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février 18, 2026

Informations internationales - Mi-février 2026 !

Sommaire:

A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne

B) -  Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique

C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama

D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »

E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie

F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues

 

 


 

A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne

Alors qu’il s’apprête à quitter l’Élysée en 2027 après dix années de pouvoir, Emmanuel Macron multiplie les gestes irréversibles.

Les unes se suivent et se ressemblent : après la soumission à l’OTAN, l’ouverture des frontières, la casse de l’industrie et l’endettement record, voici la dernière ligne rouge franchie.

L’annonce choc à Munich

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi 13 février 2026, le président de la République a officiellement annoncé l’ouverture de discussions pour partager la dissuasion nucléaire française avec l’Allemagne et d’autres partenaires européens.

C’était attendu depuis des mois. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà « vendu la mèche » dans son discours juste avant celui de Macron. Tout un symbole. S’exprimant en anglais devant le gratin de la défense occidentale, Emmanuel Macron a déclaré :

« Depuis le tout début, la dissuasion nucléaire française a toujours eu une inspiration européenne. Le général de Gaulle, dans les années 60, parlait déjà des intérêts vitaux de la France, mais ces intérêts vitaux comprenaient aussi une dimension européenne. Tous mes prédécesseurs ont répété cette approche. Nous devons réarticuler la dissuasion nucléaire dans cette perspective. C’est pourquoi, d’ici quelques semaines, nous allons commencer un dialogue stratégique avec le chancelier Merz, mais aussi avec d’autres dirigeants européens, pour voir comment articuler notre doctrine nationale avec les intérêts de sécurité d’autres pays. Pour la première fois, cela se fera avec l’Allemagne. »

Macron a insisté : ce dialogue est « important en lui-même » et permettra « une approche holistique de la défense européenne ». Il a même confié y penser « depuis 2019 ». Traduction : la France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne continentale, s’apprête à mettre son arme ultime sur la table de négociations avec Berlin.

 


 

Le réarmement massif de l’Allemagne : un danger historique

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement inquiétant : le réarmement accéléré de l’Allemagne. Berlin a modifié sa Constitution en 2025 pour contourner les règles de dette et débloquer des investissements militaires colossaux estimés entre 1.000 et 1.500 milliards d’euros sur dix ans. L’objectif affiché : porter les dépenses de défense à 3,5 % du PIB d’ici 2029, un niveau jamais vu depuis la Guerre froide.

Rheinmetall, géant de l’armement, a inauguré en un temps record une usine capable de produire jusqu’à 350.000 obus de 155 mm par an dès 2027. Les commandes pour l’armée allemande atteignent déjà 8,5 milliards d’euros. On parle même de rétablir le service militaire obligatoire et d’obliger les entreprises civiles à se reconvertir dans la production de défense.

L’histoire allemande montre que chaque grande phase de militarisation s’est terminée par une agression : 1870 contre la France, 1914, 1939. Avec 83,5 millions d’habitants contre 68,5 pour la France et une supériorité économique et industrielle écrasante, l’Allemagne pourrait rapidement redevenir la première puissance militaire du continent.

Partager la dissuasion nucléaire française dans ce cadre, c’est offrir à Berlin une influence directe sur l’arme la plus stratégique de l’Europe au moment précis où elle reconstitue une capacité de projection de puissance inédite depuis 1945.

Macron, facilitateur d’une Europe allemande ?

Macron, loin de s’en inquiéter, joue les facilitateurs. Il minimise les guerres mondiales en les qualifiant de « guerres civiles européennes », réécrit l’histoire pour justifier l’alliance, pousse pour une dette commune européenne de 800 milliards d’euros destinée à l’armement, et organise des dialogues stratégiques franco-allemands au plus haut niveau.

Pour beaucoup de Français, cette annonce est vécue comme une trahison ultime.

La dissuasion nucléaire, avec l’espace maritime et le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, constitue l’un des derniers atouts réels de la France dans un monde en déclin brutal pour elle.

La brader à un voisin historiquement expansionniste, au moment où Macron prépare sa reconversion européenne post-2027 et jouit d’une cote de popularité absolument incompatible avec ce type de dédision (plus de 85 % de français le rejettent), ressemble à un marchandage personnel : céder les joyaux de la couronne en échange d’un strapontin confortable à Bruxelles.

Les souverainistes se mobilisent face à l’urgence

Pendant ce temps, les souverainistes se rassemblent. Samedi et dimanche derniers, autour de Philippe Murer puis de Florian Philippot, les appels à l’union pour 2027 se multipliaient :

« La situation est trop grave pour les chapelles. Il y a deux destins pour la France : dépérir dans l’Union européenne ou se libérer pour redevenir grande, prospère et indépendante. »

Dans quelques semaines, Emmanuel Macron prononcera un discours de fond sur la doctrine nucléaire. Tout porte à croire qu’il y officialisera ce que Munich a déjà révélé : la France de 2026 n’est plus maîtresse de son destin nucléaire. Elle le partage avec l’Allemagne.

Les Français, appauvris et affaiblis, paieront la note. Une trahison de plus. La dernière, peut-être, avant le départ. Mais dont les conséquences, elles, risquent de durer bien au-delà de 2027.

https://multipol360.com/derniere-trahison-de-macron-avant-2027-le-partage-de-la-bombe-francaise-avec-lallemagne/

 


B) -  Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est rendu à Alger les 16 et 17 février pour tenter de relancer une coopération sécuritaire grippée depuis de longs mois entre Paris et Alger. Officiellement consacré à la lutte contre le terrorisme, son déplacement dépasse largement le simple cadre technique : il s’inscrit dans une relation bilatérale fragile, marquée par des crispations politiques récurrentes, des rappels d’ambassadeurs et une méfiance mutuelle devenue presque structurelle.

Fait notable, la visite intervient sans préalables publics ni gestes d’apaisement préparatoires. Un choix qui intrigue les observateurs : Paris parie manifestement sur le dialogue direct, tandis qu’Alger conserve une posture oscillant entre coopération pragmatique et confrontation mémorielle.

Le ministre était accompagné des responsables des principaux services de sécurité français – police nationale, gendarmerie et renseignement intérieur –, signe du caractère hautement opérationnel de la mission. Le programme prévoyait des entretiens avec son homologue Saïd Sayoud ainsi qu’une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune.

Migration, terrorisme, narcotrafic : le triptyque sécuritaire

Les discussions ont porté sur trois dossiers majeurs qui structurent traditionnellement la coopération entre les deux pays :
la lutte antiterroriste et le partage de renseignement dans l’espace sahélo-maghrébin
l’immigration irrégulière et la question sensible des laissez-passer consulaires
les réseaux de trafic de drogue reliant les deux rives de la Méditerranée

Ces sujets constituent historiquement le socle le plus solide de la relation franco-algérienne. Même dans les périodes de crise diplomatique, la coopération sécuritaire n’a jamais totalement disparu. Elle fonctionne comme une nécessité mutuelle : la France dépend d’informations régionales cruciales, tandis que l’Algérie bénéficie d’un accès technologique et opérationnel européen.

Cette visite représente la plus importante séquence sécuritaire depuis celle du chef de la diplomatie française en 2025, mais intervient dans un climat politique autrement plus sensible.

Le poids du contentieux mémoriel

Au-delà des enjeux techniques, la dimension politique domine. La relation franco-algérienne traverse une nouvelle phase de tension alimentée par la question mémorielle. Le président Tebboune a récemment remis au premier plan la demande d’excuses officielles de la France pour la période coloniale, transformant un débat historique en levier diplomatique permanent.

Cette centralité de la mémoire complique toute avancée pragmatique : chaque tentative de coopération est susceptible d’être rattrapée par la symbolique historique. Paris cherche à isoler les dossiers sécuritaires du conflit mémoriel ; Alger tend au contraire à les imbriquer.

Dans ce contexte, la visite de Laurent Nunez apparaît comme un exercice d’équilibrisme. Elle vise à maintenir un minimum de coopération opérationnelle tout en évitant de nourrir une polémique politique.

Entre pragmatisme sécuritaire et méfiance politique

Le déplacement comporte donc un risque évident de faux pas diplomatique. Les coopérations ont été gelées à plusieurs reprises ces dernières années et la confiance demeure limitée. Le pouvoir algérien alterne ouverture tactique et fermeté politique, utilisant souvent la relation avec la France comme variable interne de légitimation.

Dès lors, l’objectif réel de la visite semble moins être une normalisation globale qu’une stabilisation minimale : empêcher la rupture totale dans des domaines où les deux États restent interdépendants.

Mais les contradictions persistantes de la relation franco-algérienne – coopération nécessaire d’un côté, rivalité politique de l’autre – laissent planer un doute sur la portée concrète du déplacement. Le dialogue est relancé, certes, mais sans garantie qu’il dépasse le cadre strictement sécuritaire.

En somme, cette visite illustre la nature paradoxale du lien entre Paris et Alger : une relation qui ne peut ni se rompre, ni réellement s’apaiser.

https://nouvellerevuepolitique.fr/hichem-haboud-laurent-nunez-a-alger-une-visite-sous-haute-tension-diplomatique/

 


C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama

L’avènement du trumpisme fait vaciller les certitudes d’une psyché occidentale qui s’était progressivement idéologisée, tout au long de cette ère du « monde unipolaire » régenté par les États-Unis. Les démocraties libérales occidentales se sont en effet progressivement muées en États libéraux, adoptant de façon incrémentielle le logiciel libéral anglo-saxon, présenté comme le sens de l’Histoire, l’incarnation du Bien et du Progrès, l’idéal vers lequel devait tendre toute société « rationnelle » et moderne.

L’État libéral repose, selon Fukuyama — qui en prophétisait l’avènement dans son célèbre essai La Fin de l’histoire et le Dernier homme —, sur deux piliers : un pilier droit, prônant la compétition économique, celle du néolibéralisme globalisé, et un pilier gauche, militant pour l’égalitarisme sociétal, « l’isothymie », selon le terme de Fukuyama, c’est‑à‑dire la quête de l’égalité pour ce qui concerne « l’économie de la reconnaissance ». L’État libéral est par ailleurs d’essence individualiste et au service de l’épanouissement de l’individu, ainsi qu’à celui de ces associations d’individus ayant une caractéristique en partage que sont les communautés. Enfin, l’État libéral, à l’instar des régimes idéologiques qui l’ont précédé – l’État fasciste (en particulier le régime nazi et son Reich appelé à durer « mille ans ») et l’État socialiste (à l’exemple des régimes communistes et de leur Internationale qui « sera le genre humain ») –, est une téléologie, censément la forme ultime et parachevée de l’organisation humaine, apportant la paix (grâce à l’isothymie) et la prospérité (grâce au néolibéralisme) à l’ensemble de l’humanité ; inaugurant dès lors l’ère de la « Fin de l’Histoire ».

Le principe de l’État libéral est donc d’associer la psyché de droite, hiérarchique, qui s’épanouit dans cette ultime compétition qu’offre le libre‑échange mondialisé, à celle de gauche, égalitaire, qui épanche sa soif de justice sociale dans l’établissement d’une « économie de la reconnaissance » administrée, au sein de laquelle individus et communautés sont placés dans une parfaite égalité en termes de représentativité, en fonction de différents paramètres sociétaux (genre, ethnie, appartenance culturelle, orientation sexuelle, morphotype, handicap…). Cette association entre libéralisme économique et libéralisme sociétal a même, ces dernières années, confiné à la synergie, avec ce phénomène nommé « capitalisme woke », selon lequel l’égalitarisme sociétal, en rendant les sociétés plus productives, inciterait les forces capitalistiques à militer pour cet égalitarisme afin de maximiser leurs profits.

L’avènement de l’État libéral est à l’origine de ces nouveaux totems et tabous qui définissent notre époque, marquant une rupture ontologique d’avec les repères hérités de l’après-guerre. Le néolibéralisme est à l’origine de la doxa libre‑échangiste, des vertus cardinales de la libre circulation (des biens, des capitaux, des services et des personnes) et du credo consumériste (à l’inverse du productivisme colbertiste qui animait autrefois la psyché française). Le consommateur est priorisé face au citoyen, les intérêts marchands le sont face aux intérêts stratégiques, tout comme les structures supranationales le sont face aux intérêts nationaux. Le libre-échange est désormais considéré comme la condition sine qua non de la prospérité, et ses freins (comme le protectionnisme) comme des abominations rétrogrades à combattre ; en particulier par une droite ayant abandonné la virtù aristocratique du gaullisme, cette « noblesse oblige » de l’élite envers un peuple dont elle est l’émanation.

L’isothymie sert de postulat idéologique aux combats de gauche de notre temps, et s’incarne dans un égalitarisme sociétal institutionnalisé, vendant à l’opinion cette nouvelle utopie des lendemains qui chantent égalitaires, succédant au socialisme. Un égalitarisme sociétal qui, dans sa forme radicale et révolutionnaire, sera affublé du terme « wokisme » (une synecdoque puisqu’il ne concernait à l’origine que l’éveil des consciences face aux inégalités liées à la race). L’isothymie représente de fait l’axiome commun à toutes ces névroses égalitaristes qui travaillent les sociétés contemporaines : du wokisme à l’islamo-gauchisme, des safe spaces aux micro‑agressions, de la critique de la « masculinité toxique » et du patriarcat à la promotion de l’écriture inclusive et du matriarcat, des comités Équité‑Diversité‑Inclusion au culte de la diversité et du métissage, de la mise au pilori d’une culture occidentale contrainte à la repentance à la célébration « völkisch » des minorités… La conversion de la gauche française à cette matrice idéologique, actée par la célèbre note du think tank Terra Nova, a donc signé la victoire de l’isothymie, partagée, à divers degrés, du centre macroniste à l’extrême‑gauche mélenchoniste, et poussée parfois jusqu’à l’absurde par des passionarias comme Sandrine Rousseau.

Enfin, l’axiome individualiste de l’État libéral érige la conquête des droits individuels comme l’ultime horizon du progrès, leur donnant désormais préséance sur toute considération collective. De la même manière, par extension, les revendications communautaristes prennent désormais le pas sur toute velléité d’assimilation, cette dernière étant désormais associée à une insupportable atteinte aux libertés individuelles. L’avènement de l’État libéral a ainsi provoqué le morcellement d’une société française autrefois culturellement homogène en une mosaïque d’individus et de communautés, une « archipélisation », selon l’expression de Jérôme Fourquet, sous l’effet double du multiculturalisme et de l’individualisme. Tout autant que le militantisme pour les droits individuels est devenu le nouvel étendard du progrès, marquant ce nouveau clivage séparant progressistes et conservateurs. Ce qui se traduit par la mise en exergue de ces thématiques qui phagocytent désormais le débat public, comme les questions du genre, de l’euthanasie ou de l’avortement ; des droits d’ailleurs libéralisés au point d’être désormais sans considération pour la réalité biologique, la mort prévisible ou la durée de gestation, au sein de ces entités ultra‑libérales que sont le Canada ou certains États américains…

L’État libéral constituait l’horizon politique indépassable de l’ère de la mondialisation. « La Révolution libérale mondiale » vantée par Fukuyama a modelé les sociétés contemporaines et imprégné jusqu’à la société française, pourtant historiquement peu encline au libéralisme anglo‑saxon. Toutefois, l’État libéral, à l’exemple des régimes idéologiques qui l’ont précédé, s’effondre à son tour sous le poids de ses propres contradictions. L’Amérique, berceau de cette révolution, amorce désormais son aggiornamento, en adoptant, dans un brutal retour de balancier, cette contre-révolution « illibérale », laquelle, selon les mots de Joseph de Maistre, ne constitue non pas « une révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution » qu’a été l’instauration de l’État libéral. Ainsi, de la même manière que, lors de l’effondrement des États socialistes, avait succédé au collectivisme totalitaire du communisme un capitalisme sauvage et débridé, on voit aujourd’hui se dresser face à l’isothymie autoritaire promue par le wokisme une « mégalothymie » tempétueuse et brutale, incarnée en la personne de Donald Trump.

François-Xavier Roucaut 

  François-Xavier Roucaut est psychiatre au Québec, et professeur adjoint de clinique à l’Université de Montréal. Contributeur à La Nouvelle Revue Politique, il livre une série d’analyses s’inscrivant dans une lecture psychologique du libéralisme anglo-saxon, ainsi que de la dialectique libérale-illibérale à l’œuvre au sein des démocraties occidentales.

https://nouvellerevuepolitique.fr/francois-xavier-roucaut-trump-le-fossoyeur-de-fukuyama/ 




 

D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »  

L’Europe est devenue jetable, selon les analystes Glenn Diesen et Einar Tangen

Dans un entretien décapant diffusé le 16 février 2026, le professeur norvégien Glenn Diesen et le chercheur sino-américain Einar Tangen reviennent sur le discours de Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité. Leur conclusion est sans appel :

les États-Unis ont officiellement tourné la page de la multipolarité et veulent ressusciter une domination occidentale pure et dure.

L’Europe n’est plus un partenaire, elle est un pion… et un pion jetable.

Rubio à Munich : le retour assumé de l’impérialisme

Pour Diesen et Tangen, le discours de Marco Rubio (secrétaire d’État de la deuxième administration Trump) est « le plus fascinant et le plus inquiétant » de toute la conférence. Rubio y a explicitement regretté la fin des « cinq siècles de glorieux empires occidentaux », imputant le déclin de l’Occident à la Seconde Guerre mondiale, aux révolutions communistes… et surtout aux indépendances anticoloniales.

« Il ne parle plus de multipolarité, ni même d’équilibre des puissances. Il parle de restauration de la domination occidentale », résume Diesen. Rubio tend la main aux Européens : « Joignez-vous à nous pour diriger le monde, sinon nous le ferons seuls. »

Einar Tangen va plus loin : « C’est une déclaration d’intention claire. Les États-Unis ne veulent plus être le gendarme du monde pour éviter une troisième guerre mondiale. Ils ne veulent plus qu’une chose : leurs propres intérêts, même si cela signifie la loi de la jungle. »

L’Europe, « jetable » pour Washington

Les deux experts insistent sur un point particulièrement humiliant pour les Européens : dans la nouvelle stratégie américaine, l’Europe n’a plus aucune valeur stratégique réelle.

  • Elle est « brisée » (comme l’avait moqué JD Vance l’année précédente, voir ici).
  • Elle est trop dépendante, trop faible, trop coûteuse.
  • Elle n’est utile que comme force d’appoint contre la Chine.
Scholz lui-même, dans son discours à Munich l’année précédente, n’avait fait que supplier : “Emmenez-nous avec vous.” Pas d’appel à l’ONU, pas de vision d’un monde meilleur, juste “ne nous abandonnez pas”. Aujourd’hui, son successeur Friedrich Merz, qui a ouvert la conférence 2026 en tant que chancelier, n’a guère fait mieux : il a plaidé pour “réparer et raviver la confiance transatlantique” sans proposer la moindre alternative stratégique autonome.

Diesen ajoute : « Après 80 ans de partenariat junior, les Européens ont du mal à admettre qu’ils sont désormais à l’extérieur de la table. »

La Chine, partenaire de substitution pour l’Europe ?

Face à cette réalité, les deux intervenants plaident pour un rééquilibrage urgent entre l’Europe et la Chine.

L’Europe souffre d’une croissance anémique (1 % en 2024, 1,4 % estimé en 2025) contre plus du double aux États-Unis et quatre fois plus en Chine. Son énergie coûte trois fois plus cher qu’aux États-Unis et jusqu’à 25 % plus cher qu’en Chine. Les sanctions et le découplage imposés par Washington n’ont fait que renforcer la dépendance européenne aux États-Unis… tout en laissant la Chine avancer seule.

« La relation avec la Chine doit redevenir transactionnelle », explique Tangen. « Achetez les panneaux solaires les moins chers, les véhicules électriques les plus compétitifs. C’est dans l’intérêt des citoyens européens, pas dans celui des idéologues de Washington. »

Il évoque même l’idée audacieuse que l’Europe pourrait, à terme, rejoindre les BRICS ou créer des formats multilatéraux (Japon-Russie-Chine-Corée du Sud par exemple) pour traiter les questions énergétiques, alimentaires et commerciales sans passer par Washington.

La capture des élites européennes : le dossier Epstein en filigrane

Les deux hommes n’éludent pas un sujet explosif : la « capture des élites ». Einar Tangen évoque ouvertement les dossiers Epstein et le fait que de nombreuses élites européennes (et pas seulement) y apparaissent. « C’est une toile d’araignée qui mêle sexe, secrets, renseignement et chantage. Cela explique en partie pourquoi tant de dirigeants européens restent alignés sur Washington même quand cela va contre leurs intérêts nationaux. »

Diesen renchérit : « Les élites européennes préfèrent défendre un système idéologique mort plutôt que de regarder en face l’échec économique de l’Union et de la zone euro. »

Nostalgie des années 1990 contre réalité multipolaire

Pour Glenn Diesen, tout le discours occidental actuel repose sur une immense nostalgie : le moment unipolaire des années 1990, présenté comme « la fin de l’Histoire » (Fukuyama). Rubio et les néoconservateurs veulent y revenir par la force, quitte à « brûler le monde » et abandonner toutes les institutions internationales qui ne servent plus exclusivement les intérêts américains.

Tangen conclut avec lucidité : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Les années 1990 sont mortes. Accepter la multipolarité n’est pas une trahison, c’est simplement reconnaître la réalité du pouvoir aujourd’hui. C’est la seule voie vers la stabilité et la prospérité pour l’Europe. »

L’année 2026, avec les midterms américaines et les premières conséquences concrètes de la deuxième administration Trump, sera, selon eux, « très révélatrice ». L’Europe a encore le choix : continuer à suivre un empire qui la méprise… ou enfin redevenir actrice de son propre destin.

La balle est désormais dans le camp des Européens. Mais le temps presse.

https://multipol360.com/marco-rubio-a-munich-lamerique-va-restaurer-lempire-occidental-avec-ou-sans-vous/




E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie

Budapest, 16 février 2026 – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó ont signé ce lundi un accord intergouvernemental de coopération nucléaire civile. Une cérémonie officielle à laquelle a assisté le Premier ministre Viktor Orbán, qui a qualifié l’événement d’entrée dans un « âge d’or » des relations américano-hongroises.

Un accord stratégique pour diversifier l’énergie hongroise

L’accord prévoit plusieurs décennies de coopération dans le nucléaire civil. Pour la première fois, la Hongrie pourra acheter du combustible nucléaire américain pour compléter ou remplacer ses approvisionnements russes actuels. Washington s’engage également à faire de la Hongrie un hub régional pour les petits réacteurs modulaires (SMR) de technologie américaine et à soutenir la gestion des déchets via des solutions proposées par des entreprises comme Holtec International.

Cet accord s’inscrit dans une stratégie claire de l’administration Trump : réduire l’influence russe dans le secteur énergétique d’Europe centrale. La Hongrie dépend en effet fortement de la Russie pour son parc nucléaire : la centrale historique de Paks utilise du combustible et de la technologie russe, tandis que le projet Paks II (deux réacteurs VVER-1200 de Rosatom) a vu couler son premier béton le 5 février 2026, malgré les sanctions occidentales (partiellement levées pour ce projet en novembre 2025).

La proximité Orbán-Trump au cœur de l’accord

L’accord est le fruit direct de la relation personnelle étroite entre Viktor Orbán et Donald Trump. Le 7 novembre 2025, Orbán a été reçu à la Maison Blanche pour un déjeuner bilatéral et est retourné dans le Bureau ovale après six ans d’absence. Trump y a salué un « nouvel âge d’or » et a apporté son soutien explicite à la réélection d’Orbán aux législatives d’avril 2026, le qualifiant de « véritable ami, combattant et gagnant ».

Marco Rubio, en visite à Budapest, a été encore plus direct : « Le président Trump est profondément engagé pour votre succès, car votre succès est notre succès. » Il a souligné que la relation personnelle entre les deux dirigeants avait permis des avancées concrètes, notamment l’exemption hongroise des sanctions américaines sur le pétrole russe.

Le sommet de Budapest qui n’a finalement pas eu lieu

Orbán avait également tenté de jouer les intermédiaires entre Donald Trump et Vladimir Poutine. En octobre 2025, un sommet Trump-Poutine à Budapest avait été annoncé pour tenter de négocier la paix en Ukraine. Le Premier ministre hongrois s’était réjoui d’accueillir les deux dirigeants sur son sol. Finalement, le sommet a été annulé par Washington en raison des exigences de Moscou pourtant préexistantes, même si Trump a finalement laissé la porte ouverte à une rencontre future. Orbán a continué à affirmer que les préparatifs étaient « toujours en cours », mais le projet n’a pas abouti.

La double proximité d’Orbán : Trump… et Poutine

Malgré ce rapprochement spectaculaire avec Washington, Viktor Orbán maintient des liens étroits avec Vladimir Poutine. Le 28 novembre 2025, il s’est rendu à Moscou pour une nouvelle rencontre avec le président russe, défendant une « position équilibrée » sur l’Ukraine et continuant à acheter du pétrole et du gaz russes. Paks II reste un projet phare russo-hongrois, financé en grande partie par un prêt russe de 10 milliards d’euros.

Cette double proximité illustre la stratégie pragmatique d’Orbán : diversifier ses sources d’énergie avec les États-Unis pour gagner en souveraineté et en technologie, tout en préservant son partenariat historique avec la Russie pour des approvisionnements bon marché et stables.

Washington, de son côté, voit dans cet accord une opportunité de grignoter le marché nucléaire européen traditionnellement dominé par Rosatom.

Avec les élections hongroises qui approchent en avril 2026, ce rapprochement américano-hongrois prend aussi une dimension politique intérieure : Marco Rubio a clairement fait passer le message que Donald Trump souhaite la réélection d’Orbán. Un soutien qui pourrait s’avérer décisif dans un scrutin serré.

L’accord signé ce 16 février marque donc un tournant : la Hongrie reste fidèle à son équilibre géopolitique atypique, tandis que les États-Unis entendent bien concurrencer la Russie sur son propre terrain historique en Europe centrale.

https://x.com/NathalieE0810/status/2023471853843701838 

https://multipol360.com/accord-nucleaire-civil-entre-les-etats-unis-et-la-hongrie/ 




 

F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues

Benoît Chervalier, banquier, essayiste et vice-président du Medef Afrique, était l’invité de la chaîne YouTube de la NRP pour un entretien conduit par Arnaud Benedetti. Fort de plusieurs décennies passées à parcourir le continent, il y décrypte les mutations profondes à l’œuvre en Afrique et remet en cause un certain nombre de réflexes occidentaux qu’il juge dépassés. Son dernier ouvrage, « Ce qu’attend l’Afrique », publié aux éditions de l’Aube, sert de fil conducteur à un échange dense et sans complaisance.

Au fil de l’interview, il analyse les attentes réelles des sociétés africaines, les malentendus persistants avec l’Europe et la recomposition des rapports de force internationaux. Entre aspirations à la souveraineté, exigences économiques et nouvelles alliances stratégiques, Benoît Chevalier esquisse le portrait d’un continent en pleine affirmation, qui entend désormais parler d’égal à égal avec ses partenaires.


 

 

 

 

février 04, 2026

Géoéconomie de l'or et dédollarisation ? - Chine, Russie ON; USA OFF !!

 "Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués
Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle"

Quand Pékin réduit les bons du Trésor américain

Or en hausse et risque géopolitique : la « police d’assurance » qui en dit plus long que les communiqués

Il existe une manière simple de comprendre quand une puissance se prépare à un monde plus dur : on ne regarde pas les discours, on regarde le portefeuille. La Chine réduit de façon régulière ses réserves de bons du Trésor des États-Unis, tombées à leur niveau le plus bas depuis dix-huit ans, autour de 680 milliards de dollars. Dans le même temps, les réserves d’or officielles ont atteint un record, déclarées à 2 306 tonnes. L’image qui se dessine est nette : moins d’exposition directe à Washington, davantage de couverture sur un actif qui ne dépend pas d’une signature politique. Ce n’est pas une fuite spectaculaire « anti-américaine ». C’est une réduction du risque, lente, méthodique, intentionnelle.


Scénarios économiques

Le sujet n’est pas seulement de « vendre des titres et acheter de l’or ». Le sujet, c’est la fragilité du lien entre réserves de change et géopolitique. Pendant des décennies, les bons du Trésor américains ont été le dépôt naturel de la richesse étrangère : liquides, profonds, réputés neutres. Mais lorsque les sanctions deviennent un instrument ordinaire de politique étrangère et que les paiements peuvent être bloqués ou conditionnés, la neutralité se rétrécit.

L’or, lui, ne promet pas un rendement : il promet une indépendance vis-à-vis de l’autorisation d’autrui. C’est un choix qui produit trois effets économiques.

Premier effet : réduire la vulnérabilité aux chocs politiques, comme les gels, les restrictions sur les circuits financiers, ou les pressions réglementaires.

Deuxième effet : accroître la résilience d’une banque centrale. En cas de crise, l’or reste mobilisable, négociable, transférable, même si cela implique d’autres coûts et d’autres délais.

Troisième effet : renchérir, sur le plan symbolique, la gestion de l’endettement américain. Non pas parce que la Chine ferait s’effondrer le marché, mais parce qu’elle signale que la confiance n’est plus automatique.

Le paradoxe est que Washington, à court terme, ne souffre pas réellement : d’autres acteurs absorbent, le marché reste profond, la demande demeure solide. Mais Pékin ne raisonne pas à court terme. Pékin raisonne en termes de marge de manœuvre.

Le nœud de l’or « non déclaré »

Ici, il faut être précis. Nous savons ce que la Chine déclare : 2 306 tonnes à la fin de 2025. Nous savons aussi que, selon certaines estimations de marché, les achats réels pourraient être nettement supérieurs à ceux communiqués. Des analyses attribuées à Goldman Sachs suggèrent que, sur certains mois de 2025, les achats effectifs auraient pu être de plusieurs fois supérieurs aux chiffres officiels. D’autres lectures, fondées sur des écarts entre importations, flux et données publiées, vont jusqu’à évoquer des ordres de grandeur bien plus élevés.

Traduction : il ne s’agit pas seulement d’accumuler, il s’agit aussi de garder une part d’opacité. Et l’opacité, lorsqu’elle concerne des réserves stratégiques, est déjà un message.

Évaluation stratégique et militaire

L’or n’est pas une arme, mais c’est ce qui permet de tenir une crise longue. C’est une garantie pour financer des importations critiques, un filet de sécurité si l’accès à certains paiements se resserre, une réserve qui soutient des chaînes d’approvisionnement sensibles. Dans un monde où les affrontements se jouent aussi sur les semi-conducteurs, l’énergie, les composants et les transports, la capacité de payer même quand quelqu’un tente « d’éteindre l’interrupteur » fait partie de la dissuasion.

Réduire les bons du Trésor, c’est aussi réduire la part de la richesse chinoise exposée à des décisions juridiques et politiques américaines. C’est une manière d’abaisser le coût potentiel d’un affrontement prolongé.

Géopolitique et géoéconomie

Le mot clé est simple : préparation. Pékin ne dit pas « le dollar s’effondre demain ». Pékin dit : si le monde se durcit, je veux moins de points faibles. C’est un élément d’une stratégie plus large de diversification des réserves et de réduction de la dépendance à un seul centre financier.

Pour les États-Unis, le signal est double. Techniquement, le marché tient. Politiquement, l’idée s’installe que la finance mondiale est de moins en moins un terrain neutre et de plus en plus un terrain de confrontation.

Le point final

Cette histoire n’est pas le récit d’une vente. C’est le récit d’une époque qui change : lorsqu’une grande puissance déplace lentement sa richesse d’une promesse de paiement vers un actif physique, elle dit qu’elle craint moins l’inflation que la politique. Et lorsqu’elle le fait sans tout raconter, elle dit aussi autre chose : dans le prochain tour, la surprise comptera autant que la force.


 
Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/ avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
 

 

Russie-Afrique : L’or de Wagner, nerf de la guerre

Sous le soleil brûlant du Sahel et de l’Afrique centrale, une bataille invisible se joue autour des mines d’or. Dans l’ombre, des mercenaires du groupe Wagner creusent bien plus que des galeries : ils extraient des milliards qui alimentent l’ambition géopolitique de Moscou, au prix de l’avenir des nations africaines.


 

Mali : L’alliance du pouvoir et des mercenaires

Un pays sous emprise étrangère

À Bamako, le colonel Assimi Goïta règne en maître depuis le coup d’État de 2021. Mais derrière son pouvoir, une autre force agit dans l’ombre : Wagner. Les mercenaires russes ne se contentent pas d’entraîner l’armée malienne ; ils façonnent également le récit politique. Une propagande bien huilée, orchestrée avec le Kremlin, cible la France et ses anciens alliés, tout en peignant Moscou comme le sauveur d’un Mali « trahi » par l’Occident.

Cette rhétorique séduit, mais le bilan est lourd :

  • Près de 5 750 morts dans des violences impliquant les forces armées et Wagner.
  • Plus de 412 000 déplacés, fuyant les exactions et l’insécurité croissante.
  • Une démocratie mise en suspens, avec des élections repoussées sine die.

L’or, la véritable monnaie d’échange

Dans cette alliance, Wagner ne fait rien gratuitement. Les mercenaires reçoivent 10,8 millions de dollars par mois, des fonds issus des richesses minières du pays. Sur les sites de Fékola, Sadiola ou Loulo, Wagner supervise discrètement une extraction massive, financée en partie par des entreprises occidentales. Cet or, vital pour le Mali, alimente en réalité les coffres russes.

Centrafrique : Une nation à genoux

Touadéra sous perfusion russe

En République centrafricaine, Wagner est devenu l’ange gardien du président Faustin-Archange Touadéra. Depuis 2018, les mercenaires russes jouent un rôle clé dans la survie de son régime. Mais leur aide a un prix : un contrôle sans partage sur les ressources naturelles du pays, à commencer par la mine d’or de Ndassima, la plus grande du pays.

Pour beaucoup, cette dépendance ressemble à une nouvelle forme de colonisation. La situation humanitaire est dramatique :

  • 3,4 millions de personnes – plus de la moitié de la population – ont besoin d’aide humanitaire.
  • 20 % des Centrafricains sont déplacés ou réfugiés.

La violence comme méthode

Wagner n’est pas qu’un partenaire économique. En 2020, les mercenaires ont écrasé une rébellion menée par François Bozizé, l’ancien président. Aujourd’hui, ils sont responsables de 37 % des violences politiques dans le pays. Parmi leurs cibles, des villages entiers, comme les communautés musulmanes Boyo, qui ont subi des attaques brutales

Soudan : L’or et la guerre

Un chaos orchestré

Au Soudan, le rôle de Wagner remonte à l’époque d’Omar al-Bashir, qui avait troqué l’or de son pays contre un soutien militaire russe. Après sa chute, Wagner a su rebondir en s’alliant avec la junte militaire dirigée par Abdel al-Burhan.

Depuis 2019, les mercenaires agissent comme des courtiers de l’or soudanais, tout en étouffant les espoirs de démocratie.

Un empire bâti sur l’or

Wagner a établi sa domination sur l’une des plus grandes raffineries du pays, à Al-Ibaidiya. De là, ils contrôlent l’achat, la transformation et la contrebande de l’or soudanais, un commerce lucratif qui échappe aux autorités locales.

Pendant ce temps, des villages entiers proches des mines subissent des attaques meurtrières. Wagner ne se contente pas de l’or : il s’assure que personne ne conteste son emprise.

Le « Triangle d’or » de la Russie en Afrique

Une stratégie bien huilée

Le Mali, la Centrafrique et le Soudan ne sont pas des cas isolés. Ils forment un véritable « triangle d’or », au cœur de la stratégie africaine de Moscou. À travers Wagner, la Russie ne se contente pas d’extraire des ressources : elle assoit son influence en soutenant des régimes autoritaires et en sapant les institutions démocratiques.

Financer la guerre en Ukraine

L’objectif ultime ? Alimenter la machine de guerre russe. Avec plus de 2,5 milliards de dollars générés par l’exploitation de l’or africain, Wagner offre au Kremlin une manne financière inestimable, notamment pour financer son invasion en Ukraine.


 
Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).

 

 

 

 

 

 

 

 

décembre 05, 2025

Sarah KNAFO: le scandale de l’aide publique au développement et ses milliards d’euros gaspillés en projets ubuesques

 Le service public diffuse un énième reportage de Cash Investigation, l’émission d’Élise Lucet, militante payée 25 000 euros par mois grâce à nos impôts.

Sur qui porte la hargne de l’audiovisuel public aujourd'hui ? Sans surprise, sur Bernard Arnault !
Car Madame Élise Lucet adore les combats sans risque : les grands patrons, les riches, les entreprises, Trump, le Pape, les catholiques… Avec ça, elle ne risque pas de déplaire à France Télévisions, ni de se retrouver sous protection policière.
Où sont les reportages d’Élise Lucet sur la fraude sociale ou les gabegies de l’État ? Cette militante est prête à passer trois heures sur le moindre euro versé en dividende, tout en fermant les yeux sur les milliards dilapidés chaque semaine par l’État.
Où est son reportage sur les subventions aux énergies renouvelables et sur les fortunes que certains ont bâties à coups de subventions publiques ?
Ces dividendes-là ne choquent pas Élise Lucet.
Où est l’épisode de Cash Investigation qui explique pourquoi nous sommes le pays le plus taxé du monde ? Pourquoi la moitié de ce que vous gagnez est captée par l’État, pourquoi votre niveau de vie recule alors que celui de nos voisins augmente…
Avec Élise Lucet, vous n’aurez jamais de reportage sur la difficulté des commerçants, des indépendants, des éleveurs : leurs faibles revenus ne l’intéressent pas. C’est la différence entre nous : Élise Lucet veut moins de riches, je veux moins de pauvres.
Vous n’aurez jamais de reportage sur les violences que subissent les policiers pour un faible salaire, sur les milliards distribués par l’Agence française de développement pour des bénéficiaires douteux, sur les revenus astronomiques des dirigeants de certaines ONG, sur le manque de pluralité dans le service public…
Vous ne verrez jamais un Cash Investigation sur les black blocs et les casseurs, ni sur leurs circuits de financement, puisqu’Elise Lucet est fière d’être une de leurs égéries.
Ce travail-là, ce sont les médias non subventionnés, jamais labellisés, comme Frontières ou Thinkerview, qui le mènent.
Eux prennent des risques.
Eux bousculent les tabous.
Eux ne vivent pas de notre argent.
 
Sarah Knafo 

Depuis mes révélations sur l’aide publique au développement, ils paniquent. Je les ai laissés mentir et dévoiler leurs cartes. L'heure des comptes a sonné. 

👉10 mensonges démontés, dette explosive, milliards dilapidés, salaires mirobolants, wokisme, siège somptuaire.

Depuis plusieurs mois, je dénonce le scandale de l’aide publique au développement et ses milliards d’euros gaspillés en projets ubuesques. Ce n’est pas un simple gaspillage : c’est littéralement l’argent des Français que l’on distribue dans le monde entier, alors que chez nous, tant de Français manquent de tout. 

J’ai notamment publié les montants accordés à la Chine et à l’Algérie, ce qui m’a valu une plainte du gouvernement algérien. Première victoire : sa plainte fut classée sans suite. Je n’avais fait que révéler un chiffre officiel. 



 

Depuis la semaine dernière, ministres, politiciens et haut-fonctionnaires réagissent comme le gouvernement algérien : ils s’affolent et m’attaquent quand des chiffres publics sont révélés. Leur tactique : nier en bloc, prétendre que je mens. 

Le DG de l’AFD, M. Rémy Rioux, appelle les journalistes en implorant : « Sarah Knafo nous met dans la m****, aidez-nous ! ». Le ministre des Affaires étrangères désigne en urgence une commission d’enquête sur le sujet : il a attendu mes révélations pour s’interroger, comme l’indique la sénatrice LR Nathalie Goulet. Curieusement, ils refusent d’en débattre. Alors, je vais dévoiler le dossier ici.

 

Exposons tout de suite les 10 mensonges de l’AFD. Je vais les démonter un à un.

D'ailleurs, qui est Rémy Rioux, le DG de l’AFD depuis 8 ans, qui appelle les journalistes pour m’attaquer ? Il se définit comme « un haut-fonctionnaire de gauche ». Il est fier d’affirmer : « Nous à l'AFD on se sent Africains. On EST Africains d'ailleurs. » Sachez que pour le remercier de dilapider autant Notre Argent, Monsieur Rémy Rioux est rémunéré 17 500 € par mois, sans les primes. Voilà. Avec vos impôts. A votre bon cœur.



1er mensonge : « L’aide publique au développement ne coûte rien aux contribuables. » FAUX. ❌ 

Elle coûte 15,96 milliards d’euros en 2023. Plus que le budget de la Justice (12,2 milliards) ou l’Agriculture (6,7 milliards). Ce coût a explosé depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. L’Agence française de développement distribue une partie des 15,96 milliards de l’aide publique au développement. Le reste est distribué par des ministères et d’autres agences publiques.


 

2ème mensonge : l’AFD prétend que l’aide au développement « ne coûte rien, car ce sont des prêts et pas des dons ». FAUX. ❌ 

➡️ 87% des 15,95 milliards d'aide se font sous forme de dons. 

➡️ 65% des aides financées par l’AFD sont des dons. Alors, d’où sort ce chiffre de « 85% de prêts » rabâché par l’AFD ? On peut le trouver sur leur site, mais il indique plutôt que l’AFD se finance à 85% par des prêts contractés sur les marchés. Dans la panique, l’AFD aurait-elle confondu "emprunter" avec "prêter" ? Dramatique.


Donc résumons : 

➡️ L’AFD reçoit de l’argent du contribuable chaque année en loi de finances. C’est son budget. 

➡️ Elle le dépense majoritairement sous forme de dons faits dans des pays étrangers. 

➡️ L’AFD a aussi des frais de structure à payer, son personnel, ses locaux. Et non des moindres ! Nous y revenons dans un instant. 

➡️ Ensuite, elle emprunte des montants faramineux sur les marchés financiers pour prêter aux pays étrangers, « comme une banque », dit-elle. Nous y venons


 3ème mensonge : lorsque j’ai dit que nous aidions même la Chine, deuxième puissance mondiale, le ministre de la Francophonie m’a répondu que la « France n’y dépensait pas un euro d’argent public ». FAUX. ❌ 

 Les données officielles sont cruelles avec les ministres. Entre 2018 et 2020, la France a consacré 371 millions d’euros d’aide publique au développement pour aider la Chine… dont 75% de dons. Soit 278 millions d’argent public. 💣 Monsieur Rioux explique pourtant sur Sud Radio : « je lève de l’argent sur les marchés à 3%, je prête à la Chine à 5% ». Monsieur Rioux est plus fort que Xi Jinping ! Mais il n’a pas le bon sens de comprendre « qu’aider au développement » de la Chine est tout simplement ridicule quand nous avons tant de besoins chez nous. Rappelons que la Chine a un PIB de 18 000 milliards de dollars, soit 6 fois celui de la France et que la France emprunte à des taux supérieurs à ceux de la Chine.


 

4ème mensonge : « L’AFD gagne de l’argent, car elle prête plus cher qu’elle n’emprunte. » FAUX. ❌ 

Pour essayer de calmer l’opinion, l’AFD nous explique qu’elle se fait de la marge sur les prêts qu’elle accorde aux pays étrangers qu’elle aide, en empruntant sur les marchés financiers à des taux faibles et en prêtant à ces pays étrangers à des taux plus élevés. Là, j’imagine que vous vous dites que c’est immoral de se vanter de se faire de l’argent sur le dos des pays pauvres… Ils ne sont plus à une contradiction près ! Seulement les prêts accordés par l’AFD sont généralement « concessionnels », c’est-à-dire qu’ils sont octroyés à des taux proches de 0%. Donc on s’endette à un certain taux, et on prête à un taux plus faible. L’Etat prend en charge le différentiel de taux d’intérêt. Ce poste a plus que quadruplé sous Macron pour atteindre 1,7 milliard d’euros en 2024. C’est 7 milliards payés avec #NotreArgent depuis 2017 pour ces prêts dont l’AFD ose affirmer qu’ils nous enrichissent. 


 

5ème mensonge : « les prêts de l’AFD sont parfaitement remboursés ». FAUX. ❌ 

Il faut savoir l’OCDE interdit de demander des garanties sur les prêts aux pays bénéficiaires d’aide au développement. Si un État ne rembourse pas, l’AFD n’a aucun moyen de récupérer sa créance. Malheureusement, nous savons que la France annule des créances, mais nous ne savons pas à combien s’élèvent ces créances impayées. Il y a une incroyable opacité sur la question, comme le relèvent plusieurs rapports parlementaires, un rapport de la Cour des comptes en 2020 et même Médiapart. Imaginez le ridicule : la France est deux fois plus endettée que la totalité du continent africain, mais elle aide l’Afrique et annule régulièrement des créances !


Vous comprenez désormais le 6/7ème mensonge de l'AFD qui prétend qu’elle « rapporte de l’argent aux Français ». ❌ 

 👉 L’AFD dépense la majeure partie des moyens que l’Etat lui confie sous forme de dons, puis elle s'endette massivement pour prêter aux pays étrangers, à des taux faibles et souvent, elle ne revoit pas cet argent. 

 👉 L’AFD va jusqu’à prétendre qu’elle dégage un « résultat net positif qu’elle reverse à l’État ». ❌ 

On croit rêver. En réalité, en 2021, l’AFD a « rendu » 21 millions d’euros à l’État… qui lui en avait donné plusieurs milliards. Comme toujours, c’est vous qui payez et vous, personne ne vous a rendu le fruit de ce maigre « résultat net positif ». 

 👉 A écouter monsieur Rioux, l’AFD serait un groupe prospère qui multiplie l’argent ! « Avec 2 milliards, on investit 12 milliards » dit-il. Il reçoit 2 de l’État, il emprunte 10. Imaginez un salarié payé au SMIC qui prendrait un nouveau crédit tous les mois de 13 000 euros et affirmerait fièrement : « avec 1300 euros, je fais 13 000 euros ! Je multiplie par 10 ». Il ne multiplie rien, il s’endette. Et pour Rémy Rioux, il nous endette. 

 👉 Alors, vous vous demandez : si l’AFD emprunte beaucoup d’argent sur les marchés financiers, pour donner beaucoup d’argent aux pays étrangers sous forme de dons, et non de prêts (donc de l’argent qu’elle ne reverra jamais) comment rembourse-t-elle donc ce qu’elle emprunte chaque année ? Évidemment, elle ne le peut pas. Les conséquences sont dramatiques. Vous allez comprendre…


 

Maintenant, tenez-vous bien : du fait de cette gestion calamiteuse, la dette de l’AFD atteint 60 milliards d’euros ! Sa dette vient d'exploser de 10 milliards en à peine deux ans. C’est une bombe à retardement. 💣 Que se passe-t-il à l'AFD ?


 

8ème mensonge : « l’APD sert les intérêts et l'influence de la France ». FAUX. ❌ 

Financer l’éducation à l’égalité des sexes en Irak, le développement écoresponsable du ylang ylang aux Comores, analyser l'impact du Covid sur les inégalités au Togo ne sert pas la France. L’aide au développement, ce n’est pas le soft power, c’est le woke power. Et c’est assumé ! C’est écrit noir sur blanc : la loi de 2021 prévoit que 75 % des projets financés aient « comme objectif l'égalité femmes-hommes d'ici 2025 ».

 

Regardez les mots-clés qui obtiennent le plus de subventions parmi les projets financés par l’AFD ! Les projets avec le mot « genre » obtiennent 843 millions d’euros en 2024. En revanche, on cherche toujours les financements pour ceux qui contiennent le mot « terrorisme » ou « faim ».

 


9ème mensonge : l’AFD nous dit que grâce à l’aide publique au développement, nos entreprises remportent des marchés. Ça, c’était avant. Aujourd’hui, c’est FAUX. ❌ 
 
➡️ Comment l’AFD peut-elle mentir aussi éhontément alors qu’elle s’est elle-même engagée à ne pas privilégier les entreprises françaises dans l’utilisation de ses fonds ? Elle lance à chaque fois des appels d’offres ouverts à la compétition internationale. C’est la règle du « déliement de l’aide » promue par l’OCDE. Résultat ? Nous finançons des opérations dont les marchés peuvent être raflés par des entreprises chinoises ! 
 
 ➡️ Les secteurs comme l’énergie, les infrastructures, et le transport représentent seulement 2,3 milliards sur les 15,96 milliards d’aide versée en 2023. Et parmi eux, une partie seulement fera l’objet d’un appel d’offres qu’une entreprise française pourra éventuellement gagner. A lui seul, le groupe Vinci fait plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export. Vous voyez bien que ce n’est pas grâce à l’AFD… 
 
➡️La plupart des financements de l’aide publique au développement ne font l’objet d’aucun appel d’offres auquel les entreprises françaises soient susceptibles de répondre. Quand il s’agit de subventions aux associations, ou de bourses pour des étudiants étrangers, nos entreprises n’ont aucun moyen d’en profiter. 10ème mensonge : le ministre des Affaires étrangères nous dit que l’aide au développement permet de réduire l’immigration. FAUX. ❌ 
 
Sinon, pourquoi l’immigration comorienne explose alors que l’aide au développement vers ce pays hostile a plus que doublé depuis 2017 ?
 

 
M. Rioux utilise cet argument pour défendre les millions pour la « budgétisation genrée en Jordanie ». Il dit qu’ « il faut stabiliser le Proche-Orient ». Fabuleux ! Ne saviez-vous pas que ce qui déstabilisait le Proche-Orient, c’était l’absence de budgétisation genrée ? 🤥 
 
Maintenant, que nous avons répondu point par point à tous leurs mensonges, penchons-nous sur leur gestion… Il y a du nouveau. ⏰ 
 
 Je viens de vous dire que l’AFD était lourdement endettée. Sachez que cette dette ne l’empêche pas de dormir. Ni de se faire construire, en ce moment-même, un nouveau siège somptuaire de 50 000 m², gare d’Austerlitz. Le coût ? 1 milliard d’euros. 💣 
 
Le projet prévoit même 8 000 m² de plus que les besoins de l’AFD. A quoi vont servir ces espaces en trop ? C’est « en cours de définition » nous dit-on. On ne sait jamais. Quand on sait qu’il y a 5 millions de m² de bureaux vides en Île de France, il y a de quoi s’inquiéter.



Savez-vous combien de personnes l’AFD emploie ? 2 800. Il en faut du monde pour distribuer votre argent ! Coût ? 403 millions d'euros de frais de personnels en 2023. C'est colossal. Voyez l'organigramme : le nombre d’adjoints et responsables de départements est hallucinant.


 

Finalement, quel est le bilan ? 

🔴Ils dilapident votre argent dans le monde entier. 

🔴Vous n’y gagnez rien. Nos entreprises n’y gagnent rien. Notre influence n’y gagne rien. 

🔴 Ils dissimulent une dette hors de contôle. 

🔴 Ils se versent des salaires géants et se font construire un palais somptuaire. 

🔴 Ils ne veulent surtout pas que vous sachiez tout ça. C’est pour cela qu’ils disent que je mens. 

 👉 Partagez ce travail et demandez-leur avec moi : l’un des responsables de ces folies acceptera-t-il d’en débattre devant les Français ? Je continuerai de vous informer régulièrement. C’est un travail fondamental : si l’on veut relever l’économie de notre pays, il faut mettre les mains dans cette machine infernale et en démêler tous les fils. Comptez sur moi pour faire toute la lumière dessus. 👊 

 

Sarah KNAFO

https://threadreaderapp.com/thread/1894855664368816301.html?utm_campaign=topunroll 


Rappel d'un autre article ici sur la taxe Zucman:

https://universite-liberte.blogspot.com/2025/09/la-taxe-zucman-vue-par-sarah-knafo.html

 

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