janvier 20, 2026

Turbulences politiques en France et en UK ! Enquête de Gallup/France

La crise politique en France ébranle la confiance dans les institutions
La dernière enquête de Gallup sur la France montre comment cette année de turbulences politiques a ébranlé la confiance dans les institutions. Aucun autre pays de l’UE n’a connu une plus grande baisse de confiance envers le gouvernement, la justice, les banques et l’honnêteté des élections que la France.
Beaucoup plus de personnes disent qu’elles aimeraient quitter définitivement le pays si elles en avaient l’opportunité, ceux qui manquent de confiance dans les institutions nationales étant bien plus susceptibles de vouloir migrer.
Et un grand merci à la brillante Sive Gaudy pour sa première signature !
https://lnkd.in/g72jpW8H


 La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants chutent ; l'envie de quitter le pays explose Dans le contexte politique turbulent qui règne en France, la confiance du public dans ses institutions s'érode et de plus en plus de personnes envisagent de partir. Le pourcentage de personnes souhaitant quitter le pays a plus que doublé au cours de l'année écoulée. 
 
Après des années de relative stabilité, la confiance dans le gouvernement national a chuté de 13 points de pourcentage pour atteindre 29 % en 2025, tandis que la confiance dans l'intégrité des élections a reculé d'autant, à 51 %. La confiance dans le système judiciaire a perdu neuf points, à 50 %, et la confiance dans les institutions financières a baissé de huit points, à 42 %, inversant ainsi des années de progression constante. Aucun autre pays de l'Union européenne n'a connu une baisse moyenne de confiance aussi importante envers ces quatre institutions en 2025 que la France. 
 

 
 
Cette forte perte de confiance dans les institutions françaises survient dans un contexte de bouleversements politiques majeurs. Depuis fin 2024, le président Emmanuel Macron a vu se succéder plusieurs Premiers ministres, chacun peinant à gouverner sans majorité parlementaire. Les propositions budgétaires ont systématiquement déclenché des motions de censure. La frustration populaire envers la classe politique et les coupes budgétaires envisagées a dégénéré en manifestations de rue – notamment lors du sondage Gallup de septembre, avec les plus importantes manifestations syndicales en France depuis la réforme des retraites de 2023. 
 
La cote de popularité de Macron chute à un niveau historiquement bas 
 
 La cote de popularité personnelle de Macron a également chuté cette année, atteignant un niveau historiquement bas de 28 %. C’est moins de la moitié du niveau enregistré lors de sa première année de mandat, soit 61 % en 2017. Malgré ce déclin significatif, la cote de popularité de Macron reste légèrement supérieure à celle de son prédécesseur, François Hollande, qui a terminé son mandat avec 19 % d’opinions favorables. 
 
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 L’envie d’émigrer a plus que doublé 
 
 Dans un contexte de turbulences politiques, de plus en plus de personnes souhaitent quitter la France. Cette année, 27 % des adultes français déclarent souhaiter s'installer définitivement à l'étranger si l'occasion se présentait, soit plus du double du pourcentage enregistré l'an dernier (11 %). Bien que les données définitives du sondage mondial Gallup ne soient pas encore disponibles pour tous les pays en 2025, cette hausse de 16 points représente une progression annuelle relativement inédite à l'échelle mondiale depuis que Gallup a commencé à poser cette question en 2007. Parmi les adultes français qui souhaiteraient s'installer à l'étranger, les destinations les plus prisées sont le Canada (15 %), la Suisse (8 %), l'Espagne et l'Algérie (6 % chacune). 
 
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Le désir de quitter la France est étroitement lié à la confiance dans les institutions. Ceux qui expriment leur confiance en une seule ou aucune des cinq institutions nationales étudiées sont beaucoup plus susceptibles de déclarer qu'ils s'installeraient définitivement dans un autre pays si l'occasion se présentait (49 %), comparativement à ceux qui ont un niveau de confiance plus élevé dans les institutions nationales. 
 
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 Les inquiétudes liées à la corruption atteignent un niveau record depuis dix ans. 
 
Parallèlement à la baisse de la confiance dans les institutions nationales et à la diminution des taux d'approbation, la perception de la corruption a augmenté cette année. En 2025, 68 % des adultes français estiment que la corruption est généralisée au sein du gouvernement, soit une hausse de 13 points par rapport à l'année précédente. Si la perception de la corruption au sein du gouvernement par les Français est ancienne, le pourcentage actuel de ceux qui partagent cet avis égale le précédent record de 2015. 
 
 La perception de la corruption dans les entreprises françaises (53 %) a également progressé cette année, bien que dans une moindre mesure que celle de la corruption au sein du gouvernement. Cela suggère que le public perçoit la corruption en France comme nettement plus politique et répandue cette année que l'an dernier. 
 
 Cette augmentation au cours de l'année écoulée intervient dans un contexte de forte médiatisation de plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités politiques soupçonnées de corruption.
L'ancien président Nicolas Sarkozy a été condamné pour financement illégal de campagne, et Marine Le Pen a été interdite de se présenter à une fonction publique pour détournement de fonds européens. 
 
 Des préoccupations similaires se sont étendues au gouvernement actuel, où la ministre de la Culture, Rachida Dati, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ont chacun été mis en cause pour corruption ou visés par des plaintes dans des affaires distinctes, alimentant ainsi le débat public sur la responsabilité politique.  
 
Le pessimisme économique persiste 
 
 Le pessimisme économique reste profondément ancré en France, deuxième économie de la zone euro. En 2025, environ un adulte français sur cinq (21 %) estime que l'économie locale s'améliore, tandis que 67 % pensent qu'elle se détériore, un chiffre stable par rapport à 2024. 
 
Au cours de la dernière décennie, la France a figuré parmi les pays les plus pessimistes de l'OCDE quant à l'état de son économie. Depuis 2015, seule la Grèce affiche un pessimisme moyen plus marqué que la France parmi les pays de l'OCDE.
 
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Le mécontentement des Français envers leurs institutions, leurs dirigeants et leur économie reflète sans doute les défis économiques croissants auxquels le pays est confronté. La France affiche l'un des déficits les plus importants du monde développé, et ses dépenses publiques, en pourcentage du PIB, dépassent celles de toute autre économie avancée. 
 
Au cours de la dernière décennie, la productivité a fortement chuté, érodant les recettes fiscales et creusant encore davantage le déficit. Ces difficultés économiques ont alimenté l'instabilité politique récente, les échecs répétés à faire adopter des lois de finances contribuant à la fréquente instabilité des Premiers ministres. 
 
 En résumé 
 
L'année d'instabilité politique que traverse la France se reflète dans le moral de la population. La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants ont chuté, la perception de la corruption a augmenté et l'optimisme économique reste rare. De plus en plus de personnes déclarent vouloir quitter définitivement le pays si elles en avaient l'occasion, notamment celles qui n'ont plus confiance dans les institutions nationales. 
 
Malgré les difficultés répétées à former un gouvernement stable – avec trois Premiers ministres depuis le sondage Gallup de 2024 – Emmanuel Macron continue de faire face aux pressions internes. Son mandat présidentiel s'achève en mai 2027. Son successeur aura pour mission de regagner la confiance du public, érodée vers la fin de son mandat. 
 
 

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Pour connaître la méthodologie complète et les dates précises des enquêtes, veuillez consulter les détails de l'ensemble de données par pays de Gallup. Apprenez-en davantage sur le fonctionnement du sondage mondial Gallup.
 
 

L’instabilité chronique du gouvernement Macron 

Un faux gaulliste qui devrait démissionner

Le 20 janvier 2026, lors des débats sur le budget à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a une nouvelle fois dégainé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote la première partie du budget 2026.

 


 

Cette décision, prise « avec regret et amertume », illustre parfaitement l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement Macron, minoritaire et contraint de forcer le passage pour survivre.

Mais au-delà de cette manœuvre constitutionnelle, c’est toute la présidence d’Emmanuel Macron qui est mise en accusation : un dirigeant qui se prétend gaulliste mais qui, par son entêtement, alimente une instabilité politique inédite. Il est temps qu’il démissionne, dans un véritable geste gaullien, pour redonner la parole au peuple et sortir la France de cette paralysie.

Un budget passé en force : symbole d’un pouvoir faible

Le recours au 49.3 n’est pas une nouveauté sous Macron, mais il devient un rituel qui masque l’absence de majorité stable. Lecornu, fidèle macroniste, avait promis d’abandonner cet outil pour privilégier le dialogue, mais face à l’opposition unie de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), qui ont annoncé des motions de censure, il a capitulé. Ce « semi-succès, semi-échec », comme il l’admet lui-même, n’est que le énième épisode d’une crise qui s’éternise depuis les législatives de 2024, où aucun bloc n’a obtenu de majorité absolue. La France entame 2026 sans budget stable, avec un déficit contenu à 5% du PIB sur le papier, mais au prix d’une instabilité qui pèse sur l’économie et les citoyens.

Cette situation n’est pas un accident : elle découle directement des choix de Macron, qui a dissous l’Assemblée en 2024, menant à un tripartisme paralysant entre gauche, centre et extrême droite.

À Davos, le président tente de se poser en défenseur du droit international face à Donald Trump, mais chez lui, il bafoue l’esprit parlementaire en recourant systématiquement au 49.3, un outil conçu pour l’exception et non pour la routine. Les Français, préoccupés par cette instabilité, méritent mieux qu’un exécutif qui survit par des artifices constitutionnels.

Macron, le « Gaulliste » qui refuse le geste gaullien

Emmanuel Macron se plaît à se draper dans l’héritage gaulliste, mais ses actes le trahissent. En 2025, après la chute de gouvernements successifs comme ceux de Bayrou ou Lecornu, des voix même au sein de la droite, comme Jean-François Copé, l’ont appelé à un « geste gaullien » : démissionner pour programmer une élection présidentielle anticipée. Copé, maire de Meaux, a insisté : « Emmanuel Macron doit avoir un geste gaullien et programmer sa démission. » Un écho au départ du général de Gaulle en 1969 après un référendum perdu, pour préserver les institutions.

Pourtant, Macron s’accroche, balayant les appels à la démission issus de tous bords – RN, LFI, et même certains alliés comme Édouard Philippe. « Je ne quitterai pas l’Élysée avant la fin de mon mandat », répète-t-il, préférant une « année utile » en 2026 marquée par des « grands chantiers » illusoires.

Cette obstination n’est pas gaulliste ; elle est macroniste : un mélange d’arrogance et de déni qui transforme la Ve République en un régime dysfonctionnel.

En refusant de partir, Macron fragilise les institutions qu’il prétend défendre, alimentant une crise démocratique inédite.

Le collaborationisme des socialistes, verts et républicains : priorité aux postes

Pire encore, cette instabilité est prolongée par le collaborationisme opportuniste de partis comme les socialistes (PS), les Verts (Écologistes) et Les Républicains (LR), qui ne pensent qu’à conserver leurs postes et privilèges. Après les législatives de 2024, Macron s’est tourné vers les socialistes pour élargir sa base, reconnaissant implicitement leur rôle dans un « socle commun » pour survivre. Olivier Faure, patron du PS, s’en est félicité, voyant dans cette ouverture une reconnaissance que le PS « était capable de porter un nouvel espoir ».

Mais ce n’est que du calcul : les socialistes, affaiblis, préfèrent des alliances de circonstance avec Macron plutôt que de risquer une dissolution qui pourrait les balayer.

Les Verts, menés par Marine Tondelier, jouent le même jeu. Partie prenante du Nouveau Front populaire en 2024, ils ont vite négocié avec l’Élysée pour des postes, comme lors des consultations pour un nouveau gouvernement. Quant aux Républicains, ils posent des conditions pour participer au gouvernement Lecornu, menaçant de fronde mais finissant souvent par collaborer pour des miettes de pouvoir, comme Bruno Retailleau l’a illustré en critiquant un Premier ministre « proche de Macron » tout en restant dans le jeu.

Ce « collaborationisme » – terme fort mais approprié – n’est motivé que par la survie personnelle. Ces partis, jadis opposés, se rallient à Macron pour éviter des élections où le RN, donné favori, pourrait les submerger. Ils trahissent ainsi leurs électeurs, prolongeant une instabilité qui profite à l’exécutif en place au détriment du pays.

Vers une sortie de crise : démission et retour aux urnes

La France ne peut plus tolérer cette farce. Avec un gouvernement qui utilise le 49.3 comme béquille et des partis complices obsédés par leurs postes, l’instabilité sous Macron atteint des sommets. Un vrai gaulliste saurait partir pour préserver la République. En démissionnant, Macron permettrait une présidentielle anticipée et une dissolution, redonnant la voix au peuple. Sans cela, 2026 sera une année perdue, marquée par des crises budgétaires et une paralysie institutionnelle. Il est temps de tourner la page de ce macronisme essoufflé.

https://multipol360.com/linstabilite-chronique-du-gouvernement-macron/ 

 


 

Chasser ce riche que je ne saurais voir

« Il faut faire payer les riches ». Au Royaume-Uni, cette politique provoque un exil massif. Les recettes s’effondrent, au point de risquer de doubler les impôts de 25 millions de contribuables. Un avertissement pour la France, où la tentation revient avec insistance dans le débat public.

Le Royaume-Uni n’en finit plus de rompre avec ses héritages. Après son divorce avec l’Union européenne, c’est la dernière page du thatchérisme qui est en train de définitivement se tourner. La suppression du régime fiscal propre aux « non-domiciliés », à savoir les étrangers fortunés résidant au Royaume-Uni (mesure datant de 1799), a été doublement détricotée : en mars 2024 par le chancelier de l’Échiquier (l’équivalent du ministre des Finances) conservateur, Jeremy Hunt, décidant de l’extinction de ce régime à partir d’avril 2025, puis par sa successeure travailliste, Rachel Reeves, qui en a profité pour y ajouter un volet sur les droits de succession. Preuve qu’outre-Manche également, la passion pour la fiscalité transcende les clivages partisans.
 
Les résultats ne se sont pas fait attendre : le Royaume-Uni aurait perdu 10 800 millionnaires en 2024 selon le cabinet Henley & Partners, et près de 16 500 en 2025, devenant ainsi le premier pays du monde en termes d’exil de millionnaires. Une hémorragie qui ne fait que commencer : la banque UBS estime que le pays pourrait perdre jusqu’à 500 000 millionnaires d’ici 2028. Un comble pour un pays longtemps considéré comme la principale terre d’accueil des plus fortunés.
 

 
Les conséquences de ce « Wexit » (pour exil des riches) sont déjà observables. L’essayiste Robin Rivaton rappelle ainsi que c’est toute une chaîne qui est concernée, avec des effets en cascade : baisse de 45 % de la valeur des maisons « prime » de Londres, départs de magnats industriels comme Lakshmi Mittal, Nik Storonsky (fondateur de Revolut), Nassef Sawiris (première fortune d’Égypte) ou encore Guillaume Pousaz (fondateur de Checkout.com), baisse de 14 % des demandes de personnel domestique très haut de gamme, baisse du nombre d’élèves internationaux en internat de 14 % et fermeture de 57 écoles indépendantes.
 
Le Trésor britannique a en outre estimé que chaque départ de millionnaire coûtait 460 000 livres par an à l’État, soit la contribution fiscale annuelle d’environ 50 contribuables. Si les estimations de la banque UBS sont correctes, il faudrait donc doubler les impôts de 25 millions de contribuables anglais pour ne serait-ce que combler les pertes engendrées par cet exil !
 
La leçon anglaise est brutale pour eux, mais précieuse pour nous. Prenons-la comme un ultime avertissement pour stopper la folie fiscale qui s’est emparée de notre pays.
 
Alors que les économistes de gauche, apôtres d’une forte augmentation de la fiscalité sur le patrimoine (Gabriel Zucman et Thomas Piketty en tête), ne cessent d’ânonner que leur potion fiscale ne provoquera aucun exil, les économistes sérieux documentent cet effet depuis de nombreuses années, démontrant que « trop d’impôt tue l’impôt » et que le réel finit toujours par se venger.
 
La fin de ce régime fiscal devait théoriquement rapporter 34 milliards de livres sterling en cinq ans, mais l’exil qu’il provoque pourrait coûter , et conduire à la suppression de plus de 40 000 emplois, selon l’Adam Smith Institute.
Un effet similaire à celui observé en Norvège ces dernières années, où l’augmentation de la fiscalité sur le capital réalisée en 2021 (dans une mouture similaire à la taxe Zucman) devait rapporter 141 millions d’euros par an. Or, elle a en réalité généré de 433 millions d’euros et provoqué une fuite des capitaux à hauteur de 52 milliards d’euros.
La France n’est pas en reste avec sa risible « taxe sur les yachts », produit purement idéologique dont les gains étaient estimés à 10 millions d’euros par an, alors que son rendement réel a été d’à peine (soit 160 fois moins), provoquant un exil quasi total des bateaux de luxe dans notre pays (il n’en resterait plus que cinq aujourd’hui), cassant toute l’économie et les emplois inhérents.

La fiscalité, un édifice fragile

La fiscalité est similaire à un Kapla, ce jeu de construction et d’adresse pour enfants où de fins bouts de bois doivent être empilés pour réaliser une structure verticale. L’ajout d’une pièce supplémentaire risque à chaque fois de faire basculer l’ensemble de l’édifice et de détruire tout l’ouvrage.
 
Alors que le vote d’une nouvelle taxe ou l’augmentation d’un impôt devrait se faire d’une main tremblante, assurée par des études d’impact évaluant les effets à attendre à moyen et long terme, les élus ne prennent plus aucune précaution, motivés par l’idéologie et la nécessité de répondre à ce qu’ils estiment être la demande de l’opinion. Si cette mécanique aveugle et brutale a fonctionné ces quarante dernières années pour les pays occidentaux, le double ralentissement démographique et économique les oblige à accélérer la cadence pour assurer le financement du fonctionnement d’États-providence de plus en plus déficitaires. Et dans un environnement où les personnes sont encore libres de leurs mouvements, tout alourdissement de l’imposition ne fait qu’inciter les personnes ciblées à placer leurs actifs dans des environnements moins propices au braconnage fiscal.
 
Un pays qui chasse ses riches est un pays qui s’appauvrit. Moins de fortunés induit moins de ressources pour développer l’investissement et favoriser l’innovation, moins de recettes pour financer les politiques publiques incontournables et surtout un effacement de l’habitus entrepreneurial dans un pays qui, en plus de perdre ses riches, perd des exemples à suivre pour ceux qui aspirent à le devenir.
 
En somme, cette politique revient à casser la machine à produire de la prospérité partagée et à offrir ses ressources intellectuelles et entrepreneuriales à d’autres pays plus attractifs, renforçant ainsi de futurs concurrents économiques.
 
Dans la compétition mondiale qui se joue entre les grandes zones économiques, l’Europe fait le choix mortifère d’alourdir des prélèvements obligatoires déjà très imposants, dans un contexte où la productivité et la démographie chutent, pour tenter de maintenir artificiellement l’idée que la générosité d’un modèle social est un horizon indépassable. Sans une remise en cause complète de ce modèle, et la définition d’une nouvelle matrice fiscale ambitieuse donnant la priorité à l’investissement, au risque et à l’innovation, le Vieux Continent endossera le rôle de proie de pays dynamiques à l’appétit insatiable.
 
 

 

 

 
 
 

Les lois économiques n'ont pas valeur d'opinion.

Les lois économiques n'ont pas valeur d'opinion.
 
 Elles ne sont pas des croyances agréables à adopter. Elles ont valeur de théorèmes. La loi de l'offre et de la demande est ainsi certaine, non pas parce qu'on l'aurait décrétée, mais parce qu'elle décrit simplement comment les êtres humains choisissent d'échanger ce qu'ils ont contre ce qu'ils veulent. 
 
 
Si tout le monde veut ce même pain alors qu'il n'en reste qu'un, le prix va monter. C'est le seul moyen de savoir qui en a le plus besoin, et par conséquent qui est prêt à faire le plus grand sacrifice pour l'avoir. Le prix est toujours ce point de rencontre dynamique entre ce que vous êtes prêt à céder en monnaie et ce que le vendeur est prêt à céder en biens ou services. 
 
 La science économique nous enseigne aussi que chaque action a un coût d'opportunité, ou que l'on ne peut consommer ce qui n'a pas encore été produit. Ce sont encore des certitudes. C'est un déclic à avoir une fois, et le reste suivra. Les erreurs du keynésianisme, du marxisme ou de l'école néoclassique nous apparaissent ensuite clairement.
 
Puisque le Pouvoir se nourrit de notre servitude, osons la Liberté ! Philo, Droit, Économie, Culture. Pour me suivre au quotidien : t.me/arthurhomines
 

Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées et serons-nous plus intelligent avec l'IA ?

Sommaire:

A) - Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées que le gouvernement préfère ignorer

B) - L’IA va-t-elle nous rendre stupides ?

 


 

A) - Incendie de Notre-Dame : les vérités cachées que le gouvernement préfère ignorer

Le 15 avril 2019, les flammes ont dévoré la cathédrale Notre-Dame de Paris, un symbole millénaire de la civilisation occidentale.

Cinq ans plus tard, alors que la réouverture a eu lieu en décembre 2024, l’enquête officielle piétine toujours, laissant planer des zones d’ombre sur les causes réelles du désastre.

Basé sur un documentaire récent de TV Libertés intitulé Incendie de Notre-Dame : ce que le gouvernement ne veut pas avouer… Contre-enquêtes, cet article explore les hypothèses accidentelles, les négligences humaines et institutionnelles, ainsi que les enjeux politiques et financiers qui entourent cette tragédie.


 

Les causes potentielles : accident ou négligence ?

L’incendie, survenu un lundi saint, a débuté dans les combles de la cathédrale. Selon des témoins comme un prêtre qui quittait les lieux vers 18h, une fumée suspecte a été remarquée au-dessus de la flèche, et l’alerte a été donnée rapidement. Pourtant, le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, attisé par un vent fort et la structure en bois sec datant du Moyen Âge.

Les enquêteurs se sont d’abord tournés vers les ouvriers du chantier de rénovation, opérant pour la société Le Bras Frères. Ces derniers, une douzaine sur site, ont été auditionnés à plusieurs reprises. Leur employeur affirme que le chantier se déroulait normalement depuis plus d’un an, sans incident notable, et que personne n’était présent au moment du départ du feu. Les consignes de sécurité auraient été respectées, mais des employés ont admis fumer sur les balcons lors des pauses.

Bien que un mégot de cigarette soit écarté comme cause directe, une hypothèse plus probable pointe vers un court-circuit dans des câbles électriques provisoires. Installés en 2007 et 2012 pour électrifier des cloches, ces dispositifs temporaires étaient toujours en place en 2019, malgré leur obsolescence. Était-ce une économie sur le remplacement ? La cathédrale reposait ainsi sur un « volcan » électrique, où un simple dysfonctionnement pouvait embraser la charpente.

D’autres pistes émergent : des déchets inflammables jetés intentionnellement ou non, potentiellement par des grimpeurs urbains qui escaladaient illégalement la cathédrale pour des vidéos en ligne. Combiné à un court-circuit, cela aurait pu déclencher le brasier. L’architecte en chef des monuments historiques, Philippe Villeneuve, a mentionné un seul départ de feu connu dans la « forêt » (la charpente), sans chantier à proximité, renforçant les soupçons de négligence ou d’intrusion.

De plus, des produits protecteurs appliqués sur le bois auraient accéléré les flammes dans cet espace clos et ventilé.

Les erreurs fatales : 23 minutes perdues

Le destin de Notre-Dame s’est joué dans les 20 premières minutes après l’alarme. À 18h18, le système de détection s’active, mais l’agent de sécurité, employé par un prestataire privé, interprète mal l’emplacement. Inexpérimenté dans ce monument complexe, il se rend au mauvais endroit, retardant la vérification.

Ce n’est qu’après un second appel, 23 minutes plus tard, que les pompiers sont alertés. Ces précieuses minutes ont transformé un feu contenable en catastrophe nationale. Le système d’alarme, basé sur des zones numérotées peu intuitives, était géré par des agents sous-formés, recrutés pour des raisons d’économie. Pourquoi sous-traiter la sécurité d’un joyau patrimonial ? Pour réduire les coûts, au détriment d’une expertise adaptée.

Des alertes préalables existaient : en 2016, un rapport du chercheur Paolo Vannucci, remis au gouvernement Valls, soulignait la vulnérabilité des combles et recommandait des mesures anti-incendie. Classé « secret défense » sous prétexte de risques terroristes, il a été ignoré, évitant un débat public embarrassant sur l’entretien du patrimoine chrétien pré-1905, dont l’État est propriétaire mais souvent négligent.

L’enquête lente : une procession administrative

Cinq ans après, aucune cause officielle n’est retenue. L’enquête repose sur des témoignages, sujets à la bonne foi des impliqués. Sans preuves tangibles, elle avance comme une « procession administrative », évitant d’ébranler les responsabilités. Les assurances, impliquées pour des centaines de millions d’euros, préfèrent une conclusion prudente pour éviter des faillites.

L’État semble soulagé que les dons privés et publics financent la reconstruction, masquant ses manquements. Si l’erreur humaine est admise, elle révèle un paradoxe : des monuments historiques sous-protégés comparés à des bureaux modernes, avec des équipes réduites et des protocoles obsolètes.

Le financement et les enjeux politiques

La reconstruction, promise en cinq ans par Emmanuel Macron, a été financée par un élan mondial : des familles fortunées (LVMH, Kering) et des citoyens ont promis des centaines de millions. Pourtant, les versements réels sont inférieurs aux annonces, et une partie des fonds sert à des frais administratifs, contredisant l’esprit des dons.

Macron a transformé la tragédie en récit de rassemblement national, transférant la charge financière vers le privé et évitant d’assumer les déficits d’entretien. L’absence du pape François à la réouverture de décembre 2024, malgré l’invitation, souligne une réserve vis-à-vis de cette instrumentalisation politique du patrimoine chrétien.

L'incendie de Notre-Dame de Paris a suscité émotion et solidarité dans le monde entier. Au-delà des polémiques sur la sécurité du bâtiment et sa reconstruction, comment expliquer que l'enquête avance si lentement, que ses conclusions soient autant dissimulées ? C'est que leur mise au jour lèverait le voile sur des vérités quelque peu dérangeantes...
 

Un avertissement divin ?

Au-delà des faits, certains y voient un « signe » divin, un avertissement sur les négligences sociétales, comme la Covid ou les guerres récentes. En France, certaines vérités « brûlent plus fort que les charpentes ». Tant que l’enquête reste dans l’ombre, les questions persistent : accident providentiel ou symptôme d’un système défaillant ? La renaissance de Notre-Dame invite à une réflexion profonde sur la préservation de notre héritage.

https://multipol360.com/incendie-de-notre-dame-les-verites-cachees-que-le-gouvernement-prefere-ignorer/

 


B) - L’IA va-t-elle nous rendre stupides ?

Les risques cachés de la dépendance à ChatGPT et consorts

En 2029, une IA militaire déclenche l’apocalypse nucléaire et fabrique des robots tueurs pour asservir l’humanité. Ce scénario à la Terminator glace le sang, mais il reste de la science-fiction. Pourtant, des experts comme d’anciens employés de Google et OpenAI alertent sur un risque existentiel réel posé par l’intelligence artificielle.

Le vrai danger n’est pas une rébellion des machines, mais une atrophie progressive de nos cerveaux, rendant l’humanité dépendante et inapte.

Basé sur une analyse approfondie d’une vidéo récente de la chaîne YouTube Micode (titre : « La Fabrique à Idiots »), cet article explore comment l’IA, de ChatGPT à ses successeurs, pourrait nous transformer en « idiots complets » si nous ne changeons pas notre approche.

Le mythe de l’apocalypse et le vrai péril : la dépendance insidieuse

Les visions apocalyptiques reposent sur des technologies inexistantes, comme une IA consciente décidant d’exterminer l’humanité. Mais le scénario plus probable est une perte graduelle de nos capacités cognitives. Posez-vous la question : quand avez-vous pris une décision importante sans consulter ChatGPT ? Écrit un e-mail en anglais de votre main ? Cherché une information sans aide ? L’IA, initialement un outil pour des tâches triviales, devient un assistant multitâche indispensable. Nous déléguons de plus en plus, savourant la « magie » de voir des corvées accomplies en quelques minutes.

Mais à long terme, cela pourrait atrophier notre cerveau, nous rendant incapables sans elle.

Dès son lancement, ChatGPT a divisé : les enthousiastes y voyaient la fin du travail ingrat, les sceptiques un gadget hallucinant et menteur. GPT-3.5 avait des limites – entraînement arrêté en 2021, absence de sources, incohérences. Pourtant, des développeurs et étudiants s’y sont jetés dessus : les premiers pour générer du code, les seconds pour tricher aux devoirs.

L’évolution explosive des LLM et leurs impacts sur l’éducation

En quelques mois, les modèles comme GPT-4o, Gemini ou Claude ont évolué : accès web en temps réel, multimodalité (images, audio, vidéos), mémoire longue (jusqu’à 1500 pages analysées). Gemini peut même créer un podcast à deux voix sur un sujet !

Chez les étudiants, la triche est devenue endémique. En France, dès janvier 2023, un professeur a détecté des copies identiques générées par GPT – structure similaire, anecdotes personnelles fictives, orthographe impeccable. Aujourd’hui, 80 % des lycéens français utilisent des LLM, tuant les devoirs à la maison. Les enseignants refusent souvent de les noter, ne sachant plus qui évalue : l’élève ou l’IA ?

Du côté des développeurs, les juniors délèguent trop, produisant du code sans comprendre. Un exemple personnel : un stagiaire, Antoine, a utilisé l’IA comme « chef d’orchestre », mais s’est noyé dans du code verbeux et buggé, révélant son manque de bases.

Comment l’apprentissage humain est court-circuité : théorie, pratique, métacognition

Pour comprendre l’impact, rappelons comment le cerveau apprend. Première étape : la théorie, où le cortex préfrontal (concentration) et l’hippocampe (encodage) se recâblent. Deuxième : la pratique, où les ganglions de la base transforment l’effort en automatisme. Troisième : la métacognition, via des signaux dopaminergiques (erreur de prédiction) pour corriger et adapter.

Un professeur intervient à chaque stade : enseigne, assigne des devoirs, corrige. Mais déléguer à l’IA court-circuite la pratique et la métacognition, menant à une « dette cognitive » – comme la dette technique en code, accumulant des problèmes futurs.

C’est un « Google Effect » amplifié : le GPS atrophie l’hippocampe (comme chez les taxis londoniens qui avaient entrainé leur cerveau à cartographier toute la ville), internet externalise la mémoire, réduisant la matière première pour penser. Avec l’IA, on sous-traite tout processus mental exigeant.

Études alarmantes : dette cognitive et différences juniors/seniors

Une étude du MIT (juin 2025) confirme : des participants écrivant des essais avec GPT-4o montrent une activité cérébrale réduite comparée à ceux utilisant internet ou rien. Les gains immédiats masquent des lacunes.

Une enquête sur 791 développeurs révèle un contre-intuitif : les seniors (10+ ans d’expérience) utilisent plus de code IA, mais le vérifient minutieusement. Les juniors, eux, s’en servent comme béquille, manquant de bases solides.

Solutions : transformer l’IA en tuteur, pas en béquille

Pour contrer cela, utilisez l’IA comme tuteur : demandez des exercices sans réponses immédiates, forçant la pratique. Par exemple, pour une division : « Donne-moi un exercice sans indices. » Cela transforme ChatGPT en précepteur personnalisé, un luxe historique.

Des études comme celle de Harvard sur « PhysicsPal » (basé sur GPT-4) montrent des progrès accélérés, avec adaptation au rythme individuel et promotion d’un « mentalité de croissance ». Mais sans encadrement, les élèves « copient-collent » et apprennent moins.

Risque : inégalités croissantes. Ceux qui choisissent l’effort progressent ; les autres accumulent des lacunes, devenant « lobotomisés ». Dans les entreprises, prioriser le rendement immédiat atrophie les employés.

Solutions pratiques : examens papier-stylo (comme en Wallonie vs. Flandre belge, où la numérisation a doublé les réussites suspectes). Ou une « cure de désintox » : interdire l’IA temporairement, comme avec Antoine, qui a regagné compétences et plaisir.

(exemple commenté: Je suis un boomer (74 ans) et j'ai une anecdote dont l'analogie avec les thèses évoquées dans cette vidéo est criante : Au début des années 70, j'étais en 3ème année d'école d'ingénieur. Le prof de RDM (résistance des matériaux) avait décidé que les devoirs sur table (appelés "devoirs surveillés" DS) seraient sans limite de temps et avec avec toute la documentation que l'on voulait. Justification : "Dans la vie active, vous aurez accès à toute la documentation, et si nécessaire, vous aurez toutes vos nuits pour travailler vos projets". Nous étions donc persuadés qu'ayant toute la doc, nous n'avions plus rien à apprendre, tout au plus à savoir nous servir d'une règle à calculs (Hé oui : même les calculettes quatre opérations n'existaient pas encore !). Bref, le DS commençait à 14 H, sans limite de temps mais toute sortie de la salle était définitive. En simplifiant : Au premier trimestre, l'expérience montra : - que nous venions tous avec des tonnes de doc pour être parés à toute éventualité - que personne ne restait au-là de 19H55 (5 minutes avant l'heure de fermeture du resto de l'école. Coïncidence ? 😄) - que les résultats étaient globalement catastrophiques Au deuxième trimestre, - la plupart des élèves venaient avec une doc réduite, en ayant potassé les cours avant - une majorité sortaient au bout de cinq heures - les résultats par rapport au premier trimestre s'étaient largement amélioré mais restaient médiocres Au troisième trimestre - la doc apportée était souvent réduite à des fiches de synthèse faites préalablement à partir des cours - au bout de 4h30, pratiquement tout le monde avait rendu sa copie - La moyenne de la promo était passée au-dessus de 10 (on notait sur 20, à l'époque) La doc illimitée était le ChatGPT de l'époque. Pour la petite histoire, j'ai eu un diplôme d'ingénieur en Génie Civil, et j'ai fait toute ma carrière dans l'informatique, en commençant comme développeur. Et aujourd'hui encore, à la retraite, je développe pour mon plaisir.)
 

Un choix quotidien pour préserver notre intelligence

L’IA ne nous rendra pas stupides ; nous le ferons nous-mêmes en choisissant la facilité. Notre cerveau, optimisé pour l’économie d’énergie, préfère les raccourcis – mais l’effort sculpte l’intelligence. L’éducation est le socle d’une société ; la négliger pour des gains immédiats mène à l’effondrement.

La tech facilite la vie, mais avec modération. À chaque prompt, choisissez : béquille ou sparring partner « partenaire d’entraînement) Déléguer ou aiguiser votre pensée ? L’avenir dépend de ce choix quotidien.

https://multipol360.com/lia-va-t-elle-nous-rendre-stupides/ 

 


 

Intelligence artificielle

L'intelligence artificielle, abrégé par le sigle IA, en anglais Artificial Intelligence, est un domaine ou programme de recherche consistant à mettre en œuvre un processus où des machines ou systèmes informatiques seraient dotés des caractéristiques proches du comportement et intelligence humaines. Le concept d'intelligence artificielle est né de l'idée qu'une machine complexe, comme un ordinateur, peut effectuer des tâches exigeant de l’intelligence, c'est-à-dire qu'elle peut générer et traiter une très grande capacité de données.

Le terme a été crée en 1956 par John McCarthy, cogniticien et informaticien américain, principal pionnier de l’intelligence artificielle avec Marvin Lee Minsky, lors d'un atelier scientifique organisé au campus du Dartmouth College. Cet atelier baptisé Conférence de Dartmouth a réuni une vingtaine de chercheurs comme Claude Shannon (père de la théorie de l’information), Nathan Rochester, Ray Solomonoff, Trenchard More, Oliver Selfridge, Allen Newell et Herbert Simon (concepteur de la notion de bounded rationality ou rationalité limitée).

Aujourd'hui, le domaine de l'intelligence artificielle est devenu un programme multidisciplinaire interconnectant plusieurs domaines de recherche comme par exemple l'informatique, les mathématiques, les neurosciences ou encore les technologies spatiales.

L’intelligence artificielle telle que nous la connaissons de nos jours s’appelle, à proprement parler, IA restreinte (ou IA faible), car elle est conçue pour effectuer des tâches restreintes.

Voir aussi

Liens externes

 https://www.wikiberal.org/wiki/Intelligence_artificielle

 

 

janvier 19, 2026

La Caf, "Il y a ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas "

L'Iceberg de la Caf

6,3 milliards d'euros. Ce n'est pas le budget d'un ministère, c'est le montant des erreurs de versement de la CAF pour la seule année 2024. Un "bug" monumental que l'État ne peut plus corriger et que vous, contribuable, allez payer.
 
Bienvenue dans cette nouvelle enquête. Aujourd'hui, nous allons plonger dans l'un des systèmes les plus opaques de France : la Caisse d'Allocations Familiales. On nous parle souvent de la "petite fraude" du voisin, mais ce n'est que la face visible d'un iceberg gigantesque. Sous la surface, vous allez découvrir une industrialisation de la triche, des logiciels qui ne se parlent pas, et des cabinets de conseil grassement payés pour essayer de boucher les trous d'une usine à gaz qui prend l'eau de toutes parts. 
 
 

NIVEAU 1 : LA PARTIE ÉMERGÉE - Le luxe aux frais du social

Commençons par ce que tout le monde voit : les faits divers qui font bondir. En 2025, dans l'Hérault, un couple a été démasqué alors qu'il percevait 36000 € d'allocations par an. Jusque-là, rien d'anormal pour une famille nombreuse. Sauf qu'en perquisitionnant, les enquêteurs ont trouvé un patrimoine caché de 34 voitures et des montres de luxe. L'origine? 
Un business occulte de revente de véhicules non déclaré à la CAF.
 
Ce n'est pas un cas isolé. En 2022, on estime qu'environ 44000 personnes nées à l'étranger ont bénéficié de prestations sociales auxquelles elles n'avaient aucun droit. Le pire? Dans la majorité de ces cas, les CAF n'ont même pas tenté de récupérer les fonds. On pourrait aussi parler des retraités "immortels" à l'étranger dont le décès n'est jamais signalé et dont les aides continuent de tomber sur des comptes bancaires actifs.
Ces cas saturent l'espace médiatique, mais ils ne représentent que la "petite monnaie" du désastre.

NIVEAU 2 : SOUS LA LIGNE DE FLOTTAISON - L'industrialisation de la triche

Si on descend un peu plus bas, on découvre que la fraude a changé de visage. Ce n'est plus seulement l'individu qui oublie de déclarer son conjoint, c'est le crime organisé.
 
Des réseaux criminels utilisent désormais des logiciels pour pirater des comptes ou créer des milliers de faux dossiers. Le préjudice détecté par le Service national de lutte contre la fraude (SNLFE) a explosé, passant de 48 millions d'euros en 2021 à 166 millions en 2024.
 
Une affaire emblématique? Un seul instigateur a réussi à créer 39 faux dossiers d'identité simultanément pour siphonner les caisses de la Ville de Paris et de la CAF avant d'être arrêté.
 
Et même quand l'administration repère la fraude d'une entreprise, elle est souvent impuissante. Pour le travail dissimulé, le taux de recouvrement s'effondre à 10%. Pourquoi? Parce que les fraudeurs organisent leur insolvabilité et font disparaître leur société avant que le premier huissier n'arrive.

NIVEAU 3 : LES ABYSSES - Le naufrage institutionnel

Nous arrivons maintenant au cœur du scandale. Oubliez la fraude. Parlons de l'incompétence de gestion.
En 2025, pour la troisième année consécutive, la Cour des comptes a été dans l'impossibilité de certifier les comptes de la branche famille. En clair : les experts de l'État disent que la comptabilité de la CAF est tellement chaotique qu'ils ne peuvent pas garantir où va l'argent.
 
Le chiffre qui devrait vous faire tomber de votre chaise : 6,3 milliards d'euros d'erreurs de versement constatés en 2024. Cela représente 8% de la masse totale des prestations. Et comme le délai légal de régularisation est de 24 mois, une immense partie de ces milliards est définitivement perdue pour le contribuable.
 
Prenons la prime d'activité : 25% (un quart) des montants versés sont entachés d'erreurs.
Mais il y a encore plus profond. La Cour des comptes estime qu'en 2023, il y avait un stock de 18,9 milliards d'euros d'indus (des trop-perçus). Sur ce total, 8,6 milliards n'ont même pas été décelés par les contrôles internes. Ils se sont évaporés dans la nature, sans que personne ne les réclame. 
 
Nous nous apprêtons à attaquer le dernier niveau de l’iceberg. Et c’est à ce niveau que vous risquez de perdre tout espoir. Parce que l’on va voir que, lorsque l’État tente de résoudre les problèmes qu’il a lui-même créés en distribuant de l’argent public, il finit systématiquement par brûler encore plus d’argent public… tout en ajoutant de nouveaux problèmes aux anciens.
 
La seule conclusion raisonnable que vous devriez tirer de tout cela, c’est que vous devez préparer au maximum votre sécession fiscale. C’est précisément pour cette raison que j’ai créé ma page Patreon. Vous y trouverez, en complément des vidéos de la chaîne YouTube, de nombreuses vidéos exclusives ainsi que des articles réservés aux abonnés. J’y explique concrètement comment commencer à se protéger de l’État et de ce que j’appelle le vol généralisé.
 
J’y partage régulièrement des outils très pratiques pour vous permettre, progressivement, de réduire votre surface de ponction et votre surface d’attaque. À mesure que vous avancerez dans cette démarche, vous pourrez observer l’effondrement de ce que j’appelle la République voleuse comme un simple spectacle de clowns – amusant à regarder, mais qui ne vous affecte plus directement.
C’est parti pour le dernier niveau de l’iceberg.

NIVEAU 4 : LE FOND DU GOUFFRE - Consultants et chaos informatique

Pour tenter de sauver ce navire qui coule, l'État fait ce qu'il sait faire de mieux : il appelle les pompiers-pyromanes.
 
La CAF a versé 3,88 millions d'euros au cabinet McKinsey uniquement pour essayer de sécuriser la réforme des APL entre 2018 et 2020. Le résultat? La Cour des comptes continue de dénoncer l'opacité et le manque de fiabilité des données.
 
Pourquoi un tel échec? Parce que derrière les beaux rapports, le système informatique est un enfer. Prenez l'ARIPA (l'agence qui gère les pensions alimentaires) : elle fonctionne sur trois logiciels différents qui ne sont pas connectés entre eux. Les agents doivent faire des calculs manuels, multipliant les risques d'erreurs massives de versement.

CONCLUSION

Voilà l'Iceberg de la CAF. La France consacre 32,2% de son PIB à la protection sociale, contre 27% pour la moyenne européenne. Nous payons le prix fort pour un système qui, par sa complexité et son manque de contrôle, est devenu une pompe à fric pour les réseaux criminels et un trou noir pour l'argent public.
 
L'État a lancé la "Solidarité à la source" en mars 2025 pour tenter de limiter la casse. Mais peut-on vraiment réparer un système dont les fondations sont à ce point minées par l'inefficacité?
 
Non. Bibliographie : ❄️ Niveau 1 : La partie émergée (Faits divers et fraudes à la résidence)
  • Affaire des 34 voitures de luxe (Hérault) : CAF de l'Hérault, Prévention et lutte contre la fraude : Bilan 2024, communiqué de presse du 11 mars 2025.
  • Les 44 000 bénéficiaires nés à l'étranger sans droit : Contribuables Associés, 44 000 personnes nées à l’étranger ont bénéficié de prestations sociales auxquelles elles n’avaient pas droit, mai 2023 (données basées sur les rapports de certification de la Cour des comptes).
  • Règles de résidence et indus détectés : CAF de Savoie, Dossier de presse : juste droit et fraude, septembre 2025 (détails sur les contrôles de résidence RSA et AAH).
🌊 Niveau 2 : Sous la ligne de flottaison (Industrialisation et réseaux)
  • Montée en puissance du SNLFE (Service national de lutte contre la fraude à enjeux) : CNAF, Dossier de presse : La lutte contre la fraude évolue, 5 mai 2025 (passage de 48 M€ de préjudice détecté en 2021 à 166 M€ en 2024).
  • Affaire des 39 faux dossiers d'identité : SNLFE, Bilan annuel 2024, cité dans le dossier de presse de la CAF de Savoie (septembre 2025).
  • Taux de recouvrement du travail dissimulé (10 %) : , Fraude sociale : des pertes importantes sur les cotisations sociales, 16 janvier 2024 (données du HCFiPS).
Niveau 3 : Les abysses (Naufrage institutionnel et comptable)
  • Non-certification des comptes Famille (2023-2025) : Cour des comptes, Certification des comptes du régime général de sécurité sociale - Exercice 2024, mai 2025.
  • Le "Bug" à 6,3 milliards d'euros d'erreurs : Fondation IFRAP, Branche famille : les erreurs coûtent 6,3 Md€ en 2024, 27 mai 2025.
  • Les 8,6 milliards d'euros d'indus non décelés : Cour des comptes, La gestion des indus par les caisses de sécurité sociale du régime général, rapport thématique (RALFSS 2025), mai 2025.
🕳️ Niveau 4 : Le fond du gouffre (McKinsey et chaos informatique)
  • Contrat McKinsey pour la réforme des APL (3,88 M€) : Sénat, Rapport de la commission d'enquête sur l'influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, 16 mars 2022.
  • Éclatement informatique de l'ARIPA (3 logiciels non connectés) : Cour des comptes, rapport cité par l'IFRAP dans l'analyse Branche famille : les erreurs coûtent 6,3 Md€ en 2024.
  • Solidarité à la source et pré-remplissage : CNAF, Dossier de presse : Solidarité à la source, vérifiez, validez, c’est déclaré!, 14 février 2025.
📊 Sources transversales (Données budgétaires globales)
  • Coût de gestion de la branche Famille (2,69 Md€) : Fondation IFRAP, 47-50 milliards d’euros par an : des frais de gestion du social équivalents au budget de l’armée, 2022-2025.
  • Indicateurs de risque financier (Indus/Rappels) : Rapport du Directeur comptable et financier (DCF) de la CNAF sur les comptes de l'exercice 2024.
     


Victor Ferry 

 
Business & News PhD
Investisseur & créateur de contenu. Éditorialiste politique libéral sur X. "L'égalité c'est du vol"
 
 
 

Famille

La famille est un groupe de personnes réunies par des liens de parenté et dotées d'une personnalité collective avec un ressenti de solidarité morale et matérielle destiné à favoriser leur survie tout d'abord, mais aussi leur développement social et affectif. La famille relève de la sphère privée et, à ce titre, les libéraux posent la question de la légitimité de l'intervention de l’État dans le champ de la question familiale. 

L'intervention étatique


Les hommes de l'État utilisent un sophisme non sequitur à leur convenance. Ils conçoivent qu'une famille ne peut pas vivre économiquement sans être intégrée à la collectivité. Et comme l'État est présenté comme le garant de la sécurité (au sens large) des citoyens, il en ressort que l'État doit disposer d'une politique familiale.

Avant 1930, les associations ou les clubs de patronage assuraient cette fonction de solidarité familiale. Puis l'État-providence s'est transformé en gestionnaire de ressources humaines. En fonction de la pyramide des âges, les hommes de l'État ont désiré maintenir le renouvellement des générations en favorisant la natalité. L'État a institué un barème fiscal pour établir son système de valeurs entre les familles avec enfants et sans enfant. Et il s'est appuyé sur l'institution du mariage pour fonder son soutien à la famille.

Durant la crise économique, la politique familiale est devenue un outil de lutte contre les inégalités sociales. La contrainte des budgets sociaux l'a contraint à conditionner les prestations familiales en fonction de certains critères économiques et de seuils de ressources.

L'État perd peu à peu ses repères de famille modèle, mais il s'insère toujours dans la sphère privée. Il accompagne l'évolution des mœurs, encourage avec force l'équité de l'homme et de la femme au sein du couple. Il reconnaît et défend les droits de l'enfant et il organise de nouvelles formes de conjugalité.

Effets pervers

Ce rite d'intervention dans la sphère familiale est un bon moyen de pression sur les citoyens, comme le justifient certains hommes de l'État. Dans une période sécuritaire, l'État culpabilise les familles défavorisées dont les enfants se conduisent mal. Il les menace de suspendre les allocations familiales, de les mettre sous tutelle voire d'expulser les familles, dans le cas de familles étrangères, si ces dernières ne remplissent pas leur fonction d'éducation.

Le modèle familial traditionnel est concurrencé par des formes familiales alternatives. Aussi, les politiques familiales sont de moins en moins lisibles et ajustées à chaque cas particulier. Le système apparaît comme injuste ou inadapté. Il occasionne des comportements d'opportunisme, de groupes de pression et de free riders. Par exemple, l'accès aux crèches est devenu inaccessible pour certains et une lutte d'influence pour d'autres.

Aujourd'hui, la politique familiale est devenue indissociable des politiques du logement, fiscales (droits de transmission), de sécurité ou d'éducation. Ceci renforce le sentiment de l'homme politique qu'il est indispensable dans la vie familiale. Il veut créer, par exemple, le revenu parental d'éducation pour que le parent qui ne travaille pas puisse élever ses enfants à la maison. Alors que la famille doit rester libre de ses choix et de ses responsabilités sans subir le sort de ceux qui ont fait d'autres choix ou pris d'autres décisions.

Citations

  • « La vie familiale n’est pas juste un produit des rapports sexuels. Il n’est en rien naturel et nécessaire que parents et enfants vivent ensemble comme ils le font dans la famille. La relation d’accouplement n’a pas besoin d’aboutir à une organisation familiale. La famille humaine est le résultat de la pensée, de la planification et de l’action. C’est ce fait qui la distingue radicalement de ces groupes d’animaux que nous appelons par analogie familles animales. » (Ludwig von Mises, L'Action humaine)
  • « Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. » (Tolstoï, Anna Karénine[1])

Informations complémentaires

Notes et références


  1. Anna Karénine (1877), Léon Tolstoï (trad. Henri Mongault), éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1952, t. 1, partie 1, chap. 1, p. 3

Bibliographie

  • 1981, Gary Becker, "A Treatise on the Family", Chicago: University of Chicago Press
  • 1986,
    • Gregory B. Christainsen et Walter Williams, Welfare Family Cohesiveness and Out-of-Wedlock Births, In: The American Family and the State. San Francisco: The Pacific Institute for Public Policy Research
    • Fred R. Glahe et Joseph R. Peden, dir., "The American Family and the State", San Francisco: Pacific Research Institute for Public Policy
  • 1988, Allan C. Carlson, Family Questions: Reflections on the American Social Crisis, Transaction Press
  • 1997, Theodore Bergström, "A Survey of Theories of the Family", In: M. R. Rosenzweig, O. Stark, dir., "Handbook of Population and Family Economics", Amsterdam: Elsevier, pp21–79
  • 2002, Charles Van Eaton, "A Family-Friendly Tax System", In: James R. Wilburn, dir., "Faith and public policy", Lanham, Md. : Lexington Books
  • 2005, Steven Horwitz, "The Functions of the Family in the Great Society", Cambridge Journal of Economics, vol 29, n°5, September, pp669-684

Voir aussi

Liens externes

 

 

 

 

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