janvier 31, 2026

Les concepts d'Arthur Homines !

5 points méconnus ou incompris dans le champ politique 👇

1. Le droit n’est pas la morale 

 Le droit nous permet de circonscrire nos espaces de légitimité sociale, il matérialise la souveraineté individuelle à travers la propriété privée. Il fonde les règles au sein d'un groupe humain en définissant qui peut faire quoi avec quoi, afin d'éviter les conflits liés à la limitation des ressources. Vos opinions personnelles et vos jugements de valeur ne sont JAMAIS du droit. C'est un point de friction très fort à gauche comme à droite (ou qu'importe comment vous modélisez l'espace politique, quasiment tout le monde passe à côté). 


 

 2. Vos convictions n’ont pas de valeur universelle 

Ces fameuses préférences ne sont valables que pour vous-même (et pour les personnes dont vous avez éventuellement la charge légitime). Vous disposez de votre corps et de votre esprit comme bon vous semble. Cependant, vouloir imposer aux autres des comportements que vous avez vous-même adoptés revient à confondre droit et moral. C'est outrepasser la souveraineté d'autrui au nom de votre propre éthique. 

 3. L’interdiction génère des effets pervers 

 Décréter qu'une action est interdite alors qu'une demande existe génère inévitablement un marché gris/noir. La demande ne s’évapore pas sous prétexte qu’un petit homme en gris a écrit un texte de loi. On n’arrête jamais l’échange volontaire. Même en prison, le marché prend la vie. 

4. C'est la coutume qui protège, pas la loi  

En général, les parents évitent de donner de la bière à leurs nourrissons/enfants. Bien que des exceptions existent, il est admis que ce breuvage n'est pas adapté à l'enfant. Ce n'est pas la loi du petit homme en gris qui le protège, mais la moralité et la bonne pratique partagées. Si demain ce même législateur autorisait la vente de bière aux enfants, pensez-vous que les commerçants se précipiteraient sur l'occasion ? Si c'était le cas, les parents découvriraient vite ces pratiques et ruineraient ces propriétaires par le boycott et la mauvaise réputation. 

 5. Les solutions émergentes sont les seules légitimes et dynamiques  

Face aux problèmes de l'existence, qu'ils soient marginaux ou systémiques, la solution légitime réside dans la capacité des individus (ou de leurs tuteurs) à coopérer et à allouer des moyens pour atteindre leurs fins. Les règles ne sont pas le problème. Elles sont même nécessaires pour formaliser les obligations contractuelles et les recours en justice. Le problème réside dans la nature du milieu par lequel ces règles sont édifiées. Nous en revenons toujours à la question de la souveraineté : qui décide, pourquoi, et selon quelles modalités ? Le législateur ne sollicite jamais le consentement des individus, son action est de fait illégitime. Qu'il soit aussi clair que la démocratie ne respecte à aucun moment le droit naturel, car elle remplace la souveraineté de l'individu par la force vulgaire du nombre.

 

Renversez tout. 

La discrimination ne doit plus être subie, mais revendiquée comme levier de partition. Cessez de mendier auprès d’un système qui n'attend que de vous digérer plus tard. Au contraire, osez le boycott à votre tour. Affirmez votre volonté de faire société entre personnes qui se sont choisies. L’essentiel se joue HORS de l’État. Ce que je dis ici est valide à titre général, au-delà du clivage gauche-droite dont je me moque éperdument. Je parle d'en finir avec cette grotesque cohabitation forcée, mais aussi avec ces réflexes légalistes qui réactivent l'étatisme en permanence. 

 Devenons des pirates du quotidien, non pas grossièrement en prenant tous les risques, mais en activant des pratiques concrètes et en usant d'outils juridiques permettant de protéger notre souveraineté autant que faire se peut. Créons chacun nos réseaux de solidarité et de commerce. Pratiquons la cooptation systématique. Apprenons la résilience, à tous les niveaux. Marquons nos territoires. Plus une organisation s'institutionnalise, plus elle devient lourde et poreuse aux pressions du système qui l'encadre. 

Alors devenons plutôt des individus inscrits volontairement dans des collectifs liquides. Restons sous le seuil de détection de l’État. Assez organisés pour coopérer, mais assez diffus pour rester anti-fragiles. Illisibles car trop décentralisés, et donc toujours capables de glisser entre les mailles du filet. Trop malins pour s'exposer inutilement, et en mesure de surfer les vagues qui se présenteront à nous. Peu d'efforts, beaucoup d'effet.


Non, être culturellement de gauche est au contraire d’une facilité déconcertante, car la pente naturelle va toujours dans le sens de l’air du temps et de la subvention. 

Être radicalement de gauche, c’est-à-dire révolutionnaire et marxiste, demande un peu plus de travail... hélas pour n'en conclure que des inepties. Dans le cadre de cette capsule, le simple fait qu'il évoque le besoin de payer l'impôt démontre ce que je cherche à formuler haha. 

Allô, Monsieur Chapoutot ? (« C’est très facile d’être de droite ». Johann Chapoutot.)

https://x.com/AudeJavel79/status/2016873214719275383

C'est bien d'être sûr de soi mais encore faut-il tenir la route derrière. Le principe même de l’impôt est d’une faiblesse philosophique sans nom. Le concept de consentement vous dit-il quelque chose ? Je rappelle que nous n'avons PAS le choix. On ne parle PAS de mise en commun volontaire là, on parle de prélèvements obligatoires. Le consentement sépare les deux, et c'est ce qui nous permettrait d'ailleurs de nous désabonner de prestataires de services jugés médiocres. 

 Je veux bien dénoncer la bêtise droitarde, mais il est fascinant de constater que les gauchistes pensent le monde à partir de postulats encore plus grossiers. Ce qui est facile au fond, c’est d’être un étatiste, et encore plus dans le monde universitaire. Il suffit de ne faire aucun travail sur soi, de se laisser porter par le courant, d'être justement payé par l'impôt (difficile de réaliser sa nature après), et en bref de suivre le troupeau. L’effort suprême consiste toujours à interroger celui qui mène la danse contre notre gré, non à s'y conformer.

Arthur Homines 

https://www.youtube.com/@arthurhomines


janvier 29, 2026

La révolution silencieuse du matérialisme ou l’origine du réalignement politique, l'analyse des transformations profondes des clivages politiques contemporains en Europe et dans les Amériques.

Philippe Poirier - Des démocraties aux Amérique et en Europe : la nouvelle « révolution silencieuse » au bénéfice des droites nationales, libertariennes et/ou conservatrices libérales

La révolution silencieuse du matérialisme ou l’origine du réalignement politique


À la fin des années 1970, Ronald Inglehart, dans un ouvrage, The Silent Revolution: Changing Values and Political Styles among Western Publics (Princeton, NJ : Princeton University Press, 1977), avait montré que la transformation des clivages socio-politiques, socio-économiques et socio-culturels au sein des sociétés occidentales engendrait un réalignement électoral et politique progressif au détriment des partis dits de « gouvernement » qui les dominaient depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Selon cette analyse, le versant matérialiste dudit clivage reposait sur la centralité de la croissance économique, l’importance du travail dans le développement personnel, l’attachement à l’identité et à la culture nationale comme socle de la cohésion sociale, ainsi que sur la volonté de préserver un ordre politique et social clairement établi à partir de l’héritage du judéo-christianisme.

L’autre versant était constitué par le post-matérialisme, caractérisé par une valorisation accrue des libertés individuelles, parfois dans leurs formes les plus radicales et libertaires culturellement, une attention prioritaire portée à l’environnement et à la soutenabilité des modèles de développement, y compris à travers des formes de modération ou de décroissance économique, ainsi qu’une conception de la démocratie moins strictement adossée à une lecture juridico-constitutionnelle et à la démocratie représentative. Dans le versant post-matérialiste, la démocratie ne serait plus uniquement fondée sur des procédures et des normes, mais sur une pratique quotidienne, participative et délibérative, marquée également par le traitement égal de toutes les revendications individuelles et/ou communautaires, au nom d’un relativisme culturel et politique assumé. Le versant post-matérialisme pouvait conduire aussi les individus qui s’y reconnaissaient à accepter plus facilement les nouvelles de prise de décision politique dans une optique de gouvernance plus globale. 

L’articulation de ces valeurs matérialistes et post-matérialistes, et leurs oppositions, a entraîné l’apparition de nouvelles formations politiques, soit sur l’axe gauche-droite (mouvements radicaux, écologistes, libertaires, souverainistes et/ou identitaires, soit à l’intérieur même des structures partisanes traditionnelles de gouvernement, à l’exemple du Parti républicain et du Parti démocrate aux États-Unis. La nouvelle articulation a ainsi contribué à une fragmentation sans cesse croissante des systèmes politiques, le plus souvent au détriment des partis héritiers de la démocratie chrétienne, du centre libéral de gauche, de la social-démocratie ou encore du centre-droit libéral, économique et fédéraliste, selon des configurations politiques distinctes aux Amériques et en Europe.

Plus particulièrement, l’émergence, le renforcement et l’enracinement électoral de partis relevant des droites conservatrices libérales, nationales, libérales-nationales ou dites populistes- selon des qualificatifs tantôt laudatifs, tantôt péjoratifs, en fonction de la position occupée dans le champ académique et/ou politique illustrent aujourd’hui l’un des versants majeurs de cette recomposition selon nous. Ils donnent à voir la persistance, voire le retour en force, du référentiel matérialiste au sein des sociétés occidentales contemporaines, articulé autour des enjeux de sécurité économique, de stabilité sociale, d’identité nationale, de contrôle de l’immigration et de performance de l’action publique, sans oublier une profonde redéfinition des pratiques et des conceptions de la démocratie, sans y renoncer, bien au contraire. Le Gouvernement représentatif est leur régime politique préférentiel a contrario des mouvements post-matérialistes qui soutiendraient plus facilement le régime de la Gouvernance. 

Les trois conceptions de la démocratie et la révolution silencieuse

La théorie des clivages ne saurait faire l’économie d’une analyse de la nature, des conceptions et de la pratique de la démocratie.

La première est celle de la démocratie procédurale, telle qu’analysée notamment par C. B. Macpherson (Democratic theory: Essays in retrieval. Oxford, UK : Clarendon Press, 1973) Cette forme de démocratie est commune à l’ensemble des régimes démocratiques contemporains et repose sur le primat du droit : une démocratie par le droit et dans le droit. C’est cette conception que promeut, par exemple, la Commission de Venise du Conseil de l’Europe, pour laquelle seul le respect du cadre juridique permet de garantir la démocratie. Dans cette perspective, les institutions de l’État, les partis politiques, les organisations non gouvernementales ou encore les syndicats ont pour fonction première de garantir, d’encadrer et de promouvoir l’exercice des droits qu’il s’agisse des droits politiques individuels, des droits collectifs, des droits électoraux, constitutionnels ou parlementaires.

Or, l’idée selon laquelle la démocratie pourrait se réduire à une technique juridique apparaît de moins en moins suffisante aux yeux des sociétés européennes et latino-américaines. Sans être remise en cause dans ses fondements, cette conception procédurale ne parvient plus, à elle seule, à répondre aux attentes sociales contemporaines, notamment en matière de participation, de reconnaissance et de performance de l’action publique.

La deuxième forme est celle de la démocratie normative, remarquablement analysée par José Woehrling (Les constitutions et la protection des droits fondamentaux, Montréal, Éditions Thémis, 1998). Toutes les démocraties libérales reposent sur des corpus normatifs (traités internationaux, déclarations de droits et constitutions) qui se réfèrent, explicitement ou implicitement, au modèle démocrate-libéral issu de la Révolution française et de la Révolution américaine. Ce modèle est garanti par les cours constitutionnelles ou les cours suprêmes et s’appuie sur une conception exigeante des droits fondamentaux, des libertés individuelles et de l’État de droit.

Toutefois, cette démocratie normative ne saurait être idéalisée. Elle est également une démocratie de la compétition normative, au sein de laquelle différents acteurs politiques, sociaux et institutionnels cherchent à imposer leur propre hiérarchie de valeurs et leur interprétation légitime des droits. Une part significative de la crise politique que traverse l’Europe s’explique par ce décalage : bien que fortement attachées à la Convention européenne des droits de l’homme ou à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, de nombreuses sociétés européennes considèrent désormais que d’autres systèmes de valeurs doivent également être pris en compte afin de garantir la cohésion sociale, la paix civile et l’identité collective.

Les votes en faveur des formations de droite nationale et, dans d’autres configurations, de la gauche radicale, selon des logiques d’appropriation et de revendication distinctes,  illustrent ce déplacement des contours de la démocratie normative, en contestant la prétention exclusive des cadres constitutionnels existants à définir les valeurs légitimes de la vie démocratique.

Enfin, une troisième forme de démocratie s’impose avec une force croissante : la démocratie rédemptrice, conceptualisée par Margaret Canovan (The People, 2005). Celle-ci repose sur l’idée d’un peuple conçu comme une entité morale et homogène d’un point de vue socio-culturel, animé par le désir de participer pleinement, directement et continuellement à la vie politique. L’état de la Loi doit être l’état de la société. Elle s’exprime à travers les pétitions, les manifestations, les dispositifs de démocratie participative et délibérative, les référendums, les initiatives populaires, mais aussi par des mécanismes de contrôle permanent des élus, tels que le recall, pratiqué notamment dans certains États des États-Unis et qui figurent notamment à la fois dans les programmes de certains partis politiques de la droite nationale comme celui de Javier Milei ou de Jean-Luc Mélenchon.  Cette exigence de démocratie rédemptrice est d’autant plus puissante que les technologies de l’information et de la participation facilitent sa mobilisation et son amplification. Elle nourrit une attente accrue de proximité, de contrôle et de correction immédiate du pouvoir politique, souvent en tension avec les temporalités longues et les médiations institutionnelles propres à la démocratie représentative.

Ces trois formes de démocratie procédurale, normative et rédemptrice coexistent et s’entrecroisent, tout en portant des regards différenciés sur l’état de la démocratie représentative. Or, cette dernière, fondée sur l’élection, la délégation, l’autonomie de la loi et la responsabilité politique, apparaît aujourd’hui fragilisée. Il ne s’agit pas ici de rappeler une nouvelle fois les limites de l’offre politique ni de les réduire à leur lien avec l’abstention. Il convient, au contraire, de souligner que l’ensemble des démocraties européennes et américaines est confronté à un passage progressif du gouvernement à la gouvernance.

Ce déplacement s’accompagne d’une dilution des responsabilités politiques et d’une multiplication des niveaux de décision, qui contribuent à l’affaiblissement relatif du gouvernement représentatif, sans qu’aucune des autres formes de démocratie ne soit, à ce stade, en mesure de s’y substituer pleinement dans le cadre de la gouvernance contemporaine. Celle-ci peut être définie, comme nous l’avions proposé en 2013, comme un ensemble d’institutions et d’acteurs concourant à la définition et à l’énonciation du politique, sans que l’action de ces composantes soit entièrement redevable du principe de légitimation démocratique.

En d’autres termes, la gouvernance renvoie à une situation d’interdépendance entre les pouvoirs des institutions publiques engagées dans l’action collective, tout en intégrant des réseaux d’acteurs privés. Elle repose sur l’idée qu’il est possible d’agir politiquement sans s’en remettre exclusivement à l’autorité de l’État démocratique ou d’un gouvernement souverain. Pour autant, la gouvernance ne saurait être assimilée à une privatisation de l’activité politique. Elle correspond plutôt à une logique de concurrence et de complémentarité dans la définition et la mise en œuvre de l’action publique entre institutions publiques et organisations privées.

Cette concurrence peut également s’exercer entre les institutions publiques elles-mêmes, en particulier à différents niveaux de gouvernement national, régional et local. La gouvernance apparaît ainsi comme une alternative partielle aux modes traditionnels de régulation politique et économique fondés sur l’État-nation et l’État-providence. Toutefois, loin de neutraliser les tensions démocratiques, elle tend à exacerber les clivages relatifs à la responsabilité politique, à la légitimité de l’action publique et aux modalités de représentation, en reconfigurant en profondeur les cadres classiques du gouvernement démocratique (Poirier & de Moulins-Beaufort, 2013).

Portugal : un exemple de redéfinition des clivages pour l’état du Politique en Europe

Le premier tour de l’élection présidentielle au Portugal, en date du 18 janvier 2026, illustre, une nouvelle fois, la transformation profonde des valeurs, des comportements électoraux et des rapports à la politique dans l’ensemble des sociétés et démocraties dites occidentales. Plusieurs enseignements peuvent être retenus.

Un premier enseignement majeur tient au niveau particulièrement élevé de l’abstention. Moins de 53 % des électeurs portugais se sont déplacés. Ce phénomène, désormais récurrent lors des scrutins présidentiels et législatifs, est révélateur d’un rapport distancié, parfois désenchanté, à la représentation politique classique et à ses formes institutionnelles établies. L’offre politique, pourtant renouvelée par une nouvelle articulation des gauches radicales, principalement autour du Bloc de gauche, par l’émergence d’un nouveau centre fédéraliste et libéral européen (l’Initiative libérale)  et par la refondation des identités politiques des deux partis qui se sont alternés au pouvoir depuis la Révolution des Œillets de 1974, le Parti socialiste et le Parti social-démocrate (ce dernier est membre du Parti populaire européen de centre droit), transformés en catch-all party, ne suffit pas à mobiliser durablement les citoyens.

Deuxièmement, la progression du mouvement de la droite nationale, Chega, dont le fondateur et candidat aux présidentielles, André Ventura, lui-même issu du centre-droit, est arrivé en deuxième position au niveau national avec 23,5 % des suffrages exprimés, et même en tête dans certains districts comme Faro, traduit l’existence d’une contestation durable, quoique partielle, des cadres politiques dominants. Cette contestation ne vise pas seulement les équilibres internes du système politique portugais ; elle s’inscrit également dans une critique plus large du fonctionnement de l’Union européenne et des formes contemporaines de gouvernance. La souveraineté de la loi du Parlement portugais, sans partage, y est réaffirmée face à un système de décision à niveaux multiples caractérisant le régime politique de l’Union européenne.

Troisièmement, ce scrutin met en lumière la fragmentation croissante du centre-droit. Celui-ci apparaît désormais partagé entre, d’une part, un centre-droit traditionnel associant conservateurs, démocrates-chrétiens et diverses sensibilités internes au Parti social-démocrate et, d’autre part, des courants libéraux de nouvelle génération, porteurs d’un rapport renouvelé à l’économie, à l’État et aux libertés individuelles, parfois dans des formes plus radicales, comme l’Initiative libérale. Une partie des citoyens est ainsi habitée par une double dynamique, en apparence contradictoire. D’un côté, s’exprime une revendication croissante- parfois une radicalisation- de l’individualisme libéral, fondée sur l’autonomie personnelle, la liberté de choix et la défiance à l’égard des contraintes institutionnelles traditionnelles. De l’autre, se manifeste la volonté de dépasser le cadre de l’État-nation afin de construire de nouvelles structures politiques et décisionnelles décentralisées, à l’image de l’Union européenne, notamment dans l’élaboration de la gouvernance économique.

L’Europe centrale et orientale en 2025 ou le triomphe du versant matérialiste et souverainiste

En République tchèque, les élections législatives de novembre 2025 ont confirmé la position dominante du mouvement ANO, dirigé par Andrej Babiš, un entrepreneur qui a remporté 81 sièges sur 200 à la Chambre des députés. Au Parlement européen, le mouvement appartient au groupe Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella (Rassemblement national).

Les partenaires d’ANO sont également issus de la droite nationale. Le Parti de la liberté et de la démocratie directe (SPD), dirigé par Tomio Okamura, a enregistré un léger recul électoral, tout en conservant 13 sièges. Ancien allié du RN au Parlement européen, le SPD appartient désormais au groupe Europe des souverainetés, aux côtés notamment de l’AfD allemande et de Reconquête en France. À ces forces s’ajoute le mouvement Motoristé sobě (« Les automobilistes pour eux-mêmes »), formation issue des mobilisations contre les taxes écologiques et la hausse des prix de l’énergie, qui dispose de 12 sièges, ainsi que de députés indépendants ou dissidents issus du Parti civique démocrate (ODS), membre du groupe ECR au Parlement européen et allié de Giorgia Meloni. Le contrat de coalition est clairement la volonté de restaurer la souveraineté législative et budgétaire de la République tchèque et la volonté de se distancer de toute forme du versant post-matérialiste particulièrement la transition énergitique prévue dans le Green Deal adopté lors de la première Commission européenne d’Usrsula Von der Leyen. 

En Pologne, l’élection présidentielle de mai 2025 a été marquée par une polarisation accrue et renouvelée. Karol Nawrocki, candidat conservateur soutenu par le parti Droit et Justice (PiS), membre par ailleurs du groupe ECR au Parlement européen, l’a emporté de justesse au second tour avec environ 50,9 % des voix face au maire libéral de Varsovie, Rafał Trzaskowski. Ce scrutin a mis en évidence la persistance d’un clivage profond entre une conception essentiellement procédurale et libérale de la démocratie et une vision plus majoritaire et rédemptrice, fondée sur l’affirmation directe de la souveraineté populaire et nationale polonaise dans la fabrication de la Loi.

En Roumanie, les élections présidentielles des 4 et 18 mai 2025 se sont déroulées dans un contexte institutionnel exceptionnel. Nicușor Dan a remporté l’élection face à George Simion, candidat de la droite nationale, dont le parti est également membre du groupe ECR de Mme Meloni et se montre particulièrement critique à de la gouvernance économique européenne et de l’agenda réel ou supposé libertarien de celle-ci. Si la victoire de Dan a confirmé la capacité du bloc libéral, européen et écologiste  à s’imposer électoralement, elle révèle néanmoins l’existence d’une base électorale significative pour des discours relevant de la démocratie rédemptrice et du versant matérialiste des valeurs. 

Ces élections succédaient par ailleurs à une intervention sans précédent et controversée de la Cour constitutionnelle roumaine. Le 6 décembre 2024, celle-ci avait annulé les résultats du premier tour du scrutin présidentiel du 24 novembre, à la veille du second tour. La Cour avait fondé sa décision sur plusieurs éléments : l’usage de technologies numériques non transparentes, le recours à des outils d’intelligence artificielle dans la campagne électorale, des violations présumées des règles de financement de campagne du candidat arrivé en tête, ainsi que des informations déclassifiées faisant état d’opérations de désinformation et de cyberattaques attribuées à des acteurs étrangers, notamment russes. Cette intervention exceptionnelle a profondément affecté la confiance dans les institutions démocratiques, suscitant des protestations et une polarisation accrue du débat public, tout en ravivant des controverses théoriques sur le rôle des juridictions constitutionnelles entre souveraineté populaire et protection de l’intégrité électorale face aux menaces hybrides contemporaines.

Une recomposition qui dépasse l’espace européen : l’Amérique latine (2024–2025)

Entre 2023 et 2025, plusieurs élections majeures se sont tenues en Amérique latine, confirmant que les dynamiques observées en Europe s’inscrivent dans une évolution plus globale, touchant des sociétés aux trajectoires démocratiques distinctes mais confrontées à des tensions comparables entre matérialisme, légitimité, représentation et gouvernance.

En Bolivie, les élections générales du 17 août et du 19 octobre 2025, ont constitué un tournant historique. Elles ont mis fin à près de vingt ans de domination du Mouvement vers le socialisme associé à l’héritage politique et économique d’Evo Morales qui avait prétendu concilier les deux versants du clivage économique et culturel identifiés par R. Inglehart. Paz Pereira, sénateur centriste du Parti démocrate-chrétien, l’a emporté devant l’ancien président Jorge Quiroga, candidat libéral national prônant l’ouverture mesurée de l’économie bolivienne alors que le vainqueur privilégiait lui aussi la croissance économique mais le cadre d’une gouvernance économique renouvelée du Mercosur. 

En Argentine, les élections législatives du 26 octobre 2025 ont consacré la domination parlementaire du parti du président Javier Milei, La Libertad Avanza, qui a remporté une majorité significative de sièges tant à la Chambre des députés qu’au Sénat. Ce résultat a consolidé la position de l’exécutif, malgré de fortes critiques et une abstention notable, et a confirmé l’effondrement relatif des équilibres partisans traditionnels entre conservateurs sociaux et péronistes.

Le gouvernement de Javier Milei se caractérise à la fois par la mise en œuvre d’une politique économique explicitement inspirée de la théorie de l’école autrichienne (notamment des travaux de Ludwig von Mises et de Friedrich von Hayek) et par la volonté affirmée de restaurer une pleine souveraineté fiscale, en se dégageant de la tutelle des organismes de gouvernance économique mondiale tels que le Fonds monétaire international. Cette orientation s’accompagne également d’une réaffirmation de la souveraineté territoriale, notamment sur la question des Malouines, inscrite dans une logique plus large de souveraineté continentale visant à limiter les formes de dépendance économique, en particulier face à l’influence croissante de la Chine dans les Amériques.

Enfin, au Chili, les élections présidentielles des 16 novembre (premier tour) et 14 décembre 2025 (second tour) ont marqué un tournant majeur. José Antonio Kast, candidat de l’ensemble des droites, a remporté l’élection présidentielle en battant Jeannette Jara, candidate communiste soutenue par les gauches, au second tour. Cette victoire constitue l’une des avancées les plus nettes d’une droite à la fois socialement très conservatrice et économiquement libertarienne dans l’histoire démocratique chilienne depuis la fin du régime d’Augusto Pinochet. Elle est intervenue après les échecs retentissants des réformes constitutionnelles portées par des conventions citoyennes inscrites dans une logique délibérative et participative en 2021 et 2022, caractéristiques d’un projet post-matérialiste impulsé par le président sortant de gauche libertaire et socialiste, Gabriel Boric.

Synthèse

L’analyse des élections de 2025 et 2026 en Europe et aux Amériques sont autant révélatrices de fragmentations internes des systèmes politiques que de la diversification des pratiques et des conceptions démocratiques. Des clivages socio-économiques et socio-culturels traversent l’ensemble des sociétés démo-libérales quels que soient leur niveau de développement économique, leur ancienneté démocratique ou la path dependency de leurs régimes politiques. Les situations de la Bolivie, de l’Argentine ou du Chili diffèrent profondément de celles du Portugal, de la Pologne ou de la Roumanie en termes de structures productives, d’emploi, de diversification économique ou d’intégration dans les secteurs liés à la quatrième révolution industrielle. Pourtant, toutes ces sociétés partagent une préoccupation commune : le retour au versant matérialiste, entendu comme exigence de sécurité économique, de souveraineté de la Loi du Parlement de reconnaissance de leurs identités particulières alors même de l’emportement technologique et global. 

Surtout, on ne saurait, en effet, bâtir une démocratie durable sans que les besoins matériels fondamentaux soient assurés. Une partie des élites – ou, plus exactement, de groupes sociaux se percevant comme tels gagnées au post-matérialisme a longtemps négligé cet agenda fondamental en politique. Or, comme l’a montré Karl Polanyi dans The Great Transformation (The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time (2nd ed.). Boston, MA: Beacon Press, 2021 (édition originale en1944), les transformations économiques profondes entraînent toujours des réactions sociales et politiques, sous la forme de contre-mouvements. De nouvelles formations politiques, notamment à droite, mais pas exclusivement, s’emparent alors du pouvoir, à l’instar de ce que furent, en leur temps, les partis socialistes et sociaux-démocrates lors de la révolution industrielle, puis au moment de l’apparition de la société de consommation de masse après 1945. Dans la politique moderne, l’oïkos s’inscrit dans la politéia, et, il ne faut pas l’oublier.

Philippe Poirier, 

professeur de sciences politique, titulaire de la Chaire de recherche en études parlementaires, Université du Luxembourg

Chaire de recherche en études parlementaires Université du Luxembourg
APF | L'Assemblée parlementaire de la Francophonie Inter-Parliamentary Union Chambre des Députés European Parliament ParlAmericas Conseil de l'Europe

https://nouvellerevuepolitique.fr/philippe-poirier-des-democraties-aux-amerique-et-en-europe-la-nouvelle-revolution-silencieuse-au-benefice-des-droites-nationales-libertariennes-et-ou-conservatrices-l/

 


 

janvier 28, 2026

L'adhésion de Trump à l'idéologie économique de gauche, une erreur politique, dangereuse...!

L’adhésion de Trump à l’idéologie économique de gauche anéantira l’héritage qu’il s’efforce désespérément de construire. 
 
Durant son second mandat, Trump est manifestement déterminé à bâtir son héritage. 
 
 Il fait construire une immense salle de bal à la Maison-Blanche afin d’y laisser son empreinte. De même, il a rebaptisé le Kennedy Center à son nom. Le président convoitait également le prix Nobel de la paix l’an dernier et a piqué une crise lorsqu’il ne l’a pas obtenu, allant jusqu’à inciter la lauréate à lui « céder » le prix dans l’espoir de le convaincre d’opérer un changement de régime au Venezuela en son nom. 
 
 
 
Et, comme je l’ai évoqué la semaine dernière, il a déclenché ce qui est rapidement devenu une crise internationale au sujet du Groenland, avant de faire volte-face et de présenter un « accord » sans aucun changement significatif par rapport au statu quo comme si les États-Unis obtenaient une souveraineté partielle sur ce territoire arctique. 
 
 
Même les experts les plus bellicistes en matière de politique étrangère admettent qu'il est inutile de modifier le dispositif de sécurité américain au Groenland. Ses ressources en matières premières n'ont rien d'exceptionnel. Les entreprises proches du pouvoir n'y trouveront même pas de profits considérables. Il s'agit purement d'une question d'ego pour Trump, et cela coûtera cher aux contribuables.
 
Dans cet épisode de Power and Market, Ryan, Connor et Tho analysent les principaux titres de Davos, notamment le discours de Mark Carney dénonçant le mensonge d’un « ordre international fondé sur des règles », la réaction européenne aux projets de Trump pour le Groenland et les répercussions politiques des deux côtés de l’Atlantique.
 
 
Rien de tout cela n’aura de réelle importance pour quiconque, sauf pour Trump, une fois qu’il aura quitté ses fonctions. Mais cela nous éclaire sur son état d’esprit à l’approche de la fin de son mandat présidentiel. 
 
Et cet état d'esprit n'est pas forcément négatif en soi. Pour laisser une trace positive, un président doit penser aux conséquences de ses politiques sur plusieurs décennies. Très peu d'hommes politiques le font, à notre grand détriment. 
 
 Le problème n'est pas que Trump se soucie de laisser une trace, mais que sa tentative en la matière a consisté en un mélange d'interventions étrangères extrêmement risquées et de projets nationaux pharaoniques et dénués de sens, dont aucun n'offre de réels avantages durables au peuple américain. 
 
Et, malgré les efforts du président, son héritage semble se définir par son absence de progrès en matière d'accessibilité financière. De nouveaux sondages publiés en début de semaine ont confirmé que les électeurs sont toujours très mécontents du coût de la vie et sont pessimistes quant à une amélioration prochaine de la situation. 
 
 
 Comme je l'expliquais il y a quelques mois, les causes et les solutions de la soi-disant crise du coût de la vie ne sont pas un mystère. Pour résoudre véritablement ce problème, le système monétaire inflationniste qui détruit délibérément la valeur de notre monnaie doit être aboli et remplacé par une forme de monnaie saine, déterminée par le marché. Il est impératif d'abroger la myriade de lois et de réglementations qui limitent artificiellement l'offre dans des secteurs essentiels comme le logement et la santé, ainsi que les nombreuses subventions à la demande qui gonflent les prix et se sont accumulées suite aux pénuries artificielles. 
 
L'administration Trump n'a manifesté aucun intérêt réel pour ces solutions, ce qui est déjà regrettable. Pire encore, Trump met en œuvre des politiques qui, du point de vue de l'accessibilité financière, sont pires que l'inaction. 
 
Depuis le début de son mandat, Trump a fait pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle accélère la politique monétaire inflationniste, principale responsable de la crise. Il a également augmenté les taxes sur les biens que les consommateurs et les entreprises américains achètent à l'étranger. À présent, à l'approche des élections de mi-mandat, alors que les stratèges républicains pressent le président d'agir pour améliorer l'accessibilité financière, Trump se serait tourné vers la gauche pour trouver des idées. 
 

Après un discours d'Elizabeth Warren sur la politique économique, Trump l'a appelée pour discuter d'une collaboration en vue de plafonner les prix des cartes de crédit – une mesure que l'aile progressiste du Parti démocrate réclame depuis des années. 
 Trump utilise également le contrôle des prix pour tenter de faire baisser le prix de certains médicaments et a déclaré vouloir interdire aux investisseurs institutionnels d'acheter et de louer des maisons individuelles.
 
 
Cette interdiction d'achat de logements par les institutions est une mesure de gauche qui a récemment gagné en popularité à droite. Et, bien que la volonté de s'attaquer aux géants de la finance qui profitent si manifestement d'un système économique de connivence conçu pour les favoriser soit compréhensible, l'interdiction d'achat de logements en particulier n'est pas la solution.
 
L'acquisition massive de logements par de grandes firmes comme Blackstone est davantage un symptôme de notre économie fortement financiarisée et de la pénurie artificielle de logements qu'une cause de la crise.
Se focaliser sur le symptôme revient à ignorer les causes profondes. Les maisons louées par ces firmes représentent d'ailleurs moins de 1 % du parc de maisons individuelles du pays. Une interdiction ne résoudra pas la crise du logement, ni même n'aura d'impact significatif. Tout au plus, elle compliquera légèrement la situation des familles qui peuvent se permettre de louer un logement, mais pas d'en acheter un. 
 

Contrôler les prix des médicaments ne fera qu'accentuer les distorsions d'un marché déjà fortement perturbé et, là encore, laissera en place toutes les causes profondes des prix exorbitants des médicaments aux États-Unis. Ce n'est ni une solution réelle ni une solution durable. 
 
Enfin, le plafonnement des taux d'intérêt des cartes de crédit laisse également en place toutes les causes de la crise du logement. Mais surtout, ce contrôle des prix causerait de grandes difficultés aux Américains les plus pauvres et les plus vulnérables économiquement en les privant de leur principale source de crédit, les contraignant soit à s'en passer, soit à recourir à des prêts sur salaire aux taux d'intérêt encore plus élevés. Ce n'est pas un hasard si cette idée a été qualifiée d'absurde lorsque Bernie Sanders et AOC ont tenté de la faire adopter en 2019. 
 
L'adhésion de Trump à l'idéologie économique de gauche n'est pas seulement une erreur politique, elle est dangereuse pour le peuple américain. S'il persiste dans cette voie, en plus de son inflationisme et de ses hausses de taxes à l'importation, la beauté de sa nouvelle salle de bal n'aura aucune importance. Il restera dans les mémoires comme le président qui a répondu à l'appel à l'aide du peuple par une négligence cruelle et une aggravation délibérée de la situation.
 
 

(@ConnorMOKeeffe) produit des contenus multimédias au Mises Institute. Il est titulaire d’une maîtrise en économie 

 

janvier 27, 2026

Le rejet des motions : un spectacle de démocratie bafouée

La trahison des « élites » : quand les intérêts personnels écrasent la volonté nationale 

Le rejet des motions : un spectacle de démocratie bafouée

Dans un hémicycle qui ressemble de plus en plus à un théâtre d’ombres, l’Assemblée nationale a rejeté ce vendredi 23 janvier les deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Avec 269 voix pour la motion de gauche (portée par La France insoumise, les écologistes et les communistes) et seulement 142 pour celle du Rassemblement national et de l’UDR, le seuil des 288 voix nécessaires n’a pas été atteint.

 


 

Ce rejet, loin d’être une victoire pour la démocratie, illustre une fois de plus la déliquescence d’un système où des députés opportunistes – ces « traîne-sabre » des temps modernes – privilégient leurs petits arrangements et leurs carrières au détriment des intérêts de la nation.

Les traîne-sabre : priorité aux intérêts personnels

Ces « traîne-sabre », ces politiciens sans conviction qui suivent le vent du pouvoir, ont sauvé un gouvernement en déroute en refusant de voter la censure. Les Républicains (LR) et les socialistes (PS), en particulier, ont choisi de s’abstenir ou de voter contre, permettant ainsi à Lecornu d’engager un nouveau 49.3 sur la partie « dépenses » du budget 2026. Pourquoi ? Non pas par patriotisme, mais par calcul égoïste. Pour les LR, c’est la peur de nouvelles élections qui pourraient les balayer définitivement ; pour les PS, c’est une alliance tacite avec la macronie qui leur assure des strapontins au pouvoir.

Ces députés voient d’abord leurs intérêts personnels – postes, indemnités, alliances futures – avant ceux de la France.

Ils cautionnent un budget austéritaire qui prévoit 35 milliards d’euros de coupes dans les services publics, les collectivités et les aides sociales, au nom d’un « rétablissement des comptes » qui ne profite qu’aux élites. La nation, elle, est laissée pour compte, avec des hausses d’impôts pour les classes moyennes et une précarité accrue pour les plus vulnérables.

Macron : la source inébranlable du problème

Au cœur de ce chaos se trouve Emmanuel Macron, qui refuse obstinément de démissionner malgré le fait qu’il soit la source première du problème. Élu en 2017 sur des promesses de renouveau, il a transformé la Ve République en une monarchie absolue où le Parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement. Depuis les législatives de 2024, qui ont laissé une Assemblée sans majorité claire, Macron s’accroche au pouvoir comme à un trône, nommant Lecornu comme un simple fusible pour absorber les coups. Pourquoi ne pas dissoudre l’Assemblée et rendre la parole au peuple ? Parce que cela signerait la fin de son règne. Au lieu de cela, il laisse son gouvernement gouverner par le chantage : le 49.3, cet outil constitutionnel détourné en arme anti-démocratique, est brandi comme une menace permanente. Lecornu lui-même a admis son « regret » de l’utiliser, rompant sa promesse d’octobre dernier, mais cela n’empêche pas le recours répété à cette procédure pour forcer un budget impopulaire.

La bassesse des collaborateurs : focus sur les socialistes

Ce chantage ne tient que grâce à la bassesse de députés qui collaborent activement contre les intérêts du peuple. Prenez les socialistes : autrefois défenseurs des travailleurs et des classes populaires, ils n’ont plus rien de « social » en eux. En refusant de voter la censure, ils avalisent un texte qui sabre dans les dépenses sociales, augmente les impôts indirects et prive les collectivités de moyens essentiels. C’est une trahison flagrante de leurs idéaux historiques, une capitulation devant la macronie pour préserver leurs sièges. Mathilde Panot, de LFI, a raison de dénoncer un « budget de malheur » imposé « en force », accusant le gouvernement de mensonges et de coupes sévères. Marine Le Pen, du RN, qualifie quant à elle ces mesures d’ « irresponsables », pointant du doigt les LR pour avoir sauvé un exécutif qu’ils prétendent combattre.

L’hypocrisie idéologique de LFI : priorité à l’idéologie sur le peuple

Une fois de plus, les députés de La France insoumise (LFI) ont refusé de voter la motion de censure déposée par le Rassemblement national (RN), alors que le contraire n’est pas vrai. Selon l’analyse des scrutins officiels, la motion du RN n’a recueilli que 142 voix, provenant essentiellement du RN (122 voix) et de l’Union des droites pour la République (UDR, 16 voix), sans aucun soutien des groupes de gauche comme LFI, les écologistes ou les communistes. En revanche, la motion portée par LFI a obtenu 269 voix, boostée par les 122 voix du RN et les 16 de l’UDR, qui ont choisi de voter pour elle malgré les divergences idéologiques. Cela démontre que le RN met de côté ses différences pour faire chuter un gouvernement impopulaire, au service des intérêts du peuple.

Mais LFI reste prisonnière de son idéologie, refusant toute collaboration avec la droite nationale, même si cela signifie prolonger un budget destructeur pour les Français.

Ils privilégient ainsi leurs dogmes aux besoins concrets de la nation, contribuant à perpétuer le chaos au lieu de l’arrêter.

 

Implications : vers une crise inévitable ?

Cette situation marque la fragilité extrême de la 17e législature, où aucun groupe n’a la majorité absolue. Pourtant, au lieu de résoudre la crise par des élections, Macron et ses alliés prolongent l’agonie, au risque d’une explosion sociale. Les motions de censure à venir, prévues pour le 27 janvier sur la partie « dépenses », seront sans doute rejetées de la même manière, perpétuant ce cirque. Mais le peuple n’est pas dupe : ces « traîne-sabre » et leurs maîtres au pouvoir seront jugés aux urnes, aux municipales ou ailleurs. Il est temps de balayer cette élite déconnectée et de redonner la voix à la nation. La France mérite mieux que ce chantage permanent et ces collaborations honteuses.

https://multipol360.com/la-trahison-des-elites-quand-les-interets-personnels-ecrasent-la-volonte-nationale/

 

janvier 25, 2026

Comment un membre de l'AFD d'Allemagne voit les libertariens comme des "gauchistes" !

Pourquoi les libertariens sont-ils de gauche ?
 
 Ils ne sont pas de gauche parce qu'ils seraient, par exemple, « hyper-individualistes ». Au contraire. Les libertariens sont des moralistes collectivistes, et leur « liberté » n'est qu'un compromis lâche. La gauche représente une morale d'esclave, la droite une morale de maître. 
 
 
La gauche est collectiviste, homogénéisante, unificatrice et donc arbitraire : la tendance à l'horizontalité. La droite est individualiste, discriminatoire et donc créatrice de valeurs : la tendance à la verticalité. 
 
À première vue, les libertariens sont catégorisés comme étant de droite car ils défendent eux aussi un prétendu individualisme. Dans le libertarianisme, « chacun est maître de son destin ». Cependant, ce n'est qu'un masque. En réalité, le libertarianisme repose également sur des principes collectivistes, même s'il ne les affiche pas, contrairement au communisme. 
 
 
C'est la gauche qui collecte, même si elle ne le crie pas sur tous les toits. Le principe de non-agression (PNA) constitue le cœur collectiviste et de gauche du libertarianisme. Ceci le distingue de l'anarchisme, qui peut également être de droite. Le PNA affirme que la violence offensive est inadmissible. Seule la violence défensive est justifiée. Ainsi, si une personne, dans une société libertarienne, veut agresser une autre et lui voler ses biens, l'agresseur est dans l'erreur et le défenseur dans son droit. 
 
 Le libertarianisme adhère donc également au principe libéral : « Ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui », postulant ainsi un idéal d'égalité. Chacun a le même droit à l'intégrité physique, ou « liberté ». Cependant, si tous sont égaux devant la loi, alors ce principe repose sur un idéal collectiviste. 
 
 L'individualisme pur, en revanche, affirme : « Cette personne vaut plus qu'une autre.» Cette conception de la société a été le fondement de tous les systèmes sociaux de droite jusqu'à présent et constitue, aux yeux de la gauche, une faute capitale. C'est également vrai aux yeux des libertariens, qui sont, après tout, de gauche. Tout comme la gauche communiste, ils se réclament de l'idéal d'humanité né de la Révolution française. 
 
                                      Heureusement, la Révolution française a mené à Napoléon.
 
 
 Selon le libertarien auquel on s'adresse, certains affirment que le PNA (Plan d'action national) doit être imposé à la société comme sa valeur suprême (seul moyen de coercition efficace). D'autres prétendent qu'il est inhérent à la nature et que chacun cesserait automatiquement de fréquenter des personnes moralement malfaisantes (les agresseurs) si cela était largement connu. Les premiers sont l'équivalent libertarien des communistes classiques qui réclament une dictature du prolétariat. Les seconds sont l'équivalent des communistes utopistes qui, par exemple, croient que « naître allemand est une question de hasard ». Mais il y a de l'espoir pour les libertariens. Il leur suffit, pour basculer de droite, d'abandonner leur foi en la morale de gauche et de reléguer le PNA aux oubliettes. Alors ils ne seront plus libertariens, mais autocrates : un mode de vie plus digne à tous égards. il n’existe aucune autorité supérieure, surnaturelle, qui interdise ou punisse l’asservissement d’autrui. La gauche, bien sûr, cherche à créer une telle autorité autant que possible, car elle se considère comme faible et perd systématiquement dans une compétition véritablement libre, où la coercition et l’agression sont également permises. Finalement, cependant, elle échouera : si ce n’est à cause de nous, à droite, alors à cause de la nature.  
 
Mais déjà, les premières fissures apparaissent dans leur « consensus d’après-guerre » d’un ennui mortel. Alors, philosophons avec un marteau plutôt qu’avec des concepts juridiques théoriques et artificiels comme le libertarianisme et son principe de non-agression.
 
Homer d'AfD 

 
@blauer_gamer 
Général des armes nucléaires
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