Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif),
"Ce soir j'ai entendu sur tous les plateaux qu'en cas de dissolution "il n'y aurait pas de majorité absolue", ce qui ne "changerait rien".
Cette affirmation me semble semble insuffisante à écarter la dissolution pour plusieurs raisons :
- Ce raisonnement ne prend pas en compte l'affaiblissement très important des Macronistes que le léger renforcement de LR ne compense pas. Il faudrait que les deux s'allient quasi systématiquement dès le 1er tour pour avoir un candidat au second tour (ne se qualifient que les candidats ayant atteint 12,5% des inscrits). Ce n'était pas le cas en 2024.
- Ce raisonnement part du principe que le "front républicain" va fonctionner une fois encore. C'est à dire une politique de désistements mutuels systématiques entre candidats du NFP et candidats du Socle Commun qui cette fois devrait donc, évidemment, intégrer LR (ce que LR n'a jamais systématisé en 2024) ET des électeurs qui obéissent à l'injonction malgré l'évidence du blocage total généré par cette politique depuis 2024. De plus, alors que ce "front" avait avant tout profité à Ensemble en 2024, cette fois-ci, il profiterait beaucoup plus au #NFP, ce qui le rendrait plus difficile à mettre en oeuvre pour #LR.
- Si majorité absolue il n'y avait pas (ce qui est possible) tout indique que la Droite et la Gauche se renforceraient tout de même significativement, principalement au détriment du Centre. En soi, ça pourrait suffire à redéfinir beaucoup de stratégies d'alliances. Le Centre n'aurait sans doute plus les moyens de gouverner, ce qui accélérerait sa cassure en deux. Cet affaiblissement du socle commun serait bénéfique aux institutions, en rétablissant le clivage gauche/droite sans lequel celles-ci ne fonctionnent pas. La 5R ne prévoit pas la tripolarisation.
En conclusion, non, la dissolution ne changerait pas rien. Elle serait un pas de plus vers le retour à la normale. Ceux qui s'opposent à la dissolution pour cette raison sont précisément ceux qui veulent continuer à bloquer le pays pour conserver leurs postes."
« Si la digue saute, le gros avalera le petit. Et le petit c'est nous. »
Les LR bloquent le pays en portant la Macronie à bout de bras juste parce que quelques cadres ont décidé qu'ils ne pouvaient pas perdre leur place au premier rang
Guillaume KIEFER
"Le président de la République, notamment par sa décision absurde de dissoudre l’Assemblée Nationale en juin 2024, est le premier responsable du blocage politique du pays. Il apparaît impossible, compte tenu de l’urgence financière, économique, sécuritaire, migratoire, éducative de la France de laisser la situation s’enkyster.
De Gaulle avait su prendre ses responsabilités, respecter les institutions et la voix populaire. Au président actuel de prendre acte de la réalité et d’en tirer les conclusions, avec sens de l’Etat et des responsabilités.
Les Français veulent une dissolution de l'Assemblée Nationale. Ils sont 61% à la souhaiter (+11 points par rapport à juillet).
Quelle est l’autre sortie possible du blocage ?
Quel est l’autre moyen de remettre la France sur les rails du XXIème siècle ?
Il est plus que temps de régénérer notre démocratie, de remettre les choses dans l’ordre. De choisir un président de la république puis un parlement, de changer de dirigeants et de politique, de refuser les arrangements qui prolongent cet échec, d’#enfinir avec la caste. De mener le projet méthodique et radical élaboré par @Nouv_Energiede redressement national par la réforme de l’Etat, de prospérité par la liberté, de sécurité par l’autorité pour l’ordre juste, d’instruction qualitative par une école libérée de l’égalitarisme et de l’idéologie wokiste. L’Etat providence ne peut plus être financé, il est derrière nous : vivement l’Etat performance, vivement @Nouv_Energie "
Dans le jeu incessant des chaises musicales à Matignon, où
les Premiers ministres se succèdent comme des pions éphémères sans
jamais stabiliser le pouvoir, la chute de François Bayrou n’est que le
dernier tour de piste d’une Ve République à bout de souffle et de partis
politiques dévorés par leur propre appétit pour le pouvoir.
La chute du gouvernement de François Bayrou, survenue ce 8 septembre
2025 après un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale (194 voix
pour, 364 contre), marque un tournant historique dans la Ve République.
Nommé Premier ministre il y a seulement neuf mois, François Bayrou a été
renversé dans un contexte de fragmentation parlementaire inédit,
illustrant l’instabilité chronique du système politique français. Cet
événement, le premier du genre où un vote de confiance sollicité par un
Premier ministre aboutit à sa chute, n’est pas un aboutissement isolé
mais le symptôme d’une accélération des crises : dissolution en 2024,
motion de censure en décembre 2024 (la première depuis 1962), et
désormais cinq Premiers ministres en moins de trois ans. Au-delà de
cette instabilité, cet épisode révèle l’obsolescence potentielle de la
Ve République et l’appétit insatiable des partis politiques, qui
semblent avoir déserté leur rôle de représentation du peuple au profit
de calculs électoraux et d’intérêts personnels.
Les scénarios possibles après la chute
Emmanuel Macron, confronté à une Assemblée divisée en trois blocs
(Nouveau Front Populaire, coalition présidentielle et Rassemblement
National), doit nommer un nouveau Premier ministre rapidement pour
éviter un vide institutionnel. Des noms circulent déjà dans les médias :
Sébastien Lecornu (ministre des Armées, proche de Brigitte Macron),
Catherine Vautrin, Éric Lombard, ou même des figures comme Manuel Valls,
Jean Castex ou Xavier Bertrand. Cependant, quel que soit le choix, il s’agira probablement d’un « tripatouillage politicien »
sans révolution majeure, car le nouveau gouvernement devra affronter le
débat budgétaire imminent pour 2026 (projet de loi de finances et de
financement de la sécurité sociale – PLFSS).
Si un blocage budgétaire survient, plusieurs scénarios émergent :
– Mise sous tutelle européenne : En cas de crise
financière, la France pourrait se tourner vers la Banque centrale
européenne (BCE) et le Mécanisme européen de stabilité (MES),
impliquant un plan de réformes imposé par la Commission européenne et
les autres États de la zone euro, comme pour la Grèce en 2012. Cela signifierait une grave perte de souveraineté économique, avec une intervention possible du FMI en complément.
– Activation de l’article 16 : Macron pourrait
invoquer les pleins pouvoirs en cas de « situation grave », sans besoin
d’approbation préalable du Parlement ou du Conseil constitutionnel
(contrôle seulement après un mois). Ce scénario, théoriquement réservé aux crises exceptionnelles, pourrait être justifié par le chaos budgétaire ou des troubles sociaux.
– Dissolution de l’Assemblée : Réclamée par le RN,
elle pourrait mener à de nouvelles élections législatives. Cependant, le
RN, avec environ 140 députés (alliés inclus), vise une majorité absolue
(289 sièges) pour gouverner, un objectif ambitieux vu les sondages en
baisse. Une nouvelle Assemblée similaire à l’actuelle pourrait justifier
un recours à l’article 16, arguant d’une ingouvernabilité persistante. Dans ce cas, les souverainistes appellent à des candidatures unies pour éviter la dispersion.
– Destitution de Macron (article 68) : Une motion de
destitution, déposée par La France Insoumise le 23 septembre, pourrait
être votée par le Parlement. Des pétitions circulent pour presser les
députés, y compris ceux du RN, qui ont annoncé ne pas la soutenir « par respect pour l’institution présidentielle » – une position contestée, car Macron est accusé de la salir.
– Événements inattendus : Un nouveau virus, une
escalade en Ukraine, ou une crise financière (comme une dégradation de
la note de crédit par Fitch le 12 septembre) pourraient rebattre les
cartes, potentiellement menant à l’article 16 ou à une démission forcée de Macron, malgré ses déclarations contraires.
Ces scénarios soulignent une fenêtre d’opportunité pour une contestation accrue, avec des manifestations prévues le 10 septembre et une grève intersyndicale le 18, amplifiant la pression populaire.
L’obsolescence de la Ve république : un système à bout de souffle
La Ve République, conçue en 1958 pour assurer stabilité et autorité
exécutive, semble aujourd’hui épuisée par une série de records
historiques : impopularité massive du président et du Premier ministre,abstention record
(52 % en 2022), et une instabilité parlementaire sans précédent depuis
les élections de 2022 et 2024. Les outils constitutionnels, comme les
motions de censure ou la destitution, sont sous-utilisés ou inefficaces,
souvent bloqués par des calculs partisans plutôt que par un engagement pour le bien commun.
Par exemple, des motions contre des réformes controversées (retraites
en 2023) ont échoué faute d’union, illustrant comment le système
favorise l’exécutif au détriment d’un contrôle parlementaire réel,
notamment par l’utilisation abusive de l’article 49.3, employé à 28 reprises sous les deux quinquennats (1 + 27) d’Emmanuel Macron – un record sous la Ve République.
Cette obsolescence est exacerbée par la soumission à l’Union
européenne, qui vide la souveraineté nationale via des traités imposés
sans véritable débat. Le Conseil constitutionnel, perçu comme
complaisant envers le pouvoir, valide des lois sécuritaires ou des
réformes idéologiques (comme l’inscription de l’IVG en 2024),
transformant la Constitution en outil de diversion plutôt qu’en cadre
protecteur. Face à cela, des voix appellent à une VIe République,
avec des mécanismes comme le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC), la
révocation des élus, ou des ateliers constituants citoyens pour réécrire les règles et restaurer la démocratie directe (voir ici et ici).
L’appétit sans fin des partis politiques : obsolètes et déconnectés
Les partis politiques, autrefois piliers
de la démocratie, apparaissent aujourd’hui obsolètes, mus par un
appétit insatiable pour le pouvoir qui les rend inaptes à leur mission.
Fragmentés et déconnectés du peuple, ils privilégient les postures
médiatiques et les alliances opportunistes aux actions concrètes. Le
RN, autrefois antisystème, s’est normalisé : pro-européen, pro-OTAN, et
désormais modéré sur l’immigration, il refuse de soutenir la
destitution de Macron et peut même s’abstenir sur une motion de censure,
sous prétexte de « responsabilité ». Le PS (1,75 % à la dernière
présidentielle), craignant une dissolution qui lui coûterait des sièges
avant les municipales de mars 2026, pourrait s’allier tacitement à
Macron. Les Républicains sont perçus comme « vendus » à la macronie,
tandis que LFI, bien qu’active dans l’opposition, manque de projet
unifié avec une vision davantage idéologique que politique porté par la
violence de ses affidés.
Cette déconnexion est amplifiée par une professionnalisation de la
politique : élus issus de cercles élitistes, scandales récurrents, et un
rejet populaire massif (68 % de votes protestataires en 2022). Les
élections deviennent un « piège à cons« , légitimant un système où les partis exploitent les failles constitutionnelles sans représenter les aspirations populaires, comme la sortie de l’euro ou de l’UE (Frexit). Au
lieu de cela, ils perpétuent un cycle de promesses vides, alimentant
l’abstention et les mouvements protestataires (Gilets jaunes, paysans).
Vers une réforme ou une implosion ?
La chute de Bayrou n’est que le début d’une séquence historique
accélérée, où l’instabilité pourrait mener à une crise financière ou
institutionnelle majeure. Pour éviter l’implosion, il faut presser pour
des réformes profondes : destitution, RIC, ou une nouvelle République. Les
souverainistes appellent à une mobilisation massive – pétitions,
manifestations, et rassemblements pour forcer les partis à redevenir des
outils au service du peuple, plutôt que des machines à pouvoir
obsolètes. Sans cela, la Ve République risque de s’effondrer sous le
poids de ses propres contradictions, laissant la France face à un
avenir incertain.
Sébastien Lecornu, l’homme du président, nommé Premier ministre
Seul survivant de l’an 2017, discret et fin manœuvrier, l’élu
venu de la droite a habilement et patiemment préparé le terrain de son
arrivée à Matignon.
Sébastien Lecornu filait des jours heureux à l'hôtel de Brienne. Au
ministère des Armées depuis 2022, une longévité rare en ces temps
instables, il pouvait allier ses deux passions de toujours : la
politique et la chose militaire.
Cultiver la discrétion, son tempérament naturel, et sa proximité avec
le chef de l'État, qui lui vaut aujourd'hui d'être propulsé à Matignon.
À 39 ans,
il devient le septième Premier ministre d'Emmanuel Macron – le
quatrième en un an – dans un contexte chaotique. Déjà pressenti pour le
poste à plusieurs reprises, il devait être nommé en décembre, avant que
François Bayrou ne s'impose au président. Il était donc naturellement le
suivant sur la liste, « la solution d'évidence », livre une ministre.
Peu connu et identifié des Français, Sébastien Lecornu va devoir...
Le socialisme amène tôt ou tard le totalitarisme voire le fascisme !!
« Thomas Piketty propose ainsi d’aller chercher les exilés à l’étranger en les faisant contribuer proportionnellement au nombre d’années vécues en France. Et de prévenir : «Si vous ne payez pas, vous vous mettez dans la même situation que toute personne qui décide de ne pas payer ses impôts. Vos avoirs peuvent être gelés, vous pouvez être arrêté à l’aéroport. C’est la vie des gens normaux.»
Taxe Zucman : «Vous pourriez être arrêté à l’aéroport» si vous «ne la payez pas», prévient Thomas Piketty
Grand partisan de l’impôt plancher de 2% sur
les patrimoines de plus de cent millions d’euros, l’économiste affirme
qu’il est possible d’empêcher les ultra-riches de s’exiler.
Les débats enflammés autour de la taxe Zucman
en France résonnent jusque de l’autre côté de l’Atlantique. L’agence de
presse américaine Bloomberg a invité l’économiste Thomas Piketty dans
son émission de radio pour aborder ce sujet brûlant. Fervent défenseur
de la mesure, le directeur d’études à l’École des hautes études en
sciences sociales (EHESS) a affirmé que le taux de 2% proposé par
Gabriel Zucman pour les patrimoines de 100 millions d’euros était le «strict minimum».
«Le problème est qu’il est trop modeste
compte tenu de l’ampleur de la dette publique et de l’importance de tous
les nouveaux investissements nécessaires», a-t-il ajouté. Au-delà du taux, l’une des grandes questions autour de la taxe Zucman est
de savoir si elle ferait fuir les hauts patrimoines. Ses partisans
affirment que non, quitte à brandir des mesures coercitives. Thomas
Piketty propose ainsi d’aller chercher les exilés à l’étranger en les
faisant contribuer proportionnellement au nombre d’années vécues en
France. Et de prévenir : «Si vous ne payez pas, vous vous mettez
dans la même situation que toute personne qui décide de ne pas payer ses
impôts. Vos avoirs peuvent être gelés, vous pouvez être arrêté à
l’aéroport. C’est la vie des gens normaux.»
Des fortunes bâties «en s’appuyant sur les infrastructures du pays»
Thomas Piketty et Gabriel Zucman sont des
connaissances de longue date : le premier a supervisé le mémoire du
second en 2008 à l’École d’économie de Paris, ainsi que sa thèse à
l’EHESS entre 2009 et 2013. Tous ces travaux tournaient autour du
patrimoine des plus grandes fortunes et de l’exil fiscal. «L’exil
fiscal ? [...] À partir du moment où l’on a bâti sa fortune en
s’appuyant sur les infrastructures du pays, son système éducatif et
sanitaire, il n’y a aucune raison que l’on échappe aussi vite aux
charges communes permettant de financer le système en question», affirmait Thomas Piketty dans les colonnes du Monde au mois de juin.
Réclamée depuis plusieurs mois par la gauche,
plébiscitée par 86% des Français selon un sondage Ifop, la taxe Zucman
est au cœur des négociations budgétaires entre le premier ministre Sébastien Lecornu et
les oppositions. Dans le même temps, les critiques s’intensifient de la
part de chefs d’entreprise, entrepreneurs et économistes. Bernard
Arnault, PDG de LVMH, a récemment qualifié Gabriel Zucman de «militant d’extrême gauche» dont l’idéologie «vise la destruction de l’économie libérale». Le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq estime de son côté que cette taxe est «un truc absurde» qui «n’arrivera jamais».
Ce mardi, le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Charles de Courson, a estimé, de son côté, que la mesure «ne tient pas la route»,
et proposé de lutter contre l’optimisation fiscale en visant les
holdings familiales. C’est, pour l’heure, l’option privilégiée par le
gouvernement.
« Je ne cherche pas à plaire : je cherche à convaincre »
“Aujourd’hui l’impératif de la France c’est de redresser ses comptes, de lutter contre l’injustice sociale, qui fait qu’on enferme les gens dans des trappes à pauvreté dans le pays le plus redistributif au monde”.
"Je propose une politique de rupture avec notamment un plan de baisse des dépenses publiques de 200 milliards. "
"Je suis dans les 11% convaincus que le problème de la France ce n’est pas de manquer d’impôts. La taxe Zucman fiscaliserait des revenus qui n’existent pas "
"Si vous voulez continuer à planter le pays, vous suspendez cette réforme. Il y a trois ans, je proposais la retraite par capitalisation pour tous"
Alain Minc atomise la taxe Zucman, un de ses anciens élèves : «Une folie absolue»
Dans le cadre du budget
2026, le gouvernement a encore une fois affirmé son refus d’insérer la
taxe Zucman dans son plan d’économies. Une taxe que l’économiste et
essayiste Alain Minc attaque très vivement et qualifie de «folie absolue».
Il n’a pas mâché ses mots. Invité sur BFM TV vendredi 18 juillet, l’économiste Alain Minc a attaqué durement la taxe Zucman. Cette loi, du nom de l’économiste français à son origine, a pour objectif d’instaurer un impôt plancher sur les très grandes fortunes. Une loi qualifiée d’«ovni économique comme seule la France peut en produire» par l’économiste, qui décrit cette mesure comme une «folie absolue».
Pour Alain Minc, c’est l’idée de taxer des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros à hauteur de 2% qui usent de l’optimisation fiscale, qui est problématique. Mais cette mesure est pourtant défendue par plusieurs économistes, et relayée par la gauche, en particulier par les écologistes et les socialistes.
Une taxe qui divise
Pour
ses défenseurs, la taxe Zucman a le mérite de s’attaquer à ce qu’ils
voient aujourd’hui comme une anomalie. Puisqu’au sommet de l’échelle des
revenus, la progressivité de l’impôt s’effondre. En fait, selon les
principes de cette taxe, si un milliardaire ne paie que 15 millions
d’euros, alors que 2% de son patrimoine représentent 20 millions, il
devrait s’acquitter de la différence. Objectif : rapporter 20 milliards d’euros par an à l’État et lutter contre l’évasion fiscale.
Ses partisans insistent ainsi sur l’importance et l’urgence d’une
réforme équitable, face au plan d’économies présenté par François
Bayrou.
Pour Alain Minc, ce texte ignore un facteur primordial qui caractérise ces grands patrimoines : la mobilité des capitaux. «Ces patrimoines sont très mobiles, et on vit dans un monde où la tentation est, qu’on le veuille ou non, de partir», prévient-il. Selon l’économiste, défendre cette mesure serait une façon détournée pour la gauche de mettre en place une censure politique du gouvernement : «Ils savent que ça n’a pas de sens, mais ils veulent censurer».
Pourquoi, sur ce graphique, la richesse (un stock) est-elle exprimée en pourcentage du PIB (un flux) ? On aurait pu rapporter la richesse des plus riches à l’ensemble de la richesse nationale.
Selon le World Inequality Database (WID, dont Gabriel Zucman est scientific co-director), le top 1 % détenait 24,6 % de la richesse nationale en 1996 et 27,2 % en 2023, soit une multiplication par 1,1x.
Comment en arrive-t-on à un facteur 6x à la télévision pour les 500 premières fortunes ?
Problème n°1 : le graphique de Zucman laisserait apparaître une forte hausse des inégalités de richesse même s’il n’y en avait pas eu
Le premier biais tient au fait que le ratio richesse/PIB de l'ensemble du pays n’est pas stable dans le temps. D’après le WID, la richesse nationale représentait 364 % du PIB en 1996 contre 621 % en 2023, soit une multiplication par 1,7x.
Autrement dit, si la part des 500 plus grandes fortunes dans la richesse nationale n’avait absolument pas changé durant cette période, le graphique laisserait apparaître un passage de 6,4 % du PIB en 1996 à 6,4 % × 1,7 = 10,9 % en 2023.
Du coup, quelle aurait été la fortune des 500 familles les plus riches, rapportée au PIB, si ce ratio stock/flux était resté à son niveau de 1996 ? La richesse de chaque français rapportée au PIB eut été 1,7x plus faible. Et donc celle des familles de Challenge de 41 % / 1,7 ≈ 24 % du PIB.
Autrement dit, sur les 41-6=35 points de PIB de hausse affichés sur le graphique de Gabriel Zucman, environ 18 points tiennent au fait que les 500 familles les plus riches se sont effectivement enrichies plus rapidement que le reste des Français. Les 17 points restants sont une amplification attribuable à l'évolution du ratio richesse/revenu de l'ensemble du pays.
Bien sûr, il s’agit toujours d’une progression très marquée de leur richesse relative. Mais pourquoi accentuer artificiellement le phénomène en choisissant un dénominateur qui double le résultat ?
Problème n°2: Rapporter les stocks aux flux amplifie les multiples
La mesure la plus naturelle des inégalités de richesse--celle qu'on trouve dans les publications académiques de Gabriel Zucman--consiste à rapporter le patrimoine des plus riches à la richesse totale de la population.
Selon le WID, la part détenue par le top 1 % est passée de 24,6 % en 1996 à 27,2 % en 2023, soit une hausse de 2,6 points — une multiplication par 1,1x.
Rapportée au revenu national net — sachant que la richesse totale en représente 621 % — cette hausse correspond à 2,6 % × 621 % ≈ 16 %. Autrement dit, la progression de la part du top 1 % sur cette période de 27 ans équivaut à environ 16 points de revenu national: on retrouve à peu près le même ordre de grandeur que dans le calcul précédent. Mais ceci ne correspond qu'à 2,6 % du stock national de richesse.
Encore une fois, rien de tout cela ne remet en cause le fait que la performance des marchés boursiers mondiaux a bel et bien accru la part de richesse détenue par le top 1 %-- et en particulier les 500 plus grandes fortunes. D'après le WID, la part du top 1% a été multipliée par 1,7x depuis le milieu des années 1980.
Mais pourquoi en rajouter artificiellement en choisissant un indicateur qui grossit ainsi l’évolution observée ?
PS: Il faut également rappeler que les statistiques du WID sont elles aussi sujettes à caution. Dans la plupart des pays, les instituts statistiques ne disposent pas de données administratives sur les patrimoines individuels. Les séries publiées sont le plus souvent inférées à partir de sources sur les revenus, et les résultats obtenus donnent lieu à des désaccords parfois vifs entre économistes. Par ailleurs, ces mesures ne prennent pas en compte les droits à la retraite, et leur inclusion applatit considérablement les évolutions historiques.
Sylvain Catherine: Economist. Assistant Professor of Finance at Wharton.
Autrement dit Gabriel Zucman (À la poursuite de la richesse et des revenus, présents et passés, onshore et offshore.) fraude sur les taux d'imposition et sur l'accroissement de richesses des plus riches.
Question 1) : lui arrive-t-il de répondre, dans le cadre du débat publique ?
Question 2 : publie-t-il les mêmes âneries dans un cadre académique ?
Donc
je ne peux que vous recommander la lecture de cette excellente note du Conseil d'analyse économique :
Impôts : la nouvelle étude qui mesure les effets d'un retour de l'ISF
En
cas de hausse des impôts sur le patrimoine, l'expatriation des plus
fortunés resterait faible et aurait un effet modeste sur l'économie
nationale, conclut une étude du Conseil d'analyse économique.
L'optimisation fiscale réduit davantage les recettes que les départs à
l'étranger.
La question a enflammé le débat fiscal des derniers mois : augmenter
les impôts sur les plus hauts patrimoines fait-il fuir les contribuables
fortunés à l'étranger ? Dimanche encore dans son interview télévisée, François Bayrou mentionnait cette menace de l'exil fiscal pour expliquer son opposition à la mise en place d'une « taxe Zucman »,
c'est-à-dire l'impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des foyers
détenant plus de 100 millions d'euros de patrimoine défendu par la
gauche. « Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont partir », a expliqué le
Premier ministre.
Pourtant, selon une étude du Conseil d'analyse économique (CAE,
un organisme de recherche indépendant rattaché à Matignon) présentée
mardi, cette crainte est à relativiser. Une équipe de six économistes
s'est penchée sur la question, en mobilisant des données administratives
inédites. Et leur conclusion est simple : la fiscalité du capital joue
en réalité assez peu sur les départs à l'étranger des plus fortunés et
n'a qu'un effet limité sur l'économie nationale.
Des riches peu mobiles
Pour
parvenir à ce résultat, les chercheurs - qui n'étudient pas la taxe
Zucman en tant que telle - ont commencé par constater que les hauts
patrimoines quittent relativement peu la France. « Seulement 0,2 % du
Top 1 % français s'expatrie chaque année, soit deux fois moins que
lorsqu'on considère l'ensemble de la population française (0,38 %) »,
notent-ils.
La tentation du
départ touche bien davantage les ménages qui perçoivent de gros salaires
ou de généreuses retraites que ceux qui touchent des revenus du capital
élevés. En partant de cette base faible, l'étude se penche ensuite sur
les évolutions des départs et des retours des hauts patrimoines en cas
de modification substantielle de la fiscalité du patrimoine.
Les chercheurs utilisent deux chocs fiscaux de référence : la hausse
de 2012-2013 (suppression du prélèvement forfaitaire obligatoire,
remplacé par le barème progressif de l'impôt sur le revenu ; création
d'une tranche supérieure à 45 % ; hausse des prélèvements sociaux) et la
baisse de 2017-2018 (suppression de l'ISF remplacé par l'impôt sur la
fortune immobilière ; création de la « flat tax »).
Les
chiffres compilés montrent que ces réformes ont bien eu des incidences
sur l'expatriation des plus aisés, mais relativement modestes. « La
hausse de la fiscalité du capital en 2013 a entraîné une augmentation
des flux de départs, nets de retour, des hauts patrimoines concernés de
0,04 à 0,09 point de pourcentage, tandis que l'allègement de la
fiscalité en 2017-2018 est associé à une baisse des départs nets de
l'ordre de 0,01 à 0,06 point de pourcentage », calculent les
économistes.
En rapportant
l'ampleur de ces réactions à celle du choc fiscal, l'étude estime qu'une
hausse de 1 point de la fiscalité du capital se traduit à long terme
par une expatriation additionnelle des plus hauts patrimoines comprise
entre 0,02 et 0,23 %.
Autrement dit, un éventuel retour de l'ISF par exemple (qui
représente entre 3 et 4,5 milliards d'euros de recettes pour l'Etat,
soit une hausse de 5,2 points de la fiscalité du capital selon l'étude)
se traduirait par le départ à l'étranger d'un foyer très aisé sur mille à
un foyer très aisé sur cent. « Les flux totaux d'expatriation restent
très faibles en part de la population concernée », souligne l'étude.
Peu d'effet économique direct
Le
CAE se penche ensuite sur l'effet économique de ces départs. « Les
ménages à haut revenu du capital ont un rôle dans l'économie qui dépasse
leur poids démographique, puisqu'ils détiennent une part importante des
actifs professionnels », explique l'étude. Parmi le Top 1 % , quasiment
la moitié est propriétaire de 10 % ou plus du capital d'une entreprise.
Or,
la recherche académique a montré que l'expatriation d'un propriétaire a
des conséquences néfastes sur son entreprise : baisse de 15 % du
chiffre d'affaires cinq ans après son départ, diminution de la masse
salariale (-31 %) et de la valeur ajoutée (- 24 %).
Ces effets économiques directs sont toutefois légèrement compensés
par des effets d'équilibre - rachat de l'entreprise, réaffectation des
salariés… Et, surtout, ils sont limités dans leur ampleur par le faible
nombre de départs.
Toujours
dans l'hypothèse d'un retour de l'ISF, et « même en prenant la borne
haute (et conservatrice) des effets estimés de la fiscalité du capital
sur les expatriations », explique le CAE, « les effets agrégés sur
l'activité économique à long terme restent faibles : l'exil fiscal
entraînerait au plus une baisse de -0,03 % de chiffre d'affaires,
-0,05 % de valeur ajoutée totale de l'économie française, et -0,04 % de
l'emploi total ».
Le risque de l'optimisation
Malgré
cet impact mesuré, les chercheurs avertissent que « cela ne saurait
présumer des effets totaux d'une réforme de la fiscalité du capital ».
Ils pointent que l'exil fiscal n'est qu'une des réponses possibles des
contribuables concernés.
Une étude scandinave a montré que leur
propension à mettre en place des stratégies d'optimisation, en cas de
hausse de la fiscalité, est bien plus importante que la tentation du
départ. « Le débat public, en se focalisant sur l'exil fiscal, se trompe
sans doute de cible », prévient le CAE.
Dans le contexte
scandinave, une hausse de 1 euro de fiscalité sur les hauts patrimoines
se traduit par seulement 26 centimes de recettes effectives : 20
centimes s'évaporent du fait de l'impact direct des mesures sur
l'économie (notamment les départs des contribuables concernés) et 54
centimes disparaissent par la mise en place de stratégies de
contournement de l'impôt.
Pour qu'une hausse de la fiscalité du
patrimoine soit « socialement bénéfique », il faudrait donc qu'elle
finance des politiques publiques qui génèrent plus de quatre fois la
mise, pointe le CAE. Un rude bémol.
Zucman répète à l'envi que la note du CAE impliquerait que l'exil fiscal est marginal.
Et personne ne semble l'avoir lue!
Ce qu'elle montre, c'est que la taxe Zucman, loin de rapporter 20 milliards, implique une *PERTE SECHE DE 30 MILLIARDS*.
Démonstration :
La note dit: *2 milliards* d'impôts en + sur le top 1% impliquerait une courbe de la VA de *0.027%*.
Ca a l'air peu, non? Gabriel peut crier victoire?
Mais... ils obtiennent cela en multipliant 3 chiffres, selon la méthodologie AxBxC de Jakobsen, Kleven, Munoz & Landais:
A: effet d'1% de + d'impôt sur *revenus* du K sur la courbe taux de migration: 0.23%
B: effet du départ de dirigeant sur VA de sa boîte: -21.3%
C: part des boîtes détenues par top 1%: 20.9%
Comme 2mds=2.6 point d'impôt en + sur revenu du top 1%:
Effet=2.6*0.0023*0.213*0.209*100=0.027%
Sauf que... la taxe Z n'est pas de 2, mais de *20 milliards*!
Ca représente une courbe pas de 2.6, mais de *26 points* d'impôt sur le revenu du K du top 1%.
Il faut donc multiplier par 26, pas 2.6:
Effet=26*0.0023*0.213*0.209*100=0.27%
0.27% du PIB (3000 milliards)=8 milliards!
C'est déjà énorme, plus d'1/3 des recettes... mais ce n'est pas tout!
La note du CAE est *très explicite*: l'exil fiscal ne représente qu'environ 27% des recettes perdues (20 sur 74 centimes perdus).
Autrement dit, la réponse totale est de 74/20*8=29,6 milliards!
Le point de S et Z dans ce chapitre est bien de dire qu'il faut aller au-delà du pic de Laffer, c'est-a-dire au delà de t=1/(1+\alpha x e), donc au point ou le gain sur les revenus infra-marginaux est inférieur a la perte de recette marginale.
Pour faire ce ratio, la note s'appuie sur une source imparable: un article de... G. Zucman!
Mais c'est intuitif: si demain on taxe + les loyers, la 1e réponse d'un propriétaire n'est pas l'expatriation, mais: transfo en résidence secondaire, vacance un peu + longue, revente...
Je me tue à le répéter depuis des mois: taxer les riches est peut-être satisfaisant, mais ça n'affectera pas le déficit!
La taxe Zucman, loin de rapporter 20 milliards, couterait environ 30, *ET CE SELON LE CAE DONT ZUCMAN NOUS DIT QU'IL EST LA MEILLEURE SOURCE SUR LE SUJET.*
Ferghane a raison d’en revenir au texte fondamental du zucmanisme: selon Z, il est bon de taxer les riches, *même et surtout si* ça détruit les recettes fiscales.
Mais du coup dur d’expliquer, comme le PS ou LFI, que la taxe Z pourrait avoir un rôle de réduction des déficits!
En résumé, Monsieur Zucman,
Votre proposition de taxe, que vous étayez par vos diplômes et connaissances en économie, n’est en aucune manière une démonstration scientifique.
C’est seulement une proposition #politique d’un homme de #gauche, comme votre mentor Thomas Piketty. Mais on sait que GZ (Zucman) a été exclu d’un emploi de Professeur à Harvard pour avoir publié des travaux jugées comme inexactes et biaisées.
La conclusion de cette note semble dire qu'avec toutes les stratégies d'évitement, on récupère peu par rapport à l'assiette espérée au départ.
Je préfère sabrer dans les bureaucraties et dépenses publiques qu'ajouter sans fin des taxes socialistes aux taxes socialistes.
Gabriel Zucman, inspirateur de la taxe sur les ultra riches à Paris, accusé de duplicité universitaire à Harvard
Les
députés viennent de voter une taxe sur le patrimoine des ultra-riches,
que la presse a rebaptisée la "taxe Zucman". Gabriel Zucman, économiste à
l’origine de cette mesure, a pourtant été accusé par l’Université de
Harvard de falsification de résultats statistiques afin de servir ses
objectifs militants en faveur de l’instauration d’un impôt sur la
fortune aux États-Unis.
"Comme tout transfert, la taxe Zucman a un impact négatif sur notre prospérité collective. Compte tenu de la forte mobilité du capital, ce coût est plus important que pour d’autres taxes.
Notre aversion aux inégalités est-elle suffisamment importante pour que nous l’assumions ?"
l y a déjà 40% de la liste qui est déjà à l’étranger !
Si on prend le top 25 du classement Challenges (source du chiffrage de la taxe Z), il y en a au moins 10 qui sont *avec quasi-certitude*, selon les sources publiques, résidents fiscaux à l'étranger.
Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif),
Sans
surprise, François Bayrou n'a pas réussi à obtenir la confiance de
l'Assemblée nationale ce lundi 8 septembre. Un résultat qui provoque de
fait la démission du Premier ministre et de son gouvernement. Charge
désormais à Emmanuel Macron de trouver un nouveau locataire pour
Matignon, alors que certaines oppositions appellent à une dissolution de
l'Assemblée, voire à la démission ou à la destitution du président de
la République. Passage en revue des scénarios de l'après-Bayrou.
C'est écrit dans la Constitution. Un Premier ministre qui engage sa responsabilité devant l'Assemblée nationale et qui n'obtient pas la confiance des députés doit remettre sa démission, ainsi que celle de son gouvernement, au président de la République. Après le scrutin de ce lundi 8 septembre, on y est : François Bayrou va quitter Matignon. Une page se tourne, mais quelle peut être la prochaine, alors que depuis les législatives de 2024, aucun camp politique n'a, à lui seul, la majorité au Palais-Bourbon.
La nomination d'un Premier ministre, mais de quel bord ?
La première étape est celle-là : Emmanuel Macron va devoir nommer un nouveau Premier ministre. Choisira-t-il une personnalité issue de son camp politique,
avec l'espoir qu'elle parvienne à négocier un accord de non-censure
avec le Parti socialiste pour élargir son assise ? Et éventuellement
obtenir, ou pas, un répit de la part du Rassemblement national.
Décidera-t-il, cette fois, d'opter pour un élu PS, alors qu'Olivier Faure, le premier secrétaire du parti à la rose, plaide pour "un gouvernement de gauche" composé des siens, de ses partenaires écologistes et communistes, mais sans La France insoumise ? "Le
périmètre gouvernemental serait relativement réduit, mais il pourrait
disposer d'une quantité plus grande de parlementaires qui ne censuraient
pas",
résume auprès de LCP un cadre écologiste, qui imagine un accord de
non-censure avec le bloc central d'un côté et avec les insoumis de
l'autre. Autre voie, le chef de l'Etat peut aussi désigner une personnalité avec un profil plutôt technique, qui ne serait pas un responsable politique, ou qui aurait un profil hybride.
Cette nomination est entre les mains d'Emmanuel Macron et la tâche s'annonce ardue. La question principale : ce
futur nouveau chef du gouvernement parviendra-t-il à faire passer un
budget pour 2026 à l'Assemblée nationale avant la fin de l'année de façon à ce que le pays puisse fonctionner normalement ?
Une dissolution et des législatives anticipées ?
Et si le nouveau locataire de
Matignon n'y parvient pas, le chef de l'Etat choisira-t-il encore un
nouveau Premier ministre ? Et en cas d'échecs successifs que fera
Emmanuel Macron ? Pour certains, la suite passera forcément par une
dissolution de l'Assemblée, comme en juin 2024 après les élections européennes, pour redonner la parole aux Français avec de nouvelles législatives anticipées. "Je suis persuadé qu'il n'y aura pas d'autre solution [à la crise politique actuelle] que la dissolution", a ainsi récemment déclaré Nicolas Sarkozy dans Le Figaro. "J'ai un tout autre avis, sauf à vouloir prendre le risque de mettre le Rassemblement national à Matignon", a rétorqué son successeur à l'Elysée, François Hollande, dans La Tribune dimanche, qui appelle l'ensemble des parties prenantes à la responsabilité. Ajoutant cependant que "si le fil est rompu, alors la dissolution deviendra l'issue la plus probable." L'ancien Premier ministre Edouard Philippe a, lui, dit craindre"que la dissolution finisse par devenir inéluctable", si la confiance n'était pas votée.
A l'inverse, pensant pouvoir tirer profit d'un tel scénario, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont exhorté Emmanuel Macron à une"dissolution ultra-rapide" en cas de chute du gouvernement Bayrou.
Si le choix de ce scénario l'emportait à nouveau, "les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution", précise l'article 12 de la Constitution. Dans un entretien accordé à Paris Match en août, le chef de l'Etat excluait y avoir une nouvelle fois recours. "Non. La dissolution, je l'ai faite, je m'en suis expliqué", assurait Emmanuel Macron,
alors interrogé sur cette option. En cas de blocage politique
persistant, le Président garde cependant la possibilité
constitutionnelle d'y avoir recours.
Une destitution ou une démission d'Emmanuel Macron ?
Au vu de la situation politique
délicate depuis l'été 2024, certaines oppositions ont décidé de mettre
la pression sur Emmanuel Macron lui-même. "Notre objectif, c'est la destitution de Macron. Le 10 septembre, le peuple lui fera comprendre qu'il veut son départ", dit et répète le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, qui appelle "à construire un rapport de force avec le président de la République pour obtenir son départ". A l'Assemblée nationale, une procédure de destitution devrait être engagée par les députés insoumis, emmenés par Mathilde Panot. Ce ne sera pas la première fois. Deux propositions de résolution en ce sens (ici et là) avaient déjà été déposées il y a un an, sans succès. Une pétition mise en ligne site internet du Palais-Bourbon recueille, pour l'heure, un peu plus de 147 000 signatures.
La procédure de destitution est prévue par l'article 68 de la Constitution : "Le
président de la République ne peut être destitué qu'en cas de
manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de
son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en
Haute Cour", peut-on y lire.
Enfin, s'il venait à être totalement acculé, sur le plan politique et sur le plan social, Emmanuel Macron pourrait-il être amené à démissionner ? "Présider, c’est faire ce pour quoi on a été élu et surtout ce que l’on croit juste pour le pays. Voilà ce à quoi je m’attelle depuis le premier jour et ce que je ferai jusqu’au dernier quart d’heure", a-t-il récemment déclaré au JDNews, excluant catégoriquement cette hypothèse.
"Même s'il se sait rejeté, il n'a pas assez de panache pour renoncer au pouvoir", a lancé dans le JDD le président de Reconquête, Eric Zemmour, pour qui ce serait pourtant "la seule solution pour sortir de la crise" ouverte par le vote de confiance perdu par François Bayrou. "Je crois que s'il y avait retour aux urnes, c'est une élection présidentielle anticipée qui serait souhaitable", plutôt qu'une dissolution, a pour sa part jugé sur BFMTV la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains).
L'article 7 de la Constitution indique qu'en cas de vacance de la présidence de la République, "le scrutin pour l'élection du nouveau Président a lieu (...) vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus, après l'ouverture de la vacance ou la déclaration du caractère définitif de l'empêchement".
"Dire que nous voulons gouverner avec la macronie est un mensonge !
Je refuse toute confusion, je veux un gouvernement de gauche et écologiste qui présente son projet au Parlement, dans le respect de la démocratie et des Français qui ont voté il y a à peine un an. Il faut faire avec ce qui existe."
Ce que nous voulons faire, c’est exactement ce que le Nouveau Front Populaire proposait dans son courrier au Président il y a un an : chercher des compromis, texte par texte.
Je mets au défi toutes celles et ceux qui se disent de gauche de voter contre la taxe Zucman, contre la suspension de la réforme des retraites ou contre une augmentation du pouvoir d’achat pour les salariés.
Avec leur slogan « C’est Nicolas qui paie », la droite extrémisée et l’extrême droite assument un schéma simple : en finir avec l’État-providence, livrer chacun à la jungle.
C’est une idée que je ne peux pas accepter, il faut un État qui sécurise les parcours et qui soutienne les Françaises et les Français.
«Je ne crois pas une seconde à la nomination d'un Premier ministre socialiste. Cette rumeur est un ballon d'essai d'opinion habilement contrôlé par l'Élysée pour faire croire à un possible compromis de ce genre», estime le politologue Roland Cayrol dans «Points de Vue».