janvier 06, 2026

Une menace globale pour la liberté !

La surveillance de masse : mythes et réalités dans un monde numérisé 

Dans un monde où nos vies quotidiennes sont de plus en plus interconnectées, la surveillance de masse évoque immédiatement des images dystopiques : un Big Brother omniprésent, des scores sociaux qui dictent nos libertés, ou des caméras scrutant chaque geste. Pourtant, cette réalité n’est pas réservée aux régimes autoritaires.

 


 

Elle s’infiltre dans les démocraties libérales sous couvert de sécurité, de commodité et de profits. 

À partir d’une analyse approfondie des systèmes en place en Chine, aux États-Unis, en Europe et en France, cet article démystifie les idées reçues et explore les mécanismes qui nous observent au quotidien. Sans sensationnalisme, mais avec des faits concrets, nous verrons comment cette surveillance, souvent fragmentée et commerciale, pose des questions éthiques profondes. Et surtout, comment s’en protéger partiellement dans un environnement où l’anonymat devient un luxe.

Qu’est-ce que la surveillance de masse ?

La surveillance de masse désigne l’observation systématique et généralisée des comportements, communications et déplacements d’une population entière, qu’il s’agisse d’individus ou d’entreprises.

Elle n’est pas un fantasme orwellien, mais une pratique bien ancrée, alimentée par les avancées technologiques comme la reconnaissance faciale, les drones, les algorithmes et les bases de données massives. Les scandales comme les révélations d’Edward Snowden sur la NSA en 2013 ont mis en lumière les capacités des services de renseignement à collecter des données à l’échelle planétaire.

Aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’État qui surveille : les grandes plateformes numériques et les fournisseurs d’équipements jouent un rôle central, transformant la surveillance en un marché lucratif.

En effet, les « data brokers » – ces entreprises qui collectent et vendent des informations personnelles – prospèrent sur nos données. Nom, adresse, historique d’achats, habitudes en ligne : tout est monnayable. Cette année, des millions de Français ont vu leurs données exposées via des fuites chez des opérateurs comme SFR ou Free. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Face à cela, des outils comme Incogni émergent pour automatiser la suppression de ces données auprès des brokers, offrant une barrière contre les usurpations d’identité ou le harcèlement. Mais au-delà des protections individuelles, examinons les systèmes étatiques et privés qui structurent cette surveillance globale.

Le crédit social chinois : plus nuancé que le mythe

Le crédit social chinois est souvent dépeint comme l’incarnation ultime de la surveillance autoritaire : un score unique qui punit ou récompense chaque citoyen, limitant leurs libertés en cas de « mauvais comportement ». Cette vision, popularisée par les médias occidentaux, évoque un feu vert ou rouge flottant au-dessus de chaque tête, dictant l’accès aux voyages, aux emplois ou aux soins. Pourtant, la réalité est plus nuancée, même si les risques d’abus restent réels.

En Chine, il n’existe pas de score social unique et national. Au lieu de cela, plusieurs systèmes locaux ou sectoriels coexistent, souvent expérimentaux. Les plus connus sont commerciaux : Sesame Credit d’Alipay (groupe Alibaba) et WeChat Score de Tencent. Ces outils fonctionnent comme des cartes de fidélité turbo, attribuant des points pour des habitudes positives (remboursements d’emprunts, comportements éco-responsables) et offrant des avantages comme des réductions ou des facilités de paiement. WeChat peut même alerter les utilisateurs de la présence de personnes « blacklistées » à proximité, encourageant à les éviter pour gagner des points. Pékin peut théoriquement accéder à ces données, mais ces scores sont avant tout des outils marketing générant d’énormes volumes de données exploitables.

Le système gouvernemental repose sur des listes noires et blanches gérées par des agences comme la Commission nationale du développement et de la réforme ou la Cour suprême. Ces listes sanctionnent le non-respect des lois existantes : impôts impayés, dettes non remboursées, ou violations contractuelles. Être sur une liste noire (comme les « Laolai », les mauvais payeurs) entraîne des restrictions concrètes : interdiction de voyages en avion ou TGV, difficultés pour louer un appartement, ou exclusion de certains emplois publics. À l’inverse, les listes blanches récompensent les bons citoyens, comme ceux qui rendent une location en parfait état ou arrivent en avance aux rendez-vous médicaux.

Depuis 2014, des projets pilotes ont été lancés, mais beaucoup ont échoué ou été ajustés en raison d’inefficacité ou d’impopularité.

Les États-Unis : une surveillance commerciale et fragmentée

Aux États-Unis, terre des libertés individuelles, la surveillance n’est pas orchestrée par un État omnipotent comme en Chine, mais par un écosystème privé tout aussi invasif. Les « Big Tech » – Facebook, Apple, Google – collectent des données sur plus de 200 millions d’Américains, créant des profils détaillés pour des publicités hyper-ciblées. Google sait que vous passez une heure par jour à regarder des vidéos de cuisine ou de chats, et anticipe vos achats (voiture, téléphone) avant même que vous n’y pensiez.

Amazon, soupçonnée de bâtir la plus grande base de données sur les citoyens américains, est sous le feu des critiques au Sénat.

Les data brokers comme Acxiom ou Experian suivent des centaines de millions de personnes, vendant ces informations aux entreprises ou, sur réquisition, aux forces de l’ordre. Sur le terrain, la reconnaissance faciale prospère : Clearview AI fournit aux polices des bases de milliards de photos scrapées sur internet. La vidéosurveillance automatisée et les algorithmes prédictifs complètent le tableau. Ce modèle fragmenté, essentiellement commercial, génère des profits colossaux tout en permettant à l’État d’accéder aux données en cas de besoin. Contrairement à la Chine, la surveillance américaine est discrète, masquée derrière des termes d’utilisation et des algorithmes opaques, mais elle est tout aussi généralisée.

l’Europe et la France : des cadres légaux, mais des intrusions croissantes

En Europe, la surveillance semble plus encadrée grâce au RGPD (Règlement général sur la protection des données) et à des autorités comme la CNIL en France. Pourtant, les exceptions au nom de la sécurité érodent ces protections. L’Union européenne pousse pour une identité numérique interconnectée via le règlement eIDAS, reconnaissant mutuellement les systèmes d’identification des États membres. Le Digital Identity Wallet, en déploiement, stockera carte d’identité, permis et diplômes en un seul endroit, facilitant les contrôles et rendant le mensonge sur un CV impossible par exemple.

L’euro numérique, une monnaie digitale, pourrait tracer toutes les transactions, rendant les espèces obsolètes. Le projet Chat Control, voté dans le cadre du Digital Services Act (DSA), impose le scan automatique des messages privés sur des plateformes comme WhatsApp ou Signal pour détecter contenus illégaux, fake news ou harcèlement. Officiellement contre la pédopornographie, il soulève des inquiétudes sur la vie privée. L’AI Act encadre l’intelligence artificielle, interdisant la police prédictive ou la manipulation subliminale, mais autorise la reconnaissance faciale dans des espaces limités, comme autour des sites olympiques pour les JO de Paris 2024.

En France, la surveillance est discrète mais omniprésente. Près de 90.000 caméras publiques filment les espaces urbains, certaines « intelligentes » détectant attroupements ou objets abandonnés. Les fichiers administratifs interconnectés (CAF, Sécurité sociale, URSSAF) traquent les fraudeurs. Sur les routes, les plaques d’immatriculation sont scannées pour vérifier assurances et infractions, comme sur l’autoroute A13 sans péage physique. La nouvelle loi du 6 novembre 2023 crée le Fichier National des Comptes Signalés pour Risque de Fraude (FNCRF), contournant partiellement le secret bancaire pour lister les « mauvais payeurs ».

Ces outils accumulent des données sur nos déplacements, achats et interactions, formant un réseau de surveillance intégré au quotidien.

Bien que moins spectaculaire qu’en Chine, elle est tout aussi efficace, justifiée par la sécurité publique.

Comment échapper (partiellement) à la surveillance ?

Échapper totalement à la surveillance est impossible dans un monde numérisé, mais réduire son exposition est possible. Commencez par reprendre le contrôle de vos appareils : désactivez l’historique de localisation sur Google et Apple, limitez les autorisations d’apps (micro, caméra, contacts). Évitez les assistants vocaux et objets connectés qui écoutent en permanence.

Pour la navigation, optez pour Firefox, Brave ou Safari avec un bloqueur de trackers, réduisant jusqu’à 90 % des cookies publicitaires. Utilisez des messageries chiffrées comme Signal pour les communications. Privilégiez les espèces pour les paiements anonymes, et des titres de transport non nominatifs quand possible (bien que rares).

Enfin, pour les données vendues par les brokers, des services comme Incogni automatisent les demandes de suppression. Ces gestes ne vous rendront pas invisible, mais ils limitent les traces, préservant un semblant d’intimité.


 

Une menace globale pour la liberté

La surveillance de masse n’est pas l’apanage des dictatures ; elle imprègne les démocraties sous des formes variées.

En Chine, elle est centralisée et punitive ; aux États-Unis, commerciale et lucrative ; en Europe et France, réglementée mais intrusive. Ces systèmes, alimentés par la technologie, menacent nos libertés fondamentales. Il est temps de réclamer plus de transparence et de protections réelles, avant que l’anonymat ne devienne un souvenir. En attendant, agissez individuellement : protégez vos données, questionnez les lois, et soutenez les initiatives pour un numérique éthique.

https://multipol360.com/la-surveillance-de-masse-mythes-et-realites-dans-un-monde-numerise/ 

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Emmanuel Macron et la liberté d’expression ?

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

La doctrine Monroe est une doctrine Brejnev comme les autres

Une partie du monde a applaudi à l’annonce de la capture du président vénézuélien par les forces armées américaines, officiellement pour trafic de drogue. Pour ma part, je partage l’inquiétude exprimée par le secrétaire général des Nations unies : cet acte crée un précédent extrêmement dangereux.

Donald Trump a allègrement piétiné le droit international. Les États-Unis ont d’abord violé la souveraineté du Venezuela en commettant une agression armée, sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans qu’aucun motif de légitime défense, au sens de la Charte, ne puisse être invoqué. Ils se sont ensuite attaqués à un chef d’État en exercice, en violation du régime des immunités personnelles tel qu’il résulte du droit international coutumier et de la jurisprudence constante de la Cour internationale de Justice. Cela touche au cœur même de ce qui rend possible la diplomatie : la sécurité des dirigeants, des représentants et des canaux politiques. La comparaison avec l’arrestation d’Eichmann en Argentine est infondée : Eichmann n’était ni chef d’État ni titulaire d’une immunité personnelle.

Certains tentent de justifier juridiquement cette opération en invoquant un ordre international supérieur, régulé par le droit. J’ai ainsi lu sous la plume de Martin Botero, professeur de droit constitutionnel européen, que le droit international le permettrait : « Depuis Nuremberg, depuis la consolidation des normes de jus cogens, la souveraineté n’est plus un bouclier pour l’impunité, mais une responsabilité. »

Cette affirmation est juridiquement infondée. Le jus cogens n’a jamais constitué, ni en droit positif ni en pratique, un fondement autonome d’intervention armée ou de capture extraterritoriale d’un chef d’État. Il s’agit d’un concept strictement circonscrit au droit des traités, destiné à invalider des accords internationaux contraires à certaines normes impératives.

C’est précisément l’article 53 de la Convention de Vienne sur le droit des traités, qui consacre cette notion, qui a conduit la France à refuser de ratifier la Convention. Paris a toujours considéré que l’introduction d’un concept aussi indéterminé, assorti d’effets aussi radicaux que la nullité automatique des traités, créait une insécurité juridique majeure dans les relations internationales. En l’absence de définition stabilisée, de liste claire des normes concernées et de mécanisme juridictionnel précis, la France a refusé d’ériger le jus cogens en instrument de remise en cause ouverte de la souveraineté étatique. Il est donc pour le moins paradoxal de voir aujourd’hui invoquer ce concept pour justifier ce que le droit français a explicitement refusé d’admettre.

D’autres assument l’illégalité de l’opération au nom de sa prétendue légitimité morale. Ils avancent que Maduro se maintenait au pouvoir en dehors de tout soutien populaire. Il est vrai que l’élection présidentielle de 2024, remportée officiellement par Maduro avec 52 % des voix face à Edmundo González, a été marquée par de graves irrégularités. Mais invoquer les droits humains pour justifier une violation du droit international est un raisonnement factice : on ne peut pas invoquer le droit pour le démolir.

Le droit international n’est pas chargé de dire quels régimes sont démocratiques ou moralement acceptables. Il permet à la Corée du Nord, à l’Iran et au Royaume-Uni de coexister dans un même système précisément parce qu’il ne repose pas sur une hiérarchie morale des régimes, mais sur des règles minimales de coexistence.

Vouloir imposer la démocratie n’a rien de nouveau. Trump ne fait que recycler les arguments utilisés par George W. Bush à propos de Saddam Hussein. Beaucoup accepteront sans esprit critique l’idée que Washington agit pour la démocratie, alors que les intérêts énergétiques demeurent déterminants. La drogue sert ici d’alibi commode. Natacha Polony a d’ailleurs raison de rappeler que Trump a gracié, il y a quelques mois à peine, l’ancien président du Honduras condamné pour narcotrafic.

Le problème de cet interventionnisme moral est double.

D’abord, il a échoué de manière systématique. La chute de Saddam Hussein a plongé l’Irak dans une guerre civile dont est né Daech. La chute des Talibans a conduit à vingt ans de guerre pour aboutir à leur retour au pouvoir. La chute de Kadhafi a plongé la Libye dans une guerre civile tribale. La démocratie est le produit d’une évolution longue et chaotique ; la France a mis près de deux siècles à stabiliser son régime politique.

Ensuite, cet interventionnisme crée des précédents juridiques dévastateurs. Lorsque les États-Unis ont contourné le droit international pour reconnaître l’indépendance du Kosovo en démembrant la Serbie, ils ont fourni aux Russes les arguments qu’ils ont ensuite invoqués pour justifier l’émancipation de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Géorgie. Lorsqu’ils ont envahi l’Irak sans mandat, ils ont offert à Vladimir Poutine un précédent pour l’Ukraine.

On objectera que Trump ne ferait que rejouer le scénario Noriega. Mais l’arrestation de Noriega n’avait pas constitué le fondement juridique affiché de l’intervention américaine ; elle en avait été la conséquence. La différence est majeure.

Bossuet écrivait : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. »

Ceux qui applaudissent aujourd’hui Trump seront les premiers à s’indigner demain si Poutine avale la Lituanie ou annexe la Biélorussie. Ils ne comprennent pas qu’à partir du moment où la légitimité devient le critère de l’intervention, chacun voit midi à sa porte. La légitimité se situe au croisement du droit, de la politique et de l’éthique, sans relever exclusivement d’aucun de ces domaines — et surtout, ce qui est légitime pour l’un ne l’est jamais pour son voisin.

Vladimir Poutine pourrait ainsi estimer légitime la capture de Zelensky. Après tout, il a été élu en 2019, il y a désormais six ans. L’élection de 2024 n’a pas eu lieu, l’Ukraine étant sous loi martiale. Depuis 2022, la Russie accuse Zelensky de corruption massive, de détournement de l’aide occidentale et d’enrichissement personnel. Peu importe que ces accusations soient infondées : dès lors que la légalité est remplacée par la légitimité, le raisonnement devient possible.

 


 

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

Bien entendu, le droit international est régulièrement violé, comme les feux rouges ou les limitations de vitesse sont souvent grillés. Et pourtant, on vit mieux avec que sans.

Si la France avait la taille de la Chine, on pourrait encore considérer le droit international comme superflu : la force nous protégerait. Mais qui nous protégera demain dans la jungle ?

Contrairement à ce que l’on croit, le clivage sur l’affaire Maduro n’oppose pas une gauche légaliste à une droite réaliste. Il oppose trois camps : des réalistes, qui perçoivent très bien où peut conduire l’abandon, même partiel, de la légalité internationale ; des libéraux idéalistes, qui estiment que la cause des droits humains peut justifier, de manière exceptionnelle et transitoire, une entorse aux règles, dans l’attente d’un retour à la légalité ; et des néoconservateurs, héritiers durcis de ce courant, partisans d’un « wilsonisme dur », c’est-à-dire l’imposition de nos normes par la force.

C’est avec ce type de raisonnement que l’on pave la voie à un affrontement durable entre l’Occident et le reste du monde. Quant à ceux qui pensent que la France s’en sortira mieux dans une jungle dominée par la loi du plus fort, qu’ils se souviennent des menaces conjointes de l’URSS et des États-Unis en 1956, lorsque notre pays avait réagi militairement à la nationalisation du canal de Suez. Tout cela ne peut conduire qu’à la vassalisation géopolitique de la France, tétanisée par la peur de l’ogre russe. Il suffit d’observer l’étrange réaction d’Emmanuel Macron à l’affaire Maduro pour s’en convaincre.

Et c’est précisément là que se joue l’aveuglement contemporain : croire que l’on peut fragmenter le droit international, en le respectant lorsqu’il nous protège et en le piétinant lorsqu’il nous gêne, sans en payer le prix. Le droit n’est pas un menu à la carte. Il ne survit pas aux exceptions morales répétées, surtout lorsqu’elles sont invoquées par les plus puissants. Dans un monde redevenu multipolaire, affaiblir volontairement la légalité internationale revient à désarmer les puissances moyennes. Le jour où la France invoquera le droit face à une pression stratégique, énergétique ou territoriale, il ne faudra pas s’étonner que ses interlocuteurs lui répondent, avec un cynisme parfaitement logique : vous-mêmes n’y croyiez plus.

 

Julien Aubert est ancien député de Vaucluse, vice-président des Républicains et président d’Oser la France, mouvement d’inspiration gaulliste.

 

James Monroe

James Monroe (comté de Westmoreland, en Virginie 28 avril 1758- New York, 4 juillet 1831) est le cinquième président des États-Unis d'Amérique. Il est élu pour deux mandats de 1817 à 1825.

C’est un homme réputé pour son honnêteté qui prendra deux décisions d’une importance capitale dans l’histoire des États-Unis : le « compromis du Missouri » et la « doctrine Monroe » qui porte son nom. Son mandat a été désigné sous le nom de l'« ère des bons sentiments ». Il est aussi le dernier président de la « dynastie virginienne ». 

L'ascension

Il fait ses études à l’université William et Mary, se bat dans l’armée continentale lors de la Révolution américaine, est blessé à la bataille de Trenton et pratique le droit à Fredericksburg, en Virginie. Ses parents, Spence Monroe (1727-1774) et Elizabeth Jones (née vers 1729) sont de riches fermiers. Il se marie le 16 février 1786 avec Elizabeth Eliza Kortright ; ils eurent trois enfants, deux filles et un garçon mort en bas âge.

Il rejoint les anti-fédéralistes au début de sa carrière politique et défend la politique de Thomas Jefferson, qui avait été son maître. Il siège à la chambre de Virginie (1782) et au Congrès continental (1783-1786). Il est élu au Sénat (1790) puis nommé ambassadeur en France, dont il défend les positions, de 1794 à 1796. Gouverneur de Virginie (1799-1802), il est chargé ensuite par Jefferson de négocier l’achat de la Louisiane avant d’être nommé ministre plénipotentiaire à Londres (1803-1807) sans pouvoir empêcher la dégradation des relations entre les deux pays. Réélu gouverneur en 1811, il démissionne peu de mois après. Il est secrétaire d'État (1811-1815) puis cumule avec la fonction de secrétaire de la Guerre (1814-1815) du président James Madison.

Le président

Le 4 décembre 1816, il est élu président en battant le candidat fédéraliste. Il est le dernier président ancien combattant de la guerre d’Indépendance et n’a pas vraiment d’opposants pour ces deux élections. Monroe décide de visiter tous les États pour la première fois depuis George Washington.

Il choisit un sudiste, John C. Calhoun, comme secrétaire à la Guerre et un nordiste, John Quincy Adams comme secrétaire d’État. Sous sa présidence, accord entre les États-Unis et le Canada sur la définition de la frontière entre les deux pays au niveau du 49e parallèle (1818) . le Congrès vote et le président Monroe signe le compromis du Missouri (1820) qui admet cet État dans l’Union en tant qu’État esclavagiste mais interdit l’esclavage dans les territoires situés au nord. Réélu en 1820 à la quasi unanimité des suffrages, il énonce ce qui devint la « doctrine Monroe » (2 décembre 1823) : le continent américain se veut libre et indépendant et n’a pas vocation à être colonisé par les puissances européennes. Cette doctrine s’oppose à l’expansionnisme de l’Europe sur le continent américain et annonce la volonté des États-Unis d’avoir une influence majeure sur l’avenir du continent même s'il n'en a pas les moyens à l'époque.

C'est en hommage à James Monroe que la capitale du Libéria, en Afrique de l'Ouest, a été dénommée Monrovia en 1822

Littérature secondaire

  • 2022, Kevin Gutzman, "The Jeffersonians: The Visionary Presidencies of Jefferson, Madison, and Monroe", New York: St. Martin's Press

Liens externes

https://www.wikiberal.org/wiki/James_Monroe

 

 

Scandale France: Le patrimoine net de l’État est tombé à 633 milliards d’euros (21,7 % du PIB) contre 60 % en 2007.

Patrimoine public : riche sur le papier mais étranglé par la dette ! 
 
L'État ne manque pas d’actifs : fin 2024, les administrations publiques détenaient 2 821 milliards € d’actifs non financiers et 1 626 milliards € d’actifs financiers...
 
 
 
Mais pendant ce temps, les passifs explosent 
📉 La dette publique est à 3 305 milliards €
📉 Les passifs totaux sont à 3 815 milliards € en valeur de marché, soit 130,7 % du PIB
Résultat :
👉 le patrimoine net de l’État s’est effondré à 21,7 % du PIB... contre 60 % en 2007
👉 l’État central est désormais en patrimoine négatif, tandis que les collectivités locales portent l’essentiel des actifs réellement mobilisables grâce à la générosité des contribuables locaux qui fournissent une partie des capitaux requis pour investir ou assurer le service de la dette ! 

Patrimoine public : un actif écrasé par la dette

Le site Fipeco a consacré une fiche aux actifs des administrations publiques. Elle révèle que l’État français ne manque pas d’actifs mais que ceux-ci sont largement immobilisés, difficiles à valoriser et progressivement minorés par la marée des passifs.

Selon les chiffres de Fipeco, le patrimoine non financier des administrations publiques se montait à 2 821 milliards d’euros fin 2024, soit 96,6 % du PIB, en légère baisse par rapport aux 99,4 % de 2023.

Ce pactole est composé à 37 % de terrains bâtis – les espaces naturels étant valorisés à zéro – à 36 % d’ouvrages de génie civil et pour 14 % de bâtiments non résidentiels. Les collectivités locales concentrent 68 % de ces actifs.

Autre pan de la richesse nationale, les actifs financiers publics s’établissaient pour leur part à 1 626 milliards d’euros (55,7 % du PIB).

Ce portefeuille de placements comprend plusieurs poches dont 42 % d’actions, 14 % de liquidités et 11% de crédits.

Notamment tiré par la valorisation des participations de l’État, la surface de ces actifs financiers a progressé de 33 milliards sur un an, relève Fipeco.

Mais l’avenir ne s’écrit pas en rose. Car, face à ce gisement patrimonial, les passifs explosent.

La dette (au sens de Maastricht) atteignait 3 305 milliards d’euros (113,2 % du PIB) en 2024 et l’ensemble des passifs (en valeur de marché) représentaient 3 815 milliards, soit 130,7 % du PIB.

Résultat, le patrimoine net de l’État est tombé à 633 milliards d’euros (21,7 % du PIB) contre 60 % en 2007.

Dans le détail, l’État central affiche un patrimoine négatif de 1 329 milliards tandis que les collectivités locales sont beaucoup plus solides grâce à la générosité des contribuables locaux qui fournissent une partie des capitaux requis pour investir ou assurer le service de la dette.

Ce sont les collectivités locales qui portent aujourd’hui la majeure part des actifs réellement mobilisables.

 
 
Déficit et dette publics, politique budgétaire

4) Les actifs des administrations publiques

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Les administrations publiques (APU) au sens de la comptabilité nationale sont définies dans une autre fiche. Elles sont réparties en trois catégories : les « administrations publiques centrales » (APUC), qui regroupent elles-mêmes l’Etat et les « organismes divers d’administration centrale » (ODAC)[1], les « administrations de sécurité sociale » (ASSO) et les « administrations publiques locales » (APUL).

Les administrations publiques s’endettent, en partie, pour financer la construction ou l’acquisition d’actifs, physiques ou financiers, qui constituent leur patrimoine : ouvrages de génie civil, immeubles de bureaux, terrains, brevets et logiciels, participations dans des entreprises, prêts à d’autres agents… Il est donc nécessaire de mettre ces actifs en regard de leurs « dettes brutes » dans des « comptes de patrimoine ».

Cette fiche décrit les méthodes d’estimation de ces actifs ainsi que leur valeur et leur évolution au cours des dernières années. Le patrimoine net des administrations publiques (différences entre leurs actifs et leurs passifs) est également présenté.

A) L’estimation des actifs des APU

1) Les actifs non financiers

Les actifs non financiers de l’État sont inscrits à son bilan, qui est certifié par la Cour des comptes. Ceux des organismes relevant des lois de financement de la sécurité sociale sont inscrits dans un « tableau patrimonial » qui figure en annexe de ces lois et qui est également certifié par la Cour des comptes.

En revanche, il n’existe pas de recensement, encore moins de valorisation, des actifs non financiers des collectivités territoriales et de leurs groupements alors qu’ils sont bien plus importants que ceux de l’Etat.

Les comptes de patrimoine non financier des administrations publiques en comptabilité nationale sont établis par l’Insee en exploitant peu ces éléments des bilans de l’Etat et des organismes de sécurité sociale.

Les actifs non financiers des administrations publiques à la fin de l’année N sont en effet estimés le plus souvent par l’Insee en partant de leurs actifs à la fin de l’année N-1 et en y ajoutant le montant des investissements non financiers réalisés pendant l’année N (la « formation brute de capital fixe »). L’Insee en déduit ensuite le montant estimé de la dépréciation de ces actifs au cours de l’année N (la « consommation de capital fixe »). Le stock d’actifs est ensuite revalorisé pour tenir compte de l’évolution de leur prix, les comptes de patrimoine étant établis en valeur de marché.

Cette méthode soufre de multiples fragilités. La consommation de capital fixe repose sur des coefficients d’amortissement par grandes catégories d’actifs dont la pertinence n’est pas souvent réexaminée. La revalorisation du patrimoine repose sur des indices de prix fragiles et qui ne sont pas toujours adaptés aux actifs considérés. Les éléments de ce patrimoine qui existaient déjà au commencement de cet « inventaire permanent » (le patrimoine culturel ancien notamment) sont partiellement recensés et très forfaitairement valorisés (souvent pour une valeur nulle).

Les comptes nationaux ne comprennent pas des comptes de patrimoine non financier dans tous les pays européens et, lorsqu’ils existent, ils sont difficilement comparables car les méthodes mises en œuvre en pratique sont hétérogènes.

2) Les actifs financiers

Les actifs financiers de l’Etat et des organismes relevant du périmètre des lois de financement de la sécurité sociale sont inscrits à son bilan et à leur tableau patrimonial. Ceux des collectivités territoriales et de la plupart des établissements publics sont recensés par la direction générale des finances publiques. La Banque de France utilise ces informations comptables pour estimer les actifs financiers qui figurent dans les comptes de patrimoine financier des administrations publiques.

B) La valeur des actifs des APU

1) Les actifs non financiers en 2024

Les actifs non financiers de l’État sont inscrits à son bilan à hauteur de près de 667 Md€ à la fin de 2024[2]. Ceux des organismes relevant des lois de financement de la sécurité sociale figurent pour moins de 10 Md€ à leur tableau patrimonial.

En comptabilité nationale, les actifs non financiers des administrations publiques s’élèvent à la fin de 2024 à 2 821 Md€. Ils sont constitués pour 37 % par des terrains, généralement bâtis, les espaces naturels étant valorisés à un prix égal à zéro. Les bâtiments non résidentiels en représentent 14 % et les autres ouvrages de génie civil 36 %. Les immobilisations incorporelles, les systèmes d’armes et les logements ont des parts beaucoup plus faibles.

Ces actifs ont augmenté de 13 Md€, soit de 0,5 %, en 2024 et sont ainsi passés de 99,4 % du PIB fin 2023 à 96,6 % fin 2024. Les flux d’actifs nouveau (investissements) ont atteint 132 Md€, dont 39 Md€ dans les autres ouvrages de génie civil, 35 Md€ dans les bâtiments non résidentiels et 27 Md€ en recherche et développement. La consommation de capital fixe (l’équivalent des dotations aux amortissements) a été de 110 Md€ et l’évolution des prix a conduit à une diminution de 20 Md€ de la valeur de ces actifs. Des ajustements statistiques se sont par ailleurs traduits par une revalorisation de 12 Md€.

Environ 68 % d’entre eux sont inscrits à l’actif des administrations publiques locales.

 

Source : Insee, FIPECO.

2) Les actifs financiers en 2024

Les actifs financiers des administrations publiques sont estimés à 1 626 Md€ à la fin de 2024. Ils sont composés d’actions (participations de l’Etat dans des sociétés notamment) pour 42 %, de crédits pour 11 %, de liquidités pour 14 %, de titres de créance (obligations, par exemple) pour 3 %. Une catégorie « autres » en représente 30 % et correspond surtout à des produits, tels que les impôts et cotisations, à recevoir au titre de l’exercice clos.

Source : Insee ; Banque de France ; FIPECO.

Ces actifs financiers ont augmenté de 33 Md€ par rapport à la fin de 2023, soit de 2,1 %. En pourcentage du PIB, ils sont ainsi passés de 56,4 % à 55,7 %. La valeur des actions détenues par les administrations publiques à la fin de 2024 est supérieure de 15 Md€ à celle de fin 2023.

Ils étaient détenus à hauteur de 53 % par les administrations centrales, 15 % par les administrations locales et 32 % par les administrations de sécurité sociale. S’agissant de ces dernières, ce sont, pour environ la moitié, des produits à recevoir (cotisations et impôts notamment) et, pour une grande partie de l’autre moitié, les actifs des régimes de retraite complémentaires, du fonds de réserve des retraites….

3) L’évolution des actifs des administrations publiques depuis 1995

La valeur des actifs des administrations publiques est passée de 114 % du PIB en 1995 à 157 % en 2010. Au cours de cette période, la valeur des actifs financiers a augmenté de 9 points de PIB et celle des actifs non financiers de 34 points. Les actifs « produits » (c’est-à-dire hors terrains pour l’essentiel) se sont accrus de 8 points de PIB entre 2000 et 2010 et les terrains de 26 points. La forte hausse des actifs sur cette période résulte principalement de la croissance des prix du foncier.

Ensuite, la valeur du total des actifs a un peu diminué de 2010 à 2015 du fait des terrains et, secondairement, des actifs produits pour revenir ensuite en 2019 à peu près au niveau de 2010. La valeur du total des actifs a de nouveau augmenté en 2020, de 156 à 178 % du PIB, surtout en raison de la baisse du PIB et de la hausse du prix du foncier. Elle a peu varié en 2021 puis a diminué jusqu’à 2024 (152 % du PIB) du fait surtout de la baisse de la valeur des terrains.

Source : Insee ; FIPECO

C) Le patrimoine net des administrations publiques

Si la dette publique au sens du traité de Maastricht s’élève à 3 305 Md€, soit 113,2 % du PIB, à la fin de 2024, le total des passifs des administrations publiques se situe à 3 815 Md€, soit 130,7 % du PIB. En effet, les actifs et passifs des administrations publiques en comptabilité nationale ne sont pas consolidés[3] et sont exprimés en valeur de marché[4] alors que la dette publique au sens du traité de Maastricht est consolidée, est exprimée en valeur faciale et correspond à seulement une partie des passifs (les charges à payer en sont par exemple exclues).

Les passifs des administrations publiques ont augmenté de 125 Md€ par rapport à la fin de 2023 (3 690 Md€) alors que la dette au sens du traité de Maastricht s’est accrue de 203 Md€. En effet, ils sont comptabilisés en valeur de marché et la hausse des taux d’intérêt de fin 2023 à fin 2024 a notamment conduit à réviser cette valeur à la baisse de 59 Md€.

La valeur nette du patrimoine des administrations publiques, différence entre le total de leurs actifs et le total de leurs passifs, est de 633 Md€, soit 21,7 % du PIB, à la fin de 2024. Elle a diminué de 78 Md€ par rapport à son montant à la fin de 2023, passant ainsi de 25,1 % du PIB à 21,7 %.

Le patrimoine net des administrations centrales est fortement négatif (- 1 329 Md€ à fin 2024), car elles portent l’essentiel de la dette publique, tandis que celui des administrations locales est largement positif (1 844 Md€), car elles détiennent l’essentiel des actifs non financiers. Celui des administrations de sécurité sociale est positif (117 Md€).

Source : Insee ; FIPECO

La valeur nette du patrimoine des administrations publiques représentait 35 % du PIB en 1995 et à peu près autant en 2003. Elle a ensuite fortement augmenté pour atteindre 60 % du PIB en 2007, principalement en raison d’une forte hausse de la valeur des actifs non financiers, qui tient elle-même presque entièrement à la valeur des terrains.

Elle a ensuite diminué d’environ 40 points jusque vers 20 % du PIB dans les années 2014 à 2020 en raison de l’augmentation des passifs. Elle est ensuite remontée jusqu’à 36 % du PIB en 2022, surtout du fait de la baisse de la valeur de marché des passifs des administrations publiques qui résultait elle-même de la hausse des taux d’intérêt. A la fin de 2024, elle est revenue à 22 % du PIB, soit une baisse de 38 points par rapport à son point haut de 2007 qui est imputable pour 44 points à l’augmentation des passifs, la valeur des actifs ayant un peu augmenté (2 points pour les actifs non financiers et 4 points pour les actifs financiers).

La valeur de marché des obligations émises par les administrations publiques varie en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. Or ces obligations sont en fait très majoritairement remboursées à leur échéance et donc à leur valeur faciale. En outre, quand elles sont remboursées par anticipation, c’est toujours moins de deux ans avant leur échéance et donc à une valeur qui est proche de leur valeur faciale. La dette publique au sens du traité de Maastricht est donc une meilleure mesure de l’endettement de la France. 

Ensuite, la plupart des actifs non financiers des administrations publiques font partie du domaine public et sont donc « inaliénables et imprescriptibles » en application d’une législation qui remonte à l’édit de Moulins en 1566. En pratique, ils peuvent être cédés après avoir été déclassés pour être transférés au « domaine privé » des administrations, ce qui suppose de mettre en œuvre des procédures parfois complexes allant jusqu’au vote d’une loi. En tout état de cause, la vente de certains biens est impossible techniquement (la voirie municipale…) ou serait très difficile politiquement (les équipements des armées…). Il serait également très difficile de vendre certains actifs financiers (Banque de France, Caisse des dépôts et consignations…).

Les actifs financiers les plus liquides sont déduits par l’Insee de la dette publique maastrichtienne pour estimer une dette nette (3 063 Md€, soit 104,7 % du PIB, fin 2024).

Enfin, les actifs de nature à augmenter la production potentielle sont probablement très minoritaires. Les terrains, les bureaux, les logements et les armements représentent au total plus de 50 % des actifs non financiers. Le bénéfice socio-économique des autres actifs non financiers (ouvrages de génie civil, matériels et équipements, logiciels…) est en outre parfois loin d’être positif.

Au total, si le patrimoine des administrations publiques tel qu’il est estimé dans les comptes nationaux constitue une information intéressante, la dette publique brute au sens du traité de Maastricht est un meilleur indicateur pour apprécier la soutenabilité des finances publiques.

On peut également noter que ces comptes de patrimoine ne retiennent ni la capacité de l’Etat à augmenter et lever l’impôt du côté des actifs, mais elle pourrait être remise en question compte-tenu du niveau déjà atteint par le taux des prélèvements obligatoires, ni les engagements hors bilan de l’Etat du côté des passifs. Ces derniers sont décrits dans une fiche particulière. En raison de leur grande hétérogénéité, il est préférable de ne pas les totaliser mais certains d’entre eux, comme les engagements de retraite de l’Etat vis-à-vis de ses agents, représentent des montants très importants.

 

[1] Organismes publics ayant une activité non marchande et contrôlés par l’État.

[2] Immobilisations corporelles et incorporelles et stocks (valeurs nettes).

[3] La consolidation consiste à éliminer les créances et dettes réciproques entre administrations publiques.

[4] La valeur à laquelle les titres sont échangés sur le marché et non le montant qui sera remboursé (valeur faciale).

https://www.fipeco.fr/fiche/Les-actifs-des-administrations-publiques#:~:text=La%20valeur%20nette%20du%20patrimoine,PIB%20%C3%A0%2021%2C7%20%25.

 
 
Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee le 19 décembre 2025, la dette publique atteint un nouveau record et continue de se diffuser dans toutes les strates de l’administration.

Tous ceux qui voient le compteur de la dette s’affoler sur le site de Contribuables Associés le savaient déjà.

L’Insee vient de confirmer que la dette française s’emballe. A la fin du troisième trimestre 2025, elle a atteint 3 482,2 milliards d’euros, soit 117,4 % du PIB, un niveau inédit hors période de guerre ou de pandémie.

Machine infernale : en trois mois, la dette, ce piège mortel qui se refermera un jour ou l’autre sur les contribuables, a encore progressé de 65,9 milliards d’euros (après + 70,9 milliards au trimestre précédent).

L’État joue le premier rôle dans cette course à la banqueroute budgétaire : sa dette augmente de 58,1 milliards pour atteindre 2 845,7 milliards d’euros.

Cette dérive est également transversale.

Si le passif des divers organismes d’administration centrale (68,4 milliards) se tasse un peu, la dette des administrations de sécurité sociale s’alourdit de 7,6 milliards (déjà +7,8 milliards au trimestre précédent), pour culminer à 305,2 milliards.

Les administrations publiques locales voient leurs dettes progresser de 500 millions supplémentaires, ce qui porte leur total à 262,9 milliards.

À cet empilement qui porte la dette nette à 3 232,3 milliards d’euros se superpose une paralysie politique.

La commission mixte paritaire chargée d’aboutir à un compromis sur le budget 2026 a échoué, rendant probable le recours à une loi spéciale.

D’après l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques, ce régime exceptionnel ferait perdre 6,5 milliards de recettes à l’État tout en ne générant que trois milliards d’euros d’économies. Le déficit atteindrait 5,5 % du PIB.

À ce niveau, Bruxelles pourrait réactiver la procédure de déficit excessif, assortie d’une amende annuelle avoisinant 2,5 milliards.

Si la dette dépasse déjà 117 % du PIB, les prévisionnistes estiment qu’elle pourrait franchir 120 % en 2027.

Une dynamique inverse de celle de l’Italie, pourtant plus lourdement endettée, mais engagée dans un effort d’assainissement budgétaire.

Seul facteur positif : la Banque de France a relevé ses anticipations de croissance, tablant sur + 0,9 % en 2025 puis sur un raffermissement progressif jusqu’en 2028 grâce à la reprise de la consommation et de l’investissement privé.

Ce scénario pourrait freiner la dérive de la dette, en augmentant mécaniquement les recettes fiscales de l’État, ce qui réduirait le ratio dette/PIB.

Pour comprendre d’où vient cette Dette et comment est utilisé VOTRE argent :

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janvier 04, 2026

L'État ce Maître-chanteur redoutable, manipulateur pervers par Arthur Homines

L'État assure sa propre continuité en captant nos affects, les transformant en une allégeance indue envers son appareil politique, administratif et militaire. L'esprit peu entraîné projette alors ses émotions les plus intimes (comme l'amour des paysages de son enfance, sa langue, ses habitudes, ses relations, etc) sur l'entité politique au sein de laquelle il a vécu jusque-là. 
 

 
 C'est une forme de hold-up psycho-affectif et culturel. L'individu se sent appartenir à quelque chose de bien réel, et cela est bien légitime. Mais l'État s'est depuis longtemps greffé par-dessus ces réseaux naturels en prétendant qu'il serait le seul à pouvoir garantir leur pérennité. C'est un chantage redoutable, et qui fonctionnera tant qu'on n'aura pas imaginé d'autres formes d'organisation, et notamment de défense. 
 
C'est par ce biais que nous en venons à parler de "la France" ou de "l'Occident" comme d'entités politiques disposant d'une volonté propre (voire d'un destin), et indispensables à nos vies. 
 
Ce langage de perversion de la réalité nous condamne alors à la logique binaire du « Nous vs Eux ». Si l'Occident est un corps, alors chacun de nous est déterminé à n'être qu'une cellule de celui-ci prête à se sacrifier. C'est la dissolution de l'individu dans une chimère politico-mystique. 
 
Et plus la souveraineté individuelle est mise à mal, plus nous dérivons en tendance vers des réflexes servant de compensations psychologiques à une puissance évaporée. C'est pourquoi certains se sentent revigorés quand ils voient les USA manifester leur domination. Il s'agit de sortir de cette brutalité par procuration, en réalisant que l'institution même qui prétend vous protéger est un bourreau, non un allié.
 
Identitaires => fusion entre atlantisme/pro-américanisme, sionisme, européisme, libéralisme (léger, quand ça les arrange) et bellicisme. 
 
Je veux bien qu'on se doive de proposer autre chose que le souverainisme et le nationalisme sauce socialiste, mais il s'agirait de ne pas faire encore pire. 
 
Il n'y a qu'à voir comment ses partisans se rangent systématiquement dans le camp néoconservateur américain et conçoivent les rapports sociaux. Ils valideraient sans problème un régime bien plus autoritaire que celui de Macron tant que celui-ci leur promet de satisfaire leurs désirs. 
 
Aucune trace de conception juridique autour de la souveraineté individuelle, aucune théorie des droits de propriété ni aucune compréhension des mécanismes de la monnaie, du crédit ou du capital...seule la Force compte ! 
 
Quel horizon. Ils veulent les fruits de la Civilisation (notamment la richesse et la sécurité, produits de l'individualisme européen), tout en se vautrant dans un nouveau collectivisme droitier. 
 
Que voulez-vous, ils prétendent incarner une politique pragmatique. Ils disent tous pareil juste avant de finir dévorés par le régime qu'ils ont eux-mêmes poussé.

Notre espèce n'est pas nécessairement vouée à se foutre sur la gueule à cause d'ultra-minorités constituées en castes violentes. 
 
Ne confondez pas ce qui est (ou a été) avec ce qui doit être (ou ce qui pourrait être). Soutenir que la violence est la seule règle de gestion des rapports humains sous prétexte qu'on a connu que cela revient à utiliser l'argument de ceux qui auraient refusé l'abolition de l'esclavage. 
 
Non seulement c'est votre imagination qui bloque, mais surtout nul ne peut prédire l'avenir. L'évolution du monde est incertaine et chaotique, restons humbles. Je me rends compte de la difficulté d'intégration d'un tel propos, mais il ne s'agit que de conditionnement. Nous pouvons donc démystifier cette croyance. 
 
L'histoire que l'on nous enseigne depuis l'enfance est une chronique des crimes de masse. On ne retient donc que les dates de batailles et les traités signés par les chefs d'une époque donnée. On oublie les milliards d'échanges quotidiens, les solidarités et les innovations qui ont eu lieu MALGRÉ les castes violentes (et non grâce à elles !). 
 
On perçoit donc aisément « l'ordre » imposé par le haut, tout en oubliant l'ordre légitime et structurant émanant du bas. Les étatistes croient encore que leur organe chéri est une réalité indépassable, mais rien ne dit qu'il en sera ainsi pour l'éternité. C'est à nous de nous en détacher. Surtout, ils ne sont pas créateurs de richesse. 
 
Au contraire, TOUT ce que vous chérissez est le produit du Droit et du Marché. La violence des États ne peut rien créer, elle ne peut que détruire. La Civilisation est ce processus par lequel l'Humanité s'efforce de se sophistiquer pour sortir de l'Agression. Nous avons encore du travail, manifestement.
 
L’État et les industries de connivence ont industrialisé la mort dans des proportions inimaginables. Ils ont travesti la violence en droit, le mensonge en science et le vol en solidarité. Ils sont responsables d'inflation, d’endettement public, de cartellisation de l’économie, d’expropriations directes et indirectes, de corruption, de népotisme et de favoritisme, de destruction des liens familiaux et communautaires, d'uniformisation culturelle, de chaos social, de surveillance de masse, de propagande, de manipulations et de mensonges, de censures, de répressions, d’incarcérations d’innocents, d’esclavage, de déportations, de colonisations et d’apartheids, d’ingénieries pathogènes, d’attaques fabriquées pour justifier la guerre, de conscriptions, de pillages, d’alliances barbares, de déstabilisations à l’étranger, de famines, de tortures, de bombardements et de génocides. Que vous faut-il de plus pour déclarer qu'ils sont le problème ? 

Question fréquente, à laquelle je vais tenter d'apporter une réponse claire. L'usage de la force est légitime dans le cadre d'une réponse proportionnée à une agression déjà en cours (menace sérieuse ou violation de propriété manifeste par exemple). C'est la règle de Droit. Ensuite, vient la notion de prévention. Ce besoin de frapper en premier parce qu'on sent que l'autre le fera sinon. La réponse est alors NON, ce principe ne tient pas. Il trahit par ailleurs un manque d'imagination. La gestion du risque doit être abordée bien autrement. Il s'agit de repartir d'un règle de Droit justifiable, puis de mettre en place les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression.

Tout ce qui relève de l'intervention dite préventive signe en réalité la fin du Droit. Si je peux vous frapper parce que je pense que vous allez me frapper en premier, alors n'importe qui peut frapper n'importe qui à tout moment. La notion de « menace imminente » est même une arme rhétorique de prédilection dès qu'il s'agit de justifier les guerres, l'expansion budgétaire et le contrôle social. C'est un puits sans fond puisqu'il y aura toujours une nouvelle menace à « prévenir » à l'autre bout du monde. Je vous invite donc à renverser le paradigme.

L'agression doit devenir fantaisiste, improbable, coûteuse, délirante. L'idée même de « frappe préventive » devrait représenter un risque financier et juridique énorme pour celui qui ose y songer. Pour ce faire, il faudra mettre en place un large réseau de contrats, d'alliances et commercer abondamment avec ses voisins (voire au-delà bien sûr). Si j'agresse mon partenaire commercial, je me ruine moi-même et je perds sa confiance ! En instaurant les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression par l'établissement d'un nouveau cadre social, nous sortirons du cycle de la Barbarie pour entrer dans celui de la Civilisation.

Toute politique étatico-démocratique définit un but suprême à viser (la « justice sociale », la « grandeur nationale », etc) et use de mystifications pour y parvenir. Pour faire accepter la croissance des exceptions juridiques, chaque politique doit alors renommer la violence qu'elle instituera. Pour ce faire, les camps politiques usent de mots-écrans qu'ils font passer pour du bon sens. Le vol se change alors en « solidarité », la contrainte en « citoyenneté » et le privilège en « intérêt général ». Ces mystifications permettent d'anesthésier la lucidité des individus, leur faisant croire qu’ils servent une entité juste et nécessaire. 
 
L’étatisme est en réalité devenu la nouvelle religion majoritaire, avec sa foi, son culte et ses rites. L’État est ainsi présenté comme la seule entité capable de corriger les « failles » de notre nature humaine, de nous protéger et d’instaurer la paix entre les hommes. Aucun changement de fond ne sera possible sans réaliser en nombre l'ampleur de cette duperie.
 
Cela n'arrive que lorsqu'on en reste à des logiciels de prédation entre États. En effet, les anti-impérialistes au sens anti-américains voire antisionistes, sont souvent des impérialistes russes ou chinois, qu'ils le formulent explicitement ou non. Ils seraient ravis d'assister à un changement d'allégeance à l'échelle mondiale, que ce soit par conviction, par réaction à d'autres positions qu'ils ne supportent pas, ou pour d'autres raisons que j'omets sans doute. 
 
Pourtant, on peut être anti-impérialiste sans être alter-impérialiste, cela en étant anti-État tout court. Ne souhaiter aucune allégeance du tout. Mais cela suppose de changer complètement de regard sur le monde, sur la nature de l'État, sur l'individu et sur ses possibilités d'organisation.

« Le monde n'est que rapports de force ! » Non, les États ne vivent qu'à travers le rapport de force, nuance. Nous autres humains civilisés vivons par l'échange. L'État vous a simplement fait croire que son propre ADN était une loi universelle. C'est la mystification de Hobbes : l'homme est un loup pour l'homme, et vous auriez donc besoin de l'État pour votre propre sécurité. Si le monde n'était que rapports de force, aucune société ne tiendrait dix minutes... 
 
Quand vous entrez dans une boulangerie, vous n'usez pas du rapport de force pour obtenir votre pain. Vous ne brandissez pas d'arme. Vous ne menacez pas. C'est un échange basé sur le respect des droits de propriété. La coopération est tellement fluide et omniprésente au sein de notre vie qu'elle en devient invisible. Les criminels existent bien sûr, mais que représentent-ils face à la puissance de feu des États et à leurs méfaits ? 
 
L'État a besoin que vous croyiez que le monde est violent par nature pour se rendre indispensable après avoir lui-même incendié la société. Il a besoin d'instaurer un climat de tension permanent à l'intérieur, voire à l'extérieur de ses frontières. 
 
Mais être civilisé, c'est au contraire faire le choix de substituer l'argument à l'épée, et l'échange au vol. Le « pragmatique » qui nous dit que tout est fondé sur le rapport de force confond l'étatisme et le marché, tout en dévoilant qu'il n'a pas imaginé une société autrement défendue que par son pompier pyromane central.
 
Savez-vous pourquoi l'État ne se réduit jamais bien longtemps ? Parce que sa survie dépend de l'élargissement de son périmètre d'activité, laquelle n'est que prédation. 
 
Contrairement à une entreprise qui doit séduire ses clients pour prospérer, l'État ne survit que par la capture de la valeur échangée entre les personnes. S'il cessait de s'étendre, il perdrait de sa force et finirait par ne plus pouvoir prétendre nous être indispensable. Le bétail fiscal finirait par réaliser l'ampleur de son indigence. 
 
 L'État doit donc constamment inventer de nouveaux "besoins" publics, de nouvelles crises à résoudre et de nouveaux périls dont lui seul pourrait nous protéger. Chaque intervention est un prétexte et une métastase. 
 
Bien sûr, l'étatisme peut s'arrêter un instant pour reprendre son souffle et ménager son bétail. Mais il ne revient jamais en arrière de son plein gré et refuse de reculer trop longtemps. Quelque part, demander à l'État de se retirer de nos vies de lui-même, c'est comme demander à une sangsue de ne plus ponctionner le sang de son hôte.

 L'État transforme toujours nos droits naturels en concessions sous conditions. Votre souffrance sera donc peut-être "valable", peut-être pas. Des comités en jugeront ! Ajoutez à cela le risque d'incitation à l'euthanasie par logique comptable afin de désengorger les services de soins palliatifs (ou économiser tout court), et vous aurez déjà un beau tableau du bordel.

Revenez à un cadre de non-agression et de contrats privés pour penser à l'endroit. Projetez-vous dans une société où votre corps serait votre capital ultime, dont vous disposeriez intégralement. Les personnes concernées par cette ultime décision pourraient payer des prestataires privés, eux-mêmes en lien avec des assureurs veillant à la transparence de l'acte.

La structure même de cette activité imposerait un mécanisme de filtrage des acteurs et de sélection des critères d'une grande rigueur. S'engager dans la pratique ou la couverture d'un acte médical dont les contours sont flous représenterait un péril financier majeur. L'incertitude dans ce domaine serait donc neutralisée par la précision des protocoles et le sérieux des prestataires.

Forcément, pour un étatiste la liberté d'expression n'a de sens que si elle est conditionnée par ses soins. Pourtant, l'expression devrait être régulée par les contrats que vous passez, point. C'est exactement comme pour n'importe quel droit de propriété. La propriété privée devrait encadrer l'expression. Quels accords passez-vous ? Quelles sont leurs clauses ? Quelle sanction s'applique en cas de litige ? Etc. 
 
Donc chez moi on ne dit pas "ceci", et chez vous on ne dit pas "cela". Ce sont les règles. Nous sommes maîtres chez nous, souverains. Vous êtes libres de les accepter, ou pas. Mais dans ce dernier cas repartez d'où vous venez ou assumez les conséquences juridiques si vous les outrepassez. Bien sûr, cette configuration restera inapplicable tant que l'État monopolise l'espace au lieu de nous le rendre.
 
Tous les États sont criminels par nature, car chacun d'eux représente un monopole de la violence initiée sur un territoire donné. En s'érigeant en juges ultimes de tous les conflits (dont ceux qu'ils provoquent), ils s'extraient donc du droit naturel et violent le nôtre. Cependant, une symbiose étatique se distingue particulièrement par sa capacité de violence et son ignominie : j'ai nommé l'axe Washington-Tel Aviv. Une fusion rendue plus manifeste que jamais par les dossiers Epstein, et plus encore par ses alignements militaires successifs. 
 
 D'un côté, une force de frappe massive alimentée par le privilège du dollar, permettant à l'Empire de projeter sa violence à moindre frais. De l'autre, une entité politique dont la légitimité repose sur un socle ethnique et un liant historique religieux, mais dont la survie dépend d'un moteur sécuritaire devenu produit d'exportation. L'appareil d'État américain servant de bras armé et de bouclier à Israël par ailleurs. Nous sommes donc face à une superstructure de domination qu'il faudra rendre obsolète par notre capacité à la grand remplacer. 
 
Là est l'important : le paradigme politique que nous subissons n'est pas une fatalité. En fait, le mode d'organisation des sociétés humaines n'est jamais que la projection de la maturité éthique, de la prospérité et des coutumes des individus qui la composent. Il en va de même à plus haute échelle. Le chaos mondial en cours est alors le symptôme d'un mimétisme de masse. À force de déléguer notre Liberté à des structures centralisées, nous avons écarté la possibilité d'ordres sociaux volontaires et concurrents pour laisser place à ce giga-cartel.

La Liberté n'est pas inaccessible. Ne pas agresser son prochain n'a rien d'une utopie. Ou alors, faut-il croire que nos rues sont peuplées de personnes assoiffées de sang et qu'aucun lien social n'est pérenne ? 
 
Dans 99 % de nos interactions quotidiennes, nous n'agressons pas. C'est à la fois peu naturel et contre-productif. L'ostracisme, la perte de réputation et le risque de représailles sont par ailleurs des régulateurs de violence depuis toujours. 
 
Le vrai problème, c'est que les individus attribuent leur propre capacité de renoncement à la violence à une qualité supposée de l'État. Ce dernier a réalisé un coup de maître en s'appropriant les capacités civilisatrices des individus. Les gens en finissent par penser que la paix est un service public plutôt qu'un instinct affiné par l'éducation. 
 
L'utopie, c'est bien plutôt de croire qu'un monopole de la violence pourrait un jour être légitime alors même qu'il outrepasse notre souveraineté individuelle, et qu'il pourrait être géré par des anges qui n'en abuseront jamais. 
 
L'État est depuis le départ un parasite qui se fait passer pour le remède. Quand les gens comprendront que cette entité ne produit pas la paix mais qu'elle la consomme et la rend impossible à long terme, son voile pourra enfin tomber.
 
L'époque est encore traversée par cette croyance terrible selon laquelle l'État serait le seul à pouvoir nous protéger et rendre la justice. C'est non seulement une manière de contourner le consentement individuel (puis-je dire non ?), mais aussi un postulat non démontré. 
 
Au contraire, considérer que le régalien est un marché comme les autres est une déduction logique tirée de l'observation de l'action humaine. L'économie est la science étudiant l'action humaine, mettant en oeuvre des moyens limités pour atteindre des fins illimitées. Par conséquent, la sécurité et la justice sont des biens économiques comme les autres. 
 
En fait, le génie du Pouvoir est d'avoir fait croire que l'ordre social exigeait un monopole de fait. L'État occupe de force cet espace vital et nous convainc que sans son occupation, nous serions incapables de nous organiser pour faire société et éviter la violence.

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