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juillet 29, 2026

Tocqueville et le monde estudiantin français, voire francophone !

 Sommaire:

A) -  4 choses à savoir sur Alexis de Tocqueville

B) - Diverses lien sur Tocqueville

C) - Alexis de Tocqueville

D) - Alexis de Tocqueville : Le prophète normand qui avait vu venir nos démocraties fatiguées

 

A) -  4 choses à savoir sur Alexis de Tocqueville 

Joyeux anniversaire Tocqueville ! Aristocrate rescapé de la Terreur, il part étudier les prisons américaines… et en ramène le plus grand livre jamais écrit sur la démocratie. 


 


Un héritage révolutionnaire dramatique
 

La Révolution a failli décimer sa famille. Son arrière-grand-père, le ministre Malesherbes, fut guillotiné sous la Terreur. Ses parents n’échappèrent à l’échafaud que grâce à la chute de Robespierre.

Un voyage… pour étudier les prisons 

Son voyage aux États-Unis n’avait pas pour but d’étudier la démocratie ! Officiellement, Tocqueville et son ami Beaumont partaient examiner le système pénitentiaire. Leur rapport de 1833 fut vite éclipsé par un chef-d’œuvre.


« Nous nous endormons sur un volcan » 

 Le 27 janvier 1848, il met en garde les députés : « je crois que nous nous endormons sur un volcan ». Un mois plus tard, Paris se soulève contre Louis-Philippe.


Académicien à 36 ans 

À peine paru, De la Démocratie en Amérique rencontre un immense succès, en France comme à l’étranger. Sa profondeur et sa lucidité lui valent d’entrer à l’Académie française dès 1841, à seulement 36 ans (fauteuil n°18).

Mil merci aux étudiants qui tendent vers le libéralisme..la Liberté

 
Étudiants pour la Liberté France 

@SFL_France

https://x.com/SFL_France/status/2082373957064253626/photo/1





B) - Diverses lien sur Tocqueville

Lire aussi:

Alexis de Tocqueville, voyageur et acteur des révolutions libérales. 

Tocqueville, libéral politique, non économique et la critique

Alexis de Tocqueville (Henri Charles de Clérel, vicomte de Tocqueville)

 Sommaire:

A) - Alexis de Tocqueville – La réhabilitation des Français 

B) - Alexis de Tocqueville

C) - Divers posts sur l'Université Liberté 

D) - « Tocqueville est un penseur pour les temps difficiles comme les nôtres »

E) - Discours de M. Henri-Dominique Lacordaire, prononcé dans la séance publique du 24 janvier 1861, en venant prendre séance à la place de M. de Tocqueville

Les visions du socialisme collectiviste comme nationaliste; l'échec, mat comme pat !

C) -  « Tocqueville est un penseur pour les temps difficiles comme les nôtres »

Libéralisme selon Pierre Manent - Vision Tocquevillienne !

 

 


C) - Alexis de Tocqueville

Alexis de Tocqueville (Henri Charles de Clérel, vicomte de Tocqueville), né le 29 juin 1805 à Paris et mort le 16 avril 1859 à Cannes, est un penseur politique français et un historien. Ses œuvres comprennent :

  • Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France (1833),
  • Quinze Jours dans le désert (1840)
  • De La Démocratie en Amérique (1835)
  • L'Ancien Régime et la Révolution (1856).

Il est considéré comme l'un des défenseurs historiques de la liberté et de la démocratie, il fut anti-collectiviste et est l'une des références des libéraux. Il est également un théoricien du colonialisme, en légitimant par exemple l'expansion française d'Afrique du Nord. Il est élu dans le village normand dont il porte le nom en 1849 et dont il parle dans Souvenirs.

Son œuvre fondée sur ses voyages aux États-Unis est une base essentielle pour comprendre ce pays et en particulier lors du XIXe siècle

Biographie courte d'Alexis de Tocqueville

Il est issu d’une famille légitimiste de la noblesse normande. Lamoignon de Malesherbes est l'un de ses arrière-grands-pères. Il est un neveu de Chateaubriand. La chute de Robespierre mettant fin à la Terreur en l'an II (1794) évita in extremis la guillotine à son père, Hervé de Tocqueville. Après un exil en Angleterre, la famille rentre en France durant l'Empire, et Hervé de Tocqueville devient pair de France et préfet sous la Restauration.

Suivant l'enseignement de François Guizot, et licencié de droit, Alexis de Tocqueville est nommé juge auditeur en 1827 au tribunal de Versailles où il rencontre Gustave de Beaumont, substitut, qui collaborera à plusieurs de ses ouvrages. Après avoir prêté à contre-cœur serment à la Monarchie de Juillet, tous deux sont envoyés aux États-Unis (en 1831) pour y étudier le système pénitentiaire américain, d'où ils reviennent avec Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application (1832). Il s'inscrit ensuite comme avocat, et publie en 1835 le premier tome De la démocratie en Amérique (le deuxième en 1840), œuvre fondatrice de sa pensée politique. En 1840, il est reçu en Angleterre par son ami John Stuart Mill, et publie son essai L'État social et politique de la France avant et depuis 1789 qui formera ses grandes bases de réflexions sur l'Ancien Régime et la révolution. Grâce à son succès, il est nommé chevalier de la légion d'honneur (1837) et est élu à l'Académie des sciences morales et politiques (1838), puis à l'Académie française (1841).

À la même époque il entame une carrière politique, en devenant en 1839 député de la Manche (Valognes), siège qu'il conserve jusqu'en 1851. Il défend au Parlement ses positions abolitionnistes et libre-échangistes, et il devait défendre dans deux rapports officiels présentés à la Chambre des députés la colonisation de l'Algérie. En 1842, il est également élu conseiller général de la Manche par le canton de Sainte-Mère-Église, qu'il représente jusqu'en 1852. Le 6 août 1849, il est élu président du conseil générale au second tour de scrutin par 24 voix sur 44 votants, fonction qu'il occupe jusqu'en 1851.

Après la chute de la Monarchie de Juillet, il est élu à l'Assemblée constituante de 1848. Il est une personnalité éminente du parti de l'Ordre. Il est membre de la Commission chargée de la rédaction de la Constitution de la Seconde République. Il y défend surtout les institutions libérales, le bicamérisme, l'élection du président de la République au suffrage universel, et la décentralisation. Il est élu à l'Assemblée législative dont il devient vice-président.

Hostile à la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence, lui préférant Cavaignac, il accepte cependant le ministère des Affaires étrangères entre juin et octobre 1849 au sein du deuxième gouvernement Odilon Barrot. Opposé au Coup d'État du 2 décembre 1851, il fait partie des parlementaires qui se réunissent à la mairie du Xe arrondissement et votent la déchéance du président de la République.

Incarcéré à Vincennes puis relâché, il quitte la vie politique. Retiré en son château de Tocqueville, il entame l'écriture de L'Ancien Régime et la Révolution, paru en 1856. La seconde partie reste inachevée quand il meurt en convalescence à la Villa Montfleury de Cannes le 16 Avril 1859, où il s'était retiré six mois plus tôt avec sa femme, pour soigner sa tuberculose. Il est enterré au cimetière de Tocqueville.

Pensée d'Alexis de Tocqueville

La Démocratie pour Tocqueville

Durant son séjour aux États-Unis, Tocqueville s'interroge sur les fondements de la démocratie. Contrairement à Guizot, qui voit l'histoire de France comme une longue émancipation des classes moyennes, il pense que la tendance générale et inévitable des peuples est la démocratie. Selon lui, celle-ci ne doit pas seulement être entendue dans son sens étymologique et politique (pouvoir du peuple) mais aussi et surtout dans un sens social : elle correspond à un processus historique permettant l'égalisation des conditions qui se traduit par :

Tous les citoyens sont soumis aux mêmes règles juridiques alors que sous l'Ancien Régime, la noblesse et le clergé bénéficiaient d'une législation spécifique (les nobles étaient par exemple affranchis du paiement de l'impôt).

  • une mobilité sociale potentielle alors que la société d'Ordres de l'Ancien Régime impliquait une hérédité sociale quasi totale. Par exemple, les chefs militaires étaient nécessairement issus de la noblesse.
  • une forte aspiration des individus à l'égalité.

Toutefois, l'égalisation des conditions n'implique pas pour autant la disparition de fait des différentes formes d'inégalités de nature économique ou sociale. Selon Tocqueville, le principe démocratique entraîne chez les individus « une sorte d'égalité imaginaire en dépit de l'inégalité réelle de leur condition ».

La tendance à l'égalisation des conditions qu'il considère comme inéluctable présente à ses yeux un danger. Il constate que ce processus s'accompagne d'une montée de l'individualisme (« repli sur soi ») ce qui contribue d'une part à affaiblir la cohésion sociale et d'autre part incite l'individu à se soumettre à la volonté du plus grand nombre.

À partir de ce constat, il se demande si ce progrès de l'égalité est compatible avec l'autre principe fondamental de la démocratie : l'exercice de la liberté, c'est-à-dire la capacité de résistance de l'individu à l'égard du pouvoir politique.

Égalité et liberté semblent en fait s'opposer puisque l'individu tend de plus en plus à déléguer son pouvoir souverain à une autorité despotique et par conséquent à ne plus user de sa liberté politique : « l'individualisme est un sentiment réfléchi qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables de telle sorte que, après s'être créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle même ».

Selon Tocqueville, une des solutions pour dépasser ce paradoxe, tout en respectant ces deux principes fondateurs de la démocratie, réside dans la restauration des corps institutionnels intermédiaires qui occupaient une place centrale dans l'Ancien Régime (associationss politiques et civiles, corporations, etc.). Seules ces instances qui incitent à un renforcement des liens sociaux, peuvent permettre à l'individu isolé face au pouvoir d'État d'exprimer sa liberté et ainsi de résister à ce que Tocqueville nomme « l'empire moral des majorités ».

Révolution française : rupture ou continuité institutionnelle ?

Dans son ouvrage L'Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville montre que la Révolution de 1789 ne constitue nullement une rupture dans l'Histoire de France. Selon lui, l'Ancien Régime s'inscrit déjà dans le processus d'égalisation des conditions qui s'explique par deux évolutions complémentaires :

  • d'une part, sur le plan institutionnel, la France pré-révolutionnaire est marquée par la remise en cause progressive du pouvoir de la noblesse par l'État (on assiste par exemple à un accroissement du pouvoir des intendants aux dépens des Seigneurs). Cependant, son étude sur les intendants ne se base que sur la généralité de Tours, proche de Paris et fidèle au pouvoir royal. Cette idée de centralisation avec l'intendance doit être nuancée. (cf. travaux d'Emmanuelli notamment).
  • d'autre part, sur le plan des valeurs, Tocqueville rend compte de la montée de l'individualisme sociologique qui place l'individu-citoyen et avec lui le concept d'égalité au centre des préoccupations morales et politiques (Jean-Jacques Rousseau : Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes).

Tocqueville soulève aussi le problème de la bourgeoisie qui est devenue l'égale de la noblesse : aisée, cultivée et adulant les mêmes auteurs, alors même que des institutions fondées sur une tradition obsolète la maintiennent dans un statut inférieur. Tocqueville observe ainsi que l'Ancien Régime au moment de sa chute est la société la plus démocratique d'Europe, dans ce sens que c'est là que l'égalité des conditions y est le plus atteinte, mais la moins libérée politiquement : la France est le pays où les bourgeois sont le plus semblables aux nobles et les plus séparés par des barrières politiques.

C'est la convergence de ces deux logiques qui rend de plus en plus inacceptable l'inégalité des conditions : « le désir d'égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l'égalité est plus grande ».

Il en conclut que le progrès de l'égalité et non l'inverse a précédé la Révolution ; il en est une des causes et non une de ces conséquences : « tout ce que la Révolution a fait, se fût fait, je n'en doute pas, sans elle ; elle n'a été qu'un procédé violent et rapide à l'aide duquel on a adapté l'état politique à l'état social, les faits aux idées, les lois aux mœurs ».

Il pense par un raisonnement similaire que c'est la prospérité qui pave la route des grandes révolutions, les misères ne générant que des émeutes.

L'État limité selon Tocqueville

Tout comme Benjamin Constant, Tocqueville se préoccupe du cadre institutionnel capable de préserver la liberté tout en assurant l'égalité en droit. Alors que Constant le voit dans une constitution qui limite le pouvoir de l'État, Tocqueville le décrit comme quatre piliers :

  • le fédéralisme au niveau régional ou communal ;
  • l'indépendance de la justice : les juges (ou les jurys), garants de la liberté, doivent être au-dessus du pouvoir ;
  • les associations, corps intermédiaires, propices à l'engagement individuel ;
  • la religion, qui relève de la sphère privée.

Le changement social selon Tocqueville

Pour Tocqueville, le changement social résulte de l'aspiration à l'égalité des hommes.

Pour lui, si l'humanité doit choisir entre la liberté et l'égalité, elle tranchera toujours en faveur de la seconde, même au prix d'une certaine coercition, du moment que la puissance publique assure le minimum requis de niveau de vie et de sécurité.

L'enjeu, toujours d'actualité, est l'adéquation entre cette double revendication de liberté et d'égalité : « les nations de nos jours ne sauraient faire que dans leur sein les conditions ne soient pas égales ; mais il dépend d'elles que l'égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères ».

Pour Tocqueville, la société démocratique caractérisée par l'égalité des conditions est l'aboutissement du changement social.

L'effet Tocqueville

Tocqueville remarque que le fait de satisfaire à des besoins peut engendrer de l'insatisfaction, car cela légitime des attentes encore plus élevées. Les avantages acquis sont tenus pour allant de soi et cessent d’être une source de satisfaction, tandis qu'apparaissent des aspirations impossibles à satisfaire :

Le mal qu'on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu'on conçoit l'idée de s'y soustraire. Tout ce qu'on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. (Tocqueville, L'ancien régime)

A cette loi Tocqueville, portant sur le paradoxe des irruptions révolutionnaires dans l'histoire, s'ajoute l'effet Tocqueville, qui sera théorisé plus tard en sociologie avec la théorie de la frustration relative (theory of rising expectations).

Tocqueville philosophe politique

Puisqu’il faut bien, dit Tocqueville, « que l’autorité se rencontre quelque part » (postulat de base de toute la philosophie politique), alors l’intérêt bien entendu (utilitarisme audible dans toute la pensée politique moderne) et les lumières ou « bon sens de tous » (sens commun adopté par la plupart des philosophes) s’accordent autour d’« idées communes » ou « principales », baptisées « conviction commune » ou « raison générale » par François Guizot. Cela constitue un corps social (organisation ou morphologie politique) dont les membres acceptent des croyances reçues et partagées sans examen (chose inévitable enseigne la sociologie de la connaissance). Marc Crapez, 2010


Citations d'Alexis de Tocqueville

L'Amérique de son époque

  • « Pour ma part, je ne saurais concevoir qu'une nation puisse vivre ni surtout prospérer sans une forte centralisation gouvernementale. Mais je pense que la centralisation administrative n'est propre qu'à énerver les peuples qui s'y soumettent, parce qu'elle tend sans cesse à diminuer parmi eux l'esprit de cité ». Extrait de La Démocratie en Amérique vol. I, Première partie
  • « Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? ». Extrait de La Démocratie en Amérique
  • « Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs. (...) Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organise aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible ». Extrait de La Démocratie en Amérique vol. I, Deuxième partie, chapitre VII ;

Le citoyen et le gouvernement

  • « Démocratie et socialisme n'ont rien en commun sauf un mot, l'égalité. Mais notez la différence : pendant que la démocratie cherche l'égalité dans la liberté, le socialisme cherche l'égalité dans la restriction et la servitude ».
  • « Le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait être d’habituer peu à peu les peuples à se passer de lui ».
  • « Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de le satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs ».
  • « Je ne crains pas qu'ils rencontrent des tyrans, mais plutôt des tuteurs. »
  • « Les hommes veulent l’égalité dans la liberté, et s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage ».
  • « Je n'ai pas de traditions, je n'ai pas de parti, je n'ai point de cause, si ce n'est celle de la liberté et de la dignité humaine. »

Guerres et conflits

  • « J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre » (...) « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux. » 1841 - Extrait de Travail sur l’Algérie, in Œuvres complètes, Gallimard, Pléiade, 1991, p. 704 & 705.
  • « L’expérience ne nous a pas seulement montré où était le théâtre naturel de la guerre ; elle nous a appris à la faire. Elle nous a découvert le fort et le faible de nos adversaires. Elle nous a fait connaître les moyens de les vaincre et (...) d’en rester les maîtres. Aujourd’hui on peut dire que la guerre d’Afrique est une science dont tout le monde connaît les lois, et dont chacun peut faire l’application presque à coup sûr. Un des plus grands services que M. le maréchal Bugeaud ait rendus à son pays, c’est d’avoir étendu, perfectionné et rendu sensible à tous cette science nouvelle. » 1847 - Extrait de Rapports sur l’Algérie, in Œuvres complètes, op. cit, p. 806
  • « En conquérant l'Algérie, nous n'avons pas prétendu, comme les Barbares qui ont envahi l'empire romain, nous mettre en possession de la terre des vaincus. Nous n'avons eu pour but que de nous emparer du gouvernement. La capitulation d'Alger en 1830 a été rédigée d'après ce principe. On nous livrait la ville, et, en retour, nous assurions à tous ses habitants le maintien de la religion et de la propriété. C'est sur le même pied que nous avons traité depuis avec toutes les tribus qui se sont soumises. S'ensuit-il que nous ne puissions nous emparer des terres qui sont nécessaires à la colonisation européenne ? Non sans doute ; mais cela nous oblige étroitement, en justice et en bonne politique, à indemniser ceux qui les possèdent ou qui en jouissent. » Extrait de Premier rapport sur l’Algérie (travaux parlementaires)
  • « J'avais toujours cru qu'il ne fallait pas espérer de régler par degrés et en paix le mouvement de la Révolution de Février et qu'il ne serait arrêté que par une grande bataille livrée dans Paris. Je l'avais dit dès le lendemain du 24 février ; ce que je vis alors persuada que non seulement cette bataille était inévitable mais que le moment en était proche et qu'il était à désirer qu'on saisit la première occasion de la livrer. » (Cité par Sartre dans la Critique de la raison dialectique, p.708)

Publications

Pages correspondant à ce thème sur les projets liberaux.org :

  • Une édition en 9 volumes des œuvres complètes de Tocqueville est disponible numérisée sur le site Gallica] (bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France) :

- Œuvres complètes d'Alexis de Tocqueville, publiées par Mme de Tocqueville et Gustave de Beaumont (1864)

  • 1835, Alexis de Tocqueville, vol 1, De la démocratie en Amérique
    • Traduction en anglais
      • par Henry Reeve en 1945, "Democracy in America", New York: Knopf (révisé par Francis Bowen, coordonné par Phillips Bradley)
      • par Henry Reeve en 1954, "Democracy in America", 2 vols. New York, Vintage Books
      • par George Lawrence en 1966, Harper (coordination par J. P. Mayer, introduction de Max Lerner)
        • édition paperback en 1961 par Vintage et par Schocken
      • Traduction en 1969, "Democracy in America", New York: Harper and Row
    • Traduction en anglais en 1990, Democracy in America, Vol. 1, New York: Vintage Books
    • Traduction en espagnol en 1984, "La democracia en América", vol. 1. Madrid: Sarpe
  • 1835, Memoir on Pauperism
    • Traduction en anglais en 1997, Memoir on Pauperism, Chicago: Ivan Dee
  • 1840, Alexis de Tocqueville, vol 2, De la démocratie en Amérique
    • Traduction en anglais en 1990, Democracy in America, vol 2, New York: Vintage Books
    • Traduction en espagnol en 1984, "La democracia en América", vol 2. Madrid: Sarpe
  • 1856, "L'Ancien Régime et la Révolution", Paris, Garnier-Flammarion, n°500 (édition F. Mélonio)
    • Traduit en anglais en 1959 par Stuart Gilbert, "The Old Régime and the French Revolution", Garden City, N.Y.: Doubleday
  • Lettres Choisies et Souvenirs (1814-1859). Gallimard, collection Quarto (édition: Françoise Mélonio et Laurence Guellec). 2003.
  • De la démocratie en Amérique, Souvenirs, l'Ancien Régime et la Révolution. Paris, Bouquins. Éditions Robert Laffont, 1986. 1 volume.
  • Alexis de Tocqueville, Œuvres Complètes. Paris, Gallimard, 1951-2002 (29 volumes parus)

Littérature secondaire

Pour voir les publications qui ont un lien d'étude, d'analyse ou de recherche avec les travaux et la pensée d'Alexis de Tocqueville : Alexis de Tocqueville (Littérature secondaire)

Voir aussi

Liens externes

 

D) - Alexis de Tocqueville : Le prophète normand qui avait vu venir nos démocraties fatiguées

Un jeune aristocrate de vingt-cinq ans débarque à New York en mai 1831, officiellement chargé d’étudier les prisons américaines pour le compte de la monarchie de Juillet. Neuf mois plus tard, Alexis de Tocqueville rentre en France avec bien davantage qu’un rapport pénitentiaire : il rapporte dans ses malles la matière d’un des livres les plus visionnaires jamais écrits sur le destin des sociétés modernes. Petit-fils d’un homme guillotiné sous la Terreur, héritier d’une noblesse normande qui a vu s’effondrer en quelques années tout un monde, Tocqueville a passé sa vie à observer froidement ce qu’il jugeait inéluctable, l’avènement de l’égalité des conditions, pour en anticiper avec une lucidité presque effrayante les dérives possibles. Deux siècles plus tard, alors que les démocraties occidentales se rassemblaient encore en juin dernier au château de Tocqueville pour se demander si le penseur normand n’avait pas tout vu venir, son diagnostic sur le populisme, la défiance envers les élites et l’isolement des individus résonne avec une actualité presque insoutenable.

Par la rédaction

Le petit-fils du guillotiné : une enfance façonnée par l’effondrement d’un monde

Alexis de Tocqueville naît en 1805 à Paris, dans une famille de la vieille noblesse normande qui a payé un tribut effroyable à la Révolution française. Son arrière-grand-père maternel, Malesherbes, l’avocat courageux qui avait accepté de défendre Louis XVI devant la Convention, est guillotiné en 1794, entraînant dans sa chute plusieurs membres de sa famille, dont les propres parents de Tocqueville échappent de justesse à l’échafaud. Ses parents eux-mêmes ne sont libérés de prison qu’après la chute de Robespierre, un basculement de dernière minute qui leur sauve la vie mais qui laisse à leur fils un héritage psychologique impossible à effacer : la conscience aiguë que les mondes les plus solides en apparence peuvent s’effondrer en l’espace de quelques mois, et que l’ordre aristocratique dans lequel il est né appartient déjà, irrémédiablement, au passé.

Cette conscience de vivre dans les décombres d’un monde révolu façonne toute la vocation intellectuelle de Tocqueville. Plutôt que de se réfugier dans la nostalgie réactionnaire d’une partie de son milieu, ou dans le déni face à l’irréversibilité du mouvement démocratique, le jeune magistrat choisit une voie singulière : comprendre, avec la froideur d’un clinicien, la mécanique intime de cette égalisation des conditions qu’il juge être le fait social le plus considérable et le plus irrésistible de son temps. C’est dans cet esprit qu’il obtient, avec son ami Gustave de Beaumont, une mission d’étude sur le système pénitentiaire américain, prétexte commode pour aller observer de ses propres yeux la seule société au monde où la démocratie fonctionne déjà à grande échelle, sans les convulsions révolutionnaires qui ensanglantent alors la France.

Le voyage américain de 1831 et 1832, à travers les villes naissantes de la côte est, les territoires encore sauvages des Grands Lacs et jusqu’aux confins du Sud esclavagiste, donne à Tocqueville une matière d’observation inégalée. Il y rencontre des juges, des pasteurs, des colons, des esclaves affranchis, des Amérindiens en voie de dépossession totale, engrangeant des carnets entiers de notes qui deviendront, quelques années plus tard, la matière du plus grand livre jamais écrit sur la démocratie américaine. Ce n’est pas un touriste éclairé qui observe l’Amérique avec la condescendance d’un aristocrate européen : c’est un homme hanté par la question de savoir si son propre pays, la France, saura un jour réussir la même transition vers l’égalité sans sombrer, comme elle vient de le faire, dans la Terreur ou le despotisme impérial.

De la démocratie en Amérique : l’égalité, promesse et péril

Publié en deux temps, en 1835 puis en 1840, De la démocratie en Amérique n’est pas un simple récit de voyage mais une théorie générale des sociétés modernes, dont la portée dépasse de loin le seul cas américain. La thèse centrale de Tocqueville tient en une conviction qu’il martèle dès les premières pages : l’égalisation des conditions est un fait providentiel, universel et durable, qui échappe au pouvoir humain, et il serait aussi vain de vouloir l’arrêter que d’arrêter l’océan lui-même. Toute la question n’est donc pas de savoir si la démocratie adviendra, elle est déjà en marche partout en Occident, mais de savoir sous quelle forme elle adviendra : celle d’une liberté vivante et responsable, ou celle d’une égalité dans la servitude et la médiocrité.

C’est cette ambivalence fondamentale qui fait toute la modernité de Tocqueville. Il admire dans l’Amérique qu’il observe la vitalité extraordinaire de ce qu’il appelle l’esprit d’association : ces innombrables sociétés civiles, religieuses, économiques ou philanthropiques que les citoyens américains forment spontanément pour résoudre ensemble leurs problèmes, sans attendre l’intervention d’un État centralisateur à la française. Cette capacité à s’associer librement constitue à ses yeux le meilleur rempart contre ce qu’il redoute le plus : l’individualisme démocratique, cette tendance de chaque citoyen égal en droit à se replier sur le cercle étroit de sa famille et de ses amis, indifférent au sort de la cité, laissant ainsi le champ libre à une puissance centrale toujours plus envahissante.

C’est de cette intuition que naît le concept le plus célèbre et le plus troublant de toute son œuvre : celui du despotisme doux, ce pouvoir tutélaire qui ne ressemble en rien à la tyrannie brutale des siècles passés, mais qui prend la forme, plus insidieuse encore, d’une administration omniprésente et bienveillante, désireuse avant tout du bonheur de citoyens qu’elle infantilise peu à peu. Ce pouvoir tutélaire, écrit Tocqueville, ne brise pas les volontés, il les amollit, il les plie et les dirige, réduisant chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. Ce n’est pas la tyrannie sanglante qu’il redoute pour l’avenir des démocraties, mais cette servitude douce et acceptée, presque désirée, qui naît du confort administratif et de la déresponsabilisation progressive du citoyen. Il ajoute enfin, dans son autre grand œuvre consacré à l’Ancien Régime, que la centralisation administrative française préexistait déjà largement à la Révolution, thèse iconoclaste qui refuse tout récit moralisateur d’une rupture nette entre monarchie et démocratie, pour lui préférer une lecture en continuité, celle des structures de pouvoir qui survivent aux changements de régime.

Château de Tocqueville, juin 2026 : quand les démocraties se demandent si le prophète avait raison

Deux siècles après son voyage américain, l’étonnante actualité de la pensée tocquevillienne n’a jamais paru aussi manifeste qu’en cette fin de printemps 2026. Les 26 et 27 juin, la huitième édition des Conversations Tocqueville, organisées conjointement par la Fondation Tocqueville et le quotidien Le Figaro, a réuni au château normand où le penseur est né plusieurs centaines de décideurs, universitaires et représentants de la société civile venus du monde entier, autour d’une question qui aurait pu servir de sous-titre à l’ensemble de son œuvre : et si Tocqueville avait tout vu venir ? Populisme galopant des deux côtés de l’Atlantique, défiance généralisée envers des élites jugées hors sol, individus repliés sur eux-mêmes et rendus manipulables par les nouveaux canaux de l’information, démocraties qui semblent avoir perdu jusqu’à la capacité élémentaire de se défendre elles-mêmes : les organisateurs de la rencontre ne cachaient plus leur inquiétude, celle d’un diagnostic tocquevillien qui, loin d’être une antiquité académique, se lit désormais comme une clinique en temps réel de nos propres sociétés.

Le despotisme doux qu’il décrivait au dix-neuvième siècle comme une administration tutélaire et paternaliste a simplement changé de visage sans changer de nature. Il porte aujourd’hui les traits des algorithmes de recommandation qui isolent chaque citoyen dans sa bulle de certitudes personnelles, des plateformes numériques qui infantilisent le débat public en le réduisant à des réactions binaires, et des appareils administratifs toujours plus tentaculaires qui promettent la sécurité et le confort en échange d’une autonomie citoyenne de plus en plus symbolique. L’individualisme démocratique que redoutait Tocqueville, ce repli sur la sphère privée au détriment de l’engagement civique, trouve dans les réseaux sociaux contemporains un accélérateur qu’il n’aurait sans doute pas imaginé, mais dont il avait pressenti, avec une justesse presque vertigineuse, le ressort psychologique profond : des individus égaux, mais séparés, plus soucieux de leur confort immédiat que de la chose publique, offrant ainsi le terrain le plus favorable qui soit à la résurgence du populisme et à l’affaiblissement des corps intermédiaires.

C’est bien là, en définitive, la leçon géopolitique la plus actuelle de Tocqueville : la vitalité d’une démocratie ne se mesure jamais à la seule tenue régulière d’élections, mais à la vigueur de son tissu associatif, à la robustesse de ses corps intermédiaires, syndicats, associations, collectivités locales, presse indépendante, qui seuls peuvent faire contrepoids à la fois à la tyrannie de la majorité et à l’extension silencieuse du pouvoir administratif central. Là où ce tissu s’effiloche, comme c’est le cas dans plusieurs démocraties occidentales minées par la défiance et la polarisation, le terrain devient fertile pour des mouvements qui promettent de rendre au peuple une souveraineté qu’il croit avoir perdue, quitte à sacrifier au passage les libertés que Tocqueville jugeait indissociables d’une démocratie authentique.

La liberté, ce combat toujours à recommencer

Alexis de Tocqueville meurt en 1859, sans avoir jamais vu la France se stabiliser durablement dans le régime démocratique et libéral qu’il appelait de ses vœux, ballottée de son vivant entre monarchies, empire et républiques éphémères. Il aura fallu encore un siècle et plusieurs cataclysmes pour que l’Europe occidentale trouve, non sans mal, un équilibre démocratique relativement stable. Mais ce même équilibre, deux siècles après le voyage américain du jeune aristocrate normand, semble à nouveau vaciller sous les coups conjugués du populisme, de la défiance et de l’atomisation numérique des sociétés.

La leçon ultime de Tocqueville n’est ni optimiste ni pessimiste, elle est simplement réaliste : la démocratie n’est jamais un état acquis une fois pour toutes, mais un combat perpétuellement à recommencer contre sa propre pente naturelle vers le confort, l’isolement et la tutelle administrative. Aucune Constitution, aussi bien rédigée soit-elle, ne protège durablement un peuple qui aurait renoncé à exercer lui-même sa liberté au quotidien, dans l’association, le débat local et l’engagement civique. À l’heure où les démocraties occidentales se redemandent, au fond du même château normand où tout a commencé, si elles ne sont pas en train de vérifier terme à terme le diagnostic d’un homme mort il y a plus de cent soixante ans, la meilleure manière de lui rendre hommage n’est sans doute pas de le relire comme une prophétie fataliste, mais comme un avertissement toujours actionnable : la liberté ne s’hérite jamais, elle se pratique, ou elle s’éteint.

La Diplomate


https://lediplomate.media/portrait-alexis-tocqueville-prophete-normand-avait-vu-venir-democraties-fatiguees/

 



juillet 23, 2026

Syndrome de dérèglement lié au déficit commercial - Trumpisme !!

 
Le syndrome du délire lié au déficit commercial 
 
Trump n’est pas le premier à en souffrir, et chercher à atteindre l’« équilibre » en 2026 est tout aussi insensé que cela l’était en 1776. 
 
Le président Trump est obsédé par les déficits commerciaux.  
 
On pourrait dire qu’il souffre du « syndrome du délire lié au déficit commercial » (ou TDDS, selon l’acronyme anglais). 
 
 https://opinion-images.wsj.net/im-03371660/?size=1.5
 
Pourtant, il est loin d’être le premier à souffrir de cette affection.  Il y a plus d’un demi-siècle, en juin 1976, le Comité consultatif sur la présentation des statistiques de la balance des paiements — nommé par le gouvernement — a publié un rapport marquant. Ce document recommandait des changements fondamentaux dans la manière dont le Bureau d’analyse économique (BEA) présentait les données américaines sur la balance des paiements. Entre autres mesures, le comité préconisait de ne faire figurer les données commerciales qu’en notes de bas de page des communiqués de presse et d’éliminer — ou du moins de strictement encadrer — l’usage des termes « déficit » et « excédent », ces données étant trop souvent mal comprises ou détournées par les responsables politiques et les commentateurs. Mais le syndrome du délire lié au déficit commercial faisait rage au Congrès. Les législateurs refusèrent d’abandonner leur bouc émissaire et ignorèrent les recommandations du comité.
 
L’histoire se répète : après avoir refusé de renouveler l’accord États-Unis-Canada-Mexique ce mois-ci, les États-Unis ont mis en place une commission d’examen annuel chargée d’analyser les prix et les sources des intrants pour des biens spécifiques échangés entre les États-Unis et leurs deux partenaires, dans le but d’instaurer « des conditions de concurrence équitables afin de réduire les déficits commerciaux ». 
 
Adam Smith
, lui, avait compris les choses autrement.
Dans *La Richesse des nations*, publié en 1776, il cherchait à expliquer pourquoi les déséquilibres commerciaux profitaient aux deux parties ; il soutenait que les déficits — lorsqu’ils s’inscrivaient dans des termes de l’échange favorables et étaient financés volontairement — étaient préférables, car ils se traduisaient par une accumulation de richesse réelle. 
 
Même le concept — magnifique mais contre-intuitif — d’avantage comparatif formulé par David Ricardo implique que si l’on acquiert un avantage concurrentiel pour un produit donné, on perd cet avantage pour un autre ; en effet, ce sont les prix relatifs, et non absolus, qui déterminent les avantages commerciaux. Les États-Unis sont peut-être très compétitifs dans la production automobile, mais ils le sont bien davantage encore dans celle des microprocesseurs ; il est donc plus avantageux pour eux d’importer des voitures et d’exporter des microprocesseurs.
 
Oublions les subtilités économiques absconses : qui se soucie vraiment de savoir si la Pennsylvanie affiche un déficit commercial vis-à-vis du New Jersey ? Non, il s’agit là d’échanges normaux relevant du libre-marché ; les balances commerciales fluctuent selon des cycles dictés par la démographie, les taux de croissance relatifs, les valeurs, les taux de change, les conditions monétaires relatives, les élasticités de l’offre et de la demande, ainsi que par bien d’autres facteurs. 
 
Certes, nous ne sommes plus en 1776 ni en 1976, mais en 2026, et les États-Unis ont vu leur base industrielle se vider de sa substance. Ni Adam Smith ni le comité du BEA n’ont écrit à une époque où dominent des entreprises pesant plusieurs milliers de milliards de dollars, dotées de vastes réseaux de filiales et de fournisseurs à l’étranger, et où plus de la moitié des échanges sont des transactions interentreprises plutôt que de simples échanges internationaux.

Toutefois, certains principes fondamentaux demeurent : premièrement, un déficit ou un excédent de la balance commerciale ou de la balance des services (qui font toutes deux partie de notre balance des opérations courantes) représente un solde de revenus, et non un solde de profits. Deuxièmement, ce sont les profits, et non les revenus, qui stimulent l'accumulation de richesse. Troisièmement, dans le contexte actuel de délocalisation de la production et d'échanges intragroupe, les entreprises américaines importent principalement des produits générant un chiffre d'affaires élevé mais à faible marge (c'est-à-dire à faible contenu intellectuel), tels que des cartes de circuits imprimés ou des automobiles, tandis qu'elles exportent des produits à forte marge (à fort contenu intellectuel), comme des puces d'intelligence artificielle ou des produits biopharmaceutiques. 
 
Concrètement, cela signifie que si les États-Unis enregistrent un déficit en termes de revenus commerciaux, ils affichent un excédent massif en termes de profits commerciaux une fois ces derniers correctement comptabilisés. Ce phénomène ressort clairement des statistiques mondiales sur les profits et l'accumulation de richesse. Entre 1998 et 2024, les profits des entreprises américaines sont passés d'environ 500 milliards de dollars à 3 700 milliards de dollars, soit une multiplication par plus de six. Dans le reste du monde, les profits sont passés de 102 milliards à 457 milliards de dollars, soit une multiplication par 3,5 seulement. En d'autres termes, les États-Unis — qui représentent 5 % de la population mondiale et 25 % du PIB mondial — ont généré 83 % des profits mondiaux en 1998, une part qui a atteint 89 % en 2024. Sans surprise, sur la même période, le patrimoine net des ménages américains est passé de 37 000 milliards à 174 000 milliards de dollars — constituant la plus vaste accumulation de richesse de l'histoire de la planète — et le marché boursier américain a largement surperformé tous les autres marchés mondiaux (à l'exception ponctuelle de la Suède) depuis la Seconde Guerre mondiale. Quel problème l'administration Trump cherche-t-elle exactement à résoudre ? 
 
Certes, la répartition et le partage de cette richesse posent problème, comme Adam Smith fut le premier à le reconnaître. Toutefois, la source de ce problème réside dans le parti pris politique de longue date en faveur de politiques monétaires et budgétaires expansionnistes (par opposition aux politiques restrictives) aux États-Unis ; ces politiques provoquent une fuite des capitaux et des liquidités vers l'étranger en quête de meilleurs rendements. Or, l'administration actuelle persiste et signe dans cette voie. Enfin, s'il existe des arguments solides liés à la sécurité nationale pour s'opposer à la délocalisation de la production de biens tels que les munitions et les fournitures médicales, il y a un monde entre une politique réfléchie visant l'autosuffisance dans des secteurs stratégiques — sans pour autant sacrifier la montée en gamme de l'industrie manufacturière dans son ensemble — et la volonté de réduire le déficit commercial (ce « croque-mitaine ») au risque de dilapider les richesses nationales. C'est d'autant plus vrai lorsque d'autres politiques menées simultanément (assouplissement quantitatif, lois aux noms grandiloquents) ont pour effet d'aggraver le déficit commercial et de favoriser la fuite des capitaux vers l'étranger. C'est un jeu sans fin de type « tape-taupe », qui est précisément à l'origine de ce syndrome d'obsession du déficit commercial. 
 
Smith avait raison. Il était absurde, en 1776, que des responsables politiques tentent de trouver un équilibre commercial entre les importations de vin et les exportations de laine britannique. Il est tout aussi ridicule, aujourd'hui, de voir des officiels se réunir pour tenter d'équilibrer les prix et les sources d'approvisionnement privilégiées de composants, dans le cadre des échanges bien plus complexes et volumineux régis par l'accord AEUMC. Il est urgent de trouver un remède à ce syndrome d'obsession du déficit commercial. 
 
 Bill Wilby
M. Wilby est un ancien responsable des actions chez OppenheimerFunds.
 

avril 02, 2026

NOUVELLES de FRANCE - Avril 2026

Sommaire:

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ?

E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

 


 

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

La crise par procuration : une absurdité volontaire

Nous sommes en mars 2026 et le gazole flirte à nouveau avec les 2 euros le litre, parfois plus sur autoroute. Le baril de Brent dépasse les 100 dollars, poussé par les tensions au Moyen-Orient. Les ménages se serrent la ceinture, les artisans calculent au centime près, les transporteurs répercutent. Et que nous répond-on ? « C’est la crise. » Comme si elle était tombée du ciel. Comme si nous n’avions pas choisi, collectivement, de nous y plonger. 

C’est la crise par procuration. Exactement comme s’infecter volontairement par un virus sous prétexte que « tout le monde l’attrape » et qu’il faut « être solidaires ». Absurde ? Pourtant, c’est la logique que nos gouvernements successifs nous imposent depuis des années. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ne nous regardent pas. Elles ne menacent ni notre territoire ni notre sécurité vitale. Nous y sommes entrés de notre plein gré, par idéologie, pour « faire comme tout le monde », pour défendre « le bien » contre « le mal ». Résultat : sanctions, embargos, dépendance énergétique aggravée, inflation importée. Et pendant ce temps, le peuple français paie l’addition. 

Des crises fabriquées par nos élites

Tout commence par un mensonge de fond : les crises seraient extérieures, inévitables, et nos dirigeants n’y seraient pour rien.

Faux. Les crises d’aujourd’hui sont la résultante directe des politiques menées par nos élites depuis des décennies.

Elles ne travaillent plus dans l’intérêt du peuple français. Elles servent une idéologie mondialiste, verte, atlantiste, qui place les grands principes abstraits au-dessus de la réalité concrète : souveraineté énergétique, pouvoir d’achat, indépendance nationale. 

Le sabotage de notre souveraineté énergétique

Prenons l’énergie. La France possédait, il y a encore quinze ans, une quasi-autonomie. Son parc nucléaire, fruit de la grande politique gaullienne et pompidolienne, couvrait près de 70 % de sa production électrique. Avec l’hydroélectricité et quelques fossiles domestiques, nous étions l’un des pays les plus indépendants d’Europe. L’indépendance énergétique globale atteignait 56 % grâce à l’atome considéré comme production nationale. C’était une fierté, une sécurité stratégique. Que reste-t-il aujourd’hui ? Un sabotage en règle. 

Depuis les années 2010, sous la pression des accords verts, des lobbies écologistes et des compromis électoraux, on a fermé des réacteurs (Fessenheim en tête), reporté les maintenances, imposé des objectifs absurdes de réduction à 50 % du nucléaire. On a préféré miser sur des renouvelables intermittents, chers et importés en grande partie (panneaux solaires chinois, éoliennes allemandes).

On a aligné notre politique sur Bruxelles et Berlin plutôt que sur nos intérêts.

Résultat : même si le nucléaire remonte légèrement en 2025-2026 grâce à un réveil tardif, la dépendance aux importations de gaz et de pétrole s’est creusée. Et quand les marchés mondiaux s’affolent, la facture explose. 

Cette vulnérabilité n’est pas une fatalité géologique. Elle est idéologique. Refuser le gaz russe, voisin fiable et bon marché via pipelines, pour le remplacer par du GNL américain ou qatari, plus cher, plus polluant (transport maritime) et plus volatile : voilà la « folie » assumée depuis 2022. Avant le conflit ukrainien, la Russie fournissait 45 % du gaz européen. En 2025, moins de 13 %, et le pétrole russe est tombé sous les 3 %. On a coupé les ponts pour « punir » Moscou. On s’est surtout puni nous-mêmes. Le détroit d’Ormuz bloque partiellement ? Le Qatar voit ses installations touchées ? Le prix du gaz flambe de 35 % en quelques jours. Et la France, amputée de sa souveraineté, subit. C’est de la haute trahison. Trahison envers les générations qui ont bâti ce parc nucléaire. Trahison envers les Français qui paient aujourd’hui le prix de cette idéologie. 

L’appauvrissement quotidien des Français

Car l’appauvrissement est massif et quotidien. Une hausse de 10 dollars du baril représente environ 100 euros de dépenses énergétiques supplémentaires par an et par ménage. Avec les 20-30 centimes de plus au litre observés depuis février, un salarié moyen qui parcourt 30-50 km par jour perd plusieurs dizaines d’euros par mois. Multipliez par des millions de ménages : c’est des milliards qui sortent des poches des Français pour aller… où ? Dans les caisses de l’État via la TVA qui s’applique sur le prix total.

L’État s’enrichit mécaniquement sur la crise qu’il a contribué à créer.

Pendant ce temps, les boucliers tarifaires sont rognés, les aides ciblées tardent, et la précarité énergétique touche des millions de foyers : et l’on nous dira encore que c’est… la crise !

Guerres étrangères : nous n’y sommes pas impliqués

Mais l’idéologie ne s’arrête pas à l’énergie. Elle s’étend à la géopolitique. La guerre en Ukraine ? Nous n’y étions pas impliqués militairement. Pourtant, nous avons choisi les sanctions maximales, l’envoi d’armes, l’accueil de réfugiés sans limite. Idem pour les tensions au Moyen-Orient et les escalades impliquant l’Iran. Ces conflits ne menacent pas directement nos frontières. Ils ne justifient pas que nous sacrifiions notre économie. Mais « il fallait être solidaires », « défendre la démocratie », « punir l’agresseur ». Résultat : inflation énergétique, perturbation des chaînes d’approvisionnement, et maintenant une nouvelle flambée des prix. Les Français n’ont rien demandé de tout cela. Ils voulaient simplement pouvoir se chauffer, rouler, travailler. 

L’argent public détourné vers l’armement

Et pendant que les ménages s’appauvrissent, où va l’argent public ? Dans l’armement. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record historique en 2024 : 2.718 milliards de dollars, en hausse de 9,4 %. La France n’est pas en reste. Son budget défense a doublé en dix ans pour atteindre 57 milliards d’euros en 2026, avec une hausse supplémentaire de 6,7 milliards cette année. Loi de programmation militaire oblige : on commande des canons César, des missiles, des blindés, des sous-marins. On livre à l’Ukraine, on vend à l’Arabie saoudite. Les conglomérats militaro-industriels (Lockheed, MBDA, etc.) voient leurs carnets de commandes déborder. Les actionnaires se frottent les mains. 

Pendant ce temps, les services publics craquent : hôpitaux en sous-effectif, écoles délabrées, routes non entretenues. L’argent qui pourrait servir à relancer le nucléaire, à isoler les logements, à baisser les taxes sur l’énergie, part en munitions et en drones.

C’est le choix assumé des gouvernements : prioriser la guerre, l’OTAN, l’alignement atlantiste plutôt que le bien-être du peuple.

Les classes laborieuses deviennent la variable d’ajustement. Elles paient l’inflation, les taxes, la précarité. Et quand elles protestent, on les traite de « populistes » ou de « complotistes ». 

Des chiffres qui accusent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 87 % des entreprises françaises disent voir leurs marges impactées par la crise énergétique. 28 % se sentent en danger d’existence. 77 % des Français se disent pessimistes pour 2026. Le moral est au plus bas, le pouvoir d’achat fond comme neige au soleil. Et pendant ce temps, les élites pantouflent, les think-tanks idéologiques pondent des rapports sur la « transition juste », et les médias mainstream expliquent que « c’est compliqué ». Non, ce n’est pas compliqué. C’est une trahison claire et organisée. 

Une trahison historique et organisée

Successivement, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, les gouvernements ont choisi l’idéologie contre le pragmatisme. L’Europe d’abord, le climat d’abord, les valeurs d’abord… et la France en dernier. Ils ont sacrifié l’autonomie énergétique sur l’autel du Green Deal. Ils ont sacrifié la neutralité sur l’autel de l’atlantisme. Ils ont sacrifié le pouvoir d’achat sur l’autel de la « solidarité internationale ».

Le peuple n’est plus souverain : il est le dindon de la farce. 

Il est temps de reprendre le contrôle

Il est temps de dire stop. La crise n’est pas une fatalité. Elle est le produit d’un choix politique.

Reprenons le contrôle. Exigeons une politique énergétique souveraine : relance massive du nucléaire, diversification pragmatique des approvisionnements (y compris avec des voisins stables), fin des sanctions suicidaires. Exigeons que l’argent public serve d’abord les Français : baisse des taxes sur l’énergie, investissements dans l’industrie et l’agriculture, et non dans des aventures militaires lointaines. Exigeons que nos dirigeants travaillent pour le peuple, pas pour des idéaux abstraits ou des alliances qui nous ruinent. 

Les Français ne sont pas des sacrifiés consentants. Ils sont un grand peuple, capable de résilience et de lucidité. L’heure du réveil a sonné. Refusons la crise par procuration. Refusons l’appauvrissement idéologique.

Reprenons notre destin en main. Avant qu’il ne soit trop tard. 

https://multipol360.com/les-francais-sacrifies-sur-lautel-de-lideologie-lappauvrissement-par-procuration/

 


B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

« Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller » (Nietzche). Il suffit de remplacer le mot hommes par femmes et vous avez le portrait vérité de la nouvelle présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), Anne-Claire Legendre, ex-conseiller pour l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de Sa Majesté, Jupiter 1er. Un mois après avoir succédé à l’indéboulonnable Jack Lang, l’intrigante quadragénaire à la Carrière déjà bien remplie, étale sa science comme de la confiture mais aussi son avantageux minois dans une pleine page du Monde[1]. Elle livre ses confidences à une certaine Roxana Azimi. Cela reste entre Dames de bonne compagnie et cela relève de la fameuse diplomatie féministe. C’est mieux ainsi. C’est plus convenable, dirait-on dans le langage compassé du vieux Quai d’Orsay ! Mais, que retenir de quatre colonnes de texte venant surtout mettre en valeur la photo de la Star du Macron Circus ? Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste d’Anne-Claire Legendre mais, aussi et surtout, un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor préféré.

Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste 

Cet entretien de haut vol nous est présenté par Le Monde comme la « feuille de route de la diplomate arabisante » qui succède à Jack Lang, démissionnaire involontaire de l’IMA. On l’aura compris, c’est du sérieux.

Il débute très fort. Anne-Claire Legendre nous explique comment l’Institut accorde une place à la guerre actuelle en Iran. « Par des tables rondes qui apporteront une vision historique et académique dans le cadre d’un débat apaisé donnant une place aux sociétés civiles ». Il fallait y penser. Et, elle poursuit sur sa lancée par un charabia incompréhensible pour le commun des mortels. Notre diplomate déclare qu’elle est à la recherche d’un « vrai enjeu de marque pour l’Institut » pour clarifier son rôle ! Elle y travaille avec les équipes pour « rendre plus lisibles à la fois la mission, les valeurs, la programmation, pour revoir la charte graphique et la signalétique ». C’est du costaud.

Elle rajoute, qu’en dehors d’être un centre d’apprentissage de l’arabe, le bidule est « aussi un lieu dévolu aux échanges d’ordre géopolitique et diplomatique s’adressant à un public français, tout en favorisant le rapprochement des points de vue entre les pays concernés ». Mazette ! Vaste programme, comme aurait dit le général de Gaulle. Nous voici pleinement rassurés tant l’IMA possède désormais une boussole claire et un cap pérenne. Nos centres de recherche sur les relations internationales doivent se le tenir pour dit.

Notre passionaria devient plus évasive et plus floue lorsqu’elle aborde la question de la dette actuelle des pays arabes envers l’Institut. Rappelons qu’ils sont censés contribuer à hauteur de 40% du budget mais ne le font pas. Mais Zorro est arrivé et nous livre sa recette miracle pour combler le trou, nous qui avons les poches vides et eux qui ont les poches pleines : « Il n’y a plus vraiment de versement de subventions régulières, mais un fonds de dotation a été créé pour recueillir les arriérés des pays arabes, et il existe des subventions par projet. Mais on voit que la demande des pays a évolué. On doit être dans une logique de coconstruction de coproduction … ». Élémentaire, mon cher Watson. La vieille ficelle du jeu de bonneteau pour dissimuler le gouffre financier que représente l’IMA pour un pays qui n’en a pas besoin compte tenu de sa situation budgétaire catastrophique[2].

Pour conclure son morceau de bravoure et d’exercice d’autosatisfaction, Anne-Claire Legendre nous explique qu’elle est/elle s’est investie d’une mission quais-divine : « C’est une priorité. Nous avons un rôle central dans la construction et le renforcement de la cohésion nationale, parce que nous sommes une institution culturelle républicaine qui peut apporter un éclairage sur la culture arabe, la langue arabe, mais aussi le fait religieux. En langue, on constate une énorme demande, qui n’est pas traité de manière suffisante par l’éducation nationale car il n’y a pas assez de professeurs agrées ». Diantre. Il nous semblait, mais nous devons avoir un trou de mémoire, que « La langue de la République est le français » et que cette disposition faisait partie de ce que l’on qualifie de « bloc de constitutionnalité »[3]. Apprenons déjà à nos chères têtes blondes à parler et à écrive convenablement la langue de Molière avant de nous soucier de l’apprentissage des langues étrangères ! Laissons ce soin à d’autres qui s’en chargent parfaitement. Il nous semblait que le rôle de tout diplomate français, comme du Chef de l’État[4], qui se respectait était de promouvoir l’apprentissage de la langue française. N’existe-t-il pas une Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sise à Paris ainsi qu’une Cité internationale de la langue française sise à Villers-Côtterets dans l’Aisne, Cité inaugurée en grandes pompes par Emmanuel Macron en son temps ? 

Où y a d’la gêne, y a pas de plaisir !

Un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor 

Après avoir lu et relu plusieurs fois le madrigal de la nouvelle présidente de l’IMA, le lecteur reste sur sa faim tant la confusion semble être sa ligne directrice. Elle se paie de mots pour soigner les maux de l’Institut, sorte de bateau ivre dont le capitaine, encore récemment renouvelé par Jupiter dans son mandat, devrait rendre des comptes et rendre gorge. Un classique de la Macronie et de son en même temps. Vidons les caisses et embrassons-nous Folleville ! Telle est sa devise.

La Dame est une experte en brosse à reluire. Et elle s’y connait. Un petit couplet sur Kim Jong Macron est toujours le bienvenu et ne peut pas faire de mal par ces temps difficiles : « La guerre actuelle change aussi le regard qu’on porte sur ces pays et qu’ils portent sur nous. La France est connue pour sa position particulière dans la région. Cette position d’allié fiable est d’autant plus appréciée à un moment où l’on observe, dans la région, une diversification des partenariats ainsi qu’une défiance envers l’alliance exclusive avec les États-Unis. Par ailleurs, il n’a pas échappé aux pays arabes que la France est la première puissance touristique au monde, dont ils sont eux-mêmes friands ». Cela ressemble étrangement à des éléments de langage (EDL) tout droit venus du Château pour justifier une injustifiable diplomatie de gribouille dans l’actuel conflit qui secoue la zone. Cela tombe bien. Elle en vient du Château où elle officiait, il y a peu encore, aux côtés de l’ineffable, Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique peu diplomatique[5]. Tout ceci est pathétique pour ne pas dire risible si le sujet n’était pas sérieux. Nous sommes dans l’entre-soi dans ce qu’il a de plus détestable pour les authentiques grands serviteurs de l’État. Et, il n’en existe encore mais ils préfèrent se terrer dans un mutisme assourdissant.

Notre nouvelle Diva du monde arabe ne doute de rien et n’oublie pas qui l’a installée à la tête de ce machin dont le contribuable français peine à comprendre l’utilité marginale au regard de son coût exorbitant. Anne-Claire Legendre à la tête de l’IMA, ce n’est pas le Pérou. En définitive, son madrigal médiatique n’est qu’un vulgaire bibelot d’inanité sonore. Pouvait-il en être autrement pour cette magnifique blonde à l’échine souple et au verbe haut qui fait partie du dernier train de recasage des copains et des coquins de la République qui n’en peut mais ?[6]

L’insoutenable légèreté de l’être 

« De tous les vices, la vanité est décidément le plus ridicule ! » (Marcel Pagnol). Assurément, la nouvelle présidente de l’IMA n’a pas été oubliée le jour de la distribution … en vanité. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a été gâtée tel une enfant gâtée. « Vanitas, vanitatum et omnia vanitas » (Vanité des vanités et tout est vanité ». Comme cela ne fait plus mystère dans les milieux bien informés, narcissisme et opportunisme sont les deux mamelles de la cloporte jupitérienne. La pétulante Anne-Claire Legendre ne fait pas exception à la règle. Son entretien au quotidien de référence constitue un morceau de bravoure qui mériterait de prendre place dans le sottisier du Quai d’Orsay. La péronnelle n’a pas le moindre complexe, tout au long de cet entretien, tant elle fonctionne au tout à l’égo comme son roi qui l’a fait reine. Pas plus que le doute, l’humilité – qualité qui honore les authentiques diplomates – ne l’habite tant elle est sûre de son fait. Le Monde, qui se décrit comme producteur d’information fiable, lui sert la soupe qui n’est qu’un infâme brouet. En dernière analyse, force est de constater que la Macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide.

Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques

 https://lediplomate.media/tribune-macrongirl-ima-brille-firmament-vide/

[1] Roxana Azimi (propos recueillis par), Anne-Claire Legendre, « L’IMA peut offrir un débat apaisé », Le Monde, 20 mars 2026, p. 20.

[2] Jean Daspry, Jeter l’argent par les fenêtres ou la diplomatie des largesses !www.lediplomate.media , 31 janvier 2026.

[3] Article 2, Titre premier – DE LA SOUVERAINETÉ, Constitution française du 4 octobre 1958, https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

[4] Victoire Riquetti, « France is wild » : quand l’Élysée met en scène sa force régalienne (en anglais …)www.bvoltaire.fr , 20 mars 2026.

[5] Jean Daspry, Emmanuel Bonne à Moscou : de la diplomatie pathétiquewww.lediplomate.media, 15 février 2026.

[6] Jean Daspry, De la République des copains : 1,2, 3 …www.lediplomate.media , 24 février 2026.

 

 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

Il est des moments où le traitement médiatique d’une affaire en dit davantage que les faits eux-mêmes. Ce qui entoure aujourd’hui la trajectoire de Boualem Sansal relève de cette catégorie – un cas révélateur des ambiguïtés, des prudences et, parfois, des renoncements qui traversent nos institutions culturelles et politiques.

À lire Libération, on croirait assister à une reconstitution fidèle d’une séquence complexe. Mais très vite, une impression domine, celle d’un récit orienté, qui épouse avec une troublante complaisance les lignes de défense élaborées par Gallimard. Loin d’éclairer, ce récit semble d’abord chercher à atténuer, à lisser, à rendre acceptables des choix qui mériteraient pourtant d’être interrogés avec rigueur.

Car il ne s’agit pas ici d’un simple différend éditorial. Il s’agit d’un écrivain dont la parole dérange, dont la liberté engage, et dont le sort a manifestement été appréhendé à l’aune de considérations qui le dépassent. Dans cette affaire, la retenue affichée par Élysée comme par le Quai d’Orsay ne peut être comprise sans être mise en relation avec une constante de la diplomatie française : la volonté de ne pas heurter le pouvoir algérien.

Ce choix, qui peut relever d’une logique d’État, n’est pas en soi illégitime. Mais il devient problématique lorsqu’il conduit à reléguer au second plan la défense d’un écrivain menacé ou fragilisé. Il devient plus problématique encore lorsqu’il s’accompagne d’une forme de silence, voire d’effacement, au moment même où une parole claire serait attendue.

C’est ici que le rôle des médias devrait être décisif. Non pour amplifier des éléments de langage, mais pour introduire de la distance, de la contradiction, de la complexité. Or, en reprenant une narration qui inverse subtilement les responsabilités et recompose les rôles, Libération manque précisément cette exigence. Le journal ne se contente pas de relayer une version, il contribue à installer une grille de lecture qui tend à exonérer les acteurs dominants et à déplacer le centre de gravité du débat.

Face à ces prudences croisées, un fait demeure, difficilement contestable : sans l’engagement persévérant du Comité de soutien à Boualem Sansal, cette affaire serait probablement restée confinée dans les marges. C’est cette mobilisation, extérieure aux circuits institutionnels, qui a permis de maintenir la question ouverte, d’empêcher son étouffement discret, et, finalement, d’obtenir des avancées tangibles.

Il faut le dire clairement : ce sont ces voix indépendantes, obstinées, parfois marginalisées, qui ont assumé ce que d’autres n’ont pas voulu faire. Là où les institutions ont hésité, temporisé, ou contourné, le Comité de soutien a nommé, alerté, insisté. Là où certains ont cherché à relativiser, il a rappelé l’essentiel : la liberté d’un écrivain ne se négocie pas.

Dès lors, vouloir aujourd’hui recomposer le récit, redistribuer les rôles ou atténuer les responsabilités revient à prolonger ce qui a précisément fait défaut au départ : le courage de dire les choses telles qu’elles sont. Or il ne peut y avoir de démocratie vivante sans cette exigence de vérité.

Car au fond, la question est simple : qui, dans cette affaire, a été fidèle à l’idée même de liberté intellectuelle ? Ceux qui ont calculé, attendu, aménagé ? Ou ceux qui ont, sans relâche, défendu Boualem Sansal pour ce qu’il est — un écrivain libre, dont la parole mérite d’être protégée sans condition ?

La réponse, cette fois, ne devrait plus être incertaine.

Kamel Bencheikh
 
Kamel Bencheikh est un écrivain et intellectuel franco-algérien dont le parcours mêle engagement, réflexion politique et passion pour la langue française. Après une vingtaine d’années en Algérie, puis un long ancrage en France, il s’est imposé comme une voix universaliste, attachée à la laïcité, à l’émancipation individuelle et à l’exigence républicaine. Auteur entre autres de L’Islamisme ou la crucifixion de l’Occident (éditions Frantz Fanon), chroniqueur dans divers médias et passeur d’idées, il s’intéresse tout particulièrement aux questions d’intégration, de citoyenneté et de liberté de conscience. Son œuvre, comme ses prises de position publiques, reflète une volonté constante : relier plutôt qu’opposer, éclairer plutôt qu’enflammer, et défendre une vision humaniste de la France contemporaine.

 


 

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ? 

Une flambée des prix qui pèse lourd sur le budget des Français

Depuis fin février 2026, les cours du pétrole ont connu une flambée spectaculaire, avec le Brent dépassant les 110 dollars le baril à plusieurs reprises et frôlant les 120 dollars au pic.

En Europe, cela s’est traduit par une hausse de 40 % des prix à la pompe en quelques semaines : le diesel a régulièrement franchi la barre des 2 euros le litre, l’essence SP95-E10 oscillant entre 1,80 et 2 euros selon les régions.

Pour une famille française moyenne parcourant 15.000 km par an, l’addition supplémentaire atteint entre 1.200 et 1.800 euros annuels. Les réunions de crise se multiplient à Bruxelles, à Matignon et dans les capitales européennes, tandis que les citoyens se voient exhorter à télétravailler, à rouler moins et à voler moins. Pourtant, à peine quelques heures après ces appels à la sobriété, les prix ont chuté de 15 % en une séance le 31 mars, puis repassé sous les 103 dollars pour le Brent ce 1er avril.

Coïncidence ? Ou manipulation de marché orchestrée par des acteurs qui profitent de la volatilité ? 

Une chose est sûre : une fois de plus, c’est le peuple qui paie l’addition, au sens propre comme au figuré.

Le blocage d’Ormuz : une crise plus spéculative que physique pour l’Europe

Le déclencheur officiel de cette crise est bien réel : le blocage partiel du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui représente 20 % du commerce pétrolier mondial. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, environ 11 à 20 millions de barils par jour ont été perturbés. Pourtant, pour l’Union européenne, la dépendance directe à cette route est minime.

L’UE importe moins de 0,01 % de son pétrole d’Iran depuis l’embargo de 2012.

Ses principaux fournisseurs restent les États-Unis (15 %), la Norvège (14 %), le Kazakhstan (13 %), la Libye, l’Arabie saoudite, le Nigeria et l’Irak. Le brut arrive majoritairement via l’Atlantique ou des pipelines terrestres. Aucune pénurie physique massive ne menace donc le Vieux Continent

Les hausses observées relèvent davantage d’une spéculation mondiale sur les prix spot que d’une rupture d’approvisionnement directe.

Les majors américaines, Exxon en tête, y trouvent leur compte, tout comme le maintien du système du pétrodollar. Pendant ce temps, les consommateurs européens subissent les conséquences d’un marché mondialisé et volatil.

Réunions de crise à Bruxelles : la sobriété imposée aux citoyens

Face à cette tension, les institutions européennes ont multiplié les sommets d’urgence. Le 19-20 mars à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement ont débattu d’une réponse coordonnée. La Commission, par la voix du commissaire à l’Énergie Dan Jørgensen, a plaidé pour une réduction immédiate de la demande. Le message est clair : « Même si la paix est établie demain, nous ne reviendrons pas à la normale. » Le 31 mars, une visioconférence des ministres de l’Énergie a entériné cette ligne : sobriété obligatoire, mesures de crise réactivées. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a même publié un rapport le 20 mars listant dix mesures concrètes pour baisser la consommation de pétrole, ciblant principalement le transport (45 % de la demande mondiale). Parmi elles : télétravailler autant que possible ; réduire les limitations de vitesse d’au moins 10 km/h sur autoroutes ; encourager massivement les transports publics ; instaurer une circulation alternée dans les grandes villes ; développer le covoiturage et les pratiques de conduite éco-responsable ; optimiser les livraisons et l’efficacité des véhicules commerciaux ; détourner le GPL vers d’autres usages ; réduire les voyages aériens non essentiels ; passer à d’autres solutions de cuisson (électrique) ; et adapter les procédés industriels.

Ces recommandations, présentées comme « rapides et concrètes », ressemblent étrangement à un semi-confinement volontaire.

Elles reprennent presque à l’identique les restrictions de mobilité imposées pendant la crise sanitaire du COVID 19 de 2020. Le but affiché ? Protéger les consommateurs et préserver les stocks pour les usages essentiels. La réalité ? Faire porter le poids de la crise sur le quotidien des citoyens ordinaires.

Une vulnérabilité énergétique choisie par idéologie

Cette approche n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une logique plus large : celle d’une transition énergétique accélérée, souvent présentée comme inéluctable et vertueuse. Pourtant, de nombreux Français y voient une arnaque idéologique. Pourquoi ? Parce que la vulnérabilité actuelle est largement auto-infligée. Depuis 2022, l’UE a choisi d’embargoer massivement le pétrole et le gaz russes, passant de 45 % de dépendance au gaz russe à moins de 3 % en 2025. Les contrats nouveaux sont interdits depuis janvier 2026, avec une sortie totale programmée fin 2027 via le plan REPowerEU. À la place, on a importé du GNL américain, qatari ou norvégien, plus cher à transporter et bien plus sensible aux chocs géopolitiques. On a aussi poursuivi la sortie du nucléaire dans plusieurs pays, dont l’Allemagne qui a fermé ses dernières centrales en 2023. Résultat : un système énergétique fragile, incapable d’absorber les renouvelables déjà installés (120 GW de projets « verts » risquent d’être abandonnés faute de réseau adapté). 26 des 27 États membres font l’objet de procédures pour non-respect des règles du marché de l’électricité. L’idéologie a remplacé le pragmatisme :

on a sacrifié une énergie stable, bon marché et proche géographiquement au nom de principes géopolitiques.

Aujourd’hui, face à un choc au Moyen-Orient, on n’a plus de marge de manœuvre. Et plutôt que de corriger le tir, on impose encore aux citoyens de « faire des efforts » : moins rouler, moins voler, moins chauffer. Le tout en accélérant la transition vers des énergies renouvelables dont l’empreinte écologique réelle (extraction de métaux rares pour les batteries, pollution des mines, dépendance à la Chine et son éloignement) est souvent passée sous silence. Les Français, confrontés à une inflation énergétique cumulée de plus de 10 % ces dernières années, ont bien compris l’arnaque : une écologie de façade qui masque un contrôle accru des modes de vie sans toucher aux vrais grands pollueurs (industries lourdes, commerce mondial par cargos).

La transition verte : arnaque ou outil de contrôle social ?

Cette crise sert manifestement d’alibi pour pousser plus loin un agenda de transformation sociétale. Des rapports internationaux, dans la lignée des réflexions du Club de Rome et du Forum économique mondial, appellent à une « économie circulaire », à la « ville en 15 minutes » où la voiture individuelle devient obsolète, aux quotas carbone individuels et à un marché de crédits d’émissions. Suppression progressive des vols non essentiels, interdiction de nouveaux aéroports, promotion du vélo et de la marche : tout y passe. Sous couvert de lutte contre le changement climatique, on impose un rationnement déguisé de la mobilité et de l’énergie. Les classes moyennes et modestes, déjà étranglées par la hausse des prix, paient le prix fort : moral en berne (77 % des Français pessimistes pour 2026), confiance politique au plus bas (22 %). Pendant ce temps, les entreprises subissent des hausses de coûts énergétiques de 73 % depuis 2020, avec 28 % d’entre elles en danger de survie. Loin d’être une réponse à une urgence climatique, cette stratégie ressemble à un outil de contrôle social.

Les mêmes qui nous ont imposé des confinements sanitaires nous imposent désormais des « confinements énergétiques ». Même instruction : restez chez vous. Différente excuse.

Cette stratégie va bien au-delà de la simple sobriété énergétique.

En réduisant drastiquement la mobilité des citoyens, elle constitue un formidable outil de contrôle social.

Moins de déplacements signifie moins de possibilités d’organiser des rassemblements, des manifestations ou des actions citoyennes d’envergure. Quand les Français passent plus de temps contraints à rester chez eux ou à limiter leurs trajets, la capacité de mobilisation collective s’affaiblit significativement. À cela s’ajoute la paupérisation accélérée : avec une facture énergétique qui explose, les classes moyennes et populaires ont moins d’argent disponible, ce qui les rend plus vulnérables et plus occupées à survivre qu’à contester les politiques en place. On assiste ainsi à une forme insidieuse de confinement énergétique qui, tout comme pendant la crise sanitaire, favorise la passivité et l’acceptation résignée des mesures imposées.

Cette crise peut également servir à accélérer l’imposition des voitures électriques. On nous martèle que si nous roulions tous à l’électrique, nous ne subirions pas cette flambée des prix à la pompe. Pourtant, ces véhicules prétendument « verts » sont faussement écologiques : extraction massive de métaux rares, pollution des batteries et dépendance totale à des pays lointains pour les composants, sans parler de leurs prix exorbitants inaccessibles pour une grande majorité des Français.

Le discours très attendu de Donald Trump cette nuit

Dans ce contexte, l’allocution de Donald Trump prévue cette nuit (1er avril 2026 à 21 heures locales, soit 3 heures du matin en France) est attendue avec impatience. Le président américain doit s’adresser à la nation pour donner « de nouvelles informations importantes sur l’Iran ». D’après ses déclarations récentes, il devrait réaffirmer que les États-Unis quitteront l’Iran « très bientôt », dans deux à trois semaines, indépendamment d’un accord formel. Il a déjà évoqué un « changement de régime » positif à Téhéran, des négociations en cours et le passage imminent de 20 pétroliers supplémentaires par Ormuz. Trump a même ironiquement rebaptisé le détroit « Strait of Trump » (détroit de Trump) lors d’un discours. Il devrait également critiquer ouvertement les alliés européens : « Allez chercher votre pétrole vous-mêmes dans le détroit d’Ormuz » ou achetez du brut américain. Ce discours America First risque fort de calmer les marchés plutôt que de les amplifier. Les prix ont déjà baissé ce mercredi après ses annonces préalables de désescalade. Une confirmation d’une sortie rapide des hostilités et d’une réouverture effective du détroit ferait chuter encore davantage les cours, soulageant temporairement les pompes.

Mais cela n’effacera pas les failles structurelles européennes.

Au contraire, cela mettra en lumière l’incapacité de l’UE à assurer sa souveraineté énergétique sans dépendre des États-Unis ou de la volatilité mondiale.

Le peuple, éternelle victime de l’addition

Au final, cette crise énergétique, réelle dans ses effets immédiats, révèle surtout les choix politiques désastreux des dernières années. Plutôt que de diversifier intelligemment et de préserver des sources fiables (nucléaire, gaz russe via pipelines), on a préféré l’idéologie verte. Résultat :

les citoyens paient deux fois. D’abord financièrement, à la pompe et dans leur facture globale. Ensuite, dans leur liberté : on leur demande de changer radicalement leurs habitudes sous prétexte de « sobriété ».

La chute rapide des prix ces derniers jours, coïncidant avec les signaux de détente, renforce le soupçon d’une manipulation spéculative. Demain, après le discours de Trump, les cours pourraient encore reculer. Mais l’UE, elle, continuera sur sa lancée : accélération de la transition, restrictions durables, et discours moralisateur sur la « responsabilité collective ». Les Français, lucides, ont déjà compris : cette « arnaque » ne sauvera pas la planète. Elle ne fera que renforcer le contrôle sur leur quotidien tout en enrichissant d’autres acteurs. Il est grand temps de revenir à une politique énergétique pragmatique, souveraine et au service du peuple. Sinon, l’addition risque d’être encore plus lourde demain.

https://multipol360.com/flambee-artificielle-du-petrole-crise-geopolitique-pretexte-vert-ou-nouvel-outil-de-controle-social/

 


E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

Depuis le, 30 mars 2026, la cour d’assises de Paris est le théâtre d’un procès hors norme. Vingt-deux personnes – dont quatre militaires de la DGSE (dont deux parachutistes du centre de Cercottes), trois policiers et plusieurs chefs d’entreprise – comparaissent pour meurtre, tentatives d’assassinat, violences aggravées et association de malfaiteurs. Le nom de cette affaire ?

Athanor, une loge maçonnique de Puteaux (Hauts-de-Seine), dissoute en 2021, qui a muté en véritable officine de tueurs à gages.

L’affaire éclate en juillet 2020. Deux jeunes agents de la DGSE, Carl Esnault et Pierre Bourdin, sont interpellés en embuscade devant le domicile d’une coach en entreprise, Marie-Hélène Dini. Ils sont armés, en Clio volée. Ils affirment avoir cru exécuter une mission officielle d’homicide (« homo » dans le jargon des services) : éliminer une espionne du Mossad. Mensonge. Il s’agissait d’un contrat privé, commandité pour des raisons bassement professionnelles. Le commanditaire ? Jean-Luc Bagur, vénérable maître de la loge Athanor, rival de Dini dans le secteur du coaching.

L’instruction a révélé bien pire : une cellule criminelle au sein de la loge qui négociait des contrats d’assassinat pour 20.000 à 50.000 euros.

Agressions, incendies, passages à tabac, espionnage industriel… et un meurtre avéré, celui du pilote automobile Laurent Pasquali en 2019. Tout cela pour des motifs souvent dérisoires : concurrence économique, rancunes personnelles. Des profils « insérés » – agents de renseignement, policiers, entrepreneurs – ont basculé dans le crime organisé sous couvert maçonnique.

Le pouvoir politique au centre du scandale

Nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme en juin 2025 (voir ici). Il ne s’agit pas d’une simple dérive de « francs-maçons barbouzes ».

La loge Athanor met en lumière les prérogatives exorbitantes que s’arrogent les élites politiques et leurs réseaux.

Des ministres emblématiques du quinquennat Macron sont cités comme membres ou proches de la franc-maçonnerie : Gérard Collomb (ancien ministre de l’Intérieur), Jean-Yves Le Drian (ministre des Affaires étrangères), Vincent Peillon ou encore Jean-Michel Baylet. L’opacité de ces réseaux, qui comptent 160.000 à 180.000 membres en France (GODF, GLDF, GLNF), permet une cooptation discrète aux plus hauts niveaux de l’État.

Un détail encore plus grave : une vingt-troisième personne, ancien agent de la DGSE, est accusée de trahison pour avoir transmis des informations confidentielles à une puissance étrangère. Le Mossad est régulièrement évoqué dans les récits, même si la justice parle plus sobrement de « puissance étrangère ». Deux militaires de la DGSE ont été manipulés en leur faisant croire à une opération d’État. Qui, dans l’appareil, a laissé de tels profils opérer en toute impunité ?

Une élite qui s’octroie le droit de vie et de mort

Comme nous le soulignions avec une lucidité glaçante : 

« Cette affaire illustre une mentalité selon laquelle certains acteurs politiques et leurs alliés se considèrent au-dessus des lois. Le droit de vie et de mort, historiquement réservé aux souverains absolus, semble avoir été revendiqué par des individus au sein de ces réseaux. »

Pendant que Macron multiplie les postures martiales sur la scène internationale, qu’il renforce la « dissuasion avancée » et les budgets militaires, une loge maçonnique transformée en réseau de tueurs à gages militaires prospérait à deux pas de Paris.

Des agents de l’État, formés pour défendre la nation, ont été instrumentalisés pour des vendettas privées.

L’État de droit ? Une façade. Les réseaux occultes, eux, fonctionnent à plein régime.

Le procès, qui doit durer jusqu’au 17 juillet, risque de durer trois mois et demi de révélations embarrassantes. Pourtant, on sent déjà le silence médiatique et politique s’installer. Aucune commission d’enquête parlementaire sérieuse. Aucune interpellation au gouvernement. Le Parlement, comme toujours, reste muet face à l’hégémonie des réseaux qui traversent tous les partis.

Les risques énormes pour les populations

Ce scandale n’est pas anecdotique. Il révèle un cancer démocratique : des élites qui se croient intouchables, protégées par le secret maçonnique et les complicités institutionnelles. Quand des militaires d’élite peuvent être retournés pour 20.000 euros, quand des policiers couvrent des contrats d’assassinat, c’est toute la confiance dans l’appareil d’État qui s’effondre.

Les Français, déjà exsangues par l’inflation, le choc énergétique et les guerres par procuration, vont découvrir que leurs dirigeants ne se contentent pas de jouer avec le feu à l’étranger. Ils tolèrent – ou protègent – des réseaux criminels au sein même des services de renseignement. Les tensions sociales qui couvent (pouvoir d’achat en berne, sentiment d’abandon) vont s’aggraver quand la population comprendra que l’État n’est plus neutre, mais capturé par des cercles opaques.

Candace Owens, qui avait pointé du doigt ces « bérets rouges » et les liens supposés avec le Mossad, avait-elle raison ? Le procès Athanor apporte des éléments troublants. Peu importe les dénégations officielles : le voile est levé. Une loge maçonnique est devenue une officine du crime. Et le pouvoir politique, au lieu de la démanteler depuis longtemps, a laissé faire.

L’heure de la transparence a sonné. Si rien n’est fait, ces dérives ne feront qu’empirer. Les populations paieront, encore une fois, le prix de l’arrogance et de l’incompétence d’une caste qui se croit au-dessus des lois.

https://multipol360.com/le-scandale-qui-revele-le-visage-criminel-des-reseaux-maconniques-au-coeur-du-pouvoir/

 

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