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janvier 23, 2026

France - internationales news !

Sommaire:

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ? 

C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

D) - Vers une détente russo-américaine ? 

E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

 


 

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

Dans une chronique publiée ce matin dans Le Journal du Dimanche, Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et ancien ministre, lance un cri d’alarme sans ambiguïté : il est temps pour la France de quitter l’Union européenne (UE).

Selon lui, ce qui était autrefois présenté comme un rêve de paix, de prospérité et de civilisation s’est mué en un cauchemar de dépendance, de contrôle et de perte de souveraineté.

Inspiré par ses arguments, explorons les raisons profondes qui, d’après Philippe de Villiers, rendent ce départ inévitable.

 

Les promesses trahies de l’UE

L’UE est née avec de grandes ambitions, portées par les Pères fondateurs comme Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer. Elle se voulait un bastion de civilisation européenne, ancré dans des racines chrétiennes symbolisées par son emblème – douze étoiles sur fond bleu, évoquant la Vierge Marie du vitrail de la cathédrale de Strasbourg. Mais aujourd’hui, argue de Villiers, l’UE a renié cette promesse. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment déclaré le 10 décembre 2025 : « Nous devons ouvrir davantage de voies sûres vers l’Europe pour faire face à nos besoins économiques. » Cette politique d’immigration massive, selon lui, favorise un « chassé-croisé démographique » entre l’Europe et l’Afrique, préparant le terrain à un « califat européen » imposé par des groupes comme les Frères musulmans. Le patron du renseignement territorial français a d’ailleurs alerté sur leur infiltration, visant à imposer la charia. L’identité européenne, autrefois célébrée, est en train de s’effacer.

La deuxième promesse brisée est celle de la paix. L’UE, fille de l’OTAN, risque de mourir par elle, prévient de Villiers. Les erreurs cumulées :

L’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, le sabotage des accords de Minsk (voir ici et ici) et l’envoi annoncé de soldats ont transformé l’Europe en belligérante.

Ignorant les avertissements d’Henry Kissinger, l’UE nous entraîne dans une guerre hors de ses frontières, comme en Ukraine ou potentiellement au Groenland. Au lieu de pacifier, elle militarise et intervient, contrôlant même les exportations d’armement françaises.

 

Le mirage de la prospérité et de la liberté

La prospérité promise s’est évaporée. Le choc tarifaire douanier imposé par les États-Unis le 27 juillet 2025 a révélé que l’Europe n’est plus un allié protégé, mais un marché consommable. Pendant ce temps, la concurrence chinoise dévore l’industrie européenne, tandis que le continent décroche dans la « Silicium Economy » du Pacifique. Nos semi-conducteurs dépendent désormais des États-Unis et de l’UE elle-même, signant une perte d’autonomie économique. Philippe De Villiers pointe aussi les nouveaux accords de libre-échange avec l’Inde, la Malaisie, l’Australie et les Émirats arabes unis, qui resserrent le « nœud coulant » autour des nations membres. L’agriculture européenne, berceau de l’UE, est sacrifiée : les protestations des agriculteurs contre le Mercosur en témoignent, avec des mairies retirant le drapeau européen en solidarité.

Enfin, la liberté tant vantée cède la place à une servitude numérique. L’UE prépare un système de notation sociale à la chinoise, transformant les citoyens en « QR codes » fichés, scannés et géolocalisés. Ce virage totalitaire punit déjà les délits d’opinion et impose une censure croissante. De Villiers évoque une « pieuvre » super-étatique qui étouffe les nations.

Retrouver la souveraineté : un impératif vital

Pour de Villiers, le bilan est clair : l’UE est atteinte de « fièvre mortelle ». Née de promesses, elle s’effondre sous le poids de ses fruits amers. Il est temps de partir pour reconquérir les quatre attributs de la souveraineté : faire la loi (au lieu de transposer des normes), rendre justice (sans ingérence des cours suprêmes), battre monnaie (l’euro étouffant les alarmes économiques) et déclarer la guerre (sans marché unique de défense imposé). Comme le disaient les Anciens : « Le pouvoir, c’est quand on l’a. »

Cette sortie de l’UE, ou « Frexit », n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un retour aux fondamentaux de la nation.

Elle permettrait à la France de négocier ses propres accords, de protéger son agriculture et son industrie, et de préserver son identité. Dans un monde où les États-puissances reviennent en force – comme le montre la capture de Nicolás Maduro marquant la fin de l’ordre post-Guerre froide –, seule la souveraineté peut nous armer contre la prédation.

Philippe de Villiers, avec son franc-parler habituel, nous invite à méditer : le rêve européen est devenu cauchemar. Il est temps d’agir.

https://multipol360.com/pourquoi-la-france-devrait-quitter-lue-lanalyse-percutante-de-philippe-de-villiers/

 


B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ?  

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), ces périmètres urbains destinés à bannir les véhicules les plus polluants des centres-villes, sont sur le point de connaître une fin abrupte.

Le 20 janvier 2026, une commission mixte paritaire du Parlement français a validé un compromis actant leur disparition progressive, marquant un tournant majeur dans les politiques écologiques du pays.

Cette décision, issue d’un projet de loi initialement axé sur la simplification administrative, répond à une vague de contestations populaires et politiques qui dénoncent ces zones comme un symbole d’écologie déconnectée des réalités sociales. Au cœur des critiques : l’idée que les ZFE orchestrent une véritable « chasse aux pauvres » dans les grandes agglomérations françaises, excluant les classes modestes des cœurs urbains au profit d’une élite plus aisée.

Les ZFE : un outil écologique aux objectifs louables mais contestés

Instaurées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi Climat et Résilience de 2021, les ZFE visent à améliorer la qualité de l’air en interdisant progressivement les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 dans les métropoles de plus de 150.000 habitants. À l’origine, 43 agglomérations étaient concernées, avec des villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse en tête de file. Les bénéfices environnementaux sont réels : des études montrent une baisse des concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines (même si de nombreuses autres sources sont aussi responsables), suceptibles de causer des milliers de décès prématurés annuels en France. Par exemple, à Paris et Lyon, les niveaux de pollution ont diminué de manière notable depuis leur mise en place.

Pourtant, ces mesures ont rapidement suscité un tollé. Les opposants soulignent que les ZFE exacerbent les inégalités sociales en pénalisant les ménages modestes, contraints de choisir entre l’achat coûteux d’un véhicule propre ou l’abandon de leurs déplacements essentiels. Avec 11,4 millions de véhicules impactés – soit près de 29 % du parc automobile français – ces zones touchent particulièrement les résidents des périphéries et des zones rurales, où les transports en commun sont souvent insuffisants ou inexistants. Les aides publiques, jugées inégales et insuffisantes, n’ont pas suffi à atténuer l’impact sur les budgets serrés.

La « chasse aux pauvres » : une exclusion géographique et sociale

Au-delà des arguments environnementaux, les ZFE sont accusées de créer une ségrégation urbaine flagrante.

Dans les grandes agglomérations, ces zones transforment les centres-villes en enclaves réservées aux plus fortunés, capables d’investir dans des véhicules électriques ou récents.

Les classes populaires, artisans, forains, travailleurs de nuit et ruraux se retrouvent relégués à la périphérie, privés d’accès aux emplois, services publics, commerces et lieux culturels essentiels. Cette dynamique évoque une « chasse aux pauvres », où l’écologie punitive sert de prétexte à une marginalisation accrue, assignant les modestes à des zones délaissées comme un « bracelet électronique » invisible.

Cette fracture sociale s’inscrit dans une vision plus large de la « France périphérique », où les élites métropolitaines imposent des normes déconnectées des réalités quotidiennes.

Les véhicules anciens, souvent indispensables pour les ménages aux revenus limités, deviennent des symboles d’exclusion : une vieille Twingo est bannie tandis qu’une Ferrari récente passe sans encombre. Ajoutez à cela la hausse des taxes sur l’essence (représentant 60 % du prix à la pompe), les contrôles techniques sévères et l’obsolescence programmée des modèles modernes, et l’automobile – pilier de mobilité pour 80 % des Français – se mue en fardeau insurmontable. Les ZFE amplifient ce sentiment d’abandon, rappelant les origines des Gilets jaunes en 2018, où une taxe carbone avait déjà cristallisé la colère contre une fiscalité écrasante.

Des sondages révèlent un rejet massif : jusqu’à 80 % des Français souhaitent leur disparition, transcendant les clivages politiques. Les populations les plus vulnérables, souvent exposées aux pollutions environnementales dans leurs quartiers populaires, subissent paradoxalement les effets indirects des politiques de transition, qui pèsent plus lourd sur leurs budgets. Sans alternatives viables comme des transports publics renforcés ou des aides substantielles, ces mesures risquent de transformer les villes en « zones à forte exclusion », creusant les inégalités et alimentant un ras-le-bol généralisé face à un État perçu comme défaillant.

Une mobilisation populaire et parlementaire triomphante

La contestation n’est pas restée lettre morte. Des mouvements citoyens, fédérés par des collectifs comme Stop ZFE, ont orchestré des manifestations massives, des pétitions et des alliances transpartisanes impliquant motards, commerçants, artisans et élus locaux. Des maires de communes périphériques ont refusé d’appliquer les restrictions, tandis que des sondages commandés par ces groupes ont mis en lumière un consensus populaire contre ces zones. Cette mobilisation exemplaire, amplifiée par les réseaux sociaux et des figures publiques dénonçant le mépris envers les « gueux » de la République, a créé un rapport de force inédit.

Au Parlement, la pression a payé. Dès mars 2025, des amendements portés par la droite et le Rassemblement national ont été adoptés en commission, malgré l’opposition du gouvernement. Le 28 mai 2025, l’Assemblée nationale a voté la suppression des ZFE, une mesure confirmée en juin malgré des craintes de cavalier législatif. Le compromis de janvier 2026 supprime le cadre national obligatoire, laissant aux élus locaux le choix de maintenir ou non ces zones. Cette victoire, saluée comme une résilience républicaine, défie même les directives européennes sur la qualité de l’air, risquant des sanctions de Bruxelles mais affirmant une souveraineté nationale sur les priorités sociales.

Des enjeux persistants : équilibre entre climat et pouvoir d’achat

Si les ZFE ont permis de considérer sérieusement les problèmes de polution urbaine, leur suppression soulève des questions sur l’avenir de la transition écologique. Des voix, comme celle de l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher, dénoncent exagérément un recul qui pourrait coûter des mois d’espérance de vie aux citadins exposés à la pollution. Cependant, des études soulignent que les bénéfices des ZFE seraient socialement répartis, y compris pour les plus modestes, surexposés aux pollutions. Le défi reste donc de concilier impératifs environnementaux et justice sociale, via des aides élargies, des alternatives de mobilité et une écologie plus humaniste.

Cette décision parlementaire pourrait marquer le début d’une ère où les politiques vertes intègrent enfin les angoisses sociales, évitant que l’écologie ne devienne un outil de division. Mais avec des votes finaux prévus fin janvier 2026 et un possible recours au Conseil constitutionnel, l’avenir des ZFE reste suspendu à un fil – tout comme la mobilité des millions de Français modestes.

https://multipol360.com/la-fin-programmee-des-zones-a-faibles-emissions/


C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

Dans un contexte où l’intégration européenne semble primer sur les intérêts nationaux, la France apparaît de plus en plus comme un État en retrait, prêt à diluer sa souveraineté pour s’aligner sur une vision continentale étriquée.

L’idée d’une Europe sans frontières, promue comme un idéal de fluidité et d’unité, masque en réalité une amputation progressive des attributs qui font la grandeur d’une nation : ses territoires éloignés, ses zones économiques exclusives et son rayonnement mondial. Les récents développements concernant Saint-Pierre-et-Miquelon et la Nouvelle-Calédonie illustrent cette tendance alarmante, où Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron, semble favoriser des arrangements qui érodent l’autorité française au profit d’une Europe recentrée sur son cœur continental, expurgée de ses extensions ultramarines. Cette critique examine ces cas, en soulignant comment ils contribuent à une perte d’identité et de puissance, loin des promesses d’une souveraineté partagée.

Saint-Pierre-et-Miquelon : un abandon aérien sous couvert technique

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, petit joyau français au large des côtes canadiennes, symbolise parfaitement cette érosion sournoise.

Annick Girardin, sénatrice de l’archipel et ancienne ministre des Outre-mer, a récemment alerté le président Macron sur un projet qui vise à transférer le contrôle d’une partie de l’espace aérien français à Ottawa.

Plus précisément, il s’agit de la zone d’approche en dessous de 6.000 pieds (environ 1.800 mètres), justifiée par des motifs administratifs et techniques. Girardin qualifie cela d’« abandon de souveraineté », affirmant qu’« on ne sous-traite pas sa souveraineté ». Découvert par hasard mi-décembre, ce plan risque d’être perçu localement comme un renoncement manifeste, envoyant un signal d’abdication incompréhensible de la part de la France.

 Historiquement, la souveraineté française dans ce bassin nord-américain n’a jamais été remise en question. Saint-Pierre-et-Miquelon, en tant que territoire d’outre-mer (PTOM) lié à l’Union européenne via la France, partage des similarités avec le Groenland sous souveraineté danoise. Pourtant, ce transfert aérien ouvre la porte à une dépendance accrue vis-à-vis du Canada, potentiellement influencée par des accords commerciaux comme le CETA (Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada). Critiquement, cela affaiblit la crédibilité diplomatique de Paris, surtout dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis sur le Groenland. Comment la France peut-elle défendre son influence stratégique si elle ne protège pas ses propres confins ? La sénatrice Girardin propose une coopération internationale avec le Danemark et le Groenland pour contrer le « retour assumé des impérialismes », mais l’Élysée semble sourd à ces appels. Ce cas n’est pas anodin : il préfigure une Europe qui, pour fluidifier ses relations transatlantiques, sacrifie les marges françaises, rendant l’Hexagone plus vulnérable et moins global.

Nouvelle-Calédonie : Des accords qui masquent une capitulation progressive

Plus au sud, en Nouvelle-Calédonie, les accords récents accélèrent cette dynamique de recul souverain. L’accord Élysée-Oudinot, signé le 19 janvier 2026 sous l’égide de Macron et de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, complète celui de Bougival de juillet 2025. Il instaure un « État calédonien » associé à la France, avec une citoyenneté locale, des compétences élargies en fiscalité, immigration et relations internationales (bien que limitées), un droit à l’autodétermination futur, et des transferts conditionnels en sécurité, justice et défense. Des investissements massifs de l’État pour les comptes sociaux, une double nationalité, et la capacité de signer des traités internationaux tout en maintenant des liens avec la France pour l’euro et la diplomatie : sur le papier, cela semble équilibré. Mais en réalité, cela contourne les résultats des référendums d’autodétermination de 2018 (53,3 % pour le maintien dans la France), 2020 (56,7 %) et 2021 (96,5 %, boycotté par les indépendantistes).

 Les critiques fusent : cet accord dilue le poids des Kanaks autochtones en ouvrant le corps électoral aux résidents récents, modifiant les équilibres démographiques. Des voix comme Nicolas Dupont-Aignan y voient une capitulation préparant une indépendance de facto, un déni de démocratie. Les loyalistes évoquent un parallèle avec l’exode des pieds-noirs d’Algérie en 1962, avec perte de propriétés et trahison par la métropole. Géopolitiquement, la Nouvelle-Calédonie représente 25 % des réserves mondiales de nickel, essentiel pour les technologies vertes, et renforce la position maritime française dans l’Indo-Pacifique via sa zone économique exclusive. Perdre le contrôle expose l’archipel à l’influence chinoise, américaine ou australienne, affaiblissant Paris dans un contexte de tensions régionales.

L’accord de juillet 2025, dit « Le Pari de la confiance », né des émeutes de mai 2024 (14 morts), crée déjà un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République avec autonomie accrue et transferts de compétences régaliennes. Macron le salue comme un « chemin d’avenir partagé », mais il est perçu comme un renoncement, contredisant la République indivisible et ouvrant à une fragmentation. Les indépendantistes y voient une étape vers la souveraineté pleine, les loyalistes un compromis précaire risquant de nouvelles violences. Cet effet domino pourrait toucher la Polynésie ou la Réunion, amplifiant la perte territoriale.

Vers une Europe expurgée : Implications pour l’UE et la souveraineté française

Ces cas s’inscrivent dans une tendance plus large : une Europe sans frontières qui, pour se consolider, expurge les territoires ultramarins ne s’intégrant pas parfaitement à son modèle. Les PTOM comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou la Nouvelle-Calédonie sont des OCT sous droit UE, hors marché intérieur mais bénéficiant de liens préférentiels. Pourtant, leur statut hybride – citoyens UE mais territoires éloignés – pose problème dans une Union obsédée par l’harmonisation. La stratégie indo-pacifique de Macron, lancée depuis la Nouvelle-Calédonie en 2018, vante la souveraineté française comme atout européen, mais les transferts d’autonomie contredisent cela.

Critiquement, ces abandons affaiblissent la France : perte de 350.000 km² de ZEE dans des disputes comme celles avec Vanuatu sur des îlots calédoniens, exposition à des puissances rivales, et repli sur un espace continental amoindri. L’Europe sans frontières devient une Europe sans ambitions globales, où la France, jadis impériale, se mue en simple province. Macron, accusé de faiblesse, ignore les référendums et cède aux pressions, motivé par des intérêts obscurs. Cette politique contredit le « non » français au traité constitutionnel européen de 2005 et risque un effet domino sur la Corse ou la Guyane.

En conclusion, ces renoncements ne sont pas des évolutions naturelles mais des choix politiques qui érodent l’essence de la France. Pour retrouver sa souveraineté, Paris doit rejeter cette Europe expurgée et réaffirmer son ancrage ultramarin, sous peine de devenir une nation diminuée dans un monde multipolaire.

https://multipol360.com/la-france-cede-encore-du-terrain-vers-une-europe-sans-frontieres-ni-horizons-ultramarins/


D) - Vers une détente russo-américaine ?  

La rencontre Poutine-Witkoff ouvre la voie à des négociations sur l’Ukraine

Dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes autour de l’Ukraine, une rencontre significative s’est tenue ce vendredi au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et une délégation américaine menée par Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis Donald Trump.

Accompagné de Jared Kushner et de Joshua Grunbaum, conseiller principal à la Maison Blanche spécialisé dans les questions économiques, Witkoff a transmis des messages directs de Washington, soulignant une volonté commune de paix entre Moscou et la Maison Blanche.

Cette entrevue, qualifiée de « substantielle et constructive » par le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, marque un pas supplémentaire vers un dialogue diplomatique, écho des efforts déployés depuis la rencontre au sommet d’Anchorage en août dernier.

Un échange franc et confiant au kremlin

La discussion, qui a duré environ quatre heures, s’est déroulée dans une atmosphère de « franchise et de confiance maximales », selon Ouchakov. Les représentants américains, tout juste arrivés de Davos où ils ont participé à des événements aux côtés de Donald Trump – y compris une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky –, ont partagé des impressions de première main sur ces échanges. Cette proximité avec les événements récents a permis d’aborder en profondeur la crise ukrainienne, avec un accent mis sur la nécessité d’une résolution politique et diplomatique.

Comme l’a rappelé Ouchakov, Vladimir Poutine a réaffirmé la position russe : une aspiration sincère à un règlement pacifique, tout en maintenant que la Russie poursuivra ses objectifs militaires tant qu’une solution diplomatique n’est pas trouvée. « Nous souhaitons sincèrement un règlement de la crise ukrainienne par des méthodes politiques et diplomatiques », a insisté le président russe, tout en soulignant que les forces armées russes conservent l’initiative stratégique sur le terrain. Cette déclaration fait écho au discours de Vladimir Poutine lors de la conférence de presse conjointe avec Trump à Anchorage le 15 août, où il avait exprimé l’espoir que les ententes russo-américaines ouvrent « la voie vers la paix en Ukraine », en appelant Kiev et les capitales européennes à éviter toute provocation.

Du côté américain, la volonté de paix est tout aussi évidente. L’administration Trump, par l’intermédiaire de ses émissaires, démontre un désir de comprendre les racines du conflit et de contribuer activement à sa résolution. Comme l’avait noté Poutine à Anchorage, « nous voyons l’aspiration de l’Administration américaine et personnellement du Président Trump à contribuer à la résolution du conflit ukrainien ». Cette convergence d’intérêts – loin des confrontations de l’ère précédente – illustre une volonté partagée de passer de la confrontation au dialogue, bénéfique non seulement pour les deux superpuissances mais pour la stabilité mondiale.

Des accords concrets pour avancer vers la paix

 Les négociations ont abouti à des avancées tangibles. Dès ce vendredi 23 janvier, une première réunion d’un groupe de travail trilatéral sur la sécurité – impliquant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine – se tiendra à Abu Dhabi. Parallèlement, un groupe bilatéral russo-américain sur les questions économiques, dirigé par Kirill Dmitriev (côté russe) et Steve Witkoff (côté américain), se réunira au même endroit. La délégation russe, déjà formée et en route pour les Émirats arabes unis, est conduite par l’amiral Igor Kostioukov, chef de la Direction générale de l’État-major des forces armées russes. Poutine a personnellement donné des instructions détaillées à cette équipe, intégrant les éléments discutés avec les Américains.

Un point central des échanges a été la question territoriale, indispensable à un règlement durable. Ouchakov a insisté sur le fait qu’aucune paix ne sera possible sans une résolution conforme à la « formule convenue à Anchorage », un cadre bilatéral établi lors du sommet d’août qui vise à équilibrer les intérêts des parties.

Cette approche pragmatique reflète la détermination de Moscou et Washington à prioriser la diplomatie, tout en reconnaissant les réalités sur le terrain.

Initiatives économiques et le « conseil de la paix »

Au-delà de l’Ukraine, la rencontre a porté sur des initiatives plus larges. Notamment, l’idée de Donald Trump de créer un « Conseil de la paix » a été discutée, avec une contribution russe proposée à hauteur de 1 milliard de dollars, financée par les actifs russes bloqués sous l’administration précédente. Le reste de ces réserves pourrait être alloué à la reconstruction des territoires affectés par les hostilités, une fois un traité de paix signé entre Moscou et Kiev. Cette proposition symbolise une volonté de transformer les sanctions passées en outils de réconciliation.

Les discussions ont également effleuré des questions régionales, comme la situation au Groenland, et le potentiel de coopération bilatérale dans divers domaines. Ouchakov a souligné que « nos pays ont un énorme potentiel de coopération », marquant un virage conceptuel vers une relation plus constructive.

Les deux parties se sont engagées à maintenir des contacts étroits, non seulement sur l’Ukraine mais sur d’autres dossiers internationaux.

Une étape prometteuse dans un contexte fragile

Cette rencontre au Kremlin, la première impliquant Joshua Grunbaum dans l’équipe américaine, intervient après une période de gel des relations bilatérales, qualifiée par Poutine à Anchorage comme la plus basse depuis la Guerre froide. Elle confirme l’actualité d’un redémarrage du dialogue, préparé minutieusement, et alimente l’espoir d’un règlement en Ukraine. Cependant, comme l’avait averti le président russe, tout progrès dépendra de la coopération de Kiev et de l’Europe, sans « provocations ou intrigues en coulisses ».

En somme, cette entrevue illustre une volonté de paix affirmée tant par Washington que par Moscou. L’administration Trump, avec son approche pragmatique, et le Kremlin, avec son insistance sur des solutions diplomatiques, semblent alignés pour dénouer la crise. Reste à voir si les réunions d’Abu Dhabi transformeront ces intentions en actions concrètes, ouvrant une nouvelle ère de stabilité en Europe de l’Est.

https://multipol360.com/vers-une-detente-russo-americaine/ 

 


E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

Dans un monde où les institutions internationales comme l’ONU peinent à imposer la paix, Donald Trump, fidèle à son style disruptif, propose un « Conseil de la Paix » comme alternative. Annoncé lors du sommet de Davos le 21 janvier 2026, ce conseil vise à résoudre des conflits majeurs, notamment à Gaza et en Ukraine, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Mais lorsque Trump invite Vladimir Poutine à rejoindre cette initiative, la réponse russe n’est pas une adhésion enthousiaste : c’est une riposte conditionnelle, teintée d’ironie, qui met en lumière les limites des négociations américaines.

Comme le soulignent certains observateurs, Vladimir Poutine, connaissant bien les Américains et Trump en particulier – ce maître des deals qui négocie tout et n’importe quoi –, ne s’engage pas vraiment. Cette réponse semble plus une pirouette diplomatique qu’une proposition économique sérieuse, exposant les faiblesses d’un projet perçu comme une « ONU version MAGA ».

Le contexte : un conseil de paix à l’américaine

Le « Conseil de la Paix », présidé par Donald Trump lui-même (potentiellement à vie, selon des fuites), est conçu pour contourner l’ONU, jugée inefficace par Washington.

Les membres permanents doivent verser un milliard de dollars, une somme qui financerait des opérations de paix, à commencer par la reconstruction de Gaza après des mois de conflit. Trump a envoyé des invitations à des alliés traditionnels comme la France, l’Allemagne ou le Canada, mais aussi à des figures jugées controversées par l’establishment : Vladimir Poutine, Javier Milei (Argentine), Viktor Orban (Hongrie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), et même Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil). Le Kremlin a confirmé le 19 janvier que Vladimir Poutine avait reçu cette invitation via des canaux diplomatiques, et qu’il demandait à son ministère des Affaires étrangères d’étudier la proposition. Donald Trump, de son côté, a rapidement affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait « accepté », mais cela semble une déclaration hâtive qui ignore les nuances russes.

Cette initiative s’inscrit dans une phase deux du plan Trump pour Gaza, après un cessez-le-feu fragile obtenu sous pression américaine. Mais au-delà du Moyen-Orient, elle touche l’Ukraine : Trump voit ce conseil comme un levier pour négocier avec Moscou, potentiellement en reliant les avoirs russes gelés (environ 300 milliards de dollars bloqués depuis 2022) à des accords de paix.

La riposte russe : conditions et ironie sous-jacente

La réponse de Vladimir Poutine, diffusée lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe le 21 janvier, est tout sauf une capitulation.

Il accepte en principe d’étudier l’invitation et de payer le milliard requis, mais avec une condition astucieuse : prélever cette somme sur les avoirs russes gelés aux États-Unis.

Les fonds restants pourraient servir à reconstruire les territoires ukrainiens endommagés et à aider la Palestine, en soulignant les « relations particulières » entre Moscou et le peuple palestinien. Cette proposition force Washington à « rendre » indirectement de l’argent perçu comme « détourné » par les sanctions, tout en liant l’Ukraine et Gaza – deux fronts où les intérêts russes et américains s’opposent.

Ici réside l’ironie profonde : Vladimir Poutine ne négocie pas vraiment. Connaissant Donald Trump, cet homme d’affaires qui transforme toute discussion en deal opportuniste, le leader russe sait que les Américains excellent dans les promesses non tenues. Depuis leur amitié affichée lors du premier mandat de Trump (marquée par des sommets comme Helsinki en 2018), Poutine a vu les volte-face : sanctions persistantes, soutien à l’Ukraine sous Biden, et maintenant une invitation qui sent le piège. En posant des conditions impossibles sans concessions majeures de Washington (comme lever les gels d’avoirs), Vladimir Poutine transforme l’offre en une « moquerie ». Ce n’est pas une négociation économique sérieuse – après tout, un milliard est une goutte d’eau pour la Russie – mais une façon de « ridiculiser » l’arrogance américaine. Comme le note Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, Moscou veut « clarifier toutes les nuances » avec les États-Unis, une formule diplomatique pour dire : « Nous ne nous précipitons pas dans votre piège. »

Réactions internationales : scepticisme et rejets

Les réactions ne se font pas attendre. La France, invitée mais dubitative, n’entend pas donner suite, estimant que le projet « soulève des questions majeures ». L’Allemagne et d’autres alliés européens partagent ce scepticisme, craignant une marginalisation de l’ONU et une légitimation de figures comme Poutine ou Loukachenko (Biélorussie). En Russie, les médias d’État présentent cela comme une ouverture, mais les analystes y voient une stratégie pour regagner des actifs perdus. Sur les réseaux, comme sur X, des voix comme celle de François Asselineau qualifient cela de « réponse du berger à la bergère », soulignant l’humour piquant de Vladimir Poutine.

Géopolitiquement, ce épisode illustre un monde multipolaire où les puissances comme la Russie ou la Chine (potentiellement invitée via les BRICS) ne se soumettent plus aux diktats américains. 

Donald Trump, en invitant Vladimir Poutine, espère diviser pour régner, mais risque d’exposer les faiblesses de son conseil : sans consensus large, il pourrait devenir une farce impériale.

L’ironie comme arme diplomatique

En fin de compte, la réponse de Vladimir Poutine n’est pas une négociation authentique, mais une ironie calculée. Connaissant les Américains et Donald Trump – ce négociateur en série qui voit le monde comme un casino –, le président russe utilise cette invitation pour retourner la situation à son avantage, sans céder un pouce. Ce n’est pas économique, c’est stratégique : une façon de rappeler que la paix ne s’achète pas à un milliard. Dans ce contexte, le « Conseil de la Paix » risque de rester une chimère trumpienne, tandis que la multipolarité s’affirme, ironie du sort.

https://multipol360.com/la-reponse-ironique-de-vladimir-poutine-au-conseil-de-paix-de-donald-trump/

 


F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

En 2026, l’Europe se trouve à un carrefour historique, marquée par une dépendance croissante vis-à-vis des États-Unis. Ce qui était autrefois une alliance transatlantique équilibrée s’est muée en une relation asymétrique, où l’Union européenne (UE) agit souvent comme un simple prolongement des intérêts américains. Cette « vassalisation » – un terme de plus en plus employé par les analystes – s’illustre par des accords commerciaux imposés, une subordination militaire via l’OTAN et une rupture forcée avec la Russie, accélérée par la guerre en Ukraine. Basé sur des analyses récentes, cet article explore comment l’Europe est devenue un « jouet » des États-Unis, selon l’expression de Günther Burbach, et les voies possibles pour retrouver une souveraineté stratégique.

Les racines historiques de la dépendance : du plan Marshall à la fin de la guerre froide

La vassalisation de l’Europe n’est pas un phénomène récent, mais le fruit d’une évolution post-Seconde Guerre mondiale.

Le Plan Marshall, lancé en 1947 par les États-Unis, a fourni une aide massive à l’Europe dévastée, mais en échange d’une intégration économique centrée sur le dollar.

Avec seulement 1 milliard de dollars en prêts initiaux, les États-Unis ont forcé la moitié du continent à adopter le billet vert pour rembourser, établissant ainsi une suprématie monétaire qui perdure. L’OTAN, créée en 1949, a scellé cette dépendance militaire :

comme l’a dit Lord Ismay, son premier secrétaire général, l’alliance visait à « garder les Américains dedans, les Allemands en bas et les Russes dehors ».

La fin de la Guerre froide en 1991 aurait pu marquer l’émancipation de l’Europe. Au lieu de cela, l’élargissement de l’OTAN et de l’UE a approfondi la dépendance. Les États-Unis ont promu l’ « élargissement » des démocraties de marché sous leur parapluie sécuritaire, transformant l’Europe en une sphère d’influence américaine. Depuis les années 1990, les pays européens ont démilitarisé, profitant d’un « dividende de la paix » qui a réduit leurs budgets défense, les rendant encore plus tributaires de Washington. Aujourd’hui, l’Europe représente 5 % de la population mondiale, mais sa voix géopolitique est étouffée par cette subordination.

La guerre en Ukraine : accélérateur de la vassalisation

La crise ukrainienne, déclenchée en 2014 par le Maïdan et exacerbée par l’invasion russe de 2022, a servi de catalyseur. Les États-Unis ont investi plus de 5 milliards de dollars en « promotion de la démocratie » en Ukraine avant 2014, selon Victoria Nuland, alors sous-secrétaire d’État. Armes, formations militaires et intégration d’ONG américaines ont aligné Kiev sur l’Occident, sans adhésion formelle à l’OTAN, isolant ainsi la Russie de l’Europe. Le sabotage des pipelines Nord Stream en 2022 a forcé l’UE à se détourner du gaz russe bon marché, optant pour du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, vendu à prix premium.

Cette rupture énergétique n’a pas accru l’autonomie européenne ; elle l’a remplacée par une nouvelle dépendance. Des terminaux GNL en Allemagne (Wilhelmshaven, Brunsbüttel) illustrent cette bascule, au détriment de l’industrie européenne, qui souffre de coûts énergétiques élevés et d’une déindustrialisation accélérée. Le rapport RAND de 2019, « Extending Russia », révèle une stratégie américaine pour affaiblir Moscou en exploitant les divisions européennes. Résultat : l’Europe paie le prix économique, tandis que les États-Unis renforcent leur hégémonie.

L’accord commercial de 2025 : symbole d’une capitulation économique

L’accord commercial signé en juillet 2025 entre Donald Trump et Ursula von der Leyen marque un point d’inflexion. Présenté comme un « compromis », il impose à l’UE d’importer 750 milliards de dollars de gaz de schiste américain et d’investir 600 milliards aux États-Unis, tout en subissant des tarifs douaniers de 15 % sur ses exportations clés (voitures, machines, semi-conducteurs). Les produits américains entrent quasi duty-free, transformant l’Europe en un marché captif. Trump a exploité la dépendance militaire : l’OTAN, avec son « parapluie nucléaire » et ses systèmes cyber, logistiques et satellitaires, est devenu un levier pour exiger des paiements.

Les élites européennes, comme von der Leyen (vue comme « ambassadrice de Washington« ) et Friedrich Merz (ex-BlackRock), gèrent cette impuissance sans résistance réelle. Macron critique timidement, mais reste silencieux sur les sanctions américaines ou la déindustrialisation. Cette dépendance s’étend aux logiciels (Microsoft, AWS, Palantir), à la finance (dollar dominant, SWIFT) et à la défense (F-35, systèmes antimissiles). Un scénario hypothétique – Trump exigeant 2.000 milliards d’euros annuels pour la protection – expose l’absence de « plan B » européen.

Vers une autonomie stratégique ? les défis et les perspectives

Malgré les appels à l’« autonomie stratégique » – un concept cher à Emmanuel Macron et Josep Borrell – l’Europe peine à s’affirmer. Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) avertit que l’UE devient un « vassal » des États-Unis, perdant son indépendance en suivant la stratégie anti-Chine de Washington. Des accords bilatéraux hors OTAN émergent (comme entre le Royaume-Uni et l’Allemagne), et l’UE accélère ses capacités de défense communes, mais ces efforts sont surpassés par l’expansion de l’OTAN et la doctrine américaine.

Pour inverser la tendance, l’Europe doit construire une défense souveraine (avec la France, l’Italie, les pays scandinaves), un commandement cyber indépendant, des partenariats énergétiques diversifiés (Afrique, Asie, Amérique latine) et une souveraineté numérique (nuages propres, puces, normes). Restaurer des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques, est crucial. Sinon, l’Europe risque de se replier en une « coquille géopolitique vide ».

Trump n’est pas le problème, mais un miroir de l’oubli européen de l’indépendance. Face à des empires comme la Chine, la Russie et les États-Unis, l’UE doit choisir : fédération et autodétermination, ou déclin en vassal divisé. L’enjeu n’est pas seulement économique, mais civilisationnel : l’Europe doit-elle rester un centre de pouvoir, ou un simple théâtre des grandes puissances ?

 

septembre 27, 2025

Justice indépendante, un monde à deux vitesses ? Affaire Sarkozy corruption ou pas !

Entre Mur des "cons", syndicalisme, et, partialité de 19 juges; un(e) seul(e) en déciderait ?

La condamnation de Nicolas Sarkozy : un coup d’état judiciaire ?


Le verdict du 24 septembre 2025 condamnant Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison ferme dans l’affaire libyenne soulève une certaine indignation, mais aussi des questions sur les zones d’ombre de son passé.

Si la justice semble dévoyée avec un renversement de la charge de la preuve, une exécution provisoire contestable et une immunité pour les faux médiatiques, – comme l’a analysé Philippe de Villiers sur CNews – Sarkozy n’est pas exempt de reproches.

 

Son rôle dans la mort de Kadhafi, qui a éliminé un témoin potentiel, et sa « trahison » du peuple français via le traité de Lisbonne pourraient être vus comme un retour de bâton. Pendant ce temps, son fils Louis semble prêt à reprendre le flambeau politique, suggérant que la dynastie Sarkozy n’est pas éteinte. Beaucoup de questions restent en suspens…

 


 

Le tribunal a balayé trois chefs d’accusation – absence de corruption, d’enrichissement personnel et de financement libyen avéré pour la campagne de 2012 – pour ne retenir que l’association de malfaiteurs, basée sur un « faisceau d’indices » ténu. Après une décennie d’enquête coûteuse, ce verdict apparaît comme un point de bascule judiciaire, selon l’analyse de Philippe de Villiers sur CNews le 26 septembre : la charge de la preuve bascule vers l’accusé, obligé de démontrer son ignorance des actes de ses collaborateurs. Dans un véritable État de droit, c’est à l’accusation de prouver la culpabilité ; ici, l’absence de preuves concrètes devient un argument contre Sarkozy. De Villiers souligne ce renversement comme hallucinant : « Quand il n’y a rien, il n’y a rien à prouver. » Cette inversion évoque les pratiques américaines, où deux récits s’affrontent et l’un l’emporte par pure politique.

L’exécution provisoire et le mandat de dépôt différé aggravent l’indignité : Sarkozy, qui s’est toujours présenté devant les juges, sera incarcéré d’ici janvier 2026, avant même l’appel. Cela prive les politiques du double degré de juridiction, les plaçant en position d’infériorité dès la première instance. Conçue pour empêcher récidives ou fuites, cette mesure semble détournée ici, comme dans d’autres affaires impliquant des figures de droite.

De Villiers y voit une jurisprudence dangereuse, appliquée déjà à Marine Le Pen et promise à d’autres, comme Jordan Bardella (qui verra peut-être arriver son tour au moment opportun).

Les juges, en imposant l’exécution provisoire, transforment les politiques en « petites souris » qu’ils manipulent à loisir, effaçant le pouvoir législatif et exécutif au profit d’un prêtoire tout-puissant.
Ajoutez à cela un troisième outrage, relevé par de Villiers : l’immunité accordée aux faux est criante : le document clé de l’accusation, relayé par Mediaparts’est révélé falsifié, pourtant sans poursuites. Cette impunité pour les « médias du camp du bien » transforme la presse en outil judiciaire, coûtant cher au contribuable sans responsabilité pénale. Sarkozy, réagissant avec dignité à la sortie de l’audience – « Après 10 ans d’enquête, des millions dépensés pour un financement inexistant » – incarne une certaine résilience, mais cette affaire soulève des doutes sur son innocence totale.
 
 

 

Car nuançons : Sarkozy n’est pas un agneau immaculé.

Son intervention décisive en Libye en 2011, sous mandat ONU, a précipité la chute et la mort par lynchage de Mouammar Kadhafi en octobre de la même année.

Kadhafi, accusé d’avoir financé Sarkozy avec 50 millions d’euros, était un témoin clé potentiel ; sa disparition violente a-t-elle opportunément fermé des bouches ? L’affaire libyenne, avec ses allégations de pacte occulte, laisse planer des ombres sur les motivations de cette guerre, qui a plongé la Libye dans le chaos et favorisé l’immigration incontrôlée vers l’Europe. Était-ce une coïncidence bienvenue ?

De même, le traité de Lisbonne de 2008 reste une plaie ouverte : après le rejet populaire du traité constitutionnel par référendum en 2005 (55 % de non), Sarkozy a contourné la volonté du peuple en le faisant ratifier par le parlement. Cette « trahison » démocratique, vue comme un déni de souveraineté, pourrait être interprétée comme un retour de bâton judiciaire. En imposant une Europe supranationale sans consultation, Sarkozy a alimenté le sentiment d’une élite déconnectée, propice à des règlements de comptes via les tribunaux.

N’est-ce pas l’ironie du sort pour un homme qui a souvent joué avec les règles ?

Malgré ces nuages, la dynastie Sarkozy semble loin d’être éteinte. Son fils Louis, âgé de 28 ans, se lance en politique : candidat à la mairie de Menton pour les municipales de mars 2026, il multiplie les apparitions publiques, promouvant un livre sur Napoléon et soutenant son père lors du procès. Formé aux États-Unis, avec un passé militaire et des ambitions affichées, Louis pourrait reprendre le flambeau, perpétuant un héritage familial controversé mais résilient. La relève est-elle prête à affronter les mêmes tempêtes judiciaires ?

Beaucoup de questions restent en suspens : le « faisceau d’indices » tiendra-t-il en appel ? Kadhafi mort, qui corroborera les allégations ? Et si cette condamnation n’était que le symptôme d’une justice idéologisée, inversant la barbarie – quatre ans pour le logeur du Bataclan, cinq pour Sarkozy ?

Du « Mur des cons » aux scalps collectionnés, la magistrature semble cibler les puissants de droite.


 

Cette indignité judiciaire ébranle une fois de plus la République, mais elle interroge aussi les actes passés de Sarkozy. L’histoire jugera-t-elle au-delà des tribunaux ?

https://multipol360.com/la-condamnation-de-nicolas-sarkozy-un-coup-detat-judiciaire/

 
A PROPOS DU MOBILE D'UN DELIT NON EXPLIQUE
 
J'avoue que je n'ai pas le courage de lire en entier les 400 pages du jugement de Madame Nathalie Gavarino et de ses deux collègues, ni d'essayer de comprendre comment, en l'absence de toute preuve tangible, leur "intime conviction" permet d'établir que Sarkozy a eu l'intention (un peu comme dans Minority Report) de commettre un délit de détournement de fonds dont les juges ne parviennent pas à démontrer l'existence !
 
En revanche, est-ce qu'elle et ses copains expliqueraient, par hasard, la raison pour laquelle Kadhafi, à l'époque très proche de Silvio Berlusconi et plutôt réconcilié avec Jacques Chirac, aurait accepté de renflouer illégalement Sarkozy et ses sbires ? 
 
Ministre de l'Intérieur au moment des faits, à la fin 2005, ce dernier n'avait que peu de choses à "vendre" au Raïs de la Tripolitaine, en échange de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Peut-être faudrait-il ou aurait-il fallu commencer par cela - dans la mesure où c'est curieusement le même Sarkozy qui fut très largement à l'origine de la chute puis de l'exécution du dictateur libyen cinq ans plus tard.
 
La thèse du chantage potentiel ne paraît pas crédible, car précisément la possibilité d'un tel chantage aurait dû contraindre Sarkozy à demeurer jusqu'au bout dans les petits papiers du chef de la Jamahiriya, capable de révéler sa prétendue indignité quand il le voulait.
 
A moins que l'ancien ministre, si vigoureusement atlantiste, de Jacques Chirac, n'ait eu d'autres fi... ?
Mon Dieu, je n'ose même pas continuer...

Gabriel Nerciat Larvatus


 
La condamnation d’un ancien Président de la République à une peine de prison ferme n’a de précédent que celles de Louis XVI et de Pétain, dans des circonstances historiques exceptionnelles.

septembre 25, 2025

Philippe de Villiers plus de deux millions de signatures !

Deux millions de signatures… Pétition sur l’immigration : la bombe Villiers

En quinze jours, la pétition lancée par Philippe de Villiers, exigeant un référendum sur l'immigration, approche les 2 millions de signatures. Un événement significatif, tant le sujet est devenu, malgré les tiédeurs politiques, un enjeu national prioritaire. 
 

 
 
C’ est une vague qui se lève. Le 12 septembre dernier, Philippe de Villiers en était déjà convaincu. Face à Eliot Deval pour son rendez-vous hebdomadaire du vendredi sur CNews, il annonçait, prophétique, un succès que l’avenir lui confirmera. Cette vague, c’est une pétition lancée par le fondateur du Puy du Fou, exigeant « un référendum sur l’immigration » pour « la survie de la France ». Lancée le 6 septembre, elle approche les 2 millions de signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes. De jour en jour, les chiffres gonflent. « Aujourd’hui, nous sommes1 700 000. Demain, nous serons 2 000 000. Puis 3 000 000. Et davantage », martèle Villiers le 19 septembre. « On en est à 70 signatures par minute », confie-t-il à Valeurs actuelles.
« Cette pétition a déjà reçu plus de 6 millions de visites, les posts de Philippe de Villiers sur ce sujet totalisent plus de 4 millions de vues »
 , s’enthousiasme Ludovic de Froissard sur Europe 1. Ce communicant, présenté par l’animatrice Christine Kelly comme « celui qui a aidé Philippe de Villiers à lancer cette pétition », ne cache pas sa satisfaction. Dans une actualité politique tourmentée, cette initiative a eu l’effet d’une petite bombe. Elle a figé les forces politiques du bloc central dans leurs tractations gouvernementales et, surtout, plongé la droite dans ses divergences stratégiques et tactiques. De manière assez surprenante, c’est Laurent Wauquiez qui, le premier, signa la pétition et le fit savoir. Un gage à la droite de son électorat ? « Plutôt un moyen d’aller chercher noise à Bruno Retailleau », s’amuse un parlementaire de la Droite républicaine.

​Au Rassemblement national, si le porte-parole et député RN Julien Odoul a bel et bien signé la pétition, tout comme le vice-président et édile de Perpignan, Louis Aliot, Marine Le Pen et Jordan Bardella se montrent prudents. « Je n’ai pas pour habitude de signer des pétitions ou de manifester », balaye la triple candidate à l’élection présidentielle, qui met en avant la capacité de son groupe à mener ce combat sur le front parlementaire. Un argument qui fait soupirer à droite. « Elle n’a pas hésité à lancer une pétition et à organiser une manifestation après son jugement », grince-t-on. ​Dans le parti d’Éric Zemmour, intime de Philippe de Villiers, on encourage les militants et sympathisants à signer. L’ancien candidat à l’élection présidentielle et l’eurodéputée Sarah Knafo l’ont fait et le font savoir. À droite, des personnalités comme Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot ont également apposé leur signature. Ce lundi, Marion Maréchal s’est jointe au mouvement. François-Xavier Bellamy pourrait suivre. Toutes les chapelles de droite réunies par une même pétition. Une première, là aussi. Tous savent que la lutte contre l’immigration fédère plus que n’importe quel autre thème au sein de leurs électorats. Selon un sondage CSA du 19 septembre pour Europe 1, CNews et le Journal du dimanche , 72 % des Français se disent favorables à un référendum sur la politique migratoire.

Le doigt du sage et la Lune

​Depuis dix ans, des sondages de cet acabit saturent l’actualité médiatique et nourrissent des débats toujours plus passionnés. À tel point que ce succès déchaîne le “camp du progrès”. Les articles fleurissent par dizaines. Les accusations de “chiffres tronqués” et d’“absence de vérification” se multiplient. Elles croisent d’autres arguments plus pernicieux, notamment l’impossibilité juridique de tenir un référendum sur la question migratoire. Le site doit aussi faire face à des cyberattaques d’ampleur. Les hostilités étaient prévisibles. « Ai-je une tête à trembler devant Libération ou Ouest-France ? », s’amuse Philippe de Villiers sur CNews, qui préfère dénoncer « ceux qui regardent le doigt du sage au lieu de regarder la Lune ». Comme une manière de dire : peu importe la forme, l’idée est lancée. « Maintenant, il faut que tous les gens sensibles à cette idée s’expriment et que les politiques s’en emparent », martèle Ludovic de Froissard. Visiblement, le message a été entendu. Paris, dans le très cossu VIe arrondissement, le 17 septembre. Dans l’annexe d’un bar opportunément nommé la Démocratie, plus d’une centaine de sympathisants de Reconquête ! discutent fermement. Certes, le premier tour de l’élection législative partielle dans cette circonscription est l’un des objets de préoccupation. Ils sont d’ailleurs venus applaudir le candidat zemmouriste Hilaire Bouyé. Mais tous évoquent l’initiative de Villiers. Après tout, Éric Zemmour n’était-il pas invité à Londres, le 13 septembre, pour soutenir la manifestation organisée par le militant anti-immigration britannique Tommy Robinson ?  

« Je n’y ai pas vu l’extrême droite, confie Zemmour. C’était le peuple anglais de toujours, celui qui a suivi Churchill contre les élites qui voulaient pactiser avec Hitler. »
Dans l’assemblée, la marée de drapeaux de l’Union Jack, eux aussi tricolores, a marqué les esprits. Au point de lancer des émules en France ? Beaucoup y pensent.

​Dans le parti zemmouriste, les discussions vont bon train. Certains jugent l’entreprise périlleuse. « Depuis 1945, combien de fois la droite s’est-elle massivement mobilisée ? Deux fois ? Trois fois ? », interroge un communicant présent. C’est effectivement peu face à la force de mobilisation de la gauche. Paris n’est pas Londres. Quoi qu’il en soit, des professionnels de l’événementiel ont été contactés, jaugés, consultés. Dans tous les réseaux de droite, le sujet revient, prégnant : que faire de ces presque 2 millions de signatures ?

​De son côté, Philippe de Villiers livre un ultime avertissement à Valeurs actuelles :  

« Si les pétitionnaires ne sont pas entendus ou écoutés, si la question de l’immigration ne redevient pas centrale, si le président de la République ne s’exprime pas pour leur répondre de manière positive, je pense qu’ils seront tentés par la voie anglaise. » Comme si cette pétition n’était qu’un début. « Il faudra bien que je les suive car j’en suis l’initiateur » 

, sourit le Vendéen. 

Philippe de Villiers : “Il faudra, au sommet de l’État, quelqu’un prêt au sacrifice”

Avec des mots profonds sur la France, et parfois tranchants pour Emmanuel Macron ou Bruno Retailleau, Philippe de Villiers a accepté de revenir pour Valeurs actuelles sur l'avenir du pays et sa nouvelle vie. Après une saison pas comme les autres, remise en perspective avec un parcours mêlant les tempêtes de face et le vent arrière du renouveau.  
 
Valeurs actuelles. Comment résumeriez-vous ce qui vous arrive depuis le lancement de votre émission sur CNews ? Même Libération évoque, à votre sujet, « un aristo plus si has been »
Philippe de Villiers. Hier, dénigré comme un paria, aujourd’hui célébré comme un visionnaire. Ainsi va la vie… J’ai connu les sommets et les abîmes ; les montagnes russes, en somme. Quand je vois les jeunes politiciens s’enivrer de leurs succès éphémères, grisés par l’euphorie, je me dis que, un jour, ils comprendront… Aujourd’hui, je ne suis impressionnable ni par les creux ni par les bosses. Je jette toutes mes forces à l’écran pour que la France ne meure pas !

Ma vie aura été une succession de ruptures fondatrices. À peine entré à l’Ena, je crée le Puy du Fou pendant ma scolarité. Le directeur, Pierre-Louis Blanc, me convoque par deux fois et me menace de renvoi : « Vous êtes un apprenti fonctionnaire, pas un saltimbanque. » La deuxième rupture survient le 10 mai 1981. Je regarde Jean-Pierre Elkabbach annoncer les résultats de l’élection, je vois le visage du nouveau président… François Mitterrand vient d’être élu. Sous-préfet de Vendôme, j’écris ma lettre de démission. Je quitte tout. À chaque rupture, on voit les têtes qui se tournent, qui se détournent: plus d’appels, plus de cartes de vœux, plus de contacts. On se retrouve seul, face à soi-même. Méditant la phrase de Pascal : « Le silence éternel des espaces infinis m’effraie. » Le retour à la vraie vie. Les épreuves m’ont débarrassé des vanités du monde.

En 1986, je me retrouve secrétaire d’État à la Culture. Le Premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac, m’appelle : « Prends ta valise et viens à Paris. » J’arrive. On me présente à François Léotard, à Alain Madelin. Je me retrouve malgré moi le héraut de la Vendée, seul ministre issu de la droite culturelle en pleine Mitterrandie.

Vous faisiez partie de la bande des “rénovateurs”. Vous étiez à la mode…
Oui, mais il s’agissait d’une illusion. Avec Michel Noir, Alain Carignon… Nous étions jeunes? Cela ne suffit pas. C’était la génération des sunlights, j’ai pris les jambes à mon cou… La grande rupture suivante fut ma démission de la présidence du conseil général de Vendée. Je suis parti du jour au lendemain. Mon bras droit (Bruno Retailleau, NDLR), qui travaillait à mes côtés depuis trente ans, avait des fourmis dans les jambes. Je l’avais connu comme jeune cavalier au Puy du Fou. Soudain, me voyant dans un moment de déréliction jugé par lui irréversible, le cavalier décide – c’est un classique – de changer de cheval. Il me quitte pour passer du MPF à l’UMP. Comme le jockey saute du canasson sur un pur-sang. Le canasson, c’était moi, le pur-sang, c’était Fillon. Alors, je lui laisse la place. Je rejoins Nicolas, mon fils, au Puy du Fou. Ensemble, nous faisons monter cette aventure sur le podium mondial, avec les oscars à Los Angeles. En quelques encablures, nous étions dans un trou, nous sommes sur le toit du monde.

En 1978, quand je suis arrivé sur la petite colline du Puy du Fou, j’étais porté par une intuition fondatrice: réhabiliter la Vendée. Alors, dix ans après, quand je suis devenu président du conseil général de la Vendée, en 1988, j’étais comme un surfeur fasciné par la mer de Corail, prêt à affronter les courants du large, quitte à être emporté. C’était l’automne. Dans deux mois, on allait célébrer le bicentenaire de la Révolution. J’avais deviné que ce bicentenaire serait un hymne à Robespierre, un hommage au bourreau. À la tête de la Vendée, je me voyais comme l’avocat de la victime. Je publie Lettre ouverte aux coupeurs de têtes et aux menteurs du bicentenaire et j’adresse à François Mitterrand un cahier de doléances pour exiger que le nom du général Turreau soit décroché de l’Arc de Triomphe. Pierre Juillet et Marie-France Garaud, qui habitaient non loin de chez moi, m’ont invité à dîner en tant que voisin. Pierre m’a dit: «C ‘est fini pour vous. Vous souffrez de deux handicaps : vous avez brisé la conformité théologique et vous n’avez pas la conformité anatomique. Pour réussir, il faut des épaules de serpent. Apprendre à se lover… Votre ligne est trop nette. »

Le combat contre Maastricht a fait de moi un lépreux de la vie politique. On me demande de porter une crécelle. Quand j’arrive dans les studios, je suis regardé comme un pestiféré. Souvenez-vous: tandis que je viens défendre mon livre les Mosquées de Roissy à 8 heures du matin sur Europe 1, Elkabbach me lance: «Monsieur de Villiers, une seule question pour commencer : êtes-vous sérieux ? » Voilà ce que j’ai vécu pendant quarante ans. Je pratiquais la devise de Richelieu: « Il faut gagner la rive comme les rameurs, en lui tournant le dos. »

Jusqu’au jour où Vincent Bolloré – un sourcier breton qui avait eu l’immense courage de suspendre les Guignols de l’info – vient me rendre visite en ami au Puy du Fou. Il vient voir le spectacle. Et il vient voir l’homme. « Je veux une émission de toi par mois », m’annonce-t-il. Finalement, ce sera une par semaine.

Avait-il déjà en tête le concept de votre émission?
Juste l’idée : je serais seul pendant une heure. Il fallait éditorialiser l’actualité. C’est au fil du temps qu’on a trouvé la formule. Avec des journalistes brillants. Geoffroy Lejeune, que je connais depuis longtemps. Et Eliot Deval, que j’ai découvert : nous nous sommes rencontrés autour d’un café, au Vauban, derrière les Invalides. Très vite, je découvre un garçon d’un immense talent, d’une finesse rare. Nous sommes devenus amis. Il m’appelle souvent sans raison, juste pour avoir des nouvelles. Je fais de même. Le trio s’est formé, naturellement. Dans une réelle harmonie. C’est une aventure. Les scores montent. On ne sait pas trop où on va…

Le public vous connaissait écrivain à la plume coruscante et découvre votre oralité. Une oralité littéraire, héritière de la chanson de geste, qui n’a rien à voir avec l’art oratoire des discours politiques…
Pour la première fois de ma vie, je peux aller au bout de mes phrases sans être interrompu. J’en éprouve une forme de joie intime. Cela paraît fou, mais les hommes politiques d’aujourd’hui ne savent plus faire de phrases. Donc, cela ne les dérange pas d’être interrompus. Ils ne sont plus francophones. Ils parlent en slogans: “oui”, “non”, “pas de souci”, “validé”. De mon côté, j’essaye de développer des syllogismes et d’enchaîner des analyses. On me laisse, dans cette émission, l’opportunité de dérouler, d’improviser, de créer, de ponctuer, de faire chanter le verbe. C’est pour moi un bain de jouvence.

Travaillez-vous à une forme de musicalité de la langue?
Non. Je n’ai pas l’intention d’inventer une nouvelle langue, comme Mélenchon. Mais il est vrai que la langue française est née avec la chanson de geste. La France est un acte littéraire et un acte mélodique. Il y a une musique des mots. Quand j’ai écrit le texte du Puy du Fou, on me disait autour de moi:« Les gens ne vont rien comprendre. » Et je leur répondais: « Si, si, c’est la musique des mots. » La langue française est une romance qui vient embraser le romande nos vies.

Comment vous est venue l’idée du Conte de Noël, qui aura été un moment marquant de votre émission ?
Ne vous y trompez pas: je ne crois pas être un conteur. Je suis un humble récitant gourmet des grandeurs françaises. J’ai appris à admirer. Un héritier qui sait que la France est un conte, une prosopopée, un long poème où chacun a ajouté une strophe. Mes apologues cherchent à relier l’actualité immédiate au récit fondateur, à remettre du sacré, du mystère, de la hauteur dans une France qui les a perdus. Voilà la raison pour laquelle, je crois, les gens m’écoutent de plus en plus nombreux. Quand de Gaulle évoque, dans ses Mémoires, « la France, telle la princesse des contes », il demeure fondamentalement un restaurateur. J’ai connu Malraux, Peyrefitte, Deniau… Ces grands académiciens qui siégeaient à l’Assemblée nationale savaient raconter, non parce qu’ils étaient des amuseurs, mais parce qu’ils avaient vécu. Ils avaient un cœur de chair. Je récuse les termes de conteur, de barde ou de trouvère. Je ne suis pas un amuseur public. La situation me semble trop grave. Et ce que je dis l’est tout autant.

Que vous enseigne l’histoire?
Qu’elle est une chose trop sérieuse et trop exaltante pour être confiée à des historiens. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont devenus des médecins légistes: ils font des analyses spectrales sur des cadavres. L’histoire, la grande histoire, a été livrée aux sciences sociales, jargonneuses et mortifères. Si je pratique l’apologue, c’est pour en tirer des leçons. Par exemple, quand je parle de la chute de Constantinople, je tente d’en montrer les fruits amers avec un effet miroir pour notre temps : la charia imposée, la langue grecque effacée, les enfants devenus janissaires. Et je pose la question : quelle est, aujourd’hui, la prochaine Constantinople ?

Au fond, pourquoi, tout simplement, les gens vous regardent-ils?
Je crois qu’il y a trois raisons. D’abord, les téléspectateurs se posent une question simple : “Cet homme, que disait-il il y a vingt, trente, quarante ans? ” Les gens cherchent de la cohérence. Ce que je dis aujourd’hui sur l’Europe, sur l’islam, sur la sécurité, sur les valeurs, est-ce que je le disais déjà hier ? C’est une des idées géniales d’Eliot: confronter le Philippe de Villiers d’aujourd’hui à celui d’hier, mettre en regard le lanceur d’alerte d’hier et d’aujourd’hui. Que constatent les gens ? Que je tiens la même ligne depuis cinquante ans. Donc, ils sont tentés de prêter l’oreille. Quand je disais, il y a trente ans, « cette Europe ne sera pas l’Europe de la paix, elle ne sera pas l’Europe puissance », les gens constatent que c’était une vision juste.

Ensuite, se pose une autre question, plus fondamentale encore : “Cet homme qui nous parle, qu’a-t-il fait de sa vie ? Est-ce un politicien professionnel, un apparatchik? Ou bien quelqu’un qui a réalisé quelque chose en dehors de la politique ? Qui a créé des entreprises, des œuvres? Qui sait lire un compte d’exploitation, qui a créé de la richesse, des emplois ?” Les gens savent que j’ai été gouverneur territorial, que j’ai dirigé un département, la Vendée, devenu le plus sûr de France.

Ils savent que j’ai créé l’ICES, l’Institut catholique de Vendée, le Vendée Globe. Et puis, bien sûr, il y a le Puy du Fou. Une réussite mondiale, créée sans un soude subvention publique. On a même donné, il y a quelques mois, de mon vivant, mon nom à une promenade des Sables-d’Olonne. La France est le seul pays où on confie des responsabilités “publiques” à des gens qui n’ont pas réussi dans le “privé”.

La troisième raison, c’est une autre manière de parler de la France, d’en parler comme d’un acte d’amour. Et là encore, je pense que les gens sentent le gars qui met ses tripes sur la table. Chaque vendredi, je parle spontanément, comme je vous parle ici, depuis ma maison vendéenne. Et cela affleure à l’écran. Une chose me frappe, en revanche, à travers l’immense courrier que je reçois : les seuls qui ne me regardent pas sont les hommes politiques. Cela montre bien à quel point ils sont déconnectés.

Nous en connaissons pourtant, et de tous bords, qui vous regardent ! Comment se fabrique cette émission?
Laissez-moi vous confier notre secret : je demande à Eliot et Geoffroy de me poser des questions très précises sur l’actualité brûlante. Je refroidis ensuite l’objet, en le remettant dans le temps long. Il faut prendre l’événement, le décortiquer d’une phrase, puis replacer l’instant dans le siècle et le siècle, dans la civilisation… Détecter les lilliputiens et les géants, les mascarets et les quarantièmes rugissants, en donnant à chaque analyse les deux dimensions manquantes: la profondeur, l’altitude. Ce va-et-vient fournit au public les clés de compréhension qu’il recherche.

Où en êtes-vous avec votre ancien lieutenant, Bruno Retailleau? Il y a eu cette photo de “réconciliation”, sur les quais du Vendée Globe, sans que cela soit suivi de beaucoup d’effets. Par ailleurs, il vient d’attaquer avec fracas le macronisme dans nos colonnes…
Après les retrouvailles sur les pontons, j’ai été interrogé par Eliot. Et j’ai répondu par une citation des Croix de bois, de Roland Dorgelès: « Tout pareil aux étangs transparents dont l’eau limpide dort sur un lit de bourbe, le cœur de l’homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. » Bruno Retailleau n’a pas souhaité donner d’écho à cette phrase amicale. Il ne souhaite pas qu’on lui rappelle notre passé commun de trente ans.

Il a sans doute peur d’en être trop marqué. Le pouvoir l’a aspiré. Aujourd’hui, c’est Gulliver empêtré : empêtré avec Macron. Il est, il demeurera un ministre de Macron. On a vu, avec la promesse de « riposte graduée » sur l’Algérie, que les moulinets ne suffisent pas. Empêtré avec les brahmanes de l’ancien RPR, les Barnier, Copé, Larcher qui le rappellent à leurs anciennes convoitises, ils sont les auteurs de la décadence. Empêtré avec l’européisme et l’impuissance.

En fait, rien ne change, tout empire : les quartiers souverains, les émeutes urbaines, la marée montante de l’immigration invasive. Nos politiciens ne sont plus que des techniciens-communicants. Il n’y a plus de stratège. Ils regardent couler la France. Avec parfois des regrets touchants : “Dommage qu’on ne puisse rien faire.” Cette phrase, je l’entends depuis quarante ans.

Est-ce que Marine LePen a tort de ne pas se revendiquer de droite?
Non. Parce que, désormais, le clivage n’est plus droite-gauche. La vraie ligne de fracture se situe entre la souveraineté nationale et la souveraineté européenne. Nous assistons à une double reféodalisation du monde : la France est le vassal de l’Europe, qui est le vassal de l’Amérique.

Nous sommes à deux ans d’une élection présidentielle à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas se présenter. Que laissera-t-il derrière lui?
Un champ de ruines fumantes. Il a tout abîmé. Il a détruit la société en se rêvant alchimiste. Tantôt faustien, tantôt prométhéen. Promettant à son peuple “vous serez comme des dieux”, à l’image du serpent dans la Genèse. Car il croit à l’homme désaffilié, à l’homme sans héritage. L’homme de sable. Il a détruit l’État régalien, qui n’existe plus. Quand il appelle les Français au “devoir de vigilance” , cela signifie : “L’ État ne peut plus rien pour votre sécurité. Méfiez-vous, retournez-vous dans la rue.” Nous ne bénéficions plus d’un État protecteur. C’est un État démissionnaire. Macron a détruit le corps préfectoral, colonne vertébrale du pays. Il a détruit le corps diplomatique, dépositaire de notre tradition politique. Enfin, il a abîmé la nation. Son concept fumeux de “souveraineté européenne” revient à dire que les décisions ne doivent plus être prises à Paris, mais dans une gouvernance mondiale, transmondialiste. Il se situe dans la lignée de Jean Monnet. Provoquer des crises, s’y engouffrer, instrumentaliser la peur pour asseoir le contrôle et la surveillance. Voilà ce qu’est Emmanuel Macron : un contrôleur du chaos.

Combien de temps donnez-vous à la France ?
Dix ans. Dans dix ans, c’est fini. Nous n’aurons plus aucune manette. Bruxelles nous aura consommés. Ce que je crains, c’est que le peuple historique français devienne minoritaire chez lui. Sans s’en apercevoir. Et sans qu’on le lui dise. Le pronostic vital est engagé. Et il ne se passe rien…

Sauf si… ?
Sauf si, justement, s’opère une prise de conscience. C’est pour cela que j’écris mon prochain livre, dont je vous révèle le titre: Populicide. Il sortira chez Fayard au début de l’automne.

De quoi s’agira-t-il ?
Mémoricide, le précédent, évoquait la mémoire mutilée d’un peuple. Il y a pire: le “populicide”, c’est-à-dire la disparition du peuple lui-même, corps et âme. Voilà ce qui est en train de se produire. Je suis en pleine écriture. Je dis tout. Tout ce que je n’ai pas osé dire… Ce sera peut-être mon dernier livre. Mais le plus important.

Dans votre chronique dans le JDNews, vous avez affirmé que le prochain président devrait être «un martyr ». Pourquoi ?
Le prochain chef de l’État sera un marin de gros temps. Il devra choisir entre le cabotage et la haute mer. Le cabotage consiste à prolonger les problèmes pour n’avoir pas à les résoudre. La haute mer, c’est mettre le cap sur le relèvement du bâtiment, dont les œuvres vives sont passées sous la ligne de flottaison. Il faudra au nouveau chef de l’État deux qualités rares : d’abord, la lucidité, car les commandes ne répondent plus. L’État a perdu le contrôle de ses frontières, de ses lois, de ses finances: on nous annonce même une « crise de liquidités », nous sommes dans la main de prêteurs étrangers. Mais il faudra aussi un courage à toute épreuve pour escalader les murs d’eau, pour affronter les trois féodalités – les trois États confédérés qui ont dérobé la potestas et l’auctoritas.

La première féodalité, c ‘est le super-État profond européen, l’empire de la norme, que l’ancien commissaire Barroso avait appelé « l ’empire non impérial ». Il faudra reprendre la potestas, abroger le pacte sur la migration et l’asile et renverser l’ordre juridique en instaurant la supériorité du droit national sur le droit européen. Tout cela porte un nom, c’est le “Bruxit”. Le président qui osera ainsi défier la nomenklatura bruxelloise sera mis au banc d’infamie par la Commission européenne. Il conviendra ensuite de retirer l’auctorita s aux cinq cours suprêmes et renverser la jurisprudence, aujourd’hui établie sur une double préférence: la préférence de l’étranger sur le national et la préférence pour le coupable sur la victime. Deuxième banc d’infamie. Enfin, il faudra contredire les élites mondialisées, qui rêvent du paradis diversitaire, pratiquent le nouvel esclavage des “métiers sous tension” et diffusent, chez les nouvelles générations, l’éclipse de la conscience nationale. Troisième banc d’infamie.

Ainsi se dessinent les contours du portrait-robot d’un président habité par une conception sacrificielle de sa fonction, loin de l’hédonisme consumériste des histrions. Car, au-dessus des obligations réparatrices, le grand défi sera d’imaginer une politique de “refrancisation”. En effet, le peuple résident de “l’Hexagone” est devenu un grouillement informe de deux sortes de voisins de hasard: il y a ceux qui sont là et qui ne savent plus d’où ils viennent. Et ceux qui viennent d’ailleurs et qui ne savent pas où ils arrivent. À ce peuple neuf – un composé d’ignorance et de transhumance -, au point de jonction d’un peuple dessouché et d’un peuple transplanté, il est urgent d’offrir la francisation des rêves, de l’art de vivre et de la langue.

Il faudra, au sommet de l’État, quelqu’un prêt au sacrifice. Quelqu’un qui se dévoue pour cette tâche au-dessus du commun, un chef qui acceptera de vivre dans la tourmente, un président d’oblation, un président-martyr, qui remettra la France au milieu du village global. Il faudra retrouver la conception sacrificielle de la politique. Il y a, pour l’heure, des vocations de président. Une bonne dizaine. Mais des vocations de président-martyr ? Aucune. Pour l’instant.

Marc Eynaud

 Source
 
 Historique pétition:
https://universite-liberte.blogspot.com/2025/09/a-ce-jour-la-petition-de-philippe-de.html 
 
https://universite-liberte.blogspot.com/2025/09/pluralite-du-cote-de-philippe-de.html
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