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juin 13, 2026

FRANCE TRADITION ET INNOVATION: Que restera-t-il ?

Sommaire:

A) - Petite histoire des grandes innovations : des craintes à la prospérité

B) -  Vin, terroirs, gastronomie : cet autre patrimoine que certains voudraient voir disparaître

C) - Choose France : un pays en mal d’innovation

 


 

A) - Petite histoire des grandes innovations : des craintes à la prospérité

L’émergence de technologies de rupture a toujours suscité, au cœur des sociétés, un puissant mélange de fascination et d’effroi. À chaque grande vague d’innovation, une angoisse récurrente s’empare de l’opinion publique : celle de l’obsolescence de l’homme, de la destruction massive des emplois et, in fine, de la fin du travail. Pourtant, l’histoire économique nous enseigne avec constance que ces craintes, bien que légitimes et souvent douloureuses à court terme, se heurtent systématiquement à une réalité plus complexe et fondamentalement créatrice de valeur. Mieux : l’histoire nous apprend comment identifier les effets indésirables et les risques, et comment les minimiser tout en bénéficiant des apports positifs de la technologie.

 


 

L’imprimerie : la première révolution de l’information

Les prémices de l’imprimerie à caractères mobiles en métal datent de 1450 à Mayence, sous l’impulsion de Gutenberg. Dès son apparition, l’angoisse est immense au sein des abbayes et des corporations. Les moines copistes et les scribes voient leur monopole s’effondrer et leur rôle évoluer. En 1492, l’abbé Johannes Trithemius rédige ainsi De laude scriptorum (paradoxalement imprimé par la suite), faisant l’apologie des scribes face à l’imprimerie et alertant sur le risque que les moines perdent leur discipline spirituelle liée au travail manuel.

Dans les faits, la baisse drastique du coût du livre a provoqué une explosion de la demande liée à l’alphabétisation et démocratisé l’accès à l’information. Si plusieurs milliers de postes de copistes ont disparu, l’imprimerie a jeté les bases de l’économie de la connaissance, augmentant le PIB européen par l’éducation, et engendrant des dizaines de milliers de nouveaux métiers dans la chaîne du livre – qu’il s’agisse d’auteurs ou d’ouvriers du livre.

La Machine à Tisser : L’étincelle industrielle

L’automatisation du tissage arrive en France avec le métier Jacquard en 1801. Les craintes sur l’emploi furent alors d’une violence inouïe : les artisans tisserands de la soie y voient la destruction de leur savoir-faire, ce qui conduit à la célèbre révolte des Canuts à Lyon en 1831. Toutefois, le paradoxe de Jevons, selon lequel la baisse du prix d’un produit peut entraîner une hausse de la demande telle qu’elle induit une hausse de l’activité et du chiffre d’affaires, s’est pleinement appliqué. La machine ayant rendu le textile moins cher, la demande de vêtements a fortement augmenté. Au lieu de détruire un secteur économique, l’industrie a embauché massivement, faisant du textile le premier moteur du PIB français au XIXᵉ siècle.

La Vapeur et le Train : la contraction de l’espace

Les travaux de Denis Papin (1690) et James Watt (1769) posent les bases. En France, le marquis de Jouffroy d’Abbans fait naviguer un bateau à vapeur dès 1776, mais le pays, riche en bois et en main-d’œuvre, tarde à l’adopter. L’arrivée massive dans l’industrie française se fait sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) et sa démocratisation prendra environ 50 ans. La peur se concentre alors logiquement sur les métiers de la force motrice. Les meuniers traditionnels et les haleurs de bateaux redoutent l’obsolescence de leurs fonctions. Pourtant, la vapeur fut le cœur de la première révolution industrielle, générant une croissance inédite dans l’histoire humaine. Dans le même temps, la locomotive bouleverse les distances à partir de 1825. Les relais de poste et les cochers de diligences crient à la faillite. S’y ajoutent des craintes irrationnelles, l’homme politique Adolphe Thiers estimant que le train n’est qu’un « jouet », tandis que d’autres s’inquiètent des effets mortels des écarts de température dans les tunnels. La réalité fut la création d’un marché national unifié et une contribution monumentale au PIB via de gigantesques chantiers d’infrastructures.

L’électricité : la lumière et le confort

L’électricité a été découverte par Volta (1800) puis développée notamment par Edison. Elle frappe les esprits en France lors de l’Exposition internationale de l’Électricité à Paris en 1881 et la démocratisation, freinée par la Première Guerre mondiale, s’accélère grâce au programme d’électrification rurale dans les années 1930, pour s’achever dans les années 1950. À l’époque, le syndicat des gaziers mène de violentes campagnes de dénigrement contre ce développement, et la profession des allumeurs de réverbères, très présente à Paris, multiplie les grèves face à cet « ennemi invisible » accusé de causer des incendies mortels.

Tout le monde a oublié les 4000 allumeurs de réverbères parisiens. Ce dont on se souvient, c’est que l’électricité a accompagné la Seconde révolution industrielle et le développement du travail à la chaîne motorisé, ainsi que l’émergence du secteur de l’électroménager. L’éclairage électrique a permis l’allongement du temps de travail et de loisir nocturne. Au total, l’électricité est à l’origine d’une part significative des gains de productivité des Trente Glorieuses. L’effet indésirable fut la dépendance croissante aux ressources énergétiques.

Internet : la première révolution numérique

Internet est né avec ARPANET (1969) aux USA, et a également bénéficié de contributions françaises comme celle de Louis Pouzin. En France, son adoption est pourtant d’abord entravée par le succès national du Minitel, avant qu’apparaissent les premiers fournisseurs d’accès grand public en 1994. La démocratisation s’est accélérée avec l’arrivée de l’ADSL au début des années 2000.

Dans les années 1990, des ouvrages comme La Fin du travail de Jeremy Rifkin (1995) prédisent un chômage massif. D’autres craignent la disparition des agents de voyage, des postiers (concurrencés par l’e-mail) ou du petit commerce face à la naissance du e-commerce. Enfin, l’arrivée d’Uber sur le marché du transport se heurte à l’opposition des syndicats de taxi. À l’aube des années 2000, la révolution semblait immédiate : des milliards étaient injectés dans la « convergence des médias » par Vivendi, et des « pure players » internet menaçaient de remplacer épiceries, magasins de prêt-à-porter et même le Père Noël (à l’image de la société pere-noel.fr, dont les promesses extravagantes et la gestion approximative ont été sanctionnées par la justice[1]).

Certaines promesses se sont bel et bien réalisées, mais beaucoup plus tard, et avec des gagnants différents – Netflix plutôt que Vivendi. Et la disparition de l’emploi attendue n’a pas eu lieu : la France a actuellement un taux de chômage inférieur à 8%, très loin de celui de la fin des années 90 (proche de 10%). L’impact sur le secteur du transport permet de mieux comprendre comment cela est arrivé : si le nombre de taxis a peu évolué (environ 60.000), la valeur de revente de la « plaque » de taxi a été divisée par 3 et on voit clairement les files s’allonger dans les gares. A côté de cela, on compte 70.000 emplois de VTC en plus, et des situations courantes il y a 30 ans (se retrouver à 2 heures du matin au centre de Paris sans pouvoir trouver de taxi) paraissent désormais anachroniques. L’éviction fiscale a changé de nature : avant c’était la machine à carte bleue du taxi qui était étonnamment souvent en panne, désormais les courses sont comptabilisées précisément mais la marge des plateformes fuit hors de portée du fisc français (Luxembourg notamment).

À la fin des années 80, Solow avait énoncé le paradoxe qui porte son nom : on voyait les ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Avec le recul, on voit cette productivité : on estime désormais qu’elle représente environ 20 points de PIB, qui ont été gagnés en 25 ans – soit 0,8 % par an. Les changements que l’on imaginait immédiats en 2000 se sont produits, mais plus tardivement, ce qui a rendu l’adaptation de l’emploi et de l’économie plus simple qu’anticipé. Si l’on avait annoncé à n’importe lequel d’entre nous en 2000 qu’il faudrait attendre 20 ans pour que la prise de rendez-vous avec un médecin puisse se faire de façon informatique, personne n’y aurait cru ! Autre phénomène : ce gain de productivité est arrivé à une époque où le reste de la productivité s’est effondré : loin de provoquer un cataclysme sur l’emploi, la productivité d’internet nous a évité l’affaissement de pouvoir d’achat que nous aurions subi sans cette technologie.

Enfin notons qu’internet a apporté de nombreux bénéfices non monétaires (perdre moins de temps pour s’orienter dans une ville que l’on ne connaît pas, échanger avec ses proches) ainsi que quelques effets indésirables (notamment le fonctionnement de notre démocratie, dont les règles définies à l’ère du cheval et du papier font l’objet d’attaques régulières[2] de puissances étrangères plus agiles que nous pour utiliser le numérique contre nous).

L’Intelligence Artificielle : Le choc cognitif et le paradoxe de la productivité

L’idée que l’ordinateur puisse reproduire la pensée humaine n’est pas nouvelle et depuis le tout début de l’informatique, l’intelligence artificielle a connu plusieurs phases de développement suivies de déception avant de prendre l’importance qu’on lui connaît actuellement.

Le premier espoir nait dans les années 1950 avec le perceptron de Frank Rosenblatt en 1957, premier réseau de neurones artificiels dont les applications concrètes se limitaient à la classification visuelle de formes simples, avant que ses limites ne conduisent au premier « hiver de l’intelligence artificielle ». Il est matérialisé par un ouvrage publié en 1969 par Minsky et Papert, qui démontre l’impossibilité pour le perceptron de réaliser des opérations mathématiques simples.

Une autre approche a été l’intelligence artificielle symbolique et les langages de résolution de clauses comme Prolog (1972), qui permettent de décrire certains types de problèmes et d’en obtenir une solution. On peut également citer le programme ELIZA (Joseph Weizenbaum, 1966), utilisant des reconnaissances de patterns pour simuler un psychothérapeute en service client, ou le système de diagnostic médical MYCIN. Mais passé les premiers espoirs, ces solutions montrent rapidement leurs limites et restent loin du « test de Turing » : confronté à ces « intelligences », tout utilisateur comprend vite qu’il parle à une machine.

Une voie nouvelle s’ouvre en 1989 lorsque Yann LeCun applique avec succès l’algorithme de rétropropagation à des réseaux de neurones convolutifs (CNN) pour la reconnaissance de chiffres manuscrits (tels que les codes postaux sur les enveloppes), une technologie immédiatement déployée dans la vie réelle pour le tri automatisé des chèques bancaires et du courrier postal. Parallèlement, d’autres formes de réseaux de neurones tels que les réseaux de neurones récurrents (RNN) sont développées, et permettent des progrès significatifs au début des années 2000 pour des applications comme la reconnaissance vocale.

Au-delà de ces découvertes de nouvelles techniques, la véritable explosion des performances de l’intelligence artificielle s’explique par la « Leçon Amère » (The Bitter Lesson) théorisée par Richard Sutton en 2019. Il constate que la méthode la plus efficace pour résoudre un problème est moins de trouver des algorithmes sophistiqués que d’attendre que les coûts des ordinateurs baissent suffisamment pour pouvoir résoudre ce problème « par la force brute » avec une puissance de calcul massive. C’est une leçon amère, car l’histoire récente de l’intelligence artificielle nous enseigne que la force brute bat l’ingéniosité, et qu’une technologie initialement médiocre (comme l’était ChatGPT 2) deviendra rapidement beaucoup plus efficace.

Ainsi le coût d’un TERAFLOP de calcul, c’est-à-dire la réalisation de mille milliards d’opérations mathématiques, est passé de plusieurs millions de dollars il y a trente ans à quelques dizaines de dollars actuellement. Un téléphone mobile haut de gamme peut en faire 6 par seconde et on peut louer une puissance bien supérieure sur le cloud sans rien avoir à investir.

Cette abondance inouïe de calcul abordable a permis l’émergence en 2017 de l’architecture Transformer (publiée par Ashish Vaswani et son équipe chez Google), qui a levé les goulots d’étranglement séquentiels des RNN et servi de fondation directe aux grands modèles de langage (LLM).

Aujourd’hui, le succès des solutions comme ChatGPT-4 d’OpenAI repose sur l’accès à des masses d’informations considérables sur internet (parfois en prenant quelques libertés avec le droit d’auteur, ou en appliquant la version anglo-saxonne de ce droit, plus permissive) sur la capacité à réaliser des volumes de calculs astronomiques à la demande sur le cloud et sur la possibilité de proposer une application à des milliards d’utilisateurs de façon quasi instantanée.

Les investissements mondiaux dans l’IA atteignent désormais des sommets vertigineux : 1000 milliards par an, si l’on additionne le capital-risque, les infrastructures (datacenters, processeurs) des géants technologiques et la transformation des entreprises aux Etats-Unis, en Chine et dans une moindre mesure ailleurs. Pourtant, trois ans après l’irruption de ChatGPT, on n’en voit toujours pas l’impact macroéconomique dans les statistiques de productivité. Une étude de février 2026, portant sur des milliers de dirigeants et pilotée par le très sérieux National Bureau of Economic Research (NBER), ne constate ainsi aucun gain de productivité sur le passé et estime à seulement 1 ou 2 % d’ici trois ans les gains à venir. Si cette tendance se confirme dans les années à venir, on serait sur une courbe comparable à celle d’internet : un impact important sur la productivité, mais plus long à venir que ne l’affirment les gourous de la tech et les consultants à la recherche de la prochaine mission.

Pour l’IA comme dans le cas d’Internet, l’économiste Erik Brynjolfsson explique cette inertie par le temps nécessaire à la réalisation de « co-investissements » : on peut commander un serveur ou souscrire une licence logicielle en un clic, mais il est beaucoup plus long et coûteux de réorganiser les processus de l’entreprise, de former ses équipes ou d’inventer de nouveaux modèles d’affaires. En outre, ces efforts coûtent massivement avant de rapporter, ce qui fait d’abord baisser la productivité avant qu’elle n’augmente.

Ceux qui pilotent aujourd’hui des projets d’IA sur le terrain constatent ces mêmes frictions, et l’enquête de la NBER citée plus haut ne dit pas autre chose. Tout ceci pousse à l’humilité résumée par la loi d’Amara : nous surestimons systématiquement l’impact de la technologie à court terme, mais nous le sous-estimons dramatiquement à long terme.

Naviguer entre confiance et vigilance

À la lecture des siècles passés, nous pouvons et nous devons aborder les ruptures technologiques en cours avec une confiance globale. Toute innovation majeure, malgré les perturbations et les angoisses initiales, s’avère fondamentalement positive pour le développement et la création de richesse collective.

Cependant, cette confiance macroéconomique ne doit pas occulter la brutalité des transitions, et l’existence d’effets indésirables qui méritent d’être régulés. Dans ce contexte, notre attention doit se focaliser sur deux risques critiques.

Le premier risque concerne les secteurs menacés et le « déversement ». La théorie du déversement économique d’Alfred Sauvy stipule que les gains de productivité nécessitent que l’on accompagne le passage des emplois des secteurs où ils sont rendus sans objet par la technologie, vers ceux où ils répondent à de réels besoins. En matière de santé, de justice ou de sécurité, les besoins sont considérables. Et il est préférable pour les Français de payer des emplois qui leur sont utiles plutôt que des tâches largement mécanisables. L’enjeu majeur est d’organiser et de financer la reconversion des professionnels touchés pour éviter une fracture sociale. C’est le vieux sujet, qui a étonnamment peu progressé depuis trente ans, du passage d’un modèle social centré sur la dépense passive (qui utilise ses moyens pour les allouer à ceux qui sont dans une situation de sous-emploi) à un modèle plus proche du modèle « nordique » centré sur la dépense active (qui met des moyens plus importants pour accompagner le passage d’une situation de sous-emploi ou de sous-productivité vers un emploi de meilleure qualité).

Le deuxième risque est le risque du retard technologique. Dans une économie isolée, on peut ralentir le progrès sans que personne n’en prenne conscience. Dans une économie mondialisée, l’hésitation se paie au prix fort et se traduit rapidement en décrochage économique. Une nation ou une entreprise qui tarde à adopter, à intégrer et à co-investir dans la réorganisation de ses processus s’expose à un décrochage fatal face à ses concurrents plus agiles. La question pour la France n’est pas de décider si elle veut vivre dans un monde où l’on n’utilise ni l’intelligence artificielle ni internet. Son seul choix est de décider si elle veut utiliser les opportunités de ce monde et capitaliser sur ses propres forces pour augmenter sa productivité autant que possible – et donc son pouvoir d’achat mais aussi son pouvoir d’influence dans le monde. Et de noter que fermer la porte au progrès, ce serait à la fois appauvrir ceux qui auraient pu en tirer des opportunités, et se priver de la richesse nécessaire pour financer les fameuses politiques actives évoquées plus haut.

L’innovation demeure un moteur incontestable de notre prospérité future. Son succès ne réside pas dans un rejet craintif, mais dans notre capacité collective à en contrôler les risques tout en s’organisant avec pragmatisme pour en extraire la valeur.

Vincent Champain

Vincent Champain est dirigeant d’entreprise et président de l’Observatoire du Long Terme (www.longterme.org), think tank dédié aux stratégies et aux enjeux de long terme.

[1] https://www.zdnet.fr/actualites/pere-noelfr-les-anciens-dirigeants-ecopent-de-30-et-6-mois-de-prison-ferme-39130971.htm

[2] Voir notamment https://longterme.org/2025/08/manipulation-et-polarisation-de-lopinion-sur-bfm-la-librairie-de-leco.html

 

 

B) -  Vin, terroirs, gastronomie : cet autre patrimoine que certains voudraient voir disparaître

Depuis plusieurs mois, les alertes se multiplient sur l’état du patrimoine religieux français. Églises vandalisées, chapelles abandonnées, cimetières profanés : les atteintes à notre héritage matériel suscitent enfin l’émotion qu’elles méritent. La sénatrice Valérie Boyer appelle à juste titre à un sursaut national. Mais un autre patrimoine, moins visible parce qu’il demeure vivant, est lui aussi fragilisé : celui du vin.

 


 

Car le vin n’est pas seulement une boisson. Il est un paysage, une histoire, un savoir-faire, une mémoire collective. Il est une part de ce que la France a été, de ce qu’elle est encore et de ce qu’elle pourrait cesser d’être si nous continuons à le considérer avec gêne, voire avec mépris.

La vigne a façonné la France bien avant la naissance de l’État moderne. Des générations de moines bénédictins et cisterciens ont défriché les coteaux, bâti les terrasses, sélectionné les cépages, perfectionné les méthodes de vinification. Du Jura à la Champagne, de la vallée du Rhône au Languedoc, ils ont sculpté les paysages que des millions de touristes admirent aujourd’hui. Les climats bourguignons inscrits au patrimoine mondial ne sont pas seulement un exploit agricole : ils sont l’aboutissement de siècles de travail patient, d’observation et de transmission.

Le vin est également indissociable de l’histoire spirituelle de l’Europe. Il occupe une place centrale dans le judaïsme comme dans le christianisme. Il accompagne le shabbat, les fêtes, les bénédictions. Il devient, dans l’eucharistie, le signe même de l’alliance entre Dieu et les hommes. Même dans l’islam, souvent présenté de manière monolithique, l’histoire est plus complexe. Les grands poètes soufis ont fréquemment utilisé l’ivresse comme métaphore de l’union mystique. Le vin y symbolisait parfois l’abandon de soi devant le divin.

Or, depuis plusieurs années, le regard porté sur le vin change. La baisse de sa consommation résulte évidemment de phénomènes multiples : évolution des modes de vie, urbanisation, préoccupations sanitaires, nouvelles habitudes de loisirs. Mais un autre facteur demeure souvent absent du débat public : la progression d’un discours rigoriste qui tend à présenter toute consommation d’alcool comme moralement suspecte et culturellement condamnable.

Il faut être clair : chacun est libre de boire ou de ne pas boire. Cette liberté est l’un des fondements de notre société. Beaucoup de Français de culture musulmane ne consomment pas d’alcool et personne ne songe à le leur reprocher. Beaucoup d’autres en consomment occasionnellement. Des milliers travaillent dans la viticulture, la restauration ou l’hôtellerie. Les cafés kabyles font partie depuis longtemps du paysage social français. La réalité du pays est celle du brassage, de la coexistence et de la diversité des pratiques.

Ce qui devient problématique, en revanche, c’est lorsque certains prétendent transformer un choix personnel en norme collective et présentent les symboles culturels français comme autant d’instruments d’exclusion. Nul n’est obligé de boire du vin, pas plus qu’il n’est obligé de manger du porc, d’assister à une messe ou de participer à une fête traditionnelle. Mais considérer que la simple existence de ces pratiques constituerait une agression revient à nier ce qu’est une civilisation : un héritage commun que chacun est libre d’adopter, de critiquer ou d’ignorer, mais non d’effacer.

La France demeure l’une des premières destinations touristiques au monde. Sa gastronomie participe largement à son rayonnement. Ses chefs sont célébrés sur tous les continents. Ses grands crus s’échangent à des prix qui témoignent autant de leur rareté que de leur prestige. Certaines bouteilles sont même devenues des placements recherchés par les collectionneurs internationaux. Derrière ces succès se trouvent des centaines de milliers d’emplois : vignerons, tonneliers, pépiniéristes, cavistes, restaurateurs, transporteurs, sommeliers, exportateurs.

Pourtant, un discours de dénigrement s’installe progressivement. Le vin, le fromage, la ruralité, l’agriculture deviennent parfois les symboles d’une France prétendument ringarde, provinciale ou dépassée. Je repense souvent à cette polémique où l’on expliquait que la gastronomie française ne pouvait être réduite au vin et au fromage puisque les Français mangent désormais des sushis. Certes. Mais il n’existe pas en France une filière économique, agricole, paysagère, culturelle et patrimoniale du sushi comparable à celle du vin. Confondre une mode culinaire avec un héritage millénaire relève d’une étrange amnésie.

Cette condescendance frappe d’ailleurs souvent les mêmes catégories : les agriculteurs, les éleveurs, les vignerons, les habitants des campagnes. Ceux qui entretiennent les paysages que d’autres photographient le week-end. Ceux qui préservent les terroirs dont l’existence paraît évidente à ceux qui n’ont jamais taillé une vigne ni travaillé une terre. Ceux qui produisent ce que les citadins consomment quotidiennement tout en leur reprochant parfois d’exister.

La France possède pourtant cette singularité admirable : être simultanément populaire et raffinée, paysanne et savante, conviviale et sophistiquée. Le vin en est l’une des expressions les plus accomplies. Il est à la fois le verre partagé lors d’un repas familial et le sujet d’études infinies sur les terroirs, les cépages, les millésimes et les méthodes de vinification.

Je viens moi-même d’un milieu où l’on buvait peu de vin. Je me souviens de mon embarras devant les conversations savantes chez les cavistes ou lors de certains dîners. Puis j’ai découvert un univers de savoirs, de gestes, de paysages et de traditions. Comme toute culture, celle du vin s’apprend. On peut l’aimer ou non. Mais elle mérite le respect.

Car le vin n’est pas seulement un produit de consommation. Il est une archive vivante ; la mémoire du territoire. Une forme de sacré, au sens où il relie les générations entre elles (c’est l’étymologie de religio) et rappelle que certaines œuvres humaines nécessitent du temps, de la patience et de l’humilité.

Lorsque nous laissons se déliter ce patrimoine immatériel, nous commettons finalement la même erreur que lorsque nous abandonnons nos églises, nos chapelles ou nos monuments. Nous oublions que l’héritage ne survit que si chaque génération accepte d’en devenir la dépositaire.

Le vin n’est pas un obstacle à l’intégration. Il n’est pas un marqueur d’exclusion. C’est une invitation. Libre à chacun de l’accepter ou non. Mais cessons de présenter comme oppressif ce qui constitue l’une des plus belles expressions de notre histoire collective.

À force de considérer nos traditions comme des fautes, nous finirions par croire que la France elle-même doit s’excuser d’exister. Et ce serait sans doute la plus grave des intoxications.

Charlotte Touati


 

Charlotte Touati, historienne et vigneronne

https://nouvellerevuepolitique.fr/charlotte-touati-vin-terroirs-gastronomie-cet-autre-patrimoine-que-certains-voudraient-voir-disparaitre/

 

 

 

C) - Choose France : un pays en mal d’innovation

C'est l'événement de l'année pour les investisseurs : le sommet Choose France est de retour, mais pour quelles retombées concrètes ? Face à la crise économique, le sommet parviendra-t-il à relancer la productivité et l'innovation des entreprises françaises ? 

Alors que l'actualité titre régulièrement sur l'appauvrissement de la France et sa perte de productivité, les économistes réfléchissent aux moyens que le pays peuvent mettre en place pour faire face à ces constats pessimistes pour l'avenir.

 


 

La France et l'Europe en perte de productivité

Antonin Bergeaud travaille sur l'innovation technologique et a observé la baisse de la productivité en France : "Il y a eu des graphiques impressionnants où l'on voyait vraiment la productivité française dégringoler, même par rapport à l'Europe, encore plus par rapport aux États-Unis. Ce qui est étonnant, c'est que ce décrochage, il est conjoncturel et a commencé bien avant la covid, à peu près à la fin des années 1990." Dans les débats de la société, la productivité est parfois méconnue, ou sous-estimée, explique Antonin Bergeaud, alors même qu'elle est un point central de notre économie : "Sans productivité ou sans gain de productivité, on va avoir des difficultés à augmenter le PIB chaque année. Le problème est que notre modèle social, et notre budget notamment, sont construits sur l'idée que le PIB augmente chaque année. Le PIB n'augmente sur longue période qu'avec la productivité pratiquement. Donc, il faut concevoir, si l'on décide d'abandonner l'idée de faire des gains de productivité, un monde dans lequel le PIB va rester constant ou presque constant. Mais à partir du moment où le PIB reste constant, on ne crée pas plus de valeur d'une année sur l'autre, et quand on doit investir ou augmenter un poste budgétaire, on est obligé d'enlever ailleurs."

Le virage numérique et technologique : l'échec de la France ?

Ce qui interpelle, c'est l'impression de décrochage de la productivité, alors qu'il n'est pas si brutal que cela. Mais on observe néanmoins un recul bien visible, notamment par le facteur d'un retard technologique : "Une source d'augmentation de la productivité est la technologie, en utilisant des ordinateurs, du matériel de plus en plus perfectionné, qui permet de plus en plus efficace. Le décrochage technologique en Europe est assez net depuis les années 1990 quand on compare aux États-Unis. C'est un peu paradoxal, parce qu'on a l'impression qu'on a adopté les ordinateurs, Internet, les technologies numériques de la même manière partout. Mais il se trouve qu'en Europe, on a été beaucoup plus lents, car il y a eu beaucoup plus de réticence, et il y a toujours beaucoup plus de réticence, à adopter des technologies et à former les gens pour les utiliser. Ce qui fait que, évidemment, la productivité a augmenté, mais beaucoup plus lentement qu'aux États-Unis."

Antonin Bergeaud considère alors que la France a raté le virage numérique, comme d'autres pays en Europe. La stratégie mise en place consistait à instaurer une politique de subventions, en baissant le coût du travail qualifié et de la R&D pour les entreprises : l'inconvénient, selon Antonin Bergeaud, est que cela n'a pas permis de privilégier certains secteurs en priorité, ce qui revient à dépenser massivement sans viser les domaines plus stratégiques.

Innover à l'heure du changement climatique : comment mieux investir ?

La quête d'innovation pour favoriser la productivité soulève des questions environnementales. Bruno Bonnell, ancien député pour le parti présidentiel jusqu'en 2022, juge nécessaire de réévaluer les directives environnementales qui freineraient la productivité, en soumettant les entreprises à des contraintes règlementaires trop élevées : "Il y a une demande forte de simplification, mais il y a un courage à dire que, pour la simplification, il faut repartir parfois de zéro. La directive que veut supprimer Emmanuel Macron partait sur une mauvaise direction, donc il faut la changer et avancer. En tout cas, ce serait ma position, mais cela ne veut absolument pas dire que, fondamentalement, il faut abandonner le combat de la décarbonation." Antonin Bergeaud observe une dynamique mondiale de recul des normes environnementales, notamment aux États-Unis, tout en reconnaissant que certaines règles ont peu d'efficacité : "C'est un peu à nous, Européens, de trouver notre équilibre. On veut être pionnier, et on l'est, sur l'environnement. En même temps, on veut aussi développer les technologies du futur, l'IA, et rattraper les États-Unis et la Chine. Cela me paraît compliqué d'avoir tout en même temps, en tout cas, on n'a pas vraiment trouvé la solution."

Au vu de la situation actuelle, l'enjeu pour les entrepreneurs est de trouver des filières productives qui permettraient à la France, et l'Europe, d'augmenter la compétitivité. C'est notamment un des objectifs du plan "France 2023" que dirige Bruno Bonnell, qui a poussé à la création de 17 000 emplois à Dunkerque pour la production de batteries électriques. Le rapport Draghi sur la compétitivité en Europe recommandait, en septembre 2024, d'investir 800 milliards d'euros supplémentaires : "Il faut les mettre. Aussi, il faudrait faire un plan 'Europe 2050', comme on a fait un plan 'France 2030', qui est un modèle qui fonctionne, avec 7500 entreprises innovantes qui, aujourd'hui, sont soutenues par le gouvernement en France."

  • Antonin Bergeaud

    Professeur d’économie à HEC Paris

  • Bruno Bonnell

    Entrepreneur, député LREM du Rhône

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avril 02, 2026

NOUVELLES de FRANCE - Avril 2026

Sommaire:

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ?

E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

 


 

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

La crise par procuration : une absurdité volontaire

Nous sommes en mars 2026 et le gazole flirte à nouveau avec les 2 euros le litre, parfois plus sur autoroute. Le baril de Brent dépasse les 100 dollars, poussé par les tensions au Moyen-Orient. Les ménages se serrent la ceinture, les artisans calculent au centime près, les transporteurs répercutent. Et que nous répond-on ? « C’est la crise. » Comme si elle était tombée du ciel. Comme si nous n’avions pas choisi, collectivement, de nous y plonger. 

C’est la crise par procuration. Exactement comme s’infecter volontairement par un virus sous prétexte que « tout le monde l’attrape » et qu’il faut « être solidaires ». Absurde ? Pourtant, c’est la logique que nos gouvernements successifs nous imposent depuis des années. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ne nous regardent pas. Elles ne menacent ni notre territoire ni notre sécurité vitale. Nous y sommes entrés de notre plein gré, par idéologie, pour « faire comme tout le monde », pour défendre « le bien » contre « le mal ». Résultat : sanctions, embargos, dépendance énergétique aggravée, inflation importée. Et pendant ce temps, le peuple français paie l’addition. 

Des crises fabriquées par nos élites

Tout commence par un mensonge de fond : les crises seraient extérieures, inévitables, et nos dirigeants n’y seraient pour rien.

Faux. Les crises d’aujourd’hui sont la résultante directe des politiques menées par nos élites depuis des décennies.

Elles ne travaillent plus dans l’intérêt du peuple français. Elles servent une idéologie mondialiste, verte, atlantiste, qui place les grands principes abstraits au-dessus de la réalité concrète : souveraineté énergétique, pouvoir d’achat, indépendance nationale. 

Le sabotage de notre souveraineté énergétique

Prenons l’énergie. La France possédait, il y a encore quinze ans, une quasi-autonomie. Son parc nucléaire, fruit de la grande politique gaullienne et pompidolienne, couvrait près de 70 % de sa production électrique. Avec l’hydroélectricité et quelques fossiles domestiques, nous étions l’un des pays les plus indépendants d’Europe. L’indépendance énergétique globale atteignait 56 % grâce à l’atome considéré comme production nationale. C’était une fierté, une sécurité stratégique. Que reste-t-il aujourd’hui ? Un sabotage en règle. 

Depuis les années 2010, sous la pression des accords verts, des lobbies écologistes et des compromis électoraux, on a fermé des réacteurs (Fessenheim en tête), reporté les maintenances, imposé des objectifs absurdes de réduction à 50 % du nucléaire. On a préféré miser sur des renouvelables intermittents, chers et importés en grande partie (panneaux solaires chinois, éoliennes allemandes).

On a aligné notre politique sur Bruxelles et Berlin plutôt que sur nos intérêts.

Résultat : même si le nucléaire remonte légèrement en 2025-2026 grâce à un réveil tardif, la dépendance aux importations de gaz et de pétrole s’est creusée. Et quand les marchés mondiaux s’affolent, la facture explose. 

Cette vulnérabilité n’est pas une fatalité géologique. Elle est idéologique. Refuser le gaz russe, voisin fiable et bon marché via pipelines, pour le remplacer par du GNL américain ou qatari, plus cher, plus polluant (transport maritime) et plus volatile : voilà la « folie » assumée depuis 2022. Avant le conflit ukrainien, la Russie fournissait 45 % du gaz européen. En 2025, moins de 13 %, et le pétrole russe est tombé sous les 3 %. On a coupé les ponts pour « punir » Moscou. On s’est surtout puni nous-mêmes. Le détroit d’Ormuz bloque partiellement ? Le Qatar voit ses installations touchées ? Le prix du gaz flambe de 35 % en quelques jours. Et la France, amputée de sa souveraineté, subit. C’est de la haute trahison. Trahison envers les générations qui ont bâti ce parc nucléaire. Trahison envers les Français qui paient aujourd’hui le prix de cette idéologie. 

L’appauvrissement quotidien des Français

Car l’appauvrissement est massif et quotidien. Une hausse de 10 dollars du baril représente environ 100 euros de dépenses énergétiques supplémentaires par an et par ménage. Avec les 20-30 centimes de plus au litre observés depuis février, un salarié moyen qui parcourt 30-50 km par jour perd plusieurs dizaines d’euros par mois. Multipliez par des millions de ménages : c’est des milliards qui sortent des poches des Français pour aller… où ? Dans les caisses de l’État via la TVA qui s’applique sur le prix total.

L’État s’enrichit mécaniquement sur la crise qu’il a contribué à créer.

Pendant ce temps, les boucliers tarifaires sont rognés, les aides ciblées tardent, et la précarité énergétique touche des millions de foyers : et l’on nous dira encore que c’est… la crise !

Guerres étrangères : nous n’y sommes pas impliqués

Mais l’idéologie ne s’arrête pas à l’énergie. Elle s’étend à la géopolitique. La guerre en Ukraine ? Nous n’y étions pas impliqués militairement. Pourtant, nous avons choisi les sanctions maximales, l’envoi d’armes, l’accueil de réfugiés sans limite. Idem pour les tensions au Moyen-Orient et les escalades impliquant l’Iran. Ces conflits ne menacent pas directement nos frontières. Ils ne justifient pas que nous sacrifiions notre économie. Mais « il fallait être solidaires », « défendre la démocratie », « punir l’agresseur ». Résultat : inflation énergétique, perturbation des chaînes d’approvisionnement, et maintenant une nouvelle flambée des prix. Les Français n’ont rien demandé de tout cela. Ils voulaient simplement pouvoir se chauffer, rouler, travailler. 

L’argent public détourné vers l’armement

Et pendant que les ménages s’appauvrissent, où va l’argent public ? Dans l’armement. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record historique en 2024 : 2.718 milliards de dollars, en hausse de 9,4 %. La France n’est pas en reste. Son budget défense a doublé en dix ans pour atteindre 57 milliards d’euros en 2026, avec une hausse supplémentaire de 6,7 milliards cette année. Loi de programmation militaire oblige : on commande des canons César, des missiles, des blindés, des sous-marins. On livre à l’Ukraine, on vend à l’Arabie saoudite. Les conglomérats militaro-industriels (Lockheed, MBDA, etc.) voient leurs carnets de commandes déborder. Les actionnaires se frottent les mains. 

Pendant ce temps, les services publics craquent : hôpitaux en sous-effectif, écoles délabrées, routes non entretenues. L’argent qui pourrait servir à relancer le nucléaire, à isoler les logements, à baisser les taxes sur l’énergie, part en munitions et en drones.

C’est le choix assumé des gouvernements : prioriser la guerre, l’OTAN, l’alignement atlantiste plutôt que le bien-être du peuple.

Les classes laborieuses deviennent la variable d’ajustement. Elles paient l’inflation, les taxes, la précarité. Et quand elles protestent, on les traite de « populistes » ou de « complotistes ». 

Des chiffres qui accusent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 87 % des entreprises françaises disent voir leurs marges impactées par la crise énergétique. 28 % se sentent en danger d’existence. 77 % des Français se disent pessimistes pour 2026. Le moral est au plus bas, le pouvoir d’achat fond comme neige au soleil. Et pendant ce temps, les élites pantouflent, les think-tanks idéologiques pondent des rapports sur la « transition juste », et les médias mainstream expliquent que « c’est compliqué ». Non, ce n’est pas compliqué. C’est une trahison claire et organisée. 

Une trahison historique et organisée

Successivement, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, les gouvernements ont choisi l’idéologie contre le pragmatisme. L’Europe d’abord, le climat d’abord, les valeurs d’abord… et la France en dernier. Ils ont sacrifié l’autonomie énergétique sur l’autel du Green Deal. Ils ont sacrifié la neutralité sur l’autel de l’atlantisme. Ils ont sacrifié le pouvoir d’achat sur l’autel de la « solidarité internationale ».

Le peuple n’est plus souverain : il est le dindon de la farce. 

Il est temps de reprendre le contrôle

Il est temps de dire stop. La crise n’est pas une fatalité. Elle est le produit d’un choix politique.

Reprenons le contrôle. Exigeons une politique énergétique souveraine : relance massive du nucléaire, diversification pragmatique des approvisionnements (y compris avec des voisins stables), fin des sanctions suicidaires. Exigeons que l’argent public serve d’abord les Français : baisse des taxes sur l’énergie, investissements dans l’industrie et l’agriculture, et non dans des aventures militaires lointaines. Exigeons que nos dirigeants travaillent pour le peuple, pas pour des idéaux abstraits ou des alliances qui nous ruinent. 

Les Français ne sont pas des sacrifiés consentants. Ils sont un grand peuple, capable de résilience et de lucidité. L’heure du réveil a sonné. Refusons la crise par procuration. Refusons l’appauvrissement idéologique.

Reprenons notre destin en main. Avant qu’il ne soit trop tard. 

https://multipol360.com/les-francais-sacrifies-sur-lautel-de-lideologie-lappauvrissement-par-procuration/

 


B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

« Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller » (Nietzche). Il suffit de remplacer le mot hommes par femmes et vous avez le portrait vérité de la nouvelle présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), Anne-Claire Legendre, ex-conseiller pour l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de Sa Majesté, Jupiter 1er. Un mois après avoir succédé à l’indéboulonnable Jack Lang, l’intrigante quadragénaire à la Carrière déjà bien remplie, étale sa science comme de la confiture mais aussi son avantageux minois dans une pleine page du Monde[1]. Elle livre ses confidences à une certaine Roxana Azimi. Cela reste entre Dames de bonne compagnie et cela relève de la fameuse diplomatie féministe. C’est mieux ainsi. C’est plus convenable, dirait-on dans le langage compassé du vieux Quai d’Orsay ! Mais, que retenir de quatre colonnes de texte venant surtout mettre en valeur la photo de la Star du Macron Circus ? Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste d’Anne-Claire Legendre mais, aussi et surtout, un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor préféré.

Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste 

Cet entretien de haut vol nous est présenté par Le Monde comme la « feuille de route de la diplomate arabisante » qui succède à Jack Lang, démissionnaire involontaire de l’IMA. On l’aura compris, c’est du sérieux.

Il débute très fort. Anne-Claire Legendre nous explique comment l’Institut accorde une place à la guerre actuelle en Iran. « Par des tables rondes qui apporteront une vision historique et académique dans le cadre d’un débat apaisé donnant une place aux sociétés civiles ». Il fallait y penser. Et, elle poursuit sur sa lancée par un charabia incompréhensible pour le commun des mortels. Notre diplomate déclare qu’elle est à la recherche d’un « vrai enjeu de marque pour l’Institut » pour clarifier son rôle ! Elle y travaille avec les équipes pour « rendre plus lisibles à la fois la mission, les valeurs, la programmation, pour revoir la charte graphique et la signalétique ». C’est du costaud.

Elle rajoute, qu’en dehors d’être un centre d’apprentissage de l’arabe, le bidule est « aussi un lieu dévolu aux échanges d’ordre géopolitique et diplomatique s’adressant à un public français, tout en favorisant le rapprochement des points de vue entre les pays concernés ». Mazette ! Vaste programme, comme aurait dit le général de Gaulle. Nous voici pleinement rassurés tant l’IMA possède désormais une boussole claire et un cap pérenne. Nos centres de recherche sur les relations internationales doivent se le tenir pour dit.

Notre passionaria devient plus évasive et plus floue lorsqu’elle aborde la question de la dette actuelle des pays arabes envers l’Institut. Rappelons qu’ils sont censés contribuer à hauteur de 40% du budget mais ne le font pas. Mais Zorro est arrivé et nous livre sa recette miracle pour combler le trou, nous qui avons les poches vides et eux qui ont les poches pleines : « Il n’y a plus vraiment de versement de subventions régulières, mais un fonds de dotation a été créé pour recueillir les arriérés des pays arabes, et il existe des subventions par projet. Mais on voit que la demande des pays a évolué. On doit être dans une logique de coconstruction de coproduction … ». Élémentaire, mon cher Watson. La vieille ficelle du jeu de bonneteau pour dissimuler le gouffre financier que représente l’IMA pour un pays qui n’en a pas besoin compte tenu de sa situation budgétaire catastrophique[2].

Pour conclure son morceau de bravoure et d’exercice d’autosatisfaction, Anne-Claire Legendre nous explique qu’elle est/elle s’est investie d’une mission quais-divine : « C’est une priorité. Nous avons un rôle central dans la construction et le renforcement de la cohésion nationale, parce que nous sommes une institution culturelle républicaine qui peut apporter un éclairage sur la culture arabe, la langue arabe, mais aussi le fait religieux. En langue, on constate une énorme demande, qui n’est pas traité de manière suffisante par l’éducation nationale car il n’y a pas assez de professeurs agrées ». Diantre. Il nous semblait, mais nous devons avoir un trou de mémoire, que « La langue de la République est le français » et que cette disposition faisait partie de ce que l’on qualifie de « bloc de constitutionnalité »[3]. Apprenons déjà à nos chères têtes blondes à parler et à écrive convenablement la langue de Molière avant de nous soucier de l’apprentissage des langues étrangères ! Laissons ce soin à d’autres qui s’en chargent parfaitement. Il nous semblait que le rôle de tout diplomate français, comme du Chef de l’État[4], qui se respectait était de promouvoir l’apprentissage de la langue française. N’existe-t-il pas une Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sise à Paris ainsi qu’une Cité internationale de la langue française sise à Villers-Côtterets dans l’Aisne, Cité inaugurée en grandes pompes par Emmanuel Macron en son temps ? 

Où y a d’la gêne, y a pas de plaisir !

Un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor 

Après avoir lu et relu plusieurs fois le madrigal de la nouvelle présidente de l’IMA, le lecteur reste sur sa faim tant la confusion semble être sa ligne directrice. Elle se paie de mots pour soigner les maux de l’Institut, sorte de bateau ivre dont le capitaine, encore récemment renouvelé par Jupiter dans son mandat, devrait rendre des comptes et rendre gorge. Un classique de la Macronie et de son en même temps. Vidons les caisses et embrassons-nous Folleville ! Telle est sa devise.

La Dame est une experte en brosse à reluire. Et elle s’y connait. Un petit couplet sur Kim Jong Macron est toujours le bienvenu et ne peut pas faire de mal par ces temps difficiles : « La guerre actuelle change aussi le regard qu’on porte sur ces pays et qu’ils portent sur nous. La France est connue pour sa position particulière dans la région. Cette position d’allié fiable est d’autant plus appréciée à un moment où l’on observe, dans la région, une diversification des partenariats ainsi qu’une défiance envers l’alliance exclusive avec les États-Unis. Par ailleurs, il n’a pas échappé aux pays arabes que la France est la première puissance touristique au monde, dont ils sont eux-mêmes friands ». Cela ressemble étrangement à des éléments de langage (EDL) tout droit venus du Château pour justifier une injustifiable diplomatie de gribouille dans l’actuel conflit qui secoue la zone. Cela tombe bien. Elle en vient du Château où elle officiait, il y a peu encore, aux côtés de l’ineffable, Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique peu diplomatique[5]. Tout ceci est pathétique pour ne pas dire risible si le sujet n’était pas sérieux. Nous sommes dans l’entre-soi dans ce qu’il a de plus détestable pour les authentiques grands serviteurs de l’État. Et, il n’en existe encore mais ils préfèrent se terrer dans un mutisme assourdissant.

Notre nouvelle Diva du monde arabe ne doute de rien et n’oublie pas qui l’a installée à la tête de ce machin dont le contribuable français peine à comprendre l’utilité marginale au regard de son coût exorbitant. Anne-Claire Legendre à la tête de l’IMA, ce n’est pas le Pérou. En définitive, son madrigal médiatique n’est qu’un vulgaire bibelot d’inanité sonore. Pouvait-il en être autrement pour cette magnifique blonde à l’échine souple et au verbe haut qui fait partie du dernier train de recasage des copains et des coquins de la République qui n’en peut mais ?[6]

L’insoutenable légèreté de l’être 

« De tous les vices, la vanité est décidément le plus ridicule ! » (Marcel Pagnol). Assurément, la nouvelle présidente de l’IMA n’a pas été oubliée le jour de la distribution … en vanité. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a été gâtée tel une enfant gâtée. « Vanitas, vanitatum et omnia vanitas » (Vanité des vanités et tout est vanité ». Comme cela ne fait plus mystère dans les milieux bien informés, narcissisme et opportunisme sont les deux mamelles de la cloporte jupitérienne. La pétulante Anne-Claire Legendre ne fait pas exception à la règle. Son entretien au quotidien de référence constitue un morceau de bravoure qui mériterait de prendre place dans le sottisier du Quai d’Orsay. La péronnelle n’a pas le moindre complexe, tout au long de cet entretien, tant elle fonctionne au tout à l’égo comme son roi qui l’a fait reine. Pas plus que le doute, l’humilité – qualité qui honore les authentiques diplomates – ne l’habite tant elle est sûre de son fait. Le Monde, qui se décrit comme producteur d’information fiable, lui sert la soupe qui n’est qu’un infâme brouet. En dernière analyse, force est de constater que la Macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide.

Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques

 https://lediplomate.media/tribune-macrongirl-ima-brille-firmament-vide/

[1] Roxana Azimi (propos recueillis par), Anne-Claire Legendre, « L’IMA peut offrir un débat apaisé », Le Monde, 20 mars 2026, p. 20.

[2] Jean Daspry, Jeter l’argent par les fenêtres ou la diplomatie des largesses !www.lediplomate.media , 31 janvier 2026.

[3] Article 2, Titre premier – DE LA SOUVERAINETÉ, Constitution française du 4 octobre 1958, https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

[4] Victoire Riquetti, « France is wild » : quand l’Élysée met en scène sa force régalienne (en anglais …)www.bvoltaire.fr , 20 mars 2026.

[5] Jean Daspry, Emmanuel Bonne à Moscou : de la diplomatie pathétiquewww.lediplomate.media, 15 février 2026.

[6] Jean Daspry, De la République des copains : 1,2, 3 …www.lediplomate.media , 24 février 2026.

 

 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

Il est des moments où le traitement médiatique d’une affaire en dit davantage que les faits eux-mêmes. Ce qui entoure aujourd’hui la trajectoire de Boualem Sansal relève de cette catégorie – un cas révélateur des ambiguïtés, des prudences et, parfois, des renoncements qui traversent nos institutions culturelles et politiques.

À lire Libération, on croirait assister à une reconstitution fidèle d’une séquence complexe. Mais très vite, une impression domine, celle d’un récit orienté, qui épouse avec une troublante complaisance les lignes de défense élaborées par Gallimard. Loin d’éclairer, ce récit semble d’abord chercher à atténuer, à lisser, à rendre acceptables des choix qui mériteraient pourtant d’être interrogés avec rigueur.

Car il ne s’agit pas ici d’un simple différend éditorial. Il s’agit d’un écrivain dont la parole dérange, dont la liberté engage, et dont le sort a manifestement été appréhendé à l’aune de considérations qui le dépassent. Dans cette affaire, la retenue affichée par Élysée comme par le Quai d’Orsay ne peut être comprise sans être mise en relation avec une constante de la diplomatie française : la volonté de ne pas heurter le pouvoir algérien.

Ce choix, qui peut relever d’une logique d’État, n’est pas en soi illégitime. Mais il devient problématique lorsqu’il conduit à reléguer au second plan la défense d’un écrivain menacé ou fragilisé. Il devient plus problématique encore lorsqu’il s’accompagne d’une forme de silence, voire d’effacement, au moment même où une parole claire serait attendue.

C’est ici que le rôle des médias devrait être décisif. Non pour amplifier des éléments de langage, mais pour introduire de la distance, de la contradiction, de la complexité. Or, en reprenant une narration qui inverse subtilement les responsabilités et recompose les rôles, Libération manque précisément cette exigence. Le journal ne se contente pas de relayer une version, il contribue à installer une grille de lecture qui tend à exonérer les acteurs dominants et à déplacer le centre de gravité du débat.

Face à ces prudences croisées, un fait demeure, difficilement contestable : sans l’engagement persévérant du Comité de soutien à Boualem Sansal, cette affaire serait probablement restée confinée dans les marges. C’est cette mobilisation, extérieure aux circuits institutionnels, qui a permis de maintenir la question ouverte, d’empêcher son étouffement discret, et, finalement, d’obtenir des avancées tangibles.

Il faut le dire clairement : ce sont ces voix indépendantes, obstinées, parfois marginalisées, qui ont assumé ce que d’autres n’ont pas voulu faire. Là où les institutions ont hésité, temporisé, ou contourné, le Comité de soutien a nommé, alerté, insisté. Là où certains ont cherché à relativiser, il a rappelé l’essentiel : la liberté d’un écrivain ne se négocie pas.

Dès lors, vouloir aujourd’hui recomposer le récit, redistribuer les rôles ou atténuer les responsabilités revient à prolonger ce qui a précisément fait défaut au départ : le courage de dire les choses telles qu’elles sont. Or il ne peut y avoir de démocratie vivante sans cette exigence de vérité.

Car au fond, la question est simple : qui, dans cette affaire, a été fidèle à l’idée même de liberté intellectuelle ? Ceux qui ont calculé, attendu, aménagé ? Ou ceux qui ont, sans relâche, défendu Boualem Sansal pour ce qu’il est — un écrivain libre, dont la parole mérite d’être protégée sans condition ?

La réponse, cette fois, ne devrait plus être incertaine.

Kamel Bencheikh
 
Kamel Bencheikh est un écrivain et intellectuel franco-algérien dont le parcours mêle engagement, réflexion politique et passion pour la langue française. Après une vingtaine d’années en Algérie, puis un long ancrage en France, il s’est imposé comme une voix universaliste, attachée à la laïcité, à l’émancipation individuelle et à l’exigence républicaine. Auteur entre autres de L’Islamisme ou la crucifixion de l’Occident (éditions Frantz Fanon), chroniqueur dans divers médias et passeur d’idées, il s’intéresse tout particulièrement aux questions d’intégration, de citoyenneté et de liberté de conscience. Son œuvre, comme ses prises de position publiques, reflète une volonté constante : relier plutôt qu’opposer, éclairer plutôt qu’enflammer, et défendre une vision humaniste de la France contemporaine.

 


 

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ? 

Une flambée des prix qui pèse lourd sur le budget des Français

Depuis fin février 2026, les cours du pétrole ont connu une flambée spectaculaire, avec le Brent dépassant les 110 dollars le baril à plusieurs reprises et frôlant les 120 dollars au pic.

En Europe, cela s’est traduit par une hausse de 40 % des prix à la pompe en quelques semaines : le diesel a régulièrement franchi la barre des 2 euros le litre, l’essence SP95-E10 oscillant entre 1,80 et 2 euros selon les régions.

Pour une famille française moyenne parcourant 15.000 km par an, l’addition supplémentaire atteint entre 1.200 et 1.800 euros annuels. Les réunions de crise se multiplient à Bruxelles, à Matignon et dans les capitales européennes, tandis que les citoyens se voient exhorter à télétravailler, à rouler moins et à voler moins. Pourtant, à peine quelques heures après ces appels à la sobriété, les prix ont chuté de 15 % en une séance le 31 mars, puis repassé sous les 103 dollars pour le Brent ce 1er avril.

Coïncidence ? Ou manipulation de marché orchestrée par des acteurs qui profitent de la volatilité ? 

Une chose est sûre : une fois de plus, c’est le peuple qui paie l’addition, au sens propre comme au figuré.

Le blocage d’Ormuz : une crise plus spéculative que physique pour l’Europe

Le déclencheur officiel de cette crise est bien réel : le blocage partiel du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui représente 20 % du commerce pétrolier mondial. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, environ 11 à 20 millions de barils par jour ont été perturbés. Pourtant, pour l’Union européenne, la dépendance directe à cette route est minime.

L’UE importe moins de 0,01 % de son pétrole d’Iran depuis l’embargo de 2012.

Ses principaux fournisseurs restent les États-Unis (15 %), la Norvège (14 %), le Kazakhstan (13 %), la Libye, l’Arabie saoudite, le Nigeria et l’Irak. Le brut arrive majoritairement via l’Atlantique ou des pipelines terrestres. Aucune pénurie physique massive ne menace donc le Vieux Continent

Les hausses observées relèvent davantage d’une spéculation mondiale sur les prix spot que d’une rupture d’approvisionnement directe.

Les majors américaines, Exxon en tête, y trouvent leur compte, tout comme le maintien du système du pétrodollar. Pendant ce temps, les consommateurs européens subissent les conséquences d’un marché mondialisé et volatil.

Réunions de crise à Bruxelles : la sobriété imposée aux citoyens

Face à cette tension, les institutions européennes ont multiplié les sommets d’urgence. Le 19-20 mars à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement ont débattu d’une réponse coordonnée. La Commission, par la voix du commissaire à l’Énergie Dan Jørgensen, a plaidé pour une réduction immédiate de la demande. Le message est clair : « Même si la paix est établie demain, nous ne reviendrons pas à la normale. » Le 31 mars, une visioconférence des ministres de l’Énergie a entériné cette ligne : sobriété obligatoire, mesures de crise réactivées. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a même publié un rapport le 20 mars listant dix mesures concrètes pour baisser la consommation de pétrole, ciblant principalement le transport (45 % de la demande mondiale). Parmi elles : télétravailler autant que possible ; réduire les limitations de vitesse d’au moins 10 km/h sur autoroutes ; encourager massivement les transports publics ; instaurer une circulation alternée dans les grandes villes ; développer le covoiturage et les pratiques de conduite éco-responsable ; optimiser les livraisons et l’efficacité des véhicules commerciaux ; détourner le GPL vers d’autres usages ; réduire les voyages aériens non essentiels ; passer à d’autres solutions de cuisson (électrique) ; et adapter les procédés industriels.

Ces recommandations, présentées comme « rapides et concrètes », ressemblent étrangement à un semi-confinement volontaire.

Elles reprennent presque à l’identique les restrictions de mobilité imposées pendant la crise sanitaire du COVID 19 de 2020. Le but affiché ? Protéger les consommateurs et préserver les stocks pour les usages essentiels. La réalité ? Faire porter le poids de la crise sur le quotidien des citoyens ordinaires.

Une vulnérabilité énergétique choisie par idéologie

Cette approche n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une logique plus large : celle d’une transition énergétique accélérée, souvent présentée comme inéluctable et vertueuse. Pourtant, de nombreux Français y voient une arnaque idéologique. Pourquoi ? Parce que la vulnérabilité actuelle est largement auto-infligée. Depuis 2022, l’UE a choisi d’embargoer massivement le pétrole et le gaz russes, passant de 45 % de dépendance au gaz russe à moins de 3 % en 2025. Les contrats nouveaux sont interdits depuis janvier 2026, avec une sortie totale programmée fin 2027 via le plan REPowerEU. À la place, on a importé du GNL américain, qatari ou norvégien, plus cher à transporter et bien plus sensible aux chocs géopolitiques. On a aussi poursuivi la sortie du nucléaire dans plusieurs pays, dont l’Allemagne qui a fermé ses dernières centrales en 2023. Résultat : un système énergétique fragile, incapable d’absorber les renouvelables déjà installés (120 GW de projets « verts » risquent d’être abandonnés faute de réseau adapté). 26 des 27 États membres font l’objet de procédures pour non-respect des règles du marché de l’électricité. L’idéologie a remplacé le pragmatisme :

on a sacrifié une énergie stable, bon marché et proche géographiquement au nom de principes géopolitiques.

Aujourd’hui, face à un choc au Moyen-Orient, on n’a plus de marge de manœuvre. Et plutôt que de corriger le tir, on impose encore aux citoyens de « faire des efforts » : moins rouler, moins voler, moins chauffer. Le tout en accélérant la transition vers des énergies renouvelables dont l’empreinte écologique réelle (extraction de métaux rares pour les batteries, pollution des mines, dépendance à la Chine et son éloignement) est souvent passée sous silence. Les Français, confrontés à une inflation énergétique cumulée de plus de 10 % ces dernières années, ont bien compris l’arnaque : une écologie de façade qui masque un contrôle accru des modes de vie sans toucher aux vrais grands pollueurs (industries lourdes, commerce mondial par cargos).

La transition verte : arnaque ou outil de contrôle social ?

Cette crise sert manifestement d’alibi pour pousser plus loin un agenda de transformation sociétale. Des rapports internationaux, dans la lignée des réflexions du Club de Rome et du Forum économique mondial, appellent à une « économie circulaire », à la « ville en 15 minutes » où la voiture individuelle devient obsolète, aux quotas carbone individuels et à un marché de crédits d’émissions. Suppression progressive des vols non essentiels, interdiction de nouveaux aéroports, promotion du vélo et de la marche : tout y passe. Sous couvert de lutte contre le changement climatique, on impose un rationnement déguisé de la mobilité et de l’énergie. Les classes moyennes et modestes, déjà étranglées par la hausse des prix, paient le prix fort : moral en berne (77 % des Français pessimistes pour 2026), confiance politique au plus bas (22 %). Pendant ce temps, les entreprises subissent des hausses de coûts énergétiques de 73 % depuis 2020, avec 28 % d’entre elles en danger de survie. Loin d’être une réponse à une urgence climatique, cette stratégie ressemble à un outil de contrôle social.

Les mêmes qui nous ont imposé des confinements sanitaires nous imposent désormais des « confinements énergétiques ». Même instruction : restez chez vous. Différente excuse.

Cette stratégie va bien au-delà de la simple sobriété énergétique.

En réduisant drastiquement la mobilité des citoyens, elle constitue un formidable outil de contrôle social.

Moins de déplacements signifie moins de possibilités d’organiser des rassemblements, des manifestations ou des actions citoyennes d’envergure. Quand les Français passent plus de temps contraints à rester chez eux ou à limiter leurs trajets, la capacité de mobilisation collective s’affaiblit significativement. À cela s’ajoute la paupérisation accélérée : avec une facture énergétique qui explose, les classes moyennes et populaires ont moins d’argent disponible, ce qui les rend plus vulnérables et plus occupées à survivre qu’à contester les politiques en place. On assiste ainsi à une forme insidieuse de confinement énergétique qui, tout comme pendant la crise sanitaire, favorise la passivité et l’acceptation résignée des mesures imposées.

Cette crise peut également servir à accélérer l’imposition des voitures électriques. On nous martèle que si nous roulions tous à l’électrique, nous ne subirions pas cette flambée des prix à la pompe. Pourtant, ces véhicules prétendument « verts » sont faussement écologiques : extraction massive de métaux rares, pollution des batteries et dépendance totale à des pays lointains pour les composants, sans parler de leurs prix exorbitants inaccessibles pour une grande majorité des Français.

Le discours très attendu de Donald Trump cette nuit

Dans ce contexte, l’allocution de Donald Trump prévue cette nuit (1er avril 2026 à 21 heures locales, soit 3 heures du matin en France) est attendue avec impatience. Le président américain doit s’adresser à la nation pour donner « de nouvelles informations importantes sur l’Iran ». D’après ses déclarations récentes, il devrait réaffirmer que les États-Unis quitteront l’Iran « très bientôt », dans deux à trois semaines, indépendamment d’un accord formel. Il a déjà évoqué un « changement de régime » positif à Téhéran, des négociations en cours et le passage imminent de 20 pétroliers supplémentaires par Ormuz. Trump a même ironiquement rebaptisé le détroit « Strait of Trump » (détroit de Trump) lors d’un discours. Il devrait également critiquer ouvertement les alliés européens : « Allez chercher votre pétrole vous-mêmes dans le détroit d’Ormuz » ou achetez du brut américain. Ce discours America First risque fort de calmer les marchés plutôt que de les amplifier. Les prix ont déjà baissé ce mercredi après ses annonces préalables de désescalade. Une confirmation d’une sortie rapide des hostilités et d’une réouverture effective du détroit ferait chuter encore davantage les cours, soulageant temporairement les pompes.

Mais cela n’effacera pas les failles structurelles européennes.

Au contraire, cela mettra en lumière l’incapacité de l’UE à assurer sa souveraineté énergétique sans dépendre des États-Unis ou de la volatilité mondiale.

Le peuple, éternelle victime de l’addition

Au final, cette crise énergétique, réelle dans ses effets immédiats, révèle surtout les choix politiques désastreux des dernières années. Plutôt que de diversifier intelligemment et de préserver des sources fiables (nucléaire, gaz russe via pipelines), on a préféré l’idéologie verte. Résultat :

les citoyens paient deux fois. D’abord financièrement, à la pompe et dans leur facture globale. Ensuite, dans leur liberté : on leur demande de changer radicalement leurs habitudes sous prétexte de « sobriété ».

La chute rapide des prix ces derniers jours, coïncidant avec les signaux de détente, renforce le soupçon d’une manipulation spéculative. Demain, après le discours de Trump, les cours pourraient encore reculer. Mais l’UE, elle, continuera sur sa lancée : accélération de la transition, restrictions durables, et discours moralisateur sur la « responsabilité collective ». Les Français, lucides, ont déjà compris : cette « arnaque » ne sauvera pas la planète. Elle ne fera que renforcer le contrôle sur leur quotidien tout en enrichissant d’autres acteurs. Il est grand temps de revenir à une politique énergétique pragmatique, souveraine et au service du peuple. Sinon, l’addition risque d’être encore plus lourde demain.

https://multipol360.com/flambee-artificielle-du-petrole-crise-geopolitique-pretexte-vert-ou-nouvel-outil-de-controle-social/

 


E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

Depuis le, 30 mars 2026, la cour d’assises de Paris est le théâtre d’un procès hors norme. Vingt-deux personnes – dont quatre militaires de la DGSE (dont deux parachutistes du centre de Cercottes), trois policiers et plusieurs chefs d’entreprise – comparaissent pour meurtre, tentatives d’assassinat, violences aggravées et association de malfaiteurs. Le nom de cette affaire ?

Athanor, une loge maçonnique de Puteaux (Hauts-de-Seine), dissoute en 2021, qui a muté en véritable officine de tueurs à gages.

L’affaire éclate en juillet 2020. Deux jeunes agents de la DGSE, Carl Esnault et Pierre Bourdin, sont interpellés en embuscade devant le domicile d’une coach en entreprise, Marie-Hélène Dini. Ils sont armés, en Clio volée. Ils affirment avoir cru exécuter une mission officielle d’homicide (« homo » dans le jargon des services) : éliminer une espionne du Mossad. Mensonge. Il s’agissait d’un contrat privé, commandité pour des raisons bassement professionnelles. Le commanditaire ? Jean-Luc Bagur, vénérable maître de la loge Athanor, rival de Dini dans le secteur du coaching.

L’instruction a révélé bien pire : une cellule criminelle au sein de la loge qui négociait des contrats d’assassinat pour 20.000 à 50.000 euros.

Agressions, incendies, passages à tabac, espionnage industriel… et un meurtre avéré, celui du pilote automobile Laurent Pasquali en 2019. Tout cela pour des motifs souvent dérisoires : concurrence économique, rancunes personnelles. Des profils « insérés » – agents de renseignement, policiers, entrepreneurs – ont basculé dans le crime organisé sous couvert maçonnique.

Le pouvoir politique au centre du scandale

Nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme en juin 2025 (voir ici). Il ne s’agit pas d’une simple dérive de « francs-maçons barbouzes ».

La loge Athanor met en lumière les prérogatives exorbitantes que s’arrogent les élites politiques et leurs réseaux.

Des ministres emblématiques du quinquennat Macron sont cités comme membres ou proches de la franc-maçonnerie : Gérard Collomb (ancien ministre de l’Intérieur), Jean-Yves Le Drian (ministre des Affaires étrangères), Vincent Peillon ou encore Jean-Michel Baylet. L’opacité de ces réseaux, qui comptent 160.000 à 180.000 membres en France (GODF, GLDF, GLNF), permet une cooptation discrète aux plus hauts niveaux de l’État.

Un détail encore plus grave : une vingt-troisième personne, ancien agent de la DGSE, est accusée de trahison pour avoir transmis des informations confidentielles à une puissance étrangère. Le Mossad est régulièrement évoqué dans les récits, même si la justice parle plus sobrement de « puissance étrangère ». Deux militaires de la DGSE ont été manipulés en leur faisant croire à une opération d’État. Qui, dans l’appareil, a laissé de tels profils opérer en toute impunité ?

Une élite qui s’octroie le droit de vie et de mort

Comme nous le soulignions avec une lucidité glaçante : 

« Cette affaire illustre une mentalité selon laquelle certains acteurs politiques et leurs alliés se considèrent au-dessus des lois. Le droit de vie et de mort, historiquement réservé aux souverains absolus, semble avoir été revendiqué par des individus au sein de ces réseaux. »

Pendant que Macron multiplie les postures martiales sur la scène internationale, qu’il renforce la « dissuasion avancée » et les budgets militaires, une loge maçonnique transformée en réseau de tueurs à gages militaires prospérait à deux pas de Paris.

Des agents de l’État, formés pour défendre la nation, ont été instrumentalisés pour des vendettas privées.

L’État de droit ? Une façade. Les réseaux occultes, eux, fonctionnent à plein régime.

Le procès, qui doit durer jusqu’au 17 juillet, risque de durer trois mois et demi de révélations embarrassantes. Pourtant, on sent déjà le silence médiatique et politique s’installer. Aucune commission d’enquête parlementaire sérieuse. Aucune interpellation au gouvernement. Le Parlement, comme toujours, reste muet face à l’hégémonie des réseaux qui traversent tous les partis.

Les risques énormes pour les populations

Ce scandale n’est pas anecdotique. Il révèle un cancer démocratique : des élites qui se croient intouchables, protégées par le secret maçonnique et les complicités institutionnelles. Quand des militaires d’élite peuvent être retournés pour 20.000 euros, quand des policiers couvrent des contrats d’assassinat, c’est toute la confiance dans l’appareil d’État qui s’effondre.

Les Français, déjà exsangues par l’inflation, le choc énergétique et les guerres par procuration, vont découvrir que leurs dirigeants ne se contentent pas de jouer avec le feu à l’étranger. Ils tolèrent – ou protègent – des réseaux criminels au sein même des services de renseignement. Les tensions sociales qui couvent (pouvoir d’achat en berne, sentiment d’abandon) vont s’aggraver quand la population comprendra que l’État n’est plus neutre, mais capturé par des cercles opaques.

Candace Owens, qui avait pointé du doigt ces « bérets rouges » et les liens supposés avec le Mossad, avait-elle raison ? Le procès Athanor apporte des éléments troublants. Peu importe les dénégations officielles : le voile est levé. Une loge maçonnique est devenue une officine du crime. Et le pouvoir politique, au lieu de la démanteler depuis longtemps, a laissé faire.

L’heure de la transparence a sonné. Si rien n’est fait, ces dérives ne feront qu’empirer. Les populations paieront, encore une fois, le prix de l’arrogance et de l’incompétence d’une caste qui se croit au-dessus des lois.

https://multipol360.com/le-scandale-qui-revele-le-visage-criminel-des-reseaux-maconniques-au-coeur-du-pouvoir/

 

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