A) - Quand les protagonistes d’un conflit ne veulent pas céder, le pire est à craindre pour les autres.
B) - Mathias Desmet : la psychologie du totalitarisme technocratique qui étouffe l’Occident
C) - Facturation électronique obligatoire : la mafia euro-bruxelloise
impose le contrôle fiscal total et la fin de la liberté de commercer
D) - Prédation chronopolitique : l’Iran, Israël et le mensonge diplomatique du temps
E) - Le Grand Entretien avec Peer de Jong – Guerres, puissances et chaos mondial : Où va le monde ?
A) - Quand les protagonistes d’un conflit ne veulent pas céder, le pire est à craindre pour les autres.
En Ukraine et au Moyen-Orient, aucun protagoniste des deux conflits en cours ne peut reculer sans mettre en jeu sa survie. Malgré tous les discours sur une paix imminente, il faut s’attendre à la prolongation de ces guerres, avec des conséquences économiques et sociales désastreuses pour le monde. Les électeurs israéliens et américains, et les dirigeants européens et chinois peuvent encore agir pour éviter le pire.
Ma nouvelle chronique pour @lesechos est en ligne.
Les conflits d’aujourd’hui ont une caractéristique qu’on
n’a pas vue depuis la Seconde Guerre Mondiale : aucun belligérant ne
peut céder sans disparaître. Après 1945, ce sont les fascistes et les
nazis qui ont disparu. Dans les conflits qui ont suivi, la survie des
grandes puissances n’était pas en jeu ; elles pouvaient céder, ce
qu’elles firent à de nombreuses reprises : les Russes ont reculé en
Afghanistan, en Europe centrale et Orientale, en Irak et ailleurs. Les
Américains au Vietnam, en Afghanistan et dans bien d’autres contrées.
Les Français ont cédé partout.
Ce n’est pas le cas dans les deux conflits majeurs aujourd’hui :
En Europe, ni l’Ukraine ni la Russie ne peuvent reculer : Pour
l’Ukraine, ce serait renoncer à son existence même. Pour le régime de
Vladimir Poutine, ce serait un coup majeur qui mettrait fin à sa
toute-puissance au Kremlin.
Au Moyen-Orient, Israël ne peut reculer ni contre le Hamas, ni contre
le Hezbollah, ni contre l’Iran, qui tous les trois proclament leur
volonté de détruire l’État hébreu. Et réciproquement, le Hamas, le
Hezbollah et l’Iran des mollahs savent que capituler face à Israël
serait pour eux comme recevoir un coup de grâce. De même, les mollahs et
les pasdarans ne peuvent pas accepter les conditions posées par les
États-Unis sans accélérer leur chute, tandis que, pour Trump, accepter
les conditions posées par les dictateurs de Téhéran serait ouvrir la
porte à la nucléarisation de l’Iran et augmenterait les perspectives
d’une victoire démocrate en novembre et de la paralysie de
l’administration républicaine.
En conséquence, tous les discours qu’on entend sur des négociations
en cours en vue d’un cessez-le-feu, qui seraient, dans les deux cas, à
la veille d’aboutir à un accord, ne sont que des balivernes, qui ne
visent qu’à retarder la prise de conscience, en particulier par les
marchés financiers, de la réalité de la situation : celui qui acceptera
un cessez-le-feu à son désavantage perdra, à échéance plus ou moins
brève, le pouvoir dans son pays. On peut faire confiance à Zelinsky,
Netanyahou, à Trump, à Poutine et aux mollahs pour tout faire pour
l’éviter.
Il faut vraiment être aveugle pour ne pas le voir. Comme nous sommes
aveugles sur le dérèglement climatique et sur tant d’autres choses.
Le plus vraisemblable n’est donc pas l’imminence, dans un aucun de
ces deux théâtres d’opérations, d’un cesser-le- feu réel et durable,
même si on va encore nous amuser beaucoup avec cela. Et que les chaînes
d’informations continuent en feront leur miel.
En Ukraine, le plus probable est une aggravation du conflit, avec une
entrée en guerre de la Biélorussie, l’utilisation par les Russes
d’armes d’une puissance immense, le bombardement des centres-villes et
des lieux de pouvoir, avec des représailles ukrainiennes de même
ampleur. Au Moyen-Orient, le plus vraisemblable est un blocage durable
du détroit d’Ormuz et une prolongation des batailles à Gaza et au Liban.
Avec des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Car,
même si on voit se mettre en place des mécanismes de substitution, même
si le pétrole de la région passe en partie par d’autres chemins que le
détroit d’Ormuz et les bateaux de commerce par d’autres passages que le
canal de Suez, ces deux guerres entraînent des pénuries qui vont bientôt
peser très lourd sur tous les pays du monde, en particulier sur les
plus pauvres, qui n’ont rien à voir avec ce conflit :
Les stocks de pétrole de l’OCDE atteindront des niveaux critiques
d’ici juin ; 120 milliards de mètres cubes de GNL seront perdus ;
l’agriculture devrait enregistrer des pertes de récoltes à partir du
second semestre 2026, (le détroit d’Ormuz gérant environ 30% du commerce
mondial d’engrais) ; la période de semis dans l’hémisphère nord étant
déjà passée, les perturbations entraîneront des dégâts irréversibles.
Les polymères clés manqueront, avec des répercussions considérables pour
les industries de l’emballage, des peintures, des produits
pharmaceutiques et des cosmétiques. L’aviation et le tourisme
souffriront de pénuries de kérosène, qui cloueront au sol des avions de
plus en plus nombreux d’ici fin juin. Les industries de l’automobile (et
en particulier des véhicules électriques) seront confrontées à une
aggravation des pénuries d’aluminium, de plastiques et d’acide
sulfurique, qui perturberont le traitement des métaux destinés aux
batteries pendant au moins un an. Enfin, un tiers de l’approvisionnement
mondial en hélium étant interrompu, la fabrication de semi-conducteurs
sera gravement perturbée, pendant au moins trois ans, indépendamment de
tout cessez-le-feu.
La Chine, les Européens, l’Inde, l’Afrique, les pays du Golfe et une
grande partie de l’industrie américaine, feront de plus en plus pression
sur les belligérants pour éviter ce désastre que les marchés
n’anticipent pas encore. Nul ne peut savoir s’ils auront suffisamment
d’influence pour faire reculer des pouvoirs qui jouent leur survie.
La solution viendra donc plutôt soit de l’effondrement d’un
dictateur, soit de la défaite électorale d’un dirigeant d’un pays
démocratique. On peut plus aisément tabler, et espérer, en la défaite de
Netanyahou et celle de Trump, tous les deux très menacés en novembre,
qu’en un coup d’état à Moscou ou à Téhéran.
Rien, donc, de sérieux, ne devrait changer avant novembre. Il faut en
tout cas s’y préparer. Et ne pas oublier que d’autres conflits à venir
sont de même nature : Par exemple, celui qui pourrait opposer Pékin à
Taïwan, avec les mêmes conséquences.
Le moment est venu pour l’Europe de faire entendre la voix de la raison.
Jacques Attali
Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller
d’État. Conseiller spécial du Président de la République François
Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions
internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.
Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à
l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits
en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express.
Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
B) - Mathias Desmet : la psychologie du totalitarisme technocratique qui étouffe l’Occident
Une nouvelle forme de totalitarisme s’installe sous nos yeux
Le
professeur Mathias Desmet, psychologue et statisticien à l’université
de Gand, a parfaitement décrypté le mécanisme qui broie nos sociétés
occidentales depuis une décennie. Dans une interview décisive,
il
explique que nous ne sommes plus face à de simples dictatures
classiques, mais à l’émergence d’un totalitarisme technocratique inédit,
froid, bureaucratique et sans visage.
Ce n’est ni le fascisme ni le communisme du XXe siècle : c’est le totalitarisme du XXIe siècle, piloté par des élites ternes, des experts autoproclamés et des médias aux ordres.
RussiaGate, Covid, Ukraine : la même psychose collective qui se répète
Desmet
le montre avec une clarté glaçante : depuis 2016, la société
occidentale est prise dans une succession de formations de masse.
RussiaGate : un récit absurde, sans preuve, imposé pendant des années.
Covid : un vaccin « miraculeux » mis au point en quelques mois, présenté comme la seule solution, avec interdiction de tout débat.
Guerre en Ukraine : soudain, la guerre est « non provoquée », l’OTAN n’y est pour rien, et toute nuance devient une trahison.
À
chaque fois, le même schéma : une adhésion fanatique à un récit unique,
une intolérance totale envers la dissidence, et une volonté de détruire
ceux qui osent poser des questions. C’est la marque du totalitarisme moderne.
La formation de masse : le cœur psychologique du totalitarisme
Desmet
explique que le totalitarisme ne naît pas d’abord de la force brute,
mais d’un processus psychologique et social : la formation de masse.
Entre
20 et 30 % de la population adhèrent de manière fanatique à un récit
collectif. Ils deviennent aveugles à la réalité, prêts à tout sacrifier
(santé, richesse, avenir de leurs enfants) et surtout profondément intolérants envers ceux qui pensent autrement. C’est ainsi que des mères dénoncent leurs propres enfants, que des voisins se dénoncent entre eux.
Ce
phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris une ampleur inédite avec la
modernité : solitude massive, atomisation des individus, perte de sens
(jusqu’à 60 % des gens considèrent leur travail comme un « bullshit job
»). Résultat : une anxiété flottante, une frustration et une
agressivité sans objet précis. Dès qu’un récit simple (le virus,
Poutine, le « complot ») est diffusé par les médias, les gens y
accrochent toute leur angoisse et retrouvent un semblant de lien
social… au prix de leur liberté.
Dictature classique ou totalitarisme ? La différence est capitale
Dans une dictature classique, la population a peur du pouvoir et se soumet. Si le dictateur tombe, le régime s’effondre.
Dans le totalitarisme, c’est la population elle-même (ou une partie fanatisée) qui devient le bras armé du système.
La police secrète, ce sont les 20-30 % qui croient dur comme fer au récit officiel et qui traquent les dissidents.
Le
pouvoir n’a plus besoin d’être charismatique : il est technocratique,
bureaucratique, porté par des experts sans éclat, comme l’avait prédit
Hannah Arendt dès 1953.
Le totalitarisme technocratique : le nouveau visage du système
Aujourd’hui,
ce ne sont plus Hitler ou Staline qui dirigent, mais des bureaucrates
de Bruxelles, des experts payés par les think tanks, des médias et des
GAFAM. Ils transforment l’être humain en machine biologique (cf. Yuval Noah Harari) qu’il faut optimiser, pucer, contrôler. La science elle-même est devenue une nouvelle religion : « Faites confiance à la science », « Faites confiance aux experts ».
La
propagande n’a plus besoin de la force : elle utilise la solitude,
l’angoisse et la répétition. Et surtout, elle transforme la démocratie
en son contraire : une majorité qui piétine les droits des minorités.
La seule résistance efficace : la parole sincère
Face à cela, Desmet est clair : la seule arme qui marche, c’est la parole sincère. Pas
la violence, pas les complots, mais le courage de continuer à dire la
vérité, calmement, même quand la masse ne veut pas entendre. C’est ce
qui empêche le totalitarisme d’atteindre sa phase ultime : la
destruction morale de l’adversaire.
Français, réveillez-vous : ce totalitarisme est déjà là
Ce
que décrit Mathias Desmet, c’est exactement ce que vit la France et
l’Europe depuis des années : conformisme imposé, censure, diabolisation
de la dissidence, récit unique sur l’Ukraine, sur l’UE, sur le « progrès » technocratique.
La
mafia euro-atlantiste a trouvé la formule parfaite : un totalitarisme
sans dictateur visible, porté par des bureaucrates et des experts, qui
détruit la liberté au nom de la « solidarité », de la « science » et de la « démocratie ».
La
seule issue reste la même : le Frexit. Sortir de cette prison
européenne, reprendre notre souveraineté, restaurer le débat véritable
et la liberté de penser.
Tant que nous resterons dans l’Union
européenne, dans l’euro et dans l’OTAN, ce totalitarisme technocratique
continuera à progresser. Il est temps de dire NON. Il est temps de reprendre notre destin en main.
La parole sincère, c’est déjà la résistance. Et la France souveraine, c’est la seule solution.
C) - Facturation électronique obligatoire : la mafia euro-bruxelloise
impose le contrôle fiscal total et la fin de la liberté de commercer
Sous couvert de « simplification », Big Brother s’installe dans vos factures
À partir du 1er septembre 2026, la France bascule dans l’horreur administrative et numérique. Toutes
les entreprises, TPE, PME, auto-entrepreneurs, professions libérales,
médecins, agriculteurs, artisans, auteurs… seront obligés de passer à la
facturation électronique (e-invoicing) et à l’e-reporting.
Plus de facture papier, plus de PDF par
mail : tout doit transiter par des plateformes privées agréées par
l’État et par le réseau européen Peppol.
Tatiana Ventôse l’a parfaitement démontré dans son intervention chez Nicolas Vidal : ce n’est pas une simple modernisation. C’est la surveillance généralisée et permanente de toutes nos transactions économiques.
Tout le monde est concerné : même les plus petits
On vous ment déjà en vous disant « ce n’est que pour les grosses boîtes
». Faux. Dès septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la
TVA (même celles sous franchise en base) devront pouvoir recevoir des
factures électroniques. L’émission devient obligatoire en septembre 2027
pour les petites structures.
Auto-entrepreneurs, libéraux, commerçants, agriculteurs : vous êtes
tous dans le viseur. Seuls les purs salariés et fonctionnaires échappent
(pour l’instant). Mais toutes vos données – nom, adresse, ce que vous
achetez, à qui vous vendez, à quel prix, en quelle quantité – seront
transmises en quasi temps réel à la DGFiP… et au réseau européen.
Peppol : le lobby privé créé par Bruxelles qui va tout centraliser
Derrière ce système se cache Peppol (OpenPeppol), une organisation de droit belge créée par la Commission européenne. Présentée comme un « réseau démocratique », c’est en réalité un lobby privé qui compte parmi ses membres :
les grands cabinets de conseil (PwC, EY, etc) qui vont vous facturer des formations et audits ;
les fournisseurs de logiciels qui vont vous vendre leurs solutions payantes ;
et, selon Tatiana Ventos dans son intervention du 26 mai 2026, s’appuyant sur les recherches de Frédéric Baldan (ancien
lobbyiste européen et activiste belge), des entreprises étrangères,
dont des filiales liées au Parti communiste chinois (via une entreprise
aérospatiale) et à Alibaba, présenté comme service de renseignement
fiscal de Pékin.
On va donc confier toutes nos données économiques à un réseau international contrôlé en partie par des puissances étrangères. C’est du délire absolu.
Un racket mafieux en bonne et due forme
Vous n’aurez pas le choix : il faudra obligatoirement passer par une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) privée qui va vous facturer un abonnement. L’État
crée ainsi un nouveau marché juteux pour des boîtes privées qui vont
s’enrichir sur votre dos en transmettant vos données à
l’administration.
C’est exactement le fonctionnement de la mafia : on vous oblige à payer pour « protéger » votre activité… sauf qu’ici, c’est l’État et l’Union européenne qui vous rackettent et vous espionnent.
La fin de la liberté de commercer et de la vie privée économique
Comme l’a très bien résumé Frédéric Baldan : « Si on refuse la facturation électronique, on ne peut plus faire commerce aujourd’hui. »
La facture papier sera illégale. Le PDF par mail sera illégal.
Sans inscription dans ce réseau, votre
entreprise n’existera plus légalement. C’est la mort programmée de la
liberté d’entreprendre.
Ajoutez à cela les risques de cyberattaques massives (comme celle de l’ANTS en 2026) et la centralisation de toutes ces données chez des acteurs privés exposés au Cloud Act américain ou aux intérêts chinois : c’est la fin de tout secret commercial, de toute confidentialité.
Le paquet ViDA voté par TOUS les eurodéputés français
Cette horreur vient directement du projet européen ViDA (VAT
in the Digital Age). Et devinez quoi ? 100 % des députés européens
français ont voté pour, y compris ceux du RN, de LFI, de Renaissance et
des autres. Manon Aubry, Jordan Bardella, tous complices (voir ici et ici).
Même ceux qui se disent « souverainistes » laissent passer l’étranglement numérique de la France.
La seule issue : le Frexit
Français, producteurs de richesse,
entrepreneurs, indépendants : on vous transforme en agents de
renseignement du fisc et en vaches à lait d’un cartel euro-bruxellois.
Ce n’est pas une réforme technique. C’est une brique supplémentaire
dans l’édifice totalitaire que construit l’Union européenne : contrôle
total, disparition du cash avec l’euro numérique, passeports pour objets
d’occasion, identité numérique obligatoire…
La France ne se relèvera pas en acceptant ce carcan. Elle se relèvera en reprenant sa souveraineté.
Le Frexit est la seule solution. Sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. Reprise en main de notre destin.
Il est temps de dire NON. Signez la pétition contre
cette folie (même si elle passe par l’identité numérique, c’est déjà un
scandale). Et surtout, réveillez-vous : la liberté de commercer est en
train de mourir sous nos yeux.
Tant que nous resterons dans cette prison européenne, la France sera
détruite de l’intérieur. Il est temps que les Français reprennent leur
pays.
D) - Prédation chronopolitique : l’Iran, Israël et le mensonge diplomatique du temps
Tout
accord diplomatique contient un mensonge sur le temps. On signe au
présent des engagements que les parties n’habitent pas dans la même
durée. L’une cherche une respiration tactique tandis que l’autre
travaille déjà l’après, si bien que l’accord, tout en prétendant
rapprocher des volontés, ne fait souvent que juxtaposer des temporalités
irréconciliables. Le Memorandum of Understanding (MOU) discuté
entre Washington et Téhéran le montre avec une netteté particulière :
dès lors qu’à Washington on parle de désescalade, de garanties et de
calendrier, à Téhéran le raisonnement relève d’un autre registre, fait
de survie du régime, de continuité de l’État et d’usure méthodique de
l’adversaire. Le malentendu ne tient pas seulement aux clauses mais au
temps lui-même.
C’est en ce sens qu’il faut parler de prédation chronopolitique : une
situation où l’un des acteurs transforme la durée en ressource tandis
que l’autre en supporte le coût, l’asymétrie ne relevant plus de la
seule patience stratégique, mais d’un échange inégal où un acteur
consomme du temps pendant que l’autre l’accumule. En stratégie, cela
suffit déjà à établir un avantage décisif. François Hartog a montré que
les sociétés n’articulent pas toutes le passé, le présent et l’avenir de
la même manière, mais, en politique étrangère, ces régimes de temps ne
sont pas de simples catégories d’analyse puisque certains acteurs savent
s’en servir comme d’instruments. La République islamique l’a compris
depuis 1979.
Téhéran superpose en effet plusieurs régimes de temps : mémoire
impériale persane, horizon chiite et calcul tactique de l’usure, pariant
sur l’épuisement des adversaires, sur la lenteur des démocraties et sur
la succession des administrations. Le régime islamique n’a pas besoin
de gagner. Il lui suffit de durer plus longtemps que ses adversaires.
C’est là que se révèle la vulnérabilité occidentale : les démocraties
gèrent l’urgence électorale et l’instant médiatique ; l’Iran investit la
durée.
Le MOU doit être lu dans cette perspective, parce que le débat public
se concentre sur les seuils d’enrichissement, les mécanismes de
contrôle et le rythme des sanctions, ce qui n’est pas inutile en soi
mais devient secondaire si l’on n’interroge pas la structure temporelle
du problème. L’accord intervenu ne brise pas la logique d’attente du
régime iranien ; il lui offre précisément ce qu’il recherche le plus :
du temps, et le temps, pour Téhéran, n’est pas un contexte mais une
arme. Israël le perçoit avec une netteté particulière parce qu’il vit
dans une autre épaisseur historique, portant une mémoire longue et la
conscience permanente que l’histoire peut recommencer, ce qui rend son
rapport au temps plus grave, plus chargé et plus tragique que celui des
démocraties ordinaires.
C’est une des raisons pour lesquelles Israël se retrouve souvent seul
au moment décisif, cette solitude ne relevant pas toujours d’un abandon
explicite mais d’une incompatibilité de temporalités. On ne négocie pas
un siècle avec un mandat de quatre ans et on ne bâtit pas une
architecture durable avec des partenaires qui vivent sous la tyrannie de
l’instant. Le problème n’est donc pas seulement iranien, il est aussi
occidental. La question palestinienne occupe, dans cet ensemble, une
place plus complexe qu’on ne le dit souvent, car elle n’est pas
seulement un conflit territorial ou national, mais elle est aussi une
temporalité suspendue, fragmentée et reconduite par la répétition du
conflit et par l’attente politique qu’elle produit. Sans cesse reprise,
instrumentalisée et traduite dans d’autres stratégies, au premier rang
desquelles celle de Téhéran.
Le vrai clivage n’oppose ni modérés ni idéologues, ni Israéliens et
Palestiniens. Il oppose des régimes du temps, des manières inégales de
convertir ce temps en puissance, et c’est là que se situe la ligne de
fracture décisive. La mémoire israélienne ne procède d’ailleurs pas
d’une seule catastrophe historique. Elle articule des mémoires
européennes et orientales, religieuses et politiques, ce qui explique
aussi son rapport singulier à la vulnérabilité et à la durée.
Cette pluralité des mémoires confirme l’enjeu central : les conflits
les plus durables ne se résolvent pas au rythme du commentaire, mais
exigent une politique étrangère capable de penser au-delà des cycles
courts. La France gaullienne avait compris, avec l’arme nucléaire,
qu’une souveraineté sérieuse se pense à l’échelle des générations.
Aujourd’hui, cette capacité s’est affaiblie, les démocraties
occidentales demeurant enfermées dans la simultanéité médiatique et dans
l’obsession de la réaction immédiate, où l’on confond souvent mouvement
et stratégie ; l’Iran, lui, ne confond rien, car il attend, il observe,
il use, il recommence, et ce rapport au temps explique une part
essentielle de sa résilience.
C’est pourquoi le MOU ne doit pas être lu seulement comme un
arrangement diplomatique de plus, mais comme un test de capacité
stratégique. Il pose une question simple et dure : les démocraties
occidentales peuvent-elles encore produire une politique étrangère qui
ne soit pas structurellement perdante face à des régimes installés dans
la durée ? Jusqu’ici, la réponse demeure incertaine. Téhéran a déjà
intégré ce que les démocraties refusent encore d’admettre : dans
certains rapports de force, le temps est la première des conquêtes. Il
ne se signe pas. Il habite les puissances — ou les détruit.
E) - Le Grand Entretien avec Peer de Jong – Guerres, puissances et chaos mondial : Où va le monde ?
Le système international traverse
une phase de recomposition brutale marquée par le retour des conflits de
haute intensité, la fragmentation des équilibres géopolitiques et
l’affaiblissement progressif des cadres de sécurité hérités de
l’après-Guerre froide. Entre la confrontation entre Israël, les
États-Unis et l’Iran, la guerre russo-ukrainienne qui s’enlise, les
tensions stratégiques entre Washington et Pékin et la déstabilisation
persistante du Sahel, les rapports de force mondiaux semblent entrer
dans une nouvelle ère de confrontation durable.
Dans ce contexte, la rencontre
prévue ce 15 mai 2026 entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin apparaît
comme un moment diplomatique majeur. Rivalités commerciales, compétition
technologique, guerre énergétique, crise ukrainienne et tensions
indo-pacifiques structurent désormais la relation entre les deux
principales puissances mondiales.
Parallèlement, l’Afrique et
particulièrement le Sahel demeurent des zones de forte instabilité
stratégique, où se croisent terrorisme jihadiste, effondrement étatique,
rivalités d’influence et recul progressif de la présence française.
Pour analyser ces bouleversements géopolitiques majeurs et leurs implications militaires et stratégiques, Le Diplomate Média a
une nouvelle fois rencontré Peer de Jong. Ancien colonel des Troupes de
marine, expert des dynamiques de conflictualité et cofondateur de l’Institut Themiis.
Propos recueillis par Roland Lombardi
Le Diplomate : Depuis
plusieurs années, les conflits de haute intensité et les rapports de
force entre grandes puissances semblent redevenir centraux dans les
relations internationales. Sommes-nous selon vous entrés dans une
nouvelle phase historique de confrontation globale durable ?
Peer de Jong : L’irruption
de la Russie en Ukraine en 2022 a été fortement déstabilisatrice dans
les rapports entre États. C’est la première fois qu’un pays du P5
envahit son voisin…. C’est déstabilisant pour l’Ukraine évidemment mais
aussi pour l’Europe qui voit un conflit conventionnel s’incruster sur le
continent. La menace n’est plus virtuelle. Facteur aggravant, cette
invasion produit des effets induits. Donald Trump nouvellement élu en
janvier 2025 s’est d’emblée retracté sur l’aide à apporter à l’Ukraine
tout en préconisant une nouvelle logique géopolitique centrée sur le
continent américain ; une forme de doctrine de Monroe revisitée appelée
la « doctrine de Donroe » en référence au prénom du président américain.
En matérialisant son espace d’intérêt et d’influence sur le Groenland,
le Canada, Panama et le Mexique (et accessoirement sur le Venezuela et
Cuba…) lors de son discours d’intronisation en janvier 2025, Donald
Trump reconnait aux autres grandes puissances que sont la Russie et la
Chine, la possibilité d’exercer leur influence sur leurs zones
géographiques respectives. Presque un « droit de tirage » qui met en
exergue, avec le véto quasi permanent de la Russie et de la Chine au
Conseil de sécurité des Nations unies, une sorte de fin du droit
international.
La guerre entre Israël, les
États-Unis et l’Iran a profondément déstabilisé le Moyen-Orient et
ravivé les tensions énergétiques mondiales. Comment analysez-vous
aujourd’hui les objectifs stratégiques réels de Washington dans cette
confrontation ?
La guerre déclenchée par les États-Unis et
Israël le 28 février 2026 contre l’Iran présente plusieurs
caractéristiques. On remarque en préalable, l’influence du premier
ministre Netanyahou sur l’exécutif américain alors que ce dernier
semblait après les bombardements de juin 2025, plutôt enclin à laisser
« pourrir la situation ». Les émeutes de janvier 2026 en Iran allaient
d’ailleurs dans le sens de la logique américaine. A l’évidence, poussés
par les Israéliens qui ont évidemment leur propre agenda, les forces
américaines ont lancé le 28 février 2026, une opération militaire qui a
présenté deux caractéristiques négatives. En effet, l’impréparation sans
prévenir les alliés de l’OTAN et le défaut de planification (cadre
espace-temps et effet final recherché ?) ont caractérisé l’assaut
initial sur l’Iran. La doctrine américaine « choc et effroi » (shock and awe),
fondé sur l’écrasement de l’ennemi et son incapacité à réagir, n’a pas
été efficiente. Ces errements initiaux pourraient être corrigés par la
redéfinition d’un objectif clair : celui d’interdire à l’Iran un accès
au nucléaire militaire. Cet objectif est en phase avec ceux de la Chine.
Les discussions sont en cours…
Malgré les frappes occidentales,
l’Iran paraît avoir démontré une forte capacité de résilience politique,
militaire et régionale. Cette séquence constitue-t-elle selon vous un
succès limité pour les États-Unis ou révèle-t-elle les limites actuelles
de la puissance américaine ?
Cette résilience iranienne démontre
d’abord la très bonne capacité d’anticipation de l’Iran qui s’était
visiblement préparé à un conflit de ce niveau (tunnels, installations
enterrées, etc…). De plus, l’Iran avait clairement dissimulé les progrès
réalisés dans le domaine de la balistique. Ces deux points forts se
conjuguant dans l’emploi des moyens. De l’autre côté, les États-Unis,
malgré le très haut niveau de l’armée américaine, démontrent plusieurs
faiblesses : tout d’abord le défaut d’appréciation des forces de l’Iran
(lié en grande partie au « mépris » des Américains sur les capacités
iraniennes/discours de Trump). Cet état d’esprit a engendré un défaut
d’appréciation des capacités iraniennes. Les États-Unis ont ainsi semblé
durant les premières semaines du conflit comme totalement décalé par
rapport à une réalité. Enfin les États-Unis ont subi la double manœuvre
iranienne : celle du blocage du détroit d’Ormuz et celle des tirs
massifs dit de saturation de missiles et de drones sur les pays du Golfe
Persique. Les forces américaines ont subi le tempo de Téhéran révélant
les limites de l’emploi de la force militaire.
Concernant la guerre
russo-ukrainienne, le conflit semble désormais installé dans une logique
d’usure prolongée. Comment évaluez-vous aujourd’hui l’état réel des
forces militaires russes et ukrainiennes après plus de quatre années de
guerre ?
Après 4,5 ans de guerre, nous sommes
clairement entrés dans une phase de cristallisation du conflit. Sur le
terrain, on note un essoufflement du mouvement vers l’ouest des forces
russes tandis que les Ukrainiens résistent et arrivent même à reprendre
du terrain. Ainsi les forces ukrainiennes ont repris plus de 100 Km2 en
avril 2026. Cette stabilisation du front dénote une usure des
belligérants malgré les déclarations des uns et des autres. Par contre,
la guerre s’est déplacée sur un autre plan. Les Russes et les Ukrainiens
se mènent à présent une guerre dans la profondeur qui s’apparente à une
guerre d’attrition. Drones et missiles s’échangent à un rythme
particulièrement élevé et provoquent des destructions importantes, des
installations énergétiques entre autres. Ces tirs dans la profondeur
provoquent de fait des dégâts collatéraux très importants.
Donald Trump avait promis de
mettre rapidement fin aux grands conflits internationaux après son
retour à la Maison-Blanche. Pourquoi les États-Unis semblent-ils
aujourd’hui incapables d’imposer une stabilisation durable aussi bien en
Ukraine qu’au Moyen-Orient ?
Sur l’Ukraine, deux visions s’affrontent aux États-Unis. La premièreprône
une forme de partage objectif du monde et la stabilisation du conflit
aux conditions russes. Donald Trump a ouvert la voie en exprimant son
désintérêt pour l’Ukraine. Pour lui, les États-Unis doivent se
concentrer sur le continent américain qui est leur zone d’intérêt. Il
donne ainsi un blanc-seingà la Chine pour agir en Asie, comme
il attribue un rôle dominant à Poutine sur le fuseau central,
c’est-à-dire sur l’Europe et l’Afrique. C’est la vision « real
politique » de partage du monde.
La motivation des Européens pour s’engager
collectivement en faveur de l’Ukraine a ouvert la voie à une vision
mercantile aux États-Unis. Comme l’Europe n’a plus les industries de
défense capables de répondre aux demandes de Kiev, les Etats-Unis se
placent en position de pourvoyeurs d’armes pour les Ukrainiens mais
achetées par les États européens. C’est un modèle économique qui se veut
vertueux à Washington mais qui enfonce progressivement l’Europe dans
une politique d’assujettissement aux conditions américaines. Le sommet
de l’OTAN des 7 et 8 juillet 2026 en Turquie promet d’être compliqué.
La guerre au Moyen-Orient révèle quant à
elle, des failles importantes au sein de l’armée américaine mais sans
préjuger de sa capacité à mener un conflit. L’armée des États-Unis reste
le modèle le plus puissant… mais altéré par les atermoiements de
l’exécutif américain.
La rencontre entre Donald Trump et
Xi Jinping à Pékin pourrait-elle ouvrir une phase de stabilisation
stratégique entre Washington et Pékin ou faut-il plutôt y voir une
simple gestion tactique d’une rivalité systémique appelée à durer ?
La Chine devient progressivement la « tour
de contrôle » mondiale de la paix et de la guerre. Et si la Chine
partage avec la Russie et les États-Unis, le statut de grande puissance,
elle n’est pas engagée dans un conflit chaud. Elle ne commet pas
l’erreur américaine et russe d’être mise en échec par des pays plus
faibles comme l’Iran et l’Ukraine. La Chine a compris, probablement
avant tout le monde, que le nucléaire militaire ne dissuade que le
nucléaire militaire. Mais se frotter à un pays déterminé comme l’Iran ou
l’Ukraine, donc mener un combat asymétrique, donne un avantage
systémique aux plus faibles dès lors qu’ils utilisent des armements
« rudimentaires » et en grand nombre. La capacité à durer fait le
reste.
Vous connaissez particulièrement
bien les questions africaines et sahéliennes. Après le recul de
l’influence française au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso, la
France peut-elle encore redevenir un acteur crédible en Afrique face à
la montée en puissance de la Russie, de la Chine ou de la Turquie ? Et
comment analysez-vous le retour en force des jihadistes au Mali
notamment ?
La France a perdu l’ensemble de ses
« positions » territoriales entre 2022 et 2025. Le dispositif français
s’est évaporé en 3 ans à l’exception de Djibouti qui est louée. Cette
perte d’influence majeure s’apparente à une perte de crédibilité. Cet
état de fait a ouvert grandes les portes de l’Afrique à tous nos
compétiteurs qu’ils soient Américains, Russes, Turcs, Israéliens,
Chinois et bien sûr Européens. Ce constat d’échec ne vient pas seulement
de l’impossibilité pour l’opération Barkhane de traiter la question du
djihadisme dans le Sahel. Il vient d’un flux récurrent d’erreurs
commises depuis 1994 – de la guerre au Rwanda, à la dévaluation du franc
CFA sans en informer les États, à la suppression du ministère de la
coopération mais aussi de maladresses comme l’humiliant discours de
Dakar en 2007 ou d’erreurs comme la guerre en Libye en 2011, etc…. La
France s’est embourgeoisée dans sa relation à l’Afrique dans un contexte
de montée en puissance de l’Union européenne depuis le traité de
Lisbonne qui lui donne de larges prérogatives en même temps que des
budgets conséquents. L’Afrique est devenue attractive. Elle s’ouvre à
tous. Mais elle doit trouver à présent les solutions à la montée du
terrorisme islamiste qui gangrène le Sahel, l’Afrique centrale et à
terme les pays du Golfe de Guinée. La porte s’est ainsi également
ouverte pour les djihadistes internationaux qui peuvent entrevoir à
présent la création d’un califat au cœur du continent.
Enfin, dans un monde marqué par la
montée des blocs, le retour des guerres et les tensions économiques
mondiales, la France dispose-t-elle encore selon vous des moyens
militaires, diplomatiques et industriels lui permettant de préserver une
véritable autonomie stratégique ?
La France a évidemment les moyens
militaires, diplomatiques et industriels pour préserver voire amplifier
son autonomie stratégique. Malheureusement la France aborde la période
avec une situation budgétaire catastrophique qui limite de fait ses
capacités tout en divisant l’opinion publique française. Enfin, l’Europe
a compris qu’il ne fallait pas compter sur les Américains et sur Trump,
pour les protéger. L’OTAN n’est plus l’alliance espérée par les
Européens à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Trump a sonné la fin
de l’idée selon laquelle les Européens pouvaient consommer sereinement
sans faire les efforts indispensables à sa protection. C’est un peu
l’histoire des « trois petits cochons » et la prise de conscience de la
nécessité d’investir massivement dans les questions de défense. Cette
prise de conscience provoque de fait une exacerbation de la compétition
intra européenne. Les Allemands affirment à présent leur volonté d’être
« leader » de la défense du continent en se dotant de la plus grande
armée conventionnelle européenne, tandis que la Pologne semble avoir des
prétentions identiques. Il nous faut donc entretenir le très haut
niveau technologique de notre modèle nucléaire militaire tout en
affermissant les forces conventionnelles mises à mal depuis la réforme
Armée 2000 et la RGPP, la réforme générale des politiques publiques
chère au président Nicolas Sarkozy. Mais avec quel budget ?
A) - Hantavirus : pour le professeur Raoult, la vraie épidémie est médiatique
B) - Hantavirus : le professeur Perronne dénonce une « psychose inutile » et une manipulation médiatique à grande échelle
C) - Hantavirus : cas positifs, mesures de protection et inquiétudes sur la propagation
D) - Flaubert, Madame Bovary et le Coronavirus…& La pandémie nous fera peut-être comprendre que seul le temps a de la valeur.
E) - Réalités alternatives ou prédatrices ?
A) - Hantavirus : pour le professeur Raoult, la vraie épidémie est médiatique
Dans une nouvelle émission
diffusée le 12 mai 2026, le professeur Didier Raoult était l’invité de
retour sur le plateau pour une longue analyse de l’actualité
virologique. Au menu : le hantavirus (qu’il appelle « antavirus » dans la discussion), l’emballement médiatique autour du foyer argentin sur le paquebot MV Hondius, et surtout la question centrale : faut-il avoir plus peur du virus ou de la machine à peur médiatique et politique ?
Le professeur Raoult, qui vient de publier La Société du Factis – Journal d’un complotiste, n’a pas mâché ses mots :
« On est en train de nous refaire le même film qu’avec le monkeypox ou le Covid. »
Un virus connu depuis des décennies, pas une nouveauté apocalyptique
Le hantavirus n’est pas une découverte récente. Comme l’explique Raoult, qui enseigne les virus émergents :
C’est une
zoonose classique, transmise principalement par les rongeurs (rats,
souris, campagnols) via leurs déjections, urines ou salive.
On estime
200.000 cas par an dans le monde, sous deux formes principales :
fièvres hémorragiques avec insuffisance rénale (formes plutôt bénignes)
et formes pulmonaires plus graves décrites aux États-Unis.
Le variant « Andes
» (Honduras) impliqué en Argentine est connu pour pouvoir donner des
formes respiratoires sévères et, dans de très rares cas, une
transmission interhumaine en contact très proche (pas une transmission
aérienne banale).
« C’est exactement ce que disait déjà notre ministre de la Santé actuelle, et pour une fois elle n’a pas dit de bêtise », ironise Raoult.
Sur le bateau de croisière, seulement quelques cas ont été détectés malgré des semaines de confinement en mer. Pour le professeur Didier Raoult, c’est un excellent indicateur : « Si c’était vraiment très contagieux, on aurait 30 à 50 % des passagers malades. » Il compare avec le norovirus (diarrhées) ou le Covid sur le Diamond Princess et le Charles de Gaulle : là, la contagion était massive. Ici, ce n’est pas le cas.
La chloroquine, une piste sérieuse oubliée
Le professeur rappelle une étude publiée
en mars 2021 dans Frontiers in Cellular and Infection Microbiology
(Valentin Vergotte et al.) montrant que la chloroquine est efficace in
vitro et in vivo contre les hantavirus. Elle agit précisément au stade
de l’endocytose, en empêchant l’acidification de l’endosome nécessaire à
la libération du génome viral.
« C’est de la biologie de base, ça ne rapporte pas un sou, donc on n’en parle pas », lance-t-il.
Il insiste : la chloroquine (ou hydroxychloroquine) est l’un des
médicaments les plus sûrs et les plus utilisés au monde (des dizaines de
millions de boîtes prescrites chaque année en France en rhumatologie).
La campagne de diabolisation pendant le Covid était, selon lui,
scientifiquement infondée.
Vaccins en urgence : le même scénario que le Covid ?
Alors que Nicolas Hulscher, MPH, épidémiologiste à la Fondation McCullough, a récemment évoqué sept
prototypes de vaccins en développement (ADN, ARN messager de Moderna,
vecteurs viraux, sous-unités protéiques…), Raoult reste très sceptique :
Les virus à ARN mutent rapidement.
Les vaccins à cible unique risquent d’être vite contournés.
Il rappelle l’échec des anticorps monoclonaux pour les mêmes raisons pendant le Covid.
« On veut nous faire croire qu’on va
sortir un vaccin en quelques mois contre un virus qui mute tout le
temps… On a déjà vu le film. »
La vraie épidémie : celle de la peur médiatique
Pour Raoult, le véritable danger n’est pas tant le virus que la presse et le storytelling anxiogène :
Même schéma qu’avec le monkeypox (MST présentée comme une menace pandémique).
Même schéma qu’avec le Covid (bateau, PCR, panique mondiale).
Même acteurs : fondations, laboratoires, médias subventionnés qui « vendent » l’urgence.
Il cite l’exemple des chats à Paris : la ville a préféré stériliser
et euthanasier les chats errants plutôt que de les laisser chasser les
rats. Résultat : prolifération des rongeurs. « On préfère interdire la liberté plutôt que d’accepter la nature. »
Une société du « factis » (simulacre)
Le professeur élargit le débat à son dernier livre La Société du Factis : nous vivons dans un monde de simulacres où la communication remplace la réalité,
où les promesses politiques sont des faux contrats (principe
d’annualité budgétaire violé en permanence), où les institutions (OMS,
médias, ministère) ont perdu toute crédibilité.
« Les gens commencent à être vaccinés contre la propagande. Ils ne croient plus au loup. C’est une bonne nouvelle. »
Message final
Le Professeur Didier Raoult reste serein sur le plan virologique :
« Ce n’est pas une maladie très contagieuse »
Il appelle à la raison, à la décontamination simple (gants + javel ou alcool), à la chasse aux rongeurs sur les bateaux, et surtout à ne pas céder à la panique.
Il conclut sur une note d’optimisme relatif : « Les systèmes vieillissent. La presse, l’OMS, le narratif Covidien… tout cela s’effrite. Les gens commencent à voir le simulacre. »
L’interview est donc un rappel salutaire, à l’heure où sept vaccins contre le hantavirus sont déjà en développement accéléré.
B) - Hantavirus : le professeur Perronne dénonce une « psychose inutile » et une manipulation médiatique à grande échelle
Dans un débriefing vidéo diffusé récemment, le
professeur Jean-Michel Péron, infectiologue expérimenté, a été invité
par Xavier pour décrypter l’actualité autour de l’hantavirus.
Alors que les médias et certains
responsables politiques présentent la souche sud-américaine (virus des
Andes) comme un nouveau danger planétaire comparable à Ebola, le
spécialiste livre une analyse tranchée : transmission très limitée,
maladie connue depuis des décennies en France, et surtout une
communication anxiogène disproportionnée.
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
Le nom « hantavirus » vient de la rivière Hantaan, en Corée,
où des soldats américains avaient contracté une fièvre hémorragique
sévère dans les années 1950. Il s’agit d’un virus porté par les rongeurs
(campagnols, mulots, parfois rats). La contamination humaine se fait
essentiellement par inhalation de déjections de rongeurs (urine, fèces,
salive) dans des espaces confinés et poussiéreux : granges, garages, tas
de bois, etc.
En Europe et en France, les souches sont généralement bénignes. Le
professeur Péron, qui a soigné des cas pendant 40 ans (notamment dans
l’Oise et la Picardie), rappelle que la maladie provoque surtout une
insuffisance rénale aiguë temporaire, traitée par dialyse. Jamais, en France, on n’a mis en place d’isolement, de masques ou de mesures drastiques pour ces patients.
Seule la souche Andes (présente en Argentine et au Chili) a montré,
dans de rares cas, une transmission interhumaine limitée, nécessitant un
contact très proche et prolongé (échange de salive, relations
sexuelles, soins prolongés en espace clos).
L’épisode actuel : un cluster sur un paquebot
L’actualité concerne un foyer à bord du paquebot de croisière MV
Hondius, parti d’Ushuaïa (Argentine) début avril 2026. Plusieurs
passagers ont développé des symptômes graves, avec à ce jour huit cas
(dont trois décès confirmés ou suspectés). Des rapatriements ont eu lieu
vers les Canaries, la France et d’autres pays.
Le professeur Péron note que l’origine la plus probable reste une
contamination par aérosolisation de déjections de rongeurs à bord
(climatisation, espaces confinés). Il juge « bizarre » que plusieurs personnes soient touchées simultanément sans lien évident avec les rongeurs, mais surtout, il dénonce le narratif officiel qui évoque une transmission par aérosolisation humaine classique.
Une réaction « maximaliste » et des coïncidences troublantes
Pour l’infectiologue, le traitement médiatique et gouvernemental est excessif :
Comparaisons alarmistes à Ebola par certains professeurs médiatiques.
Déplacement du directeur de l’OMS Tedros aux Canaries pour quelques cas.
Réunion ministérielle de crise en France.
Annonce rapide du développement d’un vaccin ARN messager par Moderna, avant même l’émergence médiatique de l’épisode.
Il relève plusieurs coïncidences :
L’Argentine (et les États-Unis) qui quittent l’OMS.
Une « répétition générale » aux Canaries trois semaines avant.
Le timing parfait avec les discussions sur le traité pandémique de l’OMS.
Une explosion récente de publications scientifiques sur l’hantavirus (plus de 1.000 en quelques mois).
« On nous refait le même coup qu’avec le Covid
», estime-t-il. Il rappelle le rôle des tests PCR (risque de faux
positifs avec trop de cycles d’amplification) et met en garde contre une
future « pseudo-épidémie » fabriquée par dépistage massif.
Traitement et conseils pratiques
Il n’existe pas de traitement spécifique. La prise en charge est
symptomatique : réanimation et dialyse en cas d’insuffisance rénale.
Des études anciennes suggèrent un possible intérêt de la
chloroquine/hydroxychloroquine (à confirmer), mais l’essentiel reste le
soutien vital.
En France, 70-75 % de la population vit en ville et n’est pas
exposée. Le risque concerne surtout les personnes manipulant des
matériaux dans des lieux fréquentés par les rongeurs (agriculteurs,
bricoleurs). Pas de psychose à avoir lors des vide-greniers ou
rangements de printemps : aérer, porter un masque FFP2 si poussière
importante, et éviter d’inhaler les déjections.
Le devoir du médecin : sérénité et vérité
Le professeur Péron, qui a géré de nombreuses épidémies par le passé
(légionellose, Clostridium difficile, etc.), rappelle que le rôle des
scientifiques et des autorités est d’informer sans affoler. « On exploite la peur pour manipuler les populations », dit-il, citant Goering à Nuremberg.
Son message final aux Français :
« Restez vigilants, ne vous laissez
pas manipuler. Suivez l’actualité avec esprit critique. Refusez toute
injection expérimentale obligatoire. Cette fois, il faut dire non. »
L’affaire du hantavirus sur le MV Hondius est-elle une simple
coïncidence malheureuse ou le début d’une nouvelle campagne de peur ? Le
professeur Péron invite à observer sans paniquer. Pour l’instant,
rien ne justifie, selon lui, de replonger la population dans le
cauchemar des confinements, masques et vaccins expérimentaux
C) - Hantavirus : cas positifs, mesures de protection et inquiétudes sur la propagation
Tout commence à bord du navire parti pour relier Ushuaïa, en
Argentine, au Cap-Vert, mais le voyage tourne court. Un foyer infectieux
est identifié : trois décès, dont un couple néerlandais âgé et une
passagère allemande.
Une passagère française, rapatriée après avoir transité par Tenerife, a été testée positive à son retour à Paris. Elle est actuellement prise en charge dans un établissement spécialisé.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, décrit un protocole strict :
« un hôpital spécialisé en maladies infectieuses, avec toute une
technique dans les chambres qui est très protectrice pour éviter
évidemment que le virus se propage ».
Dans son sillage, les autorités sanitaires ont identifié 22 cas
contacts sur le territoire, mais le gouvernement se veut rassurant.
Masques chirurgicaux, FFP2, capacités de dépistage, traitements
symptomatiques : selon la ministre, l’arsenal est en place pour faire
face à une éventuelle montée en puissance du virus.
Les rédactions de France Télévisions, dans le cadre de l’opération
#OnVousRépond, invitent les citoyens à poser leurs questions, promettant
un traitement journalistique rigoureux et la possibilité d’un suivi
personnalisé.
Pour l’heure, il est difficile d’affirmer si cet épisode marquera le
début d’une nouvelle épidémie comparable à celle du coronavirus, les
premiers éléments disponibles invitent à la prudence, mais pas à la
dramatisation. Chaque virus a sa dynamique, ses modes de transmission,
ses conditions de propagation et ses limites. À ce stade, il faut donc
éviter les comparaisons hâtives : l’hantavirus suscite une vigilance
légitime, sans que l’on puisse parler d’un scénario de type coronavirus.
D) - Flaubert, Madame Bovary et le Coronavirus…& La pandémie nous fera peut-être comprendre que seul le temps a de la valeur
Face à une attitude que nous jugeons choquante, voire scandaleuse, insensée et inacceptable, il nous faut d'abord tenter de l'expliquer.Non pas pour la justifier, mais pour mieux comprendre comment y faire face, et surtout comment la combattre, notamment si elle contredit nos valeurs les plus fondamentales.
C'est précisément ce qui se passe aujourd'hui dans le monde universitaire et de l'édition, d'abord aux États-Unis, puis en Europe.
Dans ces milieux, ces dernières semaines, il est devenu difficile d'enseigner un cours d'histoire de l'art mondial qui ne porte que sur l'art européen.De plus, il devient difficile d'enseigner un sujet qui pourrait, d'une manière ou d'une autre, concerner une minorité sans en faire partie.Concrètement, ne serait-il plus permis de parler des femmes si l'on n'est pas une femme, du monde juif si l'on n'est pas juif, du monde musulman si l'on n'est pas musulman, ou du monde indien si l'on n'est pas indien ?Ces restrictions s'appliqueraient non seulement à l'enseignement, mais aussi aux livres : il ne serait plus possible pour un auteur d'aborder, dans un essai ou un roman, un genre ou un groupe différent du sien.On a même vu des femmes critiquées pour avoir parlé, dans un roman, de femmes issues d'un milieu social différent du leur, ou pour avoir raconté les aventures d'un personnage transgenre sans l'être elle-même.Cela réduirait en fin de compte la littérature à de simples autobiographies.On pourrait même s'attendre à ce que ce problème touche bientôt les médias et empêche un journaliste de traiter d'un sujet qui ne concerne ni son genre, ni son origine sociale, ni son pays.
Cette situation peut facilement nous choquer.Il est cependant nécessaire de comprendre que, pendant des siècles, une grande partie de la littérature occidentale a dépeint les femmes d'un point de vue masculin, ce qui a souvent conduit à une image dévalorisée de la femme.Une grande partie de l'enseignement de la littérature, de la philosophie et de la musique a longtemps négligé les créatrices, qui sont aujourd'hui redécouvertes avec difficulté.Il en va de même pour les minorités, en particulier les minorités racisées.
Ce phénomène n'est ni insignifiant, ni réactionnaire, ni anodin.Il s'inscrit dans un vaste mouvement qui se développe depuis des décennies (et dont j'ai souvent parlé) vers un narcissisme philosophique, idéologique, artistique, économique, médiatique et politique.De plus, il se traduit par un individualisme généralisé.Son omniprésence est manifeste dans l'exagération de l'exposition personnelle sur les réseaux sociaux et dans le succès d'œuvres d'art, tous domaines confondus, qui privilégient les récits les plus personnels au détriment des œuvres de fiction.
En réalité, la crise du coronavirus participe également à ce mouvement, en poussant la société vers le confinement le plus strict possible.
Comme toujours, une évolution souhaitable implique d'abord des excès ;c'est le cas ici aussi : il ne faudrait pas aller jusqu'à penser que Flaubert n'avait pas le droit d'écrire Madame Bovary.Ni que Jane Austen, ou les sœurs Brontë, n'étaient pas légitimes à raconter les aventures de personnages masculins formidables dans leurs romans respectifs.Et tant d'autres exemples, notamment au cinéma aujourd'hui.
Tout peut se comprendre et se justifier, sauf l'intolérance.Surtout lorsqu'il s'agit de censure du talent.L'évolution doit devenir un progrès.Puisse-t-elle nous conduire tous à une vigilance accrue quant à la relation entre l'auteur et son œuvre.Non pas pour le censurer, mais pour ne pas être induits en erreur par ce qu'il (ou elle, ou « ils », comme on dira bientôt) veut transmettre, consciemment ou inconsciemment, à travers son œuvre.Et pour la juger comme telle.Et plus encore, créer les conditions pour que chacun, quelles que soient ses origines et son éducation, ne soit pas intimidé par les formes d'expression artistique les plus prestigieuses et ose les enrichir de son identité et de ses espoirs.
La pandémie nous fera peut-être comprendre que seul le temps a de la valeur.
Il n'y a plus de doute : cette pandémie aura un impact considérable sur le monde.
Tout d'abord, il est impossible d'exclure que la pandémie soit bien plus meurtrière qu'elle ne l'est aujourd'hui ;que les systèmes de santé se révèlent incapables de soigner tous les malades ;et surtout, qu'il n'y ait pas assez d'équipements de soins intensifs partout, et que dans les pays les moins préparés, il faille sélectionner, parmi les cas les plus graves, ceux qui peuvent être traités.Pire encore, une telle situation pourrait être un facteur décisif dans la dérive de notre civilisation vers un individualisme exacerbé et une lutte acharnée pour la survie.Plus de respect d'autrui.Plus d'empathie.Sur la voie de la dictature.
De plus, on ne peut exclure la possibilité que la pandémie finisse par avoir un impact très grave sur l'économie mondiale.Une crise de la demande, suivie d'une crise de l'offre, aggravée par l'interruption des chaînes de production, pourrait engendrer des pénuries et donc de l'inflation, faire grimper les taux d'intérêt, provoquer la faillite d'entreprises incapables d'honorer leurs dettes et entraîner la ruine d'institutions financières assez imprudentes pour les avoir soutenues ;le chômage exploserait ;une crise sociale majeure s'ensuivrait, avec des conséquences politiques, là encore, incalculables.Le tout serait d'autant plus exacerbé que les plus riches trouveraient toujours, dans ces circonstances, les moyens d'accroître encore leurs fortunes.
Nous n'en sommes pas encore là, et nous pouvons encore tout faire pour l'éviter.Pour cela, il faudrait aussi que cette crise, sans faire de nouvelles victimes, marque les esprits.Et que nous tirions, au plus vite, des entrailles de ces catastrophes menaçantes, l'espoir d'un monde meilleur.Les actions les plus importantes se dessinent clairement.
D'une part, agir massivement sur les éléments les plus directs de la crise : nous avons besoin d'une meilleure hygiène individuelle et collective ;Plus de médecins, d'infirmières, d'équipements hospitaliers, d'unités de soins intensifs ;davantage de recherche fondamentale et appliquée.Enfin, il nous faut réguler le système financier et démanteler l'endettement abyssal qui nous a conduits à la situation actuelle.
D'un autre côté, nous devons tirer le meilleur parti des nouvelles pratiques que cette crise, aussi grave soit-elle, nous a imposées : le respect de soi, l'hygiène et la surveillance de notre santé ;passer plus de temps en famille, entre amis et au contact de la nature ;cuisiner et partager des moments conviviaux autour de la table ;privilégier les sorties les plus enrichissantes ;découvrir les avantages du télétravail ;réduire la durée et le nombre de participants aux réunions, qu'elles soient physiques ou virtuelles ;exploiter pleinement les nouvelles technologies pour écouter de la musique, s'informer, enseigner et diagnostiquer.Par ailleurs, notre production doit évoluer et nous devons promouvoir une division spatiale du travail beaucoup moins dispersée et précaire.De ce fait, nous devons promouvoir un modèle de croissance entièrement nouveau et de nouveaux secteurs économiques, dont certains ont été jusqu'ici négligés, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, sous toutes leurs dimensions.Wall Street n'a pas tardé à intégrer certaines de ces entreprises à un nouvel indice, baptisé « indice du confinement », qui, aux côtés de Netflix, regroupe 33 sociétés profitant directement de la crise, aussi diverses qu'Activision Blizzard, Slack, Teladoc, le New York Times, Sonos, Amazon, Blue Apron, Alibaba, Campbell Soup, Central Garden et Petco.
Plus généralement, cette crise nous apprend à prendre au sérieux la chose la plus rare et la plus précieuse au monde : le temps.Un temps de qualité.Le temps de notre quotidien, que nous ne devons plus gaspiller en futilités.Le temps de notre vie personnelle, que nous pouvons prolonger en lui consacrant davantage de ressources.Enfin, le temps de notre civilisation, que nous pouvons préserver en cessant de vivre dans l'agitation, la superficialité et la solitude.Dans un nouvel équilibre entre nomadisme et sédentarité.
j@attali.com
Jacques Attali est docteur en sciences économiques, diplômé de l'École Polytechnique et conseiller d'État.Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet.
Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à la prospective), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues.Il est chroniqueur pour les quotidiens économiques Les Echos et Nikkei, après avoir également collaboré avec L'Express.
Jacques Attali dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
De plus en plus divisé, et pris en étaux entre des forces
contraires, le monde court-il inexorablement à sa perte, dans une sorte
d’accélération du temps, ou cette crise est-elle une étape indispensable
au changement ?
Face à la montée des périls, sommes-nous impuissants et condamnés à
subir les évènements ou pouvons-nous reprendre le contrôle et assurer
notre survie ? Dans la marche du monde, il existe des schémas récurrents
qui sont autant de clés de compréhension et de sources de solutions.
Des concepts innovants et transversaux, allant de la physique, aux
sciences humaines et sociales, en passant par la biologie, nous
permettent de décrypter les mécanismes à l’œuvre, que ce soit d’un point
de vu général, à l’échelle de l’univers, ou dans des cas spécifiques.
En particulier, nous illustrerons le principe de résilience, où les
crises majeures peuvent devenir un vecteur de progrès, avec la réponse
exemplaire de l’humanité face à la pandémie de Covid-19 ou avec la
survie millénaire du peuple juif.
Le nouveau désordre mondial
Le monde semble pris dans un maelstrom d’éléments contradictoires qui
se succèdent à un rythme effréné, représentant autant de zones de
fragilisations et de conflits potentiels. Ainsi, l’humanité, pourtant à
l’apogée de la connaissance scientifique, voit resurgir des théories
rétrogrades et complotistes, comme le platisme, le rejet de la
vaccination, l’antisémitisme et le fanatisme religieux, avec les
conséquences néfastes que l’on sait. De surcroît, malgré la prospérité
liée à la globalisation et aux échanges internationaux, les spectres
prédateurs de la division, des ambitions impériales ou de la guerre,
pointent à nouveau comme si l’on avait oublié le prix exorbitant des
deux conflits mondiaux.
A l’échelle individuelle, on observe la même tendance à la
fragmentation. La pandémie de Covid-19 et le confinement ont accéléré le
délitement du lien social et fragilisé les Etats. Du fait de la
limitation des interactions, les particuliers sont devenus plus
perméables aux contenus militants ou aux fake news diffusés en continu
via les réseaux sociaux. A l’extrême, chacun tend à devenir le centre de
référence, constituant autant d’univers parallèles, alimentés par des
réalités alternatives, au détriment du collectif, ce qui n’est pas sans
conséquence sur les systèmes politiques.
La nature n’est pas en reste. Outre les épidémies, la raréfaction des
ressources, le dérèglement climatique et ses conséquences ou les
cataclysmes, sont autant de menaces auxquelles nous devons faire face.
En dépit des progrès technologiques, l’humanité qui n’a jamais connu
autant de disparité, est loin de constituer un front commun face aux
dangers. L’accumulation rapide d’évènements critiques, autant que
d’innovations majeures, donnent la singulière sensation d’accélération
du temps. La question est de savoir dans quelle direction nous allons :
vers un inéluctable chaos, une nouvelle émergence, ou serons-nous
capables de surmonter les crises et préserver l’essentiel ?
« Un maelstrom d’éléments contradictoires qui se succèdent à un rythme effréné »
Le chaos et la fin de l’histoire ?
En réalité, il n’y a « rien de nouveau sous le soleil ». Ces
observations ne sont ni spécifiques d’une époque ni de l’humanité. Elles
reflètent la tendance naturelle de l’univers au chaos, et cela à
différentes échelles. Il s’agit de l’entropieou force de désagrégation (mesure
du désordre ou de la dispersion de l’énergie), un concept issu de la
physique qui a largement été extrapolé à d’autres disciplines, comme la
biologie ou les sciences humaines et sociales, et particulièrement en
économie.
Selon ce principe, dans un système clos, l’épuisement de l’énergie
est inévitable et en conséquence, la tendance vers le chaos ne peut que
s’accroitre, annonçant la détérioration puis la disparition du système.
Est-ce à dire que notre monde est inéluctablement voué à s’éteindre ?
Pas nécessairement. Ce sort funeste est principalement le fait des
systèmes isolés et rigides. En d’autres termes, tout ce qui n’est pas
appelé à s’ouvrir ou à évoluer est voué à disparaitre. D’autres forces
s’opposeraient à la désagrégation, telle que la néguentropie (entropie négative ou résistance créatrice), dont le maintien de la vie est l’une des manifestations, ainsi que le couple destruction créatrice / entropie créatrice,
où l’innovation remplace ce qui est obsolète et explique l’émergence
spontanée de la complexité. Enfin, pour modérer l’action de ces
dernières, la résilience quicorrespond à la capacité de surmonter une crise pour éviter la destruction totale.
« Tout c’est ce qui n’est pas appelé à s’ouvrir ou à évoluer est voué à disparaitre
… Ou le début d’une autre histoire ?
La conception étroite selon laquelle l’entropie, n’est que la
tendance au chaos est remise en question par de nombreux auteurs. Ainsi,
il faudrait plutôt la considérer comme un moteur du changement, de
l’évolution et de la structuration. Dans ce cadre, la vie (des espèces
aux civilisations) ne serait pas un système particulier qui se
structurerait au détriment du reste, en puisant des ressources et en
rejetant vers l’extérieur une énergie non utile (transfert du chaos),
mais comme un élément participant de la structuration globale. L’idée
principale est donc l’opposé du postulat initial : l’ordre émergerait du
désordre et de la destruction, et ce de manière spontanée, du fait des
propriétés intrinsèques de l’univers.
Cette thèse fait appel à des concepts mathématiques tels que les structures fractales (motifs répétés à différentes échelles, du microcosme au macrocosme) et la log-périodicité (existence
de cycles précurseurs d’un changement majeur). Le principe
fractal explique l’organisation spatiale des systèmes complexes à
travers l’autosimilarité (effet de zoom), tandis que
la log-périodicité en explique l’évolution temporelle par une
accélération (démographie, complexité, consommation) vers les
changements majeurs ou crises. Ce qui conduit à reformuler l’entropie
non plus comme une mesure du chaos mais comme celle d’une transversalité créatrice ou dispersion latérale de l’énergie (par
rapport à la « finalité principale »). Ce phénomène, reposant sur la
redondance, engendrerait de la diversité et des structures comme
potentialités créatrice. En d’autres termes, le désordre représenterait
un « réservoir de possibilités » en cassant les rigidités des systèmes.
Le concept d’entropie créatrice permet ainsi d’expliquer l’émergence spontanée de l’ordre, de la complexité et de structures, après une phase de destruction (destruction créatrice),
à condition que les systèmes dissipent de l’énergie, sous différentes
formes, en fonction du contexte, ce que nous allons expliciter par la
suite.
En résumé, l’entropie et la destruction créatrice sont le moteur du
changement, dont le mécanisme de propagation est la dispersion latérale
de l’énergie. Le tout suivant un développement accéléré et cyclique.
« L’ordre émergerait du désordre et de la destruction »
Quand la nature s’emmêle !
Aux actions humaines comme les guerres, les catastrophes naturelles
et les épidémies viennent s’ajouter, comme autant de facteurs de
désordre et de destruction qui amplifient les faiblesses structurelles
des sociétés, les rendant plus vulnérables. Ainsi, l’effondrement des
empires hittite et Romain d’Occident ou de la civilisation Maya
classique s’expliquent par une pression combinée de facteurs
environnementaux et internes (hypercentralisation et complexité) ne
permettant pas d’apporter une réponse rapide et efficace. Schéma que
l’on peut également transposer à l’ère moderne, pour les crises
économiques, ou en remontant plus loin dans le temps, avec les périodes
glaciaires ayant conduit à la disparition d’espèces entières et d’une
grande partie de l’humanité.
Cependant, ces drames contiennent également une potentialité créatrice en
forçant les sociétés à s’adapter ou à se réinventer pour survivre.
Ainsi, la destruction des empires a donné naissance à des entités de
taille plus modestes, moins complexes et plus résilientes. De même à
l’échelle planétaire, les glaciations ont favorisé l’évolution avec
l’émergence de nouvelles espèces ou le développement des capacités
cognitives de l’homme.
Quant aux épidémies, elles sont probablement la manifestation la plus
violente et la plus rapide du concept de dispersion latérale de
l’énergie (énergie biologique). Les germes, en se propageant rapidement à
travers les populations, mettent à rude épreuve les capacités de
réponse des systèmes. Elles forcent ainsi les sociétés à se réorganiser,
et à dissiper à leur tour l’énergie (au sens large), pour atteindre un nouvel état d’équilibre, sous peine de disparaître.
Une autre conséquence de la dispersion latérale de l’énergie est le polymorphisme génétique (diversité au sein d’une population, favorisée par la mixité) où la mutation est un facteur de progrès permettant de sortir d’une situation figée (l’erreur comme moteur de l’évolution ou d’entropie créatrice).
Le polymorphisme constitue l’une des plus grandes forces de l’humanité,
lui ayant permis de résister aux crises passées (chocs climatiques,
épidémies). Car plus la diversité est importante au sein d’une
population, plus elle a de chance de compter des individus capables de
survivre aux changements de l’écosystème et d’assurer la pérennité du
groupe.
En résumé, ce sont les variants génétiques face aux variations de l’environnement.
« La diversité…, l’une des plus grandes forces de l’humanité »
« De la biologie à la culture »
Mais tout n’est pas inscrit dans les gènes. En effet, la culture serait
un des modes majeurs de la dispersion latérale de l’énergie appliquée
aux populations humaines. Ainsi, pour Jacques Ruffié, l’évolution de
l’homme ne serait pas que le résultat de la génétique (transmission
verticale et lente) mais également le fruit de facteurs horizontaux et
rapides, les épidémies comme nous venons de le voir, et surtout de la
culture.
La culture au sens large (des technologies, aux idéologies et religions, en passant par les arts) serait le principal vecteur d’adaptation latérale de
l’humanité à un environnement changeant. Elle lui permet de se
réorganiser rapidement face aux diverses menaces par un transfert rapide
d’information (systèmes d’alerte, santé publique). Les inventions et
les idées se propagent en quelques années alors que l’évolution
génétique prend des milliers, voire des dizaines de milliers d’années.
Cette dispersion rapide de l’information est l’un des mécanismes de la résilience des sociétés pour résister aux chocs et éviter la destruction totale. Mais c’est également un facteur de vulnérabilité à
deux niveaux : tout d’abord, la dépendance à l’information avec les
conséquences d’une rupture des flux de communication et d’autre part, la
propagation d’informations erronées ou destructrices.
En résumé, la culture (humanisation) a pris le relai de
l’hominisation (évolution biologique) comme force dominante de
transformation.
« La culture a pris le relai de l’évolution biologique comme force dominante de transformation »
La résilience comme antidote à la destruction totale
La résilience représente la capacité d’un système à absorber un choc
(interne ou externe), c’est-à-dire à maintenir ses fonctions
essentielles, et à se réorganiser (transmission rapide d’informations et
diffusion de solutions) pour éviter l’effondrement total. Une crise est
réussie, quand la résilience est suffisante pour assurer la double
fonction d’amortisseur et de moyen efficace pour éloigner le système du
point de non-retour (ou point critique).
Ainsi, une société résiliente, parvient à innover, ou à se réformer,
afin d’éviter la destruction massive. Pour ce faire, elle utilise
l’énergie du choc pour une réorganisation contrôlée. Après une période
d’instabilité temporaire, elle se réajuste et retrouve une nouvelle
stabilité. C’est souvent le fruit de la diversité et de la redondance.
A l’inverse, les sociétés qui s’effondrent ont accumulé trop de
rigidités structurelles et maquent de diversité. Afin d’illustrer les
mécanismes du succès, là où d’autres échouent, nous évoquerons les
formidables moyens, mis en œuvre à l’échelon planétaire, pour lutter
contre la pandémie de Covid-19, et pour la dimension temporelle, la
survie du peuple juif tout au long de l’histoire.
« Une société résiliente, parvient à innover, ou à se réformer, afin d’éviter la destruction »
L’humanité face à la pandémie de Covid-19
L’épidémie de Covid-19 est le plus récent et le plus massif exemple de dispersion latérale de l’énergie biologique à
l’ère de la mondialisation. Se mesurant en jours, la vitesse de
propagation du virus SARS-CoV-2 est sans équivalent. Ayant débuté à
Wuhan en Chine, du fait des transports aériens, elle s’est rapidement
transformée en pandémie mondiale. Ce faisant, le virus a brutalement
révélé la vulnérabilité des systèmes de santé, la rigidité et les
failles des filières d’approvisionnement.
Dans un premier temps (phase de destruction),
l’impréparation, la mortalité élevée et le confinement, ayant interrompu
les interactions sociales, ont entrainé la défiance envers les
gouvernements, les services de l’Etat et les scientifiques, mais
également rendu plus perméables les populations au complotisme. Les
réseaux sociaux ont été un vecteur très efficace de dispersion latérale de désinformation et de polarisation idéologique (pro et anti-vax), fracturant les solidarités traditionnelles.
Par la suite, le monde a fait preuve d’une résilience exemplaire en mettant en œuvre une réponse rapide et efficace. Ainsi, la crise a déclenché une solidarité à l’échelon planétaire et une entropie créatrice sans précédent par
l’accélération de l’innovation (industrielle et numérique pour
maintenir les fonctions sociétales) et de l’information scientifique (dispersion latérale du savoir).
Le partage des connaissances, la publication accélérée des résultats,
et la mise en production rapide des vaccins à ARN messagers, ou la
production en masse de masques et de systèmes d’assistance respiratoire,
ainsi que le renforcement des institutions internationales ont été la
clé du succès.
En résumé, c’est la parfaite démonstration que, la culture (technologie et sciences) est le mécanisme les plus approprié pour gérer les crises de nature biologique.
« L’humanité face à la pandémie… a fait preuve d’une résilience exemplaire »
Comment le peuple juif s’est constamment réinventé
Le peuple juif est un modèleassez unique de résilience par l’adaptation continue d’une
société confrontée à une succession de points critiques. Son étude
révèle les mécanismes de survie développés face à une répétition de
chocs externes (guerres, épidémies, collisions culturelles, destructions
massives) et internes (conflits entre différents courants, messianisme,
mystique, philosophie).
Reposant initialement sur quatre piliers (spirituel, territorial,
politique, culturel) et une grande diversité (12 tribus et une variété
de pratiques), les vicissitudes de l’histoire ont conduit le peuple
juif, non pas à l’éclatement puis à la disparition, mais à se réinventer
en permanence. Ce qui lui a permis de préserver l’essentiel. Des
évènements aussi dramatiques que la destruction du Temple, à deux reprises (Babylone au VIe siècle av J-C et Rome en 70 ap J-C), les dissensions internes et l’exil auraient
pu sonner le glas des hébreux comme cela a été le cas d’autres
civilisations qui avaient perdu leur centralité. Pour l’éviter, des
mécanismes culturels dit de résilience textuelle ou communautaires ont été déployés. Il s’agit d’une destruction créatrice radicale ayant conduit à substituer le Temple et l’Etat par un culte centré sur l’étude de la Thora et la communauté. C’est-à-dire un système encré sur la mémoire (histoire, courants ou composantes disparus), la loi et son interprétation (quête permanente de sens face aux points critiques), ayant conduit à l’élaboration du Talmud. Ce dernier a fourni un cadre capable de maintenir une identité dynamique, tout en assurant la cohésion sociale, quel que soit le lieu et le contexte politique.
La survie juive pendant les périodes de crise ultérieures fut assurée par la diaspora et la mobilitécomme moyens dedispersion latéralede l’énergie. Ainsi quand des persécutions se produisaient, elles ne touchaient pas toute la communauté. Le choc ultime fut la Shoah, une tentative de destruction totale (« la solution finale »).Elle a catalysé la renaissance territoriale d’Israël en 1948, afin d’assurer la pérennité du peuple juif, après l’échec du projet diasporique.
En résumé, la survie du peuple juif est le fruit de métamorphoses
successives de la résilience, évoluant d’un territoire à la centralité
du couple texte-diaspora, avant de se réincarner dans une réalité
culturelle et territoriale.
« La survie du peuple juif est le fruit de métamorphoses successives de la résilience »
L’avenir, une infinité de possible qui dépend de nous
A la lumière des concepts abordés, tous les éléments pointent vers
une crise imminente et majeure, ce qui n’est pas un scoop, avec une
accélération des éléments de ruptures. Ne rien faire, face à ces
multiples menaces, nous rapproche inexorablement du point de rupture.
Pourtant, une partie de l’humanité semble ne pas être concernée ou se
croit, à tort protégée, alors que l’autre n’a pas les moyens d’agir.
Chacun est comme halluciné dans son silo, à l’instar de réalités
parallèles, oubliant que nous sommes connectés et interdépendants, avec
le même univers en partage. Un univers prédateur qui n’accorde aucune
pitié à ceux qui refusent d’évoluer. La nature ayant horreur du vide,
d’autres organisations, mieux adaptées, prendront notre place. Les
possibilités sont variées comme autant de réalités alternatives. Ce qui
est arrivé à de nombreuses civilisations avant nous peut également être
notre sort, et à très court terme.
Mais nous ne sommes pas démunis. Nous avons beaucoup à apprendre de
nous-même, à titre collectif, comme notre réponse face à la pandémie de
Covid-19 ou à titre particulier, avec la résilience adaptative continue
du peuple juif. Concernant ce dernier, les antisémites seraient bien
inspirés de mettre leur énergie débordante, et leurs innovations dans
une autre cause, tel que se remettre en question, car malgré tous les
moyens mis en œuvre, les juifs sont encore là, mais leurs contempteurs
ont disparu. Le chaos n’est donc pas inéluctable. Pour cela nous devons
évoluer et en accepter le prix. Le changement est toujours précédé par
une phase de destruction, ou de remise en cause, c’est la rançon du
progrès et un impératif pour survivre. Pour être en phase avec
l’actualité française, si nous voulons préserver notre modèle social, la
contrepartie sera, à minima, une réforme des retraites.
En conclusion, face aux agents du chaos qui testent notre résilience à
toutes les échelles (individuelle, nationale ou globale), nous ne
devons pas abdiquer. Il nous faut impérativement être lucides,
solidaires, avoir le courage d’agir à la mesure des dangers, et assumer
les conséquences de nos choix. Afin d’éviter aux générations à venir
d’en payer le prix fort.
Pour paraphraser, Winston Churchill, il serait dommage de gaspiller une bonne crise, une occasion en or de se réinventer !
Références :
L’ordre du monde, Henry Kissinger, Fayard
Qu’est-ce que la vie ? De la physique à la biologie, Erwin Schrödinger, Point
La Décroissance – Entropie – Ecologie – Economie, Nicholas Georgescu-Roegen, Sang de la Terre
Théorie de la destruction créatrice, Joseph Schumpeter, Payot
Le pouvoir de la destruction créatrice, Philipppe Aghion, Céline Antonin, Simon Brunel, Odile Jacob
L’Entropie créatrice – Thermodynamique fractale et quantique de
l’Univers, de la Vie et des Sociétés, Ivan Brissaud, Jean Chaline, Diogo
Queiros-Condé, Ellipse
Les épidémies dans l’histoire de l’homme, Jacques Ruffié, Jean-Charles Sournia, Flammarion
De la Biologie à la culture, Jacques Ruffié, Flammarion
Géohistoire, une autre histoire des humains sur terre, Christian Grataloup, Les arènes
Des âmes et des saisons : psycho-écologie, Boris Cyrulnik, Odile Jacob
Changeons de voie : Les leçons du coronavirus, Edgar Morin, Denoël
Apocalypse cognitive, Gérald Bronner, PUF,
La guerre des juifs, Flavius Joseph, Les Editions de Minuit
Le messianisme juif : essais sur la spiritualité du judaïsme, Gershon Scholem, Les Belles Lettres
L’âge des foules, Serge Moscovici, Fayard
Voulons-nous encore vivre ensemble ? Pierre-Henri Tavoillot, Odile Jacob
La démocratie à l’état gazeux, Gilles Finchelstein, Flammarion
La guerre mondiale n’aura pas lieu, les raisons géopolitiques d’espérer, Frédéric Encel, Odile Jacob
Article en partenariat avec Art&Facts :
Rêve et Visions, : Etats de consciences modifié :. Le
numéro 3 d’Art&Facts, le magazine de l’Art, où l’esthétique
rencontre l’éthique et l’actualité. Avec Antoine Chéreau,
Gérard Rabinovitch, Guy Konopnicki, PEK, Mikaël Askil Guedj, Lise
Haddad, David Gerbi, Denis Krief, Alexis Tchkotoua, Michèle
Levy-Soussan, Jean-Gabriel Ganascia, Hagay Sobol, Simona Esposito,
Sylvie Valayre, Fiorella Bassan, Jérôme Gillaneaux et puis aussi We’ll
Dance Again, Master Class Valayre-Cortot…