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juillet 10, 2026

France : la grande dégringolade, déclin et renouveau ?

Sommaire:
 
A) -  France : la grande dégringolade des indicateurs de développement humain
 
B) - Existence  d'un verrou mathématique qui rend la France irréformable.
 
C) -  Entretien avec Nikola Mirkovic – Déclin et renouveau : Comment les Français se relèveront
 
D) - Le champ du signe
 

 

A) - France : la grande dégringolade des indicateurs de développement humain


Chantage aux chiffres, déclin global : sans krach brutal, la France glisse vers le statut de « cancre des pays développés », plombée par des indicateurs sociaux et économiques en berne.

Ce qu'il faut en retenir : 

  • Santé alarmante : La France fait exception dans l'OCDE avec une mortalité infantile en hausse (4,1‰ en 2024) et un recul de l'espérance de vie sans incapacité chez les femmes.

  • Éducation en chute : Le niveau s'effondre avec une perte historique de 21 points en mathématiques au classement PISA entre 2018 et 2022, révélant une grave dégradation qualitative.

  • Décrochage économique : La part de l'industrie est passée de 25% à 10% du PIB en trente ans, entraînant une baisse de productivité et une lourde perte de souveraineté.

  • Illusion financière : Le pouvoir d'achat et les revenus sont maintenus artificiellement par la redistribution sociale, mais celle-ci est financée par une dette publique devenue intenable.

Il n'y a pas eu de krach. Pas de date à cocher sur un calendrier. Juste des chiffres qui, un à un, ont fini par converger. La mortalité infantile qui remonte alors qu'elle baisse partout ailleurs dans l'OCDE. Le niveau en mathématiques qui s'effondre en quelques années. Des usines qui ferment, une dette qui s'alourdit, une confiance dans les institutions tombée à 22 %. Pris isolément, chacun de ces signaux peut passer pour un accident de parcours. Mis côte à côte, ils racontent autre chose. Nous avons voulu les rassembler, indicateur par indicateur, en confrontant les données de l'OCDE aux regards d'un économiste et d'une médecin de santé publique. Le pays qui en ressort n'est pas sous-développé. C'est, pour reprendre les mots de l'un de nos interlocuteurs, "le cancre des pays développés".

I. Mortalité infantile — l'indicateur le plus récent, et le plus sévère

Description et verdict : Le Panorama de la santé 2025 de l'OCDE relève que le taux de mortalité infantile a diminué dans 35 pays membres depuis 2011-2013 — sauf en France, en Islande et au Luxembourg. Le taux français est passé de 3,5‰ en 2011 à 4,1‰ en 2024, pendant que la moyenne européenne continue de baisser à 3,3‰. La France est passée de la 3e-4e place européenne dans les années 1990-2000 à une position comprise entre la 18e et la 24e place aujourd'hui. Verdict : dégringolade avérée.

Dr Alice Desbiolles, médecin de santé publique et épidémiologiste :

« Ce qui est intéressant avec les indicateurs sur la mortalité néonatale par exemple, c'est qu'on est vraiment à l'instant T de l'état de santé de la société aujourd'hui, et pas dans la qualité de vie qu'il y avait il y a cinquante ans et qui aboutit à un individu qui aura été exposé à sa société au bout de 80-90 ans. »

« On sait qu'on observe depuis des années une baisse de la qualité du sperme, liée entre autres à tous les polluants et perturbateurs endocriniens. [...] On a aussi toute la question de la consommation de toxiques chez les femmes, qui est plus importante qu'elle a pu l'être. »

II. Mortalité périnatale — la dégringolade la plus documentée par la Drees

Description et verdict : La mortalité périnatale française atteint 11,2‰ en 2024 (7398 enfants), son plus haut niveau depuis plus de dix ans, en hausse continue depuis 2021. Écarts territoriaux considérables : taux 2,3 fois plus élevé en Guadeloupe qu'en Auvergne-Rhône-Alpes, DROM à +60% vs métropole. Verdict : dégringolade avérée.

Dr Alice Desbiolles :

« Sur une mortalité qui est très précoce, on peut se permettre d'interroger la santé de la mère — ce sont des pistes, je ne prétends pas que ce soit l'explication. [...] On a des corrélations entre l'état de santé des individus, leur niveau de vie et leur niveau d'accès aux soins : tout va un peu dans le même sens. On a aussi plus de comorbidités, plus de grossesses à risque, de diabète gestationnel, de risque de prééclampsie, de risque d'accouchement prématuré — qui est lui-même un facteur de risque de décès pour l'enfant. »

« Ce qui est intéressant, c'est qu'on a des indicateurs qui ne semblent pas directement liés entre eux : quand on pense à la mortalité infantile, on pense au bébé décédé, mais on peut aussi regarder la santé de ses géniteurs. »

III. Espérance de vie et espérance de vie sans incapacité — où l'on stagne, et où l'on recule vraiment

Description et verdict : L'espérance de vie brute française reste à 83 ans selon l'OCDE (+1,9 an vs moyenne), 2e rang UE femmes ; les progrès ont ralenti depuis 2015. L'EVSI à la naissance recule pour les femmes depuis 2008 (64,2 ans en 2023, -4 mois), alors qu'elle progresse à 65 ans. Verdict : stagnation pour le brut, décrochage réel pour l'EVSI à la naissance des femmes.

Dr Alice Desbiolles :

« On a eu un allongement majeur de l'espérance de vie en France, comme dans beaucoup de pays développés, porté par les progrès de la médecine, de l'hygiène et de la prévention des maladies infectieuses. La question, c'est jusqu'où on considère qu'on a atteint les limites ultimes de notre propre longévité. Je m'intéresse peut-être plus à l'espérance de vie sans incapacité : c'est peut-être le luxe qu'on a désormais, d'avoir atteint un niveau quantitatif élevé et de pouvoir s'interroger sur la qualité de ces années plutôt que sur leur seul nombre. »

« Je pense qu'on a une marge de manœuvre sur cet indicateur-là. À mon avis, elle est un peu insuffisante aujourd'hui, et elle traduit un vrai levier de politique publique, en termes de prévention des maladies collectives — plus que l'espérance de vie brute. »

IV. Santé mentale des jeunes — un indicateur qualitatif complémentaire, à manier avec prudence

Description et verdict : Pas d'indicateur OCDE composite stabilisé ; données largement déclaratives. Verdict : signal de dégradation à traiter avec prudence méthodologique.

Dr Alice Desbiolles :

« Ce n'est pas systématiquement un diagnostic posé par un psychiatre. [...] On peut traverser des moments difficiles, des inquiétudes légitimes en période d'orientation par exemple, sans que ce soit une dépression. »

« On observe quand même une augmentation des gestes suicidaires chez les jeunes filles, ce qui laisse penser qu'une souffrance psychique débordante peut désormais prendre plus fréquemment cette forme. »

« Je pense qu'on a ensuite trois grandes explications systémiques documentées : l'utilisation excessive des réseaux sociaux chez de nombreux jeunes [...] ; la question des abus sexuels chez les adolescentes, notamment en milieu intrafamilial [...] ; et peut-être un facteur plus identitaire : à force de beaucoup parler de santé mentale, on en vient parfois à se définir à travers d'éventuels troubles — HPI, TDAH — qui ne sont pas toujours véritablement avérés. »

V. Éducation — PISA, la chute historique de 2022

Description et verdict : Chute de 21 points en maths entre 2018 et 2022, la plus forte jamais enregistrée depuis la création de PISA. Écart favorisés/défavorisés de 113 points (vs 93-94 moyenne OCDE). Verdict : dégringolade avérée.

Laurent Cappelletti, enseignant-chercheur, CNAM, auteur d'un rapport pour le Haut-Commissariat au Plan :

« En quantité, on reste très bon [...]. On est aujourd'hui à 80-90 % d'une classe d'âge qui a le baccalauréat, et sans doute déjà 50-60 % à un niveau bac+3. [...] Le problème, c'est qu'on se dégrade qualitativement. [...] Ce n'est pas un problème de quantité de formation — on l'a, cette quantité — mais un problème de qualité. »

« Ces compétences de base sont d'autant plus importantes qu'elles conditionnent l'acquisition de toutes les autres connaissances. Si vous ne savez pas compter, vous êtes mal parti pour devenir bon en mathématiques. Si vous ne lisez pas bien, vous ne comprenez pas un énoncé de mathématiques. »

« Cette dégradation des compétences de base contribue [...] au coût caché général des défauts de formation en France [...], de l'ordre de 90 à 100 milliards d'euros de PIB en moins chaque année. »

Sur ses propres observations d'enseignant : « Les étudiants d'aujourd'hui ont beaucoup de qualités : ils savent faire des choses, notamment sur le plan informatique, que l'on ne savait évidemment pas faire il y a vingt ou trente ans. Mais, en revanche, ce n'est pas le cas pour l'expression : on les comprend, spontanément, moins bien, à l'oral comme à l'écrit. Quand je leur fais lire des documents — même quand cela passe par une réponse de ChatGPT — ils ont plus de difficultés, spontanément, à les comprendre et les analyser . »

VI. Productivité du travail — un décrochage vieux de vingt ans, pas de cinq

Description et verdict : La France a été le pays le plus productif de l'OCDE par heure travaillée de 1986 à 2004, avant de décrocher. Depuis 2019, elle affiche un écart de -8,5% par rapport à sa tendance pré-Covid (Banque de France). Verdict : le décrochage relatif remonte à vingt ans ; la mesure de 2019 n'en capture que la phase la plus récente et la plus visible.

Laurent Cappelletti :

« Nous sommes restés bons jusqu'à il y a trente ou quarante ans. Et puis, à partir du moment où l'on a commencé à travailler moins, à partir du moment où l'on a commencé à désindustrialiser, à partir du moment où l'on s'est mis à décrocher en termes de productivité [...] la situation s'est dégradée. »

« Dans l'absolu, quand on regarde notre PIB par tête en valeur, il continue d'augmenter légèrement, année après année. Mais le problème, c'est que cette évolution doit être comparée à celle des autres pays, qui, eux, se cassent la figure. »

« La Banque de France a montré qu'elle se dégrade depuis 2019 : elle est aujourd'hui inférieure de 8,5 % au niveau qu'elle aurait atteint si elle avait continué de progresser sur la tendance 2010-2019. »

« Le problème de son analyse, c'est qu'elle ne prend en compte que les coûts-performances visibles, pas les coûts-performances cachés. [...] On a un absentéisme au travail qui n'a cessé d'augmenter [...] ; des accidents du travail qui n'ont cessé d'augmenter ; une rotation du personnel de plus en plus difficile à maîtriser. Ce qui veut dire, aussi, que la qualité du management des personnes s'est dégradée ou bien n'a pas su évoluer »

« On a suggéré un rattrapage partiel porté par la hausse des défaillances d'entreprises. [...] Ce sont des améliorations de façade, qui ne traduisent aucune amélioration structurelle de fond. »

« Le décrochage s'explique pour moitié environ par les raisons qu'évoque la Banque de France [...] et pour l'autre moitié [...] par les coûts cachés : principalement l'absentéisme au travail, les accidents du travail et la rotation non maîtrisée du personnel. »

Sur les écarts sectoriels (-19,6% matériels de transport, -14,5% construction, -2,1% services) : « Parce qu'il y a, dans les services, moins d'absentéisme, moins de rotation du personnel et moins d'accidents du travail. C'est dans la construction et le transport [...] que les conditions de travail sont les plus pénibles. »

VII. Désindustrialisation — la perte de souveraineté derrière la perte de PIB

Description et verdict : Part de l'industrie dans le PIB passée d'environ 25% à 10-11% en trente ans (ministère de l'Économie, 2024). Verdict : dégringolade structurelle.

Laurent Cappelletti :

« Le chiffre de la part de l'industrie dans le PIB, celui que je valide est celui du ministère de l'Économie, édition 2024 : on est aujourd'hui autour de 10-11 %. [...] En trente ans, on est passé d'environ 25 % du PIB pour l'industrie à environ 10 % aujourd'hui. »

« Des pertes visibles de PIB de l'ordre de 241 milliards d'euros si l'on avait conservé la part de l'industrie de l'Allemagne dans le PIB, soit environ 2 millions d'emplois [...]. Je valide entièrement ce chiffre. »

« Le premier [coût caché], énorme, c'est la perte de souveraineté. Quand on ne fabrique plus de masques de protection, de médicaments, de véhicules électriques, on devient dépendant de qui les fabrique. [...] Être dépendant de la Chine, de la Russie ou de l'Iran, c'est une tout autre affaire. »

« Le dernier coût caché [...] porte sur le moral collectif. [...] Nous sommes champions du monde de la consommation d'antidépresseurs, et derniers dans les baromètres d'optimisme internationaux : la désindustrialisation est l'un des facteurs qui l'explique. »

VIII. Recherche et développement — un double sous-investissement, désormais documenté

Description et verdict : 2,2% du PIB en R&D depuis 1995, contre 2,7% de moyenne OCDE aujourd'hui — un écart qui se creuse plutôt qu'il ne se résorbe. Verdict : stagnation relative, expliquée par un mécanisme à deux niveaux.

Laurent Cappelletti :

« Comme l'État manque d'argent, il est obligé de consacrer les ressources dont il dispose aux dépenses sociales, puis de s'endetter pour financer ces mêmes dépenses sociales. Résultat : il ne reste plus d'argent pour les investissements innovants tels qu'on a pu les faire il y a quarante ou cinquante ans, dans le nucléaire, le Concorde ou le TGV. »

« Pour la recherche-développement, il y a une double responsabilité. D'un côté, il y a un sous-investissement [...] des pouvoirs publics [...]. De l'autre côté, à l'échelle des entreprises — pas des grandes entreprises françaises, qui, elles, maintiennent des investissements en R&D [Total, Safran] — mais, proportionnellement [...] les entreprises ont eu tendance à moins investir en R&D, à moins innover. Notre nombre de brevets d'innovation, de la même façon, se dégrade. »

IX. Revenu national brut / pouvoir d'achat par habitant — le pilier "de façade" de l'IDH

Description et verdict : PIB par habitant passé du top 10 mondial à la 25e place en vingt ans. Revenu disponible maintenu par la redistribution. Verdict : dégringolade relative, maintien artificiel du niveau de vie apparent.

Laurent Cappelletti :

« Le PIB par habitant, en France, se dégrade parce que nous perdons en productivité : il est aujourd'hui environ un tiers inférieur à celui de l'Allemagne, et moitié inférieur à celui des États-Unis, alors que nous étions à peu près à égalité avec l'Allemagne il y a vingt ans. »

« Il y a vingt ans, un Français avait, en gros, le même pouvoir d'achat [...] qu'un Allemand. Vingt ans après, c'est un tiers, voire un quart de moins. [...] Quand des touristes suisses, hollandais, etc., viennent en France, les Français se rendent bien compte qu'ils ont beaucoup plus d'argent que nous. »

« Grâce à la redistribution sociale [...], le revenu disponible des Français reste artificiellement en légère progression. [...] C'est plutôt comme une entreprise qui afficherait un résultat positif parce qu'elle aurait touché une grosse subvention. Sauf que cette subvention ne vient pas de la création de richesse : elle vient de l'endettement. »

« La bonne formulation, c'est qu'on reste un pays développé, mais qu'au sein de cette catégorie [...] on tend à devenir un pays pauvre, si l'on continue ainsi. [...] Au lieu d'être un bon élève des pays développés, on tend à devenir un cancre des pays développés. »

Sur l'indicateur le plus parlant à ses yeux : « La productivité. Parce que la productivité, c'est la création de richesse. Et la création de richesse, c'est ce qui détermine le revenu, ce qui permet de répondre aux besoins humains, ce qui permet d'investir. »

X. Confiance dans les institutions — un désaccord d'expert avec l'OCDE

Description et verdict : Confiance dans le gouvernement passée de 34% (2023) à 22% (2025), vs 40% moyenne OCDE (Enquête OCDE 2026). L'OCDE relie cette chute à l'instabilité politique post-dissolution de juillet 2024.

Laurent Cappelletti conteste explicitement la lecture causale de l'OCDE, sans contester les chiffres :

« Nous faisons partie des pays où la confiance dans les institutions est la plus faible. [...] Il y a une forme de Français devenus non confiants, non optimistes — pessimistes, voire dépressifs. C'est très paradoxal. »

« Je suis assez critique — pas sur les chiffres, mais sur les analyses de l'OCDE. Je les trouve frustes, il leur manque un peu de complexité. Le manque de confiance des Français dans les institutions n'a pas commencé avec l'instabilité gouvernementale : cela fait vingt ans que la situation se dégrade continuellement. »

« Leurs analyses sont [...] un peu court-termistes : le manque de confiance s'expliquerait par l'instabilité gouvernementale depuis la dissolution. Mais non — le manque de confiance envers les institutions, en tendance lourde, se dégrade depuis vingt ans, trente ans. »

« Les Français n'ont plus confiance non plus dans les institutions éducatives, car ils se rendent bien compte que le classement PISA de la France dégringole. De même pour la justice : ils constatent qu'il y a des trous dans la raquette. [...] Compte tenu de nos mauvais indicateurs généraux, la surprise serait, au fond, que les Français aient confiance dans leurs institutions. »

Verdict : dégringolade confirmée dans les chiffres, mais la temporalité "post-2024" avancée par l'OCDE est explicitement contestée par l'expert — à traiter comme un point de débat journalistique plutôt qu'un fait établi.

XI. Finances publiques — la dégringolade la plus structurelle

Description et verdict : 2e déficit public le plus élevé de l'OCDE (5,1% du PIB en 2025), 3e dette la plus lourde derrière la Grèce et l'Italie (rapport OCDE, mai 2026). Verdict : dégringolade structurelle et continue.

Laurent Cappelletti :

« On peut parler d'artificialité, assurément — les revenus disponibles des Français sont maintenus artificiellement à un niveau élevé par des transferts sociaux qui, eux-mêmes, sont financés de moins en moins par la création de richesse, mais de plus en plus par la dette. »

« Ce n'est pas tenable. On arrive à un moment où, pour continuer à emprunter, il faut trouver des prêteurs — et en termes de plafond de dette, on ne pourra pas aller beaucoup plus loin. »

« Je crois que notre dernier excédent commercial remonte à… 2002-2003. Deuis 24 ans, donc, que des déficits commerciaux. »

XII. Bien-être territorial et disparités régionales — un creusement réel, mais une moyenne nationale trompeuse

Description et verdict : L'OCDE classe la France parmi les 5 pays aux plus fortes disparités régionales d'emploi (7,7% de la population, 5,2 millions de personnes, en zones multi-pauvres). Cappelletti confirme et documente ce creusement, tout en apportant une nuance essentielle : au niveau national global, la France reste l'un des pays les plus égalitaires du monde en revenus (coefficient de Gini bas) — la dégradation n'est pas dans l'écart moyen riches/pauvres, mais dans la concentration géographique croissante de la pauvreté.

Laurent Cappelletti :

« Dans l'absolu, nous sommes l'un des pays les plus égalitaires du monde en termes de revenus. [...] Mais quand on regarde dans le détail, on se rend compte qu'il y a une concentration des plus pauvres dans certaines régions : celles qui étaient anciennement industrialisées et qui se sont très fortement désindustrialisées ces quarante dernières années — le Nord, l'Est, et puis la fameuse "diagonale du vide". »

« Il y a un enkystement : les régions qui, depuis trente ou quarante ans, se sont appauvries continuent, globalement, de s'appauvrir [...]. À l'inverse, dans les régions riches [métropoles, littoral], les gens sont de plus en plus riches. »

« L'OCDE a raison sur ce point, et mon analyse rejoint la sienne : les inégalités territoriales se creusent parce que les territoires pauvres continuent à devenir de plus en plus pauvres, et les territoires riches continuent à devenir de plus en plus riches. »

Verdict : creusement territorial réel et confirmé par l'expert — tout en gardant à l'esprit la nuance du Gini national, essentielle pour ne pas être pris en défaut sur ce point précis.


Alice Desbiolles est médecin. Son parcours l’a amenée à travailler à l’hôpital, au sein d’organismes gouvernementaux de santé publique, au ministère de la Santé, à l’Institut Pasteur, et à participer à des missions sanitaires internationales. Elle est l’une des premières professionnelles de santé à avoir popularisé et porté médiatiquement l’éco-anxiété et les conséquences sanitaires du 

Laurent Cappelletti est diplômé de l'EDHEC Business School et docteur HDR en sciences de gestion. Il est professeur titulaire de la chaire comptabilité et contrôle de gestion du Conservatoire national des arts et métiers dont il est secrétaire général de l’Assemblée des chaires. Il est également chercheur au laboratoire de recherche LIRSA, directeur à l’institut de socio-économie ISEOR et ancien maire-adjoint de Mauguio-Carnon au commerce et développement numérique, conseiller communautaire. 

 
 
 

B) - Existence  d'un verrou mathématique qui rend la France irréformable.

Il existe un verrou mathématique qui rend la France irréformable. Trois chiffres suffisent à le décrire.  

 Le premier vient de tomber. 

L'Insee a publié il y a quelques jours son étude sur la « redistribution élargie » — l'ensemble de ce que chacun verse (impôts, taxes, cotisations) et reçoit (prestations, retraites, santé, éducation, services publics). Verdict : 56 % des Français reçoivent plus qu'ils ne versent.  Une majorité absolue de bénéficiaires nets. Avec un gain moyen de 23 900 € par an et par unité de consommation. Chez les 10 % les plus modestes, 99 % sont bénéficiaires nets. Chez les 10 % les plus aisés : 18 %. Retenez ce chiffre : 56 %. C'est plus qu'il n'en faut pour gagner n'importe quelle élection.  

Deuxième chiffre. 

Pendant ce temps, la machine qui distribue tout cela continue de grossir.  Fin 2024 : 5,85 MILLIONS d'agents publics. +37 000 en un an. +0,6 %, après +1,1 % en 2023. L'État embauche, les contractuels explosent (+3,5 % dans la FPE), et ce depuis des années, gouvernement après gouvernement, promesse de « maîtrise des effectifs » après promesse. 

 Troisième chiffre. 

Le plus fou.  En 2024, la fonction publique d'État a licencié pour insuffisance professionnelle… 12 fonctionnaires. DOUZE. Sur 2,5 millions d'agents. Taux de licenciement dans la fonction publique : il ne dépasse jamais 0,01 %. Dans le privé, pour les CDI : 4,15 %. Un salarié du privé a donc environ 400 fois plus de chances d'être licencié qu'un agent public. Le privé a connu 1,07 million de licenciements en 2022. La fonction publique d'État : 235.  


Maintenant, croisez les trois.
  

 Une majorité électorale de bénéficiaires nets → aucun candidat ne peut gagner en promettant de réduire la redistribution. Une machine de 5,85 millions d'agents → le premier bloc électoral organisé du pays, syndiqué, concentré là où se décident les politiques. Une garantie d'emploi quasi absolue → la machine ne peut structurellement pas maigrir, même quand la mission disparaît, même quand le service se numérise, même quand la démographie change. 

 C'est ça, le verrou. 

Chaque rouage est démocratiquement rationnel. L'ensemble est un piège parfait.  L'école du Public Choice l'avait théorisé il y a soixante ans : quand les bénéficiaires d'une dépense sont concentrés et organisés, et que ses payeurs sont diffus et dispersés, la dépense ne recule jamais. 

La France en est devenue la démonstration grandeur nature. On ne votera jamais la fin de ce système : ses bénéficiaires sont majoritaires dans l'isoloir.  On ne dégraissera jamais la machine : elle est indégraissable par statut.  Il ne reste que deux issues à ce genre d'équation. 

La faillite ou l’intelligence collective 

 (Sources : Insee Analyses n° 118, juillet 2026 — données 2023 ; Insee Première n° 2094 / DGAFP — emploi public 2024 ; DGAFP, rapport annuel — licenciements ; Fondation IFRAP)

 


 

C) -  Entretien avec Nikola Mirkovic – Déclin et renouveau : Comment les Français se relèveront

Propos recueillis par Roland Lombardi

Le Diplomate : Votre nouvel ouvrage s’intitule Déclin et renouveau. Pourquoi avoir choisi d’associer ces deux notions, et considérez-vous que la France traverse aujourd’hui une crise conjoncturelle ou un déclin structurel comparable à celui d’autres puissances historiques ?

J’ai associé « déclin » et « renouveau » parce que l’un ne va pas sans l’autre dans l’histoire des vieilles nations et tout particulièrement dans l’histoire de France. Il suffit de relire Michelet ou Bainville pour s’en convaincre, notre histoire s’écrit d’abîme en cime avec ses moments de gloire et de tristesse. Le déclin n’est jamais une fatalité irréversible ; il est souvent le prélude à un sursaut si un peuple retrouve dans ses rangs les femmes et les hommes courageux et vertueux qui osent relever le défi que leur propose l’Histoire. La France aujourd’hui ne traverse pas une simple crise conjoncturelle, elle a trébuché dans un déclin structurel profond : disparition de ses traditions, éclatement de la famille, perte de la souveraineté, effritement industriel, corrosion de la démocratie, réingénierie sociale et manque cruel de stratégie étatique. Cela rappelle le déclin de l’Empire romain tardif, de l’Espagne au XVIIe siècle ou de la Grande-Bretagne après 1945 : une puissance qui s’accroche à des illusions de grandeur passée tout en se laissant diluer dans des ensembles plus vastes ou qui se fait transformer par des forces extérieures. Mais contrairement à ces exemples, la France dispose encore d’atouts immenses (histoire, langue, génie créatif, position géographique) pour un rebond si les Français s’en donnent la peine et qu’ils comprennent les mécanismes du renouveau.

Vous décrivez une perte progressive de souveraineté politique, économique et culturelle. Selon vous, quels ont été les tournants décisifs — européens, géopolitiques ou internes — ayant accéléré cette dynamique depuis la fin de la Guerre froide ?

Les tournants majeurs sont multiples, mais j’en retiens quatre. 

  1. Le traité de Maastricht (1992) qui a ouvert la voie à l’euro, imposé des critères de convergence et de discipline budgétaire et a accéléré une dangereuse absorption de la France par Bruxelles dans les domaines de la justice, de la politique étrangère et de la protection des frontières.
  2. La création de l’euro (1999), qui a transféré une part essentielle de la souveraineté monétaire et budgétaire à Bruxelles, sans contrepartie démocratique réelle.  Un pilier de l’économie française est maintenant aux mains d’une institution étrangère. Depuis la mise en place de l’euro la chute de l’économie française s’est accélérée.
  3. La guerre illégale de l’OTAN de 1999 contre la Yougoslavie, qui a marqué le début de l’alignement atlantiste inconditionnel de la France et la perte de sa posture gaulliste d’indépendance.  Cette agression gratuite et non justifiée contre les Serbes a ouvert la boîte de Pandore de la redéfinition des frontières et de l’éclatement de guerres en Europe. Je rappelle que l’ancien Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg avait dit que l’UE et l’OTAN sont les deux faces d’une même pièce. Quand on sait que l’OTAN est la légion étrangère de l’armée américaine cela en dit long sur l’indépendance de l’Union européenne.
  4. 2007 et la trahison des élus politique du Congrès de la volonté du peuple Français de ne pas adopter le traité européen supranational clairement exprimé dans le référendum de 2005. Beaucoup de Français ont été choqués et un certain nombre a commencé à mieux comprendre la révolte des élites et la trahison de la démocratie dont Christopher Lasch nous avait pourtant décrit les méfaits aux USA dès 1996. Pour reprendre les analyses de Turchin ou Guilluy on voit que le modèle démocratique occidental a glissé progressivement vers un modèle oligarchique ou les classes moyennes et populaires ont été dégagés du modèle démocratique. Pour Jean-Claude Michéa nous sommes entrés dans l’ère de « l’État libéral post démocratique ». 

Votre analyse dépasse le cadre strictement national. Dans quelle mesure le déclassement français s’inscrit-il dans un affaiblissement plus large de l’Europe occidentale face au basculement du monde vers un ordre multipolaire ?

Le déclassement français est un symptôme majeur de l’affaiblissement global de l’Europe et du monde occidental en général. L’UE, conçue comme un projet post-national, s’est révélée incapable de devenir une puissance souveraine : elle est restée une zone de libre-échange atlantisée, dépendante des États-Unis pour sa défense et son développement stratégique et de la Chine pour ses approvisionnements. Ce n’est malheureusement pas surprenant, on voit difficilement comment une construction centralisée non démocratique comme l’Union européenne aurait pu réussir là où l’URSS, à quelques nuances près, a échoué. Face à la montée de la Chine, de l’Inde, de la Russie et des BRICS, l’Europe perd sa centralité. La France, autrefois pivot de l’Europe, subit doublement : elle est engluée dans un atlantisme servile et un européisme idéologique. L’ordre multipolaire en cours marginalise les puissances moyennes qui refusent de choisir leur camp ou de retrouver leur indépendance. Les indicateurs sociaux, économiques et politiques sont en zone rouge pour la France comme tous les pays de l’UE. Loin d’avoir apporté la paix, la stabilité et la prospérité, l’Union européenne a apporté tout le contraire. Aujourd’hui l’ensemble de l’Europe souffre d’un manque de dynamisme et de vision. L’UE est devenue un agrégat défaillant d’États providences déficitaires, de sociétés déchirées et atomisées et souffrant d’un manque cruel de vision stratégique. Les pays membres de l’UE ne font pas assez d’enfants, ils n’ont pas investi dans un outil de production adapté à l’évolution de l’économie et ils n’ont pas vu l’émergence du monde multipolaire. Ce sont de sérieux revers pour une des régions qui était l’une des plus puissantes et avancées avant la création de l’UE. Il faut être lucide, l’UE est un échec total, c’est une bouée de plomb à chaîne courte attachée à nos cous et jetée en pleine mer. Il est urgent de s’en détacher avant qu’on ne coule définitivement. Il n’y a pas de honte à avouer un échec politique mais poursuivre l’aventure aveuglément en espérant des lendemains qui chantent est suicidaire. Perseverare diabolicum !

Vous avez longtemps travaillé sur les relations Russie-Occident. Les crises internationales récentes ont-elles, selon vous, révélé les limites stratégiques de la diplomatie française et européenne, notamment en matière d’autonomie stratégique ?

Absolument. La guerre en Ukraine depuis 2014, les sanctions massives contre la Russie, la dépendance énergétique révélée ont mis à nu l’absence totale d’autonomie stratégique européenne. La France, qui se rêvait leader d’une « Europe-puissance », s’est alignée sur Washington sans plan B, au prix d’une explosion des coûts énergétiques et d’une industrie affaiblie. La diplomatie française est devenue atone : elle répète les narratifs atlantistes sans initiative propre. L’autonomie stratégique promise par Macron reste un slogan vide tant que Paris refuse de rompre avec l’OTAN et de dialoguer sans tabou avec Moscou, Pékin ou le Moyen-Orient. En s’alignant sur Washington sans discernement, la France a perdu toute la richesse de ses réseaux historiques, diplomatiques et culturels. Quand une crise émerge Paris regarde d’abord Washington avant de regarder la crise elle-même et de voir quels sont les intérêts de la France à défendre. Aujourd’hui la voix française n’est non seulement pas présente dans les grandes crises mondiales mais elle est ridiculisée car notre chef d’État agit comme si nous avions un poids diplomatique or nous n’en avons quasiment pas. Le monde entier voit qu’il est nu comme l’empereur dans le conte d’Andersen. Cette ridiculisation et faiblesse de la France sur la scène internationale a aussi des répercussions économiques. La France dans les années 1980 était encore dans le Top 5 des plus grandes puissances mondiales. Aujourd’hui nous tenons péniblement la 10e place et allons bientôt quitter le classement. La France ne sera jamais une grande puissance comme la Chine ou l’Inde avec leurs milliards d’habitants. La France n’a pas les ressources des USA ou de la Russie mais elle est une vielle nation dotée de la bombe nucléaire. Comme de Gaulle l’avait bien compris, elle a la vocation de représenter les nations de taille moyenne qui ne veulent pas être soumis aux empires. Pour cela il faut couper les chaînes avec les USA et sortir de l’Union européenne. La France doit de nouveau voler de ses propres ailes. Là elle pourra bâtir un projet garantissant la sécurité, la stabilité et la prospérité. Seule une France indépendante redonnera une voix à la France dans le monde.

Une part importante de votre livre semble consacrée aux élites politiques et économiques. Estimez-vous que la crise française relève d’abord d’un problème de gouvernance, de vision stratégique ou d’un décalage entre dirigeants et société réelle ?

Les trois à la fois, mais le cœur du problème est le décalage abyssal entre les élites et la société réelle. Les dirigeants, formés dans les mêmes moules (ENA, grandes écoles, Bruxelles, think tanks atlantistes, universités américaines, Davos), vivent dans une bulle idéologique mondialiste, atlantiste et progressiste qui n’a plus de lien avec le pays réel. Ils ont perdu le contact avec le peuple et la vision stratégique d’une nation souveraine. Ils préfèrent gérer le déclin plutôt que de le combattre. La gouvernance est technocratique et déconnectée, l’élite s’écoute et refuse de voir la réalité du monde qui change, c’est extrêmement grave. C’est ce divorce qui rend la crise si profonde : les élites ne représentent plus la nation, elles la gèrent comme une entreprise en redressement judiciaire et cherchent souvent à servir leurs propres intérêts au lieu de ceux des Français. Quand on regarde les nations qui sortent la tête de l’eau dans le monde multipolaire on remarque que la politique ne se fait pas déborder par le monde financier ou médiatique. Il n’y a pas ou peu de puissance au-dessus de la puissance politique et cette puissance travaille sur le temps long en faisant aujourd’hui des investissements qui porteront leurs fruits dans les générations à venir. Nous savions faire cela avant mais on a a laissé les marchés porter notre économie et nos politiques ont tout joué sur le court terme électoral. Le résultat aujourd’hui est un échec notoire. Les marchés s’essoufflent et les investissements nécessaires n’ont pas été réalisés. Pendant que d’autres faisaient la fourmi nous faisions la cigale. Les fourmis nous regardent aujourd’hui et nous disent « eh bien dansez maintenant ! »

Vous évoquez également les fractures sociales et territoriales. La question identitaire et celle de la cohésion nationale sont-elles, à vos yeux, devenues des variables géopolitiques internes déterminantes pour la puissance d’un État ?

Oui, absolument. Aristote nous avait déjà prévenu dans La Politique que l’absence de communauté ethnique est facteur de sédition tant que les citoyens n’en sont pas arrivés à respirer d’un même souffle.  L’immigration qui a enrichit la France dans l’histoire est devenu une catastrophe depuis que des politiques anarchiques ont été initiées à la fin du siècle dernier où les vannes de l’immigration ont été ouvertes sans justification, sans politique d’intégration, ni d’assimilation. Aujourd’hui la France est un archipel pour reprendre le terme de Jérôme Fourquet entre autres à cause d’une politique d’immigration massive complètement ratée. Dans un monde multipolaire, la cohésion et la conscience nationale sont des multiplicateurs de puissance. Un pays fracturé socialement, territorialement et culturellement est fragilisé. Renan nous avait bien rappelé qu’une nation est « une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Les Français ont abandonné leur foi chrétienne et leur culture et de nombreux immigrés ont par conséquent gardé leurs propres repères. Maintenant le défi est de faire fonctionner tout cela ensemble et l’histoire nous a prouvé que cela n’est pas chose aisée. La France souffre d’une perte de sens commun : fractures banlieues/périphérie, villes/campagnes, élites/peuple, et surtout une crise identitaire où l’on ne sait plus ce que signifie « être français ». Christophe Guilluy analyse très bien le délitement de la culture nationale au profit d’un projet mondialiste quand il écrit : « L’effacement des histoires nationales (la polémique des statues aux États-Unis et en France) laisse la place à une histoire dénationalisée et modélisée par la mondialisation et l’idéologie multiculturelle. » Cela devient une faiblesse géopolitique majeure : une nation qui doute d’elle-même est déjà à moitié vaincue face à des puissances qui célèbrent leur foi religieuse, connaissent leur histoire et qui cultivent leur unité et leur fierté. Il faut retrouver la voie de l’unité autour de la culture commune des Français sur la base de notre socle helléno-chrétien. Cela commence donc par les Français qui doivent se réapproprier leur propre culture.

À lire aussi : TRIBUNE – Pendant que la France s’endort, nos voisins se réveillent

Le terme de “renouveau” implique une capacité de rebond. Quels leviers concrets — industriels, diplomatiques, démographiques ou culturels — pourraient permettre à la France de retrouver une trajectoire de puissance et d’influence ?

Avant même de se projeter souvenons-nous bien que les Français ont déjà traversé des crises majeures dans leur passé où la France aurait pu disparaître. Avant de définir le programme actuel de sortie de crise nous devons nous rendre compte que c’est dans la vertu que les Français ont puisé les ressources nécessaires au sursaut. Cela peut paraître romantique de le souligner et c’est pourtant la réalité. Sans courage, sans quête du bien et de la justice, sans envie de se dépasser et de faire des sacrifices, on ne pourra pas relever le défi. Avant tout, les Français ont trois défis majeurs : se retrouver en tant que peuple et célébrer leur culture commune, défendre le bien commun et regagner leur souveraineté. C’est autour de ce triptyque existentiel que les Français pourront enfin mettre en place des programmes politiques dont le but ne sera pas de répondre aux intérêts d’une classe dominante mais aux intérêts de tous. Je détaille ces chantiers dans mon livre Déclin et Renouveau mais j’explique que s’il n’y a pas un remplacement de l’élite ankylosée actuelle on ne peut pas y arriver. Il nous faut une nouvelle élite, une vraie élite au sens étymologique du terme composée d’experts dont l’unique préoccupation est l’intérêt des Français. Une élite capable de réagir à court terme et de se projeter sur le temps long. Avec un peuple revigoré et une élite renouvelée la France peut faire des miracles. C’est dans un tel cadre qu’il sera plus facile de déclencher une politique nataliste, et d’initier des grands projets économiques qui, bien expliqués, bénéficieront à l’ensemble des Français en les incluant dans un projet de société qui part de l’effort pour amorcer le redressement et qui détaille un plan de retour progressif à une situation financière, sécuritaire, administrative et politique normale. Il faut évidemment complètement reprendre en mains l’Éducation nationale qui est le bateau ivre de la République. L’ordre et la discipline doivent reprendre le contrôle de nos établissements scolaires, les salaires des enseignants doivent être revalorisés et l’apprentissage doit de nouveau permettre à chacun de trouver sa voie professionnelle en ligne avec les ambitions stratégiques du pays. La France a besoin d’un programme choc pour se relancer mais si le peuple n’y est pas bénéficiaire et s’il n’y voit pas son intérêt cela ne servira à rien. C’est ce que de Gaule a déclenché en 1958 avec les résultats que nous connaissons. Si on regarde les succès de la Chine, de Singapour ou de la Russie nous voyons que les modèles où l’économie soumise à une politique qui défend les intérêts de la nation se révèle être l’issue de secours face à l’illusion que le marché règlera tout pour nous. Ensuite si on rentre dans les détails, la France doit, je pense, redevenir une puissance agricole, maritime et d’ingénierie de premier plan. Nous devons former plus d’ingénieurs, réindustrialiser le pays et mieux anticiper l’évolution de l’économie et prioriser les filières stratégiques : alimentation, énergie, défense, pharmacie.   Un projet de société centré sur les intérêts des Français permettra enfin un retour à une diplomatie qui ne défendra ni l’atlantisme ni les intérêts des USA mais les intérêts des Français dans le monde. Cette voix indépendante est plus que jamais nécessaire dans un monde en ébullition. Ce monde a besoin d’une voix modérée mais ferme qui devrait être celle de la France capable de discuter avec tous les pôles politiques et économiques. Il faut aussi beaucoup de volonté politique avec un État qui redevient stratège et un peuple qui retrouve confiance en lui-même.

Enfin, votre ouvrage se veut aussi prospectif. À horizon de vingt à trente ans, imaginez-vous une France réaffirmée dans un monde multipolaire, et à quelles conditions politiques et stratégiques ce scénario pourrait-il devenir crédible ?

Oui, je l’imagine possible – et même probable si nous agissons tout de suite mais il faut faire attention. Nous devons d’abord changer la caste dirigeante française actuelle qui est aveuglée par son atlantisme et les dynamiques politiques héritées de la guerre froide et du monde post chute soviétique. Il nous faut une nouvelle génération de souverainistes au pouvoir afin de libérer la France de l’emprise supranationale de l’UE et de la domination américaine. Nous devons arriver rapidement dans ce que Vilfredo Pareto appelait la circulation des élites. Il nous faut une nouvelle élite au sens noble du terme : des experts. Ces experts doivent avoir à cœur la défense des intérêts des Français et du bien commun. C’est le seul et unique chemin permettant un sursaut et c’est le chemin qui a permis le développement de la France à travers toute son histoire.

Nous ne sommes malheureusement pas prêts pour ce changement, il faut être patient même si le temps presse. Le changement commence par chacun de nous individuellement puis collectivement au niveau de nos familles, dans nos quartiers, villages et villes. Sans réveil populaire les Français peuvent disparaître à tout jamais, l’enjeu est énorme. Il y a de véritables experts en France qui aiment la France et qui ont une bonne vision de ce qu’il faut faire d’un point de vue politique, économique et en matière de défense et de diplomatie. Il faut les regrouper sous une bannière souverainiste.  Le but à horizon 2040-2050, dans un monde multipolaire mature, serait que la France redevienne une puissance pivot : indépendante, influente dans le monde entier, avec une économie réindustrialisée et une armée autonome. La France a pour vocation d’être le chef de file des nations moyennes qui refusent tout assujettissement à un modèle impérial ou supranational. Les conditions sine qua non :  une rupture avec l’idéologie mondialiste actuelle (fin de l’européisme fédéral et de l’atlantisme), un retour à une vision gaullienne adaptée au XXIe siècle et une réconciliation nationale autour d’un projet commun (autonomie, souveraineté, prospérité partagée).  

Sans cela, le déclin continuera. Les Français ne doivent pas désespérer : l’histoire montre que les nations se relèvent quand elles le décident vraiment. Si les Français s’engagent dans cette voie, alors ils s’en sortiront. Qu’ils n’oublient pas que la vertu est la voie.

Le Diplomate reçoit cette semaine Nikola Mirkovic afin d’évoquer son dernier livre : Déclin et renouveau : Comment les Français se relèveront (Éditions des Syrtes, 2026)

 géopolitologue, spécialiste des Balkans et des relations Russie-Occident, préside l’association Ouest-Est et a écrit de nombreux ouvrages, notamment Le Chaos ukrainien et l’Amérique empire.

 

 D) - Le champ du signe
 
A France est-elle encore un acteur de l’histoire du monde ? Telle est la grande question qui se cache en réalité derrière la bataille des essais nucléaires.

Depuis mille ans, la France s’était habituée à agir à sa guise et à influer sur le cours des principaux événements planétaires. En particulier sur le terrain militaire. Depuis cinq siècles, elle a participé à presque toutes les grandes guerres, qui ont occupé les deux tiers de ces années, dont neuf étaient « mondiales » en ce qu’elles impliquaient toutes les puissances du moment. Depuis cinquante ans, l’arme nucléaire lui a permis, grâce en particulier à la vision prémonitoire de Pierre Mendès France et du général de Gaulle, de maintenir sa liberté ainsi que son statut de grande puissance, légitimé par un siège de membre permanent du Conseil de sécurité et surtout par son quatrième rang au palmarès industriel du monde.

Or, depuis quelques années, la France a perdu de nombreux degrés de liberté et ses principaux leviers d’action sur le réel.

Avec la globalisation des marchés et l’accélération de la technologie de communication, le pouvoir n’est presque plus localisable. Entreprises et marchés sont comme des nomades virtuels, insaisissables. Et l’Etat, aussi puissant soit-il, « est pris » par les décisions plus qu’il ne les prend.

Avec le traité de Maastricht, la France a volontairement abandonné à l’Union européenne de nombreux pans de sa souveraineté en matière économique, monétaire et commerciale. L’apparition de la monnaie unique européenne, qui conduira inéluctablement au budget unique, donnera le coup de grâce à la souveraineté économique du pays.

Avec la chute du mur de Berlin, la France a involontairement abandonné à l’Allemagne le rôle de leader des relations, devenues essentiellement économiques, entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Et la disparition de la menace soviétique a rendu son armement nucléaire moins fascinant pour ses amis et moins crédible pour ses ennemis.

Dans ce contexte, la décision de reprendre les essais nucléaires au-delà des nécessités techniques, peu convaincantes, et des justifications stratégiques, contradictoires constitue avant tout dans ce monde devenu de plus en plus virtuel, un signe et un aveu. Le signe que la France cherche par tous les moyens à garder des espaces de liberté. Et l’aveu qu’elle n’a plus d’autre moyen pour le faire que de rompre unilatéralement des engagements internationaux qui la contraignent. Les adversaires des essais sont d’ailleurs tout autant de mauvaise foi puisque leur vraie bataille vise à refuser à la France l’exercice de cette liberté.

L’arrêt des essais en 1992 n’était pas une simple décision de politique intérieure, mais bien un acte de politique extérieure, ayant des conséquences sur les tiers ; et donc, en cela, liant tous les gouvernements ultérieurs du pays. En prenant sa décision, en considérant que les experts nucléaires avaient assez d’informations pour passer à la simulation, François Mitterrand a déclenché un processus planétaire conduisant à un moratoire général sur les essais et à la négociation d’un traité les interdisant.

Sa décision ne peut donc être considérée comme le seul exercice d’une liberté domestique dont on pouvait après lui se dédire. Qu’aurait-on pensé, par exemple, d’un président français qui serait revenu sur la décision de son prédécesseur annulant la dette de quelques pays pauvres ? Ou de François Mitterrand si, en 1988, il n’avait pas respecté les engagements pris quelques mois plutôt par Jacques Chirac à l’égard de l’Iran, engagements dont il n’était d’ailleurs pas certain de tout connaître ?

Par cette décision, la France perd le droit moral de s’opposer à la prolifération nucléaire, au moment où tant d’Etats et de groupes terroristes cherchent à se doter d’armes nucléaires, chimiques, bactériologiques ou radioactives. Si la prolifération ne peut être enrayée, la France en sera la première victime, car elle ne sera plus alors qu’une puissance nucléaire parmi vingt-cinq au lieu d’être un des membres du Club des Cinq, avec ses immenses privilèges.

Enfin, en agissant ainsi, elle fragilise sa place dans l’économie de demain. Comme les autres pays, la France, en effet, vend des signes avec ses produits. Acheter français, c’est voyager virtuellement en France. Et l’image de luxe, d’élégance de douceur de la France fait vendre non seulement des parfums et des vêtements mais aussi des automobiles, des TGV et des Airbus. L’avenir de la France comme grande puissance économique est donc lié plus que jamais à celui de son image. Il est aussi fragile qu’elle. Or celle-ci est désormais gravement atteinte, surtout dans le Pacifique, zone économiquement la plus dynamique du monde. Un déclin économique brutal n’est pas impossible : la France représente aujourd’hui 5 % du marché mondial mais moins de 1 % de la population. Dans quarante ans, elle ne représentera que 0,5 % de la population mondiale. Et, si elle n’y prend pas garde, pas beaucoup plus de la production. On connaît des exemples de telles dégringolades : en 1965, l’Afrique avait un PNB supérieur d’un quart à celui de l’Asie du Sud-Est. Il est aujourd’hui six fois inférieur !

Etre un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme la France, c’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des messages créateurs de richesses et promoteurs d’une image.

Qu’est-ce qu’être un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme la France ? C’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des signes, des messages créateurs de richesses et promoteurs d’une image. La puissance future de la France tiendra donc bien davantage aux signes qu’elle enverra aux autres, à ses innovations, à son intelligence (à tous les sens du mot), à ses propositions, à son art, à sa capacité à faire bifurquer l’Histoire par ses idées qu’à sa capacité à dissiper de l’énergie.

En ce sens, la France dispose de tous les moyens de rester libre et influente. Pour y parvenir, il appartient d’abord au président de décréter l’arrêt immédiat de ces essais. En agissant ainsi, il démontrerait qu’il sait reconnaître l’erreur de ses experts qui l’ont si mal conseillé, et qu’il sait ce que valent la parole et l’image de la France. Il pourrait sans se déjuger expliquer que nos ingénieurs nucléaires ont fait des prouesses et qu’ils ont réussi à mesurer lors d’un seul test tous les paramètres que, paresseusement, ils s’apprêtaient à ne déchiffrer qu’avec plusieurs ! Cela ne manquerait pas de grandeur. Et aucun spécialiste n’oserait soutenir que la dissuasion nucléaire française n’est pas crédible. On verrait comme par miracle la simulation se mettre en place sans autre exigence.

La France serait alors en excellente position pour influer sur l’avenir en lançant une vaste campagne contre les deux principaux dangers qui menacent le monde et dont nul ne s’occupe sérieusement : la prolifération nucléaire et l’inégalité du développement entre le Nord et le Sud.

La France pourrait d’abord proposer un véritable traité de non-prolifération civile, c’est-à-dire l’arrêt de la production et de l’usage civil du plutonium alors que, dans ce domaine-là aussi, elle donne en ce moment le plus mauvais exemple. Elle pourrait simultanément proposer la mise sous contrôle international des stocks existants de plutonium ; le renforcement des contrôles du trafic international ; la réparation des désastreuses centrales nucléaires de l’Est ; l’organisation rationnelle du démantèlement des armes nucléaires devenues excédentaires depuis les traités de désarmement. Prendre la tête d’une telle campagne ferait de la France un acteur incontesté de l’Histoire, tout en l’aidant à protéger son statut de puissance nucléaire, civile et militaire. Cela engloutirait beaucoup moins de ressources que ses ultimes essais et assurerait beaucoup mieux qu’eux la défense du pays.

La France pourrait simultanément prendre l’initiative d’une vaste campagne pour un développement égal autour de la Méditerranée. Elle devrait pour cela proposer la création d’un vrai marché commun méditerranéen, à l’image de ce que les Américains sont en train de réussir dans les deux hémisphères avec le Nafta et le Mercosul. La France pourrait, par la même occasion, reconnaître sa propre dimension islamique et en tirer des conséquences politiques et culturelles, au lieu de continuer à vivre avec un non-dit suicidaire, comme le montre si tristement l’autre face de l’actualité.

Le président de la République a raison de vouloir conserver à la France prestige et influence. A lui de comprendre que, en agissant comme il le fait, il ne sert que les intérêts de ceux qui veulent voir disparaître notre pays : on ne gagne pas une course en se tirant dans le pied.

Jacques Attali

Titulaire d'un doctorat en économie, Jacques Attali est diplômé de l'École polytechnique et conseiller d'État. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il a fondé quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à l'analyse de l'avenir), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur pour les journaux financiers *Les Échos* et *Nikkei*, après avoir également collaboré avec *L’Express*. Jacques Attali dirige aussi régulièrement des orchestres à travers le monde. https://www.attali.com/en/geopolitics/le-champ-du-signe-2/

 

 

 

 

 

 

 

janvier 16, 2026

INFORMATIONS FRANÇAISE - Janvier 2026 - Bons voeux.....

Sommaire:

A) - Les attaques mondialistes contre la langue française : une perte de souveraineté silencieuse 

B) - Macron vend la souveraineté française à une UE massivement rejetée par le peuple

C) - La condamnation de Free : un réveil forcé face à l’hémorragie de nos données personnelles

D) - Les manifestations des agriculteurs français : une victoire contre le MERCOSUR

 


                                                                          Informations françaises

A) - Les attaques mondialistes contre la langue française : une perte de souveraineté silencieuse 

Dans un monde globalisé où l’anglais s’impose comme la lingua franca incontestée, la langue française, autrefois symbole de raffinement et d’universalisme, subit une érosion accélérée. 

 Inspiré par l’article du Général Henri Roure publié sur Place d’Armes, intitulé « Nouvelle tentative d’assassinat de la langue française », ce texte explore les assauts portés contre le français dans la diplomatie, les documents techniques, les tutoriels en ligne et les réseaux sociaux.

Ces attaques, souvent attribuées à des forces mondialistes, menacent non seulement la richesse linguistique mais aussi la souveraineté culturelle et nationale de la France.

Comme le souligne Roure, la langue française est un pilier de la civilisation, forgée par des siècles d’histoire et offerte au monde, mais aujourd’hui marginalisée par des influences anglo-saxonnes et européo-mondialistes.

Le déclin historique du français en diplomatie : de la domination à la marginalisation

Le français a longtemps régné en maître sur la scène diplomatique internationale. Dès 1714, avec le Traité de Rastatt, il s’impose comme la langue exclusive des négociations européennes, succédant au latin et symbolisant l’influence culturelle de la France. Cette suprématie perdure jusqu’au début du XXe siècle, où le français est célébré pour sa précision et son élégance, facilitant les échanges entre élites mondiales. Rivarol, en 1784, le qualifiait de « langue humaine » par excellence, idéale pour les traités internationaux.

Pourtant, le déclin s’amorce en 1919 avec le Traité de Versailles, rédigé pour la première fois en français et en anglais, sous pression américaine et britannique.

Les facteurs sont multiples : la chute des monarchies européennes, la montée en puissance des États-Unis, et l’élargissement des cercles diplomatiques au-delà de l’Europe.

Après 1945, l’anglais s’impose définitivement, reléguant le français à un rôle secondaire. À l’ONU, 90 % des documents sont désormais en anglais, malgré le statut officiel du français. Dans l’Union européenne, l’anglais domine les appels d’offres et les communications, au mépris de la diversité linguistique.

Ce recul n’est pas neutre : il reflète une perte d’influence française. La francophonie, avec ses 583 millions de locuteurs en 2024, pourrait être un levier diplomatique, mais elle est souvent négligée. Des critiques pointent du doigt les « mondialistes » – ces acteurs promouvant une uniformisation culturelle sous couvert de globalisation – qui favorisent l’anglo-américain comme vecteur du néolibéralisme. En Afrique, où le français est défendu avec plus de vigueur qu’en France métropolitaine, des sentiments anti-français émergent, liant la langue à une « Françafrique » impérialiste.



La disparition du français dans les documents techniques et les tutoriels en ligne

Dans le domaine technique, l’anglais envahit les documents et les ressources éducatives. Les anglicismes prolifèrent dans le vocabulaire scientifique et professionnel, diluant la pureté du français. Sur YouTube et les réseaux sociaux, les tutoriels en français sont minoritaires. Les jeunes, qui s’informent majoritairement via ces plateformes (80 % sur YouTube), se tournent vers des contenus anglais pour leur abondance et leur visibilité.

Les bibliothèques universitaires françaises peinent à produire des vidéos en français, contrairement à leurs homologues québécoises, qui investissent davantage dans la langue locale.

Cette asymétrie renforce l’hégémonie anglaise : des termes comme « podcast » ou « tuto » deviennent courants, érodant le français technique. Sur X (anciennement Twitter), des discussions soulignent comment l’anglais domine les échanges scientifiques, reléguant le français à un rôle marginal.

L’auto-censure des Français : publier en anglais pour exister

Un phénomène alarmant émerge : l’auto-censure linguistique. De nombreux Français, créateurs de contenu ou professionnels, optent pour l’anglais afin d’atteindre une audience plus large. Sur YouTube, des chaînes éducatives ou techniques abandonnent le français pour l’anglais, craignant une visibilité limitée. Des posts sur X dénoncent cette « soumission » : « Nous sommes soumis à un bombardement pour détruire la langue française au profit d’un espèce de globish. »

Cette tendance s’explique par la pression des algorithmes et des marchés globaux, où l’anglais est synonyme de succès. Elle s’inscrit dans un contexte plus large d’américanisation culturelle, où l’école française, en crise, privilégie l’anglais au détriment du français classique. Des linguistes comme Lionel Meney parlent d’un « naufrage » du français face au triomphe de l’anglais.

Les mondialistes à l’assaut : une menace pour la souveraineté nationale

Ces évolutions ne sont pas fortuites ; elles s’inscrivent dans une stratégie mondialiste visant à uniformiser les cultures. L’anglais, comme outil de l’impérialisme linguistique, sert la mondialisation néolibérale, érodant les identités nationales. En France, des politiques comme l’écriture inclusive – dénoncée par Roure comme un « instrument juridique au service d’une volonté européiste » – fragmentent la langue, la rendant incompatible avec sa tradition orale et écrite.

De nombreuses critiques visent Emmanuel Macron pour son hostilité à la francophonie : choix d’une secrétaire générale rwandaise francophobe pour l’OIF, préférence pour l’anglais dans les communications officielles. Sur X, des voix comme Julien Odoul accusent le gouvernement de « faire reculer la langue française ». Cette érosion menace la souveraineté : la langue est un attribut de la nation, et sa perte équivaut à une dépossession culturelle. Fernand Braudel l’affirmait : « La France, c’est la langue française. »

En conclusion, la langue française n’est pas seulement un moyen de communication ; elle est l’essence de la souveraineté.

Face aux assauts mondialistes, un sursaut est nécessaire : promouvoir le français dans l’éducation, les médias et la diplomatie, résister à l’auto-censure, et défendre sa pureté contre les influences destructrices. Comme l’appelle Roure, il faut « changer de mode de gouvernement » pour restaurer la grandeur de la France. Sans cela, nous risquons un monde uniforme, où la diversité linguistique – et avec elle, la liberté de pensée – s’efface au profit d’un globish insipide.

https://multipol360.com/les-attaques-mondialistes-contre-la-langue-francaise-une-perte-de-souverainete-silencieuse/ 

 


 

B) - Macron vend la souveraineté française à une UE massivement rejetée par le peuple

Emmanuel Macron, ce président qui se pose en sauveur de l’Europe, n’hésite pas à piétiner les intérêts nationaux de la France pour servir une Union européenne (UE) que les Français ont déjà rejetée à deux reprises. En 2005, lors du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, 54,67 % des électeurs français ont voté « non », un rejet massif qui a plongé l’UE dans une crise profonde.

Ce scrutin, marqué par une participation de 69,37 %, n’était pas un caprice : il reflétait une profonde méfiance envers une Europe perçue comme une machine à diluer la souveraineté nationale, favorisant les intérêts des élites au détriment des citoyens ordinaires.

Pourtant, Macron persiste, comme si ce verdict populaire n’avait jamais existé, et accélère la désindustrialisation française au nom d’une « autonomie stratégique européenne » qui n’est qu’un mirage. Pire encore, alors que l’euroscepticisme explose en France – avec 27 % des Français favorables à un « Frexit » en 2025, en hausse par rapport à l’année précédente – Macron continue de trahir son pays pour une UE de plus en plus contestée.

Un rejet historique ignoré : les Français contre l’Europe des élites

Rappelons les faits : le 29 mai 2005, les Français ont massivement dit « non » au traité constitutionnel européen, avec 15,4 millions de voix contre 12,8 millions pour le « oui ». Ce vote n’était pas isolé ; il faisait écho au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht, où le « oui » l’avait emporté de justesse (51 %), mais avec une forte opposition soulignant déjà les craintes d’une perte de souveraineté. Ces rejets ont eu des implications durables : ils ont alimenté un sentiment de désenchantement politique, avec une baisse de la participation électorale et une montée des partis anti-système dans les élections suivantes. Vingt ans plus tard, l’euroscepticisme n’a fait que croître. Des sondages récents montrent que la France est l’un des pays les plus pessimistes sur l’avenir de l’UE, avec seulement 33 % de confiance en l’institution en 2023, et une hausse des voix appelant à un Frexit. En 2024-2025, les élections européennes ont vu une poussée des partis eurosceptiques comme le Rassemblement National, Les Patriotes, Debout la France et bien sûr le parti de François Asselineau, l’UPR reflétant une frustration croissante face à l’immigration, aux régulations excessives et à la perte d’indépendance économique. Macron, au lieu de défendre les intérêts français, semble mépriser ce verdict populaire, préférant une Europe fédéraliste qui dilue la France dans un ensemble bureaucratique dominé par l’Allemagne et les lobbies (voir ici).

La désindustrialisation française : le prix de la soumission à l’UE

Sous Macron, la France a accéléré sa descente aux enfers industriels, sacrifiant ses usines et ses emplois au nom d’une « intégration européenne » qui profite surtout aux voisins. Prenons l’exemple récent de l’industrie de défense :

lors d’une réunion avec les patrons du secteur, Macron a menacé de se tourner vers des « solutions européennes » si les entreprises françaises ne respectaient pas les délais de production, regrettant les retards et affirmant que l’armée française « n’est plus leur chasse gardée ».

Traduction : il est prêt à acheter des chars allemands plutôt que français, coulant ainsi l’industrie nationale au profit de l’Allemagne. Florian Philippot, leader des Patriotes, n’a pas mâché ses mots : « Ça s’appelle être un traître. Un vendu. »

Ce n’est pas un cas isolé. La fermeture de Brandt en décembre 2025, dernier grand fabricant français d’électroménager, a entraîné la perte de 700 à 750 emplois directs et la disparition de marques emblématiques comme Vedette ou Sauter. Ce naufrage est le symptôme d’une France qui abandonne son industrie sous l’influence de politiques libérales européennes, comme les accords de libre-échange controversés et les normes du Pacte Vert qui étouffent l’agriculture et l’industrie. Depuis les années 1970, la France a perdu plus de 2,5 millions d’emplois industriels, et la part de l’industrie dans la valeur ajoutée nationale est tombée à 11 %. En 2025 seul, plus de 108 usines ont fermé ou été menacées, contre seulement 80 créations.

 La grande exposition de Macron « Grande Exposition du Fabriqué en France », tenue en novembre 2025, n’est qu’une vitrine superficielle masquant un déclin profond. Pendant que l’Élysée parade avec 123 produits « made in France », les contrats publics fuient vers l’étranger : pistolets Sig-Sauer fabriqués en Allemagne pour les forces de l’ordre, pièces de rechange pour chars Leclerc en Chine, fusils HK 416 en Allemagne, vêtements pour l’armée en Tunisie… Même les révisions de la flotte d’Air France se font en Angleterre et au Maroc. Arnaud Montebourg, ancien ministre, dénonce cette « déroute » : des importations annuelles de 20 milliards d’euros vers l’Allemagne et la Chine, une dette publique dépassant 3.400 milliards d’euros (plus de 120 % du PIB), et un manque de 150.000 emplois qualifiés dans l’industrie. Sous Macron, la part industrielle du PIB a chuté de 16 % en 2000 à moins de 10 % aujourd’hui, plus vite qu’en Allemagne ou en Italie.

Ces choix s’inscrivent dans une politique macronienne qui privilégie l’UE au détriment de la France. 

Critiqué pour son protectionnisme mou qui met en péril le marché unique européen, Macron a été accusé de virer vers un « protectionnisme doux » qui isole la France tout en favorisant des achats européens. Ses réformes, comme la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric en 2014 (sous son mandat de ministre), ont accéléré la perte de souveraineté, transférant la maintenance des réacteurs nucléaires français à des intérêts étrangers. Résultat : une dette publique qui a explosé à 117 % du PIB en 2025, contre 2,6 % de déficit en 2017, et une croissance atone de 0,7 %, en deçà de la moyenne de la zone euro.

L’euroscepticisme en hausse : les Français ne veulent plus de cette Europe

Les Français sont de plus en plus eurosceptiques, et pour cause. Des sondages de 2020-2026 montrent une dissatisfaction croissante : la France est en bas du classement des pays confiants en l’UE, avec des préoccupations sur l’immigration, les régulations technocratiques et l’euro. En 2024, les élections européennes ont vu une charge des partis reflétant un rejet de l’intégration forcée. Macron, en poussant pour une « autonomie stratégique européenne » ne fait qu’alimenter ce sentiment. 

 

Par son alignement inconditionnel sur une UE dominée par Berlin, Macron alimente la voracité de l’Allemagne, qui adopte une posture de plus en plus belliqueuse en matière commerciale et étrangère, poussant des mesures protectionnistes et interventionnistes qui désindustrialisent l’Europe au profit de ses exportations toxiques. Ce réarmement massif allemand, avec un budget défense explosant à plus de 100 milliards d’euros et des exportations d’armes doublées, réveille les fantômes historiques d’une machine de guerre souveraine, menaçant directement l’industrie française au détriment des Français. Il est temps que la France se réveille et reprenne son destin en main, loin de cette UE qui l’étouffe. Le Frexit n’est plus une option, c’est une nécessité.

https://multipol360.com/macron-vend-la-souverainete-francaise-a-une-ue-massivement-rejetee-par-le-peuple/



 

C) - La condamnation de Free : un réveil forcé face à l’hémorragie de nos données personnelles

En ce début d’année 2026, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le paysage numérique français : l’opérateur télécom Free vient d’écoper d’une amende colossale de 42 millions d’euros pour une fuite de données massive survenue en octobre 2024.

Cette sanction, infligée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), marque un tournant dans la lutte contre la négligence des entreprises en matière de cybersécurité. 

Mais au-delà de ce cas isolé, elle met en lumière un fléau bien plus profond qui gangrène notre société : les fuites de données récurrentes, la perte de souveraineté numérique et le pouvoir insidieux que confèrent ces informations à ceux qui les contrôlent.

Le cas Free : une négligence aux conséquences dévastatrices

Rappelons les faits. En octobre 2024, un pirate informatique s’est infiltré dans les systèmes de Free, compromettant les données de pas moins de 24 millions d’abonnés. Parmi les informations volées figuraient des données ultra-sensibles, comme les IBAN (numéros de comptes bancaires), exposant les victimes à des risques immédiats de fraudes et d’usurpations d’identité. Les abonnés ont rapidement été submergés par des appels frauduleux, et certaines de leurs coordonnées ont même atterri sur le dark web, vendues au plus offrant.

 La CNIL n’a pas mâché ses mots dans sa décision du 13 janvier 2026 : les fautes de Free étaient « évitable avec un minimum de vigilance ». Authentifications trop laxistes, surveillance défaillante et stockage inutile de millions de données d’anciens clients – voilà les ingrédients d’une recette catastrophe. Free Mobile écope de 27 millions d’euros d’amende, tandis que sa maison mère, Free, ajoute 15 millions à la facture. De plus, l’opérateur a trois mois pour renforcer ses mesures de sécurité et six mois pour purger les données obsolètes.

Cette affaire n’est pas anodine. Elle survient après plus de 2.500 plaintes déposées par des clients excédés, reflétant un ras-le-bol généralisé des Français face à ces violations répétées de leur vie privée. On se demande légitimement : à quoi sert le RGPD si nos données continuent de s’évaporer dans la nature ?

Un fléau grandissant qui mine la confiance

Malheureusement, le cas Free n’est que la pointe de l’iceberg. En France, les fuites de données se multiplient comme un virus incontrôlable, touchant des secteurs variés : des plateformes en ligne aux agences de travail temporaire, en passant par les établissements de santé. Des millions de mots de passe, d’historiques médicaux et de coordonnées personnelles sont exposés, menant à des retraits bancaires frauduleux, des chantages et des campagnes de phishing sophistiquées. Les conséquences ?

Une érosion massive de la vie privée, où chaque citoyen vit sous la menace permanente d’une exploitation malveillante de ses informations.

Pire encore, ces incidents révèlent une vulnérabilité systémique : l’absence de solutions souveraines pour stocker et protéger nos données. Trop souvent, nous dépendons d’infrastructures cloud étrangères, dominées par des géants américains comme Microsoft ou Amazon. Ces entités, soumises à des lois extraterritoriales telles que le Cloud Act, peuvent accéder à nos informations sans notification préalable, exposant la France à des ingérences extérieures. Des projets comme l’hébergement de données de santé sur des serveurs étrangers illustrent parfaitement cette perte de contrôle : des pathologies, traitements et historiques médicaux potentiellement accessibles à des autorités outre-Atlantique.

La digitalisation des services publics : une menace sous-estimée

 La numérisation accélérée des services publics aggrave cette situation. Si elle promet efficacité et modernité, elle cache un revers sombre : l’exposition accrue de nos données sensibles. Des collaborations avec des entreprises comme Palantir  financée en partie par des agences de renseignement étrangères – pour des outils de contre-terrorisme, ou l’utilisation massive de systèmes d’exploitation dominés par Google et Apple, transfèrent nos informations personnelles (géolocalisation, contacts, historique de navigation) vers des data centers non européens. Le consentement des utilisateurs ? Souvent illusoire, noyé dans des conditions générales opaques.

 Ces pratiques érodent notre souveraineté numérique. Sans alternatives européennes viables, nous cédons le contrôle de nos systèmes d’information à des acteurs étrangers, fragilisant notre économie et notre sécurité nationale. Les révélations d’Edward Snowden en 2013 sur la surveillance massive par la NSA n’étaient qu’un avant-goût : aujourd’hui, nos données deviennent un outil d’espionnage ou d’influence géopolitique.

Nos données : une arme silencieuse aux mains des puissants

Au fond, ces fuites soulignent un enjeu fondamental : les données sont devenues une arme silencieuse de pouvoir.

Chaque jour, nous générons des milliers de points de données – clics, recherches, achats – qui alimentent une machine invisible.

Contrôlées par des géants technologiques américains et chinois, ou revendues par des courtiers en données sur un marché opaque valant des centaines de milliards de dollars, elles servent à profiler les individus, influencer les décisions commerciales (comme les primes d’assurance) et même manipuler les opinions publiques lors de crises.

 Pour la société, les implications sont alarmantes : une souveraineté nationale affaiblie, où les États peinent à accéder à leurs propres données stockées à l’étranger. Des tensions géopolitiques, comme celles autour de Huawei ou TikTok, montrent que le cyberspace est un nouveau champ de bataille. Et pour les citoyens ? Une perte de liberté, où la vie privée devient un luxe, exposée à des brèches comme celle récente au ministère de l’Intérieur, où des millions de fiches judiciaires – incluant données sur victimes, témoins et familles – ont été exfiltrées par des pirates.

Cette attaque, facilitée par des négligences basiques comme l’échange de codes en clair, met en évidence un sous-investissement chronique en cybersécurité publique. Des infrastructures vieillissantes et un manque de modernisation laissent des millions de Français vulnérables à l’usurpation d’identité ou au chantage.

Vers un sursaut souverain ?

La condamnation de Free pourrait être le signal d’alarme tant attendu. Elle impose aux entreprises de traiter la cybersécurité comme une priorité non négociable, sous peine d’amendes récurrentes. Mais pour les victimes, c’est une victoire aigre-douce : les fonds vont au Trésor public, pas à une indemnisation directe. Les procédures judiciaires restent longues et complexes.

Il est temps de transformer cette vulnérabilité en opportunité. Investissons dans des data centers nationaux, formons des experts en cybersécurité et développons des alternatives européennes GDPR-compatibles. Rééquilibrons les priorités : autant de moyens pour protéger nos données que pour les surveiller. Seule une souveraineté numérique renforcée restaurera la confiance des citoyens et protègera notre avenir dans un monde connecté.

En fin de compte, nos données ne sont pas qu’un actif commercial – elles sont le reflet de nos vies. Les laisser s’échapper, c’est céder un pouvoir immense. La France doit reprendre les rênes, avant qu’il ne soit trop tard.

https://multipol360.com/la-condamnation-de-free-un-reveil-force-face-a-lhemorragie-de-nos-donnees-personnelles/

 


D) - Les manifestations des agriculteurs français : une victoire contre le MERCOSUR  

Alors que l’Union européenne s’apprête à signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur le 17 janvier prochain, malgré l’opposition farouche de la France, un vent de satisfaction souffle sur le monde agricole.

Les manifestations massives des paysans, qui ont secoué le pays depuis des mois avec des blocages de routes, de ports et de sites stratégiques, portent enfin leurs fruits.

Non seulement elles ont forcé les grands distributeurs à refuser publiquement les importations de produits sud-américains non conformes aux normes françaises, mais elles ont aussi instillé une peur palpable chez les industriels de l’agroalimentaire, qui craignent un boycott massif des consommateurs. Ce revirement marque un tournant décisif, démontrant que la mobilisation paysanne n’était pas vaine.

Les manifestations : un mouvement qui a payé

 Depuis l’automne dernier, les agriculteurs français, unis sous les bannières de syndicats comme la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne, ont multiplié les actions pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « trahison européenne ». Des milliers de tracteurs ont envahi les rues de Paris et de Bruxelles, des barrages filtrants ont été installés au Havre, et des manifestations ont bloqué des dépôts pétroliers à La Rochelle ou des sites portuaires. Ces protestations, qualifiées de « colère totale des paysans », ont mis en lumière les risques d’une concurrence déloyale : importations massives de viande bovine, de volaille, de sucre et de soja produits avec des pesticides interdits en Europe, des coûts de production 40 % inférieurs, et des pratiques environnementales laxistes favorisant la déforestation amazonienne.

Ces actions n’ont pas été sans effet. Malgré le feu vert donné par une majorité d’États européens le 9 janvier, les agriculteurs ont obtenu des concessions « incontestables » de Bruxelles, comme une enveloppe de 300 millions d’euros étalée sur 2026 et 2027 pour soutenir le secteur. Mais surtout, la pression a influencé les acteurs économiques clés.

Les patrons de la grande distribution, tels que Thierry Cotillard (Intermarché), Alexandre Bompard (Carrefour), Dominique Schelcher (Système U) et Michel-Édouard Leclerc (E.Leclerc), ont annoncé leur refus catégorique d’importer des produits du Mercosur ne respectant pas les normes françaises.

« On n’en achètera pas », ont-ils déclaré en chœur, soulignant un engagement à privilégier les filières locales pour 97 % du bœuf, 100 % de la volaille et du porc. Ce positionnement, assumé publiquement dans les médias, est perçu comme une victoire directe des manifestations, qui ont sensibilisé l’opinion publique et forcé les distributeurs à anticiper un rejet consommateur.

Dans le monde agricole, les réactions sont unanimes : ces résultats sont « très satisfaisants« . Pierrick Horel, Quentin Le Guillous et Maxime Buizard-Blondeau, représentants des Jeunes Agriculteurs, ont salué après une rencontre à Matignon un déblocage potentiel sur des sujets comme l’eau et la prédation, tout en maintenant la vigilance sur le Mercosur. « Si le traité devait être signé, nous nous mobiliserons aux frontières, dans les ports et à Strasbourg pour inciter au vote contre au Parlement européen », ont-ils averti. La FNSEA et la Coordination Rurale, qualifiant l’accord de « reniement total » et de « jeu de dupes« , soulignent que 80 % des agriculteurs et 70 % des citoyens le voient comme une menace mortelle, renforçant l’appel à des actions judiciaires devant la Cour de Justice de l’UE. Les protestations, promises à s’escalader en janvier, ont déjà étendu leur influence à l’Irlande, l’Italie, la Pologne et l’Espagne, où des blocages similaires dénoncent l’externalisation de la sécurité alimentaire.

La peur des industriels : le spectre d’un boycott massif

Si les agriculteurs savourent ces avancées, les industriels de l’agroalimentaire tremblent. L’accord, qui ouvre le marché européen à 99.000 tonnes de viande bovine et 180.000 tonnes de volaille sud-américaines, menace de saturer les chaînes d’approvisionnement avec des produits à bas coûts mais controversés. Or, le refus des distributeurs, amplifié par les manifestations, expose les industriels à un risque majeur : un boycott des consommateurs. Déjà, sur les réseaux sociaux, des appels à « acheter local » et à vérifier les étiquettes pullulent, avec des vidéos d’agriculteurs en larmes dénonçant la concurrence déloyale (certains appelant même à vider les rayons des marchandises importées alors qu’elles sont aussi produites en France)– au Brésil, 80 % des pesticides utilisés sont interdits en France.

Les industriels craignent que ce boycott ne s’étende aux produits transformés, où la traçabilité est plus floue. « C’est insoutenable », confie un agriculteur dans une vidéo virale, illustrant le désespoir face à un accord qui sacrifie les filières bovine, ovine et volaillère pour des intérêts mondialisés, profitant surtout à l’industrie allemande. Emmanuel Macron, qui avait promis un veto mais l’a qualifié de « plutôt positif » après des clauses de sauvegarde jugées insuffisantes, est accusé de trahison, alimentant la colère. Les industriels, dépendants des importations pour des marges élevées, redoutent une chute des ventes si les consommateurs, sensibilisés par les manifestations, optent pour le boycott. Des experts estiment que cela pourrait entraîner une restructuration forcée des filières, avec des pertes en cascade pour les agro-industriels.

Perspectives : une bataille loin d’être terminée

 Malgré ces résultats satisfaisants, le monde agricole reste mobilisé.

Les agriculteurs, pas satisfaits des concessions européennes, promettent de nouvelles actions si l’accord est ratifié, visant ports et autoroutes pour bloquer les importations.

Cette unité syndicale inédite, couplée à un soutien populaire croissant, démontre que les manifestations ont non seulement freiné l’accord mais aussi redonné du pouvoir aux paysans face aux élites bruxelloises. Pour les industriels, la peur d’un boycott n’est pas infondée : elle pourrait signer l’arrêt de mort d’une agriculture low-cost importée, au profit d’une souveraineté alimentaire réaffirmée. La signature imminente sera un test décisif – et les tracteurs sont prêts à repartir.

https://multipol360.com/les-manifestations-des-agriculteurs-francais-une-victoire-contre-le-mercosur/

 


 

En janvier 2026, alors que la France traverse une crise agricole sans précédent, l’Union européenne a donné son feu vert à l’accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré l’opposition ferme de Paris.

Ce traité, qui unit l’Europe aux pays d’Amérique du Sud comme le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, représente une menace existentielle pour nos agriculteurs.

La France ne peut pas ratifier un tel accord : ce serait la capitulation totale face à une concurrence déloyale, la destruction de notre souveraineté alimentaire et la mise à mort programmée de milliers d’exploitations familiales. Emmanuel Macron, qui avait promis de protéger l’agriculture nationale, a cédé sous la pression internationale, trahissant les paysans français au profit d’une élite bruxelloise déconnectée.

Une concurrence déloyale qui anéantit les filières françaises

L’accord Mercosur ouvre grand les portes à des importations massives de produits agricoles sud-américains, produits avec des normes environnementales, sanitaires et sociales bien inférieures à celles imposées en Europe. Imaginez : des dizaines de milliers de tonnes de bœuf, de volaille, de sucre, de riz, de miel et de soja entrant sur le marché européen sans droits de douane, ou avec des quotas détaxés. Ces produits, issus de pratiques interdites en France – comme l’utilisation de pesticides bannis, la déforestation massive ou des conditions de travail précaires – viendront inonder nos étals à des prix imbattables.

Pour les agriculteurs français, déjà écrasés par des réglementations européennes draconiennes et des coûts de production exorbitants, c’est la catastrophe.

La filière bovine, par exemple, risque de s’effondrer sous le poids de cette concurrence. Des secteurs entiers comme la viande, les céréales et les produits laitiers pourraient voir leurs prix chuter, entraînant faillites en cascade et désertification rurale. Selon des projections alarmantes, la France, déjà importatrice nette de 60 % de sa volaille et de 40-60 % de ses fruits et légumes, deviendrait encore plus dépendante d’importations étrangères. Nos normes strictes, censées protéger l’environnement et la santé, deviennent un handicap insurmontable face à des concurrents qui n’ont aucune contrainte équivalente. C’est une hypocrisie flagrante : l’Europe impose des règles vertueuses à ses propres producteurs tout en important ce qu’elle interdit de produire localement.

Le revirement honteux de Macron et la pression dictatoriale de Bruxelles

Emmanuel Macron, qui s’était posé en défenseur des agriculteurs en promettant un veto français, a opéré un revirement spectaculaire. Il a qualifié l’accord de « plutôt positif » après avoir obtenu des clauses de sauvegarde renforcées, jugées totalement insuffisantes par les syndicats agricoles. Ce changement de cap a déclenché une fureur légitime dans le monde rural. La FNSEA dénonce une « reniement total » et un « affront », tandis que la Coordination Rurale parle d’un « jeu de dupes » où Macron sacrifie l’agriculture française pour plaire au Brésil. Lula da Silva, président brésilien, a publiquement pressé Macron d’ouvrir son cœur à cet accord, affirmant que la décision relève de l’UE et non des États individuels.

Cette ingérence révèle la perte de souveraineté : la France n’a plus voix au chapitre, réduite à un simple exécutant des diktats bruxellois.

Pire encore, l’UE impose cet accord malgré des contradictions internes flagrantes. Des hauts représentants comme Kaja Kallas et António Costa se contredisent publiquement sur l’état des négociations, révélant un processus opaque et antidémocratique. L’Allemagne, sous pression de Berlin, a supprimé en secret une clause protectrice qui garantissait que l’accord ne s’appliquerait pas sans ratification du Parlement européen. Cela ouvre la voie à une application provisoire dès mars 2026, contournant tout débat démocratique. C’est une dérive dictatoriale : Bruxelles agit comme un empire bureaucratique, ignorant les oppositions nationales et sanctionnant les récalcitrants. La France, avec son « non » isolé, s’est retrouvée marginalisée, tandis que des pays comme l’Allemagne et l’Espagne poussent pour une ratification rapide.

La colère des agriculteurs : un face-à-face explosif avec le pouvoir

Face à cette trahison, les agriculteurs français se mobilisent en masse. Des milliers de tracteurs ont bloqué Bruxelles et Paris, avec des barrages filtrants au Havre et des manifestations devant l’ANSES. Les quatre principaux syndicats – FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination Rurale et Confédération Paysanne – exigent l’abandon total de l’accord, rejetant les « concessions inédites » promises par le gouvernement comme des leurres inefficaces. « Mercosur = Non », clament-ils unanimement. Des actions sont promises dès janvier, potentiellement escaladant en un hiver de crise majeure.

Cette fureur n’est pas isolée : en Irlande, des milliers d’agriculteurs protestent contre l’externalisation de la sécurité alimentaire vers l’Amérique du Sud. En Espagne, les manifestations se multiplient.

Partout, la même crainte : un accord qui sacrifie les paysans européens pour des intérêts géopolitiques obscurs.

En France, 80 % des agriculteurs voient le Mercosur comme une menace mortelle, et 70 % des citoyens s’y opposent. Des appels à la destitution de Macron et au Frexit émergent, car cet accord symbolise l’échec total de l’UE : une machine à broyer les nations au profit d’une élite supranationale.

Pourquoi la France doit refuser : pour la survie et la souveraineté

Signer le Mercosur, c’est condamner notre agriculture à une mort lente. C’est ignorer les crises cumulées – comme l’épizootie de dermatose nodulaire bovine – et ajouter des accords cumulatifs comme celui avec l’Ukraine, qui augmentent les quotas d’importations bon marché. C’est renoncer à notre principe de précaution et à notre démocratie. La France doit saisir la Cour de justice de l’UE pour contester cet accord illégitime et suspendre toute ratification. Seule une mobilisation massive peut inverser la tendance. Le Mercosur n’est pas un progrès ; c’est un poison pour notre avenir. La France libre et souveraine doit dire non, pour sauver ses agriculteurs et son modèle alimentaire.

https://multipol360.com/mercosur-la-trahison-europeenne-qui-signe-larret-de-mort-de-lagriculture-francaise/

 

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