janvier 24, 2026

Réveillez-vous, Occident ! Les Blancs n'ont pas inventé l'esclavage......

Les Blancs n'ont pas inventé l'esclavage.  
 
C'est l'Occident qui y a mis fin. 
 

 
 
 J'avais du mal à croire ce que j'entendais. « Oui, elle m'a dit qu'ils séparaient les enfants en deux files, selon la couleur de leur peau. Une file pour les opprimés, l'autre pour les oppresseurs. » Cela se serait passé dans une école primaire de Topanga, en Californie, un endroit où j'avais vécu pendant près de deux ans. J'ai dit « près de » car, malheureusement, je pouvais le croire. Topanga est, comme le dit un ami, un repaire de « hippies qui ont trouvé la solution à certains problèmes ». Des adeptes du New Age, des nomades, des guérisseurs holistiques. Dans les années 60, c'était un épicentre de la contre-culture, le berceau de Marvin Gaye, Neil Young et Jim Morrison. 
 
Mode de vie hippie, prix de Los Angeles.
C'est aussi une ville majoritairement blanche. Le fait d'être noir – une rareté là-bas – m'offrait un point de vue privilégié pour observer de près les attitudes, pourtant bien intentionnées, de personnes blanches face à la question raciale. Il était donc inquiétant, mais plausible, que cet exercice d'oppresseur-opprimé puisse se dérouler dans une école primaire locale. Intrigué, j'ai décidé d'enquêter. Ce que j'ai découvert était pire que ce que j'avais imaginé. Cet exercice ne se limitait pas à une petite ville hippie excentrique. Il se pratiquait à l'échelle nationale. 
 
 I. La Marche des Privilèges 
 
L'Association Nationale des Psychologues Scolaires a publié « Parler de race et de privilège : Plan de leçon pour les élèves du collège et du lycée ». 
 Elle recommande la « marche des privilèges » – un exercice où les élèves se mettent en rang, ferment les yeux et avancent ou reculent en fonction d'affirmations concernant leur race et leur sexe.
Bien que conçu pour sensibiliser les élèves à leur propre identité, cet exercice leur apprend à se percevoir comme membres d'une race – plutôt que comme des individus. Il instaure précisément la conscience raciale qu'il prétend guérir. 
 
La NASP représente plus de 25 000 psychologues scolaires, et la marche des privilèges est une pratique courante dans les écoles du pays.
En 2021, à l'école primaire A.M. Kulp en Pennsylvanie, une enseignante de CM2 a organisé une marche des privilèges. Selon plusieurs parents ayant témoigné lors des réunions du conseil scolaire, les élèves ont été alignés « du plus blanc au plus foncé » et les élèves blancs ont été invités à présenter leurs excuses aux élèves noirs. Le conseil scolaire a confirmé la tenue de la marche des privilèges, mais a nié qu'il y ait eu des excuses. Il y a eu désaccord sur les détails, mais pas sur le fait que l'exercice ait eu lieu. Mais même dans le meilleur des cas, l'exercice lui-même pose problème. Comme l'a déclaré Samantha Ferry, qui a retiré ses enfants de l'école : « Les enfants ne voient pas la couleur de peau, et vous les ségréguez, vous les séparez. » 
 
Nous sommes devenus plus racistes. 
 
Je n'ai jamais participé à une marche des privilèges quand j'étais enfant. Ayant grandi dans un milieu modeste du Bronx, j'avais des amis de toutes origines : noirs, blancs, asiatiques, hispaniques. 
 
La couleur de leur peau m'importait peu.
En revanche, je faisais des distinctions, notamment en fonction de leurs goûts en matière de jeux vidéo, de la version de Pokémon à laquelle ils jouaient et de la taille de leur deck Yu-Gi-Oh!. Pour autant que je sache, c'était la norme. Nous avions fondamentalement le même matériel biologique, mais nous étions connectés par un logiciel commun : notre état d'esprit. Fils d'immigrants ghanéens, mes parents n'ont jamais parlé de race. Ils m'ont appris à me considérer comme un individu. Quelqu'un qui a le pouvoir d'agir. Quelqu'un qui peut réussir. Ils m'ont élevé comme un Américain, pour que je poursuive le rêve américain. Pour que je me concentre sur mon avenir, pas sur leur passé. Il n'y avait pas de manifestations de privilèges. Pas d'identification à l'oppression. Mais quelque chose a changé depuis les années 90. On dit aux Blancs qu'ils devraient se sentir coupables. Que la « blancheur » est mauvaise. Qu'ils sont les méchants éternels de l'histoire. On dit aux Noirs qu'ils devraient éprouver du ressentiment. Que le succès est le fruit de la suprématie blanche. Que nous sommes les victimes éternelles de l'histoire. Cela alimente le ressentiment entre Blancs et Noirs. Nous dressant contre notre histoire, contre notre civilisation, les uns contre les autres et contre nous-mêmes. Et cela repose sur une compréhension incomplète de l'histoire humaine. Plus précisément, de l'histoire de l'esclavage. Cela a laissé une plaie béante qui refuse de se refermer. La guérison exige la vérité. Et la vérité dépasse ce qu'on nous a enseigné. Tout le monde a été coupable dans l'histoire de l'esclavage. 
 
Mais l'Occident a aussi été le premier héros. 
 
Comprendre cela déplace le fardeau d'un groupe spécifique vers l'humanité. Cela met également en lumière la vérité : le bien contre le mal n'est pas une question de Noirs contre Blancs. C'est une guerre au cœur même de l'humanité. Ce n'est qu'en racontant toute l'histoire des péchés de l'humanité que nous pourrons nous libérer de la prison mentale qui emprisonne les êtres humains de toutes origines. 
 
Libres de voir l'Occident non comme l'antagoniste de l'histoire, mais comme un protagoniste complexe – imparfait, complice, mais le premier à changer. Restaurer la confiance morale de l'Occident. Et raviver l'esprit de l'Occident. 
 
II. L'Occident est démoralisé. 
 
En 2003, 60 % des jeunes Américains se disaient « extrêmement fiers » de leur pays. Aujourd'hui, ce chiffre n'est plus que de 18 %.
 
 
Une chute de 42 points. Et pour beaucoup, la fierté a fait place à la honte : un sondage Harvard de 2025 a révélé que près d’un tiers des jeunes Américains ont explicitement « gêné » d’être Américains. De l’autre côté de l’Atlantique, le déclin est encore plus marqué. Parmi les jeunes Britanniques (18-24 ans), seuls 24 % sont fiers de l’Empire britannique, tandis que 35 % en ont explicitement « honte ». La nation qui a aboli la traite négrière mondiale, plongée dans la honte. Les universités occidentales sont gangrenées par des attitudes illibérales : un étudiant américain sur trois pense désormais qu’il est acceptable d’utiliser la violence physique pour empêcher des conférenciers de s’exprimer sur le campus. 
 
Une attitude fondamentalement incompatible avec une valeur occidentale essentielle : la liberté d’expression. 
 
Les relations interraciales ont également souffert. En 2001, environ 70 % des Américains avaient une opinion positive des relations entre Noirs et Blancs. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 53 %. Mais plus révélateur encore : 59 % des Afro-Américains pensent aujourd'hui que les relations raciales resteront toujours un problème. Ces dix dernières années, nous avons beaucoup parlé de race, et pourtant, cette obsession a engendré moins d'espoir. 
 
 Le bilan moral 
 
Une nation rongée par la haine de soi ne peut être grande. Le dégoût de soi a corrodé la psyché américaine et l'âme de l'Occident. Comment en est-on arrivé là ? À travers les récits que nous nous racontons. Et le récit le plus puissant est l'histoire. Nous avons enseigné à la jeunesse américaine que l'esclavage est le péché originel de l'Amérique, et non celui de l'humanité. Cela a conduit à un bilan moral incomplet : un bilan où les péchés de l'Occident sont mis en avant, tandis que ses succès sont minimisés. Le système éducatif américain est le point faible. Comme l'explique cet étudiant de l'UCLA, on lui a enseigné une version de l'histoire à l'école. Il a appris le reste en ligne. Les futurs dirigeants américains reçoivent une éducation partielle. TikTok comble les lacunes. 
 
 L'éducation erronée de l'Amérique 
 
Vous savez peut-être que l'esclavage est bien antérieur à l'Amérique. Qu'il était pratiqué dans le monde entier. Qu'il a été aboli en premier et qu'il a exercé une pression morale et militaire sur les autres peuples pour qu'ils fassent de même. Mais beaucoup de jeunes l'ignorent. Je l'ai vérifié moi-même en interrogeant des étudiants de l'UCLA, l'une des meilleures universités publiques, sur les origines de l'esclavage.
 
Ils savaient tous que l'esclavage était un mal. 
 
 Certains pensaient qu'il avait commencé en Amérique. Beaucoup ignoraient que des Africains vendaient d'autres Africains aux Européens. Rares étaient ceux qui savaient comment il avait pris fin à l'échelle mondiale. N'oublions pas qu'il s'agissait d'élèves d'élite. Ils l'ignoraient car on ne leur avait pas enseigné ces sujets. 
 Pourquoi ? 
Pourquoi les enfants américains apprennent-ils les horreurs de la traite transatlantique, mais pas l'histoire des négriers africains qui l'ont alimentée ? 
Pourquoi apprennent-ils l'histoire des esclaves de Jefferson, mais pas celle des 150 000 Africains libérés par la marine britannique ? 
Pourquoi le fait que les Britanniques aient été la première grande puissance à abolir l'esclavage suscite-t-il la condamnation, et non la célébration ?
 
L'histoire sélective crée des hiérarchies morales. 
 
Enseigner aux enfants que les Blancs ont inventé l'esclavage, c'est leur apprendre qui blâmer. Enseigner aux enfants que l'Occident a été le premier à y mettre fin à l'échelle mondiale, et le récit s'effondre. Mais contester ce récit, c'est menacer ceux qui profitent de la division. La critique sélective anti-occidentale ne démantèle pas la hiérarchie. Elle l'inverse. Elle troque le vieux mensonge – l'infériorité biologique des Noirs – contre un nouveau : l'infériorité morale des Blancs. La nouvelle hiérarchie est-elle aussi brutale que l'ancienne ? Non. Mais elle est tout aussi fausse. Et on ne peut bâtir l'unité sur un mensonge. Car les hiérarchies empêchent la guérison. 
 
Un monopole sur l'histoire 
 
Souvent, lorsqu'on reconnaît l'existence de l'esclavage à l'échelle mondiale, on est accusé de minimiser la traite transatlantique. Mais réfléchissez : chaque élève américain apprend l'histoire de la traversée de l'Atlantique. Les horreurs de la vie dans les plantations. 
 
La brutalité de l'esclavage. 
 
Et c'est bien normal. Mais quand des étudiants d'une des meilleures universités américaines ignorent que l'esclavage existait avant l'Amérique – quand ils pensent que l'un des plus vieux fléaux de l'humanité a été inventé ici – il y a un manque. TikTok ne devrait pas combler ces lacunes. C'est à nous de le faire. La traite transatlantique des esclaves n'a pas été minimisée. Elle a été amplifiée au point de devenir un monopole. Je ne dis pas qu'il faut en parler moins. Au contraire, il faut en parler davantage que des autres traites d'esclaves – car, évidemment, elle a eu lieu ici. Je dis simplement qu'il faut aussi parler du reste du monde. Un essai reconnaissant des milliers d'années d'esclavage à l'échelle mondiale ne minimisera pas l'esclavage occidental. C'est un pas vers un équilibre. 
 
 Critique destructive vs critique constructive 
 
En 2021, la statue de Thomas Jefferson a été retirée de l'hôtel de ville de New York après 187 ans – parce qu'il possédait des esclaves.
 
La même année, le conseil scolaire de San Francisco vota le changement de nom de 44 écoles, dont le lycée Abraham Lincoln, le lycée George Washington et l'école primaire Jefferson. La révolte des parents fut si forte que le conseil revint sur sa décision. Mais l'envie était bien présente : détruire des monuments de l'histoire, transformer les héros de l'histoire en figures maléfiques. Pourtant, il convient de considérer comment les architectes noirs de la liberté – ces géants dont les mouvements ont permis l'adoption du 13e amendement et du Civil Rights Act – parlaient des Pères fondateurs. Frederick Douglass : esclave ayant fui, il étudia la Constitution et la qualifia de « glorieux document de liberté ». Martin Luther King Jr. : battu, emprisonné et assassiné, il qualifia la Constitution de « paroles magnifiques », une promesse que l'Amérique se devait d'honorer. Les activistes sélectifs d'aujourd'hui : bénéficiaires des droits mêmes pour lesquels King a donné sa vie, ils qualifient la Constitution de « déchet » rédigé par des « esclavagistes et des colons » et prétendent que les idéaux fondateurs étaient « faux au moment de leur rédaction ». Ceux qui ont le plus souffert sont restés constructifs. Ceux qui ont le moins souffert sont devenus destructeurs. Douglas et King n'ont pas cherché à abroger la Constitution. Ils ont cherché à la faire respecter. Ils étaient constructifs, exigeant que l'Amérique soit à la hauteur de ses propres idéaux. Le critique sélectif est destructeur, exigeant que nous condamnions entièrement les fondements. L'un veut bâtir sur les fondements occidentaux. L'autre veut les détruire. Et cette impulsion destructrice repose sur un récit partiel de l'histoire, qui se résume ainsi :  
L'esclavage était une institution américaine. Créée par les Blancs pour asservir les Noirs. Il a commencé et s'est terminé en Amérique. Les Blancs étaient les oppresseurs et les Blancs d'aujourd'hui sont collectivement coupables. Les Noirs ont été opprimés par les Blancs et nourrissent un grief qui doit être apaisé par les Blancs d'aujourd'hui, mais qui ne le sera jamais.
Il y a juste un problème. Ce récit est incomplet. 
 
 III. La véritable histoire de l'esclavage 
 
L'esclavage est un mal. Et c'est un mal humain ancestral, commis par tous, contre tous. Des preuves d'esclavage remontent à des milliers d'années. Certaines sources suggèrent une existence d'au moins 11 000 ans. L'esclavage est antérieur à l'écriture et, probablement, à la civilisation elle-même. C'était la norme. Non pas parce que l'on pensait que c'était juste. Comme le souligne l'économiste Thomas Sowell : « Ce n'est pas parce que l'on pensait que l'esclavage était juste qu'il a persisté pendant des milliers d'années. Il a persisté surtout parce que l'on ne se posait pas la question de sa moralité.» Ce qui variait, ce n'était pas le fait de réduire des êtres humains en esclavage, mais la manière dont cela se produisait. 
 
Les péchés de nos pères.
 
La traite transsaharienne : Bien avant que les Européens n’entament la traite transatlantique, des millions d’Africains étaient contraints de traverser le Sahara pour être vendus au Moyen-Orient. On estime le taux de mortalité pour ce voyage entre 20 et 50 %. Les hommes et les garçons étaient systématiquement castrés. Des garçons dès l’âge de huit ans étaient castrés sans anesthésie, à l’aide de couteaux rudimentaires et de fers chauffés à blanc. La plupart ne survivaient pas. Les taux de mortalité variaient de deux tiers à 90 %. C’est pourquoi la population d’ascendance africaine au Moyen-Orient est faible par rapport à celle des États-Unis, malgré la durée plus longue et le nombre plus élevé d’esclaves capturés par la traite arabe. La traite barbaresque : Pendant plus de trois siècles, des pillards nord-africains ont capturé et réduit en esclavage plus d’un million d’Européens.
Ces esclaves étaient entassés sur des navires, enchaînés à des rames, fouettés et contraints de ramer jusqu'à l'épuisement. La filière d'approvisionnement africaine : les historiens estiment qu'environ 90 % des Africains vendus aux marchands européens étaient déjà réduits en esclavage par d'autres Africains. Les royaumes côtiers ont bâti leur économie sur la capture et la vente de leurs voisins. Les marchands européens ne chassaient pas la plupart des esclaves ; cela aurait été difficile car ils luttaient pour survivre à des maladies comme le paludisme et aux conditions de vie difficiles en Afrique. Ils les achetaient donc. Les Chinois, les Coréens, les Japonais, les Indiens, les Amérindiens, les Aztèques – même les monastères bouddhistes possédaient des esclaves. Ce qui rendait la version européenne unique, ce n'était pas son immoralité, mais son ampleur. Les progrès de la technologie navale leur ont permis de réduire des populations en esclavage par-delà les océans. L'esclavage était courant en Afrique avant l'arrivée des Européens. Ils n'ont pas inventé la filière d'approvisionnement. Ils se sont intégrés à celle qui existait déjà.  
L'argument de l'esclavage de type chattel 
 
Certains diront : « Mais l'esclavage américain était différent. C'était de l'esclavage de type chattel : héréditaire, racial, et d'une déshumanisation sans pareille.» L'esclavage de type chattel américain était un mal. Des enfants nés en servitude, leur humanité niée par la loi. Monstrueux. Et des monstruosités similaires existaient ailleurs. La traite des esclaves arabes était elle aussi héréditaire. Les enfants d'esclaves étaient légalement esclaves. Mais on castrait aussi les garçons. Un système disait : vos descendants seront esclaves. L'autre disait : vous n'aurez pas de descendance. L'un a laissé une cicatrice. L'autre a laissé un vide. Se demander lequel est « pire » est une erreur fondamentale. Le mal n'est pas une compétition. La palme de la malice revient à l'humanité. Reconnaître son universalité nous libère tous des jeux de reproches raciaux. Cela nous permet aussi de voir clairement quelle culture, à travers ses mécanismes de défense, a permis à tous d'échapper à ce mal. Aucune civilisation n'est irréprochable, et l'Occident fut le premier à se laver les mains de ses fautes. 
 
Avant les notions de « Blanc » et de « Noir »
 
Il n'y avait ni « Blancs » ni « Noirs » lorsque l'esclavage a commencé. Les Anglais combattaient les Espagnols. Les Ashanti se battaient contre les tribus voisines. Lorsque les royaumes africains vendaient des captifs aux marchands européens, ils ne « trahissaient pas leur race ». Ils vendaient leurs ennemis, comme cela avait été le cas tout au long de l'histoire. Le concept de « Blanc » et de « Noir » en tant que catégories raciales unifiées a été inventé à la fin du XVIIIe siècle par des scientifiques européens qui ont décidé de hiérarchiser l'humanité. Cette hiérarchie a ensuite servi à justifier l'esclavage a posteriori. Tout comme toutes les formes de préjugés sont utilisées pour excuser le mal. Mais l'esclavage n'avait pas besoin du racisme pour exister. Il est antérieur au concept de race de plusieurs millénaires. Le racisme était une rationalisation a posteriori, et non la cause.  
 
Les effets du racisme 
 
Soyons clairs : La traite transatlantique des esclaves s’est déroulée à une échelle industrielle – plus de 12 millions d’Africains ont été déportés par-delà l’océan. Et les conséquences de l’esclavage américain furent uniques par leur dimension raciale. Lois Jim Crow. Ségrégation. Discrimination en matière de logement. Un siècle d’oppression légale dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. Cet héritage est bien réel. Il ne faut pas l’ignorer. Et – l’institution de l’esclavage elle-même était mondiale. Comme l’écrit Sowell : 
« D’un point de vue réducteur, la leçon que certains tirent de l’histoire de l’esclavage, automatiquement perçue comme l’asservissement des Noirs par les Blancs, est que les Blancs étaient ou sont fondamentalement mauvais.» « Cependant, replacés dans le contexte plus large de l’histoire mondiale, une leçon bien différente pourrait être que nul, quelle que soit sa couleur de peau, ne peut se voir confier un pouvoir absolu sur un autre peuple.»
 J’étais dans un cachot d’esclaves 
 
Il y a cinq ans, je suis allé au Ghana. Je me suis retrouvé dans un cachot d'esclaves. Dans un château, où des gens qui me ressemblaient vendaient d'autres gens qui me ressemblaient… à des Blancs.
 
J'ai vu les chaînes qu'ils portaient.
J'ai touché les murs qu'ils ont touchés. Je suis resté debout dans l'obscurité désespérée, la porte du cachot close. L'air était lourd du poids de l'histoire. Le silence était absolu. Et alors, j'ai compris quelque chose auquel je n'avais jamais pensé. L'esclavage était universel. Car le mal n'a pas de couleur. Nous ne devons jamais minimiser le mal. Mais nous devons le reconnaître comme humain – afin de cesser de l'associer à un groupe particulier. Tout le monde a participé à l'esclavage. La question est : qui a décidé d'y mettre fin ? 
 
IV. L'Occident 
 
 Chaque civilisation a été un bourreau dans l'histoire de l'esclavage. La civilisation occidentale fut la première héroïne. Il y a eu des révoltes d'esclaves – Spartacus en 73 av. J.-C., Haïti en 1804. Ils ont lutté courageusement pour leur liberté. Et l'Occident a fait quelque chose d'inédit : il s'est retourné contre l'esclavage depuis sa position de puissance et a mené une campagne mondiale pour l'abolir partout. L'Occident n'a pas inventé l'esclavage. Mais elle a bel et bien inventé la critique de l'esclavage.
 
La même tradition intellectuelle qui a déplacé la Terre du centre de l'univers, qui a séparé l'Église et l'État, qui a consacré les droits individuels, cette même tradition s'est tournée vers une institution ancestrale et a répondu : « C'est injuste.
» Aucune autre civilisation ne s'était rebellée contre cette institution lorsqu'elle détenait le pouvoir. Les Britanniques furent les premiers à la combattre à l'échelle mondiale. En 1807, la Grande-Bretagne abolit la traite négrière. En 1833, elle abolit l'esclavage lui-même dans tout l'Empire, qui représentait alors un quart de la planète. Et il ne s'agissait pas d'une politique d'élites, mais d'une révolution morale populaire. Les femmes qui n'avaient pas le droit de vote boycottèrent le sucre issu de l'esclavage. On pouvait lire sur les sucriers : « Non fabriqué par des esclaves. »
 
La naissance de la consommation éthique. La Grande-Bretagne a alors accompli un acte sans précédent. Elle ne s'est pas contentée d'abolir l'esclavage dans son empire. Elle a usé de son influence pour contraindre d'autres empires à faire de même. Elle a fait pression sur l'Empire ottoman pour qu'il ferme ses marchés aux esclaves. Elle a envoyé des navires de guerre dans les eaux brésiliennes, bombardant les forts côtiers jusqu'à ce que le Brésil accepte de mettre fin à la traite négrière. L'escadre d'Afrique de l'Ouest de la Royal Navy a intercepté des navires négriers pendant plus de 50 ans, libérant ainsi environ 150 000 Africains. Certains prétendent que tout cela n'était qu'une question d'économie, que l'abolition était une affaire d'argent et non de morale. 
Cet argument ne résiste pas à un examen superficiel. 
Si l'abolition de l'esclavage était rentable, pourquoi la Grande-Bretagne a-t-elle consacré 40 % de son budget national à indemniser les propriétaires d'esclaves ? ​​
Cet emprunt n'a été intégralement remboursé qu'en 2015. Les contribuables britanniques ont financé l'abolition pendant 182 ans. Pourquoi près de 1 600 marins britanniques sont-ils morts en interceptant des navires négriers, principalement de maladies ? 
Pourquoi faire pression sur les partenaires commerciaux pour qu'ils abandonnent un système qui conférait à la Grande-Bretagne un avantage concurrentiel ?  
Aux États-Unis, la guerre de Sécession a fait plus de 750 000 morts, soit plus que toutes les autres guerres américaines réunies, et la Reconstruction a coûté des milliards. L'idée que l'abolition était une mesure d'économie est historiquement inexacte. Elle reposait sur des principes moraux, des principes qui n'existaient même pas dans d'autres civilisations. En 1841, un consul britannique rapporta cet échange avec le souverain de Zanzibar : Le souverain déclara que les Arabes n'étaient pas « comme les Anglais, qui ont toujours su lire et écrire » et étaient incapables de comprendre le point de vue anti-esclavagiste. L'obsession britannique à ce sujet leur paraissait « tout à fait inexplicable ». Inexplicable. Car le vocabulaire moral n'existait pas en dehors de l'Occident. De fait, l'esclavage existe encore dans certains de ces pays. Mais pas en Occident. 
 
Un simple raisonnement logique : 
 
Si l'on juge les civilisations à l'aune de leur participation à l'esclavage, toutes les civilisations doivent être condamnées. Si l'on les juge à l'aune de celle qui l'a aboli en premier, l'Occident doit être célébré. On ne peut appliquer le premier critère sans appliquer le second. Le critique destructeur veut compter les fautes mais pas les victoires. Il condamne l'esclavagiste mais refuse de reconnaître le mérite de l'abolitionniste – alors qu'ils appartenaient souvent à la même civilisation, voire qu'il s'agissait d'une même personne, aux prises avec une institution plus ancienne que l'histoire écrite. 
 
 V. Les Pères fondateurs
 
Quand on dit que « les Pères fondateurs étaient des propriétaires d'esclaves », on falsifie l'histoire. Certes, beaucoup l'étaient. Mais ce fait est utilisé pour discréditer leurs réalisations, comme s'il prouvait qu'ils étaient des imposteurs. On s'en est servi pour effacer les noms de Jefferson et de Washington à San Francisco et à New York. La réalité est plus humaine. Ils n'ont pas créé ce système. Ils y sont nés. Washington et Jefferson ont hérité d'esclaves dès leur enfance en Virginie. Et pendant une grande partie de leur vie, ils ont pleinement participé à ce système : acheter, vendre et tirer profit d'êtres humains, comme on le considérait à l'époque. C'était mal. Les principes sont intemporels, même si ceux du passé ne les percevaient pas. Mais voici ce qui les distinguait de leurs prédécesseurs : Ils ont tenté de démanteler le système auquel ils participaient. 
 
Jefferson 
 
 Jeune avocat, Jefferson a représenté gratuitement des esclaves lors de procès pour l'abolition de l'esclavage. Il tenta de condamner l'esclavage dans la Déclaration d'indépendance. Le Congrès l'abolit. Il rédigea la loi de Virginie interdisant l'importation d'esclaves. En tant que président, il incita le Congrès à mettre fin définitivement à la traite négrière. Pourtant, il n'était pas un héros sur la question de l'esclavage. Il en fut complice. Il n'affranchit quasiment aucun de ses esclaves. Il tira profit de leur travail. Il était également prisonnier de ses dettes. Selon la loi de Virginie, les esclaves servaient de garantie. Il ne pouvait les affranchir sans rembourser ses créanciers. Il mourut avec une dette équivalente aujourd'hui à des millions. Jefferson a semé des idées qui ont survécu à ses contradictions. Mais il ne s'en est jamais affranchi. 
 
Washington 
 
Washington avait plus d'options, mais Mount Vernon, le domaine dont il hérita, fonctionnait grâce au travail des esclaves. Les affranchir de son vivant aurait signifié la ruine. Comme Jefferson, il possédait de nombreuses terres mais peu d'argent. Alors il attendit. Il profita de leur travail toute sa vie. Il poursuivait ceux qui tentaient de s'échapper. Puis, dans son testament, il affranchit ses 123 esclaves et finança leurs soins et leur éducation. Était-ce un acte héroïque ? Non. Il les affranchit sans rien débourser. Mais c'était rare. Tandis que d'autres transmettaient leurs esclaves à leurs héritiers, Washington mit fin à ce cycle et assura leur avenir. Aucun des deux n'était irréprochable. Aucun n'échappa pleinement au système dans lequel il était né. Mais les mots pour lesquels ils se sont battus – « tous les hommes sont créés égaux » – devinrent l'arme de Lincoln pour abolir définitivement l'esclavage. 
 
« Si ce n'était la grâce de Dieu, j'aurais pu être à leur place.» 
 
Nous ne sommes pas meilleurs que les Pères fondateurs. Nous sommes plus chanceux. Imaginez, dans 100 ans, que l'énergie propre soit bon marché et abondante. L'humanité nous regardera avec horreur. « Ils savaient que le carbone détruisait la planète. Ils le savaient – ​​et ils ont continué à le brûler. » Imaginez maintenant qu'ils disent : « Les militants écologistes de 2026 étaient des hypocrites. Ils conduisaient des voitures. Ils prenaient l'avion. Ils participaient au système. » Serait-ce juste ? Ou préférerions-nous qu'ils disent : « Ils ont constaté les injustices et ont tenté d'orienter la société vers le bien, compte tenu des contraintes de leur époque. Ils ne pouvaient pas se désengager complètement. Mais ils ont agi. » Voilà ce que sont les Pères fondateurs. « Tous les hommes sont créés égaux » est un idéal. Ils ne l'ont pas incarné parfaitement. Mais c'était la première fois dans l'histoire que quelqu'un essayait. Des philosophes avaient médité sur l'égalité. Des religions l'avaient prêchée. Mais aucune nation ne s'était jamais fondée sur ce principe. Si nous exigeons des héros sans défaut, nous n'en aurons pas. La grandeur ne réside pas dans l'absence de défauts, mais dans leur dépassement. Nous ne célébrons pas les Pères fondateurs parce qu'ils répondaient aux normes de notre époque. Nous les célébrons parce qu'ils ont surpassé celles de la leur. Et déboulonner leurs statues n'efface pas leurs défauts. Cela efface les symboles des idéaux qu'ils nous ont légués pour les juger. 
 
VI. Griefs des Noirs, culpabilité des Blancs 
 
L'histoire sélective ne se contente pas de déformer le passé. Elle condamne le présent. Quand on enseigne que la « blancheur » est la source de l'oppression, être blanc devient un défaut moral. Un défaut dont les enfants s'excusent à l'école. C'est ainsi que l'on se retrouve avec des revues universitaires à comité de lecture publiant des articles décrivant la blancheur non pas comme une couleur de peau, mais comme une « affection maligne, quasi parasitaire ». Un article du Journal of the American Psychoanalytic Association affirmait que la blancheur a des appétits « voraces et insatiables » et rend ses hôtes « susceptibles à la contagion ».
 
Cet article a été validé par des pairs.
Ils pathologisent une race. Ils traitent la couleur de peau comme une maladie. Mais la seule maladie ici, c'est la déshumanisation elle-même. Depuis la nuit des temps, les humains se déshumanisent les uns les autres en fonction de l'appartenance tribale, de la religion et de la caste. On parle des Blancs comme s'ils étaient les seuls capables du mal. Mais face au bien comme au mal, nous sommes tous égaux. 
 
 Le Piège 
 
 Et ce ne sont pas seulement les Blancs qui souffrent de cette vision des choses. En 2020, le Musée national d'histoire et de culture afro-américaines du Smithsonian a publié une infographie listant les « aspects de la blancheur ». Parmi eux : le travail acharné, l'autonomie, la ponctualité, la patience et la famille nucléaire. Des vertus universelles – les mêmes vertus qui ont bâti toutes les civilisations prospères, y compris nombre d'Afrique et d'Asie – qualifiées de « blancheur ». La famille nucléaire – associée à la blancheur – alors qu'avant les années 1960, les Noirs avaient un taux de mariage plus élevé que les Blancs. Conséquence ? Ces vertus sont inaccessibles aux Noirs. Ce serait « faire comme les Blancs ». Si la blancheur est un défaut moral, alors la réussite qui en découle est forcément mal acquise. La réussite devient une preuve d'oppression. La compétence devient complicité. Voilà comment on piège les gens. On leur dit que la réussite est synonyme de suprématie. On leur dit que les outils de la réussite appartiennent à leurs oppresseurs. Et ensuite, on s'étonne qu'ils ne réussissent pas. La réaction a été si rapide que l'exposition du Smithsonian a été retirée. Mais l'impulsion était là – et la vision du monde qui la sous-tend demeure. 
 
Voir le monde en couleurs 
 
J'en ai été témoin. Un ami a été licencié. Son employeur voulait qu'il soit là 15 minutes avant son service, sans être payé. Il a refusé. Et il sentait le cannabis en arrivant au travail. Des clients se sont plaints. Il a été licencié. Quand il m'en a parlé, il a évoqué le colonialisme. Il a mentionné que les Blancs brûlent du Palo Santo, mais que l'odeur du cannabis est diabolisée. Je l'ai écouté. Puis je lui ai dit la vérité. « Frère, c'est dur de se faire virer. Mais la plupart des gens pensent juste que le cannabis sent mauvais. J'en ai fumé pas mal dans ma vie, et je trouve ça mauvais aussi. » (Il y a une raison pour laquelle personne ne fabrique d'eau de Cologne au cannabis.) « Si tu vas voir ton employeur en parlant de colonialisme, tu n'arriveras pas à le convaincre. Pourquoi ne pas essayer d'avoir une conversation directe ? « Écoute, si tu veux que je sois là 15 minutes en avance, il faut me dédommager. » Des questions d'horaires. De dédommagement. Des choses concrètes. » Il y a eu un silence. Puis j'ai entendu des gribouillis. « Attends… tu prends des notes ? » ai-je demandé. « Ouais, je ne serais pas arrivé là sans apprendre », a-t-il dit. C'est pour ça que je l'adore. Parce qu'il voulait gagner. Et ces croyances l'en empêchaient. Quand on perçoit le monde à travers le prisme de la couleur, on ne voit plus clair. On devient aveugle à ses propres actions et prisonnier de facteurs hors de notre contrôle. Cela nous enferme dans une prison mentale dont nous seuls pouvons nous libérer. 
 
Tribalisme 
 La pensée binaire nous pousse à adopter un comportement tribal.
Plus tôt cette année, un jeune homme nommé Karmelo Anthony a poignardé à mort Austin Metcalf, un adolescent. Les faits étaient clairs. Karmelo a avoué. Et pourtant, des centaines de milliers de dollars de dons ont afflué pour sa défense, provenant de personnes noires et blanches.
 
Comme si sa couleur de peau rendait l'immoralité du meurtre ambiguë. Quelques semaines plus tard, une femme nommée Shiloh Hendrix a insulté un enfant en utilisant un terme raciste dans un parc. Certes, moins grave qu'un meurtre. Mais tout aussi odieux. Indéfendable. Et pourtant, elle aussi a reçu de nombreux dons, principalement de la part de personnes blanches, en réaction au soutien de Karmelo.
 
Les deux camps s'empressent de défendre leur camp ou de se faire passer pour des alliés. Les deux camps s'intéressent davantage à la couleur de peau qu'à la morale. Voilà ce qui arrive lorsqu'on catégorise les gens au lieu de les juger individuellement. Cela conduit à privilégier les préférences au détriment des principes. 
 
Culpabilité collective 
 
Si l'on attribue une culpabilité collective à travers le temps, il faut le faire de manière cohérente. Si les Blancs d'aujourd'hui héritent de la culpabilité liée à l'esclavage, ils héritent aussi du mérite de son abolition. Si l'on condamne les descendants des esclavagistes, il faut aussi condamner les descendants des rois africains qui ont vendu leurs voisins. Mais je ne crois pas à la culpabilité collective intergénérationnelle. Les personnes d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier. Nous n'héritons ni des péchés ni des vertus de nos ancêtres. Nous sommes des individus. Jugés pour nos actes. Non pour ceux qui, ayant la même couleur de peau que nous, ont fait des siècles auparavant.  
 
Réveillez-vous, Occident ! 
 
 Si tout le monde autour de vous agit mal, et que vous aussi, vous avez agi de la même manière, mais que vous êtes le premier à vous réveiller et à y mettre fin, devriez-vous être condamné comme tout le monde ? Ou devriez-vous être reconnu comme celui qui s'est réveillé le premier ? 
 
Voilà l'Occident. L'Occident n'a pas inventé l'esclavage. Mais nous avons été les premiers à l'abolir. Voilà ce que nous devrions enseigner à la jeunesse américaine. L'histoire dans son intégralité. Conscients de nos fautes, mais concentrés sur nos victoires. 
 Les valeurs des Lumières – la dignité individuelle, l'État de droit, la conviction que tous les hommes sont créés égaux – sont nées en Occident. 
 Mais elles n'appartiennent pas aux Blancs. Elles appartiennent à tous. Le combat entre le bien et le mal est réel. Mais il n'oppose pas les races. Il se joue au plus profond du cœur humain. Dans notre capacité au bien et au mal, nous sommes tous égaux. 
 
La moralité n'est pas une question de couleur de peau.

 Kaizen D. Asiedu 
 

@thatsKAIZEN 
Esprit clair. Harvard (promotion 2012), 
lauréat d'un Emmy Award.
 
Sources & Citations here.
 


 
 
 

 
 
 
 
 
 

"Nous devrions tuer les libertariens" et la controverse d'Arthur HOMINES !

Nous devrions tuer les libertariens. 
 
 Contrairement à une idée répandue, tuer des libertariens n'est ni immoral ni contraire à l'éthique. En réalité, c'est un service rendu à la collectivité : cela réfute concrètement leur vision infantile du monde. En théorie politique, c'est ce qu'on appelle la praxis à l'état pur. 
 
Tuer un fasciste, c'est simplement prouver sa capacité à tuer. Félicitations, vous rejoignez un club très encombré. Mais tuer un libertarien, c'est démontrer avec élégance, une fois pour toutes, que le fameux principe de non-agression n'est guère plus qu'un charmant conte de fées. Dans la réalité, la loi du plus fort règne toujours en maître.  
 
Si le libertarianisme était vrai, une mystérieuse « force du marché » ou une main invisible serait intervenue pour stopper mon agression bien avant qu'elle ne commence. Et pourtant, il semble que la seule main en jeu soit celle qui tient le couteau qui, en ce moment même, vous déchire la chair tendre et éprise de liberté comme du beurre. 
 
Tuer les libertariens profite à la société à tous les niveaux. Au niveau individuel, l'intrépide activiste politique responsable s'enrichit. Une fois la cible éliminée, transférez ses bitcoins directement sur votre portefeuille anonyme et intraçable. Pas d'impôts, pas d'intermédiaire, pas de questions : un pur jeu de hasard, consenti par vous. 
 

 
Quant au niveau global, quelqu'un ici croit-il que les libertariens rendent le monde meilleur ? 
 
Regardez autour de vous et posez-vous cette simple question : qui est le plus responsable du déclin moral et culturel qui nous ronge en ces temps troublés ? 
Sans aucun doute, vous avez pensé aux Juifs. Le problème, c'est qu'on peut à peine plaisanter sur leur élimination sans susciter l'indignation et craindre un nouvel Holocauste. Alors, réfléchissez : qui sont les plus fidèles alliés des Juifs ?  
Qui prétend que l'immigration de masse est bénéfique uniquement parce qu'elle stimule le PIB ?  
Qui affirme que l'expulsion des immigrants illégaux de ses frontières est un péché grave ?
 
(Les expulsions massives ne sont pas un conflit entre nous et eux. C'est un conflit entre nous. C'est une attaque absurde contre nous-mêmes, nos familles, nos anciens combattants, nos travailleurs, nos amis, nos clients, nos employeurs, notre société. Défendons nos libertés. Disons au DHS de nous laisser tranquilles. David J. Bier -  https://x.com/David_J_Bier/status/1993718501572559180?s=20h ) )ttps://x.com/David_J_Bier/status/1993718501572559180?s=20
 
 
Qui prétend que le pire crime imaginable est toute restriction d'accès à la pornographie explicite sur Internet ? 
Qui souhaite que nos rues soient inondées de cocaïne et de fentanyl, non pas parce que ces drogues sont bénéfiques, mais parce que la liberté de détruire sa vie sur un coup de tête serait soi-disant un bien en soi ?
 
Qui se fait passer pour un membre de la droite tout en sapant les valeurs défendues par les hommes intègres ? 
 Imaginez un monde où l’on ne pourrait même plus prononcer le mot « non-agression » sans se faire abattre plus vite qu’on ne peut dire « principe ». Est-ce que quelqu’un le regretterait ? 
Est-ce que quelqu’un remarquerait seulement son absence ?
 
Moi, Hypocrite 

 
@lporiginalg 
Influenceur sur médias sociaux
Un traité en cours sur la condition humaine. 

 

La controverse d'Arthur !

L’article avance un poncif classique sur la prétendue faiblesse du principe de non-agression (NAP). Ce principe serait ainsi inutile face à la réalité physique d'une agression. En somme, à quoi sert le NAP si je peux quand même vous poignarder hihihi ? Cette objection met en exergue la défaillance logique de l'auteur, qui se révèle donc aveugle à la nature d'un concept normatif. 

Le NAP n’est pas un bouclier magique haha ! Évidemment que nous pouvons être agressés et que crier "NAP, NAP, NAP" ne va rien changer au fait qu'on est effectivement agressé. Mais c'est précisément parce que l’agression est une possibilité que nous avons besoin d'un critère éthique pour la définir. Le NAP sert à tracer la ligne de démarcation entre le Droit et le crime, entre l'action légitime et l'action illégitime. C'est tout ! Même le droit positif d'État reconnaît le crime. 

Le problème réside dans le fait qu'il s'arroge le droit de définir le crime tout en se trouvant lui-même exempt des sanctions liées au crime qu'il incarne pourtant. C'est bien parce que le meurtre et le vol sont des possibilités que la souveraineté de individu et ses droits de propriété sont antérieurs, reconnus et valides. En clair, la violation d'un droit de propriété ne prouve pas son inexistence, mais en souligne au contraire la validité et la fonction.

Arthur HOMINES 


 

t.me/arthurhomines

https://x.com/arthurhomines/status/2015030943778795775

janvier 23, 2026

France - internationales news !

Sommaire:

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ? 

C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

D) - Vers une détente russo-américaine ? 

E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

 


 

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

Dans une chronique publiée ce matin dans Le Journal du Dimanche, Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et ancien ministre, lance un cri d’alarme sans ambiguïté : il est temps pour la France de quitter l’Union européenne (UE).

Selon lui, ce qui était autrefois présenté comme un rêve de paix, de prospérité et de civilisation s’est mué en un cauchemar de dépendance, de contrôle et de perte de souveraineté.

Inspiré par ses arguments, explorons les raisons profondes qui, d’après Philippe de Villiers, rendent ce départ inévitable.

 

Les promesses trahies de l’UE

L’UE est née avec de grandes ambitions, portées par les Pères fondateurs comme Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer. Elle se voulait un bastion de civilisation européenne, ancré dans des racines chrétiennes symbolisées par son emblème – douze étoiles sur fond bleu, évoquant la Vierge Marie du vitrail de la cathédrale de Strasbourg. Mais aujourd’hui, argue de Villiers, l’UE a renié cette promesse. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment déclaré le 10 décembre 2025 : « Nous devons ouvrir davantage de voies sûres vers l’Europe pour faire face à nos besoins économiques. » Cette politique d’immigration massive, selon lui, favorise un « chassé-croisé démographique » entre l’Europe et l’Afrique, préparant le terrain à un « califat européen » imposé par des groupes comme les Frères musulmans. Le patron du renseignement territorial français a d’ailleurs alerté sur leur infiltration, visant à imposer la charia. L’identité européenne, autrefois célébrée, est en train de s’effacer.

La deuxième promesse brisée est celle de la paix. L’UE, fille de l’OTAN, risque de mourir par elle, prévient de Villiers. Les erreurs cumulées :

L’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, le sabotage des accords de Minsk (voir ici et ici) et l’envoi annoncé de soldats ont transformé l’Europe en belligérante.

Ignorant les avertissements d’Henry Kissinger, l’UE nous entraîne dans une guerre hors de ses frontières, comme en Ukraine ou potentiellement au Groenland. Au lieu de pacifier, elle militarise et intervient, contrôlant même les exportations d’armement françaises.

 

Le mirage de la prospérité et de la liberté

La prospérité promise s’est évaporée. Le choc tarifaire douanier imposé par les États-Unis le 27 juillet 2025 a révélé que l’Europe n’est plus un allié protégé, mais un marché consommable. Pendant ce temps, la concurrence chinoise dévore l’industrie européenne, tandis que le continent décroche dans la « Silicium Economy » du Pacifique. Nos semi-conducteurs dépendent désormais des États-Unis et de l’UE elle-même, signant une perte d’autonomie économique. Philippe De Villiers pointe aussi les nouveaux accords de libre-échange avec l’Inde, la Malaisie, l’Australie et les Émirats arabes unis, qui resserrent le « nœud coulant » autour des nations membres. L’agriculture européenne, berceau de l’UE, est sacrifiée : les protestations des agriculteurs contre le Mercosur en témoignent, avec des mairies retirant le drapeau européen en solidarité.

Enfin, la liberté tant vantée cède la place à une servitude numérique. L’UE prépare un système de notation sociale à la chinoise, transformant les citoyens en « QR codes » fichés, scannés et géolocalisés. Ce virage totalitaire punit déjà les délits d’opinion et impose une censure croissante. De Villiers évoque une « pieuvre » super-étatique qui étouffe les nations.

Retrouver la souveraineté : un impératif vital

Pour de Villiers, le bilan est clair : l’UE est atteinte de « fièvre mortelle ». Née de promesses, elle s’effondre sous le poids de ses fruits amers. Il est temps de partir pour reconquérir les quatre attributs de la souveraineté : faire la loi (au lieu de transposer des normes), rendre justice (sans ingérence des cours suprêmes), battre monnaie (l’euro étouffant les alarmes économiques) et déclarer la guerre (sans marché unique de défense imposé). Comme le disaient les Anciens : « Le pouvoir, c’est quand on l’a. »

Cette sortie de l’UE, ou « Frexit », n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un retour aux fondamentaux de la nation.

Elle permettrait à la France de négocier ses propres accords, de protéger son agriculture et son industrie, et de préserver son identité. Dans un monde où les États-puissances reviennent en force – comme le montre la capture de Nicolás Maduro marquant la fin de l’ordre post-Guerre froide –, seule la souveraineté peut nous armer contre la prédation.

Philippe de Villiers, avec son franc-parler habituel, nous invite à méditer : le rêve européen est devenu cauchemar. Il est temps d’agir.

https://multipol360.com/pourquoi-la-france-devrait-quitter-lue-lanalyse-percutante-de-philippe-de-villiers/

 


B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ?  

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), ces périmètres urbains destinés à bannir les véhicules les plus polluants des centres-villes, sont sur le point de connaître une fin abrupte.

Le 20 janvier 2026, une commission mixte paritaire du Parlement français a validé un compromis actant leur disparition progressive, marquant un tournant majeur dans les politiques écologiques du pays.

Cette décision, issue d’un projet de loi initialement axé sur la simplification administrative, répond à une vague de contestations populaires et politiques qui dénoncent ces zones comme un symbole d’écologie déconnectée des réalités sociales. Au cœur des critiques : l’idée que les ZFE orchestrent une véritable « chasse aux pauvres » dans les grandes agglomérations françaises, excluant les classes modestes des cœurs urbains au profit d’une élite plus aisée.

Les ZFE : un outil écologique aux objectifs louables mais contestés

Instaurées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi Climat et Résilience de 2021, les ZFE visent à améliorer la qualité de l’air en interdisant progressivement les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 dans les métropoles de plus de 150.000 habitants. À l’origine, 43 agglomérations étaient concernées, avec des villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse en tête de file. Les bénéfices environnementaux sont réels : des études montrent une baisse des concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines (même si de nombreuses autres sources sont aussi responsables), suceptibles de causer des milliers de décès prématurés annuels en France. Par exemple, à Paris et Lyon, les niveaux de pollution ont diminué de manière notable depuis leur mise en place.

Pourtant, ces mesures ont rapidement suscité un tollé. Les opposants soulignent que les ZFE exacerbent les inégalités sociales en pénalisant les ménages modestes, contraints de choisir entre l’achat coûteux d’un véhicule propre ou l’abandon de leurs déplacements essentiels. Avec 11,4 millions de véhicules impactés – soit près de 29 % du parc automobile français – ces zones touchent particulièrement les résidents des périphéries et des zones rurales, où les transports en commun sont souvent insuffisants ou inexistants. Les aides publiques, jugées inégales et insuffisantes, n’ont pas suffi à atténuer l’impact sur les budgets serrés.

La « chasse aux pauvres » : une exclusion géographique et sociale

Au-delà des arguments environnementaux, les ZFE sont accusées de créer une ségrégation urbaine flagrante.

Dans les grandes agglomérations, ces zones transforment les centres-villes en enclaves réservées aux plus fortunés, capables d’investir dans des véhicules électriques ou récents.

Les classes populaires, artisans, forains, travailleurs de nuit et ruraux se retrouvent relégués à la périphérie, privés d’accès aux emplois, services publics, commerces et lieux culturels essentiels. Cette dynamique évoque une « chasse aux pauvres », où l’écologie punitive sert de prétexte à une marginalisation accrue, assignant les modestes à des zones délaissées comme un « bracelet électronique » invisible.

Cette fracture sociale s’inscrit dans une vision plus large de la « France périphérique », où les élites métropolitaines imposent des normes déconnectées des réalités quotidiennes.

Les véhicules anciens, souvent indispensables pour les ménages aux revenus limités, deviennent des symboles d’exclusion : une vieille Twingo est bannie tandis qu’une Ferrari récente passe sans encombre. Ajoutez à cela la hausse des taxes sur l’essence (représentant 60 % du prix à la pompe), les contrôles techniques sévères et l’obsolescence programmée des modèles modernes, et l’automobile – pilier de mobilité pour 80 % des Français – se mue en fardeau insurmontable. Les ZFE amplifient ce sentiment d’abandon, rappelant les origines des Gilets jaunes en 2018, où une taxe carbone avait déjà cristallisé la colère contre une fiscalité écrasante.

Des sondages révèlent un rejet massif : jusqu’à 80 % des Français souhaitent leur disparition, transcendant les clivages politiques. Les populations les plus vulnérables, souvent exposées aux pollutions environnementales dans leurs quartiers populaires, subissent paradoxalement les effets indirects des politiques de transition, qui pèsent plus lourd sur leurs budgets. Sans alternatives viables comme des transports publics renforcés ou des aides substantielles, ces mesures risquent de transformer les villes en « zones à forte exclusion », creusant les inégalités et alimentant un ras-le-bol généralisé face à un État perçu comme défaillant.

Une mobilisation populaire et parlementaire triomphante

La contestation n’est pas restée lettre morte. Des mouvements citoyens, fédérés par des collectifs comme Stop ZFE, ont orchestré des manifestations massives, des pétitions et des alliances transpartisanes impliquant motards, commerçants, artisans et élus locaux. Des maires de communes périphériques ont refusé d’appliquer les restrictions, tandis que des sondages commandés par ces groupes ont mis en lumière un consensus populaire contre ces zones. Cette mobilisation exemplaire, amplifiée par les réseaux sociaux et des figures publiques dénonçant le mépris envers les « gueux » de la République, a créé un rapport de force inédit.

Au Parlement, la pression a payé. Dès mars 2025, des amendements portés par la droite et le Rassemblement national ont été adoptés en commission, malgré l’opposition du gouvernement. Le 28 mai 2025, l’Assemblée nationale a voté la suppression des ZFE, une mesure confirmée en juin malgré des craintes de cavalier législatif. Le compromis de janvier 2026 supprime le cadre national obligatoire, laissant aux élus locaux le choix de maintenir ou non ces zones. Cette victoire, saluée comme une résilience républicaine, défie même les directives européennes sur la qualité de l’air, risquant des sanctions de Bruxelles mais affirmant une souveraineté nationale sur les priorités sociales.

Des enjeux persistants : équilibre entre climat et pouvoir d’achat

Si les ZFE ont permis de considérer sérieusement les problèmes de polution urbaine, leur suppression soulève des questions sur l’avenir de la transition écologique. Des voix, comme celle de l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher, dénoncent exagérément un recul qui pourrait coûter des mois d’espérance de vie aux citadins exposés à la pollution. Cependant, des études soulignent que les bénéfices des ZFE seraient socialement répartis, y compris pour les plus modestes, surexposés aux pollutions. Le défi reste donc de concilier impératifs environnementaux et justice sociale, via des aides élargies, des alternatives de mobilité et une écologie plus humaniste.

Cette décision parlementaire pourrait marquer le début d’une ère où les politiques vertes intègrent enfin les angoisses sociales, évitant que l’écologie ne devienne un outil de division. Mais avec des votes finaux prévus fin janvier 2026 et un possible recours au Conseil constitutionnel, l’avenir des ZFE reste suspendu à un fil – tout comme la mobilité des millions de Français modestes.

https://multipol360.com/la-fin-programmee-des-zones-a-faibles-emissions/


C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

Dans un contexte où l’intégration européenne semble primer sur les intérêts nationaux, la France apparaît de plus en plus comme un État en retrait, prêt à diluer sa souveraineté pour s’aligner sur une vision continentale étriquée.

L’idée d’une Europe sans frontières, promue comme un idéal de fluidité et d’unité, masque en réalité une amputation progressive des attributs qui font la grandeur d’une nation : ses territoires éloignés, ses zones économiques exclusives et son rayonnement mondial. Les récents développements concernant Saint-Pierre-et-Miquelon et la Nouvelle-Calédonie illustrent cette tendance alarmante, où Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron, semble favoriser des arrangements qui érodent l’autorité française au profit d’une Europe recentrée sur son cœur continental, expurgée de ses extensions ultramarines. Cette critique examine ces cas, en soulignant comment ils contribuent à une perte d’identité et de puissance, loin des promesses d’une souveraineté partagée.

Saint-Pierre-et-Miquelon : un abandon aérien sous couvert technique

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, petit joyau français au large des côtes canadiennes, symbolise parfaitement cette érosion sournoise.

Annick Girardin, sénatrice de l’archipel et ancienne ministre des Outre-mer, a récemment alerté le président Macron sur un projet qui vise à transférer le contrôle d’une partie de l’espace aérien français à Ottawa.

Plus précisément, il s’agit de la zone d’approche en dessous de 6.000 pieds (environ 1.800 mètres), justifiée par des motifs administratifs et techniques. Girardin qualifie cela d’« abandon de souveraineté », affirmant qu’« on ne sous-traite pas sa souveraineté ». Découvert par hasard mi-décembre, ce plan risque d’être perçu localement comme un renoncement manifeste, envoyant un signal d’abdication incompréhensible de la part de la France.

 Historiquement, la souveraineté française dans ce bassin nord-américain n’a jamais été remise en question. Saint-Pierre-et-Miquelon, en tant que territoire d’outre-mer (PTOM) lié à l’Union européenne via la France, partage des similarités avec le Groenland sous souveraineté danoise. Pourtant, ce transfert aérien ouvre la porte à une dépendance accrue vis-à-vis du Canada, potentiellement influencée par des accords commerciaux comme le CETA (Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada). Critiquement, cela affaiblit la crédibilité diplomatique de Paris, surtout dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis sur le Groenland. Comment la France peut-elle défendre son influence stratégique si elle ne protège pas ses propres confins ? La sénatrice Girardin propose une coopération internationale avec le Danemark et le Groenland pour contrer le « retour assumé des impérialismes », mais l’Élysée semble sourd à ces appels. Ce cas n’est pas anodin : il préfigure une Europe qui, pour fluidifier ses relations transatlantiques, sacrifie les marges françaises, rendant l’Hexagone plus vulnérable et moins global.

Nouvelle-Calédonie : Des accords qui masquent une capitulation progressive

Plus au sud, en Nouvelle-Calédonie, les accords récents accélèrent cette dynamique de recul souverain. L’accord Élysée-Oudinot, signé le 19 janvier 2026 sous l’égide de Macron et de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, complète celui de Bougival de juillet 2025. Il instaure un « État calédonien » associé à la France, avec une citoyenneté locale, des compétences élargies en fiscalité, immigration et relations internationales (bien que limitées), un droit à l’autodétermination futur, et des transferts conditionnels en sécurité, justice et défense. Des investissements massifs de l’État pour les comptes sociaux, une double nationalité, et la capacité de signer des traités internationaux tout en maintenant des liens avec la France pour l’euro et la diplomatie : sur le papier, cela semble équilibré. Mais en réalité, cela contourne les résultats des référendums d’autodétermination de 2018 (53,3 % pour le maintien dans la France), 2020 (56,7 %) et 2021 (96,5 %, boycotté par les indépendantistes).

 Les critiques fusent : cet accord dilue le poids des Kanaks autochtones en ouvrant le corps électoral aux résidents récents, modifiant les équilibres démographiques. Des voix comme Nicolas Dupont-Aignan y voient une capitulation préparant une indépendance de facto, un déni de démocratie. Les loyalistes évoquent un parallèle avec l’exode des pieds-noirs d’Algérie en 1962, avec perte de propriétés et trahison par la métropole. Géopolitiquement, la Nouvelle-Calédonie représente 25 % des réserves mondiales de nickel, essentiel pour les technologies vertes, et renforce la position maritime française dans l’Indo-Pacifique via sa zone économique exclusive. Perdre le contrôle expose l’archipel à l’influence chinoise, américaine ou australienne, affaiblissant Paris dans un contexte de tensions régionales.

L’accord de juillet 2025, dit « Le Pari de la confiance », né des émeutes de mai 2024 (14 morts), crée déjà un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République avec autonomie accrue et transferts de compétences régaliennes. Macron le salue comme un « chemin d’avenir partagé », mais il est perçu comme un renoncement, contredisant la République indivisible et ouvrant à une fragmentation. Les indépendantistes y voient une étape vers la souveraineté pleine, les loyalistes un compromis précaire risquant de nouvelles violences. Cet effet domino pourrait toucher la Polynésie ou la Réunion, amplifiant la perte territoriale.

Vers une Europe expurgée : Implications pour l’UE et la souveraineté française

Ces cas s’inscrivent dans une tendance plus large : une Europe sans frontières qui, pour se consolider, expurge les territoires ultramarins ne s’intégrant pas parfaitement à son modèle. Les PTOM comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou la Nouvelle-Calédonie sont des OCT sous droit UE, hors marché intérieur mais bénéficiant de liens préférentiels. Pourtant, leur statut hybride – citoyens UE mais territoires éloignés – pose problème dans une Union obsédée par l’harmonisation. La stratégie indo-pacifique de Macron, lancée depuis la Nouvelle-Calédonie en 2018, vante la souveraineté française comme atout européen, mais les transferts d’autonomie contredisent cela.

Critiquement, ces abandons affaiblissent la France : perte de 350.000 km² de ZEE dans des disputes comme celles avec Vanuatu sur des îlots calédoniens, exposition à des puissances rivales, et repli sur un espace continental amoindri. L’Europe sans frontières devient une Europe sans ambitions globales, où la France, jadis impériale, se mue en simple province. Macron, accusé de faiblesse, ignore les référendums et cède aux pressions, motivé par des intérêts obscurs. Cette politique contredit le « non » français au traité constitutionnel européen de 2005 et risque un effet domino sur la Corse ou la Guyane.

En conclusion, ces renoncements ne sont pas des évolutions naturelles mais des choix politiques qui érodent l’essence de la France. Pour retrouver sa souveraineté, Paris doit rejeter cette Europe expurgée et réaffirmer son ancrage ultramarin, sous peine de devenir une nation diminuée dans un monde multipolaire.

https://multipol360.com/la-france-cede-encore-du-terrain-vers-une-europe-sans-frontieres-ni-horizons-ultramarins/


D) - Vers une détente russo-américaine ?  

La rencontre Poutine-Witkoff ouvre la voie à des négociations sur l’Ukraine

Dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes autour de l’Ukraine, une rencontre significative s’est tenue ce vendredi au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et une délégation américaine menée par Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis Donald Trump.

Accompagné de Jared Kushner et de Joshua Grunbaum, conseiller principal à la Maison Blanche spécialisé dans les questions économiques, Witkoff a transmis des messages directs de Washington, soulignant une volonté commune de paix entre Moscou et la Maison Blanche.

Cette entrevue, qualifiée de « substantielle et constructive » par le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, marque un pas supplémentaire vers un dialogue diplomatique, écho des efforts déployés depuis la rencontre au sommet d’Anchorage en août dernier.

Un échange franc et confiant au kremlin

La discussion, qui a duré environ quatre heures, s’est déroulée dans une atmosphère de « franchise et de confiance maximales », selon Ouchakov. Les représentants américains, tout juste arrivés de Davos où ils ont participé à des événements aux côtés de Donald Trump – y compris une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky –, ont partagé des impressions de première main sur ces échanges. Cette proximité avec les événements récents a permis d’aborder en profondeur la crise ukrainienne, avec un accent mis sur la nécessité d’une résolution politique et diplomatique.

Comme l’a rappelé Ouchakov, Vladimir Poutine a réaffirmé la position russe : une aspiration sincère à un règlement pacifique, tout en maintenant que la Russie poursuivra ses objectifs militaires tant qu’une solution diplomatique n’est pas trouvée. « Nous souhaitons sincèrement un règlement de la crise ukrainienne par des méthodes politiques et diplomatiques », a insisté le président russe, tout en soulignant que les forces armées russes conservent l’initiative stratégique sur le terrain. Cette déclaration fait écho au discours de Vladimir Poutine lors de la conférence de presse conjointe avec Trump à Anchorage le 15 août, où il avait exprimé l’espoir que les ententes russo-américaines ouvrent « la voie vers la paix en Ukraine », en appelant Kiev et les capitales européennes à éviter toute provocation.

Du côté américain, la volonté de paix est tout aussi évidente. L’administration Trump, par l’intermédiaire de ses émissaires, démontre un désir de comprendre les racines du conflit et de contribuer activement à sa résolution. Comme l’avait noté Poutine à Anchorage, « nous voyons l’aspiration de l’Administration américaine et personnellement du Président Trump à contribuer à la résolution du conflit ukrainien ». Cette convergence d’intérêts – loin des confrontations de l’ère précédente – illustre une volonté partagée de passer de la confrontation au dialogue, bénéfique non seulement pour les deux superpuissances mais pour la stabilité mondiale.

Des accords concrets pour avancer vers la paix

 Les négociations ont abouti à des avancées tangibles. Dès ce vendredi 23 janvier, une première réunion d’un groupe de travail trilatéral sur la sécurité – impliquant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine – se tiendra à Abu Dhabi. Parallèlement, un groupe bilatéral russo-américain sur les questions économiques, dirigé par Kirill Dmitriev (côté russe) et Steve Witkoff (côté américain), se réunira au même endroit. La délégation russe, déjà formée et en route pour les Émirats arabes unis, est conduite par l’amiral Igor Kostioukov, chef de la Direction générale de l’État-major des forces armées russes. Poutine a personnellement donné des instructions détaillées à cette équipe, intégrant les éléments discutés avec les Américains.

Un point central des échanges a été la question territoriale, indispensable à un règlement durable. Ouchakov a insisté sur le fait qu’aucune paix ne sera possible sans une résolution conforme à la « formule convenue à Anchorage », un cadre bilatéral établi lors du sommet d’août qui vise à équilibrer les intérêts des parties.

Cette approche pragmatique reflète la détermination de Moscou et Washington à prioriser la diplomatie, tout en reconnaissant les réalités sur le terrain.

Initiatives économiques et le « conseil de la paix »

Au-delà de l’Ukraine, la rencontre a porté sur des initiatives plus larges. Notamment, l’idée de Donald Trump de créer un « Conseil de la paix » a été discutée, avec une contribution russe proposée à hauteur de 1 milliard de dollars, financée par les actifs russes bloqués sous l’administration précédente. Le reste de ces réserves pourrait être alloué à la reconstruction des territoires affectés par les hostilités, une fois un traité de paix signé entre Moscou et Kiev. Cette proposition symbolise une volonté de transformer les sanctions passées en outils de réconciliation.

Les discussions ont également effleuré des questions régionales, comme la situation au Groenland, et le potentiel de coopération bilatérale dans divers domaines. Ouchakov a souligné que « nos pays ont un énorme potentiel de coopération », marquant un virage conceptuel vers une relation plus constructive.

Les deux parties se sont engagées à maintenir des contacts étroits, non seulement sur l’Ukraine mais sur d’autres dossiers internationaux.

Une étape prometteuse dans un contexte fragile

Cette rencontre au Kremlin, la première impliquant Joshua Grunbaum dans l’équipe américaine, intervient après une période de gel des relations bilatérales, qualifiée par Poutine à Anchorage comme la plus basse depuis la Guerre froide. Elle confirme l’actualité d’un redémarrage du dialogue, préparé minutieusement, et alimente l’espoir d’un règlement en Ukraine. Cependant, comme l’avait averti le président russe, tout progrès dépendra de la coopération de Kiev et de l’Europe, sans « provocations ou intrigues en coulisses ».

En somme, cette entrevue illustre une volonté de paix affirmée tant par Washington que par Moscou. L’administration Trump, avec son approche pragmatique, et le Kremlin, avec son insistance sur des solutions diplomatiques, semblent alignés pour dénouer la crise. Reste à voir si les réunions d’Abu Dhabi transformeront ces intentions en actions concrètes, ouvrant une nouvelle ère de stabilité en Europe de l’Est.

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E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

Dans un monde où les institutions internationales comme l’ONU peinent à imposer la paix, Donald Trump, fidèle à son style disruptif, propose un « Conseil de la Paix » comme alternative. Annoncé lors du sommet de Davos le 21 janvier 2026, ce conseil vise à résoudre des conflits majeurs, notamment à Gaza et en Ukraine, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Mais lorsque Trump invite Vladimir Poutine à rejoindre cette initiative, la réponse russe n’est pas une adhésion enthousiaste : c’est une riposte conditionnelle, teintée d’ironie, qui met en lumière les limites des négociations américaines.

Comme le soulignent certains observateurs, Vladimir Poutine, connaissant bien les Américains et Trump en particulier – ce maître des deals qui négocie tout et n’importe quoi –, ne s’engage pas vraiment. Cette réponse semble plus une pirouette diplomatique qu’une proposition économique sérieuse, exposant les faiblesses d’un projet perçu comme une « ONU version MAGA ».

Le contexte : un conseil de paix à l’américaine

Le « Conseil de la Paix », présidé par Donald Trump lui-même (potentiellement à vie, selon des fuites), est conçu pour contourner l’ONU, jugée inefficace par Washington.

Les membres permanents doivent verser un milliard de dollars, une somme qui financerait des opérations de paix, à commencer par la reconstruction de Gaza après des mois de conflit. Trump a envoyé des invitations à des alliés traditionnels comme la France, l’Allemagne ou le Canada, mais aussi à des figures jugées controversées par l’establishment : Vladimir Poutine, Javier Milei (Argentine), Viktor Orban (Hongrie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), et même Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil). Le Kremlin a confirmé le 19 janvier que Vladimir Poutine avait reçu cette invitation via des canaux diplomatiques, et qu’il demandait à son ministère des Affaires étrangères d’étudier la proposition. Donald Trump, de son côté, a rapidement affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait « accepté », mais cela semble une déclaration hâtive qui ignore les nuances russes.

Cette initiative s’inscrit dans une phase deux du plan Trump pour Gaza, après un cessez-le-feu fragile obtenu sous pression américaine. Mais au-delà du Moyen-Orient, elle touche l’Ukraine : Trump voit ce conseil comme un levier pour négocier avec Moscou, potentiellement en reliant les avoirs russes gelés (environ 300 milliards de dollars bloqués depuis 2022) à des accords de paix.

La riposte russe : conditions et ironie sous-jacente

La réponse de Vladimir Poutine, diffusée lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe le 21 janvier, est tout sauf une capitulation.

Il accepte en principe d’étudier l’invitation et de payer le milliard requis, mais avec une condition astucieuse : prélever cette somme sur les avoirs russes gelés aux États-Unis.

Les fonds restants pourraient servir à reconstruire les territoires ukrainiens endommagés et à aider la Palestine, en soulignant les « relations particulières » entre Moscou et le peuple palestinien. Cette proposition force Washington à « rendre » indirectement de l’argent perçu comme « détourné » par les sanctions, tout en liant l’Ukraine et Gaza – deux fronts où les intérêts russes et américains s’opposent.

Ici réside l’ironie profonde : Vladimir Poutine ne négocie pas vraiment. Connaissant Donald Trump, cet homme d’affaires qui transforme toute discussion en deal opportuniste, le leader russe sait que les Américains excellent dans les promesses non tenues. Depuis leur amitié affichée lors du premier mandat de Trump (marquée par des sommets comme Helsinki en 2018), Poutine a vu les volte-face : sanctions persistantes, soutien à l’Ukraine sous Biden, et maintenant une invitation qui sent le piège. En posant des conditions impossibles sans concessions majeures de Washington (comme lever les gels d’avoirs), Vladimir Poutine transforme l’offre en une « moquerie ». Ce n’est pas une négociation économique sérieuse – après tout, un milliard est une goutte d’eau pour la Russie – mais une façon de « ridiculiser » l’arrogance américaine. Comme le note Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, Moscou veut « clarifier toutes les nuances » avec les États-Unis, une formule diplomatique pour dire : « Nous ne nous précipitons pas dans votre piège. »

Réactions internationales : scepticisme et rejets

Les réactions ne se font pas attendre. La France, invitée mais dubitative, n’entend pas donner suite, estimant que le projet « soulève des questions majeures ». L’Allemagne et d’autres alliés européens partagent ce scepticisme, craignant une marginalisation de l’ONU et une légitimation de figures comme Poutine ou Loukachenko (Biélorussie). En Russie, les médias d’État présentent cela comme une ouverture, mais les analystes y voient une stratégie pour regagner des actifs perdus. Sur les réseaux, comme sur X, des voix comme celle de François Asselineau qualifient cela de « réponse du berger à la bergère », soulignant l’humour piquant de Vladimir Poutine.

Géopolitiquement, ce épisode illustre un monde multipolaire où les puissances comme la Russie ou la Chine (potentiellement invitée via les BRICS) ne se soumettent plus aux diktats américains. 

Donald Trump, en invitant Vladimir Poutine, espère diviser pour régner, mais risque d’exposer les faiblesses de son conseil : sans consensus large, il pourrait devenir une farce impériale.

L’ironie comme arme diplomatique

En fin de compte, la réponse de Vladimir Poutine n’est pas une négociation authentique, mais une ironie calculée. Connaissant les Américains et Donald Trump – ce négociateur en série qui voit le monde comme un casino –, le président russe utilise cette invitation pour retourner la situation à son avantage, sans céder un pouce. Ce n’est pas économique, c’est stratégique : une façon de rappeler que la paix ne s’achète pas à un milliard. Dans ce contexte, le « Conseil de la Paix » risque de rester une chimère trumpienne, tandis que la multipolarité s’affirme, ironie du sort.

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F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

En 2026, l’Europe se trouve à un carrefour historique, marquée par une dépendance croissante vis-à-vis des États-Unis. Ce qui était autrefois une alliance transatlantique équilibrée s’est muée en une relation asymétrique, où l’Union européenne (UE) agit souvent comme un simple prolongement des intérêts américains. Cette « vassalisation » – un terme de plus en plus employé par les analystes – s’illustre par des accords commerciaux imposés, une subordination militaire via l’OTAN et une rupture forcée avec la Russie, accélérée par la guerre en Ukraine. Basé sur des analyses récentes, cet article explore comment l’Europe est devenue un « jouet » des États-Unis, selon l’expression de Günther Burbach, et les voies possibles pour retrouver une souveraineté stratégique.

Les racines historiques de la dépendance : du plan Marshall à la fin de la guerre froide

La vassalisation de l’Europe n’est pas un phénomène récent, mais le fruit d’une évolution post-Seconde Guerre mondiale.

Le Plan Marshall, lancé en 1947 par les États-Unis, a fourni une aide massive à l’Europe dévastée, mais en échange d’une intégration économique centrée sur le dollar.

Avec seulement 1 milliard de dollars en prêts initiaux, les États-Unis ont forcé la moitié du continent à adopter le billet vert pour rembourser, établissant ainsi une suprématie monétaire qui perdure. L’OTAN, créée en 1949, a scellé cette dépendance militaire :

comme l’a dit Lord Ismay, son premier secrétaire général, l’alliance visait à « garder les Américains dedans, les Allemands en bas et les Russes dehors ».

La fin de la Guerre froide en 1991 aurait pu marquer l’émancipation de l’Europe. Au lieu de cela, l’élargissement de l’OTAN et de l’UE a approfondi la dépendance. Les États-Unis ont promu l’ « élargissement » des démocraties de marché sous leur parapluie sécuritaire, transformant l’Europe en une sphère d’influence américaine. Depuis les années 1990, les pays européens ont démilitarisé, profitant d’un « dividende de la paix » qui a réduit leurs budgets défense, les rendant encore plus tributaires de Washington. Aujourd’hui, l’Europe représente 5 % de la population mondiale, mais sa voix géopolitique est étouffée par cette subordination.

La guerre en Ukraine : accélérateur de la vassalisation

La crise ukrainienne, déclenchée en 2014 par le Maïdan et exacerbée par l’invasion russe de 2022, a servi de catalyseur. Les États-Unis ont investi plus de 5 milliards de dollars en « promotion de la démocratie » en Ukraine avant 2014, selon Victoria Nuland, alors sous-secrétaire d’État. Armes, formations militaires et intégration d’ONG américaines ont aligné Kiev sur l’Occident, sans adhésion formelle à l’OTAN, isolant ainsi la Russie de l’Europe. Le sabotage des pipelines Nord Stream en 2022 a forcé l’UE à se détourner du gaz russe bon marché, optant pour du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, vendu à prix premium.

Cette rupture énergétique n’a pas accru l’autonomie européenne ; elle l’a remplacée par une nouvelle dépendance. Des terminaux GNL en Allemagne (Wilhelmshaven, Brunsbüttel) illustrent cette bascule, au détriment de l’industrie européenne, qui souffre de coûts énergétiques élevés et d’une déindustrialisation accélérée. Le rapport RAND de 2019, « Extending Russia », révèle une stratégie américaine pour affaiblir Moscou en exploitant les divisions européennes. Résultat : l’Europe paie le prix économique, tandis que les États-Unis renforcent leur hégémonie.

L’accord commercial de 2025 : symbole d’une capitulation économique

L’accord commercial signé en juillet 2025 entre Donald Trump et Ursula von der Leyen marque un point d’inflexion. Présenté comme un « compromis », il impose à l’UE d’importer 750 milliards de dollars de gaz de schiste américain et d’investir 600 milliards aux États-Unis, tout en subissant des tarifs douaniers de 15 % sur ses exportations clés (voitures, machines, semi-conducteurs). Les produits américains entrent quasi duty-free, transformant l’Europe en un marché captif. Trump a exploité la dépendance militaire : l’OTAN, avec son « parapluie nucléaire » et ses systèmes cyber, logistiques et satellitaires, est devenu un levier pour exiger des paiements.

Les élites européennes, comme von der Leyen (vue comme « ambassadrice de Washington« ) et Friedrich Merz (ex-BlackRock), gèrent cette impuissance sans résistance réelle. Macron critique timidement, mais reste silencieux sur les sanctions américaines ou la déindustrialisation. Cette dépendance s’étend aux logiciels (Microsoft, AWS, Palantir), à la finance (dollar dominant, SWIFT) et à la défense (F-35, systèmes antimissiles). Un scénario hypothétique – Trump exigeant 2.000 milliards d’euros annuels pour la protection – expose l’absence de « plan B » européen.

Vers une autonomie stratégique ? les défis et les perspectives

Malgré les appels à l’« autonomie stratégique » – un concept cher à Emmanuel Macron et Josep Borrell – l’Europe peine à s’affirmer. Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) avertit que l’UE devient un « vassal » des États-Unis, perdant son indépendance en suivant la stratégie anti-Chine de Washington. Des accords bilatéraux hors OTAN émergent (comme entre le Royaume-Uni et l’Allemagne), et l’UE accélère ses capacités de défense communes, mais ces efforts sont surpassés par l’expansion de l’OTAN et la doctrine américaine.

Pour inverser la tendance, l’Europe doit construire une défense souveraine (avec la France, l’Italie, les pays scandinaves), un commandement cyber indépendant, des partenariats énergétiques diversifiés (Afrique, Asie, Amérique latine) et une souveraineté numérique (nuages propres, puces, normes). Restaurer des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques, est crucial. Sinon, l’Europe risque de se replier en une « coquille géopolitique vide ».

Trump n’est pas le problème, mais un miroir de l’oubli européen de l’indépendance. Face à des empires comme la Chine, la Russie et les États-Unis, l’UE doit choisir : fédération et autodétermination, ou déclin en vassal divisé. L’enjeu n’est pas seulement économique, mais civilisationnel : l’Europe doit-elle rester un centre de pouvoir, ou un simple théâtre des grandes puissances ?

 

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