les taxes (TVA, TICPE, CE carbone) ou baisser temporairement la TVA à 15-17 % comme autorisé par l’Europe.

Réaffecter les taxes éoliennes : plus de 60 millions d’euros déjà collectés auprès des exploitants de parcs offshore (2024-2026) et non utilisés pour la décarbonation de la pêche.

Moratoire d’un an sur les subventions éoliennes offshore (8 à 10 milliards d’euros par an via la PPE3) pour soulager les carburants.

Microtaxe européenne de 1 centime par kilo sur les produits agroalimentaires importés de pays tiers, afin de créer un fonds souverain de soutien aux filières locales.

Chantreau conclut : « Il faut trouver l’argent là où il y en a » sans impacter le porte-monnaie des Français.

 

Vers une mobilisation historique le 2 mai

Face au silence, l’action s’organise. Des blocages de ports ont déjà eu lieu en Corse et dans les Hauts-de-France ; des manifestations ciblent les dépôts de carburant (comme au Calvados le 15 avril).

Le samedi 2 mai 2026 à 11 h, les pêcheurs artisans appellent à une grande mobilisation pacifique et multisectorielle place du Trocadéro à Paris, sous la bannière du mouvement « Réveil des terroirs ».

Seront présents : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, artisans, commerçants et taxis. Objectif : « Nous rapprocher des oreilles du gouvernement et de Matignon » pour imposer un vrai débat avant les élections présidentielles de 2027. « Sinon ça va déborder », prévient Jean-Vincent Chantreau.

Il insiste sur l’enjeu souverain : sans pêcheurs et sans agriculteurs locaux, la France risque la pénurie alimentaire dans un contexte géopolitique tendu. « Le poisson que vous ne pêchez pas, ce sont autant de denrées en moins sur le marché. »

L’interview se termine par un appel clair : rendez-vous le 2 mai à Paris. La filière pêche, déjà fragilisée depuis des années, voit dans cette crise du carburant le risque d’une disparition définitive des petits bateaux artisans qui font vivre les littoraux français.

https://multipol360.com/pecheurs-francais-au-bord-de-la-rupture-nous-sommes-en-train-de-mourir/

 

février 04, 2026

Géoéconomie de l'or et dédollarisation ? - Chine, Russie ON; USA OFF !!

 "Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués
Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle"

Quand Pékin réduit les bons du Trésor américain

Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués

Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle.


Scénarios économiques

Le sujet n’est pas seulement de « vendre des titres et acheter de l’or ». Le sujet, c’est la fragilité du lien entre réserves de change et géopolitique. Pendant des décennies, les bons du Trésor américains ont été le dépôt naturel de la richesse étrangère : liquides, profonds, réputés neutres. Mais lorsque les sanctions deviennent un instrument ordinaire de politique étrangère et que les paiements peuvent être bloqués ou conditionnés, la neutralité se rétrécit.

L’or, lui, ne promet pas un rendement : il promet une indépendance vis-à-vis de l’autorisation d’autrui. C’est un choix qui produit trois effets économiques.

Premier effet : réduire la vulnérabilité aux chocs politiques, comme les gels, les restrictions sur les circuits financiers, ou les pressions réglementaires.

Deuxième effet : accroître la résilience d’une banque centrale. En cas de crise, l’or reste mobilisable, négociable, transférable, même si cela implique d’autres coûts et d’autres délais.

Troisième effet : renchérir, sur le plan symbolique, la gestion de l’endettement américain. Non pas parce que la Chine ferait s’effondrer le marché, mais parce qu’elle signale que la confiance n’est plus automatique.

Le paradoxe est que Washington, à court terme, ne souffre pas réellement : d’autres acteurs absorbent, le marché reste profond, la demande demeure solide. Mais Pékin ne raisonne pas à court terme. Pékin raisonne en termes de marge de manœuvre.

Le nœud de l’or « non déclaré »

Ici, il faut être précis. Nous savons ce que la Chine déclare : 2 306 tonnes à la fin de 2025. Nous savons aussi que, selon certaines estimations de marché, les achats réels pourraient être nettement supérieurs à ceux communiqués. Des analyses attribuées à Goldman Sachs suggèrent que, sur certains mois de 2025, les achats effectifs auraient pu être de plusieurs fois supérieurs aux chiffres officiels. D’autres lectures, fondées sur des écarts entre importations, flux et données publiées, vont jusqu’à évoquer des ordres de grandeur bien plus élevés.

Traduction : il ne s’agit pas seulement d’accumuler, il s’agit aussi de garder une part d’opacité. Et l’opacité, lorsqu’elle concerne des réserves stratégiques, est déjà un message.

Évaluation stratégique et militaire

L’or n’est pas une arme, mais c’est ce qui permet de tenir une crise longue. C’est une garantie pour financer des importations critiques, un filet de sécurité si l’accès à certains paiements se resserre, une réserve qui soutient des chaînes d’approvisionnement sensibles. Dans un monde où les affrontements se jouent aussi sur les semi-conducteurs, l’énergie, les composants et les transports, la capacité de payer même quand quelqu’un tente « d’éteindre l’interrupteur » fait partie de la dissuasion.

Réduire les bons du Trésor, c’est aussi réduire la part de la richesse chinoise exposée à des décisions juridiques et politiques américaines. C’est une manière d’abaisser le coût potentiel d’un affrontement prolongé.

Géopolitique et géoéconomie

Le mot clé est simple : préparation. Pékin ne dit pas « le dollar s’effondre demain ». Pékin dit : si le monde se durcit, je veux moins de points faibles. C’est un élément d’une stratégie plus large de diversification des réserves et de réduction de la dépendance à un seul centre financier.

Pour les États-Unis, le signal est double. Techniquement, le marché tient. Politiquement, l’idée s’installe que la finance mondiale est de moins en moins un terrain neutre et de plus en plus un terrain de confrontation.

Le point final

Cette histoire n’est pas le récit d’une vente. C’est le récit d’une époque qui change : lorsqu’une grande puissance déplace lentement sa richesse d’une promesse de paiement vers un actif physique, elle dit qu’elle craint moins l’inflation que la politique. Et lorsqu’elle le fait sans tout raconter, elle dit aussi autre chose : dans le prochain tour, la surprise comptera autant que la force.


 
Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/ avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
 

 

Russie-Afrique : L’or de Wagner, nerf de la guerre

Sous le soleil brûlant du Sahel et de l’Afrique centrale, une bataille invisible se joue autour des mines d’or. Dans l’ombre, des mercenaires du groupe Wagner creusent bien plus que des galeries : ils extraient des milliards qui alimentent l’ambition géopolitique de Moscou, au prix de l’avenir des nations africaines.


 

Mali : L’alliance du pouvoir et des mercenaires

Un pays sous emprise étrangère

À Bamako, le colonel Assimi Goïta règne en maître depuis le coup d’État de 2021. Mais derrière son pouvoir, une autre force agit dans l’ombre : Wagner. Les mercenaires russes ne se contentent pas d’entraîner l’armée malienne ; ils façonnent également le récit politique. Une propagande bien huilée, orchestrée avec le Kremlin, cible la France et ses anciens alliés, tout en peignant Moscou comme le sauveur d’un Mali « trahi » par l’Occident.

Cette rhétorique séduit, mais le bilan est lourd :

  • Près de 5 750 morts dans des violences impliquant les forces armées et Wagner.
  • Plus de 412 000 déplacés, fuyant les exactions et l’insécurité croissante.
  • Une démocratie mise en suspens, avec des élections repoussées sine die.

L’or, la véritable monnaie d’échange

Dans cette alliance, Wagner ne fait rien gratuitement. Les mercenaires reçoivent 10,8 millions de dollars par mois, des fonds issus des richesses minières du pays. Sur les sites de Fékola, Sadiola ou Loulo, Wagner supervise discrètement une extraction massive, financée en partie par des entreprises occidentales. Cet or, vital pour le Mali, alimente en réalité les coffres russes.

Centrafrique : Une nation à genoux

Touadéra sous perfusion russe

En République centrafricaine, Wagner est devenu l’ange gardien du président Faustin-Archange Touadéra. Depuis 2018, les mercenaires russes jouent un rôle clé dans la survie de son régime. Mais leur aide a un prix : un contrôle sans partage sur les ressources naturelles du pays, à commencer par la mine d’or de Ndassima, la plus grande du pays.

Pour beaucoup, cette dépendance ressemble à une nouvelle forme de colonisation. La situation humanitaire est dramatique :

  • 3,4 millions de personnes – plus de la moitié de la population – ont besoin d’aide humanitaire.
  • 20 % des Centrafricains sont déplacés ou réfugiés.

La violence comme méthode

Wagner n’est pas qu’un partenaire économique. En 2020, les mercenaires ont écrasé une rébellion menée par François Bozizé, l’ancien président. Aujourd’hui, ils sont responsables de 37 % des violences politiques dans le pays. Parmi leurs cibles, des villages entiers, comme les communautés musulmanes Boyo, qui ont subi des attaques brutales

Soudan : L’or et la guerre

Un chaos orchestré

Au Soudan, le rôle de Wagner remonte à l’époque d’Omar al-Bashir, qui avait troqué l’or de son pays contre un soutien militaire russe. Après sa chute, Wagner a su rebondir en s’alliant avec la junte militaire dirigée par Abdel al-Burhan.

Depuis 2019, les mercenaires agissent comme des courtiers de l’or soudanais, tout en étouffant les espoirs de démocratie.

Un empire bâti sur l’or

Wagner a établi sa domination sur l’une des plus grandes raffineries du pays, à Al-Ibaidiya. De là, ils contrôlent l’achat, la transformation et la contrebande de l’or soudanais, un commerce lucratif qui échappe aux autorités locales.

Pendant ce temps, des villages entiers proches des mines subissent des attaques meurtrières. Wagner ne se contente pas de l’or : il s’assure que personne ne conteste son emprise.

Le « Triangle d’or » de la Russie en Afrique

Une stratégie bien huilée

Le Mali, la Centrafrique et le Soudan ne sont pas des cas isolés. Ils forment un véritable « triangle d’or », au cœur de la stratégie africaine de Moscou. À travers Wagner, la Russie ne se contente pas d’extraire des ressources : elle assoit son influence en soutenant des régimes autoritaires et en sapant les institutions démocratiques.

Financer la guerre en Ukraine

L’objectif ultime ? Alimenter la machine de guerre russe. Avec plus de 2,5 milliards de dollars générés par l’exploitation de l’or africain, Wagner offre au Kremlin une manne financière inestimable, notamment pour financer son invasion en Ukraine.


 
Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

 

 

 

 

 

 

 

 

décembre 16, 2025

L’État profond, un jeu avec or et l’argent comme les 49.3 en France et 122 TFUE en Europe

De la démocratie à la « démocrature » : l’abus des articles 49.3 en France et 122 TFUE en Europe 

Des outils exceptionnels devenus ordinaires

Dans les systèmes démocratiques modernes, les mécanismes d’urgence sont censés être des exceptions réservées aux crises graves. Pourtant, en France comme au niveau européen, deux dispositions constitutionnelles – l’article 49 alinéa 3 de la Constitution française et l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) – sont de plus en plus invoquées pour contourner les débats parlementaires et imposer des décisions majeures. Comme le souligne une analyse récente de l’Université Côte d’Azur,

 


le recours croissant à l’article 122 TFUE marque une dérive inquiétante vers une gouvernance par décret, diluant la souveraineté populaire au profit d’une oligarchie non élue ou mal élue.

Ces outils, initialement conçus pour des situations exceptionnelles, transforment progressivement nos démocraties en « démocratures » – des régimes conservant les apparences démocratiques tout en concentrant le pouvoir exécutif au détriment des représentants du peuple.

L’article 49.3 en France : le passage en force national


En France, l’article 49 alinéa 3 permet au gouvernement d’engager sa responsabilité sur un texte législatif, forçant son adoption sans vote sauf motion de censure. Conçu en 1958 pour assurer la stabilité gouvernementale en période de fragmentation parlementaire, il était censé rester exceptionnel.

Pourtant, depuis les années 2000, son usage s’est banalisé : François Hollande l’a invoqué 6 fois, Emmanuel Macron plus de 23 fois rien que pour la réforme des retraites en 2023, et le gouvernement actuel continue cette pratique. Résultat : des lois majeures (budget, retraites, immigration) sont adoptées sans débat approfondi à l’Assemblée nationale, diluant le rôle du Parlement et transformant la Ve République en un régime quasi-présidentiel où le Premier ministre impose par décret ce que la représentation nationale refuse.

Cette dérive concentre le pouvoir entre les mains d’un exécutif souvent minoritaire à l’Assemblée, soumis à un président élu avec une faible participation et des alliances fragiles.

Le peuple, théoriquement souverain, voit ses représentants court-circuités.


 

L’article 122 TFUE : l’urgence permanente au niveau européen

Au niveau européen, l’article 122 TFUE offre un parallèle frappant. Comme l’explique l’étude de l’Université Côte d’Azur, cette disposition permet au Conseil (chefs d’État ou de gouvernement, souvent avec le Parlement européen en marge) d’adopter des mesures « appropriées » en cas de « circonstances exceptionnelles » ou de « difficultés graves » dans l’approvisionnement énergétique, sans nécessiter l’unanimité ni une procédure législative ordinaire.

Initialement pensé pour des crises conjoncturelles (ex. : choc pétrolier), l’article 122 a été massivement mobilisé depuis 2020 :

  • Pendant la pandémie COVID-19 : suspension des règles budgétaires (Pacte de stabilité) et adoption de mesures économiques sans codécision pleine du Parlement européen.
  • Lors de la crise énergétique post-guerre en Ukraine : prix plafonnés du gaz, mécanismes de solidarité obligatoire entre États, sans débat approfondi.
  • Propositions pour des fonds communs ou des achats groupés d’énergie, imposés par le Conseil.
  • Plus récemment, le gel des avoirs russes (plus de 300 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe immobilisés par l’UE, avec discussions sur leur confiscation ou utilisation pour financer l’Ukraine), décidé dans un cadre d’urgence géopolitique élargi, qui pourrait d’ailleurs mener à un conflit grave (risques d’escalade militaire, représailles économiques russes ou fragmentation du système financier international).

Le Parlement européen, seul organe directement élu, est souvent relégué à un rôle consultatif. Les décisions reviennent au Conseil (exécutifs nationaux) et à la Commission (non élue), transformant l’UE en une gouvernance technocratique où l’urgence devient permanente.

Comparaison : deux mécanismes pour diluer la souveraineté populaire

Les parallèles entre 49.3 et 122 TFUE sont saisissants :

Contournement du débat législatif : En France, pas de vote à l’Assemblée ; en Europe, procédure accélérée sans codécision pleine.

Justification par l’urgence : Crise économique, sanitaire, énergétique – l’exception devient règle.

Concentration du pouvoir exécutif : En France, Président/Premier ministre ; en Europe, Conseil/Commission.

Affaiblissement des élus directs : Assemblée nationale et Parlement européen marginalisés.

Ces mécanismes transforment la démocratie représentative en « démocrature » : les formes subsistent (élections, parlements), mais le pouvoir réel est exercé par des exécutifs ou technocrates peu ou mal élus, souvent contre l’opinion majoritaire (ex. : réformes retraites en France malgré grèves massives ; sanctions énergétiques en Europe malgré hausse des prix insoutenable pour les citoyens).

 


 

Une oligarchie au service d’intérêts éloignés du peuple

Le pouvoir se dilue verticalement : du peuple vers les exécutifs nationaux, puis vers les institutions européennes non directement légitimes. Les Commissaires européens (nommés, non élus), les hauts fonctionnaires bruxellois, les chefs d’État en Conseil forment une oligarchie interconnectée, souvent issue des mêmes élites (ENA, grandes écoles, réseaux transnationaux).

Ces décideurs agissent fréquemment contre les intérêts des peuples : hausse des prix énergétiques malgré sanctions, austérité budgétaire imposée, réformes sociales contestées.

L’urgence sert de prétexte pour éviter le débat, renforçant un système où la souveraineté populaire est vidée de sa substance.

Vers une rupture démocratique nécessaire

Le recours croissant à l’article 49.3 et à l’article 122 TFUE illustre une dérive commune : transformer des outils d’exception en instruments de gouvernance autoritaire. La démocratie européenne et française glisse vers une « démocrature » où une oligarchie mal élue impose ses choix au nom de l’urgence permanente.

Pour retrouver une souveraineté réelle, il faut limiter strictement ces mécanismes, renforcer les parlements (national et européen) et instaurer des outils de démocratie directe (référendums d’initiative citoyenne). Sans cela, le fossé entre gouvernants et gouvernés ne fera que s’élargir, nourrissant colère et abstention et la perte de la démocratie. 

https://multipol360.com/de-la-democratie-a-la-democrature-labus-des-articles-49-3-en-france-et-122-tfue-en-europe/

 


 

L’or et l’argent attaqués par l’État profond ?

Pierre Jovanovic alerte sur une crise imminente des métaux précieux

Dans une interview diffusée sur TV Libertés, le journaliste économique Pierre Jovanovic, invité par Élise Blaise, décrypte l’explosion des cours de l’or et surtout de l’argent métal.

Face à une hausse spectaculaire et à des incidents suspects sur les marchés, il met en garde contre une manipulation systémique et appelle à investir dans les métaux physiques comme refuge ultime.

Un blocage suspect au Chicago Mercantile Exchange

Pierre Jovanovic commence par un événement récent : le blocage de plus de 10 heures du Chicago Mercantile Exchange (CME), la principale bourse des matières premières, fin novembre 2025, pendant Thanksgiving. Officiellement dû à un « problème de data center » (surchauffe des serveurs), cet arrêt a interrompu les négociations juste au moment où l’argent métal explosait. Pour Jovanovic, c’est une manœuvre délibérée pour « sauver les fesses » des grandes banques comme JP Morgan, qui auraient vendu plus de contrats à terme sur l’argent qu’elles n’en possédaient physiquement – une pratique frauduleuse connue sous le nom d’« or papier » ou « argent papier ». JP Morgan aurait transféré 13 millions d’onces pour éviter un défaut de paiement massif, risquant d’emporter tout le système financier.

Explosion des cours : l’argent en tête

L’argent métal a bondi de près de 100 % en un an, passant d’environ 15-20 € la pièce il y a dix ans à 60-70 € aujourd’hui pour une Maple Leaf (pièce canadienne emblématique). Aux États-Unis et au Canada, les primes atteignent 91 dollars en raison des pénuries. L’or, lui, a grimpé de 380 % depuis 2015, de 1 050 € à près de 3 950 € l’once. Des marchands sont dévalisés en quelques heures, à Londres comme au Japon. Jovanovic insiste : ce n’est pas la valeur des métaux qui monte, mais le pouvoir d’achat des monnaies fiat qui s’effondre, avec une inflation réelle à 8-10 %.


 

Les causes profondes : pénurie physique et demande explosive

La demande explose, portée par l’intelligence artificielle (L’argent est un composant clé dans les technologies émergentes : 21.000 tonnes nécessaires en 2024, 26 000 en 2026), l’industrie, la bijouterie et les investisseurs. Un déficit annuel de 800 millions à 1 milliard d’onces creuse l’écart entre offre et demande. Historiquement, le ratio or/argent était de 14:1 ; aujourd’hui, il dépasse 85:1, un déséquilibre « volontaire » pour protéger le dollar. Les banques centrales accumulent de l’or, signe qu’elles anticipent la chute des monnaies papier.

Or et argent physiques vs. papier : l’escroquerie des ETF

Les banques vendent des certificats (ETF) sans stock physique correspondant, revendant le même lingot des centaines de fois. Jovanovic cite des traders de JP Morgan condamnés pour manipulation. Seul le physique protège : en cas de crise (Argentine 2001, Chypre, Grèce, Liban), les billets deviennent inutiles, mais les pièces permettent d’acheter pain, œufs ou essence.

Un refuge pour l’avenir

Pour Jovanovic, acheter de l’or et de l’argent n’est pas un placement spéculatif, mais un transfert d’épargne dans le temps. Les pièces survivent aux crises, contrairement aux monnaies qui perdent 99,8 % (dollar depuis 1913) ou 60 % (euro). Il recommande notamment des cadeaux de Noël en pièces d’argent.

Cette interview, visionnée massivement, confirme les prédictions récurrentes de Pierre Jovanovic sur la fragilité du système financier. Face à une dévaluation accélérée des monnaies, les métaux précieux physiques apparaissent comme l’antidote ultime à un « coup d’État monétaire » en cours.

Voir également cet article : La Chine révolutionne le marché de l’or, un défi au système monétaire occidental ?

https://multipol360.com/lor-et-largent-attaques-par-letat-profond/

 

 

 

 

octobre 24, 2025

L'écosystème aurifère chinois envers la dédollarisation !

La Chine révolutionne le marché de l’or, un défi au système monétaire occidental ?

Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de dédollarisation accélérée, la Chine émerge comme un acteur majeur sur le marché de l’or. Récemment, Pékin a annoncé une série d’initiatives ambitieuses visant à renforcer son infrastructure aurifère, incluant l’expansion de coffres à Hong Kong, la mise en place d’un système central de compensation et la création d’un « pont doré » pour les pays BRICS.

 


 

Ces mesures ne se limitent pas à l’accumulation d’or ; elles visent à contrôler son stockage, son échange et même sa cotation, challengeant directement la dominance occidentale sur ce métal précieux.

Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large de dédollarisation, où l’or physique redevient un actif central, potentiellement menant à un « reset monétaire » qui pourrait impacter les détenteurs de dollars à travers le monde.

Les nouvelles initiatives chinoises : construire un écosystème aurifère indépendant

En septembre 2025, la Chine a dévoilé des politiques massives pour étendre ses capacités de stockage d’or, notamment via la Shanghai Gold Exchange (SGE). Hong Kong, en partenariat avec Pékin, vise à atteindre une capacité de 2.000 tonnes dans ses coffres offshore, attirant les réserves souveraines étrangères pour des échanges en yuan. Ce n’est pas seulement une question de quantité : la Chine met en place un système de compensation (clearing) basé sur l’or physique et le yuan, permettant des transactions sécurisées sans dépendance au dollar. Des mécanismes comme les repo (prêts garantis par or) remplacent progressivement les Treasuries américains comme collatéral dans le commerce international.

Au cœur de ces efforts se trouve le « pont doré » pour les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, et membres étendus). Ce concept métaphorique désigne un réseau d’infrastructures reliant ces nations via l’or comme actif de règlement, facilitant le commerce sans recourir au système SWIFT dominé par l’Occident. Les BRICS+ accumulent déjà plus de 6.000 tonnes d’or, représentant environ 20-21% des réserves mondiales des banques centrales, et explorent des systèmes de paiement adossés à l’or pour contourner les sanctions. Cela inclut des vaults décentralisés à Hong Kong, Moscou ou même en Arabie saoudite, audités collectivement pour renforcer la confiance mutuelle.

Traditionnellement, le prix de l’or est influencé par des marchés occidentaux comme la COMEX à New York et la LBMA à Londres, souvent accusés de manipulations via des contrats « papier-or » . La Chine, en promouvant des échanges basés sur l’or physique conforme à Basel III, pourrait faire basculer ce rapport de force, influençant les cotations globales et stabilisant le yuan.

Les défis historiques de la récupération d’or : leçons des États-Unis et du Royaume-Uni

Ces initiatives chinoises gagnent en attractivité face aux difficultés rencontrées par les nations tentant de rapatrier leur or « confié » à des puissances occidentales.

Historiquement, les États-Unis et le Royaume-Uni ont servi de gardiens pour les réserves aurifères mondiales, mais les tentatives de récupération ont souvent révélé des tensions géopolitiques et des risques de confiscation.

 

Un exemple emblématique est celui de la France sous Charles de Gaulle dans les années 1960. Inquiet de la surévaluation du dollar et de l’inflation américaine, de Gaulle lança l’opération secrète « Vide-Gousset », rapatriant discrètement 3.313 tonnes d’or des coffres-forts de la Federal Reserve aux États-Unis entre 1960 et 1967 (Il fallut 44 traversées en bateau et 129 vols pour ramener plus de trois mille tonnes d’or à la Banque de France à Paris). Cette action, motivée par des doutes sur la convertibilité du dollar en or promise par les accords de Bretton Woods, contribua à la pression sur les réserves américaines. En réponse, le président Richard Nixon annonça le « Nixon Shock » le 15 août 1971, suspendant unilatéralement la convertibilité du dollar en or pour freiner les sorties massives d’or et préserver les réserves américaines. Ce choc marqua la fin du système de Bretton Woods et le début de l’ère des monnaies fiat, où le dollar repose sur la confiance plutôt que sur l’or.

 


 

Plus récemment, le Venezuela illustre les risques contemporains liés aux sanctions.

Depuis 2019, environ 31 tonnes d’or vénézuélien, évaluées à plus de 1,2 milliard de livres sterling, restent bloquées dans les coffres de la Banque d’Angleterre.

Le blocage découle de la reconnaissance par le Royaume-Uni de Juan Guaidó comme leader intérimaire plutôt que Nicolás Maduro, déclenchant un litige judiciaire prolongé. Malgré des demandes répétées de Caracas pour rapatrier l’or afin de financer des besoins humanitaires, les sanctions britanniques, américaines et européennes – renforcées en janvier 2025 contre des individus liés au régime Maduro – ont maintenu le gel des actifs. Ce cas met en lumière comment les outils géopolitiques comme les sanctions peuvent transformer des dépôts « sécurisés » en otages diplomatiques.

Ces épisodes – du rapatriement français aux blocages vénézuéliens – soulignent les vulnérabilités des nations dépendantes des coffres-forts occidentaux, particulièrement en période de conflits ou de sanctions. Un parallèle peut être tracé avec la garantie des dépôts bancaires en France, limitée à 100.000 € par déposant et par établissement via le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), censé protèger les épargnants contre les faillites bancaires mais qui pourrait s’avérer insuffisant en cas de crise systémique majeure, exposant les citoyens à des risques similaires de perte d’accès ou de valeur en temps de tensions géopolitiques ou économiques.

Des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas ont également rapatrié une partie de leur or des USA dans les années 2010, citant des préoccupations similaires sur la sécurité et la souveraineté.


 

Implications pour les BRICS et l’ordre monétaire mondial

Face à ces défis, les pays BRICS se tournent vers la Chine pour un système alternatif plus neutre et résistant aux sanctions. Les coffres chinois offrent une option décentralisée, avec des audits partagés et des settlements en or physique, réduisant les risques de confiscation comme vu avec les actifs russes gelés en 2022.

Cela pourrait accélérer la bifurcation du système financier : un bloc occidental centré sur le dollar et les dettes, face à un bloc oriental ancré sur l’or et le yuan.

Les banques centrales émergentes achètent de l’or à des niveaux records en 2025, diversifiant leurs réserves pour hedge (barrière) contre l’inflation et la dévaluation du dollar. Si ces initiatives réussissent, elles pourraient élever le prix de l’or – déjà en rallye historique – et affaiblir la suprématie du dollar, impactant les comptes courants, retraites et investissements globaux.

 


 

Vers un reset monétaire ?

Les actions de la Chine signalent un tournant potentiel dans l’ordre monétaire mondial, où l’or redevient un pilier de stabilité face aux incertitudes fiat. En offrant une alternative aux coffres-forts occidentaux, Pékin non seulement défie l’hégémonie du dollar mais répond aussi aux leçons amères de l’histoire, comme celles de De Gaulle et du Venezuela. Alors que les BRICS avancent, le monde observe : ce « pont doré » mènera-t-il à une coopération multipolaire ou à une nouvelle guerre froide économique ?

https://multipol360.com/la-chine-revolutionne-le-marche-de-lor-un-defi-au-systeme-monetaire-occidental/

 


 

Powered By Blogger