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janvier 23, 2026

France - internationales news !

Sommaire:

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ? 

C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

D) - Vers une détente russo-américaine ? 

E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

 


 

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

Dans une chronique publiée ce matin dans Le Journal du Dimanche, Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et ancien ministre, lance un cri d’alarme sans ambiguïté : il est temps pour la France de quitter l’Union européenne (UE).

Selon lui, ce qui était autrefois présenté comme un rêve de paix, de prospérité et de civilisation s’est mué en un cauchemar de dépendance, de contrôle et de perte de souveraineté.

Inspiré par ses arguments, explorons les raisons profondes qui, d’après Philippe de Villiers, rendent ce départ inévitable.

 

Les promesses trahies de l’UE

L’UE est née avec de grandes ambitions, portées par les Pères fondateurs comme Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer. Elle se voulait un bastion de civilisation européenne, ancré dans des racines chrétiennes symbolisées par son emblème – douze étoiles sur fond bleu, évoquant la Vierge Marie du vitrail de la cathédrale de Strasbourg. Mais aujourd’hui, argue de Villiers, l’UE a renié cette promesse. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment déclaré le 10 décembre 2025 : « Nous devons ouvrir davantage de voies sûres vers l’Europe pour faire face à nos besoins économiques. » Cette politique d’immigration massive, selon lui, favorise un « chassé-croisé démographique » entre l’Europe et l’Afrique, préparant le terrain à un « califat européen » imposé par des groupes comme les Frères musulmans. Le patron du renseignement territorial français a d’ailleurs alerté sur leur infiltration, visant à imposer la charia. L’identité européenne, autrefois célébrée, est en train de s’effacer.

La deuxième promesse brisée est celle de la paix. L’UE, fille de l’OTAN, risque de mourir par elle, prévient de Villiers. Les erreurs cumulées :

L’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, le sabotage des accords de Minsk (voir ici et ici) et l’envoi annoncé de soldats ont transformé l’Europe en belligérante.

Ignorant les avertissements d’Henry Kissinger, l’UE nous entraîne dans une guerre hors de ses frontières, comme en Ukraine ou potentiellement au Groenland. Au lieu de pacifier, elle militarise et intervient, contrôlant même les exportations d’armement françaises.

 

Le mirage de la prospérité et de la liberté

La prospérité promise s’est évaporée. Le choc tarifaire douanier imposé par les États-Unis le 27 juillet 2025 a révélé que l’Europe n’est plus un allié protégé, mais un marché consommable. Pendant ce temps, la concurrence chinoise dévore l’industrie européenne, tandis que le continent décroche dans la « Silicium Economy » du Pacifique. Nos semi-conducteurs dépendent désormais des États-Unis et de l’UE elle-même, signant une perte d’autonomie économique. Philippe De Villiers pointe aussi les nouveaux accords de libre-échange avec l’Inde, la Malaisie, l’Australie et les Émirats arabes unis, qui resserrent le « nœud coulant » autour des nations membres. L’agriculture européenne, berceau de l’UE, est sacrifiée : les protestations des agriculteurs contre le Mercosur en témoignent, avec des mairies retirant le drapeau européen en solidarité.

Enfin, la liberté tant vantée cède la place à une servitude numérique. L’UE prépare un système de notation sociale à la chinoise, transformant les citoyens en « QR codes » fichés, scannés et géolocalisés. Ce virage totalitaire punit déjà les délits d’opinion et impose une censure croissante. De Villiers évoque une « pieuvre » super-étatique qui étouffe les nations.

Retrouver la souveraineté : un impératif vital

Pour de Villiers, le bilan est clair : l’UE est atteinte de « fièvre mortelle ». Née de promesses, elle s’effondre sous le poids de ses fruits amers. Il est temps de partir pour reconquérir les quatre attributs de la souveraineté : faire la loi (au lieu de transposer des normes), rendre justice (sans ingérence des cours suprêmes), battre monnaie (l’euro étouffant les alarmes économiques) et déclarer la guerre (sans marché unique de défense imposé). Comme le disaient les Anciens : « Le pouvoir, c’est quand on l’a. »

Cette sortie de l’UE, ou « Frexit », n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un retour aux fondamentaux de la nation.

Elle permettrait à la France de négocier ses propres accords, de protéger son agriculture et son industrie, et de préserver son identité. Dans un monde où les États-puissances reviennent en force – comme le montre la capture de Nicolás Maduro marquant la fin de l’ordre post-Guerre froide –, seule la souveraineté peut nous armer contre la prédation.

Philippe de Villiers, avec son franc-parler habituel, nous invite à méditer : le rêve européen est devenu cauchemar. Il est temps d’agir.

https://multipol360.com/pourquoi-la-france-devrait-quitter-lue-lanalyse-percutante-de-philippe-de-villiers/

 


B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ?  

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), ces périmètres urbains destinés à bannir les véhicules les plus polluants des centres-villes, sont sur le point de connaître une fin abrupte.

Le 20 janvier 2026, une commission mixte paritaire du Parlement français a validé un compromis actant leur disparition progressive, marquant un tournant majeur dans les politiques écologiques du pays.

Cette décision, issue d’un projet de loi initialement axé sur la simplification administrative, répond à une vague de contestations populaires et politiques qui dénoncent ces zones comme un symbole d’écologie déconnectée des réalités sociales. Au cœur des critiques : l’idée que les ZFE orchestrent une véritable « chasse aux pauvres » dans les grandes agglomérations françaises, excluant les classes modestes des cœurs urbains au profit d’une élite plus aisée.

Les ZFE : un outil écologique aux objectifs louables mais contestés

Instaurées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi Climat et Résilience de 2021, les ZFE visent à améliorer la qualité de l’air en interdisant progressivement les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 dans les métropoles de plus de 150.000 habitants. À l’origine, 43 agglomérations étaient concernées, avec des villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse en tête de file. Les bénéfices environnementaux sont réels : des études montrent une baisse des concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines (même si de nombreuses autres sources sont aussi responsables), suceptibles de causer des milliers de décès prématurés annuels en France. Par exemple, à Paris et Lyon, les niveaux de pollution ont diminué de manière notable depuis leur mise en place.

Pourtant, ces mesures ont rapidement suscité un tollé. Les opposants soulignent que les ZFE exacerbent les inégalités sociales en pénalisant les ménages modestes, contraints de choisir entre l’achat coûteux d’un véhicule propre ou l’abandon de leurs déplacements essentiels. Avec 11,4 millions de véhicules impactés – soit près de 29 % du parc automobile français – ces zones touchent particulièrement les résidents des périphéries et des zones rurales, où les transports en commun sont souvent insuffisants ou inexistants. Les aides publiques, jugées inégales et insuffisantes, n’ont pas suffi à atténuer l’impact sur les budgets serrés.

La « chasse aux pauvres » : une exclusion géographique et sociale

Au-delà des arguments environnementaux, les ZFE sont accusées de créer une ségrégation urbaine flagrante.

Dans les grandes agglomérations, ces zones transforment les centres-villes en enclaves réservées aux plus fortunés, capables d’investir dans des véhicules électriques ou récents.

Les classes populaires, artisans, forains, travailleurs de nuit et ruraux se retrouvent relégués à la périphérie, privés d’accès aux emplois, services publics, commerces et lieux culturels essentiels. Cette dynamique évoque une « chasse aux pauvres », où l’écologie punitive sert de prétexte à une marginalisation accrue, assignant les modestes à des zones délaissées comme un « bracelet électronique » invisible.

Cette fracture sociale s’inscrit dans une vision plus large de la « France périphérique », où les élites métropolitaines imposent des normes déconnectées des réalités quotidiennes.

Les véhicules anciens, souvent indispensables pour les ménages aux revenus limités, deviennent des symboles d’exclusion : une vieille Twingo est bannie tandis qu’une Ferrari récente passe sans encombre. Ajoutez à cela la hausse des taxes sur l’essence (représentant 60 % du prix à la pompe), les contrôles techniques sévères et l’obsolescence programmée des modèles modernes, et l’automobile – pilier de mobilité pour 80 % des Français – se mue en fardeau insurmontable. Les ZFE amplifient ce sentiment d’abandon, rappelant les origines des Gilets jaunes en 2018, où une taxe carbone avait déjà cristallisé la colère contre une fiscalité écrasante.

Des sondages révèlent un rejet massif : jusqu’à 80 % des Français souhaitent leur disparition, transcendant les clivages politiques. Les populations les plus vulnérables, souvent exposées aux pollutions environnementales dans leurs quartiers populaires, subissent paradoxalement les effets indirects des politiques de transition, qui pèsent plus lourd sur leurs budgets. Sans alternatives viables comme des transports publics renforcés ou des aides substantielles, ces mesures risquent de transformer les villes en « zones à forte exclusion », creusant les inégalités et alimentant un ras-le-bol généralisé face à un État perçu comme défaillant.

Une mobilisation populaire et parlementaire triomphante

La contestation n’est pas restée lettre morte. Des mouvements citoyens, fédérés par des collectifs comme Stop ZFE, ont orchestré des manifestations massives, des pétitions et des alliances transpartisanes impliquant motards, commerçants, artisans et élus locaux. Des maires de communes périphériques ont refusé d’appliquer les restrictions, tandis que des sondages commandés par ces groupes ont mis en lumière un consensus populaire contre ces zones. Cette mobilisation exemplaire, amplifiée par les réseaux sociaux et des figures publiques dénonçant le mépris envers les « gueux » de la République, a créé un rapport de force inédit.

Au Parlement, la pression a payé. Dès mars 2025, des amendements portés par la droite et le Rassemblement national ont été adoptés en commission, malgré l’opposition du gouvernement. Le 28 mai 2025, l’Assemblée nationale a voté la suppression des ZFE, une mesure confirmée en juin malgré des craintes de cavalier législatif. Le compromis de janvier 2026 supprime le cadre national obligatoire, laissant aux élus locaux le choix de maintenir ou non ces zones. Cette victoire, saluée comme une résilience républicaine, défie même les directives européennes sur la qualité de l’air, risquant des sanctions de Bruxelles mais affirmant une souveraineté nationale sur les priorités sociales.

Des enjeux persistants : équilibre entre climat et pouvoir d’achat

Si les ZFE ont permis de considérer sérieusement les problèmes de polution urbaine, leur suppression soulève des questions sur l’avenir de la transition écologique. Des voix, comme celle de l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher, dénoncent exagérément un recul qui pourrait coûter des mois d’espérance de vie aux citadins exposés à la pollution. Cependant, des études soulignent que les bénéfices des ZFE seraient socialement répartis, y compris pour les plus modestes, surexposés aux pollutions. Le défi reste donc de concilier impératifs environnementaux et justice sociale, via des aides élargies, des alternatives de mobilité et une écologie plus humaniste.

Cette décision parlementaire pourrait marquer le début d’une ère où les politiques vertes intègrent enfin les angoisses sociales, évitant que l’écologie ne devienne un outil de division. Mais avec des votes finaux prévus fin janvier 2026 et un possible recours au Conseil constitutionnel, l’avenir des ZFE reste suspendu à un fil – tout comme la mobilité des millions de Français modestes.

https://multipol360.com/la-fin-programmee-des-zones-a-faibles-emissions/


C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

Dans un contexte où l’intégration européenne semble primer sur les intérêts nationaux, la France apparaît de plus en plus comme un État en retrait, prêt à diluer sa souveraineté pour s’aligner sur une vision continentale étriquée.

L’idée d’une Europe sans frontières, promue comme un idéal de fluidité et d’unité, masque en réalité une amputation progressive des attributs qui font la grandeur d’une nation : ses territoires éloignés, ses zones économiques exclusives et son rayonnement mondial. Les récents développements concernant Saint-Pierre-et-Miquelon et la Nouvelle-Calédonie illustrent cette tendance alarmante, où Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron, semble favoriser des arrangements qui érodent l’autorité française au profit d’une Europe recentrée sur son cœur continental, expurgée de ses extensions ultramarines. Cette critique examine ces cas, en soulignant comment ils contribuent à une perte d’identité et de puissance, loin des promesses d’une souveraineté partagée.

Saint-Pierre-et-Miquelon : un abandon aérien sous couvert technique

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, petit joyau français au large des côtes canadiennes, symbolise parfaitement cette érosion sournoise.

Annick Girardin, sénatrice de l’archipel et ancienne ministre des Outre-mer, a récemment alerté le président Macron sur un projet qui vise à transférer le contrôle d’une partie de l’espace aérien français à Ottawa.

Plus précisément, il s’agit de la zone d’approche en dessous de 6.000 pieds (environ 1.800 mètres), justifiée par des motifs administratifs et techniques. Girardin qualifie cela d’« abandon de souveraineté », affirmant qu’« on ne sous-traite pas sa souveraineté ». Découvert par hasard mi-décembre, ce plan risque d’être perçu localement comme un renoncement manifeste, envoyant un signal d’abdication incompréhensible de la part de la France.

 Historiquement, la souveraineté française dans ce bassin nord-américain n’a jamais été remise en question. Saint-Pierre-et-Miquelon, en tant que territoire d’outre-mer (PTOM) lié à l’Union européenne via la France, partage des similarités avec le Groenland sous souveraineté danoise. Pourtant, ce transfert aérien ouvre la porte à une dépendance accrue vis-à-vis du Canada, potentiellement influencée par des accords commerciaux comme le CETA (Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada). Critiquement, cela affaiblit la crédibilité diplomatique de Paris, surtout dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis sur le Groenland. Comment la France peut-elle défendre son influence stratégique si elle ne protège pas ses propres confins ? La sénatrice Girardin propose une coopération internationale avec le Danemark et le Groenland pour contrer le « retour assumé des impérialismes », mais l’Élysée semble sourd à ces appels. Ce cas n’est pas anodin : il préfigure une Europe qui, pour fluidifier ses relations transatlantiques, sacrifie les marges françaises, rendant l’Hexagone plus vulnérable et moins global.

Nouvelle-Calédonie : Des accords qui masquent une capitulation progressive

Plus au sud, en Nouvelle-Calédonie, les accords récents accélèrent cette dynamique de recul souverain. L’accord Élysée-Oudinot, signé le 19 janvier 2026 sous l’égide de Macron et de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, complète celui de Bougival de juillet 2025. Il instaure un « État calédonien » associé à la France, avec une citoyenneté locale, des compétences élargies en fiscalité, immigration et relations internationales (bien que limitées), un droit à l’autodétermination futur, et des transferts conditionnels en sécurité, justice et défense. Des investissements massifs de l’État pour les comptes sociaux, une double nationalité, et la capacité de signer des traités internationaux tout en maintenant des liens avec la France pour l’euro et la diplomatie : sur le papier, cela semble équilibré. Mais en réalité, cela contourne les résultats des référendums d’autodétermination de 2018 (53,3 % pour le maintien dans la France), 2020 (56,7 %) et 2021 (96,5 %, boycotté par les indépendantistes).

 Les critiques fusent : cet accord dilue le poids des Kanaks autochtones en ouvrant le corps électoral aux résidents récents, modifiant les équilibres démographiques. Des voix comme Nicolas Dupont-Aignan y voient une capitulation préparant une indépendance de facto, un déni de démocratie. Les loyalistes évoquent un parallèle avec l’exode des pieds-noirs d’Algérie en 1962, avec perte de propriétés et trahison par la métropole. Géopolitiquement, la Nouvelle-Calédonie représente 25 % des réserves mondiales de nickel, essentiel pour les technologies vertes, et renforce la position maritime française dans l’Indo-Pacifique via sa zone économique exclusive. Perdre le contrôle expose l’archipel à l’influence chinoise, américaine ou australienne, affaiblissant Paris dans un contexte de tensions régionales.

L’accord de juillet 2025, dit « Le Pari de la confiance », né des émeutes de mai 2024 (14 morts), crée déjà un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République avec autonomie accrue et transferts de compétences régaliennes. Macron le salue comme un « chemin d’avenir partagé », mais il est perçu comme un renoncement, contredisant la République indivisible et ouvrant à une fragmentation. Les indépendantistes y voient une étape vers la souveraineté pleine, les loyalistes un compromis précaire risquant de nouvelles violences. Cet effet domino pourrait toucher la Polynésie ou la Réunion, amplifiant la perte territoriale.

Vers une Europe expurgée : Implications pour l’UE et la souveraineté française

Ces cas s’inscrivent dans une tendance plus large : une Europe sans frontières qui, pour se consolider, expurge les territoires ultramarins ne s’intégrant pas parfaitement à son modèle. Les PTOM comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou la Nouvelle-Calédonie sont des OCT sous droit UE, hors marché intérieur mais bénéficiant de liens préférentiels. Pourtant, leur statut hybride – citoyens UE mais territoires éloignés – pose problème dans une Union obsédée par l’harmonisation. La stratégie indo-pacifique de Macron, lancée depuis la Nouvelle-Calédonie en 2018, vante la souveraineté française comme atout européen, mais les transferts d’autonomie contredisent cela.

Critiquement, ces abandons affaiblissent la France : perte de 350.000 km² de ZEE dans des disputes comme celles avec Vanuatu sur des îlots calédoniens, exposition à des puissances rivales, et repli sur un espace continental amoindri. L’Europe sans frontières devient une Europe sans ambitions globales, où la France, jadis impériale, se mue en simple province. Macron, accusé de faiblesse, ignore les référendums et cède aux pressions, motivé par des intérêts obscurs. Cette politique contredit le « non » français au traité constitutionnel européen de 2005 et risque un effet domino sur la Corse ou la Guyane.

En conclusion, ces renoncements ne sont pas des évolutions naturelles mais des choix politiques qui érodent l’essence de la France. Pour retrouver sa souveraineté, Paris doit rejeter cette Europe expurgée et réaffirmer son ancrage ultramarin, sous peine de devenir une nation diminuée dans un monde multipolaire.

https://multipol360.com/la-france-cede-encore-du-terrain-vers-une-europe-sans-frontieres-ni-horizons-ultramarins/


D) - Vers une détente russo-américaine ?  

La rencontre Poutine-Witkoff ouvre la voie à des négociations sur l’Ukraine

Dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes autour de l’Ukraine, une rencontre significative s’est tenue ce vendredi au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et une délégation américaine menée par Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis Donald Trump.

Accompagné de Jared Kushner et de Joshua Grunbaum, conseiller principal à la Maison Blanche spécialisé dans les questions économiques, Witkoff a transmis des messages directs de Washington, soulignant une volonté commune de paix entre Moscou et la Maison Blanche.

Cette entrevue, qualifiée de « substantielle et constructive » par le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, marque un pas supplémentaire vers un dialogue diplomatique, écho des efforts déployés depuis la rencontre au sommet d’Anchorage en août dernier.

Un échange franc et confiant au kremlin

La discussion, qui a duré environ quatre heures, s’est déroulée dans une atmosphère de « franchise et de confiance maximales », selon Ouchakov. Les représentants américains, tout juste arrivés de Davos où ils ont participé à des événements aux côtés de Donald Trump – y compris une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky –, ont partagé des impressions de première main sur ces échanges. Cette proximité avec les événements récents a permis d’aborder en profondeur la crise ukrainienne, avec un accent mis sur la nécessité d’une résolution politique et diplomatique.

Comme l’a rappelé Ouchakov, Vladimir Poutine a réaffirmé la position russe : une aspiration sincère à un règlement pacifique, tout en maintenant que la Russie poursuivra ses objectifs militaires tant qu’une solution diplomatique n’est pas trouvée. « Nous souhaitons sincèrement un règlement de la crise ukrainienne par des méthodes politiques et diplomatiques », a insisté le président russe, tout en soulignant que les forces armées russes conservent l’initiative stratégique sur le terrain. Cette déclaration fait écho au discours de Vladimir Poutine lors de la conférence de presse conjointe avec Trump à Anchorage le 15 août, où il avait exprimé l’espoir que les ententes russo-américaines ouvrent « la voie vers la paix en Ukraine », en appelant Kiev et les capitales européennes à éviter toute provocation.

Du côté américain, la volonté de paix est tout aussi évidente. L’administration Trump, par l’intermédiaire de ses émissaires, démontre un désir de comprendre les racines du conflit et de contribuer activement à sa résolution. Comme l’avait noté Poutine à Anchorage, « nous voyons l’aspiration de l’Administration américaine et personnellement du Président Trump à contribuer à la résolution du conflit ukrainien ». Cette convergence d’intérêts – loin des confrontations de l’ère précédente – illustre une volonté partagée de passer de la confrontation au dialogue, bénéfique non seulement pour les deux superpuissances mais pour la stabilité mondiale.

Des accords concrets pour avancer vers la paix

 Les négociations ont abouti à des avancées tangibles. Dès ce vendredi 23 janvier, une première réunion d’un groupe de travail trilatéral sur la sécurité – impliquant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine – se tiendra à Abu Dhabi. Parallèlement, un groupe bilatéral russo-américain sur les questions économiques, dirigé par Kirill Dmitriev (côté russe) et Steve Witkoff (côté américain), se réunira au même endroit. La délégation russe, déjà formée et en route pour les Émirats arabes unis, est conduite par l’amiral Igor Kostioukov, chef de la Direction générale de l’État-major des forces armées russes. Poutine a personnellement donné des instructions détaillées à cette équipe, intégrant les éléments discutés avec les Américains.

Un point central des échanges a été la question territoriale, indispensable à un règlement durable. Ouchakov a insisté sur le fait qu’aucune paix ne sera possible sans une résolution conforme à la « formule convenue à Anchorage », un cadre bilatéral établi lors du sommet d’août qui vise à équilibrer les intérêts des parties.

Cette approche pragmatique reflète la détermination de Moscou et Washington à prioriser la diplomatie, tout en reconnaissant les réalités sur le terrain.

Initiatives économiques et le « conseil de la paix »

Au-delà de l’Ukraine, la rencontre a porté sur des initiatives plus larges. Notamment, l’idée de Donald Trump de créer un « Conseil de la paix » a été discutée, avec une contribution russe proposée à hauteur de 1 milliard de dollars, financée par les actifs russes bloqués sous l’administration précédente. Le reste de ces réserves pourrait être alloué à la reconstruction des territoires affectés par les hostilités, une fois un traité de paix signé entre Moscou et Kiev. Cette proposition symbolise une volonté de transformer les sanctions passées en outils de réconciliation.

Les discussions ont également effleuré des questions régionales, comme la situation au Groenland, et le potentiel de coopération bilatérale dans divers domaines. Ouchakov a souligné que « nos pays ont un énorme potentiel de coopération », marquant un virage conceptuel vers une relation plus constructive.

Les deux parties se sont engagées à maintenir des contacts étroits, non seulement sur l’Ukraine mais sur d’autres dossiers internationaux.

Une étape prometteuse dans un contexte fragile

Cette rencontre au Kremlin, la première impliquant Joshua Grunbaum dans l’équipe américaine, intervient après une période de gel des relations bilatérales, qualifiée par Poutine à Anchorage comme la plus basse depuis la Guerre froide. Elle confirme l’actualité d’un redémarrage du dialogue, préparé minutieusement, et alimente l’espoir d’un règlement en Ukraine. Cependant, comme l’avait averti le président russe, tout progrès dépendra de la coopération de Kiev et de l’Europe, sans « provocations ou intrigues en coulisses ».

En somme, cette entrevue illustre une volonté de paix affirmée tant par Washington que par Moscou. L’administration Trump, avec son approche pragmatique, et le Kremlin, avec son insistance sur des solutions diplomatiques, semblent alignés pour dénouer la crise. Reste à voir si les réunions d’Abu Dhabi transformeront ces intentions en actions concrètes, ouvrant une nouvelle ère de stabilité en Europe de l’Est.

https://multipol360.com/vers-une-detente-russo-americaine/ 

 


E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

Dans un monde où les institutions internationales comme l’ONU peinent à imposer la paix, Donald Trump, fidèle à son style disruptif, propose un « Conseil de la Paix » comme alternative. Annoncé lors du sommet de Davos le 21 janvier 2026, ce conseil vise à résoudre des conflits majeurs, notamment à Gaza et en Ukraine, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Mais lorsque Trump invite Vladimir Poutine à rejoindre cette initiative, la réponse russe n’est pas une adhésion enthousiaste : c’est une riposte conditionnelle, teintée d’ironie, qui met en lumière les limites des négociations américaines.

Comme le soulignent certains observateurs, Vladimir Poutine, connaissant bien les Américains et Trump en particulier – ce maître des deals qui négocie tout et n’importe quoi –, ne s’engage pas vraiment. Cette réponse semble plus une pirouette diplomatique qu’une proposition économique sérieuse, exposant les faiblesses d’un projet perçu comme une « ONU version MAGA ».

Le contexte : un conseil de paix à l’américaine

Le « Conseil de la Paix », présidé par Donald Trump lui-même (potentiellement à vie, selon des fuites), est conçu pour contourner l’ONU, jugée inefficace par Washington.

Les membres permanents doivent verser un milliard de dollars, une somme qui financerait des opérations de paix, à commencer par la reconstruction de Gaza après des mois de conflit. Trump a envoyé des invitations à des alliés traditionnels comme la France, l’Allemagne ou le Canada, mais aussi à des figures jugées controversées par l’establishment : Vladimir Poutine, Javier Milei (Argentine), Viktor Orban (Hongrie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), et même Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil). Le Kremlin a confirmé le 19 janvier que Vladimir Poutine avait reçu cette invitation via des canaux diplomatiques, et qu’il demandait à son ministère des Affaires étrangères d’étudier la proposition. Donald Trump, de son côté, a rapidement affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait « accepté », mais cela semble une déclaration hâtive qui ignore les nuances russes.

Cette initiative s’inscrit dans une phase deux du plan Trump pour Gaza, après un cessez-le-feu fragile obtenu sous pression américaine. Mais au-delà du Moyen-Orient, elle touche l’Ukraine : Trump voit ce conseil comme un levier pour négocier avec Moscou, potentiellement en reliant les avoirs russes gelés (environ 300 milliards de dollars bloqués depuis 2022) à des accords de paix.

La riposte russe : conditions et ironie sous-jacente

La réponse de Vladimir Poutine, diffusée lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe le 21 janvier, est tout sauf une capitulation.

Il accepte en principe d’étudier l’invitation et de payer le milliard requis, mais avec une condition astucieuse : prélever cette somme sur les avoirs russes gelés aux États-Unis.

Les fonds restants pourraient servir à reconstruire les territoires ukrainiens endommagés et à aider la Palestine, en soulignant les « relations particulières » entre Moscou et le peuple palestinien. Cette proposition force Washington à « rendre » indirectement de l’argent perçu comme « détourné » par les sanctions, tout en liant l’Ukraine et Gaza – deux fronts où les intérêts russes et américains s’opposent.

Ici réside l’ironie profonde : Vladimir Poutine ne négocie pas vraiment. Connaissant Donald Trump, cet homme d’affaires qui transforme toute discussion en deal opportuniste, le leader russe sait que les Américains excellent dans les promesses non tenues. Depuis leur amitié affichée lors du premier mandat de Trump (marquée par des sommets comme Helsinki en 2018), Poutine a vu les volte-face : sanctions persistantes, soutien à l’Ukraine sous Biden, et maintenant une invitation qui sent le piège. En posant des conditions impossibles sans concessions majeures de Washington (comme lever les gels d’avoirs), Vladimir Poutine transforme l’offre en une « moquerie ». Ce n’est pas une négociation économique sérieuse – après tout, un milliard est une goutte d’eau pour la Russie – mais une façon de « ridiculiser » l’arrogance américaine. Comme le note Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, Moscou veut « clarifier toutes les nuances » avec les États-Unis, une formule diplomatique pour dire : « Nous ne nous précipitons pas dans votre piège. »

Réactions internationales : scepticisme et rejets

Les réactions ne se font pas attendre. La France, invitée mais dubitative, n’entend pas donner suite, estimant que le projet « soulève des questions majeures ». L’Allemagne et d’autres alliés européens partagent ce scepticisme, craignant une marginalisation de l’ONU et une légitimation de figures comme Poutine ou Loukachenko (Biélorussie). En Russie, les médias d’État présentent cela comme une ouverture, mais les analystes y voient une stratégie pour regagner des actifs perdus. Sur les réseaux, comme sur X, des voix comme celle de François Asselineau qualifient cela de « réponse du berger à la bergère », soulignant l’humour piquant de Vladimir Poutine.

Géopolitiquement, ce épisode illustre un monde multipolaire où les puissances comme la Russie ou la Chine (potentiellement invitée via les BRICS) ne se soumettent plus aux diktats américains. 

Donald Trump, en invitant Vladimir Poutine, espère diviser pour régner, mais risque d’exposer les faiblesses de son conseil : sans consensus large, il pourrait devenir une farce impériale.

L’ironie comme arme diplomatique

En fin de compte, la réponse de Vladimir Poutine n’est pas une négociation authentique, mais une ironie calculée. Connaissant les Américains et Donald Trump – ce négociateur en série qui voit le monde comme un casino –, le président russe utilise cette invitation pour retourner la situation à son avantage, sans céder un pouce. Ce n’est pas économique, c’est stratégique : une façon de rappeler que la paix ne s’achète pas à un milliard. Dans ce contexte, le « Conseil de la Paix » risque de rester une chimère trumpienne, tandis que la multipolarité s’affirme, ironie du sort.

https://multipol360.com/la-reponse-ironique-de-vladimir-poutine-au-conseil-de-paix-de-donald-trump/

 


F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

En 2026, l’Europe se trouve à un carrefour historique, marquée par une dépendance croissante vis-à-vis des États-Unis. Ce qui était autrefois une alliance transatlantique équilibrée s’est muée en une relation asymétrique, où l’Union européenne (UE) agit souvent comme un simple prolongement des intérêts américains. Cette « vassalisation » – un terme de plus en plus employé par les analystes – s’illustre par des accords commerciaux imposés, une subordination militaire via l’OTAN et une rupture forcée avec la Russie, accélérée par la guerre en Ukraine. Basé sur des analyses récentes, cet article explore comment l’Europe est devenue un « jouet » des États-Unis, selon l’expression de Günther Burbach, et les voies possibles pour retrouver une souveraineté stratégique.

Les racines historiques de la dépendance : du plan Marshall à la fin de la guerre froide

La vassalisation de l’Europe n’est pas un phénomène récent, mais le fruit d’une évolution post-Seconde Guerre mondiale.

Le Plan Marshall, lancé en 1947 par les États-Unis, a fourni une aide massive à l’Europe dévastée, mais en échange d’une intégration économique centrée sur le dollar.

Avec seulement 1 milliard de dollars en prêts initiaux, les États-Unis ont forcé la moitié du continent à adopter le billet vert pour rembourser, établissant ainsi une suprématie monétaire qui perdure. L’OTAN, créée en 1949, a scellé cette dépendance militaire :

comme l’a dit Lord Ismay, son premier secrétaire général, l’alliance visait à « garder les Américains dedans, les Allemands en bas et les Russes dehors ».

La fin de la Guerre froide en 1991 aurait pu marquer l’émancipation de l’Europe. Au lieu de cela, l’élargissement de l’OTAN et de l’UE a approfondi la dépendance. Les États-Unis ont promu l’ « élargissement » des démocraties de marché sous leur parapluie sécuritaire, transformant l’Europe en une sphère d’influence américaine. Depuis les années 1990, les pays européens ont démilitarisé, profitant d’un « dividende de la paix » qui a réduit leurs budgets défense, les rendant encore plus tributaires de Washington. Aujourd’hui, l’Europe représente 5 % de la population mondiale, mais sa voix géopolitique est étouffée par cette subordination.

La guerre en Ukraine : accélérateur de la vassalisation

La crise ukrainienne, déclenchée en 2014 par le Maïdan et exacerbée par l’invasion russe de 2022, a servi de catalyseur. Les États-Unis ont investi plus de 5 milliards de dollars en « promotion de la démocratie » en Ukraine avant 2014, selon Victoria Nuland, alors sous-secrétaire d’État. Armes, formations militaires et intégration d’ONG américaines ont aligné Kiev sur l’Occident, sans adhésion formelle à l’OTAN, isolant ainsi la Russie de l’Europe. Le sabotage des pipelines Nord Stream en 2022 a forcé l’UE à se détourner du gaz russe bon marché, optant pour du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, vendu à prix premium.

Cette rupture énergétique n’a pas accru l’autonomie européenne ; elle l’a remplacée par une nouvelle dépendance. Des terminaux GNL en Allemagne (Wilhelmshaven, Brunsbüttel) illustrent cette bascule, au détriment de l’industrie européenne, qui souffre de coûts énergétiques élevés et d’une déindustrialisation accélérée. Le rapport RAND de 2019, « Extending Russia », révèle une stratégie américaine pour affaiblir Moscou en exploitant les divisions européennes. Résultat : l’Europe paie le prix économique, tandis que les États-Unis renforcent leur hégémonie.

L’accord commercial de 2025 : symbole d’une capitulation économique

L’accord commercial signé en juillet 2025 entre Donald Trump et Ursula von der Leyen marque un point d’inflexion. Présenté comme un « compromis », il impose à l’UE d’importer 750 milliards de dollars de gaz de schiste américain et d’investir 600 milliards aux États-Unis, tout en subissant des tarifs douaniers de 15 % sur ses exportations clés (voitures, machines, semi-conducteurs). Les produits américains entrent quasi duty-free, transformant l’Europe en un marché captif. Trump a exploité la dépendance militaire : l’OTAN, avec son « parapluie nucléaire » et ses systèmes cyber, logistiques et satellitaires, est devenu un levier pour exiger des paiements.

Les élites européennes, comme von der Leyen (vue comme « ambassadrice de Washington« ) et Friedrich Merz (ex-BlackRock), gèrent cette impuissance sans résistance réelle. Macron critique timidement, mais reste silencieux sur les sanctions américaines ou la déindustrialisation. Cette dépendance s’étend aux logiciels (Microsoft, AWS, Palantir), à la finance (dollar dominant, SWIFT) et à la défense (F-35, systèmes antimissiles). Un scénario hypothétique – Trump exigeant 2.000 milliards d’euros annuels pour la protection – expose l’absence de « plan B » européen.

Vers une autonomie stratégique ? les défis et les perspectives

Malgré les appels à l’« autonomie stratégique » – un concept cher à Emmanuel Macron et Josep Borrell – l’Europe peine à s’affirmer. Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) avertit que l’UE devient un « vassal » des États-Unis, perdant son indépendance en suivant la stratégie anti-Chine de Washington. Des accords bilatéraux hors OTAN émergent (comme entre le Royaume-Uni et l’Allemagne), et l’UE accélère ses capacités de défense communes, mais ces efforts sont surpassés par l’expansion de l’OTAN et la doctrine américaine.

Pour inverser la tendance, l’Europe doit construire une défense souveraine (avec la France, l’Italie, les pays scandinaves), un commandement cyber indépendant, des partenariats énergétiques diversifiés (Afrique, Asie, Amérique latine) et une souveraineté numérique (nuages propres, puces, normes). Restaurer des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques, est crucial. Sinon, l’Europe risque de se replier en une « coquille géopolitique vide ».

Trump n’est pas le problème, mais un miroir de l’oubli européen de l’indépendance. Face à des empires comme la Chine, la Russie et les États-Unis, l’UE doit choisir : fédération et autodétermination, ou déclin en vassal divisé. L’enjeu n’est pas seulement économique, mais civilisationnel : l’Europe doit-elle rester un centre de pouvoir, ou un simple théâtre des grandes puissances ?

 

septembre 21, 2025

"En Russie, des millions d'opposants se taisent parce qu'ils ont peur"

Un documentaire donne la parole aux voix qui osent défier Vladimir Poutine

Ce film, diffusé dimanche 21/09/25 à 21h05 sur France 5, dévoile des images inédites des prisons russes. Manon Loizeau explique à franceinfo comment elle l'a conçu hors de Russie, notamment grâce aux images tournées sur place par sa coréalisatrice. 

 


 

"Des traîtres à la nation". Voilà comment Vladimir Poutine qualifie les voix dissidentes dans son pays. Soucieux de donner l'image d'une Russie forte et unie, il durcit la répression envers les opposants politiques, traqués et emprisonnés, mais mis en lumière dans le documentaire "Politzek, les voix qui défient le Kremlin". Diffusé dimanche 21 septembre sur France 5, à 21h05, le film de Manon Loizeau et Ekaterina Mamontova s'immerge dans la vie de quatre femmes dont les proches ont été condamnés à de longues peines. Il décrit l'implacable machine répressive au service du Kremlin et dévoile des images inédites de l'intérieur des geôles russes. Manon Loizeau revient pour franceinfo sur l'élaboration de ce film.

Franceinfo : Pourquoi n'avez-vous pas pu vous rendre en Russie pour tourner votre film ?

Manon Loizeau : J'ai vécu 10 ans en Russie, de 1994 à 2004. Lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir en 2000, j'ai commencé à réaliser des films sur les assassinats politiques, dont celui d'Anna Politkovskaïa, qui était une amie. Mais aussi sur les empoisonnements au polonium, sur la Tchétchénie et sur les crimes de guerre commis en Ukraine. Les autorités russes n'ont évidemment jamais apprécié mes films. Je suis donc connue du FSB, les services secrets russes. Je ne peux plus y retourner en Russie, même si elle reste mon pays de cœur. Lorsque nous avons appris l'arrestation d'Evan Gershkovich, le correspondant du Wall Street Journal à Moscou, condamné à 16 ans de prison pour espionnage, je me suis dit que retourner en Russie était devenu bien trop dangereux. Même si ce journaliste a été libéré depuis.

Comment avez-vous pu réaliser votre documentaire à distance ?

C'était la question : comment tourner un film de l'intérieur sans être sur place ? J'ai actionné toutes les personnes que je connaissais là-bas et j'ai été mise en contact, au bout de quelques mois, avec une jeune réalisatrice, Ekaterina Mamontova. Elle réalisait déjà des films, sous un pseudo, pour dénoncer le régime, mais ce qui était très important pour moi, c'est qu'elle avait l'intention de quitter la Russie avant même que nous décidions de travailler ensemble, car je ne voulais pas que ce film soit la raison de son exil. Elle a donc filmé une dernière fois son pays avant de le quitter. 

 


 

Que souhaitiez-vous raconter sur cette Russie ? 

Je souhaitais faire un film autour de ces milliers de Russes jetés en prison parce qu'ils sont contre la guerre en Ukraine. Ce qui a vraiment déclenché le projet a été d'une part l'arrestation d'Oleg Orlov, un militant des droits de l'homme que je connais bien, mais surtout la mort d'Alexeï Navalny.

Je voulais montrer la répression et les arrestations arbitraires qui font régner la terreur, mais également l'incroyable résistance. On a tous l'impression que tous les Russes dissidents sont partis, et que ceux qui sont restés sont en accord avec la politique de Vladimir Poutine. Alors qu'il y a des millions de personnes opposées au régime, mais qui se taisent parce qu'elles ont peur. On ne les entend plus, on ne les voit plus, mais pour autant, il y a des tas de gens qui vont dans les tribunaux soutenir les prisonniers politiques, qui se recueillent toujours sur la tombe d'Alexeï Navalny, et qui croient encore à la liberté.  

Comment Ekaterina Mamontova a-t-elle pu filmer les procès ?

Tout est interdit, mais comme il n'y a presque plus de médias occidentaux, les autorités laissent les quelques journalistes russes d'opposition filmer les détenus au début et à la fin de leur procès, pour montrer à quel point ils punissent sévèrement les voix discordantes. C'est une façon pour eux d'effrayer les dissidents, car ils arrêtent des personnes qui appartiennent à toutes les strates de la société : artistes, médecins, intellectuels, ouvriers, enfants... Ils ne savaient évidemment pas qu'Ekaterina filmait pour nous.

Combien de temps ce tournage a-t-il duré ? 

Nous pensions qu'elle ne travaillerait que quelques jours. Au bout de deux mois, je recevais encore chaque jour des images qu'elle tournait. Finalement, le tournage a duré un an. Il m'est très vite apparu que ce documentaire serait sur des femmes qui se battaient pour leurs proches. 

Le film s'est construit de manière clandestine et artisanale. Au fil du temps, j'ai pu rencontrer des femmes réfugiées en France. Tout d'abord Nadejda, dont la fille artiste était emprisonnée depuis trois ans pour avoir remplacé des étiquettes dans les supermarchés par des messages antiguerre. Ensuite, j'ai fait la connaissance d'Anna Karetnikova, qui avait travaillé dans des prisons russes pendant des années. J'ai ainsi pu commencer à dresser des portraits.

 


 

A-t-il été difficile de faire témoigner la mère d'un adolescent emprisonné ?

En fait, nous savions que des enfants étaient arrêtés. J'avais commencé à enquêter là-dessus, mais les parents ne parlaient pas, car tout le monde était terrorisé. En août 2024, un accord entre les Etats-Unis et la Russie a permis la libération de certains dissidents, dont Oleg Orlov. Ils ont été échangés contre des prisonniers politiques russes qui étaient détenus dans plusieurs pays occidentaux. Les familles de prisonniers politiques ont pris conscience que ceux qui ont été remis en liberté avaient été soutenus lors de grandes campagnes de mobilisation. Contrairement au pianiste Pavel Kouchnir, mort dans l'indifférence générale à 39 ans, car personne ne savait qu'il était en prison.

Irina, la mère de l'adolescent de 14 ans emprisonné que l'on voit dans le documentaire,(Lire en fin de post) a alors commencé à parler à des médias d'opposition russe, car son fils s'est fait battre en prison. Elle a eu très peur pour sa vie. Elle est devenue le porte-voix de toutes les mamans, car il y a des dizaines d'enfants en prison.

Dans le documentaire, vous montrez que les prisonniers peuvent recevoir des lettres...

Oui, cela paraît complètement kafkaïen dans un système russe où la Constitution est sans cesse bafouée : procès truqués, faux témoins créés de toutes pièces et payés, et en même temps, dans cette même Constitution, les gardiens de prison ont l'obligation de remettre le courrier aux prisonniers et ils le font. Une des prisonnières politiques que l'on voit dans le film a reçu des centaines de lettres d'enfants du monde entier qui dessinaient des arcs-en-ciel et des drapeaux ukrainiens, après une campagne d'Amnesty International très médiatisée.

Les gardiens, submergés, lui ont donné tous ces courriers, ce qui l'a aidée à tenir. Les lettres, ce sont les mots contre les murs, c'est essentiel. La prison est un trou noir où sont engloutis des tas de gens. Il faudrait faire une campagne d'information pour que tout le monde puisse écrire aux enfants emprisonnés surtout.

Nous dédions aussi ce film aux milliers de prisonniers ukrainiens qui sont dans les prisons russes et dont nous n'avons aucune nouvelle. Ils sont dans des centres secrets. Les échanges entre l'Ukraine et la Russie concernent des militaires. Pas les civils, qui sont vraiment dans un trou noir.

Comment avez-vous obtenu les images de l'intérieur des prisons ?

Grâce à Anna Karetnikova, qui est réfugiée en France et a longtemps travaillé dans des prisons russes comme observatrice. Elle nous a montré toutes les images qu'elle avait filmées et cela a illustré en creux ce que nous racontions. Anna faisait partie de l'ONG Memorial, gérée par Oleg Orlov, et est devenue visiteuse de prison en 2005. A l'époque, les autorités russes ont permis à des membres d'ONG de pénétrer dans les centres pénitentiaires afin de donner des gages à l'Europe.

Quatre ans plus tard, elle a quitté l'ONG et a été engagée par la prison, qui lui a fourni une caméra. Elle s'est alors dit qu'elle pourrait aider de l'intérieur des détenus. Les choses se sont dégradées lorsqu'elle a vu de plus en plus de ses amis, défenseurs des droits de l'homme, emprisonnés. Elle s'est enfuie en 24 heures de Russie lorsqu'elle a commencé à être inquiétée. Ce qui est incroyable, c'est qu'elle a pu faire une copie de tout ce qu'elle avait filmé. 

 


On a le sentiment que la répression s'intensifie...  

Oui, depuis le mois de juin, il y a eu des raids terribles chez des ONG et des journalistes. Depuis le 1er septembre, le régime a fait passer tout un arsenal législatif pour ouvrir onze centres de pré-détention, qui recréent un peu un nouveau goulag, où seront enfermés exclusivement des prisonniers politiques. Ils autorisent désormais le FSB à avoir légalement ses propres prisons. Ils pourront faire absolument tout ce qu'ils veulent, alors que ce genre d'endroit avait disparu en 1990, lors de la chute de l'URSS.

La messagerie WhatsApp et toutes les applications occidentales sont désormais interdites. Une nouvelle messagerie russe appelée Max a été intégrée dans tous les portables vendus. Depuis le 1er septembre, tous les téléphones russes deviennent de facto des traqueurs et des enregistreurs. On est rentré dans le tout répressif, ce qui n'augure rien de bon, et tout le monde a très peur que les gens qui sont déjà en prison soient jugés pour de nouveaux chefs d'accusation. 

Le documentaire "Politzek, les voix qui défient le Kremlin", réalisé par Manon Loizeau et Ekaterina Mamontova, est diffusé dimanche 21 septembre sur France 5, à 21h05, et visible sur la plateforme france.tv.

Article rédigé par Isabelle Malin - Propos recueillis par France Télévisions

Source 

 



"Même les camarades de mon fils l'ont dénoncé" : en Russie, la répression politique n'a pas épargné Arseny, emprisonné à 14 ans 

Toute voix russe discordante ou critique de Vladimir Poutine est désormais muselée, relate un documentaire diffusé dimanche sur France 5. Le film suit les proches de plusieurs prisonniers politiques, dont la mère de cet adolescent, condamné pour ses propos sur les réseaux sociaux et à l'école.

Son visage, encore adolescent, ne s'affiche désormais que sur des photos. Des souvenirs de vacances que sa mère garde précieusement. Arseny a aujourd'hui 15 ans, l'âge d'aller au lycée. Mais il n'a aujourd'hui pour horizon que les murs de sa prison. Incarcéré dans un établissement pour mineur de l'Oural, ce jeune russe paie ses prises de position politiques, dans un pays où aucune voix anti-Poutine ne peut émerger

Son histoire, comme celle d'autres dissidents, est racontée dans un documentaire tourné clandestinement pendant près d'un an en Russie et diffusé dimanche 21 septembre à 21h05 sur France 5. Intitulé "Politzek, les voix qui défient le Kremlin", et réalisé par Manon Loizeau et Ekaterina Mamontova, le film dévoile des images de l'intérieur de prisons russes. Il dresse le portrait de quatre femmes qui luttent pour la libération de leurs compagnons, amis, filles et fils emprisonnés, qu'ils soient défenseur des droits humains, metteuse en scène de théâtre, jeune artiste ou adolescent trop critique du pouvoir. Dans une Russie déchirée par la guerre menée en Ukraine depuis plus de trois ans, ainsi que par une répression de plus en plus vive, ces prisonniers politiques ont un surnom : les Politzek.

 


 

"Liberté pour les prisonniers politiques"

Arseny en fait désormais partie. Avant d'être arrêté, il était un élève brillant, qui rêvait d'une autre Russie. Il postait régulièrement des vidéos sur Ies réseaux sociaux, dans lesquelles il dénonçait la guerre en Ukraine, le trucage du procès d'Alexeï Navalny, principal opposant à Vladimir Poutine jusqu'à sa mort dans une prison de Sibérie en 2024, ainsi que "l'Etat totalitaire" qu'est devenu son pays.

 


 

"Salut les amis, je suis sorti manifester seul. C'est le jour de la Russie contre Poutine. Liberté pour les prisonniers politiques, liberté pour tous", clame-t-il dans un de ses courts films. En août 2023, des membres du FSB, les services secrets russes, débarquent à l'aube chez l'adolescent et l'interrogent, comme l'explique sa mère, Irina Turbina, dans le documentaire : "Les agents du FSB lui ont demandé : 'Tu ne te caches pas, tu dis partout ouvertement que tu es contre Poutine. Pourquoi tu fais tout ça ?'" 

Arseny assume alors ses propos et leur répond qu'il considère que c'est de sa responsabilité de dénoncer la politique répressive du président russe. Quelques mois plus tard, le jeune adolescent est convoqué à Moscou, pour être jugé devant un tribunal militaire.

Sa mère, qui vit seule avec son fils, apprend alors que la professeure d'histoire d'Arseny va témoigner contre lui. Irina est persuadée que c'est l'école, où l'adolescent exprimait librement ses opinions, qui a désigné son fils aux services de renseignements : "Je pense qu'avec d'autres professeurs, ils ont appelé le FSB pour signaler Arseny. (...) Même les camarades de classe de mon fils l'ont dénoncé. (...) Ils l'ont tous dénoncé." Elle explique que c'est à ce moment-là que des agents ont commencé à surveiller son fils, et retrouver ses publications politiques sur internet. "Tout a démarré à ce moment-là", se désole Irina.

Condamné à 5 ans de prison

Pourtant, Arseny et sa mère sont plutôt optimistes lorsqu'ils se rendent au procès, en juin 2024. Pour eux, l'idée qu'un adolescent alors âgé de 14 ans isolé soit considéré comme dangereux semble extravagante. Mais à l'énoncé du verdict, tout s'effondre.

"Le juge est arrivé et, d'une voix blême, a dit que le tribunal (...) reconnaissait mon fils coupable. Arseny était assis et il pleurait."

Irina Turbina, mère d'un prisonnier politique russe

Dans le documentaire "Politzek, les voix qui défient le Kremlin"

L'adolescent est condamné à cinq ans de prison pour "participation aux activités d'une organisation terroriste". Il est d'abord incarcéré dans l'établissement pénitentiaire pour mineur de la capitale russe, située à 400 kilomètres de son domicile, où Irina ne peut se rendre qu'une fois par mois faute de moyens. Arseny écrit régulièrement des lettres à sa mère, dans lesquelles il lui explique qu'il est souvent battu et qu'il est terrifié. Puis, après un passage à l'hôpital, il est envoyé dans une colonie pénitentiaire pour mineurs dans l'Oural, sans moyen de communication. Plus de 2 000 kilomètres le séparent désormais de sa mère et de sa région natale.

 Source avec vidéo à voir

 

 

septembre 17, 2025

Blé français : l’Algérie & Maroc choisissent la Russie, la France perd ses plus gros clients, plus d'un milliard d’euros envolé

La France perd le marché algérien du blé, près d’un milliard d’euros, au profit de la Russie. Une crise issue d’un échec diplomatique, qui frappe durement les paysans français.


 

L’Algérie a récemment décidé de cesser d’importer du blé français, une décision qui a des répercussions économiques significatives pour le secteur agricole français. Selon un reportage de BFMTV diffusé le 16 septembre 2025, cette mesure s’inscrit dans un contexte de détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays, aggravées par des choix politiques français. Ces choix, notamment l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et le soutien à un plan concernant le Sahara occidental, ont conduit à une escalade des tensions, rendant inévitable une cassure diplomatique et économique.

L’arrestation de Boualem Sansal, un écrivain franco-algérien proche du CRIF, qui compare Israël à « un village gaulois » résistant aux invasions. Des sources algériennes l’accusent d’être un « agent caché d’Israël » ou du Mossad, avec une vidéo de 2012 (diffusée en janvier 2025) le montrant évoquer sa rencontre avec Netanyahou. Sansal a été condamné à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, comme rapporté par France 24 le 27 mars 2025. Cette action a été perçue comme une ingérence directe dans les affaires internes de l’Algérie. Par ailleurs, le soutien de la France à un plan pour le Sahara occidental, exprimé par Emmanuel Macron dans une lettre au roi Mohammed VI en juillet 2024, a été vu comme une trahison par l’Algérie, qui soutient le mouvement d’indépendance sahraoui. Ces décisions, prises sans privilégier la diplomatie, ont directement contribué à la détérioration des relations.

Les paysans français face à une crise sans précédent

Les chiffres sont éloquents. En 2019, les exportations de blé français vers l’Algérie représentaient environ 1 milliard d’euros, selon des données compilées et citées dans le reportage de BFMTV. Aujourd’hui, ces exportations sont pratiquement nulles. Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet Negoce déclaré :

« Je suis installé depuis 2006 et je n’ai jamais connu une crise aussi importante. »

En 2021, l’Algérie avait déjà exclu la France d’un tender de blé suite à un différend diplomatique, comme le rappelle Reuters. Comme l’explique Frédéric Montchablon, directeur de la Soufflet Negoce :

« L’Algérie a décidé de ne plus acheter de blé français, et cela a des conséquences immédiates sur nos exportations. »

Ces choix politiques français, loin de privilégier la diplomatie, ont rendu inévitable une cassure avec l’Algérie. Le gouvernement préférant s’aligner sur le CRIF plutôt que de privilégier la diplomatie afin de protéger ses agriculteurs.

La Russie, le bénéficiaire inattendu

Alors que la France perd pied sur le marché algérien, la Russie émerge comme le principal bénéficiaire. Selon les données présentées, l’Algérie a importé 1,6 million de tonnes de blé russe au cours des sept premiers mois de la saison actuelle, surpassant les volumes importés de l’Union européenne. Un graphique montre une chute drastique des importations de blé français en Algérie, passant de plusieurs milliers de tonnes en 2019 à presque rien en 2024, tandis que les importations de blé russe ont augmenté de manière significative. Cette situation profite directement à la Russie, qui a su capitaliser sur les erreurs diplomatiques françaises.

L’Algérie tourne le dos au blé français et se tourne vers la Russie, désormais principal fournisseur

L’Algérie a cessé toute importation de blé en provenance de France ce qui ouvre la voie à une percée décisive des exportateurs russes sur ce marché stratégique. Selon le quotidien français L’Opinion, la Russie fournit désormais 90 % des besoins en blé de l’Algérie, reléguant les producteurs français au second plan après des décennies de domination sans partage.

Il y a encore dix ans, Paris constituait le principal pourvoyeur de denrées céréalières de l’Algérie. Cependant, la détérioration progressive des relations bilatérales a culminé en octobre 2024, lorsque les autorités algériennes ont formellement exclu les entreprises françaises des appels d’offres relatifs aux importations de blé. Une exigence explicite a été même formulée : aucune céréale d’origine hexagonale ne saurait plus être prise en considération.

Un bouleversement du marché céréalier algérien

Ce revirement a permis à la Russie de s’ancrer solidement dans l’un des marchés céréaliers les plus considérables du bassin méditerranéen, mais qui reste miné par la bureaucratie et la mauvaise gestion des autorités algériennes. Les experts prévoient qu’à l’horizon 2025, les exportations françaises vers l’Algérie atteindront un niveau nul, consacrant ainsi la suprématie de la Fédération de Russie dans ce secteur.

Au-delà des volumes échangés, l’essor des exportations russes repose sur plusieurs facteurs techniques et logistiques. La compétitivité tarifaire accrue des céréales russes, renforcée par des coûts de production plus faibles et une politique agressive de pénétration des marchés, a joué un rôle déterminant. De surcroît, la diversification des infrastructures portuaires russes sur la mer Noire et la mer Caspienne a considérablement amélioré la capacité d’acheminement vers l’Afrique du Nord, réduisant les délais de livraison et optimisant la chaîne logistique.

Les analystes observent également que les récentes réformes du secteur agricole russe, conjuguées à une mise à niveau des silos portuaires et à une optimisation des quotas d’exportation, ont permis de répondre avec flexibilité aux exigences spécifiques du marché algérien, notamment en matière de qualité du blé tendre, privilégiée pour la production locale de semoule et de pain.

Un divorce commercial aux répercussions durables

Ce basculement des flux commerciaux traduit une rupture profonde dans l’architecture traditionnelle des échanges agricoles euro-méditerranéens. Il témoigne d’un réalignement des alliances économiques où la Russie, qui se targue, selon ses responsables, de sa capacité à offrir des conditions commerciales avantageuses et une régularité d’approvisionnement, occupe désormais une position dominante.

 

 


Blé : après l'Algérie, la Russie détrône la France au Maroc

La Russie consolide son influence sur le marché céréalier du Maghreb, en particulier au Maroc. Cette avancée marque une nouvelle étape dans la stratégie du géant agricole russe, qui gagne du terrain face à la France, acteur historique dans la région.

Sur les cinq premiers mois de la campagne actuelle, la Russie a exporté 700 000 tonnes de blé vers le Maroc, contre seulement 300 000 tonnes pour la France. Ce rapport de force illustre l'offensive menée par Moscou sur un marché traditionnellement dominé par les céréaliers français. Avec un objectif d’exportation ambitieux d’un million de tonnes pour la campagne 2024/2025, la Russie semble bien décidée à s’imposer comme le premier fournisseur de blé au Maroc.

Cette percée s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la Russie bénéficie de coûts de production compétitifs, lui permettant d’offrir des prix attractifs sur les marchés internationaux. De plus, la qualité du blé russe, notamment en termes de teneur en protéines, répond aux standards exigés par les consommateurs marocains.

Contexte agricole défavorable au Maroc

Le Maroc traverse une sécheresse persistante, réduisant considérablement sa production locale de blé. Pour la campagne actuelle, la récolte marocaine n’a atteint que 3,3 millions de tonnes, soit un tiers des besoins nationaux, estimés à 10 millions de tonnes. Cette situation contraint le pays à augmenter ses importations, qui devraient s’élever à 7,5 millions de tonnes pour 2024/2025.

La dépendance accrue du Maroc à l’égard des marchés extérieurs a ouvert la porte à la Russie. En proposant des volumes importants à des prix compétitifs, Moscou s'est positionné comme un partenaire clé pour répondre à cette demande croissante.

La position française s'effrite dans la région

La France, longtemps considérée comme un fournisseur privilégié du Maroc, voit ses parts de marché s’éroder. Avec une production nationale de blé historiquement basse (26,3 millions de tonnes), les céréaliers français peinent à rivaliser avec leurs homologues russes sur le plan des coûts et des volumes disponibles.

En conséquence, les exportations françaises vers le Maroc devraient chuter de 53,5 %, passant de 2,8 millions de tonnes à seulement 1,5 million de tonnes cette année. Cette situation rappelle les difficultés rencontrées par la France en Algérie, où la Russie a également pris l’avantage, mettant fin à des décennies de domination française sur ce marché stratégique.

Une stratégie russe bien rodée

Le succès de la Russie sur le marché marocain s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion économique dans les pays du Maghreb. En Algérie, où Paris a perdu son statut de principal fournisseur, la Russie s'est imposée en exploitant les failles des producteurs européens, notamment en matière de coût et de flexibilité logistique.

Outre ses avantages en termes de prix, la Russie bénéficie de routes maritimes optimisées et d’un réseau commercial de plus en plus efficace. Ces atouts permettent à Moscou de répondre rapidement aux besoins des marchés importateurs, même en période de forte demande.

Montée en puissance de la Russie sur le marché maghrébin

La montée en puissance de la Russie sur le marché céréalier du Maghreb dépasse la seule question économique. Elle reflète une volonté de Moscou de renforcer son influence géopolitique dans cette région clé, en utilisant les exportations agricoles comme un levier stratégique.

Pour la France, cette perte de terrain met en lumière des défis structurels importants. La compétitivité des producteurs français est mise à rude épreuve, non seulement par les prix agressifs de la Russie, mais aussi par les conditions climatiques et les contraintes réglementaires en Europe. Si Paris veut regagner du terrain, il sera crucial de repenser ses stratégies commerciales et de s’adapter à une concurrence mondiale accrue.


 

 

 

 

 

 

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