janvier 07, 2026

Europe fédérale ? Non. Il est temps de passer à l'Europe des mille Liechtenstein.

Pensez-vous qu'il est temps de passer à une Europe fédérale ?

 Face aux menaces actuelles, l'Europe est dans une situation difficile. 

Seule ? Non ! Car elle est accompagnée de son immense potentiel économique.

Les États-Unis d'Europe sont-ils la solution d'après vous ?

 


Non. 

Il est temps de passer à l'Europe des mille Liechtenstein. 

Elle serait composée d'une multitude de petites unités territoriales se gérant comme des copropriétés et des entreprises de services. Pas de monopoles du régalien, pas de banque centrale, pas de législations arbitraires, pas de fiscalité, etc. je parle d'un ordre polycentrique privé, pas d'un empire.

Les castes politiques savent que leur puissance repose sur une masse critique des contribuables captifs. Morceler l'Europe rendrait cet espace ingouvernable pour ces tyrans, mais parfaitement habitable pour les individus que nous sommes, répartis par préférence dans un ordre juridique polycentrique et concurrent.

Arthur Homines

 


« Je rêve d’une Europe de 1000 Liechtenstein. »

Interviewer: Je voudrais souhaiter la bienvenue au studio à notre deuxième invité. Il s’agit du philosophe et économiste de renommée internationale Hans-Hermann Hoppe. Ravi de vous rencontrer, M. Hoppe.

Le rêve d’une Europe unie, l’éternelle nostalgie de l’empire. Faites-vous aussi ce rêve ?

Hans-Hermann Hoppe: Non. Je ne rêve pas du tout de cela. Mon rêve, c’est le rêve d’une Europe composée de 1000 Liechtenstein. Je vais aussi essayer d’expliquer cela. Tout d’abord, il faut se rendre compte qu’il y a une différence entre les États et les entreprises privées. Les États sont des organisations qui ne gagnent pas leur argent en produisant quelque chose que les gens veulent acheter volontairement ou en offrant des services que les gens veulent volontairement. Les États vivent de prélèvements obligatoires, de taxes et de l’impression de leur propre argent. Pour cette raison, les États sont les institutions de l’exploitation. Pour cette raison, les économistes les ont appelés des bandits stationnaires.

I.: bandits stationnaires?

H.: bandits stationnaires. Ils restent au même endroit. Il y a aussi des bandits itinérants qui seraient …

I.: … seraient des bandits de grand chemin. Des bandits de grand chemin institutionnalisés, pour ainsi dire, c’est ça l’État ?

H.: Voilà. Ils sont institutionnalisés. Et, bien sûr, les États, en tant qu’organisations de bandits, ont intérêt à augmenter leur butin. Eux, y compris l’ensemble de la fonction publique, vivent aux dépens des personnes productives. Mais lorsque cette exploitation devient trop sévère, les gens ont tendance à migrer vers d’autres régions.

Par conséquent, les États ont tendance à étendre leur territoire. Une des façons dont ils tentent de s’étendre est de faire la guerre. Après tout, ils peuvent répercuter les coûts de la guerre sur la population, alors qu’une personne ou une organisation privée devrait supporter elle-même les coûts de l’agression. Les États sont donc par nature plus belliqueux que les organisations de droit privé.

I.: Si je peux me permettre, M. Hoppe. Vous appelez en fait à une Europe de mille Liechtenstein. La Suisse est probablement déjà trop grande pour vous.

H.: Trop grande !

I.: Trop grande comme organisme. Dans ce paradigme, nous sommes, pour ainsi dire, la superpuissance imaginaire. Mais cette atomisation de l’Europe n’est-elle pas une invitation pour les États prédateurs, qui ont aussi des prédateurs dans leurs armoiries ? Comme la Russie, par exemple, avec un aigle bicéphale dont les griffes peuvent saisir le terrain de tous les côtés. Cette parcellisation, cette fissuration de l’Europe à travers les mille Liechtenstein n’est-elle pas une invitation aux potentats qui ont malheureusement toujours existé dans l’histoire ?

H.: La réponse serait alors que nous ne pouvons nous défendre contre ces grands États qu’en devenant nous-mêmes un grand État.

I.: Exactement.

H.: Mais les guerres deviendraient alors de très grandes guerres. Les petits États mènent tout au plus de petites guerres relativement inoffensives. Les grands États qui ont émergé des guerres font la guerre comme nous le voyons aujourd’hui.

I.: Vous avez vécu aux États-Unis. Vous vivez maintenant en Turquie. Vous connaissez les grands États ; vous connaissez aussi la logique des grandes puissances. Soyez honnête maintenant : Les grandes puissances ont toujours menti pour trouver une raison de conquérir les petits pays. Elles ont créé de toutes pièces des systèmes métaphysiques ou idéologiques. Alors, n’est-ce pas précisément cette désintégration, cette fragmentation de l’Europe, qui est la chose la plus dangereuse dans la situation actuelle ?

H.: Même les grands États doivent s’assurer du soutien de leur propre population pour les guerres qu’ils entreprennent. Il faut être en mesure d’expliquer clairement la cause de l’attaque à sa propre population. On a souligné, non par hasard, que le plus gros problème pour Poutine n’est probablement pas les événements militaires immédiats, mais le fait que la Russie est un pays où il y a peu d’enfants. Les mères qui perdent maintenant leurs enfants dans la guerre veilleront à ce que le soutien à leur propre pays continue de diminuer.

I.: Et votre argument soutient la thèse selon laquelle Poutine ne peut rien dire ou doit même interdire d’appeler cette guerre une guerre, parce qu’il a peur de perdre le soutien de son pays.

H.: Il faut donc conseiller aux petits États de mener une politique de neutralité stricte. Bien sûr, ils devraient s’armer. Une attaque contre eux ne devrait pas être sans coûts. Néanmoins, si vous savez qu’il n’y a aucune chance de gagner une guerre contre une puissance étrangère, vous devez envisager de vous rendre, car vous voyez qu’il n’y a guère qu’une bande corrompue échangée contre une autre bande corrompue. Par exemple, la guerre en Ukraine : ce n’est pas le cas que l’Ukraine aura été un État occidental démocratique exemplaire. Sur les indices de corruption, ils étaient pires que la Russie. La productivité économique par personne en Ukraine est inférieure à la productivité économique par personne en Russie. Les dirigeants ukrainiens sont corrompus.

I.:Oui. Je peux vous suivre sur le principe : le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Et plus le pouvoir est grand, plus la corruption est grande. Il y a le principe du « small is beautiful », donc peut-être qu’un petit pays est plus facile à gouverner. Mais restons-en à cette volonté de défendre pour le moment. Comment les petits pays sont-ils censés se défendre lorsqu’un grand État assoiffé de pouvoir, assoiffé d’idéologie a soudainement le sentiment qu’il peut écraser certaines régions ? Comment peuvent-ils se défendre ?

H.: Une réponse serait que nous devons aussi former un grand État. Mais un grand État exploite particulièrement lourdement sa population nationale. Voulez-vous que ce soit la réponse à une éventuelle attaque d’un autre grand État ? L’autre variante est bien sûr que les petits États concluent une série d’alliances avec la possibilité d’agir ensemble contre un ennemi. Un droit de veto serait nécessaire, parce qu’on voit le danger, dans l’OTAN, que les petits États – disons les États baltes – parce qu’ils se sentent en sécurité…

I.: … parce qu’ils sont devenus trop confiants.

H.: … se comportent de manière particulièrement effrontée. Et par conséquent, ils pourraient entraîner tout l’Occident dans des guerres, pour ainsi dire.

I.: Maintenant, un tout autre défi : il y a aussi la discussion sur le changement climatique et les réfugiés. Si je vous comprends bien, vous plaidez en fait pour un modèle intergouvernemental coopératif. Il faudrait alors essayer de lutter contre le changement climatique, peut-être par le biais d’une alliance de petits États. Comment voyez-vous le modèle des petits États à la lumière de ces autres prétendus défis mondiaux ?

H.: Je ne suis pas du tout sûr qu’il s’agisse d’un défi mondial ou qu’il ne s’agisse pas d’un problème inventé. Personne n’a nié l’existence d’une chose comme le changement climatique. La question est la suivante : quelle est la contribution humaine à ces problèmes ? Il n’y a en aucune manière une seule réponse. On nous fait croire qu’il existe un consensus scientifique sur les causes exactes de ce phénomène. Cela ne tient pas la route. L’alternative est, si les défis sont tels que le temps se réchauffe, les différentes régions vont naturellement se gouverner différemment parce que la crise se présente différemment dans les différentes régions. Le Groenland est affecté différemment par le réchauffement climatique que les Maldives. Cette idée qu’il devrait y avoir une température mondiale correcte, pour ainsi dire, est complètement absurde.

I.: En principe, on pourrait dire que toute cette question du climat est presque une sorte de présomption idéologique de pouvoir.

H.: Ils veulent centraliser et ont choisi ce sujet. Chaque personne s’adapte individuellement à de telles situations. Soit on achète plus de réfrigérateurs, soit on achète plus de climatiseurs, ou quelque chose comme ça. Mais je n’arrive même pas à me mettre d’accord avec ma femme sur la température de la chambre à coucher. Je la voudrais plus froide. Elle l’aimerait plus chaude. Jusqu’à quel point faut-il être mégalomane pour que des personnes, dont l’éducation se situe un peu plus qu’au niveau de la maternelle, croient qu’elles savent elles-mêmes quelle doit être la température moyenne de la planète. Ils présument savoir comment y parvenir en intervenant dans l’économie dans tous les domaines. Ils disent : vous ne pouvez pas manger ça, vous devez boire ça. Vous n’avez pas le droit d’aller là. Mais vous devez aller là, et ainsi de suite.

I.: Eh bien, je pense que beaucoup de gens (en tout cas moi) vous suivent dans cette critique du pouvoir et de l’omniprésence bureaucratique. Mais je dois néanmoins vous mettre un peu au défi ici aussi, M. Hoppe. N’est-il pas vrai que la fondation de l’État fut un succès culturel ? Le célèbre politologue, le grand libéral Dahrendorf a dit : l’État-nation, cette entité un peu plus grande, est toujours le seul cadre approprié pour l’État de droit et la démocratie – qu’avez-vous à dire à Ralf Dahrendorf ? Vous, en tant qu’ancien élève de Habermas.

H.: L’Allemagne fut unifiée par des guerres. L’Italie fut unifiée par des guerres. Même la Suisse est issue d’une guerre.

I.: Une guerre très courte.

H.: Certes, mais toujours à partir d’une guerre, même courte, la guerre du Sonderbund, et un groupe a été obligé d’obéir à l’autre groupe. Vous nous obéissez maintenant ! Bien qu’en soi, la demande était qu’il y ait un accord unifié de tous les cantons, qui en fait n’existait pas. Alors pourquoi devrait-on accepter une déclaration selon laquelle les États-nations sont une grande invention, alors qu’une guerre fut nécessaire pour créer une telle chose à l’origine ?

I.: Mais vous étiez aux États-Unis et les États-Unis sont l’un des rares exemples où l’on peut dire qu’aux XVIIIe et XIXe siècles, l’État-nation libéral a très bien fonctionné, presque comme une entité impériale nationale libérale.

H.: Non, non plus.

I.: Diriez-vous aussi que les États-Unis doivent à nouveau se diviser ?

H.: En Amérique, il y a eu une guerre, une guerre extrêmement brutale, qui, comparée à ce que fait actuellement Poutine en Ukraine, était probablement pire parce qu’ils ont délibérément ciblé la population civile qu’ils voulaient détruire. Aujourd’hui encore, il y a une grande partie du Sud américain qui pense que c’était la guerre d’agression du Nord. Avant cela, l’opinion était similaire à celle de la Suisse : les États individuels pouvaient quitter l’union des États-Unis. Cela a été réglé depuis.

I.: Bon, j’ai aussi échoué ici à vous déséquilibrer quelque peu. Dernière question de notre conversation : Où voyez-vous l’avenir de l’Union européenne ? Où allons-nous maintenant, sous la direction de Mme Guérot : République européenne, entité plus grande, ou bien croyez-vous que le paradigme Hoppéen d’une UE régionaliste plus délocalisée est l’avenir ?

H.: Les États veulent avoir ce que Mme Guérot a dit, bien sûr.

I.: Que va-t-il se passer ?

H.: Je suis sûr que l’idée de base de la communauté européenne est de réduire la concurrence entre les pays. Une politique fiscale commune est introduite, ce qui enlève toute raison aux entités économiques de se déplacer d’un endroit à l’autre. Avec l’euro, la concurrence monétaire a été supprimée, ce qui empêchait auparavant les pays d’imprimer de l’argent à volonté. Ils avaient peur de dévaluer leur monnaie. Avec l’euro, cette crainte n’a plus lieu d’être. La cohésion actuelle de la communauté européenne est essentiellement due au fait que les chefs de bande des États leaders corrompent pratiquement les chefs de bande des États moins solvables. Dès que la puissance économique de l’Europe diminuera en punissant de plus en plus les productifs, ces soutiens ne seront plus possibles. Alors l’Union européenne se disloquera.

I.: Une conclusion qui donne à réfléchir. Si je vous ai bien compris, vous ne croyez pas au fonctionnement de ces institutions d’une Union européenne. Nous sommes déjà arrivés au terme de notre discussion et je vous remercie beaucoup de votre visite au studio.

H.: Merci beaucoup.

 [Note de la rédaction : Au début du mois, le Dr. Hans-Hermann Hoppe est apparu sur SERVUS TV pour un débat intitulé « Sur l’Etat, la guerre, l’Europe, la décentralisation et la neutralité ». Une traduction anglaise de la transcription fut préparée par Leonhard Paul, un étudiant en droit allemand].

Source:  Institut Mises France

 

 


Liechtenstein

Le Liechtenstein ou principauté du Liechtenstein est un pays de l'Europe centrale de 160 km2 situé entre l'Autriche et la Suisse. Ce petit pays, historiquement dernier reste du Saint-Empire romain germanique, dont il fut le 343e État en 1719, par unification de la seigneurie de Schellenberg et du comté de Vaduz, est une principauté très libérale. La famille princière a fait le choix de diminuer les impôts afin de faciliter l'activité économique, ce qui s'est révélé très positif. Aujourd'hui, ce pays possède l'un des niveaux de vie les plus élevés de la planète.

Sa capitale est Vaduz, lieu de résidence de la famille princière, et place financière internationale.

Le Liechtenstein ne fait pas partie de l'Union européenne. Sa monnaie est le franc suisse.

  • Indice de liberté de la presse : 7e place (2013)[1]

 

Fiscalité

Le Liechtenstein est souvent qualifié, par les enfers fiscaux, (France, Belgique, Espagne...), de paradis fiscal. La principauté possède pourtant un taux d'imposition tout à fait raisonnable par rapport au Delaware ou aux Émirats arabes unis. En effet, les impôts varient de 3 % à 17 %. Cependant, l'imposition est déterminée par les communes, et non par l’État. La législation souple et moderne est très adaptée aux demandes des entreprises, ce qui explique la présence de beaucoup de filiales. Le Liechtenstein n'est pas une bureaucratie et ne croule pas sous des pyramides de lois.

Dette

Ce pays n'a pas de dette, en fait sa dette est négative. Le pays possède une réserve.

Économie générale

Le pays a conclu une union douanière avec la Suisse depuis 1924 et fait partie de l'EEE depuis 1995. Le franc suisse est la monnaie du Liechtenstein par une union monétaire. Le Liechtenstein possède une note AAA qui n'a jamais varié de par la solidité des finances publiques et la stabilité du pays. Une charte financière détermine les impératifs économiques à moyen terme afin de garder une saine maîtrise du budget. Il n'existe pas de subvention publique aux entreprises dans le pays.

L'industrie

Le Liechtenstein possède une solide industrie de haute technologie. Sont produits, entre autres, des appareils de mesure, des outils de grande précision, des produits dentaires, des médicaments. On développe également la technologie du vide ainsi que celles du chauffage et de l'éclairage. La recherche se fait souvent via les universités, puisque l’État ne subventionne pas d'entreprises.

Secteur financier

Le pays possède 15 banques. Les normes visant à lutter contre le blanchiment d'argent et antiterrorisme sont strictement appliquées par ce pays qui est classé comme l'un des moins corrompus au monde. Le secret bancaire est un droit à la vie privée très respecté dans le pays. Il peut cependant être levé en cas de procédure judiciaire.

Personnalités

Citations

  • Naturellement, un anarchiste pourrait prétendre qu'un monarque descendant d'une famille qui a régné pendant des siècles ne peut absolument pas être en faveur de l'abolition de l’État. En réponse, je tiens à souligner que les princes de Liechtenstein ne sont pas payés pour leurs fonctions de chef d'État par l'État ou par le contribuable. Le coût total de notre monarchie, contrairement à presque toutes les autres monarchies, est couvert par les fonds privés du prince ou de la Maison Princière. (Prince Hans-Adam II du Liechtenstein)
  • L'État devrait traiter ses citoyens de la même façon qu'une entreprise traite ses clients. Pour que cela fonctionne, l'État a besoin de concurrence. C'est pour cela que nous sommes en faveur du droit à l'autodétermination au niveau communal, pour mettre fin au monopole de l'État sur son territoire. (Prince Hans-Adam II du Liechtenstein)
  • Jetons un coup d'œil vers un avenir lointain, lorsque les États de ce monde seront devenus des sociétés de services qui se livrent une concurrence pacifique pour attirer des clients potentiels. Là, le client est roi et peut choisir. Nous devons poser la question : quels sont les devoirs laissés à l'État au troisième millénaire qui ne peuvent être résolus mieux et à moindre coût par l'entreprise privée ou par les communautés elles-mêmes ? (Prince Hans-Adam II du Liechtenstein)
  • L’État doit devenir une entreprise de services confrontée à une concurrence pacifique, et non un monopole ne donnant au client que l’option d’accepter un mauvais service au prix le plus élevé ou d’émigrer. (Prince Hans-Adam II du Liechtenstein)
  • Tout leader aujourd’hui qui croit encore qu’il ou elle peut protéger les marchés nationaux avec des droits de douanes et barrières commerciales inflige doubles dégâts à l’économie, d’abord parce que les consommateurs doivent payer des prix supérieurs pour une qualité inférieure, et ensuite parce que l’emploi est mis en danger, puisque le consommateur comme le producteur doivent payer plus cher et sont désavantagés par rapport à la concurrence. (Prince Hans-Adam II du Liechtenstein)

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

 https://www.wikiberal.org/wiki/Liechtenstein

 


RP#2 - janvier 2023 - Thématique: L'Europe

Une Europe à décoder + dossier complet de la CE

 

 

 

France agriculture, viticulture....:L’autosuffisance alimentaire n’est donc pas une chimère !!

Vers une souveraineté alimentaire française

Un potentiel énorme à exploiter

La France dispose d’un potentiel nourricier exceptionnel qui pourrait largement assurer son autosuffisance alimentaire, voire au-delà.

 

 

Selon le rapport de Terre de Liens publié en février 2025, ce potentiel s’élève à 130 % : avec ses 28 millions d’hectares de terres agricoles, le pays pourrait nourrir ses environ 68 millions d’habitants en réorientant la production vers les besoins internes.

Aujourd’hui, près de 43 % de ces surfaces (soit 12,4 millions d’hectares) produisent pour l’exportation – céréales pour l’élevage mondial, vins, etc. – tandis que nous importons massivement fruits et légumes (50-60 % des besoins, souvent hors saison ou exotiques) et protéines comme le soja pour l’alimentation animale. On est déjà autosuffisants à plus de 100 % sur le blé, le lait, la viande bovine ou les pommes de terre, mais les déficits ailleurs créent un paradoxe frustrant.

Arrêter de bétonner les sols agricoles

L’artificialisation des sols reste un scandale : environ 20-30 000 hectares perdus par an ces dernières décennies (l’équivalent d’un département tous les 10 ans), principalement agricoles. La loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) de 2021 impose une réduction progressive, avec objectif zéro net en 2050. En 2025, des assouplissements ont été votés (comme la proposition TRACE au Sénat en mars 2025, repoussant certains objectifs intermédiaires), mais le cadre reste :

densifier les villes, réhabiliter les friches, limiter l’étalement. Cela libère du potentiel pour reconvertir en cultures et préserver notre capacité nourricière.

Pour éviter une pression foncière accrue (logements, infrastructures), une maîtrise de la croissance démographique – via une politique migratoire raisonnée – permettrait de ne pas bétonner en permanence pour des logements sociaux ou autres, préservant ainsi les terres agricoles au bénéfice des Français.

Relocaliser l’industrie

La réindustrialisation avance, même si elle ralentit en 2025 : selon les baromètres, le solde usines (ouvertures/fermetures) est légèrement positif au premier semestre (+9), porté par l’industrie verte (batteries, recyclage). Exemple emblématique : la gigafactory Verkor à Dunkerque/Bourbourg, inaugurée fin 2025, produit dès 2026 des batteries bas carbone (16 GWh initialement, jusqu’à 50 GWh en 2030), avec des milliers d’emplois créés. Soutenu par France 2030, ce type de projet relocalise énergie, santé et alimentation.

L’explosion des circuits courts

Les circuits courts progressent fortement : AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), marchés de producteurs, Ruches qui disent Oui, magasins à la ferme représentent une part croissante des ventes (environ 8-10 % des achats locaux en 2025, avec une dynamique à +9 %/an). Ils soutiennent les agriculteurs, réduisent le transport et réapprennent le saisonnier. Plus d’un exploitant sur cinq vend en direct, et c’est encore plus pour le bio.
Même en ville, les potagers urbains explosent : balcons, jardins partagés, toits végétalisés.

Un virage collectif nécessaire… mais freiné par les politiques actuelles

Ce n’est pas utopique : certains territoires comme l’Indre affichent un potentiel nourricier à 540 % grâce à leurs vastes surfaces céréalières. Pour avancer vers la souveraineté : consommer local et saisonnier, soutenir les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), pousser pour une PAC réorientée vers l’autonomie plutôt que l’export massif.

Moins de superflu importé, plus de travail de la terre, des politiques protégeant nos sols : voilà la recette pour une France qui se nourrit d’abord elle-même.

Pourtant, la révolte paysanne actuelle, qui reprend de plus belle en ce début janvier 2026, révèle que le gouvernement ne semble pas vouloir aller dans ce sens. Après une trêve des fêtes, les agriculteurs bloquent à nouveau routes, ports et autoroutes (en Normandie, Sud-Ouest, Isère, etc.), avec des convois vers Paris malgré les interdictions. Les raisons : opposition farouche à l’accord UE-Mercosur (menace de concurrence déloyale), gestion contestée de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse –DNC– (abattages massifs), normes environnementales et administratives jugées excessives, faible revenu malgré les promesses, et une PAC européenne accusée de favoriser l’export au détriment de l’autonomie locale. Syndicats comme la Coordination rurale, la Confédération paysanne et même la FNSEA dénoncent un manque de mesures concrètes, malgré les annonces gouvernementales (fonds hydraulique à 60 millions, promesses sur les engrais). Cette colère, qualifiée de « troisième hiver de mobilisation », montre une déconnexion persistante entre les discours officiels et la réalité du terrain, freinant le virage vers une véritable souveraineté alimentaire.


Une souveraineté à portée de main

L’autosuffisance alimentaire n’est donc pas une chimère : les chiffres et le potentiel agricole français le démontrent clairement. Avec un changement radical de mentalité – accepter de se passer du superflu, valoriser le travail de la terre et privilégier le local – et des politiques courageuses qui réorientent vraiment la production, elle est parfaitement atteignable. Ce même principe s’applique à l’industrie : la France a prouvé par le passé qu’elle pouvait exceller en toute indépendance, avec des fleurons comme le TGV, le Concorde, les métros automatiques ou les centrales nucléaires, fruits d’une vision ambitieuse et souveraine.

Au-delà de la sécurité alimentaire et industrielle, cette voie offre un avantage stratégique majeur : échapper aux diktats et chantages divers d’autres puissances, qu’il s’agisse de menaces tarifaires (droits de douane), de dépendances énergétiques ou alimentaires.

En redevenant maître de ses productions essentielles, la France pourrait choisir librement ses partenaires commerciaux, ne traitant qu’avec ceux qui sont de bons alliés, respectueux et fiables.

 C’est non seulement une question de survie économique, mais de dignité nationale.

https://multipol360.com/vers-une-souverainete-alimentaire-francaise/ 

 

Rappel que l'agriculteur français n'est pas menacé par le boucher de Buenos Aires, mais par les bureaucrates de Paris et de Bruxelles, qui lui interdisent de produire dans les meilleures conditions. Le Mercosur traduit cette querelle entre gangs de politiciens pour savoir qui prélèvera la part du lion sur des échanges auxquels ils ne participent pas. Tant qu'on n'arrive pas collectivement à saisir que la morphologie politique actuelle n'est pas une saine délégation de gouvernance pour garantir la propriété entre voisins mais un processus criminel d'intermédiation conçu pour parasiter la richesse échangée, on ne s'en sortira pas. Nous apprenons si lentement.

Arthur Homines 

Lire aussi:

Comment endormir avec duplicité nos agriculteurs alors qu'une opportunité se présente à eux !

Dossier biodiversité !!

 

janvier 06, 2026

Une menace globale pour la liberté !

La surveillance de masse : mythes et réalités dans un monde numérisé 

Dans un monde où nos vies quotidiennes sont de plus en plus interconnectées, la surveillance de masse évoque immédiatement des images dystopiques : un Big Brother omniprésent, des scores sociaux qui dictent nos libertés, ou des caméras scrutant chaque geste. Pourtant, cette réalité n’est pas réservée aux régimes autoritaires.

 


 

Elle s’infiltre dans les démocraties libérales sous couvert de sécurité, de commodité et de profits. 

À partir d’une analyse approfondie des systèmes en place en Chine, aux États-Unis, en Europe et en France, cet article démystifie les idées reçues et explore les mécanismes qui nous observent au quotidien. Sans sensationnalisme, mais avec des faits concrets, nous verrons comment cette surveillance, souvent fragmentée et commerciale, pose des questions éthiques profondes. Et surtout, comment s’en protéger partiellement dans un environnement où l’anonymat devient un luxe.

Qu’est-ce que la surveillance de masse ?

La surveillance de masse désigne l’observation systématique et généralisée des comportements, communications et déplacements d’une population entière, qu’il s’agisse d’individus ou d’entreprises.

Elle n’est pas un fantasme orwellien, mais une pratique bien ancrée, alimentée par les avancées technologiques comme la reconnaissance faciale, les drones, les algorithmes et les bases de données massives. Les scandales comme les révélations d’Edward Snowden sur la NSA en 2013 ont mis en lumière les capacités des services de renseignement à collecter des données à l’échelle planétaire.

Aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’État qui surveille : les grandes plateformes numériques et les fournisseurs d’équipements jouent un rôle central, transformant la surveillance en un marché lucratif.

En effet, les « data brokers » – ces entreprises qui collectent et vendent des informations personnelles – prospèrent sur nos données. Nom, adresse, historique d’achats, habitudes en ligne : tout est monnayable. Cette année, des millions de Français ont vu leurs données exposées via des fuites chez des opérateurs comme SFR ou Free. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Face à cela, des outils comme Incogni émergent pour automatiser la suppression de ces données auprès des brokers, offrant une barrière contre les usurpations d’identité ou le harcèlement. Mais au-delà des protections individuelles, examinons les systèmes étatiques et privés qui structurent cette surveillance globale.

Le crédit social chinois : plus nuancé que le mythe

Le crédit social chinois est souvent dépeint comme l’incarnation ultime de la surveillance autoritaire : un score unique qui punit ou récompense chaque citoyen, limitant leurs libertés en cas de « mauvais comportement ». Cette vision, popularisée par les médias occidentaux, évoque un feu vert ou rouge flottant au-dessus de chaque tête, dictant l’accès aux voyages, aux emplois ou aux soins. Pourtant, la réalité est plus nuancée, même si les risques d’abus restent réels.

En Chine, il n’existe pas de score social unique et national. Au lieu de cela, plusieurs systèmes locaux ou sectoriels coexistent, souvent expérimentaux. Les plus connus sont commerciaux : Sesame Credit d’Alipay (groupe Alibaba) et WeChat Score de Tencent. Ces outils fonctionnent comme des cartes de fidélité turbo, attribuant des points pour des habitudes positives (remboursements d’emprunts, comportements éco-responsables) et offrant des avantages comme des réductions ou des facilités de paiement. WeChat peut même alerter les utilisateurs de la présence de personnes « blacklistées » à proximité, encourageant à les éviter pour gagner des points. Pékin peut théoriquement accéder à ces données, mais ces scores sont avant tout des outils marketing générant d’énormes volumes de données exploitables.

Le système gouvernemental repose sur des listes noires et blanches gérées par des agences comme la Commission nationale du développement et de la réforme ou la Cour suprême. Ces listes sanctionnent le non-respect des lois existantes : impôts impayés, dettes non remboursées, ou violations contractuelles. Être sur une liste noire (comme les « Laolai », les mauvais payeurs) entraîne des restrictions concrètes : interdiction de voyages en avion ou TGV, difficultés pour louer un appartement, ou exclusion de certains emplois publics. À l’inverse, les listes blanches récompensent les bons citoyens, comme ceux qui rendent une location en parfait état ou arrivent en avance aux rendez-vous médicaux.

Depuis 2014, des projets pilotes ont été lancés, mais beaucoup ont échoué ou été ajustés en raison d’inefficacité ou d’impopularité.

Les États-Unis : une surveillance commerciale et fragmentée

Aux États-Unis, terre des libertés individuelles, la surveillance n’est pas orchestrée par un État omnipotent comme en Chine, mais par un écosystème privé tout aussi invasif. Les « Big Tech » – Facebook, Apple, Google – collectent des données sur plus de 200 millions d’Américains, créant des profils détaillés pour des publicités hyper-ciblées. Google sait que vous passez une heure par jour à regarder des vidéos de cuisine ou de chats, et anticipe vos achats (voiture, téléphone) avant même que vous n’y pensiez.

Amazon, soupçonnée de bâtir la plus grande base de données sur les citoyens américains, est sous le feu des critiques au Sénat.

Les data brokers comme Acxiom ou Experian suivent des centaines de millions de personnes, vendant ces informations aux entreprises ou, sur réquisition, aux forces de l’ordre. Sur le terrain, la reconnaissance faciale prospère : Clearview AI fournit aux polices des bases de milliards de photos scrapées sur internet. La vidéosurveillance automatisée et les algorithmes prédictifs complètent le tableau. Ce modèle fragmenté, essentiellement commercial, génère des profits colossaux tout en permettant à l’État d’accéder aux données en cas de besoin. Contrairement à la Chine, la surveillance américaine est discrète, masquée derrière des termes d’utilisation et des algorithmes opaques, mais elle est tout aussi généralisée.

l’Europe et la France : des cadres légaux, mais des intrusions croissantes

En Europe, la surveillance semble plus encadrée grâce au RGPD (Règlement général sur la protection des données) et à des autorités comme la CNIL en France. Pourtant, les exceptions au nom de la sécurité érodent ces protections. L’Union européenne pousse pour une identité numérique interconnectée via le règlement eIDAS, reconnaissant mutuellement les systèmes d’identification des États membres. Le Digital Identity Wallet, en déploiement, stockera carte d’identité, permis et diplômes en un seul endroit, facilitant les contrôles et rendant le mensonge sur un CV impossible par exemple.

L’euro numérique, une monnaie digitale, pourrait tracer toutes les transactions, rendant les espèces obsolètes. Le projet Chat Control, voté dans le cadre du Digital Services Act (DSA), impose le scan automatique des messages privés sur des plateformes comme WhatsApp ou Signal pour détecter contenus illégaux, fake news ou harcèlement. Officiellement contre la pédopornographie, il soulève des inquiétudes sur la vie privée. L’AI Act encadre l’intelligence artificielle, interdisant la police prédictive ou la manipulation subliminale, mais autorise la reconnaissance faciale dans des espaces limités, comme autour des sites olympiques pour les JO de Paris 2024.

En France, la surveillance est discrète mais omniprésente. Près de 90.000 caméras publiques filment les espaces urbains, certaines « intelligentes » détectant attroupements ou objets abandonnés. Les fichiers administratifs interconnectés (CAF, Sécurité sociale, URSSAF) traquent les fraudeurs. Sur les routes, les plaques d’immatriculation sont scannées pour vérifier assurances et infractions, comme sur l’autoroute A13 sans péage physique. La nouvelle loi du 6 novembre 2023 crée le Fichier National des Comptes Signalés pour Risque de Fraude (FNCRF), contournant partiellement le secret bancaire pour lister les « mauvais payeurs ».

Ces outils accumulent des données sur nos déplacements, achats et interactions, formant un réseau de surveillance intégré au quotidien.

Bien que moins spectaculaire qu’en Chine, elle est tout aussi efficace, justifiée par la sécurité publique.

Comment échapper (partiellement) à la surveillance ?

Échapper totalement à la surveillance est impossible dans un monde numérisé, mais réduire son exposition est possible. Commencez par reprendre le contrôle de vos appareils : désactivez l’historique de localisation sur Google et Apple, limitez les autorisations d’apps (micro, caméra, contacts). Évitez les assistants vocaux et objets connectés qui écoutent en permanence.

Pour la navigation, optez pour Firefox, Brave ou Safari avec un bloqueur de trackers, réduisant jusqu’à 90 % des cookies publicitaires. Utilisez des messageries chiffrées comme Signal pour les communications. Privilégiez les espèces pour les paiements anonymes, et des titres de transport non nominatifs quand possible (bien que rares).

Enfin, pour les données vendues par les brokers, des services comme Incogni automatisent les demandes de suppression. Ces gestes ne vous rendront pas invisible, mais ils limitent les traces, préservant un semblant d’intimité.


 

Une menace globale pour la liberté

La surveillance de masse n’est pas l’apanage des dictatures ; elle imprègne les démocraties sous des formes variées.

En Chine, elle est centralisée et punitive ; aux États-Unis, commerciale et lucrative ; en Europe et France, réglementée mais intrusive. Ces systèmes, alimentés par la technologie, menacent nos libertés fondamentales. Il est temps de réclamer plus de transparence et de protections réelles, avant que l’anonymat ne devienne un souvenir. En attendant, agissez individuellement : protégez vos données, questionnez les lois, et soutenez les initiatives pour un numérique éthique.

https://multipol360.com/la-surveillance-de-masse-mythes-et-realites-dans-un-monde-numerise/ 

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Emmanuel Macron et la liberté d’expression ?

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

La doctrine Monroe est une doctrine Brejnev comme les autres

Une partie du monde a applaudi à l’annonce de la capture du président vénézuélien par les forces armées américaines, officiellement pour trafic de drogue. Pour ma part, je partage l’inquiétude exprimée par le secrétaire général des Nations unies : cet acte crée un précédent extrêmement dangereux.

Donald Trump a allègrement piétiné le droit international. Les États-Unis ont d’abord violé la souveraineté du Venezuela en commettant une agression armée, sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans qu’aucun motif de légitime défense, au sens de la Charte, ne puisse être invoqué. Ils se sont ensuite attaqués à un chef d’État en exercice, en violation du régime des immunités personnelles tel qu’il résulte du droit international coutumier et de la jurisprudence constante de la Cour internationale de Justice. Cela touche au cœur même de ce qui rend possible la diplomatie : la sécurité des dirigeants, des représentants et des canaux politiques. La comparaison avec l’arrestation d’Eichmann en Argentine est infondée : Eichmann n’était ni chef d’État ni titulaire d’une immunité personnelle.

Certains tentent de justifier juridiquement cette opération en invoquant un ordre international supérieur, régulé par le droit. J’ai ainsi lu sous la plume de Martin Botero, professeur de droit constitutionnel européen, que le droit international le permettrait : « Depuis Nuremberg, depuis la consolidation des normes de jus cogens, la souveraineté n’est plus un bouclier pour l’impunité, mais une responsabilité. »

Cette affirmation est juridiquement infondée. Le jus cogens n’a jamais constitué, ni en droit positif ni en pratique, un fondement autonome d’intervention armée ou de capture extraterritoriale d’un chef d’État. Il s’agit d’un concept strictement circonscrit au droit des traités, destiné à invalider des accords internationaux contraires à certaines normes impératives.

C’est précisément l’article 53 de la Convention de Vienne sur le droit des traités, qui consacre cette notion, qui a conduit la France à refuser de ratifier la Convention. Paris a toujours considéré que l’introduction d’un concept aussi indéterminé, assorti d’effets aussi radicaux que la nullité automatique des traités, créait une insécurité juridique majeure dans les relations internationales. En l’absence de définition stabilisée, de liste claire des normes concernées et de mécanisme juridictionnel précis, la France a refusé d’ériger le jus cogens en instrument de remise en cause ouverte de la souveraineté étatique. Il est donc pour le moins paradoxal de voir aujourd’hui invoquer ce concept pour justifier ce que le droit français a explicitement refusé d’admettre.

D’autres assument l’illégalité de l’opération au nom de sa prétendue légitimité morale. Ils avancent que Maduro se maintenait au pouvoir en dehors de tout soutien populaire. Il est vrai que l’élection présidentielle de 2024, remportée officiellement par Maduro avec 52 % des voix face à Edmundo González, a été marquée par de graves irrégularités. Mais invoquer les droits humains pour justifier une violation du droit international est un raisonnement factice : on ne peut pas invoquer le droit pour le démolir.

Le droit international n’est pas chargé de dire quels régimes sont démocratiques ou moralement acceptables. Il permet à la Corée du Nord, à l’Iran et au Royaume-Uni de coexister dans un même système précisément parce qu’il ne repose pas sur une hiérarchie morale des régimes, mais sur des règles minimales de coexistence.

Vouloir imposer la démocratie n’a rien de nouveau. Trump ne fait que recycler les arguments utilisés par George W. Bush à propos de Saddam Hussein. Beaucoup accepteront sans esprit critique l’idée que Washington agit pour la démocratie, alors que les intérêts énergétiques demeurent déterminants. La drogue sert ici d’alibi commode. Natacha Polony a d’ailleurs raison de rappeler que Trump a gracié, il y a quelques mois à peine, l’ancien président du Honduras condamné pour narcotrafic.

Le problème de cet interventionnisme moral est double.

D’abord, il a échoué de manière systématique. La chute de Saddam Hussein a plongé l’Irak dans une guerre civile dont est né Daech. La chute des Talibans a conduit à vingt ans de guerre pour aboutir à leur retour au pouvoir. La chute de Kadhafi a plongé la Libye dans une guerre civile tribale. La démocratie est le produit d’une évolution longue et chaotique ; la France a mis près de deux siècles à stabiliser son régime politique.

Ensuite, cet interventionnisme crée des précédents juridiques dévastateurs. Lorsque les États-Unis ont contourné le droit international pour reconnaître l’indépendance du Kosovo en démembrant la Serbie, ils ont fourni aux Russes les arguments qu’ils ont ensuite invoqués pour justifier l’émancipation de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Géorgie. Lorsqu’ils ont envahi l’Irak sans mandat, ils ont offert à Vladimir Poutine un précédent pour l’Ukraine.

On objectera que Trump ne ferait que rejouer le scénario Noriega. Mais l’arrestation de Noriega n’avait pas constitué le fondement juridique affiché de l’intervention américaine ; elle en avait été la conséquence. La différence est majeure.

Bossuet écrivait : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. »

Ceux qui applaudissent aujourd’hui Trump seront les premiers à s’indigner demain si Poutine avale la Lituanie ou annexe la Biélorussie. Ils ne comprennent pas qu’à partir du moment où la légitimité devient le critère de l’intervention, chacun voit midi à sa porte. La légitimité se situe au croisement du droit, de la politique et de l’éthique, sans relever exclusivement d’aucun de ces domaines — et surtout, ce qui est légitime pour l’un ne l’est jamais pour son voisin.

Vladimir Poutine pourrait ainsi estimer légitime la capture de Zelensky. Après tout, il a été élu en 2019, il y a désormais six ans. L’élection de 2024 n’a pas eu lieu, l’Ukraine étant sous loi martiale. Depuis 2022, la Russie accuse Zelensky de corruption massive, de détournement de l’aide occidentale et d’enrichissement personnel. Peu importe que ces accusations soient infondées : dès lors que la légalité est remplacée par la légitimité, le raisonnement devient possible.

 


 

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

Bien entendu, le droit international est régulièrement violé, comme les feux rouges ou les limitations de vitesse sont souvent grillés. Et pourtant, on vit mieux avec que sans.

Si la France avait la taille de la Chine, on pourrait encore considérer le droit international comme superflu : la force nous protégerait. Mais qui nous protégera demain dans la jungle ?

Contrairement à ce que l’on croit, le clivage sur l’affaire Maduro n’oppose pas une gauche légaliste à une droite réaliste. Il oppose trois camps : des réalistes, qui perçoivent très bien où peut conduire l’abandon, même partiel, de la légalité internationale ; des libéraux idéalistes, qui estiment que la cause des droits humains peut justifier, de manière exceptionnelle et transitoire, une entorse aux règles, dans l’attente d’un retour à la légalité ; et des néoconservateurs, héritiers durcis de ce courant, partisans d’un « wilsonisme dur », c’est-à-dire l’imposition de nos normes par la force.

C’est avec ce type de raisonnement que l’on pave la voie à un affrontement durable entre l’Occident et le reste du monde. Quant à ceux qui pensent que la France s’en sortira mieux dans une jungle dominée par la loi du plus fort, qu’ils se souviennent des menaces conjointes de l’URSS et des États-Unis en 1956, lorsque notre pays avait réagi militairement à la nationalisation du canal de Suez. Tout cela ne peut conduire qu’à la vassalisation géopolitique de la France, tétanisée par la peur de l’ogre russe. Il suffit d’observer l’étrange réaction d’Emmanuel Macron à l’affaire Maduro pour s’en convaincre.

Et c’est précisément là que se joue l’aveuglement contemporain : croire que l’on peut fragmenter le droit international, en le respectant lorsqu’il nous protège et en le piétinant lorsqu’il nous gêne, sans en payer le prix. Le droit n’est pas un menu à la carte. Il ne survit pas aux exceptions morales répétées, surtout lorsqu’elles sont invoquées par les plus puissants. Dans un monde redevenu multipolaire, affaiblir volontairement la légalité internationale revient à désarmer les puissances moyennes. Le jour où la France invoquera le droit face à une pression stratégique, énergétique ou territoriale, il ne faudra pas s’étonner que ses interlocuteurs lui répondent, avec un cynisme parfaitement logique : vous-mêmes n’y croyiez plus.

 

Julien Aubert est ancien député de Vaucluse, vice-président des Républicains et président d’Oser la France, mouvement d’inspiration gaulliste.

 

James Monroe

James Monroe (comté de Westmoreland, en Virginie 28 avril 1758- New York, 4 juillet 1831) est le cinquième président des États-Unis d'Amérique. Il est élu pour deux mandats de 1817 à 1825.

C’est un homme réputé pour son honnêteté qui prendra deux décisions d’une importance capitale dans l’histoire des États-Unis : le « compromis du Missouri » et la « doctrine Monroe » qui porte son nom. Son mandat a été désigné sous le nom de l'« ère des bons sentiments ». Il est aussi le dernier président de la « dynastie virginienne ». 

L'ascension

Il fait ses études à l’université William et Mary, se bat dans l’armée continentale lors de la Révolution américaine, est blessé à la bataille de Trenton et pratique le droit à Fredericksburg, en Virginie. Ses parents, Spence Monroe (1727-1774) et Elizabeth Jones (née vers 1729) sont de riches fermiers. Il se marie le 16 février 1786 avec Elizabeth Eliza Kortright ; ils eurent trois enfants, deux filles et un garçon mort en bas âge.

Il rejoint les anti-fédéralistes au début de sa carrière politique et défend la politique de Thomas Jefferson, qui avait été son maître. Il siège à la chambre de Virginie (1782) et au Congrès continental (1783-1786). Il est élu au Sénat (1790) puis nommé ambassadeur en France, dont il défend les positions, de 1794 à 1796. Gouverneur de Virginie (1799-1802), il est chargé ensuite par Jefferson de négocier l’achat de la Louisiane avant d’être nommé ministre plénipotentiaire à Londres (1803-1807) sans pouvoir empêcher la dégradation des relations entre les deux pays. Réélu gouverneur en 1811, il démissionne peu de mois après. Il est secrétaire d'État (1811-1815) puis cumule avec la fonction de secrétaire de la Guerre (1814-1815) du président James Madison.

Le président

Le 4 décembre 1816, il est élu président en battant le candidat fédéraliste. Il est le dernier président ancien combattant de la guerre d’Indépendance et n’a pas vraiment d’opposants pour ces deux élections. Monroe décide de visiter tous les États pour la première fois depuis George Washington.

Il choisit un sudiste, John C. Calhoun, comme secrétaire à la Guerre et un nordiste, John Quincy Adams comme secrétaire d’État. Sous sa présidence, accord entre les États-Unis et le Canada sur la définition de la frontière entre les deux pays au niveau du 49e parallèle (1818) . le Congrès vote et le président Monroe signe le compromis du Missouri (1820) qui admet cet État dans l’Union en tant qu’État esclavagiste mais interdit l’esclavage dans les territoires situés au nord. Réélu en 1820 à la quasi unanimité des suffrages, il énonce ce qui devint la « doctrine Monroe » (2 décembre 1823) : le continent américain se veut libre et indépendant et n’a pas vocation à être colonisé par les puissances européennes. Cette doctrine s’oppose à l’expansionnisme de l’Europe sur le continent américain et annonce la volonté des États-Unis d’avoir une influence majeure sur l’avenir du continent même s'il n'en a pas les moyens à l'époque.

C'est en hommage à James Monroe que la capitale du Libéria, en Afrique de l'Ouest, a été dénommée Monrovia en 1822

Littérature secondaire

  • 2022, Kevin Gutzman, "The Jeffersonians: The Visionary Presidencies of Jefferson, Madison, and Monroe", New York: St. Martin's Press

Liens externes

https://www.wikiberal.org/wiki/James_Monroe

 

 

Scandale France: Le patrimoine net de l’État est tombé à 633 milliards d’euros (21,7 % du PIB) contre 60 % en 2007.

Patrimoine public : riche sur le papier mais étranglé par la dette ! 
 
L'État ne manque pas d’actifs : fin 2024, les administrations publiques détenaient 2 821 milliards € d’actifs non financiers et 1 626 milliards € d’actifs financiers...
 
 
 
Mais pendant ce temps, les passifs explosent 
📉 La dette publique est à 3 305 milliards €
📉 Les passifs totaux sont à 3 815 milliards € en valeur de marché, soit 130,7 % du PIB
Résultat :
👉 le patrimoine net de l’État s’est effondré à 21,7 % du PIB... contre 60 % en 2007
👉 l’État central est désormais en patrimoine négatif, tandis que les collectivités locales portent l’essentiel des actifs réellement mobilisables grâce à la générosité des contribuables locaux qui fournissent une partie des capitaux requis pour investir ou assurer le service de la dette ! 

Patrimoine public : un actif écrasé par la dette

Le site Fipeco a consacré une fiche aux actifs des administrations publiques. Elle révèle que l’État français ne manque pas d’actifs mais que ceux-ci sont largement immobilisés, difficiles à valoriser et progressivement minorés par la marée des passifs.

Selon les chiffres de Fipeco, le patrimoine non financier des administrations publiques se montait à 2 821 milliards d’euros fin 2024, soit 96,6 % du PIB, en légère baisse par rapport aux 99,4 % de 2023.

Ce pactole est composé à 37 % de terrains bâtis – les espaces naturels étant valorisés à zéro – à 36 % d’ouvrages de génie civil et pour 14 % de bâtiments non résidentiels. Les collectivités locales concentrent 68 % de ces actifs.

Autre pan de la richesse nationale, les actifs financiers publics s’établissaient pour leur part à 1 626 milliards d’euros (55,7 % du PIB).

Ce portefeuille de placements comprend plusieurs poches dont 42 % d’actions, 14 % de liquidités et 11% de crédits.

Notamment tiré par la valorisation des participations de l’État, la surface de ces actifs financiers a progressé de 33 milliards sur un an, relève Fipeco.

Mais l’avenir ne s’écrit pas en rose. Car, face à ce gisement patrimonial, les passifs explosent.

La dette (au sens de Maastricht) atteignait 3 305 milliards d’euros (113,2 % du PIB) en 2024 et l’ensemble des passifs (en valeur de marché) représentaient 3 815 milliards, soit 130,7 % du PIB.

Résultat, le patrimoine net de l’État est tombé à 633 milliards d’euros (21,7 % du PIB) contre 60 % en 2007.

Dans le détail, l’État central affiche un patrimoine négatif de 1 329 milliards tandis que les collectivités locales sont beaucoup plus solides grâce à la générosité des contribuables locaux qui fournissent une partie des capitaux requis pour investir ou assurer le service de la dette.

Ce sont les collectivités locales qui portent aujourd’hui la majeure part des actifs réellement mobilisables.

 
 
Déficit et dette publics, politique budgétaire

4) Les actifs des administrations publiques

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Les administrations publiques (APU) au sens de la comptabilité nationale sont définies dans une autre fiche. Elles sont réparties en trois catégories : les « administrations publiques centrales » (APUC), qui regroupent elles-mêmes l’Etat et les « organismes divers d’administration centrale » (ODAC)[1], les « administrations de sécurité sociale » (ASSO) et les « administrations publiques locales » (APUL).

Les administrations publiques s’endettent, en partie, pour financer la construction ou l’acquisition d’actifs, physiques ou financiers, qui constituent leur patrimoine : ouvrages de génie civil, immeubles de bureaux, terrains, brevets et logiciels, participations dans des entreprises, prêts à d’autres agents… Il est donc nécessaire de mettre ces actifs en regard de leurs « dettes brutes » dans des « comptes de patrimoine ».

Cette fiche décrit les méthodes d’estimation de ces actifs ainsi que leur valeur et leur évolution au cours des dernières années. Le patrimoine net des administrations publiques (différences entre leurs actifs et leurs passifs) est également présenté.

A) L’estimation des actifs des APU

1) Les actifs non financiers

Les actifs non financiers de l’État sont inscrits à son bilan, qui est certifié par la Cour des comptes. Ceux des organismes relevant des lois de financement de la sécurité sociale sont inscrits dans un « tableau patrimonial » qui figure en annexe de ces lois et qui est également certifié par la Cour des comptes.

En revanche, il n’existe pas de recensement, encore moins de valorisation, des actifs non financiers des collectivités territoriales et de leurs groupements alors qu’ils sont bien plus importants que ceux de l’Etat.

Les comptes de patrimoine non financier des administrations publiques en comptabilité nationale sont établis par l’Insee en exploitant peu ces éléments des bilans de l’Etat et des organismes de sécurité sociale.

Les actifs non financiers des administrations publiques à la fin de l’année N sont en effet estimés le plus souvent par l’Insee en partant de leurs actifs à la fin de l’année N-1 et en y ajoutant le montant des investissements non financiers réalisés pendant l’année N (la « formation brute de capital fixe »). L’Insee en déduit ensuite le montant estimé de la dépréciation de ces actifs au cours de l’année N (la « consommation de capital fixe »). Le stock d’actifs est ensuite revalorisé pour tenir compte de l’évolution de leur prix, les comptes de patrimoine étant établis en valeur de marché.

Cette méthode soufre de multiples fragilités. La consommation de capital fixe repose sur des coefficients d’amortissement par grandes catégories d’actifs dont la pertinence n’est pas souvent réexaminée. La revalorisation du patrimoine repose sur des indices de prix fragiles et qui ne sont pas toujours adaptés aux actifs considérés. Les éléments de ce patrimoine qui existaient déjà au commencement de cet « inventaire permanent » (le patrimoine culturel ancien notamment) sont partiellement recensés et très forfaitairement valorisés (souvent pour une valeur nulle).

Les comptes nationaux ne comprennent pas des comptes de patrimoine non financier dans tous les pays européens et, lorsqu’ils existent, ils sont difficilement comparables car les méthodes mises en œuvre en pratique sont hétérogènes.

2) Les actifs financiers

Les actifs financiers de l’Etat et des organismes relevant du périmètre des lois de financement de la sécurité sociale sont inscrits à son bilan et à leur tableau patrimonial. Ceux des collectivités territoriales et de la plupart des établissements publics sont recensés par la direction générale des finances publiques. La Banque de France utilise ces informations comptables pour estimer les actifs financiers qui figurent dans les comptes de patrimoine financier des administrations publiques.

B) La valeur des actifs des APU

1) Les actifs non financiers en 2024

Les actifs non financiers de l’État sont inscrits à son bilan à hauteur de près de 667 Md€ à la fin de 2024[2]. Ceux des organismes relevant des lois de financement de la sécurité sociale figurent pour moins de 10 Md€ à leur tableau patrimonial.

En comptabilité nationale, les actifs non financiers des administrations publiques s’élèvent à la fin de 2024 à 2 821 Md€. Ils sont constitués pour 37 % par des terrains, généralement bâtis, les espaces naturels étant valorisés à un prix égal à zéro. Les bâtiments non résidentiels en représentent 14 % et les autres ouvrages de génie civil 36 %. Les immobilisations incorporelles, les systèmes d’armes et les logements ont des parts beaucoup plus faibles.

Ces actifs ont augmenté de 13 Md€, soit de 0,5 %, en 2024 et sont ainsi passés de 99,4 % du PIB fin 2023 à 96,6 % fin 2024. Les flux d’actifs nouveau (investissements) ont atteint 132 Md€, dont 39 Md€ dans les autres ouvrages de génie civil, 35 Md€ dans les bâtiments non résidentiels et 27 Md€ en recherche et développement. La consommation de capital fixe (l’équivalent des dotations aux amortissements) a été de 110 Md€ et l’évolution des prix a conduit à une diminution de 20 Md€ de la valeur de ces actifs. Des ajustements statistiques se sont par ailleurs traduits par une revalorisation de 12 Md€.

Environ 68 % d’entre eux sont inscrits à l’actif des administrations publiques locales.

 

Source : Insee, FIPECO.

2) Les actifs financiers en 2024

Les actifs financiers des administrations publiques sont estimés à 1 626 Md€ à la fin de 2024. Ils sont composés d’actions (participations de l’Etat dans des sociétés notamment) pour 42 %, de crédits pour 11 %, de liquidités pour 14 %, de titres de créance (obligations, par exemple) pour 3 %. Une catégorie « autres » en représente 30 % et correspond surtout à des produits, tels que les impôts et cotisations, à recevoir au titre de l’exercice clos.

Source : Insee ; Banque de France ; FIPECO.

Ces actifs financiers ont augmenté de 33 Md€ par rapport à la fin de 2023, soit de 2,1 %. En pourcentage du PIB, ils sont ainsi passés de 56,4 % à 55,7 %. La valeur des actions détenues par les administrations publiques à la fin de 2024 est supérieure de 15 Md€ à celle de fin 2023.

Ils étaient détenus à hauteur de 53 % par les administrations centrales, 15 % par les administrations locales et 32 % par les administrations de sécurité sociale. S’agissant de ces dernières, ce sont, pour environ la moitié, des produits à recevoir (cotisations et impôts notamment) et, pour une grande partie de l’autre moitié, les actifs des régimes de retraite complémentaires, du fonds de réserve des retraites….

3) L’évolution des actifs des administrations publiques depuis 1995

La valeur des actifs des administrations publiques est passée de 114 % du PIB en 1995 à 157 % en 2010. Au cours de cette période, la valeur des actifs financiers a augmenté de 9 points de PIB et celle des actifs non financiers de 34 points. Les actifs « produits » (c’est-à-dire hors terrains pour l’essentiel) se sont accrus de 8 points de PIB entre 2000 et 2010 et les terrains de 26 points. La forte hausse des actifs sur cette période résulte principalement de la croissance des prix du foncier.

Ensuite, la valeur du total des actifs a un peu diminué de 2010 à 2015 du fait des terrains et, secondairement, des actifs produits pour revenir ensuite en 2019 à peu près au niveau de 2010. La valeur du total des actifs a de nouveau augmenté en 2020, de 156 à 178 % du PIB, surtout en raison de la baisse du PIB et de la hausse du prix du foncier. Elle a peu varié en 2021 puis a diminué jusqu’à 2024 (152 % du PIB) du fait surtout de la baisse de la valeur des terrains.

Source : Insee ; FIPECO

C) Le patrimoine net des administrations publiques

Si la dette publique au sens du traité de Maastricht s’élève à 3 305 Md€, soit 113,2 % du PIB, à la fin de 2024, le total des passifs des administrations publiques se situe à 3 815 Md€, soit 130,7 % du PIB. En effet, les actifs et passifs des administrations publiques en comptabilité nationale ne sont pas consolidés[3] et sont exprimés en valeur de marché[4] alors que la dette publique au sens du traité de Maastricht est consolidée, est exprimée en valeur faciale et correspond à seulement une partie des passifs (les charges à payer en sont par exemple exclues).

Les passifs des administrations publiques ont augmenté de 125 Md€ par rapport à la fin de 2023 (3 690 Md€) alors que la dette au sens du traité de Maastricht s’est accrue de 203 Md€. En effet, ils sont comptabilisés en valeur de marché et la hausse des taux d’intérêt de fin 2023 à fin 2024 a notamment conduit à réviser cette valeur à la baisse de 59 Md€.

La valeur nette du patrimoine des administrations publiques, différence entre le total de leurs actifs et le total de leurs passifs, est de 633 Md€, soit 21,7 % du PIB, à la fin de 2024. Elle a diminué de 78 Md€ par rapport à son montant à la fin de 2023, passant ainsi de 25,1 % du PIB à 21,7 %.

Le patrimoine net des administrations centrales est fortement négatif (- 1 329 Md€ à fin 2024), car elles portent l’essentiel de la dette publique, tandis que celui des administrations locales est largement positif (1 844 Md€), car elles détiennent l’essentiel des actifs non financiers. Celui des administrations de sécurité sociale est positif (117 Md€).

Source : Insee ; FIPECO

La valeur nette du patrimoine des administrations publiques représentait 35 % du PIB en 1995 et à peu près autant en 2003. Elle a ensuite fortement augmenté pour atteindre 60 % du PIB en 2007, principalement en raison d’une forte hausse de la valeur des actifs non financiers, qui tient elle-même presque entièrement à la valeur des terrains.

Elle a ensuite diminué d’environ 40 points jusque vers 20 % du PIB dans les années 2014 à 2020 en raison de l’augmentation des passifs. Elle est ensuite remontée jusqu’à 36 % du PIB en 2022, surtout du fait de la baisse de la valeur de marché des passifs des administrations publiques qui résultait elle-même de la hausse des taux d’intérêt. A la fin de 2024, elle est revenue à 22 % du PIB, soit une baisse de 38 points par rapport à son point haut de 2007 qui est imputable pour 44 points à l’augmentation des passifs, la valeur des actifs ayant un peu augmenté (2 points pour les actifs non financiers et 4 points pour les actifs financiers).

La valeur de marché des obligations émises par les administrations publiques varie en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. Or ces obligations sont en fait très majoritairement remboursées à leur échéance et donc à leur valeur faciale. En outre, quand elles sont remboursées par anticipation, c’est toujours moins de deux ans avant leur échéance et donc à une valeur qui est proche de leur valeur faciale. La dette publique au sens du traité de Maastricht est donc une meilleure mesure de l’endettement de la France. 

Ensuite, la plupart des actifs non financiers des administrations publiques font partie du domaine public et sont donc « inaliénables et imprescriptibles » en application d’une législation qui remonte à l’édit de Moulins en 1566. En pratique, ils peuvent être cédés après avoir été déclassés pour être transférés au « domaine privé » des administrations, ce qui suppose de mettre en œuvre des procédures parfois complexes allant jusqu’au vote d’une loi. En tout état de cause, la vente de certains biens est impossible techniquement (la voirie municipale…) ou serait très difficile politiquement (les équipements des armées…). Il serait également très difficile de vendre certains actifs financiers (Banque de France, Caisse des dépôts et consignations…).

Les actifs financiers les plus liquides sont déduits par l’Insee de la dette publique maastrichtienne pour estimer une dette nette (3 063 Md€, soit 104,7 % du PIB, fin 2024).

Enfin, les actifs de nature à augmenter la production potentielle sont probablement très minoritaires. Les terrains, les bureaux, les logements et les armements représentent au total plus de 50 % des actifs non financiers. Le bénéfice socio-économique des autres actifs non financiers (ouvrages de génie civil, matériels et équipements, logiciels…) est en outre parfois loin d’être positif.

Au total, si le patrimoine des administrations publiques tel qu’il est estimé dans les comptes nationaux constitue une information intéressante, la dette publique brute au sens du traité de Maastricht est un meilleur indicateur pour apprécier la soutenabilité des finances publiques.

On peut également noter que ces comptes de patrimoine ne retiennent ni la capacité de l’Etat à augmenter et lever l’impôt du côté des actifs, mais elle pourrait être remise en question compte-tenu du niveau déjà atteint par le taux des prélèvements obligatoires, ni les engagements hors bilan de l’Etat du côté des passifs. Ces derniers sont décrits dans une fiche particulière. En raison de leur grande hétérogénéité, il est préférable de ne pas les totaliser mais certains d’entre eux, comme les engagements de retraite de l’Etat vis-à-vis de ses agents, représentent des montants très importants.

 

[1] Organismes publics ayant une activité non marchande et contrôlés par l’État.

[2] Immobilisations corporelles et incorporelles et stocks (valeurs nettes).

[3] La consolidation consiste à éliminer les créances et dettes réciproques entre administrations publiques.

[4] La valeur à laquelle les titres sont échangés sur le marché et non le montant qui sera remboursé (valeur faciale).

https://www.fipeco.fr/fiche/Les-actifs-des-administrations-publiques#:~:text=La%20valeur%20nette%20du%20patrimoine,PIB%20%C3%A0%2021%2C7%20%25.

 
 
Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee le 19 décembre 2025, la dette publique atteint un nouveau record et continue de se diffuser dans toutes les strates de l’administration.

Tous ceux qui voient le compteur de la dette s’affoler sur le site de Contribuables Associés le savaient déjà.

L’Insee vient de confirmer que la dette française s’emballe. A la fin du troisième trimestre 2025, elle a atteint 3 482,2 milliards d’euros, soit 117,4 % du PIB, un niveau inédit hors période de guerre ou de pandémie.

Machine infernale : en trois mois, la dette, ce piège mortel qui se refermera un jour ou l’autre sur les contribuables, a encore progressé de 65,9 milliards d’euros (après + 70,9 milliards au trimestre précédent).

L’État joue le premier rôle dans cette course à la banqueroute budgétaire : sa dette augmente de 58,1 milliards pour atteindre 2 845,7 milliards d’euros.

Cette dérive est également transversale.

Si le passif des divers organismes d’administration centrale (68,4 milliards) se tasse un peu, la dette des administrations de sécurité sociale s’alourdit de 7,6 milliards (déjà +7,8 milliards au trimestre précédent), pour culminer à 305,2 milliards.

Les administrations publiques locales voient leurs dettes progresser de 500 millions supplémentaires, ce qui porte leur total à 262,9 milliards.

À cet empilement qui porte la dette nette à 3 232,3 milliards d’euros se superpose une paralysie politique.

La commission mixte paritaire chargée d’aboutir à un compromis sur le budget 2026 a échoué, rendant probable le recours à une loi spéciale.

D’après l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques, ce régime exceptionnel ferait perdre 6,5 milliards de recettes à l’État tout en ne générant que trois milliards d’euros d’économies. Le déficit atteindrait 5,5 % du PIB.

À ce niveau, Bruxelles pourrait réactiver la procédure de déficit excessif, assortie d’une amende annuelle avoisinant 2,5 milliards.

Si la dette dépasse déjà 117 % du PIB, les prévisionnistes estiment qu’elle pourrait franchir 120 % en 2027.

Une dynamique inverse de celle de l’Italie, pourtant plus lourdement endettée, mais engagée dans un effort d’assainissement budgétaire.

Seul facteur positif : la Banque de France a relevé ses anticipations de croissance, tablant sur + 0,9 % en 2025 puis sur un raffermissement progressif jusqu’en 2028 grâce à la reprise de la consommation et de l’investissement privé.

Ce scénario pourrait freiner la dérive de la dette, en augmentant mécaniquement les recettes fiscales de l’État, ce qui réduirait le ratio dette/PIB.

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janvier 04, 2026

L'État ce Maître-chanteur redoutable, manipulateur pervers par Arthur Homines

L'État assure sa propre continuité en captant nos affects, les transformant en une allégeance indue envers son appareil politique, administratif et militaire. L'esprit peu entraîné projette alors ses émotions les plus intimes (comme l'amour des paysages de son enfance, sa langue, ses habitudes, ses relations, etc) sur l'entité politique au sein de laquelle il a vécu jusque-là. 
 

 
 C'est une forme de hold-up psycho-affectif et culturel. L'individu se sent appartenir à quelque chose de bien réel, et cela est bien légitime. Mais l'État s'est depuis longtemps greffé par-dessus ces réseaux naturels en prétendant qu'il serait le seul à pouvoir garantir leur pérennité. C'est un chantage redoutable, et qui fonctionnera tant qu'on n'aura pas imaginé d'autres formes d'organisation, et notamment de défense. 
 
C'est par ce biais que nous en venons à parler de "la France" ou de "l'Occident" comme d'entités politiques disposant d'une volonté propre (voire d'un destin), et indispensables à nos vies. 
 
Ce langage de perversion de la réalité nous condamne alors à la logique binaire du « Nous vs Eux ». Si l'Occident est un corps, alors chacun de nous est déterminé à n'être qu'une cellule de celui-ci prête à se sacrifier. C'est la dissolution de l'individu dans une chimère politico-mystique. 
 
Et plus la souveraineté individuelle est mise à mal, plus nous dérivons en tendance vers des réflexes servant de compensations psychologiques à une puissance évaporée. C'est pourquoi certains se sentent revigorés quand ils voient les USA manifester leur domination. Il s'agit de sortir de cette brutalité par procuration, en réalisant que l'institution même qui prétend vous protéger est un bourreau, non un allié.
 
Identitaires => fusion entre atlantisme/pro-américanisme, sionisme, européisme, libéralisme (léger, quand ça les arrange) et bellicisme. 
 
Je veux bien qu'on se doive de proposer autre chose que le souverainisme et le nationalisme sauce socialiste, mais il s'agirait de ne pas faire encore pire. 
 
Il n'y a qu'à voir comment ses partisans se rangent systématiquement dans le camp néoconservateur américain et conçoivent les rapports sociaux. Ils valideraient sans problème un régime bien plus autoritaire que celui de Macron tant que celui-ci leur promet de satisfaire leurs désirs. 
 
Aucune trace de conception juridique autour de la souveraineté individuelle, aucune théorie des droits de propriété ni aucune compréhension des mécanismes de la monnaie, du crédit ou du capital...seule la Force compte ! 
 
Quel horizon. Ils veulent les fruits de la Civilisation (notamment la richesse et la sécurité, produits de l'individualisme européen), tout en se vautrant dans un nouveau collectivisme droitier. 
 
Que voulez-vous, ils prétendent incarner une politique pragmatique. Ils disent tous pareil juste avant de finir dévorés par le régime qu'ils ont eux-mêmes poussé.

Notre espèce n'est pas nécessairement vouée à se foutre sur la gueule à cause d'ultra-minorités constituées en castes violentes. 
 
Ne confondez pas ce qui est (ou a été) avec ce qui doit être (ou ce qui pourrait être). Soutenir que la violence est la seule règle de gestion des rapports humains sous prétexte qu'on a connu que cela revient à utiliser l'argument de ceux qui auraient refusé l'abolition de l'esclavage. 
 
Non seulement c'est votre imagination qui bloque, mais surtout nul ne peut prédire l'avenir. L'évolution du monde est incertaine et chaotique, restons humbles. Je me rends compte de la difficulté d'intégration d'un tel propos, mais il ne s'agit que de conditionnement. Nous pouvons donc démystifier cette croyance. 
 
L'histoire que l'on nous enseigne depuis l'enfance est une chronique des crimes de masse. On ne retient donc que les dates de batailles et les traités signés par les chefs d'une époque donnée. On oublie les milliards d'échanges quotidiens, les solidarités et les innovations qui ont eu lieu MALGRÉ les castes violentes (et non grâce à elles !). 
 
On perçoit donc aisément « l'ordre » imposé par le haut, tout en oubliant l'ordre légitime et structurant émanant du bas. Les étatistes croient encore que leur organe chéri est une réalité indépassable, mais rien ne dit qu'il en sera ainsi pour l'éternité. C'est à nous de nous en détacher. Surtout, ils ne sont pas créateurs de richesse. 
 
Au contraire, TOUT ce que vous chérissez est le produit du Droit et du Marché. La violence des États ne peut rien créer, elle ne peut que détruire. La Civilisation est ce processus par lequel l'Humanité s'efforce de se sophistiquer pour sortir de l'Agression. Nous avons encore du travail, manifestement.
 
L’État et les industries de connivence ont industrialisé la mort dans des proportions inimaginables. Ils ont travesti la violence en droit, le mensonge en science et le vol en solidarité. Ils sont responsables d'inflation, d’endettement public, de cartellisation de l’économie, d’expropriations directes et indirectes, de corruption, de népotisme et de favoritisme, de destruction des liens familiaux et communautaires, d'uniformisation culturelle, de chaos social, de surveillance de masse, de propagande, de manipulations et de mensonges, de censures, de répressions, d’incarcérations d’innocents, d’esclavage, de déportations, de colonisations et d’apartheids, d’ingénieries pathogènes, d’attaques fabriquées pour justifier la guerre, de conscriptions, de pillages, d’alliances barbares, de déstabilisations à l’étranger, de famines, de tortures, de bombardements et de génocides. Que vous faut-il de plus pour déclarer qu'ils sont le problème ? 

Question fréquente, à laquelle je vais tenter d'apporter une réponse claire. L'usage de la force est légitime dans le cadre d'une réponse proportionnée à une agression déjà en cours (menace sérieuse ou violation de propriété manifeste par exemple). C'est la règle de Droit. Ensuite, vient la notion de prévention. Ce besoin de frapper en premier parce qu'on sent que l'autre le fera sinon. La réponse est alors NON, ce principe ne tient pas. Il trahit par ailleurs un manque d'imagination. La gestion du risque doit être abordée bien autrement. Il s'agit de repartir d'un règle de Droit justifiable, puis de mettre en place les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression.

Tout ce qui relève de l'intervention dite préventive signe en réalité la fin du Droit. Si je peux vous frapper parce que je pense que vous allez me frapper en premier, alors n'importe qui peut frapper n'importe qui à tout moment. La notion de « menace imminente » est même une arme rhétorique de prédilection dès qu'il s'agit de justifier les guerres, l'expansion budgétaire et le contrôle social. C'est un puits sans fond puisqu'il y aura toujours une nouvelle menace à « prévenir » à l'autre bout du monde. Je vous invite donc à renverser le paradigme.

L'agression doit devenir fantaisiste, improbable, coûteuse, délirante. L'idée même de « frappe préventive » devrait représenter un risque financier et juridique énorme pour celui qui ose y songer. Pour ce faire, il faudra mettre en place un large réseau de contrats, d'alliances et commercer abondamment avec ses voisins (voire au-delà bien sûr). Si j'agresse mon partenaire commercial, je me ruine moi-même et je perds sa confiance ! En instaurant les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression par l'établissement d'un nouveau cadre social, nous sortirons du cycle de la Barbarie pour entrer dans celui de la Civilisation.

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