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En ce 10 septembre 2025, la nomination de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre par Emmanuel Macron n’est pas seulement un énième remaniement dans une présidence chaotique – c’est une provocation flagrante. À 39 ans, ce « survivant politique » issu de la droite, reconverti en macroniste zélé, incarne tout ce que la Ve République a de plus instable et corrompu. Septième Premier ministre en huit ans sous Macron, Lecornu succède à François Bayrou après un vote de défiance historique, marquant le retour aux pires travers de la IVe République : instabilité, illégitimité et petits arrangements en coulisses. Mais derrière ce choix, se cache un agenda belliciste assumé, porté par un homme aux multiples casseroles, proche de l’extrême droite et chouchou de Brigitte Macron, dont l’influence sur son époux n’est plus à démontrer.
Né en 1986, Sébastien Lecornu a gravi les échelons à une vitesse suspecte, devenant le plus jeune assistant parlementaire (19 ans – en 2005), conseiller ministériel (22 ans – en 2008), président de conseil départemental (28 ans – en 2015) et ministre de la Défense (35 ans – en 2022) de l’histoire française.
Initialement gaulliste et souverainiste au sein de l’UMP (puis Les Républicains), il a vite trahi ses origines pour rejoindre Emmanuel Macron en 2017, abandonnant ses critiques envers l’Union européenne. Ce virage opportuniste l’a propulsé au gouvernement : secrétaire d’État à l’Écologie, ministre des Collectivités territoriales, des Outre-mer, puis des Armées. À Matignon, il est perçu comme un loyaliste absolu, capable de compromis douteux avec « l’extrême droite » pour survivre politiquement.
Mais cette carrière fulgurante cache une série de scandales. En 2021, une enquête pour prise illégale d’intérêts l’a visé pour avoir cumulé une rémunération d’administrateur de la Société des autoroutes Paris-Normandie (SAPN) avec des décisions favorables à cette société en tant que président du conseil départemental de l’Eure. Bien que classée sans suite en 2022, l’affaire pue le favoritisme. Ajoutez à cela une audition en 2025 pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics à un proche pour des expositions photo à 80.000 euros, sans appel d’offres – une enquête du Parquet national financier toujours en cours. Sans oublier les apéros clandestins organisés pendant le confinement Covid en 2021, révélés par la presse, contredisant ses leçons d’exemplarité. Et que dire de l’achat de 100.000 euros de livres à un proche de Macron avec des fonds du ministère des Outre-mer ? Lecornu n’est pas un homme d’État, mais un « pédaleur d’influence » dans une macronie gangrenée par la corruption.
Ses fréquentations douteuses ne s’arrêtent pas là. Il affiche une complicité avec Yassine Bellatar, humoriste controversé proche des Frères musulmans, malgré les efforts antiterroristes de l’armée française. Son cabinet a prétendu qu’il l’avait confondu avec un technicien, mais des témoins confirment qu’il le connaissait.
En tant que ministre des Armées depuis 2022, Lecornu a piloté une loi de programmation militaire 2024-2030 dotée de 413 milliards d’euros, doublant les dépenses pour atteindre 69 milliards d’ici 2030.
Ce renforcement, motivé par la guerre en Ukraine, inclut la dissuasion nucléaire et un nouveau porte-avions – un choix belliciste qui aligne la France sur une escalade anti-russe. Mais cette politique rencontre des résistances internes : en juin 2025, le ministère des Armées a approché Renault pour produire des drones militaires destinés à la France et à l’Ukraine, en s’appuyant sur l’expertise ukrainienne. Les salariés ont massivement refusé, arguant qu’ils avaient signé pour assembler des voitures, pas des armes. Les syndicats comme Force Ouvrière et la CGT ont souligné les tensions potentielles au sein des équipes, incluant des travailleurs russes et ukrainiens, et demandé des garanties sur le droit de refus. Renault a même envisagé de délocaliser la production en Slovénie pour éviter les conflits, mais cela soulève des risques géopolitiques et de cyberattaques. Cette rébellion ouvrière expose le cynisme de Lecornu : forcer une reconversion industrielle vers la guerre, au mépris des employés et des implications éthiques.
Ce bellicisme n’est pas isolé ; il reflète celui d’Emmanuel Macron, qui a multiplié les déclarations agressives sur l’Ukraine, agitant la peur d’une ingérence russe pour tout justifier. Macron choisit Lecornu, « le pire faucon », pour maintenir un « horizon de guerre » permanent, neutralisant l’opposition et justifiant une hystérie anti-russe. Pourquoi ce choix ? Pour prolonger un macronisme en déroute, où la guerre sert de mortier à un pouvoir chancelant, au risque d’impliquer la France dans un conflit direct avec la Russie. Lecornu, architecte d’un renforcement militaire face à la Russie, incarne ce virage : des conférences avec des leaders bellicistes comme Scholz ou Starmer, des exclusions aériennes risquées, et une armée vampirisée par l’OTAN et l’UE.
Au cœur de cette nomination, la proximité de Lecornu avec Brigitte Macron, qui exerce une influence considérable sur son époux. Décrit comme son « chouchou« , Lecornu a su la séduire par des dîners et des petites blagues, selon des proches. « Brigitte l’aime beaucoup, ça compte », confiait-on en 2023. Cette affection n’est pas anodine : Brigitte, souvent présentée comme une conseillère informelle, a déjà favorisé des nominations comme celle de Gabriel Attal.
Lecornu, ami intime de cette « bande à Brigitte » (avec Blanquer, Castaner), bénéficie de cette protection élyséenne.
Macron, en le choisissant, cède t-il une fois de plus à cette influence, transformant Matignon en affaire de famille ? Cette dynamique soulève des questions : qui gouverne vraiment ? Une Première dame aux réseaux opaques, qui dépense des millions en procédures judiciaires américaines malgré des déclarations de patrimoine suspectes, finalement blanchies par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
En nommant Lecornu, Macron opte pour la continuité d’un régime instable, belliciste et corrompu. Ce « faucon » pro-Ukraine, aux liens troubles avec le RN et chouchou de Brigitte, risque d’entraîner la France dans une escalade guerrière inutile, tout en ignorant les résistances populaires. Dans une Ve République brisée – sept Premiers ministres en huit ans, dont Édouard Philippe (Monsieur Covid), Jean Castex (l’inénarrable), Élisabeth Borne (Mamie 49.3) et les éphémères Attal, Barnier et Bayrou – Lecornu n’est qu’un fusible de plus. Mais ce choix, dicté par le bellicisme macronien pour contrer la Russie et neutraliser la droite, pourrait bien précipiter le chaos : colère sociale, blocage institutionnel et trahison démocratique. La France mérite mieux qu’un « cirque » dirigé par des clones idéologiques, des comédiens pilotés par des réseaux supranationaux. Lecornu à Matignon ? Une provocation qui pourrait signer la fin d’un macronisme agonisant.
https://multipol360.com/sebastien-lecornu-le-nouveau-lieutenant-demmanuel-macron/
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Le capitalisme d’État désigne un système économique où tout ou une partie des moyens de production sont au plan juridique la propriété de l’État ou soumis à ses directives.
On peut, selon certains, parler également de capital d'État, quant au capital accumulé par l'État.
Pour Marx, le capitalisme d'État est une notion-limite, où le capitalisme, après avoir connu une période de privatisation de la production (période de l' « anarchie de la production »), finirait par voir s'établir des concentrations de capitaux, puis la formation de monopoles dont la limite ultime serait la formation d'un capital social unique, aux mains d'un seul capitaliste ou d'un seul groupe, nécessitant alors l'immixtion de l'État pour re-socialiser ce capital (Le Capital). Les écrits de Marx sont pourtant la source d'ambiguïtés qui fonderont deux appréciations possibles du capitalisme d'État :
Engels, au contraire, prêtera foi à ce scénario, y voyant l'aboutissement réel du capitalisme (devant inexorablement se muer en impérialisme: stade suprême du capitalisme, selon Lénine), tout en considérant que cet état limite et transitoire serait le levier d'instauration du vrai socialisme. (L'Anti-Dürhing). C'est en se fondant sur la position engelsienne que Lénine, Boukharine puis Staline, qualifièrent leur régime de capitalisme d'État (ou « capitalisme monopoliste d'État », selon le terme qui était d'usage en Allemagne), et non de communisme, considérant eux-aussi que le passage du capitalisme de marché au capitalisme d'État était une première étape vers le socialisme (au sens fort) :
« Si nous payons un tribut plus élevé au capitalisme d'État, cela ne nous nuira en rien, mais servira au contraire à nous conduire au socialisme par le chemin le plus sûr. [...] Quand la classe ouvrière aura appris [...] à organiser la grande production à l'échelle de l'État, sur les bases du capitalisme d'État, elle aura alors, passez-moi l'expression, tous les atouts en mains et la consolidation du socialisme sera assurée. [...] Le capitalisme d'État est, au point de vue économique, infiniment supérieur à notre économie actuelle. [...] Le socialisme est impossible sans la technique du grand capitalisme, conçue d'après le dernier mot de la science la plus moderne, sans une organisation d'État méthodique qui ordonne des dizaines de millions d'hommes à l'observation la plus rigoureuse d'une norme unique dans la production et la répartition des produits. Nous, les marxistes, nous l'avons toujours affirmé ; quant aux gens qui ont été incapables de comprendre au moins cela (les anarchistes et une bonne moitié des socialistes révolutionnaires de gauche), il est inutile de perdre même deux secondes à discuter avec eux. [...] Notre devoir est de nous mettre à l'école du capitalisme d'État des Allemands, de nous appliquer de toutes nos forces à l'assimiler, de ne pas ménager les procédés dictatoriaux pour l'implanter en Russie [...] Le raisonnement des « communistes de gauche » au sujet de la menace que ferait peser sur nous le « capitalisme d'État » n'est qu'une erreur économique [...] le pouvoir soviétique confie la « direction » aux capitalistes non pas en tant que capitalistes, mais en tant que spécialistes techniciens ou organisateurs, moyennant des salaires élevés. [...] il est plutôt étrange d'entendre de pareils propos de la part d'un marxiste qui devrait savoir qu'il est impossible de réaliser le socialisme sans utiliser les conquêtes de la technique et de la culture obtenues par le grand capitalisme. Il ne reste plus là le moindre soupçon de marxisme. »
— Lénine, Sur l'infantilisme "de gauche" et les idées petites-bourgeoises (5 mai 1918)
Face aux critiques des « communistes de gauche » (« de conseil »,
partisans des Soviets), de Troski (pour qui le « socialisme réel » est
celui du sens 2), ou de Kautsky (l'orthodoxe marxiste, rallié à
Bernstein et à la social-démocratie en 1917), Boukharine défendra la
politique économique d'URSS (NEP) en déclarant que le Parti n'étant pas
une classe, le pouvoir appartient bien au Peuple, même en régime
centralisé (dictature du prolétariat) et même si des pans entiers de
l'économie restent capitalistes (propriété privée, concurrence ... très
encadrée, cependant). Lénine insistera sur le fait que le surproduit né
de l'activité capitaliste dans le pays, étant redistribué au peuple, il
n'y a pas exploitation. Staline, chassant de l'industrie les survivances
capitalistes tout en intensifiant, via la dictature, la coupure entre
les travailleurs et ceux qui « possèdent » concrètement les moyens de
production (coupure qui était pourtant à la base de l'exploitation
capitaliste, selon Marx) répondra d'une manière que ce syllogisme
fallacieux synthétise :
Le Peuple est représenté par le Parti qui en est l'émanation (et non des
seuls prolétaires puisque ceux-ci, en prenant le pouvoir, sont censés
avoir aboli la domination de classe), identité entre la volonté du
Peuple et l'action du Parti ; le Parti contrôle l'État (et
éventuellement : le Parti est le levier du Dirigeant), identité entre
les deux ; donc : l'État (ou le Dirigeant) est la voix du Peuple, il est
le Peuple en acte. Corollaire : le Peuple ne pouvant s'exploiter
lui-même, il ne peut y avoir, en régime de capitalisme d'État, une
nouvelle forme d'exploitation de classe. Tout en retrouvant le Rousseau
du Contrat social (pour qui aucun membre du Peuple ne peut
attaquer l'État, puisque l'État étant l'émanation du peuple, on ne peut
s'attaquer soi-même), ne se contente-t-il pas simplement de plagier le
Marx du Manifeste du Parti communiste qui écrivait, un siècle plus tôt :
« Les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d'une classe pour l'oppression d'une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s'il s'érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l'ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe. »
Rétorsions, contrôles et purges ne sont ainsi plus de la domination, mais des maux nécessaires et provisoires, voire, tout bien pesé, des biens, le médecin du Peuple, son despote bienveillant, étant simplement moins populaire que le cuisinier[1], mais plus profitable néanmoins, il faut donc bien éliminer tout ce qui peut nuire à la bonne marche vers le Paradis sur Terre.
Les socio-démocrates, pensant, quant à eux, l'identité du socialisme et du capitalisme d'État (ou « socialisme d'État », pour les lassalliens (en), ont toujours considéré que ce dernier était la fin à atteindre : via les nationalisations et le dirigisme étatique (officiellement sous contrôle démocratique), la propriété d'État devait assurer une véritable appropriation sociale. Ces « foutaises », selon Engels, sont toujours le credo des partis socialistes actuels, de certains partis communistes, voire de partis non-socialistes (dits de droite) à forte orientation collectiviste. Plus récemment, on parle parfois de capitalisme d'État pour qualifier la politique des pays pratiquant le dirigisme, à des degrés variables.
Après l'URSS ce régime sera mis en place par tous les pays totalitaires marxisants : Chine maoïste, Cuba castriste, etc., qui se caractérise par une mainmise de la bureaucratie d’État sur les outils de production et un contrôle concentrationnaire omniprésent. Le résultat est une division en classe sociale, bien pire que celle attribuée aux sociétés capitalistes : les prolétaires sont maintenus en esclavage par une élite politique, qui contrôle tout.
Depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, les États ayant pratiqué cette économie s'orientent vers une libéralisation de l'économie capitaliste, cette forme de capitalisme est parfois énoncé comme une économie mixte, ou de dirigisme (économie socialiste de marché en Chine depuis 1978), où l'État a assoupli son dirigisme et laisse une plus grande plage d'autonomie à des véritables propriétaires.
Le terme désigne une pratique étatique, où le pouvoir politique se sert de mesures interventionnistes (nationalisations d'entreprises, commandes publiques), incitatrices (règlementations, contraintes fiscales, politiques monétaires) ou prohibitrices (lois), pour diriger ou influer sur l'économie privée de son territoire, malgré les contraintes imposées par la mondialisation de l'économie et la concurrence internationale. On peut voir dans le colbertisme un précurseur. Quand ces mesures sont prises défensivement contre la concurrence étrangère, on parlera alors de social-nationalisme.
Depuis 1981, la France (cf. France et communisme) en est une digne représentante (pour une efficacité très contestable et une dette publique, elle, incontestée), même si de nombreux pays en offrent l'exemple.
Pour les sociaux-démocrates qui ont fait leur le capitalisme d'État (même sous d'autres noms), tout en critiquant la dictature soviétique et toutes les autres exactions des régimes marxistes deux problèmes se posent :
Les anarchistes, tels que Michel Bakounine critiqueront les théories de Karl Marx, qualifiées de « communisme autoritaire »[2].
« Il y aura un gouvernement excessivement compliqué, qui ne se contentera pas de gouverner et d'administrer les masses politiquement, (...) mais qui encore les administrera économiquement, en concentrant en ses mains la production et la juste répartition des richesses, la culture de la terre, l'établissement et le développement des fabriques, l'organisation et la direction du commerce, enfin l'application du capital à la production par le seul banquier, l'État. Tout cela exigera une science immense et beaucoup de têtes débordantes de cervelle dans ce gouvernement. Ce sera le règne de l'intelligence scientifique, le plus aristocratique, le plus despotique, le plus arrogant et le plus méprisant de tous les régimes »
— Mikhail Bakounine, « Écrits contre Marx », dans Étatisme et anarchie (1873)
En avril 1918 en Russie, N. Osinskij, dans la revue Le Communiste, reprenait et développait ce thème, en critiquant l'appropriation par l'État des moyens de production (le programme de Lénine). Il y voyait une opération au détriment de l'ensemble du prolétariat, ce dernier qui deviendrait alors salarié de l'État Patron.
En 1921, par exemple, Rudolf Rocker[3] dénoncera le capitalisme d'État appliqué en URSS, dans son livre Les Soviets trahis par les bolcheviks. L'anti-bolchevik Anton Pannekoek fera de même, mais en refusant la désignation de marxisme aux bolcheviks.
Une minorité au sein du parti bolchevik, « L’Opposition ouvrière » (Alexandra Kollontaï, Alexandre Chliapnikov…), dénonce en 1920-1921 un tournant pro-capitaliste de Lénine. À partir des années 1940, certains léninistes considèrent également que l’URSS et les pays dits « socialistes » sont des capitalismes d’État : les bordiguistes et certains trotskistes (dont Natalia Sedova-Trotski, la veuve de Léon Trotski).
Dans les années 1940 le trotskyste Tony Cliff développe une théorie du capitalisme d'État qui est radicalement en désaccord avec les précédentes. Selon lui, le régime stalinien a remis en place la logique du capitalisme en gardant les structures étatiques de l'économie. Dans l'époque d'internationalisation de l'économie, une classe dirigeante capitaliste pouvait, selon lui, étatiser toute la production de son pays, tout en restant capitaliste dans la mesure où l'économie est basée sur l'exploitation des travailleurs. À partir de cette théorie surgit la tendance trotskysteSocialisme International, dont le slogan pendant longtemps fut « Ni Washington, ni Moscou mais le Socialisme International. »
L’analyse des rapports de production en URSS conduisent « Socialisme ou barbarie » ou encore Maximilien Rubel à dénoncer le capitalisme d’État, en poussant plus loin dans l’analyse de la domination bureaucratique stalinienne.
« L'appareil économique de la Russie présente le double caractère du capitalisme pur, et de l'esclavagisme sans masque »
— Maximilien Rubel, « La Croissance du capital en URSS, dans la revue Économie Appliquée, 1957.
Si la distinction nominale entre le communisme théorique et le capitalisme d'État peut être accordée, les libéraux soulignent que le communisme imposé par la force, même par une majorité, ne peut aboutir qu'à cela.
Les régimes passés n'en sont pas moins fautifs et il reste surtout aux anarchistes libertaires (ou communistes libertaires, conseillistes et autres) d'arriver à expliquer comment, concrètement, les hypothétiques régimes de demain pourraient eux aussi ne pas dégénérer inexorablement en tyrannie « bienveillante » comme ce fut toujours le cas. Bref, la charge de la preuve pèse encore sur eux, et la démonstration prouvant que cette distinction puisse un jour être réelle est toujours à faire ... mais sans tenter à nouveau de nouvelles expériences néfastes qui ont fait plusieurs dizaines de millions de morts.
Notes et références
- 1 Images reprises du Gorgias (464) de Platon
- 2 « Écrits contre Marx », dans Étatisme et anarchie (1873) dans Œuvres complètes, Vol III, p. 204.
- 3 Rudolf Rocker était un théoricien politique anarchiste. Il a évoqué la possibilité d'inclure des personnalités telles que Thomas Jefferson et Abraham Lincoln à la marge du mouvement anarchiste.
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L'accent mis sur la décentralisation unit les radicaux de gauche et de droite dans la politique américaine, tandis que les modérés soutiennent le pouvoir central.
Comme j'ai tenté de le montrer dans les deux précédents articles, le décentralisme défie les conceptions populaires tant de la droite que de la gauche politiques. La droite s'identifiera à la résistance décentraliste contre le gouvernement centralisé et la croissance et le pouvoir des bureaucraties de l'exécutif, ainsi qu'à l'importance accordée par le décentralisme au respect de la souveraineté des petites entités politiques. La gauche appréciera également l'accent mis par les décentralisateurs sur les mérites du localisme, en particulier en matière de durabilité économique et environnementale, et leur opposition de principe à la domination des grandes entreprises sur la politique et la culture. Les aspects les plus destructeurs et les plus néfastes de la politique américaine actuelle sont le fait des « modérés », qui sont non seulement centristes, mais aussi centralistes. Les décentralisateurs, en revanche, se trouvent principalement aux extrémités droite et gauche, même s'ils ont plus de similitudes que de différences.
En 1996, lors de la Conférence internationale sur la décentralisation organisée par la E.F. Schumacher Society, les cofondateurs de la société, Kirkpatrick Sale et John McClaughry, ont observé la manière dont le décentralisme transcende le spectre traditionnel gauche-droite. Dans son discours, McClaughry a fait remarquer qu'à première vue, un ancien rédacteur de discours pour, entre autres, George Romney et Ronald Reagan 1 pouvait sembler n'avoir pas grand-chose en commun avec un ancien « pilier des Étudiants pour une société démocratique », pour qui le qualificatif « anarchiste de gauche » était probablement tout à fait acceptable. De même, la conférence de Sale a confronté « l'illusion politique de la terre plate », proposant à la place l'idée qu'il n'y a en réalité pas beaucoup de différence entre « les anarcho-communautaristes, les communautaristes, les communards et les anarchistes de gauche, et les libertariens, les jeffersoniens et les individualistes de droite ».Et tout comme les principes décentralisateurs sont capables de transcender les clivages politiques et les divisions partisanes, les principes opposés ont également transformé la politique américaine et pris le dessus sur les deux grands partis au XXe siècle. Dans son histoire de la période allant de 1877 à 1920, Robert Wiebe retrace « l'émergence d'un nouveau système » en Amérique, la transition d'une « société de communautés insulaires » décentralisée vers un système « dérivé des besoins réglementaires et hiérarchiques de la vie urbaine et industrielle ». L'ère progressiste a entraîné de profonds changements dans la vie sociale, politique et économique. De plus en plus centralisé, le pouvoir gouvernemental a intégré « une variété de dispositifs administratifs flexibles » qui étaient auparavant inconnus de la Constitution américaine, tant en théorie qu'en pratique.
Dans son ouvrage intitulé Is Administrative Law Unlawful? (Le droit administratif est-il illégal ?), le juriste Philip Hamburger soutient que les pouvoirs actuellement dévolus à l'État administratif constituent une dangereuse déviation par rapport aux principes juridiques et constitutionnels traditionnels, et que les agences administratives du gouvernement fédéral exercent désormais des fonctions législatives et judiciaires qui devraient être réservées respectivement au Congrès et au pouvoir judiciaire. Le problème identifié par Hamburger est fondamentalement celui de la centralisation. Des rôles qui devraient être clairement répartis et exercés par des organes spécialisés ont convergé vers le pouvoir exécutif. Décrivant le problème « en termes de conduite hors route », Hamburger montre que le pouvoir exécutif, chargé d'exécuter et d'appliquer la loi, s'est depuis longtemps arrogé le pouvoir illégal de lier les sujets sur le plan législatif et judiciaire. Explorant la généalogie du droit administratif contemporain, Hamburger trouve ses origines dans le pouvoir « prérogatif absolu » dont jouissait la Couronne en Angleterre, « un pouvoir hors-la-loi », essentiellement libre de toute contrainte juridique traditionnelle. Aux États-Unis, la résurgence de ce type de pouvoir arbitraire est une conséquence directe de la subversion, par l'ère progressiste, du concept de l'État de droit et de la séparation des pouvoirs prévue par la Constitution. Les progressistes ont résolument rejeté les idées des Lumières sur les droits naturels et inaliénables. Ils estimaient que la prise de décision politique pouvait être comprise comme une science exacte, qui devait être maîtrisée et administrée par des experts au sein d'organismes gouvernementaux centraux dédiés à des domaines politiques spécifiques (par exemple, les ministères de l'Éducation, de l'Agriculture et du Travail).
Les bureaucrates formés, voués à des études spécialisées et empiriques, devaient exercer un pouvoir politique beaucoup plus important, la séparation traditionnelle des trois pouvoirs étant de plus en plus considérée comme une limitation dépassée et inutile au progrès véritable. Comme le souligne Hamburger, les réformateurs progressistes craignaient que les législateurs élus et le processus législatif n'avancent trop lentement et ne se révèlent insuffisamment progressistes, incapables de réaliser les changements radicaux qu'ils envisageaient. Des universitaires tels que Frank Goodnow, expert en droit administratif de l'ère progressiste, voulaient isoler les questions politiques importantes de la foule de la politique populaire et « préconisaient la consolidation du gouvernement comme moyen de parvenir à la consolidation de la société ». Pour les progressistes, la centralisation du pouvoir était la voie vers la réforme et le véritable progrès social-à la fois la centralisation à Washington, qui prive les gouvernements des États de leur pouvoir et de leur autonomie, et la centralisation au sein du pouvoir exécutif, qui usurpe les fonctions constitutionnelles des pouvoirs législatif et judiciaire. Pour atteindre les objectifs souhaités, les progressistes estimaient qu'il fallait un gouvernement qui ne soit pas freiné par des principes juridiques dépassés, datant d'une époque révolue, avant la découverte de la véritable compréhension scientifique du rôle approprié de l'État-nation dans le façonnement de la société. Alors que la Constitution avait été conçue pour ralentir et rendre plus délibératif le processus législatif, l'adhésion des progressistes au pouvoir prérogatif du droit administratif permettrait au gouvernement de contourner ces obstacles qui freinaient la transformation de la politique et, par conséquent, de la société.
S'opposant aux attitudes progressistes qui caractérisent aujourd'hui tant la gauche que la droite politiques, les décentralisateurs considèrent que les hiérarchies rigides et les contrôles gouvernementaux entravent les processus d'expérimentation et de découverte qui mènent à une société saine et prospère. Plutôt qu'un système statique d'uniformité, le décentralisme préconise, avec John Stuart Mill, « que toutes les expériences économiques, entreprises volontairement, devraient bénéficier de la plus grande liberté », et que seules la force et la fraude devraient être interdites. Il faut éviter le contrôle centralisé et l'homogénéité sociale et politique qui en résulte, et encourager le pluralisme dynamique. Les idées de Friedrich Hayek s'avèrent ici éclairantes. En tant qu'approche philosophique, le décentralisme ne nie ni la nécessité pour les sociétés humaines de planifier, ni celle pour les individus de s'associer et d'agir ensemble afin de mener à bien ces plans bénéfiques. Comme l'écrit Hayek dans The Use of Knowledge in Society, « il ne s'agit pas de savoir s'il faut planifier », mais plutôt « qui doit planifier ». Centralisée au sein d'un petit groupe de bureaucrates, la planification est susceptible de rencontrer les difficultés qui accompagnent naturellement à la fois l'information limitée et l'incapacité à trier correctement même les informations disponibles. Comme l'enseigne Hayek, « la concurrence, en revanche, signifie une planification décentralisée par de nombreuses personnes distinctes ». La centralisation politique et économique sont des phénomènes naturellement concomitants. Limiter le pouvoir discrétionnaire, c'est-à-dire le pouvoir prérogatif, des décideurs économiques limite nécessairement les types de favoritisme et de privilèges spéciaux qui conduisent à des conditions de monopole ou d'oligopole. En l'absence de tels privilèges, une entreprise participant au marché ne peut atteindre une taille importante qu'en maintenant une valeur et un service exceptionnels pour les consommateurs. 2
Dans Organizing Locally: How the New Decentralists Improve Education, Health Care, and Trade (S'organiser localement : comment les nouveaux décentralisateurs améliorent l'éducation, les soins de santé et le commerce), Bruce Fuller, professeur en éducation et politiques publiques, décrit comment « les entreprises plombées par leur lourdeur administrative et les institutions publiques inefficaces se sont retrouvées au pied du mur, en proie à des performances médiocres et à une légitimité déclinante, désormais considérées comme uniquement capables d'éroder l'esprit humain ». La dynamique idéologique du modernisme, qui privilégie les grandes institutions intégrées, semble ralentir au profit d'un retour à des modes de production et d'organisation axés sur la communauté et ancrés localement. Face à cette tendance vers des structures plus petites et plus autonomes, imprégnée d'une méfiance éclairée à l'égard des géants maladroits des idéologies modernistes du XXe siècle, les idées de Pierre-Joseph Proudhon sur la fédération et la structure politique suisse viennent à l'esprit. L'anarchisme de Proudhon recommandait des « engagements réciproques et égaux » entre les instances locales. L'idée de Proudhon sur le contrat politique veut que les organisations décisionnaires « restent dans des limites raisonnables et deviennent rentables et pratiques pour tous », les petites unités « se réservant plus de droits, plus de liberté, plus d'autorité, plus de propriété qu'elles n'en abandonnent ».De même, dans le système cantonal suisse, la diversité de la population et la décentralisation du pouvoir n'ont pas entraîné de désorganisation, mais au contraire une stabilité et un ordre remarquables. Dans Organizing Locally, Fuller observe qu'il ne s'agit plus de savoir « s'il faut décentraliser les grandes entreprises et les institutions publiques, mais comment » le faire efficacement. La théorie politique et les exemples pratiques tels que celui de la Suisse devraient jouer un rôle dans l'élaboration de solutions viables. Soucieux de créer une distance entre ses « nouveaux décentralisateurs » et le libertarianisme, Fuller oppose leurs organisations à la fois aux bureaucraties gouvernementales et aux institutions du marché. Il assure tout au long de son ouvrage que les décentralisateurs dont il parle « n'ont guère confiance dans les marchés seuls » et se méfient des « notions théoriques de marchés purs peuplés d'entreprises non réglementées ». Fuller tombe ainsi fréquemment dans un schéma familier, confondant le corporatisme américain, profondément marqué par l'intervention gouvernementale, avec un système de libre marché fondé sur des principes. Il présente « l'implosion corrompue d'Enron » et « la cupidité massive de Wall Street » comme des preuves à charge contre les « marchés purs ». Organizing Locally révèle souvent une incapacité frustrante, mais appliquée de manière sélective, à faire la distinction entre un marché libre décentralisé et une économie politique existante caractérisée par des subventions clientélistes et des barrières réglementaires à l'entrée. Dans le même temps, Fuller semble parfois parfaitement conscient du fait qu'un véritable marché libre décentralisé, tel que le prônent les libertariens, n'a jamais existé dans la réalité. Au contraire, la relation entre les institutions politiques et économiques nous laisse avec un système hybride désordonné, résultat de la politique et de l'interaction des intérêts plus que d'un système idéologique bien défini. En outre, il note que des contributions décentralisatrices précieuses sont venues tant de la gauche que de la droite, et reconnaît que des « marchés moins contraints » ont souvent « suscité de nouvelles idées ». Même au sein d'une entreprise ou d'une organisation donnée, nous constatons qu'une approche « réglementaire allégée », qui prend au sérieux les formes horizontales d'interaction et d'organisation, présente plusieurs avantages, notamment une circulation plus fluide des ressources et des informations. Comme tant d'autres penseurs décentralisateurs, Fuller dépeint délibérément et de manière séduisante « la tendance à la décentralisation » comme une alternative novatrice à laquelle on se tourne « après que les hiérarchies et les marchés ont déçu ». Et malgré les perceptions confuses et incohérentes des marchés qui parsèment le livre, nous pourrions pardonner aux non-libertaires d'associer à tort les marchés en eux-mêmes aux abus des monopoles des grandes entreprises. Discerner les différences nécessite souvent un œil averti, formé à la théorie du choix public et familiarisé avec les conséquences imprévues des réglementations intrusives. Si l'on veut comprendre correctement les marchés comme des incarnations des principes décentralistes plutôt que comme des écarts par rapport à ceux-ci, les libertariens doivent veiller à éviter le piège des faux choix qui sont si souvent au centre du dialogue politique (par exemple, l'individu contre la communauté et, dans l'exemple de Hayek ci-dessus, la planification contre la non-planification).
La conclusion la plus importante tirée par Organizing Locally est l'affirmation générale selon laquelle des « forces implacables » rendront la survie des « grandes organisations bureaucratiques » de plus en plus difficile. Dans tous les domaines de la vie politique et économique, on observe un éloignement croissant de ce que Fuller appelle les « hiérarchies gigantesques ». Après avoir assisté à une succession d'échecs dans ces deux domaines, de nombreux Américains ne veulent plus avoir affaire aux grandes entreprises ni au gouvernement. Le cynisme et l'ennui sont des réactions naturelles et, il faut le noter, rationnelles à la politique, à l'éloignement du pouvoir et au fait inéluctable que le citoyen ordinaire n'a que peu ou pas d'influence réelle sur les politiques et le processus politique en général. Les nouvelles technologies, en particulier dans les domaines de l'information et de l'internet, ont rendu les petits concurrents plus viables et plus dangereux pour l'économie établie. En matière de gouvernement et de politique publique, les gens veulent plus de choix et moins de directives non négociables venant d'en haut-plus d'influence sur leur mode de vie et les règles qui les régissent. Peut-être sans en avoir conscience, ces personnes, qui font davantage confiance à leurs amis et voisins qu'à la politique, sont des décentralisateurs naturels, créant des communautés et des projets pour eux-mêmes, sans autorisation ni hésitation. Dans l'esprit de Kirkpatrick Sale et John McClaughry, de Murray Rothbard à l'époque où il était de gauche et de droite, les décentralisateurs et les libertaires de toutes sortes devraient se rechercher et entamer des discussions sur la refonte de notre politique et de notre culture autour de communautés authentiques, à taille humaine. La politique terne du modernisme et du progressisme a fait son temps. L'hétérogénéité passionnante de la culture en réseau nous a mis sur la voie d'un système dynamique et tolérant, composé de personnes libres et d'organisations indépendantes, décentralisé et libertaire dans son principe.
David S. D'Amato est avocat, chroniqueur régulier pour The Hill et conseiller politique expert auprès de la Future of Freedom Foundation et du Heartland Institute. Ses articles ont été publiés dans Forbes, Newsweek, The American Spectator, le Washington Examiner, Investor's Business Daily, The Daily Caller, RealClearPolicy, Townhall, CounterPunch et bien d'autres, ainsi que dans des organisations politiques non partisanes telles que l'American Institute for Economic Research, le Centre for Policy Studies, l'Institute for Economic Affairs, la Foundation for Economic Education et l'Institute for Ethics and Emerging Technologies, entre autres. Il est titulaire d'un doctorat en droit de la New England School of Law et d'un master en droit international et technologie de la Suffolk University Law School. Il vit et écrit à Chicago.
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Dans cet article, initialement publié dans The Independent, Sumner soutient que la démocratie est vulnérable à l'influence ploutocratique.
Tous les hommes riches ne sont pas des ploutocrates. Dans les nations classiques, on considérait que le commerce et l'industrie étaient dégradants pour l'homme libre ; quant au commerce, on croyait que tout marchand était nécessairement un escroc, qu'il devait recourir à la ruse par nécessité et que son métier lui avait inculqué une certaine fourberie et une malhonnêteté mesquine. Quant à l'artisanat, on affirmait qu'il déformait le corps de l'homme et accaparait son esprit et son temps, de sorte qu'il en ressortait brisé dans son âme, ignorant et sordide. Les mêmes idées concernant le commerce et, en partie, l'artisanat, ont prévalu tout au long du Moyen Âge.
La civilisation classique reposait sur l'esclavage humain. C'est pourquoi elle s'est épuisée, elle s'est consumée. Elle a atteint son apogée en termes d'organisation et de développement, puis a commencé à gaspiller son capital et à épuiser ses matériaux et ses processus. Il est toutefois évident que toute civilisation avancée doit être produite et soutenue par une force adéquate. Dans le cas que nous venons de mentionner, il s'agissait du courage et de la force physique des hommes. Aujourd'hui, la civilisation moderne repose sur le capital, c'est-à-dire sur des outils et des machines qui asservissent les forces naturelles et les mettent au service des tâches pénibles. C'est ce qui a permis d'émanciper les esclaves et les serfs, de libérer la masse de l'humanité du travail pénible qui déforme le corps et épuise l'esprit, tout en produisant une civilisation avancée et en évitant l'usure des hommes.
La « dignité du travail » et le « pouvoir du capital » sont donc tous deux le produit du même mouvement moderne. Ils vont de pair ; c'est le pouvoir du capital qui a mis fin à la servilité du travail ; c'est le pouvoir du capital qui a libéré les femmes de la corvée du moulin à grains et de la salle de filature ; c'est le pouvoir du capital qui a permis aux hommes modernes de continuer à exploiter les mines et les carrières sans misère, alors qu'à l'époque classique, ces formes de travail étaient si pénibles que seuls les pires criminels ou les esclaves les plus bas étaient condamnés à les exercer. Toute civilisation élevée est contre nature, dans la mesure où elle est le produit de l'art et de l'effort. Elle est donc instable, prête à retomber à son niveau d'origine si la force et l'intelligence qui la produisent et la maintiennent venaient à faillir. Notre civilisation est soutenue par le capital et la science moderne ; si l'un ou l'autre venait à faillir, si nous épuisions notre capital ou si notre science n'était pas à la hauteur des tâches qui lui incombent, notre civilisation déclinerait.
La dignité du capital est corrélative à la dignité du travail. Le capitaliste n'est pas simplement tombé sous le coup de l'interdiction dont le travailleur a échappé ; les temps modernes ont produit des classes d'hommes, maîtres de l'industrie et accumulateurs de capital, qui comptent parmi les produits les plus distincts et les plus particuliers des temps modernes. À quelle autre époque de l'histoire une telle classe d'hommes a-t-elle existé ? Il y a eu, dans le passé, de grands marchands qui ont montré que l'idée d'un marchand comme d'un homme qui triche sur les poids et parie sur les différences est une calomnie méprisable et ignorante ; les grands maîtres de l'industrie, cependant, sont quelque chose d'entièrement moderne, et les invectives à l'encontre de cette classe, qualifiée de parasites, de pillards, de spéculateurs et de monopoleurs, sont aussi ignorantes et inexcusables que les anciennes idées fausses sur les ouvriers, qui sont désormais dépassées. Un grand capitaliste n'est pas nécessairement un ploutocrate, pas plus qu'un grand général n'est un tyran.
Un ploutocrate est un homme qui, possédant du capital et disposant du pouvoir qu'il confère, l'utilise non pas dans le domaine industriel, mais dans le domaine politique ; au lieu d'employer des ouvriers, il recrute des lobbyistes. Au lieu d'investir son capital dans la terre, il opère sur le marché par le biais de la législation, de monopoles artificiels, de privilèges législatifs ; il crée des emplois et met en place des combinaisons mi-politiques, mi-industrielles ; il exploite les vices industriels, fait de la vénalité un moteur, dépense son ingéniosité non pas dans les processus de production, mais dans la « connaissance des hommes » et dans les tactiques du lobbying. Le système industriel moderne lui offre un champ d'action magnifique, souvent bien plus profitable que celui de l'industrie légitime.
Je soutiens donc qu'il est de la plus haute importance que nous reconnaissions la vérité sur le capital et les capitalistes, afin de rejeter le flot d'absurdités et d'abus qui circule à leur sujet ; que nous fassions la distinction entre le faux et le vrai, le bien et le mal, et que nous nous forgions surtout une idée claire de l'ennemi social et politique, distinct de tous les autres. L'histoire récente de tous les États civilisés du monde montre l'avancée de la ploutocratie et ses effets néfastes sur les institutions politiques. Comme d'habitude, les abus et les vices côtoient de près les institutions nécessaires et légitimes. Les regroupements de capitaux sont indispensables, car nous avons des objectifs à atteindre qui ne peuvent être réalisés d'aucune autre manière ; les monopoles existent dans la nature et, même s'ils sont fortement modifiés par l'art, ils ne cessent jamais d'avoir leur effet. La spéculation est une fonction légitime de l'organisation, et non un abus ou un tort public. Les trusts, bien que leur nom soit une erreur, sont manifestement de plus en plus nombreux dans le monde entier et sont en grande partie le résultat des moyens de communication modernes, qui ont permis à des personnes ayant un intérêt commun, bien que dispersées sur toute la terre, si leur nombre n'est pas trop important, de former des combinaisons pour l'exploitation d'un monopole naturel. Que gagne-t-on à dénoncer sans discernement ces phénomènes ou à confondre indistinctement les définitions ? Une telle attitude n'aura pour seul effet que d'alimenter les abus et de détruire les utilités.
La première réaction, lorsqu'un phénomène social ou industriel qui n'est pas considéré comme bon ou agréable se présente, est de dire qu'il faut adopter une loi pour le combattre. Si la ploutocratie est un abus de la législation et des institutions politiques, comment la législation peut-elle y mettre fin ? Le problème est que les institutions politiques ne sont pas assez fortes pour résister à la ploutocratie ; comment pourraient-elles alors la vaincre ? La démocratie redoute particulièrement la ploutocratie, et à juste titre.
Il n'existe aucune forme de pouvoir politique aussi inadaptée à la ploutocratie que la démocratie. La démocratie dispose d'un ensemble d'institutions qui sont extra-légales, mais qui constituent ses éléments les plus puissants : l'organisation des partis, les primaires, les conventions, etc. Tout cet appareil est bien adapté aux objectifs de la ploutocratie : il concerne la phase de formation de l'activité politique ; il fonctionne en grande partie dans le secret ; il dispose d'un champ d'action vaste mais indéfini de dépenses légitimes, ou quasi légitimes, qui ne font l'objet d'aucun contrôle. Comme les opérations de cet appareil sont extra-légales, elles sont irresponsables, mais elles touchent et contrôlent les fonctions publiques et civiles. Même dans le domaine des institutions constitutionnelles, la ploutocratie entre toujours en lice avec un petit groupe, une organisation solide, une motivation puissante, un objectif précis et une discipline stricte, tandis que de l'autre côté se trouve un groupe important et désorganisé, sans discipline, avec des idées indéfinies, des intérêts mal compris et des bonnes intentions indéfinies.
Si la législation est appliquée au contrôle des intérêts, en particulier lorsque ces derniers sont favorisés par les circonstances, le seul effet obtenu est d'imposer à ces intérêts des modes d'action plus sournois et plus secrets. M. Adams affirme que, depuis l'adoption de la loi sur le commerce interétatique, les méthodes des cheminots sont devenues plus viles et plus secrètes que jamais. Le législateur, dans ses efforts pour réussir dans son entreprise, ne peut que sacrifier davantage les droits ouverts et honnêtes qui sont à sa portée, tout comme le gouvernement russe, en essayant d'atteindre les éléments mécontents de sa société et de les écraser par la sévérité, ne fait que causer des inconvénients et des pertes illimités aux honnêtes gens, sans pour autant attraper les nihilistes. Dans une démocratie, en fin de compte, la lutte entre le nombre et la richesse n'est rien d'autre qu'une lutte entre deux groupes d'avocats, l'un rédigeant des lois au nom de l'État, l'autre imaginant des moyens de contourner ces lois au nom de ses clients. Ce dernier groupe est bien mieux rémunéré en termes de considération, de sécurité et d'argent.
Je maintiens donc qu'il s'agit là d'une lutte déplorable, dans laquelle tout ce qui nous est cher, en termes d'intérêt public, est en jeu, et que la politique la plus sage à cet égard consiste à réduire au minimum les relations entre l'État et l'industrie. Tant que ces relations existent, tous les intérêts industriels sont plus ou moins contraints d'employer des méthodes ploutocratiques. La corruption est peut-être plus grande chez ceux qui les exercent que chez ceux qui en sont les objets. Le laissez-faire, loin d'être ce qu'il semble être dans la plupart des discussions actuelles, touche au cœur même de la morale, de la politique et de l'économie politique des questions publiques les plus importantes de notre époque.
William Graham Sumner était professeur d'économie politique à Yale et a fait œuvre de pionnier en sociologie à une époque où cette discipline en était encore à ses balbutiements. Outre ses travaux universitaires couvrant une multitude de disciplines, il a rédigé des essais populaires pour des publications telles que Harper's Weekly.
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Que dire en effet, remercions le formatage idéologique depuis des lustres, éducation absente, instruction aléatoire, curiosité arbitraire....Enfin depuis des siècles la plèbe aime le jeu, comme le sang; l'évolution est que de nos jours, nous sommes dans l'enfance en permanence, pourquoi devenir un adulte et ses problèmes ? Se réfugier dans les jeux et paris, ne serait-il pas se désengager de la crise sociétale du pays? Outre la télévision devenue obsolète, ne serait-il pas une autre manière de s'atrophier les neurones; Mais avec plaisir, échappement..? Troquer l’effort contre le divertissement ?
La direction du Trésor vient de publier une étude inquiétante: Aujourd’hui, la distraction numérique couterait 0,6 point de PIB à la France. À l’horizon 2060, l’addition pourrait s’élever entre 1,4 et 2,9 points de PIB. Pas à cause d’une catastrophe naturelle ou d’une invasion barbare, mais à cause de notre incapacité à lever les yeux de nos écrans.
Aujourd’hui, le coût économique est estimé à 0,6 point de PIB. Il se répartit de la manière suivante : - 0,2 point lié à la dégradation de la santé mentale (stress, anxiété, troubles liés à l’usage excessif des écrans). - 0,4 point imputable à la perte de temps productif (distractions sur le lieu de travail, usage non maîtrisé des plateformes, sur-sollicitation cognitive). Cette situation, bien qu’alarmante, ne représente encore qu’une fraction des effets anticipés à long terme...
Le Trésor projette qu’à l’horizon 2060, le coût pourrait se situer entre 1,4 et 2,9 points de PIB. La variable déterminante réside dans la détérioration des capacités cognitives, qui, seule, pourrait amputer l’économie de 2 points de PIB. Ce phénomène traduit l’incapacité croissante des individus à maintenir une attention soutenue, à mémoriser des informations de manière durable et à engager des processus de pensée complexes. Ce qui est ici en jeu dépasse le cadre strictement économique : il s’agit d’une érosion progressive du capital cognitif collectif, c’est-à-dire de la faculté même des sociétés à produire de l’innovation, de la connaissance et du lien social fondé sur la raison.
L’économie de l’attention ne représente pas une externalité parmi d’autres : elle constitue une défaite anthropologique silencieuse. Doit on s’en étonner ?
Nous avons L’économie de l’attention ne représente pas une externalité parmi d’autres : elle constitue une défaite anthropologique silencieuse. Doit on s’en étonner ?
Nous avons troqué l’effort contre le divertissement, la patience contre l’immédiateté, la pensée contre la distraction. La société civilisée — jadis fondée sur la réserve, la réflexion, l’échange — se cabre désormais devant les notifications, les scrolls et l’addiction algorithmique. Et paye en retour un tribut invisible, mais écrasant : la dégradation des esprits. Nous avons cédé à une économie qui transforme notre attention en matière première et notre esprit en ressource extractible. Le résultat ?
Un peuple d’hyperconnectés moins productifs, moins concentrés et plus fragiles mentalement. Voilà peut-être l’apothéose du progrès : une civilisation ruinée par son propre divertissement…
https://tresor.economie.gouv.fr/Articles/b4620
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Les biologistes expliquent comment les organismes s'adaptent à leur environnement physique, mais les idéologues s'adaptent également à leur environnement social. Le fait le plus fondamental concernant les idées de la gauche politique est qu'elles ne fonctionnent pas. Il ne faut donc pas s'étonner de la trouver concentrée dans des institutions où les idées n'ont pas besoin de fonctionner pour survivre.
Le monde universitaire est le terrain de jeu des idées bancales, à l'exception des domaines où des épreuves décisives sont nécessaires, comme les sciences, les mathématiques, l'ingénierie, la médecine et le sport. Dans tous ces domaines, chacun à sa manière, il arrive un moment où il faut accepter ou se taire. Il n'est pas surprenant que tous ces domaines constituent des exceptions notables à la domination totale de la gauche sur les campus à travers le pays.
Dans les sciences humaines, par exemple, le test du déconstructionnisme ne consiste pas à savoir s'il peut produire des résultats tangibles, mais s'il reste en vogue. Tant que c'est le cas, les professeurs habiles dans l'art de la prestidigitation verbale peuvent s'attendre à continuer de percevoir des salaires à six chiffres.
On pourrait penser que l'effondrement du communisme dans toute l'Europe de l'Est serait considéré comme un échec décisif pour le marxisme, mais les marxistes universitaires américains ne se laissent pas décourager. Leurs salaires et leur titularisation ne sont pas affectés. Leurs théories continuent de fleurir dans les salles de classe et leurs revues continuent d'encombrer les étagères des bibliothèques.
Le socialisme en général a un bilan d'échecs si flagrant que seuls les intellectuels peuvent l'ignorer ou l'esquiver. Même les pays qui étaient autrefois plus prospères que leurs voisins se sont retrouvés beaucoup plus pauvres que ces derniers après seulement une génération de politiques socialistes. Que ces pays voisins soient le Ghana et la Côte d'Ivoire ou la Birmanie et la Thaïlande, l'histoire est la même partout dans le monde.
Discréditées ailleurs, les recettes miracles de la gauche continuent de vivre à la télévision publique.
Et l'échec économique n'est pas le pire. Les millions de personnes massacrées par Staline, Mao et Pol Pot pour des raisons politiques constituent une réalité encore plus sinistre.
Les personnes qui vivent et travaillent dans un monde où il y a des résultats financiers à atteindre, des tableaux d'affichage sportifs, des champs de bataille militaires ou des opérations chirurgicales où il est question de vie ou de mort peuvent avoir du mal à apprécier pleinement la différence entre ce type de monde et un monde où le seul critère décisif est de savoir si vos collègues apprécient ce que vous dites.
Le monde universitaire n'est qu'un des domaines où règnent des critères entièrement subjectifs et où les gauchistes prédominent. Les institutions dotées de fonds, telles que les fondations et les musées, ne sont souvent soumises à aucun autre critère que ce que des personnes partageant les mêmes idées trouvent « passionnant » et ce qui permet à ceux qui dirigent ces institutions d'éprouver le sentiment grisant de « faire la différence ». Il en va de même pour les institutions culturelles soutenues involontairement par les contribuables, telles que le Smithsonian ou le National Endowments for the Arts and the Humanities.
La radio et la télévision « publiques » financées par les contribuables sont également coupées de la réalité et dominées par la gauche, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans d'autres pays. Toutes les recettes miracles de la gauche qui ont affamé des millions de personnes dans des pays qui avaient autrefois des excédents alimentaires à exporter, toutes les belles paroles et les réalités sordides qui ont poussé des millions d'autres personnes à fuir leur terre natale, ces recettes miracles perdurent à la télévision publique, un peu comme les vieux films classiques dont les répliques familières peuvent être récitées par les amateurs en même temps que les personnages à l'écran.
Ces institutions privilégiées et isolées, souvent méprisantes envers les valeurs de la société américaine et de la civilisation occidentale, ne sont pas les seuls bastions de la contre-culture de gauche. Hollywood et Broadway le sont également. Bien que le monde du spectacle soit confronté à la nécessité financière d'attirer un public, la véracité de ce qu'il représente n'est guère cruciale. S'il parvient à rendre ses productions percutantes et sexy, ceux qui se plaignent des inexactitudes historiques et des préjugés idéologiques peuvent être écartés comme des pédants insignifiants. Pourquoi les gauchistes parviennent-ils à évincer les autres types de personnes de ces lieux ? Parce que ceux qui sont prêts à se soumettre à l'épreuve de la réalité, qu'ils soient hommes d'affaires sur le marché ou chirurgiens dans une salle d'opération, ont beaucoup d'autres endroits où travailler et vivre. Ils n'ont pas besoin de niches protégées spéciales pour se cacher et chérir leurs précieuses idées.
L'adaptation darwinienne à l'environnement s'applique non seulement à la nature, mais aussi à la société. Tout comme on ne trouve pas d'aigles vivant dans l'océan ou de poissons vivant au sommet des montagnes, on ne trouve pas de gauchistes concentrés là où leurs idées doivent faire leurs preuves.
Le Dr Thomas Sowell est économiste et chercheur principal à la Hoover Institution de Stanford, en Californie.
https://www.forbes.com/forbes/1997/0908/6005128a.html?sh=44d00e08c4c3